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Les clés pour parler des...

droits civils

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Dans cette unité, nous allons parler de LA LUTTE DES HOMMES ET DES FEMMES POUR LEURS DROITS ET POUR LES AVANTAGES sociaUX Les clés pour wp  arler de la liberté de choix wp  arler des droits civils et de l’égalité w parler de la solidarité Les clés pour bien utiliser w l’indicatif, l’infinitif et le subjonctif w l e but Les clés pour apprendre wà  faire un plan pour organiser les idées : texte informatif et argumentatif Entraînement au DELF B2. Les clés de l’interview (1) (CO) w du texte argumentatif (1) (CE) wd  e la lettre de réclamation (PE) w du point de vue (PO) w


lexique

Les abréviations et les sigles

Avoir recours à des abréviations ou à des sigles est très courant en français. Il s’agit d’un usage familier, mais de plus en plus fréquent dans les médias. Même s’il n’est pas nécessaire de savoir utiliser ces formes, il est important de pouvoir les identifier. Il n’y a pas de règle précise pour former ces mots ou pour savoir si un sigle commence à être utilisé comme tel. Parfois, ces formes ont donné à leur tour des mots devenus courants. Ainsi, le titulaire du RMI est un érémiste ou un militant de la CGT, un cégétiste.

1 | Les abréviations et les sigles A Les abréviations et les sigles sont courants en français. En voici quelques-uns parmi les plus utilisés. Associez ces noms à l’abréviation ou au sigle qui convient. le pro le CV la FIV le ciné la télé la Sécu l’IVG le bac le CHU les allocs la com la fac l’info

La Sécurité sociale Les allocations L’interruption volontaire de grossesse Le centre hospitalier urbain L’information La faculté (l’université) Le baccalauréat La télévision La communication Le cinéma Le curriculum vitae Le professionnel La fécondation in vitro

B Complétez ces phrases à l’aide de certaines abréviations de la liste ci-dessus. 1. Dimanche dernier, on est allés au voir le dernier de film de Jugnot. 2. A  près son  , elle a fait une   de Lettres, mais elle s’est arrêtée en licence pour passer un concours. 3. M  a sœur a eu son diplôme d’infirmière en juin et elle a envoyé son   dans tous les   de la région. 4. J’ai trouvé cette   sur le Net grâce au moteur de recherche. 5. C  omme ils ne pouvaient pas avoir d’enfants naturellement, ils ont eu recours à une  . 6. Sabine est très inquiète car sa fille, enceinte à 16 ans, a choisi de subir une  . 7. C  e dirigeant politique transmet parfaitement son message, c’est vraiment un  de la  .

2 | Le droit à mourir dans la dignité A L’euthanasie désigne l’ensemble des méthodes qui donnent la mort pour abréger Liberté individuelle, liberté de choix... égologie

N’attendant plus grand chose des institutions ou des partis politiques, les Français se sentent plus autonomes et maîtres de leur destin. Il s’agit d’une évolution qui n’a rien à voir avec l’égoïsme ou l’égocentrisme. L’égologie défend la liberté individuelle, la tolérance, la paix, la solidarité, l’humanisme, l’altruisme. Le lien social est paradoxalement cultivé dans une société individualiste. Comme l’écologie, l’égologie est un retour à la nature mais cette fois humaine.

une existence douloureuse. Voici une série d’opinions sur l’euthanasie. Dites s’il s’agit d’un avis plutôt favorable ou plutôt défavorable. Justifiez votre réponse. 1

Pourquoi pas, c’est une simple question de liberté individuelle. 5

Il faut être conscient qu’il y a des risques de dérapages ou de dérives sous de faux prétextes scientifiques.

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Je crois que c’est une question de dignité humaine.

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D’après moi, c’est une question «économique » : on va pousser les plus pauvres à «préférer » mourir rapidement.

C’est tout simplement rendre légal un geste qui aujourd’hui se pratique dans l’ombre.

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Il y a des médicaments antidouleur qui se révèlent être d’excellents palliatifs à l’euthanasie.

À mon avis, la personne 1 est plutôt… parce que…

Unité 2

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Ma religion ne me le permet pas. 8

Certains en profiteront pour dissimuler un meurtre.


lexique

B Parmi ces arguments, choisissez-en un et rédigez un texte où vous exposerez votre point de vue sur la question.

