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le 22 septembre 2008

Actualités

Céline Basto Houda Souissi actualites@larotonde.ca

AFFAIRE RANCOURT

Supervision remise en question Le doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales initie des procédures d’après la convention collective pour étudier la capacité de supervision de thèses de maîtrise et de doctorat du professeur Rancourt.

Photo Guy Hughes

Si la procédure en question démontre que Rancourt n’est pas apte à superviser les thèses, on lui empêchera tout contact avec les étudiants Céline Basto La guerre semble perdurer entre l’Université d’Ottawa et le professeur Denis Rancourt. Cette année, plusieurs décisions dont l’annulation de sa charge d’enseignement au premier cycle, la fermeture de Cinéma Politica et la possible suspension d’un jour à cause de l’utilisation d’images de l’Université sur son blogue ont creusé le fossé entre l’Administration et le professeur. C’est maintenant au tour de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de se mêler à la saga Rancourt et d’entamer des procédures qui visent à lui retirer son droit de superviser des thèses de maîtrise et de doctorat. Gary Slater, doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, qui a préféré ne pas accorder d’entrevue à La Rotonde, s’appuie sur deux raisons pour entamer de telles procédures : deux étudiants sous la supervision de Rancourt ont arrêté avant l’obtention de leur diplôme et dans deux autres thèses des erreurs se sont produites. Pourtant, 30% des étudiants du Département de physique se désistent avant d’avoir obtenu leur diplôme, selon Rancourt, qui affirme par ailleurs qu’il est normal d’apporter des corrections aux thèses. Il qualifie cette procédure d’abus de pouvoir. « Il est sous-entendu que pour initier de telles procédures, il faut des raisons valables », ce qui

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n’est pas le cas selon le professeur. « Se baser sur le cas de deux personnes, durant ma carrière de 20 ans, qui ont choisi de leur propre gré un changement professionnel… Je trouve aberrant que le doyen utilise cela comme critère », soutient-il. Thèses à revoir Philippe Marchand, étudiant à la maîtrise, et Jean-Paul Prévost, étudiant au doctorat, ont dû revoir leurs thèses et se retrouvent désormais impliqués dans cette affaire. « Jamais Slater n’est venu me demander ce que je pensais de la capacité de supervision de thèse de Rancourt. Et pourtant, c’est avec mon cas qu’il entame des procédures. Je n’ai aucun plainte à formuler à l’endroit du professeur Rancourt », déplore Marchand, qui avait fait une erreur d’arithmétique dans sa thèse de maîtrise. Il affirme que celle-ci n’avait aucune incidence sur la conclusion finale de son travail. « Je ne suis absolument pas convaincu que cela soit si anormal de devoir apporter des corrections à des thèses. Ce n’est pas du jamais vu à l’Université d’Ottawa. Une plainte d’un étudiant, ça c’est sérieux. Et pourtant, il n’y en a pas eu », dénonce Prévost. D’ailleurs, le cas de cet étudiant est bien préoccupant. Compte tenu de son implication à la Faculté des sciences, Slater n’est pas autorisé à s’ingérer dans le choix des évalua-

teurs de thèse et pourtant Prévost soutient qu’il l’a fait. En fait, c’est l’évaluateur que Slater a choisi qui a bloqué la thèse de Prévost. L’évaluateur a suggéré qu’il y avait peut-être des erreurs de mathématique. L’étudiant affirme que ce n’est pas le cas. « Il a dit à deux reprises qu’il s’agissait d’une thèse atypique dans le domaine. Je ne pense pas que ce soit important quel est le thème de la thèse. L’important est de l’évaluer », soutient-il. Répercussions contestées Cette procédure entamée par le doyen a clairement des répercussions sur les étudiants. Sean Kelly, Serverin Stojanivic et Jean-François Meunier, trois des six étudiants qui travaillent présentement avec Rancourt, disent être très préoccupés de l’issue de cette histoire. Alors qu’ils n’ont aucun grief à l’endroit du professeur, ils devront peut-être se trouver un autre superviseur de thèse. Si la procédure en question démontre que Rancourt n’est pas apte à superviser les thèses, on lui retirera tout contact avec les étudiants. Rappelons que le professeur ne peut pas enseigner aux étudiants de premier cycle cette année parce qu’il a attribué des A+ à tous les étudiants de deux cours l’an dernier. Un groupe d’étudiants de Rancourt ainsi que l’Association des étudiants diplômes (GSAÉD) ont tous deux envoyé une lettre à Slater dénonçant cette situation.

FCÉÉ

Haldenby et Lehn siégeront au Comité de surveillance du référendum Houda Souissi

Le Conseil d’administration (CA) a élu le 14 septembre dernier les deux membres qui représenteront la Fédération étudiante (FÉUO) au Comité de surveillance du référendum (CSR). Les membres ont arrêté leur choix sur Dean Haldenby et Faris Lehn, respectivement président de la FÉUO et représentant de la Faculté des sciences sociales. Michelle Lamarche, qui ne siège pas au CA, et Richard Mah, représentant de la Faculté des sciences, étaient également en lice. Haldenby et Lehn figuraient tous deux au nombre des rédacteurs du rapport déposé en juillet dernier qui préconisait la tenue d’un référendum, élément qui a guidé le choix de plusieurs membres du CA. Le CSR sera chargé d’établir les règlements entourant le référendum sur l’adhésion de la FÉUO à la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCÉÉ). La Constitution de cette dernière fixe déjà une grande partie de la procédure à suivre.

L’un des éléments principaux restant à déterminer est le calendrier de la campagne. Depuis plusieurs semaines déjà, la possibilité de tenir le référendum en novembre est discutée à la FÉUO, afin de ne pas interférer avec les élections du conseil exécutif et des corps fédérés. Haldenby et Lehn préfèrent toutefois rester évasifs quant aux positions qu’ils comptent défendre à la table. Lehn assure toutefois qu’il n’hésitera pas à bloquer la tenue du référendum s’il juge injustes les règlements proposés par les autres membres du comité : « Il est dans l’intérêt tant de la FÉUO que de la FCÉÉ de tenir un référendum juste et équitable. » De fait, les représentants de la FÉUO auront le gros bout du bâton en cas de désaccord entre les membres du comité. Les deux autres personnes devant siéger au comité seront nommées d’ici peu par le conseil exécutif de la FCÉÉ. Selon la présidente Katherine Giroux-Bougard, il s’agira sans doute d’un employé ainsi que d’un membre élu de la FCÉÉ.

Oral Otis reprend du service Houda Souissi

Avec déjà une première édition sur les présentoirs, l’équipe du Oral Otis, le journal étudiant de la Faculté de génie, compte reprendre son rythme de publication mensuel. En mars dernier, l’Oral Otis avait défrayé la chronique à la suite de la publication de blagues jugées de mauvais goût sur les personnes handicapées et le viol. La Fédération étudiante (FÉUO), en partie responsable du financement, avait immédiatement fait retirer tous les exemplaires du journal des présentoirs. La rédaction d’une Constitution avait alors été fixée comme condition préalable au dégel des fonds, tant par la FÉUO que par la Faculté de génie. Celle-ci a donc été rédigée durant les mois qui ont suivi. Le document, largement inspiré du Manuel de politiques du Iron Warrior, de l’Université de Waterloo, a été approuvé par la Faculté de génie, le président de la FÉUO, le Centre d’équité en matière de droits de la personne ainsi que le Bureau d’intervention en matière de harcèlement sexuel. Les membres du Conseil d’administration (CA) de la FÉUO ont eux aussi unanimement donné leur aval à l’adoption de la nouvelle Constitution et à la reprise du financement. La nouvelle Constitution prévoit que l’Oral Otis « doit éviter de publier tout contenu qui pourrait être perçu comme offensant par un groupe identifiable ou par une personne raisonnable. Il doit aussi éviter de

publier des affirmations blasphématoires ou dénigrantes envers un groupe identifiable ou une personne raisonnable ». Le document énumère ainsi les différentes étapes par lesquelles doit passer chaque article soumis, de même qu’une liste de sanctions pouvant être appliquées en cas d’infraction. Zacharie Brunet, rédacteur en chef de l’Oral Otis, avait présenté des excuses à la suite de l’incident survenu en mars. Il regrette que la publication des textes en question ait contribué à alimenter le cliché du machisme répandu au sein de sa Faculté : « En tant que leader, c’est important de décourager cette attitude et d’éliminer ce stigmate. » Mentionnant que l’équipe de rédaction a suivi récemment une formation en matière de lutte contre le harcèlement sexuel, il dit désormais souhaiter passer à autre chose. Claude Laguë, doyen de la Faculté de génie, s’est lui aussi dit satisfait du dénouement de cette affaire et confiant en vue des éditions à paraître : « Après toute cette histoire, j’ose croire que l’équipe de l’Oral Otis aura retenu sa leçon. » Aucun fonds n’avait été sollicité auprès de la Faculté pour réaliser la première édition. En revanche, la FÉUO avait exigé d’examiner le contenu de la dernière édition avant sa distribution. Un membre de l’équipe de l’Oral Otis a souligné que toute cette affaire a tout de même contribué à donner davantage de visibilité au journal.

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le 22 septembre 2008

ENTRETIEN AVEC KATHERINE GIROUX-BOUGARD

La FCÉÉ pour les nuls Céline Basto Houda Souissi Les étudiants de premier cycle auront à se prononcer d’ici quelques mois sur la possibilité de se joindre à la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCÉÉ). La Rotonde s’est entretenue avec la présidente Katherine Giroux-Bougard afin de dresser un portrait de l’organisation. La Rotonde : Brièvement, comment présenterais-tu la FCÉÉ aux étudiants d’ici, qui en entendent très peu parler ? Katherine Giroux-Bougard : C’est une organisation étudiante qui regroupe 500 000 membres à travers le Canada, provenant de 85 associations étudiantes. Le but de la FCÉÉ est de représenter les intérêts des étudiants aux niveaux provincial et fédéral [suggestion]. On aide les étudiants de deux façons. D’une part, on a le côté plus politique, qui inclut les campagnes, le lobbying, la recherche, etc. On ne peut pas être dans la rue sans parler aux gens qui prennent les décisions, et pour cela, il faut avoir effectué des recherches. L’autre aspect de la FCÉÉ, ce sont les services. Par exemple, les associations étudiantes s’entendent pour acheter en grandes quantités des produits équitables, ce qui permet de réduire les coûts. LR : Du côté politique, quelles sont les principales campagnes que vous menez actuellement ? KGB : Au niveau fédéral, on a une campagne sur le financement des études post-secondaires, une autre sur le développement durable. On en a également une pour la campagne fédérale. J’ai l’impression que chaque année, on en a une sur les élections fédérales, parce qu’on ne savait pas quand cela allait arriver. On était prêt ! LR : Quel financement attribuez-vous à chaque campagne ? KGB : On fait un plan de campagnes chaque année. Par exemple, cela fait quelques années qu’on inclut les élections fédérales. Beaucoup de ressources ont été consacrées dernièrement à la campagne sur

l’environnement. Cette année, on a prévu une tournée transcanadienne pour celle-là. On va s’arrêter dans 21 campus en un mois. LR : Quels gains avez-vous réussi à avoir dans les dernières années ? KGB : Ce qui est intéressant, c’est que dans les années 90, quand il y a eu des coupures dans les programmes sociaux et que les frais de scolarité ont commencé à grimper, si tu arrivais à une réunion et que tu parlais de gel des frais de scolarité, les gens riaient. Depuis ce temps-là pourtant, on a vu des gels ou des réductions des frais dans dix provinces, certaines fois plus longtemps que d’autres. C’est l’un des gains qui ont été accomplis à travers le Canada. En outre, cela fait quelques années qu’on demande un programme national de bourses. En 2008, c’était la première fois qu’un tel programme était annoncé. Avec le Japon, le Canada était l’un des seuls pays industrialisés à ne pas en avoir un. LR : Que représentent ces victoires ? KGB : L’objectif qu’on souhaite atteindre, c’est que chaque personne qui veut poursuivre des études postsecondaires puisse le faire, peu importent la famille dont elle est issue ou la province dans laquelle elle vit. LR : Quelle est la différence entre la FCÉÉ et l’Alliance canadienne des associations étudiantes (ACAÉ), qui a été créée justement comme alternative à la FCÉÉ ? KGB : Pour être franche, je ne connais pas leurs positions. On les voit parfois, mais on n’a pas travaillé ensemble au cours des dernières années. LR : Si l’on prend, par exemple, l’une de vos plus importantes campagnes l’an dernier, celle contre le Programme des bourses du millénaire, vous n’aviez clairement pas la même position. Qu’en est-il des autres dossiers ? KGB : Cela dépend des dossiers. Je ne voudrais pas leur mettre de mots dans la bouche. LR : Par rapport au mouve-

ment étudiant au Québec, qui est le plus fort au Canada, on voit que très peu d’associations sont membres. Quelle relation entretenez-vous avec les associations québécoises ? KGB : Quand la FCÉÉ a été formée, le nationalisme au Québec était très fort. C’était le début des années 80. On a alors conclu une entente selon laquelle les étudiants du Québec s’organiseraient entre eux et qu’on travaillerait en solidarité avec eux. On a des liens assez forts avec la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). On travaille ensemble sur plusieurs dossiers, notamment, en ce moment, par rapport à la campagne électorale. Les associations québécoises qui se sont jointes è la FCÉÉ sont surtout anglophones, et cela a commencé par celles représentant les cycles supérieurs. Puisque plusieurs questions qui les touchent relèvent directement du palier fédéral – le financement de la recherche, les droits d’auteur, etc. LR : Le fait, justement, qu’au Québec, seules les associations anglophones soient membres de la FCÉÉ signifie donc que les membres francophones sont principalement concentrés en Ontario. Comment se vit le bilinguisme à la FCÉÉ dans cette optique ? KGB : Le bilinguisme est l’un de nos principes fondateurs. Le président doit être bilingue, tous les documents sont traduits et on a un service d’interprétation simultanée lors des assemblées. On a aussi un représentant francophone dans notre exécutif national.

