Page 1


LE SHAMROCK septembre 2011

de découvrir lors de l’accueil admissible), cette association et ses projets. Le Shamrock est le journal de On Air, la radio du groupe EDHEC, Tout d’abord, à toutes et à tous les nouveaux association composée d’étudiants de l’ESPEME EDHEC nous souhaitons la bienvenue à Lille, à et de l’EDHEC. Les membres d’On Air de l’EDHEC, sur le Campus. J’imagine qu’après l’EDHEC sont eux mêmes exclusivement des quelques demi-journées passées à arpenter les membres d’Ad’Lib, l’association musicale de rayons anarchiques de chez IKEA, vous êtes l’EDHEC et travaillent d’arrache pied pour le pour la plupart enfin installés dans votre bel (ou développement de cette toute jeune radio qui pas) appartement. Pour nombre d’entre vous voit ses premiers jours en cette rentrée 2011. Si donc, les traditionnels problèmes logistiques de vous avez saisi un traitre mot de ce que rentrée sont pour ainsi dire réglés. Et pourtant, là j’énumère ici, vous comprendrez alors que pour n’est malheureusement pas la fin de vos soucis en apporter votre travail et votre dynamisme, votre ce début de première année. En effet, vous avez passion peut être à ce projet de radio, vous devez sans doute lors de ces faire d’Ad’Lib votre premiers jours et soirs association. Quel pu vous rendre compte serait alors votre rôle ? de l’importance sociale Du plus bassement non négligeable des matérialiste au plus associations étudiantes, artistique, du simple qui feront peut être démarchage de fonds dans un premier temps (il faut bien l’impression de commencer par là) à groupes égocentriques, l’alimentation du fermés sur eux mêmes contenu du site de la et finalement assez peu webradio (écriture concernés par l’accueil d’articles, sélection de de ces centaines de playlists; etc...) en petits nouveaux que passant par la vous êtes. Comprenez couverture médiatique Vos serviteurs : b i e n c e c i : c e s (gratuite, je précise) associations sont au Malcolm, Lucas, Gaspard, Julia et Sara des évènements centre de la vie culturels et associatifs é t u d i a n t e, f o rg e n t du campus et de la l’identité de l’école, et feront vite partie de la métropole lilloise (compte rendus de concerts, vôtre, pour le meilleur et/ou pour le pire. Et d’expositions, critique de films à l’affiche) dans le rassurez vous, ces a priori négatifs ne dureront but ambitieux mais pas irréalisable de vous pas. Très vite la grande opération séduction proposer à l’occasion un échappatoire un tant commencera, et toutes n’auront de cesse de soit peu intelligent à la vie étudiante basique mettre en valeur leurs qualités, leur dynamisme, fondée autour du binôme cours / soirées (quand l’importance de l’événement qu’elles organisent, le premier membre n’est pas évincé par le et essaieront de vous convaincre de les rejoindre. second), certes confortable mais à terme assez Ou plutôt non, d’essayer de les rejoindre. En nuisible pour tant pour votre santé que pour effet, perversité du système mais nécessaire à sa votre estime de vous mêmes. Je vous donne donc viabilité et partie intégrante de ce qu’on peut rendez vous très vite sur notre site. J’ajoute que, appeler «  son esprit  », vous ne choisissez pas ne souhaitant pas laisser les basses besognes à des réellement votre association. Vous ne pouvez en membres particuliers du pôle, tous apportent effet que choisir celles auxquelles vous postulerez leur participation à chacune des tâches énoncées lors d’entretiens autours desquels courent des ci-dessus. légendes urbaines aussi nombreuses qu’inquiétantes. Libre à vos ainés ensuite de vous J’en viens à présent à la présentation Ad’Lib, choisir, ou non. ses projets, et je vais surtout tenter de décrire dans toute sa complexité, sa richesse et parfois sa Permettez moi à présent de vous présenter bizarrerie, l’esprit de cette association, tout en ce journal (que vous avez peut être eu la chance

Éditorial


LE SHAMROCK septembre 2011

vous préservant de la médisance des sots qui voudraient réduire Ad’Lib à une bande d’hédonistes écervelés. Ad’Lib est la grande association musicale de l’EDHEC et gère tout ce qui a trait à la musique dans cette école, de la sonorisation du foyer et des évènements ayant lieu sur le campus à cette webradio. Elle participe également à toute l’organisation du festival « Le Père Noël Est-Il Un Rocker  ?  » en collaboration avec Vive Les Vacances, qui rassemble chaque année des milliers de spectateurs fin Novembre et fait autant d’enfants heureux à Nöel grâce aux jouets et aux fonds récoltés à cette occasion. Ad’Lib organise également les «  scènes ouvertes  » qui permettent chaque mois à tous les musiciens de s’exprimer sur scène dans une ambiance décomplexée et chaleureuse. Parlons d’On Air à présent. Cette We b r a d i o a l’ambition de proposer de nombreuses playlists de notre cru, des critiques musicales et cinéma, de couvrir les évènements du campus et plus généralement l’ensemble de la vie culturelle à Lille, afin de vous proposer à l’occasion un échappatoire un tant soit peu intelligent à la vie étudiante basique (cours / soirées). Je vous donne rendez vous très vite sur notre site. Parlons maintenant de l’esprit de cette association (c’est volontairement que je substitue au terme générique « ambiance » le mot esprit, qui rend la chose plus intelligente, plus vivante). Tout d’abord, tous ses membres sont littéralement fous de musiques. Bien entendu, tous ne sont pas des encyclopédies vivantes, mais tous partagent un amour sans mesure du son sous toutes ses formes, une recherche incessante de l’éclectisme, une insatiable envie d’apprendre et une soif intarissable de découverte. Ces quelques caractéristiques matérialisent la grande différence et je dirais le grand avantage de cette association sur les autres. En effet, cette dernière

