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Editorial

Lettre de Chine F

in juin, début juillet, le P. Provincial a passé une semaine en Chine continentale et une autre à Taïwan. Il lui est difficile d’en dire beaucoup, vu la consigne de ne pas en dire ou en écrire trop, mais tout de même… La première semaine s’est passée presque exclusivement à Pékin. L’invitation était lancée par le Beijing Center for Chinese Studies. Créée en 1985 sous l’impulsion de la Province de Chine, cette faculté, qui a trouvé place sur le campus de l’University of International Business and Economics, propose des programmes courts et d’immersion afin d’ouvrir des étudiants venus pour beaucoup de l’étranger à la richesse et la complexité de la culture chinoise. Ce centre souhaite se situer dans la lignée des Ricci, Verbiest, Schall, figures toujours inspiratrices de la mission chinoise. Tous les ans, le Centre propose un programme d’une semaine pour des jésuites du monde entier : en alternance, une année pour des scolastiques, l’autre pour des provinciaux et pour des compagnons responsables de la formation dans leur province. Nous étions un groupe de vingt personnes dont la moitié venues de l’Inde. J’étais le seul européen. Mais avec un Américain, un Portoricain, un Malgache, un Africain, un Sud-Africain… la diversité était au rendez-vous. La semaine fut intense avec en matinée des conférences données principalement par des universitaires, jésuites ou non, sur des sujets aussi variés que l’histoire, la politique, l’économie, l’environnement, la philosophie… et même sur la différence entre homme et femme dans la société chinoise. Au dire des intervenants présents parfois depuis vingt-cinq ans sur le continent, essayer de comprendre la civilisation chinoise est une entreprise qui nécessiterait plusieurs vies. Retenons bien sûr les témoignages impressionnants sur les conséquences à tous les niveaux de l’explosion économique. Les aprèsmidi étaient consacrés à différentes visites dans la ville. Inutile de dire que, pour beaucoup d’entre nous et pour moi-même, le passage au « cimetière jésuite » fut très émouvant. Se tenir près de la tombe

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Editorial de Ricci ou de Verbiest redonne le sens de notre mission « aux frontières », au plus proche des personnes et de leur culture respectée, appréciée, valorisée dans ses aspects les plus beaux. Témoignages également d’un dialogue d’un haut niveau intellectuel reconnu encore aujourd’hui. Ma semaine à Taïwan fut essentiellement consacrée à la rencontre avec nos compagnons Olivier Lardinois et Corneille Hermans qui tous deux ont vu cette année leur vie prendre un grand tournant. Olivier a quitté ses chères montagnes et sa population aborigène suite à sa nomination comme responsable de la formation. Corneille a dit au-revoir à la paroisse de centre-ville dont il était le pasteur pour prendre la succession d’Olivier dans cette pastorale itinérante au cœur de la montagne. Ils témoignent d’un grand courage et d’une belle foi dans leurs missions. Nous pouvons être fiers, à travers eux, de la contribution de notre Province à cet apostolat chinois, priorité de la Compagnie. Ce voyage loin de nos rivages belges et européens, la diversité de notre groupe, la découverte d’une Province de Chine dont la grande majorité des membres viennent du monde entier et, dans ce cadre, la rencontre si fraternelle avec Olivier et Corneille, tout cela m’a remis dans cette perspective qu’un voyage hors des frontières renforce toujours : devenus compagnons de Jésus le monde est notre espace de vie et de mission. En ce début d’année, nous compagnons de la BML — situés sur une portion de terre où vivent à peine un peu plus de quatre millions d’habitants (Pékin : vingt millions à elle seule et guère plus d’une petite vingtaine de jésuites pour y œuvrer) — je voudrais nous inviter à dilater nos cœurs et nos esprits à la mesure de la dimension universelle de la Compagnie. Nos soucis autocentrés à propos de notre nombre, de notre moyenne d’âge, de « nos » œuvres qui, peut-être, devront s’arrêter un jour, des limites des uns et des autres passeront alors peut-être davantage à l’arrière-plan. C’est-à-dire prendront leur place, réelle, mais mineure. Notre témoignage sera alors plus joyeux et fraternel, planté dans une solide confiance dans le Christ, moins anxieux de réussite tout en étant très engagé. Nous marcherons le pied plus léger pour porter la grande espérance dont nous sommes dépositaires et que, vraiment, tant de gens attendent de nous. Franck Janin, s.j., Provincial


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90 jours dans la Province L

e P. Général a nommé le P. José Minaku Lukoli Provincial de l’Afrique Centrale (Congo-Kinshasa et Angola) et le P. Benoît Malvaux, Procureur Général de la Compagnie. Le procureur général assiste et conseille le Père Général pour toutes les questions canoniques relatives à la Compagnie. Le P. Malvaux arrivera à Rome en septem- P. Benoît Malvaux bre 2014. Autour du 8 septembre, dix conovices entrés à Arlon cinquante ans plus tôt, ont fêté leur jubilé avec leur communauté, leur famille et leurs amis : le P. André de l’Arbre à Saint-Servais (Liège), le P. Etienne Degrez à Katmandu (Népal), le P. Xavier Dijon et le F. Roland Francart à Saint-Ig nace (Ixelles), le P. Etienne Ganty à SaintDomingue (Antilles), les PP. Edouard Herr et Pierre Piret au Bellarminum (Etterbeek), le P. Charles P. André de l’Arbre

Pollet à Dhaka (Bangladesh), le P. Michel Scheuer à Beyrouth (Liban) et le P. Guy Vanhoomissen à La Pairelle (Wépion). Six d’entre eux s’étaient retrouvés le 7 septembre à Wépion en compagnie du P. P. Xavier Dijon André de Jaer, leur maître de novices, et du P. Provincial. Les PP. Luc Vandervaeren et Jean Beckers sont les nouveaux membres de la communauté Saint-Michel. Ce dernier est en charge de la pastorale des funérailles au crématorium d’Uccle et collabore à la pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans. Le 24 septembre, la communauté fêta anticipativement sa fête patronale. Ce fut pour elle aussi l’occasion de célébrer les 70 ans de vie religieuse du P. JeanPierre de Wilde qui, dans son témoignage au cours de l’eucharistie d’action de grâce, nous donna une merveilleuse leçon de prière pour le temps de la vieillesse : pour prier, il suffit de suivre le mouvement de la respiration ; en inspirant, on reçoit le souffle de Dieu ; en expirant, on donne ce souffle en partage. Au cours du repas, le P. de Wilde innova par une présentation de ses frères et sœurs invités pour la circonstance, tandis que l’un de ses frères évoqua la vie familiale, entre autres l’humour de leur

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Belgique méridionale & Luxembourg maman, « Tante Minou », une pionnière du Toit fondé par le P. Roberti. D’autres événements furent également associés à cette fête, plus discrètement certes : les 60 ans du Père Ministre, Tommy Scholtes, et les 40 ans de Compagnie du P. Alain Mattheeuws, supérieur de la communauté Saint-Robert Bellarmin. Cette dernière communauté, accueille cette année le P. Jean Burton qui, tout en gardant un lien avec la communion d’Opstal, reste bibliothécaire de l’IET. Une journée de prière le 25 octobre, s’est terminée par une action de grâce pour quatre jubilaires : les PP. Paul Chapelle et Dany Dideberg qui célèbrent 60 ans de vie religieuse et les PP. Pierre Piret et Edouard Herr qui fêtent leurs 50 ans de vie religieu- P. Pierre Piret se Le P. Henri Tihon est un nouveau membre de la communauté SaintClaude La Colombière. Le samedi 2 novembre à midi, à l’initiative du F. Gonzague Jolly, quelques frères jé- P. Henri Tihon suites ont célébré la saint Alphonse Rodriguez à La Viale Europe, à Ixelles, avec les résidents et le Père Provincial. Début novembre, les PP. Michel Lambotte et Philippe Landenne ont rejoint la communauté Hurtado, à Anderlecht, qui compte tou-

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jours parmi ses membres les PP. Marcel Coget, Michel Lejeune et Dominique Schiltz. Le P. Alain Delville est nommé ministre de la communauté SaintIgnace, à Ixelles. Le P. Guillaume Rako- P. Gonzague Jolly tonandratoniarivo (Madagascar) est arrivé mi-octobre pour un stage dans les médias catholiques jusqu’au 1er décembre. La communauté Notre-Dame della Strada (Haine-Saint-Paul) et la communauté SaintJean (Woluwe-Saint-Pierre) se sont retrouvées le 11 juin à Haine-Saint-Paul. Une bonne soirée de rencontre fraternelle où tous ont pu prier ensemble et, avec beaucoup de plaisir, échanger leurs expériences de vie actuelle. Le 16 juillet, c’était une rencontre sur l’heure de midi, à la « cantine des Italiens » avec sept membres de la communauté Saint-Ignace (Ixelles) en excursion sur le canal du Centre. Le 14 octobre, c’était un repas, rue Ferrer, pour accueillir l’abbé éophile Kisalu, de Kikwit, nouveau vice-doyen de l’Unité pastorale des prieurés. Le P. Marc Cortembos a participé, comme membre religieux élu, à toutes les assemblées synodales du diocèse de TourP. Marc Cortembos nai. La communauté du Sacré-Cœur de Charleroi a accueilli pour une rencontre Mme Estelle Richir (de Relogeas)


Belgique méridionale & Luxembourg et M. Éric Goffart, échevin de la Mobilité et des voiries : ce sont là des échanges fructueux. Une équipe CVX a animé une eucharistie du dimanche à l’église, avant un verre de l’amitié. Quelques jeunes qui ont vécu les JMJ en juillet à Rio, sont venus donner un témoignage fin octobre.  A la communauté Saint-Jean Berchmans à Namur, le P. Justin Hagabimana (Région Rwanda-Burundi) séjourne pour une année complémentaire en baccalauréat en sciences à l’UNamur. La communauté Saint-Pierre à Louvainla-Neuve compte un occupant de plus : désormais, il y a sept résidents, majoritairement africains. Le dernier arrivé vient du Cameroun : Conrad-Aurélien Folifack (41 ans). Il commence un doctorat en exégèse et sa promotrice est Mme Françoise Mies de l’UNMR. Deux compagnons sont congolais de la RDC. Le plus ancien arrivé ici, Philippe Nzoimbegene (42 ans), achève un doctorat en linguistique (langue de référence le lingala). Puis Alain N’kisingala (46 ans) qui commence sa 2e année de doctorat en histoire contemporaine. Objet : la période qui va de Lubumba à Mobutu. Son promoteur est le professeur Vincent Dujardin (UCL). Enfin, notre benjamin, ierry Manirambona, bunrundais (31 ans) a déjà fait des études de journalisme et, actuellement, se trouve en 2e année de master en communications. La communauté Saint-Servais à Liège a accueilli début juillet le P. Yves Duquenne (missionnaire liégeois au Congo) pour une opération lourde, puis plusieurs semaines d’hospitalisation. Depuis le début du mois de septembre, le P. Duquenne refait ses forces en communauté. Ce séjour forcé à Liège lui a permis de fêter ses 80 ans. Le 3 octobre, Philippe Balon Perin a quitté Liège pour rejoindre la communauté Saint-Claude La Colombière : la veille de son départ la communauté a di-

LE SEIGNEUR A ACCUEILLI DANS SA PAIX ◆ Le P. Jean Legros, s.j. de la communauté Saint-

Claude La Colombière à Woluwe-Saint-Pierre, né le 2 mars 1927 à Seneffe, est décédé à Woluwe-Saint-Lambert le 27 août 2013. Il était entré dans la Compagnie le 14 octobre 1947 et avait été ordonné prêtre le 6 août 1959. ◆ Le P. André Roberti de Winghe, s.j., de la communauté Saint-Claude La Colombière à Woluwe-Saint-Pierre, y décédé le 20 septembre 2013. Il était né le 10 juillet 1925 à Louvain, était entré dans la Compagnie le 14 septembre 1942 et avait été ordonné prêtre le 15 août 1955. ◆ Mme Lucienne Balon-Perin, née Bazin, décédée

le 23 juillet 2013, belle-sœur du P. Philippe Balon-Perin. ◆ Mme Mariette Hanssens, décédée le 26 juillet 2013, sœur du Fr. René Hanssen.

gnement célébré ces vingt-quatre ans de présence en terres liégeoises, dans le quartier nord de la Cité Ardente : engagement dans le comité de quartier, service des sans-papiers, accueil à sa table des P. Philippe Baron Perin petites gens blessés par la vie, annonce de la Bonne Nouvelle aux enfants de l’école paroissiale… Une semaine plus tôt, la paroisse Sainte-Foy était remplie pour la messe dominicale : les paroissiens mais

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Belgique méridionale & Luxembourg aussi plusieurs associations locales avaient répondu présents pour un au revoir émouvant. Depuis le 15 septembre, un kot à projet chrétien a commencé à vivre dans la maison de la rue Trappé : une dépendance de la communauté Saint-Servais, laissée libre depuis deux ans. Le bâtiment a été modernisé et réaménagé pendant plusieurs mois. Le projet est coanimé par les jésuites et les dominicains de Liège : six étudiants ont relevé le défi pour cette première année. Comme prévu et annoncé, la communauté des jésuites de Nancy a été dissoute à la fin août dernier et deux PP. qui en faisaient partie sont désormais rattachés à la communauté du

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Christ-Roi de Luxembourg. Il s’agit, d’une part, du P. Guy Delage qui, à la fin septembre, a établi ses pénates dans sa nouvelle communauté, tout en continuant d’assurer certains ministères en Lorraine et en Alsace, d’autre part, du P. Philippe Demeestère. Celui-ci continue d’habiter à Nancy où il est chargé du service de diaconie dans la paroisse Saint-Sébastien et passe à Luxembourg lors des réunions de communauté et tout autre événement marquant. Roland Francart s.j. avec l’aide des Supérieurs de communautés


