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Cerveau De l’os au cerveau Une hormone produite dans les os, l’ostéocalcine, influencerait le fonctionnement cérébral. Pour le montrer, des chercheurs américains et allemands ont modifié génétiquement des souris après leur naissance afin qu’elles ne produisent pas cette hormone. Lors de tests comportementaux, ces animaux ont présenté des signes d’anxiété et de dépression, qui ont diminué après des injections d’ostéocalcine. Les biologistes ont aussi conduit l’expérience avec des souris dont la production d’ostéo­calcine avait été bloquée dès le stade fœtal. Or, en plus de symptômes d’anxiété et de dépression, elles ont présenté des troubles de l’apprentissage et de la mémoire. F. Oury et al., Cell, 155, 228, 2013.

Neurones et boulimie Un circuit neuronal impliqué dans la boulimie a été découvert par une équipe américaine. Situé près de l’amygdale, un noyau cérébral profond, ce circuit s’active lors de la prise de nourriture et inhibe l’activité de l’hypothalamus latéral, région qui contrôle les comportements dirigés vers un but. Afin de mieux connaître son rôle, les chercheurs ont créé des souris chez lesquelles les neurones de ce circuit pouvaient être activés par de la lumière, via une fibre optique implantée dans leur cerveau. Résultat : quand ces neurones étaient activés en continu, les animaux se jetaient sur de la nourriture même s’ils avaient déjà mangé à leur faim. J. Jennings et al., Science, 1517, 341, 2013.

sur le web http://tinyurl.com/n9ah5uq Ce site de l’université de Bristol expose les bases du fonctionnement des neurones (en anglais). 24 • La Recherche | novembre 2013 • nº 481

Le corps des autres ne nous est Neurosciences

Dans notre cerveau, les mêmes neurones représentent l’espace qui entoure notre corps et celui qui entoure le corps d’autres personnes.

L

e bon sens nous l’indique : nous percevons le corps des autres personnes comme totalement séparé du nôtre. Mais est-ce si sûr ? En utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), Claudio Brozzoli et ses collègues de l’institut Karolinska, à Stockholm, en Suède, ont découvert une population de neurones qui répondraient de la même façon à la vision de l’espace entourant notre main et de l’espace entourant la main de quelqu’un d’autre. L’idée contre-intuitive que nous percevons les autres comme nous-mêmes s’ancre dans la découverte, au début des années 1990, de neurones qualifiés de « miroirs » dans le cortex prémoteur de

Dans cette expérience, la même population de neurones (en jaune et rouge, dans le cercle blanc) du cortex moteur préventral d’un volontaire est activée lorsqu’un objet (ici une tasse) se trouve à la périphérie de sa main, de celle d’un autre volontaire ou encore d’une prothèse.

macaques. Ces neurones s’activent de la même manière lorsque l’animal exécute une action et lorsqu’il voit un congénère l’effectuer. Des études d’imagerie cérébrale ont montré que de telles activités « miroirs » existeraient également chez l’homme. Les neurologues suédois se sont, eux, intéressés à la perception de l’espace qui entoure notre corps. Ils ont placé des volontaires dans un appareil d’IRMf. Ils ont

demandé à chacun de poser sa main droite sur une table située dans son champ de vision. En face de lui, à 1 mètre de distance, était posée la main d’une autre personne ainsi que la main artificielle d’une prothèse. Les expérimentateurs ont déplacé pendant quelques secondes une tasse noire suspendue à un bâton, d’abord à proximité de la main du volontaire, puis à proximité de la main de l’autre personne ou de

© Ulf Sirbom - Claudio Brozzoli / Karolinska Institutet

En bref

La Recherche n°481 - La science de Stephen Hawking  

La science de Stephen Hawking. Comment il travaille. Ce qu'il a découvert. > La très vieille alliance des plantes et des champignons. > Pour...

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