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LA PETITE

SEMAIN E « Une semaine pour tout savoir »

n°4

DU 1 NOVE 4 AU 20 MBRE 2013

Birmanie

Thein Sein, et après ?

Venezuela Maduro dans les pas de Chavez Israël La première visite de Hollande

Mercredi 20 novembre 2013 - n°4

2,90€


n°4 Rédaction : 47 avenue du Sergent Michel Berthet 69 009 Lyon +33(0)4 72 85 71 73 lapetitesemaine.iscpa@gmail.com @lapetitesemaine

Directeur de la rédaction : Isabelle Dumas Rédacteur en chef : Louise Pezzoli Secrétaire de rédaction : Déborah Zago Maquettiste : Philippe Jawor Journalistes : Martin Casamatta, Laura Hurissel, Philippe Jawor, Amaury Meygret, Louise Pezzoli, Baptiste Pierre, Thibault Rodrigue, Mathilde Solages, Corentin Vaissière, Déborah Zago

« Une semaine pour tout savoir »

ÉDITO Enfin ! Ça y est, la loi sur l’indépendance de l’audiovisuel a été adoptée jeudi 14 novembre par un ultime vote de l’Assemblée Nationale. Ce ne sera plus le Président de la République qui nommera les patrons de l’audiovisuel public, comme l’avait voulu Nicolas Sarkozy en 2009, mais le directeur du CSA en personne. Votée par les socialistes, écologistes et radicaux de gauche, la loi a été rejetée par l’UDI et l’UMP. Cette loi revient sur la nomination des patrons de l’audiovisuel, mais verra aussi le nombre de membres du CSA passer de neuf à sept. Le Président de la République ne désignera plus que le président de l’institution, et il était temps. Fini le temps des nominations copains/copines politiques, fini « Télé Elysée » et compagnie. Il est l’heure de l’indépendance, la vraie. Il était temps que les soupçons politiques cessent sur les nominations par Nicolas Sarkozy de Jean-Luc Hees à Radio France, et de Rémy Pflimlin à France Télévisions.

Droit à l’image : Toutes les images et photographies présentes dans ce numéro de La Petite Semaine sont soumises à des copyright afin de respecter le travail des auteurs. Photo de couverture : © Tomohiro Ohsumi Photos sommaire : © Elodie Ratsimbazafy © M. Perez © Jason Reed © Marco Longari © Olivier Razemond Remerciements : Célestine Foucher

François Hollande en a fait une de ses promesses de campagne. Lui qui critiquait vivement la Sarkozymania se positionne maintenant en défendeur de l’indépendance de l’audiovisuel. Désormais avec la gauche au pouvoir, l’impartialité ne sera plus un problème, c’est du moins ce qu’elle veut laisser à penser. Notons que le Président de la République désigne toujours le président du CSA. Quand François Hollande nomme Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, a la tête du CSA, alors qu’il avait critiqué l’arrivée de Michel Boyon, lui-même directeur de cabinet à Matignon de Jean-Pierre Raffarin, on peut se dire que l’hôpital se moque pas mal de la charité. A droite comme à gauche, l’impartialité parfaite n’existe pas. Si les premiers ont choisi de ne pas s’en cacher, les seconds eux, font vite volte-face. Les gouvernements aiment avoir la main mise sur l’audiovisuel public, mais il est là question de l’indépendance et de la liberté de l’information, une des pierres angulaires de la démocratie. Louise Pezzoli

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SOMMAIRE p4

jeudi La photo du jour : Un prêtre Français enlevé au Cameroun

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vendredi Venezuela : la diplomatie dans l’impasse

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Le dossier du week-end Birmanie : La démocratie en Marche ?

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lundi Israël : «L’ami» Hollande reste ferme

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mardi Sexisme en France, rien n’avance

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#LaPetiteSemaine : la revue de tweets de @Louisepez

