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DOSSIER SPÉCIAL RÉALISÉ AVEC LE SOUTIEN DE

OUVERT SUR L’INDUSTRIE

Vous êtes une start-up, une PMI, une ETI, un grand groupe ? Peu importe. Parmi la trentaine de plates-formes technologiques que l’Université Paris-Sud met à disposition des entreprises industrielles, il y a très probablement celle qui fera votre bonheur. Soit parce qu’elle offre un équipement qu’une petite entreprise ne peut acheter, soit parce que, outre des machines d’exception, les grands groupes y trouveront des compétences pointues pour développer leurs projets. Tout est possible, d’une analyse ponctuelle jusqu’à une collaboration au long cours. Ce serait dommage de ne pas en profiter…

SCIENCES

Sciences à Orsay : des équipements d’exception

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PHARMACIEMÉDECINE

Du criblage des molécules à l’identification des cellules

STAPS

Au-delà des plates-formes, la compétence

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SCIENCES

SCIENCES À ORSAY : DES ÉQUIPEMENTS D’EXCEPTION La quinzaine de plates-formes de la Faculté des sciences d’Orsay offre des équipements hors du commun. L’accélérateur d’électrons ELYSE, le tout nouveau spectromètre Térahertz ou la Centrale de technologie universitaire IEF-MINERVE en sont les témoins.

n ne s’étonnera pas que l’UFR des sciences de l’Université Paris-Sud soit une grande pourvoyeuse de plates-formes technologiques. L’instrumentation est indispensable à toutes ses disciplines, de la biologie à la physique en passant par les sciences de la Terre et la chimie. Seules les mathématiques y échappent peut-être... Parmi les 47 laboratoires de l’UFR ce ne sont pas moins de 500 systèmes d’instrumentation qui sont utilisés. Ils donnent naissance à une quinzaine de plates-formes technologiques ouvertes à tous les industriels, de la PMI au grand groupe. C’est à l’UFR sciences que se trouvent ainsi quelquesunes des « grosses » plates-formes de l’université. ELYSE par exemple. C’est un outil unique en Europe. Il consiste en un accélérateur d’électrons, conçu et réalisé par le Laboratoire de l’accélérateur linéaire (Université Paris-Sud, IN2P3-CNRS), délivrant des impulsions de quelques picosecondes et une chaîne laser produisant des impulsions de quelques dizaines de femtosecondes. La plate-forme, qui fonctionne depuis 2005, représente un investissement de plus de 8 millions d’euros. ELYSE, qui est placée sous la responsabilité du Pr Mehran Mostafavi, directeur du Laboratoire de chimie physique (Université Paris-Sud, CNRS), est largement utilisée en recherche fondamentale pour l’étude des réactions chimiques ultrarapides. Elle se prête malgré tout à des applications industrielles, par exemple pour étudier comment un système biologique, ou un matériau (un semi-conducteur par exemple), peut être dégradé par un rayonnement énergétique.

freinent l’exploitation du rayonnement Terahertz dans l’industrie. Cette gamme spectrale apporte notamment la possibilité de pénétrer – sans problème de radioprotection – les matériaux électriquement non conducteurs, même si ceux-ci sont opaques dans le visible ou l’infrarouge. La plate-forme permet de jauger précisément des objets complexes en trois dimensions et de détecter des défauts comme des inclusions ou des délaminations. Elle offre ainsi aux industriels le moyen d’analyser des couches protectrices sur des automobiles ou des aubes de turbines, de contrôler la structure de matériaux composites ou des procédés de fabrication comme des collages ou l’enrobage de comprimés. Ce sont souvent des champs nouveaux du contrôle non destructif qui s’ouvrent aux différents secteurs industriels, depuis la phase de conception de nouveaux produits jusqu’au suivi du vieillissement d’éléments critiques. La technologie a d’ailleurs été primée en 2012 par le 1er Prix de la valorisation de l’Université Paris-Sud. MICRO ET NANOTECHNOLOGIES AU COMPLET Changement de décor avec la Centrale de technologie universitaire (CTU) IEF-MINERVE. C’est encore une grande plate-forme comme ELYSE – elle réunit des équipements d’une valeur de quelque 15 millions d’euros –, mais elle est, cette fois, vouée aux micro et nanotechnologies. Plus précisément, du point de vue académique, elle a vocation à supporter les filières telles que le nanomagnétisme/électronique de spin, la nanoélectronique

