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Revue littéraire Passerelle Vol. 2, N.1

Mars 2009

Éditorial

Sommaire

Ce deuxiéme volume de la revue littéraire Passerelle s’inscrit dans la dynamique de la promotion de la littérature maghrébine d’expression francaise au Québec. Nous avons opté pour une nouvelle approche: celle de l’analyse, de la critique, de la lecture systémique d’oeuvres majeures et inédits tout en encourageant la diversité au sein de la francophonie québecoise. Des enjeux de l’édition en ligne à la poésie marocaine d’expression francaise, nous amorçons un point de vue sur la littérature Québecoise, puis une analyse littéraire sur le poète Haitien Gérard Etienne, décédé en 2008, ainsi que le poète marocain à l’honneur Abdelmajid Benjelloun dont la contribution à la littérature marocaine est révélatrice à plus d’un titre. Ce premier numéro du deuxiéme volume se veut un tremplin vers d’autres horizons promotteurs. Je vous souhaite à tous et à toutes une bonne lecture .

P:3 Les enjeux de l’édition en ligne P:5 la poésie marocaine de langue Française P:9 Littérature Québecoise: point de vue P:11 La poésie de Gerard Etienne P:17 Abdelma-

Kamal Benkirane jid Benjelloun Éditeur

P:23 Parutions Passerelle

ISSN: 1911-4427

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Les enjeux de l’édition en ligne L’édition en ligne est devenue le moyen le plus simple et le plus économique d’éditer et de publier un livre, De ce fait, tout est possible, tout travail intellectuel, dans différentes disciplines peut être mis en format numérique et en version papier, à la disposition du public.

Pour rendre un manuscrit diffusable, l’ultime tache est la conversion du fichier source en un format connu et public. Cependant il Le livre numérique en devenant important que son tirage sur papier ne rend pas ce dernier inutile pour autant. Le tirage à la demande est une excellente option pour l’avenir, commander un livre en ligne, opérer plusieurs types d’édition selon la demande de l’auteur garantit une qualité d’impressions et de mise en page. La diffusion cependant prolongée du livre n’est pas une garantie de ce

n’est pas souvent avantageux de lire à l’écran, à souvent défiler des lignes, on peut en souffrir. À ceux qui préfèrent toucher un livre, l’option demeure rentable pour acheter un livre imprimé, donc tangible. Mais il faut admettre que l’édition en ligne a apporté beaucoup d’avantages aux auteurs inédits, entre autres de se servir d’internet comme un vecteur culturel qui leur permettra de se

faire connaître d’abord, et d’entrer dans la grande enceinte des auteurs publiés, et qui ont opéré un choix, celui de l’autonomie inconditionnelle. Outre que l’édition peut être en format privé ou public, opaque ou transparent, en accès libre, protégé ou payant, le livre numérique permet la recherche à partir de chaque mot, d’accéder à des liens internes et externes, la copie de citations et

ternative à l’édition traditionnelle sans la discréditer. Il est incontestable que les technologies de l’information sont inaliénables pour la réalisation du livre. Le copyright standard une norme acquise d’avance pour assurer l’auteur du plein droit sur son livre ainsi que la possibilité de fixer ses propres droits Il n’est pas difficile d’auteur. d’éditer en ligne, le défi majeur est de libérer les potentialités et d’offrir une al-

que j’appellerais un contrat clair garantissant l’intérêt de toutes les parties. Le libre choix de disposer de son œuvre, comme l’auteur veut, tel que le garder dans l’espace public virtuel ou l’enlever est une question de libre choix.

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Les instances politiques doivent considérer sous de nouvelles auspices les avantages de l’édition en ligne, et à rendre ces enjeux constructifs, dans un contexte culturel, qui s’écarte des discours démagogiques ou le livre est figé dans l’option du produit industriel , l’enjeu majeure c’est d’accompagner l’édition en ligne, dans son objectif de permettre aux auteurs non édités, d’être édité, et aussi dans le contexte la diversité des options qui est un atout majeure à la créativité humaine.

Kamal Benkirane

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SUR LA LITTÉRATURE QUÉBECOISE ... POINT

La poésie marocaine de langue Française en péril des langa- un acte d'"extrême Au seuil de ges institués. hérésie", bouscul'acte poétique Que dit cette lant les vérités de la La poésie est poésie évoluant en morale et de l'idéomémoire du langa- marge des feux de la logie. ge et de l'Histoire. rampe, presque ouMais, et c'est là Les Arabes disent bliée par les cercles que réside son origiqu'elle est leur di- de consécration? El- nalité, elle n'est pas wan: on peut y lire le chante les blessu- toujours à lire comleur passé, leurs res d'un peuple qui me une invitation à gloires et leurs dé- refuse l'amnésie et l'émeute. Elle déboires. La poésie la servitude. Ce peu- passe souvent cette marocaine de lan- ple est muselé mais exigence pour affirgue française veut son corps tatoué mer le bonheur cependant aller au- parle comme un li- d'écrire les plus delà de cette fonc- vre ouvert entre ciel beaux textes en tion d'inscription du et terre, inaccessible hommage à ceux vécu collectif et de à toute censure. Ses qui résistent et coml'espace identitaire. phrases tombent battent dans l'omDe texte en texte, l'une après l'autre et bre - pour que reste elle cherche à faire s'incrustent sous intacte la dignité de émerger du réel une forme de marques l'homme. L'histoire vision de soi et de indélébiles en tous de cette poésie est l'autre totalement lieux de la terre na- d'ailleurs pleinetransformée par le tale. Le verbe du ment significative à jeu déroutant qu'el- poète s'enroule dans cet égard: elle téle opère sur le signe ces traces et leur moigne à la fois du et sa trace, la parole donne forme et ré- douloureux combat et le silence, le dit et alité, se dresse en que mènent les poèle non-dit... C'est rébellion et installe tes marocains pour qu'elle est conçue le blasphème au la prise de la parole, par la plupart des coeur du sacré. A et de leur quête inpoètes d'aujour- l'instar de toute lassable d'une écrid'hui comme une poésie véritable, la ture de l'écart. aventure risquée au poésie marocaine de C'est aux années seuil de l'exil et de langue française soixante que l'on l'interdit, une mise peut-être ainsi peut faire remonter considérée comme 5


