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S S E R D A E L L E V NOU

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Port Réunion : La croissance s’est s’essoufflée en 2017 ENSM : Dans le collimateur de la Cour des comptes

www.lantenne.com Semaine 7 - Février 2018 ISSN 0395-8582 - CPPAP 0319T79480

Maritime

AP Møller-Maersk se redresse et se recentre © APMT

Institutions/ Infrastructures

73e année

Semfos : Le syndicat et ses adhérents signent la charte qualité place portuaire Intralogistics 2018 : Les systèmes automatisés à l’honneur Entreprises

Logirhône/ Lam France : Deux entreprises signent la “Charte qualité place portuaire” de Marseille-Fos Compagnie nationale du Rhône : Les dérèglements climatiques obligent à gérer l’incertitude ! International

Suisse : Bâle, le conteneur à ses sommets

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Le groupe AP Møller-Maersk a perdu plus d’un milliard d’euros en 2017. Mais la branche Transports du groupe, sur laquelle il est en train de se recentrer, a retrouvé la santé, tirée par Maersk Line, qui a profité de taux de fret en forte hausse avant de finaliser l’acquisition de Hamburg Süd. AP Møller-Maersk a publié une lourde perte en 2017. L’année a été marquée par des dépréciations importantes, 3 milliards de dollars, principalement dans les activités de forage et le transport maritime pétrolier. Ainsi, la perte nette du groupe, s’élève à 1,2 milliard de dollars et elle s’est réduite par rapport à 2016 (1,9 milliard). Son résultat avant dépréciations et amortissements est de 3,53 milliards (contre 2,48 milliards en 2016). D’un point de vue opérationnel, AP MøllerMaersk rapporte un profit sous-jacent de 356 millions de dollars (perte de 496 millions en 2016), dont 1 milliard tiré de son activité transport et logistique. Les filiales pétrolières vendues Deux événements majeurs ont marqué l’année 2017, l’acquisition de Hamburg Süd et la finalisation des accords de vente des branches d’exploration et de transport pétrolier. Annoncée en août, la vente de Maersk Oil à Total pour 7,45 milliards de dollars doit être finalisée au cours du premier trimestre 2018. Celle de Maersk Tankers à AP Møller Holding pour 1,171 milliard a été officialisée en septembre. Par ailleurs, AP Møller-Maersk s’est désengagé de la grande distribution. Le groupe danois poursuit son recentrage sur le transport et la logistique. Il a annoncé vouloir trouver avant fin 2018 des “solutions structurelles” pour Maersk Drilling et Maersk Supply Service, deux filiales désormais classées par le groupe dans les “actifs à vendre” et écartées, comme les trois autres, de ses résultats. Maersk Drilling a accusé une perte de

1,5 milliard et Maersk Supply Service 251 mil- en sera de même pour Aliança Shipping Line, lions en 2017. filiale brésilienne de l’armement allemand. Le chiffre d’affaires de périmètre restreint De son côté, l’opérateur de terminaux à au transport et à ce qui s’y rapporte a aug- conteneurs APM Terminals a manutentionné menté 13  %, atteignant 30,95 milliards de 39,7 millions d’EVP, soit 6,4 % de plus qu’en dollars. Sa locomotive, Maersk Line, a vu le 2016. Il exploitait l’an dernier 74 terminaux, sien – hors Hamburg Süd – atteindre 24,3 mil- contre 73 l’année précédente. Pour autant, son liards, en hausse de 14,9 % (soit 3,1 milliards chiffre d’affaires est en légère baisse de 0,9 %, supplémentaires). à 4,14 milliards de dollars. Le profit sous-jacent Le numéro un mondial de la ligne maritime est toujours positif à 414 millions de dollars conteneurisée a bénéficié d’un taux de fret (- 4,4 %), tandis que d’un point de vue global, moyen en hausse de 11,7 %, à 1.003 dollars par la filiale a perdu 168 millions de dollars du fait EVP (898 dollars en 2016) et d’une croissance de dépréciations d’éléments d’actifs. de 3 % de ses volumes, à 21,46 millions d’EVP Concernant les autres filiales estampillées (20,82 millions l’année précédente). Ses résul- transport, le commissionnaire Damco a perdu tats global (541  millions de dollars) et sous- 36 millions de dollars en 2017, “en raison de la jacent (511 millions) sont recyberattaque, de marges plus passés dans le vert après des faibles et d’investissements”, “Maersk Line pertes respectives de 376 et pour un chiffre d’affaires de 384 millions en 2016. 2,668 millions (+ 6,4 %). a bénéficié Ils ont été positivement La société de remorquage d’une hausse influencés par la hausse des Svitzer a réalisé un résultat recettes et un coût unitaire à de 11,7 % du taux de 102 millions de dollars prix du combustible constant pour un chiffre d’affaires de de fret moyen” quasiment identique à celui de 659  millions (+  2,6  %) en l’année précédente. particulier grâce à ses activiCet indicateur a pourtant été contrarié par tés australiennes et américaines. la cyberattaque subie par l’armement au troiLe fabricant de conteneurs Maersk sième  trimestre de l’année dernière. Le coût Container Industry a presque doublé son unitaire réel a été renchéri de 4,9 % d’une chiffre d’affaires en un an, à 1 milliard de dolannée sur l’autre par la hausse du prix de lars (+ 80 %). Le bénéfice de 38 millions, après 43 % du prix moyen du soutage. une perte de 53 millions, a été favorisé selon le groupe par une meilleure efficacité, des prix Les autres activités plus élevés pour les conteneurs dry et des voen progrès lumes de vente en forte hausse dans les catégories dry et reefer. Les autres filiales ont rapL’acquisition par Maersk Line de l’alle- porté 75 millions de dollars, contre une perte mand Hamburg Süd en décembre a sensible- de 61 millions en 2016. ment agrandi sa surface. Celle-ci augmente Pour cette année, AP Møller-Maersk prévoit le chiffre d’affaires de Maersk de quelque de poursuivre sa stratégie de resserrement de 500  millions de dollars, porte sa flotte de ses activités et de croissance externe, avec pour 680  à 786 porte-conteneurs, sa capacité de objectif de se situer au-dessus de l’évolution de 3,68 à 4,27 millions d’EVP et sa part du chacun de ses marchés. Il compte aussi contimarché mondial de 16,9 à 19,6 %. nuer de s’appliquer une discipline financière Ce rachat doit faire économiser au groupe “très stricte”, ce qui lui permettra peut-être danois 350 à 400  millions d’euros annuels. d’éviter les écueils de ces dernières années. La marque commerciale Hamburg Süd sera conservée, ainsi que son siège en Allemagne. Il Franck André


Infrastructures/Institutions

2 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

Port Réunion

La croissance s’est essoufflée en 2017 Le trafic de Port Réunion a pour 73.981 EVP et 161  % pour continué de progresser en 2017 1,117 Mt). mais cette croissance a ralenti. La direction relève “la mauSelon ses statistiques provisoires, vaise performance des conteneurs l’établissement a pleins à l’export, vu son tonnage en baisse de 16 % global augmen- “Certaines activités en tonnage et de ter de 6 % et at- n’ont pas confirmé 4 % en nombre teindre 5,554 mild’EVP”. Elle soules bons chiffres ligne aussi que lions de tonnes (Mt), pour “une enregistrés en 2016” les importations année en demin’ont “pas reteinte” concède trouvé les chiffres la direction du port. L’installation, exceptionnels de l’année dernière début 2016, puis la montée en avec une hausse de seulement 2 % puissance du hub de CMA CGM en tonnage et de 1 % en nombre avaient contribué à une hausse de d’unités”. 31 % du trafic conteneurisé cette Même en perte de vitesse, le année-là et de 16 % de l’activité conteneur soutient la croissance globale du port. de l’activité globale alors que tous les autres segments de trafic, Mauvais chiffres sans exception, ont reculé en import et export 2017. Ainsi, les marchandises Seule filière à connaître une diverses ont perdu 3 %, à croissance en 2017, le conteneur 105.000 tonnes. Avec une nuance a affiché l’an dernier une aug- puisque les véhicules ont pourmentation de volume modeste, de suivi leur progression en nombre 2 % pour un tonnage de 3,127 Mt d’unités (+ 2 %, 35.300 véhi(+ 7 %). Les 331.300 EVP atteints cules), avec un tonnage stable. constituent néanmoins un nou- Les autres diverses ont perdu veau record pour le quatrième port 5 %, à 47.000 tonnes. à conteneurs de France. Le transbordement a poursuivi sa Impact positif du forte croissance (+  24  %), avec chantier du littoral 88.300 EVP et 1,333 Mt, dans des proportions cependant moindres Le Grand Port maritime de que l’année précédente (209 % La Réunion attribue une partie du

© Ports de France

Bien qu’en perte de vitesse, la croissance du conteneur compense la baisse de tous les autres segments pour permettre au port réunionnais de boucler l’année sur une hausse du trafic général et un nouveau record. Poussés par le hub de CMA CGM, les transbordements ont continué de performer.