L’INNOVATION GRÂCE À LA SPECTROMÉTRIE THZ À côté de cela, ELYSE a donné naissance à un équipement innovant qui a été mis en service à la fin de l’année 2012 : la plate-forme de spectrométrie Terahertz Monocoup. À l’origine, le détecteur au cœur du spectromètre développé par Uli Schmidhammer, le responsable de la plateforme, a été conçu et utilisé pour mesurer les fluctuations des impulsions d’ELYSE. Il est devenu un instrument à part entière pour la chimie physique et le contrôle non destructif sans contact. Grâce à sa très grande rapidité d’acquisition, il lève des verrous technologiques qui 2 • La Recherche | AVRIL 2013 • Nº 474

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INTERVIEW ÉTIENNE à transport de charges, l’optoélectronique, la nanophotonique et enfin les micro-nanosystèmes. La CTU qui est opérationnelle depuis 2004 dispose de plus de 1 000 m2 de salles blanches ou grises. Elle est équipée de toute la panoplie de matériels indispensables pour concevoir, produire, caractériser des dispositifs micro ou nanométriques. « Notre caractéristique est d’offrir aux industriels qui utilisent notre plate-forme une prestation complète, c’est-à-dire qui peut s’étendre depuis le matériau jusqu’à l’encapsulation, et cela pour presque n’importe quel procédé », explique Daniel Bouchier, responsable de la CTU et directeur adjoint de l’IEF, l’Institut d’électronique fondamentale (Université Paris-Sud, CNRS), qui l’héberge. Parmi les équipements notables d’IEF-MINERVE, figurent en bonne place les instruments de lithographie électronique et de gravure par plasma. Les machines de gravure se situent au meilleur niveau technologique puisqu’elles sont capables de graver des motifs d’une dizaine de nanomètres, avec des espacements de l’ordre de 10 nm. L’une d’entre elles fait même partie des rares équipements capables d’effectuer des gravures profondes dans le silicium. Le fonctionnement de l’IEF-MINERVE illustre bien le type de coopérations que l’industrie peut engager avec une plate-forme de l’Université Paris-Sud. De fait, depuis 2004, la plate-forme, qui consacre quelque 10 % de son temps aux industriels, les a toutes pratiquées. La plus simple : des prestations ponctuelles, comme de la

AUGÉ

Vice-président en charge de la recherche

Des plates-formes au top niveau QUELLE FORME PREND LA COLLABORATION AVEC L’INDUSTRIE AU SEIN DE PARIS-SUD ? Nous pratiquons deux types de collaboration avec l’industrie. La première consiste à mener des recherches conjointes entre une équipe académique et une entreprise, en particulier au moyen de thèses de doctorat cofinancées par l’industrie (contrats CIFRE). La seconde met nos platesformes technologiques à disposition de l’industrie dans la mesure du temps disponible. Nous avons l’intention de renforcer ces deux types de collaboration, qui permettent à l’industrie d’avoir accès à une instrumentation de pointe et à notre université de mieux rentabiliser ses équipements. COMBIEN Y A-T-IL DE PLATES-FORMES À PARISSUD ? Réparties dans la plupart des UFR, il y en a plus d’une trentaine, de toutes tailles. C’est

parfois un ensemble de quelques instruments à la pointe de ce qui est commercialisé ; d’autres sont uniques et ont été conçues et mises au point par des chercheurs. Ces plates-formes sont mises à disposition des entreprises, avec le personnel capable de les faire fonctionner, pour des analyses ponctuelles, comme pour des recherches au long cours pouvant durer plusieurs centaines d’heures. QUELS ATOUTS DE CE SERVICE METTRIEZ-VOUS EN AVANT ? Accéder à nos équipements est une opportunité pour les entreprises qui ne peuvent pas investir dans le type d’instruments dont nous sommes dotés. Les grandes entreprises disposent parfois d’équipements équivalents en interne, mais nos outils étant surtout destinés à faire progresser la connaissance, ils sont peut-être plus souvent réglés pour en obtenir la performance ultime. 