LA POÉSIE MAROCAINE DE LANGUE FRANÇAISE

( suite)

la naissance et l'affirmation de la poésie marocaine de langue française. Deux événements plus précisément permettent d'étayer cette datation: la publication en 1964 par Mostafa Nissaboury et Mohamed Khaïr -Eddine du manifeste Poésie Toute, et le lancement en 1966 de la revue (Souffles) sous la direction d'Abdellatif Laâbi. L'un des traits communs aux poètes apparus avec la revue Souffles est celui d'avoir vécu les luttes d'indépendance alors qu'ils étaient adolescents, et donc de n'y avoir pas participé directement. Il n'empêche que les évènements troublants de cette période les ont si profondément marqués qu'ils en ont gardé des traces inoubliables. L'école, dit Laâbi, fait leur premier contact avec la politique dépersonnalisante de la colonisation. D'où ce sentiment aigu de déchirement qui va pour longtemps les installer dans une situation d'écartèlement, voire d'exil intérieur tant ils étaient confrontés à deux cultures différentes, et par là se sentaient comme exclus de l'une et de l'autre. Nous avons sans doute ici l'un des premiers facteurs qui ont suscité la création de Souffles. C'est, nous semble-t-il, pour dépasser ce tiraillement linguistique et culturel que la nécessité de fonder une revue littéraire s'est imposée lors des années soixante. Souffles devait servir pour ses fondateurs et pour tout écrivain de langue française, en même temps que de lieu d'exorcisation de leurs angoisses, d'instrument de reconquête de la légitimité culturelle. Car il leur fallait tout à la fois se distinguer de la génération précédente (souvent accusée à tort de complicité avec la colonisation), et prouver à l'opinion publique nationale que leur mouvement, loin d'être un épiphénomène de la littérature métropolitaine, était profondément enraciné dans la réalité du pays. Ce facteur socio-psychologique (l'acculturation) est à l'origine aussi de ce que nous appellerons à la suite de Marc Gontard la "violence du texte", qui est la marque essentielle de la poésie dans Souffles. Le désir ardent qu'avaient les poètes de Souffles de casser la langue française au point de la rendre étrangère à elle-même est en effet à considérer - dans certains de ses aspects tout au moins - comme l'expression douloureuse de la violence qu'ils avaient subie.

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SUR LA LITTÉRATURE QUÉBECOISE ... POINT LA POÉSIE MAROCAINE DE LANGUE FRANÇAISE ( suite)

Autant de contraintes auxquelles s'est violemment heurtée toute une génération animée d'un patriotisme fougueux et désireuse de donner à la décolonisation son contenu authentique: l'établissement d'un système démocratique hostile à toute forme d'injustice et d'inégalité sociale. Refusant le silence imposé, les poètes se veulent avant tout iconoclastes, "porteurs de feu" et "lutteurs de classe" pour que cesse le "règne de barbarie". Par là s'explique la véhémence des thèmes qu'ils abordent le plus souvent: rejet des mystifications et appel à la révolte. Nous devons préciser toutefois que ces poètes ne cherchent nullement à s'enfermer dans un régionalisme chauvin, ni à cristalliser de nouveaux sentiments

contenus dans un

nationalistes. Ils éprouvent surtout, par-delà leur relation au pays natal, un profond besoin de tout effacer, de tout remettre en question dans l'espoir de voir naître un jour un homme nouveau, vierge d'identité. Parlant de la "jeune poésie marocaine", André Laude écrit justement:

concept de culture nationale codifié par les bureaucraties au pouvoir. C'est enfin déchiqueter une à une, avec les dents, les ongles et les os, les bandelettes de momie dans lesquelles la nation, confondue avec la langue, sommeillait. Il est clair alors que pour les poètes marocains l'engagement ne signifie nullement l'idéologie au détriment de la productivité poétique. Dans leurs différentes interventions.