résultat global positif de 2017 à l’activité du chantier de la nouvelle route du littoral, dont les matériaux et éléments transitant par les infrastructures du port ont représenté plus de 220.000 tonnes. Pourtant, les vracs solides se sont rétractés de 2 % à 1,21  Mt, entraînés par la baisse de 5  % des importations de céréales (227.000  tonnes) et de 7 % des entrées de charbon (574.000  tonnes). Soutenus par les travaux de la nouvelle route du littoral, les clinkers ont, à l’inverse, connu un “rebond

Ministère Iata

Les extensions d’aéroports coûtent trop cher Le coût des travaux d’extension des aéroports dans le monde, en forte hausse, doit être plus modeste de manière à ce que les prix des billets d’avion restent abordables, a averti le directeur de l’Association internationale des transporteurs aériens (Iata). “Le coût des infrastructures monte en flèche”, a déclaré Alexandre de Juniac à Singapour, appelant à un développement plus modeste des infrastructures, afin d’éviter que le coût final ne se répercute sur le prix payé par les passagers et n’affecte la demande. Le responsable français a indiqué que le projet d’une troisième piste à l’aéroport de Londres-Heathrow, évalué à 14 milliards de livres (15,9 milliards d’euros), et la construction d’un cinquième terminal à l’aéroport de SingapourChangi étaient des excellents exemples de projets onéreux. “Quand nous examinons les

données chiffrées pour la troisième piste à Heathrow, nous sommes très, très inquiets. Même les chiffres pour le T5 à Singapour sont très élevés”, a-t-il ajouté. Le projet de développement de l’aéroport de la ville-État d’Asie du Sud-Est comprend notamment l’aménagement d’une cascade intérieure de 40 mètres de haut. Il doit être livré l’an prochain et un cinquième terminal en 2030. “Nous souhaiterions par exemple éviter de grands projets dans lesquels nous voyons des dépassements (de coûts) en raison d’une merveilleuse architecture, mais très coûteux. Nous devons être plus modestes”, a souligné Alexandre de Juniac. L’Iata est en discussion avec les autorités à Heathrow et Changi pour gérer les coûts et a appelé les gouvernements à impliquer les compagnies aériennes dans les projets dès le début.

exceptionnel” (+ 22 %) pour atteindre 220.000 tonnes. Les vracs liquides ont reculé plus légèrement (- 1 %) à 889.500  tonnes. Le fuel lourd destiné à la centrale thermique de Port-Est a baissé de 7 % (160.000  tonnes), alors que les volumes de gasoil et d’essence ont diminué respectivement de 3 % et 2  % (394.000 et 93.000  tonnes). Au contraire, le kérosène a progressé de 15 % (194.000 tonnes), en raison du développement du transport aérien sur l’île en 2017. Enfin, le trafic de passagers s’est lui aussi amoindri, reculant

des

de 4 %, soit environ 72.200 passagers en entrée et en sortie. Comme attendu, l’augmentation de la taille des navires traités à La Réunion s’est accompagnée d’une diminution du nombre d’escales, de 5 % en 2017 comparé à 2016, soit 644 contre 679. Pour l’année 2018, le port dit rester vigilant “sur un certain nombre d’activités dont les résultats n’ont pas confirmé les bons chiffres enregistrés au cours de l’année 2016”. Franck André

Outre-Mer

“Un dispositif fiscal adapté aux spécificités des ports ultramarins” “La France souhaite mettre en place un dispositif fiscal adapté aux spécificités des ports ultramarins”, a souligné mercredi 7 février la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, lors d’un colloque au Cnes sur les Outre-Mer et la mer. Annick Girardin veut “un dispositif fiscal adapté aux spécificités des ports ultramarins”. “L’enjeu est bien de faire des ports Outre-Mer des hubs régionaux pour permettre à la France de rayonner dans le transport maritime”, a insisté la ministre, rappelant que “Nouméa est déjà la deuxième plateforme de transbordement de l’Océanie, La Réunion est bien placée pour être le hub régional dans l’océan Indien et les Antilles françaises aspirent à devenir le hub des Caraïbes Sud”. Mais “une meilleure coordination est nécessaire : les ports de Guadeloupe et de Martinique doivent se spécialiser, coordonner leurs investissements, pour mieux peser face à leurs concurrents”, a ajouté la ministre. “L’idée que les Outre-Mer puissent enfin être les pierres angulaires du développement maritime français fait son œuvre”, s’est-elle félicitée, tout en regrettant “un retard significatif” : “sur les onze lycées maritimes français, aucun ne se trouve en Outre-Mer”. “J’ai souhaité que soient expérimentées des «sections maritimes» sur le modèle des «sections

européennes» dans les lycées généraux”, a-t-elle expliqué. Dématérialisation des procédures pour les croisiéristes Pour développer le secteur des croisiéristes, elle a rappelé que plusieurs mesures comme “la dispense de visa, la dématérialisation des procédures pour les croisiéristes ou l’expérimentation d’une zone de détaxe dans un grand port maritime” ont été validées lors du dernier Comité interministériel de la mer (Cimer) en novembre à Brest. Sur les énergies marines renouvelables, même si “les capacités sont extraordinaires” sur un domaine maritime “de 11 millions de km2”, elle a estimé que “le lancement d’appels d’offres sur l’éolien offshore et sur l’hydrolien en Outre-Mer restait “à tempérer”. “Il nous faut mieux connaître les milieux, étudier les courants marins, les vents, afin de savoir où il est pertinent d’installer ces technologies”. Sur l’aquaculture, la ministre a insisté sur le potentiel “immense” en Outre-Mer, soulignant que “la perliculture et la crevette bleue, filières aquacoles emblématiques du Pacifique, peuvent servir d’exemples dans les autres Outre-Mer”. Enfin, elle a rappelé que l’utilisation de drones allait être expérimentée pour surveiller la pêche illégale, “véritable fléau notamment dans le Pacifique et en Guyane”.


Infrastructures/Institutions

l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 3

ENSM

Dans le collimateur de la Cour des comptes Le rapport est sévère. À lire maritime supérieur qui vise noles 43 pages publiées par les tamment à inscrire la formation magistrats de la rue Cambon, la des officiers de la marine marsituation est dite “alarmante” : chande dans le cursus d’une école “un avenir à clarifier”, “une ré- d’ingénieurs. L’école a souffert forme mal conduite, un proces- dès le départ, selon la Cour des sus inachevé”, “une crise de la comptes, d’“orientations stratégouvernance qui giques tarse double d’une dives” et de “Une situation crise financière”, la “dispersion “des problèmes coûteuse en termes des services”. de recrutement réforme a de masse salariale La des enseignants été “mal prémaritimes”... parée et préet équipements Sept ans après cipitée”, avec pédagogiques” la création de “peu d’accoml’École nationale pagnement de supérieure maritime (ENSM), la tutelle dans les premiers mois qui accueille aujourd’hui envi- d’existence de l’établissement”. ron 1.200 élèves sur quatre sites Enfin, le sujet qui fâche, sans sur(Marseille, Le Havre, Nantes et prise, est celui de “l’absence de Saint-Malo), le bilan est sévère. choix relatif aux implantations”. Autant pour l’État que pour Chacune des collectivités lol’école elle-même. cales se battant pour conserver L’ENSM a été créée fin 2010, ses formations, “les orientations regroupant au sein d’une même politiques et déclarations ont été entité les quatre écoles histo- erratiques jusqu’à la confirmation riques, ex-hydro, dans le cadre du maintien des implantations de la réforme de l’enseignement des quatre ENMM par le ministre

Le Havre

Une nouvelle charte d’accueil des navires En signant une nouvelle charte d’accueil des navires, les acteurs portuaires de la place havraise poursuivent et renforcent leurs engagements en termes de qualité de services. Elle en comptait six en 2011, elle en affiche sept en 2018. La nouvelle charte d’accueil de navires du port du Havre présente sept engagements vis-à-vis de ses clients : sécurité, fiabilité, fluidité, adaptabilité, concertation, information et, nouveau volet, l’anticipation. Co-signée le lundi 5 février par les responsables des opérations du Grand Port maritime du Havre (GPMH), de la station de pilotage Le HavreFécamp, de Boluda et de la Société coopérative maritime de lamanage du Havre-Antifer, elle affiche un objectif : garantir “les meilleurs niveaux de service et de sécurité”. Pour Charles Boutry, responsable des opérations armement chez Boluda Le Havre, cette charte “formalise la continuité des excellentes relations que tous les services portuaires entretiennent au quotidien et

permet d’optimiser la qualité de service que nous offrons aux clients du port”. Depuis novembre 2011, date de la signature de la première charte de qualité, “les pratiques ont évolué, commente Franck Bruger, directeur des opérations au GPMH. Nous avons souhaité reformuler certains éléments, notamment en termes d’anticipation : les escales sont de plus en plus complexes, avec des navires de plus en plus gros, allant jusqu’à 18 ou 20.000 conteneurs équivalent vingt pieds”. Depuis, les dispositifs de concertation ont été améliorés entre tous les services ainsi que le système de régulation portuaire, assure Franck Bruger. “Certaines escales sont prévues de six à douze mois à l’avance et pour les gros porte-conteneurs, nous échangeons avec les armements des données telles que les courbes de marée et les capacités d’accueil de chacun des quais pour cibler au mieux ces escales, en fonction des marées et des tirants d’eau des navires. Il est hors de question de les faire attendre sur rade”. En 2017, le port a accueilli 129 navires de plus de 15.000 EVP dont 40 de plus 18.000 EVP. N. C.