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JEUDI

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LA PHOTO DU JOUR

Le père Georges Vandenbeusch, photographié en 2011 par Le Monde

Photo : © Elodie Ratsimbazafy

UN PRÊTRE FRANÇAIS ENLEVÉ AU CAMEROUN

par Déborah Zago @d_zago

Georges Vandenbeusch. C’est le français âgé de 42 ans qui a été capturé dans le nord du Cameroun dans la nuit du mercredi 13 novembre, dans la paroisse de Nguetchewe dont il était le prêtre depuis deux ans. Après avoir quitté les Hauts-de-Seine, l’homme d’Église avait manifesté son envie de s’installer au Cameroun. Il connaissait alors les dangers qu’il encourait en s’installant dans cette région, classée à risque par les autorités françaises. Quelques mois après le rapt puis la libération en avril d’une famille de sept français, c’est au tour d’un prêtre d’être la cible du mouvement islamiste Boko Haram, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un pêché », en langue haoussa. Ce groupe est actif au Nigeria, pays voisin du Cameroun. L’AFP cite une source au sein même du mouvement, qui revendique l’enlèvement. Selon le Président français, Georges Vandenbeusch a « sûrement » été emmené au Nigeria par le groupe islamiste. Boko Haram aurait organisé le kidnapping avec Ansaru, une émanation de Boko Haram qui a déjà revendiqué des enlèvements d’étrangers par le passé, comme celui de Francis Collomp, enlevé au Nigeria en décembre 2012 et libéré le dimanche 17 novembre dernier. En 2012, Ansaru s’était dissocié du mouvement islamiste pour notamment se spécialiser dans l’enlèvement d’étrangers. Depuis sa création en 2002, Boko Haram lutte contre « l’influence occidentale », et les communautés chrétiennes et les étrangers sont souvent la cible de kidnappings, les chrétiens du nord du Cameroun étant considérés comme des « envahisseurs ». Accusé par les Etats-Unis d’être lié à Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique), Washington vient de placer le mercredi 13 novembre Boko Haram sur sa liste des organisations terroristes. Pour autant, le mouvement ne viserait pas la France en particulier : en manque d’argent, Boko Haram sait que la France est prête à tout pour sauver ses ressortissants.. L’enlèvement du prêtre Georges Vandenbeusch porte à 7 le nombre d’otages français retenus dans le monde.

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VENDREDI

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En réponse, Washington a renvoyé le 1er octobre le chargé d’affaire du Venezuela aux États-Unis. Un autre incident diplomatique avait eu lieu le 20 septembre, l’avion du président Maduro n’ayant pas reçu l’autorisation de survol de Porto Rico, alors qu’il se rendait… en Chine, principal rival économique des États-Unis. Les relations diplomatiques entre les deux pays semblent être dans l’impasse.

DES CHEFS D’ENTREPRISES ARRÊTÉS «Ce n’est que le début, ce que vous avez vu ces dernières heures n’est que la pointe de l’iceberg de ce que je vais faire pour protéger le peuple» C’est en ces mots que Nicolas Maduro s’est exprimé ce 15 novembre, suite aux décrets et aux arrestations de patrons et responsables d’entreprises. L’intérêt ? Faire baisser les prix et endiguer les pénuries alimentaires. Mais à quoi est due cette crise ? Pas seulement aux «sabotages» et au «complot» américain. Nicolas Maduro aux côtés d’un portrait d’Hugo Chavez, son prédécesseur.

Photo : © AFP

MADURO DANS LA LIGNÉE DES BOLIVAR

par Thibault Rodrigue et Corentin Vaissière

Le Venezuela traverse une forte crise économique. L’inflation atteint 54% par an, le taux le plus élevé d’Amérique latine. Le président Nicolas Maduro compte freiner cette chute et relancer le pays. A sa manière. Les pleins pouvoirs pendant un an. C’est avec cette formule que le Parlement vénézuélien a affirmé son soutien au président Nicolas Maduro, le jeudi 14 novembre. Avec ces pouvoirs «spéciaux», le successeur d’Hugo Chavez pourra faire passer ses lois par décret pendant un an. Il a les pleins pouvoirs en cas de menace grave pour l’intérêt de la nation. Et cette menace, pour Nicolas Maduro, c’est notamment la «conspiration américaine» contre son pays. Depuis 2010, les deux états n’ont plus de diplomates respectifs mais des chargés

d’affaires. Pourquoi ? Parce que les deux États se fâchent sur des questions comme les guérillas colombiennes sur le sol vénézuélien, le pétrole ou encore l’insufflation d’un vent anti-américain chez ses voisins andins. Le comportement néo-colonialiste en Amérique du Sud a toujours été critiqué par le Venezuela, depuis l’époque de Bolivar. Le dialogue avait bien repris au début de l’été 2013 mais une dernière crise a rompu le dialogue.

