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Édition du 26 novembre 2007 - Volume LXXV No. 12

Nous

vous gardons au

chaud

COCA-COLA » CHANGEMENTS CLIMATIQUES » STO

UNIVERSITÉS EN GRÈVES » NOËL SUR LE VIEUX CONTINENT AU-DELÀ DES CLICHÉS » BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE D’OTTAWA » BANQUE ALIMENTAIRE VOLLEYBALL » BASKETBALL » HOCKEY » RUGBY


Gardez l'oeil ouvert pour connaître nos dates de 'rachat mobile' sur le campus. Nous paierons comptant pour vos livres là aussi.

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Université d’Ottawa

Une question de respect en tout temps Vous avez droit au respect, selon les dispositions du Code des droits de la personne de l’Ontario, quel que soit votre degré d’intimité ou de camaraderie avec quelqu’un.

Pour plus de renseignements ou pour signaler un incident en ligne (confidentialité garantie) : Bureau d’intervention en matière de harcèlement sexuel 613-562-5222 | respect@uOttawa.ca | www.harcelement.uOttawa.ca


le 26 novembre 2007

7an5s

À vous la parole L’affaire Starbucks : boycott ou pressions?

F

Le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa

(le français PRIME à l’Université!) et le service activement, c’est-à-dire tous les employés doivent être capable de communiquer efficacement avec le client en français, bilingue. En deuxième lieu, le refus de l’administration de donner à nous, les étudiants, leur droit de gérer les cafés sur campus, privant leur syndicat étudiant des moyens essentiels pour défendre leurs intérêts. Finalement, la mise à vente alarmante du campus à des intérêts privés pour continuer le cycle vicieux d’emprunt-expansion. Bientôt on va vous vendre des /Pringles/ et du /Tim/ durant vos classes et le prof va devoir s’habiller aux couleurs de Coca Cola pour assurer son salaire. Il faut s’en méfier! Nous supplions donc la FÉUO de prendre en main le défi et de ne pas démordre de cet enjeu. Nous demandons à tous les francophones et les francophiles de prendre un feuillet de commentaire disponible au Starbucks et d’y inscrire votre insatisfaction face à l’affichage presque totalement anglais et le service à la caisse insuffisant en français. Nous encourageons et demandons à tous les étudiants de l’Université d’Ottawa, le corps professionnel et le personnel de soutient à envoyer des lettres demandant à l’administration de cesser de mettre en vente l’Université, de respecter sa charte et de faire preuve de transparence et de démocratie devant tout ce qui a trait aux corporations et les commerces sur campus. Aussi, inondés vos medias étudiants de lettres à cet effet, démontrant votre grogne face à cette situation! Il est temps de mettre à l’œuvre des moyens de pressions pour contrer cette inertie insultante qui heurte nos droits. Le boycott seul n’est pas la solution mais plutôt l’action étudiante. C’est si facile. Le tout ne prendra que quelques minutes de votre temps et vous, étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa, aurez fait un pas exceptionnel pour rectifier les injustices. Serge Miville Président de la Patente

SPHR devrait appuyer évènements du JSA

J

des

e suis extrêmement déçue suite à la lettre de Jessica Carpinone dans laquelle le club Solidarité pour les droits humains des Palestiniens a utilisé un évènement de la Semaine d’Education du Shoah pour justifier la propagation d’un sentiment antiIsrael. L’SPHR devrait offrir leur soutien pour de tels évènements, se prononcer contre l’Holocauste, le génocide et la haine dans l’intérêt de tous les droits humains. Le seul moyen d’atteindre la paix est de travailler ensemble vers la coopération et la compréhension. Je voudrais aussi corriger quelques points trompeurs dans la lettre par Carpinone. Le Sionisme et l’Organisation Sioniste Mondiale, est une association qui reconnaît le droit des Juifs à une patrie dans le pays d’Israel. Ce n’est pas “un état juif homogène”, mais le seul pays démocrate dans le Moyen Orient. Israël est un pays multiculturel. Les Arabes, Juifs, Chrétiens, Druzes, hommes ou femmes, homosexuels ou pas, - les gens de n’importe quelle race ou milieu ont les mêmes droits humains, incluant le droit de voter. Il est un fait historiquement vrai que les Juifs ont vécu sans interruption sur le territoire où se trouve présentement l’état d’Israël depuis les derniers quelques milles années. C’est tout ce que je dirai à propos de ce sujet, parce que l’évènement mentionné était une conférence par Dr Efraim Zuroff, un homme qui a dédié sa carrière à trouver des criminels de guerre de l’Holocauste, aussi bien que du génocide au Rwanda. J’espère que dans le futur, l’SPHR sera capable de reconnaître l’importance d’appuyer de tels évènements. Rebecca Margel Présidente Jewish Student’s Association

le 26 novembre 2007 • Vol. LXXV No. 12

Actualités 6 8 9 12

Coca-Cola critique la position de l’Université Vous gagnez combien? Pour ne plus monter la côte Chossudovsky

» » »

ace à l’inertie, que pouvons-nous faire pour inciter le changement sur campus? Plus spécifiquement, comment faire face à un géant invisible, outre que par son logo de compagnie, afin qu’il change ses habitudes? Deux options nous semblent valables à première vue. Le boycott et les moyens de pression. Certes, le boycott est un moyen de pression, mais un moyen passif. Pensons au fameux boycott contre Cadbury après son exil des alentours de Montréal vers un pays où la main d’œuvre est moins dispendieuse. Plus récemment, le boycott de la FÉUO de Hershey pour avoir fermer l’usine de Smith Falls pour la déménager au Mexique. Dans un monde de marches internationaux, le géant invisible ne peut que rire face à une baisse de vente minime et une augmentation importante de sa marge de profit. Pour ce cas-ci, il faut penser localement. Il faut une action étudiante imposante, à l’opposée d’une action passive. La solution réelle se situe dans la turbulence –de façon légale entendons-nous-, des lieux publics associés à ce commerce. Il ne faut surtout pas se gêner et, plus important encore, il faut féliciter quand les changements sont effectués. Mais en ce moment, les changements sont loin d’être effectués et il reste beaucoup à faire. Que ce soit par l’entremise de lettres en masse aux compagnies en questions et à l’administration qui leur donne carteblanche, par la demande incessante d’exiger le minimum de respect, c’està-dire de se faire servir dans la langue, ou par des manifestations publiques visant à dénoncer et à informer; tous les moyens sont excellents. Trois enjeux préoccupent les francophones du campus concernant/ l’affaire/ au rez-de-chaussée du pavillon/They-Maray/(désolé,Desmarais!) : Prime abord, l’affichage français-anglais dans lequel on ne s’arrache pas les yeux pour comprendre le français

LaRotonde

Arts et culture

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Chien galeux Les festivités sur le vieux continent européen Un cadeau à s’offrir Le continent africain présenté sous un nouvel angle

Sports

17 18 10 20 21 22

Basketball masculin Basketball féminin Volleyball Rugby féminin Entretien avec Dax Dessureault Tableaux de statistiques

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Retour

Éditorial

La survie d’un journal étudiant est loin d’être certaine. Une poursuite, une mauvaise équipe ou une dispute avec le syndicat étudiant suffirait pour mettre à terme sa publication. La Rotonde a connu des hauts et des bas depuis sa naissance et on peut dire que les dernières années font partie des années noires.

Nous voulons vous lire ! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non-publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à Wassim Garzouzi,

redaction@larotonde.ca

redaction@larotonde.ca

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Actualités Le Délibérant commente

C

omme certains le savent maintenant il y a eu d’intéressantes, mais déplorables discussions qui ont eu lieu à la réunion de l’exécutif de l’AÉÉPID du 14 novembre 2007. Nous faisons évidemment référence aux discussions entourant le financement du nouveau journal étudiant de politique et société Le Délibérant. Tel que précisé dans notre dernier éditorial, l’apparition du Délibérant s’explique, entre autres, par la carence d’articles francophones touchant les questions d’ordre politique. Mais la justification de l’existence du Délibérant ne se réduit pas à son caractère francophone, mais s’explique aussi par une aspiration profonde à la rigueur. Bien que nous n’ayons pas la prétention d’avoir acquis cet idéal, nous cherchons à y tendre. Dans le cadre des démarches entreprises par Le Délibérant afin d’obtenir un financement continu de nos publications, nous avons rencontré l’exécutif de

Le Caucus insatisfait avec La Rotonde

C

eci est en réponse à l’article publié dans l’édition du 19 novembre de La Rotonde, écrit par Wassim Garzouzi et intitulé : « Le Délibérant publiera grâce à l’AÉÉPID ». Le comité exécutif du Caucus est alarmé et consterné par l’inexactitude et le ton de cet article. Le Caucus est une publication bilingue qui vise activement une participation égale tant des étudiants francophones qu’anglophones. Malheureusement, puisque nous sommes dépendants des étudiants qui soumettent des articles, nous avons peu de contrôle sur les deux langues représentées. Encourager les étudiants à soumettre plus d’articles en français de qualité est d’une grande priorité et le comité exécutif en poste du Caucus travaille avec ardeur pour y parvenir. Le comité exécutif du Caucus considère que l’article de M. Garzouzi est plutôt malfaisant. Il est extrêmement malheureux que son article déforme les affirmations proLa Rotonde réplique

D

’abord, nous remercions l’exécutif du Caucus d’avoir pris le temps de nous signaler leurs inquiétudes. L’équipe rédactionnelle de La Rotonde tient tout de même à réitérer les faits dans cet article. La référence principale au Caucus dans l’article était : « Ryan Dyck, rédacteur en chef du Caucus, le journal officiel de l’AÉÉPID, était contre la subvention : “Je crois qu’il serait préférable de donner cet argent au Caucus, un journal bilingue, plutôt que de diviser les ressources.” À noter que dans la dernière édition du Caucus, il n’y a eu que deux articles en français, dans un journal d’une dizaine de pages. » Les deux seules « inexactitudes » dans ce paragraphe sont les suivantes : le Caucus contenait bel et bien

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le 26 novembre 2007 l’AÉÉPID et certains membres de l’exécutif du Caucus. Certains ont refusé catégoriquement d’appuyer le journal puisque l’unilinguisme du Délibérant s’opposait violemment à leur idéal de bilinguisme. Finalement, le financement a été accordé et Le Délibérant tient à remercier personnellement les membres de l’exécutif tels David Piver, Cailey Dover, Austin Menyasz et Nicole Iafola de leur appui à cette entreprise intellectuelle francophone. Pour ce qui est du Caucus, nous ne pouvons nier la légitimité que le journal bilingue a acquise durant les dernière années, mais il est manifeste que le contenu du journal souffre de fortes déficiences au niveau de son contenu francophone. Il faut cependant reconnaître la régularité avec laquelle le Caucus s’est évertué à publier 2 articles en français dans chacune de ses 3 dernières publications. Mais la disproportion flagrante entre les articles francophones et anglophones se fait sentir alors qu’on constate que pour les trois dernières publications, la propor-

tion d’articles francophones publiés dans le Caucus est de 12% c’est-àdire 6 articles francophones sur 50. Par ailleurs Le Délibérant a publié 33 articles en français en 3 publications. Nous ne savons pas pourquoi Le Caucus éprouve de telles difficultés à publier des articles francophones, mais force est de constater qu’il y a une insuffisance. «Il faut être pragmatique» nous disait un membre de l’exécutif de l’AÉÉPID, alors soyons-le et acceptons que pragmatiquement, si le bilinguisme vise la promotion plus ou moins égalitaire de deux langues prises séparément, le Délibérant y concourt avec succès. En plus des gens que nous avons remercié ci haut, nous devons donc aussi remercier Le Caucus dans la mesure où ses déficiences ont justifié, en partie, l’émergence du Délibérant et donc de diversifier les sources d’analyse critique des questions touchant la thématique politique. Jean-Paul Saucier-Calderòn Le Délibérant

noncées par Ryan Dyck, éditeur en chef du Caucus, lors de la réunion exécutive de l’AÉÉPID. Dans le but de respecter la rigueur et l’intégrité du journalisme, il est à noter que Ryan a déclaré: « Je crois qu’en raison des ressources limitées en question, il serait plus prudent pour l’AÉÉPID de diriger tous les fonds additionnels pour les médias à promouvoir activement la participation francophone dans le Caucus afin qu’il remplisse adéquatement son mandat de publication bilingue. » L’exécutif du Caucus souhaite souligner les exploits du Délibérant. Cependant, avec respect, nous ne sommes pas d’avis qu’il est nécessaire d’avoir un magazine politique indépendant pour les étudiants francophones. Nous croyons que si l’AÉÉPID concentrait plutôt ses ressources sur une seule publication, le résultat serait une meilleure voie, plus bilingue, pour les étudiants en politique à l’Université d’Ottawa que ce qui est présentement offert séparément tant par le Caucus ou Le Délibérant. L’exécutif du Caucus supporte entièrement les propos de son éditeur en chef. Nous espérons

sincèrement que l’erreur de M. Garzouzi n’était pas intentionnelle. De plus, il s’agit d’une politique de l’exécutif du Caucus d’alterner la langue primaire de sa première page. La logistique de notre mise en page rend impossible l’impression de deux articles sur celle-ci. La première page du numéro d’octobre présentait un article en anglais, celle de décembre en affichera une en français. Les commentaires prononcés par Ryan Dyck démontrent notre intention première de promouvoir la communauté bilingue des étudiants francophones et anglophones de l’Université d’Ottawa. Ceci est conséquent avec le mandat du Caucus. Cependant, ce n’est pas ce qui est reflété dans l’article de M. Garzouzi; en fait, l’article de M. Garzouzi insinue l’inverse. Il est malheureux que M. Garzouzi n’ait pas abordé l’exécutif du Caucus avant d’écrire son article. Nous suggérons qu’à l’avenir, toutes les parties devraient bénéficier d’une meilleure communication et collaboration. Le Caucus accueillera toute initiative en ce sens. Comité exécutif du Caucus

deux articles en français, mais dans un journal d’une vingtaine de pages plutôt. L’article qualifie également le Caucus de « journal bilingue », mais dans votre lettre, vous nous corrigez en clarifiant que le Caucus ne remplit pas « adéquatement son mandat de publication bilingue ». De plus, la citation à laquelle vous faites référence n’a pas été faite en français, mais bien en anglais, comme l’entièreté de l’intervention de l’ « éditeur en chef » de votre publication. La citation était donc une traduction. À noter que les quatre éléments de la citation, soit 1) une intervention contre la subvention 2) la suggestion de plutôt donner l’argent au Caucus, 3) le bilinguisme au sein du Caucus et 4) la crainte de voir les ressources divisées, sont les mêmes que ceux que vous présentez dans votre version de la citation. De plus, dans votre lettre, vous re-

prenez ces quatre mêmes éléments : « [N]ous ne sommes pas d’avis qu’il est nécessaire d’avoir un magazine politique indépendant pour les étudiants francophones. Nous croyons que si l’AÉÉPID concentrait plutôt ses ressources sur une seule publication, le résultat serait une meilleure voie (sic), plus bilingue, pour les étudiants en politique à l’Université d’Ottawa que ce qui est présentement offert séparément […] » Contrairement à ce que prétend l’exécutif du Caucus, l’article ne contenait pas d’ « inexactitudes », ni d’ « insinuations », et n’était certainement pas « malfaisant ». L’article en question était un compte-rendu d’une décision prise lors d’une réunion publique de l’exécutif de l’AÉÉPID, où le représentant du Caucus, une publication « bilingue », a choisi d’intervenir, in English only. La Rédaction

À vous la parole

Le Délibérant a publié 33 articles en français en 3 publications. Nous ne savons pas pourquoi Le Caucus éprouve de telles difficultés à publier des articles francophones, mais force est de constater qu’il y a une insuffisance.