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Nouveau maître de novices Echos : P. ierry Anne, vous venez d’être nommé maître de novices à Lyon pour la province de France et celle de Belgique méridionale et Luxembourg. Est-ce une surprise pour vous ? Allez-vous quitter un apostolat à Paris qui vous tenait à cœur ? ierry Anne : Devenir maître des novices est évidemment un status qu’on n’imagine pas recevoir. J’en suis encore tout surpris ; et pourtant voici de nombreux mois que le Père Provincial a commencé à m’entretenir de son intention. La réception de cette mission m’a renvoyé à une humilité profonde. Elle m’a aussi rappelé à une disponibilité pour les services étonnants auxquels la Compagnie peut appeler. Comme aumônier des étudiants de Sciences-Po à Paris, directeur du Réseau jeunesse ignatien et supérieur d’une communauté apostolique composée largement de scolastiques, j’étais comblé… fatigué aussi plus d’une fois. A travers les jeunes adultes de tout poil dont j’avais à prendre soin, il m’arrivait le plus souvent de chercher mon souffle pour les suivre dans leur course à la suite du Christ. Temps bénis s’il en était ! Echos : Actuellement, combien y a-t-il de novices à Lyon et quelles sont les perspectives d’avenir ? T.A. : Trop peu nombreux, bien sûr ! Mais, aime à le rappeler un compagnon membre de la communauté du noviciat, quelle grâce d’y

trouver des hommes d’une telle stature ! Actuellement, les novices sont six, c’est-à-dire trois pour chaque année, tous pour la Province de France. Néanmoins, un probable « effet » Pape François et le renforcement d’une pastorale jésuite des vocations depuis 2008 commencent à se faire sentir, puisqu’à ce jour six nouveaux sont déjà admis pour septembre 2013. Au vu du nombre de jeunes adultes qui se présentent devant Dieu prêts à tout offrir d’eux-mêmes, au vu de la grande intelligence apostolique de la Compagnie eu égard au monde contemporain, le nombre devrait ne pas cesser de croître. Si tel n’était pas le cas, la Compagnie aurait certainement à entendre un appel à une conversion plus profonde de son propre Corps. Le Père Général Nicolas d’ailleurs ne cesse de nous appeler à cette radicalité ignatienne, telle celle des commencements. J’ai pour ma part observé combien les jeunes sont désarçonnés par les signes contradictoires que nous émettons, alors que plus d’un est prêt à la folie pour le Christ. Je pense notamment au peu de soin accordé encore à la vie communautaire, à l’individualisme rampant dans nos apostolats, au moindre souci pour les prières communes, au manque de simplicité pour nous afficher tels des religieux ou prêtres ici et là. Echos : Vous avez visité quelques noviciats en Europe et en Amérique du Sud. Que retenezvous de ces rencontres ?

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Belgique méridionale & Luxembourg T.A. : Depuis mi-janvier, je suis allé à la rencontre des noviciats du Pérou, de Colombie, d’Espagne, de Gênes, Birmingham et Nüremberg. La fraternité palpable m’a autant marqué que l’accueil extraordinaire reçu en chacun de ces lieux. Il est de plus un trait qui surpasse tous les conseils et informations engrangés là : il s’agit de la joie de ces communautés ! J’y ai croisé là des jeunes hommes si heureux d’avoir trouvé comment se donner, de grandir dans la relation au Christ Maître et Ami, de recevoir le meilleur de la grande tradition jésuite. Echos : Quel est votre sentiment sur la foi des jeunes en 2013 ? Croyez-vous qu’ils soient attirés par les Exercices de saint Ignace ? T.A. : Un jour je me suis entendu répondre à un journaliste : si nous menons les jeunes sur

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le chemin de la prière et en particulier sur la voie des Exercices spirituels, nous n’aurons plus à nous évertuer au renouveau de la pastorale vocationnelle. Cette intuition ne me quitte plus depuis. Située au niveau de la prière profonde et de la discreta caritas, l’Eglise ne devrait plus souffrir d’un si petit nombre de novices, séminaristes, couples chrétiens. Les jeunes adultes sauront se présenter à Dieu avec la plus belle générosité, parce qu’ils se seront laissé trouver par Lui, parce qu’ils seront entrés en relation personnelle avec Lui. Mais, osonsnous suffisamment conduire jusqu’aux Exercices ? Sommes-nous suffisamment courageux et inventifs quant aux préalables nécessaires aux Exercices ?


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Journée de la famille ignatienne D

es représentants d’une petite partie du réseau ignatien (la CVX, le Réseau Jeunesse Ignatien, la coordination des écoles jésuites, le centre spirituel La Pairelle, les religieuses ignatiennes, ESDAC, le MEJ, les jésuites…) invitent la « famille ignatienne » à une journée fondatrice : « se connaître pour mieux semer ». La spiritualité ignatienne et la pédagogie qui en découle, constituent un trésor précieux pour rencontrer les défis du monde et de l’Eglise. Elles nous rendent capables de structurer notre désir de suivre le Christ. Nous sommes nombreux à vivre de cette spiritualité, de bien des manières, en des lieux très variés. Afin de devenir davantage hommes et femmes pour et avec les autres, afin de transmettre ce feu qui, depuis Ignace, n’a cessé d’engendrer d’autres feux, nous vous invitons à partager votre expérience et à la mettre en réseau, avec d’autres. Ce désir de mise en réseau est ancien. Aussi, nous sommes heureux de vous annoncer qu’une première étape aura bientôt lieu. Durant une journée, nous rassemblerons les forces vives de la famille ignatienne de Belgique. Pour découvrir nos richesses, nous émerveiller les uns des autres. Pour vivre la rencontre, la relecture et le discernement. Pour réfléchir à la manière de transmettre. Nous souhaitons que cette journée marque une première étape, qu’elle nous donne le goût de vivre, ensuite, plus intensément notre réseau.

Concrètement, nous prendrons le temps de nous replonger ensemble dans le récit ignatien qui est le nôtre. Nous entendrons des témoignages. Nous lancerons des idées pour raffermir et donner fécondité à ces liens familiaux. Enfin, nous prendrons le temps de célébrer l’eucharistie. Cette journée aura lieu le samedi 23 novembre 2013, au Collège Notre-Dame, à Erpent. Elle commencera à 9 h 30 et se clôturera vers 17 h 00. Nous serions heureux si vous pouviez nous rejoindre le 23 novembre. Vous êtes peut-être en contact avec d’autres personnes susceptibles d’être intéressées. Des personnes qui partagent cette identité. Nous souhaitons vous demander de bien vouloir leur faire part de notre initiative et de les inviter personnellement. Marie et Vincent Delcorp-Tempels, Sœur Agnès Granier, Franck Janin, s.j., Anne-Sophie Locht, Bernard Peeters, s.j., Sœur Françoise Schuermans, s.s.m.n. et Etienne Vandeputte, s.j. Renseignements : www.famille-ignatienne.be

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Les 175 ans du collège de Liège 2

octobre 1838 : tandis que la Belgique, fraîchement indépendante, installe ses institutions, les Jésuites créent le collège SaintServais, rue Saint-Gilles 92, à Liège. Ils exaucent en fait un vœu de l’évêque, soucieux de rendre à la Compagnie la responsabilité d’un grand collège à Liège, en reprenant l’ancien établissement Saint-Servais, fondé dix ans plus tôt par l’abbé Robert Julliot, rue Fond Saint-Servais, dans la paroisse éponyme : notre collège en a gardé le nom. La fondation de notre école, dont le premier recteur fut le P. Frédéric Bossaert, a un caractère historique : le nouvel établissement de la Compagnie de Jésus constitue en réalité la toute première institution d’enseignement secondaire de la Cité Ardente. 1er septembre 1992 : héritier d’une longue tradition d’éducation chrétienne, le centre scolaire Saint-Benoît – Saint-Servais naît du rapprochement entre le collège Saint-Servais et l’école abbatiale Paix Notre Dame, fondée en 1797. Il passe ainsi à la mixité et comprend désormais une école fondamentale complète. Mars-avril 2013 : riche de sa double tradition, jésuite et bénédictine, le collège a eu l’immense joie de fêter son 175e anniversaire et de se retrouver ainsi le plus ancien établissement d’enseignement secondaire toujours en activité dans la Cité Ardente. Nous avons décliné un tel événement en

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pas moins de six journées. L’indispensable journée académique, couplée avec la traditionnelle soirée des anciens jubilaires a eu lieu le samedi 23 mars. La basilique Saint-Martin à Liège a servi de cadre à la séance académique en présence des autorités civiles, religieuses et scolaires, de la communauté éducative Saint-Benoît – SaintServais, de ses anciens professeurs, anciens élèves et amis. Y prirent la parole Mme MarieDominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire à l’époque, M. Philippe Laoureux, président du pouvoir organisateur, M. Vincent Geenen, président de l’Association royale des anciens élèves, et Mme Arlette Dister-Jacquemotte, directrice actuelle du collège. Dans une église comble, l’eucharistie, préparée par un groupe de professeurs et d’élèves, fut présidée par Mgr Aloys Jousten, ancien évêque de Liège et le P. Franck Janin, Provincial de la Compagnie. Elle était concélébrée par les PP. Henri Tihon, André Moreau, Pierre Hupez et Bernard Peeters, anciens directeurs du collège, ierry Dobbelstein et André Pirard, respectivement supérieur et membre de la communauté jésuite Saint-Servais, ainsi que l’abbé Jean-Louis Defer, ancien élève du collège et prêtre diocésain. Une délégation des moniales bénédictines de l’abbaye Paix NotreDame, conduite par son abbesse, Mère Madeleine Boland, participait aussi à cette céré-


Belgique méridionale & Luxembourg monie, qui commémorait par ailleurs la présence ininterrompue de la Compagnie au collège depuis 1838… Les participants étaient ensuite attendus au collège, où… un chapiteau avait été dressé dans la cour : nous y avons procédé au vernissage de l’exposition « Fontem 2013 », au titre évocateur de la devise du collège « Fontem Serva ». Créée par Floriane Dupas, ancienne élève du collège (rhéto F 2008) et étudiante en 2e master scénographie à l’académie des Beaux-Arts, celle-ci retraçait de manière totalement originale les 175 ans d’histoire du collège, déployée en quatre piliers, pédagogique, sportif, culturel et jésuite. Un espace y était consacré au collège d’aujourd’hui (Botassart, fancy-fair, unité scoute Saint-Servais, Iles de Paix, activités du temps de midi, voyages scolaires, actions de solidarité, animations spirituelles, Kennedy’s Bridge…). Nous avons aussi publié pour l’occasion un livre commémoratif en quadrichromie, retraçant les 175 ans de l’histoire du collège, et comportant des témoignages de membres anciens et actuels de la communauté scolaire… et même l’évocation de Georges Simenon, un de nos plus illustres anciens. Le lendemain, dimanche 24 mars, fut dédié à une journée de la solidarité. Nous avions conçu une opération d’envergure, sous la forme d’une grande vente aux enchères de maillots (ou tout autre objet) dédicacés par des sportifs de renom. En collaboration avec le Standard de Liège, club créé au sein de notre école voici plus de cent ans, nous avions déjà réalisé un tel projet en 2009 en faveur de l’asbl Arabel, au profit de l’enfance défavorisée des écoles rurales d’Argentine. Cette vente avait rapporté plus de 7500 € et avait permis de réaliser de nombreux projets concrets : ateliers de couture et de tissage, potager, achat d’équipement sportif de base, projet d’irrigation…

En 2013 encore, la moitié des bénéfices était destinée à cette organisation, tandis que l’autre moitié irait aux « Iles de Paix », organisme connu de tous, et avec lequel notre école collabore depuis près de quarante ans. Avec eux, nous avons sélectionné un projet d’appui à la culture de la grenadille (une variété de fruit de la passion), dans la région de Santa Maria del Valle, au Pérou. Les quatre autres journées festives ont eu lieu dans la deuxième quinzaine d’avril. Dans la cadre des journées de la citoyenneté organisées pour nos élèves de rhéto, les anciens ont invité spécialement pour eux le mercredi 24 avril, dans la grande salle du collège M. Melchior Wathelet Senior, ministre d’État, mais aussi ancien élève du collège, pour une conférence ouverte à tous, et relative à l’actualité belge et européenne. Nous n’avons pas oublié nos autres élèves, qui ont participé le lendemain, jeudi 25 avril, à leur propre journée. Sous le titre « Faites des arts », nous leur avons proposé des ateliers créatifs (soit deux ateliers de deux heures, soit un long atelier couvrant toute la matinée). Nous avions prévu de quoi satisfaire tous les goûts, de l’atelier cuisine à l’animation de danses, en passant par l’improvisation, la création poétique, l’aquarelle ou le chant… voire une découverte de Liège en joggant. A midi, un barbecue géant a rassemblé toute la communauté scolaire dans la cour du collège, sous un soleil aussi radieux qu’inattendu : apéritif et dessert avaient été préparés par les élèves eux-mêmes au cours des ateliers de la matinée. Une journée des parents et amis a aussi été mise sur pied le vendredi 26 avril. Accueillis à la grande salle, que nous voudrions par ailleurs rénover, les parents et amis ont pu notamment participer à une visite guidée de l’espace scénique. Tandis que l’exposition « Fontem 2013 » était visible une dernière fois, un

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Belgique méridionale & Luxembourg barbecue festif a clôturé la soirée. Enfin, le 175e anniversaire a été mis en scène le mardi 30 avril en soirée par nos élèves dans un spectacle inédit sous le titre « Nihil noui sub sole » (proverbe latin bien connu : « rien de nouveau sous le soleil »). En voici le thème : depuis 175 ans, des élèves arpentent les couloirs du collège ; ils vont d’un local à l’autre pour suivre les cours de français, de math, de flamand (!), de sciences… sous la surveillance des bons PP. et de leurs professeurs. Mais en tout temps, quelques-uns ont tenté, avec plus ou moins de succès d’échapper à ce contrôle et à visiter les coins interdits des bâtiments. Imaginons qu’à l’occasion de la campagne « Iles de Paix », lorsque les élèves ont l’étonnante opportunité de loger dans leur école, voire dans leur classe, ils échappent à la vigilance de leurs ensei-

gnants… et vont explorer le grenier du collège… Mais cette fois, l’esprit du collège va les rattraper ! Espérons que les souvenirs des 175 dernières années leur permettent de trouver la clé qui les délivrera du sortilège ! Que de souvenirs, désormais scellés au pied de la statue de la Vierge, installée depuis 1848 au fond de la grande cour, sous la forme… d’une fontaine et d’une inscription dédicacée. Laissons conclure cette évocation du 175e anniversaire par le P. André Pirard, témoin et acteur privilégié des festivités du 125e et du 150e anniversaire, et dont le regard est toujours tourné vers l’avenir : «… et en route pour le 200e ! » Au nom du comité organisateur, Roland Marganne, professeur au collège

Témoignage de Mgr Jean-Pierre Delville, nouvel évêque de Liège Quel beau souvenir pour moi que celui du collège Saint-Servais ! D’abord c’était la découverte de la ville pour le jeune campagnard que j’étais et l’ouverture à un monde plus large que celui du village. Après une 6e latine, où les cours de religion du P. Pierre Defoux m’avaient beaucoup plu, je désirais entrer en 5e chez le P. Taminiaux, surnommé Tamtam, parce que c’était un saint homme et qu’il lisait des histoires à la fin de la journée. Le premier jour de l’année, on procéda à la répartition par classe. Quand on cita les élèves de la classe du P. Taminiaux, mon nom ne sortit pas ; j’étais déçu ; puis on cita les élèves des autres classes. J’attendis en vain mon nom. Finalement, je restai seul sur le tarmac ; je vais trouver le préfet, je lui dis qu’on ne m’a mis dans aucune classe ! Il s’étonne, il hésite, puis il lance : Allez chez le P. Taminiaux ! Quelle joie pour moi ! Je n’ai pas été déçu ! Et j’ai eu M. Rucquois en prime, qui nous apprit le grec à la force du poignet et des interros. Si j’ai pleuré alors, je lui en suis infiniment reconnaissant aujourd’hui. C’est un des cours qui m’a le plus servi et qui me permet de lire le Nouveau Testament en langue originale. C’est alors aussi que j’ai découvert les Équipes NotreDame, animées par le P. Jean Meeus, et qu’a germé ma vocation de prêtre. J’ai d’excellents souvenirs aussi de ma 4e chez M. Desdemoustier, de la 3e chez M. Grandmaison, de la poésie chez le P. Pierre Guérin, qui manie aujourd’hui Internet, et de la rétho chez le P. Luigi Lefebvre, qui nous a lancés dans le théâtre, avec la représentation de Hamlet, de Shakespeare. J’ai complètement oublié le texte, mais j’ai retenu l’art de parler en public !