offre d’abord la possibilité de travailler uniquement ce qui nous passionne et qui nous rassemble. On peut choisir d’entrer à Ad’Lib pour organiser le Festival ou pour faire des émissions radios, mais ces évènements ou l’attractivité de tel ou tel projet d’Ad’Lib ne sont, il me semble, pas une fin en soi. Je pense qu’avant tout cela, on choisit d’y entrer pour la musique, tout simplement. Et c’est ensuite cette passion qui motive nos projets, de telle sorte que l’on ne peut être amené à rechigner à fournir des efforts pour la réalisation de ces projets, rien ne se fait à contrecœur, puisque ceux-ci sont motivés par quelque chose d’autre qu’euxmêmes, quelque chose en amont. Quant à décrire nos relations dans cette associations, nous avons je crois tous trouvés dans Ad’Lib un groupe d’amis sincères. J’avoue que je peine à les décrire plus précisément (est-ce s e u l e m e n t possible ?), et vous invite à vous faire une idée vous même en venant à notre rencontre à l’EDHEC et en dehors, lors des soirées que nous organiserons dans les prochaines semaines. Voilà, je pense vous avoir tout dit. Peut être ne suis je pas parvenu à convaincre tous les amateurs de musique parmi vous, mais à défaut de compter sur leur compréhension (otage de la médiocrité de mon écriture), je compte sur leur bon sens pour faire le bon choix le moment venu. A présent, place à l’objet véritable de ce journal : la critique de musique et de cinéma, en bref notre avis. Lucas


LE SHAMROCK septembre 2011

Nos coups de coeur Musique BEIRUT, par Lucas Beirut est à bien des égards, un groupe étonnant. Originaire des Etats Unis, la musique qu’il produit ne fait manifestement référence à aucun artiste, aucun courant connu outre atlantique. Bien au contraire, il semblerait que Beirut ait développé une capacité à imprégner sa musique des cultures des différents pays qu’il traverse. A côté du piano, on pourra trouver un tuba, une trompette, des guitares, un ukulélé, un accordéon, une mandoline, un cor et des violons. Le résultat est une pop orchestrale, métissée, loufoque et sans âge, pleine de poésie et de nostalgie. La voix du chanteur, Zach Condon (qui est aussi la principale plume du groupe), semble toujours comme étreinte d’une émotion profonde, d’une tristesse intérieure poignante. Le groupe a à ce jour sorti deux albums. Le premier, paru en 2007, est intitulé The Flying Club Cup et puise son inspiration entre autre dans la vieille chanson française, comme en témoignent les titres de ses chansons aux consonances très marquées par notre belle langue (Nantes, Cliquot, Cherbourg, ou encore Un Dernier Verre Pour La Route). Le deuxième, The Ripe Tide, vient de paraître, et nous réserve lui aussi son lot de perles aussi grandioses qu’apatrides. Parmi ces petites merveilles, je vous conseille d’écouter Nantes, A Sunday Smile, Guyamas Sonora, The Penalty (premier album), East Harlem Goshen, Port of Call, ou encore The Rip Tide (deuxième album).

True Live, par Julia De True Live, je ne connaissais que ‘Something to be’, et encore, sans savoir que c’était d’eux. La révélation s’est faite complètement par hasard lorsque, me retrouvant à quelques mètres de leur scène le 26 juin dernier lors du festival des Solidays, je suis restée scotchée quelques minutes devant le spectacle qui s’offrait à moi. Sur scène, une danseuse pétillante au regard étonné apparaît avec, dans ses mains, quelques dizaines de cerceaux qu’elle commence à faire tourner le long de ses reins, de ses jambes et de ses bras, se déhanchant au rythme d’un son hip-hop/jazz/blues des plus entraînants avant de rendre la vedette au séduisant chanteur métis, Ryan Ritchie, et à ses cinq virtuoses. Violon, violoncelle, contrebasse, une section à cordes d’apparence très jazzy qui trouve sa place au cœur du beat hip-hop avec un naturel déconcertant. Formé en 2003 à l’occasion d’une jam session dans un bar de Melbourne, True Live réunit six musiciens de formation classique. Leur premier album, The shape of it, sort en 2006 et connaît un franc succès en Australie, leur pays d’origine. Mais c’est avec Found lost, arrivé le 7 mars 2011 en France, qu’ils envahissent l’hexagone, en particulier avec leur hit ‘Someting to be’. ‘Got to go, got to take me’ et ‘Best Thing man’, deux de mes titres préférés, révèlent parfaitement cette harmonie entre jazz et hip-hop, mêlant solos de violons et voix rauque et puissante de R. Ritchie. Pour l’instant, notre petit pays est le seul d’Europe à avoir eu l’honneur de les accueillir, mais True Live envisage de se tourner prochainement vers l’Allemagne. Heureusement, leur prochaine tournée en octobre prochain nous laisse encore cette courte exclusivité…


LE SHAMROCK septembre 2011

Fin du concert, les gens du public se regardent, complètement euphoriques : on vient d’assister à un grand moment, à un «  vrai live  ». D’ailleurs le chanteur explique que le nom du groupe, «  True Live  », c’est pour un groupe de musiciens qui placent depuis leur rencontre l’improvisation au cœur de leur musique en recherchant constamment la manière de jouer la plus vraie qui soit.

Souljazz Orchestra, par Malcolm Souljazz Orchestra, c’est un groupe qui nous vient du Canada et dont on entend pas mal parlé depuis sa création en 2002. Régulièrement sur les ondes de Nova, adulé par le grand Gilles Peterson, DJ anglais propriétaire de plusieurs labels et journaliste à la BBC, et présent sur de grands festivals français, SOJ s’est fait une place dans le monde de l’afrobeat et de l’afrojazz. Ses deux premiers albums « Freedom no go die  » et «  Manifesto  » sont à résonnance afrobeat, genre musical crée par le grand Fela Kuti, créateur de l’afrobeat et politique nigérian influent, créateur de la «  Kakuka Republic  », organisation visant à se révolter contre une élite nigériane corrompue profitant du boom pétrolier. SOJ fait renaître ces sons afro-beat et a d’ailleurs la reconnaissance des deux fils de Kuti, références actuelles de l’afrobeat qui est un mélange de funk, de jazz, de musique d’Afrique occidentale, de musique traditionnelle nigériane et des rythmes yorubas. SOJ est parfaitement à l’image du multiculturalisme de l’afrobeat par les origines de ses 8 musiciens mais aussi par une variété d’instruments extraordinaire. Une trentaine d’instruments aurait été utilisé pour leur dernier album en date, « Rising Sun », sorti en 2010, qui tend plus vers l’afrojazz avec un mélange très bien senti de musiques sur-vitaminés dont SOJ a la recette et de musiques jazz langoureuses. SOJ est aussi un groupe engagé, les titres des albums et des sons le montrent bien : « Mista President », « The blind leading the blind », « Insurrection », « Little Habana »… Tout comme Fela, SOJ crée une musique qui a la volonté de donner voix à un peuple en révolte. Quelques titres à écouter : Mista President –Insurrection - Negus Negast - Agbana