” “ ” “ ” “ ” Cependant, avec respect, nous ne sommes pas d’avis qu’il est nécessaire d’avoir un magazine politique indépendant pour les étudiants francophones.

Les commentaires prononcés par Ryan Dyck démontrent notre intention première de promouvoir la communauté bilingue des étudiants francophones et anglophones de l’Université d’Ottawa.

Contrairement à ce que prétend l’exécutif du Caucus, l’article ne contenait pas d’ « inexactitudes », ni d’ « insinuations », et n’était certainement pas « malfaisant ».

actualites@larotonde.ca


le 26 novembre 2007

Actualités

La Rotonde fait relâche!

En raison du congé de décembre, La Rotonde fait relâche jusqu’au 7 janvier 2008. Bonnes vacances à tous et à toutes.

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le 26 novembre 2007

Actualités

Andréanne Baribeau François-Olivier Dorais actualites@larotonde.ca

CONTRAT D’EXCLUSIVITÉ

Coca-Cola critique la position de l’Université François-Olivier Dorais

L

’arrivé à terme de l’entente d’exclusivité entre Coca-Cola Ltd et l’Université d’Ottawa le 31 août dernier en avait laissé plus d’un pantois. C’est toutefois sans connaître l’avis de la compagnie que La Rotonde avait publié la nouvelle en exclusivité dans son édition du 17 septembre dernier. Depuis ce moment, il semble que Coke remette sévèrement en question la position de l’Université. Dans un courriel expédié par l’administration de l’Université à la Fédération étudiante (FÉUO) et à l’Association des étudiant(e)s diplômé(e)s (GSAÉD), et dont La Rotonde a obtenu copie, il est clairement indiqué que la multinationale est convaincue que le contrat tient toujours et que l’Université fait fausse route. « Cette note est pour vous aviser qu’avec tout le respect pour l’entente d’exclusivité avec Coca-Cola, l’Université considère toujours que l’entente est expirée. Cependant, Coke est en désaccord avec cette position et juge que tout organisme vendant des produits d’une autre marque sur le campus va à l’encontre de l’entente conclue. Pour le moment, l’Université n’a pas décidé de vendre ou de ne pas vendre d’autres produits », pouvons-nous y lire. Ceci explique notamment pourquoi les commerces du campus évitent de diversifier de façon ostentatoire les marques de produits. L’Université ne déroge pas de sa position Devant l’impasse, Bruce Feldthusen, vice-recteur aux relations universitaires, entend maintenir sa position : « Ils [les représentants de Coca-Cola] ont envoyé une lettre ici. Moi j’ai par la suite téléphoné à leur avocat et j’ai demandé leur position. […] Rien de ce qu’ils ont avancé ne m’a fait changer d’avis. » De son côté, Me Michelle Flaherty, conseillère juridique de l’Université, soutient que l’Administration ne dérogera pas de sa position malgré la vision divergente de Coke : « L’Université se base sur le contrat et maintient sa position qui est celle de considérer le contrat avec CocaCola Ltd échu. Pour l’instant, à court terme, vu la situation, nous nous en tiendrons seulement à la vente de produits Coke. » Tous deux furent toutefois stupéfaits lorsque nous leur avons indiqué que le site Internet de Spectrum Marketing, la firme de consultants basée à Vancouver qui a négocié le contrat d’exclusivité et qui a touché

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une commission de 15% sur celui-ci pendant dix ans, indiquait que l’entente tenait toujours. En dépit des nombreuses demandes d’entrevue, la firme a toujours refusé de s’entretenir avec La Rotonde. « Leur histoire, c’est que l’Université serait toujours intéressée à continuer ce contrat », poursuit Feldthusen. On comprend donc que selon Coke, l’Université aurait manifesté son intérêt avant le début du présent semestre de poursuivre l’entente qui était en vigueur depuis 1997. « Mon

prédécesseur, M. Mitchell, m’a bien confirmé qu’il n’avait jamais indiqué à la compagnie que le contrat se poursuivait. » David Mitchell, étant à l’extérieur du pays au moment d’écrire ces lignes, n’a pu donner suite à notre demande d’entrevue. Une entente aux retombées peu satisfaisantes Cette commandite exclusive qui liait l’Université d’Ottawa à cette multinationale depuis maintenant dix

ans a pris fin le 31 août dernier suite au non-respect d’une des clauses du contrat spécifiant que la compagnie devait aviser par écrit l’Université 20 jours avant la date d’échéance si elle souhaitait prolonger le monopole pour les deux années subséquentes. Cette disposition du contrat était applicable dans l’éventualité où l’Université ne réussissait pas à vendre les 691 000 caisses de produits Coke dans les délais prévus. Entre janvier 1998 et août 2006, seulement 330 175 caisses de 24 cannettes furent écou-

lées. Coke avait donc la possibilité de le proroger, ce qui ne fut pas fait, aux dires de Me Flaherty. Depuis, la plupart des représentants de la communauté étudiante, dont Dean Haldenby, vice-président aux finances de la FÉUO, et Philippe Marchand, vice-président aux communications de la GSAÉD, se sont prononcés contre les ententes d’exclusivité sur le campus. Idem pour Feldthusen, qui voit d’un bon œil la fin du monopole de Coca-Cola sur le territoire de l’Université.

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le 26 novembre 2007

Actualités

BIBLIOTHÈQUE

Des étudiants d’Ottawa s’envolent pour Bali

BPO voit son budget amputé Roxanne Dubois

L

’Association des amis de la Bibliothèque publique d’Ottawa a réagi vivement suite au dévoilement du budget municipal du 15 novembre dernier. Le maire Larry O’Brian avait alors indiqué son intention de couper 10% du budget de la Bibliothèque publique d’Ottawa (BPO), obligeant ainsi la ville à fermer 10 de ses 33 branches. C’est une réduction de trois à quatre millions de dollars que se voit obligée d’effectuer la Bibliothèque publique d’Ottawa sur son budget total de 32 millions. La présidente de l’Association des amis de la BPO (AABPO), Lori Nash, expose les possibilités pour y arriver : « Il y a seulement un certain nombre de choses qui peuvent être faites. Près de 75% du budget de la BPO va aux salaires, alors c’est évident qu’il faut couper là. D’une façon ou d’une autre, ça va affecter des emplois et le nombre de branches ouvertes. » En plus de fermer dix branches dans la ville, ces coupures forceront plusieurs autres branches à fermer leurs portes une journée par semaine. Nash précise aussi que la collection risque d’être affectée : « Il faut, dans ce cas-là, réduire aussi le nombre de livres qui seront achetés. »

Depuis l’annonce du 14 novembre à l’Hôtel de ville, l’AABPO tente de mobiliser la population pour éviter ces coupures : «Nous sommes ravagés par cette nouvelle. C’est absolument scandaleux», explique Nash, qui poursuit en disant que jamais en Amérique du Nord n’y a-t-il eu une municipalité qui a fermé 30% de ses bibliothèques dans la même année. Elle précise aussi que la cause est d’autant plus défendable que la BPO est la plus importante bibliothèque publique bilingue en Amérique du Nord. Nash ajoute que la bataille que l’AABPO mène contre la ville d’Ottawa n’est pas prête de finir : « La seule raison pour laquelle on a déjà vu une bibliothèque fermer tant de branches est dans des cas de désastre naturel ou de guerre. La guerre que nous menons, elle est entre les politiciens et le peuple. » Dans la dernière semaine, l’AABPO a démarré une campagne de cartes postales qui sont dirigées à Jan Harder, conseillère de Barrhaven, chargée du dossier de la BPO : « Nous encourageons les gens à envoyer des courriels à leurs conseillers et à se présenter aux consultations publiques sur le budget qui sont déjà commencées. »

SAVIEZ-VOUS QUE?

Vous gagnez combien? Les salaires à l’Université d’Ottawa François-Olivier Dorais

L

a plupart des salaires indiqués ci-bas ont été recueillis dans la liste des employés payés plus

Gilles Patry, recteur et vicechancelier Stephen Harper, Premier ministre du Canada Jeannette Ward, professeure, institut de recherche David Mitchell, vice-recteur aux relations universitaires Robert Major, Vice-recteur aux études Jacques Bradwejn, Doyen de la Faculté de Médecine Victor Simon, Vice-recteur aux ressource Baldwin Toye, professeur Bruce Burns, professeur clinique à l’hôpital d’Ottawa Pam Hrick, présidente de la Fédération étudiante Melanie Wood, rédactrice en chef du Fulcrum Wassim Garzouzi, rédacteur en chef de La Rotonde

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de 100 000$ pour l’année 2006. La liste complète est disponible sur la page web du Service des ressources humaines de l’Université d’Ottawa sous la rubrique « rémunération ».

310 161 $ 285 000 $ 234 902 $ 232 375 $ 224 700 $ 220 000 $ 214 500 $ 210 379 $ 208 879 $ 30 000 $ 14 000 $ 7 200 $

Louis Jacques

L

a Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) tiendra du 3 au 14 décembre sa 13e Conférence des Parties à Bali. Il s’y déroulera parallèlement une conférence de jeunes qui comptent bien se faire entendre dans ces négociations qui influeront sur leur avenir. Le Canada y enverra une délégation de 32 jeunes, dont trois Ottaviens : la biologiste Adrianna Hoogenboom, Jeff Beyer, étudiant à l’Université Carleton, et Geneviève Gilbert, étudiante à l’Université d’Ottawa. Cette dernière étudie justement les effets des changements climatiques et l’adaptation des populations dans le cadre de sa maîtrise au Département de géographie. Invitée par l’un de ses anciens collègues d’un groupe environnemental de l’Université de Guelph, Geneviève Gilbert s’est inscrite pour finalement être sélectionnée au sein de la délégation qui représentera tous les jeunes du Canada. Cette délégation est l’initative de la Coalition des jeunes pour le climat, organisme créé en septembre 2006 pour promouvoir les nouvelles priorités liées aux changements climatiques. Pour cette troisième rencontre du genre, qui incluera notamment des activités de réseautage et des groupes de discussion, les différentes délégations tenteront d’augmenter le mouvement de jeunes autour des changements climatiques. « Nous serons là pour leur dire que nous somme la jeunesse [qui héritera] des décisions prises à Bali. Nous avons le droit d’être entendus dans ces négociations et de demander des coupures d’émissions majeures et des mesures d’adaptation immédiatement. » La rencontre à Bali comportera plusieurs groupes qui s’attarderont sur l’étude d’enjeux et la création de matériel pour les médias. Geneviève Gilbert partira avec une caméra et filmera les différents volets de la rencontre qui seront diffusés en ligne sur des sites comme YouTube. Le Canada toujours critiqué La Délégation jeunesse apporte avec elle une critique forte à l’égard du gouvernement canadien et de son attitude face à la situation. « Le Canada prétend être le chef de file en matière de changement climatique, mais il est évident qu’il traîne de la patte », affirme Gilbert. Les objectifs du Protocole de Kyoto, acceptés par le Canada en 2002, se basent sur le niveau en 1990 et pendant ces six années le pays a augmenté ses émission de 32 %. Le Canada a dévoilé en avril dernier le plan d’action « Prends le virage » qui a pour objectif de réduire les émissions de 20% sous le niveau de 2006. Le dépôt de la dernière partie

Dessin par Francis Chatrand du quatrième rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), qui insiste quant à l’imminence du réchauffement climatique, sera l’un des documents principaux qui guideront le travail des représentants à la CCNUCC. « Ce document n’apporte rien de plus scientifiquement par rapport aux trois rapports précédents; il ne fait que renforcer certaines positions et se veut un document de travail pour les représentants à la Convention. Ils devraient tous l’avoir dans leur valise », nous indique Jacinthe Lacroix, conseillère scientifique principale au changement climatique à Environnement Canada. Ces représentants devront tracer une feuille de route en vue de l’expiration du Protocole de Kyoto en 2012. On peut s’attendre à l’établissement d’objectifs plus ambitieux considérant les conclusions du GIEC. « Il pourra y avoir plusieurs changements irréversibles et catastrophiques comme l’arrêt du Gulf Stream et la fonte complète de la calotte glaciaire en Antarctique », explique Gilbert. Ce genre de scénarios pourrait en rendre certains sceptiques. « Plusieurs pensent que les changements se dérouleront de façon graduelle comme lorsqu’on tourne un cadran, mais les études indiquent que ces changements pourraient plutôt se faire comme avec un interrupteur, très soudai-

nement. » Le Gulf Stream est un facteur important pour plusieurs régions; il est notamment responsable du climat relativement chaud en Europe. En route pour Bali Le choix de Bali, une île d’Indonésie, comme hôte de la Convention s’avère tout indiqué, car c’ « est un exemple de qualité de la beauté de notre environnement naturel qui, en même temps, est aux premières loges des événements météorologiques extrêmes causés par les changements climatiques », explique le secrétaire exécutif des Nations Unies Yvo de Boer. Pour ceux qui restent au pays lors du CCNUCC, une manifestation se tiendra le samedi 8 décembre sur la colline du Parlement. La Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) a endossé cet appel lancé par la Coalition d’arrêt du chaos climatique. Une foire environnementale aura également lieu au Centre universitaire, où s’afficheront plusieurs groupes œuvrant dans le domaine de l’environnement. François Picard, vice-président aux communications à la FÉUO, a confirmé la tenue en janvier d’une « semaine verte », durant laquelle seront organisées plusieurs conférences et activités. On compte notamment inviter un représentant de la Délégation jeunesse qui aura participé au CCNUCC.

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Actualités

le 26 novembre 2007

LES ÉTUDES SUPÉRIEURES À LA LAURENTIENNE : BEAUCOUP PLUS QUE VOUS NE VOUS L’IMAGINIEZ! LA LAURENTIENNE EST UNE UNIVERSITÉ D’ÉTUDES SUPÉRIEURES ET DE RECHERCHE EN PLEINE CROISSANCE Aujourd’hui, six doctorats viennent compléter les 20 programmes de maîtrise et de diplôme et l’École de médecine du Nord-Ontario, qui est administrée en collaboration avec l’Université Lakehead. L’Université Laurentienne étale fièrement ses 14 centres de recherche et ses six Chaires de recherche du Canada. En 2006, elle a reçu plus de 38 000 000 $ en subventions de recherche et a vu croître le financement de ses recherches de 113 %, plus que toutes les autres universités canadiennes. L’une des deux seules universités bilingues au Canada, la Laurentienne compte 9 000 membres de la population à plein temps et à temps partiel, dont un nombre appréciable d’étudiants autochtones et étrangers. Avec des classes moins nombreuses et l’occasion d’effectuer des recherches avec des professeurs réputés dans leur domaine à l’échelle internationale, nous offrons l’environnement idéal à la poursuite du savoir.

PROGRAMMES DE MAÎTRISE OFFERTS EN FRANÇAIS Développement humain (MA, MSc) Histoire (MA) Service social (MSS) Sociologie (MA) PROGRAMME DE DOCTORAT OFFERT EN FRANÇAIS Sciences humaines (PhD) Pour en connaître davantage, consultez www.etudessuperieures.laurentienne.ca ou communiquez dès maintenant avec l’École des études supérieures au 1-800-461-4030, poste 3204, ou à etudessuperieures@laurentienne.ca. Aux cycles supérieurs, tous les membres admissibles du corps étudiant à plein temps reçoivent du financement.

Sudbury (Ontario) Canada www.laurentienne.ca

Apprendre, naturellement.

