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La Principauté Le premier journal d’actualité de Monaco

Année XII • Numéro 108 • Mensuel édité par Global Media Associates Sas • Gérant de la publication Roberto Volponi • Rédaction et administration : “Le Beausoleil de Monaco” 6, boulevard de la Turbie 06240 Beausoleil • Tél. : +33 09.50.79.90.84 • Fax (+33) 09.55.79.90.84 • Siège Social : Piazza Caduti della Montagnola 48 00142 Rome • Tél./Fax (+39) 06.23.31.52.15 • Bureau de Milan : Tél./Fax (+39) 02.70.03.01.42

www.laprincipaute.net

Juillet-Août 2012

Numéro de Commission Paritaire : 0512 U 81608 • Dépôt légal : à parution • Imprimé sur papier spécial en Union Européenne • Concessionnaire général de publicité : Global Media Associates Sas Section Publicité • Abonnements : annuel (soit 11 numéros) € 20 ; hors Monaco et France +50% • S’adresser à Global Media Associates - Bureau Abonnements ou à http://glomed.free.fr/abo.pdf

Dossier Spécial

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Le grand bal des célébrités

Gerhard Berger, ancien pilote de F1:

“Ma vie est à Monaco”

 RETRAITES : LE GOUVERNEMENT PLUS QUE JAMAIS DETERMINE A DEFENDRE SON PROJET DE LOI • PAGE 8


2 La Principauté Dossier Spécial

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Juillet-Août 2012

SOCIETE • Mer, soleil et sécurité : ce sont les trois raisons qui par tradition poussent les VIP ou les sportifs de haut niveau

Monaco, “refuge” de

Le grand bal des célébrités

S

La fiscalité avantageuse n’est qu’un des atouts de cette petite ville-état : la scolarité, l’accu L’EDITORIAL

Extension “modulaire”...

omme on l’avait fortement envisagé dans ces colonnes il y a seulement C quelques mois, le projet d’extension en

ea, safe and sun : ce sont les trois raisons les plus généralement avancées par les VIP ou les sportifs de haut niveau qui viennent s’installer à Monaco. Ils y mènent leur carrière où y assurent une reconversion souvent heureuse. Mais il y en a d’autres évidement : une fiscalité avantageuse, mais pas toujours et pas pour n’importe qui, la scolarité, l’accueil et les facilités administratives, organisés par un programme d’attirance de la part des pouvoirs publics. Pourquoi et qui, donc, s’est installé à Monaco ?

DOSSIER

et plateforme héliportuaire

mer au large du Larvotto redevient avec vigueur d’actualité, après les propos tenus par le Prince Albert lors d’une rencontre informelle avec la presse locale. Les raisons qui font pencher la balance vers ce choix, plutôt que pour l’option Fontvieille II, sont nombreuses et toutes bien motivées, autant d’ordre technique que logistique, que d’image (voir notre éditorial du mois d’avril). Prévalent aussi des raisons économiques qui poussent à abandonner le projet de Fontvieille II : un nouveau quartier à côté de celui existant, ferait inévitablement perdre de la valeur à ce dernier, du fait de la présence d’un bloc d’immeubles plus neufs et plus modernes qui le priverait - en grande partie - de sa si convoitée vue sur la mer. Du surcroît, le site du Larvotto, par sa position centrale et stratégique, est une zone foncière plus précieuse et donc plus rentable. D’un point de vue strictement environnemental, une des raisons qui avaient contribué à renoncer à ce projet - excluant la réserve marine du Larvotto (voir ci-dessous) - les soucis sont communs aux deux projets. Mais la défense de l’environnement concerne aussi la préservation du paysage : au Larvotto, une presque-île aurait pu être dessinée par mère nature ; en revanche, à Fontvieille, une nouvelle coulée de béton semblerait vraiment forcer la nature à accepter ce qu’elle n’aurait jamais fait… Bien sûr, la décision définitive n’a pas encore été prise, mais désormais peu d’entre nous peuvent penser qu’on optera pour la solution Fontvieille - qui est toujours restée sur un plan purement théorique - et qu’on poursuivra les études entamées. Ainsi, on a découvert tout d’un coup que tous étaient d’accord à revenir sur le projet de 2008 : les élus à l’unanimité ont exprimé leur approbation pour l’adoption de cette solution. Et pourtant, on n’avait pas entendue se lever une seule voix en faveur de ce projet, quand il semblait avoir été définitivement enterré… Peut-être que beaucoup étaient trop occupés non pas à étudier ce projet... mais surtout à essayer de repousser le vote de la loi sur les retraites pour des raisons purement électoralistes. Dont acte. Si le Prince choisit l’option Larvotto – comme tout semble le laisser penser – il s’agira en fait d’un projet beaucoup plus «modeste» par rapport au projet d’origine : moins de 5 hectares contre les 15 du projet initial. Mais rien n’empêche de penser qu’il puisse s’agir d’une première étape vers un projet plus ambitieux. Si on adopte la politique « des petits pas » doublée d’une approche intelligente, le projet pourrait se transformer en « projet pilote » consistant en une extension « modulaire », progressive, dans le moyen ou le long terme. On pourrait expérimenter ainsi les techniques les plus à la pointe de la construction pour le plus faible impact environnemental, et ainsi préserver la réserve naturelle du Larvotto et évaluer les résultats pour ensuite passer – si tout va bien – à la réalisation d’un deuxième « module », puis d’un troisième. Un laboratoire unique pour réaliser des ouvrages à impact zéro, relié à la terre avec un pont pour faciliter la circulation de l’eau, un port écologique zéro pollution, etc... Le partenariat public-privé, dont on a beaucoup entendu parler, pourrait alors trouver sa pleine justification. Si les investisseurs privés estiment que cette opération est rentable, elle le sera aussi pour l’Etat, qui pourra ainsi décider si et à quelles conditions y participer directement, en accord avec la stratégie économique qu’il entendra poursuivre. En adoptant cette solution, on pourrait aussi libérer de l’espace à Fontvieille. Comment ? En déplaçant l’héliport en mer, sur une plateforme du type des plateformes pétrolières, reliée à la côte par un pont à l’architecture futuriste... Un ensemble qui pourrait se révéler de surcroît une attraction touristique. A Osaka, au Japon, un aéroport a été ainsi réalisé (sur un fond de sable qui apparemment le fait progressivement s’effondrer). A Monaco, sur les fonds rocheux avec un poids beaucoup plus modeste, ne pourrait-on pas envisager un héliport ? La profondeur des fonds marins ici ne serait plus un problème. Ainsi, on pourrait obtenir trois avantages en un seul coup : libérer un espace précieux pour la construction de bureaux ultra modernes pour hommes d’affaires appelés à beaucoup voyager qui se trouveraient à deux minutes de l’héliport et donc à 7 minutes de l’aéroport international Nice-Côte d’Azur ; alléger la pollution et les nuisances sonores subies actuellement par les résidents du quartier ; éloigner un danger potentiel pour ces derniers, dû à la présence si proche des hélicoptères et de leur stockage de carburants dont la provision pourrait être faite par la mer... Mais on peut encore faire davantage... Juste en dessous de l’héliport pourrait trouver sa place un nouvel incinérateur a impact environnemental très faible, libérant de ce fait l’espace actuellement occupé dans le quartier de Fontvieille. Sur le fond, la plateforme pourrait servir d’ancrage pour un laboratoire d’études et/ou un aquarium sous-marin, connecté avec le voisin Musée Océanographique via des navettes ou même des moyens de transports sous-marins… Science-fiction ? Rêves ? Pas du tout : pour réaliser tout cela, il suffit d’avoir les moyens nécessaires, bien sûr… mais aussi - et plus encore - de l’audace ! (R.V.)

PAR NOEL FANTONI

 De “James Bond” aux sportifs d’haut niveau James Bond est parmi nous: il y a quelques années encore il n’était pas rare, mais toujours surprenant de croiser Roger Moore, drivant son caddie, en train de faire ses courses au Carrefour de Monaco. Celui qui avait incarné tour à tour Ivanhoé, le Saint, lord Brett Sainclair dans « Amicalement vôtre » et 007 est sans doute la figure la plus emblématique des stars internationales de cinéma installées depuis des années à Monaco. D’autres comme Gina Lollobrigida, ou Ursula Andress ont vécu ou vivent encore en Principauté. Sans parler de Ringo Starr le batteur des Beatles et de sa compagne une James Bond girl elle aussi, Barbara Bach. La liste et longue et peut être fastidieuse mais elle dénote une attirance vers la Principauté qui ne se dément pas. Ce sont surtout les sportifs qui goûtent aux attraits de Monaco. Assez peu les footballeurs, ou les basketteurs, qui disputent dans leur pays le championnat national, ou qui font carrière à l’étranger comme aux USA en ce qui concerne les Tony Parker ou les Joakim Noah. Les plus concernés ce sont les pilotes de Formule 1, les joueurs de tennis, et les coureurs cyclistes (Davide Rebellin l’italien, recordman des victoires sur la Flèche wallone et vainqueur de Paris-Nice, ou Philippe Gilbert le belge vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et lui aussi de la Flèche wallonne). Ceux-là courent dans le monde entier, ils ont donc la liberté d’élire domicile là où ils se sentent le plus à l’aise, et où le fisc est censé être le moins vorace possible. Certains sont venus en Principauté tout-à-fait formellement et pour des raisons différentes l’ont quitté comme Bjorn Borg ou Boris Becker, deux champions de tennis qui ont commis l’imprudence de déclarer leurs revenus à Monaco tout en résidant physiquement en dehors de la Principauté et se sont vus rattrapés par leurs administrations respectives.

 Pas seulement pour l’absence des impôts... D’autres en revanche y vivent, parce qu’ils ont toutes facilités pour poursuivre leur carrière. Ronnie Leitgeb, le tout nouveau président de la fédération autrichienne de tennis, est venu à Monaco quand il a commencé à manager Thomas Munster, vainqueur entre autre à Roland Garros. Leur partenariat a duré seize ans. Il manage actuellement Jürgen Melzer, autrichien lui aussi, comme il s’est occupé de 25 autres joueurs ces trente dernières années. « Pour les tennismen l’absence d’impôt sur le revenu n’est pas la principale raison de leur venue à Monaco. Ils viennent en Principauté pour les masters séries et surtout la possibilité de s’entraîner toute l’année à l’extérieur. En Autriche et en Allemagne ce n’est pas possible, on ne peut jouer

Photo © DR

qu’in door et il n’y a pas de sparring partners suffisamment valables. » Ronnie Leitgeb est résident monégasque depuis 1987 : « Il n’y a pas d’inconvénients ici, la vie est facile et agréable et l’administration très aidante. Le prix des locations, c’est comme à Londres ou à Paris…» Du côté des as du volant, même musique : Lewis Hamilton a quitté la Suisse pour venir ici, tout près de son coéquipier Jenson Button. Bref les pilotes de F1 aiment aussi Monaco et pas seulement pour des raisons fiscales ou pour son Grand Prix et son circuit unique intra-muros. Ils pourraient former une écurie, tous les pilotes de F1 qui ont connu Photo © DRla Principauté au volant de leur bolide et s’y sont ensuite installés pour y monter leur affaire. Comme l’Ecossais David Coulthard qui vient de revendre l’hôtel Colombus, ou Thierry Boutsen à la tête d’une entreprise d’achat et de vente d’avions privés à Monaco (voir interview). Kéké Rosberg réside lui aussi en Principauté et gère de jeunes pilotes européens. Ou encore, non pas un pilote, mais l’ancien directeur de l’écurie Renault F1 team Flavio Briatore qui vient tout juste d’ouvrir le restaurant Cipriani au Portier et prépare pour l’été l’inauguration de sa discothèque Billionaire’s Club au Grimaldi Forum.

 Un lieu de reconversion réussie Peut-on parler de stratégie concertée ? Peut-être pas encore, mais les instances administratives de la Principauté, et certains cercles privés, entreprennent un travail de fourmi pour faire venir en Principauté ces sportifs de renom ou ces hommes d’affaire. C’est une tradition qui se perpétue : la Principauté a toujours essayé d’attirer sur son sol entrepreneurs de renommée mondiale, fortunes conséquentes ou personnalités de renom. Des étrangers qui pouvaient se retrouver ensemble grace à la SBM dont on oublie trop souvent que la première appellation était « Société des Bains de Mer et du Cercle des étrangers ». Plusieurs personnalités ou cercles ont pris le relais. Il y a une quarantaine d’années les parents de l’avocat Donald Manasse avait créé le « Club des voisins ». Une


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u - pilotes de F1 en première ligne - qui viennent s’installer en Principauté. Ils y mènent leur carrière ou y assurent une reconversion souvent heureuse

es plus riches et célèbres

ueil et les facilités administratives, et des événements sportifs, économiques et culturels tout au long de l’année Dessins de Presse, Jean-Jacques Beltramo Editions Baie des Anges

Alexander Moghadam a pris la succession, ainsi que le CREM le Club des Résidents Etrangers à Monaco qui accueille « les nouvellement installés ou déjà établis, qui souhaitent mieux s'intégrer, s'intéresser et participer à la vie sociale, économique, culturelle et sportive de la Principauté ». Une réputation peut se construire par le bouche à oreille.

 Ils sont la cible des pouvoirs publics Mais surtout les pouvoirs publics ont pris la chose en main grâce à la Chambre de Développement

DOSSIER

association qui mettait à la disposition de tous un numéro de téléphone pour aider les étrangers à s’installer en Principauté. Une initiative très efficace parceque Monaco était alors encore un village international où chacun se connaissait. Aujourd’hui Monaco est devenu « un vrai pays, une vraie cité méditerranéenne, avec un brassage international qu'on ne retrouve pas partout » disait il n’y a pas si longtemps le Ministre d’Etat Michel Roger. Et il a fallu passer à la vitesse supérieure. Côté privé, le Monaco Ambassadors Club présidé par

Economique (CDE) (voir encadré) et au tout nouveau Conseil Stratégique pour l’Attractivité (CSA) qui cherchent à attirer et à installer les résidents de haut niveau. Un plan d’accueil est actuellement à l’étude au Gouvernement : il doit démarrer dans le courant de l’été. Objectif : travailler à l’intérieur de l’administration pour améliorer l’accueil et l’assistance aux investisseurs potentiels et faciliter l’accès l’installation des personnes physiques et les délais d’installation. Et passer un message à tous pour qu’on se rende compte que la qualité de l’accueil s’est améliorée. Principaux visés : les potentiels économiques, les sportifs à l’image de marque internationale, mais aussi les personnalités du monde de l’art qui peuvent venir de Suisse, de Grande Bretagne, lassés par le climat, et déçus par la disparition de certaines incitations fiscales au bout de quelques années. Un tiers des contactés sont venus en Principauté, les autres hésitent encore ou n’ont pas donné suite. C’est un travail de longue haleine mais qui porte souvent ses fruits : Lee Robinson l’un des fondateurs australien du hedge fund Trafalgar Asset Managers a quitté le Royaume Uni et s’est installé à Monaco. Il y a six mois un des plus grands acteurs britannique John Cleese un ancien des Monthy Python s’y est installé lui aussi ainsi qu’un des plus célèbres mannequins au monde. Mais ce travail de fourmi pour faire venir VIP et sportifs de haut niveau est à double tranchant. Attention aux zones de pêche possibles et à la qualité des prises potentielles : quelques richissimes Italiens par exemple hésitent aujourd’hui à rester à Monaco à côté de certains Russes qui, affirment–ils, n’ont pas bonne réputation...

Les VIP représentent des investisseurs potentiels

LA STRATEGIE

e façon générale, la politique de concertation en D matière d’attraction d’investisseurs se fait naturellement, tout d’abord au travers du positionnement de

chacun des acteurs concernés : - S.E. M. Henri Fissore, Ambassadeur en mission auprès du Ministre d’Etat, est en charge de l’accueil des investisseurs de haut niveau qui viennent à Monaco ; - Le Monaco Welcome & Business Office (MWBO) accueille et oriente toute personne désireuse de s’installer à Monaco, que ce soit à titre personnel ou professionnel. - La CDE promeut la place économique monégasque dans le cadre d’opérations ciblées face à des publics d’investisseurs potentiels ou de prescripteurs et accompagne les prospects intéressés par une implantation d’activité en Principauté. - Le CSA et ses membres réfléchissent quant à eux à des sujets sur lesquels ils sont consultés et font des propositions qui peuvent se traduire par des mesures éventuellement prises par le Gouvernement. Ce dernier dans ce cas en informe ses partenaires, parmi lesquels, le MWBO et la CDE. Au sein du CSA, Michel Dotta (photo) préside la Commission immobilier, et Elisabeth Ritter Moati est membre de la Commission Qualité de vie. Les positionnements de chacun étant clairement définis, la complémentarité des entités et personnalités concernées permet une action concertée. Ainsi par exemple, les investisseurs potentiels qui viennent à la CDE sont des personnes physiques ou morales qui ont le projet de créer une entreprise. A défaut, ils sont orientés vers les partenaires adaptés. Si par exemple l’investisseur souhaite devenir résident monégasque et investir à titre privé dans la finance, celui-ci sera logiquement dirigé vers le MWBO et l’AMAF. Si il s’agit d’un investisseur de très haut niveau, S.E.M. Henri Fissore en sera bien sûr immédiatement informé. S’agissant des profils d’investisseurs recherchés, sous l’impulsion de S.A.S. le Prince Albert II, l’Etat est aujourd’hui dans une optique de recherche de «croissan-

ce dynamique et responsable» et souhaite attirer de nouveaux entrepreneurs voulant s’installer avec leurs familles et leurs activités. Une plate-forme économique s’ouvre à eux, une Ville-Etat où ils pourront s’épanouir dans un environnement unique. C’est cet environnement unique qui compose l’essentiel de nos arguments : un pays souverain et politiquement stable - un modèle économique pérenne et un Etat sans dette - un concentré de réussites économiques - une fiscalité douce - un bassin d’emplois et un vivier de consommation important - une situation stratégique et une accessibilité aisée- une sécurité optimale, une place multiculturelle et une qualité de vie exceptionnelle (climat, offre en matière d’éducation et de santé, vie culturelle et sportive intense, avec des événements de portée internationale). La CDE recherche donc des entrepreneurs qui veulent s’installer dans un environnement exceptionnel pour leur bien-être et celui de leurs familles. Les secteurs d’activités porteurs sont des activités à forte valeur ajoutée correspondant aux objectifs qualitatifs fixés par S.A.S. le Prince Albert II en termes d'environnement industries de haute technologie et/ou haut de gamme, finance, tourisme, activités tertiaires. En principe, les Vips, sportifs ou autres, ne font pas partie des investisseurs recherchés par la CDE. En pratique, quelques VIP ou sportifs de haut niveau ont contacté la CDE, soit parce qu’ils souhaitaient créer une entreprise dans le cadre d’une reconversion au terme de leur carrière, soit parce qu’ils voulaient se rapprocher du tissu entrepreneurial monégasque. Mais ils représentent une exception dans les profils d’investisseurs reçus. Autre exception, la Maison de Monaco à Londres crée spécialement pour les Jeux Olympiques, sera notamment coordonnée par Elisabeth Ritter-Moati, DG Investissement et Promotion de la CDE. Dans ce contexte, il est probable que des sportifs de haut niveau feront partie des investisseurs potentiels rencontrés par la CDE.