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Initiatives & Evénements

Fête de saint Ignace à Rome Le 31 juillet 2013, le Pape François a tenu à célébrer la fête de saint Ignace en compagnie de ses confrères jésuites. Voici le texte de son homélie précédé de l’accueil formulé par le P. Général.

Mot de bienvenue du Père Général Par ces quelques mots, je veux juste remercier notre Frère François de célébrer avec nous la fête de saint Ignace. J’ai dit plusieurs fois aux nôtres combien j’ai été frappé lors de mes rencontres avec François par son profond sentir en tant que Jésuite. Durant la conférence de presse donnée dans l’avion du retour de Rio, François a confié : « Je pense comme un jésuite ». Sentir et penser ne font qu’un. Et, auparavant, il m’avait dit à propos de la présente célébration : « Ce que je veux, c’est simplement célébrer la fête de saint Ignace avec mes frères jésuites. » Merci, François. Nous voulons aujourd’hui écouter de votre part ce que vous attendez de nous, vos frères, au service de l’Eglise et de l’Évangile. Et, surtout, nous voulons éprouver intérieurement (comme déjà nous l’éprouvons) combien il est naturel et agréable d’être unis à Pierre, attitude si importante et centrale pour tous les Jésuites, depuis Saint Ignace jusqu’aux PP. Arrupe et Kolvenbach. Ouvrons nos cœurs pour cette célébration.

Homélie du Pape François Dans cette eucharistie au cours de laquelle nous célébrons notre Père Ignace de Loyola, à la lumière des lectures que nous avons écoutées, je voudrais proposer trois idées simples guidées par trois expressions : mettre au centre le Christ et l’Église ; se laisser conquérir par Lui pour servir ; ressentir de la honte pour nos limites et nos péchés, pour être humbles devant Lui et devant les autres. 1. Notre blason à nous, Jésuites, est un monogramme, l’acronyme de « Iesus hominum Salvator » (IHS). Chacun d’entre vous pourra me dire : nous le savons très bien ! Mais ce blason nous rappelle constamment une réalité que nous ne devons jamais oublier : la centralité du Christ pour chacun de nous et pour toute la Compagnie, que saint Ignace a voulu appeler « de Jésus » pour indiquer le point de référence. Du reste, même au début des Exercices spirituels, il nous place devant notre Seigneur Jésus Christ, notre Créateur et Sauveur (cf. ES, 6). Et cela nous amène, nous, Jésuites et toute la Compagnie à être « décentrés », à avoir devant soi « Christ toujours plus grand », le « Deus semper maior », l’« intimior intimo meo », ce qui nous fait sortir de nous-mêmes en permanence et conduit à une certaine kénose, de « sortir de notre amour, notre volonté et de notre intérêt » (ES, 189). La question n’est pas pour nous, pour chacun d’entre nous évidente : le Christ est-il le centre de ma vie ? Est-

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Initiatives & Evénements ce que je mets vraiment le Christ au centre de ma vie ? Parce qu’il y a toujours la tentation de penser que c’est nous qui sommes au centre. Et quand un jésuite se met au centre et non pas le Christ, il se trompe. Dans la première lecture, Moïse répète avec insistance au peuple d’aimer le Seigneur, de marcher dans ses voies, « parce qu’Il est ta vie » (cf. Dt 30, 16.20). Christ est notre vie ! A la centralité du Christ correspond aussi la centralité de l’Église : je ne peux pas suivre le Christ sinon dans l’Église et avec l’Église. Et même dans ce cas, nous, jésuites, et l’ensemble de la Compagnie nous ne sommes pas au centre, nous sommes, pour ainsi dire, « déplacés », nous sommes au service du Christ et de l’Église, l’Épouse du Christ notre Seigneur, qui est notre Sainte Mère l’Église hiérarchique (cf. ES, 353). Être des hommes enracinés et fondés dans l’Église : c’est ainsi que Jésus nous veut. Il ne peut pas y avoir de chemins parallèles ou isolés. Oui, des chemins de la recherche, des chemins créatifs, oui, c’est important : aller vers les périphéries, les nombreuses périphéries. Cela demande de la créativité, mais toujours en communauté, dans l’Église, avec cette appartenance qui nous donne le courage de continuer. Servir le Christ c’est aimer cette Eglise concrète et la servir avec générosité et esprit d’obéissance. 2. Quelle est la route pour vivre cette double centralité ? Regardons l’expérience de saint Paul, qui est aussi l’expérience de saint Ignace. Dans la deuxième lecture que nous avons entendue, l’apôtre écrit : je m’efforce de courir vers la perfection du Christ « parce que moi aussi j’ai été conquis par Jésus Christ » (Ph 3, 12). Pour Paul, c’est arrivé sur le chemin de Damas ; pour Ignace, dans sa maison de Loyola, mais le point fondamental est commun : se laisser conquérir par le Christ. Je cherche

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Jésus, je sers Jésus parce que lui m’a cherché en premier, parce que j’ai été conquis par lui, et c’est là le cœur de notre expérience. Mais lui est premier, toujours. En espagnol, il y a un mot qui est très graphique, qui l’explique bien : lui nous « primera », « El nos primerea ». Il est toujours le premier. Quand nous arrivons, il est arrivé et il nous attend. Et ici je voudrais rappeler la méditation sur le Royaume dans la Deuxième semaine. Le Christ notre Seigneur, Roi éternel, appelle chacun de nous en disant : « Qui veut venir avec moi doit travailler avec moi, afin qu’en me suivant dans la souffrance, il me suive aussi dans la gloire » (ES, 95) : être conquis par le Christ pour offrir à ce Roi toute notre personne et toute notre fatigue (cf. ES, 96) ; dire au Seigneur de vouloir faire tout pour son plus grand service et sa louange, l’imiter dans sa façon de supporter même les insultes, le mépris, la pauvreté (cf. ES, 98). Mais je pense à notre frère en Syrie en ce moment. Être conquis par le Christ signifie être toujours dirigé vers ce qui se trouve à l’avant, vers l’objectif de Christ (cf. Ph 3, 14) et de se demander en vérité et avec sincérité : Qu’est-ce que j’ai fait pour le Christ ? Qu’estce que je fais pour le Christ ? Que dois-je faire pour le Christ ? (Cf. ES, 53). 3. Et j’en viens au dernier point. Dans l’Évangile, Jésus nous dit : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera… Car quiconque aura honte de moi… » (Lc 9, 23). Et ainsi de suite. La honte du jésuite. L’invitation que fait Jésus est à ne jamais avoir honte de lui, mais de le suivre toujours avec un dévouement total, en se confiant et en s’appuyant sur lui. Mais en regardant Jésus, comme saint Ignace nous l’enseigne dans la Première semaine, surtout en regardant le Christ crucifié, nous ressentons ce sentiment si humain et si noble qui est la


Initiatives & Evénements honte de ne pas être à la hauteur ; nous regardons la sagesse du Christ et notre ignorance, sa toute-puissance et notre faiblesse, sa justice et notre injustice, sa bonté et notre méchanceté (cf. ES, 59). Demander la grâce de la honte, la honte qui vient de m’incessant colloque de miséricorde avec Lui ; honte qui nous fait rougir devant Jésus Christ ; honte qui nous met en harmonie avec le cœur du Christ qui s’est fait péché pour moi ; honte qui met notre cœur en harmonie dans les larmes et qui nous accompagne dans la suite quotidienne de « mon Seigneur ». Et cela nous amène toujours, en tant qu’individus et en tant que Compagnie, à l’humilité, à vivre cette grande vertu. L’humilité qui nous fait prendre conscience chaque jour que ce n’est pas nous qui construisons le Royaume de Dieu, mais que c’est toujours la grâce du Seigneur qui agit en nous ; l’humilité qui nous pousse à mettre tout nous-mêmes non au service de nous-mêmes ou de nos idées, mais au service du Christ et de l’Église, comme des vases d’argile, fragiles, inadéquats, insuffisants, mais dans lesquels se trouve un immense trésor que nous portons et que nous communiquons (2 Co 4, 7). J’ai toujours aimé penser au crépuscule du jésuite, lorsqu’un jésuite finit sa vie, quand il est à son crépuscule. Et deux icônes de ce crépuscule du jésuite me viennent toujours à l’esprit : l’une, classique, de saint François Xavier, regardant la Chine. L’art l’a peint tant de fois ce crépuscule, cette fin de Xavier. Même la littérature, dans ce beau morceau de Pemán. À la fin, sans rien, mais devant le Seigneur ; cela me fait du bien de penser à cela. L’autre crépuscule, l’autre icône qui vient comme un exemple, est celui de Père Arrupe dans son dernier entretien dans le camp de réfugiés, quand il nous a dit — quelque chose qu’il disait lui-même — « Je dis ceci comme si c’était mon

chant du cygne : priez. » La prière, l’union avec Jésus, après avoir dit cela, il a pris l’avion, est arrivé à Rome avec une attaque, ce qui a été le début de ce crépuscule si long et si exemplaire. Deux crépuscules, deux icônes : cela nous fera du bien à tous de les regarder, d’y revenir. Et demander la grâce que nos crépuscules soient comme les leurs. Chers frères, tournons-nous vers Notre Dame, elle qui a porté le Christ dans son sein et qui a accompagné les premiers pas de l’Église, qu’elle nous aide à mettre au centre de notre vie et de notre ministère le Christ et son Église : elle qui a été la première et la plus parfaite disciple de son Fils, qu’elle nous aide à nous laisser conquérir par le Christ pour le suivre et le servir dans toutes les situations, elle qui répondit avec la plus profonde humilité, à l’annonce de l’Ange : « Voici la servante du Seigneur qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), qu’elle nous fasse ressentir de la honte de notre insuffisance devant le trésor qui nous a été confié, pour vivre l’humilité devant Dieu. Que nous accompagne l’intercession paternelle de saint Ignace et de tous les saints jésuites, qui continuent de nous enseigner à tout faire, avec humilité, à la plus grande gloire de Dieu. Traduction d’Anita Bourdin (31 juillet 2013) © Innovative Media Inc.

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ESDAC DOSSIER RÉALISÉ PAR UNE ÉQUIPE

Introduction ESDAC sont les initiales d’« Exercices spirituels de discernement apostolique en commun ». Autrement dit, les Exercices de saint Ignace adaptés à l’accompagnement d’équipes, de communautés, de couples, de groupes, donc de personnes qui vivent ou travaillent ensemble et cherchent en commun le désir de Dieu sur leur « être-ensemble ». Tout a commencé lorsque le P. Jean Charlier, alors Provincial, a participé à

une rencontre des Provinciaux de notre Assistance animée au Canada français par le P. John English. Ce dernier utilisait une manière de faire qui s’est avérée particulièrement intéressante. Le P. Jean Charlier a demandé au P. Franck Janin, alors aux études à Toronto, de se renseigner. Et, de fil en aiguille, une équipe ESDAC s’est constituée en Belgique Une retraite ESDAC, cela se fait forcément en groupe. Le cercle formé par les participants réunis est l’image de ce qui est recherché : une communion où chacun a sa place et son mot à dire, du plus petit au plus grand. Au centre du cercle : une bible, une bougie et une plume. La bible est centrale. Avant le partage, chacun est invité à écouter le texte biblique proposé par les animateurs et à le prier durant un certain temps, en silen-

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ce, en lien avec son vécu. Ensuite vient le partage en petits groupes de cinq ou six personnes. La dimension réduite de ces groupes favorise la confiance et la profondeur des relations. L’accent est mis sur l’écoute respectueuse et reconnaissante de ce que chacun souhaite partager du fruit de sa prière. Dans chaque petit groupe, il y a aussi une plume ! Celui qui la tient en main a la parole et il la garde tant qu’il n’a pas remis la plume au centre du cercle de partage. Cette coutume, qui nous vient des amérindiens, régule la prise de parole et l’écoute. Enfin, lorsqu’il y a deux ou plusieurs petits groupes, tous les participants se retrouvent en plénum pour continuer le partage. Parfois, en plénum, il sera nécessaire de remplacer la plume par un micro… Dès sa conversion, Ignace a cherché des personnes avec lesquelles il pouvait converser spirituellement, c’est-à-dire en rendant explicites la présence et l’action de l’Esprit au cœur de l’entretien. C’est ainsi qu’il a noué une relation durable et féconde avec ceux qui sont devenus ses premiers compagnons : François Xavier et Pierre Favre. Il a toujours encouragé les siens à pratiquer cette forme de conversation. L’Esprit est présent dans tout entretien, même dans une parole d’apparence aussi futile que : « Donne-moi à boire. » Dans son évan-