Photo Guy Hughes

« L’objectif qu’on souhaite atteindre, c’est que chaque personne qui veut poursuivre des études postsecondaires puisse le faire, peu importent la famille dont elle est issue ou la province dans laquelle elle vit. »

LR : Comment les anglophones perçoivent-ils ce bilinguisme, sachant que beaucoup d’argent y est consacré pour n’accommoder que quelques associations ? KGB : Je n’ai jamais entendu de plaintes à ce sujet depuis que je m’implique à la FCÉÉ.

LR : Être membre de la FCÉÉ, qu’est-ce que cela veut dire pour un étudiant moyen ? KGB : Il reçoit la carte ISIC qui lui donne accès à des rabais. Et il peut s’impliquer dans des campagnes qui le concernent directement. La FCÉÉ, c’est faire partie d’un groupe qui a un poids important aux niveaux provincial et fédéral.

LR : Avec cette politique de bilinguisme, est-ce que, vraiment, l’implication d’un étudiant francophone unilingue peut être équivalente à celle d’un anglophone unilingue ? KGB : Assurément.

LR : Les membres sont-ils conscients de l’être ? À qui revient la tâche d’assurer la visibilité de la FCÉÉ sur les campus ? KGB : L’association locale a un rôle important à jouer, elle est plus

proche des membres. L’exécutif de la FCÉÉ joue davantage un rôle de soutien. C’est une responsabilité partagée. LR : La FÉUO a-t-elle une place au sein de la FCÉÉ ? KGB : En 2007, la FÉUO n’était pas membre, mais on a lancé un appel à tous pour la Journée d’action contre les frais de scolarité. La participation de la FÉUO a été spectaculaire. De plus, on a vu dernièrement qu’il y avait de l’intérêt pour faire plus de campagnes sur le bilinguisme et la Francophonie. La FÉUO pourrait certainement jouer un rôle de ce côté-là aussi.

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le 22 septembre 2008

DOSSIER » ÉTUDIANTS INTERNATIONAUX

Payer 3 fois plus pour le même cours À l’heure où le Québec déréglemente les frais imposés aux étudiants internationaux, La Rotonde se penche sur le cas ontarien et tente de déchiffrer l’écart entre les frais imposés aux étudiants internationaux et ceux imposés aux étudiants canadiens. Céline Basto François-Olivier Dorais Pourquoi l’étudiant international doit-il payer trois fois le prix des frais de scolarité d’un étudiant canadien? La raison invoquée par le gouvernement est que l’étudiant international ne paye pas d’impôts et que par conséquent la subvention gouvernementale lui est refusée. Toutefois, les frais imposés aux étudiants internationaux sont déréglementés et aucune limite n’est imposée aux institutions. Selon la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCÉÉ), les universités remplissent leurs coffres grâce aux frais des étudiants internationaux. Et ils ont des chiffres à l’appui. Ni Éric Bercier du Bureau du registraire, ni Pierre Mercier, vicerecteur associé chargé de la recherche institutionnelle et planification, ni le Conseil des universités de l’Ontario, ni le ministère de l’Éducation de l’Ontario n’ont été en mesure de fournir le pourcentage de la contribution gouvernementale. Selon eux, il y a plusieurs facteurs qui entrent en considération et il n’y donc pas de formule mathématique qui détermine combien le gouvernement débourse. Cependant, d’après le rapport de la FCÉÉ intitulé « Du financement pour un système d’éducation postsecondaire plus solide », la subvention gouvernementale en 2004-2005 s’élevait en moyenne à 56%. Tout compte fait, y aurait-il de l’argent empoché?

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Si l’on se rapporte aux chiffres de 2004-2005, les frais demandés à un étudiant canadien en arts à temps complet pour les sessions d’automne et d’hiver étaient d’environ 4500 dollars et ceux de son homologue venu d’un autre pays étaient de 12 000 dollars.

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Si l’on se rapporte aux chiffres de 2004-2005, les frais demandés à un étudiant canadien en arts à temps complet pour les sessions d’automne et d’hiver étaient d’environ 4500 dollars et ceux de son homologue venu d’un autre pays étaient de 12 000 dollars. Mercier affirme que la différence entre les frais payés par l’étudiant international et le canadien égalise la subvention du gouvernement. Cette déclaration est également confirmée auprès de Bercier. « En règle générale, le gouvernement subventionne la différence entre les frais de scolarité canadiens et internationaux », renchérit-il. Allan Rock, le recteur de l’Université estime que les frais de scolarité sont calculés pour refléter les dépenses de l’Université. « Je ne suis pas certain de la relation entre les montants des étudiants internationaux

et canadiens. Mais ce que je comprends, c’est que les montants sont calculés pour refléter nos dépenses. On jette un coup d’œil sur les autres universités pour rester concurrentiels, on veut attirer plus d’étudiants internationaux », soutient-il. Revenons aux chiffres : si l’étudiant international paye le même montant que l’étudiant canadien, la subvention du gouvernement en sus, le total devrait s’élever à environ 10230 dollars. Et pourtant il en a payé 12000. Il y a donc 1770 dollars de trop (calculé selon la moyenne de 56%). À la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), on est sceptiques. « D’après les chiffres qu’on a, je pense que l’Université se fait de l’argent avec les frais des étudiants internationaux. Le plus épeurant c’est que ce soit déréglementé », affirme Danika Brisson, vice-présidente aux affaires étudiantes. Les universités peuvent déterminer elles-mêmes le montant des droits de scolarité qu’elles exigeront des étudiants internationaux. En ce sens, la FCÉE accuse les universités de profiter des ces étudiants. « C’est une situation accablante. Ce sont les institutions ontariennes qui vont à l’étranger recruter des étudiants internationaux. Les universités savent qu’elles peuvent se faire plus d’argent sur le dos de ces étudiants », soutient Hildah Otieno, représentante de l’Ontario auprès de l’exécutif national de la FCÉE. En Ontario on compte 35 000 étudiants étrangers dont environ 2000 fréquentent l’Université d’Ottawa. De plus en plus, les universités se donnent la mission de recruter à l’international. Le rapport Vision 2010 de l’Université d’Ottawa souligne d’ailleurs qu’il faut assurer une présence significative d’étudiants étrangers. Étant elle-même une étudiante internationale, Otieno est très consciente du problème. Elle accuse le gouvernement de vouloir remplir le trou créé par le sous-financement des études post-secondaires avec les frais demandés aux étudiants internationaux. « Le gouvernement ontarien se permet d’imposer de tels frais, en justifiant que ces étudiants ne payent pas de taxes. Cependant, les calculs de la FCÉÉ ont permis d’évaluer la contribution des 35 000 étudiants de la province à 900 millions de dollars par année dans l’économie canadienne », renchéritelle. Selon elle, le fait qu’ils ne fassent

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pas partie du système parce qu’ils ne payent pas de taxes n’est pas justifiable. « Avec des chiffres comme ceux-là, on ne peut pas nier le fait que les étudiants internationaux contribuent à l’économie et les services devraient leur être fournis à la même hauteur que pour les contribuables canadiens », soutient la représentante ontarienne. RAMU en sus L’Association des universités et collèges du Canada indique qu’en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, les étudiants étrangers jouissent d’une protection en vertu de régimes provinciaux d’assurance médicale. À l’inverse, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, en Ontario, à l’Îledu-Prince-Édouard et au Québec, ces étudiants doivent souscrire à une assurance maladie privée. Avant les années 1990, le gouvernement ontarien couvrait les frais médicaux des étudiants internatio-

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D’après les chiffres que l’on a, je pense que l’Université se fait de l’argent avec les frais des étudiants internationaux. Le plus épeurant, c’est que ce soit déréglementé.

-Danika Brisson, FÉUO

naux. Toutefois, en 1994, le Régime d’assurance maladie universitaire (RAMU) a été imposé aux étudiants étrangers. « Il faut comprendre le contexte. Dans les années 1990, il y a eu beaucoup de compressions budgétaires et on a décidé de couper ce service parce que les étudiants ne payaient pas de taxes », explique Mercier. D’après Sheva Adel, coordonnatrice des campagnes de la Maison internationale de la FÉUO, le fait que le RAMU coûte environ 800 dollars et qu’il ne soit pas reconnu par plusieurs cliniques médicales est un problème. « Les étudiants doivent eux-mêmes payer de leur poche en ensuite se faire rembourser. De plus, les frais d’urgence ne sont même pas couverts », affirmet-elle. Le Québec déréglemente Sur le sujet, le Québec a récemment défrayé la manchette. Les universités québécoises pourront désormais déterminer elles-

mêmes le montant des droits de scolarité qu’elles exigeront des étudiants étrangers inscrits en médecine, en génie, en informatique, dans le secteur des mathématiques et sciences pures, en administration et en droit. Le règlement, qui devrait être adopté prochainement tel que proposé par le ministère de l’Éducation du Québec, cessera d’imposer aux universités québécoises un plafond maximal pour ces droits. Dorénavant, ces droits de scolarité seront fixés par les universités ellesmêmes. La ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, vantait dans les médias de la province l’objectif de cette mesure qui vise à rendre les universités québécoises plus compétitives face à leurs homologues canadiennes. Auparavant, Québec imposait un plafond maximal – variant selon les disciplines – aux universités, qui ne devaient pas dépasser plus de 10%. L’argent servait à financer les services liés à l’accueil des étudiants internationaux dans les universités. Un mécanisme de

redistribution était également prévu pour répartir l’argent des étudiants étrangers à travers les universités de la province. Selon les estimations rapportées par Le Devoir le 11 septembre dernier, une année universitaire coûte actuellement environ 14 000$ pour un étudiant inscrit en premier cycle dans l’un des domaines visés par la déréglementation. Ce montant est évalué à environ 12 600$ pour les étudiants de premier cycle inscrits dans les autres disciplines.

Toujours selon le quotidien, les universités québécoises pourront compter grâce à cette mesure sur des revenus supplémentaires de 16 millions de dollars par année. Certains avaient émis des craintes quant à l’iniquité du financement des universités que cette mesure pourrait générer. Ces craintes furent toutefois écartées par la ministre Courschesne, convaincue que le règlement forcera les universités à être plus agressives et, du coup, à rétablir un équilibre.

Source : Vision 2010, planification scolaire stratégique de l’Univsité d’Ottawa

Droits de scolarité pour les étudiants canadiens et étrangers inscrits à temps plein à un programme en sciences humaines et sociales (1er cycle) 2007 – 2008 Étudiants canadiens

Étudiants étrangers

4 749 $ - 5 220 $ 4 526 $ - 4 568 $ 4 525 $ 4 470 $ - 4 513 $ 4 546 $ 4 547 $ - 4 569 $ 3 600 $ 4 526 $ - 4 570 $ 4 420 $ - 4 460 $

12 765 $ - 14 180 $ 9 730 $ - 14 828 $ 11 014 $ 11 388 $ 15 086$ 13 507$ 7 760 $ 13 054 $ - 17 640 $ 14 524 $ - 14 568 $

Ontario Carleton University University of Guelph Université Laurentienne de Sudbury McMaster University Université d’Ottawa Ryerson University Université Saint-Paul University of Toronto York University Source : Association des universités et collèges du Canada (AUCC).

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le 22 septembre 2008

Calendrier – Actualités CONFÉRENCES

DIVERS

D’Indépendances et de révolutions : Les avatars de la modernité en Amérique latine

Cuisine communautaire : Fruits Quand ? 23 septembre de 10h à 13h Où ? Nouvelle résidence, 90 rue Uni-

Quand ? Du 24 au 27 septembre Site web :aix1.uottawa.ca/~glillo Le droit en matière de changement climatiques dans les pays en développement après 2012 : les perspectives des hémisphères Nord et Sud. Quand ? Du 26 au 28 septembre Site web : http://www.iucnael.org/

versité, 1er étage Combien ? 2$ par personne Site web: Inscription Cuisine.uottawa@gmail.com

Philippe Garigue et la sociologie du Canada français : controverses et contributions

Quand ? 24 septembre à 11h30 Où ? Fauteux, 147

Quand ? 26 septembre de 13h à 17h30 Où ? Tabaret, 083

Services à la population étudiante : Programme de sensibilisation à l’image professionnelle

Services à la population étudiante : Séance sur les techniques d’entrevues Quand ? 27 septembre à 13h30 Où ? Fauteux, 230

Midi-séminaires études supérieures 2008-2009 : subventions et bourses Quand ? 29 septembre à 12h Où ? Fauteux, 137

Le journalisme vous intéresse? La Rotonde recrute! redaction@larotonde.ca

Erratum

La Rotonde tient à s’excuser pour une erreur parue dans l’édition 8 septembre 2008. La décision du Service des Sports de l’Université d’Ottawa d’offrir des heures d’utilisation de la piscine réservées aux femmes n’est pas uniquement dû au lobbying de la Muslim Student Association (MSA). Cette décision est plutôt le fruit d’une concertation entre l’ancienne présidente de la FÉUO, l’Association étudiante en études des femmes et certains membres du Centre de ressources des femmes.

