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e numéro 1 de l’Aperçu arrive avec le printemps, période de renouveau propice aux espoirs les plus fous. L’espoir de vous faire rêver, vous informer et de vous surprendre avec les artistes et les initiatives culturelles invités dans notre journal. À chaque période, sa prise de conscience . Il est temps maintenant, pour nous, d’affirmer à nouveau qu’il faut vivre une société meilleure. Une société faite de partages, d’émotions et de réflexions pour magnifier l’art d’être ensemble. De l’espoir, de l’utopie, de la force, nous en avons tous besoin. Ce journal nous donne cette force. La parole, l’écrit, la signature gravent la mémoire et laisse une trace concrète d’Hommes et d’Artistes qui nous élèvent et nous font grandir. Ce petit journal a de grandes ambitions. La première, procurer du plaisir et l’intérêt du lecteur. La seconde, nous préoccuper et nous atteler d’arrache pied à cette belle tâche qu’est la fabrication de cet outil nécessaire, résultat du travail d’une équipe engagée, métissée, aventurière et courageuse. Des rendez-vous, des interviews, des kilomètres de frappe, des forfaits téléphoniques explosés et quelques nuits blanches pour réunir, fédérer et créer la rencontre et l’échange. C’est un réel plaisir que de valoriser l’autre et de faire briller l’artiste. De l’initiative personnelle au collectif, au groupement solidaire et citoyen pour que notre planète reste belle et propre, il n’y a qu’un pas. Un espace ouvert et libre qui continue d’accueillir l’expression culturelle et l’art. On le sait, la création souffre et il est courageux d’entreprendre le voyage d’un projet artistique, cela relève de la belle inconscience. Nous espérons fortement, comme vous allez le lire, rassembler les moyens essentiels à nos activités et envisager des avenirs heureux. Continuons de rêver pour découvrir, rire et fêter toutes les cultures et tous les spectacles dans des lieux accueillants, des structures équipées et portées par des politiques culturelles volontaristes, des équipes de professionnels passionnés et généreux. L’équipe de L’Aperçu

Directeur de la Publication : Jean-Michel Lasserre Rédactrice en chef : Camille Victor-Pujebet Ont collaboré à ce numéro : Christel Rossel, Maafa, Thierry Garcin, Olivier Rey, Pascale Severac Conception graphique : Mat Cerato et Vinz pour 28th Box 1° de couv : Mat Cerato, 4° de couv : TCHIF © Maquettiste : Emmanuelle Klein (Les éco. de la Terre) Crédit photos : Mat Cerato - Administration : Philippe Rollet L’Aperçu, journal de La Fonderie, 14, Cours St Louis, 13100 Aix Tel : (33) 04 42 63 10 11 - Courriel: lapercujournal@gmail.com

MUSIQUES ACTUELLES Devenir et Avenir de La Fonderie-Aix Zoom Talents Ejo Groove Jah Baba Serge Ologougou Tériba Photos Bénin by Mat Cerato

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ARTS GRAPHIQUES Ka Divers Sack Barbara Canepa Guillaume Bianco Tchif Qui, Quoi, Où par 28th Box Intuit Lab

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ECOCITOYENNETE les éco. de la Terre Ma Terre Fac Verte Songhaï

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SOCIETE ONG Qui Dit Mieux Chantal Mele Ze Bus Fondacion Madera

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CULTURES Seconde Nature UDCM Troc’n’roll Compagnie Grenade Compagnie Olinda Théâtre Ainsi de Suite Chronique d’Albums

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Ce journal est imprimé dans le respect de l’environnement Imprimé par INDUGRAF OFFSET SA Tél.: (+34) 977 296 477 Dépôt légal n° 40080 N° INPI 03 3223098 - 100 % recyclé RCS Toulouse : n° 482033172


La fonderie  -­  aix

Quel est l’état d’avancement du projet de la salle de spectacle au centre d’Aix-en-Provence ? Il semble que nous rentrons à nouveau dans une phase d’évolution possible, ce qui devient urgent. Le rachat du terrain par la ville est un acte fondateur. Nous défendons toujours la nécessité pour Aix de remettre pleinement en marche un lieu unique en centre-ville habité par un projet artistique précieux dans le tissu régional. La réfection des bâtiments de La Fonderie doit être faite pour redonner vie à un lieu et à un projet qui a fait largement la preuve de son intérêt. C’est une chance de rompre visiblement, avec une situation héritée du passé, qui est

Avenir et devenir de la Fonderie La Fonderie, salle mythique du 14 Cours Saint Louis à Aix, est en attente de travaux depuis maintenant 10 ans. Malgrè la pertinence du projet et de réelles avancées du dossier, la programmation de la réfection des lieux semble au point mort. Rencontre avec l’équipe dirigeante, Jean-Michel Lasserre et Pascale Severac. un peu devenue le triste symbole d’un secteur populaire laissé en friche sur le Pays d’Aix. Nous voulons demain comme hier, un lieu de vie et de rencontres artistiques au cœur du Pays d’Aix, acteur créatif, portant par la scène une certaine vision des relations humaines, de la qualité de la vie. Un vecteur, sans aucun doute, d’une forme d’art d’habiter la ville, d’y venir, d’y passer, d’y vivre ensemble. Nous avons démontré l’absolu intérêt de La Fonderie, un lieu en centre ville. La Fonderie telle qu’elle reste dans les esprits de ceux qui l’ont connu et telle que nous la voulions, a opéré entre 1991 et 2002. Avec ses dimensions humaines, elle a rencontré un très grand succès populaire et démontré à la fois que nous avons ici un très fort potentiel artistique et un grand besoin de politiques d’accompagnement ; du moins si l’on veut défendre l’ouverture à tous et la qualité. Pourtant, malgré le rachat public, malgré l’intérêt démontré, cette salle reste fermée depuis 10 ans. Et si nous existons toujours professionnellement au niveau national, si nous restons intégrés dans le tissu régional et local, c’est par tout ce qui s’est passé dans ce lieu, tout ce qui en a surgit : le festival Zik Zac, les artistes, ceux qui passent ou sont passés, ceux qui restent le temps qu’il 4

faut, que nous accompagnons dans leur parcours, sur des scènes en tout genres, régulièrement internationales, toujours vivantes. Remplies de gens heureux d’être ensemble. Et ce n’est pas le moindre en ces temps. Alors, comme d’autres, comme bien des gens ici, nous pensons que ce savoir-faire est précieux, il y a une riche scène locale. Cet outil est indispensable pour le Pays d’Aix. On peut dire que l’originalité de notre projet intègre simultanément le Théâtre et la Musique, dans les domaines de la diffusion, de l’accueil, du développement de carrières d’artistes et d’accompagnement de créations et pratiques amateurs. Une action qui repose depuis toujours sur des axes d’excellence artistique et d’éclectisme. Que ce modèle aujourd’hui reconnu partout reste pertinent à tout point de vue. Que le nombre important d’artistes et d’associations de toutes origines qui ont été accueillis et les centaines de milliers de spectateurs qui les ont rencontrés attestent du besoin d’espaces de vie, d’expression et de travail adaptés, ouverts à tous. Mais, comme dirait l’autre « ça on le sait déjà ». Alors on préfère rester mobilisé pour demain. Notre projet tout neuf est sur la table. C’est le même ou presque. Et il brûle de la même actualité. Pendant ces 10 années de fermeture, bien heureusement, nombre de villes et de territoires ont engagé des politiques pour les musiques actuelles et les scènes éclectiques. Souvent en suivant des axes tels que ceux que nous défendons depuis toujours.


Ici, étonnamment et malgré l’intérêt que nous ont manifesté nombre de responsables des politiques publiques - à commencer par la Ville – rien de construit, pensé globalement, fait pour durer, n’apparait vraiment. Nous le sentons bien, ne serait-ce que dans les retours que nous font les gens d’ici, lors des quelques dates que nous pouvons encore leur offrir. Et nous voyons bien, par exemple quand on tourne avec Poum Tchack ou d’autres, en France et en Europe, que les villes les plus dynamiques soutiennent les scènes et les musique actuelles. A qui appartiennent les lieux ? La Communauté du Pays d’Aix est propriétaire des lieux depuis 2004, son Conseil Communautaire de décembre 2009 a voté (à l’unanimité) une subvention pour la réfection totale des bâtiments du 14 Cours Saint Louis avec l’objectif d’une livraison de l’outil fin 2012. La Ville d’Aix et la Communauté du Pays d’Aix viennent de réaffirmer fortement leur attachement au dossier en renouvelant notre convention triennale pour la période 2012/2014. www.fonderie-aix.com

C’est un bon début... mais que reste t-il à faire ? Peut-être prendre les initiatives d’accompagnement qui s’imposent. En tout premier lieu définir un schéma global d’intervention, réunir l’ensemble des partenaires institutionnels intéressés afin de réaliser un vrai tour de table (ce qui n’a pas été fait depuis 2004) qui fera avancer les choses. Il nous reste incompréhensible qu’après tant de temps et d’engagements divers, la situation n’évolue pas pour le bien général. Et dans l’immédiat ? Nous en appelons à nos élus, leurs techniciens, et à notre public car La Fonderie doit être soutenue, et rénovée, pour ne pas perdre un savoir faire et un réseau résultant de plus de 20 ans d’activisme culturel en Pays d’Aix. Toutes les initiatives pour soutenir le projet nous aideront à aboutir. Ecrivez-nous : lapercujournal@gmail.com objet : Fonderie.

Ils ont été accueilli par La Fonderie-Aix : MASSILIA SOUND SYSTEM, CHINESE MAN, TIKEN JAH FAKOLY, AMADOU MARIAM, TOURE KUNDA, ZEBDA, YURI BUENAVENTURA, TRIO MOCOTO, BA CISSOKO, ORCHESTRA BAOBAB, TOTONHO, JAQEE, GIEDRE, TITI ROBIN, LENINE, CHEIK LO, RIT, STANLEY BECKFORD, EL HILLAL, SERGENT GARCIA, GROUNDATION, GNAWA DIFFUSION, FEMI KUTI, FLAVIA COELHO, SAN SEVERINO, ORCHESTRE NATIONAL DE BARBES, TOUMAST, CHEKHA RIMITI, CEUX QUI MARCHENT DEBOUT, DAVID LAFORE, RACHID TAHA, 100 % COLLEGUES, BAAZIZ, IDIR,TONY ALLEN, CAFETERA ROJA, MAXXO, SENA, DUBMOOD, DISSONANT NATION, DUB INC, EJO GROOVE, SHAOLIN TEMPLE RS, SEBASTIEN STURM, NURU KANE, DUPAIN, BIONIC MAN SOUND, AFRICANDO, WATCHA CLAN, BONGA, SMOD, KANJAROC, POUM TCHACK...

