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LE JASEUR

BORÉAL

Octobre 2016


TABLE DES MATIÈRES

Finissants: ce qu’ils sont devenus!

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Carboneutralité et gaz à effet de serre

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La certification FSC: injuste mais bonne?

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Trouver un emploi étudiant dans son domaine

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Acériculture: 5 millions d’entailles supplémentaires

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Une organisation secrète à la FFGG

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Foresterie autrichienne et allemande

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Le secret de l’IDULation

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L’homme, la forêt et la perfection

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Aux arbres

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Des nouvelles du Kiwi

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Nouvelles du P’tit CAAF

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Nouvel allié en sciences du sol: Les mycorhizes

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Formation en ligne gratuite sur le Québec nordique

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La main dans le sac

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Retour sur le Festival Forestier à Saint-Raymond

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Présentation de l’AÉFEUL, votre asso étudiante

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Bibliographie

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Le comité du Jaseur Boréal, votre journal étudiant Coordonnatrice: Clara Canac-Marquis Collaborateurs : Béatrice Côté, Emma Côté, Elisabeth Guilbault, Nadia Larocque Lemay, Marimay Loubier et Mathilde Routhier Graphiste : Vanessa Audet

lejaseurboreal@ffgg.ulaval.ca lejaseurboreal.ffgg.ulaval.ca /lejaseurboreal

Photo de la page couverture prise par Mathilde Routhier Tirage : 130 exemplaires Distribution : pavillons Abitibi-Price et Gene-H.-Kruger

Imprimé sur du papier Rolland Enviro100

La réalisation du journal est rendue possible grâce à la contribution financière du Fonds d’investissement étudiant. Merci !

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LE MOT DU COMITÉ Chers ABPRIciens1 , Nous tenons à vous rappeler que le Jaseur Boréal est plus qu’un joli oiseau fréquentant la taïga : c’est également le nom de votre journal étudiant. Nous vous en présentons fièrement la toute première parution de l’année scolaire 2016-2017. Ceux qui le connaissent déjà le retrouveront avec plaisir, comme on retrouve une vieille laine aux premiers froids de l’automne. Les novices se l’approprieront rapidement. Ils imiteront leurs ainés et en feront leur lecture de chevet favorite (celle que l’on ouvre pour éviter de somnoler en moments inopportuns). Nous espérons humblement que cette édition saura vous divertir, vous faire réfléchir et vous instruire. Sachez qu’elle est le fruit du travail d’une équipe de bénévoles dévoués, mais aussi et surtout d’étudiants qui ont l’audace d’y écrire. Nous vous invitons d’ailleurs à faire partie de ce projet commun : écrivez-y, dessinez-y, faites-le vôtre! Nous voulons vous publier, et ce, peu importe le sujet qui vous anime. Envoyez-nous ce que vous avez à nous envoyer avant le 6 novembre 2016. Bonne lecture!

Image prise par Mathilde Routhier

Les bénévoles dévoués.

IDUL du gentilé Abitibi-Priciens. Pour en vérifier la conformité, vous référer à l’article-référence Le secret de l’IDULation à la page 16.. 1

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Finissants: ce qu’ils sont devenus! Nous avons interrogé quelques finissants pour savoir comment ils ont vécu la fin de leurs études et leur entrée sur le marché du travail, et ce qui les anime aujourd’hui! Regards sur les parcours de nos anciens camarades.

Félix Bernard- Brouillard

Diplômé en aménagement et environnement forestiers Ingénieur forestier responsable de la filiale acéricole (COOP Haut Plan Vert) La première chose que j’ai faite en finissant mon bac a été de déshydrater tout ce qui me passait sous la main, de mettre ça dans des zip-locs et de partir pagayer pendant deux mois une suite de trois rivières se déversant dans l’océan Arctique. Ensuite au retour, la tête remplie de couchers de soleil et de paysages incroyables, j’apprends que je vais être père. Fou comme un balai, je suis donc parti trois mois en Espagne prendre soin de ma copine qui finissait son bac là-bas. Ayant du temps libre en Espagne, on s’est acheté une maison via internet à St-Narcisse-de-Rimouski et un chien, question d’avoir un retour tout aussi épique. Une fois revenu, je me suis trouvé un emploi pour la Coopérative Forestière Haut Plan Vert situé à 20 min de chez moi, difficile de demander plus. Il s’agit d’une coopérative de travail, qui embauche jusqu’à 70 travailleurs. J’ai tout d’abord commencé avec eux en faisant la saison d’entaillage car la coop possède 2 érablières totalisant 51 000 entailles. Suite à cela, j’ai obtenu un poste d’ingénieur et j’ai été mandaté pour développer un service technique acéricole, afin de répondre aux demandes pour la réalisation de plans d’érablière suite à l’ouverture des contingents par la fédération. À l’heure actuelle, je travaille à monter une équipe afin d’offrir à nos clients l’installation complète du système d’exploitation de l’eau d’érable. Pour ce qui est d’œuvrer au sein d’une coopérative de travail, mon expérience est très positive. L’ambiance de travail est familiale et les développements se font en fonction de l’expertise des gens qui y travaille, ce qui permet de pousser ses idées beaucoup plus loin. Ne niant pas les défis reliés à la gestion coopérative, je crois que ce modèle est beaucoup plus prenant qu’un emploi standard, mais drôlement plus motivant. Voilà l’essentiel de mon parcours post-ABP.

Félix-Antoine Caron Diplômé en génie du bois coopératif Ingénieur de procédé chez Comact

Être finissant, c’est l’aboutissement de plusieurs années de dur travail menant enfin à la terre promise, le marché du travail. Armés de nos bagues d’ingénieurs ou d’ingénieurs forestiers, nous fonçons la tête première dans nos nouvelles vies et nos nouveaux emplois avec plein d’ambition et le désir de changer les choses. Cette nouvelle vie stimulante sans travaux universitaires, sans semaines d’examens et sans cours endormants est plaisante et remplie de nouveaux défis. Dorénavant tu ne t’achètes plus de la Pabst puisque tu as enfin les moyens de t’acheter mieux. Par contre, le jeudi soir venu, un soudain sentiment de culpabilité te gruge en buvant ta Heineken. Tu comprends vite que c’est la nostalgie des fameux partys du ABP qui te hante et qui te ramène tous pleins de bons souvenirs de tes années universitaires. Oui oui, je croyais jamais dire cela mais je m’ennuie de l’école, je m’ennuie des longues soirées dans la salle d’informatique du Kruger et je m’ennuie même de certains professeurs! Le passage à l’université semble si long durant les semaines d’examens et lors des grosses périodes de remise de travaux, mais avec un peu de recul tu te rends compte à quel point ces quatre années passent trop vite. Donc si j’ai un conseil à donner, c’est de profiter de chaque moment et de chaque rencontre que l’université t’offre car cela vaut plus que l’argent que tu gagneras dans ta future profession.

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Michaël Cliche

Diplômé en aménagement et environnement forestiers Ingénieur forestier chez Aménagement forestier coopératif des Appalaches Après 4 ans de « dur labeur » au bac en aménagement et environnement forestiers, j’ai fini par aboutir à peu près où je voulais, c’est-à-dire en forêt privée quelque part sur la Rive-Sud. Plus précisément, je travaille pour Aménagement forestier coopératif des Appalaches qui, pour faire une histoire courte, est un groupement forestier situé à La Patrie, en Estrie. Et oui, après quelques jours de deuil de ma vie d’étudiant, j’ai commencé à travailler. Jusqu’ici, je me suis occupé de quelques dossiers, mais surtout des érablières. En effet, malgré tout le tumulte qui règne autour du système de contingentement du sirop d’érable québécois, la Fédération émettra sous peu une quantité importante de contingents et qui dit émission de contingents dit plans d’érablière et qui dit plans d’érablière dit ... travail pour moi ! J’ai donc passé une bonne partie de mes premiers mois de travail dans les érablières de l’Estrie et ce, tant en forêt publique qu’en forêt privée. Outre les érablières, s’il y a une chose à retenir sur mon travail, c’est que la forêt privée recèle de défis tous aussi nombreux que variés ; diminution globale de l’aide au propriétaire, nouveaux cahiers de normes, mécanisation des opérations, etc. Il y a présentement beaucoup de place pour les gens dynamiques qui souhaitent faire une sylviculture à petite échelle et ce, de concert avec les besoins et attentes d’une multitude de propriétaires différents.

Maude Gagné

Gaspésie, je t’aime! C’est ce que l’on dit et c’est ce que je vous écris. Depuis un peu plus d’un mois, je vis le rêve au bout du monde. Je suis maintenant enseignante en foresterie au CÉGEP de la Gaspésie et des Îles. Entre mer et montagnes, du Parc Forillon au Parc national de la Gaspésie, je découvre et fais découvrir les merveilles des forêts gaspésiennes aux futurs technologues forestiers. Mais le rêve est aussi accompagné de son lot de défis. Je suis maintenant responsable de la réussite des étudiant.e.s. Engagée après le début des cours pour un contrat de remplacement pour l’automne, j’ai dû m’adapter rapidement afin de maîtriser la matière, préparer les cours, les sorties, les examens et les projets. La tâche est énorme, mais la motivation y est. Heureusement, une équipe d’enseignants expérimentés m’a chaleureusement accueillie et m’a permis de bien m’intégrer comme nouvelle jeune enseignante. La course à l’apprentissage est déjà commencée et seul le travail acharné nous permettra d’arriver à la ligne d’arrivée. L’automne arrive à grands pas ici et les feuilles tombent au rythme où les étudiants solidifient leurs connaissances des forêts. Malgré le froid, la passion de la forêt, de la mer et la chaleur des gens réchauffent le climat. Oui, Gaspésie, nous t’aimerons toujours!