L’ORGANISATION DE L’UNIVERSITÉ PARIS-SUD

L Un masqueur de lithographie électronique de résolution nanométrique.

’Université Paris-Sud est composée d’Unités de Formation et de Recherche, d’Instituts Universitaires de Technologie et d’une école d’ingénieur. C’est au sein des UFR, appelées « Facultés », que sont développées des plates-formes technologiques dont l’objectif premier est de compléter les travaux de recherche qui y sont menés, mais qui sont aussi très souvent associés à des travaux de recherche menés conjointement pour des entreprises, industriels… C’est l’une des plus importantes universités scientifiques françaises avec une trentaine de plates-formes au sein de ses 107 laboratoires de recherche, en lien étroit avec les organismes de recherche tels que le CNRS, l’Inserm, etc. Nº 474 • AVRIL 2013 | La Recherche • 3

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Remplissage en azote liquide pour refroidissement des détecteurs d’un microscope électronique à balayage.

Ce qui attire les industriels est, ici, la formation à l’usage de ces outils et la compétence des chercheurs qui les utilisent.

caractérisation, réalisées par les personnels de l’IEF. Le groupe Sorin (technologie médicale) a ainsi utilisé une telle prestation pour les revêtements de pacemakers. Un cran au-dessus, le même type de prestation – caractérisation ou fabrication – mais effectuée cette fois par les industriels eux-mêmes – après formation… – sur les équipements du centre. 3S Photonics, Nanovation ou Thalès TRT y ont eu recours. Le partenariat se traduit également par des contrats de collaboration (exemple STMicroelectronics, Altis…) et peut aller beaucoup plus loin, jusqu’à la réalisation de petites séries, comme c’est le cas avec une entreprise… qui ne tient pas à dévoiler son nom. Ou encore, la collaboration peut prendre la forme de la mise à disposition d’une surface en salle blanche pour qu’une entreprise développe son propre équipement, comme cela a été le cas avec Nanoplas, start-up qui produit des équipements de traitement plasma. Dernier exemple de coopération possible : la création d’un laboratoire commun, comme c’est le cas avec Fogale Nanotech. UN ÉQUIPEMENT DISPONIBLE POUR SE FORMER La plate-forme de l’IBBMC – Institut de Biochimie et Biophysique Moléculaire et Cellulaire (Université ParisSud, CNRS) – illustre, pour sa part, une autre facette de l’apport de l’Université à l’industrie. Cet outil est dédié à la caractérisation des protéines, à l’étude de leur stabilité et de l’interaction protéine-protéine. Pour ce faire, il utilise des équipements tels les microcalorimètres de différents types. La DSC (Differential Scanning Calorimetry) mesure la variation de la capacité calorifique d’une macromolécule en fonction de la température. Cette technique est principalement utilisée pour caractériser la stabilité d’une protéine. L’ITC (Isothermal Titration Calorimetry) est une technique qui permet de réaliser un titrage par mesure de la variation de chaleur associée à la formation d’une interaction. Enfin, une machine, Biacore, utilise la technique SPR (Surface Plasmon Resonance) pour mesurer les constantes d’affinité d’interactions protéine/ligand et protéine/protéine. Tous ces appareillages, qui représentent un investissement de près de 500 k€, sont des produits du marché. Des produits dont sont équipés de nombreux grands laboratoires pharmaceutiques. Cela ne les empêche pourtant pas de figurer parmi les utilisateurs de cette plate-forme. « Ces appareils de mesure sont assez simples à utiliser ; ce qui est complexe, c’est l’analyse des résultats », précise Michel Desmadril, directeur de l’IBBMC. Autrement dit, davantage que l’originalité des appareils, ce qui attire les industriels est, ici, la formation à l’usage de ces outils et la compétence des chercheurs qui les utilisent. Elle est telle que le laboratoire est un centre de formation national CNRS formation entreprises et constitue un centre de démonstration pour les appareils d’un grand constructeur. 