Certains pensent que l’euthanasie peut… vu que… 3 | Transports gratuits A Complétez le document ci-dessous à l’aide des mots proposés :

la sécurité routière

banlieue dispositif prestation assistance accès financement obstacle bénéficiaires coût initiative mobilité réduction travailleurs

TRANSPORT gratuit Depuis hier, les du RMI et leur famille ne paient plus les transports en Île-de-France. Au-delà des 375 000 personnes concernées, cette pose la question de l’ aux transports, notamment pour les salariés à faibles revenus. (...) Aller chez le médecin à l’autre bout de Paris, arriver à l’heure à un entretien, passer voir sa : depuis mère ou sa soeur en des transports en hier, le pour commun n’est plus un les 229 000 érémistes franciliens, leurs conjoints et leurs enfants...

Pourquoi une telle mesure en Îlede-France ?

Pourquoi la limiter aux bénéficiaires du RMI ? Pour des raisons évidentes de .

La gratuité pour les érémistes devrait déjà coûter 87 millions d’euros à la région. Problème : cette nouveauté ne donne aucun avantage aux chômeurs ou aux smicards. (...)

En France, la mise en place de l’éducation à la conduite automobile et à la sécurité routière a beaucoup évolué au cours de ces vingt dernières années. On a créé des outils pédagogiques destinés aux enseignants de la conduite ou mis en place l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) qui permet d’acquérir une expérience de la conduite automobile avant 18 ans. Depuis 1993, les collèges offrent un contrôle des connaissances des règles élémentaires de sécurité routière et, en 1996, on assiste à la création du brevet de sécurité routière. Finalement, depuis 1997, existe le continuum éducatif : création du brevet de sécurité routière au collège, mise en place du permis probatoire et du permis à points, possibilité de formations aussi bien pour les conducteurs novices que pour les plus expérimentés.

Martin Hirsch, le président d’Emmaüs, juge (...) « dangereux et improductif » de « lier une sociale à un statut d’inactiC’est le prolongement d’un premier lancé par la région le 1er oc- vité ». Le risque, pointé par certains : que le fossé de se creuse un peu plus encore entre les personnes tobre et qui accorde une 75 % sur le prix des transports à un million de sans emploi qui bénéficient d’aides et les salariés Franciliens en situation précaire. « Ce que nous à faibles revenus. « L’élargissement de la gratuité pauvres me paraît cohévenons de donner aux érémistes, (...) ce n’est aux rent », insiste Olivier Berthe, le président des Respas de l’ . C’est un droit à la pour les personnes qui ne tos du Cœur. (...) pouvaient pas se payer les transports. C’est aussi un droit au retour à l’emploi. » (...) Extrait de Le Parisien, 1/4/2007

B La mairie de votre ville propose la gratuité des transports pour tout le monde.

Vous réagissez dans un journal local pour féliciter ou pour critiquer ce type d’initiative.

Unité 2

trente et un - 31


lexique

Immeuble en fête

Les Français ont le goût de la convivialité et de la communion. Les grands événements sportifs continuent de les rassembler de même que les repas de quartier, les journées « Immeubles en fête ». La rue devient, avec ces opérations, un lieu d’échange, de rencontre avec ses voisins.

4 | La fête des voisins A Si vous deviez organiser une animation dans votre quartier, rue, immeuble… que proposeriez-vous ?

On pourrait proposer un concours… B Dans ce texte de présentation de « la fête des voisins », retrouvez... • 4 antonymes des mots ou groupe de mots suivants : repli propriétaire maison individuelle à distance

• 4 synonymes des mots ou groupe de mots suivants : associés

crainte

rapport positif prospectus

Plus de 468 mairies et bailleurs sociaux sont aujourd’hui partenaires ! Rejoignez cette dynamique pour renforcer la cohésion sociale entre locataires. AIDER VOS LOCATAIRES À MIEUX VIVRE ENSEMBLE La vie en habitat collectif n’est pas facile. Face au repli sur soi et à la peur de l’autre, face à l’individualisme et à l’indifférence, il est indispensable de réagir et de proposer aux habitants d’être acteurs de leur environnement.

Le S.E.L.

Le S.E.L. (Système d’Échange Local) existe depuis 1994. Dans ce système d’échanges, la compétence et la disponibilité ont remplacé l’argent. On troque ce que l’on sait faire. Les « sélistes » basent l’échange sur les liens plutôt que sur la valeur monétaire, c’est pourquoi ils n’utilisent pas l’argent mais une monnaie factice appelée sel ou noix, épi, caillou, grain... Chaque service a une valeur fixée, généralement en fonction du temps passé. Ainsi, une heure de cours de maths a la même valeur qu’une heure de jardinage.

