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Édiion du 11 février 2008 volume LXXV No.18

Chant de cygne

pages 15,17


Actualités

le 11 février 2008 CENTRE NATIONAL DES ARTS

THÉÂTRE FRANÇAIS

07 / 08

De Milan Kundera

JACQUES ET SON MAÎTRE © Louise Leblanc

JACQUES ET SES AMOURS JACQUES ET SES HISTOIRES TOUT PEUT ARRIVER

DU 12 AU 16 FÉVRIER 2008 À 19 H 30 AU THÉÂTRE DU CNA D’après Jacques le Fataliste de DENIS DIDEROT | Mise en scène de MARTIN GENEST | Avec JEAN-JACQUI BOUTET, ÉVA DAIGLE, VALÉRIE LAROCHE, ANNIE LAROCHELLE, CHRISTIAN MICHAUD, PATRICK OUELLET, PIERRE ROBITAILLE ET LES MUSICIENS PHILIPPE CÔTÉ ET OLIVIER FOREST | Scénographie : CLAUDIE GAGNON | Costumes : JULIE MOREL | Musique : PHILIPPE CÔTÉ et OLIVIER FOREST | Éclairages : SONOYO NISHIKAWA | Marionnettes : PIERRE ROBITAILLE et ZOÉ LAPORTE | Maquillages : ÉLÈNE PEARSON | Assistance à la mise en scène pour la tournée : SIMON LEMOINE | Une production du Théâtre du Trident, en coproduction avec le Théâtre Pupulus Mordicus

BILLETS À PARTIR DE 31,50 $, 17 $ ÉTUDIANTS

SPECTACLES-MIDI DU THÉÂTRE FRANÇAIS

MARDI 26 ET MERCREDI 27 FÉVRIER DE 12 À 13 H Lecture : DOMINIQUE LAFON Choix préliminaire des textes et coordination artistique de PAUL LEFEBVRE Sonates de DOMENICO SCARLATTI Choix musicaux et interprétation au piano par JEAN DESMARAIS

VOLTAIRE

QUICONQUE PENSE FAIT PENSER Billets à

ADULTE 16 $, ÉTUDIANT 8 $ Quatrième Salle du Centre national des Arts 53, rue Elgin, Ottawa Billets de dernière minute pour les étudiants à plein temps

10 $

Valable pour les spectacles de théâtre et de danse et les concerts de l’Orchestre du CNA Achats de billets en ligne ou en personne au Centre Buzz en directMC Pour obtenir gratuitement une carte Buzz en directMC, cliquez sur buzzendirect.ca BILLETTERIE DU CNA

lundi - samedi 10 h à 21h �

TARIFS DE GROUPE 613-947-7000 x384

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le 11 février 2008

7an5s

À vous la parole M. Pierre-Yves Boucher, Je voudrais témoigner de ma réaction face à la lettre que vous avez envoyée à La Rotonde et qui a été publiée dans le plus récent numéro. J’avais un grand respect pour votre contribution à la communauté universitaire et j’ai été d’autant plus déçu par les dommages que votre lettre pourrait causer aux étudiants et étudiantes qui, comme moi, tentent de régler leur différends avec l’Université. Votre lettre entière est basée sur la prémisse (explicite) que le Centre de recours étudiant et La Rotonde ne travaillent pas dans l’intérêt des étudiants mais dans “leur intérêt personnel”, tandis que l’administration de l’Université d’Ottawa agit toujours dans l’intérêt des étudiants. Une telle supposition est non seulement manichéenne et absurde, elle détourne aussi l’attention d’un point clé de cette question: la FÉUO (incluant le CRÉ) et La Rotonde sont directement redevables devant la population étudiante, un pouvoir démocratique qui n’existe pas face à l’administration centrale. La Rotonde et le CRÉ demandent un processus équitable, tandis que vous défendez un processus inéquitable sur la base de sa “flexibilité”. Vous oubliez (volontairement?) que cette flexibilité n’existe que d’un côté... la rapidité du traitement d’un cas dépend du bon vouloir des administrateurs, qui n’ont aucune date limite et aucune redevabilité directe auprès de la population étudiante. Votre mépris du Règlement 110, protégeant les étudiants et étudiantes aux cycles supérieurs de harcèlement et de discrimination, me semble particulièrement troublant. Après avoir été intimidé et menacé par un professeur, j’ai porté plainte il y a huit mois, et j’attends toujours une action de l’administration en réponse à cette plainte et aux nombreux suivis que j’ai faits. Ne pensez-vous pas que c’est ce genre de délais qui découragent l’utilisation du Règlement 110? Comment pouvez-vous dire, en tant qu’avocat, que ce règlement est inutile, et qu’un étudiant qui a subi un abus de pouvoir devrait simplement faire confiance aux gens du pouvoir? Cela ne fait aucun sens, et votre attitude ne peut qu’encourager de tels abus. En attendant une rétraction prompte de la part d’un administrateur que je respectais jusqu’à la semaine dernière, Philippe Marchand Étudiant à la maîtrise en physique

Réponse à Pierre-Yves Boucher Ma réponse aux commentaires de Monsieur Boucher sera brève, surtout parce que La Rotonde a déjà très bien répliqué. Monsieur Boucher est avocat et sa réponse en témoigne bien. Il nous explique qu’en droit, les principes de justice ne s’appliquent qu’aux tribunaux et que, dans un contexte universitaire, les seules instances qui équivalent à un tribunal sont les comités des facultés et le Comité d’appel du Sénat. Si je comprends bien, on nous accuse d’avoir invoqué les principes de justice trop librement, pour ne pas dire illégalement. Le rapport du Centre de recours s’adresse aux étudiants. Lorsqu’on y a parle de justice, on ne se limite pas aux « principes juridiques applicables aux tribunaux et autre instances similaires ». Il est insensé de se limiter aux principes établis par le droit pour définir ce qu’est la justice. Lorsqu’un étudiant entre en contact avec un professeur ou un doyen, il ne fait pas affaire avec un tribunal administratif, certes. Cela veut-il dire pour autant que l’étudiant ne mérite pas d’être traité de manière juste et équitable par la personne qui fait figure d’autorité? Est-ce que toute l’administration universitaire se joint à Monsieur Boucher lorsqu’il dit qu’un étudiant ne peut pas sérieusement demander d’être traité de manière juste par le Service de protection?

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LaRotonde Le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa

Suis-je la seule à trouver ce commentaire profondément alarmant? Plusieurs étudiants nous ont félicités, encouragés et surtout remerciés d’avoir publié le rapport. Sachez que certaines choses changent tranquillement. L’administration universitaire a adopté plusieurs des changements que nous avions suggérés afin d’améliorer le règlement sur le Comité d’appel du Sénat. Il y siège maintenant deux étudiants et vous avez quinze jours au lieu de dix pour porter votre cause en appel. Une autre modification importante oblige désormais les facultés à soumettre leurs commentaires concernant un appel à l’intérieur d’un délai prescrit. Quant aux membres du Comité, leur identité a été révélée : fini le comité secret! Mais il ne faudrait surtout pas s’asseoir sur nos lauriers. Les changements que nous proposions ne représentaient qu’un strict minimum. Plusieurs autres aspects du processus d’appel demeurent inadéquats et laissent les étudiants sans véritable recours. Je parle au nom de plusieurs étudiants lorsque je dis que le climat qui règne à notre université est inquiétant. Toutes les semaines, j’entends les témoignages d’étudiants qui ont été victimes d’abus, de menaces, d’intimidation, de discrimination ou qui ont sentis que leurs droits avaient été brimés. Mireille Gervais Centre de recours étudiant

«

Mais il ne faudrait surtout pas s’asseoir sur nos lauriers. Les changements que nous proposions ne représentaient qu’un strict minimum. Plusieurs autres aspects du processus d’appel demeurent inadéquats et laissent

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les étudiants sans

véritable recours.

le 11 février 2008 • Vol. LXXV No. 18

Actualités pages 4-11 Référendum pages 8-9 Artsetpages culture 12-14 Sports pages 15-18 Éditorial page 19 Les choix de La Rotonde

L’année dernière, la différence entre les deux candidats principaux pour la présidence à la FÉUO a été de 12 voix. 12 voix. Ça signifie que si seulement sept personnes avaient voté différemment, la réforme du CA aurait pu ne jamais se produire. S’il fallait un seul argument pour inciter les gens à voter, ce serait bien celui-là. À tous les ans, nos cotisations étudiantes augmentent. Ces sommes sont généralement déterminées par les membres de l’exécutif de la FÉUO. L’année prochaine se tiendra un débat sur la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes et il est très probable que les membres de l’exécutif y joueront un rôle déterminant.

Nous voulons vous lire ! La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La longueur des textes ne doit pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur nonpublication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à Wassim Garzouzi,

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le 11 février 2008

Actualités

Andréanne Baribeau Céline Basto actualites@larotonde.ca

CONFERENCIERS » FINKELSTEIN

Rien de plus simple que la question israélo-palestinienne Wassim Garzouzi

P

renant la parole à la chapelle du pavillon Tabaret, le professeur Norman G. Finkelstein a commencé son allocution avec cette phrase pour le moins surprenante : « Je vais démontrer qu’il n’y a rien de controversé à la question israélo-palestinienne. » Invité par l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD) dans le cadre de la Conférence interdisciplinaire, le professeur a la réputation de susciter de vives réactions. Il n’a pas déçu. Surtout connu pour son livre L’industrie de l’Holocauste, une critique de l’instrumentalisation de l’Holocauste, Finkelstein s’est vu refuser la permanence à l’Université DePaul de Chiacago en 2006. En 2007, il a réglé la question à l’amiable, mais il demeure un des universitaires les plus controversés en Amérique du Nord. La chapelle ne pouvant accueillir que 250 personnes, la conférence était diffusée en direct sur écran à circuit fermé dans une autre pièce. « Selon nos estimations, plus de 300 personnes ont entendu Finkelstein mardi dernier », affirmait Philippe Marchand, vice-président aux communications à la GSAÉD. En tout, Finkelstein aura parlé pour plus de deux heures, en plus d’une période de questions qui a duré près d’une heure. La conférence portait principalement sur l’écart entre « la réalité et ce qui nous est présenté à tous les jours ». La présentation de Finkelstein était méthodique, commençant par « le grand concensus sur l’historique du conflit », expliquant que les nouveaux historiens, notamment Ilan Pappé, Avi Schlaim et Benny Morris, ont prouvé que les Palestiniens n’étaient pas partis de leur propre gré en 1948. « C’est le consensus dans les universités en Israël et autour du monde. » Finkelstein a qualifié à maintes reprises ce qui s’est passé en 1948, l’année de création de l’État juif, de « nettoyage ethnique ». Toujours dans une perspective historique, il a expliqué que ce passé « est incompatible avec les valeurs modernes des sociétés démocratiques, notamment l’État de droit ». Citant de nombreuses conventions internationales, Finkelstein donnait carrément une leçon académique aux personnes présentes. « Le droit international dicte qu’on ne peut acquérir de territoires par la guerre. Point. Il n’y a pas de débat. » Selon Finkelstein, tous les territoires occu-

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pés depuis 1967 doivent être retournés aux Palestiniens, sans exception, tel que prescrit dans la Quatrième convention de Genève. Il devrait également y avoir démantèlement des colonies juives dans les territoires occupées.

« Tssss » Les réactions ne se sont pas fait attendre. L’Association des étudiants juifs (JSA) avait réservé une vingtaine de places et s’est fait entendre dès le début de la présentation. Rappelons que la JSA s’opposait à la venue du professeur Finkelstein et avant demandé une rencontre avec la GSAÉD avant la conférence. Curieusement, les deux premiers thèmes de la présentation, soit l’historique et les solutions, ont été très peu, voire aucunement, contestés pendant la soirée. C’est plutôt lorsqu’il en est venu à parler de l’instrumentalisation politique de l’Holocauste que l’opposition s’est fait entendre. Au moment où il a prononcé le mot « Holocauste », des membres de la JSA ont commencé à faire le son « tssss », supposé rappeler les chambres à gaz utilisées lors de la Seconde Guerre mondiale. « C’était carrément déplacé. Justement, il parlait de la minimisation de l’Holocauste, citant ceux qui le rappellent à chaque fois que quelqu’un critique l’État d’Israël, et les voilà, en train d’utiliser l’Holocauste pour l’empêcher de parler », a exprimé Mickaël Stojakovic, étudiant à la maîtrise à Carleton. Malgré un certain malaise dans la salle, Finkelstein était probablement le plus calme en faisant des blagues pour calmer l’audience. Finalement, Finkelstein aura traité du « mythe du néo-antisémitisme », aspect qui a fait l’objet de plusieurs questions par la suite. La période des questions a débuté d’une façon particulière, le conférencier demandant aux personnes opposées à ses idées de prendre le micro. « Ils ont eu à m’endurer et l’ont fait avec calme et respect. Je crois qu’on devrait leur rendre le même respect. » Les questions ont porté surtout sur « la montée de l’antisémitisme », sa relation avec le groupe « Hezbollah » et les menaces verbales contre l’État juif. Ariella Kimmel, présidente de JSA-Ottawa a pris le micro en citant plusieurs incidents antisémites ayant eu lieu dans la région au cours des dernières années. Finkelstein lui a répondu que tout le monde peut citer des incidents particuliers, mais que

La chapelle ne pouvant accueillir que 250 personnes, la conférence était diffusée en direct sur écran à circuit fermé dans une autre pièce. « Selon nos estimations, plus de 300 personnes ont entendu Finkelstein mardi dernier », affirmait Philippe Marchand, vice-président aux communications à la GSAÉD. Photo par Karine Desjardins.