La Fonderie 14 Cours Saint Louis 13100 Aix-en-Provence 04 42 63 10 11

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À coeur ouvert avec MAAFA eur mère m’a confié secrètement « ce n’est pas évident de vivre constamment avec un miroir devant soi » ; j’ai compris alors que c’est en même temps lourd mais aussi, oh combien constructif : - lourd, dans le sens où tout est à la puissance deux, des petits bobos reçus dès sa tendre enfance, en passant par l’adolescence ingrate, jusqu'à l’arrivée du double mur de la réalité de la vie bien en face, je dirai double faces ; - constructif, les doubles claques reçues n’ont fait que forger leurs caractères en acier trempé. Comment en sortir indemne autrement ? La gagnante dans cette affaire, c’est la qualité de leur musique ; par la hargne d’aller jusqu’au bout, elles ont su crier leurs blues dans « la simplicité et l’honnêteté », me dit Caro à la question, « Pourquoi avoir choisi la formule voix et un seul instrument pratiquement dans tout le EP: I’LL GET YOU BACK ? » Faire appel aux technologies du son virtuel, c’est perdre sa personnalité sonore » réplique Jessy. Waouh !!!!

ACOAM : le mot « musique » ? A onze ans déjà, deux tigresses au sein d’une équipe de foot, la tête pleine de thèmes que fredonnait leur papa saxophoniste de jazz, shootent avec force leur folk bluegrass et cognent à répétition le rythme de la vie comme deux cueilleuses de coton. La chanson « MARY » est conçue certainement pendant ces époques là. LION IN JEAL, un paradoxe subjuguant entre la douceur du chant en polyphonie et la puissance des « maux » du texte. Casser les chaînes, le torse bien gonflé, elles ont refusé de se plier aux appels des miroirs aux alouettes, de ce show-biz oh combien truffé d’embuches et peuplé de requins ; on l’a fait pas à celles qui ont souffert les ravages des miroirs.Face à vous, aussi exigeantes pour le choix des visuels (elles n’ont pas oublié de soigner leur look pour la scène ; Gaëlle, Marine et Maude veillent au grain) que pour la qualité du son. Elles partageront leurs émotions dans une série de concerts dans la région. La larme à l’œil et le cœur grand ouvert, je vous dis à la prochaine édition, snif !!!!!

www.noomiz.com/isaya

Signé MAAFA

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Ejo groove Hilaire Chaby-Hary, musicien et arrangeur de Baaba Maal pour une direction artistique exigeante e groupe Ejo Groove continue son programme de création. Initié en septembre 2011 à Aix et dans la CPA, la deuxième phase s’est déroulée en mars à Cotonou avec une résidence intense et un premier concert comme une étape de travail à l’Espace Tchif de Cotonou. Le groupe a fait appel à un directeur artistique en la personne du grand Hilaire Chaby-Hary, arrangeur, claviste de Baaba Maal. Entretien. Parle-nous de ton travail avec Ejo Groove. On a voulu commencer cette période de résidence, ici à Cotonou, c’était important de faire des recherches pour puiser dans le patrimoine béninois et tirer le meilleur de ces musiciens virtuoses. Maintenant, après 10 jours de répétition, on a corrigé ce qu’il y avait à corriger, on a apporté ce qu’il manquait, tous ensemble. Dans mon rôle de directeur artistique, il faut d’abord être à l’écoute de ce que les musiciens ont à dire. Partager ton expérience personnelle. Ce projet peut aller très loin, j’y crois. Il y a de la

volonté, on nous encourage et toutes les personnes qu’on a rencontrées ici et qui travaillent dans la culture depuis un quart de siècle, semblent dire que nous sommes arrivés au bon moment et qu’il était temps que la musique béninoise prenne un autre envol pour être mieux représentée sur la scène internationale. La musique d’Ejo Groove ? Une fusion de styles : rock, blues, Afro beat et traditionnel... Ce sont de très bons musiciens. Ils ont été à bonne école, ils ont juste besoin d’être guidés et conseillés pour la mise en boîte. Que penses-tu de la culture au Bénin ? C’est un pays d’une diversité culturelle incroyable, qui a beaucoup à partager avec le reste du monde. Il y a beaucoup d’artistes ici, mais il va falloir que tous les acteurs culturels tirent dans le même sens. Des talents, il y en a, mais comment les mettre en valeur, car le talent qui dort ne sert à rien. Il faut lui donner la chance de s’exprimer, de se développer au maximum...

D’où son manque de lisibilité à l’international ? Il y a quand même des figures emblématiques. J’ai connu Angélique Kidjo, il y a aussi toute la musique traditionnelle que j’ai beaucoup écouté sur les K7 de l’époque, j’ai assisté à des cérémonies... je suis convaincu que le jour où on va libérer cette culture, le Bénin aura tout de suite une autre figure et pourra rayonner sur le monde. Ton rapport personnel avec le Bénin : Mon papa vient du Bénin, du Nord, de Parakou. J’ai grandi au Sénégal, je vis à Dakar avec ma famille. J’y travaille avec Baba Maal, artiste internationalement reconnu. J’ai sauté sur l’occasion de ce projet comme un retour aux origines. Je me disais : d’où vient mon inspiration, mon intuition ? J’ai rencontré mes frères, l’inspiration vient sûrement d’ici, c’est une découverte pour moi. Je repars la tête pleine. J’ai retenu beaucoup de choses, notamment les zems (moto taxi) : quand je vois tous ces gens arriver à trouver leur chemin dans ce trafic, je me dis que c’est un peuple qui réfléchit vite et que la paresse n’a pas de place au Bénin. C’est un peuple de travailleurs. Je suis fier de ce peuple-là, et chaque fois que je pourrai contribuer et partager mon expérience personnelle, je n’hésiterai pas Pour finir ? Je remercie mon collaborateur Baaba Maal qui m’a permis d’acquérir toute mon expérience. Il me permet même de me libérer pour venir ici faire toutes ces découvertes.. C’est ça les grands hommes.

www.myspace.com/ejogroove

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Jah baba Oladipo Abiala alias Jah BABA est chanteur, percussionniste, tubiste et ingénieur du son. éninois originaire du Nigeria, il reste très attaché à l’héritage musical que lui ont légué son père et sa grand mère depuis son Pobè natal. Jah baba fait un mélange d’afro-jazz et d’afro-gospel. Il tire ses inspirations des valeurs culturelles du Bénin et de ses racines ancestrales. Son premier album, sorti le en avril 2011 au Hall des Arts de Cotonou, a pour ambition de vulgariser son œuvre étonnante à travers son continent en particularité et dans le monde en général. Un album

de 14 titres, dont le titre phare ARISE : « lêve toi, il est temps que l’Afrique se décveloppe. ». Et avec se genre d’artiste créatif et entreprenant, c’est bien parti ! Jah Baba attache une importance particulière à la promotion des jeunes

artistes Béninois et a ainsi vu passer dans son studio “Africa City Sound “, situé dans le quartier d’Agla à Cotonou, bon nombre de musiciens de la sous-région. Jah baba est sur youtube et facebook

http://jahbaba.com

serge olOgoudou

Serge Ologoudou, journaliste, animateur vedette d’Atlantic FM (ORTB), responsable de “Musique, Arts et Culture“ (MAC), Créateur du Festival “Festin Vocal“ du 27 au 29 avril 2012 à Cotonou au Centre Culturel Chinois et Place des Martyrs. Peux-tu nous présenter ton festival ? Festin Vocal est un festival international de musique vocale féminine dont la première édition va regrouper des artistes venues de cinq pays à savoir l'Afrique du Sud, le Bénin, le Niger, le Nigeria et le Cameroun. L'idée est de mieux valoriser la musique vocale chez nous étant entendu que la voix est le premier instrument qui communique l'émotion. L'intention est de susciter une nouvelle génération d'artistes faisant du 100 % vocal. As-tu pu compter sur des aides publiques? Privées? Festin vocal a reçu en partie le soutien du fonds d'aide à la culture, une direction technique du Ministère de la Culture. Pas d'aides privées pour le moment. D’une manière générale, comment se porte la culture béninoise au Bénin et ailleurs ? Comment l’état, les collectivités interviennent ? La culture béninoise se porte tant bien que mal au rythme des réalités du pays. Les collectivités locales ne comprennent pas encore la nécessité de financer la culture. Par contre, l'état central fait des efforts, en l'occurrence un milliard de francs CFA (15 millions d’euros) au Fonds d'Aide à la Culture, destiné au financement des projets culturels du pays. Reste l'organisation et la structuration du secteur culturel au Bénin, un vaste chantier. MAC est membre du réseau “Zone Franche“.

Email : sergo_mac@yahoo.fr

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MAC, 01BP3401, Cotonou, Bénin Tel : (00229) 90 90 34 82


teriba Le premier trio de femmes béninoises remier groupe féminin du Bénin, fondée en 2002, Teriba (« humilité » en Yoruba) est composé de : Tatiana, Zékiath et Carine. Leur credo : chants a capella, petites percussions et danses du Bénin. Elles valorisent le patrimoine musical national (tchink ou tchinkoumey, massé…), avec passion, humilité et originalité. Leur premier opus : Gan Na Ho, mélange de mélodies et rythmes traditionnels béninois et de sonorités africaines et occidentales, connaît un succès immédiat dans tout le pays. Présentes sur les grandes scènes nationales (MASA 2007, Nuits Atypiques 2008 de Koudougou, Burkina Faso. Le trio est sélectionné aux Kora Awards du continent africain dans la catégorie « Meilleur Groupe Traditionnel ». La consécration viendra en 2009 avec le Trophée Hokan et une tournée internationale. Elles seront en tournée en France et Allemagne en juillet 2012. Rencontre avec Tatiana à l’Espace Tchif. En quelques mots, Tatiana me parle de la condition des femmes au Bénin et en tant qu’artiste. Tatiana me confirme que le Bénin est un pays très démocratique, pacifiste. Un pays patriarcal certes, où l’égalité entre hommes et femmes n’est pas gagnée, en constante évolution, mais un pays où les femmes peuvent vivre

librement, indépendamment d’un mari. D’ailleurs, Tatiana a un enfant de 9 ans et n’est toujours pas mariée à l’homme qui partage son quotidien sans que cela ne pose problème dans sa vie de tous les jours. Bien entendu, la condition sociale et l’éducation contribuent ou non à l’émancipation des femmes. Malheureusement, par manque de moyens financiers, un grand nombre de familles n’envoient pas leurs enfants à l’école, et en particulier les petites filles qui aident en priorité leurs mères aux tâches ménagères. Cet état de fait a forcément une incidence sur l’autonomie future et des opportunités pour les femmes à évoluer socialement, à acquérir le plus de libertés possible. On ressent une grande conscience de l’autre dans ce pays, un sens de la vie en communauté, de la solidarité. Les femmes s’organisent et se soutiennent de façon non formelle, grâce à l’autorité naturelle des anciennes, femmes ‘’chefs’’ de quartiers, qui informent et communiquent lorsque le besoin s’en fait sentir, l’entraide existe. D’ailleurs,

www.teribabenin.com

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quand Tatiana doit partir du domicile, elle dit juste au revoir à ses voisines du quartier, qui sans explication et naturellement vont veiller à son enfant, l’accueillir le temps de l’absence de la mère. Depuis longtemps, Tatiana m’affirme que les familles n’obligent pas leurs filles à épouser l’homme qu’elles pressentent pour leur avenir…Les femmes choisissent la personne avec qui elles veulent partager leur vie. En tant qu’artiste, la femme est très bien accueillie à Cotonou, le charme, la séduction, l’échange et le jeu font partie des relations hommes-femmes au Bénin, ce qui est très plaisant et rend les choses plus faciles. Ce charmant trio féminin s’inspire évidemment du vécu des femmes à travers la reprise de thèmes et chants traditionnels de leur pays, de leurs croyances et rituels. Elles modernisent et rendent universelles les mélodies et gestuelles béninoises pour une rencontre immédiate et heureuse avec le public, tous les publics.