IMMEUBLES EN FÊTE - LA FÊTE DES VOISINS C’est un moment privilégié pour faire connaissance avec ses voisins et pour développer la convivialité et la solidarité de proximité. C’est un catalyseur créateur de lien social et de valeurs positives.

MOBILISER VOS HABITANTS EN DEVENANT PARTENAIRE En devenant partenaire de notre association, vous disposez des outils de communication que nous avons développés (…). • Vous allez communiquer pour informer vos locataires et les mobiliser (tracts dans les boîtes aux lettres, affiches dans les halls, article dans votre journal...). • Vous bénéficiez d’une campagne de communication nationale (télévision, radio, presse), de partenariats associatifs nationaux (CLCV, CNL, CSF, CGL, etc.). • Vous profitez de notre savoir-faire, de conseils et d’une assistance permanente, d’expériences d’autres bailleurs, etc. Vous souhaitez devenir partenaire de la fête des voisins ? Contactez-nous !

Extrait du site Internet www.immeublesenfete.com

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Unité 2


voisins » soit un succès.

Je pense qu’un premier point, c’est d’en parler autour de soi. Ne surtout pas l’organiser seul dans son coin.

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D De nombreuses initiatives collectives de ce type existent : le covoiturage, le soutien scolaire, les S.E.L., etc. Choisissez-en une et préparez un petit texte de présentation sur le modèle de celui de « La fête des voisins ».

5 | Les Restos du Cœur pour bébé A Avec votre camarade, imaginez quels sont les objectifs des Restos du Cœur pour bébé.

À mon avis, ils ont été créés pour que…

©Les Restaurants du Cœur_Gaston Bergeret

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B À l’aide des notes suivantes, écrivez un petit texte sur les Restos du Cœur pour bébé.

Date de création : 1993 270 centres en France mais peu connus 27 000 bébés accueillis tous les ans (de la naissance à 18 mois) Public : 40% de familles monoparentales, parfois sans papiers Tout pour répondre aux besoins du nourrisson (petits pots, couches, etc.) Prise en charge personnalisée (démarches, vêtements, etc.) C Préparez une série de cinq questions que vous poseriez à un(e) bénévole et

La pauvreté en France

Il y a plusieurs critères pour mesurer la pauvreté (condition de vie précaire, dépendance sociale) mais on estime qu’elle concerne environ 10% de la population totale.

Les restos du cœur

En 1985, le comédien Coluche lance sur les ondes un appel : « J’ai une petite idée, comme ça... si y’a des gens qui sont intéressés pour sponsorer une cantine gratuite (…), nous, on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition de faire deux à trois mille repas par jour, gratuitement. » C’est le début des Restos du Cœur. Depuis, cette association s’est développée grâce aux milliers de bénévoles. Elle sert des repas aux plus démunis (environ 75 millions tous les ans), mais elle a aussi élargi son action dans le logement, l’emploi, le soutien scolaire ou des activités sociales. Les familles monoparentales soit 15% de la population française, représentent environ 31% des personnes accueillies aux Restos du Cœur. Les moins de 25 ans n’ont pas droit au RMI (Revenu Minimum d’Insertion) et représentent 9% des personnes qui viennent aux Restos du Cœur.

cinq autres à une usagère de ce service.

Depuis combien de temps êtes-vous bénévole aux Restos du Coeur pour bébé ?

Unité 2

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lexique

C Avec votre camarade, établissez une liste de dix conseils pour que «la fête des


grammaire et structures

6 | Le combat des femmes A Observez avec votre voisin ces quelques dates clés dans l’histoire des femmes

en France, puis dites ce qu’elles évoquent pour vous. Essayez de comparer avec la situation de la femme dans votre pays.

rnationale 8 mARS Journée inte

s 1977)

des femmes (depui

JUIN 2000

Loi sur l’égalité de repré­sentation sur les listes électorales aux élections rég ionales et municipales, dans les co mmunes de 3 500 habitants et plu s

Avril 1944 Obtention du 31 janvier 2007 Loi sur

s l’égalité d’accès des femme ifs et des hommes aux exécut é» locaux. On parle de « parit

Janvier 1975 Loi au torisant l’IVG

droit de vote en France (un siècle après les hommes)

parition du Août 1970 Ap ération de vement de Lib Mou la Femme (MLF)

Chez nous aussi, le 8 mars est une date importante pour rappeler qu’il y a encore beaucoup à faire pour…

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LE MANIFESTE POUR LA PARITé

Le 6 juin 1996, dix femmes de la scène politique française signent « Le manifeste des dix pour la parité ». Ce manifeste sera publié par le magazine L’Express et sera à l’origine de la loi sur la parité, en juin 2000. Celle-ci ne concerne que le domaine politique et force est de constater qu’elle est loin d’être respectée. Dans le monde de l’entreprise, malgré de nombreuses améliorations, on ne peut pas encore parler de généralisation de la parité comme le montre l’écart des salaires de 18% en moyenne pour un même poste.