Stage d’aide humanitaire en République Dominicaine Au cours du printemps et de l’été 2007, 32 jeunes (entre 20 et 35 ans) partiront 4 ou 6 semaines en République Dominicaine pour un projet d’aide humanitaire sous la tutelle de l’organisme « Solidarité Jeunesse ».

Soyez du nombre !

Pour information : 613-241-7515, cdjeunes@comnet.ca

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le 22 septembre 2008

Point d’ordre

Céline Basto, adjointe à la chef de pupitre, Actualités

Un renard très rusé Que penser lorsqu’Allan Rock prend son café au coin de la terrasse du Nostalgica ? Qu’il va savourer l’instant présent, prendre un thé, lire un bouquin ou profiter des derniers moments de soleil? Ouais, peut-être… Sans doute. Le café du Nostalgica est plus agréable que celui de Chartwells. Leur coca est bien plus rafraîchissant que celui du Royal Oak. Par contre, mon petit doigt me dit que quelque chose d’autre, à cette terrasse, semble lui plaire particulièrement. Chers employés du Nostalgica, je suis désolée de vous décevoir, mais j’ai un scoop pour vous. Sachez que le recteur n’est pas là pour votre bon service ou pour vos délicieuses frites. Il est là parce qu’il sait que beaucoup de gens vont le voir. Ce n’est qu’une stratégie de communication. Tout comme Obama, il mise sur le changement. Quand a été la dernière fois que vous avez croisé Patry sur le campus ? Bon,

accordons-lui le bénéfice du doute et admettons qu’il soit là pour le sandwich au brie et à l’avocat. Que penser quand quelqu’un s’invite à votre émission de radio ? Qu’il a un message à transmettre et surtout qu’il veut contrôler son message. Rock l’a fait. Il y a quelques semaines, après nous avoir téléphoné à La Rotonde pour demander si nous voulions des commentaires de sa part au sujet du Code de conduite personnelle, le nouveau recteur de l’Université d’Ottawa s’est carrément invité à l’émission L’antenne d’ivoire de CHUO, que j’anime en compagnie de François-Olivier Dorais. Sommes-nous éblouis par cette proximité artificielle ? Je suis arrivée au point où je m’adresse à la directrice des communications par son prénom. Le rédacteur en chef de notre homologue anglophone, The Fulcrum, a

d’ailleurs affirmé être allé prendre une bière avec le recteur. Suis-je éblouie ? C’est une question que je me pose souvent. À la FÉUO, on semble se réjouir de cette « ouverture ». En fait, la dernière fois que j’ai croisé Dean Haldenby, c’était le jour de l’entrevue d’Allan Rock à la radio. Je lui ai demandé s’il voulait venir commenter la « propagande de Rock », mot pour mot. Jamais je n’ai perçu un regard si réprobateur, du moins pas de Haldenby. On aurait dit que j’avais blasphémé la Sainte Vierge Marie. À ce qu’il paraît, ces deux leaders règlent beaucoup de dossiers devant une bière. Avez-vous déjà essayé d’entrer en contact avec la secrétaire de l’Université, Pamela Harrod ? Impossible. Le pire, c’est que sa stratégie fonctionne. Je n’essaie même plus de la contacter, ce n’est qu’une perte de temps. J’ai carrément abandonné. Combien de fois, lors-

que je demande que l’on m’accorde une entrevue, on me réfère à la directrice des communications. Gary Slater, le doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, m’a fait le coup cette semaine. D’ailleurs, il est rare qu’on ne me réfère pas à cette directrice au moins une fois par semaine. Pauvre dame ! Elle a du pain sur la planche. L’opacité et le manque de transparence persistent à l’Université. Ce n’est pas parce que Rock, diplomate et communicant par excellence, donne l’apparence d’être plus présent, que les magouilles ne continuent pas. Gardez en tête que ce n’est qu’une personne qui a changé de poste, tout le reste de l’Administration reste la même. La mentalité est la même. Hier, c’était nous contre eux. Aujourd’hui, ils changent de stratégie et veulent nous prendre de l’intérieur. actualites@larotonde.ca

JOURNÉE INTERNATIONALE SANS AUTO

Pas de voitures, mais beaucoup d’action Philippe Teisceira-Lessard

Photo Guy Hughes

C’est lundi le 22 septembre que des automobilistes du monde entier troqueront leur volant contre un moyen de transport plus vert.

Pour son dixième anniversaire, la Journée internationale sans ma voiture rend la rue aux piétons, cyclistes ou usagers du transport en commun qui veulent bien mettre la main à la pâte. C’est lundi le 22 septembre que des automobilistes du monde entier troqueront leur volant contre un moyen de transport plus vert. À l’Université d’Ottawa, c’est le Bureau du stationnement, de la circulation et du transport durable qui est en charge de l’organisation de la journée. Pour l’occasion, le stationnement du pavillon Vanier, situé en plein cœur du campus urbain, sera réquisitionné et bloqué aux voitures afin d’accueillir les activités prévues. Parmi celles-ci, on annonce un barbecue offert gratuitement, une clinique de réparation de vélos, également gratuite, et une foire d’information mettant en vedette une dizaine d’organisations. C’est la quatrième édition de cette journée alternative à l’Université, son importance grandissant chaque fois. « La première année,

nous occupions 25 espaces du stationnement, puis 50, puis 75. Cette année, c’est le stationnement au complet qui nous sera réservé. Environ 140 espaces », annonce fièrement l’organisateur Danny Albert. Pour lui, l’objectif de l’exercice est avant tout de promouvoir les moyens de transport écologiques. « Faites un effort, essayez un moyen de transport alternatif! », demandet-il à la communauté universitaire. Un volet alternatif important En plus des activités liées au transport durable, un volet alternatif prend aussi corps grâce à l’implication de Brigitte Morin, coordonnatrice du recyclage pour l’Université. « C’est une réappropriation de l’espace. On fait voir aux gens les possibilités pour utiliser le terrain s’il y avait moins de voitures. » Et la jeune femme ne manque pas d’idées pour ce faire! D’abord, des producteurs locaux ont été invités à constituer un petit marché à l’intérieur même du stationnement inutilisé. Maraîchers,

apiculteurs et boulangers sont attendus. «Les membres de la communauté universitaire pourront ainsi économiser un déplacement», rendant encore moins difficile de laisser son auto au garage. Deux autres éditions de ce type de marché sont aussi prévues en octobre. Une « gratuiterie » sera aussi installée sur les lieux. Le concept? Pensez à un magasin, mais sans les prix! Les clients se servent donc selon leurs besoins et les fournisseurs sont simplement d’autres membres de la communauté qui veulent se séparer d’articles qui ne leur conviennent plus. Évidemment, tout est en bon état et propre comme un sou neuf. Les officiels boudent l’évènement Le recteur Rock n’est pas attendu sur les lieux de l’activité, mais « un vice-recteur sera présent », se console Danny Albert. Le maire d’Ottawa avait répondu positivement à son invitation jusqu’à ce qu’il se décommande, une semaine avant le jour J.

Comment échapper à la hausse du prix de l’essence? Réponse : www.durable.uOttawa.ca

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Actualités

le 22 septembre 2008

FRANCOPHONIE

Revue de presse universitaire Alexa Biscaro

U de M : Une blague de mauvais goût

Les coudes serrés à l’Université de Victoria Depuis le début du mois de septembre, plusieurs étudiants en première année à l’Université de Victoria apprennent vraiment ce que c’est de partager un espace vital avec des centaines d’autres personnes. Selon The Martlet, environ 50 étudiants ont dû faire leur nid dans les salles communes des résidences à cause d’un manque flagrant de logement. Ces étudiants payent environ 600 $ de moins par semestre que le prix régulier d’une chambre simple et ont un évier, ainsi qu’une télévision. Certains profitent de l’expérience, et du manque total d’intimité, pour se faire des amis avec les gens qui passent par leur chambre tous les jours. D’autres, par contre, déplorent le manque d’organisation… surtout ceux qui se retrouvent avec trois autres colocs qui se couchent tous à 22h. La gérante des résidences espère que tout se replacera d’ici le début du deuxième semestre. Elle projette déjà de réserver plus d’espace aux étudiants de première année l’an prochain.

Le Quartier Libre rapporte que l’Association des étudiants en science politique et études internationales de l’Université de Montréal s’est sérieusement mis les pieds dans les plats lorsqu’elle a cru jouer un tour à ses nouveaux membres. Seulement quelques jours avant le début des cours, les étudiants de première année du programme de sciences politiques ont reçu une lettre les informant qu’en raison d’une erreur administrative, ils devaient être transférés au programme de littérature et culture helléniques. Plusieurs d’entre eux n’ont pas pris le temps de lire la deuxième page, qui expliquait la blague : les appels de parents et d’élèves en panique ont inondé le Département, qui n’avait pas été avisé ni consulté par l’Association. Après avoir appris ce qui s’était réellement passé, plusieurs étudiants du programme ont décidé de quitter l’Université de Montréal. Carleton : une nouvelle cafétéria L’Université de Carleton répond aux plaintes de ses étudiants en remaniant sa cafétéria. Selon The Charlatan, la cafétéria principale du campus aurait eu un sérieux « lifting » cet été. Après avoir fait le tour de cafétérias universitaires

en Amérique du Nord, l’administration des services alimentaires a opéré plusieurs changements afin de réduire les files d’attente et offrir plus de choix. Parmi les nouveautés, on trouve une station de déjeuner et un bar à pâtes 24h/24. Les bars végétaliens et à desserts ont été agrandis, ainsi que le menu de mets halals. Autres changements à noter : l’installation des stations de déchets organiques et fluides, qui vise à réduire le montant de déchets produits par la cafétéria. L’administration s’impose à McGill Les associations et syndicats étudiants de l’Université McGill sont sceptiques face à une nouvelle politique qui vise les activités sur campus. Celle-ci, en vigueur depuis mars dernier, aurait comme but de promouvoir une vie de campus animée. Mais dans une entrevue avec The McGill Daily, le vice-président externe, Devin Alfaro, pense plutôt que c’est pour« nettoyer » le campus : l’administration aurait le droit d’arrêter un événement en tout temps. De son côté, l’administration insiste que la politique n’est qu’une façon de clarifier le protocole que l’on doit suivre lors de la location de locaux. Afin de s’assurer que l’administration n’a pas agi de façon unilatérale, la question a été présentée au Sénat la semaine dernière.

La RAÉFBO a maintenant sa branche ottavienne François-Olivier Dorais Les étudiants francophones s’organisent à l’échelle provinciale. Dans cette optique, un nouveau comité local qui se penche sur les enjeux relatifs aux francophones à l’Université d’Ottawa a vu le jour la semaine dernière. Composé d’une quinzaine d’étudiants et d’élus, dont la vice-présidente aux finances de la FÉUO, Roxanne Dubois, et le commissaire aux affaires universitaires de la GSAÉD, Serge Dupuis, le comité entend faire un constat des enjeux préoccupants pour les étudiants francophones de l’Université d’Ottawa d’ici le mois de janvier. Les résultats serviront à soumettre un état des lieux au Regroupement des associations étudiantes francophones et bilingues de l’Ontario (RAÉFBO), dont la FÉUO est membre. Le regroupement présentera quant à lui une série de recommandations à la table de l’Unité du continuum en apprentissage postsecondaire de langue française, une unité de travail composée de 38 partenaires communautaires du secteur de l’éducation qui s’occupe actuellement de l’élaboration d’une politique en matière d’éducation postsecondaire en français pour la province d’ici 2010. L’initiative, qui est gouvernementale, viendrait d’un problème récurrent de rétention au niveau du français entre les différents paliers d’éducation. « Nous n’étions pas d’accord avec la représentation qu’il y avait à cette table et c’est pour cela que nous nous sommes réunis », fait savoir Dupuis. C’est en effet à la suite d’un rapport « secret » (et toujours nondisponible) achevé en septembre par une série de contractuels du gouvernement pour guider l’unité de travail que de vives réactions dans les milieux étudiants francophones de l’Ontario se sont fait entendre. Plusieurs leaders étudiants ayant mis la main sur un résumé du document ont constaté que le gouvernement partait du mauvais pied. Selon leur interprétation, « le rapport établit une valeur financière aux études post-secondaires de langue française, sans pour autant considérer des données qualitatives, c’est-àdire les raisons pour lesquelles nos

étudiants poursuivent leurs études en français, la disponibilité des programmes en français et les raisons pour lesquelles certains abandonnent leurs études, etc ». Du coup, un rapport de terrain s’imposait selon Dupuis, qui représente la RAÉFBO à la table du comité gouvernemental. Pour le moment, la représentation étudiante au Continuum est assurée par la Fédération canadienne des des étudiant(e)s, le Collège Boréal et la RAÉFBO qui occupent tous respectivement un siège à la table. La prochaine rencontre du groupe de travail est prévue pour le 9 octobre prochain à Toronto. Brassage d’idées « Ça me fait chier de voir que certains étudiants choisissent d’apprendre le français uniquement pour se trouver une job dans la fonction publique », déplorait de vive voix Eve Ferreira-Aganier, coordonnatrice du Centre de bilinguisme lors de la rencontre du comité local mercredi soir dernier. « Moi je ne vois pas encore de communauté francophone sur le campus, je vois seulement des individus qui parlent français […] Il faut voir comment l’Université vend son institution, quel marketing elle fait pour son image », renchérissait-elle. Serge Miville, étudiant bien connu du réseau associatif franco-ontarien, expliquait quant à lui que le problème est dû à la fragmentation du regroupement de francophones à l’Université. « On a des étudiants québécois, acadiens, franco-manitobains, des gens de l’Est ontarien, des gens d’Ottawa, etc. Difficile d’avoir un sentiment d’unité avec un tel fractionnement identitaire ». C’est ce genre de constats et d’enjeux que le groupe a discuté lors de cette première rencontre. « La prochaine étape sera d’élaborer une stratégie concrète de consultation pour aller voir ce que les étudiants ont à dire sur le sujet. On pense à peut-être organiser un événement d’envergure ou quelque chose du genre », explique Roxanne Dubois. Les consultations se feront suivant les quatre axes suivants : la communauté, l’accessibilité, la qualité et les programmes.

