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Institutions/ Infrastructures Nice-Côte d’Azur : Décollage imminent pour l’extension d’un terminal à l’aéroport

www.lantenne.com Semaine 20 - Mai 2018 ISSN 0395-8582 - CPPAP 0319T79480

Ligne régulière

Le canal de Panama s’agrandit encore et crée un appel d’air

BNP Paribas Real Estate : Les investissements logistiques se hissent à des niveaux record en Europe Marseille-Fos : L’Algérie, la Tunisie et le Maroc, des partenaires-clés Entreprises Air France-KLM : Un mariage de raison difficile mais nécessaire

Carrefour : Stef va opérer la plateforme d’Aulnay-sous-Bois CMA CGM : Le Maghreb, la facette d’un marché intrarégional pleine de ressources International Air Sénégal SA : Lancement d’une nouvelle compagnie sénégalaise

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© ACP

Dachser : Un chiffre d’affaires supérieur à 6 md EUR en 2017 avoisinant les 366 mètres et 17 autres en commande. Il constate que, pour le moment, seulement 11 de ces porte-conteneurs transitent effectivement par le canal mais estime que ce chiffre devrait doubler dans les prochains mois, avec l’augmentation de la capacité. Alphaliner s’attend à une hausse de l’offre de 10  % sur les routes Asie-côte Est L’autorité du canal de Panama a annoncé des États-Unis d’ici juillet. Une augmentation l’augmentation au 1er  juin de la largeur des quasiment uniformément répartie entre les navires admissible, de 49 à 51,25 mètres. Cet trois grandes alliances. Ocean Alliance (CMA CGM, Cosco, ajustement permettra de faire passer par l’ouvrage interocéanique des navires transportant Evergreen et OOCL) a ainsi ajouté 10,3 % à 20 rangées de conteneurs sur leur largeur en sa capacité en augmentant la taille des navires à 13.000-14.000 EVP sur deux de ses services pontée, contre 19 actuellement. Selon les statistiques d’Alphaliner, (l’AWE1/Manhattan Bridge et l’AWE5/SAX) 123  porte-conteneurs répondant à ces cri- à partir du 1er mai. Toutes ces unités utilisent des porte-conteneurs comtères sont en activité dans prenant 19 rangées en larle monde, des unités dont la le canal. capacité est comprise entre “La part de marché geurDeet empruntent la même manière, 13.386 et 14.993 EVP. THE Alliance (HapagMais 59 d’entre eux déde Panama Lloyd, Yang Ming, “K” Line, passent la longueur limite est de 72 %, Mol et NYK) va augmenter (366 mètres) d’admission sa capacité totale de 9,8 %, dans le canal. contre 48 % en notamment en alignant sur Le consultant affirme que janvier 2016” son service EC4 des navires 22  navires en commande de 13.400 à 14.000 EVP de dans le monde possèdent à 20 cellules en largeur qui la fois les 20  rangées et la longueur satisfaisant aux nouvelles dimen- ne pouvaient jusqu’ici emprunter le canal de sions du canal. Le plus grand d’entre eux aura Panama. Les armateurs de l’alliance 2M, Maersk, une capacité nominale de 15.052 EVP une MSC et leur partenaire Hyundai MM vont fois construit. accroître leur offre de 10,1 %, principalement grâce à la modification de deux services utiL’offre va augmenter de 10 % lisant le canal. Le TP-18/Lone Star Express Le consultant dénombre 101  “maxi-neo- entre l’Asie et le golfe du Mexique verra ses panamax” de 12.552 à 14.500 EVP compor- porte-conteneurs de 4.600 à 5.000 EVP remtant 19 rangées de conteneurs et une longueur placés par des unités de 6.000 à 7.000 EVP.

La nouvelle révision à la hausse de la capacité du canal de Panama va entraîner une nouvelle croissance de la taille des navires qui l’empruntent et va permettre une augmentation de l’offre entre Asie et côte Est américaine.

Sur le TP-11/America, les navires de 8.400 à 10.000 EVP ont été remplacés par des unités de 9.700 à 11.300 EVP. Évolution spectaculaire depuis 2016 De manière générale, Alphaliner relève que le trade Extrême-Orient-côte Est des ÉtatsUnis a augmenté significativement depuis 2016 et la livraison du nouveau jeu d’écluses du canal de Panama. La capacité moyenne des porte-conteneurs transitant par l’ouvrage était de 4.600 EVP il y a deux ans. Elle atteindra 8.300 EVP en juillet 2018, selon le consultant. “Cette extension de plusieurs milliards de dollars a permis au Panama de récupérer presque toute la part de marché qu’il avait concédée au canal de Suez entre 2010 et 2016. La part de trafic de panaméenne est de 72 %, contre 48 % en janvier 2016”, avance Alphaliner. Pour ce dernier, cette nouvelle révision à la hausse de la capacité de l’ouvrage centreaméricain va encore faire augmenter la taille des navires sur les routes Asie-côte Est des ÉtatsUnis, “bien que la plupart d’entre eux resteront des bateaux de 19 rangées”. Le consultant s’attend à ce que les armateurs ne basculent pas tout de suite leurs unités de 20 rangées. “La plupart de ces navires sont actuellement positionnés sur le trade Asie-Europe, où ils doivent être progressivement remplacés au cours des prochaines années par des ULCS (Ultra Large Containerships) de 23 à 24 cellules de large, de la catégorie “Megamax””. L’évolution du marché est souvent plus rapide que dans les prévisions. Franck André


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2 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

Nice-Côte d’Azur

Décollage imminent pour l’extension d’un terminal à l’aéroport Le cap des 14 millions de passagers envisagé en fin d’année accélère l’agrandissement du Terminal 2 de l’aéroport Nice-Côte d’Azur sous la forme d’une jetée. Sur le premier trimestre de l’anPour l’été l’aéroport sera relié née, l’aéroport Nice-Côte d’Azur à 117 destinations via 54 comaffiche une belle croissance de pagnies régulières. Le fret béné10 % du trafic avec 2,4 millions ficie de cette offre. En 2017, le de passagers en cumulé. En mars fret avionné traité à l’aéroport a avec la mise en service de nou- connu une hausse 7,9 % avec plus velles lignes, la hausse atteint de 15.300 tonnes. L’ouverture en 12,8 %, soit la plus forte des 2017 de Nice-Doha par Qatar aéroports franAirways et les çais hors Nantes. gros porteurs Résultat d’autant d’Emirates ont “En 2017, plus remarquable contribué à ce le fret avionné que la période est résultat. la plus faible en a connu une hausse La capacité pour le trafic de optimale des de 7,9 %” l’aéroport. deux  terminaux Si avril et mai étant de 16 milseront moins falions de passagers, vorables, en raison des grèves la Société des aéroports de la du groupe Air France, la forte Côte d’Azur enclenche les proprésence des compagnies étran- cédures concernant l’extension gères devrait atténuer l’impact, du Terminal 2 avec pour objectif contrairement à d’autres pla- un début de chantier dans vingt teformes françaises plus dé- mois pour une livraison à partir pendantes de la compagnie na- de 2020-2021. tionale. Par exemple EasyJet, L’extension se présendevenu premier  acteur de la tera comme une longue jetée plateforme, assure pas moins de de deux  niveaux à partir du 39  lignes (35  destinations) avec Terminal 2. Sa surface exploitable sa base dotée de 5  appareils et de 19.000 m2 permettra de traiter 4 millions de passagers par an avec 130 salariés.

© Aéroport Nice-Côte d’Azur

20 banques d’enregistrement, des comptoirs et une zone commerciale. La salle d’embarquement donnera accès à six postes avions. Si la zone arrivée sera reliée dans un premier temps au Terminal 2, une seconde phase de travaux

Groupe ADP

Un premier trimestre en hausse de 37,3 %

Groupe ADP a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 37,3 % au premier trimestre, porté par le trafic low-cost et international, a-t-il annoncé jeudi 3 mai. Hors intégration globale du groupe Tav Airports, le chiffre d’affaires est en hausse de 2,8  %, à 723  millions d’euros, selon le gestionnaire des aéroports parisiens, qui maintient ses objectifs inchangés pour 2018. Au premier trimestre, le trafic du Groupe ADP a augmenté de 13,6 % à 53,7 millions de passagers et celui de Paris Aéroport (Charles-de-Gaulle et Orly) de 3,7 % à 22,8  millions de passagers “grâce au dynamisme des compagnies à bas coûts (+  10,1  %) et du trafic international (+ 6,3 %)”. Le chiffres d’affaires par passager est en revanche en baisse de 1,4 %, à 18,60  euros,

“du fait de l’impact négatif de l’euro fort et des travaux dans le terminal 2E”, explique le gestionnaire. Le revenu de l’activité “commerces et services” enregistre une hausse de 3,4 % grâce à “une bonne dynamique des activités commerciales (+ 3,3 % à 105 millions d’euros) portées par les résultats des bars et restaurants (+ 18,1 %)”. Dans le secteur de l’immobilier, le chiffre d’affaires est en croissance de 2,7 % (+ 4,1 %, à 65 millions d’euros) en raison de de “l’acquisition de la totalité de l’immeuble “Dôme”, à ParisCharles-de-Gaulle”, précise le gestionnaire. Le portefeuille de l’activité “International et développements aéroportuaires” est en hausse de 240 millions d’euros, “après intégration globale de Tav Airports pour 243 millions d’euros sur le premier trimestre”. Le groupe maintient ses prévisions pour 2018 avec une hypothèse de croissance du trafic dans les aéroports parisiens comprise entre 2,5 et 3,5 % et entre 10 et 12 % pour Tav Airports. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) devrait augmenter entre 10 et 15  % avec l’effet en année pleine de l’intégration globale de Tav Airports, et hors intégration globale de Tav Airports entre 2,5 et 3,5 %, selon Groupe ADP. © Tess