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PHARMACIE/MÉDECINE

Hélène Gary, responsable de la plate-forme PLAIMMO, et son adjoint, Hugo Tharinger.

DU CRIBLAGE DES MOLÉCULES À L’IDENTIFICATION DES CELLULES Criblage des molécules avec CIBLOT, identification des populations cellulaires avec PLAIMMO, plate-forme d’histologie PHIC, imagerie cellulaire… Les industriels de la pharmacie et de la médecine disposent à Paris-Sud d’équipements performants et d’une grande expertise. es plates-formes techniques de Paris-Sud, liées à la santé, se situent notamment à l’Institut Paris-Sud d’Innovation Thérapeutique (IFR 141 IPSIT), qui en héberge pas moins de huit réparties sur deux sites : la Faculté de pharmacie de l’Université Paris-Sud à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) et le centre Inserm à Clamart (Hauts-de-Seine). Toutes les plates-formes de l’IPSIT, sont largement ouvertes au monde industriel. « Les utilisateurs sont plutôt des petites structures qui sont intéressées à la fois par des équipements de pointe dont ils ne disposent pas et par l’expertise de nos chercheurs », souligne le Professeur Jean-Daniel Brion, directeur de l’IPSIT. C’est typiquement le cas pour la

plate-forme CIBLOT 1 (criblage, interface biologie-chimie et laboratoire opérationnel de transfert), dont Thierry Cresteil est responsable. Ce sont plutôt des start-up qui ont recours à ses services, les grands industriels disposant de leurs outils propres. L’objectif principal de CIBLOT est d’aider les chercheurs à identifier des petites molécules qui pourront être utilisées comme sondes pour moduler des fonctions biologiques ou pour fournir des têtes de séries, en vue de découvrir des candidats médicaments dirigés contre diverses pathologies. « Nous offrons deux types de prestations aux industriels : d’une part, le criblage pour identifier des molécules d’intérêt, et d’autre part, l’expertise de chimistes pour affiner la recherche et trouver les molécules proches les plus actives », explique Thierry Cresteil. Le point fort de la plateforme CIBLOT : sa capacité à robotiser et à miniaturiser les opérations de criblage de façon à les réaliser dans un temps très court et à un coût raisonnable, grâce aux compétences complémentaires de ses personnels. LE PREMIER CYTOMÈTRE DE MASSE EN FRANCE Autre outil disponible à l’IPSIT, PLAIMMO (Plate-forme d’immuno-monitorage), dont Françoise Bachelerie, directrice adjointe de l’IPSIT, est directrice scientifique. Les équipements de PLAIMMO consistent essentiellement en des cytomètres en flux qui permettent le phénotypage des cellules par la détection de molécules membranaires et intracellulaires (biomarqueurs). Cette détection prend en compte des paramètres cellulaires (taille, granulosité) et de fluorescence (apportée par des anticorps couplés à des fluorochromes dirigés contre des biomarqueurs). Ces équipements permettent de réaliser des tris cellulaires à haut débit, reposant sur des analyses cellulaires multiparamétriques, en vue de la purification de sous-populations cellulaires d’intérêt. Mais il va de soi que, pour PLAIMMO, la grande affaire du moment est son partenariat avec la plate-forme FlowCyTech au CEA de Fontenay-aux-Roses, Nº 474 • AVRIL 2013 | La Recherche • 5