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http://fr.pickture.com/blogs/mycenes/rub-bannieres-paysages-2.html

Diplômée en environnements naturels et aménagés Toujours candidate à la maîtrise en sciences forestières Enseignante en technologie forestière au CÉGEP de la Gaspésie et des Îles


Mathieu Bouchard

Diplômé en opérations forestières (M. Sc.) Superviseur approvisionnement externe Produits Forestiers Résolu J’ai gradué en 2014 en opérations forestières, puis j’ai complété au début de l’année 2016 une maîtrise, toujours en opérations forestières. Depuis ce temps, je travaille pour Produits forestiers Résolu au Lac St-Jean. Je m’occupe de superviser les approvisionnements que nous achetons pour nos usines qui proviennent de l’externe de la compagnie, soit près de 1 million de mètres cubes (wow, c’est beaucoup!). J’ai la chance de visiter une quinzaine de chantiers, je fais donc beaucoup de terrain (et c’est vraiment chouette, faire du terrain) et de gestion de ressources humaines (des opérateurs), matérielles (des abatteuses) et financières (des budgets). Alors toi, jeune étudiant(e) fringuant(e) qui s’apprête à affronter la vie en dehors des murs de l’université (car oui, il y en a une : (un peu) moins de boissons maltées, mais plus de fric!), voici quelques conseils… Profite de toutes les occasions qui te sont offertes, autant dans tes stages que dans ta carrière. Avoir un réseau de contact, c’est vraiment important : ils ont beau dire à l’école que le monde forestier c’est petit, je te confirme que ce l’est encore plus que tu penses. N’hésite pas à poser des questions, mais surtout n’hésite pas à exprimer ton opinion. Si on veut que le très conservateur domaine forestier change, il faut que tout le monde s’implique et y apporte son grain de sel. L’échec n’est pas envisageable!

Marie-Ève Lamarre

Diplômée en environnements naturels et aménagés Soutien aux opérations chez ECRC-SIMEC Je

dois vous avouer qu’au début de mes études au baccalauréat intégré en environnements naturels et aménagés, je ne m’étais pas posé de questions face au marché du travail. Trois ans plus tard, j’ai réalisé que ça n’allait pas être si facile. Il faut croire que mon karma était bon, car j’ai réussi à me placer rapidement. Je travaille maintenant depuis un peu plus de deux ans pour la compagnie ECRC-SIMEC qui œuvre dans le domaine de l’intervention maritime. En fait, c’est un organisme d’intervention accrédité par Transport Canada qui a pour mission d’intervenir sur les déversements d’hydrocarbure maritimes. L’entrevue était beaucoup plus axée sur la personnalité que sur les compétences/connaissances, et c’est sans doute l’unique raison pour laquelle j’ai eu le poste car je n’avais absolument aucune expérience. Dans le monde des firmes privées, les employeurs recherchent souvent un candidat avec des études reliées à l’environnement, que ce soit en environnement, biologie, géographie ou encore géomatique. Il faut être curieux et aller à la recherche d’employeurs moins connus ou encore de domaines différents auxquels l’environnement se rattache. Le baccalauréat intégré en environnements naturels et aménagés est axé sur quelques aspects de l’environnement, mais il y en a tellement d’autres à découvrir!

Véronik Émond Tremblay

Diplômée en environnements naturels et aménagés Être finissant, c’est une situation à deux volets. Dans un premier temps, tu vis l’angoisse d’une vie de ne pas trouver d’emploi, et le lendemain, tout semble rouler comme sur des roulettes. Être finissant, c’est aussi être nostalgique du temps que tu as passé dans ton établissement scolaire, les rires, les pleurs, les belles et intéressantes rencontres que tu as faites, les stress d’examens, les « partys » et bien sûr, les lendemains de veille! Être finissant, c’est aussi rentrer sur le marché du travail, devoir faire tes preuves, réaliser que tu es maître de ton cheminement et de tes exploits, tu deviens un adulte à part entière. Ceci dit, être finissant, c’est savoir que tu as accompli quelque chose et que tu es à deux doigts d’en recevoir tous les honneurs. Pour moi, être finissante fût très éprouvant, mais la fierté que j’ai ressentie m’a permis de m’envoler. Je quitte maintenant le nid pour une meilleure vie! -6-

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Xavier Gervais-Gosselin

Diplômé en environnements naturels et aménagés (M. Sc.) Consultant en acquisition et traitement de données géospatiales (GéoFabrique) Toute cette aventure a commencé il y a de cela bien longtemps, dès ma tendre enfance, alors que je portais à l’époque fièrement mon petit foulard scout à deux couleurs. Si aujourd’hui je n’y participe plus activement, cette institution a su m’enseigner des valeurs de respect, de partage, mais surtout créer un lien très fort avec la nature. Sans trop m’attarder, je crois que ma présence dans le magnifique pavillon Abitibi-Price remonte à cette période de ma vie. Après trois ans sur les bancs d’école, à l’Université Laval, il est venu le temps de graduer et de me trouver un emploi. Malheureusement, sans beaucoup d’expériences en poche, avec un peu trop d’ambition pour ce que je pouvais trouver, ou peut-être avec une conjoncture de l’emploi peu favorable, je n’ai rien trouvé de vraiment intéressant. J’ai donc décidé de persévérer, dans une discipline avec laquelle je vivais une histoire de profonde amour-haine, la géomatique. Il s’agit probablement d’une des meilleures décisions que j’ai pu prendre, puisque j’y ai d’abord découvert une véritable passion, mais également un grand potentiel révolutionnaire pour la gestion de notre patrimoine naturel. À force d’expérience et de rencontres, j’ai également compris qu’il faudrait batailler un peu pour que cette révolution puisse prendre forme. J’ai donc cofondé en janvier 2016, une entreprise orientée sur la collecte de données géospatiales, La GéoFabrique. Si la robotique et l’algorithmie peuvent sembler loin de ma formation initiale, je crois plutôt que ces outils que nous développons renforcent grandement notre capacité d’analyse et notre maîtrise des enjeux environnementaux du XXIe siècle

Carboneutralité et gaz à effets de serre : le pouvoir de la bioénergie

Par Mathilde Routhier, étudiante en aménagement et environnement forestiers Par sa définition1 , la récolte de biomasse forestière est une perturbation anthropique ayant des impacts potentiels sur l’écosystème impliqué. Parallèlement, l’humain consomme des carburants fossiles et expulse des quantités importantes de gaz à effets de serre dans l’atmosphère2 , ce qui perturbe l’écosystème planétaire. En transformant la biomasse forestière en bioénergie et en la substituant aux énergies fossiles, on pourrait réduire l’accumulation du carbone dans l’atmosphère. On perturberait ainsi un peu plus les écosystèmes locaux pour le mieux-être de l’environnement planétaire. Il est à noter que les connaissances forestières actuelles permettent de réaliser la récolte de biomasse sur des sites qui peuvent supporter cette intensification, et ce, sans déroger aux normes existantes de protection des écosystèmes appliquées en aménagement forestier. Abordons cette notion de gestion du carbone de façon plus élaborée.

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Prémisse Il est connu que les plantes captent du CO2 et en utilisent le carbone pour croître. Nous savons aussi que ce carbone sera majoritairement renvoyé dans l’atmosphère suite à la mort de ces mêmes plantes, lors de la décomposition du matériel organique qui les composent. Back to the future L’utilisation de la biomasse pour produire de la chaleur date de l’âge de pierre; il s’agit du traditionnel feu de bois. Au fil des siècles, l’humain a trouvé plusieurs autres combustibles plus denses en énergie, et donc plus facilement transportables sur de longues distances: charbon, pétrole, gaz naturel. Ce qui dérange avec les énergies fossiles, c’est que leur utilisation n’implique que des émissions de gaz à effets de serre (GES) et autres polluants, et aucune captation. Avant leur utilisation par les humains, ces puits de carbone étaient bien sagement entreposés dans les soussols de la Terre. Et si on revenait en arrière et qu’on brûlait un matériau qui se serait de toute façon décomposé

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en émettant du carbone, on pourrait ainsi éviter d’aller chercher celui qui reste bien sagement dans le sol et limiter l’accumulation de GES dans l’atmosphère! C’est ce qui est proposé par les recherches sur les bioénergies. Quelques notions de théorie… Il y a un hic : la combustion de la biomasse forestière implique plus d’émissions de CO2 par unité d’énergie que le même processus réalisé pour les énergies fossiles. On ne peut rien y faire ; c’est la manière dont les chaînes de carbone sont constituées, c’est de la thermodynamique. Par contre, et c’est là le point le plus important, le carbone émis lors de la production et de l’utilisation de bioénergie, aurait en partie été libéré lors de la décomposition de la matière organique. Dans un premier temps, donc, la bioénergie implique plus d’émissions de CO2 que les énergies fossiles par unité d’énergie. On nomme la différence entre les émissions nettes liées à la bioénergie et celles liées à la source d’énergie qu’elle remplace (les carburants fossiles), la dette de carbone. Avec le temps, le scénario des bioénergies rembourse sa dette, puis devient plus favorable que l’exploitation de carburants fossiles. Il s’agit donc d’un investissement à court, moyen ou long terme, selon la situation.

et la transformation de la matière ligneuse implique l’émission de GES. Ainsi, agencer la récolte de biomasse (par exemple, en privilégiant des sources de biomasse comme les résidus de coupe et/ou tiges non désirées) à des opérations de récoltes pour les produits conventionnels (sciage, pâte) sur un même terrain à un même moment est beaucoup plus intéressant que de séparer ces deux types de récolte parce qu’il est alors possible d’avoir des gains en terme d’utilisation de machinerie; aussi, la récolte de biomasse peut faire office de préparation de terrain, ou faciliter l’aménagement de peuplements dégradés. Une fois récolté, il faut sécher le matériel et le transformer en copeaux, granules ou en produits raffinés. Le conditionnement des copeaux et l’efficacité de conversion de la biomasse en bioénergie se doivent d’être le plus efficace possible ; la biomasse n’est pas dense en énergie et toute perte d’efficacité lors de sa transformation a un impact marquant sur le bilan de carbone. Le type d’énergie substitué vient aussi influencer le bilan ; certains types impliquent plus d’émissions totales (extraction & transformation & combustion par unité d’énergie) que d’autres. Au Québec, il faut donc cibler le mazout d’abord, le propane ensuite, puis l’huile récupérée et finalement le gaz naturel. En ce qui concerne l’hydroélectricité, sa substitution génère des dettes de carbone trop longues ; le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Photo par Mathilde Routhier, Forêt Montmorency A

Comment maximiser les bénéfices liés à la bioénergie ? Comme pour n’importe quel investissement, il y en a certains qui sont plus judicieux que d’autres, et qui vont permettre des bénéfices plus rapides, plus grands et plus Ainsi, il est parfois favorable de réinventer la roue et de certains. Il importe de bien choisir les sites d’exploita- repenser nos façons de faire. tion et les énergies à substituer. La récolte forestière

La récolte de biomasse forestière se définit comme étant la récolte des parties d’arbres, des arbres et des espèces qui ne sont pas utilisées par les industries conventionnelles des produits du bois (pâte, sciage, déroulage). 2 45 000 mégatonnes de CO2 équivalent ont été produites mondialement en 2012 par rapport à 30 000 en 1990; une augmentation de 47% en 20 ans (Environnement et Changement climatique Canada 2016). 1

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La certification FSC: injuste mais bonne?