PantyRaid, par Yoann Ce groupe est la création de deux producteurs américains de la West Coast qui partagent la même passion pour la musique électronique et toutes les opportunités que les ordinateurs leur offrent à ce jour. Martin Folb (aka MartyParty) et Josh Mayer (aka Ooah) nous régalent avec ce savant mélange de mélodies addictives, particulièrement marquées par des basses bien grasses à nous en fendre les oreilles. L'autre marque de fabrique de PANTyRAID, c'est cet esprit méticuleux, ce soucis du détail omniprésent qui nous donne déjà une idée de la qualité de produit en fin de chaîne. Des variations constantes dans le rythme, dans le style, une large palette de sons tous plus bizarres les uns que les autres... Pour le bonheur de nos oreilles, croyez moi sur parole. PANTyRAID, c'est donc ce mix d'électro, de hiphop, de gros dubstep et toute sorte de musique expérimentale. C'est ce que j'aime, et c'est une de mes meilleures découvertes de l'année. Vous pourrez ainsi écouter à votre guise Beba, Enter The Machine (album The Sauce), ou encore Get The Money, Testarossa, et pleins d'autres encore...


LE SHAMROCK septembre 2011

PS: Notons que seul un publique avisé pourra apprécier ce type de musique. Si votre délire c'est les musiques du Snook, passez votre chemin. Pour les autres, installez vous dans votre fauteuil préféré, mettez le basses à fond et laissez faire les artistes.

Sebastian : La French Touch à l’honneur, par Vincent Sebastian Akchoté est un des nombreux artistes talentueux du fameux label Ed Banger (Justice, Uffie, etc…). Après s’être fait connaître par ses nombreux remix (Moby, The Kills…), et avoir réalisé la Bande Originale du dernier film de Romain Gavras (« Notre Jour Viendra »), il s’est enfin décidé à sortir un album, simplement nommé «  Total  », disponible depuis mai dernier. Si le son agressif qui le caractérise est bien sûr présent, on y trouve également des touches de pop et de funk, histoire que tout le monde y trouve son bonheur. Si le résultat a reçu un accueil mitigé de la part des fans, il y a néanmoins largement de quoi se faire plaisir.

A noter une pochette d’un narcissisme provocateur plutôt bien trouvée, où l’on peut voir Sebastian embrasser… Sebastian… Sebastian est en concert dans toute la France, notamment le 6 Novembre à Paris.

Wu Lyf, par Lucas Ce collectif mancunien n’a pas fini de faire parler de lui. Depuis le début de l’année, il délivrait sur le net et au compte goutte de nombreuses chansons, vidéos et autres demos qui suscitaient de grandes attentes sur tous les sites de musique un tant soit peu recommandables. Le moins que l’on puisse dire quelque mois plus tard, c’est d’une part que ces derniers ne s’y sont pas trompés, et d’autre part que Wu Lyf s’est imposé comme la une des principales révélations musicales de la saison, au vu des comptes-rendus de leurs prestations scéniques saluées par la critique lors des grands festivals de ces vacances estivales. Un fond sonore aérienn pouvant à certains égards rappeler celui des brillants Foals, avec néanmoins quelques différences appréciables parmi lesquelles une voix rageuse et (enfin, depuis le temps que je crois en le potentiel de cet instrument, trop souvent oublié dans la musique actuelle), un orgue, le tout servi avec une réverbération sonore donnant l’impression que ces messieurs enregistrent leur production dans une cathédrale (ce qui se marie assez bien et reste cohérent avec l’utilisation de l’orgue après tout. Même si Wu Lyf reste en dessous à mon humble avis que leurs compatriotes des Foals car plus répétitifs, un tantinet moins inspirés, un peu plus brouillons pour l’instant, bref moins expérimentés peut-être, Go Tell Fire To The Mountain n’en demeure pas moins un très bon disque bourré d’énergie, et qui apporte indéniablement quelque chose de neuf au paysage indépendant. Je ne parlerai donc pas de chef d’oeuvre comme nombre d’éminents critiques l’ont fait mais d’un album réellement intéressant. À vous de vous faire un avis, j’ai donné le mien. Lucas


LE SHAMROCK septembre 2011

Dossiers Musique Big Brother And The Holding Company, Cheap Thrills Au ter me d’une assez longue et non moins prolifique discussion philosophico-sociomusicale (oui, c’est ça, notre quotidien) avec Malcolm que je ne présente plus, ils nous est apparu qu’outre un déclin évident de sa qualité et de sa créativité, la musique populaire – j’entends par la celle écoutée par les masses et non seulement par quelque élite instruite et éclairée – a perdu l’essence même de ce qui faisait d’elle un facteur de rassemblement au potentiel colossal, à savoir son aspect politique, son idéologie au sens positif du terme ou plus trivialement son message et la profondeur de ce dernier. Lorsque des millions de personnes s’agglutinent dans un champ à

la musique et les concerts ne sont pas une fin en soi. Ce qui compte vraiment, c’est de passer un bon moment en marge du monde, c’est le rassemblement, la fête, la drogue, la débauche en un sens, mais toujours en réaction contre quelque chose, contre la société, la guerre, le Viet Nam… Au fond, on ne peut pas vraiment dire si c’est une bonne chose ou quelque chose qu’il faut regretter. L’échec de ce courant de révolte et la fin des années 60 et de ce courant pacifiste n’a pas empêcher les Stones de poursuivre leur carrière pour une cinquantaine d’année sans aucune revendication politique autre que leur attitude « on vous emmerde  » anti establishment, et la désillusion qu’a constitué cet échec a constitué un des fondements du génie des Doors. Quoi qu’il en soit, la musique populaire et le rock ne sont plus politique.

mon propos sur l’album Cheap Thrills. Pourquoi ? Parce que c’est à ce qui se dit le meilleur du groupe, et du moins celui qui leur a permis d’acquérir une notoriété et qui a fait d’eux un des groupes les plus représentatif de la communauté hippie… et que c’est aussi le seul que j’ai écouté, certes. Déjà, ça donne une idée et je pourrais d’ores et déjà m’arrêter la, je pense en

Un des Groupes les plus représentatifs de son époque et de la communauté hippie Woodstock en 1969, ceux-ci ne viennent pas pour voir Jimi Hendrix, The Who ou Ten Years After. Ou plutôt si, ils viennent bien pour la musique, entre autres, mais

je cherchais une « belle » photo de mademoiselle Joplin. je n’ai pas trouvé mieux...

