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Volume 01, Numéro 06 Mars 2013 lalter.fr

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APJA

ASSOCIATION DE PUBLICATION DES JOURNAUX L’ALTERNATIVE

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Publié par l’Association de publication des journaux L’Alternative, une association de lycéens beauvisiens à but non-lucratif.

LE JOURNAL DES LYCÉENS DE BEAUVAIS

Sans soutien financier des lycées depuis 2012

Notre guide pour LA 18ÈME ÉDITION DU

blues autour du zinc SÉLECTION DE L’ALTER

LES ÉVÈNEMENTS

CARTE DU FESTIVAL

L’eldorado québécois 10 000 étudiants quittent chaque année la France pour la Belle Province P. 04-05


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native LE JOURNAL DES LYCÉENS DE BEAUVAIS

comité éditorial 31 boulevard de l’Assaut 60000 Beauvais, Oise téléphone 06-30-11-26-19 télécopieur 03-44-48-20-90 lalter.fr

rédacteur en chef

Pierre A. Lepetit

L’éditorial Longue vie à L’Alternative

rec@lalter.fr

rédacteur en chef adjoint

Gauthier Deloziere chef de section actualités

Ivan Petrzljan chefs de section arts&culture

Mauricio Cifuentes Roméo Van Mastrigt chef de section sports

Vacant chef de section opinions

Paoline Maillard coordonnateur de la mise en page

Vacant coordonnateur de la photographie

Vacant coordonnatrice de l’illustration

Jeanne Guiraut coordonnatrice de la correction

Mariane Lacombe-Bétancourt conception de la couverture Pierre A. Lepetit ont collaboré Margaux Hallé, Élise Wettstein, Benjamin Legoix, Maxime Besnier, Sébastien Cacan, Marion Robbe

“Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté” disait Churchill. Telle pourrait être la devise de L’Alternative. Certes, la non-publication du numéro de février pour des raisons financières — L’Alternative vit grâce la publicité, aucun lycée ne contribuant financièrement à la publication — fut difficile à accepter pour l’équipe, mais celle-ci fut aussi l’occasion d’une remise en question. L’objectif initial était de créer une véritable unité entre les lycées beauvaisiens et de permettre aux jeunes de s’exprimer. L’Alternative avait justement peu à peu perdu cette âme locale pour devenir un journal se rapprochant de la presse “généraliste”. De plus, le manque annonceurs, additionné à une crise interne ont forcé la rédaction à prendre un nouveau tournant. Cette mû passe, tout d’abord, par une nouvelle ligne éditoriale. Afin d’assurer la pérennité financière du journal ainsi que d’alléger le travail d’une rédaction bénévole et étudiante, L’Alternative passe de 32 à 24 pages (20 ce mois-ci), mais avec un format qui s’agrandit. La colonne vertébrale du journal repose désormais sur quatre grands axes : Actu, Arts&Culture, et Opinions. L’Alternative se veut plus local et proche des lycéens, en traitant en priorité les sujets peu couverts par les médias traditionnels, et fait preuve de plus d’analyse. Les articles d’opinion sont eux désormais clairement identifiables et occupent une place prépondérante. Dans son organisation interne, L’Alternative a aussi décidé d’opérer à une refonte totale. Il est désormais possible pour n’importe quel lycéen de participer au journal en rédigeant un article, sans que cela ne l’engage. L’Alternative offre ainsi une voix à la disposition de chacun et espère s’enrichir en laissant pleinement s’exprimer le pluralisme. Ces nouveaux changements viennent s’ajouter aux nombreux autres qui ont rythmé l’histoire du journal. L’Alternative cherche sa voie et se forge, au gré des difficultés, son identité. Gageons, donc, que les récentes modifications vous plaisent car il serait dommage qu’un si beau projet s’arrête en chemin. — Le comité éditorial