Ecrire pour les générations nouvelles, c'est devoir s'enraciner dans l'héritage de la tradition, transcender celle-ci, la violenter jusqu'à déboucher sur la scène actuelle. C'est encore, pour les plus lucides, les plus courageux, les plus libres, éviter les pièges

Des poètes marocains autour d'une revue, et Souffles avait œuvré pour sa concrétisation en se fixant deux objectifs essentiels:

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SUR LA LITTÉRATURE QUÉBECOISE ... POINT

LA POÉSIE MAROCAINE DE LANGUE FRANÇAISE -D'une part, renouveler la littérature marocaine tout en l'associant à la lutte culturelle, au combat national pour le progrès et la démocratie. "Il fallait faire" écrit Abdellatif Laâbi "dépasser à la littérature émergeant d'ici le cap de la réthorique et des décalcomanies pour la constituer en tant qu'écriture, lieu et instrument d'une voix, d'un corps et d'une mémoire irréductibles, la reconstituer en tant qu'oralité se rebranchant sur la seule tradition anti traditionnaliste parce qu'elle est lutte incessante d'un peuple pour son droit à la parole". - D'autre part, engager l'activité littéraire dans un travail de "réinterprétation des écritures occi-

dentales". Le but de cette action était de mettre en texte une parole inédite, puisant sa force et ses ressources dans les profondeurs de l'imaginaire populaire refoulé et dédaigné. Ecriture éclatée et mettant en pièces les codes de la littérature classique, la poésie marocaine de langue française n'a cependant pas vu le jour pour répondre seulement à une volonté intense de changement d'écriture. La préoccupation esthétique est ici inséparable d'une autre encore plus cruciale: dénoncer la violence de l'oppression sous ses différentes parures et manifestations. En parlant des formes littéraires, Jean-Louis Joubert a sans doute raison de dire que "toute forme est

historique", qu'"elle appartient à l'Histoire". L'émergence au Maroc durant les années soixante d'une poésie révolutionnaire tant sur le plan de la forme que du contenu est, pour une bonne part, tributaire de la conjoncture socio-politique de cette époque. Il convient en effet de souligner que la poésie marocaine d'après l'indépendance (y compris celle de langue arabe) s'est affirmée dans un climat de désillusions et de questionnements pressants: comment sortir le pays du sous-développement? Comment instaurer une démocratie juste, un Etat de droit? Les poètes, toujours à l'écoute de la mémoire et du temps présent, étaient particulièrement sensibles à ces questions dont seul un langage libéré de toutes entraves était en mesure d'exprimer l'urgence et la gravité. C'est donc en tenant compte de ce contexte en ébullition.que l'on peut comprendre la naissance de la modernisation poétique au Maroc. Abderrahman TENKOUL

(Extrait de « La littérature maghrébine de langue française », Ouvrage collectif, sous la direction de Charles BONN, Naget KHADDA & Abdallah MDARHRI-ALAOUI, Paris, EDICEF-AUPELF, 1996). Tous droits réservés : EDICEF/AUPELF

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SUR

LA

LITTÉRATURE QUÉBECOISE ...

D’aucuns pensent que les éditeurs au Québec publient moins de littérature que de livres de cuisine ou de témoignages politiques sur certains événements. Force est de constater que cette réalité n’est pas présente seulement au Québec, et qu’on a tendance à valoriser de moins en moins le rôle des libraires. Le probléme n’est pas souvent le lectorat, mais c’est aussi la perception qu’on a de la littérature dans un monde dominé par les lois implacables de l’économie. Bien que nous assistons à une réelle profusion des talents qui se bousculent sur le portillon du salon du livres chaque année, il serait intéressant que la littérature québécoise participe intensément à la dynamique du dialogue nord-sud et ce dans le sens de contextualiser les codes de cette littérature dans la sphère des littératures étrangères. Dans un autre ordre d’idées, si la littérature québécoise ne s’ébroue pas dans les mêmes rivages que la littérature maghrébine, les deux puisent dans les mêmes références linguistiques, existant communément à l’intérieur d’une littérature francophone qui, par le truchement d’une langue, unit sans dissocier. Or, que le volet économique étende de plus en plus sa férule sur la culture, les temps ne sont pas propices pour affirmer le contraire, encore que le manque de courage politique 9


Sur la Littérature Québécoise:

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des dirigeants, pour poser des gestes efficients envers la culture et la littérature, demeure problématique et ne comble pas réellement les attentes des artistes professionnels voire aussi de la relève. La littérature québécoise est appelé à sortir de son cocan, sans déroger de cette sensibilité créatrice et identitaire qui la caractérise. Il faudrait sans cesse instituer le volet communicationnel au nom d’une altérité réelle qui fera la différence. Les défis sont certes majeurs, mais de la différence, ne nait pas souvent la lumière ? P.M