© Eric Houri

La Cour des comptes épingle la conduite par l’État de la réforme et la gestion de l’École nationale supérieure maritime (ENSM), dans son rapport annuel publié le 7 février.

délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche en novembre 2012”. Résultat, dénonce la Cour des comptes, une “situation coûteuse” en termes de masse salariale et équipements pédagogiques, et une mise en concurrence entre les villes, même si des spécialisations ont été mises en place sur chaque site. Cette situation a été “aggravée par la construction d’un nouveau bâtiment au Havre”. Édouard Philippe, alors député-maire du Havre, avait défendu le maintien de la formation au Havre, menacée par le transfert à Marseille. Un établissement flambant neuf avait été construit en 2015, à près de 30 millions d’euros financés par les collectivités locales et l’État. Pouvant accueillir quelque 1.000 étudiants, le site inauguré par François Hollande en octobre 2015 et devenu le siège social s’est avéré, depuis, surdimensionné.

Pour la Cour des comptes, “la responsabilité de cette situation incombe au moins autant à la tutelle, qui n’a pas créé les conditions d’une réforme réussie et a contribué, par ses décisions et parfois son absence de décision, à déstabiliser l’école, qu’à cette dernière”. Reste que, point positif, malgré la mise en place laborieuse des nouveaux cursus, l’ouverture à l’international et le développement de la recherche ont progressé. La Cour formule une flopée de recommandations : la réorganisation de l’école au Havre et à Marseille permettrait une économie annuelle de 2 à 3 millions d’euros, les autres sites pouvant être hébergés au sein d’établissements d’enseignement supérieur, partenaires. Les services de direction devront être regroupés sur un seul site dans les meilleurs délais ; supprimer les compétences élargies du président

du conseil d’administration ; mettre en place la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ainsi qu’un véritable plan de formation. Le président du conseil d’administration de l’ENSM, Hervé Moulinier, approuve la restructuration des sites avec l’ouverture d’antennes à Nantes et Saint-Malo, estime “logique” de regrouper les services centraux au Havre, site le plus récent et principal, et regrette que ne soient pas soulignés “la dynamique de l’établissement et les progrès accomplis sur la période analysée”, comme le contexte actuel plus favorable à la formation, grâce à “une politique maritime ambitieuse de croissance bleue”. Le prochain contrat d’objectifs et de performance (COP) 2018-2022 devrait être signé avec l’État en juin 2018. Natalie Castetz

Montoir/Dunkerque

GNL : diversification des offres Pour Yamal LNG, le terminal méthanier de Montoir a effectué deux transbordements de GNL en janvier. De son côté, le terminal méthanier de Dunkerque a inauguré son service de rechargement de navire. En janvier, les terminaux méthaniers de Montoir-de-Bretagne et de Dunkerque ont démontré la polyvalence de leurs installations. Opéré par Elengy, filiale du groupe Engie, le site ligérien a réalisé le 10 et 29 janvier deux transbordements de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis des navires méthaniers brise-glace, le “Fedor Likte” et le “Eduard Toll” de 170.000 m3 chacun, vers des méthaniers conventionnels, le “LNG Jurojin” de 155.000 m3 et le “Maran Gas Posidonia” de 162.000 m3. Sans transit par les cuves de stockage d’Elengy, ces transbordements ont été planifiés lors d’escales simultanées, une première à Montoir. De la nouvelle classe ARC7, le “Fedor Likte” et le “Eduard Toll” étaient chargés de GNL en provenance du terminal russe de Sabetta. Ce gaz est produit par Yamal LNG sur son nouveau champ gazier sibérien situé sur la péninsule de Yamal. Après transbordement, les deux brise-glace sont retournés vers Sabetta, tandis que le “LNG Jurojin” et le “Maran Gas Posidonia” ont rejoint leurs destinations finales dont la Corée du Sud. Afin d’accueillir dans la durée le transbordement au moyen de méthaniers briseglace, Elengy a lancé des travaux sur son site

de Montoir. Ses appontements ont été rénovés, modernisés et équipés de compresseurs permettant de récupérer toutes les évaporations de gaz. Selon les quantités transbordées et les capacités des navires, le terminal peut en outre recevoir le surplus de cargaison ou les compléter. Figurant parmi les hubs de transbordement sélectionnés par Yamal LNG en Europe, Elengy prévoit une trentaine d’opérations de ce type jusqu’en 2021. “Nous espérons réaliser à terme quelques dizaines d’opérations similaires par an. Ces transbordements apportent une nouvelle souplesse au marché mondial du GNL, et témoignent de la transformation du terminal de Montoir-de-Bretagne en hub GNL”, déclare Martin Jahan de Lestang, directeur général d’Elengy. “Ce nouveau service de transbordement vient compléter les approvisionnements maritimes en gaz naturel”, ajoute JeanPierre Chalus, président du directoire du Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Dunkerque est aussi destinataire du gaz produit par Yamal LNG. En provenance de son nouveau site de production sibérien et du terminal russe de Sabetta, Dunkerque LNG a réceptionné le 25 janvier le méthanier brise-glace “Boris Vilkitsky” qui y a livré ses 165.000 m3 de GNL. Dans la foulée, le terminal méthanier dunkerquois a procédé au chargement de son premier navire, le “Provalys” de 153.000 m3 de capacité, à partir du gaz stocké dans ses cuves. Érick DemangeoN


Infrastructures/Institutions

4 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

Semfos

Le syndicat et ses adhérents signent la charte qualité place portuaire Le Semfos ainsi que ses adhérents viennent de signer à leur tour la “charte qualité place portuaire Marseille-Fos”. La démarche mise en place par l’UMF continue de gagner du terrain. Après avoir remporté l’adhé- que “chaque entreprise signasion de deux entreprises privées taire pourra s’appuyer sur cette avec le transitaire Lam France charte aux côtés de l’UMF”. et l’opérateur de transport com- Jean-Philippe Salducci, le prébiné Logirhône, la charte qualité sident de l’UMF, estime que place portuaire Marseille-Fos, l’image du port de Marseille-Fos initiée par l’Union maritime et avait été ternie une nouvelle fois fluviale de Marseille (UMF) par les mouvements sociaux liés à en 2017, vient de conquérir lo- la loi El Khomri en 2017. Mais il calement la profession de la rappelle toutefois que le port phomanutention portuaire. Le pré- céen n’est plus victime de mousident du Syndicat des entre- vements de grève depuis 2011. preneurs de manutention de Chez Seayard, le PDG de Marseille et de Fos (Semfos), l’entreprise, Jakob Sidenius, Nicolas Gauthier, l’a signée souligne que la charte sera l’ocmardi 6 novembre dans les locaux casion de faire valoir les améliode l’association rations des flux professionnelle. terrestres sur le Ses membres terminal ainsi se sont engagés “La seule initiative que les avancées dans la même réalisées au plan de ce type démarche. informatique. en France “Avec la Chez Nicolas charte qualité, Frères, son préet en Europe” on se tourne sident, Philippe davantage vers Cheviron, met nos clients, en avant l’insvers une qualité de service. tallation d’un tapis en caoutchouc Le port de Marseille-Fos est permettant de limiter les dégrapleinement dans la compéti- dations que font subir les engins tion européenne”, a-t-il déclaré et les voitures sur le bord à quai. en préambule. Rappelant la À la Compagnie méridionale de manifestation organisée par Via manutention (CMN), le direcMarseille Fos (VMF) à Paris, le teur de l’entreprise, Éric Brioist, président du Semfos a indiqué souligne que la numérisation des

© Vincent Calabrèse

La charte qualité place portuaire Marseille-Fos a gagné le monde de la manutention portuaire

installations devra être communiquée sur la charte. Quant à l’entreprise MPMM (Manutention portuaire multivracs et multiservices), elle l’utilisera pour annoncer qu’elle a mis en place des filets de protection dans le cadre de la lutte contre la pollution. Enfin, Nicolas Gauthier, au titre de directeur général de PortSynergy/Eurofos, annonce que l’opérateur fosséen va publier des statistiques mensuelles.