a Divers continue son action de développement culturel axée sur la création contemporaine et propose durant l’année des ateliers d’arts plastiques, dans les centres sociaux d’Aix en Provence. Il est essentiel d’offrir un accès à la culture, des propositions artistiques de qualité au plus grand nombre et en particulier à ces publics qui n’ont pas l’opportunité de s’y confronter. Créer des espaces de rencontre, de partage, d’expression, riches d’émotions, de convivialité et d’émancipation.

Création Diego http://kadivers.canalblog.com

Tooza Theïs, artiste-plasticienne tout terrain intervient au Centre social Aix Nord. Elle arrive à tisser des liens forts, humains et créatifs avec le public feminin. Elles réalisent, ensemble, de très belles créations luminaires. Avec les enfants, Tooza, invente leurs cabanes : petite construction réalisée à partir de rotin, de papier de récup, branchage ou autres cravates et rubans recyclés pour l’occasion : des éco-créations dignes d’un conte pour enfants… On sensibilise l’enfant au recyclage, comment redonner vie et créer à partir de ce qui devait finir à la poubelle… Diego, jeune plasticien-graffeur formé à Marseille (arts appliqués) aime les voyages. Depuis 2009 et de retour d'Amérique du Sud (ses origines), il décide de se consacrer à la création, peinture, graphisme, vidéo, textiles. Il intervient au Centre Social Albert Camus de Corsy dans un atelier graff pour la plus grande joie des enfants. L’art urbain prend toute sa dimension ici, dans leur quartier que les enfants connaissent bien et où ils peuvent enfin s’exprimer, bombe à la main. C’est l’occasion pour le jeune d’embellir son univers, son quotidien. Diego leur apprend que le graff est un art à part

KA DIVERS offre des espaces de création et d’expression

Création Diego entière qui ne doit pas être réalisé n’importe où, n’importe comment. Nous remercions les responsables et les éducateurs des centres sociaux Aix Nord et Albert Camus qui travaillent dans un contexte financier difficile avec qui nous essayons de proposer des actions de qualité. Ce projet est soutenu par le CUCS (Politique de la Ville d’Aix).

Maison de la vie associative d’Aix . Le Ligoures. 13090 Aix.kadivers@1gmail.com

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plasticien-graffeur SACK est un jeune plasticien-graffeur de 24 ans. Il est né dans la province de Sichuan en Chine. Il s’est installé en France depuis 4 ans, plus précisément à Aix-en-Provence où il poursuit un cursus universitaire. ssoiffé de connaissances, débordant d'énergie et de malice, ce jeune artiste créatif et passionné intéresse la Galerie Mathgoth à Paris. Une Première exposition dans cette galerie lui a valu un bel article dans "Le Monde" (Sabine Vaillant-08/10/2011). Ironiques, modernes, spirituelles, subtilement réalisées et magnifiquement colorées, ses oeuvres sont un mélange entre cette culture des civilisations asiatiques, chargée de symboles, de caligraphies chinoises, de philosophie boudhiste, taoiste et la culture hip hop et skate dont il est issu. Il navigue entre politique et humour noir.

des connexions entre passé et futur. Dans ce processus, je ne veux pas copier cette culture traditionnelle orientale, mais par cette forme de culture, je montre mes points de vue sur le monde Quels sont tes désirs pour l’avenir quant à ta peinture, ton art ? Je pense qu'il faut une étude plus approfondie à travers mon apprentissage du système. Je voudrais trouver le meilleur moyen d'intégrer cette

SACK possède ce talent des gens curieux, humbles et déterminés qui vont au contact des autres. Ses rencontres avec les Grands, Kongo, Jef Aérosol, Marko ne sont pas le fruit du hasard. Il aime dire "C'est le destin, c'est la chance. C'est trop bien". C'est surtout ton vrai talent, SACK, ton intelligence, ta créativité qui ouvrent ton chemin et lui donnent sens. L’œil présent partout dans son œuvre, ‘’porte de l’âme, de l’esprit’’ est le symbole fort qu’il a choisi comme logo ; tout un univers à découvrir, à comprendre… Qu’est ce que tu as envie de dire à travers tes œuvres ? Mon travail est comme un transporteur de la culture orientale traditionnelle, principalement axé sur la religion orientale, la nature humaine, l'idéologie, et l'humour noir. C’est une façon de présenter a l'Ouest ce qu’est la culture orientale (l’esthétique traditionnelle de l'Est, sa philosophie traditionnelle, ses valeurs contemporaines orientales, etc), et j'espère que grâce à mon travail je pourrais créer http://hi.baidu.com/sackids/home

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culture traditionnelle orientale aux graffitis et à l'art contemporain. J'espère avoir plus de possibilités pour voyager à travers le monde, faire du graffiti, rencontrer de nouveaux amis, connaître des cultures nouvelles… Vivre plus d’expériences apporte beaucoup plus de valeur à mes oeuvres. Je te remercie Sack et je te souhaite toutes les réussites du monde, un destin digne d’un grand esprit libre et moderne


Le nouvel album de Barbara Canepa, End et fin...

Barbara canepa

Certainement, c'est la fin d'un cycle... Voilà trop longtemps déjà que je porte ce projet sur mes épaules. J'ai envie d'en accoucher, de pouvoir enfin le regarder dans les yeux, comme un fils. Je suis sûre d'une chose : mes prochaines années seront plus matures et plus conscientes de qui je suis vraiment L’enfance est très présente dans tes albums, vis-tu la vie comme une enfant ou bien est-ce une nostalgie très forte de cette époque que tu ne veux pas oublier et que tu sublimes dans tes dessins, tes histoires ? L'enfance, c'est moi. Je ne peux être nostalgique d'une chose que je possède encore. Mes yeux voient les choses comme peuvent les voir ceux d'un enfant. Quel artiste illustrateur, artiste t'a marqué particulièrement et lequel aimerais-tu rencontrer? Un grand regret de n'avoir pu connaitre Jim Henson, le créateur du Muppet Show. J’aimerais vivre des rencontres avec des réalisateurs de film, peut être les seuls à pouvoir vraiment sublimer notre travail. Des grands noms comme Peter Greeneway et Terry Gilliam. Ah, Uthopie.. Uthopie ! Les seules choses qui me donneraient envie d'écrire sont ma famille, mes proches et ma vie privée. Utiliser un support différent qui pourrait être mis en valeur dans un art que je ne connais pas, ce serait une vraie découverte pour moi…

arbara Canepa, italienne de 43 ans au tempérament bien trempé, cumule les talents, les disciplines et le succès. Aix est sa ville d’adoption. Illustratrice, auteur, scénariste, co-directrice de la luxueuse collection Métamorphose avec Clotilde Vu (éditions Soleil), elle est aussi fondatrice du label Vénusdea (éd. Soleil). Cette jeune femme libre, foisonne d’idées et déborde d’énergie pour servir le 9ème art, l’art graphique en général. Elle fait ses armes 6 années à la World Disney Company Italia, y rencontre son complice, Alessandro Barbucci, nait alors Noa, héroïne des Sky Doll, c’est un succès international (250 000 exemplaires vendus dans le monde). Noa, personnage bioplastique tendance Barbarella rose, soumise et asservie est une caricature de la société que Barbara dénonce. Métamorphose ce sont de très beaux albums de collections pour enfants aux décors d’époque victorienne et à l’ambiance gothique et romantique pour des voyages oniriques. Barbara est une grande perfectionniste passionnée qui contrôle et maîtrise chaque étape de l’édition, jusqu’au détail. ‘’End’’, la sortie est prévue en mai 2012, Tu m’as confié qu’il terminait un cycle, que c’est un livre qui raconte ta vie. Penses-tu que ton style risque de changer après ce livre ? canepabarbara.blogspot.com

guillaume bianco Guillaume Bianco, illustrateur, est-il Billy Brouillard ?

guillaumebianco.blogspot.com

uillaume Bianco, toulonnais de 35 ans, d’origine italienne, illustrateur et auteur, vit à Aix. Un créatif, artisan, au regard noir et profond comme le sont ses histoires chargées d’enfance, de philosophie, de magie et d’humour. Après le fameux Gottferdom Studio d’Aix, le projet Lanfeust Mag, le voilà édité chez Soleil pour 4 albums de la série Will, suit Hot Dog (récompensé par le « prix humour noir » du festival de Montréal en 2007). En 2008, il inaugure la très jolie collection ‘’Métamorphose’’ (éd. Soleil), créée par Barbara Canepa et Clotilde Vu avec l’album ‘’Billy Brouillard’’; 3 grands thèmes existentiels racontés par un petit garçon : la mort, la croyance, l’amour… Le 3ème tome est prévu pour novembre 2012. Un beau succés pour ‘’Billy Brouillard’’, (Prix de la meilleure bande dessinée francophone du Festival d’Angoulème / le choix polonais et la nomination au salon jeunesse de Montreuil en 2009). Il collabore à des projets, avec Antonelle Dalena pour Ernest et Rebecca (éd. Lombard), avec Ciou en tant qu’auteur pour ‘’Chats Siamois’’ et enfin des strips pour le journal de Spirou avec Lewis Trondheim : « Zizi Chauve Souris ». Un tout nouvel album : ‘’Eco’’, Tome 2 (sortie nov. 2011) où il 13

signe les textes avec Jérémie Almanza à l’illustration. L’enfance, le conte, le jeu, le rêve... Ressembles-tu au petit garçon Billy ? Oui, je suis Billy Brouillard. Nous, illustrateurs, sommes des sortes de « filtres émotionnels », on expulse des petits personnages de BD qui sont une partie de nous. Billy Brouillard, c’est moi à 7ans, angoissé et fantaisiste, lorsqu’un jour j’ai croisé la mort au fond de mon jardin : mon petit chat tout sec dans les herbes hautes ! L’enfant, l’adolescent est toujours au fond de chacun de nous. Je suis resté en connexion avec le gamin que j’étais. Quelles sont les livres, les œuvres écrites qui t’inspirent ? Il y en a tant, voici ce qui me vient à l’esprit : Mark Twain, Roahl Dahl, la BD belge, les strips américains d’humour, Maupassant, Georges Brassens, les frères Grimm, la mythologie grècque, les contes taoïstes, etc… la vie, mes expériences, les gens, les copains dans les bistrots. A ce propos, le bar « Le Gaulois » à Aix et les personnages qui côtoient ce lieu béni par Bacchus, sont une source d’anecdotes fantastiques et inépuisables !


