Issuu on Google+


Actualités

10 septembre 2007

s u o v z e y o v Enen l’air avec RYTEC! ssez-passer de gagner des lai Courez la chance ne de la Forêt endu et la tyrolien pour le sentier susp EC.CA. on sur WWW.RYT de l'aigle. Inscripti le site internet. ts disponibles sur /www.cgfa.ca Détails et règlemen p:/ htt : e igl l'a de rêt Fo

2 • Volume www.larotonde.ca LXXV • No. 2

actualites@larotonde.ca


10 septembre 2007

À vous la parole Vente… un gros détail Je suis un nouvel étudiant à temps partiel à l’Université d’Ottawa et mon horaire de cours m’oblige à traverser le centre universitaire plusieurs fois par jour. En m’arrêtant cette semaine au Pivik, le petit dépanneur très fréquenté de l’endroit, j’avoue avoir été estomaqué par la présence d’une quantité déraisonnable de caisses de produits coca-cola à vendre au prix douteux de 1$. À mon sens, cette stratégie de vente, qui me semble être ni plus ni moins qu’un écoulement de stocks, soulève plusieurs questions. Tout d’abord, comment ce commerce, détenu par la Fédération étudiante, en vient-il à se procurer une telle quantité de produits Coca-cola pour les revendre à un prix moindre? De plus, une semaine de bienvenue nommée « Révolution », organisée par la même association qui vend et qui promeut des produits Coca-Cola c’est plutôt décevant. À quand la vraie révolution? À quand le jour où le Pivik vendra des jus frais au même prix? Denis Raphaël, histoire J’entame ma cinquième année à l’Université d’Ottawa et je dois avouer que j’ai dû contribuer considérablement au revenu des restaurants sur le campus, non pas par choix personnel, mais par nécessité. Si tu as le malheur d’être un étudiant impliqué dans la vie universitaire à l’extérieur des cours et que tu dois passer une partie considérable de ta journée sur le campus - sinon tes journées complètes – un lunch fait maison suffit rarement. Il faut alors considérer ces options : acheter des cochonneries au Pivik ou y payer une fortune pour des aliments nutritifs comme des fromages Babybel à 1$ chacun, se plier au monopole de Chartwells qui offre peu de variété ou se rendre à l’un des quelques restaurants du campus. Lequel? Ça ne dérange pas, ils ont à peu près tous le même menu. Father’s And Son’s, Royal Oak, La Maison, c’est du pareil au même. Comme exception, il y a tout de même le café Nostalgica, qui offre quelque chose d’original, mais où la qualité de la nourriture semble avoir pris le bord depuis les dernières années. Sinon, le restaurant Perfection Satisfaction Promise est en haut de la liste, en plus d’être le seul endroit capable de fournir un café buvable, depuis que le Spuds a laissé place à un autre

resto… de Shawarma. La Taverne est aussi une découverte intéressante et je vous recommande de l’essayer avant de la juger par son apparence. J’oubliais Govindas, sur Sommerset, un joyau caché du campus. J’ai récemment appris que l’un des soucis de l’Université est de garder les étudiants sur le campus durant l’heure du dîner. L’Université peut bien organiser des activités dans l’agora du centre universitaire en continue, mais si elle n’est pas capable d’offrir un service alimentaire adéquat, moi aussi je déserterai le campus pour aller manger au centre-ville. Stéphanie Villeneuve, physique

FCÉÉ – FÉUO Re : Le c.a. de la FÉUO se pose en champion du déni (Article, 27 août) Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi le c.a. de la FÉUO a refusé de se joindre à la FCÉÉ. Il n’y avait aucun coût lié, la FÉUO se serait engagé à consulter les étudiants pour une question aussi importante et surtout, il n’y avait pas de risque pour la Fédération Étudiante ni pour ses membres. Je ne comprends pas comment des personnes élues démocratiquement, refuserait de permettre à leurs électeurs de voter sur une décision aussi importante. Ryan Kennery passe peut-être pour un héros dans certains médias étudiants, mais il vient de faire reculer la Fédération étudiante. Éric Trottier, droit

Un Fedstock pas très vert La seule chose qui peut être qualifiée de verte dimanche dernier au parc de la confédération fut la masse d’étudiant et étudiantes en science portant des t-shirts couleur lime radioactive. Alors que Gripo proposait cette semaine une série d’activités alternatives, la plupart écologiques, la FÉUO entamait la semaine 101 avec un Fedstock encrassé. Où étaient donc les bacs de recyclage? Avait-on réellement jugé suffisant le nombre de poubelles? La majeure partie des déchets engendrés fut probablement composée de canettes, de bouteilles et quelques détritus à base de papier. Si on avait installé des récipients à fin de récupération (ce n’est pas une tâche bien ardue) on n’aurait pas eu à voir en spectacle après K-OS, des

poubelles régurgitant sur une pelouse parsemée de semences inorganiques. On m’assure qu’il y avait bien ce soir-là des bacs de recyclage. Eh bien, si c’est le cas, je ne présenterai aucune excuse. Mesdames et messieurs de la FÉUO, vous auriez pu mieux les identifier ou, au pis, mentionner leur présence distincte au début de votre performance. Je ne vise personne en particulier mais j’ose penser qu’il est possible de faire des méchants partys sans jeter aux dépotoirs nos convictions éthiques. Philippe Bertrand, génie

Sorry, I don’t speak French

10 septembre 2007 • Vol. LXXV No. 2

4

Actualités

Rétablir la place du français Conclusions du groupe de travail sur la place du français à l’Université d’Ottawa.

5

Maher Arar s’adresse aux étudiants Maher Arar et Monia Mazigh sont venus s’adresser à la nouvelle cohorte d’étudiants.

Re: Adultescence (Éditorial, 27 août) Quelle ironie. La première phrase que j’ai entendu à l’Université d’Ottawa a été ce fameux « Sorry, I don’t speak French. » Deux guides, portant des chapeaux de cowboys roses m’ont gracieusement lancé cette phrase, que j’entendrai un peu trop souvent j’ai l’impression. Si l’Université ou les associations étudiante sont incapables de trouver des personnes bilingues pour accueillir les nouveaux étudiants, j’ai beaucoup de difficulté à imaginer les autres services. Est-ce normal? Estce que les étudiants anglophones se demandent s’ils vont pouvoir se faire servir en anglais? J’en doute. Julie Tremblay, sciences politiques

6 Enquête sur la salle de jeux 12 Retour sur la semaine d’accueil

Arts et culture

14 Blues en fête au bistro Le Troquet Le bistro Le Troquet fête ses 10 ans. Tina Salicco décrit les festivités.

15 Coup de Bluff Kheira Jolin-Dahel critique Bluff, mettant en vedette Rémy Girard, Isabelle Blais et Marc Messier

14 L’irréductible Handala 15 Festival Zones Théâtrales

Pour reprendre le thème de votre caricature de la semaine dernière : Frais de scolarités : 6312 $ Résidences Soloway: 800/mois $ Meubles Ikea : 645 $ Location de voiture pour le déménagement : 434 $ Contravention pour m’être stationné illégalement à l’Université, pendant mon déménagement : 50 $ L’obligation de parler anglais pour demander des directions à des guides qui ne parlent pas le français : 2 minutes de frustration suivi d’une minute de confusion. Le sentiment d’avoir choisi la mauvaise Université : Ça n’a pas de prix.

Sports

20 Convaincante victoire d’Ottawa L’équipe de football a démantelé les Varsity Blues de Toronto le weekend dernier.

21 Baptême de feu L’Université d’Ottawa a accueilli les meilleures équipes universitaires de basketball américain.

21 Rencontre avec Steve Johnson 22 Menacé, le sport professionnel à Ottawa?

Éditorial

23 Un appel au calme

Pour tout le reste, il y a mon prêt étudiant. Pierre Lachance , musique

L’Université a la responsabilité et le devoir de traiter des plaintes d’harcèlement et d’intimidation plus rapidement. Si les plaintes ne sont pas fondées, la communauté universitaire serait mieux servie de le savoir rapidement.

redaction@larotonde.ca Wassim Garzouzi Envoyez-nous votre lettre ou commentaire au plus tard le jeudi à 16h et nous ferons notre possible pour le transmettre à nos 6 000 meilleurs amis. La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et de ses lectrices. La longueur des textes ne devrait pas dépasser 500 mots ou 3500 caractères. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non-publication. La Rotonde se réserve la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos lettres, veuillez envoyer un courriel à Wassim Garzouzi, redaction@larotonde.ca.

redaction@larotonde.ca

www.larotonde.ca •

3


Actualités

Actualités 10 septembre 2007

Andréanne Baribeau François-Olivier Dorais actualites@larotonde.ca

Rétablir la place du français sur le campus Conclusions du groupe de travail sur la place du français à l’Université d’Ottawa Roxanne Dubois Après plus d’un an de consultations et d’analyse, le groupe de travail sur les services et les programmes en français a rendu public son rapport à la fin du mois d’août. Le plan d’action pour 2007 à 2012 sera présenté au Sénat de l’U d’O cette semaine, qui devra voter sur les nombreuses recommandations à partir du 17 septembre. Le plan d’action propose entre autres des solutions au déséquilibre du pourcentage d’étudiants francophones face aux étudiants anglophones. Il prend aussi d’assaut l’incapacité de certains programmes à offrir l’option aux étudiants francophones de terminer leurs études en français en raison d’un manque de cours dans chacune des langues. L’une des recommandations du

rapport demande la création d’une commission permanente pour assurer le maintien des services et des programmes en français sur le campus. C’est ce qui, d’après la coprésidente du groupe de travail Sylvie Lauzon, est l’une des plus grandes lacunes en ce moment: « On demande qu’il y ait quelqu’un qui s’occupe de façon plus précise de l’application du règlement sur le bilinguisme pour assurer que s’il n’est pas appliqué, on prenne des mesures pour le rectifier ». Elle affirme aussi que c’est l’une des recommandations qui va semer « plusieurs discussions » à la table du Sénat. Pour contrer le déséquilibre entre le pourcentage de francophones à l’U d’O en raison d’une hausse des inscriptions anglophones, le rapport suggère de placer un plafond d’inscriptions mais de recruter davantage chez les francophones. Mélissa Borduas, étudiante en sciences de la santé qui a siégé à la table de travail, croit que c’est de cette mesure que le Sénat va débattre longuement: « C’est controversé, mais on croit que c’est ce qu’il faut faire si on veut garder une atmosphère francophone à

l’U d’O ». De son côté, la vice-rectrice associée aux études, Lauzon, indique que le groupe de travail est une mesure nécessaire puisque « [l’Université] a atteint le nombre d’inscriptions qu’elle peut maintenir en gardant un niveau de qualité ». Borduas ne doute pas que plusieurs recommandations vont passer facilement au Sénat, mais pense que les étudiants peuvent pousser la cause plus loin. « Il y a des recommandations qui concernent l’administration et le Sénat. Pour ces choses-là, on peut insister, on peut manifester, mais c’est un peu hors de nos mains. Il manque beaucoup de services en français à la FÉUO et [sur le campus] et ils demandent tous des bénévoles ». Elle souligne que même si sa création a été précipitée par le scandale de la foire étudiante à Toronto - où l’on avait demandé à des étudiants de ne pas parler en français pour ne pas effrayer de futurs étudiants, le groupe de travail est un projet de longue date: « Il y a beaucoup d’efforts qui se sont faits depuis au moins 25 ans pour améliorer la situation du français et maintenant

je vois vraiment que ça avance et que le Sénat a vraiment l’intention d’agir. On va voir en septembre de quoi ça va avoir l’air ». Lauzon indique que ce rapport est différent des autres mesures prises par le passé concernant les programmes et services en français à l’U d’O puisqu’il pose un regard différent sur la question: « On s’est aussi penché sur les programmes d’études, mais on a regardé aussi d’autres aspects de la vie en français sur le campus, alors il est plus englobant que par le passé ». Le plan d’action émet des recommandations dans sept grands axes dont les moyens financiers, la gouvernance et l’administration, la clientèle étudiante francophone, les programmes d’études en français, la qualité de vie en français, l’ancrage dans les collectivités francophones ainsi que la promotion et le développement de la culture française. Issu de l’exercice de planification stratégique Vision 2010, le groupe de travail avait été mandaté par le Sénat de l’U d’O pour évaluer le rôle de l’Université dans la francophonie ontarienne, ainsi que le maintien

des services et des programmes en français. Une quinzaine de personnes membres de la communauté universitaire ont siégé sur le groupe de travail, coprésidé par Sylvie Lauzon et Pierre de Blois, membre du Bureau des Gouverneurs.

Sylvie Lauzon, la coprésidente du groupe de travail sur les services et les programmes en français à l’U d’O. Photo par Karine Desjardins.

Nominations importantes en Ontario français Philippe Gonzalez La nomination du premier commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, et celle de la directrice générale de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Manon Henrie-Cadieux, ont marqué une partie de l’actualité franco-ontarienne de l’été. Les deux contribueront à leur façon à aider

les francophones qui se battent pour leurs droits en Ontario. Depuis le 4 septembre 2007, François Boileau est à la tête du nouveau Commissariat aux services en français de l’Ontario. « C’est aussi un très beau moment pour moi, mais c’est encore plus important pour les francophones que les enjeux franco-ontariens soient écoutés » a-t-il confié à La Rotonde.

Celui-ci est doté d’un budget annuel de 800 000$, une somme qu’il juge suffisante. Étant le tout premier employé du bureau, tout est à bâtir, mais selon lui, le nécessaire devrait être prêt d’ici quelques semaines. C’est avec des modifications faites lors du dernier budget le 22 mars 2007 que le Commissariat aux services en français de l’Ontario a été créé. Puis, c’est le 1er août que François Boi-

Un vent de changement souffle sur la francophonie en Ontario. Photo par Francis Chartrand.

2 • Volume 4 www.larotonde.ca LXXV • No. 2

leau a été nommé à titre de premier commissaire aux services en français. Sans se prononcer tout de suite sur les dossiers qu’il va étudier durant son mandat, le premier commissaire laisse transparaître sa bonne connaissance du contexte de la francophonie en Ontario. Il se penchera sur les sujets d’enquêtes que lui présenteront les citoyens. Le commissaire aux services en français pourra mener des enquêtes sur l’observation de la Loi sur les services en français et rédiger des rapports. Il évaluera aussi les progrès des organismes gouvernementaux en ce qui a trait à la prestation des services en français. François Boileau aura aussi comme tâche de déposer ses rapports à la ministre déléguée aux Affaires francophones, puis à l’Assemblée législative 30 jours plus tard. La nouvelle directrice générale de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (l’AFO), Manon HenrieCadieux, ne s’inquiète toutefois pas de cette situation : « J’ai également entendu dire que la ministre doit absolument déposer intégralement le rapport à l’Assemblée législative », explique-t-elle. « Ça me fait beaucoup d’honneur, c’est avec une bonne dose d’humilité que j’accepte un tel poste », confie

la nouvelle directrice générale. Le 20 août 2007, Manon Henrie-Cadieux est devenue officiellement la deuxième directrice générale de cet organisme qui représente les Franco-Ontariens depuis maintenant deux ans. Elle succède au premier directeur général, Jean Malavoy, qui a occupé ce poste durant huit mois, ainsi qu’à Carole Marx qui en a assuré l’intérim. La nouvelle directrice affirme qu’avec la belle énergie présente autour de la table, elle veut maintenant offrir une stabilité à l’AFO. Malgré la création du Commissariat aux services en français et l’agrandissement de l’hôpital Montfort, les francophones n’ont pas toujours accès à des services dans leur langue et la ville d’Ottawa n’est toujours pas officiellement bilingue. Avec les élections ontariennes qui débutent, l’AFO rappelle qu’elle ne s’alliera à aucun parti, mais qu’elle va informer ses membres sur les programmes des différents partis et sur tout ce qui touche plus particulièrement les Franco-Ontariens. Un autre défi qui attend l’AFO de l’Ontario sera le renouvellement des collaborations en 2009 entre les différents gouvernements pour renforcer le soutien à la communauté franco-ontarienne.

actualites@larotonde.ca


Actualités

10 septembre 2007

Maher Arar s’adresse aux étudiants de Common Law

Maher Arar et Monia Mazigh sont venus s’adresser à la nouvelle cohorte d’étudiants en Common Law de l’U d’O. Photo par Carole Eyram Amoussou.