Il ajoute : “Nous avons enregistré 23.000 camions en janvier, soit plus de 1.050 par jour. Il nous faut 35 mn par camion. La fluidité est là”. Après avoir commencé sa vie très discrètement au cours du second semestre 2017, puisqu’elle n’avait remporté l’adhésion que de quelques associations professionnelles locales, la charte qualité place portuaire MarseilleFos fait de plus en plus d’émules

aujourd’hui. Reconnaissant qu’elle a eu du mal à démarrer, JeanPhilippe Salducci indique qu’elle enregistre “un bon retour auprès des chargeurs car c’est un outil de communication”. Et d’ajouter : “Nous faisons du lobbying”. Il souligne en outre que “c’est non seulement la seule charte de ce type en France mais aussi en Europe”. Vincent Calabrèse

Marseille

MedPorts association, un nouveau cadre collaboratif pour les ports de Méditerranée Une vingtaine de ports méditerranéens ont adhéré, ce 8 février 2018, à Marseille à l’association MedPorts. Portée sur les fonts baptismaux par le port de Marseille, cette association, lancée au terme de deux jours de débats dans la cadre de MedPorts Forum, vise à jeter les bases d’une collaboration sur des problématiques communes. Immigration clandestine, pollution maritime, avitaillement au gaz, formation… Les ports de Méditerranée qui ont pris l’habitude, depuis 2016, de se retrouver à Marseille lors du MedPorts Forum ont décidé d’aller plus loin en créant une association. “L’association a Marseille pour siège. Nous allons élire un bureau, définir le budget avant de décider des thèmes sur lesquels nous allons travailler en priorité. Par exemple, cela peut concerner l’avitaillement des navires au GNL”, explique Christine CabauWoehrel, présidente du directoire du

port de Marseille-Fos, qui porte ce projet depuis 2016. D’ores et déjà, les ports algériens (Arzew, Bejaïa, Skikda), tunisiens (via l’OMMP), espagnols (Valence et Algesiras), italiens (Civitavecchia, Venise) ont répondu présent tout comme Damiette, Malte, Koper, Durres et Beyrouth. En France, Toulon et Bastia ont rejoint l’association qui pourrait rapidement s’agrandir aux ports marocains, à Tarragone, à la Turquie (Marport), à Sète et Monaco. Désenclaver les régions subsahariennes “Les ports algériens espèrent ainsi améliorer la sécurité maritime, l’informatique, les données climatiques et désenclaver les régions subsahariennes et endiguer l’immigration clandestine qui génère tant de drames humains en Méditerranée”, ont indiqué Mouilatt Lakhar et Tanfour Imad respectivement présidents des ports d’Arzew et Skikda. Pour le président de Serport, Mohamed Yassine Hafiane, les ports de la rive Nord peuvent nous aider à former les jeunes de la rive Sud. Chaque

© Nathalie Bureau du Colombier

port verse une cotisation annuelle de 4.000 euros. Deux grands absents à cette signature Gênes et Barcelone. Ces deux grands ports méditerranéens sont pourtant associés à Marseille depuis de nombreuses

années au sein d’Intermed Gateways. Les voies de la coopération sont parfois impénétrables… Nathalie Bureau du Colombier


Infrastructures/Institutions

l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 5

Intralogistics 2018

Les systèmes automatisés à l’honneur

© Reed Exhibitions

Aux côtés du SITL Europe, Intralogistics confirme son développement avec plus de 150 exposants et 15.000 visiteurs attendus. Du 20 au 23 mars à Paris-Nord Villepinte, l’automatisation et les solutions de pakaging, de manutention et de stockage seront au cœur de son exposition complétée par un nouvel espace de démonstration. des flux à l’intérieur des entreprises, entrepôts, usines et centres de production”, précise Alain Bagnaud. Selon le directeur de Reed Exhibitions Transport & Logistics, cette tendance se traduit par une forte demande dans les solutions automatisées et robotisées. “La question n’est plus de savoir s’il faut automatiser ou réorganiser sa supply chain, mais comment et où”.

Cette évolution se vérifie dans les chiffres du prochain salon Intralogistics qui se tiendra sur Alain Bagnaud, directeur de Reed 11.000 m2 aux côtés du SITL Exhibitions Transport & Logistics Europe. Pour sa sixième édition, cinq secteurs s’y distingueront Sous l’effet de la reprise écono- dont l’automatisation, présente sur mique, du e-commerce et des inno- 30 % des stands, le conditionnevations digitales, ment-packaging le marché intra(26  %), les so“La question logistique est en de stocn’est plus de savoir lutions forte progreskage (14  %) et sion en France s’il faut automatiser les chariots éléet en Europe. “Il vateurs (10  %). sa supply chain, rassemble les “La robotique équipements et se développe mais comment” systèmes dédiés également avec à la gestion et à la manutention 6 % des entreprises présentes”.

© VJC

Prix de l’innovation

Devant le succès rencontré l’an passé, l’espace de démonstrations dédié aux équipements et solutions innovantes revient aussi en force en 2018. Rebaptisé Smart Hub, il hébergera dans un décor immersif de 300 m2, une quarantaine de démonstrations. “Notre objectif est de valoriser la chaîne de valeur logistique dans toutes

ses dimensions en présentant ce qui se fait de mieux sur chacun de ses maillons”. Dans cet esprit, chaque visiteur ou groupe pourra définir à l’avance son parcours au travers de six thématiques. En plus des solutions intralogistiques, le Smart Hub s’ouvre en 2018 aux véhicules, aux ports, à la logistique urbaine, aux entrepôts et

aux territoires. À la fin de chaque visite, les participants seront invités à voter pour trois innovations de leur choix. Le gagnant à l’issue de ces votes remportera un trophée “Coup de cœur des utilisateurs” lors du 18e Prix de l’Innovation remis le mercredi 21 mars. Érick Demangeon

Auvergne-Rhône-Alpes

Pour un développement cohérent du grand Sud-Est de la France

Stéphane Bouillon, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes

“Le fleuve doit faire l’objet de plus d’attention”

L’exercice des vœux à la presse permet au préfet de passer en revue les principaux dossiers en cours. Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, depuis octobre seulement, Stéphane Bouillon n’a pas dérogé à la règle. Après les questions d’immigration, de réfugiés, de lutte contre les stupéfiants, de logement social, il a évidemment abordé le sujet des infrastructures.

Stéphane Bouillon, précédemment préfet de Paca, ne perd jamais une occasion de rappeler l’importance des liens entre Marseille et Lyon, entre le GPMM et son hinterland. Il a insisté sur le contrat signé début janvier entre le GPMM et le groupe chinois Quechen Silicon Chemical qui concerne le leader auvergnat des pneumatiques Michelin, “accord signé face à des Hollandais”, insista le préfet.

© Lyon Terminal

Dans le cadre du projet de loi sur les infrastructures attendu pour le printemps et dans l’attente des décisions du Parlement, Stéphane Bouillon a évoqué le nœud ferroviaire lyonnais, le déclassement de l’A6/ A7, aujourd’hui voie métropolitaine, et qui n’aura de pertinence que si enfin le périphérique Ouest et le contournement Est sont bouclés, les problématiques 65 km entre Lyon et Saint-Étienne et son A47 saturée… Les infrastructures feront l’objet d’une grande réunion le 23 février à la préfecture avec les parties concernées du Rhône, de l’Ain et de l’Isère. L’objectif est de recueillir des informations, de les planifier pour arriver “à une architecture des infrastructures” dans le cadre d’un développement concerté.

Les savoir-faire et les atouts des deux métropoles doivent permettre de bâtir dans le grand Sud-Est de la France “un développement économique qui soit partagé” et le port de Lyon a un rôle à jouer “pour voir comment on peut mieux organiser l’ensemble de cet axe”. Le fleuve “insuffisamment utilisé et aux grandes marges de progression” doit aussi faire l’objet de plus d’attention.

Enfin, en matière de formation, les services de la préfecture travaillent avec Pôle emploi. Nul doute qu’il sera question de l’opération “Tremplin”. 4.727 besoins de recrutements dans les entreprises de transport et de logistique d’Auvergne-RhôneAlpes ont été décelés… Annick Béroud


Infrastructures/Institutions

6 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

Comité national routier

Pologne, un colosse aux pieds d’argile ? Souvent maltraité en Europe moyenne européenne de l’ordre de l’Ouest, le transport routier de 6 %. Depuis l’entrée de la de marchandises est au cœur des Pologne dans l’Union en 2004, intérêts commerciaux des pays l’activité de ses transporteurs a de l’Est. La Pologne est l’un des été multipliée par trois trustant porte-étendards de cette politique aussi les premières places dans le comme en témoigne l’actuel transport international entre pays bras de fer dans les négociations tiers et le cabotage, en Allemagne autour du paquet Mobilité euro- et en France notamment. péen. À leur décharge, les autorités polonaises reconnaissent à Compétitivité leur pavillon un rôle économique imbattable stratégique. Avec 80.000 entreprises, le secteur y emploie plus Au-delà du soutien politique de 230.000 personnes, et est à dont il bénéficie, les coûts de rel’origine d’un chiffre d’affaires vient du pavillon polonais explide près de 25  milliards d’euros. quent ces performances. Selon Ces revenus alimentent son com- le CNR, son coût kilométrique merce extérieur puisque 60 % des hors coût de structure est infétransports effectués sous pavillon rieur de 34  % à celui des transpolonais, exprimés en tonnes- porteurs français. Avec les frais kilomètres, sont réalisés à l’inter- de structure, il affiche un coût national. Depuis 2007, il est complet de 0,76 à 0,79 euro au d’ailleurs le kilomètre contre leader de la plus de 1,2 euro catégorie en “Le pavillon polonais en France. Cette Europe, et se différence proréalise 28 % classe en deude plusieurs du transport routier vient xième position, facteurs dont de international tous trafics productivité. Un confondus, derpoids lourd poeuropéen” rière le pavillon lonais déclare allemand. Cette 134.400  km par montée en puissance se confirme an contre 113.280  km en France, puisque en 2016, il a encore tandis que les jours d’exploitaprogressé de 11,5 % contre une tion s’y élèvent à 265 contre 229.