On peut voir en Big Brother And The Holding Company un bel exemple de cette période ou la création et le génie musical était doublé d’un état d’esprit et d’un message politique et social, bien que celui-ci ne soit pas nécessairement évident dans les paroles des chansons du groupe. Un peu d’histoire tout d’abord. Le groupe se fait connaître aux Etats Unis en 1967 au festival de Monterrey en même temps que Jimi Hendrix (avec lequel Janis Joplin aura l’occasion de faire une plus ample connaissance par ailleurs…), sort un album éponyme, puis explose littéralement avec l’album Cheap Thrills, permet à Big Brother d’intégrer définitivement le collège des plus grands groupes de l’époque, et ce n’est pas peu dire. Pour ne pas disperser de manière excessive mon discours, je concentrerai justement

avoir dit assez pour vous convaincre d’écouter cet album, ou de le réécouter s’il vous est déjà connu. Pour faire court, Big Brother nous livrait en cette année 1969 avec Cheap Thrills un récital de rock psychédélique de type San Francisco : des fondements et une structure très blues, la voix surpuissante, éraillée et tonitruante de Janis Joplin, des guitares tantôt lancinantes et aux effusions sonores contrôlées comme sur I Need A Man To Love, tantôt agressives et rageuses comme sur Combination Of Two ou encore sur l’excellent et renommé Piece Of My Heart. En définitive, on tient ici le genre d’album qui nous fait regretter de ne pas être nés soixante ans plus tôt. Indispensable, à mettre entre toutes les mains. Lucas


LE SHAMROCK septembre 2011

The Yardbirds Il est possible, plausible, probable, certain, que ce nom ne vous dise rien. Et pourtant, il représente à lui seul à la fois la genèse, l’éclosion et les mutations du rock britannique des dix (premières ?) années les plus prolifiques de son existence (1960-1970). A titre d’exemple, une comparaison révélatrice me vient à l’esprit. C’est sans grand rapport avec le reste de l’article mais ca illustre la richesse de cette trop courte décennie. Amy Winehouse vient de mourir à 27 ans (paix à son âme) et intègre le glorieux et tristement célèbre club des 27, qui rassemble les chanteurs et musiciens célèbres décédés à 27 ans à la suite de leurs différents abus. De 2003 à 2011, soit en 8 ans, celle à qui on a souvent donné le titre de «  diva soul » a sorti deux albums dont une bouse (2003). Considérons les cas de deux autres membres de ce même club des 27. Jimi Hendrix  : quatre albums hallucinants en quatre ans. Jim Morrison  : Six albums dont au moins 5 que l’on peut qualifier d’excellents avec les Doors en 5 ans. Les problèmes de santé, d’accord… enfin je ne suis pas sur que le deux divinités citées plus haut marchaient pour leur part à l’Actimel et à la St Yorre. Enfin ca c’est une autre histoire… Revenons aux Yardbirds. Que les m o i n s i g n a r e s d ’ e n t r e vo u s commencent donc par écouter le titre For Your Love. « Aaaaah oui c’est dans…  »  Good Morning England entre autres, film à la bande son irréprochable j’en conviens. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un début. Maintenant, si je vous dit Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, en théorie cela vous parle plus. – «  Où veut-il en venir ce

Having A Rave Up, et les Yardbirds initiaux

branleur ?  » - eh bien ces trois musiciens, qui chacun à leur manière ont éclairé ces deux fastes décennies sont tous passés par ce groupe. Celui-ci débuta sa carrière avec un guitariste quasi-anonyme qui dut vite quitter le groupe, pour la simple et bonne raison que papa et maman ont confisqué au pauvre chéri sa guitare pour qu’il reprenne ses études. Le jeune Eric Clapton le remplaça au pied levé, et marqua de son influence très blues le style du groupe jusqu’à on départ en 1963. Sur les traces de leurs compatriotes des Rolling Stones, les

ve r s l a Po p. C’est pour cette raison que Clapton, en Bluesman pur et dur, décida de quitter le groupe. Ce fut alors au guitariste Jeff Beck d’apporter sa patte au son du groupe. Beck était en effet bien plus progressiste que Clapton dans sa manière de jouer et de composer. Adepte de la recherche effrénée de nouveaux sons et de l’utilisation plus poussée de la saturation, Beck aura dans ce domaine surement donné des idées à Page qui continuera sur cette voir avec Led Zeppelin, notamment avec sa

« Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page sont passés par ce groupe » Yardbirds participèrent au British Blues Boom, principalement en reprenant les grands classiques des maitres du genre (Howlin’ Wolf et Sonny Boy Williamson entre autres) et en faisant une utilisation quasi systématique de l’harmonica blues. La première chanson non reprise d’un autre fut For Your Love, qui constitua le premier titre propre au répertoire du groupe et surtout un premier changement d’orientation musicale du Blues

Gibson Les Paul emblématique. Sous son influence, le groupe prit


LE SHAMROCK septembre 2011

abandonnèrent le groupe, laissant Jimmy Page seul pour décider de l’avenir des Yardbirds. Celui ci les rebaptisera bientôt et pour un temps relativement court les New Yardbirds et fera appel au batteur John Bonham, le chanteur Robert Plant et le bassiste John Paul Jones et scellera ainsi définitivement la fin des Yardbirds, créant autour de Roger The Engineer

part au fabuleux courant rock psyché (écouter notamment les titres Still I’m Sad et Heart Full Of Soul), et fut ensuite un des précurseurs de ce qu’on ne tardera pas à appeler quelques années plus tard le Hard Rock (écouter par exemple la guitare sur la chanson Stroll On). Quelques années plus tard, Beck quitta à son tour les Yardbirds. L’arrivée de Jimmy Page pour le remplacer marquera un nouveau tournant dans les influences musicales du groupe. Toujours impressionnants sur scène notamment grâce à la virtuosité bien connue de Page, les Yardbirds ne parviendront pas néanmoins à percer en studio. C’est en partie pour cette raison que les autres membres

plus ténus qu’ils n’y paraissent. En effet, les choix musicaux effectués par les guitaristes successifs du groupe ne se firent pas du jour au lendemain. L’évolution de leur production ne se fit pas par paliers comme le paragraphe précédent pourrait le faire croire, mais bien de façon subtile et linéaire. Je vous encourage donc à découvrir ce

Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham scelleront ensemble la fin des Yardbirds pour créer le groupe mythique Led Zeppelin ces nouveaux musiciens le groupe mythique Led Zeppelin courant 1968 (ou 1969 je ne sais plus, peu importe au fond).