Avez-vous reçu vore invitation ?

Golden Key Société internationale de l’honneurDivision de l’Université d’Ottawa Venez nous voir à notre BBQ qui se déroulera le jeudi 23 octobre 2008 à l’extérieur de la bibliothèque Morisset!

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Arts et Culture

le 22 septembre 2008

Caroline Morneau culture@larotonde.ca

MODE VINTAGE ET FRIPERIES

Récupération stylisée

Photo Guy Hughes

L’univers de la fripe est loin d’être un profond océan surpeuplé. On s’y retrouve tout de même si l’on sait où chercher. Alex Sabourin Plus communément, le terme « vintage » se rapporte à quelque chose de très spécifique, c’est-à-dire un porto à l’arôme fort, fermenté à partir de raisins choisis spécialement pour leur qualité et leur provenance. Cependant, même si l’appellation vintage dans le monde de la mode partage des caractéristiques similaires, rares se font ceux qui se bornent à sa son sens premier. Pour l’élite, on qualifie de vintage tout ce qui date de plus de 20 ans et qui est griffé designer. Comme un bon porto, c’est avec les années que certains morceaux prennent toute leur ampleur. Toutefois, pour le commun des mortels, le vintage se rapporte à tout ce qui est vêtement seconde main. On pourrait croire, avec raison, que l’intérêt est limité pour les friperies à Ottawa. D’ailleurs, notre petite ville douillette n’est pas à l’avant-garde de la scène musicale, ni de la mode ou de la vie nocturne. En effet, l’univers de la fripe est loin d’être un profond océan surpeuplé ; il ressemble davantage à l’une de nos pataugeuses municipales mal entretenues. On s’y retrouve tout de même si l’on sait où chercher. La vie après la mort : le vintage à la mode de nouveau Dans le passé, plusieurs commerces pratiquaient l’art de la revente

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de vêtements usagés dans la région ottavienne. Mais, au cours des cinq dernières années, ce marché s’est effondré. Allegro a disparu pour devenir une boutique qui fait des t-shirts personnalisés, quoi de plus banal. La boutique Neon, elle, a récemment fermé son étage supérieur où l’on pouvait trouver d’anciens costumes appartenant à une compagnie de théâtre montréalaise. C’est justement à Montréal que ce marché prospère, ou, du moins, c’est ce que dit Mika Lemm, originaire de Montréal et propriétaire de la boutique vintage Young Jane’s au 203 Dalhousie : « Là-bas, il y a un marché immense pour ce genre de chose. Mais il faut penser que dans une ville comme Ottawa, il n’y a pas beaucoup de concurrence. C’est bon pour notre survie. » Malgré cette dure réalité, quelques commerces se risquent encore aujourd’hui à se spécialiser dans la vente de vêtements vintage. Voici les incontournables :

Phase 2 (1103 rue Bank) : Si l’odeur de la boule à mite ne vous répugne pas trop, vous resterez certainement quelques minutes dans ce magasin. Par contre, le manque de variété dans leur stock finira par vous décourager. Les chemises hawaïennes et vieux habits des années 70 abondent, et cela n’est pas à célébrer. Les prix y sont abordables, mais on peut certainement trouver mieux.

Young Jane’s (203 rue Dalhousie) : Successeur du magasin de vêtements seconde main Attic, Young Jane’s fait souffler un vent de renouveau pour l’espace au 203 Dalhousie. Des penderies bien garnies ornent les murs et malgré une section hommes plutôt morne, la sélection est quand même très bonne. Les prix sont parfois un peu exagérés, mais on y trouve toujours au moins un article irrésistible.

Aunt Olive’s (209 rue Gilmour) : Côté style, Olive’s écrase la compétition. Ils proposent de très bon prix, un inventaire en rotation constante, une atmosphère joviale, en plus d’une cuisine raffinée. Eh oui, on y sert des cafés, soupes et sandwiches ! La propriétaire Jaime Garner rapièce parfois ses vêtements et le résultat est la plupart du temps spectaculaire. La plus in des boutiques vintage : on y trouve de

Adorit (159 rue York) : Ce petit magasin de la rue York se spécialise principalement dans la vente de vêtements équitables faits à partir de coton biologique, ainsi que de pièces confectionnées par des designers canadiens (certains articles sont exquis !). On y trouve aussi une petite section de vêtements seconde main. L’espace est mal entretenu et le nouveau stock se fait rare, mais cela vaut quand même la peine d’y faire une petite visite.

tout pour tout le monde. Ragtime (43 rue Flora) : Ragtime, l’un des seuls vrais magasins de consignation à Ottawa, survit par sa réputation. Les gens y amènent leurs vieux vêtements, et le magasin les revend, offrant un pourcentage des ventes à ses fournisseurs. Cela dit, on y retrouve une gamme de vêtements plus dispendieux, un peu plus vieillots et beaucoup plus sobres. Somme toute, l’un des meilleurs endroits en ville pour se procurer de vrais vêtements vintage. Orange (145 rue York) : Tout simplement la boutique la plus colorée de ce palmarès. La propriétaire ne se soucie pas de ce que font les autres, et elle offre un style époustouflant. On se croirait en pleine hallucination lorsqu’on croise la porte d’entrée. Le décor est psychédélique, les accessoires sont uniques et le choix de vêtements impeccable. Les prix pourraient être plus bas, mais la clientèle cible d’Orange n’est pas cheap. On y offre du vrai vintage, coloré, authentique et original. Seul hic, pas de section pour hommes ! Et si l’on préfère la chasse... Il y a toujours l’option de se retrousser les manches et de faire les marchés aux puces et les brocantes soi-même

pour traquer les aubaines. Cela dit, il faudra s’armer de patience. L’Armée du salut, le Village des valeurs et la Saint-Vincent de Paul sont de bons débuts, mais voilà déjà des jours et des semaines de stock à défricher. Si l’on veut vraiment mettre la main sur des pièces rares, il faudra se déplacer... et loin en plus ! Souvent, ce sont les marchés des petits villages aux alentours des métropoles qui cachent les joyaux les plus précieux. Mais voilà justement pourquoi les petites boutiques qui s’affairent à dénicher des trucs vintage survivent ; la majorité des gens sont paresseux et veulent un style tout cuit dans le bec. Comme Zack de Aunt Olive’s le raconte : « Parfois, quelqu’un entre et achète pour quelques centaines de dollars de vêtements. Et ce n’est même pas pour eux ! On les a commissionnés pour venir fouiller dans nos trouvailles. Les gens qui peuvent se le permettre le font ! » Comme un filtre, ces boutiques nous offrent un style, des vêtements propres et une présentation cohérente. Zack poursuit : « Parfois, quelqu’un entre et s’écrie, «oh !, j’avais vu ce morceau à tel endroit ! J’aurais dû l’acheter». » Et c’est alors que l’on comprend qu’il y a un certain hasard et beaucoup de chance nécessaires pour trouver le bon article au bon endroit... et aussi que l’on ne devrait pas hésiter lorsque l’opportunité se présente.

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Arts et Culture

le 22 septembre 2008

RENCONTRE

Lumière sur un artiste méconnu Percer dans le domaine musical n’est pas chose facile hors de la métropole et sans l’aval des médias. Pourtant, plusieurs artistes travaillent d’arrache-pied, en arrière-plan, dans l’attente d’une émergence possible sur la scène québécoise et franco-canadienne. Voici le portrait d’un jeune auteur-compositeur-interprète de la région qui n’est pas indifférent à cette réalité du monde artistique. Jean-Philippe Barrette a été initié à la musique durant son enfance, lorsque ses parents l’ont encouragé à suivre des cours de piano. À 15 ans, à l’écoute de la chanson « Shine On You Crazy Diamond » de Pink Floyd, il se découvre non seulement une attirance pour la guitare, mais aussi une inclination à œuvrer dans l’univers musical. Entre les différents albums des années 70, dont aussi ceux de Led Zeppelin et de Jimi Hendrix, cette passion se confirme. Jean-Philippe entreprend donc des études en musique, guitare jazz/populaire, au Collège Lionel-Groulx. Une corde de plus à son arc, il joue au sein de différentes formations musicales, dont le groupe folklorique La Tuque Bleue. Fait intéressant, le duo Jazz en Coulisse, dont il a fait partie aux côtés du violoniste Martin Otis, s’est déjà produit lors d’un vernissage, ici même, à l’Université d’Ottawa. En 2004, il sort un premier album, Cours dans ta vie, qui est suivi, en 2008, de Humeurs et rumeurs d’ici et d’ailleurs. Pour ce deuxième album, il s’entoure à la réalisation de Jean-Philippe Lagueux, guitariste ayant travaillé avec Laurence Jalbert et Richard Séguin. Avec une écriture plus patiente et recherchée, l’expérience

du studio et de la scène, le nouvel enregistrement de Jean-Philippe est le résultat d’une évolution à la fois professionnelle et personnelle. À cet égard, il mentionne : « Au début [mon but], c’était plus d’influencer et j’étais plus revendicateur […] Maintenant, j’écris plus, en général, avec les sentiments. » Étant conscient d’être écouté, il avoue la nécessité de toucher le public et d’aborder certains thèmes différemment. Fidèle à son style jazz, folk/rock et populaire, Jean-Philippe n’a pas le souci absolu de plaire à « l’industrie de la chanson » ou de devenir une « big star ». Il souhaite plutôt être reconnu pour l’artiste entêté, authentique et acharné qu’il est, auxquels qualificatifs on pourrait ajouter une simplicité attachante. Impossible, toutefois, aux côtés de cet auteur cynique à ses heures, de passer outre des questions concernant ce dit marché de la musique. À ce sujet, Jean-Philippe, tout comme plusieurs artistes, considère que l’Outaouais est le « trou noir » du domaine musical au Québec. Rappelant le nombre restreint de salles de spectacle, il déplore la situation en région et à OttawaGatineau. Malgré le répertoire peu diversifié qui est diffusé dans les médias, Jean-Philippe se dit fier de la musique québécoise et francophone :

Calendrier – Arts et Culture ARTS VISUELS

CAMPUS

Vernissage de Jerry Maggiore Quand? Le 26 septembre à 19h Où? Galerie La petite mort, 306, rue Cumberland, Ottawa

Journée Sans auto Quand? Le 22 septembre Où? Stationnement X, près du pavillon Vanier Infos supplémentaires : www. protection.uottawa.ca/fr/jsa.html

MUSIQUE The Lost fingers Quand? Le 24 septembre à 20h Où? Salle Jean-Despréz, 25, rue Laurier, Gatineau (Secteur Hull) Jon Lajoie Quand? Les 26 et 27 septembre Où? Zaphod Beeblebrox, 27, rue York, Ottawa Ghislain Poirier avec musiciens Quand? Le 27 septembre à 21h Où? Le petit Chicago, 50, rue du Portage, Gatineau (Secteur Hull)

THÉÂTRE Manifeste! Quand? Du 24 au 27 septembre Où? Studio du Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

Concours Promenades des Arts 2008 Quand? Le 23 septembre de 13h30 à 15h30 Où? Promenade en face du 90 Université Info supplémentaire : En cas de pluie, l’évènement sera reporté au 30 septembre 2008.

Les chansons de son deuxième album sont disponibles sur iTunes. Pour en savoir davantage sur cet artiste, consultez lewww.jeanphileppebarrette.com.

Photo Journal de Montréal Fidèle à son style jazz, folk/rock et populaire, Jean-Philippe n’a pas le souci absolu de plaire à « l’industrie de la chanson » ou de devenir une « big star »

Le Théâtre de la Vieille 17 accueille une production du Théâtre du Nouvel-Ontario

avec

Jean Marc Dalpé

Mise en scène de Geneviève Pineault Environnement sonore par AYMAR

AUTRES Projection : Les grands explorateurs- Géorgie du sud et Pantagonie Quand? Le 28 septembre à 13h30, 16h ou 19h30 Où? Maison de la culture de Gatineau, 855, boulevard de la Gappe, Gatineau

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«Comparé, même, aux années 70, où [il y avait] des bands comme Beaux Dommages et Harmonium, aujourd’hui on a de la diversité, on a plein de styles de musique. » À titre d’exemple, il ajoute : « Moi, Malajube, ça m’est rentré dedans comme une bombe quand c’est sorti […] Je trouve que c’est le meilleur album qui ait été fait au Québec au cours des cinquante dernières années. […] C’est notre fer de lance... » Avec une écriture sensible, notamment à la folie et à la marginalité, un réalisme, comme dans « J’t’aime comme je suis », qui ne laisse pas indifférent, et une musique vibrante, Jean-Philippe Barrette est un artiste à découvrir. Et lorsque nous discutons de la possibilité d’émerger en grand sur l’échiquier musical, ses yeux s’illuminent soudainement, signe d’une passion que même l’ardeur nécessaire pour percer n’éteint pas. Jean-Philippe Barrette sera artiste invité dans le cadre de l’événement Gatineau en chanson, le 29 janvier à la Maison de la culture, spectacle qui sera diffusé au Saguenay et en Outaouais sur les ondes radio de Radio-Canada.