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actualites@larotonde.ca


Actualités

le 26 novembre 2007

BANQUE ALIMENTAIRE

L’appétit ne prend pas de vacances Andréanne Baribeau

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a banque alimentaire Bon appétit sera forcée de fermer boutique pendant les Fêtes, puisque les employés à temps partiel de la FÉUO ne seront pas rémunérés durant cette période de l’année. Bon appétit fera ainsi relâche au moment où le besoin pour ce type de service est à son plus haut dans la ville d’Ottawa. Alors que le campus se videra tranquillement une fois les examens terminés, les services de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) devront fermer leurs portes du 19 décembre au 7 janvier. Le Service de raccompagnement sera maintenu quant à lui jusqu’au 21 décembre, le Centre universitaire étant fermé au public à partir du 22. Nicholas Laplante, coordonnateur de Bon appétit, considère cette situation déplorable : « Le Service de raccompagnement demeure ouvert plus longtemps pour [assurer] la sécurité des étudiants. On voit que la priorité pour la sécurité physique est là, mais celle pour la sécurité alimentaire n’est peut être pas aussi présente. C’est quelque chose qu’on oublie parfois. »

Malgré tout, Laplante prévoit être disponible à la banque alimentaire entre le 19 et le 21 décembre. Une affiche avec ses coordonnées sera également apposée à la porte du UCU0015, permettant aux visiteurs de le joindre en tout temps. S’il est impossible d’accéder au Centre universitaire, Laplante réfèrera ces personnes à la Banque alimentaire d’Ottawa, laquelle sera en mesure de les rediriger vers les organismes les plus près de chez eux. Bien que ce système ait été utilisé l’année dernière, Nicholas Laplante ne le considère pas comme une so-

Étudiants redirigés à des services similaires Laplante avait manifesté, auprès de l’exécutif de la FÉUO, l’intérêt de maintenir la banque alimentaire ouverte au moins jusqu’au 21 décembre, en vain. Danika Brisson, vice-présidente aux affaires étudiantes de la FÉUO, explique que l’exécutif a considéré cette requête, mais qu’il a conclu qu’« il existait suffisament d’autres ressources semblables pour justifier la fermeture [de Bon appétit] durant les Fêtes ». Elle rappelle également qu’« aucun employé à temps partiel de la Fédération étudiante n’est payé durant ce temps ».

Photo par Karine Desjardins lution optimale : « Le support est là, mais il y a certaines organisations qui peuvent être moins accueillantes [pour les étudiants]. Je ne sais pas si les étudiants se sentiraient [confortables] à avoir recours à ce service-là, où il y a souvent des files d’attente. » Une période difficile pour certains Selon Carolyn Hunter, coordonnatrice des relations avec les organismes

membres à la Banque alimentaire d’Ottawa, le nombre de citoyens qui profitent des services de la Banque alimentaire d’Ottawa, dont Bon appétit fait partie, se chiffre à environ 40 000 par mois. « C’est surtout difficile pour les familles et les individus durant l’hiver, alors que les coûts pour le chauffage et l’électricité accaparent une grande partie du budget », rappelle-t-elle. Le temps des Fêtes peut s’avérer une période plutôt sombre pour les individus et familles à faibles revenus. « L’idée dans notre culture, c’est d’avoir des festivités. Or 40% des usagés de la Banque alimentaire d’Ottawa sont des enfants, ce qui met de la pression sur les parents à prendre part aux festivités », expose Hunter. D’un point de vue étudiant, le temps des Fêtes peut également devenir problématique pour les résidents qui n’ont pas assez d’argent pour retourner séjourner chez leur famille durant cette période de l’année. Ceux-ci devront alors se débrouiller seuls, d’autant plus que les résidences sur le campus seront fermées du 24 décembre au 2 janvier, obligeant les étudiants à se relocaliser temporairement. L’année dernière, le nombre de visites à Bon appétit a augmenté à l’approche du temps des Fêtes. Cette année, la banque alimentaire du campus a desservi 31 personnes en septembre et 41 en octobre. « Le mois de novembre a été encore plus occupé », souligne Laplante. Bon appétit dispose d’un service de dépannage pour les membres de la communauté universitaire, lesquels peuvent s’y procurer l’équivalent de deux journées de nourriture. Le programme La boîte verte permet quant à lui d’acheter à prix réduit un assortissement de fruits et légumes frais à tous les mois. Ceux et celles qui voudraient profiter de ces services devront toutefois s’y prendre avant le 19 décembre.

Des stages à l’étranger, un monde à partager Éric Perron L’initiative étudiante « Un monde à partager» a été lancée officiellement mardi dernier en soirée. Cet organisme travaillera à aider les populations locales de la Zambie l’été prochain. Son mandat premier sera d’offrir des stages à l’international crédités par l’Université et qui permettront aux étudiants de travailler en collaboration avec la communauté locale du pays selon ses besoins. « Un monde à partager » se veut une initiative multidisciplinaire. Le programme est donc ouvert aux étudiants de toutes les facultés, permettant ainsi de mettre à profit l’expertise de chacun. Par ailleurs, le travail accompli à l’étranger sera reconnu académiquement. Les participants recevront trois crédits pour un séjour de huit semaines à l’étranger. Ils devront de plus s’inscrire au cours « Citoyen-

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neté planétaire » offert à l’hiver prochain, lequel vaut également trois crédits. Leur séjour en Zambie servira à répondre directement aux besoins des communautés dans lequelles ils vont travailler. « Ce ne sera pas fait indépendamment des communautés là-bas, ça va être fait avec eux », lance Nathalie Gagné, viceprésidente académique du programme. Pour ce faire, l’organisme travaillera en étroite collaboration avec la Clinique de santé communautaire Bwafwano. Soutien à l’étranger Ce centre communautaire, dont une partie importante des fonds proviennent de l’Agence alimentaire des Nations Unies, est très actif dans son milieu. Il offre d’abord plusieurs soins de santé allant de l’aide aux gens affectés par le SIDA aux soins à domicile. Il

offre également un support aux orphelins et aux personnes défavorisées. Les étudiants de l’U d’O qui iront à l’étranger travailleront avec ce centre ainsi qu’avec d’autres étudiants provenant de programmes différents. Cette collaboration a pour but de favoriser la multidisciplinarité du séjour. L’idée de ce projet remonte à bien longtemps. « On a réalisé qu’il y avait un manque à l’Université en aide internationale », lance Gagné. L’Université a d’ailleurs beaucoup contribué à sa réalisation. « On a parlé aux doyens qui nous supportent […] et ont fait des dons qui ont servi à financer en partie notre premier voyage, qui a servi de base au programme», ajoute Nathalie Gagné. La date limite pour s’inscrire à ce programme était vendredi dernier. Cependant, les organisateurs du programme estiment qu’il sera offert au moins durant les cinq prochaines années.

STO

Des étudiants sont insatisfaits avec la STO. Photo par Francis Chartrand.

Pour ne plus monter la côte

Des étudiants gatinois souhaiteraient un meilleur service de la STO à l’Université d’Ottawa. Serge Dupuis

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lusieurs étudiants de l’Université d’Ottawa habitent sur la rive québécoise, parfois par choix, d’autres fois par obligation financière. Comme la STO ne dessert pas directement l’U d’O, plusieurs trouvent les déplacements difficiles. Les bus de la Société de transport de l’Outaouais (STO) s’aventurent à peine dans la province ontarienne, suivant seulement quelques tracés pour permettre la correspondance au réseau d’OC Transpo. Les étudiants gatinois descendent donc sur la rue Rideau pour ensuite monter la côte à pied pendant une dizaine de minutes vers le campus. Nathalie Freynet, étudiante en psychologie, se dit chanceuse d’habiter tout près d’une ligne. À son avis, il ne reste que deux pépins qui rendent le service moins alléchant : l’absence d’un planificateur de trajet (comme celui d’OC Transpo) et l’absence d’un laissez-passer mensuel à tarif réduit disponible pour les étudiants de plus de 20 ans. Magalie Houle, étudiante en théâtre est toutefois plus critique. « Je choisis de marcher parce que le service de transport ne me plaît pas. Ça coûte cher, les informations quant au service ne sont pas nombreuses et les autobus qui se rendent à Ottawa ne dépassent pas la rue Rideau, alors ce n’est pas utile quand on désire se rendre sur le campus. Je trouve que ça prend moins de temps marcher pour me rendre quelque part qu’attendre après un autobus qui fait le tour entier de la ville pour ne même pas se rendre près de ma destination. » Nelly Laudicina, candidate au doctorat en histoire abonde dans le même sens : « Puisqu’il faut marcher

jusqu’à l’arrêt, attendre le bus pour que celui-ci nous amène sur la rue Rideau et se taper la côte à pieds… sans parler du prix. Dans mon cas, c’est vélo par temps sec et marche à pieds par temps pluvieux. » Comment réagit la STO face aux critiques des étudiants de Gatineau? Renée Lafrenière, chef des relations extérieures de la STO, précise que le réseau est limité par les permis d’opération empêchant à la STO de s’avancer plus loin dans la capitale. Et par souci de ne pas concurrencer OC Transpo sur son territoire, elle préfère « faciliter la correspondance » à l’autre réseau. Aux étudiants qui cherchent à éviter la marche jusqu’à la rue Rideau, Lafrenière répond que la ligne 8 d’OC Transpo permet un trajet direct entre l’Université et les gares principales de Gatineau « sans aucun tarif additionnel ». Pour ceux qui s’inquiètent de leur sécurité en descendant jusqu’à la rue Rideau, elle rappelle qu’ « il y a des options. Il y a des corridors à emprunter via le Centre Rideau ou via la rue Cumberland qui sont des secteurs plus fréquentés. » Pour l’année 2008, la STO prévoit mettre à jour son site Internet et lancer sa propre version du planificateur de trajet en ligne qui intégrera aussi l’information du réseau d’OC Transpo. Selon Lafrenière, «le planificateur facilitera le déplacement dans la région en entier ». « Ce sera un outil indispensable pour les usagers puisqu’ils ne seront plus obligés de comprendre les horaires et les trajets pour emprunter le service. Il faut avouer que c’est laborieux pour un nouvel arrivant de se servir du réseau une première fois », précise-t-elle.

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Actualités

le 26 novembre 2007

CALENDRIER CALENDRIER DU 26 NOVEMBRE AU 22 DÉCEMBRE 2007

Revue de presse universitaire Alexa Biscaro

ÉVÈNEMENTS SUR LE CAMPUS « Café dans le café » Où : Café Alt, sous-sol du pavillon Simard Quand : Mardi 27 novembre Combien : Collecte de denrées non périssables au profit de la banque alimentaire Bon appétit! Visionnement du film Bon Cop, Bad Cop Où : Auditorium des anciens Quand : Mercredi 28 novembre de 20h30 à 23h Combien : Gratuit Collectes des denrées non périssables et de vêtements Où : Dans les résidences Quand : Du 1er au 22 décembre Cérémonie des lumières de l’Université d’Ottawa Quoi : Chocolat chaud, chants de Noël et collecte de denrées non périssables pour la Banque alimentaire Bon appétit! Où : Terrasse Ottawa Citizen, devant le pavillon Tabaret Quand : Jeudi 6 décembre Combien : Gratuit

CONFÉRENCES Science Supercharged: HowDigital Biology is Kicking Biological R&D and Education in Canada into Overdrive! Quoi: Conférence organisée par le club étudiant IGEM de l’Université d’Ottawa Où : Pavillon Fauteux, pièce 232 Quand : Vendredi 23 novembre à 14h Combien : Gratuit Des applications biomédicales des plantes de l’Île Maurice en tant qu’alternative efficace aux médicaments commerciaux Quoi : Ameenah Gurib-Fakim, professeure de chimie organique de l’Université de Mauritius, discutera des alternatives médicales (conférence présentée en anglais) Où : Pavillon Tabaret, pièce 112 Quand : Lundi 26 novembre de 11h à 14h30 Combien : Gratuit (RSVP au 613-562-5726)

Un menu éclectique

Les journaux étudiants choquent, informent et tissent des liens entre les différents campus universitaires. Voici ce qui a retenu l’attention de La Rotonde dans les médias étudiants récemment publiés à travers le Canada. Campus sous surveillance La sécurité des étudiants sur le campus est une des priorités majeures des établissements post-secondaires. Pourtant, dernièrement, on vise surtout ce qui ce passe à l’extérieur des heures de cours, lorsque les locaux sont vides et qu’il est plus facile de s’esquiver. Selon le Quartier Libre de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), des effractions récentes dans deux locaux, dont celui de l’Association des étudiants de droit, soulèvent de sérieuses inquiétudes. Depuis la fusillade au Collège Dawson, le Bureau de la Sûreté de l’Université équipe certains pavillons de caméras de surveillance et projette d’en installer d’autres le plus tôt possible. Le problème? Le budget, bien qu’il ait augmenté, ne permettrait pas encore d’effectuer les ajouts nécessaires. On assiste à une situation similaire à l’Université de Waterloo, où les services policiers du campus veulent également augmenter le nombre de caméras de surveillance.

Mais comme le Quartier Libre, l’Imprint de l’U de W se demande si la vie privée des étudiants sera encore respectée. Dans le cas de l’Université de Waterloo, le directeur des services policiers assure que les enregistrements ne sont visionnés qu’au besoin. Le directeur du Bureau de Sûreté de l’UQÀM fait écho à ses propos et maintient que l’objectif n’est pas de surveiller tout le monde en tout temps. Et chez nous? En plus du personnel que nous voyons patrouiller, des caméras guettent nos mouvements. Le site ne spécifie toutefois pas leur nombre, ni si les écrans sont visionnés. Une visite au bureau du Service de la protection permet toutefois de constater que c’est effectivement le cas. Selon le site Internet du Service de la protection de l’Université, 18 entrées par effraction et 55 vols visant des propriétés de l’Université ont été reportés en 2006. Cours en voie d’extinction Lors de la rencontre du Conseil des gouverneurs de l’Université de McMaster, il a été décidé que les cours avec trop peu d’inscriptions seront annulés l’année prochaine. Selon le journal étudiant The Silhouette, cette décision représente un problème important pour la Faculté des arts, qui devra annuler trois cours. Le Conseil a conclu que la majorité

des cours à faible taux d’inscriptions n’étaient offerts que parce qu’un professeur s’intéressait au sujet. De son côté, la Faculté des arts souligne que ce sont des cours de base et croit que l’Université devrait considérer les avantages de groupes plus petits, qui permettent un meilleur encadrement des étudiants. Encore une fois, la source du conflit est reliée aux finances; non pas celles de la Faculté des arts, mais plutôt au budget de la Faculté des sciences sociales. Aux dires de l’administration, la Faculté manque de ressources et ses professeurs sont beaucoup moins bien payés que ceux de la Faculté de génie. La solution prévue est donc de couper les cours qui attirent trop peu d’étudiants, surtout à la Faculté des arts, afin de rediriger l’argent vers la Faculté des sciences sociales. Bref, c’est tout un casse-tête. À l’Université d’Ottawa aussi des cours avec peu d’inscriptions sont relégués aux oubliettes. C’est particulièrement flagrant au Département des langues et littératures modernes. Les étudiants en espagnol, par exemple, doivent presque planifier leurs cours deux ans en avance. Et ce, sans noter que les cours de culture de première année du Département ne sont offerts qu’en anglais pour attirer les étudiants d’autres programmes.