LA STRATEGIE


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Les pilotes de F1 qui se sont installés à Monaco. Pourquoi ? GERHARD BERGER

Photo © N. Fantoni

Autriche

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10 Grands prix, 10 victoires, Gerhard Berger a été un des grands de la F1 entre 1984 et 1997. Aujourd’hui résident monégasque c’est un businessman accompli. Il gère une entreprise qui emploie 400 personnes dans le domaine des transports en Autriche son pays natal. Mais elle est installée à Monaco. les 5 continents. Il a jusqu’ici négocié la vente de 228 appareils plus d’un milliard de dollars.

 Qu’avez-vous choisi de faire après avoir raccroché le volant ? Gerhard Berger : “J’ai eu une écurie de F1 (Toro Rosso), je reste toujours très près du sport automobile, mais à présent le business que je gère en famille, c’est une entreprise qui s’occupe de logistique dans le monde entier, une usine de poids lourds et une compagnie de stationsservices poids lourds. Je les gère depuis une quinzaine d’années. C’est 50% de mes activités. L’autre moitié je fais de la moto l’été et du ski l’hiver et je prends du bon temps…”  Ca été difficile de quitter la F1 ? GB : “Oui et non. Non parcequ’ à 37 ans j’en avais assez de toute cette pression et j’ai bien vu que c’était le moment d’arrêter. Et oui parceque ça serait fantastique de piloter à nouveau mais seulement si j’avais encore 25 ans. C’est un moment de ma vie qui est derrière moi et qui me laisse de très beaux souvenirs.”

 Vous connaissiez Monaco avant de venir y courir ? GB : “Non je suis venu ici en 1987 et pour être tout-à-fait honnête pour des raisons fiscales. Mais maintenant c’est mon foyer et c’est là que je vis. J’y ai installé mon entreprise parceque j’aime ce pays, j’y suis bien, et les avantages fiscaux ne sont plus si importants que ça pour moi maintenant. Je suis dans une position où je pourrais vivre en Autriche, mais j’ai construit ma vie ici ces vingt-cinq dernières années, mon bureau est ici, mes amis sont ici. Il y a d’autres endroits au monde intéressants, mais il faut construire quelquechose et j’ai trouvé ma base en Principauté. C’est le centre de l’Europe il y énormément d’avantages et je ne m’en priverai plus.”  Et pas d’inconvénients, comme le coût des loyers ? GB : “Il faut voir l’ensemble entre le tarif des loyers et les impôts qu’on ne paye pas. Le seul inconvénient peut-être en ce qui me concerne c’est que mes entreprises sont en Autriche c’est peut-être un peu loin et qu’il faut à chaque fois aller sur place. Mais j’aime Monaco, et je ne changerai pas d’endroit. On ne peut pas dire jamais, mais pour le moment non, je ne veux pas changer.”

THIERRY BOUTSEN Belgique

L

e belge Thierry Boutsen est un exemple de reconversion brillament assurée à Monaco depuis 1997. Le pilote de F1 aux 164 courses se consacre désormais à l’aviation. Sa société de huit employés achète et vend toute gamme de modèles de tous constructeurs d’avions d’affaire ou d’hélicoptères. 80% sont d’occasion, 20% neufs. L’homme d’affaires belge, résident monégasque, vend dans 48 pays différents sur les 5 continents. Il a jusqu’ici négocié la vente de 228 appareils plus d’un milliard de dollars.

Photo © N. Fantoni

 Comment êtes-vous passé du bolide à l’avion? Thierry Boutsen : “Par passion. J’aimais aussi piloter des avions. J’en ai acheté plusieurs, j’ai appris à connaître le milieu des affaires de l’aviation. Au départ j’ai été contacté par Harald Franzen qui voulait avoir le même avion que moi. J’ai fait la transaction. Ligier, Rosberg, Hakkinen sont venus chez moi. J’ai réglé toute la partie technique, légale et administrative de leur acquisition.”

JEAN-PIERRE JARIER

Photo © CN

France

V

oilà trente ans très exactement cette année que Jean Pierre Jarier est résident monégasque. Il a découvert la Principauté au cours de ses 13 grands prix de Formule 1 à Monaco. Et une fois sa carrière terminée il y est resté pour créer MMI Monaco Media International une agence d’événementiel en 1985. Il a maintenant 66 ans.

Photo © DR

 Pourquoi vous êtes-vous installé à Monaco ? Jean-Pierre Jarier : “Sur la fin de ma carrière de pilote de Formule 1 c’était nécessaire d’aller à l’étranger d’abord parcequ’on payait ramassait plus de 50% d’impôts en France, mais aussi les frais d’avocat qui vont avec les contrôles fiscaux. Ces problèmes administratifs ça n’était pas compatible avec une vie de sportif qui n’a pas les comptables nécessaires et doit se débrouiller tout seul .A partir de 1981/82 ce n’était plus possible en France où tous les pilotes français étaient résidents. Mais l’Etat a eu tendance à considérer que les pilotes étaient des gangsters en gagnant de l’argent à l’étranger et en le ramenant en France. Mais nous on risquait notre peau, il y avait un mort par an au Nurburgring à cette époque…”

DOSSIER

 Pourquoi vous êtes-vous installé à Monaco? TB : “Je suis venu ici en 1984. J’ai découvert la Principauté au volant d’une Formule Un… J’ai été fasciné par l’endroit: tout était calme, tout le monde connaissait tout le monde, beaucoup de sportifs y résidaient. Aujourd’hui c’est devenu un pays au sens propre, un pays vivant. Outre le côté fiscal (pour un sportif c’est important la carrière dure maximum dix ans) c’est la météo qui m’a attirée. Ca n’est pas négligeable quand on est belge et qu’on vit dans la pluie et le brouillard tous les jours. Et puis la sécurité est incomparable par rapport à tout autre endroit du monde. La qualité de vie est top, on a tout à proximité les magasins les restaurants, on peut aller à pied partout. Je plains ceux qui vivent dans les grandes métropoles… La scolarité des enfants atteint aussi un niveau exceptionnel : mon fils a fait ses études ici, il est parti aux USA il est revenu avec un diplôme d’ingénieur avec une moyenne de 97%. Il était donc bien préparé.”

 Pourquoi n’avoir pas choisi le Luxembourg par exemple vous qui êtes belge ? TB : “Au Luxembourg il n’y a pas la mer, pas la météo, pas la sécurité. Pourquoi aurais-je mon entreprise ailleurs? C’est un très petit pays, on a de très bons contacts avec l’administration si on a besoin d’explication de temps en temps sur les transactions complexes, au point de vue légal ou fiscal sur la TVA par exemple on pose la question a l’administration et on a immédiatement la réponse.”

 Les pouvoirs publics vous ont-ils aidés à monter votre entreprise ? TB : “J’ai commencé ma société en nom propre, puis elle est devenue une Sam, je n’ai pas besoin de qui que ce soit. Un autre avantage de Monaco : ce côté un petit peu glamour, il est très positif, j’ai beaucoup de plaisir à inviter mes clients ici pour discuter achat et vente.”

 Y a-t-il des inconvénients ? TB : “Directement non. L’immobilier très cher au niveau achat et location ampute une grosse partie du bénéfice investi dans les bureaux. Mais quand on met tout dans la balance ce qu’on payer d’une coté on voit qu’on ne le paye pas de l’autre. On manque aussi un peu de place. J’ai une petite succursale au Luxembourg mais juste administrative et on va probablement bientôt ouvrir des bureaux à Dubaï parceque c’est une place centrale aéronautiquement parlant dans l’aviation d’affaire, et centrale géographiquement avec la Chine et l’Iran qui a un potentiel énorme en aviation d’affaires, d’un côté, et puis l’Europe de l’autre.”

 Comment avez-vous connu Monaco ? JPJ : “Les grands sportifs du passé en football, en F1 ou en tennis gagnaient beaucoup moins d’argent qu’aujourd’hui, je dirais de 10 à 15 fois moins dans les années 70. Les joueurs de foot gagnaient 3000 euros par mois, maintenant c’est parfois 400 000. En F1 la meilleure année de Jackie Stewart champion du monde, c’était l’équivalent de 150 000 euros. Schumacher lui en gagnait 15 millions… Comme les anciens sportifs gagnaient des sommes comparables à celles de chefs d’entreprise mais que ça ne durait pas très longtemps ils étaient tous obligés de travailler après leur carrière. Stewart est devenu relation publique pour Ford et Good Year, Jacques Laffitte est à la télé, Jody Scheckter a monté sa boîte aux Usa en Grande Bretagne, Jack Brabham est devenu importateur Cessna. La plupart sont restés dans des villes qui les ont bien reçu ou des villes sympathiques comme Monaco. Il y a une vingtaine d’anciens pilotes de F1 en Principauté comme Martini, Regazzoni qui travaillait dans l’immobilier, Jochen Mass, commentateur télé ou Kéké Rosberg qui gère des jeunes pilotes européens.Monaco c’est safe. Je n’y étais jamais allé de ma vie, je me suis dit c’est sympa près de la montagne, au bord de la mer j’adore la voile, la météo ça compte vachement je ne me déplace qu’en moto, j’ai trouvé tout naturel de m’installer ici plutôt que d’aller en Suisse. Etre résident à Dubaï comme Federer je ne pourrais pas. Rien ne m’empêche d’aller en France même si je n’ai plus envie d’aller à Paris. Je suis né à Charenton dans la banlieue parisienne mais je n’y ai pas de racines. A ce jour, Monaco est l’endroit sur terre ou j’ai vécu le plus longtemps.”

 Y a -t-il des inconvénients ? JPJ : “Non ! j’ai réduit la taille de mon appartement, j’ai un grand studio… Peut- être Monaco est-il un peu trop bruyant… ce n’est même pas une critique, mais on pourrait essayer parfois de faire moins de bruit…!” Propos recueillis par Noël Fantoni

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Politique & Société

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ELECTIONS 2013 • Une recomposition des forces politiques - en fort désaccord sur le fond jusqu’ici - semble se profiler à l’horizon de la prochaine cam

R&E et UP : vers une allian

POLITIQUE

U

n sondage qui provoque scandale et polémiques. Une virulente contre-attaque du président du Parlement au nom du groupe majoritaire mis en cause par l’opposition. Une lettre de l’UP aux Monégasques, le premier meeting politique en plein air de Monaco signé R&E : les choses bougent. C’était évident lors du meeting de R&E en plein air au Larvotto - une première à Monaco. Il y a eu des confirmations, lors de ce meeting qui a attiré sans doute entre 300 et 400 personnes (près de 500 selon les organisateurs). Celle du dynamisme et de la montée en puissance du mouvement de Laurent Nouvion, qui veut être le socle d’une liste d’union nationale. Un début d’union initié par la présence à la tribune de Daniel Boeri, candidat en 2008 sur la liste «Monaco Ensemble», aux cotés de l’indépendant (et ex-UP) Spiliotis et par la présence dans le public de Claude Boisson de Synergie Monégasque, en compagnie de quelques amis. Mais pour pouvoir parler vraiment d’union nationale, il faudra attendre la position de l’UP. Certes on n’en est pas là, mais ce qui est confirmé, de part et d’autre d’ailleurs, c’est l’existence de contacts et de discussions. En cas d’accord entre l’UP et R&E, on sent bien que ces négociations pourraient s’élargir, concerner certains UNAM et même certains UDM. On y va prudemment, car il y a bien sûr une difficulté. Comment faire admettre à des électorats opposés dans de farouches batailles passées qu’on peut maintenant aller au combat ensemble, en dépassant une alliance de simple calcul électoraliste.

PAR PATRICE ZEHR

dérive s’en défendent. Ils vont le faire de plus en plus vivement car ils sentent bien que l’argument porte. On va crier à la diabolisation et à la diffamation, c’est de bonne guerre.

 Une ligne rouge se dessine... Mais voila objectivement dessinée une ligne rouge, une ligne de partage propice aux recompositions politiques pré-électorales. Ce qui paraissait inimaginable il y a quelques mois, est maintenant dans les discussions. Une union nationale incluant des UP et des R&E, fer de lance d’une nouvelle dynamique pouvant attirer des élus indépendants, des élus de la majorité actuelle également, et des membres de la société civile. Cela reste cependant encore une hypothèse. Car une partie de ces électorats est encore réticente à admettre une alliance entre les anciens ennemis héréditaires. Ici et là, on envisage donc une autre union écartant simplement certains éléments de l’UDM trop impliqués dans des évolutions refusés par le Prince et la majorité des Monégasques. Mais cette voie médiane écartant R&E comme les parlementaristes semble irréaliste, aujourd’hui.

?

 Union pour le Prince et pour Monaco Le thème est trouvé et il a été martelé : si l’union est envisageable, c’est pour défendre les spécificités de Monaco et les prérogatives institutionnelles princières face à une dérive parlementariste et européiste de l’UDM. A été cité, sans être nommé, comme l’initiateur de cette dérive, le nouveau président du parti majoritaire et chef de cabinet du président Robillon. C’est une fois de plus Jean Sébastien Fiorucci qui focalise les critiques. L’union pour le Prince et Monaco, c’est le fondement de l’offensive d’été avant la rentrée, et la justification d’une éventuelle union électorale autour de «valeurs non négociables», comme l’a expliqué Laurent Nouvion, après que l’UP l’ait fait dans sa lettre aux Monégasques. L’autre thème de campagne décliné par le toujours incisif Christophe Spiliotis ce sera la SBM et la défense des Monégasques, qui doivent être au cœur des obligations sociales de la société, contrepoint de son monopole des jeux. L’avertissement vis-à-vis de la direction est ferme et clair. Comme est ferme et clair le soutien au projet gouvernemental d’ajustement des retraites porté par le conseiller Valeri, ancien président du Conseil national et leader emblématique de la majorité en 2003 et 2008. Le dossier retraite a d’ailleurs été indiscutablement un déclencheur. Les choses bougent et elles bougent en réalité depuis la sévère mise au point du Prince envers la majorité parlementaire sur la méthode et le calendrier des retraites, comme nous l’avions anticipé le mois dernier. Mise au point qui intervient après celle du Souverain sur le pouvoir judicaire. Nous l’avons déjà expliqué, le plus important au-delà de ces sujets - était dans un non dit pourtant explicite du Prince : pas question de toucher aux institutions ni aux spécificités monégasques. Sous entendu, certains seraient tentés de le faire par conviction parlementariste et européiste. Ceux qui sont désignés et accusés de cette

 L’affaire du sondage : illustration du climat actuel Un institut français « OpinionWay », bien connu par ailleurs, a réalisé un sondage auprès de nationaux, sur la base de fichiers pour le moins contestables. Ce sondage pose en fait plusieurs

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questions. Il est très politique. Si seuls des Monégasques ayant le droit de vote ont été contactés, cela pose la question de la liste électorale utilisée par les sondeurs. Les questions elles mêmes sont assez classiques, sauf que celles concernant les bonnes et mauvaises opinions sur les personnalités politiques semblent tout de même assez orientés. Conclusion de certains à la lecture du sondage : c’est l’UDM et donc c’est Fiorucci, puisque sur les personnalités testées, 7 sont UDM, et une seule, respectivement, UP et R&E. Difficile de démentir quand l’organisme refuse de donner le nom du commanditaire. La CCIN a été saisie car OpinionWay en dernière question demandait le prénom de la personne interrogée…, en violation de toutes les règles de protection des données individuelles. Les plaintes devront donc permettre sans doute de savoir qui a com-

Une loi nécessaire mais pas suffisante e 21 juin dernier, le Conseil national a adopté à l’unanimité une loi dont le but est de réglementer le Lfinancement de la prochaine campagne électorale. Il s’agit

FINANCEMENT

Photo © CN

de donner aux listes en présence des armes égales, sans disparités excessives de moyens faussant la campagne. On met également fin à une inflation continue des dépenses. Le plafond des dépenses, qui seront transparentes et contrôlées, ne dépassera pas les 400.000 euros par liste pour 130 jours de campagne. Pour le Ministre d’Etat Michel Roger le but est l’égalité des chances. Certes cette loi était nécessaire mais elle n’est pas suffisante. Marc Burini de R&E a pointé un problème objectif et indiscutable. Le temps de parole dans les médias et la définition de la pré-campagne par rapport à la campagne. Il demande une réglementation du temps de parole, il a raison. Même approche pour l’UP et Anne Poyard Vatrican. “Si le comptage des frais de campagne est très détaillé et ne devra oublier aucune enveloppe, ni aucune brochures distribuées, rien n’est encadré par contre concernant la communication, l’accès aux média, les temps de parole. Nous regrettons que ce point reste en suspend car en la matière l’UDM a un avantage considérable par rapport aux autres forces en présence, ne serait ce que pour l’accès au canal local ou à la communication vers tous les monégasques via le courrier du Conseil National. Nous pouvons évidemment comprendre qu’ils ne souhaitent pas toucher à leurs avantages actuels”. On peut penser que ce vide de réglementation médiatique par rapport à la démocratisation éthique du scrutin sera pris en compte à temps par le gouvernement. Car c’est un élément déterminant pour l’information objective et équilibré de l’électeur. (P.Z.)