INCIDENTS DIPLOMATIQUES Après une gigantesque panne d’électricité au Venezuela début septembre que les autorités ont mis sur le compte d’un «sabotage», le président vénézuélien a déclaré avoir des preuves contre un groupe de responsables de l’ambassade américaine. Il leur a laissé 48 heures pour quitter le pays. 5

Sous Chavez puis sous Maduro, toute une nouvelle génération d’élite fortunée, que l’on appelle la «boliburguesia» s’est développée, s’enrichissant par les contrats publics et la spéculation financière. Bien aidée par un taux de change très bas comparé au marché noir, ce système a créé une pénurie de devises étrangères qui a entravé les importations et a contribué à la hausse des prix. Avec les élections municipales qui approchent, la stratégie de Nicolas Maduro est semble t-il d’essayer de détourner le regard de son peuple de la crise que subit le pays. Dans ce contexte, les tensions avec les Etats-Unis peuvent être un prétexte. Le président vénézuélien saura le 8 décembre si sa stratégie a payé, ou s’il subira les conséquences de cette première crise post-Chavez.

Suivez-les sur Twitter @ThibaultEduardo @Transistor07


WEEK-END

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LE DOSSIE R DU WEEK-END dirigeants. Surtout, les libertés accordées au peuple se révèlent plutôt paradoxales. Par exemple, la législation autorise depuis peu les manifestations, mais l’armée peut toujours procéder à des arrestations arbitraires lors de protestations. Un double jeu qui, au final, sert plus les intérêts du régime que ceux de la population.

TENSIONS XÉNOPHOBES

Le président Birman, Thein Sein, semble ouvrir la Birmanie à la démocratie.

Photo : Tomohiro Ohsumi

BIRMANIE : DÉMOCRATIE LIMITÉE

par Baptiste Pierre et Amaury Meygret

Les libérations de prisonniers politiques continuent en Birmanie. A l’instar de la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, libérée de sa résidence sous surveillance permanente en 2010, 69 détenus seront relâchés. Une annonce de la présidence birmane qui intervient pendant qu’un processus de démocratisation s’installe dans le pays. Mais si l’avancée démocratique est réelle en surface, elle n’en reste pas moins très incertaine.

Tout comme ce vendredi 15 novembre, où l’annonce de la libération de 69 prisonniers politiques intervient alors qu’une délégation de l’UE rend visite au pays. Une méthode de communication bien rodée qui masque les limites réelles des droits de l’Homme en Birmanie.

Depuis la dissolution de la junte militaire qui a gouverné le pays de 1988 à 2011, le régime a libéré des centaines d’opposants, journalistes, moines ou encore avocats. Mais cette ouverture politique reste critiquable, selon certaines associations de défense des droits de l’Homme. Ces dernières accusent le pays de distiller au compte-gouttes ces libérations afin de s’attirer les faveurs de capitales étrangères, en vue de futures échéances diplomatiques.

Le régime de Thein Sein reste coutumier des détentions arbitraires et des lois répressives. Et pas forcément contre les personnes attendues. Ce serait oublier que les arrestations arbitraires visent principalement les habitants des zones rurales, qui subissent de plein fouet les lois répressives dans le pays. La bonne volonté de libérer les journalistes et autres opposants politiques dissimule la réalité d’une société encore sous le joug affirmé de ses

L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

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Autre problème difficilement compatible avec la mise en place d’une démocratie : les tensions ethniques. Aujourd’hui, la majorité de la population reste bouddhiste. Seuls 4% de musulmans sont dénombrés. Et il faut dire qu’aujourd’hui, un fort sentiment xénophobe envers les musulmans traverse le pays. Encore plus alarmant, ce n’est plus la seule minorité rohingya (d’obédience musulmane et traditionnellement en lutte contre les fondamentalistes bouddhistes) qui est visée par les violences, mais bien l’ensemble des musulmans. Un climat entretenu par la junte au pouvoir et la Constitution de 2008 qui ne reconnaît pas l’ethnie rohingya, et ne lui donne pas les mêmes droits que les autres minorités. Une situation qui ne semble pas prête de s’inverser. Il faut dire que le pouvoir birman ne planche pas beaucoup sur le sujet.