The Expansion of Concepts is Everywhere Quoi : Conférence donnée par le professeur Meir Bugaglo de la Hebrew University of Jerusalem Où : Pavillon des Arts, pièce 509 Quand : Vendredi 7 décembre de 15h à 17h Combien : Gratuit

AUTRES Cours d’activisme : Dernière séance d’arbitrage entre le syndicat des professeurs de l’Université d’Ottawa et l’Administration Quoi : Présentation des arguments finaux des deux partis Où : 130 rue Staler, 2e étage Quand : Lundi 26 novembre de 9h à 11h30 Les lumières de Noël d’Ottawa Quoi : Ouverture des lumières décoratives partout en ville Où : Colline du Parlement Quand : À partir du 6 décembre, lumières ouvertes en fin de soirée, partout au Canada Combien : Gratuit Party de Noël de La Rotonde Quoi : Party annuel des bénévoles Où : 109 Osgoode Quand : Date à déterminer. Contactez actualites@larotonde. ca pour plus d’information. Combien : Gratuit

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Actualités

le 26 novembre 2007

Enfant de la patrie Guillaume Novello

Les universités en grève Le mois de novembre a été un mois riche en mouvements sociaux. En effet, sont entrés en scène les marins-pêcheurs qui se plaignaient des hausses du prix du pétrole, les fonctionnaires qui rejettent la réforme de leur système de retraite voulue par Nicolas Sarkozy et les étudiants qui s’opposent à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) visant à réformer le système universitaire français, point qui constituera donc l’objet de cette chronique. Avant de se pencher sur la LRU elle-même, il convient d’avoir bien en tête les spécificités des universités françaises qui ne fonctionnent pas du tout comme les universités canadiennes. Tout d’abord, elles sont entièrement publiques et en très grande partie financées par l’État.

De fait, il n’y a pas de sélection à l’entrée et n’importe quel diplômé du baccalauréat (diplôme obtenu au lycée) peut s’inscrire à l’université. Cependant il ne pourra choisir l’établissement; il ira dans l’université la plus proche du lycée (équivalent du CÉGEP au Québec) au sein duquel il a effectué sa scolarité, même si dans les faits bon nombre d’étudiants parviennent à contourner les règles et choisissent leur université. Les frais d’inscription sont par ailleurs très faibles, surtout comparés à ceux de l’Université d’Ottawa, et ne dépassent pas les 500 euros, soit 750 dollars pour deux sessions. De plus, les étudiants issus de milieux défavorisés reçoivent des bourses de l’État et ne paient quasiment pas de frais d’inscription. La LRU, votée le 10 août dernier

par le Parlement, a été négociée par le gouvernement de François Fillon avec la participation de syndicats étudiants, dont l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), le syndicat étudiant le plus important et proche du Parti socialiste. C’est par ailleurs lui qui avait mené les grandes grèves de printemps 2006 contre le CPE. Quoi qu’il en soit, l’UNEF avait donné son accord sur cette loi qui prévoit, entre autres, de renforcer les pouvoirs du président de l’université, l’entrée au conseil d’administration de l’université (organe dirigeant) d’un chef d’entreprise ou d’un cadre dirigeant et la possibilité pour les universités de recourir à des fonds privés pour boucler leur budget. Or dès la fin du mois d’octobre, des étudiants ont commencé à ma-

nifester leur opposition à cette loi, craignant, de façon peut-être exagérée, une privatisation de l’université et un autoritarisme des présidents. Des assemblées générales (AG) d’étudiants ont été organisées, au cours desquelles la loi LRU a été débattue et, parfois, le blocage des locaux a été voté à main levé. Ces blocages ont touché quelques dizaines d’universités dont Montpellier, Bordeaux et Toulouse. Il faut également savoir qu’un blocage est radical ; cela signifie que tous les locaux universitaires sont fermés et qu’aucun cours n’est dispensé. Au centre de ce mouvement se trouve le syndicat Sud dont les membres compensent leur faible nombre par une intense activité. Sud peut être facilement classé à la gauche de la gauche et leurs propositions sentent

Université d’Ottawa

Des études supérieures à la Faculté des arts et à la Faculté des sciences sociales

bon le bolchevisme. Par exemple, Sud s’oppose au vote à bulletin secret, jugé illégitime car non précédé d’une AG et préfère le vote à main levée. On voit facilement où cela peut mener. De fait, l’UNEF ne savait plus trop sur quel pied danser, débordée à sa gauche par des éléments extrêmes et coincée par le fait qu’elle a négocié cette loi. Bruno Julliard, secrétaire général de l’UNEF, a alors déclaré que l’application de la loi ne le satisfaisait pas et a rangé l’UNEF derrière les étudiants frondeurs pour tenter de reconquérir sa position première au sein des mouvements étudiants. Le gouvernement semble prêt à négocier mais pas à abroger la loi, ce que réclament la grande majorité des AG. La question est donc de savoir si le mouvement va se poursuivre, et si oui pendant combien de temps. Aura-t-il l’ampleur du mouvement contre le CPE ? Il est très difficile de répondre à ces questions, mais il semble probable que le blocage se poursuive s’il n’y a pas d’avancées dans les négociations d’ici Noël. Après, avec les vacances, on peut penser que le mouvement va s’atténuer, mais rien n’est moins sûr. En tout cas, le premier qui arrivera à passer une réforme d’inspiration libérale dans les universités en France pourra sabrer le champagne.

Brèves Graham Fraser Dans le cadre des midis-conférences organisés par la Section de droit civil, Graham Fraser, commissaire aux langues officielles du Canada, est venu entretenir les étudiants des droits linguistiques au pays, mardi dernier. Vantant « un système bilingue et bijuridique que le monde entier envie », Fraser a néanmoins plaidé pour un meilleur accès à la justice dans les deux langues. Il a notamment déploré le manque de juges bilingues et a invité les futurs juristes à considérer l’atout que représente la maîtrise des deux langues dans le domaine.

De généreux programmes d’appui financier :

La Faculté des arts et la Faculté des sciences sociales offrent un appui renouvelable de 15 500 $ à 18 000 $ par année. • 50 programmes innovateurs • 470 professeurs-chercheurs

Houda Soussi

Café : consommation excessive exposée Une scène impressionante attendait les étudiants de l’Université d’Ottawa lundi le 19 novembre dernier, alors que 3250 tasses de café jetables avaient été disposées dans l’agora du Centre universitaire. Dans le cadre d’une initiative de la Fédération étudiante (FÉUO), ces tasses ont été récupérées dans les poubelles du campus et représentent la moitié du nombre total de ces contenants utilisés – et jetés – quotidiennement par la communauté universitaire.

L’Université d’Ottawa se classe parmi les cinq premières universités canadiennes pour l’intensité de la recherche. www.arts.uOttawa.ca www.sciencessociales.uOttawa.ca 1 877 uOttawa 613-562-5700 AÄJc^kZgh^i‚XVcVY^ZccZ 8VcVYVÄhjc^kZgh^in actualites@larotonde.ca 4015-Rotonde.indd 1

Andréanne Baribeau 11/21/07 11:15:06 AM

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Actualités

le 26 novembre 2007

ENTRETIEN » LE PROFESSEUR

Y K S V O D U S S

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ANDRÉANNE BARIBEAU

MICHEL CHOSSUDOVSKY

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ans son bureau du 10e étage du pavillon Desmarais, au milieu des boîtes de déménagement, le professeur fait le point sur sa carrière, encore loin d’être achevée.

C

O H

La Rotonde : Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’étude de l’économie ?

Michel Chossudovsky : C’est une bonne question ! C’est peut-être une combinaison de plusieurs facteurs : les lectures que j’avais faites au secondaire, le contexte familial, le milieu de diplomatie internationale dans lequel j’ai vécu. Je m’intéressais à l’ensemble des phénomènes sociaux, pas strictement économiques.

La fin d’un chapitre

C’est avec une forte dose de perspicacité et une quête inlassable pour la vérité, combinées à une maîtrise impeccable des faits acquise au cours d’une vie de globe-trotter, que Michel Chossudovsky s’est taillé une place parmi les plus grands experts en économie de son temps. Ce spécialiste de la mondialisation et célèbre pacifiste, qui enseigne à l’Université d’Ottawa depuis 1968, quittera son poste de professeur en janvier.

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Quand je suis allé en Amérique latine dans les années 70, je suis revenu avec une perspective assez différente; je commençais à comprendre les enjeux politiques, les coups militaires, etc. Je crois que l’économie est une discipline qui est demeurée assez figée. Si on veut être créatif en économie, on doit commencer à avoir une vision plus large des phénomènes économiques. L.R. Vous avez effectivement beaucoup voyagé au cours de votre carrière, notamment en tant que professeur invité dans des universités d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est. Comment ces expériences ont-elles contribué à votre expertise ? M.C. : J’ai enseigné en Amérique latine pendant plusieurs années. J’étais au Chili au moment du coup d’État militaire en 1973; c’était un évènement très important dans ma vie. À la suite du coup, le prix du pain à augmenté de quatre fois; c’était une décision économique d’augmenter le prix de beaucoup de produits, ce qui a provoqué la misère. C’était sous le gouvernement de Pinochet. Une des premières études que j’ai faites sur l’Amérique latine portait précisément sur la politique économique de la junte militaire chilienne qui est sortie au pays en décembre 1973. Quand j’ai quitté le Chili quelque mois plus tard, j’ai essayé d’établir une écono-

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mie politique de ce qui s’était passé. J’ai commencé à comprendre comment ces réformes économiques pouvaient servir dans un processus d’appauvrissement. J’ai ensuite enseigné en Argentine, où j’ai vécu un autre coup militaire en 1976. J’ai entrepris des recherches sur les conséquences économiques de la gestion de la junte militaire au pouvoir, qui a eu des effets semblables à celle au Chili. J’ai également travaillé pour l’ACDI à titre de coopérant, ainsi que pour les Nations Unies comme consultant. Durant les années 80, j’ai travaillé sur l’Asie, et vers la fin de cette décennie, je commençais à avoir une vision d’ensemble de ce qui se dessinait sur le plan international, avec les politiques d’ajustements structurels et les enjeux de la mondialisation. Tout ça pour moi a été un facteur d’enrichissement, en tant que chercheur, mais aussi en tant qu’enseignant. Ce sont des choses que je peux analyser dans mes cours, très concrètement. L.R. : Vous êtes l’éditeur du site Internet Mondialisation.ca, le portail du Centre de recherches sur la mondialisation, situé à Montréal, et dont vous êtes directeur. Les articles qu’on y retrouve traitent de sujets quand même assez délicats, qui en général vont contre le courant. Parlez-nous de l’objectif de ce site. M.C. : On traite de sujets dont les médias ne traitent pas. On essaie de présenter la face cachée des nouvelles. On essaie de dire la vérité. On n’a pas une ligne politique comme telle; les auteurs sont très variés. Ce ne sont pas tous des gens de gauche. Notre site est l’un des principaux sites de médias alternatifs en Amérique du Nord, avec environ 40 000 visites par jour. On rejoint énormément de monde. On y publie [entre autres] des articles sur les enjeux de la guerre en Iran. Notamment, on a essayé de documenter le fait que cette guerre est déjà planifée depuis un certain nombre d’années. Le public doit être informé de l’existence de ce plan de

guerre, qui pourrait avoir des conséquences cruciales pour tout le monde. On couvre une panoplie de sujets. Dernièrement, on est plus portés à traiter de la crise financière aux États-Unis et de la guerre au Moyen-Orient et en Asie centrale. L.R. : À peine une journée après l’effondrement des tours du World Trade Center aux États-Unis, vous aviez déjà sur ce site Internet un article intitulé « Qui est Oussama ben Laden : la vérité derrière le 11 septembre ». Comment cela a-t-il été possible ? M.C. : Lorsque les évènements du 11 septembre 2001 ont éclaté, j’avais déjà fait beaucoup de travail sur les enjeux de l’Asie centrale, le pétrole, le conflit afghan et le réseau Al-Qaïda. Le lendemain de ces évènements, j’ai commencé à écrire là-dessus dans une perspective de géopolitique. L’article sur Ben Laden est probablement le texte le plus cité sur Internet. Je n’aurais jamais pu le faire si je n’avais pas eu un bagage préalable. C’était le produit de toute la recherche que j’avais faite sur le commerce de la drogue, dans lesquel le réseau Al-Qaïda était impliqué. J’ai pu commencer à comprendre ce qui s’était réellement passé. L.R. : Comment qualifiez-vous la réputation que vous avez acquise suite à vos publications et prises de position ? M.C. : Il y a toujours des gens qui vont parler contre moi, mais c’est une minorité. C’est certain qu’on n’aime pas la controverse, qu’on n’aime pas la vérité. Mais mon dernier livre [The Globalization of Poverty and the New World Order] a été traduit en 12 langues, s’est classé au deuxième rang des dix meilleurs livres non-fictifs en Allemagne et s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires dans le monde. Quand un livre fait l’affaire de l’establishment, il est très visible, mais moi je n’ai pas profité de cette [vitrine].

nuis dans les institutions où vous avez été employé ? M.C. : Je ne pense pas avoir vraiment été attaqué au niveau de mon travail. Des personnes ne seront pas en accord avec [certains de mes arguments], mais ne pourront expliquer pourquoi. Par exemple, j’avais dit à un collègue que les salaires après le coup militaire au Chili étaient tombés à 7¢ de l’heure. Il m’avait dit que c’était impossible. Mais dans ce cas-là, tu n’as qu’à lui montrer les chiffres ! Si une recherche est fondée sur une analyse, avec tous les élements de documentation, les données, etc., je crois que c’est très difficile de remettre ces résultats en question. Je crois qu’à l’Université, on est ouverts et respectueux face à la pluralité d’opinions. Je n’étais pas toujours dans la lignée de ce qui se faisait en économie, mais on m’a toujours appuyé ici. Je ne serais jamais resté si longtemps si je n’avais pu faire le travail que je fais, et sans l’appui de mes collègues. L.R. : Pourquoi quittez-vous maintenant votre poste de professeur à l’Université d’Ottawa ? Qu’est-ce qui vous attend après votre départ ? M.C. : Après 39 ans [d’enseignement ici], je pense que j’ai besoin de changement, de me réorienter. J’ai beaucoup de travail à faire à l’étranger. J’espère pouvoir continuer à enseigner ou à être impliqué d’une manière ou d’une autre [à l’Université d’Ottawa]. Je suis également conseiller auprès de l’ancien premier ministre de la Malaisie et je suis sur une commission sur la criminalisation de la guerre. Je vais également continuer à travailler au Centre de recherche sur la mondialisation. On ne peut pas faire la mondialisation en demeurant assis sur une chaise !

L.R. : Est-ce que votre réputation ou vos publications vous ont déjà apporté des en-

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Arts et Culture le 26 novembre 2007

Blaise D. Guillotte Claude Rochon culture@larotonde.ca

THÉÂTRE » FRANÇAIS » CNA

Chien Blaise D. Guillotte

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n ces froids de novembre qui commencent à nous atteindre de plein fouet, quoi de mieux que l’air chaud et poétique de la Martinique. C’est ce que nous proposait le Centre national des Arts avec la pièce Moi chien créole. L’air n’était pas si chaud pourtant. Dès les premiers instants de la pièce, la douleur s’installe et immerge tant l’acteur que le spectateur. La douleur de ce chien créole interprété par Erwin Weche provient de l’exclusion, de la méchanceté des hommes et de leur cruauté. Thème récurrent de la pièce où se mêlent allègrement poésie, théâtre social, présence du corps et beauté de la langue. Le texte écrit par Bernard Lagier oscille entre une langue française propulsée dans toute sa splendeur et un créole martiniquais qui ne fait qu’ajouter à la poésie de la pièce. Habilement maniés, les extraits en créole permettaient tout de même de suivre le déroulement narratif de la pièce. Il s’agissait même là des moments les plus riches et les plus émouvants de la pièce. Comme quoi les mots ne sont pas toujours une condition sine qua non pour comprendre ce qu’un être humain peut vivre au plus profond de lui. Force est d’avouer que la prestation d’Erwin Weche, malgré ses inégalités, est en soi un exploit qui mérite d’être souligné. Porter sur scène un texte aussi exigeant avec nul autre support que son corps est un défi magistral. Malgré tout, la pièce défile à toute allure et, lorsque les lumières s’allument, l’heure passée semble plutôt avoir été une question de minutes. On en aurait voulu plus. Grande réussite également au niveau de la mise en scène de Sylvain Bélanger. « Quelle mise en scène », pourraient rétorquer les spectateurs présents. C’est précisément là toute sa réussite, d’avoir su s’effacer derière le texte et derrière le corps de l’acteur. D’avoir laissé parler la poésie du chien et son désarroi. Subtile, sobre, minimale. Bélanger a le mérite d’avoir reconnu que toute la grandeur de la pièce n’était pas là.

