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Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa Édition du 16 mars – Volume LXXVI No 23

ENFINALE

BASKET MASCULIN » NATIONAUX

ACTUALITÉS

Mais pas la bonne Romain Guibert

C

e ne sont pas les trois matchs que l’on voulait jouer. » Dimanche, le Gris et Grenat a disputé une finale du championnat national. Mais comme l’a affirmé l’entraîneur-chef Dave Deaveiro, il ne s’attendait pas à disputer cette finale, celle de consolation pour la cinquième place, et tout de même remportée. Le résultat demeure décevant et en demi-teinte pour Ottawa, longtemps classé deuxième ou troisième du Canada, et qui aspirait plus fort que jamais au titre canadien. L’effondrement s’est produit vendredi soir, alors que Mustangs et Gee-Gees étaient la tête d’affiche d’un duel qui s’annonçait haut en couleur, et surtout serré ; jusqu’au coup de sifflet initial. Les joueurs ne savaient plus où donner de la tête, ne savaient plus où était le fond du panier. Un échec sévère pour une équipe pour laquelle tous les espoirs étaient permis. « Je ne pense pas que ce soient eux qui ont fait quelque chose. C’est nous qui avons eu des pannes morales, on n’était pas prêt à jouer contre eux, on n’a pas exécuté le plan de match. Je ne saurais dire comment on a perdu », se contentait de dire Warren Ward. « Ce n’était pas notre match, on était vraiment nerveux. On n’a pas performé, il n’y a rien qui est tombé, tout rebondissait sur l’anneau », renchérissait Dax Dessureault. « On a subi une défaite vraiment décevante. J’ai le sentiment que beaucoup de gens dans cette équipe ont abandonné, on n’était pas nousmêmes », résumait David Labentowicz, qui disputait ses derniers matchs sous l’uniforme du Gris et Grenat, tout comme Dessureault. Ces deux-là ont néanmoins ravivé la flamme ottavienne samedi puis dimanche, démontrant beaucoup

Photo Martha Pearce

CA CAÉ De nouveaux arbitres seront séléctionnés

ARTS ET CULTURE

Photos Alexandre Lequin Doré

Jacob Gibson-Bascombe, Josh Wright, David Labentowicz et compagnie n’ont pas pu trouver réponse aux Mustangs de Western, en quarts de finale, forçant Ottawa à se contenter d’une cinquième place nationale. de caractère et étant une énorme source d’inspiration, tant par leur jeu que par leur parole. L’équipe a réussi à mettre cette défaite embarrassante de côté pour remporter ses deux derniers matchs de façon convaincante (85-63 et 83-76). « [Samedi], on a joué comme on est capable de le faire, et on a eu le résultat qu’on obtient en jouant comme cela. On a eu un coup de fouet, on a joué avec de l’énergie et de la détresse. Et quand tu com-

mences à réussir tes tirs et tes jeux, tu commences à être confiant. Hier soir, on n’a pas connu cela. C’était un match plein de caractère. On aurait pu plier bagage après la façon dont on s’est fait battre. Je suis fier des gars », déclarait Deaveiro, qui voulait gagner pour remercier ses deux joueurs de cinquième année, et qui est tout de même satisfait des deux victoires engrangées. « Le caractère, c’est comment tu réponds à une situation pareille. Le

rêve d’un championnat n’est plus vivant, et quand cela devient dur, il ne faut pas abandonner. On a montré notre caractère en revenant et jouant très fort. Je voulais les voir partir avec une victoire. Ce sont des gagnants », affirmait Ward au sujet de Labentowicz et Dessureault, qui a été sensationnel la fin de semaine, accumulant 46 points et 24 rebonds. Et ils ont fini en gagnants.

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Danse

Photo Mathieu Langlois

La démi-finale en images


le 16 mars 2009

Philippe Teisceira-Lessard Mathieu Gohier actualites@larotonde.ca

Actualités

Les esprits s’échauffent AU CONSEIL D’ADMINISTRATION CONTESTATION ÉLECTORALE

Philippe Teisceira-Lessard

L

a réunion du Conseil d’administration du 13 mars dernier a donné lieu à un coup de théâtre, alors que Federico Carvajal, président de la plus haute instance de la Fédération, a forcé l’adoption d’une motion de réforme complète du comité d’arbitrage étudiant. En outre, plusieurs directeurs et membres du public condamnaient le fait que trois des exécutifs accusés de tricherie dans leurs campagnes aient voté sur une proposition qui concernait directement leur cas. Acheminée par Dean Haldenby, président de la FÉUO, quelques heures avant la rencontre, cette motion modifie en profondeur la composition actuelle du CAÉ en interdisant aux actuels arbitres de décider du cas et faisant redémarrer le processus du départ. Elle prévoit aussi l’embauche de nouveaux arbitres pour déterminer si Julie Séguin, Seamus Wolfe, Roxanne Dubois et Jean Guillaume ont formé une équipe pendant les élections. Il faut rappeler que de telles actions sont explicitement interdites par la constitution de la FÉUO et pourraient donner lieu à une disqualification. Carvajal force la décision Dès le début de la rencontre, l’audience a été surprise par le fait que Seamus Wolfe décide de retirer son appel et donc de ne pas contester la décision du CAÉ qui souhaitait continuer à entendre la plainte malgré le refus des défendeurs. Alors que cette décision était pour le moins surprenante, cela n’était rien en comparaison avec le coup de théâtre qui allait suivre. Les partisans des plaignants avaient prévu s’abstenir sur la motion de réforme du CAÉ, sachant que si plus d’un tiers des membres du conseil faisaient ainsi, la motion serait bloquée à son présent stade et ne pourrait pas faire l’objet d’une adoption. En effet, la constitution prévoit qu’après un premier vote qui présente plus d’un tiers d’abstention, le conseil doit reprendre le débat. Par la suite, si un deuxième vote se termine de la même manière, la question litigieuse doit être renvoyée devant un comité d’étude. Après un deuxième vote où plus

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Photo Martha Pearce

De gauche à droite: Federico Carvajal, Dean Haldenby et Seamus Wolfe. d’un tiers des directeurs ont décidé de s’abstenir, Federico Carvajal, président de l’assemblée, a annoncé qu’il allait tout de même considérer la motion comme acceptée. «Le vote est de 18 en faveur et 11 abstention, a présenté Carvajal. Ce sera une décision difficile à prendre […], mais je vais considérer que cette motion a été adoptée. Quand ce processus a débuté, nous avons entendu des rumeurs que certaines personnes tenteraient de bloquer le travail du conseil. Nous avons demandé de voir une opinion légale sur le dossier. Lorsqu’on interprète la Constitution, il faut le faire en des termes très larges.» Carvajal a donc fait passer des copies d’un avis légal obtenu de Marc Labrosse, l’avocat attitré de la FÉUO, expliquant qu’étant donné

les délais serrés qu’un arbitrage implique et les pouvoirs larges conférés au Conseil d’administration par la Constitution, on devait considérer l’esprit de la constitution plutôt que les termes de l’article en tant que tels. Tous ne sont pas de cet avis. «C’était une démonstration d’abus de pouvoir, et j’ai été insultée par cela. En tant que directrice siégeant sur le conseil, je crois qu’on a violé mon droit à l’abstention et de la voir reconnue.», s’insurge Amy Kishek, membre du Conseil d’administration. Renaud Philippe Garner était aussi de l’avis de la directrice. «M. Carvajal a décidé d’utiliser sa propre interprétation en disant qu’il avait un avocat pour le défendre, at-il déclaré. C’est vraiment bien. Je

peux avoir un avocat aussi. En fait, la raison pour laquelle nous avons des procès, c’est parce que n’importe qui peut prendre un avocat pour défendre son point de vue. […] Ce n’est pas seulement l’exécutif qui est corrompu, mais Federico Carvajal est aussi corrompu. Il n’a jamais été neutre, ni un honnête employé de la Fédération. Ce n’est rien de moins qu’une dictature. Littéralement, ils dictent, ils disent aux autres comment cela va se dérouler.» «Cette partie de la constitution ne peut pas être isolée, la constitution doit être lue dans son entièreté. Cet article est là pour assurer que s’il n’y a pas eu assez de débat, plus de discussions soient permises », s’est défendu Carvajal, alors que sa décision était contestée par Rob Arntfeld.

Acccusations de conflit d’intérêts L’autre décision qui en a choqué plusieurs a été celle des défendeurs Wolfe, Séguin et Dubois d’exprimer leur vote sur la réforme de l’instance qui devra justement trancher entre leur version et celle des plaignants, plutôt que de s’abstenir. «Les défendeurs ont voté pour leur propre procès, ils ont directement géré leur procédure judiciaire. C’est de l’ingérence d’une instance politique à l’intérieur d’une instance judiciaire. C’est la définition exacte du mot corruption», accuse Garner, maître d’œuvre de la plainte devant le CAÉ.

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le 16 mars 2009

CAÉ «J’étais en conflit d’intérêts, j’ai aidé les demandeurs à préparer leur cas et c’est pourquoi je me suis abstenu aujourd’hui », explique Rob Arntfeld, partisan des demandeurs qui s’est abstenu et a plus tard claqué la porte de la réunion. Face à ses accusations, les défendeurs reprennent les propos d’introduction de Haldenby et invoquent leur responsabilité légale de tenir les rênes de la Fédération. «Je pense qu’on a une responsabilité en tant que membre élu en ce moment de faire la meilleure décision pour la FÉUO, réplique Dubois, sûre d’elle. Je sais qu’il y a certaines personnes qui se sont abstenues, mais je crois que tout le monde qui est assis autour de cette table est directement relié au cas. Ce qu’on a fait, c’est de prendre la meilleure action pour le Fédération. On est ici comme directeurs, donc on a une responsabilité en tant que telle de prendre la direction de la FÉUO, et ce en commun. Je crois que j’ai fait ce qu’il fallait en tant que directrice.» Le président de la FÉUO, quant à lui, s’est limité à dire que personne n’avait le droit d’enlever le droit de vote à un directeur. «C’est leur décision et leur droit», a-t-il ajouté. Conséquences du mécontentement Rapidement après la rencontre, un appel au CAÉ a été déposé concernant la décision de Carvajal de considérer la motion comme adoptée sur la base d’une interprétation large de la Constitution. «Étant donné la transgression des règlements de la Constitution, nous demandons au CAÉ d’invalider la décision du Président du CA, de renvoyer la motion en question au comité dont elle relève et la ramener à la prochaine réunion du CA, tel que prévu dans la Constitution de la FÉUO» expliquent Guy Hugues et Luc-Yan Picker dans leur demande. De plus, une pétition virtuelle a été démarrée dans le but de démettre de leur fonction l’ensemble de l’actuel exécutif et les quatre exécutifs élus impliqués dans l’arbitrage. À l’heure d’aller sous presse, elle avait recueilli 70 signatures, il en faut 1500.

LAISSEZ-PASSER UNIVERSEL

Les négociations échouent une fois de plus La Ville d’Ottawa estime que la grève d’OC Transpo n’est pas une raison valable pour rouvrir le dossier du laissez-passer universel. Céline Basto La Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa a profité de la grève des autobus de l’OC Transpo afin de relancer le débat du laissez-passer universel, un projet qui permettrait aux étudiants des quatre institutions d’enseignement postsecondaire de la région d’utiliser le transport en commun pour un prix de 125$ par session. Ces 50 000 étudiants se voient alors dépourvus de ce laissez-passer puisque, selon la majorité des conseillers, la question avait déjà été tranchée auparavant et qu’il n’y a pas de nouvelles informations pour relancer le débat. Dans une lettre envoyée en janvier à Alain Mercier, directeur d’OC Transpo, Dean Haldenby, président de la FÉUO, a tenu à expliquer l’importance de relancer les négociations : « À la suite de 51 jours de grève, des utilisateurs d’OC Transpo ont trouvé d’autres solutions pour leurs déplacements. Des milliers de ces utilisateurs sont des étudiants de l’Université d’Ottawa. […] Nous devons reconnaître que nous avons le devoir de travailler ensemble afin de remplir le mandat que nous nous sommes donné – un taux d’utilisation des services de transport plus élevé et la qualité du service à un prix abordable. M. Mercier, je vous demande que nous saisissions cette opportunité et concrétisoons cet espoir. » Cette lettre a été envoyée par le président de la FÉUO afin de démontrer que les étudiants sont toujours intéressés par le projet et qu’il serait important de le réactualiser. Un conseil divisé Les discussions ont débuté lorsque le conseiller Alex Cullen a réfuté la décision du maire Larry O’Brien de ne pas accepter la motion à l’ordre du jour. D’après le maire, la décision avait déjà été prise auparavant et, comme aucune information additionnelle n’était présentée, la motion était irrece-

Photo Mathieu Langlois

Ce n’est pas l’année prochaine que les étudiants de l’Université d’ottawa seront en mesure d’utliser le service de transport en comum à un prix moindre. vable. Toutefois, des conseillers se sont opposés à cette décision et ont essayé de convaincre tous les conseillers à rouvrir les discussions. Cullen a débuté son discours en présentant les nouvelles informations. Selon lui, lorsqu’il y a eu un vote a ce sujet, les services de transport n’avaient pas encore déclenché la grève et ce facteur n’avait pas été pris en considération. « Nous sommes en train de mettre en place des mesures d’atténuation pour regagner une partie de notre clientèle. Ce laissez-passer devrait être considéré dans ces mesures. Précédemment, nous avons rejeté ce projet à cause des coûts des impôts fonciers. À présent, ce

n’est plus la question », estime le conseiller Cullen. Le conseiller Doucet, quant à lui, a mis l’accent sur le vote unanime du comité des transports avant que ce projet ne soit remis entre les mains du conseil municipal. « Chacun des neufs membres a voté favorablement. Avec la reprise du service de transport, nous avons perdu de la clientèle et nous avons reçu des plaintes. Nous pouvons maintenant aller chercher ces étudiants qui ont utilisé d’autres moyens de transport et leur offrir ce laissez-passer », soutient-il. Bien que les discussions autour de la table aient abondé dans le même sens, une fois le vote dévoilé, on a pu remarquer qu’il était assez

partagé. Les conseillers ont choisi de ne pas rouvrir ce dossier par un vote de 11 voix contre et 10 pour. Un projet à relancer Ted Horton, v-p élu aux affaires universitaires, estime qu’il est possible de relancer les discussions. « La première étape sera de faire plus de pression auprès des conseillers et de leur faire comprendre l’importance de ce projet », considère-t-il. Ensuite, selon lui, il faudra rassembler les étudiants afin de démontrer à la Ville d’Ottawa l’importance que ce projet a pour les étudiants. « Je suis prêt à travailler avec tous les acteurs impliqués », assure-t-il.

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le 16 mars 2009

SÉNAT

Un débat sur le huis clos… à huis clos ! Les principaux débats tenus lors de la dernière réunion du Sénat ont porté sur le huis clos de cette même instance. La communauté universitaire a accès au débat grâce à une retransmission sur le site de l’Université. Philippe Teisceira-Lessard À la suite des perturbations à répétition des réunions du Sénat, c’est finalement en l’absence totale du public que s’est tenue la réunion du jeudi 5 mars. En parallèle, la communauté universitaire pouvait visionner la réunion sur le site web de l’Université grâce à une caméra diffusant en direct les discussions des sénateurs. À deux moments, pendant la réunion, le débat autour de cette procédure inusitée a occupé le cœur du débat. Au tout début de la rencontre, Michael Cheevers, sénateur étudiant, a exprimé son vif désaccord avec la tenue de la rencontre à huis clos. «Lundi dernier a été notre troisième tentative récente pour tenir une réunion et mener les affaires du Sénat. À chacun de ces essais, cela s’est révélé impossible. Pour ceux qui n’étaient pas là lundi, nous avons été simplement incapables de démarrer la réunion du Sénat à cause des perturbations qui étaient ingérables», a débuté Allan Rock, président du Sénat, pour justifier les mesures qu’a prises l’Université. «C’est regrettable, mais nous en sommes là», a-t-il ajouté. Cheevers s’est alors opposé à la tenue de la réunion derrière des portes closes étant donné l’absence de consultation des membres du Sénat sur cette question. «Je ne vois pas, question de procédure, comment nous pouvons continuer à tenir cette réunion à huis clos sur votre propre décision», a-t-il lancé au recteur

Rock. Devant l’acharnement du sénateur étudiant, Rock s’est montré plus ferme et a demandé à l’assemblée de poursuivre la rencontre. En outre, cette introduction a été l’occasion pour annoncer les résultats du vote sur la politique sur l’enregistrement au Sénat. Celle-ci précise que le public n’est pas autorisé à enregistrer la rencontre par lui-même, mais qu’une diffusion sur Internet aura lieu. Le scrutin à distance sur cette motion, tenu ainsi après deux réunions annulées à cause des perturbations, s’est conclu par l’adoption de cette politique par 44 voix pour et 3 contre. «Il y a des gens qui refusaient d’être filmés, en tant que membres du Sénat, et il y a d’autres personnes qui préconisaient un accès complètement libre aux caméras privées», a expliqué Nathalie Des Rosiers, vice-rectrice à la gouvernance, à l’audience pour exposer les deux positions qui étaient ressorties de la consultation virtuelle. Retour sur une question litigieuse www.uottawa.ca

Le débat a refait surface, un peu plus tard dans la rencontre, lorsque Rock a finalement décidé de faire voter les participants sur la question. Encore une fois, Cheevers est monté au créneau, accusant même le recteur de «mentir», après que celui-ci ait affirmé qu’il était impossible d’effectivement tenir une réunion du Sénat avec la présence dérangeante du groupe d’activistes

de Mireille Gervais et Marc Kelly. La majorité des sénateurs n’a pas tardé à faire bruyamment entendre sa désapprobation à l’étudiant, désapprobation clairement exprimée en soutien à Rock. «Il est important de reconnaître qu’une réunion du Sénat, ce n’est pas une réunion publique. C’est une réunion du Sénat à laquelle le public

est invité… ou pas», a même déclaré Des Rosiers avant que les membres votent pour approuver la mesure prise par l’administration. Autres sujets Mis à part la question du huis clos, le Sénat a adopté deux nouveaux programmes, à savoir une maîtrise

en communication et un certificat d’études supérieures en communications gouvernementales. De plus, Gary Slate, doyen de la Faculté des études supérieures, a annoncé que les programmes de maîtrise avaient profité d’une augmentation des inscriptions de l’ordre de 16%. Il attribue ce chiffre à la création de nouveaux programmes coopératifs.