© DR

La dernière étude du CNR sur le pavillon routier polonais confirme ses atouts concurrentiels et sa domination en Europe. Elle relève aussi ses premières faiblesses, et apporte un nouvel éclairage sur la position de la Pologne dans les négociations actuelles sur le paquet Mobilité européen.

Deux autres écarts importants apparaissent sur le poste entretienréparation (4.600 euros par an contre 8.553  euros en France) et… les coûts d’un conducteur. Par kilomètre parcouru, ce dernier représente 0,16 euro pour le pavillon polonais contre 0,45 euro en France. Selon un sondage mené auprès de conducteurs polonais par le CNR, leur rémunération comprend un salaire de base, proche du Smic local de 476 euros par mois, auquel s’ajoute un forfait kilométrique déclaré sous forme d’indemnités journalières nettes de charges. Le modèle économique sur lequel repose la conquête du

pavillon polonais en Europe connaît toutefois ses premières fissures. Acteur de la baisse des prix du transport routier sur le continent, ses transporteurs commencent à en subir les conséquences sur leurs marges. L’histoire se répète Si cette tendance est compensée pour l’heure par un prix du carburant bas, le CNR souligne qu’ils ne bénéficient d’aucun mécanisme d’indexation sur le prix du gasoil, et ne sont donc pas à l’abri d’un retournement. Les transporteurs polonais se

déclarent également inquiets face aux tentatives de durcissement des règles du marché initié en Allemagne puis en France : application d’un salaire minimum, interdiction de prendre son repos hebdomadaire en cabine, etc. Ils n’échappent pas non plus à la pénurie de conducteurs et aux demandes de leurs chauffeurs en faveur de meilleures conditions de travail. Face à cette situation, ils deviennent à leur tour recruteurs de conducteurs étrangers auprès de pays limitrophes tels que l’Ukraine, la Russie, la Géorgie et le Kazakhstan... Érick Demangeon

VNF

Côté face une nature idyllique découverte au rythme lent des bateaux, côté pile des sillages de bruit et d’odeurs d’essence : pour maintenir le cap de la croissance, le tourisme fluvial amorce doucement sa mutation écologique, grâce à quelques expérimentations. “Le tourisme fluvial reste des plus écologiques, mais si on n’est pas vigilant, cette image peut s’inverser”, explique Thierry Guimbaud, directeur général de Voies navigables de France (VNF). Cet organisme public gère près de 80 % des 8.500 km de voies navigables françaises, le plus long réseau européen. Croisières fluviales sur des paquebots ou des péniches-hôtels, bateaux-promenades à l’heure ou à la journée, location de bateaux habitables pour des virées en famille : avec plus de 10 millions de passagers par an, le tourisme fluvial en France enregistre depuis quelques années une forte croissance. Malgré un faible impact en CO2, les défis écologiques se font pressants, d’autant que la clientèle, surtout étrangère, est de plus en plus exigeante en la matière, expliquent les professionnels du secteur réunis récemment à Bordeaux à l’occasion des 4e Rencontres nationales du tourisme fluvial. “Près de 70 % de nos clients sont étrangers, surtout des Allemands et des

Suisses, qui sont très demandeurs de bateaux plus propres”, explique Corinne Duffaud, responsable commerciale de la société Nicols, constructeur-loueur de bateaux fluviaux installé à Cholet (Maineet-Loire) et qui compte dix-neuf bases de location en France. Le constructeur inaugurera en juin dans l’Est de la France le Sixto Green, son premier bateau habitable à propulsion électrique, avec des batteries au lithium. Une initiative rendue possible par un partenariat public-privé pour la mise en place de bornes de recharge dont les canaux français sont encore dépourvus. “Unique en Europe” Pour un budget de 460.000  euros, VNF a ainsi financé l’installation de dix bornes sur une distance de 150 km sur les canaux de la Marne au Rhin et de la Sarre. “L’enjeu était que le bateau électrique puisse avoir 6 à 8 heures d’autonomie, que les bornes soient suffisamment présentes et qu’elles soient à recharge rapide”, explique Valérie Meyer, directrice territoriale à Strasbourg pour VNF, qui a supervisé le projet. D’ici 2019, un autre constructeur, Canalous, devrait proposer un bateau électrique sur le même réseau. Pascal Duc, gérant de l’entreprise “Les croisières charentaises”, s’est aussi lancé dans l’aventure. Lorsqu’il reprend

© Nicols

Au fil de l’eau, le tourisme se met au vert

la société en 2009, il comprend vite que le bateau-promenade fonctionnant au diesel dont il a hérité n’est pas l’avenir. À partir de 2012, il lance des partenariats avec un architecte et un constructeur de moteurs pour mettre au point un “bateau zéro émission”. Après six ans d’efforts et d’obstination, et avec un budget de 1,5 million d’euros dont un tiers de subventions publiques, le “Bernard Palissy III” sera mis à l’eau sur la Charente au printemps. “Unique en Europe”, selon son concepteur, le bateau de 149 places a une autonomie de plus de dix heures et bénéficiera de trois point de recharge sur son parcours journalier. “Un tel bateau est duplicable sur 95 % du territoire français”, s’enthousiasme Pascal Duc qui dit avoir d’abord pensé à la “satisfaction du client” plutôt qu’à l’évolution inéluctable de la réglementation.

Si ces initiatives sont encourageantes, la filière est encore bien loin du tout électrique. “Le marché fluvial n’a pas la profondeur du marché de la voiture électrique, il n’y a pas les mêmes possibilités en matière de recherche et développement”, souligne Thierry Guimbaud qui plaide pour la création d’une “interprofession” qui permettrait, selon lui, de franchir plus facilement “l’étape” de la transition écologique. D’autant que la diminution de la pollution atmosphérique n’est pas le seul défi : la gestion des déchets sur les itinéraires et les rejets des eaux usées sont aussi cruciaux. Sur le canal du Midi, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, VNF a mis en place une expérimentation de collecte des eaux usées, avec pour objectif zéro rejet dans l’eau d’ici 2019. Jordane Bertrand


Entreprises

l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 7

Logirhône/Lam France

Deux entreprises signent la “Charte qualité place portuaire” de Marseille-Fos Après avoir été signée par indiqué l’UMF. Cette dernière quelques associations profes- prévoit de jouer le rôle de relais sionnelles, la “Charte qualité en matière de communication. place portuaire” commence à remporter l’adhésion de certaines La commission entreprises. de transport et le Ainsi, l’opérateur de transfluvial à l’honneur port combiné Logirhône vient de la signer. Dans le cadre de son La charte a été signée par Gilles projet lié cette charte créée par Peyrot, directeur général de l’UMF, la filiale rhodanienne du Logirhône, et Alain Maliverney, groupe havrais Sogestran (qui va directeur région Rhône de l’opécélébrer cette année les 70 ans rateur, en présence Jean-Philippe de sa création), s’est engagée Salducci, président de l’UMF. à communiquer régulièrement Autre nouveau signataire du un ensemble de secteur privé de la KPI concernant charte qualité, le la qualité de son commissionnaire “Augmenter service fluvial de transport Lam (notamment le significativement France. La société respect des délais le projet le report modal” nourrit et la fiabilité des d’augmenter siescales, le pourgnificativement, centage de nonchaque année, “la conformité, etc.), ainsi que la part de report modal dans ses pré part de réduction des émissions et post-acheminements, contride composés organiques volatils buant ainsi également à la réduc(COV) et de gaz à effets de serre tion des émissions de COV et de (GES) liée au report modal, a GES dans le transport”.

© VNF P. Lemaître

À Marseille, deux entreprises privées ont signé le 1er février dernier la “Charte qualité place portuaire” initiée par l’Union maritime et fluviale de Marseille-Fos (UMF).

Stéphane Salvetat, directeur général de l’entreprise de transit mais aussi président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos et sa région (STM), indique : “Nous sommes les premiers transitaires à signer cette charte. En 2016, la part de report modal en rail et barge dans le volume total

de notre trafic s’était élevée à 20 %, soit 7.500 EVP. Nous tablons pour 2018 sur une progression de 30 % de notre report modal, considérant que notre trafic global a progressé de 45 % par rapport à 2016”.