Maher Arar et Monia Mazigh traitent de la formation universitaire des futurs avocats et avocates inscrits à la Faculté de droit. Anne-Lyse Gagné Maher Arar et son épouse, Monia Mazigh, ont rendu visite aux étudiants de la Faculté de droit le mardi 4 septembre dernier et se sont penchés sur certains aspects associés à l’étude du droit. Cette initiative visait entre autres à permettre aux étudiants en droit de réfléchir sur la place que devraient prendre leurs valeurs personnelles et leur sens de l’éthique lors de leurs études juridiques. Futurs avocats et avocates, ces étudiants seront appelés à protéger les droits de la personne tant valorisés par les citoyens canadiens et à offrir de l’aide juridique et des conseils aux citoyens qui combattent les violations des droits de la personne. Maher Arar a été l’objet d’une enquête très poussée et très médiatisée, laquelle a mis en lumière l’atteinte à ses droits au sein d’une société obsédée par les menaces à la sécurité nationale. Il a été détenu par les forces américaines puis extradé en Syrie, où il a été torturé, car on le soupçonnait de complicités dans des activités terroristes. L’enquête qui a résulté de cette violation des droits de la personne a été un des cas marquants de l’ère post-9/11. Dans leur allocution, Arar et Mazigh ont encouragé les étudiants à non seulement tenir compte des exigences professionnelles de leur vocation juridique, mais à mettre également en valeur leurs convictions et leurs valeurs personnelles. Ils ont mis en lumière certaines défaillances de notre système juridique. Selon Arar, la nouvelle génération a le pouvoir de corriger certaines de ces défaillances associées au système légal pour ainsi contribuer à l’atteinte d’une société plus juste et équitable. Les futurs diplômés du programme de droit de l’Université d’Ottawa assumeront des responsabilités importantes une fois leurs études terminées. Ils auront la responsabilité de représenter les droits et intérêts d’une panoplie de membres de la société. Dans ces circonstances, l’université prodigue-t-elle à ses futurs gradués la formation nécessaire pour qu’ils puissent utiliser leurs connaissances et leurs habiletés afin de lutter contre les inégalités sociales? Selon Mireille Gervais, une étudiante en droit à l’Université d’Ottawa et directrice du Centre de Recours Étudiants (CRÉ), la

formation universitaire laisse relativement peu d’occasions pour se pencher sur les imperfections du système juridique: « Les études en droit ne mettent pas suffisamment l’accent sur les questions de justice sociale. On devient tellement préoccupé par la loi, par ses nombreuses dispositions et par son application, qu’on a rarement l’occasion de se renseigner sur le pourquoi derrière la loi. J’ai trouvé que les profs étaient en général peu critiques à l’endroit du système juridique, des lois et de la raison d’être derrière les lois. C’est un environnement tellement compétitif qu’on n’est pas portés à travailler ensemble pour une cause de justice sociale. » L’Université a comme mandat principal de former des avocats qui pourront s’intégrer le plus facilement possible dans le système légal préétablit. Ce système requiert de très longues heures de travail, un sens de l’engagement et une valorisation des intérêts financiers et corporatistes de notre société. Le système éducatif est invariablement contraint de « produire » des avocats qui pourront pratiquer dans un système juridique qui est perçu par l’opinion publique comme n’accordant pas suffisamment d’importance à la justice pure et égale. La réputation de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa dépend du rendement scolaire et des placements de stages dans des cabinets d’avocats prestigieux. Les étudiants doivent fonctionner dans un environnement de compétitivité extrême. La Faculté de droit accorde une grande importance au rendement académique, gage du succès que rencontrera l’étudiant lors de sa carrière d’avocat. À la lumière de son expérience dans le programme de droit, Mireille Gervais ajoute : « Le sentiment qui est généralement ressentit par les étudiants en droit est le suivant : ce qui est important, c’est d’avoir une grosse carrière, c’est de faire les 70 heures par semaine, c’est d’avoir le gros salaire et c’est d’obtenir un stage dans un cabinet prestigieux. » Que peut on faire lorsque les pressions et exigences associées au métier d’avocat ne sont pas nécessairement réconciliables avec les principes d’égalité et de justice? Est-il possible que le message de Maher Arar et de Monia Mazigh mène à une réforme de la formation et de la vocation en droit? Les étudiants en droit peuvent-ils demeurer idéalistes, valoriser un sens d’égalité et être fidèles à leurs valeurs dans un monde juridique caractérisé par une justice imparfaite. Comme Mazigh l’a si éloquemment indiqué, seul le temps pourra nous fournir des réponses.

www.larotonde.ca •

5


Actualités

10 septembre 2007

Viol d’une étudiante à Carleton

La prudence est de mise Après les aggressions à l’Université Carleton et à Gatineau, l’Université met en garde ses étudiants Carole Eyram Amoussou

Des agents du Service de protection patrouillent le campus de l’U d’O pour en assurer la sécurité. Photo par Francis Chartrand.

Malgré l’euphorie des célébrations de la semaine d’accueil, la nouvelle du viol survenu à l’Université Carleton a quand même eu des échos parmi les étudiants de l’U d’O. Ajoutée à cela, l’arrestation sur le campus de deux suspects impliqués dans une toute autre agression sexuelle soulève la question de la sécurité du campus. Mardi dernier, deux étudiants ont été arrêtés sur le campus de l’U d’O. Ils sont soupçonnés d’avoir agressé sexuellement une étudiante, la veille au soir, non pas sur le campus de l’Université mais à Gatineau. L’administration de l’Université a immédiatement réagi en envoyant par courriel un communiqué à tous

les étudiants. « L’Université a émis un communiqué très rapidement mardi dernier concernant ce qui s’est passé [Arrestation des deux suspects] car nous avons la sécurité de nos étudiants, personnel et professeurs à cœur », souligne Claude Giroux, directeur adjoint du Service de la protection. Dans le communiqué, l’Université tenait à apaiser les inquiétudes des étudiants mais surtout à dissocier cette arrestation du viol d’une étudiante survenu à l’Université Carleton dans un laboratoire de chimie, tard le soir du 31 août. Le suspect est toujours recherché par la police. Selon Claude Giroux, les mesures de sécurité n’ont pas été renforcées sur le campus de l’U d’O suite à l’évènement de Carleton puisqu’il estime que le Service de protection dispose déjà des effectifs nécessaires pour assurer la sécurité sur le campus et aux alentours. « Je suis persuadé que notre campus est sécuritaire », soutient Claude Giroux. « Nos agents patrouillent le campus, même l’intérieur des édifi-

ces, 24 heures sur 24. Nous avons environ 70 téléphones d’urgence sur le campus […]. Ceux qui restent tard le soir peuvent appeler le Service de raccompagnement », ajoute-t-il. Le directeur adjoint du Service de la protection reconnaît toutefois que le fait que le campus soit situé en plein centre-ville rend un peu vulnérable sa sécurité. Il invite donc les étudiants à la vigilance et les exhorte à visiter le site Internet du Service de la protection pour connaître les différents services offerts et prendre connaissance des mesures de sécurité à adopter sur le campus et aux alentours. En cas d’urgence sur le campus, composez l’extension d’urgence du Service de la protection : 5411. Pour vous faire raccompagner, vous pouvez rejoindre des bénévoles du Service de raccompagnement en tout temps au 7433: . De l’information complémentaire est disponible sur le site Internet du Service de protection www.protection.uottawa.ca.

Une cure pour la salle de jeux du CU Devant la grogne de nombreux plaignants et suite à une évaluation faite par l’administration du centre universitaire (CU) et le service de protection du campus, notre journaliste aventurier, François-Olivier Dorais, est allé enquêter sur les changements que connaîtra la salle de jeu du sous-sol du CU, prévus pour cet automne. C’est suite à de nombreuses irrégularités constatées entre autres par les différents employés postés à cet endroit que l’administration du CU, avec à sa tête Marc Duval, le directeur du Service de vie communautaire, a décidé de régler une fois pour toute l’état de ce service qui n’était manifestement pas digne d’avoir pignon sur rue dans une institution universitaire. « Mon poste de directeur fait en sorte que tout incident qui survient au centre universitaire et qui implique la protection m’est rapporté. Je reconnais, au même titre que la Fédération étudiante, que la salle de jeux était un cas problématique; on y a entre autres rapporté des problèmes de chicane, de bruit excessif et de vandalisme » a affirmé Duval en entrevue avec La Rotonde. Anciennement installés à proximité de cette salle, les employés de La Rotonde peuvent également témoigner de la consommation abusive de drogue qui s’y développait de même que de la présence sporadique et inhabituelle de plusieurs jeunes adolescents flâneurs. La salle de jeux est un service que le CU loue actuellement à un entrepreneur privé du nom de Brian

2 • Volume 6 www.larotonde.ca LXXV • No. 2

Whitman qui, soulignons-le, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. Le service de vie communautaire détient toutefois la responsabilité d’entretenir les lieux et de s’assurer que le service réponde aux besoins des étudiants. « Dans cet enjeu, il est important de regarder la clientèle en collaboration avec les groupes étudiants. La question que je me suis posé, c’est si les non étudiants qui fréquentent cette salle de jeux devraient avoir le même niveau de responsabilité que la population étudiante de l’Université d’Ottawa ? » nous a indiqué Marc Duval. Cherchant réponse à cette interrogation, à savoir si la communauté peut bénéficier abusivement d’un service de l’Université, La Rotonde s’est entretenue avec Martin Grégoire, coordonnateur de la formation et de la prévention du crime du Service de la protection. Selon ce dernier: « La question fut effectivement examinée et nous allons fort probablement laisser la salle de jeux ouverte à la communauté ». En évitant de se prononcer sur cette question, Marc Duval a quant à lui tenu à souligner que l’éloignement de la salle y était pour beaucoup : « C’est sûr que l’emplacement

actuel de ce service n’est pas adéquat […] Par expérience, je peux vous dire que ce genre de service devrait être situé au rez-de-chaussée ». Pour palier aux anomalies entourant la salle de jeux du CU, le service de protection a été mandaté cet été par la direction du Service de vie communautaire de l’université pour réaliser une étude sur la salle de jeux de même qu’un rapport en vue de soumettre certaines recommandations. « Nous sommes allés de l’avant pour la base du problème qui concernait surtout les graffitis […] Pour ce faire, nous avons soumis un rapport avec plusieurs recommandations à l’administration du CU » nous a affirmé Martin Grégoire. Le rapport propose entre autres d’augmenter la luminosité de l’endroit, de repeindre la descente d’escalier et le corridor du sous-sol et de moderniser le système de surveillance par caméra vidéo. À cet effet, Marc Duval nous a assuré que presque toutes les recommandations seront accueillies favorablement. Par la suite, le locataire de la salle de jeux devrait rencontrer Duval et le service de protection au cours des deux prochaines semaines en vue d’assurer une meilleure vigilance de la part des employés de ce service. La salle de jeux a rouvert ses portes mardi le 4 septembre dernier après plusieurs semaines de fermeture suite à l’aménagement des bureaux de Zoom Production, une maison de production de vidéo numérique de la Fédération étudiante.

Les habitués de la salle de jeu du centre universitaire se prêtent à leur passe-temps préféré suite à une réouverture attendue. Photo par Karine Desjardins.

actualites@larotonde.ca


Actualités

10 septembre 2007

La police d’une autre époque Retour sur les manifestations du Sommet de Montebello Andréanne Baribeau Trois semaines ont beau s’être écoulées depuis la tenue des manifestations au Sommet de Montebello, les souvenirs de plusieurs participants demeurent vifs. Le comportement des policiers durant les affrontements qui s’y sont déroulés s’inscrit dans une problématique qui réside au coeur même du principe fondamental de ce qu’est la police. Un peu plus d’un millier de manifestants se sont regroupés le 21 août dernier pour dénoncer la tenue du Sommet de Montebello, où les chefs d’États nord-américains s’entretenaient à huis-clos sur le Partenariat pour la sécurité et la prospérité. Malgré des débuts sans trop de heurts, les événements ont rapidement dégénéré en aprèsmidi. Aux dires de plusieurs manifestants présents, l’assaut aurait été non pas initié par eux, tel que le laissaient paraître plusieurs médias, mais plutôt par les forces de l’ordre présentes. « De ce que j’ai pu voir, les policiers bousculaient les gens. Ça sonne absurde non ? Tu reviens à la maison et les médias rapportent que les manifestants sont responsables [de la tournure des événements]. Mais ce sont les policiers qui bousculaient les gens, les provoquaient et les poussaient avec leurs bâtons. De temps en temps, ils se concentraient sur une personne. C’est ce qu’ils ont fait avec moi », explique Chelsea Flook, étudiante de l’Université d’Ottawa qui se trouvait à la

manifestion de Montebello. Elle fait référence aux bleus que lui a laissé un policier alors qu’il lui pinçait le cou pour la forcer à reculer avec les autres. « J’étais surpris du montant de force que [les policiers] ont utilisé », ajoute quant à lui Nicholas Laplante, coordonateur de la banque alimentaire de l’U d’O, aussi présent à l’événement. Ce dernier a été incommodé par les trois bombes de gaz lacrymogène (parmi la trentaine utilisée) qui ont été lancées près de lui par les policiers. Un système policier prisonnier de son passé Le rôle qu’ont joué les forces de l’ordre durant cette manifestation est certes critiqué, il n’en demeure pas moins que les policiers sont également victimes du système dans lequel ils oeuvrent. Ce système, c’est celui d’une autre époque, basé sur un principe fondamental aujourd’hui désuet. Comme l’explique le professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa, Micheal Kempa, le système qu’on nomme aujourd’hui la police a originalement été instauré en Europe et en Amérique dans le but d’assurer le bon maintien de la politique économique. « Durant le XIXe siècle, tout le monde pensait que la sécurité humaine se trouvait dans la croissance, telle que la croissance économique, démographique etc. [...] La police était là pour assurer le maintien de cette croissance », explique le professeur Kempa. Durant les années soixante, le développement de la télévision a permis d’exposer les abus de pouvoir d’une police jusqu’alors axée sur l’aspect militaire. Une réforme était de mise. C’est ainsi qu’a vu le

jour ce que Micheal Kempa appelle la « police démocratique », un système policier à l’écoute des plaintes des citoyens, avec des policiers oeuvrant dans les communautés afin de résoudre les conflits entres les groupes marginalisés avec une approche plus diluée. Cette tendance ne s’est toutefois pas maintenue. Vers les années 80, la mondialisation a apporté une remilitarisation du système policier ainsi qu’un retour à la philosophie originale centrée sur le bon maintien de l’économie. Les réformes que connaissent maintenant les systèmes policiers ne se font qu’en surface, des changements techniques sont apportés sans jamais que ne soit remise en question la raison d’être des forces de l’ordre. Mais la réalité aujourd’hui est bien différente de celle du XIXe siècle. Micheal Kempa rappelle qu’à cette époque, il était normal de croire que les ressources étaient illimitées et qu’une croissance économique était assurée. Le système policier a été établi sur ce principe qui se reflète encore aujourd’hui dans les lois, dans les systèmes de gouvernance ainsi que dans la formation des policiers. « Ici, pour les groupes qui veulent voir des systèmes alternatifs pour l’économie et la politique du monde, la police est un symbole du système ancien, du statu quo. Il n’y a rien que les policiers puissent faire pour changer l’opinion de ces groupes », explique le professeur de criminologie, ajoutant que leurs tactiques laissent peut-être à désirer, mais qu’il est difficile d’imaginer ce qu’ils pourraient faire d’autre. Sur cette question, les participants de la manifestation de Montebello auraient fort probablement de nombreuses suggestions à offrir.

Micheal Kempa, professeur de criminologie à l’U d’O, trace la trajectoire historique du système policier. Photo par Karine Desjardins.

Ligne du temps

Les grandes manifestations dans le monde

30 novembre au 3 décembre 1999 : 3e Sommet de l’OMC à Seattle On assiste à la naissance des grands déploiements altermondialistes ainsi qu’à leur médiatisation. Plus d’un millier d’ONG sont représentées parmi les quelques 50 000 manifestants dénonçant la tenue de cette Conférence internationale du commerce. Au sommet, plusieurs négociations échouent et certaines réunions doivent être annulées dû à l’ampleur des manifestations qui se veulent pacifiques malgré la présence de quelques groupes plus radicaux. En janvier 2007, un tribunal fédéral améri-

actualites@larotonde.ca

cain juge responsable la ville de Seattle de l’arrestation illégale d’environ 175 manifestants lors de ce sommet.

20 au 22 avril 2001 : Sommet des Amériques à Québec On se souvient surtout de ce sommet, qui se voulait une rencontre sur la zone de libre-échange des Amériques, de par la manifestation altermondialiste qui en avait découlée. Attirant près de 20 000 personnes, cette manifestation figure parmi les événements du genre les plus importants. Les dispositifs de protection alors mis en

place pour contenir les manifestants potentiels avaient soulevé de nombreuses critiques. Plusieurs avaient aussi crié au complot alors que des agents doubles de la GRC et des ex-membres des Forces armées canadiennes avaient infiltré le groupe radical Germinal alors que celui-ci se préparait en vue de la manifestation.