Le chiffre d’affaires consolidé du Groupe ADP a grimpé de 37,3 % au premier trimestre à 965 millions d’euros, en tenant compte de l’intégration du groupe turc Tav Airports en juillet, porté par le dynamisme du trafic low-cost et international.

prévoit une zone arrivée spécifique avec livraison de bagages et l’extension du niveau départ (15 banques d’enregistrement supplémentaires et tri bagages). Future gare multimodale L’extension, dont le coût devrait dépasser les 50 millions d’euros, bénéficiera du terminus du tramway (ligne Est-Ouest) au Terminal 2 actuel qui, dans moins d’un an, la reliera au

centre de Nice et, dès 2020, à la future gare multimodale (TER, TGV et Bus) face à l’aéroport. L’aéroport disposera enfin d’une une desserte ferroviaire directe via la ligne Marseille-Vintimille en correspondance avec la ligne rapide Vintimille-Gênes et la future NLGV Sud Est. À cette date, de nouveaux long-courriers seront en service dont celui vers la Chine envisagé dès 2019. Michel Bovas

Union TLF

Yves Fargues quitte la présidence Yves Fargues a quitté la présidence de l’Union TLF qu’il occupait depuis cinq ans, “comme convenu depuis quelque temps” et “pour des raisons personnelles et privées”, selon l’organisation patronale. Il avait été réélu pour un nouveau mandat de trois  ans à la tête de TLF le 17  décembre 2015 et reconduit à la présidence du Comité national routier (CNR), pour trois ans aussi, en février dernier. “Il a su rétablir sa totale crédibilité et son influence dans tous les milieux politiques et administratifs. S’imposant par sa compétence et son travail, tant à TLF qu’au CNR, il était devenu un personnage incontournable des milieux du transport, tous modes confondus, et de la logistique”, a commenté la première  fédération professionnelle du secteur.

Le 4 mai 2018, le comité directeur du conseil d’administration de TLF a désigné son vice-président, Claude Blot, pour assurer l’intérim jusqu’au terme du mandat initial d’Yves Fargues, le 31 décembre prochain. Ce diplômé de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1968 a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels (Défense et Commerce extérieur) et exercé les fonctions de sous-préfet. Il a dirigé le Centre français du commerce extérieur (CFCE) puis les entreprises Transalliance et Stockalliance, notamment. Claude Blot était viceprésident de la fédération Transport et logistique de France (TLF) depuis 2009. Il a présidé le GITL (Groupement interprofessionnel du transport et de la logistique) de 2011 à 2017. Franck André


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l’antenne - Semaine 20 - Mai 2018 - 3

BNP Paribas Real Estate

Les investissements logistiques se hissent à des niveaux record en Europe Dans les 21 régions euro- de 4,1 Mm2 (+ 4 %). Ces progrespéennes suivies par BNP Paribas sions compensent les tassements Real Estate, le volume de trans- observés en Allemagne (5,5 Mm2, actions des entrepôts de plus de - 9 %) et surtout au Royaume-Uni 5.000 m2 a progressé de 9 % en (2,8 Mm2, - 24 %). “Certains oc2017. “Il est supérieur de 15  % cupants du marché britannique à la moyenne globale enregistrée ont rationalisé leurs perspectives depuis 2011”, relève le groupe de développement en raison des spécialisé dans les services im- incertitudes politiques et écomobiliers. Trois  marchés se dis- nomiques” liées en particulier aux tinguent en 2017 conséquences du dont les PaysBrexit. Au-delà, Bas avec une delimitée et “Forte demande l’offre mande placée en l’insuffisance de en entrepôts XXL nouveaux dévehausse de 117 %. Stimulée par la loppements pour constatée demande intérépondre aux aten Europe” rieure et la protentes en entreduction induspôts XXL ou du trielle, elle s’élève e-commerce risà plus de 2,2 Mm2. Avec Madrid quent d’impacter le marché euen forte croissance, le marché ropéen à court terme, selon BNP espagnol s’établit à près de Paribas Real Estate. 1,4  Mm2 et bondit de 44 % soutenu, notamment, par les besoins Cession de des acteurs des ventes en ligne. Le grands portefeuilles e-commerce avec la grande distribution classique et l’industrie Malgré une baisse continue agroalimentaire ont également des rendements qui s’élèvent alimenté le marché français qui désormais à 4,5  % dans les affiche une année record à plus principaux hubs logistiques

Union

© Gazeley

Le marché de l’immobilier logistique est florissant en Europe. Sur fond de volumes de transactions historiques, les investissements y ont atteint plus de 40 milliards d’euros l’an passé, en hausse de 62 %, selon BNP Paribas Real Estate.

d’Europe de l’Ouest, l’actif logistique attire toujours les investisseurs. En témoignent les 40 milliards investis sur son marché immobilier l’an passé. En augmentation de 62  %, ce dynamisme est dû à la cession de grands portefeuilles dont Logicor pour 12  milliards d’euros. “2017 a été l’année record pour les volumes d’investissement dans le secteur de la logistique et industriel en

Europe en raison des grandes transactions et des nouveaux arrivants sur le marché, à l’instar des investisseurs asiatiques. Le marché de la logistique continue de superformer le secteur des bureaux et de la distribution avec un bon niveau de demande sur tous les profils de risques”. Tous les pays bénéficient de cette tendance à commencer par l’Allemagne qui concentre à elle seule 9,2 milliards d’euros

d’investissement (+ 107 %). Les Pays-Bas et le Royaume-Uni se démarquent également avec un quasi-doublement de leurs investissements logistiques. Dopée elle aussi par les transferts de portefeuilles, la France enregistre une progression de 47  % des investissements sur son marché logistique à hauteur de 4,4 milliards d’euros. Érick Demangeon

européenne

La France contre les réformes dans le transport routier La ministre française chargée des Transports, Élisabeth Borne, a jugé inacceptable en l’état le projet européen de “paquet mobilité”, qui faciliterait selon elle “le dumping économique et social” des transporteurs routiers des pays d’Europe centrale et orientale. La France s’élève contre les réformes proposées par l’UE dans les transports routiers. “Nos marchés sont largement ouverts, mais la concurrence qui s’y exerce est souvent déloyale. Le transport routier est évidemment l’un des meilleurs exemples”, a expliqué vendredi 11 mai Élisabeth Borne. Le “principe simple «à travail égal, salaire égal, sur un même territoire», nous paraît aller de soi. Or, force est de constater que les textes actuellement sur la table s’agissant du paquet mobilité ne respectent pas cette condition”, a-t-elle déploré, lors d’un point de presse avec son homologue allemand, Andreas Scheuer. La ministre française a jugé que les diverses propositions sur la table, comme le temps de conduite ou le repos des routiers, n’étaient “pas acceptables”. “Nous constatons (...) avec l’Allemagne, que nous sommes loin du compte”, a-t-elle dit. “Il n’est pas question de bâcler des règles qui s’appliqueront pendant au moins une décennie et correspondent à des droits réels,

tangibles”, a-t-elle souligné. “Les règles européennes doivent lutter beaucoup plus ardemment contre le dumping économique et social”, a martelé Élisabeth Borne. La position commune franco-allemande devait être présentée le 14 mai à Bruxelles lors d’une réunion de l’“Alliance du routier”, constituée l’an derniers par neuf États unis contre la concurrence déloyale entre les pays européens dans le secteur (Autriche, Belgique, Danemark, France,

Allemagne, Italie, Luxembourg, Suède et Norvège), en prélude au conseil européen du 7 juin. L’idée est de rejeter le “premier paquet mobilité”, dit aussi “paquet routier”, et de renvoyer le dossier après l’été, quand la présidence de l’UE sera assurée par l’Autriche et non plus par la Bulgarie, a-t-on expliqué de source diplomatique. La Commission européenne a proposé en particulier que les chauffeurs routiers se rendant dans un autre pays de l’Union

européenne y soient considérés comme des “travailleurs détachés”, avec un salaire local, à partir de trois jours par mois dans ce pays. Des pays comme la France et l’Allemagne veulent appliquer dès le premier jour de travail sur leur territoire le statut de “travailleur détaché” pour un conducteur venant d’un autre pays, tandis que la plupart des pays de l’Est de l’UE rejettent l’application de ce statut pour leurs chauffeurs envoyés à l’étranger.