La charte a été signée par le dirigeant de Lam France et Clément Brieussel, agent commercial, en présence également de Jean-Philippe Salducci. Vincent Calabrèse

Blondel UPS

Résultats en hausse l’an dernier

UPS a indiqué en présentant ses résultats que son bénéfice trimestriel avait été affecté par des dépenses opérationnelles imprévues de l’ordre de 125 millions de dollars liées à une forte augmentation des achats en ligne lors de la période des fêtes qui avaient saturé son réseau de distribution. Quelque 762 millions de colis ont été livrés pendant les fêtes, soit 7 % de plus que l’année précédente et 12 millions de plus que ce qu’UPS avait prévu, d’après le directeur financier, Myron Gray, responsable pour les activités aux ÉtatsUnis. Sur le seul week-end prolongé de la Thanksgiving en novembre, qui comprend le “Cyber Monday”, l’augmentation du nombre de colis a été de 20 %, a-t-il souligné, indiquant que cela “avait poussé notre réseau aux États-Unis au-dessus de ses capacités”. Le PDG du groupe, David Abney, a salué pour sa part la réforme fiscale votée en décembre aux États-Unis, qui “permettra de débloquer des ressources importantes”, ajoutant que “la croissance du commerce électronique et

transfrontalier et les besoins de nos clients pour des services spécifiques créent une demande sans précédent pour nos services aériens aux États-Unis et à l’étranger”. L’explosion du commerce en ligne place des contraintes particulières sur les expressistes, qui n’ont pas toujours anticipé les investissements nécessaires pour livrer les marchandises commandées sur internet. Le groupe américain de messagerie a donc prévu d’augmenter cette année ses investissements pour les porter à un chiffre compris entre 6,5 à 7 milliards de dollars. Elles porteront notamment sur des investissements dans de nouvelles technologies, de nouveaux avions et de chaînes de tri automatisées des colis. Sur les trois derniers mois de 2017, le bénéfice net a atteint 1,1 milliard de dollars, comparé à une perte de 239 millions de dollars un an plus tôt lorsque UPS avait inscrit une importante charge liée aux retraites de ses employés. Le chiffre d’affaires a atteint 18,8 milliards de dollars, en progression de 11,2 %. Il a notamment progressé de 8,4 % aux États-Unis à 11,8 milliards de dollars et de 13 % à 3,75 milliards de dollars à l’international. Il a progressé de 21 % à 3,2 milliards pour le transport de fret. Sur l’année, le bénéfice net a bondi de 43 % à 4,91 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 65,8 milliards de dollars (+ 8,2 %). © UPS

UPS a publié des résultats en hausse, mais a rencontré des problèmes d’engorgement de son système de livraison au quatrième trimestre qui ont pesé sur son bénéfice.

Acquisition des activités routières de Grimonprez Avec 1.500 cartes grises et plus de 1.800 collaborateurs, le groupe Blondel s’affirme comme un leader du transport routier de marchandises. L’acquisition des Transports Grimonprez et Vercaigne marque une nouvelle étape dans son développement. Après le rachat de Citra-Dropsy en février 2016, le groupe Blondel a achevé une deuxième croissance externe d’ampleur avec la reprise des activités routières du groupe Gimonprez, basée dans les Hauts-de-France. Cellesci regroupent les Transports Grimonprez et Vercaigne. Entreprises complémentaires Ces activités confèrent au groupe Blondel, membre de Tred Union, un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, une flotte de 500 véhicules, et un effectif de 485 salariés. Grimonprez et Vercaigne sont spécialisés dans les transports volumineux, l’agroalimentaire, la verrerie et la grande distribution et sont complémentaires.

Pour réaliser cette acquisition, Blondel a reçu le soutien de ses actionnaires composés notamment d’un pool financier autour de la BPI, Picardie Investissement et CIC rejoint par la Société générale. Revendiquant la place de “premier transporteur familial des Hauts-de-France”, le groupe, basé à Saint-Quentin, dans l’Aisne, compte désormais 1.800 salariés. Son chiffre d’affaires bondit de 120  à 170  millions d’euros avec une flotte de 1.500 cartes grises. En plus d’activités dans l’overseas et la douane, Blondel développe trois métiers principaux : le transport et la messagerie, la logistique (220.000 m2 d’entrepôts) et la supply chain aéronautique. Il intervient dans les secteurs de la cosmétique, l’agroalimentaire, la grande distribution, l’édition, les produits chimiques et pharmaceutiques. De son côté, le groupe Grimonprez se recentre sur ses métiers logistiques autour de la marque Log’s, qui déclare un chiffre d’affaires de l’ordre de 100 millions d’euros, une capacité de 700.000  m2 et un effectif de 1.500 salariés. Érick Demangeon


Entreprises

8 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

Compagnie nationale du Rhône

Les dérèglements climatiques obligent à gérer l’incertitude !

© CNR Camille Moirenc

© CNR

sont en baisse et certains prévisionnistes évoquent des baisses très importantes de débits des eaux dans juste quelques dizaines d’années. Il y a de moins en moins de neige et de plus en plus de pluie. L’eau ne tombe pas où il le faudrait ni quand il le faudrait. L’augmentation de l’évaporation fait baisser les ressources en eau. Et bien sûr, tous ces phénomènes n’épargnent pas notre pays et la région du fleuve Rhône. “Il ne faut pas vouloir tous les ans les mêmes débits à tout prix. Il faut faire des choix, éviter les gaspillages, développer des alternatives comme le fait la Élisabeth Ayrault, CNR avec le solaire et l’éolien”, PDG de la CNR observe Élisabeth Ayrault qui À l’heure où sévissent des estime qu’en ces domaines, on inondations parfois dramatiques, pourrait créer des filières indusla Compagnie nationale du trielles avec des produits exporRhône (CNR) a choisi, en guise tables. “L’eau reste onze ans dans de vœux, d’être à contre-courant, le lac Léman avant d’arriver à Lyon et ce n’est en évoquant… pas parce que la sécheresse ! les fleuves dé“Nous avions Un film, axé sur les dérègle- l’habitude de travailler bordent que les nappes phréaments climasur une base de tiques sont à tiques, a permis à Élisabeth conditions climatiques un haut niveau. Leur niveau Ayrault, PDG raisonnables” reste bas”. de la CNR, de Dès ce mois provoquer la de janvier, le réflexion sur la Rhône était à son niveau d’étiage. “gestion de l’incertitude” ! Il fait de plus en plus chaud, de Ces trois dernières années ont été plus en plus sec, les débits d’eau particulièrement chaudes. Depuis

début décembre, trois crues se sont succédé mobilisant les équipes de la CNR. Elles handicapent une batellerie et une agriculture fragiles. Des experts estiment qu’il y a 40 % d’eau en moins dans le Rhône qu’en 2013. “Cela est préoccupant et cela impacte notre chiffre d’affaires car nous turbinons moins. Notre chiffre d’affaires a baissé de 150  millions d’euros. Nous

Bourbon

Chute de l’activité en 2017 dans un marché toujours difficile Le groupe de services maritimes à l’industrie pétrolière Bourbon a vu son chiffre d’affaires chuter en 2017, pénalisé par des conditions de marché toujours difficiles, malgré des signes de reprise. Le chiffre d’affaires de Bourbon a atteint 793,6 millions d’euros sur l’exercice 2017, ce qui représente un repli de 22,2 %, a indiqué le groupe jeudi 8 février. Le chiffre d’affaires ajusté, qui fait référence pour le groupe, a chuté dans une proportion similaire (- 21,9  %) pour s’établir à 860,6  millions d’euros. C’est l’activité “offshore continental” (en mer non profonde) qui a le plus souffert (- 44,8  %). “Les perspectives s ’ é c l a i rc i s s e n t mais le marché des services à l’offshore ne bénéficie pas encore de cette reprise, ralentie par la surcapacité des navires qui maintient des tarif bas”, a déclaré Gaël Bodénès, directeur général délégué de Bourbon.