20 juillet 2001 : Manifestation au Sommet du G8 à Gênes, Italie Un jeune manifestant italien âgé de 23 ans, Carlo Giuliani, est la cible des balles tirées par le carabinier

Mario Placanica. De son véhicule d’où sont lancées des bombes de gaz lacrymogène vers la foule, le gendarme ouvre le feu sur le jeune activiste alors que celui-ci s’apprête à leur lancer un extincteur. Alors que le véhicule tente de s’éloigner de la scène, il passe à deux reprises sur le corps de Giuliani qui est laissé pour mort. Jusqu’à ce jour, aucune accusation contre le carabinier n’a mené à des sanctions.

Juin 2007 : Manifestations au dernier Sommet du G8, Rostock, Allemagne

balnéaire près de Heiligendamm, en Allemagne, a accueilli les chefs d’États des pays du G8. Les protestations altermondialistes ont débuté le samedi précédent avec un violent affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants dans la ville de Rostock, où près de 13 000 policiers ont été mobilisés. Parmi ces derniers, 146 ont subi des blessures dont 30 ont nécessité une hospitalisation. Une vingtaine des quelques 30 000 manifestants ont également été blessés grièvement et une centaine d’entres eux ont été interpellés. Andréanne Baribeau

Du 6 au 8 juin dernier, une station

www.larotonde.ca •

7


Actualités

10 septembre 2007

Santé-vous mieux Caroline Gaudet

Une expérience révélatrice Caroline Gaudet est une étudiante fraîchement diplômée du programme d’ergothérapie de l’Université d’Ottawa. À l’automne 2006, je me suis envolée vers l’Angleterre pour un stage de deux mois en ergothérapie au Wessex Rehabilitation Centre du Salisbury District Hospital dans les programmes de thérapie de la main et de gestion de douleurs chroniques. À mon arrivée, ma superviseure de stage m’a accueillie chaleureusement à la façon anglaise, en m’offrant une tasse de thé et en m’invitant à la rencontre interdisciplinaire. Bien sûr, tous avaient hâte de rencontrer cette Canadienne qui avait choisi ce coin un peu perdu de l’Angleterre qu’est le Wiltshire pour y faire un stage. Après les présentations, à ma grande surprise, on m’a remis un uniforme – pantalon vert et tunique blanche – que je me suis empressée d’enfiler pour me transformer en ergothérapeute britannique. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’allais faire les apprentissages les plus importants de mon baccalauréat. L’ergothérapie est une profession de la santé qui vise à réduire les situations d’handicap et à rehausser l’autonomie des gens

afin qu’ils puissent participer pleinement à leurs activités de tous les jours (activités de soins personnels, de loisirs et activités productives). C’est une discipline relativement jeune et encore méconnue. Les domaines d’expertise réservés exclusivement aux ergothérapeutes sont donc limités. D’après mes observations au Canada, les ergothérapeutes sont fiers de s’approprier la thérapie de la main et la fabrication d’orthèses de main. J’étais donc fébrile à l’idée d’en apprendre beaucoup à ce sujet aux côtés d’experts britanniques. Un jour, alors que j’étais en train de confectionner une orthèse de repos de la main pour un de mes patients, une de mes collègues physiothérapeutes est entrée dans la salle et a commencé à faire chauffer une feuille de thermoplastique pour une orthèse. Surprise et choquée de voir une physiothérapeute piétiner en territoire ergothérapique, j’en ai parlé à ma superviseure de stage. Ses explications m’ont ouvert les yeux. Le centre de réadaptation prône le partage des connaissances entre les professions de la santé. Cette philosophie de partage a pour effet de former une équipe de cliniciens forte et confiante, mieux outillée afin d’intervenir

auprès des patients. Il en découle des soins personnalisés qui satisfont non seulement les patients, mais aussi les cliniciens. Grâce à cette philosophie, j’ai fait plusieurs apprentissages qui n’auraient pas été possibles à Ottawa. J’ai pu profiter d’une formation plus poussée en évaluation musculo-squelettique par un physiothérapeute et j’ai appris beaucoup au niveau médical en suivant le physiatre dans ses cliniques. J’ai aussi eu la chance de mettre en pratique ces connaissances dans les programmes de gestion de douleurs chroniques et de thérapie de la main. Je n’avais jamais vécu une telle expérience de stage auparavant. C’est comme si une fenêtre s’ouvrait sur l’avenir des soins en santé. Si cette ouverture d’esprit et ce partage de connaissances s’avèrent être ce vers quoi aspirent les systèmes de santé, nous avons toutes les raisons de nous réjouir. Nous gagnons tous lorsque nous mettons nos différences de côté et partageons nos savoirs au lieu de les garder jalousement. Dans cette série de chroniques spécialisées, la prochaine édition de La Rotonde tiendra une chronique sur la justice étudiante.

La Rotonde embauche! Notre journal est à la recherche d’un Directeur de la production. Expérience avec InDesign requise. Envoyez vos curriculum vitae à l’attention de Carole Eyram Amoussou à direction@larotonde.ca avant jeudi 13 septembre.

INTERNET HAUTE VITESSE, LA TÉLÉ NUMÉRIQUE ET LA TÉLÉPHONIE RÉSIDENTIELLE VOUS PERMETTENT D’ÉCONOMISER JUSQU’À 33 %. NE SOYEZ PAS SURPRIS LORSQUE VOS AMIS SONNERONT À VOTRE PORTE.

ATTENDEZVOUS À DE LA VISITE.

INTERNET HAUTE VITESSE EXPRESS DE ROGERS YAHOO! MC

MD

Seulement

FORFAIT NUMÉRIQUE DE BASE DE LA TÉLÉPERSONNALISÉE

MC

Seulement

3899 $

2899 $

pendant huit mois

pendant huit mois

par mois

par mois

1

1

5

2

• Vitesse de téléchargement pouvant atteindre 7 mbps 3

• Vaste gamme intégrée d’outils de sécurité, comprenant Norton AntiVirus, offerts sans frais additionnels MC

4

• Capacité illimitée de stockage de courriels

TÉLÉPHONIE RÉSIDENTIELLE DE ROGERS

MC

Seulement

1995 $ par mois

1

• Accès à plus de 170 chaînes offrant une qualité entièrement numérique

• Fonctions d’appel et forfait d’interurbain répondant à vos besoins

• Des milliers de films et d’émissions sur demande

• Installation sans frais

6

• 40 chaînes de musique numériques sans pause publicitaire

CONSULTEZ ROGERS.COM/ETUDIANTS OU COMPOSEZ LE 1-866-279-2289 Les offres peuvent faire l’objet de changements en tout temps sans préavis. Certaines conditions ou restrictions et d’autres frais s’appliquent. 1Les offres sont en vigueur jusqu’au 31 octobre 2007 et s’adressent aux nouveaux clients dans les régions desservies. Les tarifs mensuels courants s’appliquent après les périodes promotionnelles. Les taxes sont en sus. 2 Internet haute vitesse Express de Rogers Yahoo! est offert à 35,99 $ par mois la première année et ne comprend pas les frais mensuels de 3 $ pour la location du modem. Le tarif courant pour Internet haute vitesse Express de Rogers Yahoo! est de 44,95 $ par mois et ne comprend pas les frais mensuels de 3 $ pour la location du modem. Des frais initiaux de mise en service de 4,95 $ s’appliquent. 3Configuration du modem : Vitesse de téléchargement de 7 mbps vers l’ordinateur et de 512 kbps vers le serveur. Le système est configuré de façon à offrir la capacité maximale de téléchargement d’un modem sur le réseau de Rogers. La vitesse de téléchargement réelle dépend de la densité du trafic sur Internet, de la puissance du serveur et d’autres facteurs. 4Aucun service ne peut offrir une protection absolue contre tous les risques possibles. 5Les taxes sont en sus. Le service de base du câble et un terminal numérique sont requis pour obtenir la programmation numérique. Les chaînes et la programmation varient selon la région. Toutes les chaînes captent les signaux numériques dans les régions desservies par la Télé numérique. Les règles d’assemblage du CRTC s’appliquent. 6Des frais mensuels d’accès au système de 4,50 $ (frais non gouvernementaux) et des frais de service mensuels s’appliquent. Les frais mensuels d’accès au service d’urgence 9-1-1, les frais mensuels d’assistance pour les personnes malentendantes et les frais mensuels récurrents sur certains forfaits d’interurbain sont en sus. MCNorton AntiVirus est une marque de commerce ou une marque déposée de Symantec Corporation ou de ses sociétés affiliées aux États-Unis ou dans d’autres pays. MCMarques de commerce de Rogers Communications inc. ou de Communications Rogers Câble inc. utilisées sous licence. © 2007. MDYAHOO! est une marque déposée de Yahoo! Inc., utilisée sous licence. 70-07

2 • Volume 8 www.larotonde.ca LXXV • No. 2

actualites@larotonde.ca


Actualités

10 septembre 2007

J’écris donc je pense Andreanne Baribeau

Un métier menacé Le journalisme est l’un des métiers les plus satisfaisants qui puissent exister. Non seulement le journaliste se retrouve constamment au feu de l’action, rencontre des célébrités, apprend les nouvelles avant tout le monde et choisit exactement les aspects de celles-ci qu’il va présenter au public, mais il a également le sentiment de faire une différence dans la vie des citoyens qui, sans lui, demeureraient dans l’« ignorance totale ». Pardonnez mon cynisme, mais ce sont des événements comme ceux de Montebello qui me font perdre un peu de respect envers ma profession. Non, je n’étais pas présente lors des manifestations du Sommet de Montebello le 21 août dernier, ce qui est probablement une bonne chose car j’aurais peut-être été tentée moi aussi de courir après LA citation, d’obstruer le passage aux manifestants afin de prendre LA photo choc pour finalement

écrire un article qui ne reflète qu’un côté de la réalité. Vous avez probablement vu la photo de Reuters publiée dans la dernière édition du Fulcrum. Celle où l’on aperçoit Seamus Wolfe, v-p aux affaires universitaires de l’U d’O, écrasé contre un arbre alors que les policiers de l’anti-émeute armés de casques et de bâtons tentent de repousser la ligne de front des manifestants. Je dois avouer que c’est une excellente photo qui reflète parfaitement le comportement des policiers tel qu’il m’a été décrit par plusieurs manifestants. Ce que la photo ne montre pas toutefois (et ceci m’a été décrit par Chelsea Flook, étudiante à l’U d’O qui se trouvait dans l’action à cet instant précis), c’est qu’une douzaine de journalistes encerclait les quelques manifestants isolés au milieu des policiers. Voulant à tout prix prendre

la photo de Seamus Wolfe en train de se faire écrabouiller, ils ont bloqué le chemin aux autres manifestants qui tentaient de porter secours à leurs amis. Un photographe a même osé dire à l’étudiante : « Tassez-vous, je dois prendre la photo. Si je ne prends pas la photo, personne ne va savoir ce qui est arrivé ». Oui, en bout de ligne le photographe doit gagner sa vie, il doit fournir des photos qui captiveront l’imaginaire de la population et qui attireront celle-ci à lire les articles et à en apprendre davantage sur les événements. Il est là pour faire vivre l’intensité du moment à ceux qui n’étaient pas présents. Mais lorsque le photographe ou le journaliste s’immisce dans l’action au point où il devient une partie intégrante du déroulement des événements, c’est là qu’il y a un problème. Un sérieux questionnement quant à la

pertinence des journalistes s’impose aussi lorsqu’un vidéoclip amateur placé sur Youtube devient la source d’information principale des citoyens assoiffés de vérité. Ce matériel brut, montrant les trois agents de la Sûreté du Québec infiltrés dans un groupe de manifestants radicaux, a poussé l’opposition libérale à demander au gouvernement d’enquêter sur ces événements. Je ne peux me souvenir d’un reportage médiatique qui ait eu un tel effet dans le passé. Bien entendu, les journalistes sont là pour découvrir ces petites mines d’or qui se cachent parfois sur Youtube ou sur Flickr, pour les mettre sur la scène et les faire connaître de tous. Mais aussitôt que les citoyens découvriront l’art d’exploiter eux-mêmes leurs sources d’information, ce sera le début d’une période sombre pour le métier de journaliste.

Rencontre Intéressé(e) par le journalisme, la politique étudiante, la scène culturelle d’Ottawa ou les sports? Ne ratez pas votre chance de vous joindre à l’équipe dynamique de La Rotonde. Une rencontre aura lieu le lundi 17 septembre au 109 Osgoode, à partir de 17h. Avis aux intéressés! À l’affiche après la rencontre : le barbecue annuel de La Rotonde ainsi qu’un match de soccer (et une partie de Loup-garou!). Ouvert à tous et à toutes. Satisfaction garantie.

ReproBoutiqu

!

Votre magasin en ligne pour l’achat de vos notes de cours.

http://www.saea.uOttawa.ca/ReproBoutique_fr Recevez-les à domicile ou ramassez-les en chemin vers votre cours au Service de la reprographie, Morisset (022) et Roger Guindon (2010)

repro@uOttawa.ca 613-562-5876 actualites@larotonde.ca

www.larotonde.ca •

9


Actualités

10 septembre 2007

«Peut-être qu’à l’avenir il y aura suffisament de plaintes comme celle-ci, vous serez en mesure d’expulser ce gars du programme de doctorat – ce qui mérite certainement.»

-Professeur Vladimir Pestov

Plaintes ,

accusations et

Des menaces de poursuites contre des étudiants, des plaintes en vertu du règlement 110 de l’Université d’Ottawa… Rien ne va plus à la faculté des sciences. Wassim Garzouzi résume les faits.

En mai dernier, Severin Stojanovic, étudiant à la maîtrise et membre du Conseil de la Faculté des sciences a tenté de faire accepter un cours de deuxième année controversé. Le doyen André Lalonde a mis de côté la demande, sans y faire suite. Il a, par la suite, envoyé un courriel aux membres du conseil pour les aviser qu’il allait y avoir une réunion subséquente, sans représentant étudiant et qu’une partie de celle-ci serait à huis clos. Face à cela, Stojanovic a écrit une lettre au recteur de l’Université d’Ottawa, Gilles Patry, datée du 16 mai, afin de lui signaler les irrégularités en question. Il a du même coup envoyé ce courriel à tous les professeurs de la Faculté, une pratique courrante pour de nombreux étudiants et professeurs. Suite à la réception du courriel de Stojanovic, un professeur du département de mathématique, Vladimir Pestov, a envoyé un courriel, également daté du 16 mai à Bela Joos, directeur du département de physique, avec une copie à Severin Stojanovic, lui déclarant qu’il s’agissait d’une plainte officielle. « Le courriel ci-joint est du pourriel, pur et simple. Faire circuler du pourriel comme celui-ci interfère avec le fonctionnement du département ». Le professeur ajouta : « Je vous demande d’ajouter une copie de cette plainte au dossier de l’étudiant en question et de prendre des mesures appropriées pour éviter que ce type de situation se reproduise à l’avenir. » Ayant reçu une copie de la plainte, Severin Stojanovic a rencontré Bela Joos le même jour afin de savoir ce que le directeur comptait faire. Stojanovic s’était présenté à cette réunion avec Jean-Paul Prévost, un étudiant de deuxième cycle qui avait, lui aussi dans le passé, envoyé des courriels en vrac. Pendant la rencontre, Jean-Paul Prévost aurait appris que le Professeur Pestov avait fait une plainte similaire. Le soir du 16 mai, Prévost a envoyé un courriel au Directeur Joos, lui demandant de lui envoyer la plainte de Pes-

tov à son sujet et de ne pas l’ajouter à son dossier. Selon les informations obtenues par La Rotonde, les deux étudiants semblaient croire que Joos ne prévoyait pas faire de suivi. Suite à la rencontre, Stojanovic, a envoyé un courriel à Joos, ainsi qu’une copie à Prévost, lui demandant de confirmer qu’il ne prévoyait pas faire suite à la plainte du Professeur Pestov. Le 18 mai, Joos envoie les plaintes de Pestov au doyen des sciences, André Lalonde. Une demie-heure plus tard, Joos envoie la plainte à Prévost avec ce mot : « Voici la plainte. Quant à ne pas l’inclure dans ton dossier, je ne peux rien promettre. Je garde toute la correspondance qui m’est envoyée. » La plainte en question avait été envoyée le 13 avril 2007, soit le lendemain de l’envoi du courriel par Prévost. La plainte contre Prévost était quasiment identique à celle contre Stojanovic, sauf pour une distinction importante, un postscriptum de la part du Professeur Pestov. « Maybe if in the future there are sufficiently many complaints such as this, you will be able to throw the guy out of the Ph.D. program - which is certainly amply deserves. » (Traduction : Peut-être qu’à l’avenir il y aura suffisament de plaintes comme celle-ci, vous serez en mesure d’expulser ce gars du programme de doctorat – ce qu’il mérite certainement). Suite à la réception du courriel de Joos, Prévost prépare un document qu’il soumet au doyen le 30 mai, invoquant le Règlement 110, règlement sur le traitement des étudiantes et étudiants diplômés pour les questions non scolaires et non liées à l’emploi. Le 6 juin à 15h30, le bureau du doyen Lalonde envoie les plaintes de Pestov contre l’utilisation des comptes courriels au vicerecteur aux ressources. Quant à la plainte de Prévost, il n’y a toujours pas de suivi. Le 7 juin, Stojanovic et Prévost reçoivent une lettre du vice-recteur aux ressources, Victor Simon, les informant qu’il aurait reçu