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le 11 février 2008

» FINKELSTEIN

CONFERENCIERS » BAKER

ça ne vient pas justifier « une montée de l’antisémitisme. » Il a également ajouté qu’il voyait quotidiennement des attaques contre les Noirs dans les salles de bain, et que ça ne témoignait pas forcément d’une montée du racisme visant les Noirs. En entrevue, Kimmel n’était pas convaincue : « L’antisémitisme est en hausse à Ottawa et dans le monde […] Avec l’invitation de conférenciers comme Norman Finkelstein, l’antisémitisme ne fera qu’augmenter et nous seuls devront faire face aux conséquences. » Le groupe Not In Our Name (NION), formé de Juifs qui dénoncent l’occupation de la Palestine, était également présent lors de l’évènement. Ben Saifer, membre de NION, ne partageait l’avis de Kimmel. « Quand j’ai vu Norman Finkelstein il y a six ans, ma perspective sur le conflit a complètement changé. » À la fin de l’allocution, un groupe d’étudiants a encerclé le conférencier. Les nombreux agents de sécurité étaient visiblement mal à l’aise tout au long de la conférence. Malgré tout, la soirée s’est déroulée sans incident majeur.

Ignacio Chapella sur le financement des campus C’est pour clôturer la Conférence interdisciplinaire que la GSAÉD a invité Ignacio Chapella. Surtout connu pour ses études sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), Chapella s’est vu refuser la permanence à l’Université Berkeley, bien qu’il ait été recommandé par 32 de ses 33 confrères. La décision de l’Administration de Berkeley avait valu à celle-ci d’être accusée d’aplaventrisme devant des donateurs comme Monsanto. Suite à une mobilisation publique sans précédent, Chapella a finalement reçu sa permanence. « Ce n’est pas un hasard si nos deux conférenciers se sont vus refuser la permanence », avait expliqué le vice-président aux services de la GSAÉD Federico Carvajal, lors de la présentation de Norman Finkelstein. Chapella a parlé longuement du danger du rapprochement entre le secteur privé et les universités. Il a cité l’exemple de British Petroleum (maintenant Beyond Petroleum) qui a fait un don environnant le milliard de dollars à l’Université Berkeley. « On est loin de Desmarais », pouvait-on entendre dans la salle. « Je ne connais pas la situation à l’Université d’Ottawa, mais c’est un phénomène qui se produit partout en Amérique du Nord. De ce que j’ai entendu ici, il y a certainement un problème. » Insistant sur sa maxime « omnia quaerite » (ou « questionnez tout »), Chapella a principalement traité de l’importance de préserver l’indépendance des institutions que sont les universités. Il a encouragé les étudiants présents à sortir du cycle des études, c’est-à-dire des travaux, de la recherche et de la thèse, pour faire plus.

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L’ambassadeur israélien, Alan Baker était accompagné de plusieurs agents de la GRC et a mis fin à la période de questions lorsque celle-ci était devenue trop agressive. « Je le sais plus que vous », a-t-il répété deux fois. Photo par Jason Chiu.

«

Alan Baker fait la leçon Wassim Garzouzi

Malgré un silence total pendant sa présentation, la période des questions a susciter quelques réactions, autant de la part des membres de la JSA que des opposants présents. À plusieurs

»

reprises, le modérateur a

demandé un retour au calme.

Dans le cadre de la semaine « Israeli Awareness », l’Association des étudiants juifs (JSA) a invité l’ambassadeur israélien au Canada, Alan Baker. Il a débuté sa présentation en s’attaquant à un évènement tenu parallèlement, la Semaine contre l’Apartheid israélien. « Je ne crois pas que ce soit le fruit de l’ignorance. Ces personnes savent ce qu’ils font et tentent de salir l’État d’Israël. » Bien que la conférence se soit intitulée « L’Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient », Baker s’est surtout concentré sur les voisins de l’État juif. Il a comparé la situation en Arabie Saoudite, en Jordanie et en Iran, et s’est moqué de l’utilisation du terme « Apartheid » pour qualifier les politiques de l’État d’Israël. Il s’est fait contredire par l’ancienne doyenne de la Faculté de génie, Tyseer Aboulnasr, sur cette question. « Je vous le concède. Tous les pays autour de l’Israël sont barbares », a-t-elle lancé sur un ton sarcastique. « Mais je ne vois pas pourquoi vous vous concentrez autant sur les voisins quand le thème de votre présentation porte sur l’Israël. » Quand il a commencé à se justifier, il s’est fait interrompre. Malgré un silence total pendant sa présentation, la période des ques-

tions a susciter quelques réactions, autant de la part des membres de la JSA que des opposants présents. À plusieurs reprises, le modérateur a demandé un retour au calme. Baker était accompagné de plusieurs agents de la GRC et a mis fin à la période de questions lorsque celle-ci était devenue trop agressive. Quoique la période de questions n’ait duré qu’une vingtaine de minutes, Ariella Kimmel est d’avis que celle-ci était « ouverte au débat et aux discussions ». Elle souligne aussi que l’ambassadeur n’a pas « insulté ceux qui posaient des questions, contrairement à Norman Finkelstein » (voir article p.4). Malgré tout, Baker a, à maintes reprises, rappelé à ceux qui lui posaient des questions qu’il était expert en la matière. « Je le sais plus que vous », a-t-il répété deux fois. Suite à une question portant sur le « droit de retour » des Palestiniens, Baker a mis un terme à la période des questions en disant « Il n’existe pas de droit de retour en droit international. Vous pouvez me citez. » Aussitôt, il a pris la porte, accompagné de ses gardes du corps, laissant les membres de Solidarité pour les droits humains des Palestiniens (SPHR) et de la JSA débattre entre eux.

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le 11 février 2008

Revue de presse universitaire Glorianne Pelletier

Recueils de textes onéreux

D

es étudiants de l’Université de Calgary en ont assez des recueils de textes et des notes de cours trop coûteux. Le journal étudiant The Gauntlet rapporte que le vice-président de l’union étudiante a récemment participé à une table ronde portant sur la question du matériel académique et mettant l’emphase sur les coûts ridiculement élevés des recueils de textes. Ces recueils, qui sont principalement des suppléments aux cours magistraux, sont, pour la plupart, donnés par les professeurs, en raison de sa valeur pédagogique parallèle au cours. Ainsi les profs de classes nombreuses s’assurent de donner suffisamment d’information - parfois redondante - à tous. On estime à 80 % les professeurs qui utilisent les recueils de textes. Les prix sont faramineux, entendons-nous, et pas seulement en Alberta. Le problème, selon le gérant de l’Université de Calgary, c’est que ce n’est pas les étudiants qui peuvent faire baisser les prix, mais bien les professeurs. Et bien, peu sont au courant qu’il est possible de faire quelque chose, comme contacter les imprimeurs, ou encore choisir des textes ayant le moins de retombées en droits d’auteurs possible. De plus, à chaque fois que le matériel est mis à jour, tous les trois ou quatre ans, un nouveau montant doit être envoyé en droits d’auteurs

– alors que les versions plus anciennes sont aussi complètes et pertinentes. Encore une fois, la balle est dans le camps des professeurs. Notons que les recueils sont tout aussi chers ici, et qu’il est déplorable de payer tant pour de la matière parfois peu pertinente. À quand des séances d’information sur la réduction des coûts étudiants, a priori pour le corps professoral ? La recherche universitaire contribue au réchauffement climatique ! C’est la conclusion qu’a tiré Hervé Philippe, professeur au Département de biochimie de l’Université de Montréal, interviewé par le Quartier Libre. En effet, il a estimé que ses travaux annuels engendrent 44 tonnes de CO2 par année. Pour vous donner un point de comparaison, le montant moyen de CO2 émis par un Américain en une année est de 20 tonnes. « J’ai fait mon doctorat sur le séquençage de nucléotides afin de faire avancer nos connaissances sur la biodiversité, mais je ne me doutais pas que cette recherche pouvait avoir une incidence négative sur la biodiversité elle-même», a laissé tomber Philippe lors d’une conférence au symposium du Département des sciences biologiques le 24 janvier dernier. Mais d’où viennent ces 44 mons-

trueuses tonnes et comment peuvent-elles découler des travaux universitaires d’un seul groupe de personnes? Selon les calculs du professeur, 19 tonnes proviennent de l’énergie nécessaire au fonctionnement de ses appareils électroniques, dix tonnes de la climatisation et du chauffage de son environnement de travail, et une quinzaine sont émises lors des déplacements et des conférences, tel que le rapporte le journal étudiant de l’U de M. La croyance voulant que l’électronique soit plus énergétique que de travailler sur papier est un mythe, nous laisse-il comprendre. Tout ce qu’on économise en papier, dans le but de sauver des arbre, est utilisé en électricité pour faire fonctionner nos machines. « Ce n’est pas en se cachant cette réalité qu’on trouvera des solutions », répond Hervé Philippe. « Il faut ouvrir le débat et, si je me trompe, on me dira où. » La solution miracle ? Il n’y en a pas. Espacer les rencontres internationales et utiliser de plus en plus les vidéoconférences pourrait être un début, estime-il. Peut-être devrions-nous laisser savoir ceci au prochain comité de Développement durable de la FÉUO, dans l’espoir que l’an prochain lors de la Semaine Verte, plus d’invités communiquent avec nous sur un écran géant plutôt qu’en se déplaçant.

CALENDRIER DU 12 AU 18 FÉVRIER 2008 CONFÉRENCES Mechanisms of Mitochondrial Biogenesis in Skeletal Muscle Quand? Le 12 février de 11h30 à 12h30 Où? Faculté de médecine, salle 2022 Combien? Gratuit Le projet de loi C-22 sur la représentation démocratique à la Chambre des communes : pourquoi les Franco-ontariens doivent-ils s’en préoccuper ? Quand? Le 12 février de 18h30 à 20h30 Où? Pavillon Desmarais, salle 3120 Combien? Gratuit Le racisme et la discrimination : l’éradication par le biais de l’action en justice Quand? Le 13 février de 11h30 à 13h Où? Pavillon Fauteux, salle 351 Combien? Gratuit

Midi Mathématiques Quand? Le 13 février de 12h à 13h Où? Pavillon Lamoureux, salle 219 Combien? Gratuit Séminaires étudiants en chimie Quand? Les 13 et 14 février de 13h à 15h Où? Pavillon D’Iorio, salle 214 Combien? Gratuit Colloque de physique : Présentations des étudiant(e)s de deuxième cycle Quand? Le 14 février de 14h30 à 16h Où? Pavillon Macdonald, salle 121 Combien? Gratuit

ACTIVITÉS CAMPUS Semaine internationale Quand? Du 11 au 15 février de 10h à 17h Où? Centre universitaire Élections de la FÉUO et de son Conseil d’administration Quand? Du 12 au 14 février Où? Voir le site Web Site Web : www.feuo.ca

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le 11 février 2008

Succès et mécontentement au Festival des neiges À l’heure des bilans, commment se compare le nouveau

compétitive et son goût pour le travail d’équipe, elle confiait que la programmation du Festival des neiges la laissait insatisfaite; mis à part les mini-défis, elle croit que les organisateurs n’ont pas assez exploité la dynamique compétitive qui était au cœur du Défi hivernal. Julie Séguin, étudiante en communications, dit avoir été très impliquée lors de l’organisation des éditions 2006 et 2007 du Défi hivernal, avec sa sœur. Toutes deux exprimaient des réserves face à la nouvelle formule adoptée : « L’ampleur du Festival des neiges n’arrive pas à la cheville du Défi. Ce sont des activités qui auraient normalement été secondaires ou parallèles au Défi hivernal », expliquent-elles. Bien qu’elles admettent que le Festival des neiges est plus inclusif que le Défi hivernal, les deux étudiantes restent perplexes face à cette décision qui, soulignent-elles, s’est faite sans consultation des étudiants ou des bénévoles, ajoutant, au sujet du Festival des neiges, que « la magie du Défi n’y est pas ».

format de l’évènement à l’ancienne formule du Défi hivernal? Geneviève Horwood fait le point.

