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2 - Semaine 51 - Décembre 2013 - l’antenne

Infrastructures/Institutions

Seine-Nord Europe

Horizon 2022 pour un coût ramené à 4,5 milliards d’euros Au nombre de sept, les propositions de Rémi Pauvros permettent la réalisation de Seine-Nord Europe en préservant ses performances de navigation. Avec un financement revu à 4,5 milliards d’euros, le canal reconfiguré ouvrirait en 2022 sous le pilotage d’une nouvelle structure publique chargée de le réaliser. Le rapport de plus de 200 pages à sa demande. Celle-ci estime sur la reconfiguration de Seine- que le projet serait à l’origine de Nord Europe est “le fruit d’une 10.000 à 13.000 emplois directs large concertation, au-delà du et indirects par an durant les six seul périmètre du canal, à l’issue à sept années de chantier, et de de laquelle il res50.000 emplois sort une très forte à l’horizon 2050. attente des acteurs second point “Créer en parallèle Le économiques et d’appui de la déles conditions publics en faveur marche du député du projet”. Point a été “le maintien d’accès direct de départ “esde la déclaration à Port 2000” sentiel de ma déd’utilité publique marche” confie (DUP)”, et donc Rémi Pauvros, du tracé et des cette justification économique est caractéristiques de navigation validée par une nouvelle étude du canal soit : “Le gabarit Vb réalisée par Setec international autorisant des convois jusqu’à 4.400 tonnes d’une longueur de 185 mètres et larges de 11,5 mètres. Le reste du réseau au nord et au sud permet a minima des convois de 3.000  tonnes”. Aussi, la mission propose-t-elle une approche progressive inspirée du canal inistère des ransports Albert en Belgique : “ouvrir le tronçon central de 106 kilomètres entre Compiègne et Douai dès 2022 pour profiter d’un réseau interconnecté, puis améliorer les parties Nord et Sud selon les besoins du marché”.

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Priorité au canal Condé-Pommeroeul

Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a annoncé vendredi 13 décembre à Vieux-Condé, dans le Nord, que la réouverture du canal entre Condé-surl’Escaut et Pommeroeul, en Belgique, fermé à la navigation pour cause d’envasement, était “une priorité”. Frédéric Cuvillier veut mettre l’accent sur le canal Condé-Pommeroeul. “Condé-Pommeroeul est une priorité. C’est une priorité parce que cela donne du sens et anticipe la réalisation du canal Seine-Nord. Je serai extrêmement attentif à ce qu’on puisse mettre dans le cadre du contrat de plan État-région la priorité pour la mise à niveau du CondéPommeroeul et la navigabilité de ce canal”, a déclaré le ministre, en marge de l’inauguration de la ligne 2 du tramway de l’agglomération de Valenciennes. “C’est un projet qui a fait l’objet de nombreuses études. Depuis au moins trois à quatre ans nous travaillons sur ses aspects techniques avec nos voisins belges”, a expliqué Valérie Létard, présidente de Valenciennes Métropole. Le programme d’inter-

vention pour le canal, long de quelque 6 km entre Condé-surl’Escaut, à quelques kilomètres au nord de Valenciennes, et Pommeroeul, “va osciller entre 60 et 80  millions d’euros”, a-t-elle ajouté. “Le canal Condé-Pommeroeul nous permet d’être relié aux grands ports d’Europe du Nord dans les meilleures conditions et de devenir la première base arrière en France de ces grands ports que sont Anvers ou Zeebrugge”, a assuré Valérie Létard, également sénatrice (UDI) du Nord. “Le canal Seine-Nord optimise encore plus cette capacité de transit” dans la région, a-telle souligné. Entre 60 et 80 millions d’euros “Dans quelques jours, j’aurai l’occasion de tirer les conséquences du rapport remis par Rémi Pauvros” pour le canal Seine-Nord, a indiqué Frédéric Cuvillier. Selon le rapport du députémaire de Maubeuge (Nord), Rémi Pauvros (PS), le coût du projet de canal Seine-Nord Europe entre l’Oise et l’Escaut est fortement révisé à la baisse, autour de 4,5 milliards d’euros, et ce grand chantier porteur de croissance pourrait démarrer dès 2015 si le gouvernement donnait son feu vert.