menaces

des plaintes et que le Code de conduite pour l’utilisation des ressources informatiques interdit « des communications harcelantes ou envoyer en vrac des messages électroniques non autorisés et non sollicités. » Victor Simon ajoute à la fin de sa lettre que si les étudiants continuent à violer le Code de conduite, ils pourraient perdre les privilèges associés à leurs comptes courriels. Le 13 juin, Prévost envoie une réponse à Victor Simon lui demandant de voir « les » plaintes contre lui. Après plusieurs communications, Prévost reçoit la plainte, mais Simon lui répond le 9 juillet l’avisant qu’il n’a rien à ajouter et qu’il espère que Prévost respectera le Code d’utilisation des ressources informatiques ainsi qu’une copie de la lettre de Pestov sans le post-scriptum. Le 19 juin, Stojanovic fait une demande semblable. Le 26 juin, Simon envoie une réponse à Stojanovic « Ci-joint se trouve la plainte que j’ai reçue par rapport à votre utilisation des ressources informatiques. » Le jour suivant, Severin Stojanovic aurait envoyé une autre lettre au vice-recteur, cette fois-ci lui demandant de clarifier le nombre de plaintes qu’il y a à son sujet; le 7 juin Simon a dit qu’il a reçu des plaintes, mais le 26 juin, il n’y avait qu’une seule. Suite à des demandes d’accès à l’information, les étudiants ont confirmé qu’il n’y avait bel et bien qu’une seule plainte écrite et que le vice-recteur aux ressources avait reçu la même qu’ils ont obtenue de Joos. Stojanovic a décidé d’écrire une lettre au recteur de l’Université d’Ottawa, lui demandant des excuses formelles. Dans sa lettre, il mentionne le fait que lorsque Victor Simon a envoyé la plainte à Prévost, il aurait modifié la lettre en enlevant une partie potentiellement embarrassante et en exagérant le nombre de plaintes qu’il aurait reçu. Prévost a également envoyé une lettre au recteur lui demandant lui aussi des excuses pour la « falsification » des documents de la part du vice-recteur. Le 1er août, le recteur répond à Stojanovic, l’avisant qu’il est satisfait de la manière dont Victor Simon a disposé du dossier. Le même jour, Patry répond également à Prévost l’informant que le dernier paragraphe du courriel de Pestov avait été enlevé puisque l’Uni-

versité ne comptait pas faire un suivi sur ce dernier paragraphe. Une poursuite par ci, une poursuite par là Lorsque les deux étudiants ont reçu la lettre de Gilles Patry, ils ont immédiatement créé des dossiers regroupant toutes les correspondances en question. Le 8 août, Severin Stojanovic formule une plainte en vertu du règlement 110 au Dr. Gary Slater, doyen des études postdoctorales. Le 14 juillet, le professeur Denis Rancourt ajoute une entrée sur son blogue intitulée : « Lying and falsifying documents – All in a day’s work for U of O’s VP-Resources », suivi d’une autre « U of O President confirms that VP-Resorces lied and falsified, and agrees. », publiée le 9 août. Également sur son blogue, il donne accès aux dossiers de Prévost et de Stojanovic. Le 9 août, une journaliste de La Rotonde contacte le bureau de Victor Simon pour une entrevue au sujet de cette histoire Le 20 août, les avocats de Victor Simon envoient des lettres (voir page 11) à la directrice générale, au rédacteur en chef et à la journaliste en question, les informant que des mesures immédiates seront prises si des déclarations diffamatoires sont publiées. Le même jour, Jean-Paul Prévost, Severin Stojanovic et Denis Rancourt reçoivent des lettres de la part du même avocat. Sans commentaire Le 24 août, Jean-Paul Prévost demande à La Rotonde de ne pas le citer ou le mentionner dans les articles à venir. Le 6 septembre, Severin Stojanovic demande de voir l’article de La Rotonde avant d’accorder une entrevue, afin de permettre à son avocat de consulter le contenu. Une demande refusée par La Rotonde. Ni Stojanovic, ni Prévost n’ont accordé d’entrevue pour cet article. De son côté, Victor Simon a été bref : «À titre de vice-recteur aux ressources, je suis responsable, entre autres, de faire respecter les règlements qui encadrent l’utilisation des ressources universitaires. En ce qui concerne cette histoire, les deux étudiants et le professeur Rancourt connaissent déjà mon point de vue. Je n’ai rien à ajouter».

«À titre de vice-recteur aux ressources, je suis responsable, entre autres, de faire respecter les règlements qui encadrent l’utilisation des ressources universitaires. En ce qui concerne cette histoire, les deux étudiants et le professeur Rancourt connaissent déjà mon point de vue. Je n’ai rien à ajouter».

-Victor Simon, vice-recteur aux ressources

2 • Volume 10 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

actualites@larotonde.ca


Actualités

10 septembre 2007

Les lettres en forme intégrale

L’avocat de Victor Simon, vice-recteur aux ressources, a envoyé les lettres ci-haut, adressées à Severin Stojanovic, qui sous-entendent que l’étudiant a fait des déclarations diffamatoires sur le blogue du Professeur Rancourt. Un autre étudiant, Jean-Paul Prévost, a reçu une lettre semblable. Aucun des étudiants n’a voulu commenter. (Traduction libre) « Nous sommes les avocats de Victor Simon, vice-recteur aux ressources à l’Université d’Ottawa. Nous savons que La Rotonde prévoit publier un article dans une édition à venir qui fera référence à des déclarations concernant notre client qui proviennent, directement ou indirectement, de M. Jean-Paul Prévost et M. Severin Stojanovic, et M. Denis G. Rancourt. Soyez avisés que toute publication de La Rotonde ayant des déclarations qui sont diffamatoires envers notre client, vous pourrez vous attendre à ce qu’on prenne des mesures immédiates pour préserver ses intérêts et sa réputation. »

La lettre à la droite (traduite plus haut) a été envoyé 11 jours après qu’une des journalistes de La Rotonde aie contacté le bureau du vice-recteur pour une entrevue sur cette histoire. Le 5 septembre, Simon a finalement rencontré un de nos journalistes.

actualites@larotonde.ca

www.larotonde.ca •

11


Actualités

Semaine d’accueil : Alt 101 fait concurrence François-Olivier Dorais La semaine d’accueil est une tradition dans toute institution universitaire qui se respecte. Les nouveaux étudiants ont envahis le campus de l’Université d’Ottawa la semaine dernière pour venir assister aux activités de la semaine 101 et de la semaine Alternative. Pour Matthew Joseph, v-p aux activités sociales, « la semaine 101 c’est l’occasion par excellence pour créer une bonne relation entre les étudiants de même que pour instaurer une atmosphère chaleureuse et confortable à l’université ». En regard des évènements de la semaine dernière, l’atmosphère chaleureuse était assurément au rendez-vous sur le campus de l’Université d’Ottawa. La semaine 101, organisée par la Fédération étudiante, a proposé à quelques 4000 nouveaux étudiants du 3 au 7 septembre dernier une série d’activités de grande envergure telles que le concert Fedstock au Parc de la Confédération, la campagne de financement Shinerama, le carnaval du campus en plus des traditionnelles activités offertes par chaque corps fédéré en vue d’accueillir leurs nouveaux étudiants. Au menu: initiations, chants, alcool, party, costumes et autres festivités se voulant intégrantes. Aux dires de John Rausseo, un habitué des semaines d’accueil et maintenant planificateur pour la semaine Alternative 101 (Alt 101), « la semaine 101 est mieux qu’auparavant. Je crois que le nouvel exécutif de la FÉUO a su apporter à la programmation une dimension à la fois sociale et écologique qui était absente les années précédentes. Je

constate entre autres que les kits d’introduction sont plus complets et je vois que plusieurs bacs à recyclages ont été installés sur le campus ». Plusieurs étudiants semblent malgré tout sceptiques quant au bien-fondé de cette semaine d’accueil traditionnelle: « Si c’était à refaire, lors de ma première année, j’aurais fait Alt 101, la semaine 101 alternative », nous a confié une étudiante de 4ième année en loisir. De fait, plus de 100 étudiants ont opté cette année pour Alt 101, une semaine d’accueil parallèle administrée par GRIPO, un groupe étudiant visant le changement social et qui chapeaute un ensemble d’initiatives et de groupes de la communauté universitaire. Depuis sa création en 2005, Alt 101 n’a cessé de gagner en popularité. Comme son nom l’indique, son objectif véritable est d’offrir une alternative à la semaine 101 de la Fédération étudiante mais, cette fois-ci, dans une optique qui combine plaisir, utilité et éducation. « La semaine Alternative fut créée parce que la semaine 101 ne répondait pas à tous les besoins des étudiants et ne tenait pas compte de plusieurs enjeux sociaux importants, notamment l’environnement […] De plus, ce n’est pas tout le monde qui souhaite uniquement faire la tournée des bars. Il y a cet intérêt et ce besoin pour une diversité chez les étudiants », nous a confié Danika Brisson, l’actuelle v-p aux affaires étudiantes et fondatrice de la semaine Alternative. Bien qu’on nous assure qu’aucun climat compétitif n’existe entre les deux évènements, il reste que Alt 101 rivalise plus que jamais avec la semaine 101 organi-

sée par la Fédération étudiante qui se pose généralement en chantre du rassemblement. Pour John Rausseo, ancien participant de la semaine 101 et aujourd’hui planificateur pour Alt 101, la semaine alternative se démarque de par sa cohésion: « Honnêtement, après avoir vécu la semaine 101 à trois reprises, Alt 101 est nettement meilleure en ce sens qu’elle permet à ses participants, indépendamment de leur faculté, d’en apprendre davantage sur le campus et ses environs en plus d’offrir une dimension beaucoup plus personnelle qui favorise la véritable connexion entre les étudiants […] Je crois d’ailleurs que si l’on s’associait officiellement à la semaine 101, cela détruirait l’esprit communautaire qui caractérise Alt 101 ». Cette opinion semble d’ailleurs partagée chez les participants d’Alt 101; « j’ai choisis la semaine alternative pour ne pas me sentir idiote et faire des activités démoralisantes et vides de contenu [...] Alt 101 est beaucoup plus créative et surtout, tellement plus utile » nous a hardiment confié McKenzie Baribeau, étudiante en science politique. Les activités proposées par la semaine Alternative sont donc une fois de plus sorties des sentiers battus cette année et semblent avoir vraisemblablement collé avec ses objectifs initiaux. L’une des particularités de celle-ci fut notamment la mise sur pieds en partenariat avec divers groupes étudiants et communautaires, d’une série d’ateliers éducatifs tels que : Really Rethink Recycling avec le groupe Green campus, Vegan cooking avec People’s Republic of delicious et Sexy Safer Sex avec le groupe Venus envy.

Des étudiants se font entarter pour Shinerama pendant le carnaval de la semaine 101. Les sommes amassées seront annoncées sous peu. Photo par Karine Desjardins.

2 • Volume 12 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

Arts et culture

10 septembre 2007

Une rentrée tout en musique Louis Jacques Le Parc de la Confédération accueillait lundi dernier les nouveaux étudiants de l’Université d’Ottawa pour leur présenter un spectacle d’envergure donné par plusieurs groupes musicaux tels K-OS et Bedouin Soundclash. Plusieurs milliers d’étudiants occupaient le terrain en fin d’aprèsmidi profitant plus de la belle journée que des premiers groupes qui

tentaient en vain d’échauffer le public. Pourtant, les prestations des Federators, de You Say Party, We Say Die et des Breastfeeders avaient peut-être seulement leur manque de popularité à se reprocher. Ils auraient sans aucun doute profité de la diffusion promise par CHUO qui n’a pas eu lieu, la Fédération ayant trop tardée sur ce dossier. L’énergie offerte sur scène n’a trouvé réponse que chez quelques étudiants grouillant devant

François Picard, vice-président aux communications de la FÉUO, également chanteur des Federators. Photo par Karine Desjardins.

Le carnaval a connu un succès mitigé cette année. Malgré tout, certaines peronnes ont pu se baigner. Photo par Karine Desjardins.

K-OS a terminé la soirée du Fedstock en beauté. Photo par Karine Desjardins.

Sean Kelly et Christian Gigaut animaient cette clinique de réparation de vélo. Activité de Alt 101. Photo par Karine Desjardins.

Plusieurs milliers d’étudiants occupaient le terrain lors du Fedstock le 3 septembre, profitant du beau temps. Photo par Karine Desjardins.

actualites@larotonde.ca • culture@larotonde.ca

eux. Ils ont quand même contribué à l’atmosphère généralement agréable de cette fin d’après-midi. Lorsque Bedouin Soundclash s’est enfin emparé de la scène, le Parc de la Confédération s’est gonflé de plusieurs centaines d’étudiants attirés par le magnétisme incontestable de ce groupe de Kingston. Pendant que le soleil se couchait sur le centre-ville, les membres du groupe ont allumé la foule par leurs sonorités reggae et urbaine. La simplicité et la complicité à l’honneur, Bedouin Soundclash a entraîné des milliers de jeunes dans son univers avec «Walls fall down», «When the Night Feels My Song» et autres succès à qu’il doit leur succès mérité. Le seul bémol à ces éloges était que les musiciens ont parfois sombré dans une certaine confusion lorsqu’il se lançait dans leurs improvisations. À leur départ, ils ont laissé une foule chauffée à blanc que k-os n’a pas tardé à enflammer de sa musique énergique. Ces musiciens qui se sont approprié la soirée ont étalé leurs talents pendant que Kheaven Brereton rythmait le tout de ses paroles. Malgré la lenteur avec laquelle le spectacle a commencé, le travaile de l’équipe d’animation, les groupes musicaux et la foule ont contribué à laisser un souvenir agréable de ce spectacle lorsque le tout s’est terminé.

www.larotonde.ca •

13


Arts & Culture 10 septembre 2007

Blaise D. Guillotte culture@larotonde.ca

Le Blues en fête au bistro Le Troquet Tina Salicco Le bistro Le Troquet, situé sur la rue Laval dans le secteur Hull, fête ses 10 ans. Rien de mieux que de célébrer le 10e anniversaire du resto-café avec le retour de la Virée Blues Boréale ! Cette programmation a permis d’offrir un spectacle inoubliable, mettant en vedette Bob Walsh, un des artistes les plus populaires du blues québécois. Cet évènement, qui s’est tenu le 5 septembre 2007, a donné la chance aux spectateurs de découvrir un style de musique émotif. L’air morose et émouvant du blues n’a pu que provoquer des réactions joviales et agréables chez les spectateurs. L’atmosphère très accueillante du bistro était parfaite pour une soirée entre amis ou simplement pour aller prendre un verre, tout en écoutant les paroles du cœur interprétées par le talentueux Bob Walsh. La programmation de la Virée Blues Boréale prévoit de nombreux autres spectacles à venir au bistro Le Troquet. Une soirée de blues avec The Trevor Finlay Band aura lieu le 19 septembre 2007. De plus, le prochain spectacle à ne pas manquer mettra en vedette Ricky Paquette, un artiste de blues originaire de Gatineau. Sa prestation aura lieu le 3 octobre 2007, et beaucoup d’autres sont encore à venir.

Le chanteur rap NAS, invité par la Fédérations étudiantes de l’Université de Ottawa et l’Association étudiante de Carleton pour le concert Rock pour le vote le 1er octobre, ne semble pas être le bienvenu dans la capitale nationale. Selon les organisateurs du concert, les administrateurs du Centre des Congrès ne voudraient pas que le chanteur rap fasse sa prestation en raison de ses

2 • Volume 14 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

Ne manquez pas, dès la semaine prochaine, le calendrier hebdomadaire de La Rotonde.Vous désirez publiciser votre événement? Envoyez un courriel à un de nos chefs de pupitre et nous ferons notre possible pour que nos 6000 meilleurs amis soient au courant.