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gile, au chap. 4, saint Jean relate comment ce point de départ anodin a conduit la Samaritaine, au cours de son échange avec Jésus, à reconnaître en Lui l’envoyé de Dieu. Dans nos échanges, comme dans ceux que Jésus a partagés avec ses contemporains, adversaires comme disciples, se glisse aussi un autre esprit que l’Esprit Saint, un esprit qui nous illusionne et nous trompe… D’où la nécessité de faire le tri, de discerner ce qui est inspiré par l’Esprit Saint et ce qui est faussement insinué par le Tentateur. Des communautés, des couples, des équipes sentent le besoin de prendre quelques jours pour faire le point de leur « être ensemble ». ESDAC leur propose un parcours adapté au point où ils en sont et au temps dont ils disposent. Souvent, il s’agira de relire ensemble les moments importants de leur histoire. Souvent, comme les disciples d’Emmaüs, les participants expérimentent que lorsqu’ils prennent le temps de se parler les uns aux autres, même de leurs espérances déçues, un Inconnu

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prend part à la conversation et les fait passer de la mort à la résurrection. La célébration communautaire de la réconciliation est un temps fort de ce cheminement. Alors les participants sont invités à chercher quel appel le Seigneur leur adresse aujourd’hui et comment y répondre concrètement. Les animateurs sont toujours au moins deux pour s’épauler et pratiquer eux-mêmes ce qu’ils proposent aux autres : le discernement communautaire. Nous tâchons, dans la mesure du possible, que dans l’équipe d’animation il y ait la complémentarité entre homme et femme, entre laïc et prêtre, et entre des types psychologiques différents. Nous sommes une douzaine dans l’équipe francophone belge, quatre en Flandre et Hollande, huit en France, deux au Canada français, deux au Liban, une au Portugal. Nous avons animé, en différents pays, en français, en anglais, en néerlandais, en allemand, en italien et en arabe… Deux fois

déjà, en 1996 et 2001, dans notre Province belge francophone, notre retraite annuelle a été faite sous ce mode-là. Et en 2014, pour la première fois, une retraite de ce style réunira des jésuites de Belgique francophones et de France. Ceux qui nous ont lancés en ESDAC, c’est une équipe anglophone basée au USA et au Canada : Judith Roemer et les PP. George Shemel, John English et Jim Borbely. Nous leur en sommes infiniment reconnaissants. Michel Bacq, s.j.

Esdac dans la vie consacrée Origine Au lancement de l’équipe ESDAC ont contribué des jésuites, des laïcs et des religieuses. Le premier fruit de ce travail fut la retraite organisée à Banneux en avril 1995 pour des animateurs de jeunes. Parmi les participants à cette retraite se trouvaient des membres de divers instituts de vie consacrée. Ce qu’elles avaient vécu, certaines parti-

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cipantes le proposèrent qui à sa congrégation, qui à sa communauté, qui à un groupe plus restreint. Dès l’hiver 1995-1996, la province belge d’une congrégation féminine mit en route pour elle-même une retraite selon Esdac. La flamme se propagea et, aujourd’hui, on ne compte plus les monastères, les congrégations, les communautés, les instituts de vie consacrée qui, en Europe, en Afrique ou au Proche-Orient ont fait appel à des petites équipes d’animateurs (de deux à cinq selon le nombre de participants) pour animer ces Exercices spirituels « for the Corporate Person ». D’autres groupes chrétiens, sans appartenir à la vie religieuse, vivent également en communautés fraternelles et ont fait le parcours ESDAC. Pourquoi ? Ce ne fut pas l’attrait pour la nouveauté qui suscita ce développement, mais la découverte qu’il était possible de proposer la dynamique des Exercices spirituels d’Ignace non seulement à des individus isolés, mais à un groupe comme tel. En effet, ESDAC s’il s’adresse au groupe, suppose l’engagement personnel de chacun des membres ; cet engagement s’exprime par le temps de prière personnelle durant lequel chacun, chacune prie à partir d’un même texte d’Écriture, en demandant la même grâce, ainsi que par la pratique

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de la conversation spirituelle si chère à Ignace : cette conversation favorise l’écoute mutuelle et la parole personnelle sans tomber dans la discussion. Me revient à l’esprit le climat détendu et fraternel qui permit à des sœurs de parler en sérénité d’une lourde souffrance connue ou devinée par toutes, mais jusque là écrasée dans un lourd mutisme. Converser dans l’Esprit Saint appelle chacun, chacune à une écoute respectueuse d’autrui ainsi qu’à une parole vraie : parler en « je ». Quand faire appel à ESDAC ? Parfois, il est demandé d’améliorer, voire de retrouver la communication entre les membres. D’autres fois, une question se pose concernant l’avenir qu’il s’agit de préparer. Telle communauté désire préparer un chapitre d’élection par une retraite en commun. Tel monastère, sollicité par le rayonnement apostolique du lieu de son habitat, s’interrogeait à propos d’une décision qui bouleverserait une habitude séculaire ; ses membres souhaitèrent

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LE DOSSIER que tous puissent préparer et partager la décision à prendre : appel fut lancé à ESDAC. D’autres ont entendu parler des fruits recueillis par telle communauté proche et désirent faire l’expérience. Avoir vécu la retraite ESDAC a aidé une communauté à fermer sa maison dans la paix. Ce qui est propre à ESDAC La pratique de la conversation spirituelle permet à chacun de s’exprimer à partir du cœur profond et d’écouter les autres en découvrant que chacun est expert de sa propre expérience. Partageant ce vécu, les participants sont amenés à ressentir les mouvements intérieurs qui les font agir et découvrent ainsi le discernement des esprits. Comme les couples, les groupes paroissiaux, les mouvements d’aide sociale et tous ceux qui recourent à ESDAC, les religieux peuvent aussi y ressourcer leur vie commune et leur apostolat.

Les fruits Comme pour toute retraite, le fruit retiré d’une rencontre ESDAC ne sera que passager si le groupe concerné ne met pas en pratique ce qu’il a découvert. C’est pourquoi, en fin de retraite, il est proposé de discerner un appel qui permettra, si réponse y est donnée par tous, soit d’apporter remède à un défaut reconnu, soit de lancer une initiative ou simplement de nourrir la vie fraternelle. Toute belle expérience laisse un beau souvenir, mais si aucune mise en œuvre concrète n’est engagée, elle passe comme un jour de soleil en hiver. Réussites et échecs Même si les animateurs ESDAC veillent à ce que les participants à la retraite ou à la session soient volontaires, il arrive qu’en cours de route, des divisions se révèlent. Si la pratique de la conversation spirituelle et l’attention à un juste discernement des mouvements qui agitent le groupe aboutit à une réconciliation, c’est merveilleux et cela survient. Il arrive aussi d’échouer, mais en ce cas, il est souvent possible d’arriver à nommer tant le désir commun non satisfait que la difficulté rencontrée : c’est un premier fruit de réalisme. Il arrive également que les animateurs n’aient pas perçu, dans les contacts préalables à la retraite ou même dans le déroulement de celle-ci, des difficultés

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qui auraient conseillé de remettre l’expérience à plus tard. En tel lieu, le parcours a été raccourci pour terminer aussi utilement que possible… Conclusion L’accompagnateur ESDAC va le plus souvent d’émerveillement en émerveillement. C’est un bonheur d’aider des personnes qui veulent consacrer leur vie à Dieu et aux hommes de découvrir le chemin d’une parole vraie, d’une écoute désintéressée, d’une décision prise ensemble, non sans travail, mais dans la paix. Jean Charlier, s.j.

ESDAC en paroisse ? Deux curés de paroisse me demandent d’animer à la façon ESDAC une réunion dans leur paroisse. Ils cherchent à encourager leurs paroissiens à participer et à s’engager. Ils connaissent ESDAC par une expérience vécue ailleurs sur plusieurs jours. J’ai répondu à ces deux appels ; il en a résulté une réussite et un échec. Que pouvons-nous en apprendre ? Je ne m’attarde pas sur la méthode d’animation, mais plutôt sur la dynamique de changement dans le groupe et dans sa relation à son responsable. Un échec Dans la première paroisse, le curé et

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son conseil pastoral constitué de laïcs voudraient « réfléchir calmement ensemble et échanger sur nos désirs afin d’orienter la pastorale dans la paroisse pour l’avenir ». Mais certains attendent aussi autre chose : fixer des objectifs paroissiaux pour les mettre en œuvre à moyen terme. D’une part donc on cherche une démarche communautaire qui aide l’âme de la paroisse à parler ; d’autre part une démarche managériale qui vise l’efficacité. On voulait des résultats en une soirée et on voulait ESDAC. Après une première rencontre avec le conseil pastoral, j’ai cru pouvoir offrir les deux, à condition de conduire la démarche sur trois soirées de deux heures chacune et de préparer la démarche avec deux membres du conseil, des alliés, tout au long des réunions. Le conseil et son curé ont emboité le pas facilement. Et le groupe a découvert un dialogue en profondeur et une prière partagée auquel il n’était pas habitué. Voici (ci-contre) comment, en cours de parcours, il répond à la question :

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LE DOSSIER quel nom Dieu donnera-t-Il à votre paroisse lorsqu’elle aura réalisé son désir d’avenir ? Mais, après le parcours, cet acquis a été remisé et la paroisse a ensuite organisé une enquête par formulaires adressés à tous les paroissiens sans plus se référer à la démarche ESDAC dans le conseil pastoral. Que s’était-il passé ? Contrairement à mon attente, la tension entre « prendre le temps pour aller à la découverte de notre identité commune » et « travailler efficacement pour lancer un projet paroissial » ne s’est pas résolue. L’animateur et ses alliés cherchaient dans la démarche ESDAC à développer un esprit communautaire au sein du conseil pastoral comme appui à un engagement commun, mais le curé et plusieurs membres cherchaient une efficacité rapide pour prendre des décisions. « La communauté n’est pas nécessaire dans un groupe exécutif » m’a dit le curé avant que nous nous séparions. Aux yeux du curé et d’une bonne partie de son conseil, je leur avais fait perdre du temps ; aux yeux des alliés et de quelques autres cependant, le conseil pastoral est mieux à même de dialoguer.

Faut-il en conclure qu’ESDAC ne peut se pratiquer que dans la durée et en dehors du cadre de vie journalier ? Non ; mes collègues et moi avons déjà souvent animé des réunions brèves avec succès. En voici un exemple où j’ai profité de ce que j’ai appris dans le cas cité ci-dessus. Un succès Quelques années plus tard, le curé d’une autre paroisse m’a demandé d’animer une assemblée paroissiale où étaient invitées toutes les personnes engagées dans les diverses activités paroissiales : catéchèse, accompagnement des mourants, liturgie, chants… y compris le conseil pastoral (au total, environ cent personnes). Ici aussi la demande spécifiait ESDAC comme approche. D’office la réunion devait se tenir comme d’habitude dans le foyer derrière l’église : cent personnes assises en cercles dans un espace plutôt étroit. Je me suis souvenu alors de cette expérience ci-dessus où certains avaient cherché dans ESDAC une méthode de prise de décisions en groupe, alors qu’il s’agit d’abord d’exercices spirituels en communauté. Et j’ai pu persuader le curé de tenir la réunion dans la vaste église paroissiale, lieu communautaire par excellence, puisque c’est le lieu du rassemblement eucharistique. Entre les colonnes (voir photo), il y a la place pour un cercle de chaises de

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cent personnes. Le cercle parle ; il signifie que la parole de chaque personne a la même valeur et sera écoutée par tous. Une heure avant la réunion, quelques-uns, dont le curé, évacuent donc vers les bas côtés les dix premiers rangs de chaises pour ouvrir un large espace dans la nef. Au cas où tous les invités se manifesteraient, ils y installent un cercle de cent chaises et préparent un micro comme bâton de parole. C’est un des plus beaux moments symboliques de ma carrière d’animateur de groupe : le responsable, ici le curé, ouvre un espace pour la parole partagée dans son église. Ce faisant, il établit un autre ordre que celui, immuable, de l’agencement de nos églises : le cercle de chaises au lieu des rangées tournées vers l’autel. Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus à l’heure convenue : sur cent invités, seules treize personnes sont venues. C’est peu à nos yeux, mais Dieu ne compte pas comme nous. La réunion d’une heure et demie s’est déroulée comme suit, mais en un

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cercle retréci.