La Principauté

Politique & Société

Juillet-Août 2012

mpagne électorale. Base commune : la défense des spécificités monégasques et le rejet d’une dérive parlementariste attribuée à certains dirigeants de l’UDM

nce pour l’union nationale ?

os © EdWimages

mandité cette enquête. On a cependant toute chance de se heurter à un organisme écran et donc de ne pas remonter au vrai commanditaire. Dans ces conditions les rumeurs se multiplient et pourrissent un climat politique déjà tendu. R&E sur son site met en cause l’UDM et l’UP a fait savoir par Anne Poyard Vatrican dans un communiqué, qu’elle denoncait fermement les méthodes utilisées et qu’elle s’en remettait à la justice pour trouver les initiateurs de ce sondage. Suivez les regards. La suspicion est lourde et le financement de l’enquête, lui-même, est sujet à spéculations.  La mise au point du président Robillon “Le Président du Conseil National dénonce les propos calomnieux découverts sur le site du mouvement Rassemblement & Enjeux qui laissent entendre que

des l’Assemblée Monégasques ait pu financer un éventuel sondage prétendument commandité par le groupe majoritaire. Il déplore de telles insinuations irresponsables de détournement de fonds publics qui ne reposent sur aucun fondement et portent atteinte à l’honneur ainsi qu’à l’image de l’Institution. Il regrette que ces rumeurs mensongères et indignes émanent, qui plus est, d’un groupe d’Elus qui siège au sein du Conseil National”. Il y est revenu dans son intervention publique. “En liminaire, je disais donc que dans un premier temps mon premier sentiment avait été celui du travail bien fait. Hélas, ce matin j’ai dû répondre aux assertions publiques d’un groupe politique représenté dans cet hémicycle laissant entendre que le budget du Conseil National, autrement dit des deniers publics, auraient pu être détournés pour payer un sondage d’opinion dont bruit toute la Principauté… Ce n’est pas la première fois que je suis contraint d’intervenir mais, cette fois-ci, les choses vont trop loin d’autant que je tiens à rappeler que les élections nationales n’auront lieu que dans huit mois ! Tout cela est bien triste et absurde. On m’avait dit que le goût du pouvoir pouvait rendre fou et haineux. J’ai toujours refusé de le croire car j’osais espérer qu’un petit pays, qui a comme dénominateur commun le Prince Souverain, était à l’abri de ce genre de dérives idéologiques qui sont dangereuses pour notre unité nationale. A ce propos, et je rejoins en cela Madame Michèle Dittlot qui dénonçait dans une tribune libre ces mêmes personnes qui prétendent constituer

l’union nationale loin des valeurs défendues par notre Souverain”.

 UP : lettre ouverte aux Monégasques Quelques jours plus tard, c’est l’UP qui prenait l’offensive dans une lettre ouverte aux Monégasques. “Notre mouvement a été créé en 2001, sur l’initiative de Stéphane Valeri, sur la base de valeurs inaliénables, rappelées lors de notre Assemblée Générale d’avril dernier : le respect des institutions monégasques et l’attachement à la personne du Prince, la défense de notre identité et des droits des Nationaux, notamment la priorité d’emploi et les logements, l’adaptation du Pays à la modernité, sans remettre en cause nos spécificités”. Puis, dans ce courrier, l’UP mettait en cause les dérives de l’UDM : “De manière tout à fait inhabituelle, Notre Souverain a dû intervenir sur le projet de loi sur les retraites le 15 mai dernier. Les propos tenus étaient-ils isolés et mal interprétés ? Malheureusement non. Il s’agit d’un travail de sape insidieux depuis plusieurs mois qui vise - sans le dire - d’une part à promouvoir une dérive « parlementariste » et, d’autre part, à se coucher devant les exigences des technocrates « européistes » quitte à perdre nos spécificités et donc notre souveraineté. Faut-il revenir sur le fondement de notre identité nationale ? Faut-il mettre en cause les droits des Monégasques ? Faut-il passer par pertes et profits notre constitution ? Faut-il changer nos institutions ? Sur ces points, notre réponse est claire : Non, non, non et non ! De nouvelles pages vont s’écrire pour notre cher Pays. Sur la base de l’attachement indéfectible à notre Prince Souverain et à la monarchie constitutionnelle, et de la volonté farouche de préserver nos spécificités pour notre avenir, il est sans doute temps d’envisager un vaste rassemblement national. Le bon sens appelle à dépasser les clivages anciens pour unir notre communauté derrière nos valeurs”. La dynamique R&E confortée par le retour en force de l’UP, la stratégie d’une union pour sauver l’essentiel qui serait menacé, cela met la majorité UDM indiscutablement sous pression et sur la défensive. Elle ne devrait pas tarder à riposter - une union en politique peut toujours en cacher une autre.

“Construire un vrai rassemblement pour notre pays”

INTERVIEW

TROIS QUESTIONS À PATRICK RINALDI, PRÉSIDENT DE L’UP.

 Vous avez, au nom de l’UP, envoyé récemment une lettre à tous les Monégasques. Le ton de cette lettre est très critique, allant même jusqu’à remettre en cause la fidélité de dirigeants de l’UDM envers le système Monégasque. N’allez-vous pas un peu trop loin ? Patrick Rinaldi : “Malheureusement non. Je comprends que certains puissent regretter le ton un peu alarmiste de cette lettre, mais il est des situations devant lesquelles on ne peut rester silencieux. Deux dérives transpirent des propos notamment du Président et de certains élus de l’UDM : une dérive parlementariste, et une dérive européiste. Il faut bien méconnaitre l’âme monégasque pour se laisser emmener sur de pareils chemins, non ? Notre pays est géographiquement en Europe et membre du Conseil de l’Europe. Ce serait difficile de le nier, mais notre pays est souverain, donc indépendant, et il a ses spécificités. Elles sont nôtres, nous en sommes fiers et elles sont non négociables. Que ceux qui ont cédé aux sirènes le sachent, la position de l’UP est très claire : NON-NEGOCIABLES”.

 Paradoxalement, au moment où les positions semblent se tendre, on n’a jamais autant entendu parler d’union ? PR : “Vous avez raison. Il y a deux sortes d’union « l’union contre », et « l’union avec ». Il n’y a plus que les élus UDM eux-mêmes pour ne pas réaliser qu’ils ont l’immense majorité du pays contre eux. Ils sont dans leur tour d’ivoire, et le scrutin rendra justice à notre pays. Et puis, il y a l’union « avec ». Pas pour des raisons électoralistes, mais parce que le Pays a besoin de se souder sur un projet clair qui associe les meilleures personnalités et les différentes sensibilités qui font notre richesse. Les électeurs sont plus responsables que certains élus. Les Monégasques veulent un Conseil National qui les représentent et que les conseillers nationaux s’expriment au nom des électeurs et non guidés par leurs ambitions et leur ego ou même par des idéologies personnelles venues d’ailleurs. Regardez ce qui ce passe autour de nous et les menaces qui nous entourent. Ce n’est pas le moment de nous diviser, nous devons penser à l’avenir de notre pays pour nos enfants et petits-enfants. L’heure est au recentrage pour tous les Monégasques, à la construction d’un vrai rassemblement pour notre pays, sur la base de l’attachement au Prince Souverain, à nos Institutions et de la défense déterminée de notre identité. (P.Z.)

INTERVIEW

 Vous citez, pour appuyer vos propos ce que vous appelez de nombreux dérapages ou signes inquiétants- L’affaire du sondage, qui fait grand bruit et qui n’est pas cité dans votre lettre semble faire partie de ces sujets de préoccupation. PR : “Tout à fait, car ceux qui sont derrière ne comprennent rien à l’état d’esprit des Monégasques et vont jusqu’à bafouer notre droit. Au nom de l’UP j’ai déposé un recours auprès de la CCIN, notre position est donc très claire. Il se dit qu’il y aurait une suite judiciaire. Je ne ferais donc aucun commentaire, car à l’encontre de certains élus, j’ai avec l’UP une confiance totale en la justice de notre pays”.

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La Principauté

Retraites : pas tous d’accord Economie & Finance

Juillet-Août 2012

SOCIAL • Même si la reforme ne touche pas aux principes fondateurs de la CAR, ça n’empêche pas qu’elle soit l’objet de critiques de la part de la FPM et de l’USM

Patronat et syndicats protestent chacun pour des raisons opposées, tandis que pour le Prince le texte paraît “juste et équilibré” PAR PIERRE-YVES REICHENECKER Photos © DR

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La manifestation de l’USM dans les rues de la Principauté. A gauche : Alexandre Albertini, Vice-président FPM, Philippe Ortelli, Président, Nicolas Gentelle, Vice-président.

’il est un projet de réforme qui agite les esprits et la rue en Principauté, c’est bien celui sur les retraites. D’ailleurs pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’une réforme, puisque le projet ne touche pas aux principes fondateurs de la CAR. Il n’empêche, le projet est contesté. Dans certains de ses aspects techniques par le patronat, comme l’a expliqué Philippe Ortelli, le président de la FPM, lors d’une conférence de presse le 18 juin dernier. Dans sa nécessité par les syndicats, qui ont mené une action interprofessionnelle le 21 juin à l’appel de l’USM - un petit millier de manifestants selon la police, plus de 1500 selon les organisateurs.  Le gouvernement assume sa responsabilité Dans une lettre adressée le 25 avril dernier aux salariés et retraités, le gouvernement expliquait sa réforme en soulignant l’absence d’un consensus entre les partenaires sociaux, qui l’a obligé à prendre ses responsabilités. « Le gouvernement, prenant ses responsabilités a, par conséquent, été amené à trancher en prenant l’initiative de mesures d’ajustement. Les mesures envisagées par le projet de loi consistent : en une augmentation modérée et progressive du taux de cotisation justement répartie puisqu’à la charge de l’employeur (entre +0,8% et + 1,3%) et du salarié (entre +0,4% et + 0 ,7%). Ainsi qu’en une évolution différenciée de la valeur du point et du salaire de base, qui stabilisera, à moyen terme, les points retraites distribués, garantissant ainsi aux futurs retraités des retraites globalement équivalentes à celles de leurs ainés. » Une mesure pour le court terme, l’autre pour le long terme. Les deux ont entrainé réactions et débats.  Le cœur de la réforme : l’évolution différenciée de la valeur du point et du salaire de base Le projet de sauvegarde des retraites comporte donc 2 volets : l'un, l'augmentation des cotisations, a une action immédiate sur l'équilibre du régime et doit lui donner la bouffée d'oxygène permettant d'attendre que la mesure structurelle - la dissociation entre salaire de base et valeur du point (1) - produise ses effets à long terme. C’est évidemment ce second volet qui est le cœur de la réforme. Nécessaire pour assurer la pérennité du régi-

LA REACTION

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me de retraite monégasque selon le gouvernement. Mais le patronat demande « une évolution différenciée plus forte de la valeur du salaire de base (limitée à 1,1% dans le projet de loi) et moins de cotisations salariales. Nous demandons de plus que dans la loi, l’évolution du point de retraite des pensionnés soit limitée à l’inflation ». (2) Du côté de l’USM on conteste dans le sens contraire : cette différenciation va entrainer une baisse des pensions de retraite par rapport à la situation actuelle « à cause d’une plus faible acquisition du nombre de points ». (3)

 Le cœur du débat : déséquilibre structurel ou conjoncturel ? Pour le gouvernement « en l’état, notre système, comme pour l’ensemble des pays qui nous entourent, connaît des difficultés structurelles ». Le patronat partage cette thèse, mais estime que la réforme envisagée n’assure pas la pérennité du système à 30 ou 40 ans comme l’affirme le gouvernement. En revanche, pour l’USM le déséquilibre est conjoncturel. Une réforme n’est donc pas nécessaire. Et de rappeler 3 exercices consécutifs « dans le rouge » entre 1996 et 1999, avant que le régime ne retrouve son équilibre. (4) Les derniers chiffres connus de la CAR (5) montrent une tendance annonçant un exercice encore en déséquilibre.

 Y a-t-il urgence ? Le gouvernement l’affirme dans sa lettre : « repousser les mesures de sauvegarde nécessaires eut été plus confortable, mais irresponsable ». Pour Philippe Ortelli on peut encore « prendre le temps de l’étude ». Pour l’USM, il n’y a « aucune urgence ». Enfin, le Conseil national, qui voulait prendre son temps, s’est fait rappeler à l’ordre par le Souverain dans un communiqué. Lors d’une rencontre ultérieure avec la presse le 12 juin, le Prince Albert précisait « Le ton était ferme mais il fallait mettre le conseil national devant ses responsabilités. Il ne s’agissait pas d’imposer le vote de la réforme coûte que coûte aux élus. Pour autant, dans le système institutionnel monégasque, il y a des lignes et il ne faut pas essayer de vouloir les bouger.» Et le Souverain de donner son avis sur le projet : « Le texte me paraît juste et équilibré, il propose une approche cohérente qui est ouverte à la discussion et le gouvernement abordera les propositions éventuelles d'amendements dans un esprit constructif… Les élus ont largement le temps avant septembre d’examiner le projet de loi calmement et dans la sérénité», et ce, même s’ils ont beaucoup de travail et déménagent dans un nouveau bâtiment ».... Le Conseil national se prononcera sur le projet de loi lors d’une session extraordinaire fin septembre.

Le gouvernement répond aux critiques

e gouvernement princier est attentif aux réactions sur le projet retraites. Pourtant, en analysant les estimations contradictoires, il estime, chiffres à l’appui, non fondées les inquiétudes. Le gouvernement est prêt, pour autant, lors du débat et du vote au Conseil national, à faire preuve d’esprit d’ouverture, dans le cadre du pouvoir d’amendement constitutionnel des élus. Il le fera sur ce qui lui paraitra raisonnable et acceptable. Mais on voit bien que ce sera à la marge du projet, car pour l’essentiel, le gouvernement ne doute ni de la vérité de ses chiffres, ni de la pertinence de ses prévisions. Le conseiller Valeri en première ligne ne cesse de l’expliquer. Il en est convaincu : ce projet est indispensable et efficace. En effet il ne cesse de le marteler, sans les mesures de protection, le régime serait en faillite à l’horizon 2030 et les retraites devraient être baissées de près d’un tiers. Le projet de loi du Gouvernement - affirme le conseiller - garantira jusqu’en 2050 l’équilibre du régime. Stéphane Valeri, quand on l’interroge, relativise la manifestation syndicale qui n’a pas particulierement mobilisé, et les critiques de l’USM et du président de la FPM, qui selon lui restent très idéologiques, minoritaires et fondées sur de fausses hypothèses. « L’immense majorité des employeurs et des salariés de ce Pays ont bien compris que ces mesures sont nécessaires pour préserver un régime qui leur est très favorable, puisqu’il assure une pension moyenne de 1.800 euros contre 1.000 euros en France, ou bien encore des retraites supérieures de 25 à 75 %, pour des carrières et salaires équivalents. » Mais rien n’est verrouillé, tout peut encore évoluer quand les remarques ou inquiétudes sont fondées sur des réalités et des convictions sans arrières pensées. Il est normal qu’on s’interroge. « Pour autant - assure le conseiller Valeri - le Gouvernement comprend la préoccupation de certains face à des mesures techniques complexes et continuera à expliquer son projet en toute transparence et avec la vérité des chiffres, qui ne peuvent que rassurer les employeurs et les salariés ». Une pédagogie de conviction donc pour rassurer et convaincre ceux qui peuvent l’être, s’ils sont de bonne foi, leurs approches méritant alors d’être toujours respectés. En effet, on peut être convaincu d’être dans le vrai et accepter, tout de même, de ne pas avoir raison sur tout. (P.Z.) Photos © CdP

LA REACTION

(1) La majoration de 1,1 % représente la différence entre l’évolution annuelle de la valeur du point qui suit celle de l’indice INSEE et l’évolution du salaire moyen constaté au cours des dernières années. Autrement dit, si à l'avenir le salaire de base est indexé sur l’évolution du salaire moyen, cela va entraîner une stabilisation du nombre de points distribués. C’est la thèse retenue pour le projet de réforme. (2) C’est déjà le cas dans les faits depuis quelques années, mais ce point n’est pas formellement prévu dans le texte de loi.

(3) Selon l’USM, la seule façon de ne pas perdre de points serait de voir son salaire progresser de l’inflation + 1,1 point, c’est à dire une progression identique au salaire de base de la CAR. Quel salarié obtient une telle augmentation de salaire chaque année s’interroge la centrale syndicale. Pour l’USM, il aurait fallu s’occuper d’abord des salaires – il n’y a plus de grilles de salaires, le 5% monégasque disparait, on attend toujours une loi sur les contrats de travail -, de la retraite ensuite. (4) Le directeur de la CAR, M. Campana précise : « Il y a eu un déficit de l’activité technique durant les années 1996/1997, 1997/1998, 1998/1999, mais avec des ampleurs qui n’étaient pas comparables puisque ce déficit est passé de 713 000 € à 2 096 000 € avant de revenir à 39 000 €. Le régime est ensuite revenu à un niveau d’équilibre grâce à une forte progression de l’activité économique (5 à7 % de cotisation de plus chaque année). » (5) En année mobile à la fin avril, les salaires taxés progressent pour la CAR de + 5,31%. En revanche, sur les premiers mois de l’exercice (actuel), les prestations ont augmenté de plus de 6% (6,05% pour l’exercice précédent) alors que les salaires taxés ne progressent que de 4,99% (4,80% pour l’exercice précédent).


Economie & Finance

La Principauté

La SBM ne peut plus attendre Juillet-Août 2012

BILAN • La société phare de Monaco demeure dans une situation de plus en plus préoccupante : il faut appliquer rapidement le plan de relance

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Si les mauvais chiffres rendent insupportable la masse salariale, ce sont ceux en haut de la pyramide qui devraient donner l’exemple PAR PATRICE

a course contre la montre ne peut être perdue. La SBM ne peut mettre en danger la situation satisfaisante de l’économie monégasque. Et pourtant, la situation est de plus en plus préoccupante. Les déficits se creusent malgré quelques frémissements et la stratégie de relance tarde. En fait pour le moment, la nouvelle direction n’a pas encore réussi à provoquer l’électrochoc psychologique rendant la confiance au personnel. Le personnel craint des plans sociaux déguisés et ne voit pas encore les effets du « projet renaissance ». Ce n’est certes pas la présentation des résultats du dernier exercice, le 15 juin dernier qui risque de dissiper le malaise. Les marchés ne s’y sont d’ailleurs pas trompé : au lendemain du point de presse le titre SBM avait perdu 4,5 %. Le problème est simple mais très difficile à résoudre. Les mauvais résultats rendent insupportable la masse salariale. Il faut soit gagner plus, soit dépenser moins ou mieux et les deux ensemble certainement.