ÉTUDES SUPÉRIEURES

Les études supérieures prennent de l’ampleur L’Université d’Ottawa a réussi à se faire attribuer 17% des nouvelles subventions pour des places aux études supérieures dans les universités ontariennes, mais l’Association des étudiants diplômés ne s’en réjouit pas. Philippe Teisceira-Lessard Le gouvernement fédéral a récemment annoncé la création de 3 300 nouvelles places dans les Facultés d’études supérieures des universités canadiennes. Il investit ainsi plus de 50M$ afin de permettre à plus d’étudiants de poursuivre leurs études au-delà d’un premier diplôme universitaire. Continuant dans sa lancée d’expansion entreprise depuis le mandat de Gilles Patry, le précédent recteur, l’Université d’Ottawa se taille la part du lion dans cette distribution de subventions. «Au moins 277 nouvelles places se-

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ront créées afin d’accueillir davantage d’étudiants à la maîtrise et au doctorat, peut-on lire dans le communiqué de presse de l’Université. Ce financement renforce la position de chef de file de l’Université d’Ottawa en matière de qualité de l’éducation aux niveaux supérieurs et place l’institution au deuxième rang parmi les universités ontariennes ayant connu la plus forte croissance depuis 2004.» Il faut préciser que selon Gary Slater, doyen de la Faculté des études supérieures, c’est la première année que l’État choisit de distribuer les nouvelles subventions sur d’autres critères que la simple importance de la population étudiante.

«Le gouvernement a décidé de favoriser les sept plus grandes universités de recherche en Ontario, plus l’Université Ryerson. À Ottawa, on représente 10% de l’Ontario et l’on a eu 17% des nouvelles places accordées », dit-il en faisant référence à la grandeur de sa Faculté par rapport aux autres Facultés d’études supérieures. D’autres, comme l’Université Laurentienne, ont même perdu des places, toujours selon Slater. «On a plus de places que ce à quoi l’on s’attendait de la part du gouvernement », a-t-il déclaré, l’air satisfait, au Bureau des Gouverneurs. Le doyen a toutefois mentionné qu’une obligation d’échelonnage sur

trois ans n’avait pas été prévue et pose ainsi des problèmes logistiques. «C’est le seul bémol», prévient-il. « Cette aide financière démontre que l’Université d’Ottawa s’inscrit dans le projet du gouvernement provincial de financer en priorité des universités à forte intensité de recherche et confirme que notre institution est un chef de file dans ce domaine », s’est félicité Allan Rock par voie de communiqué. La GSAÉD mécontente Loin de se réjouir avec l’administration universitaire, Serge Dupuis, commissaire aux affaires universi-

taires de l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD) redoute les effets négatifs de cette importante augmentation des effectifs. «C’est une expansion qui est malsaine, condamne-t-il. L’Université d’Ottawa a besoin de consolider ses acquis, pas de prendre plus d’ampleur.» Pour appuyer ses propos, Dupuis mentionne les problèmes de ressources, notamment celles en français, comme étant des dossiers qui devraient passer avant l’augmentation de la population étudiante de la Faculté des études supérieures. «Je ne vois pas comment cela va aider les étudiants», conclut-il.

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le 16 mars 2009

ASSOCIATIONS FACULTAIRES

150 étudiants votent pour 5000 L’association étudiante de la Faculté des arts (AÉFA) passe au vote pour élire un conseil exécutif 2009-2010. La Rotonde dresse un bilan de la campagne électorale de la plus grande association facultaire du campus. Bruno Gélinas-Faucher

Ce sont les 10 et 11 mars dernier que les étudiants de la Faculté des arts devaient élire l’exécutif de leur association étudiante. Représentant 17 associations départementales et plus de 5000 membres, l’Association étudiante de la Faculté des arts (AÉFA) est le plus grand corps fédéré de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO). Un très faible taux de participation Malgré ses 5000 membres, l’élection de l’AÉFA n’a pas suscité un très grand engouement sur le campus. En effet, seulement 151 étudiants se sont rendus aux urnes. «151 votes sur 5000 étudiants, ce n’est pas vraiment un bon taux de participation», admet Giancarlo Cerquozzi, président élu. Cat Czyrnyj, directrice générale des élections, note toutefois que ce résultat « est une grande augmentation par rapport à l’année dernière». Le nombre de stations de vote avait d’ailleurs été augmenté afin d’encourager la participation. De son côté, Caroline Frappier, future vice-présidente aux communications francophone, a remarqué que «la campagne s’est davantage déroulée sur Internet avec les groupes et les statuts Facebook». Ainsi, les affiches étaient tout de même présentes dans les pavillons, mais avaient surtout un rôle accessoire dans cette campagne

Photo Bruno Gélinas-Faucher

plutôt virtuelle. Vote unanime… ou presque Sur les huit postes disponibles à l’exécutif, seulement un était contesté. En effet, Arija Bunkis et Mattie Dubé étaient les deux seules candidates à se disputer le poste de vice-présidente aux affaires sociales. Sortie victorieuse de ce duel, Mattie Dubé concède: «il est valorisant de gagner une élection à deux, mais je dois dire que ma concurrente était l’une de mes grandes amies». Plusieurs personnes expliquent d’ailleurs la faible concurrence comme l’un des facteurs ayant influencé le vote. «Plus la concurrence est grande, plus le taux de participation

est élevé. Lorsque les candidats ont des adversaires, ils commencent même à manquer leurs cours pour conduire leur campagne» affirme Czyrnyj. C’est d’ailleurs une opinion que partage Cerquozzi : «Les étudiants vont prêter plus d’attention aux élections lorsque les postes sont contestés». Toutefois, le futur président assure que «même [s’il] était sans opposition, [il] voulait mener sa campagne pour que les gens [le] connaissent». Un débat hors du commun C’est le jeudi 5 mars que les candidats se sont réunis dans le Café Alternatif pour débattre de leurs idées. Toutefois, les organisateurs avaient

prévu une forme de débat plutôt novatrice. En effet, le modérateur avait plusieurs questions loufoques en réserve, en plus de donner l’occasion aux candidats de se questionner réciproquement. C’est ainsi que l’audience a pu entre autres apprendre quel animal chacun des candidats aurait le plus aimé être, en plus de voir leurs deux aspirantes v-p social démarrer un cri d’équipe en plein milieu du débat. «Le débat était amusant, mais nous avons quand même fait passer nos idées», assure Cerquozzi. « Sans le réaliser, des questions drôles t’apprennent beaucoup sur les candidats», confirme Czyrnyj. La directrice des élections assure également que, « de ce [qu’elle a] pu voir, le public a très bien réagi». Quelques enjeux qui attendent l’exécutif L’AÉFA a entretenu des relations

tendues cette année avec la FÉUO. L’association facultaire a d’ailleurs créé un comité plus tôt cette année pour analyser la situation et envisageait même l’indépendance comme solution. Toutefois, le président élu de l’AÉFA se veut rassurant pour l’année prochaine : «Je ne veux pas prendre une décision sur un coup de tête et diviser l’AÉFA de la FÉUO. Nous en sommes une partie importante. Toutefois, s’il y a des problèmes, il faut réellement en discuter et y travailler». Mise à part cette épineuse question, les candidats s’entendent pour dire qu’ils veulent toucher plus d’étudiants dans leurs activités. Frappier met d’ailleurs l’accent sur ce point : «Je veux vraiment pousser la participation francophone dans les évènements». De leur côté, Cerquozzi et Dubé expriment aussi leur désir d’élargir le nombre d’étudiants participant aux activités de la Faculté.

Exécutif AÉFA 2009-2010 Président : Giancarlo Cerquozzi V.-p. aux affaires universitaires : Colin Vanderwey V.-p. aux finances : Nicolas Blier V.-p. aux charités : Carly Pereira V.-p. aux communications francophones : Caroline Frappier V.-p. aux communications anglophones : Amanda Leggett V.-p. aux affaires sociales : Mattie Dubé

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le 16 mars 2009

ÉLECTIONS GSAÉD

Université d’Ottawa

Maîtrise en

service social t

Programme professionnel agréé qui permet : „

„

de travailler partout au Canada, notamment au Québec d’avoir accès aux ordres professionnels, dont - l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec

Photo Mathieu Langlois

Les débats pour l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD) n’ont pas sucité le même engouement que ceux de la FÉUO. Seuls 5,6% des étudiants se sont prononcés lors des élections l’an dernier.

Les débats passent inaperçus Peu d’intérêt a été démontré par les étudiants aux cycles supérieurs lors de la tenue des débats entre ceux qui les représenteront l’an prochain. Et avec un taux de participation de 5,6% aux dernières élections, la situation ne semble pas s’améliorer. Philippe Pépin Le mardi 10 mars dernier avaient lieu les débats des candidats aux différents postes représentatifs de l’Association des étudiants diplômés. Ils étaient organisés en collaboration avec les médias étudiants et ont eu lieu à l’Agora du Centre universitaire. Certains étudiants intéressés ont eu l’occasion d’observer et de se familiariser avec les candidats à l’exécutif de la GSAÉD, les candidats au Sénat pour les Facultés scientifiques et des humanités, ainsi qu’avec les deux candidates au poste du Bureau des Gouverneurs. Malheureusement, peu d’étudiants se sont intéressés à l’événement : on a compté au maximum 25 personnes présentes, y compris les candidats, les membres de l’exécutif sortant, administrateurs et journalistes, la séance clôturant même avec un compte total de 15 personnes. Le dossier qui divise La saga Denis Rancourt et Marc Kelly se poursuit ici : pour les deux postes de sénateur étudiant en jeu, les candidats se sont essentiellement positionnés face à cette polémique. Pour cela, ils ont laissé de côté d’autres sujets dont le problème de manque d’espace d’étude et

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les récentes coupures fédérales en matière de bourses de recherche. Le candidat Joseph Hickey, par exemple, a vivement dénoncé l’instance à laquelle il souhaite siéger. « Le sénat n’est pas démocratique, a-t-il déclaré. Nous voyons tous, dans leur façon de traiter l’étudiant Kelly, la façon de penser de l’administration et du recteur Rock. Il faut dénoncer ces injustices… ». Au contraire, Matthew Mount, qui se lance pour sa troisième année consécutive en tant que sénateur, condamne plutôt les démarches entreprises par Rancourt et le groupe d’activistes : « Le Sénat n’est pas un Hôtel de Ville où l’on peut se faire entendre quand bon nous semble, il y a un protocole à suivre… ». Il est à noter que les deux candidats sont unilingues anglophones. Du côté des humanités, Marie Galophe s’avère être une fervente partisane de la cause du professeur militant, alors que Parasto Jamshidi clame être en accord avec les revendications des activistes, mais en désaccord avec leurs démarches. Sa plate-forme n’est toutefois pas encore disponible sur le site Internet de la GSAÉD. Aussi dans la course pour le Bureau des Gouverneurs, Galophe se présente afin de soutenir Rancourt « dans la coopération ou la confrontation avec l’administration », mais reconnaît ne pas être la candidate

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- l’Ordre des travailleurs sociaux et des techniciens en travail social de l’Ontario Certains thèmes à l’étude : santé/ santé mentale, toxicomanie, gérontologie, protection des enfants et des jeunes Stages d’intervention et de recherche-intervention

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idéale en ce qui a trait au poste, alors que Julia Morris, élue aux précédentes élections, s’identifie plutôt à la modération.

École de service social Tél. : 613-562-5494 Téléc. : 613-562-5495 servsoc@uOttawa.ca

Un siège par candidat à l’exécutif Rien de compliqué ici : chaque poste étant incontesté, les candidats présents se sont contentés de résumer les points forts de leur campagne ainsi que ce qu’ils ont accompli cette année. Gerardo Barajas Garido et Tansy Etro-Beko, respectivement commissaires aux finances et à la vie étudiante, demandent une reconduction de leur mandat. On doit aussi noter la présence d’un militant pour le OUI dans le référendum sur la FCÉÉ, Gaétan-Philippe Beaulière, qui se présente au poste de commissaire à l’externe. Tous ces candidats mettent de l’avant des propositions différentes réunies dans un même ensemble : droits étudiants, engagement étudiant. Beaulière, par exemple, dit vouloir « défendre les intérêts des étudiants de manière résolue – et proactive, lorsque nécessaire – sans jamais toutefois hésiter à collaborer avec l’administration universitaire chaque fois que cela sera possible» dans son programme électoral. Il veut aussi solidifier les liens avec la

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FÉUO, notamment pour faire avancer leurs revendications politiques communes. Etro-Beko, quant à elle, souhaite continuer à travailler sur le café Nostalgica et promet d’ «assembler une équipe de bénévoles diplômés pour aider à diversifier et multiplier les activités pour diplômés ». Le seul candidat aux finances, Barajas Garido, propose un programme électoral qui met de l’avant une continuation du travail entamé, notamment sur la question du plan de santé. Une nouvelle venue, Myriam Hebabi, se présente au poste de Commissaire aux affaires universitaires. Elle souhaite travailler sur la Conférence interdisciplinaire et mener la lutte pour la création de 300 nouveaux espaces de travail pour les

membres de la GSAÉD. Enfin, Breanna Roycroft est candidate aux affaires internes. L’un des projets qu’elle publicise est la transformation du campus vers une université moins polluante et plus durable. Un référendum Rappelons aux étudiants que se tiendra bientôt le référendum concernant l’adoption par la GSAÉD des services de la FÉUO en échange d’une contribution financière par étudiant. Le scrutin se tiendra simultanément avec les élections. À ce sujet, les représentants semblent être plus inquiétés par le taux de participation (un quorum de 5 % est requis) que par le choix des étudiants.

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le 16 mars 2009

Dans le feu de l’action

Claude Giroux : L’accroissement de la surveillance Le nombre de caméras de surveillance est passé à 900 sur le campus. Doiton s’en inquiéter ? Claude Giroux, directeur du Service de protection de l’Université, répond à nos questions. Amanda Belande La Rotonde : Selon le site web du Service de protection, il y aurait plus de 900 caméras sur le campus, soit 300 de plus que l’année dernière. Quels facteurs ont motivé une augmentation de 50 % de la surveillance en un an ? Claude Giroux : Le site web a été mis à jour l’année dernière, ce qui peut prêter à confusion. L’ajout des 300 caméras s’est plutôt fait au cours des dernières années. Le facteur principal a été la sécurité personnelle des membres de notre communauté. Ensuite, c’est la demande provenant de la communauté universitaire, le succès de certaines installations stratégiques et la construction de nouveaux bâtiments. LR : Quelles tendances observez-vous par rapport à différents types de méfaits ? CG : L’Université a connu une hausse du nombre d’étudiants et le campus s’est agrandi. Certains types de crime tendent à diminuer, comme les vols personnels (376 en 2004, contre 209 en 2008) et les vols de vélos (102 en 2003, contre 41 en 2008). Certains restent stables, alors que d’autres varient d’année en année, comme les voies de fait et les agressions sexuelles. LR : Certaines personnes s’inquiètent que l’augmentation de

la surveillance enfreigne les libertés individuelles et conduise à des dérapages. Qu’en pensez-vous ? CG : Nous serions intéressés à connaître les inquiétudes soulevées, car nous n’avons jamais reçu de plainte ou de commentaire négatif à ce niveau. C’est le contraire: on nous demande souvent d’installer des caméras ou de vérifier nos caméras pour enquêter sur un incident. Les demandes sont communiquées par l’entremise de consultations avec la communauté, ainsi que des demandes faites au comité consultatif sur la sécurité personnelle auquel siègent des étudiants. LR : Comment sont utilisées les images captées sur le campus ? CG : Les images sont enregistrées 24 heures sur 24. Elles sont utilisées pour les appels d’urgence, lorsqu’un téléphone d’urgence est activé, la prévention du crime et les enquêtes. Lors d’interventions, elles nous permettent aussi d’analyser la situation avant d’envoyer nos agents sur les lieux. Seules les personnes autorisées par le Service de la protection ont le droit de visionner les enregistrements et les caméras. Des lignes directrices qui dictent l’usage des caméras ont aussi été approuvées par le comité d’administration. LR : Quels sont les défis pour le service de protection ?

CG : Un défi actuel est de capter l’attention de notre communauté pour les intéresser à leur sécurité personnelle sur le campus. Comme notre nouvelle campagne intitulée « Aidez-nous à vous aider » l’explique, la sécurité, c’est l’affaire de tous. Rester à l’affût des nouvelles tendances criminelles et technologiques afin d’évoluer avec les besoins de notre communauté est aussi un défi constant. LR : Un message pour les étudiants ? CG : On essaie d’augmenter les interactions positives et informelles avec la communauté ; nous avons organisé des collectes de fonds pour certains services étudiants et une collecte de nourriture pour la Banque alimentaire « Bon Appétit ». La sécurité fait partie intégrante de la qualité de l’expérience universitaire. Nous encourageons la population étudiante à nous contacter si elle a des questions, des inquiétudes ou pour rapporter un incident.