UNE ARMÉE ENVAHISSANTE Tous les 27 mars se déroule une cérémonie qui se résume à une démonstration de force des militaires. Cette année la députée de l’opposition birmane aux élections législatives de 2015, Aung San Suu Kyi, a participé pour la première fois à cet événement. La «Dame de Rangoon» a pourtant été enfermée pendant 15 ans par la junte et se déclarait «l’ennemi intime» des forces militaires. Aujourd’hui, elle clame presque son amour pour les forces armées de la Birmanie. Même si cela apparaît comme une stratégie politique en vue des élections législatives -Aung San Suu Kyi souhaite garder les voix de l’électorat attaché à l’armée- la prise de position a de quoi laisser perplexe. Difficile d’imaginer l’historique opposante politique poser avec l’armée pour fêter la naissance de la démocratie birmane. A moins qu’elle ne le fasse la fleur au fusil, mais la route est encore longue pour la Birmanie.


WEEK-END

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TROIS QUESTIONS À... CÉLESTINE FOUCHER Célestine Foucher est la coordinatrice de l’association Info Birmanie. Cette association, basée à Paris, se donne pour mission principale de « relayer la voix de la société civile en soutenant leurs actions sur le plan national et international en vue d’une résolution de la crise birmane et d’une transition pacifique vers la démocratie ». Démocratie et Birmanie, ces deux mots peuvent-ils vraiment rimer à l’avenir ? On se bat pour cela depuis des années, alors on essaye d’y croire coûte que coûte. Seulement, il y a encore beaucoup d’obstacles à sa mise en place. Déjà, arrêtons de croire que les libérations de prisonniers politiques tendent vers une amélioration des libertés en Birmanie. Beaucoup de répressions subsistent encore. Surtout, le véritable problème reste le pouvoir fort de l’armée. Depuis la Constitution de 2008, rien n’a changé à ce niveau. Les militaires font pleinement partie de la sphère au pouvoir. Pour nous, tant que cette Constitution n’est pas abolie, la démocratie et la paix ethnique ne s’installeront pas en Birmanie. Très honnêtement, si la démocratie doit arriver, ce ne sera pas au moins avant une bonne dizaine d’années à mon avis. Et encore, en restant optimiste... Vous parlez de paix ethnique, comment expliquer les tensions envers les musulmans ? Il y a toujours eu de grandes tensions entre les bouddhistes et les musulmans en Birmanie. Cela remonte à l’indépendance du pays en 1943, quand le Japon s’est retiré. La Birmanie a été livrée à elle-même, des nationalistes ont pris le pouvoir et n’avaient qu’une idée en tête : créer une véritable unité au sein du pays. Ils l’ont trouvée par le bouddhisme, qui devient la religion majoritaire. Les minorités d’obédiences musulmanes comme les rohingya ont donc souvent lutté contre certaines franges de fondamentalistes bouddhistes. Mais aujourd’hui, il faut bien différencier ce problème avec les tensions racistes contre l’ensemble des musulmans. Une vague de xénophobie arrive, et le gouvernement ne fait malheureusement rien pour la stopper. Depuis un an, c’est quand même environ 200 personnes qui ont été tuées dans des affrontements ethniques. Ces débordements racistes ont très peu été condamnés par des défenseurs des droits de l’Homme. Même Aung San Suu Kyi n’a pas fait entendre sa voix. Vous déplorez cela ? Disons que même si l’on comprend l’intérêt politique, la stratégie mise en place par Aung San Suu Kyi en vue des élections, nous sommes attristés oui. La Dame de Rangoon est avant tout une femme que nous admirons, de par son courage, et sa grande intelligence. On essaye de se dire que si elle peut accéder au pouvoir en passant par ces choses-là, c’est peut-être le prix à payer. Nous croyons en elle. Suivez-les sur Twitter @baptiste_pierre @Amaury_Meygret 7


LUNDI

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John Kerry l’a affirmé suite à sa rencontre avec Mahmoud Abbas, le 6 novembre dernier : « Nous considérons maintenant et avons toujours considéré que les colonies étaient illégitimes  ». François Hollande, après avoir rencontré le Président de l’Autorité palestinienne a tenu le même discours. L’État d’Israël est-il prêt à cesser la colonisation au nom de la paix ?

IRAN, LA QUESTION QUI DIVISE Le recul du gouvernement israélien, il y a quelques jours, sur un projet de 20 000 logements en Cisjordanie semble donner des signes encourageants, mais le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a surtout cédé face à la pression internationale. Pour autant, Shimon Peres, le Président israélien, a déclaré lors d’une interview donnée avec François Hollande à Ruth Elkrief pour BFM TV qu’il est prêt à mener jusqu’au bout les négociations de paix pour la création d’un État palestinien, notamment en cessant la politique de colonisation en Cisjordanie. François Hollande lors de son discours à Jérusalem.

