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Entreprises

l’antenne - Semaine 51 - Décembre 2013 - 7

Borealis Pec-Rhin

Logistique renforcée à Ottmarsheim Le fabricant d’engrais azotés Borealis Pec-Rhin tire profit de la proximité du port de Mulhouse-Ottmarsheim pour utiliser la voie d’eau, surtout pour ses approvisionnements. Fabricant d’engrais localisé et 350.000 tonnes. Une partie de depuis son origine dans la zone l’ammoniac alimente le site voisin portuaire d’Ottmarsheim (Haut- Solvay-Rhodia. Dans le sens des Rhin), l’entreprise Borealis Pec- expéditions, par contre, la voie Rhin a vocation à utiliser la voie d’eau représente moins de 20 % fluviale à ce double des 3.400 tonnes titre. La barge rhéquotidiennes condi“Objectif : nane constitue effectionnées en vrac ou tivement un pilier de 340.000 tonnes en bigs bags, à raison ses approvisionned’un départ bateau en 2015” ments pour sa synpar jour en moyenne. thèse d’ammoniac et “La limite vient de la d’acide nitrique, les deux “ingré- localisation des clients, qui sont dients” indispensables à la fabrica- peu souvent embranchés”, soution de ses deux qualités d’engrais ligne Frédéric Calderara, resazotés. Ces matières chimiques ponsable HSE (hygiène-sécuritéviennent principalement de environnement) de l’usine. Rotterdam et de Ludwigshafen. Le site de 183 salariés a récemPec-Rhin en produit chaque année ment investi dans la logistique qui respectivement 250.000 tonnes lui apporte un atout majeur aux

STX France

Un portique géant pour nouvel atout commercial Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire se sont équipés du plus puissant portique d’Europe, qui double leur capacité de levage. Ils en attendent une nette augmentation de leur productivité dans la construction des paquebots. Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire se sont équipés d’un portique levage. Cet engin, rouge et blanc aux couleurs des chantiers, est le plus puissant déployé en Europe. Il va permettre de doubler la capacité de levage sur le chantier, qui va passer de 650 à 1.200 tonnes, ce qui doit diminuer le temps de manœuvre pour la construction de paquebots, spécialité des chantiers de Saint-Nazaire. Il vient remplacer l’actuel portique qui datait de 1967. 30 % de temps de manœuvre gagné “C’est un signe fort que nous envoyons, car sans portique, on ne fait pas de bateau”, a souligné sur place Bertrand Ducharlat, responsable de l’outillage pour STX France, alors que parallèlement les chantiers développent depuis deux ans une politique de diversification vers l’éolien marin. Les opérations de levage de la poutre maîtresse de cet équipement ont démarré le 12 décembre, au rythme de “500 mm toutes les 5 minutes” (60 cm/h), a expliqué Alban Moyon, chef de

projet du “TGP” (Très Grand Portique, NDLR) pour STX. La construction de l’ouvrage, entamée sur les chantiers de STX en Chine il y a trois ans, a été achevée à SaintNazaire. Les pieds, rayés de rouge et blanc, sont chinois, tandis que la majeure partie de l’ouvrage est de réalisation locale. Une fois la poutre soulevée à 55 mètres de haut avec les pieds, il faudra emboîter ces derniers dans les emplacements qui les attendent sur les “bogies”, immenses chariots sur rail. Ces derniers permettront de déplacer le portique au-dessus de la cale de construction des navires, pour assembler les blocs préconstruits qui les constituent. Le doublement de la capacité de levage des blocs va permettre de réduire le nombre de tronçons à assembler, d’où un gain de temps et des économies. “Deux fois moins de blocs devront être construits” pour faire un navire, a souligné Bertrand Ducharlat alors que STX a donné le coup d’envoi cet automne de la construction du plus gros paquebot du monde, un navire de classe “Oasis”, pour l’armateur américain Royal Caribbean Cruises. Cela représente “30 % en moins de temps de manœuvre”, a souligné Alban Moyon, “nous gagnons en productivité”. Au total, le nouveau portique mesurera 65 mètres de haut et sera doté de trois chariots de transport. Après les essais prévus début 2014, il doit entrer en service en mars pour la construction de l’“Oasis”.