Par Clara Canac-Marquis, étudiante en aménagement et environnement forestiers

Montage photo: Clara Canac-Marquis

Les régions du pays où la biodiversité devrait être à son paroxysme (en raison du climat favorable) sont dédiées à une agriculture forestière intensive, où poussent des essences exotiques à croissance rapide (principalement Pinus radiata et Eucaliptus sp). Les superficies sont très majoritairement détenues par trois industriels mastodontes : ils y règnent allègrement, pratiquement sans grandes ni petites contraintes règlementaires. À tous les 10 à 20 ans, les plantations sont récoltées, sans legs de Saint-Bois-Mort, laissant les sols nus. Les communautés autochtones sont peu considérées. Les produits ligneux récoltés sont envoyés sur les marchés asiatiques, peu transformés préalablement.

mise en branle dès 1915 et s’intensifia au cours du siècle, appuyée par le gouvernement. À l’époque, on ne se souciait guère de replanter des essences indigènes…

Montage photo: Clara Canac-Marquis

Le modèle forestier chilien est critiquable à bien des égards.

Et pourtant, une bonne proportion des plantations foEn 1994, lorsque FSC vint au monde, les plantations restières du Chili sont certifiées FSC. exotiques étaient déjà bien implantées au Chili. C’est donc sur ces massifs artificiels que porte la certification. Cela peut sembler injuste pour les industriels d’ici. Hélas, nous sommes victimes de notre bon historique forestier. Les pratiques forestières exigées par l’organisme de certification ne sont pas justes d’un pays à l’autre; elles sont plutôt adaptées aux capacités et à l’historique de chacun. Sans aucun doute, la certification FSC fait une différence réelle dans la gestion des forêts chiliennes. Notamment, elle oblige les industriels requérants à reconvertir en forêts naturelles les plantations ayant été établies après 1994, ainsi qu’à protéger les legs actuels de forêts natives. Maintenant, on change de lunettes. Elle force la considération les intérêts locaux (incluant autochtones) dans la gestion forestière, et limite la taille Une grande partie des forêts chiliennes du centre du des coupes et leurs modalités d’application, par exemple pays ont été mises à feu au cours des 19e et 20e siècles, en obligeant la protection des cours d’eau et des sols. Au dans l’optique de convertir des jungles impénétrables Chili, toutes ses obligations furent induites par la certien terres fertiles pour la culture du blé. Les incendies fication et font aujourd’hui une différence tangible chez laissés à eux-mêmes rasèrent sans gêne des superficies les communautés locale. importantes incultivables, notamment en raison de leur pente; en résulta des terres arides et soumises à l’érosion On peut se demander si le processus de certification est extrême, empêchant le retour d’une végétation stabilijuste. On peut aussi se demander s’il est « bon », et s’il sante. Pour résoudre ce problème environnemental, la tend à améliorer les forêts d’ailleurs… et d’ici! plantation d’espèces exotiques à croissance rapide fût Vol. 6 n°1

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Trouver un emploi étudiant dans son domaine Par Vanessa Audet, étudiante en environnements naturels et aménagés Le début de la session commencé, c’est le temps idéal pour se dénicher un emploi étudiant dans son domaine. Mais comment faire? Voici donc, selon moi, les meilleures ressources à utiliser pour trouver un emploi. Ces ressources peuvent aussi être utilisées à la fin de vos études. Mon expérience (Pleins de CV + bouche à oreille) Tout d’abord, j’ai décidé d’écrire cet article afin de partager mon expérience en recherche d’emploi. Dès le début de mon baccalauréat, je voulais une job afin de gagner de l’expérience et avoir de l’avance sur les autres lors de ma recherche d’emploi en sortant de l’Université. Si le premier emploi que j’ai trouvé ne m’a pas pris plus que 20 CVs à envoyer, il m’en aura fallu deux fois plus pour obtenir l’emploi que j’occupe depuis l’hiver dernier. Il ne faut surtout pas désespérer et j’ai rassemblé les trois sites web où j’ai reçu le plus de réponses.

Pros : on y retrouve des emplois à temps plein ou à temps partiel ainsi que des stages. Cons : on ne peut pas appliquer sur certains emplois à cause du jumelage, et parfois le temps de réponse d’un employeur peut être très long. http://www.emploiquebec.gouv.qc.ca/ SPLA (formation stage + emplois) Le SPLA est le Service de placement de l’Université Laval. Les étudiants peuvent y trouver des offres d’emplois reliés à leur carrière ou non, ainsi que des offres de travail international. Il est souvent employé par les professeurs pour se trouver des auxiliaires de recherche ou d’enseignement. http://www.spla.ulaval.ca/

Bref, il existe de nombreuses autres sources pour trouver un emploi, tel que LinkedIn. Mon conseil est de suivre les compagnies qui vous intéressent sur les réseaux soProgramme fédéral d’expérience de travail étudiant ciaux et vous serez ainsi au courant des nouvelles offres (PFÉTÉ) d’emploi. Le PFÉTÉ est un programme permettant aux étudiants du secondaire à l’université de trouver de l’emploi dans une vaste gamme de domaines à travers le Canada. De plus, une fois inscrit (c’est gratuit), vous recevrez des offres d’emplois via email et vous avez aussi accès à la banque d’offres d’emplois. Pros : aucune expérience n’est nécessaire pour s’inscrire au programme et on y retrouve des emplois à temps plein ou à temps partiel ainsi que des stages. Cons : si vous n’êtes pas étudiant canadien, vous avez très peu de chance d’être choisi. http://jobs-emplois.gc.ca/fswep-pfete/index-fra.php Placement emploi Québec Celui-ci permet de trouver un emploi dans la province de Québec. L’inscription est gratuite et permet un jumelage entre employeurs et étudiants à l’instar d’une agence. Vous pouvez toutefois appliquer vous-même sur certains postes. - 10 -

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Acériculture : 5 millions d’entailles supplémentaires

Par Jean Ferland-Bilodeau, étudiant en aménagement et environnement forestiers Savez-vous que le Québec produit chaque En gros, le quota de sirop est un droit de production printemps plus de 72% contrôlé, comme on retrouve dans l’industrie du lait ou de la production mon- de la volaille. On a implanté le quota de sirop en foncdiale de sirop d’érable? tion des érables présents sur un territoire donné : on En 2016, c’est près de le représente par une masse de sirop produite annuel90 millions de petites cannes de sirop qui seront pro- lement, soit en livres. Par exemple, un producteur qui duites à l’intérieur de la belle province, soit l’équivalent possède 5 000 entailles devrait avoir un quota qui varie de 38 millions de litres. Les deux tiers de notre pro- entre 13 000 et 20 000 lb selon la productivité de son duction étant dédiés à l’exportation aux États-Unis et érablière et de ses infrastructures. en Europe, on se doit de maintenir une qualité de sirop supérieure tout en offrant une grande quantité de Comme la production de sirop d’érable est relative à la produits. Comme la demande mondiale en produits de température régionale, on comprend que les producl’érable est croissante (5-6 % par année), les producteurs teurs en Montérégie peuvent produire bien avant ceux doivent accroitre leurs offres en augmentant le nombre du Bas-St-Laurent. Ainsi, avant l’implantation de quod’érables entaillés et la productivité de ceux déjà exploi- tas, les producteurs de cette région avaient de la misère tés par l’instauration de technologies et de meilleures à vendre leur sirop à des bons prix puisque les gens du méthodes de travail. C’est alors que plus tôt cet été, on sud avaient envahi le marché quelques semaines plus a entendu parler de l’ajout de 5 millions d’entailles au tôt. À cet égard, la FPAQ a comme fonction d’assurer contingent provincial, ce qui a fait couler bien de l’encre une uniformisation des prix de vente à la grandeur du lors des derniers mois. Québec. La production personnelle se voit donc « limitée » par le quota, mais celui-ci assure au producteur de Quotas et contingents, c’est quoi ça ? vendre son sirop. D’abord, il faut savoir que la production acéricole provinciale est gérée par la Fédération des Producteurs Sorti le 22 février dernier, le rapport Gagné sur l’indusAcéricole du Québec (FPAQ) depuis 25 ans et l’im- trie acéricole provinciale souleva plusieurs recommanplantation de quotas date de 2004. Le règlement sur le dations afin d’accroître les parts québécoises du marché contingentement est contrôlé par la Régie des marchés mondial en mentionnant entre autres d’amender les agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) et pos- quotas afin d’avoir une production libre et croissante. sède comme objectif d’ajuster l’offre de sirop d’érable Rapidement, la FPAQ a réagi en manifestant contre selon la demande des consommateurs. La production cette recommandation, car ça viendrait bousiller tout le acéricole relève de la RMAAQ puisqu’elle est considé- travail accompli par celle-ci depuis 25 ans. En effet, la rée comme un produit alimentaire, et non forestier. Par FPAQ a permis de rendre l’acériculture viable au Quéailleurs, la présence de quotas provinciaux vise aussi ces bec et d’en assurer une certaine stabilité grâce à de nomobjectifs (Info-Sirop, septembre 2016) : breux accomplissements. C’est ainsi qu’une demande de quotas de la part de la FPAQ et du Conseil de l’industrie • Stabiliser le prix de vente pour les acériculteurs, et de l’érable (CIE) auprès de la RMAAQ de l’ordre de 2,35 ultimement le prix d’achat pour les consommateurs; millions d’entailles fut déposée le 22 mars lors d’une • Favoriser les investissements dans le secteur acéri- séance publique à cet égard. Un peu plus tard, soit le 5 cole; avril, c’est une demande d’augmentation de 5 millions • Maintenir en production le même nombre d’entre- d’entailles qui fut déposée et cette dernière a été accepprises acéricoles; tée par la RMAAQ. Alors, ceci fera passer le nombre • Assure la viabilité à long terme de l’industrie acéri- d’entailles provinciales de 43 M à 48 M. En attribuant cole. 2,5 lb de sirop par nouvelle entaille, cela correspond à Vol. 6 n°1