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galeux

La douleur de ce chien créole interprété par Erwin Weche, provient de l’exclusion, de la méchanceté des hommes et de leur cruauté. Photo par CNA.

THÉÂTRE » U D’O

Ionesco à visions multiples

Roxanne Dubois Le Département de théâtre de l’U d’O accueillera une version réinventée d’extraits de pièces du bien connu Eugène Ionesco. Tiens, il est 9 heures !, une mise en scène de Philippe Soldevila, promet de repousser les limites de la créativité en présentant la cantatrice chauve dans une version légèrement démesurée. Cette pièce du Département s’inspire d’une adaptation des textes d’Ionesco faite par Jacques Lessard il y a une quinzaine d’années. Soldevila avait alors pris part à un projet de style collage intitulé Le salon de l’antimonde en compagnie de plusieurs comédiens de renom, notamment Céline Bonnier, Carole Cassistat et Marie-Thérèse Fortin. Plusieurs années plus tard, le texte a été retravaillé, comme l’indique Soldevila : « Lessard a repris cette pièce, l’a travaillée avec des étudiants de Québec et en a fait une autre mouture. Et ça a donné Tiens il est 9 heures! » C’est à partir de cette adaptation que Soldevila s’est aventuré, à nouveau, sur le terrain d’Ionesco, cédant la place à ce dramaturge qu’il affectionne de toute évidence. « J’ai pris cette dernière version et je l’ai retravaillée avec les comédiens. C’était un processus de création complexe et exigeant pour toute l’équipe et tous les comédiens », indique-t-il, soulignant que les comédiens ont joué un rôle actif dans le développement de la pièce. Le public retrouve les deux couples célèbres de la Cantatrice chauve, soit les Smith et les Martin, qui, en fait, ne deviennent plus que deux personnes. La distribution impressionnante de 15 comédiens transforme les personnages typiques et promet une production éclatée. Soldevila raconte sa démarche dans le cadre de ce projet : « Les comédiens avaient à gérer certaines parties, du point de vue de l’écriture et comme je travaillais aussi à tâtons, c’est très différent de la version originale. Ce n’était donc pas une pièce où j’arrivais à l’avance en sachant ce que j’allais faire. Je suis parti des forces et des différences des comédiens pour monter notre show. » Artiste en résidence pour la durée de cette année scolaire, c’est une espèce de retour aux sources pour Soldevila, qui a étudié en théâtre à Lire la suite p. 13

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Arts et Culture

le 26 novembre 2007

FF DE L’UE

NOËL

Chloé Rondeleux Créé en 1867, le Festival du film de l’Union européenne présente cette année sa 22ème édition, du 15 au 22 décembre à la Bibliothèque nationale du Canada. Outre un état des lieux de la création cinématographique contemporaine en Europe, ce festival permet de découvrir des films de réalisateurs peu connus, ainsi que des « grands films » de « petits pays » (Luxembourg, pays baltes, …). Quant à la programmation, inédite au Canada, il y en a pour tous les goûts : comédies noires, thrillers, comédies romantiques, drames sociaux, etc. Finalement, ce festival est l’occasion de découvrir avec plaisir et ravissement le septième art sur le vieux continent. Photo par Francis Chartrand.

» U D’O

suite de p. 12 l’U d’O il y a 20 ans. Dès la fin de ses études, il a fondé à Québec la compagnie de théâtre Sortie de secours qu’il dirige depuis. Il renoue ainsi avec l’U d’O, mais aussi avec Ionesco, qu’il conseille à « un public jeune, allumé et éveillé». C’est pourquoi il estime que Tiens, il est 9 heures! sera présentée dans un contexte favorable prochainement : « Derrière son œuvre se cache un esprit très critique par rapport à l’abandon qu’on fait de notre unité, de notre intimité. Je sais pertinemment que ce spectacle, dans un contexte universitaire, va vraiment avoir de l’impact. » Fervent amateur d’Ionesco, Soldavila parle de sa contribution artistique qui se fait grandement sentir aujourd’hui : « Il a été l’un des plus grands auteurs du vingtième siècle. Il est encore le dramaturge le plus joué à travers le monde et il a révolutionné le monde dramatique. La Cantatrice chauve était sa première expérience d’écriture théâtrale et c’était une approche complètement différente de l’écriture théâtrale d’alors. » Tiens, il est neuf heures ! est présentée à la Salle académique du pavillon Séraphin-Marion du 27 novembre au 1er décembre à 20h. Pour plus d’informations, consultez le site Internet : ilest9heures.awardspace.com

Les festivités sur le vieux continent européen Chloé Rondeleux

Les pensent à tous

es fêtes de Noël varient selon les us et coutumes de chacun. Pour se mettre dans l’ambiance et pour découvrir les traditions de l’autre côté de l’Atlantique, voici un petit tour d’horizon des festivités.

Vous devez prendre le train le jour de Noël ? Rassurez-vous, si vous transitez par une gare autrichienne elle sera décorée pour vous souhaiter un joyeux Noël. Ils pensent vraiment à tout le monde ces Autrichiens : même les voyageurs peuvent sentir l’ambiance de fête.

Les impatients

Les maniaques

En Pologne, pas d’attente interminable avant de se mettre à table. Finis les réveillons qui commencent à pas d’heure. Dès que la première étoile paraît, les enfants courent prévenir leurs parents et tout le monde passe à table. Et si le ciel est nuageux le 24 décembre, me direz-vous, comment font-ils, ils ne mangent pas ? Tout à été prévu ; le repas commence alors quand le père ou le grand-père annonce qu’il est temps de festoyer.

Si vous n’êtes pas très ménage, je vous déconseille d’aller fêter Noël en Lituanie. En effet, il est de coutume de nettoyer la maison de fond en comble durant la semaine qui précède le réveillon. Et nul doute que si vous êtes de passage vous serez mis à contribution pour astiquer la maisonnée.

L

Les paresseux Pendant la neuvaine de Noël, les Bulgares ne font pas de lessive. Estce par paresse ? Un peu trop rapide comme accusation. En fait, l’explication est davantage « biblique » : il fallait laisser la Vierge seule au lavoir pour qu’elle puisse nettoyer les langes de l’enfant Jésus.

Les diseurs de bonne aventure Vous vous posez des questions sur votre avenir ? Allez donc passer Noël en République tchèque. Si le cœur de la pomme avec ses pépins a la forme d’une étoile, c’est le bonheur assuré. Si les quatre noix que vous ouvrez sont bonnes, c’est la garantie d’être en bonne santé toute l’année. Le plomb chaud dans l’eau révèle des formes bizarroïdes que l’on peut s’amuser à déchiffrer et à interpréter. Quant à la fameuse

question du mariage, il suffit de lancer un soulier derrière son dos ; si la pointe indique la porte, vous vous marierez pendant l’année. Les pragmatiques En Slovaquie, pas question de chiper dans les plats en préparation pour le dîner du réveillon. Ce jour-là, on jeûne le midi. Aux enfants, les parents disent que s’ils attendent le souper sans manger le moindre morceau, le soir à minuit ils verront le petit cochon d’or. Pas très convaincant, n’est-ce pas ? Par contre, quand on connaît le menu du repas de fête, on comprend mieux pourquoi les Slovaques préfèrent jeûner pendant la journée : lorsque la cloche sonne à 18h00, le repas débute par un gâteau mince, plat et rond, nappé de miel. Ensuite, vient la soupe à la choucroute, avec les saucisses et la crème fraîche. Après cela, c’est le poisson pané (de la carpe) avec une salade de pommes de terre. On termine par les gâteaux qui ont été préparés dans la journée, les pommes et les noix. Halloween réinventée Vous pensiez qu’Halloween ne se fêtait que le 31 octobre ? Détrompezvous ! En Roumanie, après avoir décoré le sapin, les enfants partent dans

leur quartier ou village pour chanter de maison en maison. On les appelle les colindatori. De porte en porte, ils reçoivent non pas toutes sortes de sucreries, mais des gros bretzels, des beignets, des pommes ou de l’argent. Le saviez-vous ? Le chant de Noël le plus célèbre, traduit en plus de 300 langues, « Stille Nacht » («Sainte Nuit», «Silent Nigt, «Holy Night») a été inventé en Autriche. Et comme Noël est la période des histoires, laissez-moi vous compter celle-là : ce chant fut interprété pour la première fois dans l’église de Saint-Nicolas, à Oberndorf, près de Salzbourg. C’était le 24 décembre 1818 et le père Mohr avait été appelé pour baptiser un nouveau-né. La nuit était particulièrement claire et les étoiles brillaient. Le prêtre, particulièrement inspiré, écrivit d’un seul jet les paroles que nous connaissons. Plus tard, son ami le maestro Franz Gruber, composa la mélodie qui devait être jouée à l’orgue. Toutefois, les souris en avaient décidé autrement ; elles avaient rongé le souffler. Gruber confia alors, sans grand enthousiasme, sa mélodie aux cordes d’une vieille guitare. L’effet fut saisissant et depuis cette nuit l’air de cette chanson retentit dans de nombreux pays.

Mot de Cambronne

Blaise D. Guillotte, chef de pupitre, Arts et Culture

Ne fêtez pas Noël Noël est déjà terminé. Promenez-vous dans les centres commerciaux et vous le verrez bien; les décorations de Pâques et de l’Halloween prochain garnissent déjà les étagères. Mais vous allez le fêter quand même. Pourquoi? Vous ne savez pas trop bien. Jésus? Probablement pas, Dieu est mort on le sait et Jésus est mort avec lui. Pour enfin prendre du temps pour vous et votre famille? S’il vous faut une date pour le faire, vous devriez la passer à vous sentir coupable d’avoir attendu si longtemps. De toute façon vous perdrez votre temps à

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dire que la magie de Noël est perdue dans son aspect commercial. Vous déplorerez l’entrée du capitalisme dans cette belle fête pure, en poussant un soupir à la vue du prix de vos achats de cadeaux dans un magasin. La magie de Noël n’est pas perdue, elle a simplement changé de forme, elle trouve son exubérance et son irrationnalité dans l’achat compulsif des cadeaux, décorations, nourritures et toutes sortes de bébelles qui se trouveront au fond d’une poubelle le 26 et qui contribueront allègrement au dépérissement de la planète.

Qu’à cela ne tienne, il faut bien entretenir la magie de Noël, non? Décider de ne pas fêter Noël est en soi une révolte. Un rejet de la société, de ses moeurs, de sa tradition et de son aspect marchand et commercial. C’est également un rejet de ce patrimoine religieux dont on commence à se défaire, malgré les résistances qui se font encore sentir. On veut une société laïque, mais on exige de garder notre congé du 25 et surtout ce bel arbre de Noël avec sa croix tout en haut. Ne pas fêter Noël est un acte de résistance.

Célébrer Noël est une question de culture, de tradition, un reflet, un pillier de notre monde social me direz-vous. C’est vrai. Ça ne pourrait être plus vrai. Mais c’est être profondément réactionnaire que de penser qu’une culture est homogène, figée. Penser la culture de cette façon, c’est penser sa mort, c’est vouloir sa mort. On ne sortira pas Noël de la société aussi facilement. La dinde est si tentante. Dur de ne pas fêter Noël, c’est vrai. Fêtez-le donc le 26 alors, ou le 24. Ça sera déjà ça de gagné.

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le 26 novembre 2007

PHOTOS

Le continent africain présenté sous un nouvel angle Nathalie Lauzon L’exposition Au-delà des clichés. Nouveaux points de vue en photographie africaine contemporaine est présentée en exclusivité canadienne au Musée des beaux-arts du Canada. L’exposition rassemble plus de 165 oeuvres de 40 artistes réputés venant d’une douzaine de pays d’Afrique. Organisée par le International Center of Photography (ICP) de New York, elle est présentée jusqu’au 6 janvier. La photographie africaine s’est radicalement transformée au cours des dix dernières années et brille aujourd’hui plus que jamais parmi les autres disciplines artistiques contemporaines. Illustrant le lien de plus en plus étroit qui existe entre la photographie et d’autres formes d’art expérimental pratiquées

en Afrique, Au-delà des clichés comprend non seulement des œuvres photographiques, mais aussi des installations multimédias et de la documentation d’œuvres de performance. Des techniques artistiques variées, sur fond musical ou dans le silence, sous des lumières fortes ou dans la noirceur totale; l’expérience de la visite est diversifiée, intéressante et différente. On apprend à découvrir l’Afrique à travers plusieurs scènes du quotidien; cours de danse, tâches ménagère, etc. Quatre thèmes récurrents de la photographie contemporaine africaine s’entrelacent dans l’exposition : le paysage, les formations urbaines, le corps et l’identité et, enfin, l’histoire et la représentation. Les images africaines dans les médias nord-américains

Que ce soit dans les films sur le génocide au Rwanda, l’actualité soudanaisepeuglorieuse,l’Apartheid, les groupes d’extrémistes arabes, les publicités de Vision Mondiale, le SIDA ou la famine, en 2007, c’est plutôt des controverses et de la désolation que nous présentent les médias nord-américains du continent africain. « La presse mondiale ne montre presque jamais les Africains dans des situations normales; les images de crise éclipsent souvent les autres représentations. Au-delà des clichés force à reconnaître les formes de pratiques photographiques contradictoires et variées qui surgissent en Afrique aujourd’hui », a commenté le commissaire invité de l’exposition Okwui Enwezor. « L’exposition cherche ainsi à illustrer comment la photographie peut servir à dessiner le spectre des différentes réalités sociales. Par une

interrogation pertinente du rôle des images dans les discours publics sur l’Afrique, l’exposition donne des aperçus pénétrants et insolites d’une dynamique sociale en pleine mutation », a-t-il ajouté. Dans cette ligne de pensée, Luc Bonneville, sociologue et professeur au Département de communication à l’Université d’Ottawa, mentionne « que les médias ont recours de plus en plus à des images percutantes, dont la diffusion peut être interprétée suivant le type de société dans lequel nous vivons : une sociétéspectacle. Désormais, notamment avec le «direct» et l’urgence de l’information, on tente de diffuser d’abord et avant tout des émotions plutôt que des informations. Autrement dit, on tente de créer des émotions à partir d’images qui s’inscrivent parfois, de plus en plus souvent, en substitution

UTILISER SA CAMÉRA AUTREMENT »

Un cadeau à s’offrir Nathalie Lauzon Le temps des Fêtes, c’est le temps des retrouvailles, des réceptions, de la dinde, du « magasinage », de la famille, des amis, des voyages et des cadeaux. Mais pourquoi ne pas essayer de prendre du bon temps pour soi-même en prenant quelques clichés différents cette année ? Seul derrière sa caméra, c’est souvent un moment privilégié pour se retirer, refaire le plein, faire parler notre œil… Dans ce tourbillon d’événements qui nous engloutit, la caméra nous permet de capter certains instants que personne d’autre n’aura remarqué. Pourquoi ne pas se donner quelques défis photographiques personnels durant les fêtes ? Vous manquez d’idées ? En voici quelquesunes :

quelconque, car peu importe la vitesse que vous réglez sur votre caméra, la durée du flash, elle, sera toujours la même. Au lieu d’obtenir un premier plan très éclairé et un arrière-plan sombre, vous y verrez apparaître plusieurs détails, et ce, à tous les plans. Par contre, notez bien que vous devrez demeurer stable avec votre appareil, de préférence au moyen d’un trépied, pour ne pas avoir des résultats flous. Mettre sa caméra en mode manuel : Peu importe le prix payé pour votre appareil photo, c’est VOUS qui prenez la photo et non lui.