Le Parlement bulgare contre à l’unanimité Le Parlement bulgare s’est déclaré à l’unanimité vendredi 11 mai contre les réformes du “paquet mobilité” proposées par la Commission européenne concernant les transports routiers internationaux, lesquelles “menacent de faillite des centaines de transporteurs bulgares”. Ces propositions soumises au Parlement européen sont “infondées et auraient une influence néfaste sur le secteur des transports en Europe centrale et orientale”, selon une résolution du Parlement bulgare votée par les 140 députés présents, toutes tendances confondues. “La plupart des petites et moyennes entreprises risquent d’être expulsées du marché qui sera réservé aux seuls grands transporteurs”, estime le Parlement bulgare. Le gouvernement conservateur bulgare de Boïko Borissov, qui assure la présidence tournante de l’UE, partage les objections des transporteurs bulgares qui s’apprêtent à protester lors d’un sommet informel de l’UE les 16 et 17 mai à Sofia. “Le secteur bulgare du transport international routier,

qui emploie 120.000 personnes dont 40.000 chauffeurs et fournit 15 % du PIB, est menacé de destruction”, a déclaré la Confédération des employeurs et des industriels bulgares. Selon le président de l’association des transporteurs internationaux de Bulgarie, Yordan Arabadjiev, “les réformes sur lesquelles insiste notamment la France visent à acquérir des avantages de concurrence déloyale” pour les transporteurs français et allemands. Concernant les temps de repos et de conduite, il s’est notamment opposé à l’idée de retour obligé toutes les trois semaines des routiers bulgares dans leur pays situé à la frontière extérieure de l’UE dans le Sud-Est. Il a également qualifié d’inadmissible la proposition d’hébergement obligatoire du conducteur dans un hôtel, évoquant un danger de cambriolage du camion, “particulièrement présent dans le Sud de la France”, ou même de “placement d’explosif en vue d’un acte terroriste”.


Infrastructures/Institutions

4 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

Marseille-Fos

Pour le Grand Port maritime de Marseille, le Maghreb représente un partenaire phare. L’Algérie reste de loin le pays du secteur qui génère le plus gros tonnage malgré les restrictions à l’importation imposées par le pays. Pour Fatiha Jaureguy, entrée s’est établi à 4.510 unités. Le récemment en fonctions à la nombre d’EVP reefer a, lui, bondi tête du département commer- de 84 % à l’import pour atteindre cial du Grand Port maritime de 2.973 boîtes. Au total, le port phoMarseille-Fos, sur les trois pays céen a enregistré 112.700 EVP, du Maghreb, l’Algérie repré- soit 10 % de moins qu’en 2016. sente toujours À 6.797 EVP, le le partenaire-clé nombre d’EVP du port phocéen. est “Les exportations frigorifiques En 2017, le pays en hausse de a représenté de pommes françaises 4 %. 10.928 millions le secteur ont chuté en un an du Dans de tonnes, en ro-ro, le trafic baisse de 6 % par global a baissé de de 34.000 rapport à 2016 4  % pour s’étaà 57 tonnes” où il s’était établi blir à 214.000  t. à 11.659 Mt. Les En matière de exportations ont remorques, à progressé de 5  % alors que les 1.792  unités, l’activité a reculé importations ont reculé de 8 %. de 24 %. Fatiha Jaureguy attriLes hydrocarbures liquides bue cette chute des exportations ont également baissé l’an dernier de pommes françaises, passée en de 5 %. Quant aux marchandises un an de 34.000 à 57 t, “à la podiverses, elles ont pesé 1,2  Mt, litique de restriction des importaindique la chef du département tions conduite par le gouvernement commercial du GPMM. Le algérien”. nombre global d’EVP a baissé de Toujours en raison des me10 %. sures identiques de restrictions En progression de 40 %, le des volumes à l’importation, les nombre d’EVP pleins à l’import véhicules neufs à l’export ont

également connu un recul, passant de 5.000 en 2016 à 2.800 en 2017. Quant aux passagers, leur nombre a augmenté en 2017 de 11 % pour atteindre 318.000 embarquants et débarquants confondus. La Tunisie a généré en 2017 un volume de fret de 2,4 Mt, en hausse de 3 % par rapport à 2016. Un tonnage porté par les hydrocarbures liquides, en progression de 1 % à 690.000 tonnes. Les marchandises diverses ont augmenté de 5 %, à 1,650.000 t. À 7.800 EVP, le nombre d’EVP pleins à l’export a marqué une hausse de 3 %. Enfin, le ro-ro a enregistré une croissance de 6 % pour s’établir à 1.460 Mt. À l’import, la hausse s’est élevée à 9 %. À l’export, elle s’est chiffrée à 3 %. Le nombre de remorques s’est chiffré à 61.140 unités, soit 7 % de plus qu’en 2016. Toujours sur la Tunisie, à 242.675, le nombre de passagers est resté stable. Enfin, le Maroc a achevé l’année 2017 à Marseille sur un trafic total de 566.000 t, soit une hausse de 1 %. À elles seules, les marchandises diverses ont représenté l’an dernier 385.000 t. À 300.00 t, le conteneur a progressé de 24 %.

© Vincent Calabrèse

L’Algérie, la Tunisie et le Maroc, des partenaires-clés

Fatiha Jaureguy

À 23.000 unités, le nombre d’EVP pleins, qui a marqué une hausse de 23 % à l’import et de 13 % à l’export, a augmenté de 17  %. La chef du département commercial du GPMM relève également de gros volumes de dattes à l’export. Un trafic atypique en provenance d’un autre

pays du Maghreb où le port de Marseille joue le rôle de plateforme… Pour Fatiha Jaureguy, “la forte marge de progression sur les trois pays est très encourageante”. Vincent Calabrèse

Christine Cabau-Woehrel à la barre du plus grand port de France

Depuis son retour en 2014 dans la cité phocéenne pour diriger le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), premier de France avec 160 millions d’euros de chiffre d’affaires, Christine Cabau-Woehrel ne se lasse pas d’admirer la Méditerranée. Deux ans plus tôt, la quinquagénaire avait dû quitter le quartier populaire d’Endoume où elle avait toujours vécu, pour prendre les rênes du port de Dunkerque. Cette nomination, Christine CabauWoehrel s’en étonne encore tant son profil était à contre-courant des carrières habituellement recherchées pour diriger ces établissements d’État. “Je ne cochais aucune case. Je n’ai pas fait de grande école, je n’avais pas fait ma carrière dans le public et je suis une femme”, énumère la brune quinquagénaire qui a en poche un diplôme de traductrice trilingue anglais-allemand-français. “Être une femme a été positif et déterminant pour ma nomination”, admet toutefois la dirigeante, qui rêvait étudiante de

parler toutes les langues du monde : “Si j’avais connu les critères, je ne me serais pas donné une seule chance de candidater. Comme quoi, il faut toujours tenter sa chance”. Dans le Nord, elle apprend le fonctionnement d’un établissement public, dont elle ignorait tout après une carrière exclusivement passée dans le privé.

© GPMM

Déjouant tous les pronostics, après avoir débuté comme secrétaire chez l’armateur CMA CGM, Christine Cabau-Woehrel, 54 ans, a tracé son sillon dans le transport maritime jusqu’à devenir la seule femme en France à la direction d’un port, celui de Marseille, le plus grand du territoire.

“Directrice des lignes Asie et Golfe chez CMA CGM” Cette fille d’une secrétaire de direction et d’un chanteur d’opéra a débuté sa carrière à 23 ans chez CMA CGM, PME marseillaise qui deviendra l’un des plus gros groupes de transport maritime au monde, pour un petit boulot en intérim comme secrétaire. Elle y passera finalement 24 années “excitantes” à voyager à travers le monde comme directrice des lignes Asie et Golfe et suivra l’ascension de l’entreprise en devenant membre du comité exécutif jusqu’en avril 2011. Elle qui n’avait pas jamais pris de cours d’économie apprend sur le tas à faire tourner des paquebots, remplir les carnets de commandes et se rend pour son premier voyage au Yémen signer des contrats. “Une marque de confiance”, estime cette petite-fille d’un “transitaire” chargé de faire le lien entre les armateurs et les entreprises désireuses d’exporter leurs produits.

“Sans doute” a-t-elle été victime de misogynie, mais cette mère de deux enfants qui a toujours évolué dans un milieu physique où les femmes se font rares “ne s’en souvient pas”. “C’est possible de réussir, il ne faut pas lâcher !”, enjoint d’une voix assurée la directrice qui quittera CMA CGM pour une brève expérience de consultante dans le transport. “Dure en négociation, mais pas fermée au dialogue”, juge un responsable syndical, la directrice peut se targuer de “bons

résultats dans le transit de conteneurs (+ 10 % d’activité, NDLR)”, souligne le syndicaliste. Elle assure ne pas avoir perdu le contact avec les docks situés au pied de son bureau où transitent chaque année 81 millions de tonnes de marchandises. De là cette admiratrice de paquebots majestueux ne se lasse pas de regarder les navires partir au large, même si elle confesse ne pas avoir le pied marin. Boris Horvat