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être transférés dans le volet démarrage. Ce dernier ressemble grandement au volet relève sauf qu’il n’y a pas d’âge ou de formation requise. Par exemple, un propriéComment distribuer 5 millions d’entailles équitable- taire peut faire la demande s’il possède 2 000 entailles ment sur son boisé, qu’il ne les jamais exploitées et qu’il n’y Les personnes qui désirent acquérir une portion de ces a pas de contingent rattaché au terrain. Le volet agranentailles disponibles doivent se classer parmi 3 volets dissement est nettement le plus populaire puisqu’il différents selon leur statut actuel en acériculture. La s’avère facile pour des producteurs actuels d’installer FPAQ décida que la répartition des nouveaux contin- de nouvelles entailles adjacentes à celle déjà exploitées gentements se déroulera comme suit : et l’investissement est mineur : pas besoin d’acheter des gros équipements dispendieux. Contrairement aux • 40 000 entailles annuellement pour le volet relève; autres volets qui procèdent par tirage au sort, celui-ci • 1 339 200 entailles pour le volet démarrage; fonctionne par l’attribution de tranche de 200 entailles • 3 620 800 entailles pour le volet agrandissement. à chacun des producteurs faisant une demande jusqu’à l’épuisement des 3 620 800 entailles disponibles. Si on Afin de participer, les demandes des producteurs de- regarde le tableau des demandes, on peut voir que tous vaient être envoyées avant le 15 juillet (relève), 15 août les projets d’agrandissement devraient être comblés ou (démarrage) et 15 septembre (agrandissement) passé. presque. Notons que chaque producteur aura 2 ans pour La portion relève rejoint les personnes âgées entre 18 installer ses nouvelles entailles. et 40 ans qui ont complété un DEP en acériculture (ou l’équivalent), qui souhaitent démarrer ou acheter une nouvelle érablière sans contingent et qui désirent obtenir un contingent d’un maximum de 25 000 entailles. Comme il y en a seulement 40 000 qui sont disponibles annuellement pour ce volet, peu de gens pourront bénéficier de cette portion du programme. Les gagnants de cette année ont été déterminés par un tirage au sort le 7 octobre dernier; les candidats non-retenus pourront Source: http://www.sucreriebusque.com/images/chaudiere-eau-erable-cabane-a-sucre.jpg

une augmentation des quotas de production de 12 500 000 lb de sirop de plus annuellement pour la province.

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Une organisation secrète à la FFGG Par Charles Breton, candidat à la maîtrise en sciences forestières Les 23, 24 et 25 septembre derniers, j’étais au Festival forestier de Saint-Raymond – La Grosse Bûche 2016 pour y représenter l’Établi – Ébénisterie du campus. Nos objectifs étaient entre autres de mieux faire connaître l’Établi, de trouver de nouveaux clients et de rencontrer des partenaires potentiels. Lors du Festival, j’ai été surpris d’apprendre que pour plusieurs étudiants de la faculté, l’Établi avait pratiquement le statut d’organisation secrète. Une vraie histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours! On me racontait les « on-dit » de l’Établi, comme on parle des Reptiliens, des Illuminati et autres légendes urbaines. Eh bien, qu’à cela ne tienne : cet article devrait me permettre de lever le voile sur le mystérieux « Établi ».

merciements, etc. Ce que l’Établi n’est pas L’Établi n’est pas un moyen d’avoir un accès direct et inconditionnel aux équipements des laboratoires. Cela dit, la réalisation des projets personnels est possible, et même encouragée, lorsqu’elle s’inscrit dans le cadre des activités régulières de l’entreprise. Les projets personnels doivent donc passer par les mêmes critères de sélection que les projets réguliers : faisabilité technique et financière, disponibilité de la main d’œuvre et des équipements et rayonnement pour l’entreprise. Ces projets doivent permettre à plusieurs membres de développer leurs compétences et ils doivent contribuer à la croissance de l’Établi.

crédit photo : Charles Breton

Pour devenir membre Tout étudiant de l’Université Laval peut devenir membre de l’Établi. Toutefois, nous concentrons nos efforts de Ce qu’est l’Établi recrutement sur les étudiants des trois cycles au DéparL’Établi est un organisme à but non lucratif (OBNL) tement des sciences du bois et de la forêt. Pour devenir ayant pour mission de « développer le savoir-faire et membre, il faut simplement : l’esprit entrepreneurial des étudiants à travers la réalisation de produits écoresponsables valorisant le bois » • S’inscrire en ligne au : http://letabli-edc.com/ ; (l’Établi Ébénisterie du campus, 2016). En bref, l’Établi • Attendre d’être convoqué à une formation de 15h vise à initier les étudiants à l’ébénisterie et à l’entrepresur l’utilisation sécuritaire des équipements.; neuriat en fabriquant et en commercialisant des pro- • Régler sa cotisation de 40$ pour contribuer aux duits, à valeur ajoutée, fabriqués à partir de coproduits coûts de formation et au développement de l’Établi.. de la transformation du bois. Tous les profits réalisés sont réinvestis dans la formation des membres et la L’Établi : former, entreprendre, revaloriser croissance de l’entreprise. L’Établi vise principalement le marché du cadeau promotionnel et du cadeau corporatif au sein de la communauté universitaire. Jusqu’à maintenant, nous avons fabriqué des porte-cartes, des porte-téléphones, des planches à découper, des chevalets, des plaques de re-

Foresterie autrichienne et allemande

Par Élise Bouchard, étudiante en aménagement et environnement forestiers L’IFSS (International Forestry Student Symposium) 2016 se déroulait en Autriche et en Allemagne au courant du mois d’août passé. J’ai eu l’honneur d’y assister en compagnie de 3 autres étudiants de l’Université Laval. Au total, nous étions environ 120 étudiants forestiers en provenance de 31 pays différents. Au programme : maintes visites de forêts et d’usines, de nombreuses conférences, et plus encore ! Vol. 6 n°1

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Paysage typique autrichien : montagnes forestières avec villages et lacs dans les vallées

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Parce qu’il faut donner au suivant et qu’on nous a donné beaucoup durant ce voyage, je tenais à vous dresser un portrait du monde forestier autrichien et allemand, en espérant offrir une image juste et pertinente de la foresterie qui s’y pratique. Cet article est un bref résumé du contexte géographique et socioéconomique de leurs forêts, ainsi que de la sylviculture et les problématiques principales d’aménagement qui s’y trouvent. Restez à l’affut pour l’article à venir sur les opérations forestières autrichiennes, rédigé par Alexandre Veilleux. Mise en contexte Quelques chiffres pour vous mettre en haleine : La forêt autrichienne couvre 3.00 milliards d’hectares, une superficie représentant 47,6% du pays. L’épinette de Norvège (Picea abies) y est l’essence commerciale la plus répandue, à raison de 52 % du couvert forestier. Elle pousse principalement en altitude et s’accommode parfaitement au paysage montagneux de l’Autriche qui est traversée par la chaîne de montagnes des Alpes. Les autres espèces commerciales les plus fréquemment retrouvées sont le hêtre européen (Fagus sylvatica), le chêne blanc (Quercus alba) et le mélèze européen (Larix decidua). Le volume sur pieds à maturité y est en moyenne de 350 m3/ha et la productivité s’estime à 8.9 m3/ha/an en Autriche et 10m3/ha/an dans la région de Bavière, en Allemagne. L’Autriche est le sixième plus grand exportateur de bois d’œuvre au monde, avec un marché se concentrant principalement aux État-Unis et en Europe. La tenure des terres y est à 80 % privée, avec une grande majorité de petits propriétaires (moins de 5 ha). Sylviculture et types d’aménagement forestier La sylviculture autrichienne est à l’image des préoccupations de la population qui n’habite jamais bien loin des forêts. Les coupes à blanc de plus de 0,5 hectares sont interdites et les monocultures sont évitées. En fait, les plantations en général sont de plus en plus marginales, l’emphase étant mise sur la régénération naturelle. Historiquement, le hêtre européen a été largement remplacé par des conifères dans les forêts aménagées, ce qui est aujourd’hui un enjeu important ; les forestiers tentent de rétablir son occurrence naturelle dans le paysage, malgré sa valeur commerciale plus faible. Les marchés de transformation pour cette essence sont toutefois présents en Autriche, comme nous l’avons constaté à l’usine Lenzing Group, productrice de rayonne, une fibre biosynthétique utilisée dans la confection de vêtements.

Sylviculture du chêne blanc Les révolutions pour le chêne blanc sont assez longues, soit d’environ 150 ans. Le diamètre visé est de 90 cm au DHP au moment de la récolte finale. Une éclaircie peut être réalisée dans le peuplement à tous les 10 ans, à raison de 50 m3/ha par éclaircie. Les peuplements mixtes avec hêtres favorisent la qualité du bois de chêne. En effet, le hêtre créer une pression latérale qui force les chênes à se développer en hauteur. Il faut toutefois gérer les densités, car en situation naturelle, le hêtre prendrait le dessus sur le chêne. Dans la forêt fédérale autrichienne, la régénération du chêne peut être instaurée naturellement par un système de coupes par bandes. Éclaircie commerciale L’éclaircie commerciale est un traitement populaire en Autriche qui se pratique différemment qu’au Québec. En effet, des tiges sont sélectionnées comme tiges d’avenir en bas âge et resteront marquées par un cercle de peinture blanche durant l’entière révolution. Dans la forêt nationale de Bavière en Allemagne, les éclaircies se réalisent aux 5 ans, aux cours desquelles d’un à deux arbres sont prélevés dans le rayon avoisinant une tige d’avenir marquée. Environ 30-40m3/ha sont récoltés lors de ces éclaircies. Ces données sont issues d’un peuplement d’épinettes de Norvège instauré par régénération naturelle. Problématique forestières autrichiennes Faune Je dirais que l’élément le plus étrange à mon œil de canadienne a été la présence fréquente de vaches en forêts naturelles, et ce, même en montagne. Les fermiers sont autorisés à laisser leur bétail pâturer en forêt, ce qui cause une problématique de régénération, car les vaches broutent les jeunes feuillus et les conifères. De plus, elles peuvent causer des blessures mécaniques importantes aux arbres dans les jeunes plantations. Il n’y a aucun prédateur dans les forêts autrichiennes. Loups, ours et lynx ont été tués dans les derniers siècles et la population est loin d’être chaude à l’idée de les réintroduire, étant donné la proximité des villages avec la forêt. Cette absence de prédateurs crée une surpopulation de chevreuils (Roe deer- Capreolus capreolus) et de chamois (Rupicapra rupicapra) qui s’alimentent également sur la régénération. Dans certaines forêts nationales, des chasseurs professionnels sont engagés pour chasser le cerf et ainsi permettre un contrôle des populations.