...une performance qui impose le respect. Josée Bilodeau, Radio-Canada 2008, Montréal

...une pièce intime et boulversante. Lysanne Lesage, Le Voyageur 2008, Sudbury

photo : Dan Lalande

Claudie Thibodeau

du 24 au 27 septembre 2008 à 20 h à La Nouvelle Scène, 333, King Edward à Ottawa Billetterie : 613-241-2727 poste 1

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Arts et Culture

le 22 septembre 2008

CRITIQUE LIVRE

Amélie Nothomb

Le fait du prince

Écrivaine belge, Amélie Nothomb est l’un des auteurs les plus prolifiques de la littérature contemporaine. Se décrivant ellemême comme graphomane – trouble psychique se manifestant par une envie incontrôlable d’écrire – Nothomb écrit une dizaine de romans par an. Romans qu’elle laisse ensuite dans ses tiroirs pour n’en publier qu’un. Chaque année, lors de la rentrée littéraire, qui a lieu au mois de septembre, un nouveau roman est publié de sa plume. Il en va ainsi depuis plus de dix ans. Souvent autobiographiques, ces romans ne manquent jamais d’originalité. Son tout dernier Le fait du prince ne fait pas exception à la règle. Ses histoires, souvent bur-

lesques, ne sont jamais rendues de façon exagérée. Baptiste Bordave est un homme fade et peu intéressant. Un jour, un inconnu suédois, Olaf Sildur, commet une chose absurde. Tombé en panne devant chez Baptiste, il lui emprunte son téléphone et meurt sur le coup. Alors que Baptiste s’apprête à appeler les secours, une conversation lui revient en mémoire. L’interlocuteur affirmait qu’il ne faut surtout pas prévenir la police lorsqu’un invité meurt dans la demeure d’autrui. Sujet prophétique, Baptiste commence à croire en un complot. Comme personne n’a été témoin de la mort d’Olaf, Baptiste est donc le suspect principal. Frappé par une similitude

entre lui et le mort, Baptiste décide de devenir Olaf Sildur. Il lui prend donc son argent ainsi que sa voiture et va s’installer chez le défunt. Sur place, autre bizarrerie, la femme d’Olaf semble trouver normal qu’un inconnu soit chez elle et son mari absent. S’ensuivent des journées d’oisiveté, qui se terminent habituellement par une bouteille de champagne. Au fil des jours, Baptiste en vient à la conclusion qu’Olaf était un agent secret. Il décide donc de se faire passer pour un collègue de travail, soit un agent secret lui aussi. Fascinée, la femme d’Olaf, Sigrid, se laisse tranquillement charmer. Lorsqu’elle découvre la supercherie, des ennemis sont à ses trousses et la fuite est le

seul moyen de survivre. L’histoire, drôle et loufoque comme seule Nothomb en est capable, semble cependant se terminer trop rapidement. Son style, habituellement lent et majoritairement composé de dialogues ou de réflexions, s’efface à la fin du roman afin de laisser place à une précipitation inhabituelle. Une fin qui laisse malheureusement le lecteur sur sa faim. Malgré cela, le roman en vaut la peine. Inconditionnelle amoureuse de l’œuvre de Nothomb, ce livre figure parmi les incourtounables de la rentrée. Roman court, il se dévore en quelques heures, ce qui n’enlève rien au plaisir de la lecture. Caroline Morneau

En apparté Caroline Morneau, chef de pupitre, Arts et culture

Un peu de lumière Chaque semaine, c’est la même histoire. Bien que j’adore écrire et que l’idée d’avoir ma propre chronique hebdomadaire me plaise au plus haut point, je dois me faire violence afin de pondre quelque chose. Devant une page blanche interactive, car c’est aujourd’hui le propre du syndrome de la page blanche de ne plus être tangible, le trouble m’envahit. L’angoisse. Et je ne m’y prends pas à la dernière minute. Je me promène sur le campus et je pense à ma chronique. Dans la douche, en mangeant, dans mes cours. Une obsession, une véritable obsession. Pourquoi ? Dur à dire. Peut-être parce que je voudrais écrire des mots tellement chargés de sens qu’ils inspireraient mes confrères. Un peu ambitieux. Peut-être parce que je suis trop imprégnée du travail de mes semblables. Me nourrissant de littérature, j’ai parfois peur de me perdre derrière un style qui n’est pas le mien, mais celui de l’un de mes modèles. Je suis pourtant une personne plutôt loquace. Combien de fois, enfant, mes professeurs

ont-ils dû me dire de me taire en classe. Chez ma gardienne, la phrase la plus souvent entendue était « Caroline, mets tes babines au neutre ! ». Généralement lancée avec exaspération. Pourquoi suis-je capable d’épuiser mon entourage en parole, mais pas par écrit ? Dès qu’il est temps de composer, mon esprit se transforme en désert. Sécheresse sans oasis à l’horizon. Au bout de mes doigts, la panne sèche. Pour trouver un sujet, je dois souvent me creuser la tête durant des heures, voire des jours. La date de tombée arrive, l’heure approche et je cherche comment expliquer la chose à mon rédacteur en chef. Puis un flash. Un courriel, un communiqué de presse, un article de presse, parfois même une invitation Facebook et le déclic se fait. Soudainement, je me souviens de la raison pour laquelle j’adore ce milieu. Pourquoi les mots me font vibrer depuis toujours. Et j’écris. Cette semaine, j’ai envie de revenir sur un sujet que j’ai traité dans une édition passée. Pas parce que j’aime me répéter ni par man-

que d’originalité, mais bien parce que c’est une histoire qui me touche profondément. Parce qu’un courriel est venu me rappeler que la situation ne changeait pas. Mais des gens luttaient pour faire bouger les choses. Je parle des coupures qui ont été faites au milieu de cet été dans les subventions et fonds culturels au Canada (« Chronique d’une mort annoncée », La Rotonde, 8 septembre). Depuis le début de septembre, la situation a évolué. À Ottawa, une assemblée publique s’organise pour le 24 septembre. Et ça va être quelque chose de gros. Le tout se déroulera à l’Université, dans la Salle académique du Département de théâtre (133 Séraphin Marion). Le but de cette assemblée est de confronter les représentants des cinq partis politiques engagés dans les prochaines élections fédérales. Plusieurs conférenciers, personnalités importantes du milieu artistique au Canada y seront présents. Preuve qu’Ottawa est plus culturelle que ce que l’on pourrait parfois croire. Parmi les invités présents se trou-

vent Wadji Mouawad, directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts, ainsi que Joël Beddows, directeur artistique du théâtre La Catapulte. Cette assemblée est un événement à ne pas manquer. Elle mérite qu’on lui accorde toute notre attention. À cet effet, une courte vidéo circule actuellement sur YouTube. Mettant en vedette des artistes québécois, elle vise essentiellement à sensibiliser la population aux coupures ainsi qu’à leur impact sur les artistes. Bien que la vidéo soit faite par des artisans venant de l’autre côté de la rivière, la situation est transposable à tous les artistes francophones. D’une durée de trois minutes, Culture en péril démontre l’importance de la situation. Je vous incite et vous invite à garder l’œil ouvert. À surveiller ce qui se passe dans la région, comme ailleurs à ce sujet. Je crois que je ne pourrais pas inciter suffisamment, la situation est préoccupante pour tous les artistes du Canada. Soyons vigilants, exprimons-nous ! culture@larotonde.ca

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le 22 septembre 2008

PHOTOGRAPHIE

« Walking Under Occupation »

ÉVÉNEMENT ARTISTIQUE Une promenade aux couleurs des étudiants

Une exposition de photographie de Rehab Nazzal à la galerie de L’École d’art d’Ottawa

Photo Université d’Ottawa

L’exposition de Rehab Nazzal « Walking Under Occupation » nous plonge d’emblée dans un monde où le concret nous saisit. Marion Bordier La première fois que j’ai entendu le mot « Palestine », c’était dans un cours de catéchisme et j’avais dix ans. À ce que disait le prêtre venaient se superposer des images issues de mon imagination, des scènes exotiques de déserts de sable et de villes fortifiées inspirées de films épiques vus à la télévision. Dans ma tête d’enfant, il s’agissait d’un monde lointain dans le temps, un lieu à résonances abstraites. L’exposition de Rehab Nazzal « Walking Under Occupation » nous plonge d’emblée dans un monde où le concret nous saisit. Voir les photographies signifie pour le spectateur circuler, donc marcher d’image en image dans un espace sonore : une trame sonore d’un cœur qui bat la chamade puis reprend un rythme normal avant de repartir dans une course accentuée avec des battements rapprochés et lourds. Au bout d’un moment de déambulation, c’est comme si les cœurs et les souffles des regardeurs fonctionnaient à l’unisson en s’accordant sur la trame audio préparée par l’artiste. Le propos de l’artiste est de partager avec une audience l’état de son pouls et de ses émotions pendant ses promenades à pied dans des villes proches de son lieu de naissance en Palestine. Le titre en anglais nous laisse un peu d’espace pour l’interprétation. Il peut se traduire par « marcher sous l’Occupation », si on a une occupation militaire précise en tête, ou encore par « marcher avec des préoccupations en tête ». Le sous-titre français traduit par le personnel de la galerie de l’École d’Art d’Ottawa, « un reste d’occupation », ne semble pas adhérer au contenu de l’exposition. Les huit images en couleurs révèlent avec minutie les détails d’un paysage qui s’étale entre ciel et terre. Des panoramas montrent des croisements de routes avec des panneaux d’intersection, c’est-à-dire des choix à faire. La direction nous faisant face n’est pas une destina-

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tion ou même une option, c’est un mur en ciment sans porte de sortie. Une petite automobile rouge, petit indice de vie qui file en bas à gauche presque déjà hors du cadre, nous indique discrètement la hauteur du mur : il fait neuf mètres de haut, soit la hauteur d’une maison de trois étages. Alors, l’œil du spectateur navigue le long de la ligne du mur, mesure l’ampleur des tonnes de béton et l’impact sur le paysage. Le côté duquel la photographie a été prise ne donne pas de recul pour voir ce qui se passe du côté de la prise de vue. À part pour les panneaux de signalisation battus par les intempéries, on est face à un mur. De l’autre côté du mur, se dessine une oliveraie qui va rejoindre, sur une élévation de terrain et dans le lointain, des maisons qui signalent une agglomération urbaine récente. Il s’agit d’un tableau loin de celui qui avait nourri mon imagination jadis. Sur le plan formel de l’œuvre, il y a division en quatre plans à l’horizontale, ce qui est peu fréquent. Le ciel bleu cru annonce un soleil de plomb. L’atmosphère est lourde et désolée, le visiteur va alors à l’autre photo pour y déceler un milieu urbain congestionné, tassé contre la même sorte de mur aveugle au loin, et de l’autre côté du mur, l’espace est ouvert. Cette photo-là a été prise dans la ville de Jérusalem. Le parcours dans la galerie mène à nouveau au mur, pour y lire cette fois des graffitis dans toutes les langues, mais ceux-ci semblent dérisoires, tous agglutinés qu’ils sont au bas du mur ; on en voudrait bien plus pour faire tache de couleur sur le gris du béton et comprendre que le mur n’est pas si haut. Une autre photographie nous montre un check point, un point de contrôle des identités, sorte de douane intérieure destinée aux déplacements des personnes. Deux couloirs parallèles divisent les allées et venues des gens pour les canaliser dans un sens et l’autre. Tous vont à pied. Certains sont assis dans la zone intermédiaire, soit entre les deux points d’entrée et de sortie,

c’est-à-dire nulle part, pas encore arrivés ni partis. Ils ont adopté une attitude d’attente, le coude sur la cuisse, la paume de la main soutenant leur visage et ils affichent un air absent. La photographe a voulu nous faire partager ce qu’elle a vu et vécu lors de ses quatre récents périples et elle a réussi. Elle a étudié ses émotions pendant ses marches à pied en traversant différents points stratégiques. Son travail photographique indique que sa mémoire des lieux s’imbrique dans l’expérience vécue et ressentie, se mêlant à celle de l’adulte d’aujourd’hui et à celle de l’enfant qu’elle a été, alors apeurée par des événements hors du commun, que les adultes eux-mêmes ne pouvaient verbaliser avec cohérence pour la rassurer. Ses photographies appuyées par la trame sonore mettent en évidence la lourdeur d’un mur qui n’appartient pas au paysage vernaculaire et qui serpente à travers un territoire pour en faire deux et, ce faisant, la masse de béton détruit le paysage et annihile l’horizon. Rehab Nazzal a photographié et filmé pendant tous ses voyages en Palestine. Lors de son dernier, en juillet 2008, elle était accompagnée de sa fille, une adolescente de 17 ans née au Canada et de l’amie de celle-ci, une jeune fille blonde dont la vision du monde a été changée pour toujours. Au poste de frontière, « il a fallu passer à pied », dit-elle, « et les militaires ont insisté sur mes cheveux blonds et sur mes raisons d’aller du côté palestinien parce que je suis si jeune, en raison d’un supposé danger ». Lorsque j’ai demandé aux deux jeunes femmes leur impression principale du voyage, elle m’ont raconté que la présence du mur oppresse, qu’on ne voit jamais l’horizon. « Quand on marche, on est à l’ombre, le mur donne le ton à tout », ont-elles dit. L’exposition est présentée à L’École d’Art d’Ottawa, 35 rue George, jusqu’au 5 octobre.