Université d’Ottawa

Le SASS a votre réussite à cœur Apprendre, cela se fait aussi à l’extérieur de la classe… L’air morose et émouvant du blues n’a pu que provoqué des réactions joviales et agréables chez les spectateurs. Photo par Karine Desjardins

Contreverse autour de la venue de NAS Blaise D. Guillotte

Calendrier

chansons qui inciteraient à la violence et à la possession d’armes à feu. Ce n’est cependant pas la première raison donnée par le Centre des Congrès aux étudiants. « Ils nous ont d’abord dit que le Centre des Congrès ne pouvait pas assurer la sécurité d’une si grande foule ». Les deux associations ont rétorquée en rappelant que des concerts d’une telle envergure avaient déjà eu lieu au Centre des Congrès sans que cela

ne pose problème. Elles ont alors reçu un appel du vice-président du service à la clientèle du Centre, Paul Keogh, qui leur aurait alors dit que c’était le message véhiculé par les paroles du chanteur qui était en cause et non les problèmes de sécurité. On ne sait pas encore si les étudiants ont trouvé un endroit pour acceuillir NAS pour cet événement qui, pourtant, entend servir une bonne cause.

Méthodes d’étude, techniques de rédaction, gestion du stress, bénévolat, apprentissage expérientiel et planification de carrière ne sont que quelques-uns des multiples services à votre disposition. Alors, faites de notre équipe de spécialistes et de mentors étudiants un atout important de votre vie universitaire. Toutes les deux semaines, nous vous donnerons conseils et information. Vous nous verrez peutêtre aussi en classe de temps à autre. Entre-temps, jetez un coup d’œil à notre site Web pour en savoir plus sur nos activités et nos services.

www.sass.uOttawa.ca

culture@larotonde.ca


Arts et culture

10 septembre 2007

Le mot de Cambronne Blaise D. Guillotte

Les moralistes Ça y est. C’est reparti. Un autre chanteur de rap, NAS, se voit mettre des bâtons dans les roues pour venir faire une prestation au Centre des Congrès d’Ottawa. La raison? Le chanteur, par ses paroles, inciterait à la violence et à la possession d’armes à feu. Il n’en fallait pas plus pour que les défenseurs du rap crient haut et fort au scandale, rappelant encore pour une énième fois que le rap est l’enfant martyr de la musique. C’est ici que les amateurs de ce style mélangent bien des choses; le style de musique n’a rien à voir avec la censure qu’on en fait. Qu’on se rappelle Marylin Manson, qu’on

regarde la lutte menée par certains lobbys pour diminuer la violence et la sexualité à la télévision et on se rendra vite compte que « l’affaire » NAS n’est qu’une petite vague dans une mer orageuse. Tout ici est une question de morale, de valeurs. Les responsables du Centre des Congrès n’ont probablement rien contre le rap. Ce qu’ils condamnent et censurent, ce sont les valeurs qu’il promeut. Les moralistes, car c’est bien ce qu’ils sont, vivent dans ce curieux et fascinant paradoxe. Ils soutiennent généralement que l’être humain est libre, autonome et ration-

Critique DVD

nel. Pourtant, dès qu’un chanteur ou un film exprime des valeurs différentes des leurs, les voilà qui montent aux barricades pour empêcher la tenue d’un tel événement, sous prétexte qu’il corromprait les âmes pures et vierges de ce bas-monde. Où est donc soudainement passée cette rationalité, cette liberté qui fait qu’un individu puisse choisir à sa guise d’assister à tel ou tel concert ou d’acheter un quelconque livre? Il y a là une faille qui cache bien le fond élitiste et paternaliste des moralistes. Ce qu’ils veulent, c’est n’est pas notre bien. C’est le leur. Sommes nous en train de cautionner la

violence, le viol ou le meurtre? Absolument pas. Il n’est pas question de juger ici de la pertinence ou non de NAS et de son discours. Il serait beaucoup plus pertinent de se demander pourquoi ses valeurs ont tant d’échos dans nos sociétés et si vraiment elles ont un impact. Cela nous rappelle également que la moralité, dans l’art comme dans la vie, est une voie qui mène souvent au dogmatisme, à la censure et à une tyrannie de l’esprit. C’est comme le disait si bien Ferré : « Ce qu’il y a d’emmerdant dans la morale, c’est que c’est toujours celle des autres ». culture@larotonde.ca

Notes sur un scandale Alexa Biscaro Notes on a Scandal raconte moins l’histoire d’un scandale que celle de Barbara, une femme scandaleusement irrationnelle. Tout débute lorsque Sheba, une professeure d’art dans une école secondaire, entame une aventure sexuelle plutôt inappropriée avec un élève de quinze ans. Malgré ses actions choquantes, ce n’est pas elle qui mérite notre attention. Il faut plutôt se concentrer sur sa nouvelle amie et collègue, Barbara. Femme d’âge mûr, célibataire, elle joue la figure de mère dans la vie turbulente de la jeune Sheba, qui ne peut que lui

en être reconnaissante. Lorsque Barbara découvre cette dernière avec son élève, elle promet donc de ne rien dire, à condition que Sheba mette fin à l’aventure sur le champ. Et voilà que commence le chantage émotionnel. Notes on a Scandal, un jeu tordu de chat et souris, nous plonge dans l’univers possessif, jaloux et paranoïaque de Barbara, alors qu’elle tente de s’approprier Sheba et de l’arracher à sa famille. En ce qui a trait au jeu des acteurs, Judi Dench est fantastique dans le rôle de Barbara. L’assurance morale qu’elle lui donne est d’autant plus déstabilisante lorsqu’on réalise

qu’elle est prête à tout faire pour ne plus être seule. Son indignation envers la relation que Sheba entretient avec son élève n’est pas dûe à son illégalité : c’est de la pure jalousie qui la ronge. D’ailleurs, elle semble prendre un plaisir inquiétant à minutieusement raconter les détails de l’aventure dans son journal. Voilà le véritable scandale de l’histoire: Barbara est si incroyablement vexante qu’elle nous fait oublier à quel point coucher avec un garçon de quinze ans est irresponsable. Dench incarne si bien la paranoïa de Barbara que l’on ne peut s’empêcher de la ressentir à notre tour. Du début à la fin, on se sent nerveux et franche-

ment stressé. Partagé entre le choc que l’on ressent envers la désinvolture de Sheba et l’obsession malsaine que Barbara nourrit, l’inconfort se glisse sous la peau et nous envahit de la tête au pied. Adoptant un genre qui frôle le thriller psychologique, Notes on a Scandal se garde de raconter l’histoire clichée de la belle maîtresse qui joue à la couchette avec son élève. Non seulement ce film enivrant nous raconte quelque chose de beaucoup plus intéressant que la solitude humaine, il nous donne surtout la frousse de la dame du voisinage qui semble un peu trop amicale…

Critique cinéma

Coup de bluff 3,5/5 Kheira Jolin-Dahel Le film Bluff sera à l’affiche sur nos écrans de cinéma dès vendredi prochain. Ce film d’une durée d’un peu plus d’une heure, débute lorsqu’un ouvrier de la construction fait une découverte bien dérangeante en ouvrant une trappe dans un vieil appartement. C’est alors que le spectateur est transporté dans l’univers des anciens locataires du logement

Le film prendra l’affiche bientôt dans les cinémas du Québec.

culture@larotonde.ca

en question. Nous découvrons ainsi des personnages tous aussi louches les uns les autres, ainsi que leurs histoires respectives. D’un père qui se croit ancien champion de boxe à un voleur qui se vole lui-même, en passant par un chômeur perfectionniste ainsi qu’un couple infertile, nous apprendrons les détails de leurs vies passées afin de lever le voile sur cette mystérieuse découverte. Bluff est le premier long métrage de Marc-André Lavoie, écrit, réalisé et produit avec l’aide de Simon Olivier Fecteau. Malgré le budget limité du film, on retrouve à l’écran des grands noms du cinéma québécois tel que Rémy Girard, Marc Messier, Emmanuel Bilodeau, Isabelle Blais et bien d’autres. Simon Olivier Fecteau qui fait aussi partie de la distribution du film s’est fait connaitre en tant que membre du groupe Chick N’Swell. Le film Bluff se qualifie de comédie dramatique teintée d’un humour parfois un peu facile, avec un scénario léger et divertissant. La performance des comédiens est très convaincante et la fin, bien que toute simple, est assez surprenante. Toutefois, même si tous les ingrédients nécessaires sont réunis, Bluff manque d’un petit je-ne-sais-quoi qui rend ce film ni mauvais, ni excellent. À attendre en DVD.

www.larotonde.ca •

15


Arts et culture

10 septembre 2007

L’Irréductible Handala

« Ils ne nous feront pas taire par la mort » Caroline Lester C’était en 1987; l’assassinat d’un éminent bédéiste palestinien, auteur de centaines de caricatures politiques acerbes et révolutionnaires. Vingt ans plus tard, un groupe d’étudiants rend hommage à Naji al-Ali, aux images qui lui ont assuré une mort prématurée. Mardi dernier, la section ottavienne de l’organisation nationale Solidarité pour les droits humains des Palestiniens (SDHP) tenait une exposition de caricatures de Naji alAli à la Gallerie SAW. Le caractère intime de la salle, la brève prestation musicale d’un joueur d’aoud (l’ancêtre arabe du luth), et le service de boissons et amuse-gueules typiques du Moyen-Orient ont contribué à

l’agréable ton convivial de la petite exposition. Plusieurs textes explicatifs, ainsi que des traductions des phrases trouvées dans quelques caricatures accompagnaient le public dans sa découverte d’al-Ali et de son œuvre. Sur l’importance de cette oeuvre, Lama Mourad, vice-présidente de SDHP commente : « J’ai lu quelque part qu’on considérait l’œuvre de Naji al-Ali comme étant représentative de l’opinion publique arabe de son époque, et je suis tout à fait d’accord. Il compte aussi parmi les premiers à remettre en question l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine) (…). Il génère donc un questionnement général de l’autorité chez les Palestiniens. (…) Il a une vision politique rangée

selon les classes et ses caricatures simples s’adressent aux pauvres, aux réfugiés, et aux illettrés. » La naissance de Handala Naji al-Ali n’a qu’une dizaine d’années quand son village est détruit par des troupes israéliennes, et que sa famille doit quitter sa Palestine natale pour s’installer dans un camp de réfugiés au Liban. Bien des années plus tard, peu après le début de sa carrière de bédéiste politique, il créera le personnage de Handala pour illustrer sa jeunesse interrompue et fortement marquée par la dure réalité de la vie de réfugié. Présent dans tous les dessins d’alAli à partir de juillet 1969 jusqu’à sa mort en août 1987, Handala devient

la marque du bédéiste, encore très populaire aujourd’hui. Il le publia pour la première fois faisant face au lecteur, dictant son mandat de toujours défendre la cause palestinienne et de s’opposer à toute forme de corruption. Plus tard, en réponse à l’implication américaine dans l’élaboration d’accords de paix, Handala tournera définitivement le dos aux lecteurs, les mains derrière lui, en signe de refus des solutions extérieures qui sont défavorables aux Palestiniens. Naji al-Ali donne également un message d’espoir aux plus pauvres, les incitant à la résistance et à la défense de leurs droits. Le nom de Handala est un hommage aux réfugiés palestiniens : il provient du nom d’un buisson trouvé dans les régions arides, et qui persiste à repousser malgré les tentatives de le déraciner. Par ailleurs, l’artiste traite de la question palestinienne comme une question humanitaire allant au-delà des nationalités. Naji Al-Ali à Ottawa Dans un effort de rejoindre un public plus varié lors de cette soirée, SDHP y a convié plusieurs groupes d’action sociale du Groupe de recherche d’intérêt public de l’Ontario (GRIPO), notamment la Semaine alternative 101. Le résultat : « C’est un très grand succès, même un de nos plus grands succès en termes d’événements jusqu’à présent », affirme la vice-présidente. Toutefois, les caricatures ne sont pas aussi accessibles qu’on aurait pu le croire : « On ne comprend pas tou-

jours la symbolique des caricatures, note Alex Comtois Lecoq, étudiant de troisième année à l’Université d’Ottawa. ». « On perçoit le sens global mais pas nécessairement le message concret que comprendrait quelqu’un qui est plus au courant du conflit », ajoute Caroline Beauchamp, également étudiante à Ottawa. « Les dessins paraissent très simples, mais souvent la première idée qu’on s’en fait est différente du message complet» explique Faris Lehn, membre exécutif chargé de recherche et développement chez SDHP. À tout le moins, l’exposition donne à plusieurs la soif d’en savoir plus, et certains spécifient qu’ils chercheront à se familiariser également avec la version israélienne des événements. Le parti pris de SDHP discrédite-t-il la valeur informative de l’événement ? « On a souvent accusé SDHP d’être biaisé , répond Lama Mourad, mais même les faits et statistiques sur l’occupation de la Palestine sont si impressionnants et difficiles à croire qu’ils peuvent sembler ‘biaisés’ eux aussi. (…) Une injustice a été commise, et il faut se l’avouer si on veut avancer dans les discussions. (…) Nous ne sommes pas contre l’idée d’une terre pour les Israéliens, nous sommes contre le fait de prendre des terres déjà habitées. » « J’espère que je n’exagère pas lorsque je dis que je pourrai vivre à travers (Handala) après ma mort », lançait Naji al-Ali. Prenons cette exposition et les nombreuses discussions qui en découleront comme une réponse à son souhait.

Les cinglantes critiques politiques et sociales de Naji al-Ali lui attireront de nombreux ennemis. Dessine par Naji Al-Ali.

225 Laurier Ave East 238.8222 Marche By, 43 rue Clarence 244.0442

2 • Volume 16 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

Canada’s Student Travel Experts

culture@larotonde.ca


Arts et culture

10 septembre 2007

Afghanistan - chroniques d’une guerre

Une exposition photographique Nathalie Lauzon Avec l’envoi d’un important contingent quÊbÊcois en Afghanistan en aoÝt dernier, les mÊdias francophones fourmillent de reportages et d’Êmissions spÊciales sur la mission afghane. Mais connaissonsnous rÊellement les enjeux de cette guerre? Savons-nous bien dans quoi le Canada s’est embarquÊ? C’est ce que nous raconte, en images, l’exposition temporaire  Afghanistan – Chroniques d’une guerre  prÊsentÊe au MusÊe canadien de la guerre à Ottawa du 9 fÊvrier 2007 au 6 janvier 2008.  Vendredi soir, les États-Unis ont demandÊ au Canada d’apporter sa contribution à une coalition militaire multinationale contre le

terrorisme international. J’ai immÊdiatement donnÊ pour consigne au ministre de la DÊfense nationale d’accepter.  - Le premier ministre du Canada, Jean ChrÊtien, le 7 octobre 2001 L’exposition est principalement composÊe de photos et de films rÊalisÊs par Stephen Thorne et Garth Pritchard, deux journalistes canadiens qui, à l’occasion de nombreuses visites en Afghanistan, de 2002 à 2005, ont côtoyÊ les militaires canadiens sur le terrain. Ils en ont rapportÊ des tÊmoignages Êmouvants et des images qui en disent long, captÊes dans le feu de l’action, dans des conditions extrêmement dangereuses avec lesquelles les militaires canadiens et les Afghans doivent

composer à Kaboul et à Kandahar. Une collection d’images, plus touchantes les unes que les autres, raconte la suite des ÊvÊnements et des opÊrations. L’exposition prÊsente plusieurs artefacts qui tÊmoignent de l’expÊrience humaine dans le conflit actuel. Parmi ceux-ci figurent, l’Êpave d’un vÊhicule militaire canadien dÊtruit par une bombe placÊe en bordure de la route, des dÊbris de l’avion qui a servi à l’attaque terroriste du World Trade Center et des documents relatifs aux Êlections nationales tenues en Afghanistan. Les visiteurs peuvent exprimer leur point de vue en Êcrivant leurs rÊflexions et questionnements sur diffÊrents aspects de cette mission, ce qui est, à la fois  libÊrateur  pour eux et inspirant pour les visiteurs qui leur succèdent. Les diffÊ-

rents points de vue font rÊflÊchir... Christina Selin, relationniste au MusÊe canadien de la guerre, mentionne que cette exposition frôle dÊjà les 115 000 visiteurs en sept mois :  Plusieurs gens viennent au musÊe pour cette exposition en particulier, car probablement son actualitÊ en fait sa triste popularitÊ , dit-elle.  Les gens ont aussi besoin de s’exprimer et d’en parler durant et après la visite, c’est pour cette raison que nous leur offrons cette possibilitÊ . Quelques tÊmoignages Jeunes et moins jeunes visiteurs en avaient long à dire lors de leur visite le 30 aoÝt dernier. Natacha Tremblay (elle-même dÊployÊe en Afghanistan il y a quelques annÊes comme

civile) Êtait prÊsente avec son fils Mikael et son conjoint militaire. Elle disait que c’Êtait tout à fait normal pour eux d’amener leur fils,  car ça a fait partie et fait toujours partie de notre quotidien comme famille employÊe par la DÊfense nationale.  Quant à lui, Kristopher Butler, 8 ans, de Paquetteville au NouveauBrunswick, en vacances à Ottawa avant la rentrÊe scolaire avait les yeux bien songeurs  C’est triste je trouve  a-t-il rÊpondu.  Je vois de la violence et des fusils, mais je ne comprends pas tout . Son père, Ewan Butler a tenu à ajouter que  C’est vraiment rÊel cette exposition, c’est touchant, plus vrai, car nous en entendons parler dans les nouvelles tous les jours, ce n’est pas du passÊ, cela se passe en ce moment! .