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Insectes et maladies Parce que les enjeux environnementaux auxquels Le bark beetle (Dendroctonus ponderosae) fait des nous faisons face sont d’ordre mondial et touchent ravages dans plusieurs parties de l’Autriche. Ce petit l’entièreté des humains, tous les programmes descolyte d’à peine quelques millimètres profite des chanvraient en aborder les principaux aspects (changegements climatiques pour monter en altitude et faire ment climatique, déforestation, etc.). du dégât à des endroits où il n’avait jamais été obser- • Un problème d’interactions entre les différentes vé auparavant. Il s’attaque généralement aux individus universités et les liens baccalauréat/maîtrise, que d’épinette de Norvège affaiblis, qu’il tue en construisant j’ai interprété, entre autre, comme un problème de des galeries sous l’écorce, empêchant ainsi la sève de compétition entre les universités, plutôt qu’une coocirculer. Le bois infecté est souvent coupé et laissé en pération. forêt, avec du poison épandu sur l’écorce. Lorsque les • Tous s’entendent pour un besoin de plus en plus scolytes émergent et mangent l’écorce pour se nourrir, grand de cours portant sur l’aspect social de la foils meurent empoisonnés. L’écorçage en forêt des arbres resterie. infectés est aussi pratiqué pour limiter l’expansion des • Nos programmes d’études respectifs nous forment populations. Le bois infecté peut être utilisé pour le selon les besoins de l’industrie forestière de notre sciage, si aucune coloration de champignons n’est prépays et du mode de gestion de nos gouvernements sente. respectifs. C’est terriblement spécifique. Tous ont mentionné le manque de cours sur la foresterie internationale; sur la sylviculture, les enjeux sociaux et les modes de gestion des forêts dans les pays étrangers. La foresterie a cruellement besoin d’élargir sa vision d’elle-même et de remettre en question ce qu’elle enseigne par tradition et spécificités économiques et industrielles. Bark Beetle (Dendroctonus ponderosae Selon Mike Wingfield, le président de l’IUFRO (International Union of Forest Research Organizations), le principal enjeu pour la foresterie autrichienne dans les années à venir est la progression d’une maladie s’attaquant aux frênes et ayant été introduite par le commerce international. Il s’agit de l’Ash Dieabak disease, causé par le champignon Hymenoscyphus pseudoalbidus. Cela vous rappelle-t-il une problématique québécoise ? Décidemment, ce ne sont vraiment pas de bonnes années pour les frênes, au Québec comme ailleurs. Vision de la foresterie par des étudiants forestiers du monde entier Mon coup de cœur du voyage réside dans l’atelier mené par l’IUFRO concernant l’éducation forestière. Les participants de l’IFSS ont été séparés en groupes et ont discuté des points faibles de l’éducation forestière. Pouvez-vous imaginer quel genre d’échange peut se produire lorsque 120 étudiants en provenance de 31 pays différents partagent leur point de vue sur leur domaine d’études ? Ce fut culturellement très intéressant. Voici les conclusions principales : • Un manque de cours sur les sciences naturelles et de l’environnement dans les disciplines autres que naturelles (sciences humaines, génie, médecine, etc.). Vol. 6 n°1

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IFSA (International Forestry Student Association) Je vais conclure sur un petit rappel qu’il est toujours possible de s’impliquer au sein de notre comité IFSA. Le prochain symposium aura lieu en Afrique du Sud au courant du mois de juillet 2017 ; nous aurons l’opportunité d’y envoyer de 1 à 4 étudiants de l’Université Laval. Écrivez-nous ou venez me voir pour plus d’informations! D’autres évènements internationaux au calendrier : Le GLF – Global Landscape Forum (16 novembre à Marrakech) et le United Nations Convention on Biological Diversity (UNCBD) (4 au 17 novembre à Cancun). En tant que membre AÉFEEUL et donc IFSA, vous avez l’opportunité d’y assister en tant que délégué IFSA. Il y a des possibilités de financement pour vous aider à amortir les coûts. Informez-vous !

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Le secret de l’IDULation

Par JUVIR2, étudiant en aménagement et environnement forestiers Depuis la nuit des temps, l’humain cherche à se définir individuellement tout en affirmant sa place au sein des organisations dont il fait partie. Tout comme le mot doré fut inventé afin de décrire le scintillement de l’écorce d’un bouleau jaune (BOJ) réveillé par le soleil, l’IDUL fut créé pour servir de pont entre l’identité des étudiants et la communauté informatique de l’Université Laval. Afin de répondre aux questions soulevées incessamment par ce code unique, cet article vise à dévoiler les différentes règles qui régissent sa création et ainsi de guider les aveugles sur le chemin de la vérité. Par un bel après-midi d’automne, au lieu de faire notre travail de sylviculture, Magag958 et moi partîmes chercher des réponses aux questions IDULatoires qui hantaient notre esprit. Nous avions alors déjà déterminé avec certitude quelques normes modulant l’IDUL. Il est d’usage commun de savoir que ce code est formé de cinq lettres, deux provenant des premières lettres du ou des prénoms et trois lettres empruntées aux noms de famille. Les observations empiriques montrent également que les trois dernières lettres de l’IDUL sont tirées soit du début d’un nom de famille unique ou à raisons de deux pour le premier nom et jamais plus d’une pour le second nom. La présence d’un troisième nom de famille n’est pas considérée. Un nom unique trop court ou un premier nom de famille abrégé à une lettre durant l’inscription entraîne l’apparition d’un zéro comme cinquième caractère afin de remplacer la dernière lettre. Les chiffres suivant les cinq premiers caractères de l’IDUL représentent le nombre d’IDUL identiques déjà existant. Les sondages effectués ont également relevés certaines anomalies comme la possibilité d’avoir deux IDUL pour une même personne. La seule théorie valable, à ce jour, pour expliquer ce phénomène serait la création d’un deuxième identifiant pour les employés de l’université.

Les règles simples et connues planant dans notre tête, mon compatriote et moi allèrent quérir de plus amples informations au Bureau du Registraire. Nous fûmes reçus avec stupéfaction et politesse et redirigés vers la Direction des Technologies de l’Information (DTI), un bureau mystérieux situé dans les entrailles du Casault. Après avoir suivi des indications nébuleuses afin de trouver ce local qui venait tout juste de migrer, nous entrâmes enfin dans l’antre des maîtres de l’IDUL. Nous trouvâmes deux hommes sérieux et désinvoltes, très enclins à répondre à nos questions. Nous apprîmes alors d’autres modalités IDULatoires importantes. Tout d’abord, le code sacré de l’IDUL est uni à l’individu pour l’éternité. Il est toutefois possible de le faire modifier par les créateurs de l’IDUL si par exemple, on le trouve trop vulgaire. Par ailleurs, les IDULs sont généralement créés à partir d’un script. Cependant, il arrive parfois qu’ils soient entrés manuellement par les maîtres lorsqu’il y a eu inversion entre les noms et prénoms lors de l’inscription dans la base de données ou que les noms soient peu communs ou complexes. La plus grande réponse qui nous fût accordée est celle de la modification de l’IDUL après la création de la millième répétition. La limite de l’IDUL étant de huit caractères, les plus communs pouvaient dépasser la barre du 999 et briser la conception même du code. Nous apprîmes avec soulagement que tel n’était pas le cas. Les IDUL surpeuplés subissent l’amputation de leur cinquième et dernière lettre et son remplacement par un zéro puis d’une réinitialisation du décompte par numéro. L’esprit en paix et l’âme unis avec l’entier IDULatoire, nous repartîmes finir notre besogne et les soulager de leur fardeau plus lourd que l’ostryer nos équipiers sylviculteurs. Depuis ce temps, il est généralement admis que l’IDUL le plus commun est magag (et maga0) et que les mystères entourant la création de ce code sont entièrement élucidés. Chacun de nous pourra alors mieux se concentrer à nouveau sur chaque chose unique qui forme le Tout et les liens indispensables qui les unissent.

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L’homme, la forêt et la perfection

Par Élise Bouchard, étudiante en aménagement et environnement forestiers Être parfait(e), c’est avoir « toutes les qualités qu’on attend de lui (ou elle) » selon le dictionnaire Larousse. La job d’un ingénieur forestier, c’est donc de créer des forêts « parfaites », c’est-à-dire, des forêts qui possèdent les attributs qu’on attend d’elles.

taire, dont l’érablière est dépérissante, qui ne tient pas à faire de production acéricole et qui est dans l’impossibilité d’aménager sa forêt autrement que par coupe de jardinage de faible intensité, en raison du statut d’érablière en place.

Comment choisir cet idéal, ces attributs recherchés? Voilà une étape forte intéressante, laissant place à une latitude et une subjectivité propre à chaque l’individu. Étrangement, ceux qui m’ont appris le plus sur la perfection d’une forêt ne sont pas nécessairement des ingénieurs forestiers, mais plutôt des propriétaires avec qui j’ai eu la chance de marcher dans leur boisé et qui m’ont partagé cette vision de leur forêt idéale, en des lieux qu’ils connaissent mieux que quiconque. Chaque vision est différente, bien que souvent, les lignes directrices soient semblables. On peut y voir une teinte de culture, de société et d’éducation ; de belles études anthropologiques en perspective.