Dans le cadre du concours « La Promenade des Arts », les étudiants sont invités à créer, sur un thème imposé, leur propre œuvre d’art devant l’une des six résidences du campus.

Un concours payant Koralie Boyer La promenade qui fait face au 90 Université sera envahie de jeunes artistes le 23 septembre prochain. Dans le cadre du concours « La Promenade des Arts », les étudiants sont invités à créer, sur un thème imposé, leur propre œuvre d’art devant l’une des six résidences du campus. Le duo qui se hissera en première position se verra attribuer la somme de 600$. Trois autres prix allant de 100 à 400$ seront décernés, ainsi que le Prix du Comité, d’une valeur de 150$. Selon la chef des évènements et de la programmation Jane Cyr, il s’agit d’une belle occasion pour les amateurs d’arts. « Ce concours vise à permettre aux étudiants qui ont un talent artistique de se faire valoir », explique-t-elle. Elle croit également que cela contribue à créer un sentiment d’appartenance chez les universitaires. Martine Corbeil, étudiante en psychologie, en est à sa deuxième participation à ce concours.Lorsqu’on lui demande si on peut compter sur sa présence dans l’éventualité d’une huitième édition, la jeune femme nous répond un « Oui ! » ne laissant paraître aucune hésitation. Pour celle-ci, cette activité est aussi un moyen de socialiser. « C’est comme une activité briseglace », soutient-elle. « On rencontre d’autres personnes tout en dessinant. » Martine, qui s’adonne au dessin depuis l’école secondaire, va être assistée par son collègue Éric Barday. L’évènement existe depuis maintenant sept ans et est réalisé en collaboration avec les étudiants en arts visuels et multimédias. L’inscription à l’évènement est gratuite, mais comme tout bon concours, celui-ci a son degré de difficulté : les artistes n’auront vent du thème que dix minutes avant le début de

l’épreuve. Deux heures plus tard, les 30 équipes de deux étudiants seront jugées par un comité formé de cinq de leurs acolytes de l’Université, provenant de différents départements. Les œuvres seront évaluées en fonction, entre autres, du respect du thème imposé, de l’originalité et du savoir-faire dont ont fait preuve les participants. Le tout devra être réalisé à la craie. L’activité ne dépend pas seulement du bon vouloir de ses organisateurs. Comme tout évènement se tenant à l’extérieur, la bonne grâce de Dame Nature est un facteur-clé. « Nous espérons qu’il fera beau et relativement chaud », souhaite Jane Cyr. « Parce que rester coucher sur du ciment par temps froid, ce n’est pas agréable ! ». Les organisateurs se sont donc préparé une porte de sortie : en cas de pluie, le concours sera reporté au 30 septembre 2008. Un concours payant, pas juste pour les gagnants! Un entretien avec Cyr nous a aussi permis d’apprendr que le concours pouvait aussi rapporter gros à tous ceux qui se présentaient devant le 90 Université durant la journée du 23 septembre. En effet, grâce au système de primes Gee-Gees, les étudiants de l’Université d’Ottawa peuvent cumuler des points qui pourraient se transformer en prix intéressants. « Un peu comme le système de points Air Miles, lors de certains évènements, les gens peuvent nous présenter leur carte étudiante, qu’on passera au scanner. Ainsi, ils obtiendront des points et pourront les échanger contre des récompenses », explique Cyr. Les étudiants intéressés ont jusqu’à la fin de l’évènement, à 15h30, pour profiter de cette offre gratuite.

culture@larotonde.ca


Sports

le 22 septembre 2008

Romain Guibert sports@larotonde.ca

FOOTBALL

Les Warriors désarmés

Photo Guy Hughes

Josh Sacobie (numéro 15) a disséqué la défensive des Warriors de Waterloo samedi dernier. Après une autre clinique offensive au Stade Frank-Clair, les Gee-Gees ont maintenant une fiche de 3-1.

Waterloo 0 Ottawa 59

La défense de Waterloo n’a jamais pu arrêter l’attaque du Gris et Grenat. Romain Guibert Après avoir joué le même tour à York il y a deux semaines, les GeeGees ont profité d’être à domicile pour renverser Waterloo dans une victoire sans équivoque 59-0. Avec six touchés, Josh Sacobie a trouvé le moyen de briller malgré une liste de receveurs dépouillée par les blessures. Sur son premier jeu, Sacobie a repéré Ron Kelly qui filait seul vers la zone des buts au centre du terrain. Sa passe de 46 verges à permis à Kelly d’inscrire son premier touché de la saison. Sur la possession suivante, Cyril Adjeity a effectué un touché spectaculaire sur une distance de 25 verges, plongeant pour capter la passe de son quart-arrière (14-0). Alors que les Warriors avaient ensuite réussi à arrêter l’attaque du Gris et Grenat, ils ont écopé d’une pénalité pour avoir frappé le botteur, offrant un premier essai à Ottawa. Sacobie a lancé une deuxième passe de touché de 46 verges à Kelly, mais l’arbitre a fait revenir le jeu en

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arrière, les Gee-Gees étant pénalisés à leur tour. L’indiscipline de Waterloo a continué de leur coûter cher. Sur une passe dans la zone des buts, ils ont écopé d’une pénalité pour interférence, permettant à Ottawa d’avancer jusqu’à la ligne de deux verges adverse. Cela a suffit au tandem Sacobie-Kelly pour porter le score à 25-0. À croire que les Warriors n’avait pas appris leur leçon, ils ont commis une autre interférence à l’encontre d’Alex Fortier. Quelques jeux plus tard, Davie Mason a couvert une distance de 39 verges sur le flanc droit, réalisant son troisième touché de la saison. Mason a bien rebondi après sa performance contre McMaster la semaine dernière, accumulant 137 verges (contre 54 face aux Marauders). Une interception de Maxime Bérard a permis à Ottawa de vite reprendre le ballon. Le duo Sacobie-Wood-Roy a tonné à son tour, récoltant 48 verges sur trois passes pour mettre la table à un touché de

Matt Bolduc (39-0). Les Gee-Gees ont pris un temps d’arrêt avec cinq secondes à faire à la demie pour faire place à Matthew Falvo. Le botteur du Gris et Grenat à néanmoins raté son placement de 42 verges. L’attaque Star Wars a fait honneur à son nom sur les premières vagues de la deuxième demie. Un attrapé de Kelly sur 40 verges a mené Justin Wood-Roy à capter une nouvelle passe de touché de Sacobie, qui ne s’est pas arrêté là. Le quart de Fredericton en a décoché une sixième vers Kelly sur l’offensive suivante, établissant un record personnel. Waterloo est passé très près de s’inscrire au pointage en fin de troisième quart. Sean Cowie, qui courait tout seul vers la zone des buts, a laissé échapper le ballon à moins de cinq verges de son objectif et la défense ottavienne l’a récupéré. Après sa soirée de rêve, Sacobie a laissé la place à Brad Sinopoli. Le quart remplaçant n’a pas réussi à concrétiser ses séquences en attaque, bien qu’il ait démontré de

belles aptitudes par la course et une complicité réelle avec Felix PotvinDesjardins. C’est Falvo qui a conclu le massacre, transformant un placement de 27 verges. Dans les dernières minutes du match, Trevor Schroer a annihilé l’espoir des Warriors de s’inscrire au tableau, interceptant une passe dans la zone des buts. « On veut être meilleur à chaque match. On ne joue pas contre eux, on joue contre nous-mêmes. C’est sûr que c’est bon un 0, mais on a gagné, c’est ça le plus important », analyse le receveur Alex Fortier. L’attaque aérienne tonne encore Malgré les blessures à Ivan Birungi, Ezra Millington et Marc-André St-Hilaire, Sacobie a exploité à profusion tous ses receveurs. Kelly, Adjeity et Wood-Roy ont connu des rencontres de plus de 100 verges. « Tu peux voir à quel point on a de la profondeur. Tu peux voir les jeunes talents se démarquer, ils peuvent faire le travail aussi bien.

Tu n’as pas à simplifier ton livre de jeux, ils comprennent tellement bien le système », affirme Sacobie, auteur d’un match de 371 verges. Kelly, qui est un transfert de St. Mary’s, a connu sa première vraie sortie, puisqu’il avait été blessé lors du match contre Western. « En général, je me suis senti bien. Il reste encore du travail à faire sur certaines choses, mais c’est pour cela qu’on a des entraînements », avance-t-il. Pourtant, il a dominé les siens avec 128 verges, démontrant une chimie dévastatrice avec Sacobie. « Je lui ai dit sur les lignes de côté : «Maintenant, les gens sauront qui est Ron Kelly.» Il s’attend à de plus gros matchs », déclare le quart ottavien.

Davie Mason Porteur de ballon » 137 verges Ron Kelly Receveur » 128 verges www.larotonde.ca ���

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Sports

le 22 septembre 2008

GOLF

Un autre sport compétitif marginalisé

Malgré des ressources limitées, la formation de golf de l’Université d’Ottawa est l’une des meilleures au pays Romain Guibert

Photo Guy Hughes

Après une période d’un an sans fonds, c’est la Fédération étudiante (FÉUO) qui a fait un pas en avant pour financer l’équipe de golf au complet

L’Université d’Ottawa a un jour bénéficié de la présence d’équipes de golf sur le campus, des équipes qui étaient intégrées au Sport interuniversitaire canadien (SIC). Aujourd’hui, elles sont encore là mais voient le statut de club attaché à leur nom. L’entraîneur Paul Carson a même abandonné le combat qu’il menait pour obtenir des fonds de l’Association royale de golf du Canada (ARGC). Au début des années 2000, « après l’UBC, l’équipe féminine de golf d’Ottawa était la deuxième au Canada. Les équipes masculine et féminine étaient au niveau interuniversitaire. Puis en 2002, elles ont toutes les deux perdu leur statut », rappelle Carson. Réduire le nombre d’équipes au sein du système interuniversitaire avait pour but de concentrer les fonds monétaires sur les sports dits nationaux. Il y a deux ans, l’équipe féminine a cessé ses activités. Au cœur d’un cercle vicieux, l’Université manque de fonds pour continuer à développer ce club. Carson a alors entamé des démarches auprès de l’association nationale de golf, qui régit le golf universitaire en lieu et place du SIC. « Nous étions en concurrence pour obtenir de l’argent de l’ARGC. Nous sommes l’une des équipes les plus compétitives, mais nous ne l’avons pas eu. Une des conditions était d’avoir une équipe féminine », explique Carson à propos du dilemme dans lequel il se trouve.

Quid d’une inconnue

Loin des yeux, l’équipe féminine de fastball triomphe année après année L’équipe de fastball fait partie des petits poucets de l’Université d’Ottawa. À Orléans, loin des regards, elle pourrait pourtant écarquiller bien des yeux. C’est l’équipe la plus prolifique de l’Ontario Intercollegiate Women’s Fastpitch Association (OIWFA) et probablement la plus méconnue du campus. Et pour cause : combien de personnes étaient au courant que le fastball est l’équivalent féminin du baseball ? Peu. Très peu même, et c’est ce sport qui est pratiqué dans cette ligue interuniversitaire, où 22 équipes ontariennes évoluent : le Sport universitaire ontarien du fastball. Depuis 2003, année où elles ont remporté le championnat, les GeeGees sont l’équipe la plus compétitive de l’OIWFA. Avant cette année, elles ont terminé sur le podium trois ans de suite, alors qu’en 2004, elles avaient terminé à la quatrième place. « C’est l’équipe avec le plus de victoires, et le plus de podiums », déclare fièrement

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L’équipe féminine de retour Après une période d’un an sans fonds, c’est la Fédération étudiante (FÉUO) qui a fait un pas en avant pour financer l’équipe de golf au complet. Ce nouveau souffle laisse encore une porte ouverte au golf féminin. Carson n’ayant pas le temps de s’occuper des filles, un nouvel entraîneur et ancien membre des Gee-Gees, Derek McDonald, vient de prendre les rênes de cette équipe. « Il va remettre cela en marche. C’est vraiment une bonne chose, il fera du bon travail », avance Carson. Le programme semble reparti sur la bonne voie. « C’est bien de faire marcher le programme à nouveau. Jusqu’à maintenant ça se passe

bien. L’an prochain, j’espère avoir un calendrier de tournois rempli », espère McDonald. Pour l’instant, les filles qu’il a recrutées disputeront un tournoi à Guelph, et iront quand même aux Provinciaux puis aux Nationaux. « On a un bon entraîneur » - André Gauthier Carson est l’un des entraîneurs sur le campus qui est le plus passionné par son travail. Lui qui dirige son club depuis 18 ans, est aussi un ancien militaire et joueur professionnel de baseball avec Syracuse (AAA). « J’ai joué (au golf) quatre ans pour lui. Paul est un bénévole non-payé. Il est très compétitif, très passionné, et il ne veut que du bien. Je ne l’échangerais pour rien au monde », confie McDonald. La passion de Carson le mène à bâtir sans cesse une équipe des plus compétitives, qui évolue maintenant dans le Sport universitaire ontarien (SUO). L’équipe de golf est la seule du campus à avoir remporté un titre provincial en 2007-2008. Tout ça, avec des ressources limitées et, parfois, sans ses meilleurs éléments. Carson n’a pas peur de laisser ses atouts à Ottawa et oblige ses joueurs à privilégier les études. En vue d’un tournoi qui se déroulera pendant les examens de mi-session, il a demandé à l’un de ses athlètes de demeurer à la maison pour étudier.