Visitez le LaRotonde.ca pour plus d’information. Dates limite pour les mises en candidature : Rédacteur en chef : 20 mars Directeur de production : 3 avril (avec portfolio) Secrétaire de rédaction : 3 avril Chef de la section Actualités : 3 avril Adjoint de la section Actualités : 3 avril Chef de la section Arts et Culture : 3 avril Chef de la section Sports : 3 avril Chef de la section Web : 3 avril Directeur artistique : 3 avril (avec portfolio) Photographe : 3 avril (avec portfolio) Webmestre : 3 avril

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Alexa Biscaro

Terre vacante à l’U de Victoria La Collaborative de l’agriculture urbaine de l’Université de Victoria (CUAC) espère pouvoir influencer le développement de Cedar Hill, une parcelle de terre sur le campus. Le terrain, qui faisait partie d’une ancienne ferme, a été vendu à l’Université dans les années 80 et sert actuellement de parc pour chiens. L’Université, qui veut être un leader du développement durable, accuserait du retard, aux dires de CUAC, qui voudrait voir l’élaboration d’un projet incluant de l’agriculture permanente, comme un verger et des jardins. Le groupe envisage même un espace où il serait possible de donner des cours où l’on enseignerait des connaissances pratiques comme la confection de confitures et de gelées. Cette idée est née du fait que l’île de Victoria importe la majorité de ses produits alimentaires et devrait être capable de dépendre de ressources locales si jamais une situation d’urgence se manifeste. CUAC insiste pour dire que l’Université profiterait aussi de ce que la terre soit transformée en centre d’activité étudiante. UBC : campagne pour les sans-abri L’Association étudiante de marketing de l’Université de la Colombie-Britannique a mené une campagne agressive afin d’augmenter la visibilité du problème des jeunes sans-abri à Vancouver. Entre autres, les étudiants de l’Association ont utilisé ce qu’ils ont appelé des « guerilla marketing tactics » et

Journaliste, photographe, graphiste, correcteur…? La Rotonde vous recherche! Nous sommes actuellement à la recherche de personnes dynamiques afin de combler tous les postes au sein de son équipe de l’année 2009-2010. Hâtez-vous et remettez votre candidature, curriculum vitae et lettre de présentation, à Caroline Bouchard, directrice générale, à direction@larotonde.ca.

Actualités Revue de presse universitaire ont organisé une exposition réaliste d’un indigent. Si réaliste, en fait, que certains étudiants ont laissé des sous et du café en passant. Quelques étudiants en marketing ont même décidé d’aller jusqu’au bout et ont fait de la rue leur domicile pendant quelques jours afin de collecter des fonds et du soutien pour leur cause. L’un des objectifs était aussi d’apprendre à connaître les indigents, ce qui a permis au groupe de dissiper certains mythes et stéréotypes qui entourent la question des sans-abri. La campagne a collecté 6 000$ en fonds au nom des jeunes sans-abri de Vancouver. Une nouvelle résidence à l’U de Calgary ? L’Université de Calgary répond finalement aux demandes de la part des étudiants d’offrir plus de logements abordables sur campus. Si tout se passe bien, les étudiants de troisième et quatrième année pourront, en septembre 2011, s’installer dans une nouvelle résidence de 596 lits. L’Université, qui observe depuis quelques années le modèle des résidences style appartement, a décidé d’implanter le même système dans la nouvelle résidence, qui comprendra des suites à deux ou trois chambres avec cuisinette, salle de bain et salle de séjour partagées. L’administration a également consulté l’Union étudiante afin de bien cerner les besoins étudiants. Elle s’est également assurée que l’édifice soit complètement accessible. Malgré l’optimisme, tous croisent les doigts : l’Université connaît actuellement des problèmes financiers, et si elle ne réussit pas à amasser les 57 millions nécessaires, le projet ne portera pas ses fruits.

Calendrier – Actualités DIVERS

CONFÉRENCES Conférence publique « Controversies over Muslim Women’s Veils, and What They Tell Us about Secular Values » Quand ? 16 mars de 15h30 à 17h30 Où ? Simard, 129 Visite guidée du campus : l’héritage du fait français à l’Université d’Ottawa Quand ? 17 mars de 19h à 21h Où ? Fauteux, 359 Le Forum social mondial (FSM), incubateur d’une nouvelle culture politique? Quand ? 18 mars à 12h et à 16h (deux départs) Où ? Centre Universitaire, 07 (FÉUO)

Table ronde : Explorations historiques et le Canada contemporain Quand ? 19 mars de 11h30 à 13h Où ? Simard, 129 Le rapport Bouchard-Taylor et l’avenir du Québec Quand ? 20 mars de 13h à 17h30 Où ? Lamoureux, 475 Conférence de Dany Laferrière « Je suis un écrivain japonais » Quand ? 20 mars de 14h30 à 18h Où ? Salle Académique, Département de théâtre, 133 Séraphin-Marion

Semaine de la francophonie Quand ? Du 16 mars à 10h au 20 mars à 22h Où ? Campus Site web : http://www.communitylife.uottawa.ca/fr/activiteFr.php Soirée film et débat organisée en collaboration avec le Forum d’études et de recherches autochtones (FÉRA) Quand ? 18 mars de 19h30 à 23h30 Où ? Desmarais, 8161 Bal des finissants de la Faculté d’éducation Quand ? 25 avril Où ? Hotel Hampton

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le 16 mars 2009

DOSSIER » FRANCOPHONIE

Historique en quatre temps

Le fait français à l’Université d’Ottawa a navigué sur une mer houleuse depuis 1848, avec des hauts et des bas. Philippe Teisceira-Lessard Pour Michel Prévost, archiviste en chef de l’Université et référence historique en la matière, on peut distinguer quatre grandes périodes dans l’histoire linguistique de l’institution. Des fondations bilingues (1848-1874) À sa fondation en tant que Collège de Bytowne en 1848, l’ancêtre de l’Université avait justement été créé sur la base d’une réconciliation entre catholiques anglophones et francophones. En effet, Irlandais et Canadiens français partageaient la même religion, mais pas la même langue. Au XIXe siècle, des tensions apparaissaient entre les deux groupes, qui étaient en concurrence pour les emplois manuels et ouvriers. C’est donc pour apaiser ces disputes que Mgr Guigues, premier évêque catholique d’Ottawa, décida de créer un collège classique bilingue. Tous les étudiants, peu importe leur langue maternelle, étaient tenus d’assister à leurs classes en français dans la matinée, puis en anglais après le dîner. À cette époque, on comptait à peu près autant de francophones que d’anglophones sur les bancs de l’école. Tabaret met le français en veilleuse (1874-1901) Si le recteur Tabaret est, dans bien des esprits, le véritable bâtisseur de l’Université, il n’en reste pas moins que son mandat est une période sombre pour le bilinguisme à l’Université. En effet, c’est par un changement de programme scolaire en 1874 que le père oblat permit aux étudiants anglophones de suivre tout le curriculum en anglais, alors que les francophones voyaient le nombre de classes dans leur langue diminuer : en fait, seules la religion et la littérature française étaient encore disponibles en français. Cette étrange décision était motivée par l’ouverture d’un collège protestant et anglophone à Bytown qui risquait d’attirer la clientèle anglophone et de les éloigner d’un enseignement catholique. Pendant cette période, les annuai-

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res et procès-verbaux administratifs n’étaient publiés qu’en anglais, montrant bien que les choses avaient changé à l’Université d’Ottawa. Retour aux idéaux de Mgr Guigues (1901-1965) C’est avec le début du mandat de Joseph-Édouard Émery que le fait français prend un nouveau départ à l’Université d’Ottawa. La population francophone de l’institution augmente jusqu’à devenir majoritaire et Émery se base sur les idéaux de Joseph-Eugène-Bruno Guigues pour développer un programme dans lequel les deux groupes linguistiques doivent collaborer et coopérer en anglais et en français. C’est aussi pendant cette période qu’est née La Rotonde, l’un des plus anciens journaux étudiants francophones au Canada encore actifs. La Société des débats français le publia pour la première fois en 1932, sous l’œil attentif de l’administration religieuse d’alors. La mort à petit feu (1965-présent) En 1965, l’administration universitaire, encore issue de la congrégation catholique des Oblats, décida de passer le flambeau à une administration laïque : l’actuel Bureau des Gouverneurs. C’est dix ans plus tard, en 1975-1976, que le nombre d’étudiants anglophones dépassa celui des francophones. Même si les étudiants ayant le français comme langue maternelle voient depuis leur nombre augmenter en termes absolus, leur proportion n’a cessé de chuter. Ce phénomène s’explique principalement par une démographie désavantageuse pour les Franco-Ontariens, mais aussi par le pouvoir d’attraction qu’a le Québec sur cette population. Finalement, c’est au milieu des années 90 que l’Université abandonna l’exigence du bilinguisme pour l’obtention de diplôme de ses étudiants. À partir de ce point, francophones et anglophones ont été en mesure d’être diplômés sans avoir connaissance de l’autre langue officielle du Canada.

RAÉFBO : Du nouveau sur la scène étudiante francophone

Une association crée des liens entre les syndicats étudiants bilingues et francophones en Ontario. Elle défend le droit de faire des études universitaires en français dans une province majoritairement anglophone. Mathieu Gohier Encore tout nouveau dans le paysage étudiant et politique, le Regroupement d’associations étudiantes francophones et bilingues de l’Ontario (RAÉFBO) commence à se faire connaître parmi les différents lobbies étudiants. Créé il y a moins d’un an, le RAÉFBO regroupe, pour l’instant, cinq associations étudiantes des universités de Glendon, d’Ottawa et Laurentienne, ainsi que des collèges Boréal et de la Cité collégiale. Ses activités principales sont de défendre les intérêts francophones dans l’éducation, réfléchir sur l’avenir et l’amélioration de celle-ci et enfin de faire pression en sa faveur auprès des instances compétentes. Situation du français déplorée Le but premier de l’association est de valoriser l’éducation postsecondaire francophone en Ontario. Serge Dupuis, l’un des membres fondateurs et commissaire aux affaires universitaires de l’Association des étudiants diplômés de l’Université d’Ottawa (GSAÉD), déplore les carences en français dans les programmes des institutions ontariennes. Il dénonce le fait que des étudiants dans des programmes donnés en français n’aient accès qu’à des manuels en anglais. De plus, Dupuis ne comprend pas que, dans une province où il existe une importante communauté francophone, les programmes d’architecture et d’optométrie ne soient offerts que dans la langue de Shakespeare. Dupuis signale également les lacunes propres à l’Université d’Ottawa. Selon lui, le site web de l’Université est dans l’erreur lorsqu’on y affirme qu’il est possible de faire toutes ses études dans l’une des deux langues officielles du Canada. À ce chapitre, Dupuis souligne à nouveau que dans le cadre d’un cours en français, le matériel didactique se doive d’être disponible dans la même langue. D’autres membres fondateurs du rassemblement avancent que les évènements bilingues ne servent pas assez la cause des francophones et

suggère plutôt l’instauration d’activités en français seulement. Serge Dupuis est convaincu qu’améliorer la qualité de l’éducation francophone de la province, aura un impact décisif sur l’économie de celle-ci. Le commissaire à l’externe de la GSAÉD avance que chaque dollar investi pour l’éducation francophone rapportera beaucoup à la province puisque les diplômés francophones gagnent des salaires plus élevés que la moyenne. Lobby politique Les deux membres interrogés ont indiqué que le RAÉFBO a également pour but de faire pression sur les élus de la province afin de faire avancer la cause du français. À ce titre, leur action semble porter ses fruits, puisque le rassemblement s’est déjà entretenu avec le ministère de l’éducation de l’Ontario. Implication de la FÉUO Du côté de la Fédération étudian-

te de l’Université d’Ottawa (FÉUO), Julie Séguin, vice-présidente aux communications et responsable du dossier de la francophonie, applaudit une telle initiative de la part des étudiants francophones de la province. Comme Dupuis, Séguin fait état des lacunes en matière d’éducation francophone sur le campus. La vice-présidente aux communications plaide pour l’instauration d’un comité permanent de la francophonie au Conseil d’administration de la FÉUO, une idée proposée par Serge Miville. Elle souligne que d’avantage de travail de terrain doit être effectué pour valoriser la francophonie sur le campus. Gestion à la RAÉFBO Jusqu’à présent, la gestion du RAÉFBO s’est faite de façon horizontale et les cinq membres agissent en collégialité quant à la prise de décision. Dupuis indique qu’un exécutif pourrait être constitué en septembre prochain, à la suite de la tenue d’une assemblée générale.

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le 16 mars 2009

DOSSIER » FRANCOPHONIE VOX-POP

» Dans le cadre de notre dossier sur la francophonie à l’université, nous avons demandé à des étudiants de nous parler de leur opinion sur le bilinguisme sur le campus. Comment considèrent-ils le bilinguisme à l’Université? Ontils parfois des problèmes à se faire servir dans la langue de leur choix? Comment sont les relations entre les deux communautés? Philippe Teisceira-Lessard Amanda Keally Bilingue Je crois que l’Université est bilingue, mais qu’elle penche plus en faveur du français. Je n’ai pas vraiment de difficulté à être servie dans les deux langues, je crois que l’Université fait assez d’efforts dans ce sens.

Luc Roy Francophone Je pense qu’il y a certainement des efforts qui sont faits de la part de l’administration vers le bilinguisme. Dans les services de l’Université, la plupart des gens peut te parler en anglais et en français. Les quelques fois où je suis tombé sur quelqu’un qui ne pouvait pas s’exprimer en français, un francophone était toujours près pour venir me parler dans ma langue. Il y a certainement des progrès à faire du côté des services alimentaires.

Amkag Ali Hassan Francophone Je considère l’école comme un peu plus francophone, Il y a des étudiants qui partent de tout l’Ontario pour étudier en français, donc l’environnement est plutôt francophone. Je n’ai pas de difficultés à me faire servir en français. Lorsque je vais à la bibliothèque, par exemple, on me répond toujours « Bonjour ! ». Ce n’est pas un problème. Pour ce qui est des deux communautés, je ne vois pas vraiment de frictions, on s’entend bien.

Nancy Fung Anglophone L’Université d’Ottawa est bilingue. J’entends les gens parler français et anglais autour de moi. Je suis en sciences infirmières et les gens parlent les deux langues. Entre les deux communautés, les francophones semblent se tenir entre eux et les anglophones de leur côté.

Le campus est plutôt anglophone, en raison du fait que la plupart des gens qui étudient parle anglais, mais les services sont assez bilingues. L’Université fait beaucoup d’efforts dans ce sens. Je trouve que chaque communauté se tient de son côté, mais c’est seulement mon impression.

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Les étudiants et les gestionnaires collaborent pour offrir efficacement un service bilingue à tous les étudiants. Philippe Pépin Le bilinguisme à l’Université passe d’abord par les relations avec les étudiants. Peu de services universitaires peuvent se vanter d’avoir un lien plus direct avec la population étudiante que les services alimentaires de l’Université. En entrevue, Pascal Boyer, étudiant à l’Université et responsable des revendications du centre de bilinguisme, rapporte que le système de plaintes créé au début de l’année scolaire aurait comptabilisé une bonne dizaine de cas, ce qui est relativement élevé, selon lui, pour une première année de fonction. Cependant, il semblerait que les revendications ne sont pas restées lettres mortes au sein des compagnies privées. Les choses changent « Nous sommes conscients de la situation frustrante, la difficulté d’obtenir des services francophones dans divers kiosques alimentaires, mais nous constatons également les efforts encourageants soutenus

par le privé. Les plaintes sont de plus en plus espacées et nous avons plusieurs raisons de croire que le français est à l’horizon ! Chartwells, entre autres, a fait beaucoup, beaucoup d’efforts», lance Boyer. Le centre de bilinguisme, par ses pressions constantes, obtient de plus en plus de concessions et espère que la nouvelle clause sera aussi effective que prévu, et surtout que les manquements à celle-ci seront sanctionnés. La position des services alimentaires Mathieu Laperle, gestionnaire des services alimentaires, souligne que la progression vers un service bilingue est un processus très complexe : l’administration soutient qu’elle reçoit des plaintes concernant les deux langues. La contrainte principale à l’établissement d’un service complet bilingue serait une pénurie de main d’œuvre, souligne Laperle. « Il est certain que travailler à 8.50$ l’heure pour faire des burgers et servir les clients, ce n’est pas le travail le plus intéressant qui soit. Souvent, on doit refuser des employés très

qualifiés en raison de leur absence de bilinguisme. De plus, il y a la question des anciens sur le campus qui travaillent aujourd’hui depuis une bonne quinzaine ou vingtaine d’années et qui ne parlent pas les deux langues. Ces derniers ont leur permanence, il serait donc illogique de les congédier en raison d’un handicap linguistique… » Laperle soutient qu’il existe un système de jumelage pour les employés non bilingues : « Il y a toujours quelqu’un qui parle français, il suffit de démontrer clairement qu’on le parle : souvent nous sommes en présence de bilingues parfaits et l’on ne sait plus qui parle quelle langue.» Un partenariat efficace Tant au centre de bilinguisme que chez les contractants, on souligne que c’est par le front commun que seront surmontés les obstacles de la langue. Selon eux, il faut finalement reconnaître qu’il y a une disproportion dans le nombre de francophones et d’anglophones, et qu’il faut simplement se montrer patient avec les services alimentaires.