À l’inverse, je me promène en tracteur avec un propriétaire qui a des étoiles dans les yeux en me parlant de sa cabane à sucre. Je suis sur place pour faire le suivi d’une plantation d’épinettes blanches, mais ce n’est pas grave; il veut m’amener voir l’érablière. Après quelques minutes à rouler, je finis par lui demander : où sont vos érables entaillés? « Tout autour, on roule dedans depuis tout à l’heure » me dit-il. Aucun érable à sucre à l’horizon, des érables rouges en quantité impressionnante, presqu’en monoculture. Les mal-aimés deviennent tout à coup Au Centre-du-Québec, l’érable rouge pousse « comme des vedettes, et j’ai à mes côtés un propriétaire aux anges de la mauvaise herbe », pour citer un ingénieur fores- qui fait du bon sirop d’érable rouge. tier du coin. Pour obtenir une subvention de traitements commerciaux, il faut suivre à la lettre des normes Je vous laisse tirer la conclusion que vous voulez de cette restrictives aux érablières, qu’elles soient rouges ou à histoire. sucre, qui ne permettent pas d’aménagement intensif. C’est donc une espèce mal-aimée, souvent dépérissante En terminant, laissez-moi vous partager un brin de ma et impossible à aménager intensivement en raison des vision de la perfection. Je dois avouer que les plantations de conifères, qui sont bien plus imposantes que celles normes en vigueur. de feuillus, dans une région où le feuillu devrait domiL’érable à sucre, quant à lui, est une espèce vedette. On ner, me font un peu mal au cœur. Une bande riveraine l’aime et le chérit, on ne le martèle pas si par hasard, on d’épinettes blanches en terres agricoles cultivées, ça me a le bonheur de tomber sur un individu dans un peu- dérange. Les feuillus, avec leurs racines profondes, font plement à traiter, même s’il est de piètre qualité. Les un bien meilleur travail pour le maintien des berges et mêmes normes que pour l’érable rouge s’appliquent ; pas la diminution du lessivage que les épinettes aux racines d’aménagement intensif, peu importe s’il y a du dépé- superficielles, sans parler de la perte de biodiversité rissement ou non. En général, la notoriété culturelle de associée à ces monocultures. Il faut mentionner que le l’érable à sucre est bien implantée chez les propriétaires. Centre-du-Québec possède certaines des terres les plus La plupart sont désireux de trouver la dite l’essence, fertiles de la province ; de l’argile bien structurée, des vers de terre à la tonne, etc. mais pas tous : « Si les érables à sucre pouvaient tous mourir, je serais Donc, des monocultures de conifères, vraiment? Est-ce bien content! Je laisse les hêtres pousser en espérant la meilleure utilisation du potentiel de ces sites? qu’ils étouffent les semis d’érable » me dit un propriéVol. 6 n°1

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Toutefois, j’admets que cultiver des feuillus, c’est l’enfer. Chevreuils, lièvres, mulots, herbacées, compétition ligneuse, taille de formation, élagage ; c’est compliqué. On les enferme dans des filets, qui sont maintenus par des bâtons, le pied enveloppé dans une spirale de plastique, qui sort d’un trou de paillis ; ils ont l’air d’estropiés de guerre en convalescence (Photo). Tout cet attirail les aide à surmonter l’adversité du milieu, tout en leur nuisant. Les filets contre les chevreuils, par exemple, les empêchent de développer des branches latérales qui

leur procuraient un avantage compétitif pour la lumière dans un milieu où ils en ont cruellement besoin. Bref, choisir les résineux, c’est choisir la facilité (bien que rien ne soit jamais tout à fait facile en foresterie). Un choix à l’image de la société de 2016, où le temps et l’argent sont des ressources limitées. Des idées pour les feuillus? Une vision de la perfection à partager? Venez m’en parler.

Exemple de feuillu dans un protecteur

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Aux arbres

Introduction par Mathieu Gagnon, étudiant en aménagement et environnement forestiers Poème par Victor Hugo Illustration et commentaire associé par Camille Proulx Jonh Fowles écrivait « We all write poems; it is simply that poets are the ones who write in words ». En période d’indigestion académique, difficile de se remémorer le romantisme sylvestre. Ainsi, à défaut de créer ses propres vers, voici ceux d’Hugo pour attiser cette nostalgie. Aux arbres Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme! Au gré des envieux, la foule loue et blâme ; Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent, Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant. Vous le savez, la pierre où court un scarabée, Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée, Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour. La contemplation m’emplit le cœur d’amour. Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure, Avec ces mots que dit l’esprit à la nature, Questionner tout bas vos rameaux palpitants, Et du même regard poursuivre en même temps, Pensif, le front baissé, l’œil dans l’herbe profonde, L’étude d’un atome et l’étude du monde. Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu, Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu! Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches, Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches, Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux, Vous savez que je suis calme et pur comme vous.

Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance, Et je suis plein d’oubli comme vous de silence! La haine sur mon nom répand en vain son fiel ; Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! – J’ai chassé loin de moi toute pensée amère, Et mon cœur est encor tel que le fit ma mère! Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours, Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds, Ravins où l’on entend filtrer les sources vives, Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives! Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois, Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois, Dans votre solitude où je rentre en moi-même, Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime! Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît, Arbres religieux, chênes, mousses, forêt, Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère, C’est sous votre branchage auguste et solitaire, Que je veux abriter mon sépulcre ignoré, Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

Composition inspirée par le Groupe des Sept, collectif de peintres canadiens formé en 1920. Leurs tableaux aux couleurs vives contrastent toutefois avec ce que je vous propose ici. J'affectionne particulièrement leur art d'autant plus qu'ils représentent souvent la forêt boréale.

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Nouvelles du Kiwi

Par Benoît Trépanier, étudiant en aménagement et environnement forestiers Durant la dernière session, j’ai communiqué avec notre ancien Doyen, M. Robert Beauregard, pour essayer de trouver une opportunité d’emploi en Nouvelle-Zélande à la fin de mes études. Avec ce rêve en tête, je restais patient et je ne me faisais pas trop d’attentes. Quelques semaines plus tard, à ma grande surprise, un employé de Scion, un institut de recherche en foresterie à Rotorua, me répondit qu’il m’offrait plutôt un stage durant l’été québécois. Ainsi, il me restait un peu plus d’un mois pour me préparer à partir. Billets d’avion, visa, résidence, assurances, transport, etc. Tout devait être prêt avant mon départ! Après quelques formulaires remplis à la dernière minute et un certain stress, j’avoue, j’étais fin prêt à partir à l’aventure! Je partais faire un stage de je ne sais pas trop combien de temps, à faire je ne sais pas trop quoi, je ne sais pas trop où et… avec que des inconnus… ça m’excitait beaucoup!

Un peu plus tard je reçu une autre réponse d’une personne qui me dit simplement de se référer à son profil. En le lisant, je me rends compte que c’est un homme célibataire de 57 ans qui n’accepte que des voyageuses. Il peut en héberger jusqu’à 13 en même temps. Ça semble bizarre, mais en regardant son profil, 97 bons commentaires sur 98 personnes, bonne moyenne! Donc, mon premier contact, Benoit, me donne son adresse pour que j’aille le rejoindre chez lui. Il habitait en banlieue d’Auckland, je visitai donc la ville un peu avant de me diriger chez lui.

Je me suis dirigé dans un parc près de l’université. Je m’assis et je lis tranquillement. Après 30 à 45 minutes, il y eut une forte odeur de marijuana. Je me dis que c’est normal dans un parc, mais en regardant autour de moi, je me rendis compte que pratiquement tout le monde fumait du pot…je devins curieux. Je décidai alors de me promener aux alentours et je me rendis compte qu’il y avait un rassemblement pour la légalisation de la mariLe stage se déroule à Rotorua, une ville centrale sur l’Île juana dans le parc. Une centaine de personnes célébrant du Nord. Localisation parfaite pour visiter cette der- le chanvre par sa consommation accompagnée de munière. C’est ainsi que j’atterris à Auckland, la capitale, sique reggae. un samedi matin du mois de mai de l’automne NéoZélandais. Je prévoyais rester jusqu’au lundi matin à Après cette longue journée, qui s’est commencée le Auckland, l’ami d’une de mes amies devait m’héberger jeudi à 14h à Montréal et pour se terminer le samedi pour mes 2 premiers jours dans ce pays. Durant mon à Auckland, je décidai de me diriger vers la maison escale j’appris que mon hôte ne pouvait plus m’héberger de mon hôte où je passerais les deux prochains jours. pour quelconque raison… je me tournai alors vers le J’arrive enfin chez Benoit, un homme d’environ 60 ans, Couchsurfing et, sans m’attarder à lire les profils, j’en- américain d’origine qui dit avoir quitté les États-Unis voyai plusieurs demandes. Je rembarquai dans l’avion pour vivre un mode de vie plus paisible et agréable que en espérant avoir une réponse positive en atterrissant la Nouvelle-Zélande a à offrir. Il vivait seul dans une en Nouvelle-Zélande. Arrivé sur place, j’ai la surprise vieille maison de style « hippie ». Très accueillant et chad’avoir reçu plusieurs réponses positives. La première leureux…il y avait un souper de prêt pour moi quand je que je lu, parfaite, l’hôte s’appelle Benoit, me fait des gags suis arrivé. Il y avait deux autres couchsurfers en même sur nos prénoms communs, ça clique tout de suite, je dis temps que moi dans la maison, deux Allemandes qui oui! Je me donnai quand même le devoir de répondre avaient passé la dernière année à travailler en Australie aux autres hôtes par politesse. Le deuxième hôte m’ap- et prévoyaient travailler une année supplémentaire en pris dans son message d’invitation qu’il était nudiste et Nouvelle-Zélande. Nous avons eu des discussions intéque si j’acceptais son invitation je devrais me plier aux ressantes durant le souper; soirée tranquille et agréable. règlements du nudisme. Première réaction, je fus un Après le souper, mon hôte Benoit alla se coucher. Je peu surpris, je ne sais pas qu’est-ce que j’aurais répondu restai avec les deux allemandes. À ce moment-là, j’étais si je n’avais pas déjà répondu à Benoit…je ne connais crevé, il était 21h, je n’étais plus capable de me tenir depas trop les règles du nudisme, est-ce qu’il faut être nu bout. Les deux allemandes vouaient écouter un film sur dès l’arrivée? M’ouvrira-t-il la porte déjà nu? Mais bon, la télévision du salon. Une des deux essaya de brancher j’avais déjà répondu positivement à Benoit. un ordinateur, sans succès; elle commença à perdre patience. En parlant à moitié en allemand, à moitié en an- 20 -

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glais, elle sacra après la « FUC… » TV tout en disant que la télévision est d’une marque juive. Moi, j’étais pratiquement endormi quand j’entendis l’allemande maudire les Juifs qui ont fabriqué cette télévision… elle blâmait toute un peuple, parce que le câble HDMI ne fonctionnait pas. Je pensais qu’il y avait une loi non écrite qui empêchait les allemands de parler comme ça des juifs! Elles n’ont finalement pas réussi à faire quoi que ce soit avec la télévision, ce qui m’a permis de dormir paisiblement.

tifiques qui seraient intéressés eux aussi à avoir des stagiaires, donc pleins d’opportunités! Pour plus de détails sur mon expérience, n’hésitez pas à venir m’en parler en personne ou venir à ma présentation qui aura lieu dans les prochaines semaines. Et voilà, j’étais maintenant tranquille sur mon «couch», première nuit en Nouvelle-Zélande, début d’un périple de 4 mois sur la Terre du long nuage blanc, Aotearoa! Périple qui s’annonçait déjà très intéressant.