ZEHR Photo © SBM

 Les responsabilités de la direction Mais une fois cela posé on se heurte a des approches contradictoires. En gros, c’est la faute à de mauvais choix directoriaux – c’est la faute des personnels privilégiés qui ne veulent rien céder. C’est la direction qui est responsable bien sûr, même si elle assume largement le passif d’un passé, des déficits et des mauvais choix. Elle ne peut fuir ses responsabilités en désignant des boucs émissaires. Elle n’a certainement pas tort sur certains comportements égoïstes, mais c’est un peu inclus dans un cahier des charges historique. Le poids de la masse salariale tient à la spécificité de la société et à son rôle de premier employeur, hors le service public, de Monégasques. Certains sans doute restent attachés à des privilèges d’une autre époque, mais considérés comme des avantages acquis quasi de droit divin. Cependant stigmatiser une partie des salariés par rapport à d’autres n’est certes pas la bonne solution. Cela ne sert pas à grand-chose. Le personnel pense globalement qu’en ce qui concerne la réduction des charges de salaires, les plus payés, qui sont de plus en plus nombreux en haut de la pyramide, devraient donner l’exemple. Chacun a son responsable et son bouc émissaire. Si on reste dans l’affrontement, ce n’est pas moi, c’est l’autre, on ne s’en sortira jamais.

du doigt le pari pour le moment perdu des paris en ligne, et de ce que coûte Betclic, avant peut être de rapporter un peu si la fiscalité évolue favorablement. Autre choix débouchant sur une déception, l’implantation internationale qui se révèle très difficile et aléatoire, comme le prouve l’abandon du «trou» qui devait être un chantier phare du projet Jawhar à Marrakech. Une direction qui parait impuissante face à des personnels inquiets et quelques privilégiés fermés à toute évolution. On remet la relance du plan de relance en septembre. C’est la renaissance annoncée de la renaissance pour le moment avortée. Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue, ce qui serait une catastrophe historique aux conséquences économiques et sociales imprévisibles pour Monaco. On comprend que le Souverain ait montré lors du dernier point de presse à quel point il était sensible a ce problème. « Ce plan de relance comporte plusieurs dizaines de chantiers à mettre en place, qui nécessitent une mobilisation impérative de tous les secteurs, de la direction, des cadres et des personnels. Il faut l'aborder de manière constructive". Le Prince doit être entendu et surtout entendu à temps : il ne suffit pas de parler de plan de relance, il faut le lancer.

 Les jeux sont au cœur du métier de la SBM Il faut éviter le conflit social majeur et relancer en priorité les jeux. Les jeux sont au cœur du métier de la SBM et une trop forte dérive hôtelière ne serait qu’une fausse solution. Un miroir aux alouettes. Certes l’immobilier REUNION va mieux enfin à Monaco avec des augmentations notables de ventes et de locations d’appartements. Le nombre de transactions immobilières en Principauté de Monaco a quasiment doublé au preour marquer la fin du premier semestre d’activité, la mier trimestre 2012 par rapport à la même période l'année précéChambre de Développement Economique a invité ses dente. C’est un succès pour la nouvelle loi des droits de mutation, entreprises membres à se évitant les opacités et permettant à Monaco de percevoir ce qui lui réunir au Monte-Carlo Country Club, une manière également est dû. C’est une confirmation de l’attractivité de Monaco chez cerde célébrer le début de l’été, tains dans la conjoncture actuelle. D’un coté le marché est clarifié entre entrepreneurs de la Principauté… Au programme mais de l’autre arrivent des acheteurs, pour la plupart de l’est, aux de ce rendez-vous, auquel ont participé plus de 150 acteurs motivations diverses, mais qui devraient tout de même être de bons économiques de Monaco, tout clients pour les jeux. Des jeux qui sous l’impulsion d’Isabelle Simon, d’abord un point sur la conjoncture et l’actualité de la dont l’arrivée est jugée très positive, ont déjà bougé. Le nouveau CDE avec son président, puis directeur du marketing, lui, est face au défi de faire revenir les l’habituel cocktail des adhérents, venus développer leurs anciens joueurs et d’en faire venir de nouveaux, en prenant en réseaux de proximité. compte les cultures et des habitudes parfois opposées. Il y a urgenSur la conjoncture économique, Michel Dotta, résoluce : la performance financière de 2011-2012 est en recul par rapment positif, a évoqué la publication du dernier bulletin port à l’année dernière, déjà mauvaise.

Rendez-vous des adhérents CDE

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 Il faut appliquer le plan de relance Le secteur immobilier progresse, les jeux sont stables, mais la perte globale du résultat net est de 33,2 millions d’euros. « On est au fond du trou. La situation ne cesse de se dégrader ». Le moral du Président du Conseil d’administration Jean Luc Biamonti est visiblement lui aussi au plus bas. Le chiffre d’affaires a beau augmenter rien n’y fait, la SBM s’enfonce. Chiffre daffaires consolidé 372 millions au lieu de 361 mais résultat opérationnel -28 millions et net -33 au lieu de -21 l’année précédente et surtout -17 pour le net. Ca ne peut pas continuer comme cela. Le personnel pointe

REUNION

Photo © CDE

trimestriel de l’IMSEE, rappelant une nouvelle fois combien les entreprises monégasques sont performantes et incroyablement résilientes, dans un monde en pleine mutation. D’après l’IMSEE, le chiffre d’affaires des entreprises au 1er trimestre progresse ainsi de 17,4%, hors activité banque/finance . S’agissant des actifs des banques, ainsi que des dépôts, ils ont évolué significativement, les dépôts passant de 73 à plus de 80 milliards € en 12 mois. Quant à l’actualité de la CDE, dans l’immédiat, les entreprises monégasques sont invitées le 5 juillet à participer à un Ambassador’s Lunch Malaisie ; l’opportunité de mieux appréhender ce pays à la conjoncture économique favorable, qui ambitionne de devenir, d’ici 2020, un pays à haut revenu. Par ailleurs, du 27 juillet au 12 août, les entreprises membres de la CDE pourront recevoir leurs clients et prospects au sein de la Maison de Monaco à Londres, pendant les Jeux Olympiques d’été. Le temps fort de l’agenda 2012 de la CDE sera la mission économique à Istanbul, organisée du 6 au 9 novembre à l’occasion d’une visite officielle de S.A.S. le Prince Albert II en Turquie. Plus de vingt entreprises ont déjà confirmé leur participation à ce déplacement qui s’annonce parmi les plus importants jamais réalisés.

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ECOLOGIE

ingt ans après le Sommet de la Terre qui avait imposé l'environnement sur l'agenda mondial, le sommet sur le développement durable s'est achevé à Rio de Janeiro avec l'adoption d'un compromis a minima mis au point par le Brésil, pays hôte, intitulé «Le futur que nous voulons». Précédé par des mois de discussions et de négociations, ce texte est une somme de bonnes intentions, comme il y a vingt ans ! L'accord contient très peu d'engagements fermes et n'impose ni échéanciers, ni objectifs chiffrés... Les dirigeants du Monde ne sont pas les Mousquetaires de l’environnement, et ils n’ont pas eu le talent, comme Alexandre Dumas, d’écrire la suite que l’on espérait, «Vingt ans après» !

 Ils se sont payés avec des mots… "Nous chefs d'Etat et de gouvernement (...) renouvelons notre engagement envers le développement durable et envers un avenir économiquement, socialement et écologiquement durables pour notre planète et pour les générations présentes et futures", commence « le futur que nous voulons »… que c’est beau ! Pays riches et pauvres se sont accordés sur une série de promesses pour guérir les plaies de la planète. La longue liste de maux inclut la faim, la pauvreté, et aussi la désertification, l'appauvrissement des océans, la pollution et la déforestation, le risque d'extinction de milliers d'espèces... Et le financement ? Peanuts… Les dirigeants du monde, réunis au Brésil, se sont payés de mots ! Et s’il y avait des absents de marque – Obama, Poutine, Merkel – ce n’est pas un hasard..

 Faudra-t-il convoquer un Rio+40 ? « Rio+20 nous donne une chance unique de corriger les choses, de créer un nouveau modèle pour un nouveau chemin qui concilie les impératifs d'une croissance forte et du développement économique avec les dimensions sociales et environnementales d'une prospérité durable", a dit le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon devant la conférence. "Maintenant, il est temps d'agir, at-il exhorté. Ne laissons pas nos enfants et petitsenfants convoquer un Rio+40 ou un Rio+60". La présidente brésilienne Dilma Rousseff a appelé à "l'audace"…"Nous sommes réunis à Rio de Janeiro pour avancer avec audace, montrer du courage, assumer nos responsabilités, nous sommes ici parce que le monde réclame du changement", a-t-elle dit. Vœux pieux ou hypocrisie ?plus grandes causes écologiques.

 Le mur des BRIC…« Le principal acquis du Sommet est la décision de lancer des "Objectifs du développement durable" (ODD) sur le modèle de ceux du Millénaire adoptés en 2000 par l'ONU. Leur définition est toutefois laissée à un groupe de travail qui devra faire ses propositions en 2013, pour une mise en place à partir de 2015. Ces objectifs devront être "en nombre limité, concis et tournés vers l'action", selon la déclaration. Des objectifs applicables à tous les pays, mais tenant compte des "circonstances nationales particulières". Un assemblage

Ecologie & Environnement

Juillet-Août 2012

RIO+20 • L’Organisation mondiale de l’environnement attendra. L’économie verte aussi : le sommet s

Le Prince Albert II PAR PIERRE-YVES REICHENECKER

de formules consensuelles préservant les égoïsmes nationaux. Mais Sur les deux thèmes principaux du sommet, l’économie verte et la création d’une Organisation mondiale de l’environnement, aucune avancée. Quand la géopolitique se mêle à l'environnement, la planète n'en ressort pas toujours gagnante. Les rapports de force entre pays émergents, les «BRIC» pour Brésil, Russie, Inde, Chine, et les pays développés ont profondément basculé. En résumé, ces pays veulent pouvoir continuer à exploiter leurs ressources naturelles sans que personne ne s’en mêle. Dans ce contexte, les Etats-Unis et le Canada ont une position pour le moins trouble.

 Il nous faut du courage… « Il nous faut apprendre à vivre de la mer, tout en la protégeant. C’est là tout le sens de mon engagement. Plus qu’un état côtier, Monaco est, par tradition historique et culturelle, un état tourné vers la mer ». Le Prince Albert II a martelé à la tribune de Rio+20 le Message de Monaco. « Mon trisaïeul, le Prince Albert Ier, l’un des fondateurs de l’océanographie moderne, fut l’un des premiers, il y a cent ans, à alerter l’opinion publique sur la vulnérabilité de nos océans. Leur gestion durable constitue le cœur du Message de Monaco (…) Un proverbe brésilien nous rappelle que « la bonne volonté raccourcit le chemin ». Au-delà de la volonté, il nous faut du courage » a lancé le souverain

Photo © Palais Princier de Monaco

monégasque. Un courage qui a manqué à certains pour offrir enfin un statut à «la haute mer», située hors des juridictions nationales et seule partie des océans à ne pas encore être placée sous la protection d'une autorité. Le paragraphe dans lequel la communauté internationale s’engageait à lancer "aussitôt que possible" un processus assurant "la protection et l'usage durable de la biodiversité marine audelà des zones se trouvant sous juridiction nationale" a disparu du texte final ! Responsables : Etats-Unis, Canada, Japon, Russie et Venezuela, qui ont demandé la suppression du passage concerné ! Pourtant la mer n’est-elle pas l’utérus de la terre ?

Cold Play : des rockers engagés !

PEOPLE VERT

A

© DR ssister à un concert de COLD PLAY c’est en prendre pleinPhotoles yeux comme à Nice le mois dernier mais c’est aussi, pour ceux qui le souhaitent, soutenir et s’engager avec le groupe auprès d’OXAM. Cette confédération internationale de 17 organisations travaille pour trouver des solutions durables afin de lutter contre la pauvreté, les injustices sociales et les inégalités. Il fallait de vrais rockers prêts à s’engager vraiment pour tenter de faire reculer ces murs d’indifférence, car le travail ne manque pas. Et le groupe britannique honore parfaitement les objectifs de l’ONG en s’investissant avec ferveur pour soutenir les programmes dans plus de 50 pays. Cold Play a décidé de lutter essentiellement contre l’injustice commerciale qui écrase de tout son poids les agriculteurs des pays pauvres. Car le fonctionnement de l’OMC et le comportement des pays riches ne leur donnent aucune chance de s’en sortir. Chris Martin profite de toutes les occasions pour rencontrer des paysans pauvres pour comprendre leurs problèmes (Haïti, Ghana), participe au sommet de Cancun et essaye de trouver une solution.L’une d’entre elles, rencontrer le directeur de l’OMC afin de lui demander de changer les règles commerciales totalement inhumaines, qui tuent des millions d’exploitants agricoles incapables de résister aux pressions économiques exercées par les multinationales, les Etats-Unis ou encore l’Europe. Dumping, accès au marché, libéralisation forcée, accords commerciaux… voilà quelques éléments sur lesquels des changements immédiats doivent se faire pour rééquilibrer les choses. Chris Martin porte souvent des tee-shirts avec l’inscription « Make Trade Fair » pour promouvoir son combat. Il donne très souvent la Possibilité à OXAM de s’exprimer au cours de ses concerts pour que ses fans s’engagent eux aussi. Il a réussi à récolter plus de trois millions de signatures pour demander aux gouvernements de rendre le commerce plus équitable. Dans ses interviews, il n’hésite pas à faire pression sur les différents acteurs de ce système mondial injuste. Et si Chris Martin mouille sa chemise pendant ses concerts, il offre aussi son blouson de la tournée « Viva la Vida » aux enchères pour OXAM. Faire plus ce n’est pas possible, à nous les fans de le soutenir en nous engageant. Oxam.org et oxamfrance.org (J.P.L.)

PEOPLE VERT


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Ecologie & Environnement

La Principauté

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sur le développement durable était encore une fois décevant et il s’est achevé avec l’adoption d’un compromis à minima intitulé “ Le futur que nous voulons”

I : “Il nous faut du courage” Photo © Victor R. Caivano / AP

L’aiguille de l’horloge court….

L’ETAT DE LA TERRE EN 9 CHIFFRES

La biodiversité en déclin de 28% Entre 1970 et 2008, les populations de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons ont décliné de 28%, et particulièrement les écosystèmes tropicaux, en baisse de plus de 60%. 300 millions d'hectares de forêts en moins Depuis 1992, les forêts primaires se sont réduites de 300 millions d'hectares, soit à peu près la superficie de l'Argentine. 350 millions de personnes, parmi les plus pauvres, dépendent des forêts pour leur subsistance quotidienne et leur survie à long terme, selon la FAO ;

 Le futur que nous ne voulons pas… Le texte signé par les délégations des Nations unies a été rebaptisé «Le futur que nous ne voulons pas» par les ONG. «Le futur que nous voulons est fait d’engagements, d’actions, et tient compte de l’urgence à freiner la crise sociale, économique et environnementale, pas à la reporter. Rien de tout cela ne figure dans le document officiel qui sera l’héritage de cette conférence», écrivent les ONG. Au Sommet des peuples qui réunissait ONG et société civile, également à Rio, à quelques kilomètres des représentants des gouvernements cloisonnés dans le centre de conférences Riocentro, c’était l’amertume, résumée par cette formule d’un membre d’une association d’aide aux pays en

développement : «Ils négocient pour négocier et s’organisent pour ne pas s’entendre, c’est un sempiternel recommencement». En 1992, lors du premier sommet de la Terre, Jacques Chirac avait dit «Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs». Aujourd’hui nous la regardons brûler.

 L’aiguille de l’horloge court… Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a fermé le ban en martelant, en clôture de la conférence, la plus large jamais organisée par les Nations-unies: "Les discours sont terminés, maintenant commence le travail". Et il a ajouté : "Le chemin est long et ardu, l'aiguille de l'horloge court, et l'avenir est entre nos mains".

Les manchots, nos “sentinelles”

e Centre Scientifique de Monaco a lancé, mi mai, lors d’une journée riche en débats, conférences et films, ses recherches polaires. « Les écosystèmes marins L polaires sont tout particulièrement sensibles aux changements climatiques car

même d’infimes différences de la température ambiante peuvent avoir des conséquences dramatiques sur l’étendue et l’épaisseur de la couche de glace et, par conséquent, sur les espèces qui en dépendent pour s’alimenter ou se reproduire ». Il a par exemple été montré qu’une augmentation de la température des eaux de surface d’à peine 0,3°C provoque une diminution de la survie des manchots royaux de près de 10 %. Or, un réchauffement global de la température de surface des océans de 1,4 à 5,8° C est prévu d’ici à 2100 !  Un écosystème polaire « en feu » En sus de leur caractère emblématique, les manchots constituent de véritables ‘sentinelles’ de notre planète et de précieuses sonnettes d’alarme en tant que bio indicateurs de l’impact des bouleversements climatiques liés aux activités de l’homme sur la biodiversité. « Ainsi, on estime à 80 % l’extinction des populations de manchots Adélie de la région de Palmer en Péninsule Antarctique*. Cela nous informe d’un dérèglement déjà amorcé à l’échelle planétaire, qui a et aura des répercutions de plus en plus fortes sur nos sociétés. Mieux protéger nos Pôles et mieux préserver notre environnement passe d’abord par une meilleure compréhension de ce qui nous entoure ».  Des recherches au long cours... L’objectif principal des recherches en milieux polaires réalisées au sein du LEA ‘BioSensib’** est donc de comprendre et de prédire les effets des changements globaux (changement climatique, pollution, détérioration des habitats, etc.) sur les milieux polaires et la biodiversité qu’ils hébergent. « Dans ce contexte, une douzaine de scientifiques partent chaque année en Terre Adélie, sur le continent antarctique, et sur les îles subantarctiques de Crozet et de Kerguelen afin de collecter des données sur différentes espèces de manchots (Manchot empereur, Adélie et royal) ». Des études au long cours, mais tellement importantes pour notre planète. *la moyenne de la température hivernale a augmenté de 6°C depuis 1950 – l’augmentation la plus rapide de la planète ! – et l’océan s’est réchauffé de près de 0.7°C. (Chiffres 2007)

**le Laboratoire Européen Associé « Biodiversité et milieux sensibles au changement climatique » (LEA 647 BioSensib) a été créé dans le cadre d’un partenariat entre le Centre Scientifique de Monaco (CSM) et l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) de Strasbourg, sous la tutelle de l’Institut Ecologie et Environnement du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l’Université de Strasbourg.