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B À partir des déclarations de ces femmes lors d’une manifestation en faveur de la parité, imaginez un texte qui exposerait les objectifs à se fixer pour une véritable parité hommes-femmes. 1 Nous voulons être reconnues comme des

citoyennes à part entière à tous les niveaux. 2 La femme d’aujourd’hui,

elle doit être présente dans la vie politique.

3 Mettons fin une

fois pour toutes à la discrimination des femmes au travail.

4J  e dis stop à la mainmise des hommes à tous

les échelons du pouvoir.

 es femmes sont de nouveau descendues dans la rue pour revendiquer la L parité…

Unité 2


qui ont guidé votre choix dans le tableau ci-dessous. Marquez clairement à l’aide de (*) ceux qui indiquent le but.

Les sans-abri

L’association Droit Au Logement (DAL) a été créée en 1990 par des familles mal-logées ou sans-logis et des militants associatifs de quartier, dans le 20e arrondissement de Paris, après que 48 (être expulsées) d’immeubles où elles familles squattaient. De peur qu’on ne (finir) par les oublier, ces (obtenir) gain familles campèrent sur les lieux jusqu’à de cause. Finalement, elles furent relogées au bout de quatre mois. Depuis, l’association agit à Paris et en province, afin de (défendre) les droits des exclus. Le DAL se bat ainsi pour que (être relogées) toutes ces familles en situation précaire avant qu’elles ne (sombrer) dans l’exclusion totale. Dans le but de (se faire) encore mieux entendre, le DAL n’hésite pas à mettre en place de grandes actions médiatiques, afin que (se faire) le relais de leurs la presse revendications et qu’ainsi le grand public (prendre) conscience de cette réalité sociale, en vue de (créer) un grand réseau de solidarité.

Pour (donner) plus de force à ses actions, le DAL peut compter sur le soutien de nombreuses personnalités (autorités religieuses ou scientifiques, artistes, intellectuels). Tant que rien ne (être fait) pour améliorer la situation des sans-abri, le DAL mènera des actions sur l’ensemble de l’Hexagone. Ces derniers temps, on a pu constater une intensification du combat pour que (être appliquée) la loi permettant de réquisitionner des immeubles et des logements vacants dont les propriétaires sont l’État, des administrations publiques, des banques, des compagnies d’assurance... Le DAL sait que la situation ne changera pas du jour au lendemain mais elle constate un soutien croissant d’une population de plus en plus concernée. INFINITIF

INDICATIF

SOLIDARITÉ

Janvier 1954 : il fait -20 °C. dans les rues de Paris. Une femme et son enfant meurent de froid. Sur Radio-Luxembourg, l’Abbé Pierre lance un appel pour que les Français réagissent, c’est « l’insurrection de la bonté ». Son appel rapporta 500 millions de francs et un si grand volume de dons en nature qu’on eut du mal à les trier, les répartir et les stocker. Afin d’organiser les groupes de volontaires, il fonda les Compagnons d’Emmaüs qui construisent des logements pour les sansabri. Le combat de l’abbé Pierre a permis l’adoption d’une loi qui interdit aux propriétaires d’expulser leurs locataires en hiver. Plusieurs années plus tard, le 26 septembre 1985, Coluche lance à son tour, lui aussi à la radio, l’idée des Restos du Cœur. Le 21 décembre, les trois premiers restos ouvrent dans la région parisienne. www.restosducoeur.org/.

SUBJONCTIF

B Préparez une liste d’actions possibles pour sensibiliser le public aux problèmes rencontrés par les sans-abri.

Pour que le public soit sensible à la situation des sans-abri… C Connaissez-vous d’autres problèmes sociaux, en France ou dans votre pays, qui devraient faire l’objet d’une campagne de sensibilisation ? Discutez-en avec un camarade.