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PHARMACIE/MÉDECINE

coordonnée par Roger Le Grand et animée par Antonio Cosma du CEA-iMETI (Institut des maladies émergentes et des thérapies innovantes du CEA). FlowCyTech a permis l’installation du premier cytomètre de masse CyTOF acquis en France dans le cadre des appels d’offres Investissement d’avenir en partenariat avec l’Université Paris-Sud et la société Bertin/Pharma (voir encadré ci-dessous). Françoise Bachelerie est aussi la directrice scientifique de PHIC, plate-forme de pathologie expérimentale et de télé-expertise du centre Inserm de Clamart, qui est placée sous la responsabilité de Françoise Gaudin et Patrice Hemon. PHIC est dédiée à l’analyse macroscopique et histologique de la peau, des organes lymphoïdes, du foie, des poumons et du tube digestif, et au développement de nouvelles techniques morphologiques appliquées à l’étude de modèles animaux de pathologies humaines. PHIC s’adresse aux chercheurs académiques et industriels et propose des services modulables allant du conseil technique jusqu’aux analyses morphologiques et in situ. Parmi ses équipements récents, on notera un scanner permettant la numérisation des coupes histologiques. Les « échantillons virtuels » peuvent être transmis par Internet, ce qui offre la possibilité d’analyses anatomo-pathologiques en télé-expertise via un réseau composé de pathologistes, de chercheurs et d’enseignants.

ÉQUIPEMENT

UNE TECHNOLOGIE INNOVANTE

I

nstallé en novembre 2011, c’est le premier cytomètre de masse CyTOF en France, le deuxième en Europe. Le CyTOF met en œuvre une technologie innovante, qui combine la cytométrie en flux aux méthodes de spectrométrie de masse. Cette acquisition est le fruit d’un partenariat entre l’Université Paris-Sud, le CEA et la société Bertin Pharma, réalisée dans le cadre des appels d’offres Investissement d’avenir. Son intérêt ? Alors que la cytométrie classique est limitée à quelque 14 marqueurs par cellule, le

Cytomértie de masse (CyTOF, DVS Sciences) - Equipex FlowbyTech, localisé sur la plate-forme FlowCyTech CEA Fontenay-aux-Roses. Trois partenaires : CEA-iMETI, Université Paris-Sud - Inserm UMR-996 et Bertin Pharma.

CyTOF offre déjà la capacité à détecter 37 biomarqueurs différents – et en promet 100 dans l’avenir ! – avec un minimum d’interférences, grâce aux étiquettes métalliques couplées aux anticorps, permettant la détection des biomarqueurs. Cette technologie autorise ainsi l’identification de populations cellulaires très rares dans un milieu très hétérogène.