tchif n traverse la ville sur un zem (petite moto-taxi très répandue à Cotonou) dans un trafic monstre et délirant jusqu’à l’Eldorado, complexe hôtel/piscine bord de mer des années 50 au charme des bâtiments abimés par les années. Des cocotiers, des fleurs et des margouillats, des vieux fauteuils de bois, le temps s’est un peu arrêté ici. Un bout du monde, entre mer et béton, une sortie de ville. L’harmonie du lieu, l’ambiance désuète et douce nous séduit déjà. Après le ‘ ’auvent/ paillotte’ ’ du petit restaurant, au bout du terrain, sous les arbres, en surplomb de l’océan se trouve l’atelier de TCHIF. On grimpe quelques marches et nous voici dans son lieu, la lumière est tempérée alors que dehors le soleil brûle et blanchit le ciel. 2-3 pièces spartiates, chambre, petit salon et la terrasse face à la mer est entâchée de peinture (on pense à Polock)… Tout est en désordre, c’est

TCHIF, artiste plasticien reconnu, fondateur d’un espace culturel à Cotonou le départ, TCHIF s’active, essaie de rassembler ses affaires, vite, l’avion décolle dans 6 heures et les 4 toiles monumentales au sol doivent être prêtes pour Paris, demande d’un collectionneur. Tchif est né à Cotonou, il a 39 ans, il en parait à peine 30. Il dessine et peint depuis toujours, c’est quelque chose de naturel pour lui. Guidé par son inspiration, il se lance dans la création d’une manière sensuelle, instinctive. Il aime la matière, sa main est son outil de prédilection. Il travaille ses toiles à base de terre, tissus, fibres intégrées à la peinture, d’argile et de racines. Les teintes de fond de ses oeuvres sont dans des camaieux de bruns, couleur terre d’Afrique, d’ocre, de jaunes relevés de rouge et de bleu. Les tableaux de Tchif donnent l’impression d’un survol de paysages anciens, une archéologie du present où des traces sont comme des souvenirs des passages successifs sur la terre

africaine. Tchif nous parle de l’homme, de son évolution, de ses errances. Le margouillat (lézard d’Afrique), présent partout dans son oeuvre, c’est l’homme qui cherche, qui s’agite sur la planète, se perd dans ses jardins secrets. Tchif dit que l’homme ne comprend pas tout dans son monde, cela le rend malade, éternellement insatisfait, il lui faut des remèdes. Tchif veut aider et soigner les hommes grâce à ses peintures. Le margouillat représente aussi le talisman à vertus magiques qui peut guérir. Cet artiste a construit tout un système de réflexion et d’idées, une vision exprimée grâce à des symboles et signes graphiques. Il invente un langage, son oeuvre est codée. Sa peinture révèle les racines de sa culture traditionnelle africaine, emprunte de rituels, de croyances et spiritualités du passé mêlé à sa vision d’artiste plus globale et très contemporaine du monde qui l’entoure et le questionne. ARTISTE RECONNU Il a déjà réalisé de nombreuses expositions, en Afrique, en Europe et en Amérique Latine : Bénin, Sénégal, Côte d’Ivoire, Nigéria, France, Belgique, Allemagne, Hollande, Brésil. En 2007, il participe à une vente à l’Hôtel Drouot, preuve de son immense talent. Toujours en quête de nouvelles pratiques artistiques, il expérimente depuis peu la vidéo et les installations. Cet homme débordant d’énergie, de désir et de projets pour défendre et soutenir les artistes de son pays en particulier, et de la création contemporaine en général a fondé‘’ L’Espace Tchif’ ’, centre culturel d’art contemporain en plein centre ville de Cotonou. Très bel espace d’expositions, salle de concerts et conférences, un lieu moderne et convivial, dédié à la rencontre et l’expression culturelle sous toutes ses formes. Tchif est le représentant d’un nouveau courant de l’art contemporain au Bénin, de l’Afrique de l’Ouest et du monde qu’il parcourt.

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Jean-Baptiste CASASOLA aka

Aujourd'hui jetons un oeil impartial sur Djibz, jeune homme fraichement autoproclamé

graphic designer & superhéros sévissant sur Marseille et ses environs.

Inspiré à la fois par le cinéma de Schwarzy et les films contemplatifs danois, Djibz nous fait des images souvent gores mais fun. Illustrations, graphisme et photographies sont les trois bases qui définissent son univers, nous amenant vers une réalité déviante. Rencontre avec cet artiste à la vision déformée et déformante de notre quotidien. Bon alors Djibz, cette première question est l'occasion idéale pour toi de frimer en étalant tes compétences. Même si j'ai du mal a cerner où se trouve la question, je fais généralement croire aux gens que j'exerce dans le graphisme, l'illustration, la photographie, et que je cuisine le steak haché comme personne, d'ailleurs pour vous donner une idée il m'arrive d'y ajouter un peu de sucre lors de la cuisson. Moi c'est de l'échalotte, mais honnêtement, ton travail, à quoi ça sert ? Il consiste tout simplement à déterminer et réaliser des solutions en communication identité visuelle pour entreprises, artistes, produits... Pour cela j'essaise de toucher à plusieurs mediums, ce qui me permet d'être opérationnel dans des projets assez variés et de garder à distance cette maudite routine. Ok, tu prendras bien un coca? Sans glaçon merci. A regarder tes oeuvres et tes illustrations, on aimerait te découvrir en bandes-dessinées. Ca ne t’a jamais tenté ou n’as tu jamais de proposition ? Des scénaristes m'ont déjà abordé, mais à vrai dire la BD demande un tel investissement, qu'il est difficile de s'y mettre autrement qu'à plein temps, et comme je l'ai dit plus haut, je tiens à rester actif, autant en illustration qu'en graphisme ou en photo. Je fais aussi parfois du storyboarding, ça me permet de dessiner dans des cases, mais de manière plus occasionnelle .

LumberJackPhotographie/Composite/Mattepainting

Des projets personnels? Ben oui plein, mais tu les connais car on bosse souvent ensemble. Pas faux. Et bien merci Djibz, je vais quand même ajouter quelques une de tes images… histoire de justifier cette interview.

«Surfing»Travail typographique

«Amazone» Illustration Numérique


www.djibz.com www.facebook.com/djibz.design

interwiewé par mat cerato

Avec djibz  et   mat  cerato  ici   en  batmaning   un  derivé  de   planking

PLANKING

En francais : être une planche ou comment devenir un morceau de bois peu épais et plus long que large. Art corporel sans budget voir nihiliste se pratiquant en duo ou à plusieurs, le planqueur s'intègre telle une planche de bois au milieu de décors variés et appellant à la performance comme au ridicule. A l'horizontale, à la verticale, de travers... il est immortalisé par son compère muni du matériel recommandé : un appareil photo. Il restera alors à l'artiste à nous démontrer sa capacité de mimétisme avec la planche de bois. On peut voir dans le planking de l'absurde, des compositions graphiques mais surtout pas de trucage. Alors n'hésitez pas, lancez-vous pour ne pas dire plankez-vous, mais prenez vos précautions, la performance peut être douloureuse voir mortelle.


THIEEREEZ ans une déco rétro/moderne et dans un style digne des barbershops new-yorkais des années 50, avec un vrai fauteuil de barbier, je rencontre ThierreeZ, précurseur du "hairdesign", qui s'attaquera à votre chevelure pour une sculpture sur cheveux ou toute autre coupe de votre choix... sur un fond de Hip-Hop ou de musique électronique. Ici, la performance est à l'honneur, entre les coiffures et les mixs live deep et tech-house de NIKKO, coiffeur/dj et co-fondateur des soirées "OLÉ OLÉ"...

Ca se passe au coeur du centre ville d'Aix-en-Provence, au détour d'une ruelle, j'entends une musique clinquante et des ricanements. Je cherche, je trouve la source, un salon de coiffure : What ! : the’’ThierreeZ BARBERSHOP" En fin de journée, lorsque l'heure de l'apéro approche, entre cut de cheveux, scratch de tondeuse et mix de couleurs, ne vous étonnez pas, vous risquez de croiser Kamel night, Spiky the Machinist, L'elf, Chap, Spike, David Lambert, Ian solo, Damien Raud, Phi-freak, Celas mazzolaou Amine Edge, ils viennent se faire coiffer, faire un mix ou enregistrer un podcast... ou les trois. THIEEREEZ barbershop un lieu détonnant, un mix de salon de coiffure et

label électro où la convivialité est à l'honneur. Pour partager cette ambiance, chez vous, retrouvez tous les podcasts du ThierreeZ BARBERSHOP sur itunes : http://itunes.apple.com/fr/podcast/thierreez-barbershop-podcast/id452007886

Photo eric sanchez - interwiewé par Vinz

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David Desquiens

Directeur de l’école d’arts appliqués nous a ouvert ses portes.