Comme les autres entreprises parapétrolières, Bourbon a pâti pendant plusieurs années de l’effondrement des cours du brut, qui a forcé les compagnies pétrolières à tailler dans leurs dépenses. Le groupe s’est lancé dans une réduction de ses coûts et a aussi réaménagé sa dette cette année. Bourbon a toutefois noté une stabilisation de l’activité des services à l’offshore et s’attend à une reprise progressive au cours de l’année 2018. “Même lente, la reprise devrait se traduire par une augmentation très graduelle des taux d’utilisation freinée par une pression forte sur tarifs journaliers, conséquence de la surcapacité de navires sur le marché”, selon le groupe de services parapétroliers. Dans ce contexte difficile, Bourbon indique poursuivre ©B “l’adaptation de son modèle économique”, notamment de “ses efforts de rationalisation des opérations” et de “réduction des coûts”. ourbon

devons baisser les frais généraux, atténuer certains partenariats, mais nous ne toucherons jamais à notre mission de sûreté des ouvrages ni à l’accompagnement des territoires”. Malgré une baisse de chiffre d’affaires et des résultats, la compagnie enregistre pourtant 6,8 % de résultat net ! “Nous avions l’habitude de travailler sur une base de conditions climatiques raisonnables. Tout cela est en train de changer”. 80 % de la pollution des océans proviennent des vingt plus grands fleuves du monde. “Nous devons nous occuper de nos fleuves. C’est un impératif”, relève avec vigueur Élisabeth Ayrault. Et la CNR, qui gère le

fleuve Rhône de façon intégrée, un fait pas si fréquent, peut accompagner les fleuves dans de meilleures pratiques, notamment à travers “Initiatives pour l’avenir des grands fleuves” devenue association d’intérêt général en 2017. Enfin, afin de faire taire toutes rumeurs déplaisantes, devant un parterre de plusieurs centaines de personnes, Élisabeth Ayrault a bien martelé son désir de reconduction à la tête de la CNR en juillet prochain. “Je n’abandonnerai pas le poste !” Ainsi, très probablement réélue, elle pourra poursuivre ses efforts sur le dossier de la très espérée prolongation de la concession du Rhône… Annick Béroud

Le Cacoh en lutte ouverte contre l’érosion Créé en 1936, pour les études sur modèle physique du barrage de Génissiat, premier aménagement hydraulique de la Compagnie nationale du Rhône et devenu Centre d’analyse comportementale des ouvrages hydrauliques (Cacoh) en 2012, ce laboratoire, situé sur le port de Lyon, est aujourd’hui un fleuron technique de la CNR. Il mène deux projets d’envergure : Boreal et Loire. Le projet Boreal (Bio-renforcement des ouvrages hydrauliques en remblais), mené avec le pôle de compétitivité Axelera et divers partenaires comme EDF, Solétanche Bachy, nécessite un budget de 4,5 millions d’euros environ. Les enjeux concernent le traitement de l’érosion interne et la liquéfaction pour valider, en utilisant des bactéries, un nouveau mode de renforcement des digues en charge permanente. Face à divers phénomènes d’érosion et d’incision du lit de la Loire, le second chantier, porté par VNF et divers alliés français et européens, et en plusieurs phases, engage 42 millions d’euros d’études et travaux pour contrer cette dynamique d’érosion et permettre une restauration progressive du transit sédimentaire. Ces travaux entrent dans le cadre du Contrat pour la Loire et ses annexes 2015-2020. La maquette du Cacoh représente 4 km du fleuve. Hormis Boreal et la Loire, deux autres modèles sont en cours d’études au centre pour CNR. Le premier concerne l’étude de positionnement de la future petite centrale hydroélectrique de Vallabrègues (Gard) et le second la modélisation de la vanne de fond de la centralebarrage de Génissiat. Cinquante ouvrages en béton et 400 km de digues sont surveillés sur le Rhône chaque année via 63.000 mesures.


International

l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 9

Suisse

Bâle : le conteneur à ses sommets Le port suisse a conclu l’année pharmaceutiques ont bénéficié écoulée par un trafic de 5,79 mil- d’une croissance à l’export de lions de tonnes, en baisse de la puissante industrie bâloise 1,8  % sur un an. du secteur, mais Le transport de celle-ci a été com“Le trafic produits pétropensée par un liers, son poste fléchissement des sur le Rhin dominant (45  % importations, si a atteint son à lui seul), est bien qu’au solde, resté relative- record historique” ils affichent une ment stable, il n’a légère baisse de diminué que de 0,5 %, avec un 1 %, pour un total de 2,6 millions total de 344.500 tonnes. de tonnes. Ce sont les autres maLe motif de satisfaction vient tières qui tirent le bilan général à du conteneur fluvial. Avec un la baisse. Les céréales ont chuté total de 119.200 EVP, son trafic de 17,7 %, à 284.000 tonnes. Le sur le Rhin a atteint son record port l’attribue aux taux de fret historique. Il est en hausse de élevés qui ont entraîné des re- 4,1  % par rapport au record de ports vers des importations par 2016. les terres d’Allemagne, d’Italie et d’Europe de l’Est. Les matériaux Des installations de construction (- 4,5 %, soit saturées 884.000 tonnes) ont connu une pause d’activité qui ne devrait Deux facteurs conjonctuêtre que provisoire, la Suisse rels ont œuvré en sa faveur. Les planifiant à court terme le lan- basses eaux qui avaient pénacement de chantiers d’impor- lisé les statistiques en 2016 au tance. Les produits chimiques et second semestre ont été bien plus

Chine

Shanghai lance un terminal à conteneurs automatisé gine, avec l’autorité portuaire Shanghai International Port Group (SIPG), du système d’exploitation pilotant le site. Ce dernier permet notamment des opérations de chargement et de déchargement simultanées. Plus grand terminal automatisé au monde, la nouvelle installation du port de Shanghai Yangshan dispose dans sa phase de lancement d’une capacité de 4 M EVP. À terme, elle sera portée à 6,3 M EVP, et comptera alors 130 AGV, 26 STS et 120 portiques. Avec un linéaire de quai de 2.350 mètres et sept postes d’amarrage, l’autorité portuaire y déclare une réduction de 70 % de sa consommation d’énergie par rapport à un terminal équivalent non automatisé. En 2017, le port de Shanghai Yangshan a traité 40 M EVP, un trafic en hausse de 8 %.

rares l’an dernier, elles se sont concentrées sur janvier et février. D’autre part, l’incident de chantier à Rastatt en Allemagne a provoqué un fort report modal du fait de l’interruption d’août à octobre du trafic ferroviaire entre Karlsruhe et Bâle. Le port de Bâle observe toutefois que la hausse du conteneur fluvial s’est prolongée

au-delà : en comparaison du même mois en 2016, elle a atteint 36 % en septembre, 31 % en octobre, mais encore 34 % en novembre et 70 % en décembre, chiffre à relativiser par les basses eaux de fin 2016 cependant. En 2017, le conteneur ferroviaire a logiquement chuté de près de 12 % pour se limiter à 15.200 EVP.

Une tendance structurelle à la croissance du conteneur fluvial se dégage, selon le port suisse. Elle est tirée notamment par l’industrie pharmaceutique. Il en résulte une quasi-saturation des capacités qui rend “urgente” leur extension, estime la direction. Mathieu Noyer

Nigeria

Le port de Lagos échappe à la grève Les syndicats de travailleurs du port de Lagos, capitale économique du Nigeria, ont suspendu hier leur menace de grève, après que le gouvernement a promis de réparer les infrastructures routières, qui sont dans un état de délabrement avancé. L’union syndicale Maritime Workers Union of Nigeria (MWUN) s’est dite satisfaite de sa rencontre avec le ministre du Travail et les autorités des ports du Nigeria mardi 6 février, à Abuja. “Ils se sont engagés fermement à réparer les routes”, a déclaré Adewale Adeyanju, le secrétaire général de la MWUN. “Nous avons dès lors décidé de suspendre la grève et nous appelons nos membres à continuer le travail”, a-t-il ajouté. La semaine dernière, Adewale Adeyanju avait lancé un ultimatum au gouvernement,

menaçant de bloquer le port d’importations et d’exportations le plus important du Nigeria, pays de quelque 190 millions d’habitants. Compte tenu de l’état des routes, les camions peuvent rester bloqués des jours, voire des semaines, dans le quartier d’Apapa, l’un des plus vétustes de Lagos. Le port de Lagos représente pourtant 60 % des importations maritimes du pays et a généré près de 70 % de ses revenus douaniers (2,2 milliards d’euros en 2017). “La route d’Apapa est devenue le paradis des criminels, qui sautent sur n’importe quelle occasion pour attaquer ou voler les innocents, y compris nos travailleurs qui doivent emprunter cette route, qui n’est même plus praticable”, avait expliqué Adewale Adeyanju.

Érick Demangeon

© Bolloré

© SIPG

De la taille de 312 terrains de football, le nouveau terminal à conteneurs aménagé sur le port de Shanghai Yangshan est 100 % automatisé. Avec une capacité de 6,3 M EVP à terme, il devient la plus grande installation de ce type au monde. Après des tests menés en décembre, la quatrième et dernière tranche d’extension du port à conteneurs en eaux profondes de Shanghai Yangshan entre progressivement en opération. Représentant un investissement de 2,15 milliards de dollars, le nouveau terminal est entièrement automatisé. Sur une superficie de 2,23 millions de m2, soit la taille de 312 terrains de football, il est équipé pour l’heure de cinquante engins autoguidés sans conducteur (AGV), dix  grues de quai (STS) et quarante portiques. L’ensemble de ces équipements ont été fournis par Shanghai Zenhua Heavy Industry (ZPMC) à l’ori-

© SBB Cargo

Un léger recul dans le vrac, un record dans le conteneur : le port de Bâle a connu des évolutions variées de trafic en 2017.