Entreprises

l’antenne - Semaine 20 - Mai 2018 - 5

Air France-KLM

Un mariage de raison difficile mais nécessaire La tournure des événements chez Air France plongée dans une profonde crise sociale suscite de vives inquiétudes chez son partenaire néerlandais KLM et creuse les différends dans le mariage de raison qui unit les deux compagnies aériennes. Alors que le transporteur tri- groupe, Jean-Marc Janaillac, colore nage en eaux troubles, désavoué par les salariés français, fragilisé par un mouvement de il est tout aussi “incompréhengrève qui a provoqué le départ sible” que “stupide” aux yeux du PDG du groupe, le laissant des salariés de KLM. “Avec lui, vulnérable dans un KLM a prospéré. ciel ultra concurrenIl va manquer tiel, les salariés de “Il ne peut pas au groupe, c’est KLM sont lassés et quelqu’un de y avoir en colère. La crise très ouvert”, met en lumière les KLM la fourni poursuit Robert profondes difféSwankhuizen. et Air France rences culturelles La pilule est et sociales entre difficile à avaler la cigale” les deux pays : les pour la compaNéerlandais ne sont gnie néerlandaise pas habitués aux conflits sociaux qui voit ses bénéfices s’évaporer qui tournent aux rapports de force au fur et à mesure que le conflit entre direction et syndicats. se prolonge à Air France. Les “Demander une hausse du mauvais résultats du groupe au haut d’une barricade en remuant premier trimestre sont excluun drapeau est absurde”, s’ex- sivement dus à la compagnie clame Robert Swankhuizen, à française. Air France-KLM afla tête du syndicat national des fiche une perte d’exploitation mécaniciens au sol NVLT de de 118 millions d’euros, dont KLM, fervent partisan du “com- 178 pour Air France quand KLM promis”, caractéristique de l’état affiche un bénéfice d’exploitation d’esprit néerlandais. “En discu- de 60 millions. La grève a pesé à tant calmement on arrive tou- hauteur de 75 millions. jours à quelque chose”, déclare“Il ne peut pas y avoir KLM la t-il. Quant au départ du patron du fourmi et Air France la cigale, ça

© KLM

ne pourra pas durer”, a déclaré lundi 7 mai sur la radio France Inter Richard Ferrand, chef de file des députés du parti du président Emmanuel Macron. Alors que le gouvernement français a averti que l’État ne viendrait pas à la rescousse du transporteur, la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, s’est entretenue

avec son homologue des PaysBas au téléphone lundi soir pour évoquer l’avenir du groupe, selon les médias néerlandais. L’intersyndicale d’Air France réclame 5,1 % d’augmentation en 2018, après six ans de gel des grilles salariales, des exigences “irresponsables”, selon Robert Swankhuizen. “Les compagnies

du Golfe n’attendent que ça pour venir grappiller des parts de marchés en Europe”, prévient-il. “Jusqu’où allons-nous accepter la situation ? Nous sommes les dindons de la farce et pris en otage”, lâche le syndicaliste néerlandais. Charlotte Van Ouwerkerk

Une compagnie sans pilote et lestée de lourds handicaps Après le départ de son PDG, Jean-Marc Janaillac, Air France se retrouve sans commandant de bord dans un ciel, certes dégagé, avec une croissance soutenue du trafic mais lestée de lourds handicaps face à la concurrence. Quels sont les points faibles de la compagnie ? Dans la course avec ses grands concurrents européens, le transport aérien français a les “chaussures plombées” par des charges fiscales et sociales qui pèsent sur les marges tout comme des taxes et redevances aéroportuaires élevées, indique Jean-François Dominiak, président du Scara (Syndicat des compagnies aériennes autonomes). La Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) dénonce également des “coûts à l’heure de vol du personnel navigant français parmi les plus élevés au monde”. Selon une enquête du “Figaro” publiée en avril, un commandant de bord long-courrier perçoit 130.000 euros de rémunération nette après impôts par an chez Air France (125.000 chez British Airways et 140.000  chez Lufthansa), un copilote moyen-courrier 45.000 euros contre 50.000 chez BA et 45.000 chez Lufthansa. Un chef de cabine perçoit 40.000 euros contre 35.000  chez BA et 30.000 chez Lufthansa, et les hôtesses et stewards 30.000  euros contre 25.000  chez BA et 20.000 chez son concurrent allemand.

Quels ont été les résultats du groupe et de ses concurrents en 2017 ? Air France, revenue dans le vert en 2015 après sept années de traversée du désert, a affiché pour 2017 de bons résultats, mais inférieurs à ceux de la concurrence européenne. Le groupe a affiché une perte nette de 274 millions d’euros liée à une opération comptable après un changement de régime des fonds de pension aux Pays-Bas mais un bénéfice d’exploitation en hausse de 42 % pour 2017 à 1,488 milliard d’euros (dont 910 millions pour KLM). L’allemande Lufthansa a engrangé des profits records en 2017, avec un bénéfice net de 2,36 milliards d’euros, en hausse de 33 % sur un an. IAG, maison mère des compagnies espagnoles Iberia et Vueling, britannique British Airways et irlandaise Aer Lingus, a de son côté dégagé un bénéfice net de 2 milliards d’euros, soit 3,6 % de plus sur un an. “Air France est plus fragile que les autres, chaque fois qu’Air France fait des plans de productivité, ils ont un temps de retard par rapport à ce que font ses concurrents IAG et Lufthansa”, estime Jean-François Dominiak. La compagnie pourrait-elle disparaître ? Le risque numéro un, selon les observateurs, est d’une diminution de la flotte du géant qui compte aujourd’hui 171 gros porteurs (105 pour Air France et 66 pour KLM), 241 moyen-courrier (119 pour Air France, 50 pour KLM et 72  pour la low-cost Transavia) et 134 avions

© UNPC

régionaux (dont 86 pour Air France et 48 pour KLM). Mais selon Jean-François Dominiak “qu’Air France disparaisse, c’est un scénario possible”. En 2017, la britannique Monarch a été liquidée, l’allemande Air Berlin a fait faillite, l’ancienne compagnie nationale italienne Alitalia est sous tutelle et a été mise en vente. Comment expliquer le vote de défiance du personnel ? “Cela fait plusieurs mois que les employés sont ulcérés par les augmentations – vraies ou fausses – des membres du Comex (comité exécutif), alors que l’ensemble du personnel – surtout le sol et les PNC (personnels navigants commerciaux) – ont fait de gros efforts depuis six ans avec le blocage des revenus et des

efforts de productivité depuis des années”, explique un PNC d’Air France, qui a voté en faveur de l’accord. “Ce mépris ressenti semble être le ressort principal du vote avant même les revendications salariales”, ajoute-t-il. Selon la direction d’Air France, “en 2017, le montant global des rémunérations perçues par les membres du GEC (comité exécutif du groupe Air France-KLM) a augmenté de 3 %”, alors que la “masse salariale globale des membres du comité exécutif (Comex) d’Air France n’a pas augmenté en 2017, mais au contraire a baissé de 13  %”. Air France compte 47.954 salariés dont 30.586 personnel au sol, 13.748 PNC et 3.620 pilotes. Sonia Wolf


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6 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

Dachser

Porté par l’ensemble de ses métiers, commission aérienne et maritime en tête, Dachser déclare un nouveau record d’activité en 2017. Le groupe annonce le développement de ses investissements et s’inquiète des tensions capacitaires dues, notamment, au manque de conducteurs. Frais de douane et taxes inclus, le chiffre d’affaires de Dachser affiche en 2017 un nouveau record à hauteur de 6,12 milliards d’euros en hausse de 7,2 %. Pour avoir toutefois une meilleure réalité de la performance du prestataire allemand, ses revenus nets s’établissent à 5,28 milliards

d’euros en progression de 9,9 %. Sur cette base, sa branche Air & Sea Logistics enregistre la plus forte croissance avec un bond de 17,5 %. À l’origine de près d’un quart de son chiffre d’affaires net, la commission aérienne et maritime bénéficie de la reprise des échanges internationaux et

Nouveaux services ferroviaires Europe-Asie Autour de terminaux européens à Duisbourg, Hambourg, Varsovie, Vienne et Bratislava, Dachser déploie une nouvelle offre ferroviaire conteneurisée LCL-FCL entre l’Europe et l’Asie dans le sens import et export. Avec le concours d’entreprises ferroviaires et jusqu’en Chine, deux itinéraires sont empruntés : par le Sud via la “nouvelle route de la soie” ou par le Nord suivant la “route transsibérienne”. En Chine, Dachser s’occupe des formalités douanières et organise la livraison finale via son propre réseau aérien, maritime ou au moyen de partenaires locaux.

de la hausse des tarifs constatée s’apprécie de son côté de 7,3 % dans les deux modes, en aérien (871 millions d’euros). En 2017, notamment. Le nombre d’envois Dachser déclare la création de de la branche se développe de 1.648 nouveaux emplois por6,7 % porté par l’augmentation tant son effectif global à plus de de 8,5 % des EVP maritimes et 29.000 personnes dont 3.000  en de plus de 23 % de ses tonnages France. globaux. Rassemblant le transport terHausse restre et la logistique contracdes investissements tuelle dans les domaines des produits industriels et des denrées Malgré des vents aussi favoalimentaires, la division Road rables au premier trimestre, le Logistics s’apprécie de 7,4  % président du groupe, Bernhard avec un chiffre d’affaires net de Simon, estime que les “pro4,2  milliards d’euros. Hors pro- blèmes de capacité et le manque duits alimentaires, Dachser conti- grandissant de conducteurs renue de capitaliser sur son réseau présentent les principaux facteurs européen et ses susceptibles échanges orde limiter la “Les problèmes ganisés autour croissance à de capacité et le de 363 sites inl’avenir. Notre tégrés 68 sites manque de conducteurs e n g a g e m e n t partenaires. en faveur de Ces activi- représentent les facteurs la formation tés “European susceptibles de limiter doit donc être Logistics” proconsidéré la croissance” gressent de comme une 7,5  % et gépriorité abnèrent un chiffre d’affaires net solue”. Une autre priorité pour de 3,3  milliards d’euros. Centré Dachser concerne ses invesprincipalement en Allemagne, tissements qui se sont élevés à son pôle “Food Logistics” 136 millions d’euros (+  5  %).