Photo : © Marco Longari

UNE PREMIÈRE VISITE ET BEAUCOUP DE PROMESSES

par Philippe Jawor et Martin Casamatta

Pour son premier déplacement en Israël, François Hollande a tranché avec le style de ses prédécesseurs, demandant même à Israël « l’arrêt total et définitif de la colonisation ». Quelle influence auront ces déclarations sur les relations diplomatiques entre les deux États ? Historiquement, la France a toujours entretenu des relations ambiguës avec Israël, et ce dès sa création  : l’Etat juif, officiellement crée en 1947, n’a été reconnu par la France qu’en 1949. On se souvient du « You want me to go back to my plane  » de Jacques Chirac, agacé par le zèle des forces de sécurité israéliennes. Aujourd’hui, François Hollande avait demandé à être dispensé de toute présence policière dans le domaine de Sainte Anne qu’il visitait à son tour. Cependant, un dossier pose problème depuis plus de soixante ans : la question palestinienne.

UNE POLITIQUE D’EXPANSION La situation géographique de l’État d’Israël est délicate : seul État juif dans le monde, il est frontalier du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de l’Égypte, autant de pays musulmans qui, à l’exception de l’Égypte, ne reconnaissent même pas l’existence d’Israël. Afin de faire face à cet enclavement hostile qui le rend vulnérable, l’État juif a conservé une politique colonisatrice permise par sa position dominante acquise au gré des combats. Shimon Peres a tenu à le rappeler, Israël a dû faire face à six guerres depuis sa création, «  un chiffre qu’aucun autre État ne peut prévaloir ». C’est justement ces territoires qui sont au cœur du débat sur la possible création d’un État palestinien, refusée jusqu’à ce jour par Israël. 8

Cependant, le Président israélien a soumis une condition à l’avancée des négociations de paix avec la Palestine : que la communauté internationale impose à l’Iran de ne jamais accéder à l’arme atomique, en réaffirmant qu’Israël n’hésitera pas à faire usage de la force si elle a à se défendre. François Hollande s’est posé en «  ami d’Israël », en hébreu dans le texte (« Tamid esha’er haver shel Israel ! », a-t-il déclaré à la descente de l’avion). Il aura maintenant besoin du soutien de la communauté internationale toute entière pour gérer le dossier israélo-palestinien alors qu’un troisième facteur entre en jeu : la position de l’Iran. Or, même si le Président iranien ne veut plus explicitement «  la mort d’Israël » comme le souhaitait Mahmoud Ahmadinejad, l’État juif n’est toujours pas reconnu, et la nomination par Benyamin Netanyahou d’Avigor Lieberman, figure de l’extrême droite israélienne, à la tête des Affaires Etrangères, ne semble pas faciliter la chose. D’autant plus que finalement, ce n’est pas Shimon Peres qui décide, mais bien son Premier ministre  ; les négociations s’annoncent encore longues. Suivez-les sur Twitter @pippojawor @MartinCasamatta


MARDI

19 en nommant dix-sept femmes sur trentedeux postes disponibles. Seul bémol, les postes principaux sont occupés par des hommes. Les femmes individuellement sont souvent touchées par les remarques sexistes des hommes. Une des premières ayant reçu des attaques sexistes est Edith Cresson, première femme nommée ministre sous Mitterrand en France de 1991 à 1992. Elle a été attaquée par toute la classe politique et même par son camps, le PS. Outre les attaques politiques, elle a aussi été la cible de la télévision. Le « bébête show » en a fait une de ses marionnettes phare: la panthère « Amabotte ». Elle est représentée comme une «  lèche bottes  » de Mitterrand. Le spectacle humoristique est alors vu comme sexiste. Les féministes critiquent cette caricature qu’elles jugent « dégradante ».

Les pictogrammes qui créent la polémique à Orly.