@ccljkiXk`fe[\9\\k_fm\egXiM`eZ\ekGXi`q\Xl#YXjjfe`jk\~cËFiZ_\jki\[l:E8

FiZ_\jki\[l:\eki\eXk`feXc[\j8ikj G@E:?8JQLB<ID8E;`i\Zk\lidlj`ZXc

= < JK @ M8 C

9<<K?FM<E :FE:<IKJ;<DLJ@HL<;<:?8D9I<Ă&#x2020;yKL;@8EK(*  :FE:<IKJ;Ă&#x2039;FI:?<JKI<Ă&#x2020;yKL;@8EKĂ G8IK@I;<('#., 

DLJ@HL<;<:?8D9I<@ ))j\gk\dYi\Â&#x203A;)' _ y^c`j\gi\jYpkÂ&#x201E;i`\ee\Jk%8e[i\n JfeXk\gflim`fcfe\kg`Xef \ejfcdXa\li#fglj*'#ef*& JfeXk\gflim`fcfeZ\cc\\kg`Xef \ecXdXa\li#fglj-0&HlXklfi ~Zfi[\j#fglj(*' HL8KLFID@Iä A<JJ@:8C@EE<98:?m`fcfe 8D8E;8=FIJPK?m`fcfeZ\cc\ J?FBF@EFL<g`Xef

DLJ@HL<;<:?8D9I<@@ )*j\gk\dYi\Â&#x203A;(+ _ y^c`j\gi\jYpkÂ&#x201E;i`\ee\Jk%8e[i\n ;i\`<hlXc`&J\gklfi G@E:?8JQLB<ID8Em`fcfe <EJ<D9C<J;<CĂ&#x2039;F:E8 <I@:=I@<J<EXe`dXk\li

QLB<ID8E#I<G@E <K9<<K?FM<E )-j\gk\dYi\Â&#x203A;)' _ JXcc\Jflk_Xd :feZ\ikfgflim`fcfe& Jpdg_fe`\ef. G@E:?8JQLB<ID8E Z_\][Ă&#x2039;fiZ_\jki\ M8;@DI<G@Em`fcfe

CĂ&#x2039;?yIFâHL< ).j\gk\dYi\Â&#x203A;)' _ JXcc\Jflk_Xd :feZ\ikfgflim`fcfe& Jpdg_fe`\ef*#?Â&#x201E;ifÂ&#x2039;hl\ G@E:?8JQLB<ID8E Z_\][Ă&#x2039;fiZ_\jki\ M8;@DI<G@Em`fcfe

Gfli^X^e\i[\jY`cc\kjgflic\ZfeZ\ik~^l`Z_\kj]\idÂ&#x201E;j ?pde\~cXaf`\[l),j\gk\dYi\\kmf`icXgif^iXddXk`feZfdgcÂ&#x2026;k\ [l]\jk`mXc#m`j`k\qc\nnn%eXZ$ZeX%ZX&]\jk`mXcY\\k_fm\e

culture@larotonde.ca

Une collection dâ&#x20AC;&#x2122;images, plus touchantes les unes que les autres, raconte la suite des ĂŠvĂŠnements et des opĂŠrations. Photo par Nathalie Lauzon

St a g e d â&#x20AC;&#x2122; a i d e h u m a n it a ir e e n R ĂŠ p u b li q u e D o mi n i c a i n e Au cours du printemps et de lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtĂŠ 2008, 35 jeunes (entre 20 et 35 ans) partiront 4 ou 6 semaines en RĂŠpublique Dominicaine pour un projet dâ&#x20AC;&#x2122;aide humanitaire sous la tutelle de lâ&#x20AC;&#x2122;organisme ÂŤ SolidaritĂŠ Jeunesse Âť.

Soyez du nombre !

SoirĂŠe dâ&#x20AC;&#x2122;information : le jeudi 20 septembre, 19h, au 101, avenue Parent, Ă  Ottawa (coin Saint-Patrick, derrière la cathĂŠdrale). 613-241-7515 cdjeunes@comnet.ca

www.larotonde.ca â&#x20AC;˘

17


Arts et culture Critique

Blaise D. Guillotte C’était une première attendue. Non seulement Le Chien ouvrait le Festival Zone Théâtre, la pièce écrite par Jean-Marc Dalpé fêtait également ses vingt ans. Souvent citée comme la pièce qui annonce la naissance d’un théâtre fanco-ontarien original, professionnel et institutionnel, elle traîne avec elle une charge symbolique et historique de taille. Laisser un peu de côté cet héritage théâtral pour se concentrer sur le récit de la pièce, le nœud qui de-

10 septembre 2007

Entre chien et loup meure ce rapport amour/haine entre un père et un fils et le drame de toute une famille, tel a été le tour de force du Théâtre du Nouvel–Ontario et du metteur en scène Joël Beddows. Avec une mise en scène des plus sobre, la troupe du TNO nous plonge dans un univers intime ou se côtoient des personnages torturés, hantés par un passé douloureux et un futur incertain. Réside tout au long de la pièce un sentiment de huis-clos, comme si ces personnages réglaient leurs comptes dans la même salle. Or, tout est faux. L’action ne se déroule

pas en un seul lieu et elle oscille entre le passé et le présent, passage qui du reste se fait dans une fluidité sans faille, signe d’une mise en scène des plus efficaces. C’est la grande qualité de cette mise en scène : préserver la tension constante entre ce huis-clos, cet enfermement, ces chaînes qui unissent psychologiquement et émotivement tous les personnages, tout en les faisant voyager dans leurs lieux propres et leurs souvenirs. Anick Léger, dans le rôle de la mère, a encore prouvée une fois de plus qu’elle faisait partie des

grandes actrices de ce pays. Un rôle difficile que celui de la mère, entre résignation et révolte, rage et désespoir, campé merveilleusement par une actrice qui n’a plus à faire ses preuves. Solidement appuyés par Aubert Pallascio dans le rôle du grand-père, Marc Bélanger (le fils) et Sylvain Massé (le père) ont bien incarné cette tension qui existe entre père et fils, ce sang d’enragé qui coule de génération en génération. Le jeu pressé et nerveux des acteurs en tout début de représentation fit perdre quelques précieux

fragments du texte de Dalpé. Ce fut heureusement de courte durée et c’est alors que la beauté de ce texte violent pu prendre toute sa forme. Quelques phrases et moments comiques, comme pour alléger la « banale » tragédie de cette famille du nord de l’Ontario. Un rire assumé, franc, mais qui laisse en arrière-goût un petit fond d’amertume, la triste prise de conscience que ce côté comique, au fond, cache une sombre réalité. C’est peut-être ça la tragédie de ce récit…Les pauvres n’en ont pas le droit, elle est toujours banale et maladroite.

Non seulement Le Chien ouvrait le Festival Zone Théâtre, la pièce écrite par Jean-Marc Dalpé fêtait également ses vingt ans. Photo gracieuseté du Centre National des Arts.

CORRECTION DE LA VUE AU LASER

Offre exclusive pour Étudiants Valide sur présentation d’une carte étudiante et d’un numéro d’étudiant.

$ 415 À partir de

/oeil*†

0$

FINANCEMENT DISPONIBLE 0$ Dépôt, 0$ Intérêt pour 12 mois**

CONSULTATION SANS FRAIS

(613) 288-2228 * Les prix peuvent changer sans préavis et peuvent varier selon la prescription. Applicable sur une chirurgie des deux yeux. ** Sujet à changement et modification en tout temps sans préavis. Financement assuré par Credit Medical Corporation Inc, sur approbation de crédit.

Dr. Robert Morgan MD, FRCSC

Dr. Peter Agapitos

MD, FRCSC, DIP. ABO

Dr. Ralph Zabel

MD, FRCSC, DIP. ABO

Halifax | Moncton | Québec | Montréal | Ottawa | Kingston | Toronto | London | Windsor | Winnipeg | Edmonton | Calgary | Vancouver | Syracuse

www.lasikmd.com

2 • Volume 18 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

culture@larotonde.ca


Arts et culture

10 septembre 2007

Festival Zones Théâtrales

Une zone et bien plus Roxanne Dubois En plus de la rentrée scolaire, cette semaine annonce également la rentrée théâtrale lors du Festival Zones Théâtrales (FZT) qui s’est amorcé jeudi dernier lors de la première du Chien de Jean-Marc Dalpé. C’est l’un des rares événements qui rassemble une gamme si diversifiée de théâtre canadien-français et une occasion unique de célébrer et de réfléchir sur les arts et la culture en milieu minoritaire francophone. À l’affiche sur les planches du FZT cette semaine, des pièces de partout au pays: Poésie électrique version pile al kkaline le 10 septembre à la Basoche, Le Alacenne en rail show, le 10 septembre au P’tit Chicago, Fort Mac à la Salle académique de l’Université d’Ottawa les 11 et 12 septembres, D’après les ménines de Veslasquez à la

Court des arts les 12 et 13 septembre, Trains fantômes à la Nouvelle scène les 13 et 14 septembre et enfin Le Filet au studio du Centre national des arts (CNA) les 14 et 15 septembre. Un autre volet du FZT est la zone de libre-échange où auront lieu, dans la Quatrième salle du CNA de nombreuses conférences, tables rondes et lectures, tous les jours à 14h. Il y aura entre autres, une mise en lecture d’Anne-Marie White d’un texte de Mélanie Léger intitulé Laura de Montréal, le 15 septembre. Également, Le Projet Rideau/ The Rideau Project, le 13 septembre, présentera les textes de Pierre Brault, Patrick Gauthier, Sarah Migneron, Luc Moquin, John Ng et Michel Ouellette, mis en lecture par Kevin Orr. La présence de Graham Fraser, commissaire aux langues officielles

et auteur de l’essai Sorry, I don’t speak french, sera à la Quatrième salle du CNA, le 11 septembre à 14h pour une conférence intitulée «Les arts et l’épanouissement des collectivités francophones en situation minoritaire». Joël Beddows, Yves Frenette, Mélanie Léger, André Perrier et Marc Prescott participeront à une table ronde qui aura pour thème «L’identité franco-canadienne est-elle soluble dans la montréalité et si oui, en combien de temps?». Pour compléter le tout, la Zone grise offre un espace de discussion plus informel et social : les 5@7 à la Nouvelle scène avant chacune des pièces ainsi que les soirées DJ à 22h, des soirées de musique avec des artistes locaux. Pour la programmation complète, consultez le site Internet du CNA: www.nac-cna.ca.

Pour la programmation complète Du FZT, consultez le site Internet du CNA: www.nac-cna.ca

Qu’est-ce que sex ? Alexa Biscaro

Le sexsomnie : un trouble sérieux ? Le somnambulisme est un phénomène plutôt courant. Certains se lèvent pour faire du café, d’autres arpentent les corridors en discutant des qualités des crustacés méditerranéens. Mais peut-on vraiment faire l’amour en dormant? L’activité sexuelle pendant le sommeil, ou le sleepsex, a été associée pour la première fois aux troubles de sommeil appelés « parasomnies » en 1996 par une équipe de médecins. Caractérisée par un comportement sexuel chez une personne « endormie », la sexsomnie se produit en fait lorsque le sujet est dans un état mixte d’éveil et de sommeil. Bien qu’il soit parfaitement normal pour les humains d’être excités lors du cycle REM, les gens qui souffrent de sexsomnie n’éprouvent pas la même paralysie corporelle. En d’autres termes, les fonctions de base, comme celles qui nous permettent de marcher, de manger et de faire l’amour sont activées. Le hic? Les fonctions plus compliquées, comme celles

nécessaires à la mémoire, au jugement et à la pensée critique demeurent en état de somnolence. Comment le diagnostiquer? Les facteurs les plus souvent associés à la sexsomnie sont les drogues, l’alcool, le stress physique ou psychologique, la fièvre et certains médicaments. Certains sujets mentionnent également le contact avec le partenaire, la baisse d’intérêt sexuel, les rêves érotiques ou une diminution de la fréquence des relations. La plupart des sexsomniaques souffrent déjà d’une autre forme de parasomnie, que ce soit le somnambulisme ou le grincement de dents. Lors d’une crise, il est important de remarquer si la personne semble agir de façon bizarre. Puisque la sexsomnie est un état dissociatif, le changement de comportement peut être aussi drastique que chez ceux qui ont de multiples personnalités. Si votre

copain est du genre à être très gêné et que soudainement il se met à proposer un striptease sur le balcon, il est temps de se poser des questions… Qu’y-a-il à faire? Malgré les multiples centres de recherche qui ont émergé, dont un à Toronto, les communautés médicale et psychiatrique internationales demeurent plutôt mystifiées par la sexsomnie. Il est donc crucial d’en parler à un professionnel dès son premier épisode. Il faut surtout en parler abondamment au sein du couple. Une solution sera possible si le problème est avant tout identifié. Est-ce que vos attouchements nocturnes gênent votre partenaire? Votre relation devient-elle tendue? Tout dépend essentiellement de la réaction du partenaire, de la personnalité du couple et de vos expériences sexuelles respectives. culture@larotonde.ca

Le tour du monde en 80 chroniques Vanessa Lazaveric

Quand l’Amérique débarque en France

Cannes a son festival, tout le monde le sait. Il existe néanmoins d’autres festivals du film d’importance en France, dont le Festival du Cinéma Américain de Deauville, qui fête son 33ème anniversaire cette année. Celui-ci s’est tenu du vendredi 31 août au dimanche 9 septembre 2007. La diversité cinématographique américaine (entendons-nous bien qu’il faut comprendre étasunienne) est mise à l’honneur ; ainsi les films indépendants côtoient les grandes superproductions. À l’origine le festival ne se voulait pas compétitif : il servait simplement à présenter au public français les films américains qui allaient envahir les salles de cinéma. Mais, en 1995 pour les longs-métrages et 1998 pour les courts-métrages, il a finalement été décidé d’instituer une mise en concurrence d’une sé-

culture@larotonde.ca

lection de films dans chacune des catégories. Il existe un certain nombre de prix décernés à savoir, pour les principaux, le Grand prix du Cinéma Indépendant Américain et celui du Court-métrage, le Prix du jury du Cinéma Indépendant et celui du Court-métrage, le Prix du scénario, le Prix de la critique internationale ou encore le Prix de la révélation Cartier. Les films de la sélection officielle en compétition étaient : Broken english, de Zoe R. Cassavetes; Factory Girl, de George Hickenlooper avec Sienna Miller et Hayden Christensen; For your consideration, de Christopher Guest; Grace is Gone, de James C. Strouse avec John Cusack ; Ira and Abby, de Robert Cary; Live !, de Bill Guttentag avec Eva Mendes ; Never Forever, de Gina Kim; Rocket Science, de Jeffrey