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responsable publicité Benjamin Baeckeroot téléphone 06-74-29-30-93 pub@lalter.fr responsable diffusion Pierre Coutrot téléphone 06-43-98-09-52 diffusion@lalter.fr conseil d’administration de l’apja Benjamin Baeckeroot, Pierre Coutrot, Gauthier Deloziere, Pierre A. Lepetit (directeur de publication), Paoline Maillard, Mahaut Peter-Desteract, Roméo Van Mastrigt, Élise Wettstein (non-votant)

Contenu © 2013 Association de publication de L’Alternative. Tous droits réservés. Le contenu de ce journal est sous la responsabilités de L’Alternative et ne représente pas nécessaire le point de vue des lycées. Les produits et entreprises publicitées dans ce journal ne sont pas nécessairement endorsées par l’équipe de L’Alternative. Imprimé par Imprimerie Polyservices. à Beauvais, Oise. Ne pas jeter sur la voie publique.

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Actualités

Réforme du lycée : 3 ans après, un bilan mitigé • PAGE 06

l’eldorado québécois Rapport qualité-prix, meilleur cadre de vie, perspectives d’emploi plus généreuses — tant de raisons qui poussent chaque année un grand nombre d’étudiants français à quitter leur région pour s’aventurer dans la Belle Province.

Québec Montréal

Par Pierre A. Lepetit @pa_lepetit

F

loriane a passé son bac au lycée Jeanne Hachette de Beauvais. Elle poursuit aujourd’hui des études en communication et sciences politiques à l’Université de Montréal, une des quatre universités de la métropole québécoise. Un choix qu’elle ne regrette pas du tout. “À Montréal je suis un cursus qui m’amène à étudier des matières qui m’interessent. En France, c’est un cursus et… c’est tout.” Floriane fait partie des 10 000 étudiants français qui ont décidé de quitter le Vieux Continent pour la Belle Province l’an passé. Un nombre impressionnant, en augmentation de 10 % par année. Le Québec, province francophone du Canada, grande comme trois fois la France et peuplée de 8 millions d’habitants, est en effet la porte d’entrée la plus avantageuse pour les étudiants français qui veulent tenter leur aventure en Amérique du Nord. “J’ai eu envie de connaitre une autre culture, de découvrir quelque chose de nouveau. J’avais aussi envie de devenir bilingue tout en pouvant continuer à parler le francais, donc c’était l’endroit parfait” confie Floriane. Au Québec, l’enseignement universitaire est payant. Des frais de scolarité de 2 000  dollars canadiens

Illustration Jeanne Guiraut (environ 1 500 euros) sont ainsi demandés aux étudiants. “Oui, c’est payant au Québéc, mais à 2 000 dollars, je ne trouve pas ca excessif comparé a certaines écoles françaises où il faut débourser beaucoup plus.” ajoute Floriane. Les étudiants français sont d’ailleurs chanceux puisqu’ils peuvent bénéficier ,grâce à une entente entre la France et la province canadienne, de la qualité du système québécois au même prix que les étudiants originaires du Québec, un privilège que même les Canadiens d’autres provinces n’ont pas. Les étudiants canadiens paient en effet plus de 6 000 $ ; les autres étrangers, eux, doivent débourser près de 15 000 $, soient plus de 11 000 euros. “Ça en vaut le coût” affirme l’exlycéenne beauvaisienne. Le Québec et le Canada sont d’ailleurs mondialement réputés pour la qualité de leur enseignement. Ainsi, l’OCDE qui établit un classement

“J’ai eu envie de connaitre une autre culture, de découvrir quelque chose de nouveau. J’avais aussi envie de devenir bilingue tout en pouvant continuer à parler le français, donc c’était l’endroit parfait.” — Floriane Goujon, étudiante française à l’Université de Montréal

de réussite sur le plan international en lecture, en mathématiques et en sciences, classe le Québec deuxième pays occidental après la Filande en mathématiques et en sciences, alors que la France atteint respectivement les 22 et 27ème places. Cette qualité de l’enseignement, Floriane l’a retrouvée à l’Université de Montréal. “L’enseignement en France m’a un peu dégoutée, je trouve qu’on nous pousse vers le bas alors qu’ici les profs sont très pros et encourageants. Du coup, les résultats grimpent.”