Bref moment de retrouvailles Chant à l’Esprit Saint Chacun rêve en silence à ce que pourrait devenir la communauté paroissiale. Partage en trios afin de se fertiliser, enrichir, ensemencer mutuellement Chacun réalise une petite affiche pour exprimer son rêve enrichi par le dialogue (un exemple ci-contre). Exposition silencieuse des affiches pour que tous parlent à tous. Prière et chant autour des affiches déposées sous le cierge pascal, à la lumière de Dieu, Père de miséricorde, Les affiches sont remises entre les mains de l’équipe pastorale Ensuite les affiches sont exposées dans l’église pour être vues par les fidèles aux célébrations dominicales. Quelques semaines plus tard le curé invite tous les paroissiens à une messepartage en ces termes : Il a semblé aux membres de l’équipe pastorale qu’il fallait répercuter l’événement de l’« Assemblée Paroissiale » auprès de tous les participants habituels de nos assemblées dominicales. C’est pourquoi dimanche prochain, en lieu et place de l’homélie quelques participants à cette as-

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LE DOSSIER semblée seront interviewés à ce sujet. Leurs affiches seront installées près de l’autel. Je viens de découvrir comment le pape François ponctue le sens de l’espace dans l’interview accordée récemment à Antonio Spadaro, s.j. : Si l’on doit laisser de l’espace au Seigneur, et non a nos certitudes, c’est qu’il faut etre humble. L’incertitude se rencontre dans tout vrai discernement qui est ouvert a la confirmation de la consolation spirituelle. Conclusion Plus loin dans cette même interview du pape François, je lis : Dieu se manifeste dans une révélation historique, dans le temps. Le temps initie les processus ; l’espace les cristallise. Dieu se trouve dans le temps, dans les processus en cours. Nous devons engager des processus, parfois longs, plutôt qu’occuper des espaces de pouvoir. Dieu se manifeste dans le temps et il est présent dans les processus de l’histoire. Cela conduit à privilégier les actions qui génèrent des dynamiques nouvelles. Cela requiert patience et attente. En ce qui concerne l’espace et le temps, l’approche ESDAC pratiquée intégralement, comme Jean Charlier en parle dans un autre article de ce dossier, répond bien à cette déclaration du pape. Mais ici, dans la première paroisse, il n’y avait ni l’une, ni l’autre. L’espace était restreint puisque, en dehors du cadre de l’efficacité, il y avait

peu d’ouverture à l’inattendu, à la surprise, à la profondeur. Le temps était limité : il fallait des résultats rapidement. Dans le second cas, le temps était encore plus limité, mais le curé a ouvert tout grand l’espace à l’Esprit Saint. Dans les deux cas la pratique d’ESDAC s’est centrée sur la prière et le dialogue et la communauté. Dans le premier un stade introductif de discernement a été atteint, mais il a été abandonné. Dans le second, il n’y a pas eu de discernement, mais il en a résulté une grande confiance dans la prière partagée et dans l’accueil qu’offre Dieu aux désirs de la communauté. ESDAC se pratique donc à des profondeurs différentes en fonction du groupe demandeur et de son contexte. Il n’y a pas d’orthodoxie rigoureuse quant à l’approche, mais chaque animateur va puiser du neuf et du vieux dans un vaste trésor méthodologique avant de confier son groupe à l’Esprit Saint. Jean Brasseur

Jonas pour couples et familles La vie s’écoule souvent à toute vitesse et, entre les enfants, le travail, les navettes et toutes les autres activités quotidiennes, il est bien difficile de trouver le temps de souffler un peu, de

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penser à nos aspirations profondes, de nous écouter et de nous parler en profondeur. La dynamique proposée par ESDAC s’adapte particulièrement bien aux couples et aux familles qui désirent chercher et trouver comment Dieu agit dans leur vie et comment discerner, concrétiser et vivre son appel à aimer. Les week-ends Jonas, basés sur cette dynamique, allient démarche individuelle et de couple. Le cheminement proposé part de la vie et relit celle-ci comme une page d’évangile. Prendre le temps, seul puis à deux, de se mettre sous le regard de Dieu pour porter ensemble notre projet et notre réalité. Et ainsi entrer plus profondément dans la grâce unique que le Seigneur offre à chaque couple et famille. Les enfants sont intimement intégrés à la démarche. De tels week-ends sont indispensables. Si l’on jette un coup d’œil sur la publicité qui annonce ces week-ends, voici ce que vous pouvez y lire : « Vivre l’aventure de la famille comme un chemin de croissance : Vers soi – Vers l’autre – Vers Dieu. » En effet, beaucoup de familles désirent vivre une vraie communion dans un esprit d’évangile. Elles se demandent comment vivre une communion profonde et respectueuse dans la différence et l’accueil de l’autre. Comment apprendre à communiquer sur l’essentiel ? Comment redécouvrir la richesse de la Parole de Dieu comme source de vraie Vie ? Pas mal de parents expriment également leur souffrance face au déclin de l’Eglise, et face à des communautés où ils ne trouvent pas toujours leur place. Plusieurs partagent, comme un défi, leur désir de vivre leur identité

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chrétienne dans la société en constante mutation. Une équipe d’adultes et de jeunes, conscients de tous ces enjeux, a mis sur pied deux formules possibles. La première propose des week-ends : nous en organisons quatre ou cinq par an. Plusieurs familles reviennent plusieurs fois de suite. La deuxième formule, très appréciée, propose de vivre une semaine en montagne durant l’été et nous l’appelons « Jonas montagne ». Les weekends Jonas sont animés par une équipe de laïcs, religieuses et jésuites qui mettent la dynamique des Exercices spirituels au service des groupes et particulièrement du couple. Première formule : Les week-ends Jonas Les familles sont invitées à vivre un parcours humain et spirituel qui repose sur des temps de réflexion et prière personnelles, des temps de partage appelés « conversation spirituelle » et des moments de détente, de célébration. Les parents sont invités à vivre ce parcours entre eux pour favoriser l’échange dans un« parler vrai ». Les enfants et les ados font une démarche similaire par groupes d’âges. Une équipe de jeunes animateurs constituée à leur intention est soucieuse de leur faire découvrir la présence de Dieu dans leur vie à travers la prière, le partage, diverses expressions et activités ludiques. Ensemble, il est proposé à tous, en fin de journée, de partager ce qu’ils ont vécu. C’est souvent l’occasion d’un bon partage en famille. L’une ou l’autre célébration significative permet aux participants de vivre un geste de réconciliation, une action de grâce ou une Eu-

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charistie, grâce à des symboles porteurs et forts qui sont source de nouveaux départs. Les animateurs adultes et jeunes s’unissent pour faire de ces week-ends des temps de ressourcement familial, de convivialité, de joie et de vitalité. Voici à titre d’illustration, quelques thèmes déjà proposés : Notre famille, une heureuse nouvelle ! — Je chanterai les merveilles de Dieu ! — Aimer et donner sa vie. — Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. — Va au large et jette tes filets. — Il me faut aujourd’hui demeurer chez toi — Râlerie de Jonas et tendresse du Seigneur ; râlerie et tendresse dans notre couple ! Les familles repartent généralement heureuses, revivifiées par ce parcours qui commence le samedi matin et se termine après le dîner du dimanche. Ce laps de temps peut paraître court et est parfois ressenti comme tel, mais l’intensité et le bienfait de cette communion vécue compense largement cette frustration. Dieu ne se donne-t-il pas dans le volume de temps et la disponibilité qu’on lui offre ? Donnons la parole aux parents : « Merci pour l’atmosphère de communion, de respect et d’accueil de chacun. » - « Merci de pouvoir ne pas s’inquiéter des enfants, merci pour l’encadrement matériel et spirituel des enfants. » - Merci pour les

textes bibliques et les points de repère qui nous aident dans le cheminement. » - La célébration, le soir, entre adultes, nous a beaucoup aidés, et le geste des alliances, de l’eau et du cierge pascal a été fondamental. » Deuxième formule : Le Jonas-Montagne Le séjour « Jonas-Montagne » en sera, en 2014, à sa 7e édition. Il s’agit d’une semaine de vacances-prière dans une nature magnifique. Tous y sont les bienvenus : petits et grands, jeunes et moins jeunes, célibataires et familles, laïcs et religieux… Cet été 2013, une centaine de personnes ont occupé 4 chalets dans un petit village de Haute Savoie : ‘les Fermes du Vercland’près de Samoëns. Chaque famille y trouve un minimum de confort et d’intimité mais les conditions de vie pourraient se résumer dans cette phrase bien connue : « moins de biens, plus de liens », une simplicité volontaire où règnent la convivialité, le respect, l’esprit de service. La plupart du temps, les matinées sont constituées de temps d’écoute et d’approfondissement de l’Evangile, de prière et de partage comme lors des week-ends. Le cadre magnifique, la grandeur des montagnes, le silence profond qui règnent là apportent une dimension de beauté et une invitation à la contemplation. L’après-midi est consacré aux balades en montagne, à la détente et aux jeux. Ces activités sont des lieux privilégiés où se tissent des relations fraternelles, le support mutuel, et où naît une joie et une confiance qui donnent ou rendent un nouvel élan. Tous vivent avec grand plaisir des veillées concoctées par l’équipe des

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jeunes ou des célébrations fortes où nos vies se nourrissent à la présence du Seigneur. La présence d’une petite communauté de l’Arche apporte une note unique à ce séjour. Tout en assurant l’intendance avec une belle compétence, les personnes du Foyer du Tournesol rayonnent par leur sens de la communauté, leur sens de la fête et aussi le témoignage du service inspiré de Jésus nous lavant les pieds. Cette année, en août 2013, le Récit du Pèlerin d’Ignace nous a aidés à être des pèlerins ensemble. Son expérience de vie nous a stimulés ainsi que les petits topos sur l’identité-vocation-mission, la vie-mort-résurrection, le discernement des esprits, le cycle de l’énergie, l’autorité, et l’être chrétien aujourd’hui. Les animateurs Esdac croient avec grande conviction que les familles sont les foyers où l’évangile et la communion peuvent être source de vitalité pour l’Eglise et pour la société. C’est pourquoi, ils se consacrent avec beaucoup de sollicitude et de joie à la proposition de faire vivre aux couples et aux familles une expérience qui rejaillira dans le quotidien. Françoise Schuermans, s.s.m.n.

La formation ESDAC Pourquoi une formation ? Il y a comme une circularité de deux désirs. Le groupe responsable de la promotion de ESDAC — le groupe porteur de cette grâce — voit les fruits de cette démarche dans les groupes et souhaite

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élargir sa proposition et appeler de nouveaux animateurs. Si des expériences vécues pendant un week-end, cinq ou huit jours, permettent à un groupe de progresser dans la « conversation spirituelle » et d’arriver à une plus grande union entre ses membres, les participants se rendent compte que pas mal de données mises en œuvre dans la méthode ESDAC doivent être approfondies. Certains d’entre eux souhaitent développer les compétences qui leur permettront à leur tour de « faciliter » auprès d’autres groupes une expérience semblable à celle qui les a renouvelés et dynamisés. Une telle formation ne permet sans doute pas d’animer immédiatement une retraite, mais elle constitue une base pour que surgissent peu à peu de nouvelles équipes d’animateurs. A qui s’adresse cette formation ? À des personnes - qui ont fait une expérience ESDAC et y ont pris goût, - sont familières des Exercices spirituels et témoignent d’un certain don de discernement, - sont engagées dans des situations pastorales d’accompagnement ou de responsabilité, - et sont disposées à apporter une aide à l’accompagnement d’une animation ESDAC dans des groupes où leur formation pourra être mise en œuvre (leur propre groupe ou d’autres). Différentes formules de formation ont été proposées au fil des années et des demandes. Elles permettent d’approfondir différents aspects : - les éléments du discernement com-

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LE DOSSIER munautaire et le discernement en groupe, - la dynamique des Exercices spirituels et sa mise en œuvre dans un groupe, - la conversation spirituelle et la composition d’une feuille de prière, - la spiritualité apostolique propre à ESDAC et l’articulation spiritualité, psychologie et dynamique de groupe, - le leadership et le cycle de l’énergie, - les outils propres à ESDAC et leur interdépendance et intégration. Quelques « flashes », pour goûter à cette expérience, qui s’élargit et s’internationalise : • Les premières formules de formation se sont étalées sur deux puis un an : à Bruxelles en huit modules d’une journée ou à La Pairelle en quatre week-ends. • À Rhode-Saint-Genèse, trois années de suite, une semaine entière a été vécue : les participants reflètent une grande diversité culturelle et internationale. Ils apprécient les méthodes actives, participatives, des témoignages… où les intervenants partagent leur expérience, leurs convictions aussi bien que leurs doutes. Trois participantes portugaises sont habitées par un désir intense de faire vivre une expérience ESDAC dans leur pays… Bientôt ? • À Rome : une session sur « le discernement apostolique en commun à la lumière de la 35e Congrégation Générale » a rassemblé, du 18 janvier au 3 février 2009, quatre-vingts participants de trente et un pays. Ces personnes, pour moitié des jésuites, pour les autres des religieuses et des laïcs de spiritualité ignacienne, se sont re-

trouvées pour un partage d’expériences et un discernement commun : « Comment être de meilleurs collaborateurs pour la mission ? » La session a comporté, les deux derniers jours, un temps de formation, composé de relecture et d’exercices pratiques. De là, ce sont des participantes libanaises qui ont porté la flamme dans leur pays, où plusieurs sessions de formation ont eu lieu également. Entre-temps, à Joigny, ce sont des membres de différentes provinces d’un Institut religieux qui se sont formées, en préparation lointaine à leur futur chapitre général. Il y a eu une formation au discernement communautaire, en un jour, pour une Fraternité séculière : seize personnes dont quatre membres du conseil et douze qui se formaient pour devenir responsables ou accompagnateurs. Parmi elles, deux personnes étaient malvoyantes et avaient une belle place dans le groupe. Les cas concrets et les topos ont permis aux participants de prendre conscience de ce qui était en leur pouvoir quand ils mettaient au centre l’Évangile. En Croatie, à Opatija, en juin 2011, une formation a été assurée, en anglais, à la demande de Biba, mandatée pour commencer l’Arche dans ce pays. Cette formation a été précédée par trois rencontres du groupe « Projet Arche en Croatie », animées selon ESDAC, en 2007, 2008 et 2009. La formation a été suivie par vingt-quatre personnes, avec un beau mélange de motivations et de spiritualités : des personnes de l’Arche et de Foi et Lu-

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mière (Croatie, Irlande, Pologne, Bangladesh), des laïcs de spiritualité carmélitaine, des religieuses, un jésuite croate et un prêtre diocésain responsable de la pastorale des jeunes : cultures, langues, passés, âges et pays fort variés ! Ici, la formation a également comporté une initiation aux Exercices spirituels et un temps approfondi sur les règles du discernement et les trois temps de l’élection. • Dans les « Basses Terres » de Belgique, c’est même un groupe œcuménique qui a demandé la formation. Deux passionnés — une religieuse ayant suivi la formation à Rhode-Saint-Genèse et un jésuite ayant participé à celle de Rome — ont motivé un public moitié belge néerlandophone et moitié hollandais. Ils ont ameuté leur réseau d’accompagnateurs des Exercices spirituels de Flandre et de Hollande et ont contacté des membres de ESDAC afin de concevoir un parcours pour faire connaissance avec la démarche

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(en 2011), ensuite se former comme animateurs (en 2012). Les participants se sont maintenant organisés en réseau afin de se rencontrer régulièrement pour pratiquer de l’intervision dans l’esprit ESDAC concernant les animations de groupes dont ils ont la charge. En effet, il n’y a pas seulement la formation initiale à l’accompagnement de groupes, il y a aussi toutes sortes de rencontres plus ou moins formelles qui constituent une formation permanente : temps de relecture en équipe suite à une animation, soirées d’intervision dans la maison d’un des membres belges, autour d’un thème de relecture, journées regroupant les équipes belge et française pour approfondir un aspect de la grâce reçue (par exemple, ces dernières années, lien vie psychique et vie spirituelle avec Dominique Struyf ; des éléments de l’itinéraire des Exercices spirituels avec Simon Decloux, Franck Janin ou Sylvie Robert ; comment approcher la société actuelle avec les Évangiles et les Exercices Spirituels ?, avec Jacques Haers ; L’Écriture, la vie, la communauté : quels liens entre elles ? avec Bernard Van Meenen…) Si le goût vous en vient, la prochaine formation est organisée à Ave-et-Auffe, du 5 au 14 septembre 2014… Marie-Françoise Assoignon, s.s.m.n.