!

Outre la qualité évidente de la musique produite par le groupe tout au long des années 60, c’est son cheminement et ces changements fréquents de d i re c t i o n q u i m at é r i a l i s e n t l’évolution de la musique à cette époque, de For Your Love ou de ses reprises blues à Immigrant Song de Led Zeppelin dix ans plus tard. Bien que ces deux extrémités chronologiques et musicales de l’histoire du groupe soient a priori sans grand rapport, il est intéressant de constater que les changements constatés sont bien

groupe et à prendre part à la véritable Odyssée du Rock que ses dix premières années d’existence constituent. Pour l’Anecdote, j’ai découvert que les membres initiaux ont reformé les Yardbirds dans les années 90, mais préférez concentrer votre écoute sur les Albums Five Live Yardbirds, For Your Love, Having A Rave Up et Roger The Engineer, cela suffit amplement à illustrer mon propos et le reste présente d’autre part un peu moins d’intérêt. Bonne écoute pour les plus intéressés. Pour les plus réticents, commencez donc par écouter les morceaux mentionnés au long de l’article, je suis sur qu’ils suffiront à vous allécher. Lucas

Kaleidoscope

psychédélisme, et la pop anglaise. Plus pop que psyché d’ailleurs. On Qui aime le premier Pink n’est pas chez les Thirteen Floor ici, Floyd, Donovan, Syd barrett, et la hein. Pratiquant une musique un pop sixties en général serait bien peu décérébrée mais foncièrement inspiré de lire cet article. adorable, on pourrait leur faire le Kaleidoscope réconcilie le psychédélisme et la pop anglaise » Petit groupe à la courte carrière, Kaleidoscope (à ne pas confondre avec le groupe américain du même nom) réconcilie deux traditions (un bien grand mot en l’espèce quand même…) fertiles, le

même reproche que Donovan, blâmer leur ingénuité sans nom, ce côté cul-cul, mais on aurait tort, c’était l’époque, et c’est cette candeur qui rend cette musique attachante. La pop ça peut être

Faintly Blowing, 1969

inepte ; ça doit être inepte même. C’est en essayant justement de faire


LE SHAMROCK septembre 2011

de la pop consciente , sans avoir les moyens de Dylan ou de Ray Davies, que beaucoup se sont exposé au ridicule (cf l’enflé «  Plastic Ono Band  » de Lennon par exemple). Les chansons de Kaleidoscope ne s’autorisent pas ce genre d’ambition  ; elles parlent de ballons qui s’envolent, de Mr Small le réparateur de montres, de barbe à papa, de sucres d’orge, ce genre d e c h o s e s . Fo n c i è r e m e n t infantilisant mais délicieux. On se moque, on se moque, mais dans le genre, ils sont très bon, parmi les meilleurs du genre. Tellement bons en fait qu’en Angleterre, ils tutoient régulièrement les hauteurs atteintes par le gratin de l’époque (Beatles, Kinks, Zombies, Donovan). Portées par des guitares carillonnantes façon Byrds (comme beaucoup d’autres à l’époque), ces comptines pop à la concision bienvenue (je n’ai rien contre le format long, mais ça doit pouvoir «  se justifier  »)

Chapelier Fou, 613

doivent beaucoup à la voix juvénile e t p o u r t a n t i n c roy a b l e m e n t expressive de Peter Daltrey. Comme un Donovan moins nasal, avec la même diction un peu

(faramineuse celle-ci) « if you so wish », « the feathered tiger » (celle là sonne comme du Dylan bucolique), «  dive into yesterday  », «  flight from ashiya  », et quelques autres. S’ensuivra un album plus dénudé mais tout aussi génial, peut être même meilleur, sous le nom de Fairfield Parlour, là encore prodigue de merveilles sans âge (« aries », « emily », « baby stay for tonight », « caraminda »… ). Sans plus de succès ça va sans dire.

chichiteuse. Ou comme un Syd barrett plus benêt. Occasionnellement un peu écoeurants sur les bords, ils atteignent sur certains titres au génie pop pur et simple, en témoignent les fantastiques « do it again for jeffrey », « snapdragon », «  l o v e s o n g f o r a n n i e  » ,

J’ai fait écouté à un pote et sa réaction traduisait un enthousiasme idoine : ses yeux baignés de larmes de bienheureuse reconnaissance semblaient m’interroger : « Vianney, comment fais-tu pour faire à chaque fois montre d’une si infaillible sûreté de goût ?». « J’aime bien,  c’est frais », qu’il m’a dit. Qu’est ce que je peux raisonnablement ajouter à ça ? Vianney G.