Le stage que j’ai fait devrait être de nouveau disponible pour l’année prochaine. De plus, j’ai rencontré des scientifiques qui seraient intéressés eux aussi à avoir des stagiaires, donc pleins d’opportunités! Pour plus de détails sur mon expérience, n’hésitez pas à venir m’en parler en Le stage que j’ai fait devrait être de nouveau disponible personne ou venir à ma présentation qui aura lieu dans pour l’année prochaine. De plus, j’ai rencontré des scien- les prochaines semaines.

Images : Benoit Trépanier

Et voilà, j’étais maintenant tranquille sur mon « couch », première nuit en Nouvelle-Zélande, début d’un périple de 4 mois sur la Terre du long nuage blanc, Aotearoa! Périple qui s’annonçait déjà très intéressant.

Nouvelles du P’tit CAAF Dans une optique de réduction des déchets, le P’tit CAAF vous encourage à privilégier l’utilisation de tasses réutilisables et à diminuer votre consommation de verres et couvercles à usage unique. Pour vous soutenir dans cette démarche, des tasses en céramique sont mises à votre disposition. De plus, si vous souhaitez vous procurer votre propre contenant, sachez que des tasses réutilisables de la Coop des cafés sont disponibles au comptoir du P’tit CAAF au coût de 5$. Au P’tit CAAF, nous croyons que chaque petit geste peut faire la différence. Joignez-vous au mouvement!

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Nouvel allié en sciences du sol – Les Mycorhizes Par Maxime Fisert, étudiant au Bacc. Multi. Géographie, Science Politique, pr. Dev. Durable Je n’aime pas les champignons sur la pizza. Je n’ai rien contre leur existence ou leur goût en général, mais leur texture me répugne au plus haut point. Ce n’est pas leur faute, mais je ne les aime pas. Aussi étais-je peut-être prédisposé à l’étonnement lorsqu’un article dans Québec Science juin-juillet 2016 me fit réaliser l’importance des champignons dans la rhizosphère (rhizo(racine) + sphère (au sens géologique) = partie supérieure du sol où se concentre l’activité des racines, généralement dans leur environnement immédiat ou potentiel). Et les sols, je les adore. Il n’en fallut pas davantage pour me faire aimer les champignons…d’un amour très platonique dirai-je, mon alimentation leur demeurant éternellement close.

vironnementaux, ainsi que de profondes modifications de la composition biochimique. »1 L’une des plus intéressantes propriétés des mycorhizes est de pouvoir suppléer aux engrais phosphatés (superphosphates) aux effets environnementaux désastreux. En effet, certaines mycorhizes reconnaissent l’apatite, roche riche en phosphore et en potassium et s’y attachent, favorisant le développement de bactéries capables de rendre biodisponibles les minéraux contenus dans la roche naturelle. Le phosphore et le potassium (deux des trois éléments principaux des engrais) sont donc absorbés par le mycélium du champignon et ensuite mis à disposition de la plante sous une forme biodisponible et résistante au lessivage des sols.

Certaines espèces telles que la carotte, dans un sol à teneur normale en phosphore (100ppm), sont dépenLes champignons dont il est question ici sont les myco- dantes à 99.2% des mycorhizes. Ça revient à dire qu’il rhizes. Non pas qu’elles soient les seules représentantes est impossible de les faire pousser sans mycorhizes, à du règne fungi sous nos pieds, loin s’en faut, mais elles moins d’extrêmement enrichir le sol en phosphore. sont le sujet d’un livre dont j’ai pu faire la lecture entre la session d’été et la session d’automne : « Les mycorhizes En plus, les mycorhizes sont compatibles avec la pré– L’essor de la nouvelle révolution verte » de J. André sence de la bactérie rhizobium, symbiote des légumiFortin et al. aux éditions MultiMondes. C’est un livre neuses, et qui permet à ces dernières de fixer l’azote qui redonne un peu fois en l’avenir pour ceux et celles dans le sol. En combinant donc biodisponibilisation du qui s’intéressent de près à l’environnement. P et du K à la fixation du N, on obtient dans le sol des N, P, K biodisponibles, ce qui correspond quasiment Les mycorhizes sont des champignons formant une parfaitement à la fonction des engrais chimiques NPK association symbiotique mutualiste avec les racines de modernes. Les microorganismes susmentionnés pourla plupart des plantes. La symbiose étant la relation raient donc remplacer les engrais en agriculture. L’entreentre vivants la plus efficace, il n’est guère surprenant prise PremierTech, dans le Bas-Saint-Laurent, est d’ailque cette dernière apporte beaucoup aux plantes, mais leurs un pionnier mondial dans ce domaine. jusqu’à tout récemment, on en faisait peu de cas, si bien que la vaste majorité du savoir botanique n’en tient D’ailleurs, en plus de ce côté fort prometteur pour l’agripresque pas compte. C’est aussi vrai en environnement culture durable, les mycorhizes augmentent considéraet en foresterie, quoique la donne soit appelée à changer blement la surface capable d’absorber l’eau dans le sol rapidement. C’est d’ailleurs le but de cet article. (surface extraradicale). Un exemple tiré directement du livre est qu’un mètre carré de sol de prairie on trouve Cette relation mutualiste englobe sept catégories de une surface racinaire de 9m², pour une surface de mycéfonctions bénéfiques pour les plantes : « l’absorption des lium arbusculaire de 90m². Toute cette surface absorbe éléments minéraux, l’absorption de l’eau, les activités l’eau et la rend plus disponible pour les plantes. hormonales, l’agrégation des sols, la protection contre les organismes pathogènes et la résistance aux stress en- Les mycorhizes sont également intéressantes en foreste1

J. André Fortin et al. « Les mycorhizes – L’essor de la nouvelle révolution verte », nouvelle édition, 2015, éditions MultiMondes, P. 39 - 22 -

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rie et en environnement.

exemple après un incendie de forêt.

En foresterie, en plus de remplir les 7 fonctions principales qu’on leur accorde (voir ci-dessus), elles permettent de prévenir la déficience en fer en sol calcaire, par exemple pour le pin d’Alep. Elles favorisent aussi certaines plantes en milieu aride et peuvent être employées pour cultiver certaines essences hors de leur milieu naturel, tel que le sapin Douglas en France. Leur prise en compte lors de la planification forestière (mais aussi agricole) me semble d’ailleurs incontournable, désormais, afin de ne pas troubler la relation mutualiste qui existe entre les mycorhizes et leurs hôtes. Enfin, l’implantation en zone forestière de certaines mycorhizes permettrait l’établissement de la filière mycotouristique ou mycoagricole, par exemple dans la production de matsutake ou de truffe, deux champignons à haute valeur commerciale. La morille de feu, toutefois, n’est pas un champignon mycorhizien, mais un organisme rhizonécrophage, qui se nourrit des racines mortes, par

Enfin, en environnement, l’intégration des mycorhizes dans la préservation de la biodiversité me semble devenue également incontournable. S’il faut absolument des raisons pour convaincre les environnementalistes lisant ceci, nommons simplement ces dernières : les mycorhizes peuvent aider à réduire l’emploi d’engrais et leur impact sur les cours d’eau, aident à la séquestration du carbone, à la revitalisation de sites après de gros travaux (exemple Manic 5) et à la détoxification de sites contaminés. Certaines mycorhizes (Laccaria Bicolor) pourraient même nettoyer les sites contaminés par le pétrole. C’est très prometteur! On pourrait également s’en servir pour la production d’énergie issue de la biomasse.

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J’espère avoir réussi à vous convaincre de l’importance de ces minuscules alliés. Je vous suggère fortement de lire le livre de J. André Fortin, qui est disponible à la Coop Zone.

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Formation en ligne gratuite sur le Québec nordique

Par Maxime Fisert, étudiant au Bacc. Multi. Géographie, Science Politique, pr. Dev. Durable Le Jaseur Boréal désire vous informer de la tenue, à partir du 13 février 2017, d’un MOOC nommé « Le Québec Nordique : enjeux, espaces et cultures ». Offert en ligne par l’Université Laval (à l’initiative de l’Institut Nordique du Québec) il fait partie d’une série de MOOCs qui a débutée en 2014 et qui se poursuivra, espérons-le, encore plusieurs années. Un MOOC? Il s’agit d’un Massive Open Online Course (Formation en ligne, ouverte à de nombreux-ses participant-es), soit une « formation à distance gratuite, non-créditée et ouverte à tous sur Internet » (http://www2.ulaval.ca/ les-etudes/mooc-formation-en-ligne-ouverte-a-tous/ foire-aux-questions.html) . Un MOOC est donc accessible à toute personne intéressée à parfaire ses connaissances, indépendamment de sa formation préalable ou de son domaine professionnel, tout en abattant en plus les barrières économiques et géographiques parfois liées

à l’éducation supérieure. Le MOOC dont il est question « propose une introduction aux enjeux sociopolitiques du Nord du Québec, territoire ancestral de plusieurs nations autochtones ». Il est divisé en sept semaines, de trois heures de travail chacune, et dont les thèmes traitent des populations du Nord québécois, de ses territoires et ressources, de sa gouvernance, de son économie et de son développement. Il sera supervisé par le professeur Thierry Rodon, du Département de Science Politique de l’Université Laval. Pour en savoir plus sur les MOOCs offerts à l’Université Laval, ou même pour vous y inscrire, consultez la page suivante : http://www2.ulaval.ca/les-etudes/mooc-formation-enligne-ouverte-a-tous.html

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La main dans le sac

Par le Comité développement durable de l’AÉFEUL Dès son jeune âge, l’être humain apprend à faire passer des cubes dans les trous carrés et les sphères dans les trous ronds. On aurait tendance à croire que la notion de tri est bien acquise vers 20 ans et plus. Que n’est ni! Le 14 septembre 2016, le comité de développement durable de la faculté a vidé vos poubelles afin de savoir si les universitaires savaient trier leurs déchets. Nous avons comptabilisé les erreurs de tri pour chaque type de poubelle (Compost, Recyclage et Déchet). Voici les résultats : Les poubelles étaient remplies au 1/8. Au total, 51 items ont été mal triés. Dans le compost nous avons trouvé 4 items déchet et 2 items recyclage. Dans le recyclage nous avons trouvé 2 items déchet. Dans les déchets nous avons trouvé 15 items recyclage et 28 items compost. Les poubelles étaient pleines au 1/8; le peu de déchets mal triés pourrait ainsi s’expliquer par le fait que les poubelles n’étaient pas très pleines.