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Saint john Kauss

La poésie de Gérard Vergniaud Etienne Né au Cap-Haïtien le 28 mai 1936. Il passera bientôt sous les drapeaux, enrôlé au Corps d’aviation des Forces armées haïtiennes. A l’âge de vingt ans, il fit ses premières armes dans la poésie, après qu’il eut découvert Eluard, Aragon, Yvan Goll et Lorca, au hasard de ses lectures. Après ses humanités obtenues en 1956, il décrocha un poste d’enseignant du secondaire et collabora à plusieurs quotidiens et hebdomadaires d’Haïti. Il fut, entre autres, animateur d’une émission radiophonique, Notes et Rimes (1960-1964), diffusée sur les ondes de Radio Haïti à Port-au-Prince, et fondateur d’un petit groupe culturel. Émigré en 1964 à Montréal où il obtint une licence en lettres, il poursuivit ses études en Europe et décrocha un doctorat en linguistique de l’Université de Strasbourg en 1974. Autrefois Professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. Ancien directeur de la revue Lettres et Écritures (1967-1968), metteur en scène, ancien rédacteur en chef de la Revue de l’Université de Montréal, il fut également membre des Comités de lecture de plusieurs maisons d’édition, à Montréal et en Acadie. Gérard Vergniaud Étienne a fait de la prison, beaucoup de prisons sous les différents gouvernements d’Haïti de son époque port-au-princienne. Anti-aristidien acharné, il s’est fait injurier et battre sur le terrain de Radio Canada (Montréal) en 1993, juste avant une émission-interview avec la journaliste Denise Bombardier dont il était l’hôte. Bien entendu, cette agression politique l’a complètement traumatisé. Écrivain engagé dans la vie comme dans l’écriture, il fut polémiste à temps plein et professeur retraité de l’Université de Moncton. Gérard V. Étienne a beaucoup voyagé, surtout en Europe, aux Antilles et en Amérique du Sud où il participa à des congrès et prononça des conférences publiques, pour les Nations Unies, entre autres. Il prononça également des conférences sur les sciences humaines à Montréal, Santo Domingo, San Juan, Naples, Paris, Strasbourg, Mexico, Londres, etc. Outre de nombreuses études sur la linguistique et la sémiologie, il a publié plus d’une centaine d’articles littéraires, sociologiques et politiques dans les journaux suivants: Panorama, Le Nouvelliste (1958-1964), Métro-Express (19651966), Quartier latin, Lettres françaises, Haïti Observateur, Le Devoir, etc. Ses hypothèses scientifiques, particulièrement sur la phonologie du créole haïtien, ont été reprises par plusieurs chercheurs américains et français. De plus, ses travaux scientifiques ont été cités dans la bibliographie d’un manuel d’introduction à la linguistique, ainsi que dans Langue française, les parlers créoles, paru chez Larousse, et dans Initiation à la linguistique, le Créole, structure, statut et origine, de Albert Valdman, chez Klincksieck, notamment. Il est décédé à Montréal dans la matinée du dimanche 14 décembre 2008. Gérard V. Étienne a, littérairement, publié neuf recueils de poésie: Au milieu des larmes (1960), Plus large qu’un rêve (1960), La raison et mon amour (1961), Gladys (1963), Lettre à Montréal (1966), Dialogue avec mon ombre (1972), Cri pour ne pas crever de

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La poésie de Gérard Etienne ( Suite) honte (1982), Un ambassadeur macoute à Montréal (1979), Une femme muette (1983), La reine Soleil levée (1987), La pacotille (1991), Le bacoulou (1998), Maître Clo ou la romance en do mineur (2000), Au bord de la falaise (2004), Vous n’êtes pas seul ( 2007); et six essais: Essai sur la négritude (1962), Le nationalisme dans la littérature haïtienne (1964), La question raciale et raciste dans le roman québécois (1995), La femme noire dans le discours littéraire haïtien (1998), L’injustice (1998), Hervé LeBreton et la poétique de la femme (2006). Son oeuvre a été traduite en anglais, en espagnol, en portugais et en russe. Elle figure dans plusieurs anthologies, dont Le silence éclate (Moscou) et Présence africaine (Paris).

*** Pour des raisons personnelles et d’ordre technique, nous n’aborderons que l’œuvre poétique de Gérard Vergniaud Étienne, laquelle, longtemps négligée par la critique, mérite d’être dévoilée et revisitée au van des souvenirs. Nous ne tenterons donc d’étudier multiples facettes de sa poésie qu’à travers une rétrospective publiée de l’ensemble de ses poèmes (1). Comme tout grand poète, G.V. Étienne croit en l’inspiration poétique. “La poésie”, soutient-il dans une lettre adressée à l’auteur de cette étude (2), “ne court pas les rues, et ne se vend pas au marché. L’inspiration poétique pénètre, oui ou non, l’être humain. Il n’y a pas deux poids, deux mesures, dans cette forme que les gens appellent poésie.” L’inspiration de la poésie de G.V. Étienne vient sans doute d’en bas. Une poésie de l’immersion, parlant de choses vues qui sont d’ailleurs d’ici ou de là, avec un rituel propre aux poètes de l’après-guerre en France. Chez Gérard V. Étienne, on peut parler sans risque de se tromper d’art réaliste et de modernisme appliqué, donc d’hyper-réalisme; le fait qu’il soit possible, à partir de ses poèmes, d’énoncer une technique simple d’après laquelle le poème est le résultat de la prolixité de l’Être et de son environnement (le social). Pour nous, le recours à un système, à son système, est une façon d’obtenir une distance vis-à-vis de l’œuvre. « Déjà vingt-trois saisons dans une vie crucifiée La marée disparaît au bruit des canons Je n'ai pour boussoles que des soleils d'amitié Maman n'a pas mis aujourd'hui la marmite au feu. » (La charte des crépuscules)