À la recherche d’étudiants… et plus si affinités

Si autant d’étudiants français sont au Québec, c’est aussi dû à un gros travail de communication en France de la part des universités québécois et d’Immigration Québec. La Belle Province a en effet besoin d’étudiants étrangers, et pour cause : “Nous avons un problème démographique, lié à notre faible taux de natalité explique Michèle Glémaud, directrice du recrutement à l’Université de Montréal. Le développement d’une ville comme Montréal, par exemple, va inévitablement passer par sa capacité à attirer de nouveaux cerveaux qui seront actifs dans la société. Or, quand les étudiants viennent étudier ici, ils ont souvent ensuite le projet de s’installer”. Il faut dire qu’avec le plein emploi

au Québec, et le départ à la retraite des baby-boomers, ce seront près de 1,4 millions d’emplois qui seront libérés d’ici 2021 selon le ministère québécois de l’Emploi. Des “journées Québec” sont d’ailleurs organisées notamment sur Paris, pour insiter les Français à partir pour le Québec, et même le gouvernement québécois essaie de recruter en France. Et cela tombe bien pour eux, alors que notre pays n’embauche plus, avec un taux de chômage qui atteint les 10 %, et une croissance économique nulle. Un reportage diffusé il y a plusieurs semaines sur France 2 montre comment deux Françaises arrivent à décrocher un emploi dans une boulangerie, l’autre dans une banque, en à peine un quart d’heure — une chose inimaginable aujourd’hui en France. Et Floriane compte bien saisir cette opportunité. “C’est sûr que les perspectives d’emploi sont plus généreuses au Québec qu’en France. Je pense finir mes études a Paris, mais je retournerai très certainement au Québec à la quête d’une meilleure situation si la crise en France ne s’arrange pas.” Le Québec, terre francophone en Amérique du Nord, continuera d’attirer pour un bon de temps. “Je pense bien que l’expression d’eldorado est vraie, ajoute Floriane. Il y fait bon vivre, et les choses se portent bien. Ce n’est pas une idéologie, c’est un fait.”


l’alternative mars 2013 lalter.fr/actu

Actualités

05

La ruée vers l’Ouest, en chiffres Le québec, province grande comme trois fois la France, compte La province a accueilli

8m

d’habitants

quand la france en compte elle plus de 65 millions. la province du québec est la

+420 000 immigrants au total depuis 2002.

150 000 +10 %

près de

un chiffre en augmentation de

français vivent au québec.

chaque année selon le ministère de l’immigration du québec.

l’an dernier, ce ne sont pas moins de

ils représentent près de

c’est ainsi le

étudiants français qui ont décidé de poursuivre leurs études au Québec.

des étudiants internationaux des universités francophones.

groupe d’importance, devant les Américains et les Chinois.

leurs frais de scolarités sont estimés à :

contre

et

soit le même prix que pour un étudiant québécois.

pour un étudiant canadien d’une autre province que le Québec.

1ère

destination des français pour l’immigration.

10 171 1 sur 2 1er

2 167 $ 5 858 $ 14 562 $ ¹

²

³

pour un étudiant issu d’un autre pays que le Canada et la France.

entre 36 et

pour occuper l’un des

et Emploi Québec prévoit que

alors que la france subit

des étudiants étrangers ont l’intention de rester au Québec après leurs études.

emplois disponibles dans tous les domaines professionnels.

d’emplois seront disponibles d’ici 2021, avec le départ à la retraîte des baby-boomers.

pertes d’emplois par jour et connait une croissance économique nulle.

51 %

750 000

1,5 Million 1 000

sources : immigration québec, Ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, radio-canada information, Cirano

infographie : Pierre A. Lepetit


Actualités

l’alternative mars 2013 lalter.fr/actu

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3 ans de réforme(Tte)s Lors de son annonce, la réforme des lycées avait suscité de nombreux remous​ tant du côté des enseignants que celui des élèves. Trois ans après, alors que l​a​ génération réformée est prête à passer le bac, il est temps de dresser le bilan.