Je pense qu’on devrait s’intéresser à…

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Unité 2

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grammaire et structures

7 | Indicatif, infinitif ou subjonctif A Complétez ce texte avec le temps qui convient puis classez les connecteurs


grammaire et structures

le Politiquement correct

« Politiquement / professionnellement / socialement correct » désigne tout ce qui, au niveau politique, professionnel ou social, est fait ou dit pour ne pas risquer de choquer. Cela consiste à épurer le langage d’expressions et de termes qui peuvent être perçus comme choquants ou dévalorisants. une femme de ménage : une technicienne de surface, un sourd : un malentendant, un immigré : un primo-arrivant.

8 | Politiquement correct A Que signifie pour vous l’expression « politiquement correct » ? Est-ce une pratique habituelle dans votre pays ?



Pour moi, quand on parle de « politiquement correct », on veut se référer à…

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B Reconstituez ce texte sur le politiquement correct dans la langue.  outes les catégories professionnelles se sont ainsi vues T revalorisées dans leur appellation, à défaut parfois de l’être par d’autres moyens : reconnaissance ; rémunération... On a alors remplacé les aveugles par des non-voyants, les sourds par des malentendants, les malades par des consultants, les Noirs (...) par des personnes de couleur ou plus largement les immigrés de certaines origines ethniques (en particulier africaines) par des minorités visibles. (...) On s’étonne aussi que l’on continue de parler de longue maladie pour éviter de prononcer le mot « cancer ».(...)

La vague du « politiquement correct » avait commencé avec le « professionnellement correct » : on ne parlait plus d’instituteur mais de professeur des écoles, de femme de ménage mais de technicienne de surface, de serveuse mais d’hôtesse, d’employé mais de collabora L  a disparition générale des tabous n’est pas apparente dans le vocabulaire ; c’est même à la tendance inverse que l’on a assisté depuis quelques années.

Le résultat est donc contraire au but recherché, qui est de valoriser les gens quels que soient leur statut social ou leur apparence.

Le phénomène s’est poursuivi avec le « socialement correct ».

Extrait de « La peur des mots », Gérard Mermet, Francoscopie, 2007

C Imaginez à votre tour, à partir de noms que vous connaissez, des désignations LE NE EXPLéTIF

Le ne qu’on appelle explétif est facultatif et n’exprime pas une vraie négation. On le retrouve dans des propositions qui transmettent une idée de crainte. Cette tournure est encore très courante à l’écrit, elle l’est moins à l’oral. Le ministre a reçu les représentants du mouvement pour les sans-abri de crainte qu’ils ne lancent un appel à manifester le week-end prochain.

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« professionnellement ou socialement correctes ».

Je sais q’on parle de plus en plus de « collaborateur » à la place d’« employé »...

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9 | La tournure infinitive Réécrivez ces phrases impropres en remplaçant les propositions subordonnées par des propositions infinitives. 1. Tu as préféré accepter ce boulot de peur que tu te retrouves sans les ASSEDIC.

Tu as préféré accepter ce boulot de peur de te retrouver sans les ASSEDIC.

2. 3. 4. 5.

Elle a présenté un dossier à la CAF, afin qu’elle puisse toucher les allocs. Pour qu’il obtienne ce diplôme, il doit envoyer un CV. Elle doit faire un stage au CHU de manière à ce qu’elle complète sa formation. Les journalistes essaient de contrôler les mots qu’ils utilisent de crainte qu’ils n’emploient un mot ou une expression politiquement incorrect(e). 6. Le DAL travaille de façon qu’il puisse apporter des solutions aux sans-abri.

Unité 2


du but

wL  e but dans une proposition conjonctive (une conjonction ou locution conjonctive + subjonctif) •pour que et afin que introduisent une proposition subordonnée du but qui motive l’action de la proposition principale, sans aucune nuance particulière. L’Abbé Pierre s’est battu toute sa vie pour que / afin que les plus démunis puissent vivre dans la dignité. •de façon (à ce) que, de manière (à ce) que, de sorte que introduisent aussi le but ; dans ce cas, elles mettent en avant la façon d’agir pour l’atteindre. Les Restos du Cœur aident les personnes les plus démunies en leur donnant un toit en hiver de façon (à ce / de manière à ce / de sorte) qu’elles n’aient pas froid (ici, outre le but = ne pas avoir froid, on veut aussi souligner la manière = en leur donnant un toit).  ttention, de façon que, à ce que, de manière que, A de sorte que + indicatif indiquent la conséquence. •de crainte que (ne), de peur que (ne) introduisent une proposition subordonnée d’un but dont on veut éviter la réalisation. Les résultats de cette enquête seront étudiés minutieusement, de crainte / de peur qu’ils ne donnent une idée fausse (on a peur que les chiffres soient mal interprétés) sur l’attitude des Français à l’égard de leur religion.  uand on a deux subordonnées au subjonctif, il est Q plus élégant de ne pas répéter la conjonction mais de relier les deux segments par que. Les questions ont été variées pour que tous les sujets soient traités et que chacun puisse intervenir. wL  e but dans les propositions infinitives •dans le but de, afin de (afin de ne pas), pour (pour ne pas), de façon à, de manière à, de crainte de, de peur de, en vue de demandent l’emploi de l’infinitif. Elle a un rendez-vous avec un conseiller de l’ANPE en vue d’obtenir un stage dans une entreprise locale. •Dans l’expression du but, lorsque le sujet du verbe principal est aussi celui du verbe de la subordonnée conjonctive, on remplace cette dernière par une subordonnée infinitive. Sabine a tout mis en œuvre de façon à ce que le jury retienne sa candidature. (sujet A # sujet B) Mais Sabine a tout mis en œuvre de façon à être retenue par le jury. (sujet A = sujet B)