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La poésie de Gérard Etienne ( suite) Avec Gérard V. Étienne, donc, c’est la lecture d’un monde intime, sensible aux multiples épanchements de la nature, sans cesse à la recherche de la femme (3), de la ville (4) ou de son ombre (5). On le lit (et l’oeuvre) dans une quête intéressante des mots et des images, et son écriture qui charrie sans fin les gestes du quotidien rassure du choix heureux des couleurs qui s’imposent d’emblée. Le poète prend parfois plaisir à se noyer dans l’oubli funeste et dans la mésaventure de son île au regard d’acier (6). Façonnant le souvenir telle une étoile tombée du ciel, on y retrouve exprimée toute sa rancoeur d’être ailleurs. Nostalgie de l’île en détresse. Défaillance d’un coeur marchant à la hauteur des hommes et des Tropiques. Beauté candide d’une poésie de l’incertain retour, Cri pour ne pas crever de honte (7) traduit une sorte de révolte dans la douleur des mots qui s’exaltent autour de la mémoire du poète. C’est le retour des vieilles obsessions (ce retour au concret), cette étreinte faite de fiel qui dépasse les limites de simples réminiscences. Ce village bâti autour de la mémoire du poète cimente au quotidien chacune de ses démarches. Dans le “Cri...”, en effet, tout est plus décrit que suggéré. Ce poème est bâti autour d’une nostalgie, autour d’un rêve, et autour d’un pays. « Si le soleil le chien de ta détresse ne se lève plus du côté de ta case Si l'hirondelle qui passe tous les matins s'est aujourd'hui cachée sous la feuillée Si tu te juges inapte à labourer le ciel toujours sois ferme et courageux Une graine d'espoir a germé dans la pluie 11 y a la terre qui tourne avec les hommes Il y a le monde qui te tend la main lève-toi et marche à la quête de nouveaux paradis pour le salut des diables cachés sous ton grabat » « Mon ombre d'hier, l'ombre en moi palpitante, mon ombre, ma fièvre et mon délire, d'où viens-tu? Mon ombre d'hier, l'ombre en moi palpitante, je te montre mon labyrinthe, ma jeunesse qui s'affaisse. Que tu me voies dans le tumulte du fleuve, que tu attendes patiemment mon départ, je serai ton double dans le soir le matin. »

« Me reconnais-tu O ma haine sacrée sol étrange crispé dans mon orgueil ami des lampes chaudes ami des marées noires de ces lacs en détresse parmi les gestes de l'ange qui aurait séquestré le temps la mémoire et l’amour Me reconnais-tu vierge mule fois immolée nerveuse aux cols fermés à la concupiscence »

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La poésie de Gérard Etienne

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A Moncton, en 1993, aux éditions d’Acadie, disions-nous, Gérard V. Étienne a récidivé en publiant une rétrospective de l’ensemble de ses oeuvres poétiques: La charte des crépuscules (1). Divisé en sept sections, ce livre n’est que la reproduction de Au milieu des larmes (1960), Plus large qu’un rêve (1960), La raison et mon amour (1961), Gladys (1963), Lettre à Montréal (1966), Dialogue avec mon ombre (1972) et Cri pour ne pas crever de honte (1982). Étrangement, les sections ont été titrées différemment par l’auteur. On peut lire maintenant: Frissons et pleurs, Clameurs de rêves, L’amour au pluriel, Romance antillaise, Montréal entre les branches de l’aube, Paroles de vents contraires, Et tombe le rideau sur un pays en notes funèbres. Même si Gérard V. Étienne est souvent perçu comme un romancier cinglant, donc un prosateur, ses poèmes qui sont le témoignage d’une écriture vaillante et lyrique, le protègent (l’auteur) de tout scandale et de toute politique du silence. Le langage félin, souvent utilisé par le poète, note un esthète aux accents si simples, une poésie de communication munie d’une puissance émotionnelle capable d’ajouter du frisson aux mots. « Je t'appelle hirondelle de mes vingt-six saisons Il n'est pas de sommeil sans décor ni folie C'est l'heure de cueillir les roses de la lune Lève-toi Bien Aimée le Grand rêve arrive. »

« Ma rivière endolorie Je ne sais et ne sens qui je suis devant l'océan de ta beauté. Immobilité. Si je dois accepter que tu panses mes folies quand vient ton sourire avec un drôle de sourire ta chanson avec quelque rien d'amour tu chercheras mes roses fanées pour les éparpiller sur une nuit de cauchemars Gladys mon immaculée le Chopin dans le soir fortifie ma douleur et l'orage aura brisé un pan de mon espoir Sur la place publique avec un ami humant l'odeur d'une belle-de-nuit qui se promène Je presse contre mon cœur les déesses de la nuit Et toutes les notes vertigineuses qui font le tour de ma pensée pareilles à ces vols rapides d'ortolans comme pour courtiser les fées des matins éblouis. »

(La charte des crépuscules)