LA CHORALE CRESCENDO »

Alors pourquoi ne pas essayer de tourner les boutons autrement qu’à « automatique »? En lisant un peu sur les techniques de base, comme la vitesse (la durée durant laquelle on laisse la lumière s’exposer sur le capteur/pellicule), l’ouverture (la quantité de lumière que l’on laisse entrer dans l’appareil), la focale (le niveau de zoom que vous utiliserez) et la sensibilité (ou si vous préférez l’ISO ou l’ASA, qui influe sur la qualité de l’image), vous repousserez les limites de l’ « automatisme ». En effet, bâtir sa photo avec une combinaison d’ingrédients et de mesures mènera à des créations photographiques tout à fait originales.

La romance d’une caverne

Voir les choses différemment (ou comment voir la maison de la belle-mère sous un autre Valérie Mandia œil) : Un élément de base en composition est « la règle des tiers ». . Il s’agit de privilégier l’occupation des tiers de la photo, autant verticaux qu’horizontaux, c’est-à-dire, de mettre le sujet, l’action ou l’objet photographié ailleurs qu’au centre de l’image. Aussi, n’hésitez pas à vous pencher, vous surélever, vous coucher par terre ou vous rapprocher beaucoup du sujet pour découvrir divers angles.

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Lire son manuel d’utilisation : Tout un défi pour certains ! Ce petit livret vous ouvrira pourtant les portes sur un autre monde. C’est malheureusement la première étape et elle est nécessaire. Certaines icônes et fonctions ne sont pas faciles à comprendre et vous vous féliciterez plus tard de l’avoir fait. Utilisation de la lumière : Apprendre à mieux maîtriser l’utilisation du flash de votre caméra, car, eh non, il n’est pas nécessaire de toujours l’utiliser ! S’obliger à utiliser la lumière naturelle peut s’avérer un exercice intéressant et donnera des résultats surprenants. En général, votre flash ne devrait servir qu’à renforcer l’éclairage existant. Que ce soit pour remplir les ombres que le soleil crée, pour accentuer certains détails dans la photo ou pour geler un mouvement

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L’exposition Au-delà des clichés. Nouveaux points de vue en photographie africaine contemporaine est présentée jusqu’au 6 janvier. Photo par Nathalie Lauzon.

La chorale Crescendo, composée de trente voix mixtes, en fera frémir quelques uns en décembre. C’est entre les murs d’une grotte datant plus de 12 000 ans qu’ils confieront leurs chants au chœur de la caverne Laflèche. Résultat des forces naturelles de l’eau, la grotte sera envahie par une houle sonore. Se réunissant depuis maintenant sept ans, la chorale Crescendo représente le rêve d’une femme ayant voulu échapper à un monde de surconsommation. Claire Poirier a réalisé ce rêve en faisant revivre les plus belles valeurs du temps des Fêtes. « La chorale Crescendo n’en est pas une de tous les jours. Elle présente des chants grégoriens, en français, en huron. C’est une expérience unique, exceptionnelle», commente Marianne Loyer, directrice générale adjointe. Les fragments de voix de la chorale s’uniront aux stalactites et aux stalagmites parsemant les gosiers de la caverne. La voûte de la grotte invite donc tous les friands d’originalité, tous les rêveurs insatiables à pénétrer l’ardeur des pierres respirant une simplicité émouvante. Cette alliance de choristes présentera un concert intitulé Noël médiéval et chantera a cappella dans une chapelle pavée de pierre. Afin de nous replonger au Moyen-Âge et à la Renaissance, la plus grande grotte du Bouclier canadien sera illuminée par environ 200 chandelles, transportant ainsi petits et grands dans une sphère à la fois mystérieuse et magique.

Le temps des fêtes est une occasion en or de se retirer derrière sa caméra et faire parler son oeil. Lire la suite p. 15

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le 26 novembre 2007 » LA CHORALE CRESCENDO

» UTILISER SA CAMÉRA AUTREMENT

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Ayant déjà assisté au concert, Loyer raconte cette expérience envoûtante : « Puisque la chorale prend place dans une caverne, le son est tellement différent qu’il nous transporte dans un autre temps. L’atmosphère est indescriptible avec la lumière d’une centaine de chandelles qui vacille sur la pierre,

alors que les choristes habillés en bergers, sont surélevés. J’en ai des frissons juste d’en parler ». « Chantant a cappella, la chorale n’est accompagnée d’aucun élément technologique. Seuls de petits tambours fabriqués à la main agrémentent l’ambiance. Ces voix nous transportent vraiment dans

un autre monde, dans un autre temps», ajoute Loyer. Elle nous confie également qu’il vaut mieux faire vite pour les réservations, car les places sont limitées. La chorale présentera son spectacle du 20 au 23 décembre, à 19h et à 21h. Adultes : 25, 00$. Enfants 20,00$.

Se donner un défi photographique : « Aujourd’hui je prends des photos des ornements du sapin. » « Ce soir, je prends des photos des feux d’artifices sur la plage. » Seul ou à plusieurs, pourquoi ne pas vous donner un thème et échanger vos visions de ce qui vous entoure ? Avec la technologie du numérique et son instantanéité, il s’agit d’un petit jeu intéressant, surtout avec des oncles, petits cousins ou grands-parents ! « OK, nous avons 15 minutes avec nos caméras pour montrer à l’autre ce que nous voyons dans cette fête, partons à la chasse aux images ! »

CENTRE NATIONAL DES ARTS

THÉÂTRE FRANÇAIS

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Modifier ses images avec des logiciels : Pour une fois, pourquoi ne pas essayer de garder ses images telles

qu’elles sortent de la caméra ? Faire les efforts nécessaires techniquement afin de ne pas avoir à les retravailler? Un bon éclairage, une vitesse appropriée, des idées peu banales et on obtient un résultat fort intéressant. Activités photographiques : Pour les mordus de la photo, le temps des Fêtes est aussi un bon temps pour visiter des expositions ou s’inscrire aux ateliers et clubs photographiques d’Ottawa et de ses environs. Voir ce qui se fait dans le domaine nous permet d’apprécier davantage cet art et de nourrir notre créativité. Faites confiance à votre imagination et prenez donc ce temps pour vous-même, car il est souvent facile de se perdre dans les célébrations et d’arriver en janvier encore plus fatigué qu’à la midécembre. Bonne chasse !

CALENDRIER CULTUREL ARTS VISUELS Arrêtons les stéréotypes Quand? Les 27 et 28 novembre Où? Agora du Centre universitaire Young and Indie, exposition de photographie de mode Quand? Le 28 novembre de 19h à 22h Où? Club SAW, 67 rue Nicholas Enchère silencieuse du Département d’arts visuels Quand? Le 28 novembre de 19h à 22h Où? Mercury Lounge, 56 rue Byward Market

De Bernard Lagier

Le coeur caresse de Alexandre Boisseau Quand? Jusqu’au 16 décembre Où? Galerie Montcalm, 25 rue Laurier, Gatineau

MOI CHIEN CRÉOLE

DU 21 AU 24 NOVEMBRE À 20 H AU STUDIO DU CNA

Mise en scène de SYLVAIN BÉLANGER | Avec ERWIN WECHE | Musique originale : LARSEN LUPIN | Scénographie et costume : BÉNÉDICTE MARINO | Éclairages : GLEN CHARLES LANDRY | Maquillages : ANGELO BARSETTI | Conseil dramaturgique : OLIVIER KEMEID | Assistance à la mise en scène et régie : JEAN GAUDREAU | Éclairagiste associée : ANNE-CATHERINE SIMARD-DERASPE | Une coproduction du Théâtre du Grand Jour et de L’Artchipel - Scène nationale de la Guadeloupe BILLETS : 31,50 $, 17 $ ÉTUDIANTS

Billets à

10 $

Billets de dernière minute pour les étudiants à plein temps Valable pour les spectacles de théâtre et de danse et les concerts de l’Orchestre du CNA Achats de billets en ligne ou en personne au Centre Buzz en directMC Pour obtenir gratuitement une carte Buzz en directMC, cliquez sur buzzendirect.ca BILLETTERIE DU CNA

lundi - samedi 10 h à 21h

TARIFS DE GROUPE 613-947-7000 x384

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WWW.NAC-CNA.CA BUZZENDIRECT.CA

THÉÂTRE Tiens, il est 9 heures ! © Théâtre du Grand Jour

LE CABOT SANS COLLIER LE BÂTARD ERRANT LE CHIEN CRÉOLE

Voir et ne pas voir de Doris Lamontagne Quand? Jusqu’au 12 décembre Où? Galerie de l’Hôtel de ville, 110 avenue Laurier Ouest

Quand? Du 27 novembre au 1 décembre Où? Salle académique du pavillon Séraphin-Marion Endhits)

MUSIQUE Al Wood Band Quand? Le 26 novembre à 21h30 Où? The Manx Pub, 370 rue Elgin Jethro Tull Quand? Le 26 novembre à 19h30 Où? Centre national des Arts, 53 rue Elgin Concert de Noël des choeurs de l’Université d’Ottawa Quand? Le 5 décembre de 12h à 14h Où? Pavillon Tabaret, pièce 112

HUMOUR Claudine Mercier Quand? Le 5 décembre à 20h Où? Auditorium des anciens Combien? 15$

AUTRES Première assemblée annuelle publique du Musée des beauxarts du Canada Quand? Le 3 décembre de 18h30 à 20h Où? Auditorium du Musée des beaux-arts du Canada, 380 promenade Sussex

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Sports

le 26 novembre 2007

Simon Cremer sports@larotonde.ca

BASKET-BALL MASCULIN

Toujours parfaits !

HOCKEY MASCULIN

Victoire convaincante des Gee-Gees

Ottawa 78 Windsor 61 Ottawa 84 Western 67 Simon Cremer

J

osh Gibson-Bascombe a une fois de plus mené les siens, dans ce qui s’annonçait comme un match des plus serrés, alors que les Gee-Gees, qui ne sont pas encore classés dans le top 10 national, affrontaient les Lancers de Windsor (4-1), jusque là invaincus, qui occupaient le quatrième rang du classement pancanadien. Les Gee-Gees ont entamé le match en lions, creusant un écart de 15 points après le premier quart de jeu, grâce aux efforts des deux frères Gibson-Bascombe et de Donnie Gibson, notamment. Ottawa a su profiter d’un manque de discipline de la part des Lancers pour maintenir son avance tout au long de la partie, pour finalement l’emporter par près de vingt points. Le numéro 3 des Gee-Gees, Josh Gibson-Bascombe, a terminé la rencontre avec 23 points en 30 minutes de jeu. Sean Peter a également connu une excellente sortie pour Ottawa, comptant un total de 20 points. Les Mustangs de l’Université Western Ontario (2-4) ont essentiellement subi le même traitement que les Lancers, alors qu’ils étaient de passage au pavillon Montpetit samedi soir. Incapables de suivre le rythme des Gee-Gees au premier quart, les Mustangs ont été forcés de jouer du basket-ball de rattrapage. Un manque de discipline de la part de la formation londonienne a permis à Ottawa d’accumuler les points par la faute, menant 41-33 à la fin de la première demie. Les Gee-Gees ont continué de creuser l’écart, maintenant une différence de plus ou moins 20 points pendant la majeure partie du dernier quart. Si bien qu’en fin de quatrième quinze, l’entraîneur-chef Dave Deaveiro s’est permis de donner le terrain à ses réservistes, qui se sont vaillamment défendus. Donnie Gibson et Josh GibsonBascombe se sont partagés le gros du travail en attaque, récoltant respectivement 19 et 16 points. Dax Dessureault a aussi grandement contribué avec 13 points et huit rebonds. « Je crois que nos jeunes joueurs ont très bien joué, notamment Vlad

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Dan McDonald contourne le filet de Paul Gibson. Photo par Simon Cremer

Ottawa 7 Ryerson 3 Simon Cremer

Sean Peter et les Gee-Gees sont venus à bouts des Lancers de Windsor et des Mustangs de Western, la fin de semaine dernière. Photo par Simon Cremer Pislaru, Nemenja Baletic et Justin Bell, dans la première demie. Nous sommes en train de devenir une très bonne équipe, à voir le travail des recrues », expliquait Deaveiro. Avec ces deux victoires, Ottawa conserve sa fiche parfaite, et trône au sommet de la section Est, à éga-

lité avec Carleton, ce qui devrait permettre aux Gee-Gees de percer le Top 10 national. Les hommes de Deaveiro affronteront Guelph, puis Brock, la semaine prochaine. Ils seront de retour au Pavillon Montpetit le 4 janvier, pour affronter les Lions de l’Université York.

Les Gee-Gees (8-6) ont remporté leur quatrième victoire en cinq matchs, vendredi soir, au Complexe sportif, alors qu’ils sont venus à bout des Rams de Ryerson (2-6-3) par la convaincante marque de 7 à 3. Dan McDonald, Rob Jarvis, Yannick Charron et Colin Bowie ont tous connu une soirée de deux points, alors que le défenseur Matt McMahon a compté une fois en plus de réaliser deux passes décisives pour permettre au Gris et Grenat de l’emporter. C’est Yannick Charron qui ouvrait le pointage en début de première période, en complétant sur réception la passe de Troy Duncan. La jeune équipe de Ryerson répliquait quelques instants plus tard, alors que le gardien recrue Riley Whitlock avait perdu de vue un retour de lancer dans l’enclave, qui finit par lui passer au-dessus de la tête. En avantage numérique, Dan McDonald redonnait les devants à Ottawa grâce à un tir du poignet haut qui trompait la vigilance de Paul Gibson, dans l’enclave pour les Rams. Ryerson nivelait à nouveau la marque, après que les Gee-Gees aient été incapables de capitaliser sur un cinq contre trois. Brent Small a profité d’une mauvaise sortie de Whitlock pour son deuxième filet de la soirée. Colin Bowie procurait une avance de 3 à 2 aux Gee-Gees, avant que la formation torontoise ne trouve encore moyen de combler l’écart, en milieu de deuxième, avec l���avantage d’un homme. Quelques instants plus tard, Bowie donnait définitivement l’avance à Ottawa grâce à une belle passe de Corey Thibodeau. En fin de troisième, avec Dan McDonald au cachot, Nick Vernelli creusait l’écart alors qu’il s’est présenté seul devant Gibson, après avoir intercepté une passe en défensive. « Nous avons beaucoup de bons

patineurs, des joueurs intelligents qui ont bien su lire le jeu des Rams », commentait l’entraîneurchef Dave Leger. Le jeu plus inspiré des Gee-Gees en deuxième période leur permettait de conserver le momentum en troisième tiers. Un tir vif de McDonald donnait une avance de trois buts à Ottawa. Après que Colin Bowie ait raté de peu de compléter son tour du chapeau, interceptant une passe en désavantage numérique, Matt McMahon complétait le pointage de la soirée. Malgré le résultat final, le match aurait dû avoir une allure différente, selon le pilote Dave Leger. « Ryerson n’a pas la même direction que nous en tant qu’équipe, ils ne sont pas au même stade de développement que nous. C’est une jeune équipe avec un nouvel entraîneur. Mais je pense que quand nous jouons comme nous l’avons fait en deuxième période, nous sommes une équipe contre qui il est très difficile de jouer. » Leger a également été impressionné par le jeu du gardien recrue Riley Whitlock. L’athlète originaire de Calgary n’a qu’une seule défaite en temps réglementaire en neuf départs, et a réussi deux blanchissages. Après avoir alloué deux mauvais buts, Whitlock s’est bien ressaisi pour mener les siens à la victoire. « Riley a beaucoup de caractère, il n’aime pas perdre et il n’aime pas laisser rentrer de mauvais buts. Il répond bien dans des situations difficiles du genre », expliquait Leger. Les Gee-Gees se dirigent maintenant vers le dernier droit avant la pause des examens avec une fiche de huit victoires et six défaites. Les hommes de Dave Leger affronteront à nouveau Ryerson, puis les Varsity Blues de Toronto la semaine prochaine dans la capitale ontarienne, avant de recevoir la visite des Ravens de Carleton le 4 décembre au Complexe sportif.