Université d’Ottawa

Votre opinion

compte! Ryan Gannon Anglophone Je dirais que l’Université est bilingue. Je n’utilise pas souvent les services de l’Université, donc je n’ai pas vraiment d’expérience sur ce point, mais je crois que beaucoup d’efforts sont faits. Je ne vois pas non plus de tensions entre les deux groupes linguistiques, l’ambiance est plutôt paisible.

Jeanne Campeau-Devlin Francophone

Manger en français

Vous serez peut-être invité à participer au sondage annuel de l’Université sur les services alimentaires, du 9 au 20 mars 2009. Cela nous permettra de mieux connaître votre satisfaction concernant l’ensemble des services disponibles sur le campus. Merci de votre collaboration.

Plusieurs prix à gagner!

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le 16 mars 2009

DOSSIER » FRANCOPHONIE

Un Conseil d’administration problématique Qu’en est-il de la francophonie à la Fédération étudiante ? Mathieu Gohier Alors que les membres de l’exécutif de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) doivent être bilingues, les membres du Conseil d’administration (CA), la plus haute instance de la Fédération, n’ont pas à être en mesure de s’exprimer dans les deux langues. En cette Semaine de la francophonie, plusieurs questions restent en suspens quant à la situation du français au sein des instances de la FÉUO. Des solutions sont promises depuis déjà un certain temps dans ce dossier, mais les gestes tardent à apparaître. De cette situation découle le fait que les réunions du CA se font majoritairement dans la langue de Shakespeare. Julie Séguin, v-p aux communications de la FÉUO et responsable du dossier de la francophonie, admet que, même si les réunions mensuelles du CA peuvent être bilingues, celles-ci se déroulent majoritairement en anglais. Séguin se dit mal à l’aise avec cette situation et souhaiterait rendre bilingues les rencontres de l’instance. À cet égard, la vice-présidente aux communications a proposé un système de traduction simultanée et souhaiterait mettre en place un comité de la francophonie et du bilinguisme.

font toutefois en français et des motions dans cette même langue sont proposées aux membres du Conseil. Cela affecte-t-il la compréhension des membres unilingues anglophones ? Faris Lehn, représentant de la Faculté des sciences sociales et anglophone unilingue, admet également que les réunions se font majoritairement en anglais, mais que la plupart du temps, lui et ses collègues arrivent à comprendre les motions présentées en français si celles-ci ont été annoncées à l’avance. Dans le cas de motions présentées sans préavis, Lehn reconnaît que des clarifications sont demandées de la part des représentants anglophones. Séguin affirme aussi que certains

membres du CA peuvent éprouver des difficultés lorsque les débats se font en français. De chaque côté, on avance que dans de telles situations, d’autres membres du Conseil ou des amis peuvent traduire pour les unilingues anglophones les discussions entreprises en français, sans perturber la continuation de la réunion. Des solutions avancées Afin d’alléger les longues réunions, plusieurs options ont été avancées. Celle d’un système de traduction simultanée semble la plus perfectionnée, mais son coût est important. Selon Séguin, la location d’un tel système coûterait environ 3000

dollars par réunion, soit 36 000 pour l’année. Pour Séguin, cette option est loin d’être la meilleure, vu son prix. Lehn, quant à lui, apprécie cette idée mais dit comprendre qu’à 36 000 dollars par année, la FÉUO a d’autres priorités à remplir. La v-p aux communications dit avoir évalué l’idée d’embaucher des professionnels de la traduction venant de ce département de l’Université, mais là, encore, les coûts s’avéreraient trop élevés pour le budget de la FÉUO. En dernier recours, Séguin propose que des étudiants employés par la FÉUO se relaient durant les réunions du CA pour transcrire simultanément les discussions sur ordinateur afin de les exposer à l’aide d’un projecteur.

Imposer le bilinguisme ? Alors que Séguin se dit en faveur d’un CA dans lequel les participants doivent être bilingues, Lehn est plus tiède à cette idée. Il comprend qu’en fonction de son rôle crucial, le CA doit être accessible à tous et qu’une majorité de discussions en anglais n’est pas l’idéal pour les francophones. Il n’est toutefois pas convaincu qu’imposer le bilinguisme soit la meilleure solution puisque, selon lui, une telle mesure pourrait décourager certains étudiants anglophones de siéger au CA, ce qui priverait ainsi cette instance d’un nombre appréciable de candidatures de qualité.

Déroulement des réunions Si la majorité de la réunion se déroule en anglais, certains débats se

AVIS IMPORTANT Les Publications La Rotonde inc. tiendront leur toute première Assemblée générale Ouverte à tous les étudiants Mardi le 31 mars à compter de 17h30 À l’auditorium des Anciens Toutes les motions doivent être soumises avant le 29 mars Veuillez nous faire parvenir toute demande d’accomodement avant le 21 mars - aga@larotonde.ca Pour plus d’information, consultez le www.larotonde.ca

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Université d’Ottawa

Journée internationale de la

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Dany Laferrière Le Collège des chaires de recherche sur la francophonie canadienne de l’Université d’Ottawa est fier de souligner la Journée internationale de la Francophonie en présentant une conférence intitulée :

Photo: Éléanor Le Gresley

« Je suis un écrivain japonais » Le vendredi 20 mars 2009 à 14 h 30 Salle Académique, Département de théâtre 133, rue Séraphin-Marion, Ottawa Cette conférence est ouverte à tous et sera suivie d’une réception. Inscrivez-vous en ligne à www.arts.uOttawa.ca/rsvp ou téléphonez au 613-562-5800, poste 1097 Renseignements : 613-562-5800, poste 1267

Nos partenaires à l’Université d’Ottawa

Ambassade de France au Canada

Faculté des arts Département de théâtre Faculté des sciences sociales Institut d’études canadiennes Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM)


Arts et Culture le 16 mars 2009

Sonia Noreau culture@larotonde.ca

COMPÉTITION

¡Vive la danse !

Nedggy Mauricin, journaliste de La Rotonde, a assisté à la demi-finale de la compétition de danse de notre campus et nous donne ses impressions.

Photos Mathieu Langlois

Cris d’encouragement et enthousiasme ont accompagné les performances des divers artistes qui se sont livrés au jugement des jurys. Les six groupes de danseurs qui étaient présents passeront en finale, qui aura lieu le 24 mars prochain. Plus de photos sur Le Photoblogue de La Rotonde. (www.lephotoblogue.blogspot.com) Nedggy Mauricin

C

’est dans une atmosphère de compétition et de fébrilité que se disputait la demi-finale de la compétition de danse, mardi soir, au Centre universitaire. Les animateurs de cette compétition étaient Joël Larose, v-p aux affaires sociales, et Rexy Rolle, étudiante en communication. Le jury était composé de quatre filles, dont Julie Séguin, v-p aux communications, et Kemi Adekoya, coordonatrice de la relation avec la communauté. Elles devaient baser leurs commentaires sur quatre critères : l’aspect technique de la danse, l’originalité, le style et, enfin, le soutien du public.

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Diversification des performances Cette compétition était composée de six différents numéros. Malheureusement, il y a eu quatre groupes absents, ce qui a entraîné leur disqualification de la compétition. Les six groupes de danseurs qui étaient présents passeront donc directement à la finale, qui aura lieu le 24 mars prochain. Dans cette compétition, il y avait beaucoup de variété, tant au niveau des styles, qu’au niveau de la présentation. On y retrouvait deux solistes : Caroline Nikanza, qui faisait du hip-hop, et une danseuse de ballet et danse moderne, Jan Van Royen. De plus, il y avait le groupe de danse folklorique du Venezuela de Pedro Diaz. Finalment, il ne faut

pas oublier le groupe de danseur hip-hop nommé « Dy-Verse » et les groupes de break dancers b-boys, Illest Boys et One Funky Root. Tous ces groupes ont fait preuve d’originalité dans leurs chorégraphies diversifiées. Durant les performances de chacun, on pouvait ressentir leur passion pour la danse. On pouvait constater qu’ils avaient mis beaucoup de temps à monter de telles chorégraphies. Cette compétition était d’une grande intensité, car, dans le public, on entendait des cris d’encouragement et on pouvait ressentir la joie et l’étonnement des spectateurs lorsque, par exemple les b-boys faisaient des flips ou des mouvements totalement « fous ». Passant d’une émotion à l’autre, le public était très attentif et même silencieux afin de ne pas manquer un seul moment des prestations.

Les commentaires des juges manquaient parfois de construction et l’on pouvait sentir l’hésitation des juges à donner leur opinion. Néanmoins, elles étaient éblouies et impressionnées par le talent que ces jeunes danseurs possèdent.

Pour ce qui est des deux numéros de hip-hop, ils dégageaient beaucoup de vivacité, d’énergie, de rythme et de caractère, ce qui donnait de la vie à ces deux performances. Les break dancers étaient énergiques et incorporaient le public à leur prestation en les faisant taper des mains.

La danse Le talent Les performances étaient pour la plupart bien exécutées. À quelques moments, certaines prestations incluaient une dimension humoristique. Aussi, les costumes des danseurs folkloriques étaient éblouissants et très colorés. La danseuse de ballet était gracieuse, mais il lui manquait d’espace et la prestation « était trop courte », comme l’a dit l’une des juges, ce qui n’enlève rien de la beauté de sa performance.

Enfin, la durée de la compétition était un peu courte. L’audience aurait voulu en voir un peu plus. Toutefois, ces danseurs ont beaucoup de talent, ce qui se voyait et se ressentait lorsqu’ils mettaient les pieds sur scène. Ces jeunes ont voulu partager avec la communauté universitaire leur passion pour la danse tout en le faisant avec professionnalisme et plaisir.

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Arts et Culture

le 16 mars 2009

CRITIQUE » THÉÂTRE

Le Dragon bleu

Il y a eu le théâtre traditionnel, puis l’avènement du cinéma. Aujourd’hui, c’est l’ère Lepage. Corinne Lalonde, journaliste à La Rotonde, donne ses impresssions de la nouvelle pièce de Robert Lepage, Le ragon bleu. Le Dragon bleu, épisode connexe de la Trilogie des dragons de Robert Lepage, relate l’histoire de Pierre Lamontagne, exilé en Chine pour mettre son talent au service de ce pays en exposant les œuvres de Xiao Ling, une jeune fille avec qui il a une liaison. Une ancienne conquête, Claire, est de passage en Chine pour adopter un enfant et lui rend visite pour quelques jours. Un triangle amoureux et passionnel s’ensuit, dans lequel les secrets et les demi-vérités créent des situations tendues ou cocasses. Lepage, metteur en scène L’histoire, quoique plutôt simple, est accompagnée d’une mise en scène à la limite entre la proximité des acteurs du théâtre traditionnel et le réalisme tangible du cinéma. Cette pièce, présentée en français, mais truffée de passages en chinois et en anglais, est sous-titrée en français – ne serait-ce qu’en raison des caméras qui sont si absentes qu’on se croirait sur un plateau de tournage ! Lepage transporte son public tantôt dans un loft de Shanghai, tantôt dans une station de train ou un aéroport. À la manière du cinéma hollywoodien, le spectateur a la chance d’admirer un train qui traverse les plaines, de se retrouver plusieurs milliers de mètres dans les airs en avion, ou de sentir le vent du fleuve Yangtsé sur le pont d’un paquebot. Les personnages empruntent aussi le vélo et font la course dans la ville en admirant les gratte-ciel. D’un génie remarquable, la scène est divisée en vignettes et

Courtoisie CNA

chaque scène, parlante comme musicale, se déroule à la façon d’une bande dessinée. Il s’agit là d’un clin d’œil réussi à Hergé, créateur de Tintin, et son histoire intitulée Le Lotus bleu. Lepage, auteur Bien loin d’être une œuvre grandiloquente par les textes élaborés et recherchés qu’elle présente, la pièce parle plus par la mise en scène que par les dialogues qu’elle utilise. En peu de mots, Lepage raconte une petite histoire rafraîchissante, juste à temps pour le printemps. À prime abord, il s’agit d’une histoire de cœur. La pièce ressemble vaguement à un soap américain avec les rebondissements qu’on leur connaît. Les liens qu’a faits l’auteur entre la Chine actuelle et la pièce sont subtils et plutôt stéréotypés : une jeune Chinoise effectue une

danse traditionnelle et une autre contemporaine, les personnages se baladent à vélo dans la ville, on aborde le cas des pandas… Bref, Lepage a fait mention de tout ce qu’évoque la Chine pour la majorité, sans approfondir le sujet davantage. Il a affirmé dans de nombreuses entrevues vouloir mieux expliquer le Québec d’aujourd’hui en passant par la Chine. Certes, le passage sur l’adoption ratée fait mention du mythe de la « petite Chinoise virtuose » qui « s’intègre bien dans la société québécoise », écorchant la xénophobie qui existe chez plus d’un. Le lien entre le titre de la pièce et celle-ci n’est pas non plus clairement explicite. Le Dragon bleu, associé à l’hiver, se manifeste par la foudre et représente la mort et la renaissance. Celui-ci est bien représenté par les effets visuels et sonores de la mise en scène, qui recrée des orages ou une tempête de neige, mais les écrits de

Courtoisie CNA

la pièce ne rendent pas justice à sa symbolique mythique. Il s’agit plus du questionnement des personnages face à leur destinée que de leur renaissance, symbolique ou spirituelle. De façon générale, Robert Lepage fait du théâtre un chef-d’œuvre visuel à ne pas manquer, quel que soit le thème de ses pièces. Pour les amateurs de petits tourments, de

questionnements nonrésolus et de pièces légères, Le Dragon bleu est tout indiqué. La pièce Le Dragon bleu de Robert Lepage est présentée au Théâtre français du Centre national des Arts du 10 au 14 mars 2009 à 19h30 et au Théâtre anglais du 25 mars au 11 avril 2009.

CRITIQUE DE SPECTACLE

» Malajube

À la hauteur Véronique Strasbourg Ce vendredi 13 et le froid qui est venu avec lui n’ont pas découragé les fans de faire la file au Babylon, à Ottawa, afin d’assister au spectacle de Malajube. Le groupe montréalais venait faire son tour dans la région afin de présenter les nouvelles pièces de son disque le plus récent, Labyrinthes. Les frères Mineau et leurs deux acolytes, Thomas Augustin et Mathieu Cournoyer, n’ont sûrement déçu personne en offrant une performance solide du début à la fin. La tournée a débuté il y a plus ou moins trois semaines, donc le quatuor ne fera que peaufiner son matériel dans les prochains mois, mais imaginer que la prestation pourrait être encore plus extatique donne envie de retourner les voir en fin de

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périple. De l’indie-rock qui vous prend à la gorge et aux tripes, voilà comment pourrait se résumer cette soirée. Malgré le fait que le son était pitoyable et trop fort (dû à la salle et non au groupe), les pièces ont pris tout leur sens en version live. 333, Les Collemboles, Cristobald, Ursuline, toutes ces nouvelles chansons ont fait décoller de terre l’auditoire qui avait des fourmis dans les jambes, fixant, tout sourire, la formation, visiblement heureux de voir Malajube. Bien sûr, le dernier album, Trompe l’œil, n’a pas été écarté : Montréal -40, Étienne D’Août et Le Métronome ont été interprétées. Deux groupes ont servi d’introduction à Malajube. City of a hundred spires, qui vient de la région, a été une belle et intéressante décou-

Photo Sonia Noreau

City of hundred spires et Young Galaxy ont précédé le spectacle de Malajube (ci-dessus), la semaine dernière. verte. Sa musique avait des effluves du groupe principal de la soirée, version instrumentale. Ensuite, Young Galaxy a pris à son tour la scène. La première impression : un groupe

au style emo qui fait du rock « correct ». Plus la performance avançait, plus les gens allaient s’abreuver au bar. Il leur manquait un je-ne-saisquoi pour attirer notre attention, le

public s’impatientait dans l’attente de Malajube. Finalement, un disque de Malajube, c’est bien, mais un show, c’est mieux !

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Arts et Culture

le 16 mars 2009

DÉPARTEMENT DE THÉÂTRE : 1979-2009

Tracé historique et regard vers l’avenir d’un département aux succès multiples, mais peut-être trop mal connu de sa communauté universitaire.

30 ans sur les planches Caroline Lester

Les études théâtrales de l’Université ont passé par plusieurs étapes avant leur forme actuelle. Hedwige et Jean Herbiet en ont donné le coup d’envoi dans les années 1950 en apportant du théâtre au département des lettres françaises et en cofondant la première compagnie de théâtre de l’Université : la Comédie des Deux Rives. Avec les années, ces études prennent progressivement de l’ampleur avant de devenir enfin un département à part entière en 1979, non sans heurts. Le professeur Tibor Egervari, actuel professeur émérite et premier directeur du département, affirme que ce dernier doit surtout sa survie à une réflexion qui leur a permis de trouver un équilibre qui lui soit propre entre l’enseignement du style conservatoire et les explorations théoriques du milieu universitaire. Réflexion qui a porté ses fruits, puisque, du côté des étudiants, l’appréciation est unanime. « J’ai l’impression qu’en sortant d’ici, je vais être davantage capable de me

trouver un emploi que si j’étais à Montréal, en jeu », renchérit Frédéric Jobin, étudiant de quatrième année. Un succès dépassant toute attente

Avec des programmes très en demande au bac et au deuxième cycle, demeure toutefois le défi du personnel de soutien pour accommoder une population étudiante qui a triplé entre 1993 et 2009. Ce succès fait bien évidemment des émules: « On donne réellement une visibilité nationale en français à l’Université à travers nos finissants et les activités de nos profs », soutient Joël Beddows, professeur de ce département. Malgré cela, certains étudiants déplorent le quasi-anonymat du département sur le campus. Pour sa part, Beddows n’y voit aucune contradiction : «Comme le milieu professionnel a beaucoup de travail à faire pour augmenter la visibilité du théâtre dans la société, nous avons un travail à faire sur le campus, absolument ». Margaret Coderre-Williams,

La pièce : Georges Dandin (1965) photographe : François Rouleau

directrice depuis plus de 15 ans, souligne aussi sa fierté de la place du bilinguisme au département, place constamment soutenue par l’engagement de son corps professoral.