Pochette de l’album «613»,

Un de ces artistes dont il serait fort dommage de passer à Chapelier coté. Une perle rare, forcement peu Fou connue du grand public, d'où mon intervention (et celle d'Ad'Lib en général) pour vous faire part d'une belle découverte. Ce nom tout droit sorti d'Alice aux Pays des Merveilles n'est pas passé inaperçu à mes yeux, et surtout à mes oreilles. Pour tout vous dire, j'attendais beaucoup de cet artiste avant même de savoir ce qu'il faisait. Ne me demandez pas pourquoi, mais ce nom se devait de me plonger dans un univers hors des frontières du réel. Et bien m'en a pris, puisque le Chapelier Fou a su Tout d'abord, laissez moi vient de Lorraine. Je dois admettre se montrer a la hauteur de mes vous présenter l'artiste (que dis-je, le que ce musicien talentueux a tout le espérances, et même plus... génie): il s'appelle Louis Warynski et mérite pour lui. En effet, notre ami


2011

Louis aurait pu “se contenter” de f a i r e a p p e l à u n o rc h e s t r e symphonique pour composer ses œuvres. N'étant pas du genre à rechercher la facilité, ce dernier joue pratiquement de tous les instruments et fait tout tout seul

Commençons par la première, G Tintinabulum, au minimalisme engourdi et finissant par ce riff de guitare nous délivrant de cette léthargie préalablement installée sans que l'on s'en rende compte. Et ce n'était qu'un début.

existentielles de ce monde, tout du moins pour ma part. A chacun ses voyages... La musique de Chapelier Fou nous convie en fin de compte (conte?) à une belle balade qu’on croirait

LE SHAMROCK septembre

« Chapelier Fou joue de tous les instruments (...) et mélange avec brio la musique classique et électronique » (comme sur scène). A mon avis, c'est ce contrôle total de la situation qui lui permet de mélanger aussi bien, à sa manière, la musique classique (qu'il a apparemment déjà bien assimilée) et électronique. Une inspiration sans frontières, digne d'un chapelier fou de la m u s i q u e, o n s e c o m p r e n d . Maintenant, je dois admettre que je ne suis pas l'homme de la situation pour trouver de belles phrases a f a i r e c h av i r e r l e c œ u r d e s demoiselles pour décrypter un album, je vais donc tout simplement vous faire part de quelques musiques qui méritent d'être ! écoutées avec attention, dans de bonnes circonstances (et donc, a titre d'exemple, pas en préchauffe):!

Les Métamorphoses du Vide représentent pour moi une véritable explosions d'émotions: je ne sais pas par ou commencer, je vois des mots qui se mélangent, espoir, amour, joie, tristesse. J'ai envie de lever la tête dans les airs, de rigoler, de pleurer, de faire des free hugs dans la rue. C'est peutêtre un moment ridicule pour moi, je n'irai donc pas plus loin... Mais ce violon... un pur “boner”. Secret Handshake: magnifique, un coté Ya n n T i e r s e n q u e j ' a d o r e . Amateurs de ce dernier, lancez vous sans hésiter.! Grahamophone: une chanson a rendre fou, dans le bon sens du terme. Elle ne vous emmène nulle part sinon au plus profond de votre être en vous ramenant aux questions

issue de la BO d’un film. Cette influence cinématographique est une véritable porte d'entrée à la rêverie pour danseurs immobiles. La fraicheur qui se dégage des 13 titres de 613 est une vraie caresse pour les oreilles et vous aurez bien tort de vous en priver. C'est pourquoi je vais vous donner encore quelques titres que j'affectionne particulièrement? tellement c'est bon le soir dans son lit: Darling, Darling, Darling..., Right Place and Time Left, La Bonne Orthographe, Al Alabama (tout l'EP Al Alabama en fait, ce sera plus simple). En espérant que vous allez a p p r é c i e r, vo i r e e n t o m b e r amoureux. Yoann

30 Juin 2011 : Prince envoûte le Stade de France Prince est une légende. Véritable génie musical, à l’origine de plus de 30 albums, membre du prestigieux Rock n’ Roll Hall Of Fame, et heureux lauréat de nombreuses distinctions, on se souvient qu’il fut désigné jadis comme concurrent numéro un d’un certain Michael Jackson. Si sa carrière n’est pas moins fournie que le roi de la pop, sa volonté à rester en marge de l’industrie musicale (il éditera une partie de ses albums de façon indépendante) en fait un personnage bien moins médiatique. C’est ainsi que malgré une campagne de communication tardive, je constate en arrivant que le stade est loin d’être plein (50  000 personnes sur les 80 000 possibles). Les places ont d’ailleurs été bradées

en dernière minute pour en vendre un maximum. De nombreux spectateurs (dont moi) présents en fosse ne connaissent donc l’œuvre de Prince que dans les grandes lignes, et sont venu par curiosité, sûrs de la réputation de l’artiste. Et le moins que l’on puisse dire,


LE SHAMROCK septembre 2011

c’est que l’on n’a pas été déçu. Dès son entrée, Prince enflamme le public. Ce mec a un charisme impressionnant. Et musicalement, c’est une grosse claque : après quelques solos remarquables de guitare, il attrape une basse et envoie un groove digne des plus grands. Ajoutez à cela quelques notes de piano et le public est conquis. Mais si le talent de Prince n’est plus une surprise, la qualité des musiciens dont il a su s’entourer l’est beaucoup plus. Dès le deuxième morceau, un saxophoniste s’avance et balance un solo à couper le souffle. Prince le présente : Maceo Parker, ancien musicien de James Brown, rien que ça. De même, je comprends que son batteur n’est autre que John Blackwell, musicien reconnu que j’admire, dont le style est impressionnant. Mais fidèle à son image de séducteur, Prince sait aussi s’entourer de jolies filles. Outre sa bassiste, la plus belle surprise vient incontestablement de sa guitariste, Andy Allo. En plus de son magnifique sourire (vous l’aurez compris, je suis amoureux) et de son remarquable jeu de guitare, la belle envoûte l’audience lorsque après une heure de concert, Prince quitte la scène pour une petite pause, lui laissant le micro : « Tiens, elle sait chanter aussi. Et puis bien en plus ! ». Bref le concert continue ainsi de surprises en surprises, une reprise de «  Come Together  » des Beatles, un hommage à Michael Jackson avec un bout de «  Don’t Stop Till You Get

Enough », et une splendide version de son tube «  Purple Rain  » (confettis compris) plus tard, nous voila déjà au rappel. Sauf qu’avec Prince, des rappels, il y en a trois. Et c’est après 2h50 de show et le standard «  Kiss  » que le groupe finit par quitter la scène définitivement. 2 minutes après, toutes lumières allumées, une choriste vient prendre le micro pour nous annoncer que Prince serait bien resté, mais que pour des raisons, je cite, de couvre feu, le concert devait s’arrêter là (j’imagine que le Stade de France est tenu de finir ses manifestations avant minuit). Dommage, Prince était parti pour jouer toute la nuit, mais on en a déjà largement eu pour notre argent. Au passage, j’en profite pour souligner que des artistes de cette envergure qui prennent toujours autant de

plaisir à monter sur scène, qui laissent autant de place à l’improvisation, et qui prennent la peine de changer la setlist à chaque concert, ça devient rare, tant les « grands  » groupes ressemblent désormais à des machines à profit bien huilées… En conclusion, je ne peux que vous encourager à aller voir Prince lors de son prochain passage, même si vous ne connaissez que 2 chansons ! Vincent

La RubriqueCinéma Toujours dans le but de vous fournir un contenu d’une qualité outrepassant parfois votre intellect, nous avons le plaisir de vous annoncer l’arrivée ô combien triomphale dans nos rangs de deux penseurs majeurs, deux sommités critiques du septième art et intellectuels référents de l’association Prix de Court, Louis et Jordi qui ont avec bienveillance accepté de nous éclairer de leurs lumières sur cet art cousin de la musique. Je leur laisse donc la plume.