© Dachser

Un chiffre d’affaires supérieur à 6 milliards d’euros en 2017

Bernhard Simon, président du groupe Dachser

“L’an dernier, nous avons nettement étendu nos capacités en particulier dans les activités liées au marché des denrées alimentaires”. En 2018, Bernhard Simon prévoit d’investir 188 millions d’euros axés, cette fois, sur le secteur des produits industriels. Érick Demangeon

Boeing

Boeing, dont des avions ont été affectés récemment par des incidents de moteurs, s’est montré optimiste en relevant sa prévision annuelle après un premier trimestre marqué par des livraisons record d’appareils commerciaux. La confiance de l’avionneur Boeing balaie quelque peu les inquiétudes sur l’impact d’une guerre commerciale et apaise les craintes sur les difficultés rencontrées par ses fournisseurs pour suivre ses augmentations de cadences de production. Elle éloigne également le spectre de charges supplémentaires liée à de nouveaux retards pris dans la production de l’avion ravitailleur KC-46. “Nous sommes optimistes quant au fait que les discussions (commerciales) entre les États-Unis et la Chine débouchent sur une issue positive”, a déclaré mercredi 25 avril le PDG, Dennis Muilenburg. Il a notamment qualifié “d’indicateur positif” le déplacement en Chine du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Boeing, qui a dégagé un bénéfice net trimestriel de 2,48 milliards de dollars, en hausse de 57 % sur un an, a en outre minimisé les conséquences de la hausse des cours de matières premières et des métaux après que l’administration Trump a décidé d’imposer des taxes supplémentaires sur des importations d’acier et d’aluminium. Son compatriote Caterpillar avait été puni mardi 24 avril à Wall Street après avoir mis en garde contre une possible hausse

des prix de l’acier. “Nous ne voyons pas d’impact matériel pour le moment. Nous avons des contrats avec nos fournisseurs sur plusieurs années”, a expliqué Dennis Muilenburg. Interrogé sur les risques pour la production du 777 en cas de retrait des ÉtatsUnis de l’accord nucléaire iranien, le dirigeant s’est voulu rassurant : “Le taux de production que nous avons mis en place pour ne dépend pas des commandes iraniennes”. IranAir a passé une commande de quinze appareils 777, modèle devant bientôt céder la place au 777X, une version plus moderne. Les gros profits de Boeing ont été nourris par de solides revenus, le constructeur aéronautique ayant vu son chiffre d’affaires progresser de 6,5 %, à 23,38 milliards de dollars, contre 22,24 milliards anticipés. La division aviation civile, BCA, a enregistré une hausse de ses revenus de 5,4 %, à 13,65 milliards, tandis que l’augmentation est de 12,7 %, à 5,76  milliards, pour les opérations militaires et spatiales, BDS. Qualifié de relais de croissance, le pôle regroupant les services – maintenance des appareils, logistique, formation et analyse de données, etc. – a enregistré une hausse de 7,9 % de ses revenus à 3,94 milliards de dollars. Cette bonne santé de l’activité s’explique notamment par une hausse de 9  % des livraisons d’appareils civils, à 184 unités au total. Le constructeur aéronautique entend livrer entre 810 et 815 appareils en 2018, soit au moins 47 avions de plus comparé à 2017 (763 appareils), qui était une année record.

© Boeing

Le constructeur relève ses prévisions après un gros bénéfice trimestriel

La hausse des livraisons est le résultat de l’augmentation des cadences de production ces derniers mois pour tenter d’alléger un carnet de commandes rempli (5.800 appareils au 31 mars évalués à 486 milliards de dollars). Boeing prévoit de porter à 14 le nombre d’avions 787 produits par mois à compter de 2019 contre 12 actuellement. Rien sur les moteurs Fort de sa solide performance trimestrielle, Boeing a relevé ses prévisions annuelles et dit tabler désormais sur un bénéfice par action compris entre 14,30 et 14,50 dollars pour l’ensemble de l’année, contre 13,80 à 14 dollars précédemment. La marge opérationnelle dans l’aviation civile passe de 11 à 11,5 %, tandis que les flux de trésorerie disponible, indicateur mesurant la capacité de l’entreprise à financer ses investissements et à distribuer

des dividendes à ses actionnaires, seront compris entre 15 et 15,5 milliards de dollars contre 15 milliards auparavant. Boeing a par ailleurs décidé d’augmenter les cadences de production du programme 767 de 2,5 à 3 appareils par mois à partir de 2020, pour répondre à la hausse du trafic mondial de fret et contrer Airbus qui n’exclut pas de lancer une version cargo de l’A320 Neo après des discussions avec Amazon et UPS. Il n’a en revanche pas évoqué les différents incidents de moteurs affectant ses modèles 737, sa vache à lait, et le longcourrier 787. La FAA, le régulateur aérien américain, a limité récemment l’utilisation des 787 équipés de moteurs Rolls-Royce Trent 1000 après une série d’incidents due à une usure prématurée des pales de turbines pouvant entraîner une rupture en vol. Luc Olinga


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l’antenne - Semaine 20 - Mai 2018 - 7

Carrefour

Stef va opérer la plateforme d’Aulnay-sous-Bois Multiplier par cinq les ventes De 26.600 m2 dont 1.600 m2 sur internet pour atteindre un de bureaux, le site est en service chiffre d’affaires de 5 milliards depuis début mars. Il est dédié à d’euros dans le e-commerce ali- la préparation de commandes et mentaire d’ici 2022. Au prix d’un à l’approvisionnement des drives “investissement de 2,8 milliards Carrefour dans la partie Nord de d’euros” rappelé le 10 avril Paris et de l’Île-de-France. par Alexandre Bompard, “Carrefour doit créer un uniProduction de froid vers omnicanal de référence et innovante devenir leader du e-commerce alimentaire en France”. Cet axe Ses quatre cellules de 6.000 m2 du plan de transformation pré- (extensible à cinq) traitent senté le 23 janvier 2018 par le 13.000  références dans toutes les président de l’enseigne suppose gammes de température : ambiante, la création d’outils logistiques 8/12  °C pour fruits et légumes, adaptés. À côté d’Ooshop, son 0/4 °C pour produits frais et bras armé pour le -18/-25 °C pour surgee-commerce BtoC, lés. Certifié Iso 14001 c’est dans ce cadre “Carrefour doit et NF  HQE niveau que le distributeur excellent pour sa a missionné Segro devenir leader conception et sa réapour aménager du e-commerce lisation, le bâtiment “est équipé de cenune plateforme alimentaire trales de production logistique multide froid CO2 transcritempératures à en France” tique et son isolation a Aulnay-sous-Bois été renforcée”, précise sur le terrain de l’ancienne usine PSA-Peugeot- Christophe Broncard, directeur Citroën. Marquant son entrée en développement Segro Europe du force sur le segment de la dis- Sud. “Cette technologie permet à tribution multicanale, Stef a été la fois de limiter l’impact carbone, retenu par Carrefour pour son ex- assure un haut rendement de perploitation et y emploiera 300 per- formance et une réduction du coût d’exploitation”. sonnes d’ici la fin de l’année.

© Érick Demangeon

Sur l’ancien site PSA-Peugeot-Citroën à Aulnay-sous-Bois, Carrefour dispose d’une nouvelle plateforme dédiée à son activité e-commerce Drive. Aménagée par Segro et opérée par Stef, elle sera mécanisée en 2019 contribuant à la promesse de livraison sous trois heures du distributeur.

Inauguration de la plateforme Carrefour le 10 avril par Marco Simonetti, directeur général Segro Europe du Sud, Bruno Beschizza, maire d’Aulnay-sous-Bois, Christophe Broncard, directeur développement Segro Europe du Sud, Stanislas Lemor, directeur général délégué Stef, et Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour

D’une dizaine de drives aujourd’hui, la plateforme en alimentera une cinquantaine fin 2018 à raison de deux à trois livraisons par jour sous des délais de trois à huit heures. Mécanisation dès l’an prochain Dans un premier temps manuels, les traitements d’une de

ses quatre cellules seront mécanisés courant 2019 lui permettant de préparer jusqu’à 8.000 commandes par jour contre 3.500  prévues d’ici fin 2018. L’assortiment passera alors à 20.000  références. À l’instar de l’entrepôt mécanisé de Carrefour à Saint-Quentin-Fallavier, Dematic assurera la mécanisation de la cellule dédiée au

traitement des produits secs à faible et moyenne rotation. Pour la préparation de commandes et l’approvisionnement des drives Carrefour dans la partie Sud de Paris et de l’Île-deFrance, le distributeur envisage une seconde plateforme dont la localisation sera prochainement connue… Érick Demangeon