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Nous avons remarqué quelques erreurs fréquentes : • Les contenants recyclables ne sont pas lavés avant d’être triés! (N’oubliez pas de les rincer avant de les trier); • Des contenants recyclables se retrouvent souvent à la poubelle; à la ville de Québec, les contenants numérotés de 1 à 7 sont recyclables.; • Les serviettes de papier (napkins) ainsi que les papiers et cartons souillés sont compostables! En conclusion, la faculté n’est pas si mauvaise, mais les notions élémentaires méritent d’être révisées. Nous répéterons cet exercice plusieurs fois au courant de la session pour vérifier si la faculté s’améliorera!

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Retour sur le Festival Forestier à Saint Raymond Par Sébastien Debar et Marius Legendre, étudiants en aménagement et environnement forestiers Tu faisais quoi les 23, 24 et 25 septembre dernier ? Un peu de hiking entouré des couleurs automnales ? Peutêtre à la chasse ou simplement chez vous ? Nous on était au festival forestier de La Grosse Bûche à St Raymond. Et oui, une vingtaine d’étudiants motivés se sont relayés toute la fin de semaine, pour animer divers kiosques dont un stand sur la forêt, autant internationale que québécoise. Celui-ci a piqué la curiosité des petits et des grands. Nous étions juste à côté de l’Établi, l’ébénisterie du campus. Parmi les kiosques, on retrouvait entre autres la Coopérative de la Vallée du Bras du Nord, le Cégep de Sainte-Foy, l’Association Forestière des deux Rives, Roquemont Microbrasserie, des sculpteurs sur bois et un forgeron. De l’autre côté du site, un bon nombre d’étudiants (dont beaucoup de l’IFSA) occupaient un emplacement stratégique pour la tenue d’une cantine. Au menu : hotdogs et autres plats culinaires typiques de ce genre d’évènements. La boucane sortait du stand le samedi après-midi, période de gros rush, grâce au talent des cuisiniers. L’objectif était de remplir les estomacs vides suite aux épreuves. Épreuves vous dites ? Oui mesdames et messieurs on parle ici de jeux forestiers. Les compétitions ont débuté par un concours d’élagage à la scie mécanique, opposant deux étudiants de la Faculté de Foresterie. Malgré un contre temps (une chaîne qui décide de débarquer), les deux participants ont offert un duel intense. Par la suite, deux équipes

dont une de la Faculté de Foresterie se sont affrontées sans relâche dans les différentes épreuves : souc à la corde, cordage décordage, fendage de précision, lancé de pitoune, sciotte et godendard. La dernière épreuve a eu son lot de surprises, avec des sciages qui n’en finissaient plus et des poignées de scie qui ont virevoltées. De l’équipement forestier était sur place tel qu’une scierie mobile, un processeur à bois de chauffage, une abatteuse, des tracteurs et des remorques forestières. Pour assurer la bonne humeur, un bon nombre de chansonniers étaient présent durant toute la fin de semaine et un show musical a enflammé le samedi soir. Sur scène, les Pas Sortables, les Tieurs d’Roches, et Pépé et sa guitare. Enfin, après une « longue et reposante » nuit au refuge des draveurs dans la Vallée du Bras du Nord, l’équipe était de retour le dimanche, avec certes un tantinet moins d’énergie mais toujours le sourire au milieu du visage. Bref, après trois jours intenses et merveilleux, nous voulions remercier l’ensemble des étudiants ayant participé aux activités et à la réalisation de ce projet. Nous remercions tout particulièrement Anne Bernard pour nous avoir permis de découvrir et de s’impliquer dans ce beau festival qu’est le Festival Forestier La Grosse Bûche de St Raymond.

Présentation de l’AÉFEUL, votre asso étudiante L’Association des Étudiants en Foresterie de l’Université Laval (AÉFEUL) votre l’association étudiante de premier cycle. Elle représente quatre baccalauréats, soit ceux d’aménagement et environnement forestiers, d’opérations forestières, d’environnements naturels et aménagés et de génie du bois. Ses principales tâches sont de représenter les étudiants membres sur les différentes instances et comités, d’organiser des évènements pour le plaisir et l’intérêt de ses membres, de rendre des services à ses membres et d’appuyer ses sous-comités. Ces derniers sont l’IFSA (International Forestry Student Association) et la SSF (semaine des sciences forestières). Le comité exécutif est constitué d’étudiants bénévoles ayant chacun un poste déterminé et des tâches définies. À noter, nous sommes en ce moment à la recherche d’un vice-président aux affaires externes pour compléter ce comité. Sa tâche est de représenter les intérêts, idées et positions politiques des membres de l’association au caucus de la CADEUL. Il est également en charge de faire le lien entre l’association et les entités externes à la faculté, ce qui est part ailleurs un excellent moyen de se faire un excellent moyen de se faire un réseau de contacts. Pour toute candidature, questions ou autres, adressez-vous à l’association étudiante ou à un des membres du comité exécutif. (aefeul@asso.ulaval.ca ) Merci et bonne session! - 26 -

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Bibliographie Dans le but d’alléger les articles, notez que toutes les références sont maintenant réunies et présentées dans une même page. Carboneutralité et gaz à effets de serre : le pouvoir de la bioénergie Egnell, G., Paré, D., Thiffault, E. et Lamers, P. 2016. Environmental Sustainability Aspects of Forest Biomass Mobilisation. Dans : Thiffault, E., Berndes, G., Junginger, M., Smith, C.T. (éditeurs) Mobilisation of Forest Bioenergy in the Boreal and Temperate Biomes: Challenges, Opportunities and Case Studies, Academic Press, Elsevier. 266 p. Serra, R. Thiffault, E. et J. Laganière 2016. Le bilan de carbone du chauffage local à la biomasse forestière: le cas des coopératives forestières du Québec. 64 p. Thiffault, E., St-Laurent Samuel, A. et Serra, R. 2015. La récolte de biomasse forestière : saines pratiques et enjeux écologiques dans la forêt boréale canadienne. RNCan, SCF, Centre de foresterie des Laurentides, Québec (Québec); Nature Québec; Fédération québécoise des coopératives forestières. 87 p. Disponible en ligne à http://cfs.nrcan.gc.ca/pubwarehouse/pdfs/36067.pdf Acériculture : 5 millions d’entailles supplémentaires s. a. s. d. 5 millions de nouvelles entailles pour 2017. Juin 2016. FPAQ. Disponible à http://fpaq.ca/producteurs/informations-pratiques/nouveau-contingent/ Busque, G., Dionne, F. et A. Rivet. 7 juin 2016. Régie des marchés agricole et alimentaire du Québec (RMAAQ). Disponible à http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/fileadmin/DocuCentre/Decision/2016/10874.pdf Gagné, F. 2015. Rapport Gagné : Pour une industrie acéricole forte et compétitive [en ligne]. Disponible à http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/RapportErableFINAL.pdf Gagné, Pierre-Yvon. La Terre de Chez Nous. 7 septembre 2016. 1er tirage au sort le 7 octobre. Info-Sirop. Septembre 2016. Bulletin d’information de la FPAQ. Vol. 3, No 3. Nouvel allié en sciences du sol – Les Mycorhizes Fortin, J. André et al. 2015. Les mycorhizes – L’essor de la nouvelle révolution verte, éditions MultiMondes. Leblanc, J. Passionné de spores. Québec Science Juin-Juillet 2016, p.22-24 Aux arbres Hugo, Victor. 1843. Aux arbres. Plusieurs œuvres.

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Jeux amusants Mon premier signifie « deux fois » Mon deuxième est un liquide incolore Mon troisième est du verbe dire Mon quatrième est un lombric Mon cinquième est un synonyme de ville Mon tout est la variété de la vie sous toutes ses formes! Mon premier est la 16e lettre de l’alphabet Mon deuxième désigne les mamelles de la vache Mon troisième est un abri pour les oiseaux Mon quatrième est synonyme d’époque Mon tout est un endroit où l’on produit des arbres Mon premier qualifie un homme costaud et robuste Mon deuxième est le point cardinal opposé à l’ouest Mon troisième est un pronom personnel Mon quatrième est la céréale préférée des Chinois Mon tout est l’ensemble des activités d’aménagement de la forêt

Mon premier est une note de musique Mon deuxième est entre le « f » et le « h » Mon troisième est une partie du visage Mon quatrième est le symbole chimique du radium Mon cinquième peut couper du bois Mon sixième est un pronom personnel indéfini Mon tout est le renouvellement naturel d’un peuplement forestier Mon premier est la répétition d’un son réfléchi par un obstacle Mon deuxième est la somme de 3 plus 3 Mon troisième est le sujet que l’on traite Mon tout est un système de vie

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Source : http://pleinderessources.gouv.qc.ca/media/Carnet_activites_MAF2011.pdf

Les journées raccourcissent, le froid s’installe et la tâche de l’étudiant s’alourdit tranquillement mais sûrement. La déprime saisonnière guette. Mais rassurez-vous! Le Jaseur Boréal pense à vous et vous offre un répit par le jeu.

Le Jaseur Boréal - Vol. 6 No.1 - Octobre 2016  

Le journal des étudiants en foresterie, en géographie et en environnement de l'Université Laval

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