Ka Divers pour un worshop avec les étudiants de l’école Intuit Lab d’Aix ous êtes déjà passé devant la façade design du 17 rue Lieutaud à Aix en vous demandant sûrement ce qui se tramait derrière. Les murs de l'école Intuit Lab cachent une véritable ruche créative. Une centaine d'étudiants en arts appliqués apprennent la photo, la typographie, le dessin, la mise en page, l'illustration ; autant de disciplines nécessaires à la communication visuelle. Nous remercions David Desquiens, le directeur d’Intuit Lab Aix en Provence, qui a ouvert son école à Ka Divers pour le concours de l’affiche du Festival Zik Zac 2012. Offrir ainsi aux étudiants, l’occasion de mettre en application, sur un cas réel, leurs enseignements. Une quinzaine de projets

ont vu le jour grâce à l’encadrement technique et engagé d’Albane Romagnoli, professeur Concept Image à Intuit Lab, graphiste professionnelle sur Montpellier que nous remercions chaleureusement. L’école Intuit Lab se veut être une école ouverte sur l'extérieur. Les projets réels, les stages, les échanges et workshops internationaux, les intervenants professionnels, sont autant de moyens pédagogiques qui renforcent le caractère pragmatique et professionnel des étudiants. L'école n'a pas vocation à former des "artistes" mais des professionnels de la création (agence de pub, design, packaging...). Comme aime à le rappeler son direc-

teur David Desquiens, "Obtenir un diplôme, c'est bien. trouver du travail, c'est encore mieux". Le diplôme délivré par l'école Intuit Lab est reconnu par l'état au niveau Bac + 4 (niveau master 1). Mais la meilleure reconnaissance est encore celle du monde professionnel. En atteste l'excellent taux de placement des étudiants diplômés. En outre, l'école offre la possibilité d'effectuer une 5ème année (niveau Master 2) en alternance. Pour découvrir l'école, rien de mieux que de se rendre à ses Journées Portes Ouvertes, qui auront lieu le 13 et 14 avril 2012. 17 rue Lieutaud 13100 Aix en Pce Renseignements au 04.42.27.43.15

www.ecole-intuit-lab.com Voici une pré-sélection des propositions reçues. Découvrez la sélection finale lors de notre prochain numéro.

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Ils éditent un journal écocitoyen où l’on peut trouver des tas d’informations positives et concrètes. Ils ont tout quitté il y a quelques années pour consacrer leurs journées à vivre leurs convictions. Emmanuelle Klein et Thierry Garcin aiment leur vie. Ils l’ont choisie, et nous donnent envie de trier nos déchets ! Rencontre Pourquoi ce changement radical de vie ? Cela se prépare tout d’abord un peu inconsciemment puis avec conscience grâce au temps. Un matin, comme par magie, vous vous réveillez avec une saine gueule de bois en vous disant : mais après quoi je cours ? Quel sens prend ma vie ? Pour quoi ? Et à cet instant, tout va très vite. Ouste les diplômes d’ingénieurs, de master HEC, les directions dans de grands groupes internationaux, le regard des autres qui ne comprennent pas qu’on puisse accepter de quitter les Sofitel et véhicules intérieurs cuirs pour, en fait, ce que nous qualifions tout simplement, « une vraie vie ». Pourquoi cet engagement écocitoyen ? Thierry : Je suis né comme ça... Adressez vous à mon avocat (bio bien sûr) Emma : bonne question... depuis mon plus jeune âge, j’ai les poils qui se hérissent dès qu’un animal subit une maltraitance. Je supporte mal cette espèce de sentiment de propriété que l’Homme se donne sur le vivant. Jamais je ne comprendrais que l’on puisse s’accorder le droit de détruire des vies. Pourquoi sous forme de journal ? Le journal n’est que la partie émergée de l’iceberg de nos actions. Il est cependant un point central autour duquel gravite moultes activités visant à ouvrir au plus grand nombre des informations claires et factuelles, sans jugement ni culpabilisation, sur les thématiques liées à l’humanisme, l’écologie, le bien être et la santé. L’objectif est de susciter des questionnements et de provoquer des débats grâce à ce support auprès de plus de 90 000 lecteurs mensuellement. Nous www.lesecodelaterre.fr

organisons des conférences et tables rondes, des animations ludiques et éducatives pour les enfants, des WE de découvertes écocitoyennes et avons en projet l’ouverture d’un pôle information écocitoyen départemental pour avril, à l’Oxylane village de Bouc Bel Air. La sortie d’un journal pour les enfants 6-10 ans qui s’appellera « Paume de Terre » est dans nos tuyaux et verra le jour très prochainement…. Et sinon, vous dormez quand ? Lorsque l’on est pas interviewé par exemple. Et toi ? Je te rappelle qu’il est 1h15 du mat à cet instant ! Comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie des éco. de la terre ? Heureux. Apaisés. Confiants. Là où on doit être. Et pourquoi y a-t-il un mouton qui nous regarde à travers la baie vitrée de votre cuisine ? Elle s’appelle Ramona et nous n’avons pas réussi à l’attraper lorsque ses adoptants sont venus chercher les autres animaux qui habitaient notre « jardin ». On ne s’est pas acharné. La dernière fois qu’on a essayé d’attraper un mouton, Emma s’est sectionné le pied. Bon, elle est là, libre, et amuse tout le monde... Pourquoi tu travailles avec un chat sur les genoux ? Ca tient chaud ! C’est comme chat. On ne se refait pas. Et Thierry, où sont tes lunettes ? C’est une question que je me pose au moins 15 fois par jour. Je n’ai la réponse que si je les trouve. Au fait, tu ne les as pas vues ? 21

Et pourquoi ce partenariat avec la Fonderie ? Doit-on utiliser ce mot partenariat obligatoirement ? C’est tout simplement une histoire de complicité, de partage de valeurs, une envie de travailler ensemble...


Sandrine CATOIRE

Depuis 2004, Ma Terre propose des produits bio issus d’exploitations locales.

Des produits Bio dans les cantines et les restos universitaires de la région. L’énergique Sandrine Catoire nous en parle. rès de 1 200 paniers bio livrés par semaine sur 200 points de diffusion sur Aix et ses alentours. Grâce à son travail d’écoute et de concertation avec les 35 producteurs qui l’accompagnent dans cette entreprise, elle œuvre au vrai développement durable. On le rappelle, acter bio/écolo, c’est consommer des produits locaux et de saison afin d’éviter les km de transports, polluants et chers en carburants. Cela ne s’arrête pas là pour Sandrine Catoire qui ne pense qu’à l’intérêt commun, au mieux vivre ensemble.

Aujourd’hui, après des mois de dossiers, de discussions et rencontres avec les élus, les producteurs et les responsables des cantines, près de 60 % des produits servis dans les cantines de Trets sont bios depuis plus d’un an !!! Le prix du repas a même diminué. En 2011, c’est le CROUS, le lycée Cézanne et les restaurants universitaires d’Aix qui lui demandent de mettre en place la livraison de ses produits. Mais, les choses ne sont pas simples et restent fragiles quant aux changements de fonctionnement et des mentalités.

Rencontres-tu des difficultés ? Les contraintes administratives sont très lourdes, je tire mon chapeau aux administrations qui me sollicitent. Les exigences que s’imposent Ma Terre compliquent le travail des chefs de cuisine qui ont l’habitude d’avoir de tout, toute l’année. Comment imagines-tu continuer à développer ces actions ? Il nous faut fiabiliser l’approvisionnement pour que les structures qui nous ont fait confiance soient renforcées dans leur choix. Je vais aussi à la rencontre des étudiants : ils ont un rôle à jouer depuis qu’ils peuvent choisir parmi l’offre du repas, chaque jour : un fruit et une crudité Bio et Local.

www.materre.net MA TERRE 67 cours Gambetta, Centre Commercial de la Tour d’Aygosi 13100 Aix en Provence 04 42 26 83 65

LA FAC  VERTE La Fac Verte d’Aix-en-Provence développe son AMAP Les étudiants ont des difficultés à se nourrir correctement : ‘’la préoccupation quotidienne’’ pour ces jeunes qui, avec un budget d’environ 500 € par mois doivent se loger et manger. La Fac d’Aix-Marseille a mis en place une AMAP, Association pour le maintien de l’agriculture paysanne. Un producteur local bio approvisionne chaque semaine les étudiants. Avec un engagement semestriel, ces derniers bénéficient d’un panier à 5 €. 200 étudiants, à ce jour : une vraie réussite. Un réel lien solidaire est créé entre étudiants et maraîchers. L’agrihttp://aix-marseille.facverte.org

culteur vend à un prix juste et peut produire sereinement, sans la pression productiviste. Les étudiants bénéficient de leur panier à un coût raisonnable. Ils aident à la distribution, les tâches sont ainsi réparties entre tous. C’est l’occasion de rencontrer et d’échanger avec l’agriculteur, découvrir les produits de saison, comprendre les modes de culture. Questions posées à Georges Dimiyat, étudiant et amapien engagé. L’initiative d’une AMAP à Aix paraît évidente, mais j’imagine que rien ne s’est fait facilement. Quelles sont les contraintes que vous avez rencontrées ? La principale galère pour nos AMAP(s) est la communication. Beaucoup de jeunes aimeraient manger plus sainement pour pas cher, mais ils ne savent pas que c'est réalisable. D'autre part, de plus en plus de gens connaissent le principe des AMAP(s) mais ne savent pas non plus qu'il y en a près de chez

Marseille : 06.27.36.37.99 23

eux. Nous nous efforçons de mieux communiquer à chaque rentrée. Désires-tu ajouter quelque chose ? Fac Verte, ce n'est pas qu’une AMAP. C'est avant tout un syndicat qui défend les étudiants et tente d'insérer l'écologie au sein du débat universitaire. Dans ce but, on se présente aux élections universitaires et on représente les étudiants dans les conseils, on mène des projets associatifs le jardin collectif et un groupement d'achat bio.

Aix-en-Pce, Cuques : 06.25.14.46.54 - Nord : 06.25.14.46.54


L’Afrique relève la tête Centre de production et de formation en agrobiologie créé en octobre 1985 par Fr. Godfrey NZAMUJO o.p. (prêtre dominicain, Docteur en électronique, en microbiologie et en sciences de développement) à Porto-Novo, Songhaï aspire à développer des alternatives permettant aux populations africaines de se prendre en charge par l’entreprenariat agricole, dans une logique de développement intégral propulsant conjointement l’agriculture, l’industrie et les services.