C

ette année, le Défi hivernal a été remplacé par le Festival des neiges suite à une décision du Comité des activités du campus, un changement de formule qui n’avait pas fait l’unanimité auprès de la communauté étudiante en début d’année. Pour le Service de vie communautaire (SVC), la formule du Festival des neiges devait compenser pour certaines lacunes du Défi hivernal, notamment que celui-ci n’était pas suffisamment inclusif. En effet, le Défi hivernal 2007 comptait près de 1000 participants, et ce, sur une population étudiante d’environ 34 000. De plus, sa mise sur pied coûtait aux alentours de 100 000$. Ainsi, pour remédier à ces problèmes, le SVC proposait, la semaine passée, une série d’activités hivernales auxquelles tous les étudiants pourraient participer, selon leurs goûts et leur horaire. La programmation comprenait des activités quotidiennes de traîneaux à chiens, de raquettes, de dégustation de tire sur neige et de queues de castor, en plus de proposer la projection du match des Sénateurs contre les Canadiens sur grand écran, une soirée de camping d’hiver, un repas de cabane à sucre, un jeu « mini-défi » ainsi qu’une balade en patins sur le canal Rideau. Selon Jane Cyr, gestionnaire de la

programmation au SVC, bien que le coût du Festival des neiges soit comparable à celui du Défi hivernal, il a attiré plus de 3500 participants cette année. « L’objectif de présenter une activité plus inclusive fut atteint et même dépassé », affirme-t-elle. « Nous avons eu la chance de voir en action des étudiants et des étudiantes de premier cycle, de deuxième cycle ainsi que des étudiants du programme d’échanges internationaux. C’était très plaisant de voir des groupes de deux, quatre, six et dix amis arriver ensemble pour participer et rire en plus de vivre des expériences nouvelles », ajoute-t-elle. La controverse règne toujours Pour les étudiants ayant participé au Festival des neiges, les activités proposées s’avéraient une pause rafraîchissante et bien appréciée entre deux cours, comme le soulignait Kevin Fortier, étudiant de deuxième année en mathématique, alors qu’il s’apprêtait à embarquer en traîneau après avoir avalé sa queue de castor. Claire Aguilol, étudiante en droit, a bravé le froid avec 11 autres étudiants mercredi dernier dans le cadre de la soirée de camping d’hiver. Elle s’émerveillait du dépaysement étonnant que lui avait fait vivre l’expérience : « On n’avait même pas l’impression d’être

Bilan

Le Défi hivernal a été remplacé par le Festival des neiges. Reste à voir si le changement drastique a été bien reçu par les étudiants. Photo par Francis Chartrand à la fac! », a-t-elle lancé. Par contre, le changement drastique de la formule de l’événement ne fait pas que des heureux. Christie Carey, étudiante de troisième année en psychologie et linguistique,

affirme être très déçue de ne pas pouvoir prendre part au Défi hivernal cette année. Ayant remporté la cinquième place en 2007, elle avait bien hâte de tenter sa chance encore cette année. Étant donné sa nature

Jane Cyr soutient que, malgré les critiques, le bilan pour la première édition du Festival des neiges est très positif. Elle est déjà optimiste face à l’organisation de l’événement pour l’an prochain : « Le Festival des neiges est à refaire l’an prochain en apportant certaines modifications pour le rendre encore plus attirant, toujours en étant à l’écoute de notre clientèle étudiante », conclut-elle.

J’ecris donc je pense Andréanne Baribeau, chef de pupitre, Actualités

Semaine d’enfer

L

a semaine dernière fut toute une semaine! Avec le Festival des neiges, la Semaine du développement international, les débats des candidats aux élections de la Fédération étudiante, la 11e Conférence interdisciplinaire de l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD), la Semaine israélienne et celle de l’Apartheid israélien, on ne savait tout simplement plus où donner de la tête! J’ai toutefois pu assister à quelques activités ici et là et c’est la Conférence interdisciplinaire de la GSAÉD qui, d’après moi, se mérite la palme d’or! La conférence, qui s’est déroulée du 5 au 7 février, a permis à des étudiants de deuxième et troisième cycle de présenter leur travaux de recherche à leurs collègues par le biais d’exposés d’une quinzaine de minutes, couvrant des sujets allant de la philosophie aux sciences pures, passant par la politique internationale, la médecine, l’éducation, et j’en passe. Bref, quoi de mieux qu’une telle conférence pour abattre les cloisons qui tendent à se former entre les différents domaines d’études spécialisés! Le point fort de cette conférence a sans aucun doute été la présentation spéciale donnée par le professeur Norman G. Finkelstein mardi soir, présentation qui a assuré une salle comble dans la chapelle de Tabaret et pour laquelle des agents de police avec gilets pareballes avaient été convoqués. Avec un discours intitulé « A Farewell to Israel : The Coming Break-up of North American Zionism », on pouvait s’attendre à ce qu’il y ait du grabuge.

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La soirée s’est toutefois déroulée sans incident majeur quoique la tension était palpable. On s’attendait au pire, surtout lorsque la période de question est arrivée. Le brio de Finkelsein a rendu possible un vrai dialogue sur la question du conflit israélo-palestinien et m’a possiblement offert l’expérience la plus enrichissante de toute ma formation universitaire. Liberté académique L’ironie du sort, cet excellent pédagogue, par ses nombreuses critiques du mouvement sioniste et son support pour la cause palestinienne, n’a jamais pu obtenir sa permanence en tant que professeur à l’Université DePaul, où il enseignait en 2007. Tel était aussi le cas du second conférencier invité par la GSAÉD, le professeur en écologie Ignacio Chapela de l’Université de Berkeley. Ayant été victime de ses critiques envers les liens que cultivait son université avec l’industrie biotechnologique, il s’est vu refusé sa permanence en 2003. J’applaudis donc l’initiative remarquable des membres exécutifs de la GSAÉD qui, en ayant invité ces deux professeurs à leur Conférence interdisciplinaire, ont fait valoir l’importance de la liberté et de l’intégrité académique, une valeur fondamentale aujourd’hui compromise dans les universités nord-américaines. Je suis aussi fière de constater que ces membres exécutifs ont su tenir tête aux gens qui voulaient une fois de plus faire taire ces chercheurs.

Un festival? Le prix citron revient quant à lui au Service de vie communautaire (SVC) pour son Festival des neiges, évènement qui se voulait une substitution au célèbre Défi hivernal. Cette critique me brise un peu le cœur, car j’ai été témoin de l’enthousiasme et du travail qu’ont mis les employés du SVC dans l’organisation du Festival. J’avais même écrit une chronique à ce sujet en début d’année, demandant aux étudiants frustrés par la disparition du Défi de donner une chance à cette nouvelle formule avant de monter aux barricades. Je m’attendais à ce que le Festival des neiges soit un gros party, à ce qu’il mette la communauté universitaire dans une atmosphère de carnaval d’hiver par le biais d’activités permettant aux gens de déconnecter de leur réalité étudiante. Bien que les activités étaient attrayantes (tir sur neige, queues de castor gratuites, promenade en traîneau à chien), il aurait fallu beaucoup plus pour retenir les étudiants sur place. Certes, le Défi hivernal était un casse-tête en termes de logistiques et de bénévoles, mais au moins il permettait aux étudiants de participer activement à des activités complexes et bien élaborées tout en développant un esprit d’équipe et de compétition, plutôt que de simplement ramasser un peu de tire ou une queue de castor et de repartir aussitôt. J’appréhende déjà les organisateurs qui me

montreront leurs statistiques en clamant avoir rejoint 3500 participants, soit trois fois plus qu’au Défi hivernal, ceci démontrant donc que le Festival a bel et bien été « plus inclusif ». On doit toutefois garder en tête la méthode de recensement qui a été utilisée : on enregistrait chaque personne qui venait se servir une tire ou une queue de castor comme participant. Si une personne revenait trois fois en une journée, on la comptait comme trois participants – notre rédacteur en chef est allé chercher de la tire six fois en une journée et s’est enregistré à chaque fois. Si on utilise la même technique de recensement pour le Défi hivernal, avec ses 230 équipes de quatre étudiants qui relèvent un défi quotidien pendant quatre jours, ça fait 3680 participants, et ça c’est sans compter la participation au concert du vendredi. L’argument du plus inclusif tombe alors à l’eau. Et l’argument des coûts? Eh bien, selon Jane Cyr, superviseure des événements et de la programmation au SVC, le coût du Festival des neiges était comparable à celui du Défi. Je ne vois donc plus aucun argument pouvant justifier la substitution du Festival des neiges au Défi hivernal et j’espère que les gens du Service de vie communautaire réévalueront la situation et prêteront une oreille attentive à tous ces étudiants qui demandent en coeur le retour à la bonne vieille formule du Défi hivernal. actualites@larotonde.ca

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Actualités

le 11 février 2008

REFERENDUM » CENTRE DE RESSOURCES DES FEMMES

Centre de ressources des femmes: Plus de contrôle pour 1$

Lors des prochaines élections, les étudiants vont être appelés à répondre trois questions référendaires, l’une d’elles portant sur l’avenir du Centre de ressources des femmes. Céline Basto fait la lumière sur la question. Parmi les trois questions qui seront présentées lors du référendum, les étudiants devront indiquer s’ils acceptent de contribuer à une cotisation de 1,00 $ par étudiant à temps plein et de 0,50 $ par étudiant à temps partiel par session pour que le Centre de ressources des femmes opère en tant que service de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO). Si les étudiants acceptent, le Centre de ressources tirera profit non seulement d’un plus grand budget, mais il sera aussi géré par les étudiants.

Par et pour les étudiants « Le Centre de ressources des femmes, qui s’est formé grâce à la volonté d’un groupe d’étudiantes, a été mis en place dans le but de refléter les besoins et les intérêts réels des étudiants. Pour cela, nous avons besoin d’être gérés par les étudiants.

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Il est plus logique que nous soyons redevables aux étudiants plutôt qu’à l’Administration », affirme Jordan Leichnitz, coordonnatrice du Centre des ressources des femmes. Marc Duval, directeur du Service de vie communautaire (SVC), avoue s’être déjà questionné à ce sujet. « Moi aussi je me questionnais sur la place du Centre au sein du Service de vie communautaire. Dans la majorité des universités, ce service est dirigé par les étudiants. Moi ce qui me guide, c’est ce qui est dans le meilleur intérêt des étudiants. Le Centre est très important pour nous tous, il est primordial que le service existe et qu’il continue à exister, que se soit sous la tutelle de la FÉUO ou sous la tutelle du Service de vie communautaire », estime Duval. Ce transfert permettrait non seulement au Centre d’être géré par les étudiants, mais il lui permettrait aussi d’avoir accès aux services offerts à l’intérieur de la FÉUO. « Pré-

sentement, ce sont les bénévoles qui s’occupent de la traduction, du marketing et de la publicité. Le Service de vie communautaire ne peut pas nous offrir ce genre de services puisqu’ils ne l’ont même pas pour eux-mêmes. Si un jour nous faisons partie intégrante de la FÉUO, nous pourrons profiter non seulement de son financement, mais aussi de son expertise et de l’infrastructure en place », explique Leichnitz. Le Centre, qui est présentement doté d’un budget annuel de 12 000 dollars, pourrait voir son budget augmenter considérablement. « Si placé sous la tutelle de la FÉUO, le Centre tirera profit d’un budget d’environ 50 000 dollars, ce qui représente à peu près le même montant qui est alloué aux autres services offerts par la Fédération », affirme Pam Hrick, présidente de la FÉUO. En vue d’augmenter sa visibilité, de pouvoir offrir de meilleurs servi-

ces et mieux outiller la population étudiante, le Centre des ressources des femmes a besoin de plus de fonds. « Nous aimerions pouvoir ouvrir deux postes : un pour la programmation pour coordonner tout ce qui touche l’organisation d’ateliers, de campagnes et d’événements, et un autre qui s’occuperait d’assurer un soutien légal aux étudiants. En ce moment, nous sommes juste deux personnes et nous sommes débordés », explique Leichnitz.

Le budget du SVC restera inchangé Lorsque demandé si ce transfert allait amputer une partie de budget du SVC, Duval rétorque que non. « Il faut comprendre que l’argent qu’on a sert à gérer l’administration de l’édifice et la programmation. Donc, si ce n’est pas pour le Centre des ressources des femmes, nous allons l’investir ailleurs », affirme Duval. La cotisation que les étudiants versent au SVC restera donc la même. Leichnitz, Duval et Hrick croient tous les trois que tout va être mis en place pour qu’il n’y ait pas de pertes d’argent. « Ce serait regrettable

que cette question empêche la progression du Centre puisqu’à la fin de la journée, ce qui est réellement important, c’est le soutien et les services que nous offrons aux étudiants », allègue Leichnitz. Le Centre de ressources des femmes est un espace où tous les membres de la communauté ont l’occasion de prendre part au combat contre l’oppression dont sont victimes les femmes. Ce Centre offre du soutien des pairs en cas de crise ainsi qu’une bibliothèque où l’on peut emprunter ou consulter des livres féministes. Il présente des ateliers, des forums, des groupes de discussion; c’est un espace de rencontre, un endroit où des gens ayant les mêmes intérêts peuvent se rassembler et aussi une voix pour les étudiants tant au niveau local et national que sur le campus. « Le Centre a été créé dans les années 70. Ça fait donc 40 ans que nous travaillons ensemble et que nous sommes très actifs au sein de la communauté. Nous avons une quinzaine de personnes qui passent nous voir quotidiennement et nous comptons 40 bénévoles actifs au sein de notre organisation », explique Jordan Leichnitz.