Blitz; Teeth, de Mitchell Lichtenstein ; The Dead Girl, de Karen Moncrieff avec Toni Collette et Brittany Murphy ; et enfin Waitres, d’Adrienne Shelly avec Keri Russel. Le jury, à qui il incombait la lourde tâche de trancher, était composé ainsi : le fameux André Téchiné , Président du Jury, et à ses côtés d’Odile Barski, Xavier Beauvois, Nicolas Cazalé, Charlélie Couture, Emilie Deleuze, Anouk Grinberg, Marie-France Pisier, et Yasmina Reza. Un hommage a également été rendu à quatre personnalités qui ont définitivement marqué l’histoire du cinéma, à savoir Michael Douglas et Sigourney Weaver qu’il n’est pas nécessaire de présenter, ainsi que Sidney Lumet et Ida Lupino, tous deux réalisateurs, acteurs et scénaristes. L’hommage à Ida Lupino lui a été rendu à titre posthume comme

d’autres avant elle, notamment Stanley Kubrick et James Dean, et autres. N’oublions pas de préciser que le Festival de Deauville est également un moment privilégié pour faire la publicité des grosses productions américaines, projetées en avant-première (The Bourne Ultimatum, Michael Clayton, The assassination of Jessie James by the coward Robert Ford…) et en y envoyant leurs acteurs fétiches tels que George Clooney ou Brad Pitt pour ne citer qu’eux… A l’heure où nous imprimons ces pages, le film gagnant n’est pas encore connu mais gageons que le vainqueur sera aussi bon que celui de l’année passée, à savoir Little Miss Sunshine. À vos ordinateurs pour connaître la réponse ! culture@larotonde.ca

www.larotonde.ca •

19


Sports

Sports 10 septembre 2007

Simon Cremer sports@larotonde.ca

Football masculin

Convaincante victoire d’Ottawa sur Toronto

Romain Guibert Ottawa 50 Toronto 7 C’était le premier match de la saison à domicile samedi soir, et les 2385 spectateurs présents ont pu assister à une victoire sans équivoque de 50 à 7 des Gee Gees face aux Varsity Blues de Toronto. Dans un match où l’expérience a fait la différence, Ottawa a su tirer profit des erreurs de l’adversaire. Pourtant, on aurait dit le contraire dans les premières minutes du match alors que le quart arrière Joshua Sacobie s’est fait sacqué à deux reprises. Ces jeux ont souligné l’impact des blessures à deux joueurs de ligne, Philippe David notamment, dont nous parle l’entraîneur Denis Piché : «Deux partants à la ligne offensive n’ont pas joué. Ça nous a mis dans une situation difficile.» Mais la profondeur des Gee Gees leur a permis par la suite de compenser ces pertes. Et c’est seulement avec moins de cinq minutes à faire que les premiers points ont été inscrits au tableau du Stade Frank Clair. Après plusieurs bonnes courses de Justin Hammond, Ara Tchobanian est venu marqué un placement pour le Gris et Grenat. Ce n’était que le début d’une longue série. Avec un premier quart s’achevant sur le simple score de 3-0, cela paraissait être une bonne opération pour Toronto, qui n’a pas gagné depuis 2001 face aux troisièmes du classement SIC. Mais les Gee Gees ont entamé en

lions le second quart avec une séquence de 76 verges menant au touché de Justin Wood-Roy. Toronto ne mettra pas de temps à récidiver. Leur quart arrière Andrew Gillis a décoché une bombe de 78 verges le long de la ligne de côté à l’endroit de Cory Kennedy, de quoi surprendre défenseurs et spectateurs. Ce n’était que partie remise pour Ottawa qui revenait à la marque grâce à un placement. Toronto enchaînait ensuite erreurs et pénalités dans son propre territoire pour offrir le ballon à Sacobie qui réussissait sa deuxième passe de touché sur le jeu suivant, cette fois-ci délivrée dans les mains de Cyril Adjeity. Tchobanian ne fit ensuite qu’enchaîner ses troisième et quatrième placements, notamment grâce à de longues courses de Hammond, pour porter l’avance des Gee Gees à 19 points à la demie. À l’inverse du premier quart, Ottawa entamait le troisième avec une course de 25 verges de Craig Bearss qui aboutit au cinquième placement de Tchobanian, parfait ce soir là. Sacobie, ayant complété 18 de ses 27 passes pour des gains de 269 verges, laissait sa place à Bradley Sinopoli pour le dernier quart d’heure. Mais ce fut plutôt Justin Hammond qui reprit le collier de l’attaque. La foule assistait immédiatement au premier touché du numéro 30, suite à une course de 14 verges. Par la suite, les beaux jeux ne firent que se multiplier. D’abord, David Timmons interceptait une passe de Gillis pour

BDV Les Gee Gees n’ont fait qu’une bouchée des Varsity Blues de Toronto samedi dernier au Stade Frank Clair, s’imposant par la marque de 50-7. Photo par Karine Desjardins. mettre la table à un attrapé spectaculaire de Marcel Samuel qui s’avèrera être le jeu du match du côté Gris et Grenat. Ensuite, Hammond est revenu à la charge sur une course de 22 verges pour un touché et clouer définitivement le cercueil des Blues. Timmons accomplissait par la suite

sa deuxième interception pour permettre à Hammond de conclure une soirée de rêve avec un ultime touché et ainsi mettre fin à la rencontre; où il a combiné des gains de 150 verges. Après cette victoire, Denis Piché nous confiait avoir utilisé un maximum de son effe

ctif pour ce match : «On a fait jouer tout le monde, c’est ça qui est important. Tout le monde a pu faire un jeu important quand il le pouvait». Quoi de mieux pour préparer le prochain match :un duel contre l’Université Western (0-2) le 15 septembre à London.

Soccer féminin

Excellent début de saison pour les Gee Gees

Simon Cremer Ottawa 3 Laurentian 1 Ottawa 2 Nipissing 0 Le calendrier régulier de la saison de soccer féminin a bien commencé pour la troupe de Steve Johnson, alors que les Gee Gees, deuxième meilleure équipe au Canada selon le classement des entraîneurs, rendaient visite aux universités Laurentian et de Nipissing, les 1er et 2 septembre. Face à l’Université Laurentian, Amanda Robinson a compté à deux reprises, à la cinquième et la 50e minute. Val May a également trouvé le fond du filet pour le Gris et Grenat, alors que Jenna Roach a été la seule joueuse des Voyageurs de Laurentian à déjouer Katarina Vulic. Contre Nipissing, les Gee Gees

2 • Volume 20 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

l’ont à nouveau emporté, cette fois par la marque de 2 à 0. Robinson a à nouveau compté pour les siennes, et Renée Jacques a complété la marque à la 22e minute avec son premier filet de la saison. Vulic a su repousser tous les tirs des Lady Lakers de Nipissing. Queen’s 0 Ottawa 1 Le Gris et Grenat accueillait dimanche dernier les Golden Gaels de l’Université Queen’s pour leur premier match à domicile. Les Gaels, classées sixièmes au pays, ont vendu chèrement leur peau dans une défaite de 1 à 0. La première mi-temps a été largement dominée par Ottawa. En milieu de première demie, Élise Desjardins et Courtney Luscombe ont été tour à tour frustrée par la gar-

dienne de Queen’s Megan Martins. Desjardins a vu son tir bloqué par Martins, alors que Luscombe n’a su profiter du rebond. Malgré plusieurs chances de marquer dans la première moitié du match, dont un second tir cadré de Desjardins, les Gee Gees sont rentrées au vestiaire bredouilles. Les Golden Gaels ont par la suite profité d’un changement de momentum au retour de la mi-temps pour renverser la vapeur. Au début de la première demie, Queen’s s’est montré plus à l’aise, sans toutefois pouvoir tirer profit de ses occasions de marquer, y compris un corner à la 63e minute, manqué en raison du travail de Vulic devant le filet ottavien. L’attaque des Gee Gees est par la suite revenue en force. Maude Fillion Collin a décoché un solide tir cadré à la 66e minute, mais Martins

s’est fait remarquer en frustrant la milieu de terrain de belle façon. Deux minutes plus tard, Fillion Collin servait une belle passe à Courtney Luscombe, mais sa tête a été déviée par Martins avant de frapper la barre transversale. C’est Amanda Robinson qui a mis fin à l’égalité, en marquant sur un tir franc avec 16 minutes à faire en deuxième demie. Il s’agissait du 4e but pour la défenseure originaire de Fredericton en seulement trois matchs. Dans les dernières quinze minutes de jeu, Luscombe et Fillion Collin ont chacune eu de bonnes occasion de marquer, mais une fois de plus, Martins a fermé la porte. L’adaptation se fait donc bien pour la troupe de Steve Johnson. Avec une fiche parfaite de trois victoires et aucune défaite jusqu’à maintenant, l’adaptation semble se

faire en douceur pour les nouvelles. « Nous sommes plus en forme que l’année passée », explique Maude Fillion Collin. « Les jeunes s’adaptent bien à notre système, même si avec le départ d’Alexandra Pelzek, une joueuse-clé en défense, certaines doivent prendre une plus grande part de responsabilités. » « Queen’s sera certainement une équipe à surveiller, avec qui nous aurons une forte rivalité », explique Amanda Robinson, auteure du seul but du match. Il est intéressant de noter que les quatre buts de Robinson étaient le résultat d’un jeu arrêté. Les Gee Gees accueilleront l’Excalibur de l’Université Trent samedi prochain, au Complexe sportif, puis les Varsity Blues de l’Université de Toronto le lendemain. Les deux matchs commencent à 13h00.

sports@larotonde.ca


Sports

10 septembre 2007

Basket-ball masculin

Baptême de feu pour les nouveaux Gee Gees Simon Cremer C’était une occasion rêvée pour l’entraîneur-chef Dave de Aveiro de mettre à l’épreuve son équipe. Pendant la fin de semaine du travail, les Gee Gees recevaient de la grande visite de nos voisins du Sud. Les universités d’Illinois, d’Alabama et de Villanova étaient de passage au pavillon Montpetit. Les trois formations de première division du NCAA, le sport interuniversitaire américain, prenaient part à une tournée annuelle de l’Est du Canada. Alors que les Fighting Illini de l’Université d’Illinois se sont fait surprendre par les Redmen de l’Université McGill, le reste de la fin de semaine s’est déroulé sans encombre pour les trois formation universitaires américaines. Pour la deuxième fois en trois ans, les Gee Gees prenaient part à cette compétition. Celle-ci constitue un instrument de mesure très intéressant pour l’équipe d’entraîneurs menée par Dave de Aveiro, même si Ottawa ne pouvait pas réellement espérer de victoire. « Le bassin de talent n’est pas comparable. Ils ont des joueurs de sept pieds et 280 livres, ce n’est pas comparable aux types de joueurs que nous avons ici. Notre meilleur joueur, Josh Gibson-Bascombe, pourrait jouer en seconde division, et encore, il aurait de la difficulté à se faire une place », commente de Aveiro. Illinois 73 Ottawa 56 Les Gee Gees tiraient de l’ar-

rière par seulement 10 points après la première mi-temps, une performance honorable. Ottawa a cependant été incapable de combler son déficit. À plusieurs reprises, l’Université d’Illinois a su se montrer opportuniste et tirer profit des erreurs des Gee Gees. Alors que ceux-ci étaient parfois menaçants, les Fighting Illini ont imposé un jeu plus solide, tant en attaque qu’en défense. Il est intéressant de noter que le fils de Michael Jordan, Jeff, était en uniforme pour l’Illinois. Malgré beaucoup d’attention portée sur l’étudiant de première année, il n’a eu qu’un rôle limité dans la victoire des siens. « Je ne l’ai même pas remarqué, je ne savais pas qui c’était », expliquait après le match le vétéran Dax Dessureault, originaire d’Embrun. Alabama 104 Ottawa 80 Une plus grosse commande attendait Ottawa samedi en soirée, alors que le Gris et Grenat devait affronter l’une des meilleures formations de première division, l’Université d’Alabama. Sans parler de carnage, les Gee Gees se sont fait dominer tout au long de la partie, encore une fois par une équipe plus forte dans tous les aspects du jeu. Villanova 103 Ottawa 72 L’histoire s’est répétée dimanche soir, face à une autre formation de premier plan. Les joueurs plus imposants de Villanova ont étouffé le jeu des Gee Gees, leur arrachant une victoire facile.

Alabama 88 Ottawa 64 L’air était devenu familier pour les partisans des Gee Gees, qui les ont vus s’incliner à nouveau face à l’Université d’Alabama. L’entraîneur de l’Alabama, Mark Gottfried avait tout de même de bonnes choses à dire au sujet du programme de basket-ball de l’Université d’Ottawa. « C’est une formation très bien entraînée. Ils ont apporté des changements à leur plan de match après la première demie, ce qui nous a forcés à revoir à notre tour notre stratégie. Nous sommes venus ici pour avoir un vrai défi, et c’est ce que nous avons eu. » En plus du jeu inspiré de vétérans comme Dax Dessureault et Josh Gibson-Bascombe, quelques recrues ont fait bonne impression auprès de De Aveiro. Vlad Pislaru et Jacob Gibson-Bascombe ont notamment un bel avenir devant eux, selon le pilote de l’équipe de basket-ball masculin. « Jacob, le frère de Josh, sera un très bon joueur pour nous », explique de Aveiro. Bien que les scores ne soient pas particulièrement flatteurs pour le Gris et Grenat, le tournoi contre les universités américaines a permis à l’entraîneur-chef Dave de Aveiro de mettre à l’épreuve son équipe. Il dispose maintenant de plus d’un mois pour préparer ses hommes pour le tournoi Jack Donohue, qui aura lieu à l’Université d’Ottawa du 19 au 21 octobre. Les Gee Gees entameront leur saison régulière à l’Université Lakehead le 9 novembre. Le camp d’essais aura lieu les 11 et 12 septembre à 18h, au pavillon Montpetit.

L’équipe masculine de basketball des Gee Gees a fait de son mieux contre les meilleures formations interuniversitaires américaines. Photo par Karine Desjardins.

Soccer féminin

Rencontre avec Steve Johnson Sophie Bjornson Après l’été haut en couleur et en émotions qu’a apporté la Coupe du Monde masculine U-20 2007, les adeptes de soccer se réjouiront de savoir la nouvelle saison interuniversitaire déjà entamée. En effet, l’équipe de soccer féminin des Gee Gees débutait sa saison avec un match à domicile les opposant aux Golden Gaels de l’Université Queens. Interrogé par La Rotonde sur la popularité grandissante de ce sport en Amérique du Nord, l’entraîneur Steve Johnson, qui se retrouve pour une 16ième année aux rennes du Gris

aports@larotonde.ca

et Grenat, avoue ne pas avoir remarqué de changement drastique depuis les dernières années au niveau interuniversitaire. « La seule différence est peut-être qu’il y a dix ans, l’écart entre les excellentes athlètes et les moins douées était beaucoup plus grand. De nos jours, on retrouve plus de joueuses possédant déjà un certain talent. L’ensemble des universités réussit à recruter, à chaque année, une bonne dizaine de joueuses de la 12ième année avec des aptitudes dignes de l’interuniversitaire, comparativement à peut-être une ou deux il y a dix ans. » Johnson a passé quelques temps à Bangkok cet été, dans le cadre des

24ièmes Universiades. Même s’il n’en était pas à sa première participation en tant qu’entraîneur de l’équipe Canada à ce championnat, il affirme en avoir beaucoup appris. Ayant terminé au 10e rang, les performances de l’équipe laissaient place à l’amélioration. D’après lui, le soccer joué au Canada est beaucoup plus physique qu’ailleurs, on y dépense énormément d’énergie. « En jouant dans les températures que nous avons eues là-bas, nous avons vu l’importance d’un jeu plus stratégique, un jeu de contrôle du ballon ». C’est un peu avec cette idée en tête qu’il démarrera cette nouvelle

saison. Johnson décrit le jeu de son équipe l’année passée comme étant axé sur l’attaque et la possession : « lorsque les filles sont amenées à jouer un jeu simple, mais rapide, elles y excellent ». C’est toutefois dans le groupe de défenseures qu’on retrouve le point fort de l’équipe. Johnson devra se débrouiller sans trois d’entre elles cette année. Reste à voir si la relève saura se montrer à la hauteur. En effet, Johnson, qui n’annonçait aucun changement significatif au niveau de son alignement à la fin de la saison dernière, se retrouve avec trois pertes importantes. Alex Pelzek est blessée à la cheville, alors qu’une autre se

remet encore d’une commotion cérébrale survenue durant la saison de soccer intérieure. Une troisième défenseure terminera ses études ce semestre. Avec une dizaine d’athlètes qui en sont à leur deuxième année, cinq nouvelles recrues et, qui sait, peut-être quelques espoirs repêchés lors du camp d’essais qui s’est tenu la semaine dernière, l’équipe pourra compter sur quelques joueuses clés. Mentionnons entre autres Jess Newan, Maude Fillion-Collin, Val May, Katie Lugg et Kate Vulvic. Cette année, Laurentian, Queens et Carleton figureront comme à l’habitude parmi les équipes à surveiller.

www.larotonde.ca •

21


Sports

10 septembre 2007

Volleyball féminin

Saison prometteuse en perspective Xavier Demers-Bouchard Il y a de cela six mois que la quête des Gee Gees a pris fin en volleyball. L’équipe est maintenant en plein coeur des préparatifs en vue d’une nouvelle saison. Il est donc intéressant de voir où les joueuses se sont rendues, d’évaluer l’état actuel de l’équipe et d’en apprendre davantage sur leurs objectifs pour la saison 2007-2008. L’an dernier les filles ont raflé la victoire aux Marauders de l’Université McMaster, remportant le championnat de l’Ontario University Athletics (OUA) pour la première fois depuis 1986. Ce championnat leur permettait ainsi de participer à la finale nationale où elles ont fini sixième. Ce qui est remarquable, c’est que l’équipe est presque revenue en entier cette saison, ne perdant qu’une partante au cours de l’été. Ce départ constitue néanmoins une perte importante pour l’équipe puisqu’il s’agit de la capitaine et joueuse d’expérience, Rachelle Runnels. Elle sera cependant remplacée par Christine Lamey, qui est à sa quatrième année avec l’équipe. Quatre autre joueuses se sont aussi taillées une place au sein de la formation ajoutant ainsi beaucoup de profondeur. Parmi elles, deux sont issues du top 5 de la région, et les deux autres sont au-dessus de la barre des six pieds, permettant d’augmenter la capacité de l’équipe de s’imposer au point de vue physique. Lionel Woods, l’entraîneur chef

de l’équipe, l’a bien décrit : « L’année dernière, on imposait le rythme et on laissait à l’adversaire la tâche de ramasser les morceaux Cette année, ce sera encore mieux! ». C’est justement cette présence sur le court qui était leur plus grande force et qui le sera toujours cette année. Il est bien sûr un peu trop tôt pour parler des objectifs détaillés de la saison, le camp d’entraînement n’étant pas encore terminé, mais M. Woods a tout de même fait savoir qu’une telle équipe ne peut que nous annoncer une belle saison. Il est évident que remporter le championnat de l’OUA et améliorer la position de l’équipe au sein du classement national, voire remporter une médaille, seront parmi ses buts. Pour ceux qui mettront en doute la capacité des Gee Gees de gagner une deuxième fois le championnat provincial (un événement rarement observé dans l’histoire du Sport interuniveristaire canadien), Woods se veut rassurant : « Ce genre de statistique n’est que purement mathématique, les seuls effets qu’une victoire l’an dernier pourrait avoir sur l’équipe sera de la rendre plus confiante en ses moyens, de lui donner plus d’expérience, et surtout, d’attiser sa faim pour des médailles. » Il ne reste donc plus qu’à apprécier les différentes activités de la rentrée en attendant le début de la saison de volley-ball. Les Gee Gees entameront leur calendrier régulier au pavillion Montpetit, contre les Varsity Blues de l’Université de Toronto.