L

Par Ivan Petrzljan a réforme des lycées lancée en 2010, et appliquée sur 3 ans touche à sa fin, et ce que l’on peut dire, c’est qu’elle aura suscité de nombreuses réactions négatives de la part des enseignants et des élèves. Proposée 2008 par le Ministre de l’Éducation Xavier Darcos, puis reportée à cause de nombreux mouvements de grève et de blocus des lycées, le nouveau Ministre de l’Éducation en 2009, Luc Chatel, rouvre le dossier, et annonce une application progressive sur trois ans, à commencer par la réforme de la Seconde dès 2010. Les objectifs étant de moderniser le parcours des lycéens en le rendant plus individuel et plus progressiste, mieux encadrer les élèves, de les préparer aux études supérieures, revaloriser les filières, ouvrir encore plus les élèves sur la culture, et favoriser les langues sur le plan de l’oral.

Désorganisation linguistique

Sur le plan des langues justement, adieu LV1 et LV2 ; les élèves sont mélangés en “groupes de compétences”. Une réorganisation décriée tant par les élèves que par les profs de langues. Il est en effet légitime de remettre en cause le regroupement de plusieurs

sections au sein d’un même groupe, notamment celui des L et des ES ; alors même que le niveau, les besoins et les attentes ne sont pas les mêmes d’une section à l’autre. On peut de plus se demander si l’organisation de ces groupes de compétences n’est pas arbitraire. “Il y a des différences de niveau plus que flagrantes entre les élèves d’un même groupe -affirme un élève de Terminale à la sortie d’un cours d’anglais-. Je ne pense pas que l’on puisse parler de groupes de compétences.”

Un “accompagnement personnalisé” inutile ?

Dès son arrivée en 2010, cette réforme a reçu un accueil mitigé voire très critiqué de la part de certains professeurs et élèves. Les premières années d’application de la réforme furent déstabilisantes pour la majorité des enseignants. De plus, une large majorité d’élèves critiquent la réforme, et plus particulièrement l’accompagnement personnalisé : “L’AP ça ne sert à rien. C’est qu’une perte de temps. En plus on n’obtient pas toujours la matière demandée. Donc je me suis retrouvé à réviser l’histoire alors que j’ai des gros problèmes en philo” confie un Terminale. D’autres élèves se plaignent également du fait que leurs professeurs profitent pour

La réforme des lycées est en majorité désavouée et jugée inefficace. Seuls les résultats du bac des terminales de cette année nous témoignerons de l’efficacité de cette réforme. “On est les cobayes du gouvernement” déclare une terminale. avancer dans le programme pendant l’accompagnement personnalisé alors que la classe se trouve en demi-groupe. Autre que l’accompagnement personnalisé, la répartition des groupes de langues est contestée. Certaines classes de langues comportent des différences de niveau flagrantes entre les élèves. D’autres professeurs et élèves se sont plaint de l’individualisme soutenu par la réforme. Selon eux, le partage des classes pour les langues, les options et l’accompagnement personnalisé empêchent la création de liens forts et durables dans la classe qui pourraient servir aux élèves pour leurs études et leur future vie professionnelle.

Mais il n’y a pas que du mauvais

La réforme n’est pas uniquement décriée. L’enseignement d’exploration est apprécié par les Secondes qui

peuvent y entrevoir une découverte et une aide au choix des filières proposées par la suite. La revalorisation des filières proposée par la réforme pour faire partir le cliché qui présente la filière S comme une filière d’exception et de réussite assurée s’est avérée efficace. D’après le ministère de l’Éducation, même si la filière S est encore la plus choisie en 2011, la filière L a connu une augmentation de 10 % par rapport a l’année précédente. La réforme des lycées est en majorité désavouée et jugée inefficace. Seuls les résultats du baccalauréat des terminales de cette année, qui ont subit les trois ans de réforme, nous témoigneront de l’efficacité de cette réforme. “On est les cobayes du gouvernement” déclare une terminale. Nous verrons si cette génération de lycéens en paient positivement les frais.


l’alternative mars 2013 lalter.fr/actu

Actualités

07

Les pages spotted ont envahi les lycées et universités

les brèves Par Benjamin Legoix

Vers une réforme de l’Université ?