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LE DOSSIER Accompagnement de jeunes Sans être expert de la dynamique ESDAC, mais l’ayant pratiquée à diverses reprises, je veux ici souligner la fécondité de quelques éléments de la démarche mis au service de l’animation de retraites de classe. Je fais référence essentiellement à la retraite d’une classe du collège d’Enghien, qui se déroule chaque année à la Pairelle depuis environ six ans, mais aussi à l’expérience vécue régulièrement avec des petits groupes de rhétos à Quartier Gallet. Il faut d’abord souligner que ce n’est pas une démarche ESDAC au sens propre pour plusieurs raisons fondamentales : il n’y a pas nécessairement d’annonce explicite de l’évangile ; le groupe n’a pas a priori la cohésion supposée pour un groupe qui demande à faire une démarche ESDAC, il n’a pas de projet ou de mission du groupe et, dans le cas de la retraite d’une classe complète, les participants ne sont pas toujours volontaires. Je souligne aussi l’importance de l’investissement des enseignants qui accompagnent les classes : parce qu’ils sont motivés et ont un bon contact avec leurs élèves, ceux-ci peuvent aborder la retraite en confiance, ce qui est essentiel. L’élément déterminant du fruit de la démarche réside dans le climat de confiance induit entre les participants par le partage en petits groupes autour d’un thème qui touche à la relecture de la vie personnelle de chacun ; le fait de se livrer avec authenticité engendre souvent une certaine stupeur à découvrir des pans de vie totalement ignorés chez des condisciples qu’on croyait con naître. Au-delà de l’émotion suscitée,

ce partage permet à chacun d’affronter personnellement et de confronter aux autres des aspects de leur vie personnelle qu’ils n’ont parfois jamais eu l’occasion d’aborder et, même pour ceux qui n’ont pas parlé, d’expérimenter une qualité de relation entre eux qui a à voir avec la réalité du Royaume de Dieu en germe dans nos vies ; c’est donc une annonce en acte de l’évangile, même s’il n’est pas explicitement évoqué. Lors de la dernière retraite, nous avons tout centré sur la démarche ESDAC : temps personnel — échange en petits groupes — plenum en grand groupe ; une première étape proposait une relecture de mon histoire personnelle (passé). Une deuxième consistait à faire le tour de nos relations (présent) et à examiner notre manière de gérer deux d’entre elles, une plus riche et une plus difficile. Dans le plenum qui a suivi, nous avons vécu un très beau moment de communion ressentie, avec un temps de silence très fort. Le dernier jour, à partir d’une relecture de la retraite, nous avons cherché le pas que le groupe pourrait faire (avenir). Je souligne d’autres éléments, habituels dans les animations ESDAC, qui m’ont paru importants : la beauté du décor qui accueille, des démarches variées et qui impliquent le corps, la parole en « je », l’importance d’un horaire aéré qui permet des rencontres et des échanges entre les participants, notamment le soir avant le coucher. J’ai souvent été surpris de l’aisance et de la disponibilité intérieure avec lesquelles les jeunes sont entrés dans les animations proposées. Les partages ont été d’une grande profondeur,

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même si l’un ou l’autre est resté silencieux. Ils ont visiblement été marqués par la qualité et la vérité du partage entre eux. Le temps de recueillement qui précède le partage en petits groupes n’est pas toujours facile à introduire, surtout si l’évangile n’est pas au centre de la démarche ; les jeunes ne savent pas toujours comment prier ou, à tout le moins, comment entrer dans un temps de méditation personnelle et silencieuse ; ils ne sont pas nécessairement prêts à cette démarche. Or ce temps de recueillement est essentiel pour que soit partagée une parole vraie et personnelle, fondement indispensable de l’expérience spirituelle du groupe. Je ressens souvent une insatisfaction : comment aller plus loin ? Comment, en particulier, faire prendre conscience aux jeunes de la force de l’expérience de communion qu’ils ont vécue et des conditions qui la permettent pour qu’ils puissent en faire usage ultérieurement ? Comment aussi leur permettre de prendre conscience que cette communion vécue signe la présence de l’Esprit Saint en nous et au milieu de nous ? Répondre à cette insatisfaction suppose sans doute de prendre davantage de temps pour évaluer l’expérience vécue et leur faire exprimer d’abord comment ils ont expérimenté l’esprit de communion, fruit essentiel de l’expérience ESDAC, en particulier le bonheur que cela éveille en eux, ensuite comment se sont manifestés les esprits qui poussent à la communion ou à la division. De telle sorte que l’expérience vécue puisse se fonder dans une intelligence qui la manifeste comme crédible pour la vie, au-delà du

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groupe classe qui n’aura sans doute qu’une existence très limitée dans le temps et dans l’intensité. Nous voudrions à l’avenir développer davantage cette relecture du vécu, si typique de la pédagogie ignatienne. A Quartier Gallet nous accueillons des petits groupes de volontaires ; cet élément et le cadre lui-même favorisent la profondeur de l’expérience spirituelle : beauté de la nature, travail manuel, simplicité de vie, temps de prière sur le mode de Taizé dans une chapelle perçue par beaucoup comme inspirante, temps de silence personnel, vie fraternelle. Tout cela est un soutien précieux pour entrer dans une parole vraie et personnelle, condition fondamentale de la démarche ESDAC. Je souligne encore l’importance de faire d’abord confiance au travail de l’Esprit Saint dans le groupe, avec nos limites et nos défaillances d’animateurs. Philippe Marbaix, s.j.

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Initiatives & Evénements

« Tous en mouvement ! » Réseau Jeunesse

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013 : voici trois ans déjà que notre association existe juridiquement, après avoir vécu durant près de vingt ans comme association de fait (1991-2010). Le Réseau Jeunesse (RJ), ce sont trois mille cinq cents jeunes entre 7 et 35 ans et plus de deux cents animateurs qui durant l’année et les vacances vivent la pédagogie spirituelle de saint Ignace de diverses façons. Cette année, nous avons déménagé notre centre à Bruxelles, au cœur du Parc Parmentier. « Tous en mouvement », notre thème pour ces trois ans, 2012-2015. A la fin de cette année, voici un petit aperçu du dynamisme du RJ et de ses membres.

Un nouveau kot « Koté Parc » Voici plusieurs années que l’association « Station de plein air – Parc Parmentier » est devenue un partenaire du RJ. Créé par l’abbé Froidure après la guerre, le Parc Parmentier a bénéficié de la collaboration de plusieurs jésuites. Depuis dix ans, Olivier Parmentier en est devenu le directeur. Ancien animateurresponsable du SEM (Service équipe moniteur) au collège Saint-Michel, Olivier développa au Parc la formation de centaines de jeunes animateurs pour les plaines de jeux et colonies, reprenant ainsi l’œuvre du SEM créée par le P. Marc Declercq. Nous voici depuis un an au Parc où nous

avons installé nos bureaux et où nous commençons à faire des animations et de la formation de jeunes du RJ. Nous venons d’ouvrir un premier kot, le « Koté Parc », avec six jeunes, trois étudiants et trois jeunes travailleurs. Vie communautaire, prière, partage et un service pour l’école de devoirs et l’animation des enfants et ados du MAPA (Maison d’accueil Prince Albert) située dans le Parc.

La Fête de l’amitié Pour entretenir cette conscience d’appartenance à un réseau de jeunes selon l’esprit de saint Ignace, nous organisons chaque année une rencontre de tous ceux qui sont engagés auprès des jeunes dans le Réseau. Cette année, une cinquantaine de jeunes se sont retrouvés durant l’après-midi du samedi 19 octobre autour du thème de l’Amitié, « Amis dans le Seigneur ». Ensuite, retrouvailles des jeunes des activités et de leurs amis suivies d’un bal folk endiablé, grâce aux talents de « Folk en Stock ». Belle journée pour réfléchir, partager et échanger autour de notre mission auprès des jeunes.

Projets et défis pour 2014 Un nouveau projet pour les 17-30 ans se crée en collaboration avec le RJ France du 26 juillet au 3 août 2014 autour de Lyon : deux

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Initiatives & Evénements jours de lancement, envoi dans divers lieux à choisir par les jeunes pour cinq jours : expérience sociale auprès des plus pauvres, pélé vers La Louvesc, séjour à La Viale. Ensuite, deux jours de relecture et de fête à La Louvesc (Nord Ardèche). Dans le cadre de la rencontre des jésuites belges et français de cet été en août 2014, une rencontre des jésuites et des jeunes (20-30 ans) engagés à leurs côtés aura lieu en Belgique du 15 au 20 août 2014. L’occasion de réfléchir et de partager notre mission commune avec les jeunes, comme « serviteurs de la mission du Christ ». 2013-2014 verra aussi la mise en route d’une formation pour les jeunes de 17-30 ans, dans les écoles, les hautes écoles et universités, pour leur donner les outils pour faire des choix et discerner leur vie. Enfin, un souhait que nous exprimons : pouvoir proposer aux jeunes de participer à une semaine de prière accompagnée, de découvrir la prière selon saint Ignace et d’oser la démarche de l’accompagnement personnel. Oser proposer aux jeunes notre trésor : « chercher et trouver Dieu en toutes choses », « relire sa vie pour y découvrir la présence de Dieu », discerner et faire des choix.

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Week-ends « Let’s go » : on embauche ! Depuis huit ans, à La Pairelle, une trentaine de jeunes de 12 à 18 ans se rassemblent deux week-ends par an. Fin septembre, six jeunes animateurs ont été épaulés par sœur Françoise, sœur Fiona et le P. Daniel. Leur thème : « Soixante secondes chrono » qui s’est décliné en « un temps pour chaque chose, chaque chose en son temps », le samedi, et « soixante secondes pour une éternité », le dimanche. Un week-end dense qui a permis aux jeunes de réfléchir et partager sur la façon dont ils gèrent leur temps et leur vie. Ce week-end a été l’occasion pour les jeunes de se poser, de prendre du recul sur leur vie, de relire leur vécu et de vivre une relation à Dieu. Marche aux flambeaux, jeux, veillées, moments de prière, de partage et de célébration, tels sont les ingrédients des week-ends. Pour Antoine, « les jeunes aiment revenir, des liens forts se tissent entre eux. Chacun peut partager ce qu’il vit, sans peur des autres. Ils cherchent Dieu et veulent parler de leur foi sans être jugés, ni moqués. » Pour Florence, les valeurs importantes vécues au « Let’s go » sont « le respect, l’écoute, la confiance et l’accueil de chacun dans sa démarche. Prendre du recul et se ressourcer ». L’attente et la soif des jeunes sont grandes. Ils ont besoin de nouveaux animateurs pour rejoindre cette nouvelle équipe dynamique au prochain week-end, du 4 au 6 avril 2014. Une belle mission auprès des 12-18, plein de talents et d’énergie !


Initiatives & Evénements

La fête des Tentes à Quartier Gallet Comme de coutume, fin septembre, durant un week-end, une cinquantaine de jeunes ont pérégriné vers Quartier Gallet, le pôle sud de La Viale en Belgique, à côté de Beauraing. Là réside une communauté de quatre permanents autour du P. Philippe. Ils accueillent durant l’année, lors de retraites de classe et des séjours des groupes de jeunes des paroisses, environ quatre cents jeunes.

Journée de formation pour jeunes animateurs Le samedi 9 novembre 2013 a eu lieu une journée de formation destinée aux futurs animateurs et animateurs de jeunes du RJ. Quarante jeunes se sont formés à diverses techniques d’animation, à l’animation d’un groupe et à l’animation spirituelle ignatienne. De bons outils pour permettre aux jeunes d’animer leurs activités.

bienvenus pour rejoindre l’équipe !

Faire des choix dans sa vie La spiritualité d’Ignace de Loyola permet à toute personne qui cherche le sens à donner à sa vie de faire des choix et discerner. Voici plus de dix ans que s’organise un week-end à La Pairelle où les jeunes de 17 à 35 ans reçoivent des outils et une méthode pour faire des choix : professionnels, d’études, de vie, d’engagement, relationnels, etc. Le prochain week-end se déroulera du 14 au 16 mars 2014. Eric Vollen, s.j. Réseau Jeunesse 19, av. Parmentier, bte9 – 1150 Bruxelles tél. : 0474 45 24 46 info@reseaujeunesse.be www.reseaujeunesse.be

Le Festival Choose Life, 13e édition Du 14 au 18 avril 2014, 120 jeunes de 12 à 18 ans, de tous les milieux sociaux et de sensibilités diverses, se rassembleront pour cinq jours, animés par une équipe de trente-cinq jeunes de plus de 18 ans. Une belle école de vie aussi pour les trente-cinq animateurs qui se forment durant deux week-ends, qui construisent ensemble ce festival et prennent des responsabilités. Une Eglise jeune et dynamique qui allie la réflexion, le sport, les talents artistiques, la musique, le multimédia, la recherche de sens et de foi, et une expérience spirituelle authentique, respectueuse du cheminement de chacun. Ici encore, les animateurs sont les

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Vie & Partenariat

Concert de l’ensemble Moxos L

e concert de l’Ensemble Moxos, de San Ignacio de Moxos, en Bolivie, s’est déroulé à l’église Saint-Loup, à Namur, le 11 novembre ; et à l’église Saint-Jean Berchmans du collège Saint-Michel, le 13 novembre. Ancienne mission jésuite, l’école de musique de San Ignacio de Moxos forme des jeunes à perpétuer la tradition du répertoire de musique baroque missionnaire. Si vous aimez la musique baroque des anciennes missions jésuites et la musique traditionnelle indigène, venez écouter cet ensemble exceptionnel, il vous enchantera. www.jesuites.com/2013/09/concert-ensemblemoxos-bolivie