Calendrier – Sports

FASTBALL FÉMININ

Romain Guibert

Cela fait trois fois qu’il essaie d’obtenir des bourses de cette association, en vain. « Ils ciblent des universités, nous n’en faisons pas partie. Je ne suis pas d’accord avec cette philosophie. Tu ne sais pas d’où la meilleure équipe viendra. Tu abandonnes des sports qui pourraient arriver aux standards (nationaux) si tu leur donnais de l’argent. » « On n’a pas de sponsor, il faut qu’on achète notre propre équipement », affirme le golfeur André Gauthier. L’athlète ajoute que la difficulté vient aussi des coûts liés au transport, puisque qu’ils doivent s’entraîner aux États-Unis en hiver. L’équipe, qui dispose d’environ 35 000 dollars, affronte des clubs qui ont trois fois ce budget.

Scott Searle, l’entraîneur-chef. Et pourtant, Ottawa ne pourra être des prochains championnats canadiens. « Les Nationaux seront en Alberta, mais nous ne pourrons être présents pour des raisons financières. C’est décevant pour les athlètes. » L’Université d’Ottawa offre 3000 dollars par saison à l’équipe de fastball. Cela représente un quart du coût total d’une saison, mais c’est le montant maximal que peut percevoir une équipe compétitive. Les joueuses savent qu’elles ne peuvent pas passer au travers d’une saison sans effectuer des collectes de fonds. C’est une situation stressante pour ces athlètes qui sont étudiantes à temps plein et qui ont parfois des emplois à temps partiel. « Nous faisons souvent du bénévolat dans la communauté tel que notre programme Bridge to the Future où nous montrons aux jeunes de la communauté comment jouer notre sport. De plus, nous jouons aussi un match à chaque année où nous essayons de faire des collectes

de fonds pour le cancer du sein », explique la joueuse Elissa Sivel. À cette difficulté s’ajoute une visibilité qu’elles n’ont pas, aussi compétitives soient-elles, pendant que les membres des équipes du Sport interuniversitaire canadien (SIC) ont une plus grande notoriété. « C’est un grand défi pour les athlètes. Elles n’ont pas le même respect », affirme Searle. « Il est parfois très frustrant que la plupart des étudiants sur le campus de l’université ne savent même pas que leur école a une équipe de fastball », ajoute Sivel. Même l’entraîneur a une tâche des plus difficiles, alors qu’il est un enseignant à temps plein. Comme toute équipe avec un budget limité, le recrutement est un défi colossal. Il est néanmoins permis de croire qu’il fonctionne à merveille face au succès évident de ce club. Au-delà de la réussite sur le terrain, Searle assure aussi que la réussite académique de ses joueuses est exemplaire : « Nous avons un taux de graduation de 100%. »

VENDREDI 26 SEPTEMBRE

SAMEDI 27 SEPTEMBRE

Basket-Ball Féminin Ottawa conte Cégep Laflèche (horsconcours) Pavillon Montpetit 18 h

Soccer Féminin Ottawa contre Université Laurentienne Terrain Matt Anthony 15 h Basket-Ball Masculin Ottawa contre Anciens (hors-concours) Pavillon Montpetit 16 h

DIMANCHE 28 SEPTEMBRE Rugby Féminin Ottawa contre Concordia Terrain Matt Anthony 13 h

Soccer Féminin Ottawa contre Nippissing Terrain Matt Anthony 15 h

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Sports

le 22 septembre 2008

RUGBY FÉMININ

SOCCER FÉMININ

Jour de premières

L’attaque du Gris et Grenat s’est mise en marche et l’équipe a remporté sa première victoire

Photo Simon Cremer

Amanda Robinson (au centre) ne sera vraisemblablement pas de retour avec les Gee-Gees cette année

Bishop’s 0 Ottawa 24

Simon Cremer Photo Guy Hughes

Karen Snell, ici tentant un essai a été brillante dans la première victoire de la saison des Gee-Gees. Romain Guibert Blanchies à leur deux premiers matchs, les Gee-Gees (1-2) ont ouvert la machine et réservé ce sort aux Gaiters de Bishop’s (0-3). Dimanche, elles ont inscrit leurs premiers essais de la saison pour l’emporter 24-0, profitant d’un travail impeccable en défense. Tôt dans la rencontre, Ottawa s’est vue offert une pénalité face aux poteaux. Tegan Bradshaw a vu son botté passer à gauche, mais l’action s’est poursuivie dans l’en-but. Bishop’s a cafouillé et Dana McDonald s’est emparé du ballon pour l’aplatir, réussissant le premier essai de la saison de son équipe. Puis, à la vingtième minute, la domination ottavienne s’est poursuivie. Auteure d’une brillante rencontre, la demie d’ouverture Karen Snell a récupéré un autre ballon perdu par les Gaiters pour s’échapper et marquer un essai sous les poteaux. La trans-

Amanda Robinson avec l’équipe nationale U-20

formation n’était qu’une formalité pour Bradshaw (14-0). Snell et Bradshaw ont continué leur bon travail et ont enchainé de belles courses en traversant le terrain de droite à gauche, plaçant Ottawa dans une bonne position pour marquer. L’essai est arrivé dans les enchaînements suivants, Nicole Ferron se frayant un chemin pour réaliser un essai tout juste à droite des poteaux. Après la mi-temps, Bishop’s a semblé revigoré, dominant les rucks et prenant d’assaut le territoire du Gris et Grenat. L’équipe québécoise a une fois de plus manqué de réalisme, perdant le ballon à quelques mètres avant de ne pas pouvoir aplatir en revenant dans l’en-but. La mêlée à cinq mètres qui a suivi a permis aux Gee-Gees d’éloigner le danger, qui est néanmoins revenu quelques minutes plus tard. Dominante, la défensive ottavienne n’a pas plié et a arrêté Katie Allen

à quelques centimètres de la ligne d’en-but. Snell, qui semblait blessée sur le jeu précédent, est revenue pour botter le ballon en touche. Bishop’s n’a plus inquiété le Gris et Grenat, qui a passé le reste du temps dans le camp adverse. Jera Gunter, rentrée en deuxième mi-temps, Snell et McDonald ont ravivé l’attaque d’Ottawa sur le flanc droit mais n’ont pu concrétiser leurs chances. Elles ont par contre profité de l’indiscipline des Gaiters. Bradshaw (9 points) a complété le pointage en transformant une pénalité à la 57e minute. « Il y a des fois où l’on a perdu notre concentration en attaque, on a donné le ballon trop facilement, mais la défense nous a gardé dans le match. Elles sont jeunes, elles ont besoin de savoir qu’elles peuvent marquer, elles ont besoin de savoir qu’elles peuvent gagner », a résumé l’entraîneur-chef Suzanne Chaulk.

La défenseure Amanda Robinson, Joueuse par excellence en Ontario l’année dernière, et auteure de sept buts en huit matchs en 2007, ne sera pas de retour cette année avec le Gris et Grenat. L’athlète de Fredericton a été retenue par l’équipe nationale de soccer féminin des moins de 20 ans. « Pendant l’été, j’étais en contact avec Bob Birada, l’entraîneur de l’équipe féminine canadienne U-20, à propos d’Amanda. J’ai senti que, tant que sa confiance restait élevée, et qu’elle était prête pour un défi difficile, elle avait une bonne chance de rejoindre le programme national U-20. Alors je l’ai recommandé pour des essais, et ensuite tout s’est déroulé assez vite », résume l’entraîneur-chef des Gee-Gees, Steve Johnson. Robinson a joué son premier match sur la scène internationale mardi, dans une victoire 2-1 du Canada sur le Mexique. Elle est venue suppléer Julie Armstrong, auteure d’un but pour les Canadiennes, à

la 91e minute. Jeudi, elle a disputé une mi-temps lors du match nul 1-1 contre la Nouvelle-Zélande. Le Canada a terminé premier de ce mini tournoi en l’emportant contre le Chili 1-0 samedi. Robinson pourrait manquer toute la saison universitaire, si elle est retenue par Birada pour prendre part à la Coupe du monde des moins de 20 ans, qui aura aussi lieu au Chili, à la fin novembre. Le départ de Robinson s’ajouterait à la graduation de six vétérans en 2007. « Elle va manquer à notre équipe cette année. Amanda avait un présence physique importante à l’arrière tout en contribuant énormément à l’attaque », reconnaît Steve Johnson. La formation canadienne, qui a terminé deuxième à la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans, sait maintenant qu’elle sera dans le groupe C, avec le Japon, l’Allemagne et la République démocratique du Congo. Canada 2 Mexique 1 Canada 1 Nouvelle-Zélande 1 Canada 1 Chili 0

Prolongation

Romain Guibert, Chef de pupitre Sports

La cible

Ici, c’est hockey. Et rien d’autre. C’est un constat plus qu’évident au sujet de la situation sportive d’un pays qui s’étend d’un océan à un autre. Et comme ici c’est hockey, l’argent va (trop) au hockey. Ne venez pas me dire que les finances, les médias et l’intérêt du peuple ne convergent pas vers ce sport. Au niveau financier, cela s’appelle, en bon français, du target funding. C’est bien, très bien même, puisqu’un nombre inestimable de personnes vit du hockey. Mais on fait quoi des autres ? On leur donne quoi ? Je veux bien qu’un pays soit reconnu mondialement comme la nation du hockey. J’accepte moins qu’il soit dans les bas-fonds des Jeux Olympiques. À un moment, au mois d’août, quand tous nos petits yeux étaient rivés sur l’Empire du Milieu, tous les pays du G8 étaient dans les dix premiers au classement des médailles. Sauf un. Un qui attendait toujours sa première médaille

sports@larotonde.ca

et qui patinait autour de la cinquantième place. Et même après deux semaines, on se contente fièrement de 20 médailles. Et encore. Ne pensez-vous pas que les nageurs auraient pu ramener, facilement, plus d’une breloque ? Ne pensez-vous pas qu’un sport collectif, comme le baseball masculin ou le soccer féminin, aurait pu glaner un podium ? Au niveau professionnel comme universitaire, nos athlètes doivent concourir dans des infrastructures optimales pour pouvoir s’entraîner dans des conditions optimales. Et avoir un petit peu de sous dans leurs coffres. Mais comment les obtenir lorsqu’il n’y a même pas un semblant de ministère des sports au niveau fédéral, ce qui serait bien plus efficace qu’au niveau provincial. En fait il y en a un, mais je n’ose le dire. C’est Patrimoine canadien. Inadmissible voire ridicule. Un ministère qui a pour mandat de conso-

lider « les liens qui unissent les Canadiens et les Canadiennes », et qui le relève en misant, presque tout, sur le hockey. Comment juger, estimer ou prédire qu’aucun athlète ou équipe d’un autre sport ne mérite pas d’être financé davantage; quand eux aussi pourraient faire vibrer les Canadiens et les Canadiennes ? « Je ne suis pas d’accord avec cette philosophie. Tu ne sais pas d’où la meilleure équipe viendra. Tu abandonnes des sports qui pourraient arriver aux standards (nationaux) si tu leur donnais de l’argent », affirme Paul Carson sur le « ciblage » des fonds et ressources. Une équipe championne peut émerger de nulle part, de n’importe quel sport, mais elle n’aura pas les moyens pour se développer et confirmer son statut. Insensé, et même absurde. Si l’on peut célébrer plus d’une fois la fierté d’un pays, si l’on peut sortir plus d’une fois dans les rues, alors, là, on peut consolider des

liens. C’est la même chose à l’université : le sport devrait consolider les liens qui unissent les étudiants, il devrait les rassembler, il devrait être une source de fierté. À l’Université d’Ottawa, le « modèle canadien » est calqué à quelques détails près. Les finances, les médias et l’intérêt de la communauté convergent vers un sport. Tout comme le Canada mise sur le hockey, l’U d’O mise sur le football. Depuis 2000 et jusqu’à l’an dernier, le Gris et Grenat n’a toujours pas remporté la Coupe Vanier, tout comme l’équipe masculine de hockey n’a rien gagné à part Salt Lake City en 2002. Pendant ce temps, d’autres équipes passent plus prêt du titre national. Mais elles sont reléguées au second plan. Pendant ce temps, des clubs compétitifs ne peuvent même pas jouer sur le terrain même du campus dont ils défendent les couleurs. sports@larotonde.ca

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Sports

le 22 septembre 2008

Les trois étoiles de La Rotonde

// CLASSEMENTS // Football - SUO

Équipe Queen’s Western Ottawa Laurier Windsor Toronto Guelph McMaster Waterloo York Équipe Toronto Ottawa Queen’s Nipissing Ryerson RMC Trent Équipe Laval McGill Concordia Ottawa Bishop’s Sherbrooke

PJ 4

V 4

D 0

N 0

PP 175

PC 62

4

4

0

0

186

54

PTS 8 8

4

3

1

0

183

57

6

4

2

2

0

75

103

4

4

2

2

0

104

88

4

4

2

2

0

104

120

4

4

1

3

0

108

96

2

4

1

3

0

79

118

2

4

1

3

0

50

143

2

4

0

4

0

17

240

0

PJ 6 8 7 6 5 6 5

V 5 4 4 3 2 1 0

PJ 3 3 3 3 3 3

BC 1 5 6 12 9 17 17

+/14 7 4 2 -1 -13 -17

PTS 15 14 12 9 6 3 0

Rugby - Québec D N PP 0 0 168 0 0 147 1 0 37 2 0 24 2 1 5 2 1 5

PC 5 50 14 70 109 65

+/163 24 23 -46 -104 -60

PTS 6 4 4 2 1 1

D 1 2 3 3 3 5 5 V 3 2 2 1 0 0

Légende: PJ : Parties jouées V : Victoires RotondeAd_6by5_2009.qxp D : Défaites

Soccer - SUO Est N BP 0 15 2 12 0 10 0 14 0 8 0 4 0 0

N : Nulles PP : Points pour PC : Points contre 7/24/2008 10:28 AM BP : Buts pour

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RON KELLY » FOOTBALL L’ancien receveur de St. Mary’s a dominé les siens aux chapitres des verges par la passe (128) et des touchés (3), remplaçant parfaitement Ivan Birungi, blessé.