SONGHAI xé sur le développement humain avant tout, la valorisation des ressources locales, et l’appropriation des techniques et technologies extérieures le centre Songhaï a pour objectif de redonner l’espoir à l’Homme Africain (Homme debout/Homme nouveau). En faisant renaître les valeurs enracinées dans les civilisations africaines et en transformant les innombrables avantages comparatifs du continent en avantages compétitifs, en utilisant judicieusement les ressources locales et les apports extérieurs pour un développement rural holistique, compétitif, et respectueux de l’environnement, Songhaï consolide le processus de développement qui concilie la vie sociale et les activités économiques. Il procède au renforcement des capa-

cités des hommes et des femmes en suscitant chez eux une culture entrepreneuriale basée sur les activités de production agricole, de transformation agro-alimentaire, d'artisanat et de commercialisation. Songhaï étend petit à petit ses activités sur tout le territoire béninois, marquant ainsi sa volonté de développer ses capacités d'une bonne lecture de l'environnement dans l'organisation de ses activités. Les différents sites actuels au Bénin sont : Porto-Novo (Sud Est), Savalou (centre), Parakou (Nord), Lokossa (Sud Ouest) et Kinwédji dans le Mono, ainsi que 2 centres au Nigéria. La vocation du centre est d’essaimer et il s’en donne les moyens avec des actions concrètes : - Accompagnement d’universitaires pour leurs recherches et leurs mémoires ; - système intégré de production Songhaï adapté au milieu péri urbain ; - recyclage des déchets d’un secteur à un autre, épuration verte, biogaz,... - cultures maraîchères très variées : irrigation, culture à contre saison, régénération des sols et lutte contre l’érosion, techniques de compostage ; - agroforesterie : production de plants Plantes ornementales et tests de semences en cultures maraîchères et vivrières ; - recherche et développement de techniques d’élevage très améliorées et de souches adaptées pour pisciculture en bassins et en étangs, production porcine, production d’aulacodes, d’œufs et de Volailles pour le marché local. Songhaï est une plateforme entrepreneuriale, un espace de vulgarisation porteur de solutions techniques, organisationnelles et morales pour sortir le continent africain d’une logique de pauvreté à une prise en charge et un développement socio- économique durable.

www.songhai.org

Ouando Porto-Novo Oueme 01BP:597 Porto-Novo Benin +22920246881 +22920247250

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L’aperçu

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Grâce ABOH DOTOU lutte pour l’émancipation des femmes, la santé et la protection de l’environnement

ONG QUI  DIT  MIEUX

www.siteinternet.com ette institutrice à la retraite et comédienne fut d’abord responsable d’une compagnie de théâtre en 1980. Afin de permettre aux femmes une fois mariées de continuer à faire du théâtre sans déclencher les colères de leur mari, elle a l’idée géniale de leur faire jouer les rôles d’hommes. Cette troupe féminine est l’outil idéal pour faire passer des messages aux populations les plus démunies. Au milieu des années 1990, Grâce décide d'orienter le travail de l'association vers la santé et l'environnement. L'organisation se lance dans le reboisement d'une zone située à 4 km de Porto-Novo, et sensibilise les femmes à l’importance de replanter le bois utilisé pour cuisiner et l'intérêt marchand à long terme. En 1996, elle a l’ingénieuse idée, suite à la mort de son chien qui avait ingurgité un sac usagé, de ramasser les sachets plastiques polluants pour les recycler en objets usuels et décoratifs. L'ONG compte aujourd'hui une tren-

taine de femmes. En fonction des commandes, l'association peut avoir à recruter 25 femmes pour le ramassage, 40 pour le lavage et jusqu'à 50 pour le tissage. Pour l'ensemble des actions de « Qui dit mieux », Grâce a reçu en 2002 le Prix des Nations Unies pour la Réduction de la Pauvreté et la Protection de l'Environnement. Elle s'est fait remettre le prix par M. Koffy Hannan vêtue entièrement d'habits réalisés en matière plastique ! Grâce Dotou-Aboh est invitée partout en Afrique pour former des femmes à ces techniques de recyclage et tissage. Elle realise ainsi un immense travail de sensibilisation.

CHANTAL MELE

L’ap

SCANDALE ! Malgrè toutes ces années de lutte et d’engagement, cette femme d’exception et toute son équipe féminine vivent l’injustice. Depuis plus d’un an, la mairie de Porto Novo a récupéré le local qui était à leur disposition. Une incidence immédiate30sur la production et la vente des produits réduit le montant de leurs faibles revenus. Les femmes s’organisent pour travailler à domicile et Grâce accueille sur rendez-vous les potentiels clients ou curieux à son domicile. Cette situation ne peut pas durer… APPEL AUX DONS Nous lançons un appel pour réunir les fonds nécessaires à la location d’un local capable d’accueillir cette ONG dans de bonnes conditions pour ces femmes, le public et la clientèle. Toutes idées, initiatives sont les bienvenues pour aider cette association à continuer son activité et à se développer durablement. Nous proposons aux magasins écocitoyens, lieux de vente d’artisanat et autres espaces de créations de mettre en dépot-vente les créations de cette ONG. Stylistes, designers et autres créatifs vous êtes invités à proposer des modèles de sacs et accessoires qui seront réalisés par l’équipe de Grâce Aboh Dotou. Nous vous remercions déjà de votre collaboration et de votre soutien…

Femme solidaire, militante et libre au Bénin, Chantal MELE, directrice des programmes de l’Office Radiodiffusion et Télévision du Bénin est aussi réalisatrice

ette femme engagée témoigne. Elle défend les initiatives sociales, économiques et solidaires de son pays grâce à ses documentaires. En 2007, elle réalise ‘’Un Trésor dans la poubelle’’ qui a reçu de nombreux prix*. Ce documentaire raconte le travail remarquable des femmes de l’ONG ‘’Qui Dit Mieux’’ fondée par l’exceptionnelle et déterminée Grâce Aboh Dotou. * Festival Lagunimages 2007 (Bénin) : Sélection / 20ème édition du Fespaco 2007 (Ouagadougou, Burkina Fasso) : Grand Prix (CFI et RFO) du documentaire / 38ème Festival International du film maritime, d’exploration et d’environnement 2006 (Toulon, France) : Mention spéciale du Jury ONG Qui Dit Mieux : Référente France C. Victor-Pujebet

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aquiditmieux@gmail.com // tél : 06 18 04 69 33


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ZE BUS : espace artistique itinérant ludique et culturel

ZE BUS

et.com ette action véhicule les valeurs de laïcité, de citoyenneté active et favorise la construction de parcours d’indépendance, d’autonomie, la création de projets citoyens… Elle est mise en œuvre par l’association le Relais St Donat dont l’objet est la lutte contre les exclusions sociales. Son activité principale : l’accueil, sur Aix-en-Provence, de femmes avec enfants de moins de 3 ans (en hôtel maternel) et des femmes victimes de violences avec enfants (en centre d’hébergement). Bravo à Fabienne Devynck, Directrice du Relais St Donat, qui, soutenue par son Conseil d’administration, a pu implanter cette action « hors les murs », pour se rapprocher des personnes seules et tenter de rompre leur isolement. « Aller vers eux pour qu’ils puissent s’ouvrir à la société » c’est : - prendre le pari et le parti de la rencontre dans leur environnement le plus proche (au pied des cités) autour d’ateliers artistiques ; - proposer un moment de plaisir partagé parents/enfants, l’émergence d’un questionnement, d’échanges entre adultes, pour favoriser les liens ; - participer à la création de moments de partage, améliorer le vivre ensemble.

Un espace pour les familles (les mères mais aussi les pères) et leurs enfants. Rencontre du champs social et du champs culturel, pour favoriser le mieux vivre ensemble. credi photo 30 Ze Bus, après une vie de véhicule de pompiers, est transformé pour offrir un coin entretien chaleureux mais surtout un espace extérieur aménagé pour l’accueil du public avec une équipe composée d’une coordinatrice et d’un artiste (musicien, plasticien, photographe, conteur…). Après concertation avec les partenaires de proximité et en accord avec ses financeurs, Ze Bus s’installe en pied d’immeuble dans 7 quartiers de Vitrolles (depuis déc. 2010) et 3 quartiers d’Aix-en-Provence (depuis Nov. 2011). L’association Ka Divers est ravie d’avoir participé à la création de cette aventure par l’aide à l’aménagement du bus et par la proposition d’intervenants artistiques. Cet espace artistique itinérant favorise l’accès à la culture, à l’art et à la citoyenneté active.

Cette année, Ze bus est arrivé sur Aix-en-Provence, quel accueil avez-vous eu et à quel endroit se situent les actions ? Ze Bus intervient sur trois quartiers : Pinette, Corsy, Saint Eutrope. Nous avons un accueil très chaleureux, et participatif, avec une compréhension immédiate du sens de notre action. Et demain ? Des ateliers spécifiques pères/ enfants démarrent sur Vitrolles et Aix près des clubs sportifs. Et….. à suivre

Quel bilan peut on faire de cette 1ère année d’aventure ? 98 ateliers avec une participation de 379 femmes, 52 hommes, 569 enfants, des réalisations artistiques, des projets collectifs de proximité (construction de cabane, exposition à l’école, sorties extérieures au quartier, participation à des regroupements culturels),...

Le Relais de Saint Donat - 9 bis Chemin de Saint-Donat, 13100 Aix en Provence

Tél. : 04 42 23 49 63

relais-13@wanadoo.fr

Des tambours, pas des armes

fondacion madera

ous Pour la Musique est un programme de prévention sociale dans les différentes communautés populaires de Caracas via la musique afro-vénézuélienne. Entretien avec Noël Marquez, directeur de la fondation Madera. Nous avons le tambour dans le sang, toutes et tous sont nés avec. A travers le programme « tous pour la musique », nous développons la (re?) connaissance de l’héritage de la culture AfroVénézuélienne. Avec notre équipe de la paroisse de San Augustin, nous fabriquons chaque semaine des jeux de tambours qui seront distribués dans les écoles et les associations et même les prisons. Ce projet pilote a débuté il y a un an dans quelques paroisses

grupomadera.com.ve

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Caraquenienne pour canaliser les inquiétudes en dissuadant les enfants et les jeunes de vivre dans l’extrême violence. Remplacer les armes par les tambours : nous voulons que les jeunes rentrent en contact avec l’ancestralité, pour qu’ils se réfèrent à la composante africaine de la culture des Caraïbes en exprimant leur énorme potentiel de talent créatif. La musique est une activité qui peut se produire dans un collectif, elle conforte l'action socioculturelle, c’est une des alternatives pour la prévention et l'organisation sociale. Fortifier les valeurs de la camaraderie, du travail et de la création collective, de la solidarité, afin d’améliorer les conditions de vie matérielle et spirituelle de la république Bolivarienne du Vénézuéla.


CULTURE solidaire

seconde nature

a création artistique d’aujourd’hui bouscule sans cesse les frontières disciplinaires et les conventions qui les régissent. Avec les nouvelles technologies apparaissent de nouvelles lutheries, de nouvelles écritures et de nouveaux modes de rapports à la création. En imaginant un nouveau rendez-vous au sein de notre espace, nous souhaitons prendre le temps de découvrir et partager ce qui se fait aujourd’hui. Un peu plus près des artistes, en toute exclusivité ! Parce que beaucoup d’entre vous nous l’ont demandé, et parce que cela nous titillait, nous avons imaginé un format de concerts

Une fois par mois, Seconde Nature propose un temps de rencontre/performance, un temps convivial où le public peut échanger avec les artistes invités : “Intime In time“. Raphaël Sage, directeur du lieu, nous en dit plus. et ou performances particuliers cette saison. "Intime", parce que c’est l’envie d’être proche des artistes, de mieux comprendre leur démarche et réflexions. "In Time", parce que c’est l’envie de saisir sur le vif l’écriture en cours, le processus créatif dans son actualité. Les artistes créent, conçoivent, composent, fabriquent, triturent, gribouillent, raturent, jettent, prennent, s’arrêtent et reprennent et réfléchissent… bref, on dit qu’ils travaillent… Oui, c’est pour témoigner de cela que nous les invitons une fois par mois à partager leur démarche, le temps d’une performance et d’un échange avec le public.