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Actualités

le 11 février 2008

REFERENDUM » LAISSEZ-PASSER D’AUTOBUS

Autobus: Frais accessoires augmentés

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Céline Basto

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Le 5 février dernier, Dean Haldenby, vice-président aux finances de la Fédération étudiante, et Jonathan Rausseo, coordonnateur du développement durable de l’Université d’Ottawa, se sont serré les coudes afin de faire valoir leurs arguments en faveur du laissez-passer d’autobus universel. La rencontre entre ces deux représentants et quelques étudiants, qui s’est déroulée à l’agora du Centre universitaire, s’est inscrite dans le cadre des différents débats au sujet des élections de la Fédération étudiante (FÉUO) qui se sont déroulés la semaine dernière. La question du laissez-passer fera partie des questions référendaires sur lesquelles devront se prononcer les étudiants aux élections du 12, 13 et 14 février. Ce laissez-passer, qui serait valable tant dans les circuits de OC Transpo que ceux de la STO, serait accessible à tous les étudiants à temps plein de l’Université d’Ottawa au prix maximal de 125$ par session, soit 250$ par année, frais qui seraient ajoutés à la cotisation étudiante versée à la FÉUO. Les étudiants à temps partiel n’auraient pas droit à ce laissez-passer et ne

devraient pas débourser le montant réclamé. Tous calculs faits, l’étudiant ne pourrait que bénéficier de cette transaction. Ainsi, un étudiant devant s’acheter une passe mensuelle d’OC Transpo ou de la STO pour les mois s’échelonnant entre septembre et avril déboursera des frais de transport d’environ 500 dollars. S’il répond « oui » à la question référendaire, et que les négociation sont complétées, il n’aura qu’à verser à l’Université d’Ottawa un montant de 250 dollars en tant que frais accessoires et il aura ainsi droit à un laissez-passer universel à moitié prix. Parmi les étudiants présents, beaucoup se posaient des questions relatives au montant proposé, le considérant élevé. À ce sujet, les deux représentants étaient fermes : « Nous ne négocierons pas au-delà de $125, nous estimons ce montant réaliste […] C’est un montant maximal, il peut toujours baisser », affirme Rausseo. Les frais accessoires, allant présentement de 571.98 dollars – pour un étudiant de la Faculté des sciences sociales à temps plein aux sessions d’automne et d’hiver de cette année – à 789.98 dollars – pour un étudiant de l’École de gestion Telfer sur

la même période de temps –, connaîtraient une forte augmentation.

Le seul hic? Les étudiants qui ne veulent pas se procurer un laissez-passer devront quand même débourser le montant requis. Soit parce qu’ils habitent à une distance de marche, soit parce qu’ils prennent leur vélo ou alors parce qu’ils préfèrent conduire leur voiture, les étudiants n’utilisent pas tous le transport en commun pour se rendre à l’Université. « Nous sommes une communauté, nous devons penser en tant que communauté. Il y a plusieurs frais que nous payons présentement et que nous tirons pas nécessairement tous profit, tels que les frais associés aux services des sports ou de santé » indiquait Haldenby en entrevue à La Rotonde. Lorsqu’interrogé sur le nombre de personnes qui utilisent le transport en commun pour se rendre à l’Université, Haldenby affirme que les services de transport n’ont pas voulu leur donner cette information. Cependant, Rausseo avait indiqué, lors du débat, que le nombre d’étudiants utilisant le transport en commun était un des facteurs pris en compte pour calculer le montant de 125 dollars.

REFERENDUM » OMBUDSMAN

Ombudsman: discussion réouverte! Céline Basto

La Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) questionnera à nouveau ses membres au sujet de la création du poste d’ombudsman, une idée qui avait connu un échec au référendum il y a deux ans. Abordée de nouveau cette année dans le cadre des débats portant sur les élections de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa, cette question ne semble pas avoir soulevé de controverse ou d’opposition auprès des étudiants qui se sont rassemblés à l’agora du Centre universitaire le 5 février dernier. Mireille Gervais du Centre du recours étudiant et Kara Corrigan, représentante officielle de la campagne du « oui », ont pris la parole pour défendre la question référendaire et amener les étudiants à voter pour la création du poste d’ombudsman à l’Université d’Ottawa. La question présentée lors du référendum est telle qu’il suit : « Êtes-vous d’accord que l’Université d’Ottawa devrait avoir un bureau de l’ombudsman? » En l’absence d’un comité du «non», Gervais et Corrigan ont pris toute la place et ont pu faire valoir leurs arguments sans que de grandes contestations ne se fassent entendre. Étant un employé indépendant, l’ombudsman a le devoir d’assurer la résolution des différends. C’est une personne neutre qui a le pouvoir d’enquêter de façon impartiale

suite aux plaintes en ne défendant ni les intérêts des étudiants ni ceux de l’Administration de l’U d’O. Son salaire étant payé par la communauté étudiante et l’Administration, cette personne se doit d’être redevable aussi bien aux étudiants qu’à l’Administration. En plus de son pouvoir d’enquête, l’ombudsman se doit d’apporter des recommandations en vue d’une amélioration des politiques et des procédures de l’Université.

tiaux; ils ont un parti pris, en faveur de la communauté étudiante. À ce sujet, Corrigan souligne la nécessité qu’un poste d’ombudsman soit financé à la fois par les étudiants et par l’Administration. « C’est la seule façon d’assurer la justice et l’équité », estime-t-elle. « Nous aidons les étudiants le mieux qu’on peut, mais nous ne sommes pas l’ombudsman, nous n’avons pas son pouvoir et à cause de cela, l’Université ne nous prend pas au sérieux ».

« NON » avaient dit les étudiants!

La question de la cotisation remise à plus tard

Il y a deux ans, la communauté étudiante avait été appelée à se prononcer au sujet de la création d’un poste d’ombudsman. Les étudiants avaient majoritairement répondu « non » à cette question. Gervais attribue cette défaite au fait qu’il n’y avait pas eu de campagne d’information et d’éducation. Les étudiants ne comprenaient pas le rôle de cette personne. En fait, selon elle, il semblait avoir une confusion entre le mandat de l’ombudsman et celui du Centre de recours étudiant. « Cette foisci, nous avons distribué des tracts, nous avons poser des affiches et nous tenons à informer nos étudiants », affirme Corrigan. Faisant partie de la FÉUO et donc financés en totalité par les étudiants, les services, comme le centre de recours étudiant, ne sont pas impar-

Bien que les étudiants seraient éventuellement appelés à payer la moitié du salaire de l’ombudsman, des trois questions présentées au référendum, celle-ci est la seule qui ne demande à l’étudiant aucun montant d’argent à débourser. Cependant, il y a deux ans, alors que les étudiants ont refusé la création de ce poste, la question incluait une cotisation d’un dollar par étudiant à temps plein. À ce sujet, Gervais soutient qu’avant de demander de l’argent aux étudiants, il faudrait avoir leur consentement officiel sur cette question et ensuite voir combien ils seraient prêts à débourser. Si dotée d’un ombudsman, l’Université d’Ottawa se joindrait aux 25 autres universités ainsi que 8 collèges canadiens qui profitent actuellement des services d’un tel employé.

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Arts et Culture le 11 février 2008

Blaise D. Guillotte Claude Rochon culture@larotonde.ca

La LIEU effectue une entrée triomphante sur la scène politique Wassim Garzouzi

I

ain Campbell, le président de la Ligue d’improvisation de l’Université d’Ottawa (LIEU), arrive à La Rotonde portant son foulard palestinien, impatient de commencer l’entrevue. « Go, j’suis prêt! » C’est avec la même énergie qu’il dirige la LIEU depuis l’automne. La veille, la LIEU avait invité tous les candidats des élections annuelles de la FÉUO à son match. « C’était une première. On a vraiment lancé l’invitation à tous les candidats, y compris ceux qui se présentent pour le Conseil d’administration. En tout, seulement neuf ont pris la peine de venir.» Pourtant, les matchs de la LIEU regroupent une centaine d’étudiants tous les jeudis soirs. Comment expliquer cette apathie des candidats qui ne ratent jamais une occasion de se faire voir en campagne électorale? Le thème des présentations était la francophonie. « Je ne veux pas entendre parler de bilinguisité. C’est un mot qui n’existe pas. Comme le bilinguisme à l’Université d’Ottawa, remarque. » Pourtant, au cours des dernières années, la LIEU est resté bien loin de la politique. « Tout allait bien pour la LIEU. On avait un local, on avait des bonnes relations avec la FÉUO et le [Service de vie communautaire] et on ne pensait pas aux questions politiques. Du jour au lendemain, tout a changé. » Pendant plus de vingt ans, la LIEU a occupé un local au Centre universitaire qui servait d’espace pour les francophones. « Des gens qui ne connaissaient pas la LIEU marchaient et entendaient des francophones crier et rire et ils s’arrêtaient. Il y avait même des gens qui dormaient dans ce local », confie-t-il en riant. Le dernier exécutif de la FÉUO a rompu avec la tradition et a expulsé la LIEU du local pour faire place à un nouveau service. « Honnêtement, l’exécutif [du président André] Brazeau, Julien de Bellefeuille, Brigitte Noël et compagnie était fuck-all. Ils sont arrivés et ils nous ont mis dehors. Sans aucun respect pour l’institution et les francophones qu’elle représente. Du jour au lendemain, on a remarqué que nous étions vulnérables. » Cette constatation a poussé plusieurs leaders francophones du campus, dont Simon Lalande et Iain Campbell, à se rencontrer pour décider quelle serait la prochaine étape. « On a réalisé qu’il fallait s’impliquer politiquement. » Cette réalisation a marqué une nouvelle ère à la LIEU. La première étape était de se trouver un local.

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Iain Campbell, président de la Ligue d’improvisation de l’Université d’Ottawa (LIEU), a accordé une entrevue exclusive à La Rotonde, où il a expliqué les hauts et les bas que la Ligue a rencontré ces dernières années. Photo par Paul Galipeau « Le Service de vie communautaire est venu en aide à la LIEU. Ils nous ont offert un local, des ressources. Même aujourd’hui, notre plus grand financement vient du SVC. » Il fallait également créer des ponts avec les nouveaux membres de l’exécutif, une première pour la Ligue. Rapidement, les membres de la LIEU ont rencontré les nouveaux élus pour fixer des ententes assurant la survie de la Ligue d’improvisation. D’ailleurs, les trois candidats de la FÉUO qui se présentent à nouveau étaient tous présents lors des présentations jeudi dernier. Selon Campbell, de telles relations sont essentielles. « On ne le réalisait pas avant, on ignorait complètement l’aspect politique. On a vu les résultats. » Leadership francophone «On dit souvent que les francophones ne s’engagent pas à l’Université d’Ottawa. On vient de montrer que

ce n’est pas vrai » lançait le président lors du match de la LIEU. «Les francophones sont noyés sur le campus. Quand on s’engage avec un groupe, on doit parler en anglais. C’est pour ça que certains disent qu’il n’y a pas d’engagement francophone. » La LIEU est la seule institution étudiante sur le campus, à l’exception de La Rotonde, qui fonctionne exclusivement en français. Ses matchs regroupent plus de participants que la moyenne des évènements sociaux de la FÉUO et comptent certainement plus de francophones. Le discours envers la francophonie commence à changer, lentement certes, mais en grande partie grâce à la LIEU. « On nous parle de bilinguisité… Ça n’existe pas! Tout est fait en anglais. «Frosh Week» devenait «Semaine d’accueil», les noms rimaient en anglais, mais jamais en français, on pensait en anglais et on se disait que les francophones allaient venir. Il faut d’abord faire des évènements pour

les francophones […] If you build it, they will come. » Pour la première fois, certains candidats aux élections de la FÉUO, notamment Nicholas Laplante, appuient ouvertement l’idée de tenir des évènements sociaux en français seulement. L’exemple de la LIEU est souvent utilisé pour justifier un espace francophone sur le campus. Jamais sans critique La Ligue d’improvisation fait souvent face à des critiques par rapport à son manque d’engagement politique. « On va toujours se faire critiquer. Mais concrètement, il faut trouver l’équilibre », explique Campbell. La réalité francophone en Ontario est bien différente de celle qu’on retrouve au Québec. Interrogé sur les raisons que la LIEU utilise de la musique populaire américaine entre ses sketchs, Campbell explique qu’il ne faut pas en venir

à l’extrême : « Au secondaire, les professeurs chicanent les étudiants lorsqu’ils parlent en anglais. On ne veut pas être comme ça. Nos matchs sont uniquement en français. On nous reproche d’utiliser la musique anglaise, mais les chansons sont souvent en lien avec les sketchs. » La LIEU en est à sa 27e année et malgré une certaine apathie pour les évènements sociaux sur le campus, la Ligue regroupe plus de 300 personnes pour ses matchs de séries éliminatoires. Iain Campbell insiste sur l’importance de rendre les matchs les plus accessibles possible et rejette l’idée de faire payer les spectateurs. « La LIEU est un service. C’est un espace pour les francophones. » Les matchs d’improvisation de la LIEU se déroulent à l’Agora du Centre universitaire tous les jeudis soirs à 20h30. Exceptionnellement, le match de la St-Valentin se déroulera au bar 1848. Pour plus d’information, visitez le site internet www.lieu.ca .