Consommation de viande en hausse de 26% La consommation alimentaire augmente plus vite que la population. Alors qu'en 15 ans, de 1992 à 2007, la consommation de poissons et produits de la mer était en hausse de 32%, et celle de la viande de 26%, la population mondiale n'augmentait que de 22%.

Les besoins en ressources naturelles représentent 1,5 année de production La production de la Terre ne suffit plus à couvrir la consommation des êtres humains en l'espace d'une année, selon le WWF. Et à l'horizon 2030, on prévoit que deux planètes ne suffiraient pas à répondre à nos besoins !

La température sur la Terre a augmenté de 0,4 degré en 10 ans Sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre qui ont augmenté de 3% par an au cours de la dernière décennie, les températures se sont d'ores et déjà réchauffées de 0,4 degré Celsius.

La consommation mondiale d'énergie va doubler d'ici 2030 La consommation mondiale d'énergie en hausse de 5,6% en 2010 devrait doubler d'ici 2030. Les énergies fossiles représentent 87% de l'énergie consommée, le nucléaire 5,2% (22% dans les pays de l'OCDE), et les énergies renouvelables environ 13%.

2,3 milliards de tonnes de gaz polluants émis d'ici à 2020 Si rien n'est fait, les métropoles de la planète rejetteront dans l'atmosphère pas moins de 2,3 milliards de tonnes de gaz à effets de serre d'ici à 2020. En 2010, les 59 plus grandes villes en ont émis 1,7 milliards de tonnes.

1,3 milliard de personnes en situation de pauvreté extrême Avec moins d'1,25 dollar par jour, 1,289 milliard d'habitants souffrent de pauvreté extrême, en 2008, dont 47% des Africains. 9,3 milliards d'habitants sur terre d'ici 2050 Nous sommes à l'heure actuelle 7 milliards d'humains sur terre, c'est à dire 2 fois plus qu'en 1950. Et en 2050, la population mondiale devrait culminer à près de 9,3 milliards.


La Principauté 52e Festival de la Télévision de Monte-Carlo

52e Festival de la Télévision

Juillet-Août 2012

Comme chaque année, acteurs et producteurs provenant de la planète entière se sont retrouvés

Lesstarsdupetitécr

NOTRE REPOR Photo © M. Gander / NewPress7

FESTIVAL TELE

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Eva Longoria (Desperate Houseviwes)

Diane Neal (Law & Order)

Photo © Thierry Carpico

Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco entouré par Michael Trevino, Photo © Thierry Carpico

FESTIVA

Kim Matula Hunter Tylo Jacqueline Mac Innes Wood (The Bold and Beautiful)


Juillet-Août 2012

La Principauté

52e Festival de la Télévision

s à Monaco pour rencontrer leurs fans et recevoir les prestigieuses Nymphes, convoitées par tous les participants

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cran sont au rendez-vous

RTAGE SPÉCIAL Photo © Thierry Carpico

Photo © Thierry Carpico

FESTIVAL TELE

Nathan Fillion (Castle)

Photo © Thierry Carpico

Michael Chad Murray, Madeleine Stowe, Joseph Morgan et Ted Danson Photo © Thierry Carpico

AL TELE Roger Moore en compagnie de son épouse

Jacqueline Mac Innes Wood (The Bold and Beautiful)


14 La Principauté

l’Actualité l’

BILAN • Les français de Monaco ont un représentant qu’ils n’ont pas élu et qui ne correspond pas à leur choix !

Electionsfrançaises 2012 Changement et paradoxes

L

e cycle électoral français est terminé. La France a choisi la gauche et surtout le parti socialiste pour faire face aux défis de la crise et de sa société. Le président Hollande a donc les mains libres. Il tient l’Elysée et Matignon, le Sénat et l’Assemblée nationale sans parler des régions. A l’issu du deuxième tour des élections législatives, on peut affirmer qu’il y a eu une vague rose. L’ancienne majorité a perdu 100 sièges, le PS seul à la majorité absolue, le FN revient au parlement.

PAR PATRICE

On connait les points forts : défaite de Bayrou et Ségolène Royal, échec de justesse de Marine Le Pen, victoire de tous les ministres et désaveu de nombreux proches de l’ancien président. Mais la vague rose s’est arrêtée au sud-est. C’est le premier paradoxe. L’UMP réalise en effet un grand chelem dans le Var et les Alpes Maritimes. 8 députés dans le Var et 9 dans les Alpes Maritimes. Pas de changement donc pour Monaco au niveau des élus du département de proximité. Dans la 1re circonscription, l'UMP Eric Ciotti (60,92 %) est réélu face au PS Patrick Allemand (39,08%). Dans la 2e circonscription, l'UMP Charles-Ange Ginésy est élu (52,59%) face à l'EELV-PS André Aschieri (47,41%). Dans la 3e circonscription, l'UMP Rudy Salles est réélu (58,73%) face à la PS Christine Doréjo (41,27%). Dans la 4e circonscription, l'UMP Jean-Claude Guibal est réélu (un peu plus de 55%) face à la FN Lydia Schénardi (45% environ). Dans la 5e circonscription, l'UMP Christian Estrosi (63,41%) est réélu face au PS Paul Cuturello (36,59%). Dans la 8e circonscription, l'UMP Bernard Brochand (66,20%) est réélu face au FN Adrien Grosjean (33,80%). Dans la 9e circonscription, l'UMP Michèle Tabarot (61,32%) est réélu face à la PS Marie-Louise Gourdon (38,68%). Les députés sorLa Principauté tants UMP Jean Leonetti et Lionnel Luca ont été réélus Edité par dès le 1er tour. GLOBAL MEDIA ASSOCIATES Le premier journal d’actualité de Monaco

Sas

“ Le Beausoleil de Monaco”

6, bd de la Turbie 06240 Beausoleil

Tél. : +33 09.50.79.90.84 Fax : +33 09.55.79.90.84 glomed.free.fr/laprincipaute.html email : glomed@free.fr Directeur de Publication Roberto Volponi Rédacteur en Chef Patrice Zehr

Rédacteur en Chef Adjoint Pierre-Yves Reichenecker Avec la collaboration de Lisa Arquette Amanda Coutelle Jean-Philippe Lucas Pascale Marcaggi Pierre-Alain Martini Alessandro Paparella Alan Parker-Jones

Photos Claudia Albuquerque Olivier Almondo Centre de Presse Thierry Carpico Murielle Gander Cransac Projet graphique PDC Milano

Relations Publiques Mary Coles Promotion & Publicité Chantal Garry

Diffusion Monaco & Côte d’Azur SEC Cour Anc. Gare SNCF Impression Graficolor Regione Prati - Arma di Taggia (IM) Le tirage de ce numéro a été de 27.800 exemplaires

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PERSONNAGES

ZEHR

 Le deuxième paradoxe concerne Monaco directement... Laurence Sailliet, candidate UMP, a été battue par Arnaud Leroy, candidat PS. La 5e circonscription des Français de l'Etranger (Monaco, Espagne, Andorre et Portugal) a pour la toute première fois un député... et un député socialiste. Cela s’inscrit dans le vote global des français de l’étranger qui a été l’une des surprises du scrutin. Tout pour la gauche, ou presque. Huit des onze nouvelles circonscriptions législatives des Français de l’étranger sont allées à la gauche (sept au PS, une au candidat EELV soutenu par le PS). Un résultat d’autant plus étonnant qu’à la présidentielle 2012, les résultats ont été inverses: huit circonscriptions sur onze ont préféré Nicolas Sarkozy à François Hollande au second tour, et les Français de l’étranger ont voté presque 5 points plus à droite que l'ensemble des Français (53,05% pour Nicolas Sarkozy, contre 48,37% en France). Une des critiques du PS contre l’UMP au moment de la réforme créant des députés des Français de l’étranger visait le découpage des circonscriptions, jugée baroque par la gauche: la très aisée Monaco rattachée à l'Espagne plutôt qu'à l'Italie, celle-ci se voyant adjointe Israël... Le député Jean Mallot leur avait même trouvé un nom de code, «TPLD»: tout pour la droite! Les prévisions réalisées à l'époque à partir des résultats de la présidentielle donnaient neuf sièges à la majorité et deux à l'opposition. Au final, elle en récolte donc huit. C’est que découper des circonscriptions plus ou moins favorables à votre parti ne fonctionne que si les électeurs de ces circonscriptions vont voter. En ce qui concerne Monaco, c’est flagrant : 20 % de votants. Et cette communauté qui a voté plus Sarkozy et plus à droite à la présidentielle que l’ensemble du sud-est de la France se retrouve avec finalement le seul député socialiste de la région. Il est évident que les français de Monaco ont un représentant qu’ils n’ont pas élu et qui ne correspond pas à leur choix. Le système est donc critiquable, même si le respect du vote démocratique s’impose. Le paradoxe pose cependant un vrai problème..

e Sea Lounge Monte-Carlo a L ouvert ses portes pour la saison estivale 2012 avec un grand retour

Nouveautés au Sea Lounge au pur esprit lounge. Blottie dans l'écrin du Monte Carlo Beach, cette perle chic et glamour présente aussi des nouveautés dans son équipe. Le nouveau Chef Exécutif des cuisines du Monte Carlo Beach, Paolo Sari (photo) signe de son empreinte légère et passionnée une nouvelle carte d'influence internationale en parfaite harmonie avec les lieux. Au menu: « Extravagance » avec les « Trois Ch'ti Burgers » (foie gras, boeuf japonais, poulet de Bresse) ou la « Ceviche de homard au citron vert et mangue », rêveries autour du caviar et créations originales de barbagiuans « d'ici et d'ailleurs », assiettes Far West et... Far East ! La carte des desserts fait la part belle à la fraîcheur des fruits. Nouveau manager du Sea Lounge, Stanislas de Boissieu tient à offrir à la clientèle un accueil personnalisé, plus chaleureux que jamais, assorti d'un service irréprochable. À la tête d'une jeune équipe, ce spécialiste de la nuit formé en école hôtelière connaît parfaitement la nuit monégasque pour avoir officié, notamment, deux saisons au Jimmy'z Monte-Carlo. Il sera assisté d'Hugo Ardisson qui effectue une nouvelle saison.

PERSONNAGES

Juillet-Août 2012



MONACO EN BREF

☞ Monaco : Les chercheurs du Centre Scientifique de Monaco (CSM) sont satisfaits. Leurs études sur le corail rouge viennent d’être doublement récompensées : les résultats de leurs derniers travaux font la couverture du prestigieux journal scientifique américain "The Journal of Biological Chemistry" et un de leurs étudiants en thèse a été primé lors d’un récent congrès sur la biominéralisation.



☞ Valberg : GranFondo Cannondale – La Valbergane, 14 et 15 juillet : Valberg sera la ville hôte pour cette nouvelle épreuve Granfondo World en France. La célèbre série viendra offrir deux courses uniques et deviendra la plus haute cyclosportive d’Europe en franchissant le Col de la Bonette. La route de la Bonette est réputée pour être la plus haute d’Europe. C’est en tout cas un col mythique pour les cyclistes. Office du tourisme tel : 04.93.23.24.25 ☞ Grasse : La 4ème édition du Festival « Le Temps des Contes », organisée par la Communauté d'Agglomération Pôle Azur Provence en partenariat avec les 5 communes et les bibliothèques et médiathèques du territoire, se déroulera du 23 au 27 juillet 2012 à Pégomas, Grasse, Auribeau-sur-Siagne, MouansSartoux et La Roquette-sur-Siagne. Ce festival est un moment privilégié pour tous ceux qui veulent rêver, farnienter, se lover, prendre du bon temps et écouter des histoires. Renseignement Tél. 04 97 05 22 03

☞ Antibes : Une équipe d’archéologues de l’Inrap a découvert l’épave d’un navire romain dans le port antique d’Antibes, sur le site du « Pré aux Pêcheurs ». Conservé sur près de 14 m de long, le bateau est couché sur le flanc dans un endroit peu profond (à moins de 1,60 m sous le niveau marin antique). D’après les premières observations, il en subsiste une partie de la carène, depuis la quille jusqu’au dessus du bouchain. Les céramiques récoltées sur l’épave livrent déjà une fourchette chronologique : les IIe-IIIe siècles de notre ère.

☞ Monaco : la galerie L’Entrepôt propose du 17 juillet au 31 août "Christo : Lithographies originales". Il s’agit d’une exposition - vente de lithographies et photos, dédicacées, des grands projets monumentaux à travers le monde. L’opportunité de découvrir, sur un même lieu, une partie étonnante des installations / créations très esthétiques qui illustrent le projet de Christo de «révéler en cachant».

☞ La Colle sur Loup : Du 12 juillet au 18 août, exposition de l’artiste Claude Bernier «… battent nos cœurs au rythmes des couleurs… » à l’Espace Rose de Mai situé dans le centre du village. Cette exposition est en parfaite adéquation avec le festival de jazz ‘autour des notes et des mots’ qui se tiendra également sur la Place de Gaulle, à proximité de l’Espace Rose de Mai. Office tourisme La Colle sur Loup Tél : 04 93 32 68 36

☞ Monaco : nouveau site internet et nouvelle identité graphique pour l’IMSEE. Ce logo permet également d’être internationalement compréhensible grâce à la signature « Monaco Statistics » qui communique un message clair. L'adoption de cette nouvelle identité s'accompagne de la mise en ligne d'un site Internet dédié aux statistiques de la Principauté de Monaco. www.imsee.mc

☞ Menton : le Musée Jean Cocteau propose jusqu’au 3 décembre prochain une nouvelle exposition temporaire Bernard Moninot « Dessins dans l’espace ». L’artiste propose quatre installations et plusieurs séries de dessins. 3 oeuvres de silence notamment dans une scénographie conçue par l’artiste à l’aide d’écrans translucides tendus le long des baies vitrées, créant de grands tableaux d’ombres portée.

☞ Monaco : Radars pédagogiques sur le bd du Larvotto et av d’Ostende. La Direction de l’aménagement urbain a installé cinq radars pédagogiques : quatre sur le boulevard du Larvotto et un avenue d’Ostende. Des radars alimentés par des panneaux photovoltaïques. Rappelons que la vitesse est désormais à 50km/h sur le bd du Larvotto à l’exception du passage devant l’école des Carmes limité à 30 km/h.

☞ Monaco : le sculpteur Kees Verkade présente plus de 50 ans de création jusqu’au 29 juillet, à la salle d’exposition, quai Antoine Ier. Kees Verkade est installé depuis 1979 en Principauté de Monaco. Il travaille le corps humain, nu et en mouvement, ainsi que les portraits ou les représentations en grandes dimensions. Plusieurs de ses œuvres ornent des lieux publics en Principauté.

☞ Monaco : du 20 au 22 juillet au Grimaldi Forum, dans le cadre du Monaco Dance Forum la compagnie canadienne les « 7 doigts de la main » présente son nouveau spectacle : Séquence 8. Ce collectif montréalais est connu pour ses spectacles de cirque à échelle humaine. Cette nouvelle œuvre acrobatique et théâtrale contemple le rôle de « l’Autre » et comment, à travers lui ou à son encontre, on se définit soi-même.

☞ Nice : Avez-vous déjà pensé à faire voyager deux galets de la plage de la Promenade des Anglais jusqu'au sommet du Mont-Blanc ? Tel est le projet des Editions Mémoires Millénaires, une expédition à deux, qui sonne comme un défi, et qui sera effectuée sans aucun transport motorisé, seulement à pied et à vélo, afin de faire revivre les routes historiques entre Nice et la Savoie. 600 km d’aventure. Départ le 12 juillet de la Promenade des Anglais. Un livre retracera cette traversée dans le temps. ☞ Beaulieu : Du 7 au 15 septembre, Beaulieusur-Mer organisera pour la cinquième année consécutive, les « Violons de légende », un des moments forts de la grande musique dans notre région, qui doit sa renommée internationale à l’originalité de son concept : faire entendre des concertistes d’élite jouant sur des instruments prestigieux. 5 soirées exceptionnelles sont au programme, réunissant des artistes internationaux dans les sites les plus mythiques de Beaulieu-sur-Mer, comme la Villa Kerylos, le Royal Riviera ou la Rotonde. Informations : www.violonsdelegende.com. Office du tourisme de Beaulieu-sur-Mer : 04 93 01 02 21

La photographie du mois

Vue inhabituelle et romantique de Monaco pendant la Primo Cup (c) S.Gattini


l’Actualité l’

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La Principauté

LA CONDAMINE • Le lieu - complètement renouvelé - a été inauguré en présence de LL.AA.SS. le Prince Albert II et la Princesse Charlène

Le marché fait peau neuve

C

La halle a fait l’objet d’un redistribution des espaces : trois zones conviviales aménagées avec des chaises et des tables

oup de jeune pour le « Nouveau Marché de la Condamine » inauguré en présence de LL.AA.SS. le Prince Albert II et la Princesse Charlène, du Ministre d’Etat S.E.M. Michel Roger, du Maire de Monaco M. Georges Marsan et de toutes les instances officielles... Après avoir visité la halle et dégusté les spécialités offertes par les commerçants, la délégation officielle conduite par le Souverain monégasque accompagné de son épouse la Princesse Charlène - vêtue d’une seyante robe bleu marine et arborant une nouvelle coupe de cheveux qui n’a pas manqué d’attirer regards insistants et commentaires admiratifs... - s’est rendu sur la place du marché afin de saluer les maraîchers et constater les travaux effectués sur l’aire de jeux destinée aux enfants grâce au soutien financier du Club Allemand... Une inauguration qui s’est transformée en un véritable bain de foule pour le couple princier qui aura passé près de deux heures « au marché » saluant tour à tour les vingt commerçants des échoppes intérieures... Le « Nouveau look » du marché marque l’aboutissement du projet pour lequel le Maire de Monaco s’est battu depuis 2006, aussi dans son allocution Georges Marsan a souhaité remercier plus particulièrement le Service des Travaux Publics, la Direction de l’Aménagement Urbain, la Direction de l’Expansion Economique, la Direction de l’Action Sanitaire et Sociale, les Services Techniques Communaux, le Service du Domaine Communal et le Cabinet Arch de Fred Genin - maître d’œuvre « qui ont su se mobiliser autour de ce projet fédérateur afin de donner aux commerçant et aux résidents de la Principauté un marché qui leur ressemble ».