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Sports

le 26 novembre 2007

BASKET-BALL FÉMININ

VOLLEYBALL

Une autre fin de semaine sans victoire pour la troupe de Carlos Brown

Ottawa écrase Ryerson Maxime Goulet En volleyball, les Rams de Ryerson rendaient visite à nos Gee-Gees samedi dernier. Nullement inquiète, la troupe de Lionel Woods les attendait de pied ferme. Une heure et vingt minutes plus tard, le Gris et Grenat sortait victorieux d’un match plutôt expéditif de trois sets de 25-29, 25-20 et 25-21. Leurs adversaires leur ont donné tout de même plus de fil à retordre que prévu : « Elles étaient plus fortes qu’on l’aurait pensé, elles ont un style différent des autres équipes », commentait Woods après la partie. Soulignons d’abord la performance de la passeuse Laura Simons qui a distribué des passes quasi parfaites pendant les trois sets. De celles-ci, quelques passes courtes ont mystifié l’autre équipe par leur vitesse d’exécution. Certaines joueuses ont particulièrement bénéficié de la précision

de Simons. Notamment, Christine « Rocket Launcher » Lamey qui ne laissait aucune chance aux Rams lorsqu’elle décochait un de ses boulets de canon, ce qui est arrivé une dizaine de fois dans le match. D’autres joueuses se sont aussi démarquées, dont Ariane Thibault, qui en plus de guider une remontée de six points en début de deuxième set, a mis fin au match avec l’un de ses nombreux smashs. Il ne faut pas non plus oublier ses quelques blocs ; avec Joanie Beauregard-Veillet, elle représentait un obstacle imposant pour l’attaque adverse. « On travaille sur une nouvelle stratégie offensive. Les filles ont bien performé, mais le travail n’est pas complètement terminé », commentait l’entraîneur des Gee-Gees. En effet, elles semblent marcher dans la bonne direction. Elles trouveront toutefois sur leur chemin le Collège militaire royal le 1er décembre prochain.

Sarah Van Hooydonk et Kyrie Love, deux vétérans des Gee-Gees, sont toujours en quête d’une première victoire avec la très jeune formation de basket-ball féminin. Photo par Simon Cremer

Ottawa 47 Windsor 66 »» Ottawa 47 Western 66 Simon Cremer Le début de saison pénible du Gris et Grenat en basket-ball féminin s’est continué cette fin de semaine. La troupe de Carlos Brown est toujours en quête d’une première victoire en calendrier du Sport universitaire ontarien (SUO), après s’être inclinée contre les Lancers de Windsor et les Mustangs de l’Université Western Ontario. es Gee-Gees recevaient les Lancers de l’Université de Windsor (4-4) vendredi soir, au pavillon Montpetit. Ce sont les visiteuses qui ont tôt fait d’imposer leur rythme, notamment grâce au travail de la recrue Laura Mullins, qui terminait la soirée avec une récolte de 19 points. Windsor a profité du manque d’opportunisme des Gee-Gees pour se tailler une avance de 32-19 après deux quarts. Ottawa a par contre re-

pris du poil de la bête au retour des vestiaires, marquant 28 points dans la deuxième moitié du match, mais n’a jamais pu combler son retard, alors que les Lancers l’ont emporté 66-47. Katie Laurie, Kyrie Love et Danielle Ranger ont été les plus productives pour les Gee-Gees, avec des récoltes respectives de 9, 8 et 8 points. Même pointage, même histoire, pour les Gee-Gees, alors qu’elles affrontaient les Mustangs de Western (6-2) samedi. Quatre joueuses de l’université de London ont réussi dix points ou plus, alors que les Mustangs ont creusé un écart de 19-7 après le premier quart. Sarah Van Hooydonk a encore une fois mené la charge pour Ottawa, dans la cause perdante. L’athlète de quatrième année a réussi 15

points, dont trois paniers de trois points consécutifs pour réduire l’écart des Mustangs à 38-28 à la fin du deuxième quart. « C’est sûr que ce n’est pas évident », expliquait l’arrière de première année Danielle Ranger, au sujet du début de saison décevant des GeeGees. « Les choses semblent se placer en attaque, mais nous devons faire un meilleur travail en défensive. » Le pilote Carlos Brown était cependant satisfait de l’effort fourni par l’équipe dans la deuxième moitié du match : « Nous affrontons une équipe dans sa troisième année de développement. Notre programme en est à trois mois. » Les Gee-Gees prennent le chemin de Guelph et Brock, la fin de semaine prochaine, et seront de retour au pavillon Montpetit au retour du congé de Noël, le 4 janvier, pour affronter les Lions de York.

Photo par Simon Cremer

HOCKEY FÉMININ » OTTAWA 3 MCGILL 5

Presque une victoire contre les puissantes Martlets

Simon Cremer Les filles de Shelley Coolidge se sont inclinées 5-3 contres les Martlets de l’Université McGill, samedi dernier. Toutefois, malgré la défaite, les Gee-Gees ont prouvé un point important : Charline Labonté n’est pas invincible. La gardienne partante des Martlets a été simplement phénoménale depuis le début de la saison. Labonté, médaillée d’or à Turin en 2006, avait une moyenne de buts alloués de 0,17 en sept matchs de calendrier SUO avant le match de samedi contre Ottawa. C’était la deuxième fois de l’année qu’une équipe mar-

sports@larotonde.ca

quait contre elle. Ottawa est la première formation à la déjouer plus d’une fois en saison régulière. Mandi Duhamel a ouvert le pointage pour les Gee-Gees, en toute fin de première période. Au retour des vestiaires, les Martlets assuraient la réplique, alors que Jordana Peoff déjouait Jessika Audet pour niveler la marque, avant de permettre à Jasmine Sheehan de donner les devants à McGill. La troisième période a vu Ottawa créer l’égalité, grâce au but de Laura Cardiff, sur une passe de Kim Kerr. Puis, le banc des Gee-Gees se soulevait quand Kerr permettait aux siennes de prendre les devants 3-2, alors

que son tir trompait la vigilance de la gardienne olympique. Mais les célébrations étaient de courte durée pour le Gris et Grenat, quand, après une mêlée devant le filet de McGill, elles se sont fait refuser un but. Quelques instants plus tard, Shauna Denis perçait la défensive d’Ottawa, pour se présenter seule devant Audet et la déjouer d’un tir bas du côté de la mitaine. Ann-Sophie Bettez scellait l’issue du match avec un but en fin de troisième. La gardienne Jessika Audet avait vite fait de voir les points positifs au match, en dépit du pointage final. « Si nous pouvons jouer 60 minutes

comme nous avons joué en troisième, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas battre les Martlets. » Le véritable point tournant était le but refusé en fin de troisième, selon la gardienne vétéran : « Le but refusé a vraiment brisé l’état d’esprit de l’équipe. Les filles étaient un peu trop excitées de prendre les devants. » Audet a dû se surpasser dans la cause perdante, faisant face à 32 lancers, alors qu’Ottawa a tiré à 17 reprises au filet de Labonté. Somme toute, les choses semblent se mettre en place, pour la troupe de Shelley Coolidge. Il y a deux semaines, les Gee-Gees étaient en Nouvelle-Écosse pour prendre part

à un tournoi hors-concours contre les universités de St-Francis Xavier, Dalhousie et St-Mary’s. « Pour commencer, passer 36 heures ensemble dans un autobus est une excellente façon de bâtir un bon esprit d’équipe », lançait la pilote des Gee-Gees. « Nous avons très bien fait contre des très bonnes équipes, SFX, notamment, qui est classée quatrième au pays. » Ottawa a terminé la Classique de l’Atlantique avec une fiche de deux victoires et une défaite. Les Gee-Gees seront à nouveau en action au Complexe sportif la fin de semaine prochaine, alors qu’elles affronteront les Ravens de Carleton samedi.

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Sports

le 26 novembre 2007

RUGBY FÉMININ

Saison en deçà des attentes

Romain Guibert La saison de l’équipe féminine de rugby s’est achevée il y a tout juste un mois. L’heure en est maintenant au bilan pour la troupe de Suzanne Chaulk. Malgré la participation aux séries, cette saison laisse un goût amer à l’entraîneur des Gee-Gees. En septembre, l’équipe s’était fixée comme objectif d’améliorer la quatrième place obtenue l’an dernier et d’accéder à nouveau aux séries. Deux mois plus tard, les filles ont réussi à se rendre au-delà du calendrier régulier. Elles ont cependant conservé le quatrième rang au sein de la division Québec, avec une fiche de 2-4. Malheureusement, cette place était synonyme d’un match contre la puissante équipe du Rouge et Or en demi-finale de division. Et tout comme en 2006, où l’Université Laval avait gagné 55-0, Ottawa s’est incliné face à cette machine de rugby, cette fois-ci par la marque de 41-5. Même si les chances de l’emporter étaient minces, une troisième ou deuxième place aurait aidé la situation des Gee-Gees. C’est ainsi que Suzanne Chaulk nous résume la saison :

« Nous n’avons pas fait aussi bien que je l’espérais. En se basant sur notre talent, on aurait pu mieux performer. » Ce ne sont pas toujours les meilleures formations sur papier l’emportent. Le Gris et Grenat, à n’en pas douter, avait tout simplement besoin de plus d’expérience pour faire émerger son talent. L’effectif comptant 20 recrues, les défaites ont souvent été synonymes d’erreurs dans le jeu de mains et de relâchement physique. Chaulk, qui prend l’exemple du match contre Concordia (menées 8-7 à la mi-temps, elles s’étaient écroulées par la suite, concédant 22 points sans répliques), est d’avis que le physique sera la point principal à améliorer. Pour le personnel d’entraîneurs, le temps est maintenant consacré au programme de la saison 2008. « Pour les joueuses, ce sera des heures passées au gym », explique Chaulk. « On leur a donné des sessions d’entraînement pour la saison morte. » Pour toutes ces recrues, la transition entre les niveaux secondaire et universitaire a été difficile, notamment en raison des matchs plus longs. L’entraîneur confie que

ses joueuses « savaient qu’elles devaient travailler plus fort ». Mais la joueuse la plus expérimentée de l’équipe n’a pas pu aider ses coéquipières au maximum. En raison d’une blessure, la demie de mêlée Krysten Poon Young n’a joué qu’un match. Tout comme les blessures de deux autres recrues, cela a affecté l’ensemble de l’équipe. Consciente que Poon Young en était aussi à sa dernière année, Chaulk explique que la majorité des joueuses de deuxième année sera de retour, tout comme les vertes recrues. Le noyau sera donc au complet. « On va perdre des vétérans », confirme Chaulk. « Krysten, on l’a perdue sur le terrain cette année, et maintenant on va perdre son leadership en dehors. » Si elle respecte l’entraînement établi, l’équipe devrait être très forte l’an prochain. À la clé, un objectif rehaussé et accessible selon la pilote ottavienne : « On peut définitivement aller en finale. » Afin d’atteindre les objectifs fixés en 2007, les joueuses auraient aimé que le personnel soit « plus exigeant », clarifie Chaulk. L’entraîneur ne se le fera pas répéter deux fois.

Photo par Karine Desjardins

SOCCER FÉMININ

Entrevue avec Katarina Vulic Simon Cremer La saison de soccer féminin s’est terminée sur une note difficile pour les Gee-Gees, alors que la troupe de Steve Johnson a quitté le dernier championnat national par la petite porte, finissant sixième. Mais ce résultat décevant jette de l’ombre à une saison régulière spectaculaire. Ottawa a terminé la saison régulière avec une fiche de 13 victoires, deux défaites et un match nul, en route vers un titre de section Est du Sport universitaire ontarien (SUO), et une médaille d’argent en séries provinciales. La deuxième place au SUO avait permis aux Gee-Gees d’accéder au championnat national, au Cap-Breton, au début du mois de novembre. Le tournoi pancanadien ne s’est pas déroulé aussi bien que prévu, alors que le Gris et Grenat est rentré bredouille de la NouvelleÉcosse. Parmi les artisanes de cette année exceptionnelle, on compte Katarina Vulic. La gardienne originaire d’Oakville vient de terminer sa quatrième année avec l’équipe. Une année qui a par ailleurs commencé avec un voyage en Thaïlande, avec ses coéquipières Wendy Donaldson et Alex Persichino, ainsi que leur entraîneur Steve Johnson. Elle a récemment reçu le premier Prix du service communautaire du Sport interuniversitaire canadien (SIC) pour ses performances sur le terrain, ses notes en classe et son travail communautaire. Vulic fait du tutorat en sciences, en plus de prendre part à des ateliers d’entraî-

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La gardienne Katarina Vulic a visiblement trouvé un bon équilibre entre le soccer, les études et l’engagement communautaire. Photo par Frank Appleyard nement pour gardiens et de faire partie du Conseil des athlètes des Gee-Gees. La gardienne partante des GeeGees a visiblement trouvé un bon équilibre entre le soccer et les études. « Oui, c’est plus de stress, mais en même temps, le soccer me donne du temps pour moi, où je ne pense à rien d’autre. C’est facile de se rat-

traper quand on a les ressources nécessaires à sa disposition. Et puis la chimie, c’est ma matière. » L’équipe de soccer féminin de l’Université d’Ottawa, qui célèbre sa 14e année d’existence, est la plus décorée de toutes les formations interuniversitaires d’Ottawa. La troupe de Steve Johnson, qui est par ailleurs fondateur du program-

me, n’a connu qu’une seule année sans médaille au niveau ontarien. Depuis 2000, les Gee-Gees se sont rendues six fois aux championnats nationaux. L’expérience des derniers championnats nationaux, qui se sont soldés par une modeste sixième place, a tout de même permis aux Gee-Gees de tirer une leçon impor-

tante : « Nous avons totalement été prises par surprise par le Cap-Breton. C’est une équipe qui est vraiment sortie de nulle part. Après le premier match, la motivation de l’équipe était complètement différente », explique l’athlète de quatrième année. « L’équipe qui perd son premier match ne peut faire mieux qu’une cinquième place. C’est difficile de s’exciter pour finir cinquième… » C’est sans doute avec un peu d’amertume que les Gee-Gees commenceront la saison 2008. Et avec quelques vétérans en moins. En effet, Wendy Donaldson, Jessika Nooyen, Valerie May et Maude Filion-Collin ont toutes terminé leur tour de garde dans l’uniforme d’Ottawa. Mais ce n’est pas une raison de s’inquiéter. Vulic a pleine confiance envers le noyau de joueuses qui seront de retour la saison prochaine. Pendant la dernière fin de semaine de saison régulière, Johnson avait mis pratiquement toutes les réservistes sur le terrain dans un match contre les Varsity Blues de Toronto. « Elles ont joué aussi bien que les joueuses partantes. Nous avons vraiment beaucoup de profondeur. » Vulic elle-même termine son baccalauréat en biopharmaceutique cette année, bien qu’il lui reste une année d’éligibilité au SIC. « Je ne sais pas si je fais une maîtrise [pour continuer à jouer avec les Gee-Gees] J’ai des amies qui jouent dans la ligue de soccer féminin en Angleterre, je ferai des recherches de ce côté-là aussi. »