Kubrick : Pourquoi il fascine ? !

Vous vous êtes endormis devant Barry Lyndon, vous vous demandez ce qu’Eyes wide shut a de spécial, vous avez fait semblant de voir un sens profond à 2001 Odyssée de l’espace, Orange mécanique est (ou a été) votre film préféré… Kubrick fascine, 12 ans après sa mort, il continue de fasciner, que ça vous plaise ou non. L’affluence record de l’exposition dédiée à Kubrick à la cinémathèque de Paris en est la preuve.

Son choix d’adapter à l’écran l’excellent roman de Nabokov, Lolita a mis Kubrick face aux problèmes de la censure et des luttes d’influences. Il a même déclarera même après coup qu’il n’aurait certainement pas tourné le film s’il avait eu connaissance des problèmes qu’il a rencontré. Mais la légende était déjà en train de s’écrire. Il fait également étalage de l’ultra violence pendant 2h15 avec Orange Mécanique, une énième manière de choquer le spectateur. Choquer oui, mais toujours justifié par une réalisation quasi parfaite.

Kubrick, passionné par Napoléon


LE SHAMROCK septembre 2011

(dont son projet de film ne verra jamais le jour), continue donc d’inspirer toute une génération. Tout d’abord, Kubrick a toujours apporté quelque chose de nouveau dans ses films. Ses jeux de caméra, et la célèbre scène éclairée seulement à la bougie dans Barry Lyndon, ses choix d’acteurs, tantôt star internationale (Nicholson, Cruise, Kidman…) tantôt inconnus au bataillon. Il alterne également entre les adaptations de roman (Shinning, Lolita), les films futuristes

(Orange mécanique, 2001), les films historique (Barry Lyndon, Spartacus), les films satiriques (docteur folamour) ou les films plus actuels (Eyes wide shut)… F i n a l e m e n t Ku b r i c k e s t u n réalisateur éclectique dans ses choix de films, mais dans lesquels ils imposent toujours sa rigueur, sa « pate  » et c’est ce qui fait sa renommé aujourd’hui. Car si Kubrick a souvent été imité, il n’a encore jamais été égalé. Un Malick (Balade sauvage,

Nowhere, De Gregg Araki, sorti en 1997

Pour poser le décor : on suit la journée d’une multitude d’adolescents plus ou moins liés les uns aux autres, entre (la première scène nous montre le personnage principal se masturber sous la douche en pensant successivement à des hommes et des femmes, ou encore à des délires SM bien vilains et complètement absurdes, de quoi bien rentrer dans le film …), errances, drogues, conversations existentielles, trips mystiques, meurtres, viols, et le tout sous la forme d’un «  teen moovie  » complètement absurde («  Melrose place sous acide » selon l’affiche..) , qui part en décadence totale et finit par un trip SF sorti de nulle part. Oui il faut le savoir avant de le voir, Nowhere est le genre de film qui, quoi qu’il arrive, vous laisse à la fin sans voix pendant 5 bonnes

Avec : James Duval, Rachel True, Nathan Bexton et Chiara Mastroianni.

les moissons du ciel, la ligne rouge et plus récemment The tree of life) peut se targuer d’avoir l’aura d’un Kubrick par l’attente que génère chacun de ses films, mais Kubrick restera un précurseur, celui qui a réussi à adapter l’inadaptable, celui qui a réussi à rendre esthétique ce qu’il y a de plus laid, celui qui aura eu toujours un temps d’avance sur son temps… Louis

Tout le monde a vu ou entendu parler de Kaboom, le dernier film de Greg Araki sorti l’année dernière, mais trop peu sont ceux qui ont eu la chance de croiser la route de Nowhere. Et quelle route. Nowhere est un Kaboom version années 90 (grunge) avec plus de tout. Plus de sexe, plus de bisexualité, plus de drogues, plus de Comme dans tous les films d’Araki, violence, et beaucoup, beaucoup la bande originale et l’esthétique plus de trash. Non, n’y voyez des images sont une des grandes surtout pas là un énième film cliché forces du film. Du côté de la BO, voulant donner au « Sex, Drugs tout lecteur du Sham digne de ce a n d R o c k & r o l l  » u n c ô t é nom ne pourra qu’apprécier les «  branché  », car ici il choix, allant de n’y a aucune fierté de « N’y voyez surtout pas un énième film Radiohead à Marilyn l a p a r t d e c e t t e cliché voulant donner au «  Sex, Drugs and Manson en passant j e u n e s s e , Rock&roll  » un côté «  branché  », car ici il n’y a p a r l e s C h e m i c a l complètement perdue, Brothers et Massive qui se réfugie derrière aucune fierté de la part de cette jeunesse, Attack pour les plus ces quelques vices face complètement perdue, qui se réfugie derrière connus, et permettant au non-sens de son ces quelques vices face au non-sens de son avec une image très existence. Et si on existence ». travaillée de styliser compte le nombre de des scènes à première minutes, que ce soit parce que vous suicides pendant le film, on vue banales (les seuls papiers peints n’avez pas du tout suivi Araki dans comprend vite qu’on est loin de des chambres sont de véritables son trip ou parce que vous avez l’apologie d’une jeunesse œuvres d’art…) ou complètement connu un voyage sensoriel américaine branchée… choquantes (Chaque suicide est un mémorable. bijou). Cette seule symbiose du son