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La poésie de Gérard Etienne Le temps n’a rien détruit de tous ses vers écrits depuis les années ‘60. Au contraire, plus engagé et plus maîtrisé dans La charte des crépuscules, l’art du poète rénove et contribue à alimenter une part du surréalisme, celui qui s’identifie aux limites de l’incompris, celui qui donne sa chance au lyrisme et permet à l’artiste d’exprimer ses sentiments dans la jouissance et la révolte. En effet, la poésie de Gérard Vergniaud Étienne est l’expression même de l’état d’âme le plus concret, une poésie de la kinesthésie locale et mobile qui offre à l’épanchement du lecteur l’image d’un poète spontané livré aux plus curieux. Au demeurant, le poète qui transmet, crée cette émotion qui explique pourquoi son impulsion à tout transformer par la poésie. Métamorphoses de l’idée en jets de lumière ondulée d’une écriture faite de clarté, tandis que rien de cette poésie ne relève de l’artifice. Tout baigne au contraire dans les sentiments (femme, ville, homme, misère et honte). Expression authentique d’une âme en pleurs, de l’amour au pluriel. Poésie syncopée, jazzée dans son ensemble, mais d’une trop grande sensibilité. « Mon amour Je l'ai joué sur un clavier d'aurore orange brise frileuse un midi d'octobre blasé par une fenêtre du collège est entré dans ma chambre Mon amour Je l'ai construit humblement patiemment avec la tendresse de ma mère et la voix de mon Dieu avec des formes de ciel bleu et des débris de rêve avec le soir, avec les jours, avec la pluie l'avenir qui pousse et nous enchaîne Si vaste mon amour tel un aveu d'amants que la terre fille amoureuse entre pieds nus et bras ouverts dans la baie de mon amour Mon amour à construire de milliers lendemains Mon amour à chanter par toutes les voix du monde Mon amour des roses sauvages au bord des chemins Je t'enserre plus que la pieuvre de l'Île pour un peu de puissance à l'heure des massacres Mon amour je t'écris sur les palmes de ma raison Pour tout ce que je suis le nègre et ses démons »

(La charte des crépuscules) L’auteur est un poète d’origine haïtienne vivant à Montréal, il est membre de L’UNEQ et fondateur d’un courant littéraire: LE SURPLURÉALISME

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Œuvres littéraires connues de Gérard V. Étienne : - Au milieu des larmes, poésie, Port-au-Prince (Haïti), Togiram Presse, 1960. - Plus large qu’un rêve, poésie, Port-au-Prince, Imprimerie Dorsainvil, 1960. - La raison et mon amour, poésie, Port-au-Prince, Les Presses Port-auPrinciennes, 1961. - Essai sur la négritude, essai, Port-au-Prince, Panorama, 1962. - Gladys, poésie, Port-au-Prince, Panorama, 1963. - Le nationalisme dans la littérature haïtienne, étude, Port-au-Prince, Éditions Pétion, 1964. - Lettre à Montréal, poésie, Montréal, Estérel, 1966. - Dialogue avec mon ombre, poésie, Montréal, éditions Francophones du Canada, 1972. - Le nègre crucifié, récit, Montréal, éd. Francophones du Canada, 1974. Métropolis, Genève (Suisse), 1989. - Un ambassadeur-macoute à Montréal, roman, Montréal, Nouvelle Optique, 1979. - Cri pour ne pas crever de honte, poésie, Montréal, Nouvelle Optique, 1982. - Une femme muette, roman, Montréal, Nouvelle Optique, 1983. - La reine soleil levée, roman, Montréal, Guérin littérature, 1987. Métropolis, Genève (Suisse), 1989. - La Pacotille, roman, Montréal, L’Hexagone, 1991. - La charte des crépuscules, poésie 1960-1980, Moncton (Canada), éd. d’Acadie, 1993. - La question raciale et raciste dans le roman québécois, étude, Montréal, Balzac, coll. “Littératures à l’essai”, 1995. - La femme noire dans le discours littéraire haïtien (Éléments d’anthroposémiologie), Montréal, Balzac-Le Griot, coll. “Littératures à l’essai”, 1998. - Le bacoulou, récit, Genève, Métropolis, 1998. - L’injustice, pamphlet, Montréal, Humanitas, 1998. - Maître Clo ou la romance en do mineur, roman, Montréal, Balzac-Le Griot, 2000. - Au bord de la falaise, roman, Montréal, CIDIHCA, 2004. - Hervé LeBreton et la poétique de la femme, essai, Coconut Grove (Floride), Educa Vision, 2006. - Vous n’êtes pas seul, roman, Côte Saint-Luc (Montréal), Du Marais, 2007. - Natania, poésie, Côte Saint-Luc (Montréal), Du Marais, 2008.

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Solstice de la soif Abdelmajid Benjelloun Éditions de l’Association Culturelle Passerelle

Abdelmajid Benjelloun est né le 17 novembre 1944 à Fès. Il a émigré avec sa famille à Kénitra, fin 1955, où il a fait le cycle secondaire de l’enseignement. Il a poursuivi ses études supérieures à l’Université et à l’Institut Universitaire de Hautes études internationales, à Genève. Il a enseigné depuis à la Faculté de Droit à Rabat. Il a publié une quarantaine de livres, dont notamment cinq portant sur l’histoire du mouvement national dans le Maroc sous domination espagnole, dans la période 1912-56. Il est nouvelliste, romancier, poète, aphoriste et peintre. Il a produit et présenté une émission culturelle en langue française, à la Radio nationale marocaine RTM-chaîne Inter, ‘Paroles d’esplanade’, de 1997 à 2006.

Extrait L’art le plus sublime donne l’éblouissement, et la femme donne par l’amour l’éblouissance. Je le sais jusqu’au désir, puis c’est l’absolu qui se matérialise trop. Je le sais jusqu’au désir, puis c’est l’absolu qui se matérialise trop à mon gré. Chaque jour sa chance d’infini Aimer, c’est certes, marquer à l’ange la femme, mais aux dépens de la pureté. 17


Abdelmajid Benjelloun Aimer la femme ne signifie pas consommer sa fleur. L’amour est une offrande vindicative. Une passante est reconnue par l’oubli, par simple fascination. L’amour entre l’homme et la femme me fait l’effet d’un été fasciné par le soleil et réciproquement. L’amour entre l’homme et la femme me fait l’effet d’un été dépassant le soleil. L’amour, cette petite soif de soleil si compacte!