ECO-­citoiyen

FONDERIE KA-­DIVERT

www.secondenature.org

l’udcm

Max Tran Ngoc de l’antenne PACA Découvertes du Printemps de Bourges - Crédit Mutuel, nous reçoit.

Peux-tu nous parler du résultat des découvertes 2012 ? Cette année, ce sont HYPHEN HYPHEN (rock) et MC2 (électro) qui représenteront la région au festival Printemps de Bourges - Crédit Mutuel). De plus, Isaya, groupe accompagné aussi par l’UDCM, sera programmé sur la nouvelle scène Crédit Mutuel. Combien de groupes sont à découvrir sur le Festival ? Chaque année, 30 groupes français www.udcm.net

Après un premier rendez-vous avec Infinite Livez [Big Dada rec.-UK] au mois de février, Nevchehirlian invite cette fois-ci l’américain Mike Ladd pour expérimenter de nouvelles formes d’expression au sein de notre espace. Sa créativité débordante l’a hissé au rang des artistes imprévisibles. Tantôt hip hop avec des projets tels que Infesticons (Big Dada), tantôt expérimental avec ses projets solo, l’homme est devenu incontournable de par ses diverses collaborations dans le monde de la musique. Inclassable et novateur mais néanmoins accessible, Mike Ladd compte parmi les artistes contemporains les plus intéressants.

Tél. : + 33 (0)4 42 64 61 05/+ 33 (0)6 88 88 87 07

défendent leur projet sur scène. Ce grand rendez-vous des professionnels de la musique fait des jeunes talents d’aujourd’hui les têtes d’affiches de demain. Peu de gens connaissent le travail des antennes régionales. En effet, les Antennes du réseau Printemps de Bourges repèrent les jeunes talents et leur apportent des éléments d’aide au développement. En région PACA, c’est l’UDCM qui, s’appuyant sur 14 Relais, tous diffuseurs de musiques actuelles recherche les artistes prometteurs. Chaque année 8 groupes présélectionnés en PACA se confrontent aux autres régions. Seuls 1 ou 2 groupes sélectionnés ‘‘Découvertes PACA’’ du festival, les 8 bénéficieront du soutien à la promotion/communication, de l'aide administrative, de programmation, conseils, coaching …

D’autres expositions de ces artistes sont prévues dans la région ? « Les Voix du Gaou » dans leur volonté de mettre en avant les nouveaux 27

talents régionaux fait appel à nous. Ainsi, le festival choisit pour ses 1ères parties des artistes issus de la sélection régionale PACA des Découvertes du Printemps de Bourges. Cette année, Hyphen Hyphen, Mina may, Hannah et Isaya . Nous travaillons l’idée de nous associer à d’autres festivals.


TROC’N’ROLL roc’n’roll fait partie de ces endroits, de ces magasins qu’on a le sentiment d’avoir toujours connus à Aix en Provence. Une boutique où l’accueil et le conseil riment avec écoute et disponibilité où l’on peut prendre du temps pour être renseigné et conseillé par un vendeur compétent. Nous avons besoin de prendre ce temps pour l'achat de l'instrument de musique qui va déterminer une part de notre vie, objet de désir, de passion et de rêves. Vous êtes-vous déjà rendu dans un centre de grande distribution pour y acheter la guitare de vos rêves ? Perdu dans les rayons, sous les sinistres néons, la tête remplie d'une musique assommante, vous tombez sur un vendeur sans formation qui vous fera peut-être acheter quelque chose qui ne vous convient pas. Alors que dans le petit magasin du centre ville, vous auriez eu le loisir de questionner le vendeur, disponible et à votre service. Il n'a pas un quota de ventes à atteindre, il prend le temps afin de vous aider à faire le bon choix. Demandons-nous si cette frénésie oppressante qui se développe dans la société actuelle, fait de nous des consommateurs pressés aveugles et aliénés. Demandons-nous si nous ne devrions pas d'urgence ralentir le tempo et prendre le temps de vivre. www.trocnroll.com

TROC’N’ROLL, un espace de vente dédié à la musique depuis 17 ans. Willy, le responsable, a su fondé une équipe à notre écoute pour choisir l’instrument de nos rêves Cela n’a pas du être facile d’exister face à la grande distribution et à la vente sur le net ? C’est vrai que ce n’est pas évident tous les jours, de plus avec l’émergence des gros sites internet avec lesquels nous ne pouvons pas toujours lutter au niveau des prix. Mais heureusement que la passion nous anime et que nos clients préfèrent s’adresser à des professionnels compétents. Ils peuvent essayer et choisir un instrument sur place, c’est ce qui fait la différence. Comment as-tu fait pour durer dans cette société où l’on peut acheter jour et nuit, de chez soi à n’importe quel prix, n’importe quoi ? C’est assez simple, on privilégie le service et le contact humain et l’on dispose d’un maximum de produits

pour offrir du choix à la clientèle. C’est aussi être bien entouré : Franck guitariste et musicien hors pair qui connaît parfaitement tous les produits, Pierre technicien sérieux et dynamique qui trouve toujours une solution à tout et Benoit avec sa bonne humeur et sa jeunesse qui nous apporte plein d’entrain. Face à ces changements de mentalité, de gestes de consommation, peux-tu dire que ta clientèle a évolué, changé ? Quel tranche d’âge de la population représente-t-elle ? Effectivement la clientèle a changé depuis l’ouverture en 1994, et il faut s’adapter, surtout chez la jeune génération que l’on pourrait appeler « génération internet ». Pour ce qui est de l’âge de la clientèle, elle se situe à 80 % entre 15 et 35 ans

3 bd. Aristide Briand 13100 Aix-en-Provence Tél. : 04 42 38 17 11

339 millions de tonnes ! C’est la consommation mondiale annuelle de papier. Elle a été multipliée par sept en cinquante ans. Et ce n’est pas fini, les estimations annoncent une croissance de la demande d’environ 2,2 % par an jusqu’en 2015. Pourquoi choisir d’imprimer « écolo » ? Dans la production d’1 tonne de papier interviennent 3 tonnes de bois, 5 000 kWh d’énergie (la production d’une seule feuille A4 consomme autant d’énergie qu’une ampoule de 75 W allumée pendant une heure), 60 000 litres d’eau, du chlore, des résines synthétiques, des colles, des solvants… Cette tonne de papier aura également généré 1,2 tonnes d’émission de CO2 et le rejet d’organochlorés dans l’eau. Ces derniers, dangereux et souvent cancérigènes, vont persister dans l’environnement et avoir un impact sur la chaîne alimentaire.

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Bio Graphique  vous  propose  de   communiquer  dans  le  respect  du  vivant Une gamme complète de produits 100 % bio ou 100 % recyclés. Création graphique - stratégie de communication imprimerie - réalisation de vos objets publicitaires gestion de vos espaces de communication création d’identité visuelle - maquettage création de vos supports grand format...


20 ans de jeunesse et d’énergie dans la danse pour Josette BAIZ Nous sommes heureux de souhaiter un très bel anniversaire à Grenade qui fête ses 20 ans, cette compagnie de danse contemporaine créée à Aix-en-Provence par Josette Baïz.

renade, c’est un Groupe composé de jeunes danseurs (plus de 50 jeunes gens de 7 à 18 ans) et une compagnie professionnelle composée d’une douzaine d’adultes. Depuis 20 ans, une quarantaine de spectacles créés aussi bien pour ses propres compagnies que pour de nombreux ballets nationaux (Toulouse, Jeune Ballet de France du C.N.R de Lyon ...) ou internationaux (Boston, Ballet Royal de Phnom Penh, Allemagne, Venezuela, Pays-Bas...). Cette date anniversaire lui a donné l’envie de proposer à ses amis et confrères chorégraphes : Jean-Claude Gallotta, Angelin Preljocaj, JeanChristophe Maillot, Michel Kelemenis, Philippe Decouflé, Abou Lagraa et Jérôme Bel de reprendre et faire danser leurs créations aux jeunes de Grenade. Ils ont accepté sans hésiter. Une expérience réussie et enrichissante. La tournée a commencé, Grand Théâtre de Provence d’Aix, Théâtre des Salins de Martigues, Festival de St Pölten (Autriche) et bientôt Espace Malraux de Chambéry, Manège de Reims (mars 2012), Théâtre de Rousset (avril 2012) et Théâtre de La Ville de Paris (mai 2012) et remporte déjà un beau succès. Josette Baïz découvre tardivement la danse, participe aux stages des illustres Nikolais, Cunningham, Carlson, Tharp. Puis, c’est la rencontre déterminante avec la grande et regrettée Odile Duboc, on se souvient avec une belle émotion des Ateliers de La Danse d’Aix. Odile Duboc a su révéler le talent de Josette et conforter son choix de vie : danser, créer, chorégraphier et former des jeunes à la danse contemporaine. Permettre à tous l’accès à une formation artistique de haut niveau, une chance. En 1989, un projet de résidence d’une année dans une école des quartiers nord de Marseille lui est proposé par le Ministère de la Culture. Cette expérience va l’engager dans d’autres directions et l’obliger à modifier radicalement sa démarche artistique. Confrontée au break danse, au smurf, www.josette-baiz.com

au hip hop, à la danse orientale, gitane, indienne ou africaine, elle revoit sa façon d’aborder la danse face à ces différences culturelles. Un travail d’échanges, un métissage artistique pour une nouvelle « énergie Grenade ». Josette aime travailler avec les enfants, les adolescents, elle les comprend. « J’ai l’impression de parler, de vivre comme eux, on a les mêmes jeux et les mêmes passions. » Son approche pédagogique, vivante et variée, est axée sur l’improvisation et l’intelligence du corps, naturelle chez les enfants. Elle les incite à créer leurs propres mouvements. Ses techniques rigoureuses leur permet de révéler leur créativité, leur talent, jusqu’à la virtuosité. Josette, 20 ans… Quelle réflexion as-tu lorsque tu regardes ces années de créations, de rencontres ? Ces années Grenade, je les regarde comme une ouverture mentale et corporelle à de nouveaux styles chorégraphiques. Sans cette aventure Grenade, je n’aurais peut-être pas découvert toute cette diversité culturelle et ainsi créé ce métissage chorégraphique si caractéristique. Les danseurs Grenade sont aujourd’hui capables de danser un panorama éclectique et complexe de la danse contemporaine que l’on peut retrouver dans la dernière création 2011, « Grenade, les 20 ans ».

cie GRENADE Que peut-on te souhaiter et quels sont les projets pour la Cie ? Nous avançons sur la prochaine création 2012 (les adultes professionnels). « Grand Hôtel » contribue à ouvrir notre travail chorégraphique puisque nous axons cette fois-ci notre proposition vers une dimension verticale. Chaque nouvelle création permet aux danseurs de rester dans une évolution chorégraphique constante. Par ailleurs, nous avons, dans le cadre de Marseille Provence 2013, un projet de collaboration formidable avec le Festival d’Art Lyrique d’Aix : la création d’une pièce chorégraphique et musicale, « Roméo et Juliette ». La partie dansée sera interprétée par les enfants et les adolescents du Groupe Grenade ainsi que par une soixantaine d’élèves d’écoles primaires et la partie musicale par les jeunes musiciens de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée dirigés par Xavier Roth du London Symphony Orchestra. Des projets qui s’annoncent riches de nouveaux échanges et de découvertes !