LE SHAMROCK septembre 2011

et de l’image provoquera chez les plus immergés de véritables orgasmes visuels. Pour cela Il n’est d’ailleurs évidemment pas déconseillé, pour les amateurs, de mettre son corps et son esprit dans des conditions idéales pour une évasion totale des sens. Certains iront même jusqu’à vous le conseiller … En bref, si vous avez aimé Kaboom, si vous aimez les films qui

Biopic : la recette miracle ? Le biopic est une formule qui marche. Apparus dans les années 80, ces films qui narrent la vie d’une personne célèbre sont (presque) à tous les coups des succès. Pourquoi ? S’il est évident que ce genre cinématographique per met à l’acteur de se surpasser, parfois jusqu’à pousser la ressemblance avec le sujet du biopic jusqu’à son paroxysme (Joaquin Phoenix chante lui même les chansons de Johnny Cash dans l’excellent Walk the Line de James Mangold, Marion Cotillard qui gagne un oscar grâce à son interprétation

d’Edith Piaf), la réponse ne s’arrête pas là. Timing, choix de la célébrité, réalisation, interprétation narrative sont autant de raisons qui ont permis au biopic de devenir un

vont très loin, qui n’ont parfois aucun sens, qui reposent pour moitié sur le style des images et des musiques, qui ne revendiquent aucune morale et qui ne sont que pure jouissance sensorielle, alors ce film sera pour vous 1H30 d’extase. Par contre, si vous cherchez à vous plonger dans une histoire complexe et structurée ou à verser une petite larme, passez votre chemin …

genre cinématographique qui a fait les belles heures du cinéma depuis 30 ans. Le degré de célébrité du sujet du biopic n’est pourtant pas proportionnel à la réussite du film. Preuve en est, le très controversé Last Days de Gus Van Sant, qui, malgré la patte d’un réalisateur génial (My own private Idaho, Will Hunting, Elephant, Gerry), n’arrive pas à sortir de son film d’un apathisme général. Paradoxalement, les plus grandes réussites viennent souvent de destins peu connus au départ. Johnny Cash, Ian Curtis, Howard Hugues autant de noms qui nous disent quelques choses, mais dont les destins ne sont pas réellement connus du grand public. Et pourtant, que ce soit le très documenté Walk The Line de James Magold, le trop peu connu mais très réussi, Control d’Anton Corbijn ou le carton du box office Aviator de Martin Scorcese, tous ont pris le parti de choisir une personnalité peu connue mais dont le destin se prête particulièrement à la réalisation d’un film. Car les réalisateurs oublient trop souvent q u ’ u n fi l m a d e s ex i g e n c e s scénaristiques, des exigences de réalisation, des exigences

D’autres films d’Araki à voir : Mysterious Skin (véritable pépite sur la pédophilie), le reste de la «  t r i l o g i e d e l ’ a p o c a l y p s e adolescente  » (Totally fucked up  ; The doom generation) , Kaboom évidemment, ou encore Smiley Face si vous avez le temps et l’esprit bien aéré … Jordi

Walk The Line, de James Mangoln, permet à Joaquin Phoenix de se dépasser dans le rôle de Johnny Cash

e s t h é t i q u e s e t c e n’ e s t p a s uniquement un nom accrocheur qui permet sa réussite (l’exemple de Basquiat réalisé par Julian Schnabel qui n’a pas eu la réussite attendue) On attend les prochains. Scorsese travaillerait sur la vie de Sinatra, on parle même d’un énième collaboration avec Leonardo Di Caprio. Il semble évident que la vie d’une personnalité qui a marqué l’histoire de son art touche toujours énormément le spectateur et offre à l’acteur la possibilité de se surpasser, mais la réussite du film dépendra toujours de la vision et l’angle choisi par le réalisateur. Louis


LE SHAMROCK septembre 2011

! Les concerts à venir NAME FESTIVAL : 17 18 25 26 SEPTEMBRE : LAURENT GARNIER, KALKBRENNER, BOYZ NOISE, UFFIE, BUSY P, ET BIEN D’AUTRES À TOURCOING, LILLE, DUNKERKE, ET VILLENEUVE D’ASQ. ANNA CALVI AU SPLENDID LE 01 OCTOBRE : UNE JOLIE RÉVÉLATION DE LA FIN DE L’ANNÉE 2010, AVEC UN TRÈS BON ALBUM À LA CLEF. - THE SUBWAYS LE 06 OCTOBRE AU GRAND MIX À TOURCOING. - MIOSSEC LE 07 OCTOBRE GRAND MIX METRONOMY SERA LE 7 OCTOBRE À L’AERONEF, DANS LA CONTINUATION DE LEUR TOURNÉE ENTAMÉE IL Y A SIX MOIS AUTOUR DE LEUR ALBUM THE ENGLISH RIVIERA. - DANAKIL ET BROUSSAI LE 08 OCTOBRE À L’AÉRONEF CONNAN MOCKASIN LE 11 OCTOBRE À L’AERONEF, UNE POP CALME ET POSÉE, UN PEU ALLUMÉE MAIS PLAISANTE AU FOND. - C W STONE KING SERA À L’AÉRONEF 13 OCTOBRE, POUR LES PURISTES DU BLUES TOURCOING JAZZ FESTIVAL : IBRAHIM MALOUF LE 15, ATHONY JOSEPH & THE SPASM BAND LE 21... MARK KNOPFLER ET BOB DYLAN AU ZÉNITH LE 16 OCTOBRE, DEUX MYTHES QU’ON NE PRÉSENTE PLUS, IL FAUT LES AVOIR VUS DANS SA VIE. CARAVAN PALACE LE 19 OCTOBRE AU THÉÂTRE SEBASTOPOL COCOON LE 21 OCTOBRE AU THÉÂTRE SEBASTOPOL

Les sorties albums du mois - Red Hot Chili Pepper : I’m With You - The Drums : Portamento - The Kooks : Junk Of The Heart 12/09 - Justice : Audio, Video, Disco - Noel Gallagher, High Flying Birds le 17 octobre - Feist : Metals le 03/10 - L’intégrale remarsterisée de Pink Floyd le 26 - Un live d’Eric Clapton le 12/09 - Kasabian - The Rapture - Baxter Dury - The Antlers

Le Shamrock - Septembre 2011  

Coups de coeur musique, dossiers musique et cinéma

Advertisement