IAG

Le groupe profite d’un bon trafic au premier trimestre Le groupe aérien IAG, maison mère de British Airways et Iberia entre autres, a vu ses résultats s’envoler au premier trimestre mais s’est cassé le nez sur la low-cost Norwegian, qui a repoussé ses avances. Après une réforme du système de retraite de British Airways (BA) et sur fond de trafic bien portant, International Consolidated Airlines Group (IAG) a dégagé un bénéfice net de 794 millions d’euros au premier trimestre, contre 57 millions d’euros un an plus tôt (d’après des chiffres recalculés en raison d’un changement de norme comptable). Hors éléments exceptionnels, ce bénéfice net a été quand même quasiment triplé, à 206 millions d’euros, a expliqué le groupe vendredi 4 mai. Le groupe a profité de la fin d’un plan de retraite des salariés de British Airways, remplacé par un nouveau système présenté comme plus “flexible”. Ce changement pour un système moins généreux pour les employés a permis au groupe de drastiquement réduire les montants provisionnés pour les pensions de BA, ce qui s’est traduit par un gain exceptionnel de 678 millions d’euros enregistré au premier trimestre des comptes d’IAG. Hormis cet élément particulier, les comptes d’IAG ont bénéficié d’un meilleur taux de remplissage de ses avions et de billets facturés plus cher, a précisé

le groupe qui, outre la britannique BA et l’espagnole Iberia, compte une autre compagnie espagnole en son sein, Vueling, ainsi que l’irlandaise Aer Lingus. IAG, qui n’a pas fourni de chiffres détaillés de trafic ou de revenu compagnie par compagnie cette fois, a expliqué avoir profité au premier trimestre d’un weekend de Pâques plus précoce que l’an passé – il a débuté à la fin mars en 2018 – mais a aussi insisté sur “la poursuite d’améliorations débutées en 2017”. In fine, son chiffre d’affaires a augmenté de 2,1 %, à 5,022 milliards d’euros, et son bénéfice opérationnel (hors exceptionnels) a grimpé de 75 % à 280 millions d’euros, ses coûts ayant été quasiment stables. IAG a répété qu’il prévoyait une “augmentation” de son bénéfice opérationnel en 2018 à prix du kérosène et taux de changes constants, sans donner de chiffre. Son action décollait de 5,15 % à 673,60 pence à la Bourse de Londres, les investisseurs saluant ces résultats solides. Norwegian dit “nei” Le groupe, qui avait fait part le 12 avril de son intérêt pour la compagnie à bas coûts Norwegian Air Shuttle (NAS), a vu ses premières avances repoussées. Dans une présentation aux investisseurs, il dit avoir “été en contact avec le conseil d’administration de Norwegian à propos d’une offre potentielle, sans parvenir à un accord”. “IAG évalue ses options à propos

© Iberia

de Norwegian”, a conclu le groupe, dont le directeur général, Willie Walsh. À Oslo, Norwegian a indiqué avoir reçu “deux propositions conditionnelles séparées d’IAG” en vue d’une acquisition de 100 % de son capital. “Ces propositions ont été examinées conjointement avec les conseillers financiers et juridiques de NAS, et ont été rejetées à l’unanimité parce qu’elles sous-évaluaient NAS et ses perspectives”, a précisé le transporteur norvégien, sans fournir plus de détails. L’action Norwegian chutait de 8,75 % à la Bourse d’Oslo à la suite de ces informations – même si le titre reste en très

forte hausse (+ 60,7 %) depuis un mois. Les spéculations sont montées autour de possibles offres d’achat sur Norwegian, la troisième compagnie à bas coûts en Europe après Ryanair et EasyJet, après la sortie du bois du 12 avril d’IAG, qui a déjà pris 4,61 % du capital de la compagnie. Le 26 avril, Norwegian a assuré que “plusieurs demandes” avaient été effectuées à son égard depuis l’annonce d’intérêt d’IAG – tout en refusant de dévoiler l’identité des courtisans. Patrice Novotny et Pierre-Henry Deshayes


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8 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

CMA CGM

Le Maghreb, la facette d’un marché intrarégional pleine de ressources

L’armateur global CMA CGM Il opère aujourd’hui en sortie n’est pas seulement présent sur d’Europe du Sud sur le Maghreb l’axe Est-Ouest. Dix-huit ans 11 services hebdomadaires et après avoir créé en 2000 les exploite sur le secteur au total lignes Nord Afrique (NAF), il 33 navires, soit 30 porte-conteneurs contrôle à ce jour 35 % du marché et 3 ro-ro. en Algérie, 26 % au Maroc et Sur l’Algérie, il prévoit d’ou24 % en Tunisie. Preuve est donc vrir un nouveau service sur Alger donnée que l’intérêt qu’il portait et Oran en sortie d’Europe du à l’époque pour ce marché intra- Nord. Une ligne qui lui permetrégional était payant. tra de se rapprocher un peu plus Jean-Philippe Thénoz, le d’une clientèle ayant commencé directeur central en charge des à l’origine à lui confier des tonservices intra-Europe et bureaux nages sur l’Afrique du Nord grâce régionaux de au service de CMA  CGM, navettes ferroexplique : “Le groupe contrôle viaires mises “Aujourd’hui, en place dans 35 % du marché les grands le cadre du trades progresservice NAF en Algérie, sent mais plus par le passé. 26 % au Maroc modestement Un service qui par rapport aux comet 24 % en Tunisie” viendra marchés inpléter l’offre tra-régionaux de transport tels que l’intra-Méditerranée, méditerranéenne du groupe liée l’intra-Asie ou encore l’intra- aux services globaux via le hub Afrique qui connaissent une forte maltais Marsaxlokk. croissance”. Selon Jean-Philippe Thénoz, l’Algérie commence à exporter Le ro-ro la production industrielle et agria encore sa place cole, qu’il chiffre déjà à quelques dizaines de milliers d’EVP par Sur le Maghreb, le troi- an. L’époque du déséquilibre des sième  armateur mondial est pré- échanges avec le pays est donc sent au travers de services conte- révolue. Ce rééquilibrage constineurisés mais également dans le tue un atout pour un armateur ro-ro, une technique qui a encore dont la préoccupation essentielle est de rentabiliser les lignes. sa place dans les trois pays.

© Caroline Garcia

Dix-huit ans après avoir créé les lignes Nord Afrique (NAF), le groupe CMA CGM prévoit d’ouvrir une nouvelle ligne en sortie d’Europe du Nord sur l’Algérie. L’armateur ne renonce pas non plus à rouvrir un nouveau service Morocco Express pour prouver que l’idée d’une ligne ro-ro sur Tanger n’est pas un échec. Les secrets d’un marché intrarégional...

Au Maroc, quelques mois après avoir arrêté le Morocco Express, le service roulier qui a relié pendant quelques semaines fin 2017 Marseille, Gênes et Tanger, le groupe CMA CGM prévoit d’en ouvrir un autre. “Un nouveau service Morocco Express dans les tuyaux” Le directeur central en charge des Projets spéciaux indique : “Nous n’avons pas suspendu le Morocco Express de gaieté de cœur car nous restons persuadés que les services ro-ro sont nécessaires en Afrique du Nord. Nous travaillons actuellement à d’autres projets”.

Il conçoit que transporter des remorques par la mer est un concept qui vient briser la routine logistique dans laquelle transporteurs et chargeurs sont encore pris. Le groupe comprend qu’un service roulier sur Tanger puisse constituer un bouleversement organisationnel pour les routiers. À ses yeux, “le succès d’une ligne de ce type doit passer par un accord industriel, car le fond de cale en constitue la clé de voûte”. Pour Jean-Philippe Thénoz, “le Maroc est devenu l’arrièrecour industrielle de l’Europe”. Au plan nautique, il évoque l’autre problème rencontré sur le marché du roulier depuis quelques années : le manque de

navires. Un problème qui va, selon lui, de “mal en pis”. Le groupe continue de desservir la Tunisie dans le cadre d’une desserte conteneurisée mais aussi en ro-ro dans le cadre des lignes NAF ainsi qu’en transbordement par Marsaxlokk. Jean-Philippe Thénoz souligne que l’industrie tunisienne a redémarré depuis que le pays s’est apaisé. Selon lui, Radès connaît des difficultés d’encombrement. Nouvelle preuve de l’intérêt croissant que porte le groupe pour le marché intra-méditerranéen, il ne devrait pas tarder à annoncer le lancement d’un nouveau service reliant la côte Ouest de l’Italie à la Libye. Vincent Calabrèse

Emirates

La compagnie a plus que doublé son bénéfice grâce au fret Emirates, une des plus grandes compagnies aériennes du monde, a annoncé avoir enregistré une augmentation de 124 % de son bénéfice net annuel, grâce notamment à l’amélioration de son activité cargo. Emirates a plus que doublé son bénéfice net annuel grâce au fret. La compagnie de Dubaï a indiqué mercredi 9 mai avoir dégagé un bénéfice net de 762 millions de dollars au cours de l’exercice fiscal 2017-2018 achevé au 31 mars, contre 340 millions lors de l’exercice précédent. “Nous avons bénéficié d’une reprise saine de l’industrie mondiale du fret aérien, ainsi que du renforcement relatif des principales devises par rapport au dollar américain”, a déclaré cheikh Ahmed ben Saïd al-Maktoum, président et directeur général d’Emirates. Selon lui, ces résultats positifs ont été obtenus en dépit de conditions commerciales difficiles liées à l’instabilité politique, à la

volatilité des devises, à des dévaluations en Afrique et à la hausse des prix du pétrole. L’annonce intervient quelques mois après la conclusion avec Airbus et Boeing de méga-contrats pour l’achat de dizaines d’avions. Emirates, qui opère vers plus de 150 destinations, a signé deux accords importants au cours de l’exercice écoulé, un contrat de 15,1 milliards de dollars pour 40 Boeing 787-10 Dreamliners et un autre de 16 milliards de dollars pour 36  Airbus géants A380 avec une option pour 16 autres. 58,5 millions de passagers La baisse du dollar par rapport aux devises de la plupart des marchés-clés des Émirats, pour la première fois depuis des années, a contribué aux bénéfices à hauteur de 180 millions de dollars. L’Europe a été la région ayant généré le plus de recettes avec 7,3 milliards de dollars, soit 12 % de plus qu’en 2016-2017, alors que des compagnies aériennes européennes sont en difficulté, avec notamment un long conflit social à Air France.