Tableau de Abdelmajid Benjelloun

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Oeuvres de Abdelmajid Benjelloun

Dans le domaine de l'histoire contemporaine du Maroc -Approches du colonialisme espagnol et du mouvement nationaliste marocain dans l'ex-Maroc khalifien. Rabat, Okad,1988;290 pages.(avec une couverture originale de l'auteur). -Deuxième édition du même ouvrage parue en 1990, chez le même éditeur. -Pages d'histoire du Maroc: le patriotisme marocain face au Protectorat espagnol. Rabat, Imprimerie Maarif elJadida,1993, 308 pages. (avec une couverture originale de l'auteur). -Fragments d'histoire du Rif oriental, et notamment de la tribu des Beni Said, dans la deuxième moitié du XIX è siècle,d'après les documents Mr Hassan Ouchen. Rabat, Imprimerie Maarif el Jadida,1995,429 pages. (avec une couverture originale de l'auteur). -Le Nord du Maroc: L'indépendance avant l'indépendance/Jean Rous et le Maroc, 1936-195, Casablanca, Editions Toubkal, et Paris, l'Harmattan,1996,284 pages. -Études d’histoire contemporaine du Maroc, Tunis, Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information Zaghouan, avril 2000, 146 pages. -Colonialisme et nationalisme (Arguments), Rabat, Okad, 2001,435 pages.(avec une couverture originale de l'auteur). Dans le domaine de l'histoire des institutions: -Pour une approche de l'histoire des institutions et des faits sociaux, Casablanca,Editions Toubkal,1997,208 pages. -Un livre-témoignage sur sa mère: Mama.Rabat,Imprimerie Maarif el Jadida,1997,144 pages. -Mama, dans une nouvelle version, Paris, Editions du Rocher, (collection Anatolia), avril 2002,204 pages. Préfacé par William Cliff. -La mort d'un proche ne se termine jamais, roman, Casablanca, les Editions Toubkal, 1998, 118 pages. (Avec le concours du service culturel de l'Ambassade de France au Maroc). 19


Oeuvres de Abdelmajid Benjelloun

-Hassane l’andalou, ou l’étoile de la manquante était bien allumée, roman, Rabat, Editions Racines, 2007, 249 pages. (avec une couverture originale de l’auteur). Dans le domaine de la poésie, de l’aphorisme et de l’aphorisme poétique: .Etres et choses, le même silence. Paris.Editions Saint-Germain-des prés,1976. .Qui tire sur les bretelles de ma respiration? Rabat,1989.(avec une couverture originale de l'auteur). .Une mouette réveillée d'une tempête.Rabat,1990.(avec une couverture originale de l'auteur). .Qui tire sur les bretelles de ma respiration? Die.A Die,1991(avec le concours du Centre National des Lettres français).(avec une couverture originale de l'auteur). .Murmure vivrier.Rabat, Okad,1991.(préfacé par Salah Stétié et avec une couverture originale de l'auteur). .Les sept cieux apparents du mot.Rabat,1993.(avec une couverture originale de l'auteur). .Dogme et friandise ou pulsion de sourire. Dépliant avec 211 aphorismes poétique, 1996. .La flûte des origines ou la danse taciturne.Rabat,1997.(avec une couverture originale et une autre illustration de l'auteur). .L'éternité ne penche que du côté de l'amour. Rabat, 1998.(avec une couverture originale de l'auteur). .Le discobole amoureux et l'écho ou les années inutiles de l'horizon, Rabat, 1998.(avec une couverture et quatre autres illustrations originales de l'auteur). .Une femme à aimer comme on aimerait revivre après la mort.Rabat, 1998.(avec une couverture et sept autres illustrations originales de l'auteur). .L'amour rajeunit l'univers et même la création, Mohammadia, 1999.(avec une couverture et deux autres illustrations originales de l'auteur). .Paroles déçues d'esplanade, Rabat, 1999.(avec une couverture originale de l'auteur).

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Oeuvres de Abdelmajid Benjelloun Cette hébétude totémique avec elle, Rabat 1999.(avec une couverture et une illustration originales de l'auteur). .Aphorismes, entre le lent et le long de l’an 1994, Rabat,2001. (avec une couverture et une autre illustration originales de l'auteur). -A un détail près de l’éternité, recueil d’aphorismes, Tétouan, Publications de l’Association Tétouan Asmir, 2002(avec une couverture originale de l'auteur). -L’éternité ne penche que du côté de l’amour suivi de Dogme et friandise ou la pulsion du sourire et de Une femme à aimer comme on aimerait revivre après la mort, Bordeaux, Editions William Blake and Co, 2004.(avec une couverture et trois illustrations originales de l’auteur). -Nouvelles en lignes, fragments de miroir au noir, Rabat, Editions Racines, 2006,241 pages(avec une couverture et vingt dessins originaux de l'auteur). -L’Eternité, belle comme le visage de mes enfants, Le Riffle, (Collections écritures), 2007,122 pages. -L’âme fréquente aussi les beaux quartiers de l’esprit,… recueil d’aphorismes, Casablanca, Editions Aïni Bennaï, 2008, 149 pages. (avec une couverture originale de l’auteur, et une préface d’Abdelkébir Khatibi). -Cette petite étoile frémissante du matin, Le Chasseur abstrait Editeur, France. - Je l’accompagne au chant, recueil d’aphorismes, Rabat, Editions Marsam, 79 pages. Fait partie du groupe d’écrivains marocains(avec Mohammed KhaïrEddine, Abdelkébir Khatibi, Mohamed Choukri, Ahmed Bouanani, Mustapha Nissabouri, Mohamed Bennis, Mehdi Akhrif, Hassan Bourkia) auxquels La Nouvelle Revue française, dans son N°558,n de juin 2001, consacre un dossier, avec une présentation de Jean-Paul Michel, pp.163-169(sous le titre “je suis poète”). -Un amour à fendre le solstice, avec Fred Edson Lafortune, recueil de poèmes et d’aphorismes, à paraître aux Editions Patrick Cintas. (avec une couverture originale de l’auteur). - Rûmi ou une saveur à sauver du savoir, recueil d’aphorismes, à paraître aux Editions W. Blake and Co, à Bordeaux. (avec une couverture originale de l’auteur).