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Arts et Culture

le 11 février 2008

CRITIQUE » DISQUE

Yann Perreau / Yann Perreau et la Lune

CALENDRIER DU 11-17 FÉVRIER 2008

LE PREMIER ALBUM live de Yann Perreau ne déçoit pas. Enregistré au Théâtre des Quat’sous, l’album garde toujours un ton serein et sa qualité d’enregistrement donne l’impression qu’il a été enregistré dans un studio. Les changements d’air du chanteur vont certainement exciter ses fans qui, pour la plupart, le connaissent grâce à ses concerts. Cet album prend tout ce qu’il y a de mieux dans ses prestations – l’énergie, la spontanéité – et le combine avec une qualité de son exceptionnelle. Plusieurs chansons ont été reprises de son album Nucléaire, ce qui pourrait décourager certaines personnes à l’ache-

ter; ces pistes sont toutefois plus courtes et Perreau se contente parfois de ne reprendre que les meilleurs extraits. Comme quoi Perreau présente un pot-pourri de ses meilleures chansons. La force du disque vient surtout du fait que les fans inconditionnels du chanteur vont reconnaître leurs morceaux préférés, avec une touche live, tandis que ceux qui entendront Perreau pour la première fois seront exposés à des extraits de haute qualité et originaux. Un album qui peut s’écouter entre amis ou seul, Yann Perreau et la Lune est certainement un succès. Wassim Garzouzi

CRITIQUE » DISQUE

Tomàs Jensen /Lui et l’autre

SI L’ARGENTIN TOMÀS Jensen a laissé de côté ses Faux-Monayeurs, il n’en a pas fait autant avec son charme musical. Dix ans après son arrivée au Québec et cinq albums plus tard, il nous présente Quelqu’un d’autre. C’est en remportant le titre d’auteur-compositeur-interprète au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2000 à la sortie de son premier disque que tout commence pour Tomàs Jensen. Il se fera ensuite connaître pour son style engagé socialement et politiquement, avec ses acolytes affectueusement surnommés les Faux-Monayeurs. Aujourd’hui, avec cet album solo, l’artiste dévoile des sujets plus personnels, plus ou moins abordés auparavant, comme l’amour, l’échec de celui-ci et la déchéance. « Tu t’en vas » dénonce la détresse d’un cœur brisé et abandonné. En revanche, quelques clins d’œil à l’avenir de l’humanité ainsi qu’à la religion semblent être inévitables dans les textes de Jensen (« Rien en dessous » et « Quelqu’un d’autre »). La pièce « Montréal », mis à part son rythme arabe qui nous donne envie de danser le

baladi, réfère à la métropole comme étant une ville « acceptable », dure et propice à la solitude, tout comme Malajube, Xavier Caféïne ou Loco Locass l’ont fait pour leur pièce portant le même titre. La présentant comme à la fois morose et incontournable, Tomàs écrit : « Pour y vivre ou y mourir, Montréal vaut bien Toulouse […] mais Montréal n’est pas la ville rose, mais quand même elle s’impose… » d’où ressort la double personnalité de l’île adoptée par celui-ci : morose et incontournable. Nous découvrons aussi des instruments nouveaux chez Jensen tels que les violons et les contrebasses qui viennent raffiner le son bohémien qui le caractérise depuis ses débuts et qui nous rappellent aussi la grande diversité culturelle qui l’habite suite à ses nombreux voyages. Quelqu’un d’autre est certainement un album tout aussi mélancolique par ses textes que musicalement envoûtant. Cœurs abattus, abstenez-vous! Véronique Strasbourg

CRITIQUE » DISQUE

La Kritik /Existence Romancée

UN STYLE HIP-hop qui rappelle drôlement l’album Amour Oral de Loco Locass, tant dans le style musical que les thèmes abordés dans les paroles. L’album est un peu low budget. On a parfois l’impression d’écouter un clavier électronique qui fait tous les sons, mais c’était peutêtre l’objectif. Les paroles sont un peu clichées, notamment lorsqu’elles dénoncent le capitalisme, mais il ne fait aucun doute que c’est plus intéressant que d’écouter du hip-hop américain

qui traite de sujets aussi absurdes que des voitures et des bijoux. Reste qu’il manque un peu de maturité à l’album pour être dans la même catégorie que Loco Locass ou même d’autres hiphoppeurs québécois moins connus comme Détraké, de la région. Il est difficile d’imaginer un tel album devenir une référence dans le monde du hip-hop, mais avec plus de temps et d’expérience, La Kritik a beaucoup de potentiel. Wassim Garzouzi

ARTS VISUELS Jean-François Provost Quand? Jusqu’au 17 février Où? Espace Odyssée, 855 boulevard de la Gappe, Gatineau Déplacements de Manuel Lau Quand? Jusqu’au 2 mars Où? Centre d’exposition Art-Image, 855 boulevard de la Gappe, Gatineau De fil en fil de métal : la dentelle sculpturale de Véronique Louppe Quand? Jusqu’au 9 mars Où? Espace Pierre Debain, 120 rue Principale, Gatineau (secteur Aylmer) Présences figuratives Quand? Jusqu’au 30 mars Où? Galerie Montcalm, 25 rue Laurier, Gatineau (secteur Hull) Les dangers de la maternité de Maria Lezón Quand? Jusqu’au 24 février Où? Centre d’exposition l’Imagier, 9 rue Front, Gatineau

THÉÂTRE La conférence des oiseaux de Jean-Claude Carrière Quand? Du 12 au 16 février à 20h Où? Salle académique, 133 rue Séraphin-Marion Morceaux d’amour, chapitre 4 Quand? Le 14 février à 20 h Où? La Basoche, 120 rue principale, Gatineau (secteur Aylmer)

MUSIQUE Daniel Bélanger Quand? Le 13 février à 20h Où? Salle Jean-Despréz, 25 rue Laurier, Gatineau (secteur Hull) Noël Samyn Quand? Le 15 février à 20h Où? Salle Odyssée, 855 boulevard de la Gappe, Gatineau Daniel Boucher Quand? Le 16 février à 20h Où? Salle Odyssée, 855 boulevard de la Gappe, Gatineau

AUTRE Les enjeux de l’amour avec Marc Gervais Quand? Le 19 février à 20h Où? Salle Odyssée, 855 boulevard de la Gappe, Gatineau

Mot de Cambronne

Blaise D. Guillotte, chef de pupitre, Arts et Culture

Le spectateur-roi

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n le sait, le client est roi. Il y a aussi l’enfant-roi. On devrait de plus en plus penser à un néologisme, celui du spectateur-roi. J’avais effleuré le sujet lors de ma première chronique, pointant du doigt le phénomène de la marchandisation de l’art, phénomène décrié depuis quelques décennies déjà, tant par les artistes eux-mêmes que part les philosophes, historiens ou sociologues de l’art. Le sujet est revenu traîner dans ma tête lors d’une chronique de ma feu collègue Claude Rochon. Une chronique sur le manque de financement dans les infrastructures artistiques et culturelles (et l’on s’en doute, de l’art en général). Vrai que les instances gouvernementales n’investissent pas assez dans la culture. Vrai que la culture devrait être une préoccupation importante pour nos élus. Pourtant, il devient

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de plus en plus important de se poser une question qui semble taboue dans le milieu artistique : et le spectateur lui? Qu’en est-il de la responsabilité du spectateur dans la vivacité culturelle d’une région? Si la culture est si importante au développement d’une culture (et c’est ce que je crois), si l’art joue un rôle primordial dans une communauté, cette communauté n’a-t-elle pas, en retour, le devoir de la maintenir en vie, de la subventionner, de payer le prix, d’assister et de s’intéresser aux différentes expressions artistiques de son lieu géographie et de l’époque à laquelle elle vit? La question est taboue précisément parce que le spectateur est roi. Parce que froisser le spectateur, c’est mettre sa compagnie artistique en péril. C’est risquer les sièges vides. Dire qu’il faudrait parfois au spectateur un petit effort intellectuel, lui dire qu’il devrait

sortir de son confort et de son marasme de la culture populaire pour parfois se faire déstabiliser au cours d’un processus de création, dire cela, c’est passer pour un snob, un élitiste. Pourtant, si demain matin une fillette meurt parce qu’elle prend un sirop d’oignon, médecine digne du plus vil charlatanisme, parce que son père ne fait pas confiance à la médecine moderne, si cela arrive, je vous le garantis, personne ne s’objectera aux paroles du bon médecin. Personne ne trouvera élitiste le médecin qui dirait : « N’allez pas vers la facilité. Écoutez-nous et faites-nous confiance, nous sommes formés pour ça. » On trouverait cela de la banalité à son plus banal. Alors pourquoi l’artiste, lui, quand il demande la même chose à son spectateur, devient-il un snob? Un élitiste? Parce que le spectateur est roi et que l’artiste est redevenu un troubadour, un

fou du roi. Pour avoir été dans le milieu artistique longtemps, je sais comment sont longs et pénibles les débats, dans les jeunes compagnies artistiques, pour savoir quel sera le prix d’entrée, à savoir même s’il y aura un prix d’entrée. Contribution volontaire? 2$? 5$? 10$? Oh non pas 10$! Il n’y aura jamais personne à 10$! Et pourtant, on roule en voiture, on s’achète des iPods, on va au cinéma, on va au resto, on a un cellulaire et un bon plan. Mais 10-15$ pour de l’art… Non c’est un peu trop. C’est ainsi que pour vivre un peu, ces artistes pleins de fougue et d’énergie, se mettront à faire des pubs ou à jouer dans les films et télé-séries qu’ils exécraient jadis. Pendant ce temps, le spectateur trône. Il zappe quand il veut. Il va au théâtre quand il veut. Il écoute ce qu’il veut. Et gare à qui ne satisfait pas ses moindres caprices. culture@larotonde.ca

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Arts et Culture

le 11 février 2008

CRITIQUE » DISQUE

Mononc’ Serge /Pestak

L’album live de Monon’Serge ajoute un petit ton jovial à ses chansons normalement sombres. Le DC vient également avec un DVD, quoi qu’il soit difficile de concevoir qu’un groupe d’amis voudrait regarder ce style de musique à la télévision. La force de Mononc’ Serge est sa présence sur scène et donc ses fans seront toujours un peu déçus à l’écoute d’un album studio. L’avantage de cet album en revanche est qu’il incarne bien sa présence live avec toute l’énergie qu’il transmet pour l’écoute. Un

peu vulgaire par moments, Mononc’ Serge est fidèle à lui même. C’est le même Mononc’ souverainiste et déchaîné. À tout ceux qui aiment ce style, cet album est certainement plus accessible que ses derniers. Le DVD inclut toutes sortes de bonus, notamment six vidéoclips et des extraits d’autres concerts, des ajouts qui attireront les fans. Pour ceux qui n’aiment pas ce style, passez votre chemin, il n’y a rien à voir ici. Rien de nouveau avec cet album. Wassim Garzouzi

Association des étudiant.e.s diplômé.e.s (GSAÉD)

Élections 2008

Emplois au journal francophone de l’Université d’Ottawa (février-mars-avril) La Rotonde est à la recherche d’un secrétaire de rédaction et d’un adjoint à la Section Arts et culture. Salaire variant entre 150 $ et 240 $ par semaine. Si un de ces postes vous intéresse, envoyer curriculum vitae et lettre de présentation à directrice@larotonde.ca avant le 15 février à 17h30. Pour plus d’information, n’hésitez pas à contacter Carole Eyram Amoussou, directrice générale. Emploi au journal francophone de l’Université d’Ottawa (2008-2009)

Plus d'informations

elections.gsaed.ca

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La Rotonde cherche un Rédacteur en chef pour l’année 2008-2009. Si ce poste vous intéresse, envoyer curriculum vitae et lettre de présentation à emplois@larotonde. ca avant le 28 février à 17h30. Pour plus d’information, n’hésitez pas à contacter Andréanne Baribeau, directrice du processus d’embauche.