Pièce : Qui qui l’a marié c’t’elle là (1979) photographe : Ron Mackenzie

Bilinguisme : perceptions partagées Si, au niveau institutionnel, les deux communautés linguistiques sont très bien servies et les échanges entre elles sont fortement encouragés, une division demeure, selon certains étudiants. Jane Van Rooyen, membre de l’exécutif de Thespis, l’association étudiante du département, affirme que « cette année, l’association essaie vraiment de pousser la participation des francophones à l’exécutif pour avoir un groupe plus diversifié », dans l’espoir de créer une plus grande cohésion. Et maintenant ? Malgré le besoin de consolider ses avancées considérables, le département a toujours de très grandes am-

Pièce : Le procès (1988) photographe : Marie St-Jean

bitions ; un nouveau programme concentré sur le jeu au niveau du bac et, surtout, de nouvelles infrastructures, incluant idéalement un nouveau studio. « Au 2e étage, il y a une photo où l’on voit Annick Léger quand elle était étudiante ici, c’est-à-dire il y a au moins 20 ans, et ce sont les mêmes

chaises qu’on a actuellement », lance en riant Frédéric Jobin. Si le besoin se fait de plus en plus pressant, rappelons que le statut de patrimoine historique de la Salle académique ne rendra pas la tâche facile à l’Université en ce qui concerne les rénovations majeures.

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P le 16 mars 2009

Parlez-vous québécois ? Sonia Noreau

endant cette semaine de la francophonie, Serge Miville, Franco-Ontarien, et Sonia Noreau, Québécoise, vous livrent leurs impressions respectives sur la langue.

Portrait du Franco-Ontarien L’homme invisible – The Invisible Man

Serge Mivillle

Plusieurs d’entre vous connaissent certainement des Franco-Ontariens. Ces derniers, francophones de l’Ontario, sont souvent pris entre l’arbre et l’écorce, entre le Québec et le Canada, entre leurs origines culturelles et leur réalité et leur dynamique contemporaine, entre l’histoire et la modernité. Le Franco-Ontarien est invisible, comme dit le titre de l’œuvre poétique de Patrice Desbiens L’homme invisible – The Invisible Man, publié aux éditions Prise de parole en 1981. Il est, en quelque sorte, anglo-saxon d’origine canadienne-française. C’est un hybride, c’est un Américain du Canada dont le français, plutôt la langue que la culture, fait partie de son identité, de sa fierté nationale. Il est bilingue, tant en identité que dans sa syntaxe et son vocabulaire. Mis aux oubliettes, il est parfois ridiculisé et marginalisé par ses confrères québécois. Souvent, il est bilingue, donc il ne fait pas tout un cas si les gens ne lui parlent pas en français ; il comprend l’anglais. Le Franco-Ontarien retourne (ou artourne) back à la maison, espéciallement après qu’y-a travaillé un long shift dans l’moulin à papier, pour ouatcher un movie à cause y-a rein d’bon s’a TV assoire. Il mixe l’anglais pis l’français. Y-a scoré un goal avec un slapshot dans l’nette et le goalie n’avait pas de chance durant la game d’hockey hier. C’t’un bonhomme qu’y-er fier pis qu’y-er capable de ben travailler. Des fois, il dira « De

assez weird. Y s’promène en ski-doo pis en troque, pis y’aime pas dealer avec le monde qui sont pas corrects. Souvent, dans l’Nord, yé sans job en et passe son temps au Manpower pour s’pogner queque-chose comme contracteur. Parfois, il est fier de ses origines françaises. Il arrive souvent qu’il a des difficultés à parler un bon français. Il ne connaît pas sa culture, car il l’a remplacée, implicitement, par la force du contexte minoritaire, par la culture anglo-saxonne d’Amérique. Parfois, il a honte de parler français. Souvent, on lui reproche son accent en français, alors que son anglais est fluide. Il est tellement bien intégré, qu’il ne se ghettoïse pas, au contraire, il achète une grande maison à Kanata et sa communauté devient de plus en plus éclatée, à un point tel que l’ancienne cohésion sociale s’effondre. Le Franco-Ontarien est invisible et l’on agit ainsi en sa présence. On refuse de l’accepter comme il est, on s’abstient de comprendre son contexte. On considère comme acquis que, de toute façon, y’é rien qu’un assimilé. Pourtant, il existe de la culture, de la musique, du théâtre, de la littérature, une histoire. Malheureusement pour l’Homme invisible, personne ne le connaît, personne ne le perçoit. Il est trop ontarien pour être québécois et trop français pour être canadien anglais. C’est un bilingue et il fond dans la mer, sans territoire et sans pays, sans lieu et sans assises. N. B. Certains mots sont tirés directement de mon enfance dans le Nord de l’Ontario. La syntaxe est parfois modifiée et le vocabulaire souvent anglicisé afin de mieux comprendre la dynamique culturelle du milieu minoritaire. Ces particularités linguistiques sont notées par des italiques.

Lexique de quelques mots :

dit

quoi qu’tu parles de toé ? » après q u e quelqu’un une histoire

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Assoire : Ce soir Espéciallement : Particulièrement, précisément Contracteur : Sous-traitant Manpower : Bureau de l’emploi Ouatcher : Regarder, visionner, guetter (ouatche-la elle) S’a : Sur la, à la Toé : Toi Troque : Camion

Thierry Ardisson dit débander en entendant l’accent québécois, le tabarbak! Considéré à tort comme un accent un peu folklorique, amusant et voir carrément désagréable par certains imbéciles impuissants, la langue des Québécois est sousestimée. Rien n’est plus politique au Québec que la langue et, au-delà du politique, elle est aussi l’objet d’une grande beauté. Trop souvent, elle est perçue comme du mauvais français parsemé d’anglicismes. Au contraire, elle est une partie vivante et vibrante de la culture québécoise. Gaston Miron, qui restera le plus grand poète québécois de tous les temps, peu importe qui reste à naître, partageait ses observations d’une très grande justesse sur la langue québécoise dans la revue Maintenant, en 1973 : « Il existe bien sûr une langue québécoise. Cette désignation est même importante dans l’affirmation de notre identité, notre différence au monde…(mais)… elle demeure dans la famille du français… Il n’y a pas de difficulté insurmontable de compréhension entre un Français et un Québécois ». Même si certains sont prêts à accorder un statut spécial au québécois, qui irait plus loin que le statut qu’on réserve aux accents

folkloriques, on continue à considérer le québécois comme une sous-forme de français et à percevoir négativement ceux qui le parlent. Dans le même texte, Gaston Miron rend bien compte de la situation des Québécois « devenus étrangers à leur propre langue ». « Nous sommes aux prises avec un idiome perçu comme prestigieux (l’anglais), mais à l’intérieur même des dialectes québécois et français, certains voudraient même nous faire adhérer à un dialecte lui aussi perçu comme prestigieux : le français international. » Denise Deshaies et Diane Vincent, auteures du livre Discours et construction identitaires, ont étudié la grande variation linguistique qui est apparue dans les zones francophones à l’extérieur de la France. C’est le linguiste Franz Joseph Haussman qui, en 1986, rehaussa le québécois au même rang que le français parlé en France en proposant que cesse cette idée que la langue québécoise ne serait qu’une spécificité régionale. Difficile de ne pas lui donner raison lorsqu’il affirme que l’on ne peut pas assigner au Québec, à la Belgique et au Sénégal le même statut linguistique qu’à l’ouest de la France. Sans nécessairement vouloir couper les liens avec les autres fran-

Arts et Culture cophones, la langue québécoise découlant évidemment du français et étant comprise par tous les francophones, les auteures de Discours et constructions identitaires proposent une instrumentalisation de la langue et croient qu’ « il existe au Québec un usage soigné, c’est-à-dire une infranorme… Depuis, les Québécois sont arrivés au point où, possédant l’ensemble de leur langue, ils doivent maintenant procéder à la description de leur usage, et surtout de leur usage standard… Comme étape subséquente que cette hiérarchie des usages, comprenant le français québécois standard, soit respectée et diffusée ». Étant donné le niveau d’évolution de la langue québécoise, il est nécessaire de l’instrumenter à travers des normes officielles qui répondent à la réalité québécoise pour que cesse ce mouvement d’auto-négation national. La langue québécoise restera toujours un outil créatif de la beauté. Cette splendeur est indéniable dans les textes de Richard Desjardins, de Loco Locass ou encore dans la poésie des textes de Réjean Ducharme.

L’Artiste-Étudiant

Des dessins d’enfant qui en disent long

Les artistes sont partout. La Rotonde vous fait découvrir ceux de notre campus.

Photo Saeed Salehi

Sonia Noreau Depuis quelques jours, des dessins d’enfants sont venus teinter le Nostalgica du parfum doux et heureux de l’enfance. Ramenés à cette période lointaine, les étudiants ayant eu la chance d’avoir vu les œuvres de Saeed Salehi, l’artiste étudiant de cette semaine, se sont sûrement demandé pourquoi on avait décidé de leur présenter des dessins d’enfants et non pas ses œuvres plus récentes. L’enfant À cette question, Saeed Salehi a répondu que c’était parce qu’il préférait les dessins de son enfance à ses œuvres récentes. Il explique qu’en fait, ces dessins colorés matérialisent sa personnalité profonde ,puisqu’ils représentent tous des

événements réels tirés de son enfance. Son inspiration de l’époque venait des nouvelles, de la télévision, des parties de soccer auxquelles il assistait. Bien que certaines oeuvres représentent la vision qu’il avait de la guerre dans laquelle il a vécu, Saeed Salehi a tenu à préciser que sa présente exposition n’a aucune visée politique. Par cette exposition, Saeed Salehi voulait exprimer la vision qu’a un enfant du monde. La compréhension juvénile de ce qui entoure l’enfant n’est pas faussée par les inquiétudes de l’âge adulte. « Les enfants voient les choses comme elles le sont vraiment, lorsqu’ils grandissent, les gens perdent l’enfant en eux». Par conséquent, ils perdent cette vision du monde si chère à l’artiste de la semaine. L’ingénieur Saeed n’a pas qu’une seule passion: «Pour être un artiste complet, il faut faire autre chose que de l’art». Cette idée vient de l’un de ses anciens professeurs d’arts plastiques qui lui a dit que pour être un peintre, il faut avoir beaucoup de connaissances. Saeed Salehi a confié à La Rotonde que ce conseil a eu beaucoup d’impact sur lui et que c’est ce qui l’a poussé à vouloir en apprendre le plus possible sur le plus grand nombre de sujets possible. Cet artiste à l’esprit

curieux, pour qui l’apprentissage ne saurait avoir de limite, prépare actuellement son doctorat en génie. Bien qu’il ait choisi un domaine très loin des arts, il n’a toutefois jamais perdu l’art de vue. Saeed se passionne pour les mathématiques et le génie tout en continuant de « créer à l’intérieur ». Léonard de Vinci On comprend mieux alors pourquoi son artiste préféré est Léonard de Vinci, qui était lui aussi ingénieur. Les œuvres de Léonard de Vinci auraient-elles été aussi «complètes» si ce dernier ne s’était pas intéressé à la médecine, la philosophie, l’anatomie ? Chose certaine, Saeed Salehi ne se contente pas d’une seule passion. Ses œuvres plus récentes, que vous pouvez consulter sur www.saeedsalehi.com, témoignent bien de ce souci de connaissances pluridisciplinaires. Le campus n’est pas pour lui une source d’inspiration, il puise ses idées à l’intérieur de lui-même. De nos jours, il préfère traiter de sujets liés à la spiritualité qu’aux réalités concrètes. Vous pourrez en apprendre plus sur cet artiste en visitant sa prochaine exposition à l’hôtel Minto en juillet et août prochain, au 185 Lyon, ici-même, à Ottawa. Cette exposition portera sur la poésie, les souvenirs et la culture perse.

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Arts et Culture Préface

le 16 mars 2009

Calendrier – Arts et Culture

L’art du capitalisme

Sonia Noreau, Chef de pupitre Arts et culture

A

vec parfois jusqu’à deux emplois à la fois, cinq cours et rarement plus de six heures de sommeil par nuit, nous, étudiants normaux, ne jouissons pas nécessairement, malgré notre éducation de niveau universitaire de la liberté nécessaire pour poser un regard critique sur notre monde. Avouonsle, avec toutes les obligations qui nous pèsent et les aliénations auto imposées des surmoi étouffants si typiques chez l’Occidental moyen, nous devons bien faire rire les chats d’appartement qui sont plus libres que nous! Alors que doit-on penser de l’artiste qui met son talent, son âme et sa raison de vivre au service d’une compagnie. Se joue-t-il, lui aussi, de notre manque d’éveil quotidien en se mettant ainsi au service de la valse capitaliste qui réussit à étourdir, avec ses publicités de couleurs viveset ses slogans trop simples les plus solides d’entre nous? Il y a longtemps que les artistes se plient aux demandes de celui qui les paye pour user de leurs talents. Après tout, lorsqu’on voit l’œuvre d’un grand maître qui a été commandée par un mécène, on ne se dit pas « haaaaaa, voici une œuvre pervertie par le capitalisme ». Il n’y

a pas vraiment de différence et s’en formaliser tiendrait alors de la vulgarité. Alors d’où vient ce dégoût ressenti devant les publicités? La grande question Qui se joue de qui? Est-ce l’art qui vainc le capitalisme ou le capitalisme qui vainc l’art? Doit-on voir les publicités comme l’assurance de l’immortalité de l’art ou bien la compromission de ce dernier, qui se voit violé au nom des intérêts des puissants? Un poète qui trouve des slogans pour Desjardins, un musicien qui compose une petite musique entraînante pour vendre du papier de toilette, un écrivain qui fait du journalisme… ces gens font-ils encore de l’art? Doit-on se couper du monde et se plonger dans la création autiste d’une œuvre en se déconnectant complètement de l’époque dans laquelle on vit pour être un artiste? Tout ce qu’un artiste fait est-il de l’art? Est-ce une question de volonté, de qualité? Penchons-nous sur notre environnement immédiat : les publicités de l’Université qui mêlent politique et commerce à l’art. Lorsque l’on voit la une de magazine Tabaret intitulée Allan Rock : cap sur l’avenir

personne, ne se dit en voyant les photos: haaaaa de l’art. Vous savez cette photo d’Allan Rock, je-faisdu-foot-avec-des-jeunes-je-suis-lun-d-entre-vous-et-je-suis-un-amipersonnel-de-john-lennon, ne passe pas immédiatement pour de l’art. Pourtant d’un point de vue purement technique… elles sont bien prises, elles sont belles. Le même raisonnement s’applique aux publicités que l’Université fait à l’externe. Les mots « ça commence ici », qui se promènent fièrement derrière les autobus, est-ce de la poésie? L’art s’oxyderait-il au contact de la politique et du commerce, comme le fait le cuivre du toit du Parlement? Non, je crois que tout artiste a fondamentalement le droit de vivre de son art. Mais alors il met ce dernier au service de la publicité et de la promotion politique. Est-ce immoral… non. Son travail demeure-t-il de l’art? hum…. il est difficile de le dire car la publicité n’a jamais été aussi présente (zut… il y a quand même dans les toilettes) et qu’étant si envahis par la publicité, il nous est difficile de prendre le recul nécessaire pour évaluer la situation. Mais une question demeure: le capitalisme et l’art seraient-ils compatibles?

THÉÂTRE

MUSIQUE

Le dragon bleu Quand ? Du 10 au 14 mars à 19h30 Où ? Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa

Catherine Major Quand ? Le 13 mars à 20h Où ? Salle Jean-Despréz, 25, rue Laurier, Gatineau (secteur Hull)

ARTS VISUELS Démocratie, terrorisme, loisirs d’Afshin Matlabi Quand ? Du 6 mars au 10 avril 2009 Où ? Galerie 101, 301 ½, rue Bank, Ottawa

Malajube et Young Galaxy Quand ? Le 13 mars à 21h Où ? Babylon, Les Cowboys Fringants Quand ? Les 13 et 14 mars à 20h Où ? Salle Odyssée, 855, boulevard de la Gappe, Gatineau

President’s

Festival du film de l’Outaouais Quand ? Du 12 au 20 mars Où ? Divers endroits Infos supplémentaires : www. offestival.com

AUTRES Conférence de Stéphane-Albert Boulais : Le cinéma québécois de 1950 à nos jours Quand ? Le 10 mars de 19h à 20h30 Où ? Maison du citoyen, 25, rue Laurier, Gatineau (secteur Hull)

Global knowledge. Local learning. Cinéclub Francophone présente SUR LE CAMPUS

« La vie devant soi » Quand ? Le 12 mars à 19h30 Où ? Pavillon Fauteux, Pièce 413

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du recteur

Les idées vous fascinent?