DES OUTILS TECHNOLOGIQUES DE POINTE L’IPSIT offre également une plate-forme d’imagerie cellulaire animée par le Pr Christian Poüs et Valérie Nicolas, dont la principale mission est de proposer une expertise et un accès à des outils technologiques de pointe, acquis en partie grâce à la région Île-de-France, dans le domaine de la microscopie photonique et l’analyse d’images. La visualisation de la localisation de molécules d’intérêt ou le suivi de processus dynamiques dans les trois dimensions de l’espace au niveau tissulaire, cellulaire ou subcellulaire constituent une approche méthodologique supplémentaire dans la compréhension des processus pathologiques. CÔTÉ PLUS SPÉCIFIQUEMENT MÉDECINE On pourra retenir également les plates-formes de l’Institut A. Lwoff (IAL)2 , qui est, depuis 2010, une Structure fédérative de recherche (SFR) de l’Université Paris-Sud. Le plateau technique de la SFR met notamment à disposition des industriels des équipements de cytométrie et de tri cellulaire, de protéomique, de microscopie confocale et de vidéomicroscopie. Surtout, il faut noter la présence de la plate-forme nationale de cellules souches INGESTEM. Elle réunit cinq institutions académiques leaders dans le domaine des cellules souches : ESTeam Paris-Sud (Villejuif), I-Stem (Évry), IGBMC (Strasbourg), PrimaStem (Lyon) et IRB (Montpellier). Leur objectif commun est de fournir de nouveaux services de biotechnologie à la communauté scientifique et médicale. INGESTEM propose par ailleurs de très nombreux services tarifés à la communauté scientifique académique et aux industriels du secteur biopharmaceutique. Parmi eux, la production de lignées IPSC à la demande pour lesquelles les utilisateurs de la plate-forme disposeront d’un contrôle qualité complet des cellules obtenues, la production d’une grande variété de cellules différenciées, l’identification de nouvelles molécules thérapeutiques… L’ACCÈS À DES COHORTES DE PATIENTS Enfin, à côté des plates-formes, les différentes unités de recherche et services hospitaliers rattachés à l’Université Paris-Sud mettent à disposition de l’industrie une denrée rare : l’accès à certaines informations globales concernant des cohortes de patients qu’elles ont constituées pour leurs besoins de recherche. Elles permettent l’obtention d’informations épidémiologiques, physiopathologiques ou thérapeutiques et offrent un élément fort pour le développement de collaborations internes et externes au sein de l’université. Il y en a plus d’une quarantaine de toutes tailles. Quelques centaines de personnes pour une maladie comme le syndrome de Sjögren ; plus de 10 000 couples mère/enfant pour la cohorte transmission mère-enfant du VIH. Elles concernent de nombreux types de maladies (VIH, rhumatologie, hypertension pulmonaire…), parfois des maladies rares, ou peuvent regrouper des patients très spécifiques, comme des malades du Sida capables de faire face par eux-mêmes à la maladie. Le tout constitue une précieuse source d’information pour l’industrie.  1 - L’installation de la plate-forme scientifique et technologique CIBLOT a commencé en 2006-2007 grâce aux financements publics du ministère de la Recherche, de l’Université Paris-Sud, de l’Inserm et de la région Île-de-France. 2 - L’Institut A. Lwoff (IAL) regroupe l’ensemble des six unités de biologie expérimentale Inserm-Université Paris-Sud du site Villejuif-Paul-Brousse.

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STAPS

Enregistrement des mouvements en 3D d’une marche athlétique avec des caméras et des capteurs.

AU-DELÀ DES PLATES-FORMES, LA COMPÉTENCE Pas de grandes plates-formes technologiques à l’UFR STAPS. Les compétences suffisent à susciter l’intérêt d’industriels et un autre type de collaboration.

anh-Cuong Do est directeur adjoint chargé de la Recherche et Développement de l’UFR STAPS. STAPS, signifie Sciences et techniques des activités physiques et sportives et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, l’essentiel de ses travaux est davantage orienté vers les neurosciences, la psychologie, la physiologie, la biomécanique, le marketing sportif, que vers les activités sportives proprement dites. Manh-Cuong Do n’en fait pas un mystère : « Nous ne possédons pas de grandes plates-formes technologiques ; mais plusieurs petites installations, par exemple pour enregistrer des mouvements en 3D avec des caméras, ou encore un plateau d’étude de la marche normale et pathologique installé à l’hôpital Bicêtre. » Cela n’empêche pourtant pas l’UFR de collaborer étroitement avec l’industrie. Ici, si les grands équipements font défaut, les compétences sont abondantes et prisées par les industriels… Ainsi, les recherches du Pr Christine Le Scanff concernent les déterminants psychologiques des conduites sportives à risque et l’adaptation à des conditions difficiles. Ce qui l’a amenée à s’intéresser à la problématique « stress et leadership ». Des travaux ponctuels ont été menés sur ce sujet avec des entreprises comme Airbus, Coca-Cola, Microsoft, Pernod-Ricard… Aujourd’hui, cette recherche repose sur une assise solide