© Emirates

La division cargo d’Emirates a enregistré un chiffre d’affaires de 3,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 17 % par rapport à l’an dernier. Le nombre de passagers transportés par la compagnie l’an dernier a atteint 58,5 millions, en hausse de 4,3 % par rapport à 2016-2017.

Le prix moyen du kérosène a fortement augmenté de 15 % au cours de l’exercice, ce qui fait que le carburant représente désormais 28 % des coûts d’exploitation, contre 25 % en 2016-2017, et qu’il est resté le principal élément de coût pour la compagnie aérienne.


International

l’antenne - Semaine 20 - Mai 2018 - 9

Air Sénégal SA

Lancement d’une nouvelle compagnie sénégalaise Une nouvelle compagnie aéL’ouverture de cette liaison rienne sénégalaise a été lancée a été annoncée vendredi 11 mai le 14 mai, ont indiqué la société par de pleines pages de publiet les autorités sénégalaises. Des cité dans plusieurs quotidiens, retards dans la certification inter- qui mettent en exergue un “prix nationale n’ont pas permis de de lancement” de 66.000 francs faire coïncider le décollage CFA (100 euros) pour l’allerd’Air Sénégal avec l’inauguration retour Dakar-Ziguinchor, enen décembre du nouvel aéroport viron la moitié du prix affiché international de par la compagnie Dakar, à quelque privée sénéga40 km de la capilaise Transair pour tale sénégalaise. la même liaison “Le leader La nouvelle (125.000  francs compagnie a du transport aérien CFA). “pour ambition Les deux ATR ouest-africain” d’être le leader du 72-600 détenus par transport aérien Air Sénégal vont ouest-africain en commencer par s’appuyant sur le hub régional assurer des “vols domestiques AIBD (Aéroport International pour permettre à la compagnie Blaise-Diagne) et se fixe pour de prendre son envol”, avant que mission de desservir aussi bien suivent des “vols régionaux et indes lignes intérieures que des tercontinentaux”, a expliqué venlignes internationales”, explique dredi un responsable du ministère Air Sénégal. des Transports aériens, sans préLa compagnie, entièrement ciser de date. Quatre nouveaux détenue par l’État du Sénégal, avions devraient venir compléter va toutefois connaître des débuts la flotte dans les prochains mois. plus modestes avec le démarrage Les premières destinations interhier d’un unique vol quotidien, nationales devraient être la capientre Dakar et Ziguinchor, la tale mauritanienne Nouakchott et plus grande ville de Casamance, celle du Cap-Vert, Praia, selon la région prisée par les touristes compagnie. située à quelque 500 km au sud “Air Sénégal est également de Dakar. appelé à ouvrir son capital”,

© Air Senegal SA

Deux ans après la faillite de Sénégal Airlines, une nouvelle compagnie aérienne, Air Sénégal SA, prend son envol avec l’ouverture d’une première liaison quotidienne entre Dakar et la région touristique de Casamance.

actuellement de 40 milliards de francs CFA (près de 61 millions d’euros), et “des privés commencent à se manifester”, selon le responsable du ministère. “Sénégal Emergent” Air Sénégal SA a été créée juste après la faillite en avril 2016 de Sénégal Airlines, qui avait elle-même remplacé en

2009 Air Sénégal International, propriété des États sénégalais et marocain. Avec cette nouvelle compagnie, “l’économie nationale bénéficiera des parts du marché du transport aérien au Sénégal, qui passera de 2 millions actuellement à 3 millions en 2023 et à 10 millions de passagers en 2035”, avait affirmé le président sénégalais, Macky Sall, lors de l’inauguration du nouvel

aéroport, proche de la ville nouvelle de Diamnadio. Dans un secteur très concurrentiel, le nouvel aéroport et la nouvelle compagnie s’inscrivent dans le plan de développement “Sénégal Emergent” et visent à doter le pays d’une “plaque tournante et d’un point préférentiel d’escale technique en Afrique pour les trafics aériens d’Afrique, d’Europe et des Amériques”, selon le gouvernement.

États-Unis

C’est l’histoire à succès de ces derniers mois à New York : le service de ferry reliant des quartiers de Brooklyn et du Queens à Manhattan, lancé en mai 2017 avec de généreuses subventions de la mairie, pulvérise les prévisions de fréquentation. La traversée coûte 2,75 dollars, comme un voyage en métro ou en bus. Les bateaux flambant neufs sont plébiscités par des New-Yorkais lassés de la vétusté du métro. Lorsqu’ils se plaignent de ces ferries, c’est surtout pour dénoncer les revers de leur popularité : longue attente aux heures de pointe et fréquences insuffisantes (toutes les 25 minutes en semaine, chaque heure le week-end). Les chiffres de fréquentation reflètent cet engouement : sur les quatre liaisons déjà ouvertes – deux autres sont

prévues d’ici la fin de l’été, avec le Bronx et le quartier de Lower East Side –, la mairie a enregistré quelque 3,7 millions de passagers en un an. Elle estime désormais que le trafic pourrait atteindre 9 millions de passagers d’ici 2023, soit le double des prévisions initiales. Le maire a du coup annoncé jeudi 3 mai une enveloppe de 300 millions de dollars sur cinq  ans pour étendre le service, en augmentant notamment le nombre de bateaux et leur capacité. Reste à savoir combien de temps la mairie pourra maintenir les subventions qui sont estimées aujourd’hui à 6,60 dollars par billet, soit plus du double du prix acquitté par passager. Catherine Triomphe

Cnan Nord a rouvert sa ligne sur l’Amérique L’armateur algérien Cnan Nord, la filiale du groupe Cnan, a rouvert en 2017 sa ligne sur les États-Unis. Il a par ailleurs fait l’acquisition du “Timgad”, venu renforcer sa flotte. En 2017, en procédant à l’acquisition du “Timgad”, un navire multipurpose d’une capacité de chargement allant jusqu’à 12.500 tpl, Cnan Nord a ainsi commencé à renforcer sa flotte. La filiale Nord du groupe armatorial algérien dispose de sept navires conventionnels. Elle indique prévoir à l’horizon 2021 l’acquisition de 16  nouveaux navires pour continuer à étoffer sa flotte. Selon la direction de Cnan Nord, ce programme d’investissement s’inscrit dans le cadre d’un “plan de développement ambitieux” sur lequel la compagnie

compte pour “renforcer ses positions sur le marché algérien ainsi que sur le Maghreb”. En octobre 2017, l’armateur algérien a rouvert une ligne sur l’Amérique du Nord. Il dessert le port de Houston qui lui a permis de renouer avec l’industrie pétrolière. Autre événement marquant en 2017 pour Cnan Nord, l’ouverture par l’armateur du port sec algérois de Rouiba Terminal Conteneurs (RTC). La filiale du groupe armatorial algérien est présent dans le secteur de la ligne régulière mais également dans le tramping en sortie du Nord de l’Europe, de l’Adriatique, de l’Amérique et de l’Asie. Vincent CALABRÈSE

© Cnan Nord

Les nouveaux ferries new-yorkais, une “success story”


10 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

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12 - Semaine 20 - Mai 2018 - l’antenne

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13 - Semaine 20 - Mai 2018

Ventes

Commandes Airbus a enregistré 86 commandes nettes d’avions entre le début de l’année et la fin avril et a livré 172 appareils, dont 17  A320  Neo, son moyen-courrier remotorisé qui est pénalisé par les retards de livraisons de moteurs. Au cours du seul mois d’avril, il a reçu 68 commandes d’A320 et d’A330 et livré 51 appareils, a détaillé l’avionneur européen vendredi 4 mai dans son bilan mensuel. Parmi ces livraisons, 36 concernaient des appareils de la famille A320, dont seulement 17 en configuration “Neo”. Airbus compte porter à 63 les livraisons mensuelles du moyen-courrier remotorisé à partir de la fin 2019, contre 60  prévus initialement, et aimerait passer la cadence mensuelle “jusqu’à 70 ou plus”. Le carnet de commandes au 30 avril s’élève à 7.179 appareils, soit neuf années de production au rythme actuel.

Carnet noir René Buquet, ex-gérant du commissionnaire de transport Pacatrans, s’est éteint le 7 mai 2018 à l’âge de 79 ans. Une cérémonie a été donnée à la chapelle Saint-Pierre de Mimet (Bouchesdu-Rhône) le 12 mai avant une inhumation sur le cimetière de la même commune. Né à Rouen en 1939, il débuté sa carrière à l’âge de 13 ans en tant que coursier sur le port normand. Dès l’âge de 22 ans, il prend la direction de la société Léon Vincent. Il quitte Rouen en 1983 pour s’installer à Marseille où il fonde la société MTE, puis ITT, et crée en 1991 la société Pacatrans qu’il gérera pendant plus de 26 ans avant de la céder en 2017.