L’univers du savoir à votre portée

Venez donc assister gratuitement aux conférences publiques de l’Université d’Ottawa! L’Université d’Ottawa lance avec fierté les Conférences du recteur, une série de quatre conférences captivantes présentées par des gens de chez nous sur divers sujets. Par l’actualité de l’information et les idées véhiculées, ces rencontres seront une tribune idéale pour élargir les horizons et remettre certaines hypothèses en question.

Conférence inaugurale : Allan Rock, recteur de l’Université d’Ottawa

Professeure Chantal Laroche Faculté des sciences de la santé

Professeur Stewart Elgie Faculté de droit

Responsibility to Protect: a Doctrine of Humanity

L’impact du bruit sur nos vies, du berceau à la berceuse

The Wealth of Nature: Ce n’est pas une révohow fixing the economy lution que traversent can save the planet nos médias. C’est une (présentée en anglais) Web-olution.

4 mars 2009

1er avril 2009

23 septembre 2009

(présentée en anglais)

Professeur Pierre Bélanger Faculté des arts

25 novembre 2009

Toutes les conférences se dérouleront à compter de 19 h à la salle 4101 du pavillon Desmarais.

Inscrivez-vous en ligne à www.uOttawa.ca/conferencesdurecteur

Partenaires médiatiques :

Vous ne pouvez être des nôtres? Joignez-vous en direct aux discussions sur le Web!

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Sports

le 16 mars 2009

Romain Guibert Alexandre Lequin-Doré sports@larotonde.ca

Ottawa bat Ottawa

BASKET-BALL MASCULIN » NATIONAUX

Alexandre Lequin Doré

T

out semblait prêt pour un match serré entre les troisième et quatrième équipes du Canada. Ottawa avait perdu son premier match de l’année Western 73-53 et on croyait qu’ils auraient droit à une vengeance. Malheureusement, c’est tout le contraire qui s’est produit: les Gee-Gees se sont effondrés, ont paru désemparés et n’ont jamais été dans le match, qui s’est soldé par un affront de 75-48. Avec une pluie de revirements et de lancés ratés (40% de réussite des deux côtés) au premier quarttemps, le résultat s’est limité à 14-15 en faveur de Western. Mais arrivé au deuxième quarttemps, ce fut la débandade. Ottawa n’a plus joué à la hauteur d’une équipe universitaire, réussissant sept de ses 30 tirs, dont quatre sur des lancers francs. Il aura fallu neuf minutes pour enfin voir le premier panier de deux points des Gee-Gees dans ce quart-temps, marqué par le vétéran Josh Wright. Ensuite, coup de théâtre, qui résume le match du Gris et Grenat. Le grand Dax Dessureault a raté un dunk au son de la sirène de ce désastreux deuxième quart. Cette erreur sera l’élément déclencheur et symbolique de ce triste épisode, l’écart s’étant creusé de un à treize points. Au troisième quart-temps, la frustration des joueurs d’Ottawa s’est fait sentir davantage. Un des joueurs des Mustangs a fait un croc-en-jambe à Wright, et cela a engendré une faute technique qui lui a valu trois lancers francs : une chance en or de remonter la pente. Mais, encore une fois, Ottawa n’a pas su profiter de ces occasions. À la fin du troisième quart, le trou est passé à 16 points (54-38). Au dernier quart, Ottawa a joué avec l’énergie du désespoir, en vain. La défense de Western était bien unie pour contrer toutes les attaques du Gris et Grenat. Les tirs ratés se sont multipliés pour finalement avoir un match à 27 points d’écart. Probablement l’un des pires matchs jamais joués par les Gee-Gees, et certainement le pire cette année : Ottawa n’avait jamais inscrit moins que les 53 points accumulés contre ces mêmes Mustangs en lever de rideau.

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Noir et blanc « Venir et jouer en ayant perdu un match avant que celui-là commence, ce n’est pas notre équipe. Alors j’ai essayé de leur inspirer du caractère et de la motivation. » Le travail de Labentowicz a fonctionné et ses coéquipiers ont renversé la vapeur samedi, battant St. Francis Xavier 85-63. C’est avec la grise mine qu’Ottawa est entré sur le terrain contre les XMen. Les Gee-Gees ont semblé tirer une leçon de la veille : prendre son temps en attaque. En l’absence de Wright, blessé au genou, c’est la recrue Warren Ward qui est venue motiver ses coéquipiers, alignant dix des 18 premiers points de son équipe. Après avoir réussi 16 tirs en 59 occasions vendredi, le Gris et Grenat s’est repris avec 50% de réussite au premier quart-temps, pour mener 18-12. Pour démontrer que la performance de vendredi était une erreur de parcours, même si elle ne pourra pas être effacée, Da X Factor a eu tout son temps pour décoller et réussir avec vigueur le dunk qu’il avait raté contre Western. Ottawa a aussi mieux paru de l’extérieur du demi-cercle. Il avait fallu 34 minutes pour inscrire un tir de trois points la veille, et Donnie Gibson en a marqué trois en première mi-temps, dont deux consécutifs pour faire 41-24.

Puis, avec 2,2 secondes restant à jouer, Dessureault a ajouté un deuxième dunk, confirmant le revirement de situation. Avec ses 13 points, il surpassait déjà ses 12 contre les Mustangs et propulsait les Gee-Gees en avance 43-28 avant de rentrer au vestiaire. Da X Factor a continué sur sa lancée au retour. Il a réussi tout ce qui ne fonctionnait pas vendredi, tant les rebonds que les tirs dans la bouteille, marquant huit points en cinq minutes (51-37). L’écart est resté identique pendant une bonne partie du dernier quart-temps, les deux équipes convertissant à merveille leurs chances de marquer. Ward, auteur de 22 points, a continué de briller pour accroître l’avance d’Ottawa au final. Champions… de consolation Ottawa a démontré, pour une deuxième journée de suite, tout le caractère qu’elle possède pour rebondir d’une cinglante défaite. Les protégés de Deaveiro ne se sont pas laissé abattre par la déception et ont confirmé leur statut de cinquième tête de séries en battant Concordia 83-76. Les Gee-Gees ont pris tout leur temps pour se mettre au travail et on croyait qu’on assisterait à un match semblable à celui de vendredi. Les Stingers ont néanmoins rapidement perdu de leur piquant, brûlant des avances de 11-2 et 18-12. C’est encore

Photos James Park

Nemanja Baletic et Max Clarkson tentent d’obtenir un rebond contre St-FX, en demi-finale de consolation, samedi. Dax (ci-haut), a su rebondir d’une mauvaise performance contre Western, mettant 22 points à Concordia pour donner à Ottawa la 5e place du championnat national. Dax qui a remis le train sur les rails, étant l’un des grands artisans des dix points marqués sans réplique avant la fin du premier quart-temps, pour faire 22-18 en faveur d’Ottawa. Ward a continué de bien jouer, pour une recrue, et il s’est même permis un dunk spectaculaire à une main pour faire 35-30 avant la mi-temps. Le Gris et Grenat a joué avec le feu au troisième quart-temps, étant très souvent pris en défaut en défense. Concordia en a profité pour les piquer et revenir à un point derrière (50-49). C’est ce qui a forcé JGB et Ward à reprendre les rênes de l’équipe en main pour redonner

de l’air à leurs coéquipiers. Remis de sa blessure, Wright a apporté son expérience au dernier quart-temps pour fournir à Ottawa le coussin pour remporter ce match. Il a permis aux siens de forcer des revirements et de marquer des paniers faciles et sublimes en échappée, à l’image des trois layups de JGB (73-66). Avec les Stingers qui bourdonnaient en fin de partie et remontaient au tableau (75-70), Dax a terminé sa carrière en écopant d’une cinquième faute personnelle, le forçant à quitter le match, sous une ovation du public.

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Sports

le 9 mars 2009

Ottawa voit rouge HOCKEY FÉMININ

McGill défend son titre québécois face aux Gee-Gees

Photo Jessica Rose

Les Gee-Gees se sont inclinées face aux puissantes Marlets de McGill, mais seront tout de même du championnat national, la semaine prochaine. Romain Guibert Ottawa n’a pas trouvé de miracle pour venir à bout des puissantes Martlets. Les championnes nationales en titre et éternelles reines au classement Sport interuniversitaire canadien (SIC) ont décroché un quatrième titre provincial consécutif. Elles ont balayé la série en dominant les Gee-Gees 7-0, puis 7-1 dans deux matchs qui, hormis le pointage, ne peuvent être comparés. Les deux équipes seront au championnat national, à Saint Francis Xavier. Déconfiture « Je ne sais pas ce qui s’est passé, s’est interrogée Jess Audet. On peut avoir beaucoup d’excuses, mais au final, elles ont marqué des buts et pas nous. » Amputées d’Ashley Burrill et d’Alicia Blomberg, les Gee-Gees ont fait chou blanc face aux numéros un du Canada. Les Martlets l’ont

emporté 7-0 lors du premier match de la série. Ce n’était qu’une question de secondes pour que McGill brise la glace. La défenseure Cathy Chartrand, joueuse par excellence du dernier championnat national, a trompé la vigilance de Jess Audet après 52 secondes. Catherine Ward a ensuite porté un gros coup de massue au Gris et Grenat, ajoutant deux buts sans réplique. Audet, nommée dans la deuxième équipe d’étoiles québécoise, ne savait plus où donner de la tête et un tir dévié de Ward l’a finalement lobée pour faire 3-0. Les Martlets ont porté la marque à 4-0 cinq minutes avant la fin de la première période. Audet, qui avait brillé auparavant lors d’un trois contre cinq, a volé un but à Vanessa Davidson en se retournant pour capter la rondelle avec la mitaine. Pour le plus grand bien d’Ottawa, McGill a ralenti la cadence en pé-

riode médiane. La troupe de Shelley Coolidge a continué de persévérer, mais tout semblait désordonné tant le système des Martlets était infaillible et leur donnait toujours l’avantage. Encore une fois, ce n’était qu’une question de minutes avant que la superpuissance ne se remette en marche. Marie-Andrée Auger-Leclerc a décoché un tir vif dès la mise en jeu pour tromper à nouveau la cerbère ottavienne dans le haut du filet. Tout s’est écroulé pour les GeeGees par la suite. Avec 52 secondes restant à jouer, l’écart s’est creusé à six buts puis, 13 secondes plus tard, il était de sept. C’est ce qui a forcé Coolidge à retirer sa gardienne après 40 minutes de jeu. Sans être menacée, Marie-Hélène Malenfant a blanchi les Martlets en troisième période. « Jess a réalisé une saison extraordinaire, mais aujourd’hui elle a eu des ennuis, constatait Coolidge.

Quand cela arrive, les autres joueuses doivent rehausser leur jeu. Cela n’est pas arrivé. J’ai raccourci le banc en troisième période et j’aurais dû le faire plus tôt. Avec deux lignes et sans nos ‘gros noms’, on les a tenues à 0-0. Si elles prennent la décision de se présenter au prochain match, on aura la chance de rivaliser. » « J’espère qu’on va rebondir, tu ne peux pas jouer un match comme ça et ne pas réagir après », avançait Audet. Lueur d’espoir Tout ce que l’entraîneur-chef avait demandé était de fournir un effort accru et continu pour rebondir après la déconvenue de mercredi. Malgré un score peu flatteur de 7-1, le Gris et Grenat a satisfait ce souhait et a beaucoup mieux paru à Montréal que sur sa propre glace. L’hégémonie de McGill se prolonge tout de même, elles qui ont aligné

une 51e victoire d’affilée. « Il y a une différence significative [entre les deux matchs], même si la marque est presque identique. On a eu de bonnes occasions de marquer. J’ai été impressionnée par la concurrence qu’on a opposée», se réjouissait tout de même Coolidge, qui ne demandait que cela en préparation pour les Nationaux. Ottawa a tenu en échec son adversaire pendant la première moitié du match, le limitant à un but en 30 minutes de jeu. Vanessa Davidson, avec le premier de ses deux buts, a mis les rouages en marche à michemin en période médiane. Elle est venue porter le coup de grâce aux Gee-Gees en complétant son doublé, alors qu’il n’y avait que 58 secondes d’écoulées en troisième période. Amber Foster, profitant d’un avantage numérique où Ottawa a réussi à bien s’installer en zone ennemie, a été la seule à percer le mystère Charline Labonté. La gardienne de l’équipe du Canada a arrêté 25 des 26 tirs auxquels elle a fait face lors de cette série. L’indiscipline est revenue hanter le Gris et Grenat. En écopant de 22 minutes de pénalités, elles ont vu les Martlets inscrire quatre buts en supériorité numérique. « Elles ont capitalisé en profitant de nos erreurs. Quand tu leur donnes cette chance, elles prennent confiance et montent leur jeu d’un cran », constatait la pilote ottavienne. Ottawa aura maintenant quelques jours pour se préparer à sa deuxième participation de suite au tournoi national. L’an dernier, elles avaient perdu leur premier match 3-0 contre l’Alberta. Avec plus d’expérience en réserve, Coolidge a hâte d’y être, mais reconnaît que ses troupes ne seront pas au meilleur de leur forme. Audet devrait être remise de sa blessure au genou, qui a laissé la place Malenfant lors du deuxième match. La remplaçante a tout de même brillé avec 40 arrêts. Les inquiétudes sont en attaque, où Blomberg est un cas incertain, et Burrill, un élément important, voit sa saison terminée. Ce sera à Michelle Snowden, Kelsey deWit, Erika Pouliot et Kayla Hottot de mettre l’attaque d’Ottawa sur les rails et peutêtre créer une autre surprise.

La Rotonde vous réserve une surprise La Rotonde fait relâche, la semaine prochaine. Mais ce n’est que pour revenir en force. Nous serons de retour dans les présentoirs (et dans les salles de classe) le 30 mars, avec notre revue de l’année. La rédaction n’encourage ni ne soutient la lecture de La Rotonde en salle de classe. Mais on ne vous en empêche pas.

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le 9 mars 2009

VOLLEY-BALL FÉMININ

« Tout le monde vous dira qu’on n’a jamais joué à notre meilleur niveau »

L’équipe sera encore amputée

Photo Simon Cremer

Lionel Woods ne peut qu’être déçu de la performance de son équipe, qui a été éliminée en première ronde des séries ontariennes cette année.

Lionel Woods n’a pas vu son équipe passer à la vitesse supérieure et combler les attentes Romain Guibert « Le minimum pour notre équipe est devenu d’atteindre le carré d’as de l’Ontario chaque année. En termes de résultats, on voulait beaucoup plus que ce qu’on a eu. » Lionel Woods résume ainsi les attentes qu’il a envers son équipe chaque saison, et ne cache pas qu’elles n’ont pas été rencontrées cette année. La

déception est cependant nuancée. Malgré une participation aux séries éliminatoires pour une 31e fois en 32 ans, Ottawa n’a pas atteint ce dernier carré, subissant l’élimination face à Toronto lors du premier tour (3-0). Cela peut sembler décevant pour les Gee-Gees, championnes provinciales en 2007 et troisièmes en 2008. « Il y a un peu de déception. Mais

notre quart-de-finale ressemblait à un match en cinq sets. Tout ce que tu demandes, c’est que, peu importe la performance, tu donnes tout ce que tu as pour ton dernier match. Je pense qu’on l’a fait, et j’en suis fier », se réjouit tout de même le pilote ottavien. Ottawa a fini deuxième dans l’Est ontarien. Pourtant, l’équipe n’a pas fait le poids contre les grosses pointures de la province comme York et Western, étant très souvent blanchie. Il manquait donc un brin d’expérience pour pouvoir rivaliser davantage, de l’expérience perdue à la tonne l’an dernier. Christine Lamey, l’une des meilleures joueuses de l’histoire de l’Université, Laura Simons et Kirsten Brouse ont dû partir. Et à mi-chemin cette année, le Gris et

Grenat a perdu les services de Véronique Yéon, sur blessure, et Karina Schwanke, éprouvée par des problèmes de visa. Cela a rajeuni l’équipe très rapidement. Plutôt qu’un manque de maturité, ces sont surtout des lacunes en défense qui ont coulé Ottawa, selon l’entraîneur-chef. Les Gee-Gees étaient souvent mises à mal lors des premières réceptions, la cohésion en défense n’étant pas au point. « Tout le monde vous dira qu’on n’a jamais joué à notre meilleur niveau. On pensait qu’on obtiendrait plus de choses de notre jeu de passes et de notre défense. Tu pourrais compenser par l’attaque, mais on n’a pas essayé de le faire. On savait qu’on était une équipe défensive aussi, et on sait qu’on a éprouvé des difficultés dans cette aire du jeu. »