Photo : © Olivier Razemond

ORLY : LE PANNEAU QUI DÉRANGE

par Mathilde Solages et Laura Hurissel

La « Journée mondiale des toilettes » est célébrée aujourd’hui 19 novembre. Un panneau créé la polémique et relance le débat préoccupant du sexisme en France. C’est un panneau placé dans le hall d’embarquement de la compagnie «  Hop  !  » à l’aéroport d’Orly, qui fait scandale. Sur fond orange, deux silhouettes de femmes sont représentées en blanc. L’une d’entre elles est statique tandis que l’autre semble langer un enfant. Ce panneau indique la direction des toilettes et peut être interprété comme sexiste. Depuis toujours, le lieu pour changer les enfants se trouve dans les toilettes des femmes. Cette disposition ne semblait, jusqu’à présent, ne déranger personne. Pourtant, certains sociologues comme Paul Hallé ont dénoncé le sexisme de cette image dans le Monde. « L’image est extraordinairement bien faite, tellement classe que je vais réutiliser la photo dans

nos sessions de formation sur la discrimination ou l’égalité hommes/femmes ». Une nouvelle preuve d’un sentiment, grandissant, de discrimination entre les hommes et les femmes.

UN POUVOIR DISCRIMINANT ? En politique, le sujet dérange et fait débat. Les femmes politiques, sujettes à de grandes décisions, font peur. Suite à son accouchement, Rachida Dati est rapidement retournée à son poste de ministre de la Justice. A t-elle eu peur de perdre son poste  ? Des cas de discriminations sont aussi présents au cœur du pouvoir. Les femmes y sont largement critiquées. Dans les faits, la parité est rarement respectée. Le gouvernement Sarkozy, après le remaniement, ne comptait que huit femmes ministres sur trente-deux postes. François Hollande a souhaité faire évoluer la parité 9

Dans une actualité plus récente, le cas de Cécile Duflot, lors d’une intervention a l’Assemblée, est un exemple type du sexisme en politique : mardi 17 juillet, Cécile Duflot, ministre de l’égalité du territoire et du logement se présente à l’Assemblée vêtue d’une robe et de chaussures à talons. Elle subie alors des remarques « salaces » ainsi que des sifflements et des propos machistes. Le gouvernement de Jean- Marc Ayrault est soumis à rude épreuve depuis l’année dernière, un situation d’autant plus difficile pour les femmes ministres. Ainsi Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique a été la cible d’un journaliste d’Europe 1, Daniel Schick. Le 23 juillet, il l’interroge sur les raisons de sa nomination au pouvoir. Sa première question est «  Êtes-vous ministre parce que vous êtes une belle femme issue de la diversité ? ». Une question qui divise, encore et toujours. Suivez-les sur Twitter @SolagesMathilde @LauraHurissel


15:00

iScpa

200 % (à bloc !)

Tendances # LaPetiteSemaine # Chaveznestpasmort # Démocrature # ISRFRA # JournéedesWC # SexismeQuotidien

La petite semaine @lapetitesemaine

Chaque semaine, retrouvez les tweets qui font l’actualité commentés par le rédacteur en chef de #LaPetiteSemaine. Cette semaine : @Louisepez Lyon

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Claire Hache @clairehache 14 nov @YaminaBenguigui sur la Une de Minute: «Le racisme n’est pas monté en puissance, il est devenu visible» http://bit.ly/1fEhoBh

Louise Pezzoli @Louisepez 14 nov Montée en puissance du racisme ou banalisation de la tendance ? Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans sa visibilité. #eracisme

Julien Bellver @julienbellver Le Figaro rêve d’une dissolution, et ça tombe bien puisqu’un sondage qu’ils ont commandé dit la même chose

14 nov

Louise Pezzoli @Louisepez 14 nov 39 % des Français veulent une dissolution de l’Assemblée Nationale, une solution préférée au remaniement (sondage @Le_Figaro). #révolte

Jordan MINARY @jordanminary 18 nov S’attaquer aux journalistes, c’est prendre pour cible un pilier de l’équilibre démocratique. Solidarité avec @liberation_info.

Louise Pezzoli @Louisepez 18 nov Un homme a tiré sur un photographe de Libération lundi avant de prendre la fuite dans Paris. La chasse à l’homme est toujours en cours. #TireurFou

20 nov

#LaPetiteSemaine a vibré en bleu pendant #FRAUKR, mais elle vibre encore plus pour le prochain numéro ! #Numéro5 #seeyounextweek

La petite semaine - numéro 4  

Quatrième numéro de La Petite Semaine, magazine réalisé par des étudiants J2 à l'ISCPA de Lyon. Rédacteur en chef: Louise Pezzoli Secrétai...