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Sports

le 11 février 2008

Simon Cremer sports@larotonde.ca

BASKET-BALL FÉMININ

Comment finir sur une bonne note Maxime Goulet Simon Cremer

Queen’s 68 Ottawa 66 La foule rassemblée au gymnase Montpetit a eu droit à un excellent match, jusqu’au sifflet final. Même si Queen’s a maintenu une avance d’environ dix points au cours des trois premier quarts, une belle remontée du Gris et Grenat au quatrième quart a resserré la partie. Queen’s a toutefois réussi à maintenir les deux points d’avance durant les deux dernières minutes du match pour finalement l’emporter 68-66. C’est Brittany Moore de Queen’s qui a volé la vedette dans la première demie avec quatre paniers du centre-ville en sept tentatives. Du côté d’Ottawa, le numéro 10, Hannah Sunley-Paisley, a inscrit presque la moitié des points de son équipe en plus de bloquer l’adversaire à quatre reprises. Dans l’ensemble, nos GeeGees semblaient quelque peu désorganisées dans les deux premiers quarts : « Leur entraîneur a fait un bon travail, car elles connaissaient nos jeux. Il a fallu changer de stratégie », commentait Sunley-Paisley après la rencontre. Cependant, leur défensive s’est resserrée et cela a créé quelques opportunités à l’attaque. Entre autres, des belles montées au filet de Melina Wishart et Sarah Van Hooydonk. Néanmoins, plus coriaces et plus agressives sur le ballon, leurs adversaires ont quitté le terrain avec une avance de neuf points. Le temps d’arrêt de la demie a été profitable pour nos Gee-Gees

qui semblaient en meilleure possession de leurs moyens. Elles ont d’ailleurs entamé la demie avec deux paniers consécutifs, réduisant l’écart à cinq points. La pression augmentait alors que les minutes passaient et cela se sentait dans les deux clans. La centre Erin Skippon de Queen’s a commis sa cinquième faute du match avec quatre minutes au compteur. Deux minutes plus tard, Teddi Firmi (Queen’s) s’est écroulée au sol, le souffle coupé par un contact avec la rapide Wishart – c’est toutefois Firmi qui a récolté la faute sur la séquence. Avec 1:22 à faire, et deux points séparant les deux équipes, aucun panier n’a été inscrit, Queen’s l’a emporté dans une fin de match qui opposait deux défensives intraitables.

CMR 69 Ottawa 86 Les Gee-Gees avaient l’opportunité de finir leur saison sur une bonne note, alors qu’elles accueillaient les Paladins du Collège militaire royal (CMR) samedi, au pavillon Montpetit. Un début brouillon pour Ottawa permettait aux Paladins de garder le rythme, avant que les Gee-Gees ne décollent. La troupe de Carlos Brown prenait une avance décisive de 39-33 après 20 minutes de jeu. L’écart a continué à se creuser, grâce à une contribution offensive bien distribuée, alors que le Gris et Grenat prenait plein avantage de la défensive poreuse du CMR. Le pointage était de 61-47 en faveur des Gee-Gees à la fin du troisième quart. Laurie et Van Hooydonk ont eu

droit à un dernier tour de service dans l’uniforme des Gee-Gees à partir du milieu du dernier quart. Les deux finissantes ont respectivement accumulé 14 et 30 points, Van Hooydonk en réussissant 15 sur des tirs de trois points. C’est une équipe ottavienne qui semblait plus détendue qu’à l’habitude, capitalisant sur huit de leurs 16 tirs de l’extérieur de l’arc, alors que leurs vis-à-vis en ont également réussi huit, mais en 28 occasions. « C’est la première fois que je savais que c’était ma dernière partie, et je tenais à tout donner », expliquait Sarah Van Hooydonk.

Une conclusion idéale Pour les deux finissantes, et pour l’ensemble de l’équipe, c’était une façon rêvée de terminer la saison. Après un changement abrupt de programme à quelques semaines du début de la saison, avec le départ de quatre vétérans en raison d’un « différend philosophique », plusieurs jeunes joueuses se sont retrouvées avec plus de responsabilités que prévu. L’entraîneur-chef Carlos Brown était le premier à féliciter l’équipe, et à remarquer tout le chemin parcouru par tout le monde impliqué dans le programme. « Tout le monde a beaucoup appris, et a grandi. Je sais que nous serons meilleurs l’an prochain. Je le sais. » L’émergence de jeunes joueuses comme Émilie Morasse et Hannah Sunley-Paisley, et une victoire décisive pour clore l’année 2007-2008 permet aux partisans ottaviens de croire que les Gee-Gees seront autrement plus compétitives l’an prochain.

Melina Wishart (numéro 20) porte le ballon sous les yeux de son entraîneur Carlos Brown, vendredi soir. Photo par Karine Desjardins.

HOCKEY FEMININ » OTTAWA 2 CONCORDIA 0

Les Stingers perdent leur piquant

Erika Pouliot tente de déjouer Audrey Doyon-Lessard. Les Gee-Gees l’ont emporté face aux Stingers dimanche, une victoire qui leur garantit l’avantage de la glace pour les prochaines séries. Photo par Simon Cremer.

sports@larotonde.ca

Simon Cremer Les Gee-Gees ont terminé dimanche après-midi leur saison régulière au-dessus de la marque des .500, s’assurant de l’avantage de la glace pour les séries de la Fédération québécoise du sport étudiant (FQSÉ) avec une victoire de 2-0 contre les Stingers de l’Université Concordia. Les deux points des Gee-Gees, couplés à la défaite de 3-1 des Ravens contre les Martlets de McGill assurent Ottawa d’avoir l’avantage de la glace lors des éliminatoires. Les Stingers ont su contenir l’attaque des Gee-Gees dans une première période au rythme lent, et aux pénalités multiples. Ottawa a entamé le deuxième tiers avec une énergie nouvelle. À force de presser le jeu en zone ad-

verse, Lauryn Lapello a inscrit les siennes au tableau indicateur, déviant un tir de la ligne bleue. Quelques instants plus tard, c’est Kim Kerr qui a à son tour dévié un tir de loin pour déjouer Audrey DoyonLessard des Stingers, procurant un but d’assurance aux Gee-Gees. La troisième période a vu le Gris et Grenat continuer à forcer le pas en attaque. Erika Pouliot et Joelle Charlebois ont eu bon nombre de chances, sans toutefois trouver moyen de battre Doyon-Lessard. Son homologue, Melissa DiPetta, a été simplement intraitable, se méritant un premier blanchissage cette année. DiPetta a eu à se démarquer à quelques reprises, notamment en désavantage numérique en premier tiers-temps. Après que McGill ait trouvé son

rythme, il était clair que les trois autres formations de la conférence québécoise chercheraient à s’assurer la deuxième place. « C’était important pour nous de finir en force. Nous tenions à jouer sur notre glace, avec nos bandes », expliquait l’entraîneure-chef Shelley Coolidge. Il reste deux matchs à la saison des Gee-Gees, tous deux sur la route, contre McGill et Carleton. « Nous nous devons de prendre moins de pénalités. Nous avons des excellentes unités spéciales en désavantage numérique, mais on ne peut pas se permettre d’être indisciplinées », de dire Coolidge. « Nous avons vu quelques beaux jeux de passes en fin de match aujourd’hui, nous devrions en voir plus dans les matchs à venir. »

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Sports Prolongation

le 11 février 2008

Simon Cremer, chef de pupitre, Sports

Le cas Darryl Boyce

D

arryl Boyce, ça vous dit quelque chose? Si vous suivez comme moi la Ligue nationale de hockey de très (trop?) près, vous aurez peut-être vu son nom dans les manchettes il y a quelques semaines, alors que les Maple Leafs de Toronto l’ont rappelé des Marlies, leur club école. En raison d’une blessure à l’épaule, il n’a joué qu’un match dans la LNH jusqu’à maintenant. Darryl Boyce a ceci de spécial qu’il a joué la dernière année avec les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick. Les mêmes V-Reds qui ont remporté le titre national du Sport interuniversitaire canadien (SIC) en hockey masculin l’an passé. Vous vous en doutez peut-être, mais Boyce a été un élément clé de la victoire des Reds, menant les siens dans à peu près toutes les catégories de statistiques offensives. L’athlète de 23 ans a signé son premier contrat professionnel il y a un peu plus d’un mois. Son rappel par les Leafs est intéressant à plusieurs points de vue; notamment, il nous permet de comparer les niveaux de jeux du hockey universitaire et professionnel en Amérique du Nord. Il n’y a qu’un joueur ayant joué de façon régulière pour une université canadienne qui évolue présentement dans la LNH. Il s’agit de

Mathieu Darche, qui a eu à faire la navette à quelques reprises entre Norfolk et Tampa Bay, avant de se tailler une place sur l’alignement régulier du Lightning cette année. Darche, un ancien capitaine des Redmen de McGill, a signé comme agent libre avec la formation floridienne cet été. Après quatre saisons à McGill, l’ailier gauche a passé trois saisons au club école des Blue Jackets, et une avec celui des Predators et des Sharks, sans compter un séjour avec le EV Duisburg de la ligue professionnelle allemande. En un peu plus de 70 matchs dans la LNH, Darche a accumulé cinq buts et 13 points. Qu’est-ce que ça veut dire, tout ça? À première vue, que même la crème de la crème des joueurs du SIC arrive de peine et de misère à se faire un chemin jusqu’au niveau professionnel. Certes, les cas de Mathieu Darche de Darryl Boyce (et l’absence d’autres exemples) abondent dans ce sens. Mais aussi, et ceux parmi vous qui ont vu à l’œuvre les Gee-Gees au Complexe sportif savent de quoi je parle, c’est une démonstration du niveau de jeu de la LNH. Si, d’une ligue compétitive, au niveau relevé comme le SIC, seuls quelques joueurs aboutissent dans la Ligue nationale, on voit comment celle-ci est saturée de talent.

Remarquez également comment ce sont deux équipes avec peu de profondeur en attaque qui ont signé les deux joueurs universitaires : Tampa Bay et Toronto. Deux équipes qui ont moins à perdre en prenant une chance sur un joueur sortant d’une ligue qui est encore snobée par les dépisteurs (sans parler de la tendance des Maple Leafs à prendre des drôles de décisions – Boyce est par ailleurs l’une des dernières signatures de la carrière de John Ferguson Jr.) , en bonne partie parce que ce sont – en théorie – des athlètes qui ont déjà atteint un niveau de développement avancé. Toutefois, j’ai espoir que les choses changent. Premièrement, parce que d’année en année, le hockey est de plus en plus compétitif. Le développement des joueurs au niveau junior fait que même ceux qui ne sont pas repêchés sont plus compétents que leurs prédécesseurs. L’autre élément est la disparition d’un accord de transferts entre la LNH et les fédérations de hockey européennes. Personnellement, je crois que la décision des ligues d’Europe de refuser de collaborer collectivement avec leur homologue nord-américain est toute bénéfique. D’un côté, elle permettra à ces ligues de redorer leur blason en permettant aux équipes

de garder leurs joueurs chez eux. Depuis des années, les alignements des formations de la SM-Liiga, de l’Elitserien et de la Super Ligue de Russie étaient remplis de joueurs non repêchés et de hasbeen de la LNH. En même temps, de notre côté de l’Atlantique, elle forcera les équipes à chercher dans leur propre cour pour trouver les bons joueurs, plutôt qu’aller les chercher en Suède, en Finlande ou en Tchéquie. Et de ce fait, les dépisteurs tourneraient leur regard vers, entre autres, le SIC. Il y a toujours eu des « Martin St-Louis », des joueurs dont personne n’avait vu le talent avant qu’une équipe ne prenne une chance en le signant comme agent libre. Peut-être que Darche et Boyce finiront par s’en faire une vraie, une place dans la LNH. Mais l’absence d’accord de transferts entre l’Europe et la Ligue nationale pourrait être le coup de chance que le SIC attendait pour faire valoir ses joueurs, ses équipes et ses programmes. Le Sport interuniversitaire canadien est certes loin d’être une ligue sans défauts (j’aurai l’occasion de revenir là-dessus), mais un peu d’exposition supplémentaire ne pourrait faire de mal à personne. sports@larotonde.ca

BASKET-BALL MASCULIN

Fin de semaine mitigée Maxime Goulet, Simon Cremer

Ottawa 48 Queen’s 64 C’était le dernier week-end de basketball et les estrades s’étaient remplies pour l’occasion. Le match opposait deux excellentes formations : Ottawa (16-5) et Queen’s (13-8). Notons l’absence de Josh Gibson-Lacombe, meilleur marqueur de l‘équipe, blessé au genou. Nos Gee-Gees ont bien commencé la partie, terminant le premier quart avec cinq points d’avance sur leurs adversaires. L’efficacité de Queen’s à la ligne de trois points (38,1 %) et de ses lancers de deux points (43.5 %) auront eu raison de la troupe de Dave DeAveiro. Le pointage, 64-48 à l’avantage de Queen’s, témoigne de la performance en dent de scie d’Ottawa. Un tir du centre-ville de Donnie Gibson a donné le ton au match. Après un début de partie chancelant, Ottawa semblait avoir pris le contrôle. Continuant sur la même lancée, Gibson a enfilé son deuxième panier de trois points du match dès le début du troisième quart. C’est à ce moment que les choses se sont corsées pour Ottawa alors que leurs adversaires ont compté une dizaine de points sans réplique. Le temps mort n’ayant aidé en rien, on espérait pour nos Gee-Gees que la demie allait leur permettre de se replacer. Les Goldens Gaels ont explosé au troisième quart avec quatre tirs du centre-ville d’affilée, deux par Jon Odgen et deux par Mitch Léger. L’attaquant de 6’6’’ allait d’ailleurs finir la partie avec le meilleur total de points, 19, et la meilleure moyenne à la ligne de trois

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points (60 %). Chez les Gee-Gees, le vétéran Shawn Peters, affichait le meilleur bilan avec 12 points. La foule, toujours nombreuse mais devenue silencieuse, a assisté a une des pires défaites de la saison : « Les gars ont essayé trop fort. Ils ont voulu combler le manque causé par l’absence de Josh, ils ont voulu en faire trop », a répété Dave Deaveiro après le match.