PAR

AMANDA COUTELLE Photo © CAM

Les 20 échoppes de la nouvelle halle • Spécialités monégasques - Rôtisserie : A Roca • Boucherie Wioska • Produits Corses : M. Antonini • Boucherie Mattucca • Epicerie Mattucca • Fromagerie : SARL Monaco Ceneri • Boucherie Dominique • Bar : le Zinc • Spécialités monégasques : Chez Roger • Boulangerie Costa • Sushis : Monaco Asian Market • Poissonnerie : Etablissements Rinaldi • Bar à fruits / Bar à soupes • Pâtes fraîches : La maison des pâtes • Epicerie Fine : SCS F. Tibs • Boulangerie : Maison Mullot • Pâtes fraîches - charcuterie : SARL Truffle Gourmet • Produits du Sud-Ouest : SARL Produits du Sud-Ouest • Boulangerie : M. Serge Thomas • Glacier-café- foccaceria : SARL Le Comptoir

 Bientôt.... La wi-fi au marché ! La halle a fait l’objet d’une redistribution des espaces, permettant d’éviter l’effet « couloir » en créant trois zones conviviales aménagées avec des chaises et des tables et un éclairage moderne et chaleureux. Equipés de chauffage pour l’hiver, ces espaces sont en accès libre et permettent de consommer sur place les produits du marché.... Rappelons que ce projet a été financé par le Gouvernement Princier pour un montant de 1.800.000 euros dont un tiers a servi à la rénovation totale des chambres froides situées au niveau - 2. La Mairie a quant à elle financé sur ses fonds propres les escaliers extérieurs ainsi qu’une partie des travaux d’embellissement à hauteur de 550.000 euros. La Mairie soucieuse d’améliorer la qualité des services proposés aux résidents monégasques équipera prochainement de la techPASS’SPORT CULTURE nologie wi-fi les espaces de convivialité situés dans la halle ! Mais... «Nostalgie oblige» les monégasques omme chaque année la Direction de apprécieront sans aucun l’Education Nationale, de la Jeunesse et des doute la reconversion sous Sports propose son Pass’Sport Culture 2012 : un forme de deux bancs, sculpPass’Sport Culture qui offre aux adolescents la tés dans le bois du possibilité de découvrir, comme nouveautés Casuarina (plus que centecette année, la danse sportive, la danse-comédie naire et malade qui avait été musicale, la danse country, la boxe chinoise et coupé ici-même l’an dernier) thaï, le squash et le monde marin tout en maintenant les ateliers traditionnellement plébiscités. deux œuvres d’art signées Une trentaine d’activités sont ainsi proposées, Marc Nucera, paysagiste faisant la part belle aux loisirs nautiques : - avi«sculpteur d’arbres» Le marron ou kayak avec la Société Nautique ; - stages ché de la Condamine lieu de de plongée bouteille et de plongée en apnée sur rendez-vous ancestral des quatre matinées, grâce à l’Ecole Bleue de Pierre monégasques avec ce coup Frolla ; - randonnées aquatiques dans les Gorges de jeune, pourrait devenir le du Loup ou de Fanghetto en Italie ; - et, pour les nouveau lieu de rendezaccros de la glisse, jet-ski avec le Roca Jet Club. vous du «Tout Monaco» Une place de choix est également accordée aux grâce en particulier à activités artistiques : création libre à partir de supports multiples tels que le bois, le fer…, stages de l’extension de ses horaires guitare ou ateliers de personnalisation d’un vêtement ou d’un accessoire… Le Pass’Sport Culture 2012 d’ouverture : le Marché de la permet également aux adhérents de rencontrer les jeunes étrangers du Centre Méditerranéen de Cap Condamine sera désormais d’Ail et de partager cette année l’expérience d’un stage de théâtre en anglais. ouvert du lundi au samedi de 7h à 14h30 et de 16h30 à Savoir + : Si vous avez entre 13 et 21 ans et que vous résidez ou êtes scolarisés à Monaco, vous pou19h30 et le dimanche de 7h vez vous inscrire moyennant un forfait de 42 € pour un mois ou 68 € pour les deux mois au : Centre d’Information de l’Education Nationale, Tél : 98-98-87-63 à 14h... L’heure du déjeuner Les cartes seront délivrées depuis la mi-mai, les inscriptions aux activités ont débuté le 18 juin. Le Pass «aux couleurs du sud» donne droit à toutes les activités en fonction des places disponibles. devrait connaître désormais un grand succès...

Des vacances toniques pour les jeunes ! C

PASS’SPORT CULTURE

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16 La Principauté

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REPORTAGE

VOYAGES

es Maldives vont-elles disparaître ? Seront-t-elles englouties par la montée des eaux ou par le tourisme de masse ? En ces temps de crise économique et climatique, les Maldives cherchent leur futur. Ces îles paradisiaques, posées à «fleur d’eau» telles des nénuphars, paraissent si fragiles que la plus petite montée des eaux pourrait en effet les faire disparaître en quelques secondes. Mais en attendant cette hypothétique immersion, les Maldiviens doivent surtout trouver des solutions à la montée de la corruption, au chômage, à la drogue mais aussi à la surexploitation de leurs îles, à la dégradation des récifs coralliens et surtout à un tourisme de masse envahissant et véritablement destructeur. Comment conserver une nature directement fragilisée par des projets touristiques incohérents qui donnent la part belle aux investisseurs, plus avides de bénéfices que de préservation de la biodiversité ? Le Gouvernement semble avoir oublié l’avis des Nations-Unies, dans les années soixantedix, insistant sur le fait que les îles ne sont pas appropriées au tourisme de masse. Mais qu’importe, les devises liées au tourisme sont trop importantes pour s’en priver. Malheureusement il faut en payer les conséquences, et celle qui passe à la caisse c’est dame nature. En effet plus de 600 000 touristes débarquent chaque année, ce qui n’empêche pas l’O.N.U de classer le pays parmi les 50 pays les plus pauvres du monde. Et si hier les européens étaient majoritaires, la crise aidant c’est la clientèle chinoise en 2011 qui est passée devant (67%). Et les touristes chinois ne sont pas du tout sensibles aux problèmes écologiques ! Cette situation alarmante ne semble pas préoccuper le gouvernement, avide de rentabilité. Ces nou-

Voyages & Tourisme

Juillet-Août 2012

REPORTAGE • Un archipel paradisiaque qui doit trouver des solutions à la montée de la corruption, au ch

Les Maldives, l’aut PAR JEAN-PHILIPPE LUCAS Photo © Palais Princier de Monaco

velles perspectives de croissance valent bien la construction d’un nouvel aéroport pour accueillir des asiatiques qui veulent dépenser sans compter dans des hôtels de luxe. Certains parlent de faire atterrir des A380 ! Rappelons que l’aéroport actuel de Malé est le seul à avoir été construit sur un lagon.

 Un’enorme invasion de touristes... Les Maldivien vont devoir affronter des tsunamis humains plutôt que marins (et cela est une certitude). Et pour les Maldives développement économique et protection de la nature sont intimement liés. Mais si les touristes représentent la menace la plus importante pour l’environnement, ils sont aussi ceux qui amènent les devises. Et pourquoi ne pas demander également des subventions internationales pour lutter contre le réchauffement climatique ? L’entreprise parait très lucrative. Cela n’a pas été suffisant puisque

en février dernier la population a souhaité le départ de M. Nasheed (déclaré pourtant champion de la terre en 2010, mais pas des Maldives). Espérons que M. Waheed, l’actuel président, aura plus de chance en créant la plus grande réserve marine du monde, annonce faite au sommet Rio+20. Car finalement toutes les Maldives reposent sur ce concept politique de «l’île-hôtel»

INTERVIEW

“Réduire au maxi

M

ais les Maldives ce sont aussi des personnes me. Nous avons rencontré Christian Vassal dir Ce manager français dirige un hôtel 5 étoiles luxe écologiques. « Les Maldives vivent essentiellement de l’activit le. C’est un peu comme de la soie, on n’ose pas t avoir un établissement le plus écologique poss l’impact sur l’environnement. Et ce n’est pas un va l’océan. Nous avons sur l’île des infrastructures des déchets, les déchets des toilettes par exemp rejetés au large, elles se décomposent naturellem teilles en plastique sont compactées et envoyées  C’est un service payant ? Christian Vassal : « Oui sous forme de taxe et to jeu, je connais de grandes chaines hôtelières qui coup rejette leurs déchets dans la mer, c’est une verbaliser. Car il n’existe pas de police touristiqu ristes peu scrupuleux, même si on peut dresser d  Et cette île-poubelle remplit-elle sa tâche ? CV : « De moins en moins, elle est surchargée et chaque jour, quand on sait que chaque touriste plus étonnant c’est que le gouvernement n’a pas deuxième et la pollution est très importante, et m  Que pensez-vous du risque d’engloutissement CV : « Je n’y crois pas, par contre je crois plus à Malé, ou aux monocultures intensives de concomb ze futurs complexes hôteliers ».  Votre clientèle a changé, chinoise essentiellem CV : « Sur le plan financier c’est excellent car pou et nous avons des problèmes d’éducation et de fo Comme on le constate, si les autorités des Maldiv une zone de surdéveloppement et de surexploitat pays en difficulté climatiques des budgets conséq quoi attiser les convoitises. Mais la crise est pass

INTE


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La Principauté

Voyages & Tourisme

hômage, à la drogue mais aussi à la surexploitation de ses îles, à la dégradation des récifs coralliens et surtout à un tourisme de masse envahissant et destructeur

tre côté de la carte postale Phots © MM

Un pays composé de 26 atolls ménacés de disparition...

L

(qui a trouvé, grâce au dessalement de l’eau de mer, la possibilité de se développer) créé pour faire de l’argent tout en limitant les contacts entre les autochtones et les touristes. Ce qui à eu pour conséquence principale une mauvaise intégration de la population à cette dynamique touristique. La logique des investisseurs a pu alors se développer en toute liberté,

augmentant ainsi l’enclavement des populations. Et ce n’est pas fini. Il y a des projets fous, comme celui de l’ancienne star du tennis Bahrami Mansour: construire un delphinarium au milieu de l’océan indien. Ou ceux concernant la création (encore) de lucratifs complexes hôteliers dans lesquels de hauts politiciens sont parties prenante.

imum l’impact sur l’environnement”

soucieuses de créer de l’éco-tourisrecteur du Lily Beach sur l’atoll d’Ari. e qui essaye de gérer les contraintes

té touristique, mais ici tout est fragitoucher. C’est pourquoi nous devons sible afin de réduire au maximum ain mot car nous vivons au milieu de de désalinisation et de traitements ple sont transformés en paillettes et ment dans l’eau. Les canettes et bousur l’île « Poubelle ».

ERVIEW

ous malheureusement ne joue pas le veulent économiser ce service et du e honte. Et personne n’est là pour les ue, ni pour les hôtels ni pour les toudes P.V. »

t doit traiter 300 tonnes de déchets produit 3kg de déchets par jour. Le officiellement décidé d’en créer une même si on fait le tri sélectif au sein de l’hôtel on se demande si cela sert à quelque chose. » t des Maldives ? à la destruction du corail lors des constructions ce qui cause l’enfoncement des îles comme à bres des mers pour la Chine qui risquent de détruire les fonds marins, ou à la création de quin-

ment. Quelles sont les conséquences ? ur eux la crise n’existe pas, par contre pour le respect de l’environnement c’est une catastrophe ormation ». ves n’arrivent pas à se lancer dans le développement durable, elles risquent de faire de ce pays tion touristique et maritime. Il est vrai que la communauté internationale souhaite allouer aux quents, 10 milliards de dollars pour 2012, et à partir de 2020 : 100 milliards chaque année… de sée par là. Alors wait and see.

es Maldives sont un état insulaire de l'océan Indien situé dans le sud du souscontinent indien, au sud de l'Inde et au sudouest du Sri Lanka. Le pays, constitué de 26 atolls, trois îles isolées divisés en 20 régions administratives soit 1 199 îles au total (dont à peine plus de 200 habitées en permanence), s'étire du nord au sud entre le Lakshadweep et le territoire britannique de l'océan Indien. Cette myriade d'îles et d'îlots est disséminée sur une superficie extrêmement vaste (presque 90 000 km²) s'étendant sur plus de 800 kilomètres dans le sens latitudinal et 130 kilomètres dans le sens longitudinal. Nombre de ces îles constituent des îles-hôtel. Pour éviter de trop grandes conséquences pour l'environnement et limiter la construction d'établissements trop modernes et élitaires (clubs, résidences, etc.), le gouvernement impose de très sévères impôts sur leur réalisation dans les îles non habitées en permanence. La capitale et plus grande ville du pays est Malé. Cependant à cause du changement climatique, les îles sont menacées de disparition. Le niveau des mers tend à s'élever et les îles Maldives disparaîtraient sous les eaux à la fin du siècle. Dès 1989, certaines prévisions annoncent que les Maldives pourraient avoir disparu en 1999 et récemment la date a été repoussée à 2100. Pour l'instant, l'élévation du niveau de la mer est limitée à 3 mm par an. Le 17 octobre 2009, de manière symbolique, le président des Maldives, Mohamed Nasheed, a organisé un conseil des ministres sous-marin, à 3 mètres sous l'eau, afin d'alerter l'opinion publique internationale sur le risque de disparition de son pays (dont le point culminant se situe à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer), et des autres pays de l'AOSIS, l'Alliance des petits États insulaires vulnérables à une future montée du niveau des océans. Dans l'ensemble on peut définir le climat des Maldives comme chaud et humide, avec des températures oscillant en moyenne entre 26 °C et 33 °C. La chaleur est toutefois tempérée par la présence constante de légères brises marines qui rendent donc extrêmement agréables les séjours touristiques. On peut en dire autant de l'eau de mer qui, à ses qualités de transparence et de couleurs, joint une température qui ne descend jamais en dessous de 24 °C et permet donc l'existence d'une florissante vie sous-marine. La température de l'eau, généralement supérieure à celle de l'océan qui entoure l'archipel (grâce au fort ensoleillement des eaux basses des lagons), favorise la présence d'une flore et d'une faune sous-marines aussi nombreuses que luxuriantes.

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18 La Principauté

Entrez dans l’atelier de Kees Van Dongen! Art & Culture

EXPOSITION • Jusqu’au 25 novembre au rez-de-chaussée de Villa Sauber un accrochage des oeuvres majeures

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Le contexte créatif de l’artiste recréé dans ses univers, de Montmartre à Montparnasse

ees van Dongen s’était installé à Monaco après guerre. Dans une petite maison du côté du jardin Exotique. Il y résida jusqu’à sa mort le 28 mai 1968. Il avait 91 ans. Etrange parcours que celui de ce peintre singulier, né dans la banlieue de Rotterdam en 1877. Fauve de la première heure, il en sera aussi le dernier. Peintre des prostituées et du cirque, il sera ensuite portraitiste mondain. Van Dongen vit bien, très bien même, de son travail. Ses soirées sont courues du tout Paris. Et l’essentiel de son œuvre est achevé Avant-guerre. PAR LISA

ARQUETTE

Photo © MM

 Anarchiste, fauve, mondain Trois facettes de cet artiste, de sa hollande natale jusqu’à Montmartre. Hollandais rebelle proche des milieux anarchistes autour de 1895, prompt à la caricature et la dénonciation sociale. Il sera « fauve » avant Matisse, avec qui il expose. Sa palette colorée en fait l’artificier du fauvisme. Ami de Picasso, il rencontre Derain, Vlaminck, expose encore… et créé l’événement. Un nu au châle, exposé au Salon d'automne de 1913, fait à ce point scandale qu'il est décroché par la police ! Du quartier rouge du port de Rotterdam, où il peint marins et prostituées, à Montmartre où il fréquente les bordels et les demi-mondaines, Van Dongen se focalise sur le corps féminin.  Le fauve assagi Il est le dernier à délaisser le mouvement "fauve", mais contrairement à Matisse, Braque et Derain, il ne le fait pas dans le but de créer autre chose. Kees Van Dongen sera le portraitiste du Paris des «années folles». Une « période cocktail » selon son expression. Il met sur la toile le tout Paris politique et culturel. Les commandes affluent, les femmes veulent être croquées par le maître. Avec une pointe de cynisme, Van Dongen dévoile son secret : « La règle essentielle c’est d’allonger les femmes et surtout de les amincir. Après cela, il ne reste plus qu’à grossir leurs bijoux. » Et il ajoute « Les bourgeoises sont sottes et insignifiantes. Les nouveaux riches sont ennuyeux, mais les peintures faites d’après eux sont des chefs-d’œuvre. ». En 1941, Arno Brecker, sculpteur officiel du Reich convie les peintres français à visiter l’Allemagne nazie. Van Dongen sera du voyage. Il le paiera pendant de nombreuses années. Sa carrière est finie. Il s’installe à Monaco, peint encore Brigitte Bardot en 1960 ! Et s’éteint en plein « mai 68 ».

 Son atelier à la villa Sauber Après avoir présenté 200 œuvres du peintre à l’été 2008 – exposition réalisée par Jean-Michel Bohours qui avait attiré 20.000 visiteurs - le NMNM propose aujourd’hui, et jusqu’au 25 novembre au rez-de-chaussée de la Villa Sauber un accrochage des œuvres majeures de Van Dongen faisant partie de ses collections. L’Atelier restitue aux œuvres le contexte de leur création dans les univers de l’artiste, de Montmartre à Montparnasse. Une estrade, du matériel de peinture et des toiles sans cadre accrochées aux murs. L’atelier du maître, le processus de création en une présentation simple et sans fioriture.