et permet un développement original dans le cadre d’une chaire internationale en cours de création avec plusieurs partenaires industriels. Autre sujet, autre collaboration. Brice Isableu s’intéresse à la problématique des différences interindividuelles constatées dans le domaine de la prise d’information (intégration multisensorielle) et du contrôle des mouvements multi-articulés. Son objectif est d’identifier les facteurs responsables de cette variabilité interindividuelle. De comprendre comment ces modes préférentiels de traitement des informations sensorielles (styles perceptivo-moteurs ou modes de référentiation spatiale) définissent notre manière d’interagir avec notre environnement, de résoudre une tâche et de nous adapter à l’évolution des sources d’incertitude. Cette problématique a conduit Essilor à contacter Brice Isableu en 2005 et à entamer une collaboration qui dure encore. L’entreprise, qui s’intéresse évidemment au problème de l’adaptation plus ou moins facile aux verres progressifs, a fourni un certain nombre de moyens financiers, technologiques ou matériels ainsi que des contrats CIFRE. Et ce partenariat a produit de la connaissance dont certains aspects ont été valorisés sous forme d’articles scientifiques ou de brevets européens. Enfin, une des thésardes du laboratoire a été recrutée par Essilor, ce qui facilite et perpétue la collaboration sur ce thème. À noter, enfin, le vaste projet Comparse – un contrat ANR, coordonné par le Pr Michel-Ange Amorim – qui étudie les déterminants psychologiques et sensori-moteurs de la vulnérabilité/protection face à des contextes émotionnels. Il s’agit notamment d’identifier quels facteurs permettent à un individu de prendre en compte les retours sur sa performance fournie en temps réel par un congénère de façon à moduler ses performances. Le « congénère » est, en l’occurrence, un personnage virtuel, partie intégrante d’un « serious game » développé par le LIMSI (Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur), unité propre de recherche du CNRS, associée aux Universités Paris-Sud et UPMC.  Pages réalisées en collaboration et avec le soutien de l’Université Paris-Sud RÉDACTION Franck Barnu CONCEPTION ET RÉALISATION GRAPHIQUE A noir CRÉDITS PHOTOS PP. 2 – 3 : Daniel Bouchier, PSUD. P. 3 : J.R. Lecompt, PSUD. P. 4 : Laurent Ardhuin, PSUD ; Michel Desmadril, PSUD P. 5 : Theldja Mekki, PSUD. P. 6 : DVS. Siences. P. 7 : Manh-Cuong Do, PSUD. P. 8 : PSUD. Nº 474 • AVRIL 2013 | La Recherche • 7

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Salle blanche à l’Institut d’électronique fondamentale IEF (Université ParisSud, CNRS).

LE SERVICE DES ACTIVITÉS INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES (SAIC) DE L’UNIVERSITÉ PARIS-SUD PARIS-SUD : UN ACTEUR DE L’INNOVATION

Pour concrétiser l’intensification de sa politique de partenariat et de développement industriel dans le cadre de la valorisation de sa recherche, l’Université Paris-Sud a créé le Service d’Activités Industrielles et Commerciales (SAIC) qui a pour mission de : > rendre accessibles aux entreprises les connaissances et savoir-faire technologiques et scientifiques de l’Université, et les accompagner auprès des équipes de recherche identifiées ; > initier et structurer les partenariats entreprise/laboratoire ; > promouvoir et organiser la valorisation de la recherche.

PARIS-SUD : LA SOLUTION POUR VOTRE DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE

L’Université Paris-Sud met à disposition des entreprises ses technologies, ses compétences et ses équipements dans le cadre de partenariats avec ses laboratoires de recherche : > collaboration de recherche (dont CIFRE) ; > expertise et consultance ; > prestation de R & D ; > offre de technologies et accord de licences ; > mise à disposition d’équipements (plates-formes technologiques).

NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE

SERVICE DES ACTIVITÉS INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES (SAIC) Bât. 640, rue de Broglie 91405 Orsay Cedex Tél. : 01 69 15 55 61 Contacts Éric Henriet. Tél. : 01 69 15 38 04 Tania di Gioia. Tél. : 01 69 15 37 20 techno-transfert.saic@u-psud.fr www.u-psud.fr

Ne peut être vendu séparément La Recherche Édité par Sophia Publications 74, avenue du Maine 75014 Paris Tél. : 01 44 10 10 10

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Ouvert sur l'industrie