Pourtant, Woods considère avoir eu l’appui d’une des meilleures attaques du circuit. L’un des facteurs étant l’arrivée de Tess Edwards pour remplacer Simons. L’ancienne du Kentucky, dans la NCAA, a surpris son entraîneur tant elle s’est bien adaptée à l’équipe après trois ans sans jouer au poste de passeuse. Elle a récolté 62 as au service, un record de l’U d’O, et devrait recevoir une invitation pour un camp de l’équipe canadienne. « C’était comme une année recrue pour elle, cela donne le ton pour l’an prochain. J’aimerais avoir la même équipe, mais malheureusement, des joueuses graduent. On ne devrait pas être aussi grandes, mais on sera aussi athlétique et on se concentrera sur l’arrière », envisage déjà Woods. Car Ottawa subira le même sort que l’an dernier, perdant même quatre joueuses partantes. Ariane Thibault, Karine Gagnon, Véronique Yéon et Kaely Whillans ne seront pas de retour. Il s’agit de lourdes pertes. Thibault a mené au chapitre des attaques décisives (129), Gagnon, au niveau des manchettes défensives (198) et Whillans, du côté des blocs (51). Aminata Diallo devrait pouvoir tenir le fort sur l’aile gauche en lieu et place de Gagnon et Yéon, sachant qu’elle sera aussi appuyée par Schwanke. Stephanie McGuinty pourrait prendre la place de Thibault et Joanie Beauregard-Veillette veillera toujours au grain en l’absence de Whillans. Mais les performances sur le terrain sont souvent faciles à remplacer. Comme cette année, il faudra encore remplacer l’expérience humaine et le caractère avant tout. « Ce n’est pas tant le volley-ball, c’est plus le côté humain, le leadership, l’esprit de groupe. Avec ce qu’on vient d’endurer, les jeunes devraient grandir en expérience. Que tu gagnes ou non un championnat, tu apprends quelque chose. Et je pense qu’elles l’ont fait. »

Prolongation

Romain Guibert, Chef de pupitre Sports

Allez, je vous hais

B

on, tous ceux qui sont pour le respect de l’adversaire, ne lisez pas cette chronique. Je ne voudrais pas porter atteinte à vos convictions. Vous ne pourrez pas m’empêcher de profiter de cette dernière chronique. Oui, dernière: il y aura un journal dans deux semaines, mais pas de chronique. C’est triste, la vie. Comment vais-je pouvoir faire pour prendre un malin plaisir à critiquer tout ce qui bouge, désormais ? Triste. Alors voilà, aujourd’hui j’en profite pour critiquer ceux que je n’ai jamais, ou plutôt pas encore critiqués, et il n’est jamais trop tard pour le faire. Certes, ce n’est pas sain et sage de critiquer l’adversaire, parce le premier à blâmer, c’est soi-même. Et là, après la désillusion contre les Mustangs vendredi, on ne peut que se blâmer soi-même. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de Carleton à détester. Voilà qu’il faut ajouter Western. Bandes de chevaux de $%*& . Ce n’est

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pas que je n’aime pas les chevaux, loin de là. D’une parce que les Gee-Gees, ce sont des chevaux, de deux, vous ne saurez pas. Mais quand c’est trop, c’est trop. Cela fait trois fois en quatre ans que les Mustangs éliminent Ottawa en football, et là ils nous éliminent encore en basket. C’est sans compter les matchs d’ouverture des saisons de ces deux sports, aussi perdus, aussi contre ces bébêtes à quatre pattes. DOH. Western, ils ne sont pas blancs comme neige, mais ils ont le bénéfice de ne pas avoir l’air détestables – ils le sont seulement parce que je l’ai décidé. Parce que sinon, oui, il est possible d’avoir ce look détestable. Cela s’appelle être un corbeau. Et je viens de réaliser à quel point l’animal en lui-même est détestable. Si vous venez me dire que vous aimez les corbeaux… On dirait que c’est une culture, dans cette université de l’autre côté du canal. La culture d’être détestable. Non mais, vous les avez vus

gambader sur le terrain, on ne dirait même pas qu’ils s’amusent ? Quoique ce ne soit pas que sur le terrain qu’ils sont détestables, mais disons que c’est surtout sur le terrain. Il y a des personnes comme cela, vous les voyez et vous avez envie de, de… De leur demander un petit rendez-vous sympa derrière la cour d’école. Aussi sympa qu’ils sont aimables, c’est-à-dire pas du tout. Je vais finir pas conclure qu’il faut vraiment avoir l’air méchant pour gagner. Parce qu’ici, on n’est pas très méchant. Mais c’est tant mieux, parce que c’est tellement mieux de les voir rire sur le terrain et après d’aller rire avec eux. Un moins pour le SIC Le Sport interuniversitaire canadien récolte encore un moins ce week-end, gracieuseté de moi. J’avais envie d’en ajouter à un leur col-

lection. Enfin, pour une fois, je ne suis pas le seul à le penser. Tout d’abord les têtes des séries sont détestables, elles aussi. Même un enfant de cinq ans aurait pu mieux répartir le tout. Les trois équipes ontariennes sont dans le même tableau, elles qui viennent de s’affronter au championnat provincial. Avant le tournoi, les Gee-Gees ne savaient pas encore contre qui ils joueraient, mais ils étaient sûrs que ce ne serait pas contre une équipe de leur conférence. Ils auraient pu en affronter deux coup sur coup avec ce tirage. Ridicule. Ce n’est pas le pire : il n’y a pas de match pour la troisième place. Pire encore : il y a un match pour la cinquième place. En gros, on demande à une équipe qui a perdu tout espoir de remporter les grands honneurs de jouer encore deux matchs, rien que pour le plaisir de jouer. Comme si elles avaient encore envie de jouer…

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le 9 mars 2009

Tir de barrages » Nemanja Baletic

Le monde de Nemo

Pour le dernier « Tirs de barrage », La Rotonde a opté pour un athlète qui est habitué à être sous les flashes et les projecteurs. Nemanja Baletic vient donc partager ses opinions sur ses soins capillaires, ceux de Jacob Gibson-Bascombe, et sur le style de ses coéquipiers. Au passage, Kelly Weir en reprend une couche.

L’EXPRESS

Athlétisme » Une d’or Ottawa aura su rapporter une médaille d’or des championnats nationaux d’athlétisme qui avaient lieu à Windsor. Julie Tousaw a réussi l’exploit sur 600m. Les Gee-Gees ont aussi ramené trois médailles d’argent. Au classement général, les filles ont terminé 8e, alors que les hommes ont pris le 14e rang. Tousaw, avec un temps de 1:31.23, est la première athlète de l’Université à monter sur la plus haute marche du podium depuis 1999, sachant

que le programme était défunt jusqu’en 2007. Les médailles d’argent sont venues du relais 4x800m féminin (9:03.93), de Jacqueline Malette au 1500m (4:29.99), et de Tyler Fawcett au 60m haies (8.21). Les deux autres Ottaviens qualifiés pour Windsor, Christiane Lela (300m) et Michael Robertson (600m), ont fini sixième et neuvième. Romain Guibert

Photo Guy Hughes

Romain Guibert Quelle est la première personne à t’avoir appelé Nemo ? Mon ami Eddy, au secondaire. Après la sortie du film, c’était coulé dans le béton. Je n’étais pas Nemo avant. La pire prononciation que tu aies entendue de ton nom ? Probablement Djemandja Balentitch ou quelque chose du genre. En cinq secondes, peux-tu épeler Labentowicz ? L-a-b-e-n....t-o-w-i.........cz. Combien de temps cela t’a-t-il pris pour le savoir ? Presque trois ans maintenant [rires]. Peja Stojanovic t’a-t-il appelé pour te féliciter d’être recruté par Ottawa ? Non, je pense qu’il était un peu occupé avec la NBA. Mais il m’a donné une chance après. Combien de joueurs serbes dans la NBA peux-tu nommer ? Oh… Stojakovic, Jaric, Krstic, Pavlovic… Ok, ok, c’est bon. Il y en a des tas !

JGB2, Allison Forbes et Kelly Weir ont opté pour Cleveland. Dernière offre : où LeBron jouera-t-il en 2010 ? Je pense qu’il est prêt pour un échange. Les rumeurs disent New York, alors on verra. Dax a dit que c’est toi qui prenais le plus soin de toi. Combien de fois te coiffes-tu par jour ? [Rires] C’est en fonction des entraînements. Il y en a deux par jour, plus le conditionnement. Alors après chaque, douche et coiffure. Donc environ trois fois par jour. Te recoiffes-tu à la mi-temps ? Non, c’est naturel. Une fois que c’est mouillé, je les laisse. Si tu avais à poser pour des photos : Calvin Klein ou Buffalo ? J’ai déjà fait Calvin Klein, alors je vais rester avec eux. Nike ou Reebok ? Reebok. [Rires : Nemo est biaisé, c’est le commanditaire des Gee-Gees] Qui dans l’équipe ne devrait pas faire une carrière de mannequin ?David pourrait l’être. Mais

je dirais Warren Ward. Il prendrait tellement de temps avant d’être devant la caméra qu’ils abandonneraient. Qui sur l’équipe des filles devrait faire une carrière de mannequin ? Je sais que Kelly Weir aime beaucoup se faire belle. Alors... Un mot pour décrire la voix de Josh ? Aiguë. Un mot pour décrire la barbe de Josh Wright ? Rick Ross. Combien de fois Jacob a-t-il changé sa coiffure cette année ? Il a une théorie disant qu’il ne se coupe jamais les cheveux. Mais on sait tous que c’est faux. J’aime quand il a ses petits twists. Qui a le plus de style ? [Rires] À part toi... À part moi... Matt Michaud. Et le moins ? Marvin [Bazile]. Il ne s’en fait pas trop. Il est à l’aise dans tout. Un tshirt et il est prêt.

(Version française de “I Love You, Man”)

Sudoku Remplissez les cases vides pour compléter le casse-tête. Chaque chiffre de 1 à 9 doit être présent dans chaque rangée horizontale et verticale, ainsi que dans chaque section de neuf cases. La Rotonde n’est aucunement responsable de tout problème de manque d’attention de ses lecteurs en classe en raison de ce Sudoku.

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le 9 mars 2009

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Journée de la femme et féminisme : Point de vue masculin

E

n cette journée de la femme, je n’ai pu m’empêcher de réfléchir à la nécessité de la lutte féministe en 2009. Si, jusqu’à tout récemment, je croyais que tous s’accordaient pour dire que les hommes et les femmes étaient égaux quant à leurs capacités intellectuelles, j’ai constaté qu’il n’en était pas ainsi. En effet, au cours d’une discussion avec des amis, j’ai pu comprendre quelque chose qui a complètement changé ma perception du féminisme et de sa place dans notre société. La conversation a débuté de manière inoffensive avec l’expression de plusieurs opinions sur la difficulté d’un cours de philosophie universitaire. Toutefois, quand quelqu’un a mentionné qu’il croyait que les hommes seraient génétiquement prédisposés au raisonnement rationnel et que les femmes ne le seraient pas, j’ai sauté de ma chaise. Avant cette expérience, je croyais qu’au Canada, les gens ne croyaient plus que le sexe agissait comme une limite aux compétences intellectuelles. Je croyais que le mythe

de la supériorité intellectuelle masculine avait disparu à suite de la révolution sexuelle des années 60. Ce qui est encore plus alarmant est que le groupe, incluant une femme, semblait approuver ce point de vue. Après que je sois intervenu à quelques reprises pour offrir un différent

basées sur des observations personnelles pour appuyer les arguments. Une question vient donc se poser : pourquoi et comment ces jeunes personnes détenant une éducation universitaire peuvent-elles croire que les femmes, en raison de leur sexe, n’auraient pas les mêmes capacités

Une question vient donc se poser : pourquoi et comment ces jeunes personnes détenant une éducation universitaire peuvent-elles croire que les femmes, en raison de leur sexe, n’auraient pas les mêmes capacités intellectuelles que leurs confrères ? point de vue, les arguments exprimés par le groupe semblaient se ressembler. En fait, le groupe utilisait des faits pseudo-scientifiques, appuyés par des pourcentages qui semblaient être inventés et des généralisations

intellectuelles que leurs confrères ? Certains nous diront que la génétique provoque le développement d’un cerveau différent chez les deux sexes. Mais les statistiques ne mentent pas et le mythe de l’infériorité intellec-

tuelle féminine peut facilement être défait. Si cette idée semblait crédible au début du siècle, puisque très peu de femmes accédaient aux études supérieures, les données actuelles nous montrent que les femmes sont maintenant mieux intégrées dans les institutions scolaires que ne le sont les hommes. Un simple regard sur un campus universitaire nous permet de constater que les femmes ont les aptitudes suffisantes pour entreprendre des tâches intellectuelles. D’ailleurs, selon une étude de Statistiques Canada, les femmes termineraient plus fréquemment leurs études postsecondaires que les hommes. Cependant, comparer la performance académique des femmes avec celles des hommes afin de tenter de prouver les capacités intellectuelles des uns ou des autres nous mène sur une fausse piste. Ce qu’il importe de saisir est que, si un groupe social réussit mieux qu’un autre, ce n’est pas en raison d’un déterminisme biologique quelconque, mais plutôt à cause de la socialisation qui a modelé ce groupe et de la façon dont la so-

ciété est organisée et influence les individus de ce groupe à se développer. Beaucoup de travail doit être fait pour mieux conscientiser la population au potentiel de la femme et permettre à cette dernière d’accéder aux mêmes opportunités que l’homme. Jamais nous ne pourrons éliminer les inégalités entre hommes et femmes comme la violence conjugale, la sous-représentation des femmes en politique, l’inégalité salariale (qui était de 12 000$ par an en 2005, selon Statistiques Canada), si le doute persiste au sein de la population quant aux capacités intellectuelles des femmes. En cette Journée de la femme, rappelons-nous qu’il y a encore du chemin à faire pour atteindre l’égalité entre femmes et hommes et que la lutte doit commencer par s’assurer que tous adhèrent à l’idée que femmes et hommes naissent avec le même potentiel intellectuel. Mathieu Savage, étudiant à la maîtrise en sociologie

C’est avec beaucoup d’indignation et autant de surprise que nous écrivons cette lettre. Nous voulons vous lire! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à Céline Basto: redaction@larotonde.ca

redaction@larotonde.ca

C

ependant, nous avons la conviction que partager ceci est notre droit et la juste chose à faire. On se doit d’exprimer notre honte par rapport à ce qu’une récente élue des élections de 2009 a pu dire à propos des communautés noires ici, à l’Université d’Ottawa. Cet incident a eu lieu à la suite de l’audience du vendredi 6 mars dernier concernant l’appel des élections. Aminka Belvitt a été entendue, criant tout haut ce qu’elle pensait des partisans de Jean Guillaume et des autres membres de la communauté noire, notamment des membres de l’association haïtienne. Ces mêmes individus étaient, comme la plupart des gens dans la salle, venus assister à la délibération et au verdict. Les mots que mademoiselle Aminka Belvitt a utilisés n’étaient pas seulement crus et extrêmement offensants, mais visaient directement les communautés noires, et la communauté haïtienne, dont les membres étaient présents. Ces mots blessants en ont choqué plus d’un et ont provoqué beaucoup de peine. La communauté noire de l’université d’Ottawa : l’Association des étudiants haïtiens, l’Association des étudiants congolais (AECUO), l’Association de la jeunesse ouest-africaine (AJOA) et l’Association des étudiants noirs Kilimandjaro ont conjointement décidé de prendre position et de condamner ce genre

de propos et de comportement. Ces agissements surprennent énormément et prêtent à confusion en ce qui concerne les positions d’Aminka Belvitt. Pas plus tard que quelques jours avant cet incident, elle prenait la parole dans le cadre d’un atelier contre le racisme sur le campus et a fermement dénoncé les discriminations, surtout celles qui sont subies par les minorités visibles, dont elle fait partie. Il est impensable de laisser ce genre de faits se produire sans une réaction vive, tout d’abord de la part de ceux qui étaient présents, mais également de toute la communauté étudiante, qui est l’incarnation de cette institution d’éducation qu’est l’Université. Nous demandons que mademoiselle Aminka Belvitt fasse officiellement ses excuses à toute la communauté noire, qu’elle a grandement offusquée. Premièrement, c’est en étant témoins de ses mots que nous a été révélé qu’elle ne respectait pas les valeurs de justice et d’équité qu’elle semblait arborer tout au long de sa campagne et, deuxièmement, pour sa double position en tant que protagoniste du procès et tout à la fois insultante et intraitable face à toute la communauté noire. Cela a fait croire à certains qu’elle tentait de blâmer la tournure du procès sur les membres de cette dernière. Contrai-

rement à ce qu’Aminka Belvitt a proclamé, OUI, les membres de la communauté noire ont bien voté et n’ont pas pensé leur vote simplement par rapport à la « couleur du candidat » ! Son terrifiant discours, entendu par plusieurs personnes le 6 mars 2009, est un signe évident de son incompétence à pouvoir représenter les étudiants qui lui ont fait confiance et l’ont élue. Ce genre d’attitude est complètement inadmissible et affolant chez qui que ce soit, mais encore plus chez une personne en laquelle les gens ont mis leur confiance et qu’ils ont déléguée. Les membres de la communauté noire, qui ont été ébranlés par cet incident, demandent que les mesures nécessaires soient prises pour que mademoiselle Aminka Belvitt prenne conscience de la gravité de ses dires et que s’en suivent les conséquences pour que l’on s’assure que justice soit rendue à tous ceux qui ont été offensés. Association des étudiants congolais Association de la jeunesse ouest-africaine Association des étudiants haïtiens Association des étudiants noirs - Kilimandjaro Association des étudiants nigérians