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Raoul Mille : un écrivain au service de l’écrit Photo © DR ’était un grand écrivain et en tant que tel il était l’âme du Festival du livre de Nice et l’homme de la culture écrite à la mairie de Nice. Pendant des années j’ai eu le plaisir de présenter en sa compagnie devant un vaste public ses romans. Il savait captiver son auditoire, faire passer sa passion de Nice et de la littérature. On perd un modèle et un ami comme l’écrit si bien un autre confrère et ami Paul Barelli dont le texte d’hommage mérite d’être repris. « Je ne suis pas près d’oublier la silhouette massive et débonnaire de Raoul Mille franchissant le portail de France 3 à la Brague. Calé sur sa mobylette, il venait présenter des chroniques littéraires, dans les années 70, au temps où France 3 était chargée de la radio régionale. Un homme simple, travailleur. Raoul avait connu tous les métiers, et de nombreuses galères avant de se consacrer à l’écriture. Sa vie. Raoul Mille incarne un symbole pour de nombreux journalistes. A force de travail, ce talentueux chroniqueur radio et télé est parvenu à s’imposer comme un véritable et respecté écrivain. Raoul ne dissimulait pas qu’écrire s’apparente tantôt à un plaisir tantôt à une épreuve exigeant discipline. Ce « travail de fourmi », solitaire, propre aux amoureux d’écriture auquel Raoul Mille s’astreignait nous rappelle que la frontière est ténue entre journaliste et écrivain. Raoul l’avait franchi, déboulant dans les rues de Nice sur sa mobylette qui se métamorphosa par la suite en… scooter! Seule petite concession aux exigences de circulation. Raoul, tu savais te montrer provocateur, un provocateur à l’humour décapant. Je n’oublierai jamais la crise de fou rire générale que tu avais déclenchée à Cunéo, lors d’un colloque littéraire. C’est un souvenir ému que je partage avec tes amis fondateurs du Festival du Livre de Nice auquel tu as tant donné.Raoul, j’espère te revoir bientôt sur ton scooter dans les rues de Nice. Sois prudent. » Paul Barelli, Journaliste, Président du Club de la Presse Méditerranée 06. On ne peut mieux dire…. Raoul Mille aura donc quitté sa Côte d’Azur et son « paradis des tempêtes » pour le Patrice Zehr paradis des écrivains.

OPMC :

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MUSIQUE • Le programme 2012/2013

“7 saisons en 1”

a disparition de Yakov Kreizberg avait laissé un vide. Choisir L un nouveau « patron » pour l’OPMC prendra du temps. Un chef référent assure la transition : Maître Gianluigi Gelmetti. Et d’entrée de jeu il l’affirme haut et fort, « cette saison ne sera pas une saison de passage ». En présentant la saison 12/13 fin juin, Gianluigi Gelmetti en dévoile en fait 7 : la grande saison, les concerts de la salle Garnier, les concerts spirituels, ceux dédiés au jeune public, les concerts de l’amitié, ceux du Midi, et les concerts exceptionnels. Les violons revivent Le 5 mai 2013, concert exceptionnel au Grimaldi Forum, salle des Princes : Les violons de l’Espoir. De vieux violons retrouvés, réparés, « vont quitter leurs vieux étuis et se remettront à jouer pour la première fois après un silence douloureux de presque 70 ans ». Un violon ne peut perdre sa voix. Au programme Tchaïkovsky, Beethoven, Bloch, mais aussi Gelmetti qui assurera également la direction du concert, avec Shlomo Mintz (violon de Feivel) et Cihat Askin (violon de Erich). Une belle initiative des amis de l’OPMC.

La grande saison C’est le grand répertoire, les grands compositeurs, un rendez-vous classique avec le public. Pour autant le chef Gelmetti a tenu à ouvrir « un espace à une musique moins connue, contemporaine », même s’il n’aime pas ce qualificatif. Des chefs d’orchestre de grande expérience comme Georges Prêtre, Lawrence Foster ou encore sir Jeffrey Tate, et des jeunes comme Lionel Bringuier ou le Japonais Kazuki Yamada. En ouverture de cette grande saison, le 16 septembre prochain, le requiem de Verdi, avec deux chœurs : celui de l’opéra de Monte-Carlo et celui du Teatro Regio di Parma… L’an prochain, on fêtera le bicentenaire de la naissance du compositeur italien.

L’engagement en Principauté L’OPMC s’investit également en Principauté, dans la vie du pays. Des concerts donnés au Musée Océanographique, ceux réservés à la formation du jeune public, les concerts de l’amitié également dans les Maisons de retraite, hôpital …Les musiciens de l’orchestre s’engagent spontanément pour ces moments de partage et de convivialité, un esprit d’échange intergénérationnel. Egalement les concerts spirituels, à la Cathédrale et à l’église Saint-Charles. Avec une première le 23 décembre. Le concert donné en l’église SaintCharles « sonorisera » les rues de la Principauté au travers des installations mises en place pour la période de Noël… Etonnez-vous après cela que les musiciens effectuent 400 services dans l’année !

Travailler ensemble L’OPMC collabore à la saison d’Opéra, aux Ballets de Monte-Carlo, et au Printemps des arts. Travailler ensemble est une nécessité affirme le chef Gelmetti, une collaboration « indispensable. Dans ce petit pays où s’ouvre des opportunités musicales à nulle part ailleurs, il faut travailler ensemble ». L’OPMC propose 7 saisons en une, chaque saison a un caractère et une identité différente, le tout offrant un foisonnement de productions exceptionnel. « Faire de l’art avec une telle liberté, c’est extraordinaire » continue Gianluigi Gelmetti, en rappelant pour conclure « que dans un monde difficile tel qu’il est aujourd’hui, un pays sans culture est vide et que le pain de l’âme en est le nutriment essentiel ».

www.opmc.mc pour connaître le détail des programmes de la saison


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Art & Culture

© Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © ADAGP, Paris 2012

La Principauté Photo © GF

Une cinquantaine des oeuvres monumentales des collections du Centre Pompidou

A

près avoir magnifié l’icône Andy Warhol en 2003, réuni la collection africaine de Jean Pigozzi en 2005 et vanté la création artistique à New York en 2006, le Grimaldi Forum Monaco renoue avec l’art contemporain, format XXL !

 Une sélection d’œuvres en grand format L’exposition « Extra Large » se propose d’opérer une traversée des collections modernes et contemporaines du Centre Pompidou avec une cinquantaine de ses œuvres les plus monumentales, dont certaines sont de récentes acquisitions ou qui n’ont jamais été exposées en Europe. Objectif : entrainer le visiteur dans un vertige empathique et lui faire découvrir des grands noms de l’art du XXème siècle. Ce parcours spectaculaire, parfois « vertigineux », jalonné des grands noms de l’art du XXe et du XXIe siècle, éclaire la notion de monumentalité. Il présente des œuvres de très grands formats de Joan Miró, Jean Dubuffet, Matta, Pierre Soulages, Frank Stella, Sam Francis ou encore Yan Pei-Ming, mais aussi des sculptures, installations et environnements de Joseph Beuys, Christian Boltanski, Daniel Buren en passant par Sol LeWitt, Anish Kapoor ou Bill Viola : des chefs-d’œuvre de la création moderne

Un été contemporain au Grimaldi Forum

 Le public n’est pas au bout de ses surprises Ce projet est le fruit d’une étroite collaboration entre le Centre Pompidou et le Grimaldi Forum Monaco, qui trouve ici l’occasion rêvée de mettre en valeur son écrin de l’Espace Ravel et ses 4000 m2. C’est presque un comble d’évoquer cette approche monumentale de l’art dans un pays étiqueté comme « le second plus petit Etat du monde » ! Mais une exposition à la démesure du centre Beaubourg. Une quarantaine d’œuvre qui proviennent des réserves et des collections du « hangar de l’art », surnom moqueur donné par les parisiens à ce bâtiment où canalisations, escaliers électriques, passerelles métalliques, tuyauteries diverses sont ostensiblement montrés à la

Monaco fantastique !

MUSIQUE • Un concert exceptionnel le 8 septembre à l’Auditorium

oncert exceptionnel le samedi 8 septembre 2012 – 19h30 C – à l’auditorium Rainier III. Placé sous le Haut Patronage du Souverain et au profit de la Fondation Prince Albert II de Monaco, ce concert permettra de réunir tous les amateurs de musique classique autour d’une noble cause. Et donnera au public l’occasion d’applaudir un jeune prodige. Ce concert proposera en effet la première mondiale de l’œuvre Monaco Fantastique écrite par Anthony Arcaini, jeune chef d’orchestre qui aura le privilège de diriger l’Orchestre philarmonique de Monte-Carlo, qui participe gracieusement à cet événement. Un jeune prodige Né à Palm Springs dans le désert californien en 1995, Anthony Arcaini a consacré toute sa jeune vie à la musique. Il a composé Monaco Fantastique en 2008, à l'âge de 12 ans, en l'honneur de S. A. S. le Prince Albert II. L'œuvre épouse la forme musicale de thème et variations. Comme son nom l'indique, Anthony s'est inspiré de son pays d'adoption – Monaco. Ainsi, la composition évoque la Princesse Grace et le Prince Rainier III, le Musée Océanographique, les jardins du Palais, le Grand Prix, le Casino et pour conclure, les feux d'artifices. Anthony a joué la version originale pour piano pour le Prince Souverain lors d'une audience privée au Palais lors de l'été 2008. Il en a terminé l'orchestration en 2011. Programme Antonin Dvořák Bedřich Smetana Gabriel Fauré Anthony Arcaini

Symphonie n° 9 dite Du Nouveau Monde Trois Danses de l'Opéra La Fiancée vendue Pavane Opus 50 Monaco Fantastique

P.Y.REICHENECKER

et contemporaine réunis dans une proposition délibérément « hors normes ». PAR

 La recette sera intégralement reversée à la Fondation Prince Albert II de Monaco

© Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © ADAGP + CHAGALL

vue de tous. Extra Large est un défi, de la haute couture et surtout pas du prêt-à-porter. Si vous ne savez pas comment faire entrer 4 éléphants dans une Smart, ne ratez pas Extra Large !

 Extra Large, du 13 juillet au 9 septembre au Grimaldi Forum

Les loups du Mercantour

LIVRE • Un roman d’actualité qui s’appuie sur des événements réels

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n Haute-Vésubie, en plein cœur de cette belle région que l’on appelle « la Suisse Niçoise », tout près de Saint-Martin-Vésubie, la révolte gronde chez les bergers dont les troupeaux sont décimés par les loups. Des éleveurs désespérés se suicident. Dans ce climat violent, Marie, dont le père est éleveur de brebis, et François, guide de haute montagne et défenseur inconditionnel des loups, essaient de sauver leur amour. Mais entre amour et haine, entre chiens et loups, les fusils s’égarent et des hommes sont touchés… Ce roman foisonnant s’appuie sur des événements qui ont fait la « une » de la presse régionale, et qui donnent à cette fiction tout son réalisme.Randonneur chevronné, l’écrivain Ernest Di Gregorio parcourt, été comme hiver, le Mercantour. Le Valdeblore et la Haute-Vésubie n’ont plus de mystère pour lui. Mais le peuple des montagnards a encore bien des secrets non révélés… et la fin du roman apporte son lot de surprises. Il signe avec cet ouvrage son troisième roman* pour les éditions Baie des Anges. Et comme dans tout bon roman, « toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence ». * Du même auteur (éd. Baie des Anges) : Au cœur des montagnes (2009), La fiancée du Gélas (2010).

 Les loups du Mercantour, Ernest Di Gregorio - Editions Baie des Anges - 116 pages. Prix : 9,90 euros

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20 La Principauté

Art & Culture

EVENEMENTS • Une grande varieté de manifestations organisées à Monaco de juillet à septembre

La Mairie présente sa saison estivale NOTRE

REPORTAGE Photo © AC

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a saison estivale s’annonce haute en couleurs avec la Mairie de Monaco ! Nouvelles dates, nouveaux lieux, la ville sera très animée. Dès le mois de juillet, le Port Hercule accueille de nombreuses attractions, dont une piste de 1000 m2 pour des karts électriques. Les Musicales reviennent au Square Gastaud tous les lundis et mercredis, au Port Hercule le vendredi et nouveauté cette année au Marché de la Condamine quatre mardis durant l’été. U Sciaratu anime le Rocher le 21 juillet, les expositions se succèdent au Jardin Exotique et à l’Ecole Supérieure d’Arts Plastiques, le Festival de Feux d’Artifice Pyromélodiques embrase le ciel monégasque et enfin la Piscine du Port reste ouverte jusqu’au 14 octobre pour le plus grand bonheur des familles. Au total, la Mairie de Monaco proposera cet été 43 manifestations dont 41 gratuites, pour toutes les générations et dans des styles éclectiques, remplissant ainsi pleinement sa mission d’animation qui figure parmi les priorités du Conseil Communal.

 Ecole Supérieure d’Arts Plastiques • Exposition d’été du 8 juillet au 2 septembre, Yan Pei-Ming expose ses « Water Paintings »

à l’Ecole Supérieure d’Arts Plastiques, Pavillon Bosio. Entrée libre. A l’occasion de cette exposition, Yan Pei-Ming réunit pour la première fois une vingtaine d’aquarelles de différents formats, pour la plupart inédites. Principalement connu pour ses peintures à l’huile presque exclusivement dévolues à une expression bichromatique (noir et blanc ou rouge et blanc), l’artiste explore depuis quelques années un nouveau médium synonyme pour lui de nomadisme et de légèreté : l’aquarelle. L’artiste exposera ses «Survivant(s)», un ensemble de 7 peintures réalisées en 2000, à l’exposition Extra Large organisée par le Grimaldi Forum du 13 juillet au 9 septembre. L’accrochage de cette oeuvre monumentale aura lieu le vendredi 6 juillet à 16h30.

 Exotique • Exposition Jardin «Madagascar» du 19 juin au 5 août - photographies de Nicolas Cegalerba à la Salle Marcel Kroenlein. Nicolas Cegalerba expose une sélection de photos rapportées de ses voyages successifs sur «l’île rouge» avec pour objectif de protéger, par le biais de l’image, les espèces et les écosystèmes en danger.

GUIDE • Comment éviter de randonnées trop connues et trop fréquentées

36 balades hors norme

es Alpes-Maritimes regorgent de sites magnifiques, mais la plupart des randonnées présenL tées dans les guides sont souvent trop connues et

trop fréquentées. D’où la très bonne idée des éditions Mémoires Millénaires de proposer dans leur troisième édition du Rando Malin Côte d'Azur :  Une sélection de 36 balades hors des sentiers battus et loin des foules de randonneurs.  Un site internet en complément du livre pour découvrir, pour chaque balade, de nombreuses photos et des infos complémentaires.  Le descriptif détaillé de chaque balade (comment y aller, itinéraire détaillé, carte, conseils, dénivelé, difficulté...).  Et enfin, parce qu’on ne fait pas de la randonnée juste pour mettre un pied devant l’autre, l’histoire et le patrimoine des lieux à visiter, des légendes et des anecdotes sur chaque village. Avant de partir faire une sortie, choisissez le nom de votre balade en visionnant les photos présentées sur le site internet www.memoiresmillenaires.com. Vous trouverez également les informations de base sur la randonnée (lieux, accès en voiture et transport en commun, difficulté, durée, dénivelée). Pour chaque balade, le numéro de page dans le livre est indiqué et permet de compléter vos informations avec la version papier bien plus complète (itinéraires, accès, patrimoine à visiter sur place, etc.). Le + interactif : Participer à l'enrichissement de la version web du Rando Malin Côte d'Azur en envoyant vos plus belles photos, vos commentaires et vos bonnes adresses (hébergement, producteurs locaux...) à memoiresmillenaires@wanadoo.fr

 LE RANDO MALIN CÔTE D’AZUR Alpes du Sud - Editions Mémoires Millénaires - 112 pages. Prix: 14,70 euros

Juillet-Août 2012

Lire et regarder...

par Amanda Coutelle

es présentateursvedettes-de-la-télé ont remplacé Albert Camus et François Mauriac. Être intelligent ne sert plus à rien. » Le ton est donné, petite musique d’un « authentique » écrivain (on est bien obligé de préciser aujourd’hui !) dans cette drôle d’époque où nous sommes « formatés » enfants pour devenir des con-sommateurs décérébrés... « Enfant, je gobais tout. Adolescent, j'ai commencé à comprendre que Georges Brassens avait plus de talent que les yéyés. Dans les années Beatles, j'ai cru au mouvement hippie. Hélas, l'assassinat de l'actrice Sharon Tate m'a remis les deux pieds au sol : je ne pourrais m'en sortir que seul. J'ai donc arpenté les musées, dévoré des livres, vu des dizaines de films pour me fabriquer ma propre société artistique : Vermeer, Baudelaire, Jules Renard, Kurosawa, Miles Davis, Raymond Devos, mais aussi Anquetil, Bourvil, Maradona... Il faut se forger soi-même son propre goût qui impose le dégoût des politiciens des carriéristes sans dimension spirituelle -, des abonnés aux émissions télévisées, de tout ce qui nous éloigne de l'essentiel. » Écrivain, chroniqueur littéraire, Bernard Morlino aime Molière, Anna Magnani, Hendrix, Brassens, Garrincha... et déteste les imposteurs ! Cette collection décapante et plus que nécessaire est dirigée par l’écrivain François Cérésa créateur du magazine mensuel « Service Littéraire » _______________________________________ « Eloge du dégoût » - Bernard Morlino - (Editions du Rocher)

«L

e Michel-Ange à Klimt, des sculptures de l’Ancien Empire égyptien à Degas, des esquisses de Léonard de Vinci aux dessins de ToulouseLautrec, 250 fiches pour voyager, rêver, à à l’art et à ses chefs d’œuvre ! Complètes et concises, elles présentent un grand visuel et un texte détaillé sur l’œuvre en question, on découvre ou redécouvre les grands noms de la peinture, de la sculpture et du dessin. Cette boîte vêtue de rose et de noir pratique et esthétique est véritable musée de poche à portée de main ! Jean-Luc Chalumeau, critique d’art, Directeur de la revue Verso et éditorialiste du site visuelimage.com, a publié une trentaine de livres dont, aux éditions du Chêne, la trilogie des « 200 plus beaux » tableaux, dessins et sculptures. _______________________________________ « L’Art mis en boîte » - Jean Chalumeau (Ed. du Chêne)

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LIVRE • La politique française 2012 vue à travers un quizz très marrant

“La vérité... si je veux” !