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Oeuvres de Abdelmajid Benjelloun Flâneries strictes d’encre ou: éduque-t-on les signes ? recueil de 250 de mes dessins à l’encre de Chine (des signes- êtres) précédés d’une préface mienne. Tirage limité hors commerce. -Un livre à deux mains avec Jacques Levrat sur leurs expériences respectives de Musulman et de Catholique, à paraître aux Editions l’Harmattan, à Paris. -La crise de l’autorité parentale au Maroc, à paraître chez Eddif. A contribué, notamment, à l’ouvrage collectif Lettres à Dieu, Calmann -Lévy, 2004, repris dans la collection de poche J’ai Lu, la même année. Cet ouvrage a été traduit en arabe, en coréen, en chinois, en roumain, et bientôt en croate.

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Parutions de l’Association Culturelle Passerelle 2008

Par utions: - T i tr e : R e v u e l it t ér a ir e P a s s e r e l l e , v o l 1 , N . 3 - N o m br e d e p a g e s : 6 8 - I s s n : 1 9 1 1- 4 4 2 7 - T i tr e : L a v o i e di p l om a t iq u e d e H a s s an I I - A u t e u r : M o u l a y H i c ha m M o u a t a d i d - N o m br e d e p a g e s : 1 15 - I SB N : 9 7 8 - 2 - 9 2 3 5 6 4- 1 1 - 1 - T i tr e : T r an c h e s d e v i e ( S e c on d e éd i t io n) - A u t e u r : S a i d A bo u El A b b a s - N o mb r e d e p a g e s : 2 6 - I SB N : 9 7 8 - 2 - 9 2 3 5 6 4- 1 0 - 4 - T i tr e : R e v u e l it t ér a ir e P a s s e r e l l e , v o l 1 , N . 4 - N o m br e d e p a g e s : 9 5 -ISSN : 1911-4427 - T i tr e : L e g u id e di p lo m a t i q u e d u M ag hr eb - A u t e u r : M o u l a y H i c ha m M o u a t a d i d - N o m br e d e p a g e s : 1 38 I S B N : 9 7 8 - 2- 9 2 3 5 6 4 - 1 3 - 5 T i t r e : A c c om m o d em e n t d ér a i s o nn a b l e - A u t e u r : K a m a l B e n k ir a n e - N o m br e d e p a g e s : 7 0 I S B N : 9 7 8 - 2- 9 2 3 - 5 6 4- 0 4 - 3 - T i tr e : R e v u e l it t ér a ir e P a s s e r e l l e , v o l 1 . N . 5 - N o m br e d e p a g e s : 7 0 -ISSN : 1911-4427 - T i tr e : S o l s t i c e d e l a s o i f - A u t e u r : A b d e lm a j i d B e n j e l l o u n - N o m br e d e p a g e s : 2 04 - I SB N 9 7 8- 2 - 9 2 3 5 6 4 - 1 5 - 9 - T i tr e : L i a i s o n s m o r t e ll e s a l u m b a s hi A u t e u r : J e a n p a u l k y un g u ( s e c o n d e e d i t io n a p r e v o i r ) Titre: Tatalt une ecole à la grandeur du défi A u t e u r : A C P e t M o h am e d S a b b a r I S B N : 9 7 8 - 2 - 9 2 3- 5 6 4 - 05 - 0

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Parutions de l’Association Culturelle Passerelle

À paraître dans les trois prochains mois: T itre : A is s a w a , s oufis me , ritue ls e t m u s ique de De tra ns e a u M a roc A ute ur: M e hdi Ne b ti Pour plus d’informations, Rendez vous sur notre site web : www.associationpasserelle.com

T itre : M é li-mé lo A ute ur: I s a be lle G a uthie r T itre : C œ ur s uprê m e A ute ur: A bde lma jid B e nje lloun T itre : L ’ins ta nt pré s e nt A ute ur: Fra nç ois D us s a ult (T rois ié me é dition) T itre : Pe urs iné dite s A ute ur: R a ba h M ou loudji T itre : L ia is ons mor te lle s à lumumba s h i A ute ur: J e a n Pa ul K y ungu

Conception et Graphisme: Kamal Benkirane Révision: L.Bennani Presse: Lulu Inc

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reuv elitteraire passerelle vol2, n1