de certains équipements spécifiques comme l’approvisionnement en eau de la région autour de Lille”. S’agissant des platesformes multimodales prévues sur le tracé, leur développement serait confié aux régions et aux collectivités territoriales. En abandonnant le financement au travers d’un partenariat public-privé à l’origine de frais financiers de plus de 1,5 milliard d’euros, le coût de la nouvelle mouture s’élève désormais à 4,5 milliards d’euros. Lors du Conseil des ministres Économies des Transports européens à Tallin suggérées mi-octobre 2013, l’Europe s’est Sur le projet reconfiguré, engagée à porter sa participation Rémi Pauvros identifie des éco- à hauteur de 40 % dans le cadre nomies de 550 à 650 millions du nouveau Mécanisme d’interd’euros “sans remettre en cause connexion en Europe (MIE). À la DUP  : Réutiliser sur environ ces 2 milliards environ, les col10 kilomètres le canal du Nord, lectivités territoriales, régions supprimer une écluse et réduire et départements en tête, ont de moitié la hauteur de l’écluse la en parallèle signé une déclaraplus haute, différer la réalisation tion d’engagement à hauteur de

1 milliard, soit le double par rapport au financement précédent. “Les grands projets font l’objet d’une contribution équivalente de l’État”, précise le député. Le solde de 500 à 700 millions d’euros proviendrait de la société chargée du projet. Celle-ci associerait “l’État, Voies navigables de France, les collectivités, et serait ouverte à d’autres partenaires”. Sur le modèle des grands corridors RTE-T, un coordinateur national serait en outre nommé. L’année prochaine pourrait être consacrée à la mise en forme du projet pour son dépôt auprès des instances européennes courant 2014. Celui-ci est soumis à l’arbitrage de l’État et “en parallèle des négociations des CPER”. Seine-Nord Europe serait alors éligible aux financements MIE sur la période 2014-2020... Érick Demangeon

Lettre ouverte pour le lancement du chantier Une soixantaine de responsables politiques, chefs d’entreprise et dirigeants de chambres de commerce du Nord de la France et de Belgique ont appelé à l’ouverture rapide du chantier du canal Seine-Nord Europe dans une lettre ouverte au président François Hollande publiée lundi 9 décembre. “Nous vous demandons, monsieur le président, d’officialiser le lancement opérationnel du projet canal Seine-Nord Europe pour permettre le développement d’une politique de transport cohérente, durable et européenne”, avec à la clé la création de dizaines de milliers d’emplois potentiels, ont écrit les signataires à deux jours de la remise, prévue aujourd’hui, du rapport de la mission sur ce sujet dirigée par le député-maire de Maubeuge, Rémi Pauvros, au ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier. Les auteurs de la lettre redoutent l’abandon ou le énième report d’un projet qui permettrait, en réalisant une centaine de kilomètres entre l’Oise, près de Compiègne (Oise) et le canal Dunkerque-Escaut à hauteur de Cambrai (Nord), le passage de péniches à très grand gabarit (185  mètres et 4.400 tonnes). Un tel chantier,

outre le travail procuré pendant des années à des entreprises du bâtiment, créerait une liaison fluviale aux normes européennes entre la vallée de la Seine et celle de l’Escaut, et par-delà, les réseaux fluviaux allemand et néerlandais. Le gouvernement avait chargé Rémi Pauvros en avril d’examiner la possibilité de “reconfigurer” ce projet, dont les coûts évalués étaient passés de 4,5 à 7 milliards d’euros, le rendant irréalisable dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) qui avait été retenu à l’origine. Ayant la “certitude” que la mission confiée à Rémi Pauvros “viendra conforter l’intérêt que présente la réalisation de cet ouvrage”, les signataires, qui vont de Martine Aubry, maire PS de Lille, à Olivier Dassault, député UMP de l’Oise, de Patrick Dupriez, président du Parlement wallon, à Stefaan De Clerck, président de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai, soulignent qu’“en ces temps de bataille contre le chômage, il est essentiellement porteur de dizaines de milliers d’emplois”. Ce projet permettrait aussi d’“alléger d’environ 500.000 poids lourds par an les réseaux autoroutiers”, ont encore assuré les signataires.

Hebdo sem51 2013  
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