Illustration Jeanne Guiraut Par Élise Wettstein

L

es pages “Spotted” fleurissent depuis quelques mois sur le réseau préféré des jeunes: Facebook. Le concept vient tout droit de nos amis anglo-saxons. “spotted”, comprenez “repéré(e)”. Le principe est simple : publier anonymement un messages sur la page Facebook de votre établissement ou de votre ville pour tenter de retrouver un crush croisé sur un lieu précis. La vague a d’abord touché les grandes universités françaises, et se propage à présent dans les lycées. Ainsi à Beauvais, presque tous les lycées ont leur propre page, celle du lycée François Truffaut étant la plus récente (ouverture le 14 février 2013). Les pages Spotted beauvaisiennes rassemblent en tout plus de 2500 likes.

Déclare ta flamme à un inconnu

Ces pages ont été crées dans le but d’aider les étudiants et lycéens à déclarer anonymement leur flamme, voire de lui donner un rendez-vous. Les publications sont parfois simples, avec une description de la personne visée, et éventuellement ses initiales. Mais on retrouve également des publications poétiques ou encore humoristiques. Vous n’arrivez pas à aborder la personne que vous croisez chaque jour dans les couloirs ou dans la cour du lycée ? Il suffit d’envoyer un message à la page du lycée concerné, et celui-ci est ensuite publié anonymement par l’un des administrateurs de la page. Les publications sont lues par les fans de

ces pages qui s’amusent entre autres à parcourir les annonces pour savoir qui se cache derrière le post, et surtout, qui est la personne visée.

Et après ?

Mais pour qu’une publication ait une suite dans la vie réelle, il faut que la personne visée se reconnaisse ou que quelqu’un d’autre le fasse à sa place. L’administrateur de la page de Jeanne Hachette, qui a bien voulu répondre à quelques questions, doute que les messages sur sa page aient entrainé des rendez-vous sérieux. Les pages Spotted ont en tout cas dépassé de loin le réseau des universités et des lycées, et l’on trouve des pages associées à des lignes de transports en commun (“Spotted : Métro Ligne 12”), et même des quartiers. Mais certains pensent que le phénomène ne va pas s’arrêter là et que les dérapages ne vont pas tarder à se généraliser. Et ceuxlà n’ont pas totalement tord puisque plusieurs pages comme “Spotted Clash” ont déjà vu le jour, incluant sur Beauvais. Effet de mode ou pages conçues pour durer ? Alors que dans le monde anglo-saxon et dans les grandes universités françaises on organise des soirées et événements dédiés à la drague, le phénomène des pages beauvaisiennes pourrait s’essoufler plus rapidement. “Ces pages sont divertissantes, mais aussi éphémères, admet l’administrateur de la page Spotted : Lycée Jeanne Hachette”. Les gens se lasseront comme avec toutes les autres modes.”

Depuis le début de sa prise de fonction en tant que Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso a fait du décrochage universitaire son principal combat. La Ministre souhaite en effet lutter contre les scolarités de Licence gâchées, en oeuvrant davantage sur l’orientation des élèves au collège et au lycée. Mais pas seulement. La ministre souhaite également réformer l’offre universitaire. “II faut en finir avec la jungle des formations. Il y a 2 231 licences professionnelles et 1 420 licences générales avec des intitulés hyperpointus, souvent incompréhensibles pour les jeunes” a-telle déclaré au journal Le Monde. L’offre foisonnante de licences et de masters devrait donc être revue, tandis que les IUT et STS accueilleront à nouveau en priorité les bacheliers professionnels et technologiques. Pour la centralisation des pouvoirs au sein des universités, la ministre souhaite aussi du changement. La ministre souhaite d’une part la parité homme-femme dans les conseils d’administration. Après avoir été les cobayes du ministère de l’Éducation en tant que lycéens, il se pourrait bien que l’expérimentation ne soit pas terminée.