On parle du style Grenade, penses-tu avoir créé un mouvement ? Non, on ne peut pas parler de mouvement en tant que tel mais bien de style. Nous avons cherché ensemble, avec les danseurs, à créer notre danse en y intégrant des modes d’expression issus de cultures très diverses. C’est cela qui fait notre différence. Le style Grenade, c’est la rencontre d’énergies multiples. C’est ce que nous avons appelé : métissage. Grenade a en cela un style très reconnaissable. 29

Tél. : 04 42 96 37 56 josette-baiz@wanadoo.fr


Suite ne fait là que répondre à son irrésistible envie de faire partager son expérience et de sensibiliser, audelà des planches, le plus large public possible à un problème qui nous concerne tous.

theatre ainsi  de  suite ‘’Paroles de Kurdes’’ et Ainsi de Suite… Pour des femmes plus libres

près des années passées dans le prestigieux Hôtel Maynier d’Oppède à Aix en Provence, Ainsi de Suite s’installe, à la veille de ses vingt ans, dans la magnifique chapelle du lycée Saint Eloi avec comme objectif d’associer les élèves et le personnel de cet établissement à ses projets humanitaires, culturels et artistiques. Si cette année, la compagnie a de nouveau répondu présent pour la Journée de la Femme, il est prévu de créer en 2013 une véritable dynamique autour de cette journée du huit mars. Le Théâtre Ainsi de www.ainsidesuite.com xxxxx

cie olinda

Claude Pelopidas, vous êtes fondateur et directeur du Théâtre. Pensez-vous que le Théâtre puisse faire évoluer les mentalités ? Pour vous répondre, j'ai envie de vous parler de notre passage dans la partie kurde de la Turquie. Après une première expérience en 2003, Ainsi de Suite est retourné en juin 2004 à Dogübayazit - ville située à la frontière iranienne - pour présenter une création réalisée par dix comédiens de neuf nationalités différentes s’exprimant tous dans leur langue. Nous souhaitions montrer tout le plaisir que l’on prenait à vivre, partager et construire ensemble et tout le plaisir qu’ils pouvaient prendre en découvrant un spectacle mettant en valeur des identités aussi différentes que celle des japonais, taiwanais, nord et sud-américains, italiens... Dans une région où les femmes ont le seul droit de se taire, nous avions articulé notre création autour de l’éternel problème de la soumission. Les maris avaient, pour l’occasion, daigné laisser venir leur épouse et leurs enfants. Ils ne se doutaient alors pas qu’ils allaient, eux aussi, se moquer du ridicule du seul personnage masculin d’une pièce où toute coïncidence avec des personnes existants ou ayant

Théatre AINSI DE SUITE

existé n’était que pure ressemblance. A la fin de la représentation, après de longs applaudissements, nous prîmes la parole : « A entendre vos rires, il semblerait que vous ayez particulièrement apprécié le travail de nos dix comédiens qui ont choisi de faire l’éloge de leurs différences. Mais au-delà du spectacle, ce qui doit vous interpeller, c’est leur témoignage d’instants inoubliables qu’ils ont eu le plaisir de partager… ». Et puis, nous nous sommes adressés aux hommes : « Vous avez tous ri de ce personnage ridicule qui voulait défendre son identité mais en soumettre une autre ? Eh bien c’est vous ». Dans la salle, un rire à consonance féminine se fit entendre. « D’autre part, cette pièce a été imaginée par neuf femmes et seulement un homme ». Et le comédien d’ajouter : « Au risque de vous surprendre, pour rien au monde je ne donnerai ma place ». Quelques hommes se sont alors levés et exprimés pour reconnaître enfin que les femmes méritaient tout autant que leur inestimable « kurdité » respect, protection et surtout liberté. Des mots, encore des mots direz-vous mais même si ce ne sont que des mots, ils ont été prononcés et sont, quelque part, déjà devenus des paroles. Merci, à quand votre prochain rendez-vous avec le public? Ce sera les 30 et 31 mars 2012 au Théâtre du Jeu de Paume pour une adaptation très très libre du Magicien d'OZ de Frank Baum.

9 avenue Jules Isaac 13100 Aix en Provence Tel 06 10 62 65 12

La marcheuse immobile Texte et mise en scène Christel ROSSEL Un chantier, une aventure en Théâtre, une aventure humaine En octobre 2010 Christel Rossel, auteur et metteur en scène, lance avec la Compagnie OLINDA son Projet sur l’Eloge de la lenteur. L’Equipe se compose de comédiens professionnels, d’amateurs passionnés et de personnes touchées par la maladie de Parkinson. Cette distribution hétéroclite va sans doute induire la particularité du spectacle. Cette création originale est écrite en grande partie sur le vif, au fil des répétitions et pour les comédiens participants. LA MARCHEUSE IMMOBILE sera donnée au C.N.R.S.S. de Marseille le mercredi 11 avril 2012 pour la Journée Mondiale Parkinson. Le droit à l’entrée se fera sous forme de dons directement adressés à France Parkinson le jour même. ‘’On a peur ou peut être pas. On met des pas dans des pas, on laisse des traces sur le sable. On se tord les pieds dedans, on s’égare. Et nous, malades ou bien portants, nous exposons aux intempéries, aux câlins, aux griffes du temps, à ses emportements, à ses embrasements’’ Dans ce projet, j’ai travaillé avec des personnes qui avaient des tempos très différents sur des fragments de vie qui incluent ou non la maladie de Parkinson. Nous sommes restés jusqu’au bout dans la fragilité, la perte des repères, l’aléatoire du moment présent. J’ai l’impression d’avoir fabriqué un puzzle à trois dimensions constitué de blocs qui devront s’emboîter quoiqu’il advienne, aujourd’hui et demain, avec des acteurs prêts à répondre à l’inattendu. On va, on va, on ne sait pas où on va. Merci à tous » C.R. OLINDA créée en janvier 1989 est aidée par la Ville d’Aix en Provence.

OLINDA : 3 rue Jacques de la Roque - 13100 Aix en Provence

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Tel : 06 81 34 02 95


zebda Après huit années d’éclipse et de projets satellites, les collègues de Zebda signent un brillant come-back sous le soleil avec un 6ème album au titre résonnant comme une promesse : Second Tour. Distillant cette sensation suave de n’avoir jamais quitté son public, le groupe toulousain perpétue avec cet opus une fièvre musicale qui a conservé tout son éclat, où la plume s’est patinée (mais pas assagie), toujours imbibée d’une conscience

ZEBDA - Second Tour (Barclay Records)

citoyenne plus que jamais aiguisée. Virevoltant du ska au funk en passant par le reggae, le chaâbi, la musette et la chanson française, les thèmes défilent et se déroulent en ode au métissage et à la tolérance, dégoupillant avec finesse et acuité les sujets brûlants d’actualité tels que la laïcité, le racisme ou l’impasse ultra-libérale. Endossant cette posture de vigie poétique et politique, ces agitateurs festifs réalisent un (second) tour de force en faisant rimer musique et

parole politique. Avec ironie et parfois même mélancolie. Avec délicatesse et allégresse. Avec force et avec joie, à plein micro, signant à la pointe de leurs mots, d’un Z qui voulait dire Zebda…

culture, La bande à Vin’s & Micho emprunte avec maîtrise au jazz manouche autant qu’à la rumba congolaise, aux mélopées caribéennes autant qu’à la langueur cap-verdienne pour glisser ses mélodies facétieuses et une vibrionnante poésie du quotidien. Celle-ci, aguerrie sur les terres d’Afrique ou dans le métro parisien s’est frottée aux injustices et aux blessures de l’exil avant de prendre ses échos humanistes, hédonistes et profondément internationalistes. Une bouffée d’air frais inspirée au fil des voix et une déclaration d’amour à la vie au gré d’ambiances festives et de ritournelles corrosives qui font de

Zoufris Maracas la nouvelle sensation de la chanson métissée…

http://zebda.artiste.universalmusic.fr

zoufris maracas ZOUFRIS MARACAS - Prison dorée (Chapter Two/ Wagram) Avec une nonchalance flamboyante, Zoufris Maracas déferle sur les pistes d’une chanson française délicieusement nomade. Dans son bouillon de http://zoufrismaracas.com

timek Alchimiste vocal et personnage charismatique, Timek décloisonne les frontières et les univers sonores, organisant la rencontre improbable de la chanson, du reggae, de l’électro, du ska, du ragga et… du cirque ! Sous son grand barnum musical, les titres s’enchainent comme des numéros savamwww.myspace.com/timekaix

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TIMEK - Il était une fois (Black Castle Music) ment orchestrés dans une atmosphère de guinguette, de fête empreinte de frénésie, d’humour et d’onirisme. Un ensemble joyeusement débridé où les programmations digitales et punchies de Spiky The Machinist pousse le flow de Timek à jouer les équilibristes, à adosser ses harmonies jamaïcaines aux airs de chansons populaires, à apprivoiser la puissance des dancefloors avec les comptines enfantines. Un drôle de cirque électronique pour l’étoile montante de la scène aixoise.


Dessin Tchif Š

L'Aperçu, Journal de La Fonderie-Aix//Numéro 1//Mars 2012  

Journal de La Fonderie-Aix en Provence Numéro 1 - Sortie mars 2012 Journal Bio Gratuit // tiré à 30000 exemplaires Distribué sur 400 points...

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