CMR 46 Ottawa 93 Les Gee-Gees ont toutefois su se reprendre de la défaite contre Queen’s avec une convaincante victoire contre l’autre formation de Kingston, les Paladins du Collège militaire royal (CMR). Après avoir été passablement amochés au Raven’s Nest la veille, s’inclinant 113-27 contre Carleton, les Paladins avaient à faire face à une autre équipe de premier plan samedi contre les Gee-Gees. Ceux-ci devaient cependant se débrouiller sans les services de Josh Gibson-Bascombe et David Labentowicz, remplacés par Justin Bell et Bojan Dodik dans le cinq partants pour Ottawa. Dans un premier quart relativement tranquille, Aaron Rados se démarquait pour faire 12-6, réalisant un dunk sur un revirement en défensive. Les Gee-Gees se réveillaient pour enfiler six points dans les dernières minutes, menant 18-6 après le premier dix. Les hommes de Dave Deaveiro ouvraient la machine au deuxième quart, prenant une avance de 31-12, limitant les Paladins à six points. Marvin Bazille ponctuait un début

de deuxième demie éclatant, alors qu’il y allait à son tour d’un dunk absolument spectaculaire, faisant lever le banc des siens, et forçant un temps d’arrêt par le CMR. Inspirés par la manœuvre, les Gee-Gees marquaient 13 points avant que les Paladins ne puissent répliquer. La menace des Paladins se faisant marginale, Deaveiro envoyait ses recrues dans la mêlée en troisième quart. Aaron Rados a été parmi les joueurs à en profiter le plus, totalisant 26 points, un sommet personnel et parmi les siens, capitalisant sur six de ses huit tirs depuis le centre-ville. Ottawa continuait sur sa lancée au quatrième quart, sans toutefois relâcher en défensive, limitant principalement le CMR à des tirs du périmètre. Rados, visiblement en grande forme, participait toujours à creuser l’écart avec une séquence de huit points consécutifs, avant de rejoindre le banc, non sans être chaudement applaudi par la foule en fin de quatrième dix. Malgré une première demie décevante, Dave Deaveiro était somme toute content de la performance de ses hommes. Au sujet du garde de première année Aaron Rados, qui était passé relativement inaperçu jusque là cette saison, il a lancé un message clair : « Nous savons qu’il a le potentiel. C’est une question de confiance en soi, et visiblement il l’avait ce soir. Il a un bel avenir devant lui. » Les Gee-Gees termineront leur saison sur la route, alors qu’ils rendront visite à leurs voisins, les Ravens de Carleton, toujours invaincus cette saison après 21 matchs.

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Sports

le 11 février 2008

HOCKEY MASCULIN

Le banc des Ravens célèbre une victoire convaincante contre les Gee-Gees, samedi. Ceux-ci ont peut-être perdu cette dernière manche de la Bataille de Bytown, mais auront l’avantage de la glace en séries. Photo par Simon Cremer.

Les Gee-Gees refroidis par Carleton, avant de rebondir contre les Stingers Simon Cremer

Ottawa 1 Carleton 7 Assurés d’une place en séries, les Gee-Gees se sont fait surprendre par l’énergie du désespoir de leurs rivaux de Carleton, alors que les Ravens ont remporté cette dernière manche décisive de la Bataille de Bytowne, par la marque de 7 à 1. C’est pourtant Yannick Charron qui ouvrait les hostilités, qui plus est de belle façon. À peine 47 secondes après la première mise au jeu, l’attaquant hullois déculottait

Doug Jewer pour inscrire son X de la saison. Mais l’avance des Gee-Gees fut de courte durée. En avantage numérique, Adam Marriner trouvait une première fois le fond du filet pour niveler le pointage. Il remettait ça quelques instants plus tard pour permettre à Carleton de prendre les devants, avant de permettre au capitaine Andrew Gibbons de faire 3-1. S’en suivit un véritable festival offensif de la part des Ravens. Mike Testa, Justin Curuana et Bobby McBride ont tous trouvé le fond du filet en deuxième, alors que Marriner a

complété son tour du chapeau pour porter la marque à 7-1 en faveur de Carleton. Jared Cipparone et Brodie Beard ont chacun récoltés trois passes payantes dans la victoire. Riley Whitlock a été remplacé par Martin Bricault devant le filet des Gee-Gees après le cinquième but des Ravens, mais sans changement dans le jeu de l’équipe. Après quelques belles exécutions en avantage numérique, les Ravens ont su tirer pleinement profit des revirements et des attaques à deux contre un ou trois contre un pour faire travailler les juges de but.

Un match qui en laissait plus d’un sans voix, dans le camp des Gee-Gees. Après une fin de semaine capitale qui s’était soldée par deux victoires importantes sur la route, Ottawa n’a jamais pu suivre le rythme rapide et physique des Ravens, ce qui est pourtant leur force habituellement. L’entraîneur-chef Dave Léger ne pouvait que difficilement s’expliquer cette contre-performance : « Nous avons eu une bonne semaine d’entraînement, et nous savons que ce n’est pas le temps de couper les coins ronds, mais Carleton a joué avec l’énergie du désespoir, et nous n’avons pas su suivre. »

Ottawa 4 Concordia 3 (fus.) Les Gee-Gees se sont pourtant re-

pris de belle façon dimanche, alors que la troupe de Dave Leger a eu raison en fusillade des Stingers de Concordia, à Montréal. Après que les Stingers aient creusé un écart de deux buts dans les deux premières périodes, la recrue Ryne Gove a mené une poussée offensive, avec deux buts et une passe, pour niveler la marque à 3-3 dans le dernier tiers. Yannick Charron a donné la victoire aux siens en fusillade. Malgré le faux-pas contre les Ravens, les deux dernières semaines des Gee-Gees ont été on ne peut plus fructueuses, permettant à Ottawa de non seulement accéder aux séries, mais aussi d’avoir l’avantage de la glace alors qu’ils affronteront Toronto la semaine prochaine.

Double prolongation Simon Cremer, chef de pupitre, Sports

Épilogue d’une saison difficile

C

’est devant les gradins bien garnis du pavillon Montpetit que Sarah Van Hooydonk et Katie Laurie ont été honorées à la mi-temps de la rencontre de samedi soir, contre le CMR. Avec la victoire face aux Paladins, les deux joueuses terminaient leur tour de garde avec les Gee-Gees. « Ces jeunes filles ont traversé une saison difficile », disait l’entraîneur-chef Carlos Brown. C’est peu dire. Alors qu’avant le début de la saison, les Gee-Gees espéraient se battre pour avoir l’avantage du terrain en séries, il a fallu attendre une douzaine de matchs pour voir une première victoire, à la suite des évènements

sports@larotonde.ca

qu’on connaît. Le départ de quatre vétérans, dont trois capitaines, a fait remonter dans le temps le développement du programme. L’équipe est retournée au stade de reconstruction, pour ne pas dire de construction, alors que des joueuses issues du secondaire se sont lancées dans la mêlée, entourées d’une poignée de vétérans, dans une ligue de basket-ball féminin très compétitive. Certes, on peut critiquer l’équipe et les entraîneurs pour une saison en deçà des attentes. Mais il faut regarder outre la fiche peu reluisante de trois victoires et 19 défaites, et porter attention aux matchs eux-mêmes. Pratiquement à chaque rencontre, si on isole un quart ou une demie, les Gee-Gees ont

été en mesure de l’emporter. Rien que là, il y a de quoi être fier. Pour citer Brown, il n’y a jamais eu de relâche par ses troupes. « Je n’ai jamais remis en question l’effort ». Cet effort, il a été inspiré, dans mon opinion, de joueuses comme Sarah Van Hooydonk et Katie Laurie. Dans une saison des plus mouvementées pour le programme de basket-ball féminin de l’Université d’Ottawa, la présence des deux vétérans était on ne peut plus bénéfique à la fois pour les entraîneurs et les joueuses. Ces joueuses ont déjà fait face à l’adversité, elles ont déjà eu des moments difficiles. Sans Van Hooydonk et Laurie, la situation aurait facilement empiré. « Katie est la joueu-

se la plus solide que j’aie eu l’occasion de diriger. Elle n’a jamais relâché ses efforts », de dire Carlos Brown. C’est dans les meilleures équipes qu’on voit les meilleurs joueurs, dit-on en sport : Gretzky avec les Oilers, Brady avec les Patriots, par exemple. Quand les victoires et les championnats viennent, il est facile de faire les éloges des individus responsables – sans pour autant que ces éloges ne soient pas méritées, bien entendu. Mais quand une équipe en arrache, c’est là qu’on voit la vraie trempe de ses athlètes. Sarah Van Hooydonk le démontre avec brio. « Sarah est venue ici pour faire une différence. Elle s’est améliorée chaque année, et m’a permis d’être un meilleur entraîneur. » sports@larotonde.ca

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Sports

le 11 février 2008

Les trois étoiles de La Rotonde

1 2 3

BASKET-BALL MASCULIN - SUO EST

SARAH VAN HOOYDONK » BASKET-BALL FÉMININ Van Hooydonk a souligné son dernier match dans l’uniforme des Gee-Gees de belle façon, accumulant 30 points, dont 15 du centre-ville, dans la victoire contre le CMR samedi. AARON RADOS » BASKET-BALL MASCULIN Les Gibson-Bascombe absents, Rados a comblé avec brio le poste de garde samedi, amassant 26 points pour mener les siens à une victoire convaincante face au CMR.

ÉQUIPE

PJ

V

D

%

DIFF.

CARLETON

21

21

0

1,000

+549

PTS 42

OTTAWA

21

16

5

0,762

+237

32

TORONTO

20

15

5

0,750

+154

30

QUEEN’S

21

13

8

0,619

+140

26

RYERSON

20

7

13

0,350

-77

10

YORK

21

6

15

0,286

-122

10

LAURENTIENNE

21

4

17

0,190

-365

8

CMR

21

0

21

0,000

-841

0

PTS

BASKET-BALL FÉMININ - SUO EST

DYLAN PRINGLE » NATATION Deux nouveaux records pour le nageur des Gee-Gees, sans parler une qualification aux championnats nationaux du SIC pour l’étudiant en sciences sociales.

EQUIPE

PJ

V

D

%

DIFF.

TORONTO

22

18

4

0,818

+285

36

YORK

22

18

4

0,818

+243

36

LAURENTIENNE

22

15

7

0,682

+213

30

QUEEN’S

22

9

13

0,409

+13

18

CARLETON

22

8

14

0,364

-27

16

RYERSON

22

5

17

0,227

-289

10

OTTAWA

22

3

19

0,136

-243

6

CMR

22

0

22

0,000

-753

0

VOLLEY-BALL FÉMININ - SUO EST

EN BREF » VOLLEY-BALL

En route pour les séries

À l’aube du dernier match de la saison, les Gee-Gees (15-3) sont allées arracher une victoire éclatante de 3-0 à York (10-9), samedi soir. Une victoire qui les a rapproché à un gain de la première place de la division Est du SUO (Sport universitaire ontarien). Les trois sets se sont soldés par des pointages semblables : 2521, 25-19, 25-20. York, renvoyé au vestiaire en l’espace de 77 minutes, n’a pas su freiner le tandem Christine Lamey - Laura

// CALENDRIER // MERCREDI 13 FÉVRIER

Simons. Lamey a inscrit 15 attaques décisives, alors que Simons a accumulé 36 passes. Du côté de York, c’est Candice Paulsen qui a été la meilleure, avec dix attaques décisives. Une défaite en quatre sets contre Toronto dimanche, jumelé à une victoire de McMaster signifie que le tournoi carré d’as se déroulera à Hamilton. Les Gee-Gees seront cependant hôtesses de la ronde préliminaire. —Romain Guibert

Basket-ball masculin À Carleton, 20h

PJ

V

D

SG

SP

PTS

TORONTO

19

17

2

54

12

34

OTTAWA

19

15

4

49

19

30

YORK

19

12

7

40

29

24

QUEEN’S

19

7

12

31

41

14

19

5

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DIMANCHE 17 FÉVRIER

LAKEHEAD

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Hockey féminin À Carleton, 13h

CMR

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*Dates des matchs des séries en hockey masculin et féminin, en basket-ball masculin et en volleyball féminin à déterminer.