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Vie & Partenariat

La chronique de Fidélité

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Vie & Partenariat

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Vie & Partenariat ANNIVERSAIRE La Compagnie de Jésus fêtera en 2014 au niveau universel, le bicentenaire de son rétablissement par le pape Pie VII. Cette année de célébration sera l’occasion d’activités et d’animations spécifiques un peu partout dans le monde. À cette occasion, la Province de Belgique méridionale et Luxembourg et la Province de France ont souhaité organiser une rencontre amicale et commune avec les personnes qui partagent étroitement avec les jésuites le souci de la mission. Celle-ci se comprend comme la première d’une série que nos deux Provinces envisagent à intervalles réguliers. Cette rencontre aura lieu au centre scolaire Saint-Michel à Bruxelles du 15 au 17 août 2014. Le Père Général a répondu favorablement à l’invitation des deux Provinciaux. Il sera là avec le P. Antoine Kerhuel, assistant de la Région d’Europe Occidentale et le P. John Dardis, Président de la Conférence des Provinciaux Européens. « PIERRES VIVANTES » À COMPOSTELLE Cette année, les pèlerins qui sont entrés dans la cathédrale entre le 18 juillet et le 18 août y ont trouvé des jeunes volontaires en T-shirt vert avec un logo suggestif : Pierres vivantes. C’est le nom d’un réseau de groupes de jeunes ignatiens qui, dans plus de douze villes européennes, transforment les visites touristiques en expériences spirituelles. À Compostelle, les Pierres vivantes expliquaient aux visiteurs l’histoire et les symboles du lieu où ils étaient entrés. Mais surtout, les Pierres vivantes ont invité les pèlerins à s’arrêter une heure en silence pour « faire mémoire » de leur pèlerinage. Une brève introduction « ignatienne » a permis aux pèlerins de se demander : « Que m’a dit le Seigneur au cours de ce chemin ? » Après l’heure silencieuse, les pèlerins répartis en groupes linguistiques ont eu un « partage spirituel » de leurs parcours. Pour ceux qui en exprimaient le désir, il a été également possible de rester deux jours de plus en silence dans la résidence universitaire des jésuites à Compostelle (Colegio Mayor San Agustin), que son directeur, le Père Jorge Vazquez, a transformé en « centre de retraites estival ». Les volontaires de Pierres

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La Compagnie en Europe et dans le monde

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eux heures d’attente dans un aéroport pour rentrer à Bruxelles, temps précieux pour mettre quelques réflexions par écrit sur l’expérience vécue à Santiago de Compostelle du 3 juillet au 25 août 2013 ; une messe quotidienne à 8 h 30 pour les francophones, heureux de vivre une eucharistie en français, au terme du Camino ; messe dialoguée, très participative pour les plus ou moins vingt à trente personnes, pas du tout pontificale comme la messe espagnole de midi, suivie du bota fumeiro (fameux encensoir inauguré au xiie siècle pour assainir l’atmosphère des pèlerins dormant dans la cathédrale !). Puis, trois heures de confessions en cinq langues (français, espagnol, portugais, anglais, italien) pour la satisfaction des pèlerins, heureux d’être reçus dans leur propre contexte dans le confessionnal no 4 de la série de vingt. L’idée de cette messe revient à Mme Adeline Rucquoi, historienne, chercheuse pour l’époque médiévale, qui vit à mi-temps à Paris, l’autre à Madrid. Il s’agit au fond d’améliorer l’accueil spirituel des pèlerins en fin de voyage, plus souvent invités à acquérir la « compostella », diplôme en latin qui confirme le chemin parcouru. Làdessous, pas mal de querelles d’influence entre pays pour obtenir la préséance ! Bref, beaucoup reste à faire pour accueillir les pèlerins, surpris souvent d’arriver dans une ville où la dimension spirituelle n’est plus aussi évidente qu’on pourrait le croire : le commerce envahit tout. D’ailleurs, l’éventail des raisons du parcours accompli est très varié et passe du plus superficiel au plus spirituel :

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- la recherche de rencontre agréable de l’autre sexe ; - la recherche de l’âme-sœur, compagne ou compagnon de vie ; - le défi sportif qui permet de se dépasser dans l’épreuve physique, de se vaincre par l’effort durable ; - la rencontre de soi-même dans le chemin le moins fréquenté (titre d’un livre célèbre) — ceci émerge le plus souvent ; - la recherche de solutions de problèmes relationnels, conjugaux, familiaux, professionnels : faire le deuil de quelqu’un, d’un parent, etc. ; - l’approche effective d’un approfondissement spirituel global ou la préparation à un engagement définitif (vie religieuse, vie conjugale) ; - faire la paix avec soi-même ; - enfin le désir de la rencontre de Dieu à travers son apôtre saint Jacques. Un prêtre se sent comme un témoin privilégié du travail de l’Esprit Saint dans les cœurs. Le chemin permet souvent une nouvelle approche de soi-même. On n’est plus « hors de soi » mais « at home », là où le travail spirituel commence. Les pèlerins francophones, outre les photos de groupe, ont rempli un livre d’or avec des témoignages de tout genre. Par exemple : « Moi, j’ai fait le chemin comme incroyant… mais l’important, c’est que d’autres croient. » « Depuis ce chemin et cette messe — écrit un jeune chef scout de 25 ans — j’ai changé d’option de vie et j’ai choisi de m’engager davantage pour les autres. »


La Compagnie en Europe et dans le monde « Mon désir d’entrer dans la vie religieuse se confirme — écrit une jeune femme de 26 ans — mais où et comment, voilà les nouvelles questions que je me pose. » Dans la cathédrale, les pèlerins, après le silence savoureux du matin, font la file pour le « baiser à l’apôtre saint Jacques », puis certains visitent la célèbre « Porta de la Gloria » ou suivent des historiennes de l’art sur les toits, pour une vision tout autre de l’ensemble des bâtiments. Cette visite, je la refais chaque année pour m’imprégner de la ferveur historique de ces lieux sacrés. En fait, Santiago est née de la découverte de la tombe de l’Apôtre au ixe siècle.

La ville s’établit autour. Comment se fait-il que Jacques, fils de Zébédée et de Marie Salomé, frère de Jean, venu de Palestine, sa patrie, se trouve enterré en Galice « in finis terrae » dans le monde de l’époque ? Quelle aventure fabuleuse, qui engendre toutes les autres, celles des pèlerins eux-mêmes « Viaggiatori Sacri » dans ce premier itinéraire culturel européen reconnu par l’Unesco en 1987, mais aussi mon propre itinéraire personnel, beaucoup plus que culturel, car il intègre les empreintes des pas de Dieu dans l’histoire des hommes. Paul Dehove, s.j.

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La Compagnie en Europe et dans le monde

200 ans du rétablissement des Jésuites E

n 1773, le pape Clément XIV (1705–1774) supprime la Compagnie de Jésus implantée à l’échelle mondiale en vertu d’un bref intitulé Dominus ac Redemptor. On interdit désormais à ses membres de continuer à vivre en communauté. Les biens souvent abondants de l’ordre sont confisqués par les dirigeants séculiers et utilisés pour le financement de leur politique. Suite à cette très large interdiction, de nombreux ex-jésuites optent pour la diaspora. Ils se réfugient dans les régions où les décrets de suppression n’ont pas cours (comme l’Empire russe ou le royaume de Prusse) ou s’engagent dans des missions (par exemple aux États-Unis). La Compagnie survit dans ces régions et de nouveaux novices y sont formés à la spiritualité d’Ignace de Loyola (1491–1556). Le 7 août 1814, l’ordre est officiellement rétabli par Pie VII (1740-1823) (Sollicitudo omnium ecclesiarum). Cependant, il faut encore attendre jusqu’au 3 décembre 1832 — jour de la fête de saint François Xavier — avant qu’une nouvelle structure jésuite ne soit fondée en Belgique. Dans un premier temps, cette province belge a aussi autorité sur les stations de la mission hollandaise. À partir de 1850, celle-ci se constitue en province séparée. Du 23 au 25 octobre 2014, la Faculteit eologie en Religiewetenschappen (KU Leuven),

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l’Université de Namur (UNamur), les provinces jésuites Belge Septentrionale (BSE) et Belge Méridionale et du Luxembourg (BML), les archives de l’État en Belgique, le Nederlands Instituut voor Jezuïeten Studies, la Ruusbroecgenootschap (UA), le Centrum voor Religieuze Kunst en Cultuur (CRKC) et le KADOC- KU Leuven organisent à Louvain un colloque international et une exposition. L’occasion de ce colloque historique et multidisciplinaire est la commémoration du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus dans les Pays-Bas, plus précisément dans les villes des anciens Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège. Dans le cadre de ce bilan historiographique, l’accent sera mis sur les lacunes de la recherche actuelle. Les contributions d’histoire ou d’histoire de l’art abordant la région définie sous l’angle comparatif seront particulièrement les bienvenues. Les organisateurs du colloque cherchent à réunir des contributions sur la suppression (1773), la diaspora (1773-1814/1832) et le rétablissement de la Compagnie de Jésus (1814/1832-1850).


La Compagnie en Europe et dans le monde

Ignace de Loyola en BD L

’album des éditions de l’Emmanuel (mars 2013) décrit l’itinéraire religieux de saint Ignace de Loyola, homme de réflexion, grand directeur de conscience, et avec ses Exercices spirituels, importante source d’introspection religieuse. Ignace de Loyola (1491–1556) est un enfant de la noblesse espagnole, soldat de l’armée de Navarre. Une blessure à la jambe au siège de Pampelune, à environ 30 ans, marque le début d’une longue convalescence et d’une conversion radicale. Sa quête spirituelle le mènera dans les grandes villes d’Espagne, d’Italie, de France et à Jérusalem, où pèlerin, ermite, étudiant, vivant de la mendicité, il enseignera ses exercices spirituels et fondera la Compagnie de Jésus. Tout en suivant le déroulement de la vie de saint Ignace de Loyola, l’ouvrage met surtout l’accent sur son itinéraire religieux. A de nombreuses reprises on le voit questionnant Dieu : « Seigneur, que dois-je faire ? » (p. 14, 19, 30, 36 et 37, par exemple). On le voit en pleine réflexion et on l’entend dire : « Les yeux de mon intelligence commençaient à s’ouvrir. Je comprenais les choses avec une illumination si forte que toutes les choses me semblaient neuves. » Les aspects historiques purs (les dates des événements, les raisons du siège de Pampelune, l’importance et les agissements de l’Inquisition, par exemple) sont secondaires par rapport au but premier et fortement éludés.

Le récit est fluide, cohérent et facile à suivre. Comme pour François et Claire d’Assise, les dessins sont superbes et d’une grande lisibilité. A conseiller. Dessin de Josep Lluis Martinez Picanyol, dit Picanyol (né en 1948), dessinateur et caricaturiste catalan parmi les plus célèbres dans son pays, surtout pour son personnage humoristique Ot. Avec Toni Matas, scénariste, il a réalisé en 2010, pour les éditions Barcelona Multimedia, en de nombreuses langues dont le français, une série de bandes dessinées sur la Bible publiées en un volume en français par les éditions de l’Emmanuel en 2011 sous le titre Découvrir la Bible en BD. La mise en couleur de la BD de 54 pages Ignace de Loyola est réalisée par Carlos Rojas. Conseillers : Josep Maria Rambla, s.j., et Ignasi Vila, s.j., scénario basé sur l’autobiographie de saint Ignace de Loyola (Récit, coll. « Christus » no 65, DDB). Le texte français a été révisé avec la contribution du P. Nicolas Steeves, s.j. (Paris). Yves Félix

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ota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene LA PAIRELLE Centre spirituel ignatien 25, rue Marcel Lecomte 5100 Wépion 081 46 81 45 & 081 46 81 11 centre.spirituel@lapairelle.be www.lapairelle.be

avec le P. Eric Vollen, s.j., Bénédicte et Didier Tierens. ◆ Week-end en famille « Jonas ». Les week-

ends Jonas allient démarche individuelle et de couple. Les enfants font un cheminement proche de celui des parents, du 24 (20 h 00) au 26 (14 h 00) janvier 2014 avec Sr Françoise Schuermans, s.s.m.n., Françoise Uylenbroeck, Geneviève Boyer. ◆ Week-end « Théâtre biblique » pour les 18-

30 ans du 31 (18 h 30) janvier au 2 (17 h 00) février 2014 avec Sœur Fiona Maguire, r.s.a. ◆ Nous préparer au mariage : « Aimer, c’est

choisir » du 31 janvier (20 h 00) au 2 (17 h 00) février avec le P. Xavier Léonard, s.j., Bernadette et Baudouin van Derton. ◆ Journée de La Pairelle : Peut-on encore par-

ler de progrès ? Notre époque signe-t-elle la fin des illusions ou l’avènement douloureux d’une nouvelle conscience humaine ? Samedi 1er février de 9 h 30 à 17 h 00 avec Matthieu Peltier, jeune philosophe, professeur d’anthropologie philosophique à l’EPHEC de Bruxelles. ◆ Journées de formation pour les assistants ◆ Relire l’année, reconnaître le vécu, re-

naître… du 2 (18 h 30) au 5 (17 h 00) janvier avec le P. Michel Bacq, s.j., Isabel Rodriges, membres d’Esdac. ◆ Formation au discernement spirituel ignatien.

1er week-end d’une série de 3 week-ends : Le discernement spirituel du 17 (18 h 30) au 19 janvier (17 h 00) avec le P. René Lafontaine, s.j., Sr Alice Tholence, r.s.a., P. Etienne Vandeputte, s.j. ◆ À la manière de Jésus, transformer les diffi-

cultés relationnelles. Retraite-formation pour découvrir le tableau de bord de la relation non-violente du 17 (18 h 00) au 19 (16 h 00) janvier avec Ariane Thiran-Guibert et Françoise van Rijckevorsel, formatrices au sein de l’ASBL Sortir de la Violence. ◆ Journée de La Pairelle : Nouveaux liens fa-

miliaux. Samedi 18 janvier 2014 de 9 h 30 à 17 h 00 avec José Gérard, rédacteur en chef des Nouvelles Feuilles Familiales. ◆ Nous préparer au mariage : « Aimer, c’est

choisir » du 24 (20 h 00) au 26 (17 h 00) janvier

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paroissiaux et animateurs pastoraux : La fécondité de notre travail pastoral le lundi 3 février 2014, de 9 h 30 à 16 h 30 avec Brigitte Cantineau, formatrice et animatrice pastorale ; Sr Alice Tholence, r.s.a., animatrice et accompagnatrice à La Pairelle. ◆ L’évangile de Luc : une parole de vie du 7

(18 h 30) au 9 (17 h 00) février avec le P. Philippe Bacq, s.j., professeur de théologie biblique à l’Institut Lumen Vitae. ◆ Retraite ignatienne dans l’esprit du Renou-

veau du 7 (18 h 00) au 15 (16 h 00) février  avec le P. Pierre Depelchin, s.j. et une équipe. ◆ Journée de La Pairelle : Voie du Bouddha et

Voie du Christ : quelle rencontre possible ? Samedi 8 février 2014 de 9 h 30 à 17 h 00 avec le P. Jacques Scheuer, s.j., professeur d’histoire des religions et philosophies de l’Asie (Inde, Extrême-Orient). ◆ Amour, de M. Haneke, Palme d’Or à Cannes

2012. Décoder et prolonger la vision de ce


Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota ben film  le samedi 8 février de 9 h 30 à 17 h 00 avec le P. Pierre Ferrière, s.j.