Mouvement de grève à la Stam Les salariés de la Société tunisienne d’acconage et de manutention (Stam) ont observé un mouvement de grève les vendredi 30 et samedi 31 mars au port de Radès. Selon la presse tunisienne, le mouvement social fait suite à un échec des négociations entre les organisations syndicales et la direction de l’entreprise de manutention. Les employés réclamaient une augmentation de salaires et une réforme de leur statut. Les revendications n’ont pas été entendues auprès du patronat. Le ministère tunisien du Transport, ayant souligné que la Stam a investi la somme de 40 millions de dinars tunisiens (13 M EUR) dans ses équipements, s’est engagé à “réduire le coût d’exploitation (de l’entreprise), à fournir des ressources financières et à augmenter les tarifs d’une manière raisonnable relative à la qualité des services et aux indices de rentabilité”. Parallèlement, l’entreprise souhaite augmenter ses tarifs pour améliorer sa rentabilité. En réaction au mouvement de grève de fin mars à Radès, la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), qui dépend de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), est montée au créneau. Elle refuse que “les opérateurs de commerce extérieur soient les otages du conflit social à l’origine de la grève au port de Radès”. La fédération réagissait à la paralysie du port de Radès “en raison d’un mouvement de grève observé par le syndicat de base de la Société tunisienne d’acconage et de manutention, réclamant une augmentation des salaires qui ne pourrait être

satisfaite que suite à une augmentation des tarifs des prestations fournies par la société dans les différents ports du pays”. Elle tient toutefois à rappeler également que, “sans vouloir s’immiscer dans un conflit qui ne la concerne pas, cette grève et les raisons qui en sont la cause ont non seulement provoqué de sérieux préjudices à l’activité de commerce extérieur tunisien mais risque de l’amplifier davantage si une telle situation venait à se répéter”. Elle considère qu’“une augmentation des tarifs de manutention portuaire risque de freiner le regain fragile de compétitivité difficilement acquis”. Et d’expliquer que : “les exportations commencent en effet à donner des signes de reprise depuis le début de l’année après une longue période de stagnation”. Tout en dénonçant la situation, la FTTH considère que les raisons de cette grève incitent à un réexamen de l’évolution de l’activité portuaire du pays et à une réforme globale du secteur. Elle appelle le gouvernement tunisien “à prendre les initiatives adéquates dans cette perspective”. Et d’évoquer l’ouverture du secteur portuaire aux opérateurs privés pour y introduire de la concurrence. Le port de Radès, leader des ports tunisiens dans les secteurs du conteneur et de la remorque, représente 21 % du trafic global national, tous trafics confondus. Il assure 75 à 80 % de l’activité tunisienne conteneurisée et un pourcentage similaire en matière de trafic roulant. Vincent CALABRÈSE

Frets maritimes Les vracs secs montent Les vracs secs ont grimpé la semaine dernière avec une demande chinoise solide, tandis que les taux des pétroliers sont restés stables. Le Baltic Dry Index (BDI) a fini vendredi 11 mai à 1.472 points, à son plus haut depuis près de cinq  mois, contre 1.384  points une semaine auparavant. Le Baltic Capesize Index 2014 (BCI 2014) a terminé la semaine à 2.630 points, à son plus haut depuis quatre mois, contre 2.337 points une semaine auparavant. “Encore une bonne semaine pour les capesize”, ont commenté les analystes de JP Morgan, qui soulignent “une demande robuste de minerai de fer venue de Chine”. Le Baltic Panamax Index (BPI) a terminé en baisse vendredi à 1.245 points, à son plus bas depuis trois mois, contre 1.265 points une semaine auparavant. Le Baltic Clean Tanker Index (BCTI) a terminé à 542 points vendredi, contre 545 points sept jours auparavant. L’indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI) a fini vendredi à 657 points contre 650 points la semaine précédente.

© Teekay Corporation

La demande en équipements intralogistiques atteint des sommets en France et bénéficie, notamment, aux chariots élévateurs selon le Cisma. Avec plus de 72.000 unités vendues, un record, ils s’apprécient de 15 % en 2017 pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros (+ 14,1 %). La transition vers l’électrique se confirme portée par la nouvelle technologie lithium-ion. Sa part de marché s’élève à plus de 87  % autour des chariots magasiniers (52.165  unités, + 13  %) et les porte-àfaux (10.300, + 19 %). Quant aux thermiques, ils progressent de 15 % avec près de 9.000 machines vendues. À ce parc s’ajoutent les chariots manuels et tout-terrain qui consolident 34.500 matériels environ.

Mouvements

Radès

Premier vol direct Abidjan-New York après 20 ans d’interruption Une liaison aérienne directe entre Abidjan et New York a été rétablie après 20 ans d’interruption, par un vol inaugural qui a décollé samedi 12 mai de la capitale économique ivoirienne. “Depuis la disparition d’Air Afrique (l’excompagnie panafricaine), il y a une vingtaine d’années, il était inexplicable qu’il n’ait jamais été possible d’effectuer à partir d’Abidjan des vols directs vers les États-Unis”, a déclaré le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, lors de la cérémonie de lancement. Amadou Gon Coulibaly a déploré cette situation, “d’autant plus que, dans certaines capitales africaines, ces vols directs existaient”. Ethiopian Airlines, la compagnie

© Airbus

éthiopienne qui assure cette liaison, “permettra un accroissement des volumes d’échanges, à la fois économiques, culturels, humains et de repositionner la

Côte d’Ivoire sur l’échiquier mondial”. La certification en 2015 de l’aéroport d’Abidjan par les États-Unis a largement contribué au rétablissement de cette liaison qui sera assurée en partenariat avec Air Côte d’Ivoire, la compagnie nationale ivoirienne. Celle-ci déjà partenaire d’Air France-KLM utilisera sa position de hub à Abidjan pour “rabattre” ou “desservir” les passagers à partir de la capitale économique ivoirienne. Les autorités ivoiriennes ont annoncé fin novembre le démarrage des travaux d’extension de l’aéroport international d’Abidjan, destinés à doubler d’ici cinq ans la capacité d’accueil de cette plateforme régionale.

Les actionnaires du groupe Imerys, spécialiste des minéraux industriels, ont entériné vendredi 4 mai l’arrivée à la tête du groupe de Conrad Keijzer, nouveau directeur général, tandis que Gilles Michel conservera la présidence du conseil d’administration. L’assemblée générale a approuvé à 99,4 % l’entrée au conseil d’administration de Conrad Keijzer, qui avait été nommé dans un premier temps directeur général délégué le 8 mars dernier, pour succéder à Gilles Michel à la direction opérationnelle d’Imerys à compter du 4 mai. Le groupe avait décidé de changer la gouvernance du groupe, en scindant les fonctions de directeur général et de président du conseil d’administration.

❇ Le directeur financier d’Airbus, Harald Wilhelm, quittera ses fonctions au sein du groupe au printemps 2019, au même moment que le patron d’Airbus, Tom Enders, a annoncé hier l’avionneur. Cette date coïncide avec le changement attendu de gouvernance d’Airbus, alors que le successeur de Tom Enders sera désigné à la fin de l’année 2018 par le conseil d’administration. L’avionneur européen avait annoncé mi-décembre le remaniement de sa direction, avec le départ en février de son numéro deux, Fabrice Brégier, et le non-renouvellement du mandat de Tom Enders à son expiration en 2019.

Transmanche Depuis quelques semaines, le tunnel sous la Manche traite un nouveau service intermodal conteneurisé entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. Assuré par plusieurs opérateurs ferroviaires tels que GBRf ou Transfesa pour le compte de CMA CGM Logistics, il relie London Gateway à Duisbourg avec connexion vers la Pologne puis la Chine. Démarrée à raison d’un train aller-retour par semaine, cette liaison pourrait monter jusqu’à six rotations hebdomadaires. Cette connexion marque la relance du fret transmanche par Eurotunnel soutenue par l’investissement d’un scanner train à Fréthun et un plan d’aides aux nouvelles dessertes baptisé Etica.

Élargissement Le groupe Onorato Armatori, a accueilli dans sa flotte le roulier “Alf Pollak”. Celui-ci est le premier des deux navires –  d’une capacité de 4.100  mètres linéaires chacun  – commandés aux chantiers navals allemands de Flensbourg et affrétés coque nue. Ils seront exploités par la compagnie Tirrenia Cargo, filiale d’Onorato Armatori et constitueront une flotte de huit  unités de fret, ce qui “permettra d’annoncer prochainement l’ouverture de nouvelles liaisons cargo en Méditerranée”. Le groupe Onorato, qui contrôle Moby Lines, est spécialiste des liaisons avec les îles italiennes (Sardaigne, Sicile et Elbe, notamment).

Immobilier Entre Londres et Birmingham, Gazeley a achevé la construction en blanc d’un entrepôt de 53.000 m2 sur son parc de Milton Keynes. Baptisé Altitude, ce bâtiment propose une hauteur utile de 21 mètres autorisant l’aménagement de mezzanines optimisant les capacités de stockage ainsi que des portes de chargement à double niveau par cellule de 420 m2. Conçu selon la certification Well Ready Standard, il dispose de plusieurs équipements en matière de développement durable : éclairage Led, chauffage solaire thermique, récupération des eaux de pluie, bornes de rechargement pour véhicules électriques, etc.

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