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La gazette de la

lucarne

15 janvier 2014 2 €

n  66 o

La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris – tél. : 01 40 05 91 29 – http://lalucarnedesecrivains.wordpress.com

Éditorial

Belle épure

Accrochez-vous, chers Lucarnautes, l’an 14 commence et avec lui, son lot de textes initiatiques, pour mieux rêver, mieux (re) commencer, mieux s’engager… « Je recherche la pureté et la beauté », disait Lou Reed. Mais pour quoi faire ? Oyez, lisez, chers Armélites, le réalisme de Jacques Fiorentino, l’hommage à la création de Marc Albert-Levin ou d’Elodie Oberlé, le souffle vital de Patrice Ganot, la poésie du fin « limier » Alain Wexler, l’analyse crue mais non sans lumière – notre quête éternelle ! – de Maud Hofmann ! Découvrez la beauté de Bruno Testa, l’absolu de Michel Bérard, la douceur de Marie P. Zimmer qui dans le bruit du monde sait si bien nous réconcilier avec la vie… Mais perfection n’est pas perfectionnisme, rappelle René Bellaïche, et Michele Sebal de prévenir : « Attention aux mots ! » Loin du racisme et de l’antisémitisme qui renaît en ce début d’année, nous voulions vous donner un peu de fraîcheur, de ciel et d’aspirations enjouées pour 2014, que nous vous souhaitons « purement » magnifique et absolument « belle ».  Sarah Mostrel

C

réer ! Pourquoi créer, sinon par nécessité ? Parce qu’audedans de soi, un impossible à étouffer se fraie un chemin vers la clarté. À ce stade, peu importe qu’on ait le sentiment d’avoir créé du pur, du beau. Pas de recherche, pas de quête. Créer, c’est tout ! Émergence immédiate ou laborieuse d’un souffle, une étincelle qui vivotait en soi, malgré soi et qui nous restait aussi inaccessible que la forme à l’intérieur d’un marbre dont l’élégance translucide retient le marteau. Alors relâcher, ne pas vouloir le beau, le pur, juste accepter de faire naître. On accouche, on vomit, on chie, on pleure, on crache, on sue, on murmure, on crie, on dit, on tremble, on saigne... Après seulement émergent en nous les formes vraies que nos souffrances ou nos joies ont générées. En Brassens ou Baudelaire, Sophie Calle ou Ron Mueck… Créations éponymes, journaux intimes où s’épanchent nos viscères. Soudain surgissent, évidents, simples, le son, le mouvement, le trait, la couleur, la

phrase, le mot vers ­lequel l’esprit, le corps, l’énergie se sont tendus. Puis trouver les lignes de force, les zones d’ombre, les sonorités, les accents, le doux, le dur, ce qui caresse ou ­déchire… Cela prend parfois du temps. Des jours, des années pour aller vers des éclairs de pureté, celle qui, telle le tintement d’une cloche tibétaine, fait ressentir une vibration à l’intérieur de soi, plexus, bas-ventre, nuque, corps entier, c’est selon. Pur parce que sans mensonge… Comment s­ inon, penser la pureté dans une ère où l’on sait que tout est combinaison d’entités ? Toucher la p­ ureté, c’est offrir à l’autre un a­ ccès à son art intime, un immédiat qui résonne en un langage universel, quels que soient les codes dont use l’artiste… La beauté en sus  ­ ?

Kryziz Bonny / CC

Michele Sebal

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La Gazette de la Lucarne n° 66 - 15 janvier 2014  

La gazette de la librairie La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris

La Gazette de la Lucarne n° 66 - 15 janvier 2014  

La gazette de la librairie La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris

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