Plus que quelques jours pour les admissions post-bac Si vous n’avez pas encore rempli vos vœux pour les admissions postbac, il vous reste encore quelques jours, la date limite étant le 20 mars. Comme pour chaque année, les élèves de Terminale s’inscrivent sur le site admission post-bac pour remplir leurs vœux afin de poursuivre leurs études supérieures vers un DUT, un BTS, une CPGE, une licence ou encore une PACES. En fonction des formations demandés, il se peut qu’un dossier papier, à envoyer avant le 2 avril, soit exigé. Si par ailleurs vous changiez d’avis durant le dernier trimestre, vous aurez jusqu’au 31 mai pour modifier l’ordre de vos vœux. Le processus d’admission post-bac est relativement long et les premières réponses ne vous parviendront que dès le 13 juin lors de la première phase de propositions d’admission ; et vous aurez du 13 au 18 juin pour y donner suite, sans quoi vous serez éliminé. La deuxième phase aura quant à elle lieu du 27 juin au 2 juillet ; et la troisième, du 14 au 19 juillet.

L’Alternative aux portes-ouvertes Samedi 23 mars auront lieu les portes ouvertes des lycées Jeanne Hachette (de 8 h 30 à 13 heures), et de Félix Faure (de 9 heures à 12 heures). Ces portes-ouvertes sont l’occasion de rencontres et d’échanges entre les collégiens et les lycéens qui bénéficient de présentations des classes et filières. L’Alternative sera présent aux portes-ouvertes de Félix Faure, où la rédaction y tiendra un stand afin de présenter la publication, les différentes façons de contribuer à L’Alternative, ainsi que de promouvoir les métiers de la presse écrite. La rédaction est toutefois en attente d’une confirmation pour le lycée Jeanne Hachette, à qui nous avons envoyé plusieurs courriels. À l’heure où nous écrivons, nous sommes également en attente d’une confirmation de notre présence aux portes-ouvertes de l’École d’Art du Beauvaisis, qui ont également lieu le 23 mars, ainsi que du Saint Esprit, dont les portes-ouvertes ont lieu mercredi 20 mars de 13 h 30 à 16 h 30.


Actualités

l’alternative mars 2013 lalter.fr/actu

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4?

On en est là

201

20 08

20 01

Municipales | Un an avant, le bilan

Le maire de Beauvais, Caroline Cayeux, présente le bilan de son deuxième mandat à la presse. Photo Guillaume Auberger

Entrevue exclusive avec Caroline Cayeux, maire de Beauvais et chef de la liste “Beauvais pour Tous”. Propos reccueillis par Gauthier Deloziere @Deloziere_G

V

ous êtes en fonction depuis 2001, soit maintenant 12 ans. Pourquoi un troisième mandat ? C. Cayeux — Tout d’abord, j’ai de l’ambition. Je souhaite continuer les projets entamés et faire entrer Beauvais dans la modernité. Le métier de maire est passionnant et durant ces douze années il y a déjà eu beaucoup de choses à faire. Cependant, certains projets ne sont pas achevés. Je veux voir l’inauguration du théâtre, du centre commercial place du Jeu de Paume ; le boulevard Amyot d’Inville transformé, ainsi que l’arrivée du TGV à Beauvais. Nous avons aussi à cœur de changer le centre-ville, avec la rénovation de la place Jeanne Hachette et les halles couvertes, ainsi qu’en réduisant le nombre de voitures qui y circulent. Justement, les transports en commun sont une alternative à la voiture, or ils sont très souvent décriés par les usagers. Quel regard portez-vous à ce sujet ? Il est vrai que pour le respect des horaires, le constat est négatif. La reconstruction du pont de Paris permettra de fluidifier le trafic ; les bus doivent en effet actuellement effectuer