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le 9 mars 2009

«Responsabilité de protéger» d’Allan Rock

D’un point à l’autre Amanda Belande

Autochtonie : être invisible et mal compris

L

e projet est mort dans l’œuf sans que l’on puisse et ethnoculturels. Je concède que plusieurs étudiants savoir ce qu’il en était vraiment. La question réfé- non-autochtones vivent probablement des situations sirendaire sur la possibilité d’établir un service de milaires. Par contre, ces groupes ont accès à plusieurs récounselling autochtone par des aînés des Premiè- seaux d’entraide et l’on doit admettre que la situation sores nations n’avait pas soulevé beaucoup de passion cio-économique des minorités visibles s’est grandement lors des dernières élections et l’on avait peu entendu améliorée, même si elle n’est pas parfaite. Les autochtoparler du projet. En novembre dernier, le directeur de nes, pour leur part, restent une population encore très la faculté de Common Law avait proposé la création du vulnérable, marginalisée et laissée pour compte. Le refus service de counselling au Conseil d’administration en du Canada de soutenir la Déclaration des Nations Unies réponse à des besoins identifiés par sur les droits des peuples des groupes étudiants. Dès le départ, Au Canada, les étudiants autochtones font autochtones et la discriminaun malaise s’était fait sentir et les face à plusieurs barrières relatives à l’accès tion institutionnelle qui perdirecteurs de la Faculté des sciences aux études postsecondaires. [...] Par contre, siste à leur égard témoigne sociales et de celle de génie s’étaient d’une situation qui ne va pas ces groupes ont accès à plusieurs réseaux opposés au projet. On craignait que en s’améliorant. Les autochle projet dédouble des services offerts d’entraide et l’on doit admettre que la tones continuent d’être parpar le Centre d’aide aux étudiants situation socio-économique des minorités mi les populations les moins et le SASS. En effet, pourquoi fau- visibles s’est grandement améliorée, même si bien servies dans notre pays. drait-il que je finance des services Alors que devrait-on faire ? supplémentaires que je n’utiliserai elle n’est pas parfaite. On devrait éviter de dédoupas ? Une raison juste, en appabler les services, mais l’Unirence, qui m’a convaincu et probablement d’autres, versité devrait reconnaître que ces étudiants nécessitent de voter contre le projet. Cependant, en rétrospec- un meilleur soutien. Les Facultés de droit et de médecine tive, je me demande si l’enjeu n’a pas été mal compris. ont reconnu qu’il y avait des besoins et elles ont élaAu Canada, les étudiants autochtones font face à plu- boré des initiatives spécifiques à l’endroit des étudiants sieurs barrières relatives à l’accès aux études postsecon- autochtones. Il faudrait aussi plus de collaboration endaires. Certains peuvent avoir des difficultés à s’adapter tre le SASS, le Centre d’aide et le Centre de ressources au rythme de la vie universitaire et urbaine, qui diffère autochtones. Ces services travaillent souvent en silo et souvent de leur milieu d’origine. Le choc culturel peut devraient adopter une perspective plus globale de leur être une source de stress qui les décourage et les force à rôle sur le campus. Si le projet de counselling a échoué, interrompre leurs études. Certains ont dit que les autoch- l’enjeu qui le sous-tend devrait nous interpeller, à savoir tones n’étaient pas le seul groupe à avoir des difficultés que nous avons une faible connaissance des enjeux relad’intégration et l’acceptation du projet laisserait la porte tifs à l’ « autochtonie » et que leurs intérêts devraient être ouverte à des revendications d’autres groupes ethniques mieux représentés au sein de l’Université.

Serge Miville

Politique des petits pas : cinq ans de lutte pour le français à l’Université

A

Une administration qui cherche à sauver les meubles Il y a quatre ans déjà que Denis Gratton, chroniqueur au journal Le Droit, a écrit une chronique dans laquelle il nous informait que les ambassadeurs de l’Université d’Ottawa à une foire universitaire à Toronto ont reçu un mot d’ordre de ne pas parler français, afin de ne pas intimider des étudiants potentiels. Outrée, la communauté francophone du campus, tant les étudiants que les professeurs, sont montés aux barricades afin de dénoncer la situation. Une enquête massive (L’État des lieux) s’en suit. Par peur de perdre complètement la face, l’administration (le Sénat particulièrement) agit pour éteindre les feux. Certes, les étapes sont positives et l’on a le droit de se réjouir du développement, mais on doit se poser une question : faut-il attendre une autre crise avant que les étudiants en génie puissent terminer leur bac en français? Améliorations? Certes! Mais l’administration pratique une politique des petits pas qui rend beaucoup trop hommage à John Robarts, ancien Premier ministre ontarien.

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gères et du commerce international, recommanda dans son quatorzième rapport que le gouvernement canadien établisse «(...) des normes juridiques claires au Canada pour s’assurer que les entreprises et résidants canadiens doivent rendre des comptes dans les cas où il existe des preuves (d’atteintes à) l’environnement ou (aux) droits de la personne liées aux activités d’entreprises minières canadiennes». Il s’agissait en effet de permettre aux citoyens d’autres pays d’accéder aux tribunaux d’ici lorsqu’ils sont victimes de dommages à cause des opérations minières de multinationales canadiennes. Le gouvernement Libéral de Paul Martin refusa d’établir de telles normes juridiques, admettant qu’il était davantage préoccupé par les profits des investissements miniers. S’il croit vraiment que les puissants ont la responsabilité de protéger les citoyens les plus démunis du monde, M. Rock devrait soutenir l’établissement de lois qui mettraient fin à l’impunité des multinationales minières canadiennes. Mais j’imagine que l’association de l’Université d’Ottawa et du Chef du conseil de direction de Goldcorp Inc pourrait lui rendre difficile une telle prise de position. Jean-Paul Prévost Doctorant en physique Université d’Ottawa

Ont participé à cette édition

En beau joual vert

ujourd’hui, l’observateur pourrait croire que l’administration met les bouchées doubles afin de respecter son mandat envers la communauté francophone de l’Ontario. Avec un comité permanent sur les affaires francophones et les langues officielles et la nouvelle agente de programmation française au Service de la vie communautaire, on peut se réjouir des étapes proactives de l’Université.

L

a semaine dernière, Alan Rock, Recteur de l’Université d’Ottawa, anima une conférence publique au sujet d’une doctrine onusienne intitulée la «responsabilité de protéger» (rdp). Durant sa conférence, M. Rock indiqua que certains états-membres de l’ONU ont déjà invoqué la rdp afin de négocier une entente de partage des pouvoirs au Kenya suite à une élection qui divisa sa population. Il a aussi indiqué que certains ont voulu invoquer la rdp afin de justifier l’invasion illégale de l’Iraq qui eut lieu en 2003. Par contre, il n’indiqua point qui tenait la responsabilité de protéger les citoyens innocents de l’Iraq lors de cette invasion. Il est déjà clair que la rdp s’invoque facilement afin de justifier des interventions au sein de petits pays, mais beaucoup plus difficilement afin de freiner les agressions militaires et coloniales des pays puissants. Voilà peut-être pourquoi le Canada doit investir autant de ressources afin de promouvoir l’adoption permanente de la rdp comme doctrine onusienne. Il existe une alternative à la doctrine de la rdp qui permettrait de promouvoir avec beaucoup plus d’efficacité la démocratie, le respect des droits humains, la justice et le respect de la loi partout dans le monde. En 2005, un comité de la Chambre des Communes du Canada, le Comité permanent des affaires étran-

Volonté individuelle et indifférence institutionnelle On peut caractériser l’évolution du fait français à la FÉUO comme étant une œuvre individuelle, plutôt qu’une volonté politique. En fait, plusieurs des projets entrepris l’ont été par des francophones qui ont un historique de militantisme au sein des institutions francophones, dont la FESFO, et l’ont été à titre individuel, non pas par un grand principe fondamental de la FÉUO. Il ne faut pas se leurrer: 95 % des documents de la FÉUO sont traduits de l’anglais et les réunions du CA sont presque exclusivement en anglais. Chaque gain enregistré a été effectué par des francophones militants bien branchés. Le RAÉFBO, le Centre de bilinguisme et, bientôt, le Comité permanent des affaires francophones, chacune sont des initiatives individuelles parmi les plus branchés et les plus militants des francophones sur campus. Certes, il y a des gains, mais ces gains n’ont pas encore été traduits par une volonté politique. Soyons honnêtes, l’équité avec la communauté francophone est moins intéressante que l’éradication de la pauvreté ou les grands principes trop souvent difficiles à réaliser. Mais peut-être sommes-nous à la croisée des chemins, peut-être les nouvelles initiatives pourront enfin remettre cet enjeu au premier plan à la FÉUO. Effectivement, de plus en plus, on reconnaît qu’il doit y avoir un statut particulier pour le français, plutôt que de toujours prôner un bilinguisme qui, en réalité, ne fonctionne que lorsque la minorité linguistique (francophone) devient la majorité.

Nedggy Mauricin Caroline Lester Jessica Rose Philippe Pépin Amanda Belande Serge Miville Véronique Strasbourg Martha Pearce Alexa Biscaro Joanie Demers Guy Hughes Corinne Lalonde James Park Bruno Gélinas-Faucher De toute l’équipe de La Rotonde, merci! redaction@larotonde.ca


le 9 mars 2009

Éditorial

« Étudiez en français, en anglais ou dans les deux langues. À vous de choisir ! »

Ou pas… L

’Université d’Ottawa s’affiche fièrement en tant qu’institution bilingue mandatée afin de protéger, préserver et développer la culture française en Ontario. Bien qu’en chiffres absolus le nombre de francophones sur le campus augmente, la proportion de cette catégorie d’étudiants diminue face au nombre d’inscriptions anglophones croissant. Ces chiffres évoquent un problème sur lequel l’Université devrait se pencher : la place du français à l’Université d’Ottawa. Alors qu’en 1995, les étudiants francophones représentaient 38% de la population étudiante, en 2004, ils comptaient pour 32% et en 2008, 30%. Bref, la population étudiante francophone est indéniablement en baisse et l’Université semble progressivement délaisser son mandat initial. En début de mandat, le recteur Allan Rock s’est d’ailleurs avoué surpris de s’apercevoir qu’il n’y avait pas de recrutement fait auprès des écoles secondaires francophones : l’illustration par excellence du manque d’engagement de l’Université face à toute cette question qui semble être tombée dans l’oubli. Alors que l’on prétend être un modèle de bilinguisme, à l’Université d’Ottawa ce ne sont pas tous les cours obligatoires qui sont offerts dans les deux langues, par conséquent, l’étudiant qui s’est inscrit dans un programme de la langue de son choix devra suivre son cours dans une langue qu’il ne maîtrise peut-être pas, ou qui n’est tout simplement pas de son choix. Afin de remédier à ce problème, on demande aux professeurs d’enseigner dans une langue qui n’est pas la leur malgré leurs faibles connaissances dans cette langue. Mais, est-il quand même possible d’assurer que la pensée politique derrière ces mots traduits soit respectée ?

Puisqu’une langue n’est pas uniquement composée de mots, il est important de prendre en considération qu’elle revêt également une école de pensée, des valeurs et une culture spécifiques. Lorsque l’on demande aux professeurs d’enseigner dans une langue qui n’est pas la leur, on est en train de mettre de côté tous ces aspects primordiaux dans la compréhension du message. Au quotidien, les étudiants doivent faire face à des contradictions du système. À ce titre, notons que le courriel de l’Université utilise un serveur qui ne reconnaît pas l’écriture française - les communications en français sont donc remplies d’erreurs puisque cette langue n’est pas reconnue par le système. Problèmes de traductions ? La Rotonde a d’ailleurs récemment reçu une plaint e

concernant une affiche de l’Université comportant des erreurs de traduction flagrantes : « Cette salle d’attente est généreusement appuyé par […] » (sic). Les étudiants vivent également un problème qui, aux yeux de tous, devrait être considéré comme grave : les manuels de cours sont écrits dans une langue qui ne correspond pas à la langue dans laquelle la matière est enseignée. De plus, si un étudiant choisit de passer un examen dans une langue que le professeur n’est pas en mesure de comprendre, l’examen sera soumis à la correction d’un autre professeur et l’étudiant suivra ainsi un processus d’évaluation différent de celui de ses collègues. La liste d’irrégularités est longue, preuve que les étudiants n’ont toujours pas un accès égal aux ressources. Bref, à l’Université d’Ottawa, nous sommes bien loin de pouvoir être servis dans la langue de notre choix et pourtant, nous sommes quand même supposés d’être fiers « d’étudier en français, en anglais ou dans les deux langues. À nous de choisir ! ». L’heure est venue de revenir sur Terre et de nous attarder sur ce problème. La place du français à l’Université d’Ottawa s’est perdue au détriment des visées expansionnistes de l’institution. Certes, nous avons, jusqu’à un certain point, de l’intérêt à ce qu’il y ait de plus en plus d’inscriptions, mais nous avons également intérêt à conserver la francophonie et le bilinguisme sur notre campus et nous appuyer sur l’avantage concurrentiel qu’offrent des programmes complètement français ou bilingues afin de garantir notre spécificité sur le plan international. En ce moment, l’Université canadienne se cache derrière ce mythe où l’étudiant a l’occasion d’étudier dans la langue de son choix. Or, dans la pratique, nous voyons que cela n’est pas tout à fait le cas.

Nul ne peut être juge et partie

V

oilà l’un des principes fondamentaux sur lequel l’édifice de la justice est bâti. En d’autres termes, on ne doit pas utiliser notre pouvoir dans une cause où l’on est directement impliqué. Vendredi dernier, à deux reprises, Roxanne Dubois, Julie Séguin et Seamus Wolfe ont sciemment violé ce principe sans lequel un procès (ou un arbitrage) équitable ne peut exister. Rappel des faits : les trois membres élus du prochain exécutif de la FÉUO siègent actuellement sur le Conseil d’administration (CA) de l’organisation. Ils sont parallèlement impliqués, avec Jean Guillaume, dans le processus d’arbitrage qui s’est ouvert suite au dépôt par trois candidats défaits d’une plainte alléguant leur implication dans une équipe électorale. Après avoir refusé le processus d’arbitrage, les candidats élus ont accusé le Comité d’arbitrage étudiant (CAÉ) de biais et de vices de procédure. Vendredi soir dernier, Dean Haldenby, président de la FÉUO, a présenté une motion qui interdisait aux quatre arbitres actuels de se pencher sur le cas. Ensuite, elle lançait le processus de sélection de cinq nouveaux arbitres, parmi lesquels les deux parties pourraient faire leur choix. Aucune excuse ne tient

redaction@larotonde.ca

Dubois, s’est exprimée publiquement en annonçant que puisque tout le monde était biaisé autour de la table du CA et qu’une décision devait être prise, il était de son devoir d’exprimer sa voix. Cependant, son argumentaire n’excuse pas son geste. Si elle considère que le CA en entier était incapable d’entendre la motion de Haldenby, elle aurait dû l’exprimer et voter en conséquence plutôt que de se limiter au mimétisme. Bien sûr, d’autres directeurs, dont Séguin, prétendent avoir voté sur une simple question de procédure qui n’aura pas d’influence sur l’issue de la décision. Voter sur la procédure pose problème, puisqu’il est question de changer d’arbitres si tard dans le processus et qu’il est difficile de trouver quelqu’un après coup qui n’a pas déjà une opinion faite sur le cas. En fait, Séguin, Wolfe et Dubois, étant impliqués en tant que partie défenderesse, ont dénoncé ce qu’ils jugent être des irrégularités au CAÉ, ils sont donc biaisés dans leurs jugements et ne devraient pas être en mesure de voter sur une motion qui fait en sorte que les arbitres soient excusés de leurs fonctions. Ces trois directeurs se retrouvent donc à la fois juges et parties. Il ne faudrait par ailleurs pas oublier Ted Horton, représenté vendredi dernier par une procuratrice,

lui aussi impliqué dans l’affaire. De fait, son nom est cité à plusieurs reprises dans les témoignages et la directrice générale des élections, Sylvia Havard-Lewis, recommande sa disqualification s’il est démontré qu’il faisait partie d’une équipe. Ces directeurs ne sont pas seulement biaisés, ils sont en conflit d’intérêts. D’après le Roberts Rules of Order, il y a conflit d’intérêts «si un membre a un intérêt personnel ou pécuniaire (financier) direct que les autres membres n’ont pas, dans le cadre d’une motion en considération ». Dans une telle situation, « il ne devrait pas voter a l’égard de cette motion, mais ne peut pas être tenu de s’abstenir de voter. » Cette politique a été adoptée par la FÉUO en début d’année et les directeurs sont tenus de révéler s’ils sont en conflit d’intérêts par rapport au sujet traité au CA. Ils ne donc sont pas tenus de s’abstenir, mais doivent faire part de leur situation à leurs collègues, qui détermineront s’il y a présence de conflit d’intérêts. Or, il est indéniable que ces quatre membres du CA, qui pourraient au bout du compte perdre un poste rémunéré, sont passés outre cette politique en n’admettant pas les implications financières liées à la plainte. Il s’agit ainsi d’un bris de confiance qui démontre clairement que l’on ne peut pas se fier uniquement sur la bonne foi des membres du CA.

le 9 mars 2009 • Vol. LXXVI No. 22 109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686

RÉDACTION Rédactrice en chef Céline Basto redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Roman Bernard revision@larotonde.ca Actualités Philippe Teisceira-Lessard (Chef de pupitre) Mathieu Gohier (adjoint) actualites@larotonde.ca Arts et Culture Sonia Noreau culture@larotonde.ca Sports Romain Guibert (Chef de pupitre) Alexandre Lequin-Doré (adjoint) sports@larotonde.ca Section Opinions Céline Basto Web Houda Souissi web@larotonde.ca Direction artistique Amanda Garreau photographie@larotonde.ca Photographe Mathieu Langlois Production Simon Cremer production@larotonde.ca Webmestre Guy Hughes webmestre@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Caroline Bouchard direction@larotonde.ca 613 562 5264 Publicité Edgar Donelle Accès Média info@accesmedia.com 514 524 1182 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à 5000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

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La Rotonde - Édition du 16 mars 2009  

La Rotonde est le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

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