Françoise Assoignon ssmn, Anne-Marie Delvenne, l’abbé Jean-Marc Ista.

◆ Quand la Bible relit l’histoire du 14 (18 h 30)

◆ Week-end « Prière et Parole. Pour les 18-30

au 16 (17 h 00) février. En quoi les récits de la Bible sont-ils des documents historiques ? Comment faire une lecture croyante de l’Histoire Sainte ? avec le P. Guy Vanhoomissen, s.j., professeur de théologie biblique à l’Institut Lumen Vitae.

ans. Un week-end vécu ensemble à la découverte de la prière et de la Parole du 7 (18 h 30) au 9 (17 h 00) mars avec Sr Fiona Maguire, r.s.a.

◆ Écouter la Parole à la suite du Christ. Initia-

◆ Prier, discerner, s’engager du 8 (9 h 30) au 9

tion aux Exercices spirituels de saint Ignace du 17 (9 h 30) au 21 (17 h 00) février avec Michel Danckaert, Sr Alice Tholence, r.s.a., P. Etienne Vandeputte, s.j., Bernadette van Derton.

(16 h 00) mars avec Rita Dobbelstein, épouse, mère et mamie, et Sr Alice Tholence, r.s.a., accompagnatrices de La Pairelle et dans la CVX.

◆ « Élargis l’espace de ta tente… » (Is 54, 2) du

ans. Du 14 (20 h 00) au 16 (17 h 00) mars avec Marie-Pierre et Denis Latour, P. Eric Vollen, s.j.

17 (9 h 30) au 21 (17 h 00) février avec le P. Daniel de Crombrugghe, s.j., Cécile Gillet, Chris Peloquin. ◆ « Un roi comme les nations » (1 Sm 8, 5).

Comment vivre sous la conduite du Christ notre Roi ? Du 21 (18 h 30) au 23 (17 h 00) février avec Fr. Dominique Joseph, moine de la Famille de Saint Joseph, bibliste, enseignant à la faculté de théologie de Toulouse, P. Etienne Vandeputte, s.j. ◆ Chant et travail vocal, un chemin du 22

(9 h 30) au 23 (17 h 00) février avec Elisabeth Goethals, soprano, professeur de chant diplômée du Conservatoire royal de Bruxelles, formée en Anatomie pour la voix et Cinétique respiratoire. ◆ Journée de La Pairelle : La Vierge Marie

toute relative à Dieu et au Christ. Samedi 22 février 2014 de 9 h 30 à 17 h 00 avec le P. Bernard Sesboüé, s.j., théologien, professeur au Centre Sèvres, Paris. ◆ Nous préparer au mariage : « Aimer, c’est

choisir » du 28 (20 h 00) février au 2 (17 h 00) mars avec le P. Eric Vollen, s.j., Bénédicte et Jean-Yves Lejeune. ◆ Week-end en famille « Jonas ». Les week-

ends Jonas allient démarche individuelle et de couple. Les enfants font un cheminement proche de celui des parents. Du 28 (20 h 00) février au 2 (14 h 00) mars 2014 avec Sr Marie-

◆ La messe sur le monde, du P. Teilhard de

Chardin (1923) du 7 (18 h 30) au 9 (17 h 00) mars avec le P. Pierre Ferrière, s.j.

◆ Comment faire des choix dans sa vie ? 18-30

◆ Une lettre pour un temps de crise de foi…

L’épître de Jacques du 14 (18 h 30) au 16 (17 h 00) mars avec le Fr. Dominique Collin, o.p., auteur de Mettre sa vie en paraboles et de plusieurs ouvrages. ◆ Week-end en famille « Jonas ». Week-end

d’approfondissement pour les couples ayant déjà fait un week-end Jonas. Nous y approfondirons des éléments propres à Esdac qui aident à discerner et décider du 21 (20 h 00) au 23 (14 h 00) mars 2014 avec Sr Françoise Schuermans, s.s.m.n., P. Daniel de Crombrugghe, s.j. ◆ Nous préparer au mariage : « Aimer, c’est

choisir » du 21 (20 h 00) au 23 mars (17 h 00) avec le P. Xavier Léonard, s.j., Bernadette et Baudouin van Derton. ◆ Monothéismes, athéismes : quelle place

pour le divin aujourd’hui ? Samedi 22 mars 2014 de 9 h 30 à 17 h 00 avec le P. Paul Valadier, s.j., philosophe français et auteur de nombreux ouvrages. ◆ Les psaumes, prières pour notre temps du

28 (18 h 30) au D. 30 (17 h 00) mars avec Christine Pellistrandi, théologienne, diplômée d’hébreu, attachée à l’Institut d’histoire des textes (CNRS). ◆ Comment cheminer au long terme ? Pour

couples de –10 ans de mariage. Les enfants sont les bienvenus. Du 28 (18 h 30) au 30

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ota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene (17 h 00) mars avec le P. Tommy Scholtes, s.j., Conseiller spirituel national des Équipes Notre-Dame, avec l’aide de couples des Équipes Notre-Dame. COMMUNAUTÉ DU CHEMIN NEUF LIÈGE Carmel de Mehagne 27, chemin du Carmel 4053 Embourg 04 365 10 81 carmelmehagne@chemin-neuf.be BRUXELLES Communauté du Chemin Neuf 3, avenue Arthur Dezangré 1950 Kraainem 0472 435 425 info@chemin-neuf.be LOUVAIN-LA-NEUVE Chapelle des Bruyères 14, rue René Magritte 1348 Louvain-la-Neuve 0472 435 425 www.chemin-neuf.be

l’écoute de la Parole et de l’Esprit Saint, afin d’accueillir Dieu dans notre quotidien. ◆ LG : Mardi de désert « Huit personnes de la

Bible qui nous montrent un chemin », mardis 7 janvier et 4 février 2014 de 9 h 30 à 15 h 00. Journée de ressourcement à l’écoute de la Parole de Dieu et de l’Esprit Saint. Prendre le temps de s’arrêter et se laisser rejoindre par Dieu dans le silence. Enseignement, prière silencieuse, eucharistie, repas simplifié, écoute spirituelle. ◆ LG : Week-end jeunes, du vendredi 21

(19 h 00) au dimanche 23 février (15 h 00) 2014. Un week-end pour les 18-30 ans : vie affective « Love life ». ◆ LG + BXL + LLN (Chapelle des Bruyères, 14

rue René Magritte, 0477 228 182) + Namur (rue Henri Lecocq 126, Salzinnes, 0497 800 788), « Soirée Net for God », mardis 17 décembre 2013, 21 janvier, 25 février 2014 (à 20 h 30, LLN à 20 h 15). Bruxelles, 23 avenue Charles Schaller, 1160 Auderghem, 0472 674 364, « Matinée Net for God », vendredis 13 décembre 2013, 24 janvier, 21 février 2014 à 10 h 00. Rencontre, prière et formation à partir d’un film vidéo, diffusé dans 70 pays. Le thème du film nous aide à reconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint dans le monde, œuvre de paix et d’unité. ◆ LG : Week-end CANA pour couples « Egaux

et différents : “Homme et femme Il les créa, et Dieu vit que cela était très bon” (Gn 1, 31). Homme, femme : égaux, différents et complémentaires », du samedi 8 février au dimanche 9 février 2014 : week-end pour les couples avec accueil des enfants de 0 à 12 ans. Alternance d’enseignements, de moments en couple, dans un climat d’écoute, de confiance et de prière. Un week-end pour faire grandir l’amour. ◆ LG : Exercices spirituels, du dimanche 2 au

GROUPES DE PRIERE ◆ LG + BXL : tous les mardis à 20 h 30 pour

tous. Une heure de prière et de louange, à

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dimanche 9 mars 2014. Retraite en silence selon les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Pour ceux et celles qui désirent se situer sous le regard de Dieu, reconnaître l’appel du Christ pour eux et choisir d’y répondre. Enseignements, prière personnelle et communautaire, accompagnement quotidien.


Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota bene Nota ben NOTRE-DAME DE JUSTICE 9, avenue Pré-au-Bois 1640 Rhode-Saint-Genèse 023582460 info@ndjrhode.be

plative à La Pairelle et Sr Cécile-Marie Raths, s.c.m. : « contempler comment à travers sa Parole Dieu nous rejoint chacun là où nous sommes » une merveilleuse façon d’entrer dans la prière, les jeudis 5 décembre, 9 janvier, 13 février et 20 mars, de 19 h 15 à 21 h 30. ◆ Repartir du Christ. Bénédicte Ligot, Annalisa

Orsini, Isabelle Prost, Marie-Thérèse PuissantBaeyens, Sr Cécile-Marie Raths et Sr Odile Lambert s.c.m., P. Gabriel Gérard, o.m.i. : « Une journée par mois de ressourcement » : lire, prier, partager la Parole pour en vivre, avec possibilité d’accompagnement, le mardi 10 décembre, exceptionnellement cette journée aura lieu au 65 rue Gaston Bary à La Hulpe (tél. : 02 653 59 53) ainsi que les mardis 4 et 25 février et 25 mars de 9 h 00 à 15 h 00. ◆ Marcher et prier en forêt de Soignes. Béa-

◆ Exercices spirituels de 7 jours individuelle-

ment accompagnés : P. Jean-Marie Glorieux, s.j., du samedi 1er (19 h 00) au dimanche 9 mars (9 h 00). ◆ Exercices spirituels de 6 jours. Abbé Chris-

tian Tricot de Malines-Bruxelles : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20) du lundi 31 mars (10 h 00) au samedi 5 avril (15 h 00). ◆ Week-end « Peinture et Prière ». Joëlle Des-

marets-Mariage et P. Bernard Peeters, s.j. : « Rends-moi la joie d’être sauvé » (Ps 50) : en ce temps de Carême laissons-nous réconcilier avec Dieu et avec nous-mêmes en laissant Son regard se poser sur notre être et notre histoire, avec lecture méditative de la Parole, expression par la peinture et le modelage, relecture et partage de la prière ; aucune aptitude artistique particulière n’est nécessaire, mais le désir d’entrer dans la démarche avec un cœur d’enfant, ouvert et confiant, du vendredi 28 (18 h 00) au dimanche 30 mars (17 h 00). ◆ Chemin de prière contemplative selon saint

Ignace. Joëlle Desmarets-Mariage, Yvan de Menten, formés à l’école de prière contem-

trice Petit, Cécile Cazin, Christine Gaisse, Sr Paule Berghmans, s.c.m. : « Marcher dans la beauté et le silence de la forêt, méditer, prier, chercher Dieu. », le dimanche 30 mars de 9 h 30 à 17 h 30. ◆ « La maison des familles ». Bénédicte Ligot-

Morimont et P. Alain Mattheeuws, s.j. et une équipe : « Pour fonder la vie de notre couple ou la préparation de notre mariage dans la Parole d’Alliance », les dimanches 16 février et 23 mars, de 9 h 15 à 17 h 30. ◆ Les Saintes Ecritures. Dominique van Wes-

sem : « Lecture du Livre de la Genèse (suite) », les mercredis 4 décembre, 8 et 22 janvier, 5 et 19 février, 12 et 26 mars de 9 h 30 à 12 h 30. ◆ Les Saintes Ecritures. Véronique de Stexhe :

« Lecture de l’évangile selon saint Marc (suite) », les jeudis 12 décembre, 16 janvier, 20 février et 20 mars de 9 h 30 à 11 h 00. ◆ Art et Vie spirituelle. Atelier : « Tu es le plus

beau des enfants des hommes », Marie-Paule Raigoso et Dominique Dubbelman, artistes et l’abbé Jean-Luc Maroy, diocèse de MalinesBruxelles, une fois par mois explorer les liens entre la vie spirituelle et l’art en créant une œuvre permettant à chacun de cheminer, les mercredis 5 et 26 février et 26 mars, de 16 h 00 à 20 h 00.

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Le billet d’humeur

JEAN BURTON, S.J.

COURIR… OÙ ? Rentrée…, premier jour…, par ici, non… par là ! Et ainsi va la course de maman avec le petit tout en pleurs, la grande sœur, elle, sait déjà… de l’ado qui fanfaronne… chacun et chacune au rythme du cœur affolé ou… peut-être apaisé ! Et tout un chacun qui rentrant de vacances — décidément cet été, une fois n’est pas coutume, avec un soleil frisant la canicule — « on » n’est jamais content !…s’empresse… à la porte du bureau. Cela me rappelle, en ce pays à la sagesse Zen, ces avis collés à la vitre arrière des voitures : « Sonna ni isoïde doko iku no — à cette vitesse, où donc allez-vous ? » La vitesse, et son urgence névrotique, est la maladie de notre univers affairé, sinon énervé et… rapidement violent. A notre porte déjà. Tout nous pousse à cette frénésie de la seconde à gagner, la parole n’a plus droit de cité, la politesse encore moins, l’une et l’autre d’être… posées paisiblement. Algarades dans les transports en commun transformant ces services aux citoyens en coupe gorge d’incivilité ! « Où allons-nous…, questionne l’énigme, D’où venonsnous… ? » Me revient cette page trinitaire dans le livret de saint Ignace (ES 101-109) contemplant avec les trois Personnes divines la course folle de tant d’hommes (et de femmes) de toutes langues, vêtements, les uns en paix, les autres en guerre… s’acheminant, aveuglément, vers leur fin problématique : Elles se demandent : « Qu’allons nous faire ? » et de répondre : « Faisons la Rédemption du genre humain. » Prenons-nous quelquefois le temps de penser à cela ? Un peu de paix, un peu de calme… une attente à l’arrêt du bus, ou au signal désespérément rouge, juste le temps de prendre patience et d’enter dans Cet Instant où la Passion est d’aimer. Jean Burton, s.j.

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Les Echos