•Après les verbes aller, partir, retourner, venir, passer, sortir, monter, descendre, rester, on préfère ne pas utiliser les connecteurs pour ou afin de mais employer immédiatement l’emploi de l’infinitif. Les journalistes sont sortis parler avec la population qui leur a exposé la situation dans leur quartier.

S ubjonctif

ou infinitif

w Les propositions subordonnées de but sont systématiquement au subjonctif. La conjugaison au subjonctif de la plupart des verbes se forme à partir du radical de la 3e personne du pluriel du présent de l’indicatif auquel on ajoute e, es, e, ent, sauf pour les 1re et 2e personnes du pluriel qui sont les mêmes qu’à l’imparfait pour les verbes réguliers : présent de l’indicatif (ils viennent), imparfait (nous venions, vous veniez). venir je vienne tu viennes il/elle/on vienne nous venions vous veniez ils/elles viennent •Parmi les je/ j’ tu il/elle/on nous vous ils/elles je tu il/elle/on nous vous ils

principales exceptions, il y a : être avoir aller sois aie aille sois aies aille soit ait aille soyons ayons allions soyez ayez alliez soient aient aillent savoir sache saches sache sachions sachiez sachent

faire pouvoir fasse puisse fasses puisses fasse puisse fassions puissions fassiez puissiez fassent puissent

 ttention, ne pas confondre la prononciation des A 3e personnes d’avoir et d’aller : qu’ils aient [kilzE], qu’ils aillent [kilzaj].

Unité 2

trente-sept - 37

mÉmento grammatical

L’expression


textes

Texte oral 1 – Senior A De quelle nature vous semble le document que vous venez d’entendre ? o Informatif o Argumentatif B À partir de ce document, rédigez quelques lignes de présentation sur l’Abbé Pierre.

L’Abbé Pierre

C À votre tour, présentez une personnalité populaire

dans votre pays et expliquez cette affection d’un pays entier.

Texte oral 2 – Junior A Répondez en cochant (X) la bonne réponse : 1.De quelle nature vous semble le document que vous venez d’entendre ?

o o

Informatif Argumentatif

2. Le ton de l’échange entre les invités est...

o o o o

politiquement correct. hargneux. respectueux. véhément.

B Répondez aux questions suivantes : • • • • • • •

Pourquoi le journaliste utilise-t-il l’expression « chasse aux fumeurs » ? Où s’exerce-t-elle ? Quelles réactions les fumeurs vont-ils avoir ? Quels sont les avantages, les inconvénients et les limites de cette mesure ? Dans quel but le mouvement DNF milite-t-il ? Protéger les non-fumeurs, est-ce, selon vous, discriminer les fumeurs ? Est-il possible dans votre pays de fumer dans les lieux publics ? Comment réagissent les fumeurs ?