Faire carrière en counselling, ça vous intéresse? Inscrivez-vous dès maintenant les places sont limitées ! M.A. (avec thèse) ou M.Ed. (sans thèse) Comprend deux stages cliniques supervisés et un choix de cours où vous pourrez approfondir des thèmes comme : • Counselling : théories et pratiques • Travail et santé mentale • Théories du choix de carrière • Techniques d’intervention en psychothérapie • Administration des tests psychologiques • Recherche et thèse (programme de M.A. seulement) Nos diplômés peuvent devenir membres de l’Association canadienne de counselling, et, sous certaines conditions, de l’Ordre des conseillers d’orientation du Québec (OCCOPPQ). Ph.D. en counselling Comprend des cours en théorie et pratique de la supervision en counselling et la rédaction d’une thèse.

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ÉQUIPE

RYERSON

Université d’Ottawa

18 • www.larotonde.ca

// CLASSEMENTS //

Photos par Simon Cremer

HOCKEY FÉMININ - FQSÉ ÉQUIPE

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D

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PTS

HOCKEY MASCULIN - SUO EST ÉQUIPE

PJ

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UQTR

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5

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QUEEN’S

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MCGILL

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OTTAWA

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TORONTO

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13

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2

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CARLETON

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CONCORDIA

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CMR

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2

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RYERSON

28

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-39

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EN BREF » NATATION

Ottawa fait bonne figure aux championnats du SUO Le Gris et Grenat a été bien représenté cette fin de semaine, à l’Université de Toronto, alors que les deux formations de natation de l’Université d’Ottawa prenaient part aux championnats du Sport universitaire ontarien (SUO). Dylan Pringle a rejoint Hans Fracke, Peter Suen et Marie-France Boucher en réalisant les temps qualificatifs pour le Championnat national du Sport interuniversitaire canadien. Pringle a également réalisé des temps records pour la brasse

100 et 200 mètres. Au classement général, l’équipe masculine a terminé deuxième avec une confortable avance, notamment grâce à une victoire par 12 points contre l’Université Western Ontario. Les équipes masculines du relais quatre nages (quatre fois 100 m) et style libre (quatre fois 50 m) ont établi de nouveaux records pour l’Université. La formation féminine, pour sa part, a mérité la 7e place. —Simon Cremer

sports@larotonde.ca


le 11 février 2008

7an5s

LaRotonde Le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa

Éditorial: Élections FÉUO

le 11 février 2008 • Vol. LXXV No.18

Les choix de La Rotonde

I

l y a deux types de candidats aux élections de la FÉUO. Il y a ceux qui se voient comme des gestionnaires et ceux qui se voient comme des représentants syndicaux. Cette année, les étudiants ont le choix pour presque chaque position.

COMMUNICATIONS

La course pour le poste de vice-présidence aux communications est probablement celle qui illustre le mieux cette nouvelle réalité. D’un côté, François Picard tente de se faire réélire et de l’autre on retrouve Julie Séguin qui s’oppose à sa vision. Picard voit le rôle des communications comme celui de tout autre membre de l’exécutif, c’est-à-dire un représentant sur six. Il voit le rôle des communications comme une façon d’impliquer plus d’étudiants dans de « grands » projets. Il ne voit pas son rôle comme celui qui fait des présentations de classes, même s’il le fait également. De son côté, Julie Séguin croit que le rôle du vice-président aux communications est de communiquer les projets de la FÉUO, sans pour autant proposer des plans. D’ailleurs, la grande partie de sa plate-forme consiste à trouver de meilleurs moyens de transmettre le message, sans jamais parler du message lui-même. Le candidat idéal serait une combinaison des deux. Il ne fait aucun doute que Séguin amène avec elle une énergie et un vent de fraîcheur que la FÉUO n’a pas vu depuis un bon moment et qu’elle serait plus visible que François Picard. Reste que la FÉUO a besoin de vision, beaucoup plus qu’elle n’a besoin d’un porte-parole. François Picard a le mérite d’avoir présenté la meilleure idée de la campagne, celle de tenir des assemblées générales. Il était temps que quelqu’un parle du déficit démocratique à la FÉUO. Malgré tout, plusieurs étudiants ont un malaise à revoir les mêmes candidats se présenter année après année et si quelqu’un veut du changement, il est normal qu’il vote pour Séguin. Les deux choix sont bons et peuvent être défendus, mais La Rotonde veut une vision à la FÉUO et c’est Picard qui représente le mieux ce désir.

AFFAIRES UNIVERSITARES

La lutte pour la vice-présidence aux affaires universitaires est plus un référendum sur Seamus Wolfe qu’un choix entre deux candidats. Blake Thibault, qui se positionne clairement contre Wolfe dans sa plate-forme, n’a pas mené une campagne très sérieuse. Mise à part une présence obligatoire à certains évènements, le manque de passion qu’il a démontré tout au long de la campagne montre bien qu’il voulait tout simplement éviter que Wolfe soit acclamé. C’est une décision qui se défend et qui mérite d’être approfondie. Si la candidature de Wolfe inspire d’autres à se présenter, c’est parce que le vice-président aux affaires universitaires sortant polarise inutilement les étudiants. Pen-

dant le débat, une étudiante a demandé à Wolfe pourquoi il n’avait pas cru bon de modifier sa plate-forme par rapport à celle de l’année dernière. Il a répondu qu’il n’a pas changé depuis et que c’est son rôle de provoquer des réactions. Bien que ce journal eût été d’accord avec la majorité de ses positions, Wolfe s’est inutilement attiré les foudres de plusieurs en faisant fi de l’opinion d’une grande partie de la population étudiante. Ignorer qu’il existe une opposition légitime sur le campus ne fait pas preuve de bon leadership. Malgré tout, Wolfe a une vision pour la Fédération étudiante. Il voit la FÉUO comme un syndicat étudiant qui s’implique dans la communauté et qui va au-delà de l’Université d’Ottawa. Wolfe s’oppose également ouvertement à la commercialisation du campus, une position que nous croyons essentielle pour toute personne occupant ce poste. Pour ces raisons, nous favorisons Wolfe, tout en reconnaissant que son style peut lui mettre à dos plusieurs étudiants qui seraient alors tentés de voter pour Thibault.

AFFAIRES ÉTUDIANTES

Danika Brisson, vice-présidente sortante aux affaires étudiantes, n’a jamais fait partie de l’establishment de la FÉUO. Tout au long de son mandat, certains employés et coordonnateurs de services se sont opposés à elle, y compris des candidats défaits. Elle a commis quelques gaffes et elle sera la première à le reconnaître. Sa première plateforme était un peu trop ambitieuse et elle semble avoir pris une bouffée de modestie cette année. C’est toujours difficile de se présenter contre un candidat sortant et pour le faire, il faut avoir une vision forte. Liz Doneathy s’est présentée comme la candidate du « changement ». Elle a dit qu’elle voulait ramener l’ « étudiant » dans le poste de vice-président aux affaires étudiantes. Le problème avec sa candidature est qu’elle ne s’est tout simplement pas assez démarquée de son adversaire. Si on se présente comme candidat de changement, c’est qu’il faut avoir une vision divergente. Malgré tout, Doneathy offre une vision plus « bureaucratique » du poste, limitant les projets d’envergure et pour toute personne qui préfère voir ce type de personne occuper ce poste, Doneathy serait un bon choix. Elle est compétente et elle connaît la machine de la FÉUO. Ceci dit, notre journal a été séduit par l’idée de Danika Brisson de créer un fonds réservé aux clubs qui désirent devenir plus bilingues. Nous sommes satisfaits de son premier mandat et nous n’avons pas été convaincus que Doneathy ferait un meilleur travail. Pour ces raisons, notre choix s’arrête sur Danika Brisson.

AFFAIRES SOCIALES

Le poste de vice-président aux affaires sociales est probablement le plus intéressant parce qu’il met en opposition deux visions complètement différen-

Référendums: redaction@larotonde.ca

tes. Joël Larose est le candidat traditionnel pour ce poste. Il veut ajouter des activités, consolider celles qui sont là tout en continuant dans la même voie. Nicholas Laplante propose une révolution au sein du calendrier social de la Fédération en diversifiant vraiment le genre d’activités, c’est-à-dire en ajoutant un volet culturel aux activités existantes. Étrangement, l’idée d’organiser des sorties à des musées ou au théâtre frappe par sa simplicité, mais démontre à quel point les activités sociales de la FÉUO sont trop axées sur le volet « party ». Laplante a également présenté l’idée de tenir des activités sociales francophones, pour combler le poids démesuré de l’anglais aux évènements « bilingues ». Encore une fois, nous nous devons de lui lever notre chapeau pour la créativité de ses idées. Finalement, Laplante a su imposer le ton tout au long de la campagne. Il n’a pas eu peur de se prononcer en faveur de partenariats avec la FCÉÉ pour avoir des t-shirts équitables. Son style est parfois trop agressif et il risque polariser une partie de l’électorat. Larose propose une vision plus traditionnelle du poste et entre beaucoup plus dans le cadre « gestionnaire » que visionnaire. Malgré ce cadre limité, Larose a beaucoup d’expérience dans l’organisation des évènements de la FÉUO et entre beaucoup mieux dans l’esprit et la tradition de la Fédération que Laplante. La Rotonde favorise la candidature de Laplante, mais si la FÉUO devait être gérée par Larose, nous sommes confiants que les activités sociales seraient entre des mains compétentes.

109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef Wassim Garzouzi 819 208 4237 redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Houda Souissi revision@larotonde.ca Actualités Andréanne Baribeau (Chef de pupitre) Céline Basto (Adjointe) actualites@larotonde.ca Sports Simon Cremer (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca Direction artistique Karine Desjardins (Directrice) Francis Chartrand (Adjoint) photographie@larotonde.ca

Édiion du 11 février 2008 volume LXXV No.18

Chant de cygne

pages 15,17

FINANCES

Finalement, la seule candidate à la vice-présidence aux finances est Roxanne Dubois. Pour la première fois depuis la vente des commerces de la FÉUO il y a déjà plusieurs années, Dubois amène avec elle une vision au poste des finances. Elle avance ses idées en se basant sur le portfolio des finances, plutôt que de se limiter à « bien gérer les fonds ». Dans les années passées, le poste de vice-président aux finances se limitait à s’assurer que toutes les dépenses soient bien faites. Or, cette année, Dubois propose des mesures concrètes comme l’achat de vaisselle réutilisable aux commerces de la FÉUO, des taxes sur les sacs en plastique et une augmentation de salaire pour les employés de la Fédération, pour n’en énumérer que quelques-unes. Pour certains qui ne veulent pas voir la vice-présidence aux finances transformée en poste politique, ce sont des projets sans intérêt. Encore une fois, c’est un choix qui se défend et ces personnes pourront voter « non » lors des élections. De notre côté, nous voyons l’essence même du poste comme politique, comme tous les autres à la FÉUO. S’il y a des élections, c’est pour que ces personnes apportent avec eux une vision à la gestion de la Fédération pendant une année. Nous croyons que Roxanne Dubois apporte avec elle cette vision et c’est pour cette raison que nous appuyons sa candidature.

Pour connaître les choix référendaires de La Rotonde, lisez notre éditorial sur notre site internet sous la rubrique “éditoriaux”.

Photo de la couverture George Ngo Production Peter Raaymakers Jason Chiu production@larotonde.ca Page éditoriale Wassim Garzouzi (éditorial) Webmestre Wassim Garzouzi webmestre@larotonde.ca

ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Carole Eyram Amoussou direction@larotonde.ca 613 562 5264 Représentant de la publicité François Dionne 819 562 9173 impacts@724marketing.ca La Rotonde est le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), et distribué à 6000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

www.larotonde.ca •

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11fevrier  

pages 15,17 Édiion du 11 février 2008 volume LXXV No.18 Édiion du 11 février 2008 volume LXXV No.18