KAREN SNELL » RUGBY FÉMININ La demie d’ouverture du Gris et Grenat a connu une solide performance. En plus de marquer un essai, ses coups de pied ont placé les siennes en bonne position.

JOSH SACOBIE » FOOTBALL Fidèle à son habitude, le quart-arrière ottavien a déplumé la défense adverse, récoltant 371 verges et six passes de touchés face à Waterloo.

BC : Buts contre PTS : Points +/- : Différentiel

Professionnel de demain : posez votre candidature aujourd’hui – en ligne!

OMSAS

http://centre.ouac.on.ca/omsas/ Service ontarien de demande d’admission en médecine

15 septembre 2008 : Date limite pour vous inscrire pour la demande en ligne 1 octobre 2008 : Date limite pour la réception des demandes

http://centre.ouac.on.ca/olsas/ OLSAS Service ontarien de demande d’admission en droit 3 novembre 2008 : Date limite – programmes anglais 2 février 2009 : Date limite – programmes français 1 mai 2009 : Date limite – 2e, 3e et 4e année

TEAS

http://centre.ouac.on.ca/teas/ Service de demande d’admission en formation à l’enseignement

28 novembre 2008 : Date limite – programmes anglais 2 mars 2009 : Date limite – programmes français

http://centre.ouac.on.ca/orpas/ ORPAS Service de demande d’admission aux programmes des sciences de la réadaptation (Audiology, Occupational Therapy, Physical Therapy/Physiotherapy, Speech-Language Pathology)

9 janvier 2009 : Date limite pour la réception des demandes 170 Research Lane Guelph ON N1G 5E2 http://centre.ouac.on.ca

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Sports

le 22 septembre 2008

Le BBQ de La Rotonde. Mardi 23 septembre, à partir de midi. 109 Osgoode. (Nourriture gratuite)

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Opinions le 22 septembre 2008

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Accès à la discrimination : un paradoxe à l’eau

Nous, vous…mais au nom de qui ?

À la suite de la décision d’allouer des heures durant lesquelles seules les femmes peuvent utiliser les installations de santé physique, nous devons nous poser des questions. Estce juste? Est-ce acceptable? Selon l’idéologie empruntée, c’est-à-dire « équité » vs « égalité », ça passe ou ça casse. On crie victoire chez le Women’s Ressources Centre (WRC) de la Fédération étudiante l’Université d’Ottawa d’avoir restreint l’accès des hommes pour « protéger » les femmes, plutôt que d’effectuer des campagnes de sensibilisation des enjeux. À l’heure de l’éclatement identitaire postmoderne et de notre constante préoccupation de rectifier les injustices, nous perdons l’objectif de vue. La solution trouvée est la suivante : nous allons rectifier l’inégalité sociale présente chez les femmes et détruire cette société patriarcale en appliquant une politique qui peut être perçue comme discriminatoire. Comment justifier cette position paradoxale? Comment ne pas penser que ceci ouvre une boîte de pandore? Peut-être devrions-nous avoir des heures réservées au français, durant lesquelles tous les anglophones sont expulsés par le biais de la violence institutionnelle du campus parce qu’ils ont eu le malheur d’être nés dans une communauté autre que la mienne. Les arguments posent problème. Certaines femmes ne se sentent pas confortables dans des endroits où il y a des hommes. D’accord, mais qu’en est-il des gens qui ne se sentent pas confortable dans les établissements de santé physique dû à un surplus de poids? Allons-nous donner deux heures par jour aux gens qui pèsent 125 kilos et plus? Et les aînés? Allons-nous donner un autre trois heures pour ceux qui ont plus de 65 ans? Ceux avec des croyances religieuses particulières?

Mercredi dernier, une amie m’a traité de xénophobe ; du moins entre ses propos et la définition de ce mot il existe une distinction, mais aucune différence. Je n’ai pu m’empêcher de réfléchir à l’essentiel de cette question : l’autre. Qui est-il ? Plus essentiellement sans doute, qui suis-je ? Lorsque la décision d’accorder des heures réservées aux femmes fut annoncée, la riposte ne s’est pas fait attendre, mais au fond le sexisme, c’est quoi ? L’identité, c’est quoi ? Je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre à ces questions. La question socratique par excellence est le ti esti (qu’est-ce que… ?), et une bonne question vaut infiniment mieux qu’une bonne réponse. En revanche, j’essayerai de dire quelque chose qui vaille la peine d’être entendu. Pour discuter de la question, je me suis rendu au Centre de ressources des femmes. Là, j’ai eu le plaisir d’aborder la question avec Sarah McKinnon, Katie Verhoeven et Ashley Bowa. Je leur ai demandé ce qu’était le sexisme. Sarah McKinnon m’a répondu que c’était la discrimination fondée sur le sexe et le genre. J’ai demandé si la décision d’exclure des hommes en fonction de leur sexe et de leur genre était du sexisme. Elle m’a répondu que non. Non, parce

Une idée révolutionnaire vient sauver les meubles : la ghettoïsation institutionnelle. Cela rappelle drôlement aux États-Unis et la ségrégation raciale. Le grand problème dans cette démarche est qu’il n’y a aucun moyen de renforcer une telle politique sans doublement discriminer un paradoxe postmoderne. Qu’est-ce qu’une femme? Quelle est la définition d’une personne transgenre? Qu’arrive-t-il si je suis un homme qui s’identifie comme femme? Allezvous me refuser l’accès? Vous êtes en tort, allez en parler au Centre de la fierté qui s’attaque à cette problématique, tout comme le WRC. L’idéologie postmoderne stipule que nous pouvons nous identifier comme bon nous semble. Le paradoxe rend le tout difficile à appliquer et nous éloigne du but ultime : égalité et respect des sexes. Rappelons que, au lieu d’informer le genre masculin des enjeux féminins, on les culpabilise et restreint leur accès, provoquant des réactions parfois très négatives. C’est un grand pas en arrière. Alors que faire? Si un homme cherche à exposer le paradoxe et démontrer que la démarche est un faux pas, il y a une action simple qui froissera certainement les esprits : quand on vous refuse accès, ditesleur que vous êtes une femme. Le postmodernisme oblige, car c’est la racine idéologique de cette revendication : tout le monde a raison et personne ne peut dire autrement; comment refuser votre accès si vous vous identifiez comme femme? Peut-être alors la WRC et les responsables de cette initiative rectifieront leur tir pour réaliser des gains concrets pour promouvoir l’égalité et l’harmonie sociale, et non un retour à l’archaïsme. Serge Miville

que cela cherchait à contrer des environnements qui sont d’emblée sexistes, notamment les centres d’exercice physique. J’ai demandé si ce sexisme était la faute des hommes, de certains hommes ou d’une mentalité. Elles m’ont affirmé que c’était une mentalité. Si le sexisme est une mentalité, alors il s’agit d’une servitude volontaire dans la mesure où une femme pourrait-elle aussi soutenir son oppression. Qui oserait renier le succès d’une industrie entière qui repose sur le désir d’être un objet? Dans une société fondée sur le choix, qui est l’oppresseur? Voici ma réponse. Tout cela est indicatif d’une seule chose : nous ne sommes pas assez libres, ni assez individualistes. Nous ne sommes pas assez individualistes, car nous parlons trop souvent en « nous » et il n’existe aucun mot pour exprimer l’individu dans le groupe ; il n’y a que le groupe et l’individu, le « nous » et le « je ». Enfant, j’ai appris que j’étais un garçon, un Canadien, un francophone, un élève, mais qui était Renaud ? J’étais tout cela, mais ces qualificatifs décrivaient des milliers de garçons, et pourtant j’existais malgré eux. Le sexisme ne m’apparaît guère autrement. Les « je » ne trouvent en eux pas assez de substance, ils n’arrivent pas à se définir et à se

comprendre, alors ils se regroupent pour se définir : hommes, Allemands, hindous, belles, libéraux, ingénieurs et végétaliennes. Incapable de répondre à la question « qui suis-je ? », les « je » ont préféré répondre à la question : Qui est-il/ elle ? Les « je » se sont définis par la négative et de là tous les « ismes » du monde : racisme, sexisme, etc. Si les « je » pouvaient se suffire à eux-mêmes, s’ils pouvaient trouver en eux ce dont ils ont besoin pour exister et donner un sens à leur vie, alors je crois que l’autre n’existerait pas ou plus. Le problème n’est pas un excès d’individualisme, mais un tribalisme dégénéré qui nous impose des références collectives, des « nous », des « nous » et enfin des « eux ». À la longue, les « nous » et les « eux » ne peuvent coexister, car les uns n’étant pas les autres, le conflit n’est alors jamais très loin. Ce qu’il manque pour résoudre le problème n’est pas un espace extérieur, mais intérieur. Il faut que les individus puissent se définir sans se référer aux autres. Le jour où la force de l’un ne dépendra pas de la faiblesse de l’autre, la lutte cessera. Sexisme, peut-être. Xénophobie ? Je ne sais pas. Crise identitaire, à coup sûr. Renaud-Philippe Garner

Nous voulons vous lire ! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non-publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à François-Olivier Dorais,

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le 22 septembre 2008

Éditorial

Un manque de transparence

le 22 septembre 2008 • Vol. LXXVI No.5 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef François-Olivier Dorais redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Roman Bernard revision@larotonde.ca Actualités Céline Basto (Chef de pupitre) Houda Souissi actualites@larotonde.ca Arts et Culture Caroline Morneau (Chef de pupitre) culture@larotonde.ca Sports Romain Guibert (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca Web Houda Souissi web@larotonde.ca

L

’Université d’Ottawa souhaite promouvoir une gouvernance moderne selon sa planification stratégique « Vision 2010 ». Parmi ses grandes orientations et ses objectifs, on met l’accent sur l’inclusion de nouveaux outils de communication pour une transparence accrue. Sur cette question, notre Université a encore du chemin à faire lorsque l’on constate qu’il est encore aujourd’hui impossible de consulter en ligne ses rapports de vérification interne. Les bureaux de vérification interne représentent pour toute organisation publique des outils non négligeables pour assurer une saine gestion. En produisant des rapports détaillés à un rythme régulier, les gestionnaires arrivent à identifier les failles de l’organisation pour en rendre le fonctionnement plus efficace et plus rentable. Il s’agit d’un modèle partagé par tous les ministères fédéraux. Tous ont en leur sein un comité de vérification composé d’experts externes à cette fin. Sans exception, les rapports publiés sont tous accessibles en ligne pour les contribuables et faciles à consulter. La raison est simple : leur contenu permet de comprendre ce sur quoi les gestionnaires travaillent et, de façon plus générale, si l’organisation concernée est bien gérée. L’Université d’Ottawa, comme la plupart des grandes universités canadiennes, a elle aussi son Bureau de vérification interne. Il relève du recteur sur le plan administratif et du comité de vérification sur le plan fonctionnel. Le site de l’Université en offre d’ailleurs une description exhaustive. Il paraît que l’on constate fréquemment à travers ces rapports le non-respect des règlements de l’Université, des procédures inefficaces, l’usage incorrect des comptes du grand livre général, des demandes de remboursements mal justifiées, etc. Toutefois, son fonctionnement manque non seulement de transparence en ne rendant pas ses rapports disponibles, mais il s’avère complètement inefficace parce qu’il opère justement dans le secret. Et ce n’est pas tout. Contrairement à l’Université Carleton, l’U d’O s’abstient en sus d’identifier clairement qui sont ses vérificateurs et qui siège au comité de vérification du Bureau des gouverneurs. L’indépendance de ces acteurs est reconnue comme un aspect essentiel à la crédibilité et à l’efficacité de la démarche. En procédant de la sorte, l’Université ne fait que renforcer cette inutile culture du secret et révèle en quelque sorte un repli sur elle-même, comme si l’institution avait peur de donner des munitions aux critiques les plus intransigeants. C’est une mauvaise stratégie. Le principe de transparence est fondamental dans toute institution qui se dit publique, surtout lorsque cette même institution est en partie financée par les individus qui bénéficient de ses services. Ce principe devrait d’autant plus s’appliquer dans les institutions du savoir, dont une partie de la mission réside justement dans la formation de « citoyens informés », à l’esprit critique aiguisé. L’Université devrait donner le libre accès à tous ses plans et ses rapports de vérification interne lesquels, nous en sommes convaincus, concernent les étudiants. Leur disponibilité permettrait ainsi d’avoir une idée claire de la gestion de notre Université.

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Direction artistique Guy Hughes photographie@larotonde.ca

Montage de la couverture Guy Hughes Production Simon Cremer production@larotonde.ca Section Opinions François-Olivier Dorais Webmestre Guy Hughes webmestre@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Caroline Bouchard direction@larotonde.ca 613 562 5264 Représentant de la publicité Edgar Donelle 514.524.1182 800.391.1182 (sans frais) info@accesmedia.com

La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 5000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

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