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l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 11

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12 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

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l’antenne - Semaine 7 - Février 2018 - 13

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14 - Semaine 7 - Février 2018 - l’antenne

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15 - Semaine 7 - Février 2018

Mouvement

Les vracs secs et les frets pétroliers hésitent avant le Nouvel An chinois © Teekay

Le directeur général français du constructeur russe Avtovaz, Nicolas Maure, est sur le point d’être remplacé, a déclaré Sergueï Tchemezov, patron du conglomérat public russe Rostec, actionnaire avec l’alliance RenaultNissan du numéro un du marché automobile russe. À la tête d’Avtovaz depuis le printemps 2016, Nicolas Maure est également depuis le 1er janvier 2018 directeur des opérations de la région Eurasie du groupe Renault. “La décision est prise, et (Nicolas) Maure a déjà été nommé à la tête de la division régionale de Renault. Ils sélectionnent actuellement un candidat, ils doivent se mettre d’accord avec nous”, a déclaré mardi soir Serguei Tchemezov.

Trafic

Frets maritimes

Grève Dix syndicats d’Air France, dont ceux représentant les pilotes, appellent à une journée de grève le 22 février pour réclamer une augmentation générale de 6 % en 2018, “au titre de l’inflation perdue” depuis six ans. Trois syndicats de pilotes (SNPL, Spaf et Alter), quatre d’hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC et SNGAF), ainsi que trois d’agents au sol (CGT, FO et Sud) s’opposent à l’accord minoritaire prévoyant 1 % d’augmentation générale en deux temps pour 2018. L’accord, signé par la CFE-CGC et la CFDT (31,3  % des voix ensemble), constitue une “aumône (...) bien en deçà des attentes des salariés” car “elle ne pourra compenser l’augmentation du coût de la vie et rattraper les salaires bloqués depuis 2011”, date de la dernière augmentation générale, estiment les syndicats.

Réactions Les organisateurs de transporteurs routiers ont de nouveau critiqué la gestion par les autorités de l’épisode neigeux, fustigeant un usage “incohérent du principe de précaution”, après avoir été reçus vendredi 9 février par la ministre des Transports, Élisabeth Borne. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a dénoncé “l’insuffisance de coordination et le manque de clarté dans le traitement de la diffusion de l’information” et le “stockage massif et parfois injustifié de véhicules en bord de route”. L’OTRE réclame “que cessent immédiatement les stockages préventifs” dans les zones non touchées, ainsi que “la levée des interdictions”, dans les zones où est constatée une amélioration notable des conditions météorologiques”.

Commandes

Les vracs secs et les frets pétroliers ont divergé la semaine dernière dans un marché hésitant avant les célébrations du Nouvel An chinois. “Les volumes sont limités, le moral des participants du marché mitigé, et la direction à court terme est incertaine”, ont résumé les analystes du courtier Fearnleys. Le premier importateur de matières premières et de pétrole, la Chine, tournera au ralenti pour les célébrations du Nouvel An, qui auront lieu le 16 février. Indice phare du marché, le Baltic Dry Index (BDI), qui fournit une estimation moyenne des tarifs pratiqués sur vingt routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.), a fini vendredi 9 février à 1.125 points, contre 1.095 points une semaine auparavant. “Les volumes sont limités, le moral des participants du marché mitigé” Le Baltic Capesize Index 2014 (BCI 2014), qui compile les tarifs de la catégorie de navires “capesize”, forcés par leur taille imposante à naviguer au large des caps Horn et de Bonne-Espérance, a terminé la semaine à 1.790 points contre 1.470 points une semaine auparavant. Le Baltic Panamax Index (BPI), qui synthétise les tarifs pour quatre routes (la plupart pour les céréales) empruntées par des navires de la catégorie “panamax”, a terminé en baisse vendredi 9 février à 1.250 points, contre 1.359 points une semaine auparavant. Le Baltic Clean Tanker Index (BCTI), moyenne des prix pratiqués sur six routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fuel de chauffage, etc.), a terminé à 632 points vendredi 9 février, contre 606 points sept jours auparavant. L’indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI), moyenne des taux pratiqués sur dixsept  routes de transport de pétrole brut et de fuel lourd, a fini vendredi 9 février à 642 points contre 658 points la semaine précédente.

© DR

Un pétrolier relâché dans le golfe de Guinée Un navire avec 22 membres d’équipage indiens a été relâché mardi 6 février par les pirates qui s’en étaient emparés dans le golfe de Guinée. Les autorités avaient perdu le contact cinq jours plus tôt avec le “Marine Express”. Ce pétrolier 180 mètres de long construit en 2009 et battant pavillon panaméen transportait 13.500 tonnes de carburant. Il mouillait au large du Bénin au moment de l’attaque. “Le Marine Express, qui a été le sujet d’une attaque et d’une capture de pirates dans le golfe de Guinée le 1er février, est maintenant de retour sous le commandement de son capitaine et de son équipage”, a annoncé son armateur, la compagnie Anglo-Eastern, basée à Hong Kong.

Le trafic aérien mondial de passagers a crû de 7,6 % en 2017, avec une hausse dans toutes les régions du monde, selon l’Association internationale des transporteurs aériens (Iata). Le trafic domestique a gagné 7 %, poussé par l’Inde, la Chine et la Russie, l’international a fait un bond de 7,9 %. Pour la première fois depuis 1994, les compagnies d’Asie-Pacifique affichent la plus forte croissance (+ 9,4 %) grâce au développement économique de la région et à l’ouverture de nouvelles lignes, estime l’Iata. L’Amérique latine a enregistré sa progression la plus forte depuis 2011, avec 9,3 %, mais la tendance a ralenti en fin d’année en raison des ouragans qui ont aussi frappé les États-Unis. En Europe, le trafic a augmenté de 8,2 %, sur fond d’embellie économique. Les compagnies africaines ont enregistré une croissance de 7,5 % et celles du Moyen-Orient de 6,6 %. Pour la première fois en vingt ans, ces dernières ont vu leur part dans le trafic mondial diminuer, à 9,5 %.

“Tous les membres d’équipage seraient indemnes et en bonne santé, et la cargaison de 13.500 tonnes d’essence est toujours à bord”, a-t-elle ajouté, félicitant les marins pour leur “courage et

force dans la gestion de cette situation difficile”. L’armement n’a pas précisé s’il avait versé une rançon en échange de la libération du navire et de son équipage. Le golfe de Guinée est l’un des points de piraterie les plus chauds du globe depuis que la Somalie a été mise sous contrôle par l’opération militaire européenne Atalante. L’absence d’opportunités économiques dans les pays alentour et la pêche illégale de navires étrangers sont vues comme les principales causes de ce phénomène. Le Bureau maritime international (BMI) a recensé 121 attaques dans le monde en 2017, dont 31 le long de la côte occidentale africaine et 24 dans le golfe de Guinée.

Airbus a enregistré en janvier 15 commandes nettes pour des appareils de la famille de monocouloirs A320 et a livré 27  avions pendant la même période, a annoncé l’avionneur jeudi 8 février. La compagnie chinoise de leasing China Aircraft Leasing groupe Holdings Limited (Calc) a commandé 15 A320 Neo, la version remotorisée de son moyencourrier vedette, et 5 A320 classique ont été commandés par la compagnie low-cost américaine Spirit Airlines. En prenant en compte une conversion de commandes, le nombre de commandes nettes en janvier a été de 15 appareils. En quelque quarante ans d’existence, le constructeur européen a enregistré 18.206 commandes d’appareils, dont 14.135 pour des moyen-courriers, et a livré près de 11.000  avions. Un peu plus de 6.000 des 14.135 moyen-courriers commandés sont des versions remotorisées (Neo, New Engine Option), moins gourmandes en carburant. En janvier, 21 A320, 2 A330-300 et 4 A350900 ont été livrés.

Recrutement La Fédération européenne des ports intérieurs (European Federation of Inland Ports, Efip) se cherche un nouveau directeur pour succéder au Néerlandais Alexander van den Bosch, qui la dirige depuis septembre 2015. Le poste consiste à suivre les politiques européennes et tenir informé les membres des évolutions qui les concernent. Développer des stratégies de lobbying, représenter le secteur auprès des décideurs européens et des médias, notamment. L’Efip regroupe quelque 200 autorités portuaires, maritimes et fluviales, dans dix-sept pays de l’Union européenne et la Suisse.

Embouteillages Los Angeles a été la ville la plus embouteillée au monde en 2017, suivie par Moscou et New York ex-aequo, d’après une étude publiée mardi 6 février par le cabinet d’analyses spécialisé dans l’automobile connectée Inrix. Les habitants de la Cité des Anges ont passé 102 heures l’an dernier dans les embouteillages, contre 91 heures pour ceux de Moscou à égalité avec les New-Yorkais. Suivent Sao Paulo (86 heures), San Francisco (79), Bogota (75) et Londres (74), affirme cette étude. Paris se place en neuvième  position (69 heures). À l’échelle des pays, la Thaïlande décroche la première place du pays où les automobilistes passent le plus de temps pare-choc contre pare-choc.

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