O

ù sont les grandes lois d’antan, comme la loi sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat ou la loi sur la Sécurité sociale…, qui ont consolidé la nation et la République ? Depuis trente ans se multiplient des lois bâclées, inapplicables, voire dangereuses. « Le livre dénonce des lois improvisées sous le coup de l’émotion créées par un fait divers, toutes ces lois qui sont le fruit du lobbying et des intérêts privés, toutes ces lois qui se retournent contre leur propre objectif, tel un boomerang. Trente lois qui sont autant d’absurdités coûteuses ». 30 lois qui portent la signature du ministre en fonction lors de leur vote par le Parlement ! Le quizz est là pour vous rappeler qui a décrété la taxe sur la pluie ? Qui a mis en place le Certificat d’Obtention Végétale ? Ou encore qui a inventé le numerus clausus ? Allez, trois réponses pour vous mettre l’eau à la bouche, et réveiller vos neurones politiques : dans l’ordre, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Simone Veil. Mais ne croyez pas que seuls les ministres de droite sont concernés par ces lois loufoques. Il y en a autant pour la gauche ! Instructif, amusant et d’actualité. Dommage que de nombreuses coquilles d’impression gâche un peu le plaisir de la lecture. Et en bonus, un jeu de l’oie des lois ! Pour occuper les journées pluvieuses. L’auteur, Maïna Lecherbonnier, qui aime bien bousculer les idées reçues, est aussi une habituée des plateaux de télé dans les émissions de débat. Le livre est illustré par le dessinateur humoriste Patrick Mainy.  LE QUIZZ DES PRESIDENTIABLES 2012 « La Vérité… Si je veux ! », Maïna Lecherbonnier - Editions du Protocole, 157 pages. Prix : 12,50 euros


Juillet-Août 2012

Art & Culture

La Principauté

DECOUVERTES • Splendeurs et mystères du Domaine de Barbossi dévoilés à travers le roman du grand écrivain provençal Jean Siccardi

Sur les pas de l’auteur de Les clés de l’ermitage

C

’est le grand écrivain provençal Jean Siccardi qui nous accueille dans le domaine. Il regarde depuis un promontoire, site d’un ancien temple païen, la magnificence du golfe de la Napoule entre les Maures, Esterel et Méditerranée. C’est lui le dépositaire des clés du domaine, des clés que lui a confié le propriétaire de Barbossi pour aller au plus intime des mystères et des charmes d’un lieu unique a travers une saga dont le premier volume s’intitule «les clés de l’ermitage».

PAR PATRICE

ZEHR

Photos © DR

Barbossi, c’est une immense et magnifique propriété privée appartenant à l’homme d’affaires et collectionneur franco-libanais Iskandar Safa. Il a racheté en 2002 l'ancien domaine de Paul Ricard, 650 hectares de collines boisées, auxquels il a ajouté 650 hectares mitoyens situés sur la commune de Tanneron et, plus récemment, les 51 hectares du Golf Riviera à Mandelieu. L'ensemble forme le plus grand domaine privé de la Côte d'Azur : 1 350 hectares, à cheval entre Var et Alpes-Maritimes, de part et d'autre de l'autoroute A8. Un gigantesque domaine, parcouru par 160 kilomètres de pistes forestières, qui couvre le tiers de la surface de la commune de Mandelieu et représente quelque chose comme six fois celle de la Principauté de Monaco ! Voila qui attire l’intérêt et la curiosité. Mais ce domaine est bien plus qu’un investissement. Iskandar Safa l’explique très bien : «Ici ce n'est pas une opération immobilière de marchand de biens. Nous sommes engagés dans une stratégie de développement à long terme qui doit être conduite avec discernement, dans le respect du site et le souci de l'excellence. Je suis tombé amoureux de ce domaine dès que je l'ai vu et aujourd'hui, parmi toutes mes activités, c'est son aménagement qui me passionne le plus. Ma volonté est de créer ici un espace d'activités multiples autour du sport, du cheval, de la vigne, des produits du terroir et du golf, avec un hôtel boutique et des équipements de grand luxe ». Sans oublier la culture, car l’homme est un collectionneur passionné et un grand mécène, avec dans sa propriété une chapelle consacrée et deux musées. Ce qui fait rêver Jean Siccardi donc, écrivain des paysages et des caractères enracinés ce n’est pas un « succes story » de la Côte d’Azur. Ce sont tous les trésors du domaine, ceux d’aujourd’hui au niveau des œuvres d’art disposées en plein air ou dans les établissements dédiés, mais ceux aussi d’hier à redécouvrir par les mémoires vives du site. Ce sont l’histoire et les légendes païennes puis christianisées de cette terre unique. Jean Siccardi vit de sa plume et y consacre sa vie, dans sa maison avec ses chats, loin de la médiatisation parisienne, un choix de vie. Une œuvre immense et diverse autour de la terre, du travail et des hommes enracinés. Depuis son ermitage littéraire, il voit quotidiennement le domaine de Barbossi sur lequel aujourd’hui il écrit le premier tome de cette saga méditerranéenne initiatique «les clés de l’ermitage». Jean Siccardi accepte de nous ouvrir son roman et le domaine dont on lui a confié les clés.  Vous voilà Jean avec les clés d’une inspiration enracinée... Jean Siccardi : “Ces clés sont indispensables pour aborder le parcours initiatique d’un domaine fabuleux. C’est un domaine unique en France et sans doute dans le monde. On est là dans 1850 hectares peuplée d’œuvres d’arts. Il y a plus de 70 œuvres d’arts monumentales sans compter les collections uniques des deux musés privés. Nous sommes donc sur une terre d’art qui est également un terrain historique, un terroir de légende et un terreau mythologique. Chaque fois que je soulève une pierre, je découvre une légende”.

 Comme un explorateur ? JS : “Ce domaine en effet je l’ai exploré et je l’explore encore. Il est très protégé bien sûr et c’est une bonne chose. Il y a cependant un hôtel prés du golf international, l’hôtel de l’ermitage et mon héros va construire l’ermitage qui sera l’ancêtre de cet hôtel. La maison de l’ermite, maison d’accueil pour les pauvres et les nécessiteux va être quelque chose d’extraordinaire, une maison blanche avec un toit de verre. Il faudra pour parvenir a son site et le maîtriser, faire rejoindre les deux rivières, c’est ce que fera à main nue le très inspiré Salvatore, pèlerin et bâtisseur, réalisant une promesse faite à son maître à penser et suivi sur son parcours des montagnes à la mer, par une femme admirable.”

 Une histoire qui va avoir une suite ? JS : “C’est le début d’une saga de trois livres. Au départ j étais parti sur un petit livre à l’écriture ciselée mais au fur et à mesure de mes fouilles culturelles et historiques, je me suis rendu compte qu’il faudrait continuer le récit. Il y avait sur ce terrain par exemple un château qui depuis a disparu des cartes alors qu’il existe toujours et qu’on peut parcourir ses ruines. Pourquoi avoir voulu l’effacer de la mémoire écrite des hommes ? On peut voir également une grange qui a été une hostellerie gallo romaine mais également une léproserie. Il y avait une mine d’argent exploitée qui a donné son nom à la rivière l’Argentière. Toutes ces racines sont des indices du passé pour permettre à l’homme de se retrouver dans son unique qui est cependant universel. En tant qu’écrivain je parle du passé dans tous mes romans pour savoir d’où l’on vient. J’ai trouvé ici mon Avalon, mon domaine littéraire de création, un paradis culturel incroyable. Entre Miro, César et Picasso, qui ne serait inspiré et sublimé ? Ici on a des fulgurances et des illuminations, le plus dur est de les maitriser. Il faut comprendre l’œuvre d’art de l’autre pour en tirer un bénéfice personnel et transmissible. Avec cette clé, mon travail d’écrivain a pu accéder vraiment, je le sens au fond de moi à sa terre promise”. Jean Siccardi se retourne et regarde vers les montagnes depuis un site où les tribus celto ligures auraient pratiqués des sacrifices humains. Entre la douceur du lieu et l’âpreté des monts si proches, le bruit de la mer qui vient de la plus longue mémoire de Barbossi, on se dit que les âges farouches rejoignent l’art contemporain pour nous enseigner la continuité de l’homme éternel entre cruauté, spiritualité et beauté. Siccardi est apaisé et personne ne le chassera de ce jardin d’Eden si près, si loin de la Côte d’Azur, du tourisme dénaturant qu’il vient de nous faire découvrir.

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22 La Principauté

La Principauté Sport le Sport

Juillet-Août 2012

Ici Monaco, à vous Londres

HERCULIS 2012 • Grand rendez-vous le 20 juillet prochain au Stade Louis II pour assister au performances des stars de l'athlétisme à dix jours des JO

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n meeting d’athlétisme qui est né sous une très bonne étoile, mais qui doit aussi son grand succès aux travail remarquable fait pendant de longues années par la Fédération Monégasque d'Athlétisme (FMA). Une poignée de passionnés depuis toujours très engagés pour faire en sorte qu’une petite ville comme Monaco puisse chaque année héberger un événement d’une telle envergure pour réussir à se classer comme le meilleur de monde, aux niveaux participation et organisation. Tout ça, grâce aussi à la dévotion d’un ancien decathléte, aujourd’hui directeur et organisateur de ce meeting, Jean-Pierre Schoebel.

 L'année dernière Herculis a terminé en tête des bilans mondiaux pour la troisième fois depuis sa création. Quel est le secret de ce succès ? Jean-Pierre Schoebel : “Il n’y a pas de secret, juste des éléments déterminants qui doivent être réunis ; un public passionné par l’évènement qui peut transcender les athlètes, une météo clémente, des athlètes en forme et une date propice”.

 Bolt et Isinbaeva seront en piste le 20 juillet pour leur dernière apparition avant les Jeux Olympiques de Londres. Comment avez-vous réussi à vous assurer leur participation et qui sont les autres grands champions qui ont déjà annoncé leur présence au meeting ?

PAR ROBERTO VOLPONI

Photo © D.R.

JPS : “Yelena a un lien particulier avec la Principauté où elle réside, et également avec le meeting où elle a battu le record du monde (5m04) en 2008. Quand à Usain, il a apprécié son séjour et l’atmosphère l’an dernier pour la première fois, ce qui l’a incité à revenir à Monaco pour y disputer son seul 200m d’envergure internationale avant d’aller défendre ses titres olympiques à Londres. De multiples champions olympiques et du monde ont d’ores et déjà garanti leur présence à Herculis le 20 Juillet, et nous pouvons citer entre autres les champions du monde et olympiques sur 400m Kirani James et LaShawn Merritt, le champion du monde à la hauteur Jesse Williams, la championne Olympique du 100m Shelly-Ann Fraser-Pryce, pour ne citer qu’eux”.

 A dix jours seulement du grand rendezvous de Londres, pourrait-on à votre avis espérer de voir tout de même de grandes performances ? JPS : “Herculis s’est déjà retrouvé dans la même situation en 2008, deux semaines avant le début de l‘athlétisme aux Jeux Olympiques de Beijing. Malgré des forfaits et des défections dus à la proximité de l’échéance olympique, le meeting avait fini 1er au classement mondial des meetings. Cette fois-ci également, les athlètes présents seront au top de leur préparation, et associé à de bonnes conditions climatiques les performances devraient être au rendez-vous”.

FOOTBALL • Une légende du commentaire sportif déjà entrée dans l’histoire de son vivant nous a quitté le mois dernier

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Thierry Roland : la voix des supporters

ans un entretien à la Principauté, il y a peu, Thierry Roland disait toute la place que l’AS Monaco occupait historiquement dans le paysage footballistique français. Il s’inquiétait de voir l’équipe monégasque alors en très mauvaise posture descendre en National et disparaître pour longtemps et peut-être à jamais. Il aura donc été rassuré par une formidable remontée à l’issue d’une chevauchée assez fantastique. Mais il ne sera pas là pour revoir Monaco en ligue 1. La mort de Thierry Roland, emporté à 74 ans dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 juin par une attaque cérébrale, a fait l’effet d’une bombe dans le monde du football et dans la société tout entière. C’est une légende du commentaire sportif qui disparaît. Son visage familier a fait la une de tous les journaux et une cascade d’hommages lui a été rendue, bien au-delà de la sphère habituelle. Le Président de la République et son Premier Ministre se sont exprimés officiellement, tout comme l’ensemble des joueurs de l’Equipe de France, réunis silencieusement après leur entraînement. Sa voix aura constitué la bande son de nos émotions footballistiques nationales lors de treize coupes du monde et neuf championnats d’Europe. Autant dire qu’il faisait partie de la famille et de l’histoire. La plus célèbre de ses formules est sans doute celle prononcée en 1998 dans l’euphorie de la victoire des Français en Coupe du monde : « Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible, mais on peut », avaitil déclaré. Il n’a pas attendu assez longtemps, il est parti trop tôt, bien trop tôt. (P.Z.) Photo © DR

 18.000 spectateurs l'année dernière…Peuton faire encore mieux ? Que diriez-vous à qui voudrait assister à ce grand spectacle pour le convaincre de ne pas le manquer ? JPS : “L’année dernière le stade a été rempli au maximum de sa capacité, et le but cette année est de réussir le même objectif. Un meeting d’athlétisme est un évènement spécial qui se doit d’être vécu en direct dans un stade. Les émotions vécues par 18.000 personnes toutes ensembles lors d’un finish d’une course, ou d’une tentative de record de monde vous donnent tout simplement des frissons, ce que l’on ne pourrait jamais ressentir à la télévision”.


La Principauté

le Sport

Juillet-Août 2012

CHAMPIONNAT WRC • S. Loeb, saison 9, episode 7 : encore une succès pour l’Alsacien en Nouvelle-Zelande. Doublé pour Citroën

On fige et on recommence ! PAR ALAN PARKER-JONES Photos © Citroën racing

L

a première partie du championnat du monde des rallies s’est achevée aux antipodes avec la Rallye de Nouvelle-Zélande. Avec la plus belle spéciale du Mondial, Whaanga Coast. Pour le tandem Loeb / Elena et le Citroën World Rally Team, les vacances s’annoncent bien. L’Alsacien s’est imposé à Auckland, au pays des Kiwis – son 72° succès en carrière – ce qui lui permet de porter son avance à 38 points en tête du général. Sébastien Loeb s’est imposé devant son équipier Hirvonen, et la Ford de Petter Solberg. Ford s’est, une nouvelle fois, « planté » : un mauvais choix de pneus pour Solberg, une sortie de route – encore ! – pour Latvala. Du coup, le team Citroën a figé – ce n’est pas la première fois les positions en tête avant la dernière étape pour assurer son doublé… Avec trois doublés consécutifs en Argentine, en Grèce et en NouvelleZélande ainsi qu'un quatrième au Mexique plus tôt dans la saison, les pilotes Citroën sont en train de tuer définitivement l'intérêt du championnat.

 En route pour une neuvième couronne ? A ce rythme là, Sébastien Loeb pourrait bien coiffer une neuvième couronne mondiale avant la fin de la saison ! "L’idée de partir en vacances avec une avance confortable au championnat me réjouit grandement”, s'est exclamé Seb en route peut-être

DISPARITION

LA SITUATION

Classement pilotes 1. Sébastien LOEB 2. Mikko HIRVONEN 3. Petter SOLBERG 4. Mads OSTBERG 5. Evgeny NOVIKOV 6. Jari-Matti LATVALA 7. Martin PROKOP 8. Thierry NEUVILLE 9. Daniel SORDO 10. Nasser AL-ATTIYAH

145 pts 107 pts 90 pts 80 pts 55 pts 54 pts 36 pts 32 pts 29 pts 23 pts

LA SITUATION

Classement constructeurs vers un 9e sacre consécutif. “C’est vrai que la première partie de la saison a été fantastique, avec cinq victoires en sept rallyes. Je ne peux pas dire que ça ne s'annonce pas bien, ça s'annonce très bien, a-t-il ajouté. Faut que ça dure !" On retiendra aussi de l’épreuve néo-zélandaise la très belle performance de Thierry Neuville du Team Citroën Junior, 5° au général avec plusieurs temps scratch à son actif. Le jeune Belge s’améliore de course en course. Il pilotait la DS3 habituellement dévolu au Qatari Al-Attiyah. Ce dernier, également fin tireur, préparant les JO de Londres ! Le championnat WRC 2012 reprend au mois d’août avec le rallye de Finlande du 2 au 5, et celui d’Allemagne, du 24 au 26.

R

Au revoir Roy Salvadori

oy Salvadori, ex-pilote F1 et vainqueur des 24 Heures du Mans est décédé le 3 juin à l'âge de 90 ans. Après sa retraite – au milieu des années 60, il s’était installé en Principauté, tout près du circuit. La meilleure saison F1 de Salvadori fut celle de l'année 1958, lorsqu'il termina pp4ème du championnat derrière ses compatriotes britanniques Mike Hawthorn, Stirling Moss et Tony Brooks. Son meilleur résultat en GP est une seconde place, lors du Grand Prix d'Allemagne de cette même année, sur le terrible circuit du Nurburgring. Salvadori avait remporté les 24heures du Mans avec Carroll Shelby – le créateur des Cobra – le 21 juin 1959, au volant d’une Aston-Martin DBR1. Le destin a voulu que le tandem victorieux termine son relais simultanément. Le pilote américain est décédé le 10 mai dernier, quelques semaines avant son équipier. Roy Salvadori avait vu le jour en Angleterre à Londres - d’où sa nationalité de sujet Britannique – mais ses parents étaient italiens. Après son retrait de la compétition, il avait dirigé un temps l’Ecurie Cooper. Photo © DR

DISPARITION

1. Citroën WRT 2. Ford WRT 3. Ford Stobart 4. Qatar WRT 5. Citroën Junior WRT

237 pts 144 pts 103 pts 47 pts 42 pts

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