L’équipe féminine de volleyball devrait être en mesure d’aspirer au championnet cette année. L’année dernière, elles ont été sacrées championnes de l’Ontario. Photo archives.

Prolongation Simon Cremer

Menacé, le sport professionnel à Ottawa ? (partie 1) C’est une triste époque pour les amateurs de sport professionnel dans la région de la capitale nationale. Les Renegades, et avant eux les Rough Rider, nous ont quittés depuis longtemps déjà. Les Lynx sont sur le point de changer d’adresse à leur tour. Cette semaine, la ville d’Ottawa annonçait la fermeture de versant nord du Stade Frank Clair, pour des raisons de sécurité. Un conseiller en a profité pour laisser sous-entendre que le retour du football professionnel à Ottawa, ce n’est pas pour demain matin. La situation de l’ancien domicile des ’Gades est franchement navrante. Situé à quelques minutes du centre-ville, à distance de marche du campus de l’Université d’Ottawa, aux abords du Canal Rideau, c’est un lieu idéal pour l’organisation d’évènements sportifs. On l’a bien vu avec la récente Coupe du monde des moins de 20 ans, qui a connu un succès retentissant. Alors quel est le problème? Si les amateurs de sport d’Ottawa savent remplir à pleine capacité le Stade Frank Clair pour aller voir des équipes qui a priori leur sont totalement inconnues, pourquoi se retrouve-t-on avec un cas comme celui des Lynx, ou, encore une fois, des Renegades?

2 • Volume 22 • www.larotonde.ca LXXV • No. 2

C’est bien simple, me direz-vous. Au départ, c’était une bonne idée, une équipe de la LCF à Ottawa. Ou de baseball. Ou de crosse. Très franchement. Le problème, c’est que dans la plupart des cas, après quelques semaines, quelques mois ou quelques saisons ardues pour la nouvelle équipe locale, les gens se lassent. « Veux-tu aller voir les Lynx? » « Pourquoi? Ils vont encore se faire massacrer! » Et voilà. La formation en question se fait laver, et relaver. Les gradins se vident. Puis, de deux choses l’une. Soit la franchise disparaît (comme les Renegades), soit elle se fait racheter et déménage. Pourquoi? C’est essentiellement parce que le modèle de ligue sportive professionnelle, en Amérique du Nord, a été implanté à une autre époque. Je m’explique. Les ligues majeures de baseball et de hockey ont vu le jour dans la première moitié du siècle, avant la grande dépression. Avec une économie en grande forme, les richards ont trouvé dans ces ligues naissantes un nouvel investissement potentiel (et un nouveau jouet). Les conditions du marché étaient telles qu’il était facile pour un investisseur de former une équipe, faire

construire un amphithéâtre, et voilà! Du jour au lendemain, une franchise sportive professionnelle était née. Le niveau de compétition à l’époque étant bien moins élevé qu’aujourd’hui, il était parfaitement possible pour une équipe d’expansion de tirer son épingle du jeu. Petit à petit, les ligues respectives ont gagné en notoriété et en popularité, mais tout en gardant le même principe pour le changement des équipes :expansion ou déménagement. Le seul exemple d’équipe professionnelle qui marche à Ottawa est, vous l’aurez deviné, celui des Sénateurs. Mais vous rappelez-vous qu’avant l’arrivée de Jacques Martin à la barre de l’équipe, Ottawa était la risée de la ligue? Que serait-il arrivé si Daniel Alfredsson et Marian Hossa, et avant eux Alexei Yashin (et Alexandre Daigle), n’avaient pas été repêchés par les Sénateurs? La première franchise de hockey à Ottawa, qui faisait partie des équipes d’origine de la LNH et qui a remporté un nombre impressionnant de championnats, a dû déménager pendant la dépression à St-Louis, sans succès. Le système de franchises en sport professionnel n’est tout simplement pas conçu

pour les plus petits marchés, comme Ottawa, Québec, Kansas City ou Winnipeg. Il requiert une base solide de partisans, et des investisseurs qui n’ont pas peur de quelques années de déficit. Comme c’était le cas des Thrashers d’Atlanta, qui après quelques années difficiles, tant sur la glace que dans les comptes, sont devenus aujourd’hui une formation respectable. La raison pour laquelle les Sénateurs ont réussi là où les Renegades ont échoué, c’est que la population ottavienne mange du hockey. Le football, comme le baseball ou la crosse, n’est pas profondément implanté dans sa culture. Et au lieu de tenter maladroitement de le faire dans le « grand cirque » des ligues majeures, les investisseurs devraient revoir à leurs plans. Pour vraiment implanter une équipe professionnelle d’un sport méconnu, il faut commencer au bas de l’échelle. Les Européens l’ont compris. C’est pourquoi leur système de divisions est particulièrement intéressant dans l’optique d’un partisan d’une ville comme Ottawa. Il fera l’objet de la chronique de la semaine prochaine. sports@larotonde.ca

sports@larotonde.ca


10 septembre 2007

Éditorial

10 septembre 2007 • Vol. LXXV No. 1

Un appel au calme L’administration de l’Université d’Ottawa contribue-t-elle au climat malsain à la faculté des sciences? Des étudiants, Jean-Paul Prévost et Severin Stojanovic, réclament « un cours d’activisme » de deuxième année. Stojanovic siège au conseil de faculté et fait une demande officielle pour que cet item soit discuté à la réunion d’avril. Le département refuse, sans même traiter la demande, et sans justification digne de ce nom. Le doyen, André Lalonde, procède comme si de rien n’était. Les étudiants se plaignent afin de revendiquer leurs droits. Au lieu d’une résolution à un problème pourtant grave, on se retrouve avec l’Université qui évite soigneusement de traiter la plainte des étudiants en se concentrant sur un point de forme : ces derniers envoient des courriels en « vrac » (la première plainte de ce genre), un comportement proscrit par le Code d’utilisation des ressources informatiques de l’Université d’Ottawa, selon l’interprétation de Victor Simon, vice-recteur aux ressources. Ils doivent donc cesser d’utiliser leurs comptes courriels pour communiquer avec les centaines de professeurs qu’ils tentent de joindre. Les étudiants allaient évidemment réagir et ça n’a pas tardé. Demande après demande, Stojanovic et Prévost ont tenté d’embarrasser le vice-recteur aux ressources en le piégeant quant aux termes employés dans sa lettre de réprimande, notamment l’utilisation du pluriel et l’envoi de la plainte sans le post-scriptum. Victor Simon n’aurait pas dû écrire qu’il traitait « des plaintes » s’il n’y en avait qu’une seule, mais personne ne pourrait l’accuser de mauvaise foi, puisqu’il l’a, de son propre gré, envoyée en admettant que c’était la seule plainte écrite qu’il avait reçue, d’autant plus qu’il n’était pas obligé de la transmettre. Le vice-recteur aux ressources était également dans l’erreur en supprimant le post-scriptum potentiellement embarrassant de la plainte, mais encore une fois les étudiants en question l’avaient déjà vu et lorsque Prévost a fait une demande d’accès à l’information, il a reçu la plainte sous sa forme intégrale. Le comble? Victor Simon aurait pu écrire une lettre clarifiant la situation. Est-ce que le vice-recteur a reçu des plaintes non-écrites? A-t-il supprimé le post-scriptum pour éviter de causer du stress inutile aux étudiants? S’agit-il d’un malentendu? Nous le ne saurons jamais puisque des lettres d’avocats évitent ce genre de mea culpa. Severin Stojanovic s’est servi des points procéduraux pour faire avancer son cas, citant les règlements et les politiques de l’Université d’Ottawa. Chapeau. Personne ne doit alors s’étonner que l’Université décide d’appliquer ses propres règlements, même si ceux-ci n’ont pas

redaction@larotonde.ca

109, rue Osgoode Ottawa (Ontario) K1N 6S1 tél. 613 562 5264

RÉDACTION Rédacteur en chef Wassim Garzouzi 819 208 4237 redaction@larotonde.ca Actualités Andréanne Baribeau (Chef de pupitre) Francois-Olivier Dorais (Adjoint) actualites@larotonde.ca Arts et culture Blaise Guillotte (Chef de pupitre) culture@larotonde.ca Sports Simon Cremer (Chef de pupitre) sports@larotonde.ca

été respectés dans le passé. Car il existe bel et bien un code sur l’utilisation des comptes courriels de l’Université d’Ottawa et aussi ridicule que le terme « non-sollicité » puisse paraître, surtout considérant que l’Université n’hésite pas, elle, à envoyer des courriels en vrac qui ne sont pas nécessairement sollicités, le règlement est là. Aussi ridicule et agaçant que le cours d’activisme puisse paraître aux yeux de l’administration de l’Université d’Ottawa, il y a bel et bien une demande pour ce cours. Lorsque des étudiants siègent sur un Conseil de faculté et s’impliquent avec un tel dévouement, il est regrettable de voir leur passion ridiculisée comme l’a fait le doyen Lalonde en ignorant la demande pour un cours de deuxième année. L’Université aurait dû traiter la plainte des étudiants avec autant de zèle qu’elle a traité la plainte du Professeur Pestov, c’està-dire en 24 heures, si on se fie aux documents obtenus grâce aux demandes d’accès à l’information de Jean-Paul Prévost. C’est le devoir de l’Université de s’assurer que chaque étudiant se sente à l’aise à l’intérieur de ses murs. Lorsqu’un étudiant se plaint d’avoir subit des pressions, il est inacceptable que l’Université tarde à traiter la demande ou qu’elle décide plutôt de traiter une plainte postérieure. Il est également consternant d’apprendre que l’Université d’Ottawa envoie des lettres d’avocats à des étudiants avant même d’essayer de les rencontrer. Ce qui peut paraître très « normal » pour Victor Simon et le recteur, Gilles Patry, peut vraiment bouleverser les destinataires de ces fameuses lettres. N’ayant ni syndicat pour les protéger, ni ressources inépuisables, les étudiants doivent se reposer sur des moyens beaucoup moins sophistiqués, comme des demandes d’accès à l’information et le règlement 110 pour

contrer l’intimidation voire l’humiliation, qu’ils doivent subir. Soyons clairs, les administrateurs de l’Université d’Ottawa, dont le vice-recteur aux ressources Victor Simon, sont en plein droit d’envoyer des lettres d’avocats expliquant qu’ils ne tolèreront pas de déclarations diffamatoires. Certains diront que les lettres envoyées (publiées en p.11) représentent un avertissement afin d’éviter des poursuites subséquentes. Lorsque des étudiants déposent des plaintes qu’ils ont été victimes d’intimidation et que l’Université rétorque en envoyant des lettres d’avocats, même si les deux incidents ne sont pas liés, une personne raisonnable pourrait vraisemblablement venir à la conclusion qu’il s’agit là d’une façon de dissuader des étudiants qui seraient tenter de porter plainte. Un changement s’impose. L’Université doit traiter les plaintes d’intimidation soumises par les étudiants en question, et ce, dans les plus brefs délais. Sachant que Victor Simon est en mesure de répondre à une plainte sur l’utilisation des comptes courriels en 24 heures, il n’y a aucune excuse quant au délai de traitement des plaintes soumises par Stojanovic et Prévost. L’Université doit revoir ses politiques en considérant sérieusement l’embauche d’un ombudsman pour traiter ce type de problème. D’ici là, l’Université a la responsabilité et le devoir de traiter des plaintes d’harcèlement et d’intimidation plus rapidement. Si les plaintes ne sont pas fondées, la communauté universitaire serait mieux servie de le savoir rapidement. Le fait d’envoyer des lettres d’avocats avant même de tenter de rencontrer les parties impliquées fait preuve de mauvais jugement et ne fait que contribuer à ce climat déjà trop malsain, surtout considérant que les étudiants en question s’étaient déjà plaints d’avoir été

étaient victimes d’intimidation. Stojanovic, Prévost et Denis Rancourt, professeur du « cours d’activisme », poussent également les limites de la liberté d’expression. S’ils étaient concernés par les réponses de Victor Simon, une simple rencontre aurait suffi pour clarifier ses intentions, au lieu d’aller de l’avant avec des blâmes que Simon était de mauvaise foi et en l’accusant de falsifier volontairement des documents et de mentir. Ce déchirement de chemise fait perdre de la légitimité au mouvement activiste sur le campus et minimise l’importance des plaintes antérieures et subséquentes. Denis Rancourt doit également cesser de voir l’Université comme un terrain d’affrontement. Dans sa lettre envoyée à **i**La Rotonde**i** et publiée le 27 août, Rancourt a fait une déclaration qui inquiète: « Lorsqu’un professeur, un président ou un doyen vous aura attaqué, intimidé ou ridiculisé parce que vous aurez été critique, vous saurez que vous avez dit quelque chose d’important. » Nous sommes plutôt d’avis qu’avant de se réjouir ou de s’en servir comme barème de succès, il faudrait plutôt s’inquiéter si un membre du personnel administratif de l’Université ridiculise un étudiant. Les syndicats étudiants ne sont pas non plus à l’abri des critiques. Lorsque des étudiants portent plainte, ou se voient menacer de poursuite par l’Université, la réaction immédiate de nos syndicats étudiants doit être d’offrir des services juridiques aux étudiants en question, tout comme l’Université appuie le vice-recteur aux ressources dans ses démarches. Un simple appel téléphonique ou une rencontre d’une quinzaine de minutes aurait pu épargner des menaces, des accusations et un stress inutile pour les personnes impliquées. Espérons que chaque partie aura tiré des leçons.

Journalistes Alexa Biscaro, Sophie Bjornson, Xavier Demers-Bouchard, Roxanne Dubois, Anne-Lyse Gagné, Caroline Gaudet, Philippe Gonzalez, Romain Guibert, Louis Jacques, Kheira Jolin-Dahel, Vanessa Lazaveric, Caroline Lester, Nathalie Lauzon, Tina Salicco. Caricaturiste Antoine Rossignol Direction artistique Karine Desjardins (Directrice) Francis Chartrand (Adjoint) photographie@larotonde.ca Dessin à la Une Antoine Rossignol Production Peter Raymaakers production@larotonde.ca ÉDITIONS ET VENTES Directrice générale Carole Eyram Amoussou direction@larotonde.ca Représentant de la publicité François Dionne 819 562 9173 impacts@724marketing.ca

La Rotonde est le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), et distribué à 6000 copies dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour international des presses universitaires francophones (CIPUF) et de la Presse universitaire canadienne (PUC).

www.larotonde.ca •

23


10septembre