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Unité 2


textes

Texte écrit 1 – Senior

Les bénévoles cherchent avant tout à s’épanouir

Du « bénévolat-sacrifice » au « bénévolat-épanouissement » : une étude exclusive du CerPhi (Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie) met en évidence le désir de réalisation personnelle dans l’engagement des responsables associatifs. Une bénévole du Secours populaire encadre des enfants de familles défavorisées de la région parisienne qui profitent, le 22 août 2006, des plaisirs de la plage de Trouville. Pour Daniel et son petit-fils Adrien, l’engagement associatif est une affaire de famille. Tous deux sont responsables d’une structure à but non lucratif et tous deux disent retirer un vrai plaisir à s’impliquer de la sorte. Mais la comparaison s’arrête là. Quand on en vient à les interroger sur ce qui les amène à agir pour l’organisation, chacun invoque des raisons bien différentes. « On m’a demandé d’être vice-président de l’université interâges, mais je n’avais rien demandé à personne, explique Daniel, 82 ans. J’ai accepté pour me rendre utile à la collectivité ; je ne voulais pas donner l’impression de faire ma mauvaise tête ! » Rien à voir avec les motivations d’Adrien, son petit-fils de 22 ans : « J’ai pris la tête, il y a deux ans, d’une association proposant des week-ends à la neige à bas prix. C’était l’occasion d’apprendre à démarcher les sponsors, à organiser la logistique, à rencontrer les assureurs, explique cet étudiant en école de commerce. Tout cela me servira peut-être un jour dans ma vie professionnelle. » Ambition, conviction, altruisme, désir de dépanner : les raisons de s’impliquer dans la vie d’une organi-

sation sont probablement aussi nombreuses que les adhérents. (...) Premier enseignement : comme pour le reste des bénévoles, une large majorité de responsables font primer l’engagement au service des autres sur tout autre ressort. Ainsi, 64 % des individus sondés ont sélectionné, parmi la liste des motivations qui leur était proposées, « la cause soutenue par l’association » et « le sentiment d’être utile à la société et d’agir pour les autres ». Et 89 % ont choisi l’une ou l’autre de ces réponses ! Loin derrière s’expriment les gratifications personnelles : 21 % évoquent « l’épanouissement » que procure leur engagement, 10 % « le désir d’exercer des responsabilités », 6 % « le souhait d’acquérir des compétences », 5 % « la possibilité de mesurer ses efforts » et 2 % « la reconnaissance sociale ». (...) L’enquête du CerPhi révèle par ailleurs (…) que l’âge et le sexe des responsables associatifs ont une incidence sur la nature de leurs motivations. Les plus jeunes (…) revendiquent beaucoup plus fortement le fait de s’impliquer dans la vie associative comme une manière « d’acquérir des compétences professionnelles ». (...) Les jeunes adultes revendiquent, par ailleurs, beaucoup plus fortement que les autres le fait de s’engager dans la vie des associations pour « s’y épanouir personnellement ». (...) De tous ces résultats, (…) il ressort enfin un relatif décalage entre les motivations des responsables féminines et celles avancées par leurs homologues masculins. Les femmes mettent en avant la dimension militante de leur engagement, plus que la dimension d’utilité sociale : ainsi, 67 % d’entre elles invoquent comme motivation première « la cause soutenue par leur association » et 62 % « le sentiment d’être utile à la société et d’agir pour les autres » ; les chiffres sont respectivement de 60 % et 67 % pour les hommes. Dans tous les secteurs, elles apparaissent comme plus « militantes », y compris dans le domaine culturel. (…) Extrait de « Les bénévoles cherchent avant tout à s’épanouir », Marie Boëton, La Croix, 1/04/2007

Unité 2

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textes

A Quels sont les points communs et les différences entre Daniel et Adrien ? Points communs

Différences

B Seriez-vous tenté(e) par le bénévolat ? Dans quel domaine ? Quelle serait votre motivation profonde : l’ambition, la conviction, l’altruisme, le désir de dépanner ? Autre chose ?

Pour moi, le bénévolat est une bonne chose mais il faut faire attention aux abus pour ne pas prendre la place d’un salarié.

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Texte écrit 2 – Junior

Des élèves inquiets pour leur avenir professionnel Tandis que les adolescents craignent pour leur futur, leurs parents jugent que l’école ne forme pas assez à la vie dans l’entreprise. Charlotte est élève en seconde au lycée Sophie-Germain à Paris. Le monde du travail ? Elle en a une vision « angoissante ». « Quand je vois mes parents rentrer le soir, ils sont fatigués, j’ai l’impression qu’il faut toujours faire attention à tout dans le milieu professionnel, son attitude, ce qu’on dit... » Thomas, 14 ans, déplore, lui, que « toute la journée, on nous rabâche que c’est dur, qu’il y a le chômage... On voit nos parents stressés, qui

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Unité 2

se plaignent et réclament des augmentations. Ça ne donne pas envie de travailler... ». Si Charlotte, dont les parents travaillent dans la santé, songe à être prof de guitare, Thomas, lui, veut être chirurgien, « comme ça, je suis sûr d’avoir du travail et de gagner ma vie... ». Umal, élève d’origines turque et serbe, en seconde dans un lycée professionnel, s’inquiète « quand il voit à la télé les problèmes du chômage et de discrimination à l’embauche » tandis que Yazid, est angoissé « par la peur des débouchés à la fin