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Sports

le 26 novembre 2007

BASKET-BALL MASCULIN

Entretien avec Dax Dessureault

Après avoir perdu huit par tants en deux ans, la formation des Gee-Gees est en mode reconstruction accéléré. Ottawa est toujours invaincue, menée entre autres par le centre Dax Dessureault. Romain Guibert a rencontré l’athlète d’Embrun. Romain Guibert

L

’équipe masculine de basket-ball connaît un début de saison prometteur. La Rotonde s’est entretenue avec l’un des piliers des Gee-Gees, Dax Dessureault. Le centre de quatrième année fait partie des vétérans qui devront épauler les moins expérimentés, afin de conquérir une place aux nationaux. L’athlète d’Embrun en est à sa quatrième année, tant au sein de la formation qu’à l’Université. Poursuivant des études en criminologie, un domaine qui lui tient à cœur, il évolue cette année au sein de l’équipe partante. Après quatre matchs, il se trouve au troisième rang pour les points marqués, avec 45, et mène ses coéquipiers avec neufs blocs. « J’ai toujours été un joueur défensif », confirme Dessureault. « Mais cette année je fais plus de points, je joue beaucoup de minutes. » Par contre, il n’a pas toujours été un joueur de basket-ball. « Avant, je jouais au volleyball, c’est mon sport depuis que je suis jeune », confie le centre d’Ottawa. « C’est seulement en 11e année que j’ai commencé à jouer sérieusement au basket. » Il pense entre autres en être là grâce à son entraîneur de l’École secondaire Louis Riel. Du haut de ses 6’8’’, il doit aussi sa conversion au basket à sa taille : « J’étais grand. J’étais naturellement bon en sport et je trouvais que j’avais un futur là-dedans. Je me suis dit que j’allais continuer dans ce sport. » La tête froide, Dessureault sait que ce n’est pas facile de jongler entre les études et le sport. C’est bien la grande différence entre le secondaire et l’Université. « C’est beaucoup plus professionnel », avoue-til. « J’ai mes études et j’ai le basket. Avant c’était pour m’amuser, maintenant c’est plus sérieux. Je reçois des bourses et ça m’aide à financer mes études. Je prends un cours de moins par semestre et ça m’aide beaucoup. Je vais juste terminer mes études en cinq ans au lieu de quatre. » Il prévoit déjà poursuivre ses études en criminologie, le basket n’étant qu’un passe-temps. Ce sera « soit des études supérieures, faire ma maîtrise en criminologie, soit entrer dans la GRC, ce que mes parents font », espère Dessureault. Cette année, il joue un rôle beau-

sports@larotonde.ca

coup plus important au sein des Gee-Gees, qui ne comptent pas moins de huit recrues. « Je suis un capitaine sur l’équipe, donc j’essaie

J’ai mes études et j’ai le basket. Avant c’était pour m’amuser, maintenant c’est plus sérieux. Je reçois des bourses et ça m’aide à financer mes études. Je prends un cours de moins par semestre et ça m’aide beaucoup. Je vais juste terminer mes études en cinq ans au lieu de quatre.

de les former », explique Dessureault. « Je ne suis pas un leader vocal, donc j’essaie juste de leur montrer l’exemple. » C’est donc une année de reconstruction pour le Gris et Grenat. Avec une fiche parfaite de 4-0, le mélange entre expérience et jeunesse fonctionne bien. « On est en train de reconstruire notre équipe », affirme-t-il. « C’est un peu difficile parce qu’on a huit recrues. Il y a des choses qu’on prenait pour acquises, que tout le monde connaissait, et qu’on doit leur enseigner. On a perdu des bons joueurs l’an passé, et peu de gens s’attendaient à ce qu’on fasse bien. C’est un bon début pour nous. » Malgré tout, Dessureault souhaite, à l’image d’Ottawa, atteindre à nouveau les séries : « On a toujours les mêmes objectifs : gagner le championnat. » Il n’hésite pas à dire qu’il faudra y aller pas à pas : d’abord le championnat du Sport universitaire ontarien (SUO), puis les nationaux.

Photo par Simon Cremer

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Sports

le 26 novembre 2007

En bref L’U d’O bat Concordia

Service des sports dans l’embarras

Exclusivité web: Ne manquez pas la semaine prochaine le bilan de la saison de football avec l’entraîneur-chef Denis Piché, sur www. larotonde.ca. Également, le compte-rendu de la Dolphin Cup en water-polo féminin, ainsi que ceux des matchs de la fin de semaine du 1er décembre, seront en ligne sur le site Internet de La Rotonde.

sports@larotonde.ca

Le Service des sports a été mis dans l’embarras la semaine dernière, lorsqu’une communication rédigée uniquement en anglais, a été envoyée à la communauté universitaire. Samuel Breau, étudiant et ancien membre de l’exécutif de l’AÉÉPID, avait alors rétorqué avec une lettre ouverte à La Rotonde. Nathalie Carrier, coordonnatrice des promotions et évènements du Service des sports, n’a pas complètement ignoré le français dans son communiqué de presse, puisqu’elle reconnaissait elle-même l’omission, en préambule : « Bonjour - Il me fera un énorme plaisir de vous

traduire ce courriel au besoin mais en guise (sic) de sauver un peu de temps ce qui suit est en anglais seulement! » C’est justement cette phrase, plus que l’unilinguisme du reste du message, qui a irrité Breau : « Bien que je puisse comprendre votre situation de vouloir sauver du temps, j’aimerais soulever le fait que la langue francophone à l’Université d’Ottawa est un droit et non pas un privilège que l’on devrait demander de recevoir. » À l’heure d’impression, le courriel n’a toujours pas été envoyé en français, malgré la demande de Breau.

Après avoir presque causé la surprise contre les Martlets de McGill, la troupe de Shelley Coolidge s’est imposée 3-1 contres les Stingers de Concordia (3-6)à Montréal, dimanche dernier. Corliss Bean a ouvert le pointage en avantage numérique pour les Gee-Gees (3-4-1), sur une passe de Joelle Charlebois. Concordia ripostait quelques instants plus tard, alors que Bianca Blanchard déjouait Melissa DiPetta. Danika Smith donnait ensuite les devants aux Gee-Gees en deuxième tiers. Taryn Brown donnait un but d’assurance, en début de troisième période.

// CLASSEMENTS // CALENDRIER SPORTIF // MERCREDI 28 NOVEMBRE

BASKET-BALL MASCULIN - SUO EST

Emplois d’été en recherche à l’INRS CONCOURS 2008 Si vous avez complété une 2e année d’études dans un programme de

1er

cycle en sciences naturelles,

en génie et en sciences de la santé, l’INRS vous offre la possibilité d’occuper un emploi d’été en recherche dans l’un ou l’autre des domaines suivants : // eau,

terre et environnement;

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BASKET-BALL FÉMININ - SUO EST EQUIPE

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CARLETON

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VOLLEY-BALL FÉMININ - SUO EST ÉQUIPE

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RYERSON

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6

Date limite du concours : 8 février 2008

LAKEHEAD

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Critères d’inscription, modalités d’application du

QUEEN’S

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CMR

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// énergie, // santé

matériaux et télécommunications;

humaine, animale et environnementale.

concours et information sont disponibles sur le site Web de l’INRS.

Téléphone : 418 654-2500 Sans frais : 1 877 326-5762

www.inrs.ca

INRS741A1 – Annonce emplois été Quartier Libre, Polyscope, Délit français, Impact Campus, Zone Campus, Griffonnier, Karactère, UQAR Info, Rotonde, Front, Defisciences, Orignal déchaîné

Format : 3,9”(L) X 7,9”(H)

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HOCKEY MASCULIN - SUO FAR EAST ÉQUIPE

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Water-polo féminin Bassin Montpetit, 19h, Dolfin Cup contre les Ravens de Carleton Big Art Contest Exposition d’arts et encan silencieux, organisé par des membres de l’équipe de hockey masculin. À l’Hotel Crown Plaza, à 18h30.

VENDREDI 30 NOVEMBRE Volley-ball féminin contre Queen’s, Pavillon Montpetit, 15h

SAMEDI 1ER DÉCEMBRE Natation contre Queen’s et Trent, Bassin Montpetit, 13h Hockey féminin contre Carleton, Complexe sportif, 14h Volley-ball féminin contre le CMR, Pavillon Montpetit, 15h

VENDREDI 4 JANVIER Basket-ball féminin contre York, 19h, Pavillon Montpetit Basket-ball masculin contre York, 21h, Pavillon Montpetit

SAMEDI 5 JANVIER

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Hockey masculin contre Toronto, Complexe sportif, 19h Basket-ball masculin contre Laurentian, 20h, Pavillon Montpetit

HOCKEY FÉMININ - FQSÉ ÉQUIPE

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CARLETON

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Basket-ball féminin contre Laurentian, 18h, Pavillon Montpetit

DIMANCHE 6 JANVIER Hockey masculin contre York, 14h Complexe sportif

sports@larotonde.ca


le 26 novembre 2007

7an5s

LaRotonde Le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa

Éditorial

le 26 novembre 2007 • Vol. LXXV No.12

Le retour de La Rotonde

109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686

RÉDACTION Rédacteur en chef Wassim Garzouzi 819 208 4237 redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Houda Souissi revision@larotonde.ca Actualités Andréanne Baribeau (Chef de pupitre) actualites@larotonde.ca Francois-Olivier Dorais (Adjoint) nouvelles@larotonde.ca Arts et culture Blaise D. Guillotte (Co-chef de pupitre) culture@larotonde.ca Claude Rochon (Co-chef de pupitre) arts@larotonde.ca Sports Simon Cremer (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca Direction artistique Karine Desjardins (Directrice) Francis Chartrand (Adjoint) photographie@larotonde.ca Production Peter Raaymakers Jason Chiu production@larotonde.ca Page éditoriale Wassim Garzouzi (éditorial) Webmestre Louis Jacques webmestre@larotonde.ca

ÉDITIONS ET VENTES

L

a survie d’un journal étudiant est loin d’être certaine. Une poursuite, une mauvaise équipe ou une dispute avec le syndicat étudiant suffirait pour mettre à terme sa publication. La Rotonde a connu des hauts et des bas depuis sa naissance et on peut dire que les dernières années font partie des années noires. Suite à des changements radicaux au sein de l’équipe en 2004-2005, une rédactrice en chef et son équipe ont commis l’erreur de publier une lettre anonyme qui attaquait une doyenne à l’Université d’Ottawa. Inutile de dire que la réaction n’a pas tardé, avec une poursuite qui a handicapé l’équipe éditoriale pour les années à suivre. En 2005-2006, André Brazeau, Amy Morris et Julien de Bellefeuille, de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), ont décidé de s’ingérer dans les affaires internes du journal, refusant de ratifier la nomination d’un membre de l’équipe de production. Jamais une situation n’aura convaincu autant de personnes de l’importance de l’indépendance des médias sur le campus. La combinaison de ces deux épisodes a laissé un sentiment d’impuissance aux journalistes l’année dernière. Résultat : un journal timide, moins dynamique, qui manquait de pertinence. La Rotonde était absente des grands débats sur le campus, et souvent ignorée par les acteurs principaux, ce qui créa un cercle vicieux.

redaction@larotonde.ca

Début d’une nouvelle ère Cette année marque le 75e anniversaire de La Rotonde, le plus ancien journal étudiant francophone du pays. L’année n’a pas été sans controverses, débutant avec des menaces de poursuites de la part d’un membre de l’Administration. L’an dernier, la même lettre aurait probablement mené à la non-publication de l’article concerné, tandis que cette année, non seulement l’article, mais également ladite lettre ont été publiés dans le journal. Finie l’intimidation. La Rotonde n’attend plus les nouvelles. Avec une équipe dynamique, menée par Andréanne Baribeau et François-Olivier Dorais, notre section Actualités est à l’avant-garde de l’actualité du campus et présente des dossiers d’analyse complets et des enquêtes judicieuses. Le manque criant d’informations sur la gestion de la FÉUO dans les années passées a créé un retour du balancier, une attention spéciale étant désormais accordée au syndicat étudiant. En revanche, l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD) a connu une attention médiatique qui est loin d’être à son potentiel maximal, mais qui demeure sans égal sur le campus. La prochaine session, la section sera consacrée notamment à l’administration de l’Université, et aux candidatures au poste de recteur, en plus de présenter un dossier sur les élections à la FÉUO et à la GSAÉD. Notre section Arts et culture, plus diversifiée que jamais, se concentre davantage sur la relève

que dans les années passées. Blaise D. Guillotte et Claude Rochon promettent une session dans le même sens avec un accent mis sur les critiques littéraires et musicales, dans des pages déjà riches côté arts visuels et théâtre. Finalement, nous comblons le manque des cinq, voir des dix dernières années en sports à La Rotonde. Simon Cremer a donné une allure professionnelle à la section Sports du journal, relatant de manière omniprésente les performances des Gee-Gees, à la satisfaction des athlètes eux-mêmes. Jason Chiu et Peter Raaymakers ont offert aux étudiants une mise-en-page spectaculaire à toutes les semaines et ont redonné l’image qui manquait au journal des dernières années, avec l’aide de nos directeurs artistiques, Karine Desjardins et Francis Chartrand. Finalement, notre webmestre, Louis Jacques, également créateur de nos nouveaux logo et mise en page, a réussi à combler un vide alarmant au journal : un site Internet digne de ce nom. Le tout est lu et relu par notre Secrétaire de rédaction, Houda Souissi, qui effectue un travail indispensable à toutes les semaines. Bref, cette nouvelle Rotonde, plus présente et, surtout, plus pertinente, s’inscrit dans la tradition du journal, soit celle d’être au service des étudiants de l’Université d’Ottawa. Joyeuses fêtes à tous et à toutes, Wassim Garzouzi Rédacteur en chef

Directrice générale Carole Eyram Amoussou direction@larotonde.ca 613 562 5264 Représentant de la publicité François Dionne 819 562 9173 impacts@724marketing.ca

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LaRotonde Le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa

La Rotonde est le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), et distribué à 6000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

www.larotonde.ca •

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Prix du mérite en études sur l’Habitation 2007

La SCHL félicite les cinq lauréats 2007 d’un prix de 10 000 $ chacun : (photo de gauche) Miljana Horvat (Doctorat en philosophie (études du bâtiment), Université Concordia); Oyetope Abe (Maîtrise ès sciences, Université de la Saskatchewan); Joshua Engel-Yan (Maîtrise ès sciences appliquées, Université de Toronto) et Stephanie Vermeulen (Maîtrise en architecture, Université de Waterloo). (photo de droite) Sutama Ghosh (Doctorat en philosophie (géographie), Université York)

Pour en savoir plus sur leurs travaux, visitez le site Web de la SCHL au www.schl.ca; mot-clé : PMEH. Décernés tous les deux ans, les Prix du mérite en études sur l’habitation de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) récompensent les travaux universitaires, les thèses ou les mémoires de recherche importants qui contribuent de manière exceptionnelle à la compréhension et à l’évolution du domaine de l’habitation au Canada. Le prochain cycle des Prix du mérite en études sur l’habitation aura lieu en 2009.

La prochaine fois, ce pourrait être vous! AU CŒUR DE L’HABITATION

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26novembre