© Christian Robischon

De gauche à droite : Johan van Grootel (président de Borealis Pec-Rhin), Frédéric Calderara (responsable HSE du site), Simon Jones (vice-président développement de Borealis) et Louis Desal (vice-président opérations)

yeux de son nouveau propriétaire le groupe international Borealis. L’usine a doublé ses volumes de stockage à 80.000 tonnes en début d’année, par l’aménagement d’un second hangar. “La logistique est vitale dans notre activité. Situé au cœur de l’Europe et en particulier à proximité des marchés français, allemand et suisse, Ottmarsheim concentre un cinquième de nos capacités de stockage d’engrais (alors qu’il ne représente que 10 % de la production, NDLR)”, souligne Simon Jones, vice-président développement de Borealis. La modernisation de la logistique s’inscrit dans un programme

d’investissements de 71 millions d’euros sur la période 2012-2016 que Borealis a enclenché dès sa reprise du site, auparavant copropriété de BASF et GPN (groupe Total). Investissements Le groupe augmente la production en réduisant les temps d’arrêt à leur minimum. Ainsi, Pec-Rhin parviendra à 320.000 tonnes cette année contre 240.000 en 2011 et il vise le seuil de 340.000 tonnes en 2015. Il se place ainsi parfaitement dans la stratégie offensive de Borealis, au même titre que les ex-sites GPN de Grand-

Guévilly (Seine-Maritime) et Grand Puits (Seine-et-Marne), également bénéficiaires de 125 millions d’euros d’investissements sur cinq ans. Spécialiste des polyoléfines et de la chimie de base, le groupe basé en Autriche voit dans les engrais une voie pertinente de diversification. “Nous sommes leaders le long du Danube. Et par le doublement des volumes commercialisés (production propre et négoce) à 10 millions de tonnes d’ici 2020, nous voulons devenir le numéro  deux européen”, annonce Simon Jones. Christian Robischon

GTT

GDF lance l’introduction en Bourse de sa filiale Les groupes énergétiques français GDF Suez et Total ont lancé le 16 décembre l’introduction en Bourse de leur filiale d’ingénierie navale Gaz Transport & Technigaz (GTT), avec l’enregistrement de son document de base auprès des autorités boursières. GDF Suez et Total lancent l’introduction en Bourse de GTT. Cette filiale, qui compte aussi le fonds britannique Hellman & Friedman parmi ses actionnaires, est spécialisée dans la mise au point de membranes pour le confinement du gaz dans les méthaniers, ces navires dédiés au transport de gaz naturel liquéfié (GNL). GDF Suez détient une participation de 40 % dans GTT, Total et Hellman & Friedman se partageant les 60 % restants. Période favorable “L’enregistrement du document de base constitue la première étape du processus d’introduction en Bourse sur le marché réglementé de Nysa Euronext à Paris”, a indiqué GTT. Le texte ne donne aucune précision sur le calendrier de l’opération, se contentant d’écrire qu’elle

interviendrait “sous réserve des conditions de marché”. Le quotidien économique “Les Échos”, qui avait évoqué l’hypothèse d’une entrée en Bourse dès le mois dernier, évoquait à l’époque le mois de février comme date visée pour l’opération. La période actuelle est favorable pour une telle opération, plusieurs grosses opérations récentes, comme celles de Numericable, de Tarkett, de Blue Solution ou de Groupe Fnac s’étant bien passées. En janvier 2012, des sources industrielles avaient indiqué que trois groupes sud-coréens de construction navale, Daewoo, Hyundai et STX, avaient proposé de racheter GTT pour 1 milliard d’euros, dans l’espoir de contrer les appétits d’acteurs chinois. Le nom du chinois Rongsheng Heavy Industries avait aussi été évoqué dans ce dossier. Mais, selon “Les Échos”, GDF Suez et Total ont renoncé à vendre aux Sud-Coréens, par crainte que le nouveau propriétaire ne leur applique des tarifs défavorables. En effet, les membranes conçues par GTT équipent 70 % des méthaniers en activité dans le monde, une part de marché qui atteint 90 % pour les navires en construction. Basée dans les Yvelines en région parisienne, GTT emploie aujourd’hui 275  salariés et réalise autour de 200 à 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Hebdo sem51 2013