Une étude qualitative (…) met en lumière « que l’avenir est au cœur de la relation quotidienne entre les adolescents et les adultes ». À tel point que les adolescents « espèrent que leurs lendemains puissent

leur être présentés sous un jour plus positif ». Selon Serge Hefez, responsable de l’unité de thérapie familiale à la Pitié-Salpêtrière, « les jeunes voient la société comme une jungle. Et leurs parents leur en demandent beaucoup trop, les poussant souvent à réaliser leurs propres idéaux ». Et ce n’est pas l’école qui va combler les lacunes. Le rapprochement école-entreprise tant prôné par le ministre de l’Éducation est encore bien balbutiant. Umal le déplore vivement. Il aimerait « plus d’interventions de professionnels au lycée ». Selon une autre étude, réalisée celle-là par le CSA pour l’association de parents d’élèves Unapel auprès de 686 parents d’élèves, 67 % d’entre eux jugent justement que le système éducatif ne prépare pas les jeunes au monde du travail, (…) que l’école ne développe pas assez les qualités qui leur seront demandées plus tard

dans les entreprises. Pourtant, les initiatives en ce sens se multiplient. Depuis la rentrée, outre le stage en troisième, l’« option de découverte professionnelle » a été généralisée : elle occupe trois heures par semaine. Au collège Mayorga, à Saint-Jean-Piedde-Port, les élèves de troisième peuvent même être dispensés de cours tous les lundis après-midi pour aller dans une entreprise de leur choix. Reste que cette option est d’inégale qualité. Elle dépend de l’engouement de l’équipe éducative qui n’est pas toujours très férue sur la vie de l’entreprise. Un réseau de grandes entreprises s’est constitué pour mettre en œuvre des actions et se faire mieux connaître des jeunes. (…) Extrait de « Des élèves inquiets pour leur avenir professionnel », Aude Seres, Le Figaro, 7/3/2007

A Après avoir pris connaissance du texte, complétez le tableau en relevant les éléments qui montrent la vision que chacun a du travail. Charlotte

Thomas

Umal

B Expliquez la phrase : « ... les jeunes voient la société comme une jungle ». Les jeunes considèrent que la société est un milieu hostile où règne seule la loi du plus fort. Partagez-vous cet avis ? C Expliquez ce que dit le texte sur les rapports entre l’école et la société. Est-ce la même chose chez vous ?

Chez nous, on essaie de rapprocher école et entreprise à travers une généralisation des stages...

Unité 2

quarante et un - 41

textes

La société comme une jungle


fiche techinique

Faire un plan : organiser les idées des textes informatifs et argumentatiFs Le plan permet de montrer que l’on est capable de penser avec logique, d’examiner une assertion et d’en montrer les limites. Plusieurs plans sont possibles pour chaque sujet, mais il est important d’en élaborer un, car il contribue à bien structurer votre pensée et, par conséquent, votre texte. On peut donc, pour être simple et efficace : w Développer un plan en deux parties (thèse et antithèse) en montrant que l’opinion exprimée dans le sujet est contestable et que l’opinion inverse est tout aussi défendable. w Analyser le problème en décrivant et en expliquant la situation puis en analysant ses causes et ses conséquences. w Développer et justifier la thèse adverse, puis nuancer en faisant ressortir ses limites et proposer une autre approche. w Suivre le sujet qui vous guide de phrase en phrase avec des verbes comme : « expliquer », « justifier », « démontrer» , « discuter », « comparer »... ou des questions comme « Pensez-vous que... », « Dans quelle mesure peut-on dire que... », « Partagezvous ce point de vue... », etc.

Quelques règles à suivre

1 Construire un plan détaillé au brouillon avec rigueur car il représente le chemin que l’on va suivre dans la rédaction. 2 Faire des phrases courtes mais complètes. 3

Classer ces phrases.

4

Séparer les points importants des points secondaires.

5 Faire apparaître une hiérarchie entre les grands axes principaux et les idées à développer par paragraphe. 6 Aller de l’idée la plus simple à la plus complexe dans chaque paragraphe. 7 Choisir les arguments et les exemples les plus intéressants, parmi ceux que l’on a notés au cours du travail préliminaire.

42 - quarante-deux

Unité 2

Les  

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