des détours importants. Vis-à-vis des transports nous avons une exigence forte. La création du comité d’usagers ainsi que d’un baromètre portant sur leur satisfaction devrait permettre de mieux connaître leurs attentes. C’est un dossier que nous suivons au jour le jour. Quelles sont, selon vous, les réussites de votre mandat ? Ma plus grande réussite est — je pense — l’harmonie sociale entre les habitants. Nous avons été à l’écoute des personnes dans les plus grandes difficultés à travers la mise en place du Conseil de l’Harmonie éducative et sociale. L’emploi a été le deuxième fil conducteur de mon mandat. Beauvais a un taux de chômage de 9,6 %, ce qui est inférieur à la moyenne nationale et régionale. Beauvais est propice à l’emploi, grâce notamment aux nombreux instituts pour la formation : Proméo, les Jacobins, Corot, la Chambre des métiers. De plus, la ville compte quelques fleurons : Massey Fergusson, ADS, l’École d’Ingénieur Polytechnique LaSalle, ainsi que le Centre hospitalier. L’arrivée de nombreuses enseignes comme KFC, Crocodile, le Speed Park, ainsi que d’entreprises dans la Zone franche urbaine ont grandement favorisé l’emploi.

Et que considérez-vous comme étant un échec ? Même si je pense aujourd’hui qu’il est digéré, ne pas avoir réussi à bâtir le pôle de l’instruction fut une grande déception car nous avons un tribunal avec une activité importante. Mais la politique est un travail de longue haleine. Nous n’avons par exemple pas encore d’arrêt de TGV à Beauvais mais nous espérons que ce projet puisse se réaliser afin que Beauvais acquière une dimension nationale. Quelle place occupe la jeunesse dans votre vision de Beauvais ? La jeunesse est de plus en plus importante. Mais l’aide à la jeunesse ce ne sont pas seulement les centres de loisirs, ce sont des TBI (tableaux blancs interactifs, ndlr), ordinateurs ou iPad dans les classes. C’est aussi la centralisation des offres de stages pour les jeunes de troisième. Ces stages sont l’occasion d’une première expérience du monde de travail, malgré leur courte durée. L’apprentissage est aussi une belle opportunité pour se former et s’assurer de trouver un emploi ; cela reste la voix la plus concrète. L’Allemagne est un exemple dans ce domaine. C’est pourquoi la mairie favorise l’apprentissage dans les emplois municipaux, notamment dans l’informatique et les espaces verts ; et

inclut des clauses dans les contrats qui garantissent des emplois aux jeunes de Beauvais lorsque la Ville réalise des travaux. La Ville essaie de proposer des formations à Beauvais en adéquation avec les offres d’emplois. L’aide à la jeunesse passe aussi par une politique de logements accessibles ainsi qu’une politique culturelle de qualité — l’objectif étant que les jeunes restent sur Beauvais après leurs études, et apportent quelque chose à leur ville. Enfin vous êtes sénateur depuis 2011, et également présidente de la Communauté d’Agglomération du Beauvaisis. Quel est votre point de vue sur le cumul des mandats ? Le cumul des mandats est indispensable pour éviter d’être déconnecté de la réalité. Être maire reste ma priorité, mais la fonction de sénateur m’a permise de faire des interventions ciblées au Sénat sur des sujets que j’ai rencontrés en tant que maire. Ce mandat est aussi un sésame qui donne du pouvoir ; il est plus facile d’être entendue auprès des ministères. Mais je tiens à préciser que le cumul des mandats n’est pas synonyme de cumul des salaires. Aujourd’hui je suis donc “bénévole” à la mairie de Beauvais. — L’opposition (PS) n’a pas réagi à nos multiples requêtes à la suite de cette entrevue.


l’alternative mars 2013 lalter.fr/actu

Actualités

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les brèves Par Maxime Besnier

13 ans à la tête de Beauvais

Élection partielle dans la deuxième circonscription les 17 et 24 mars

Premier mandat (2001-2007)

Suite à son élection invalidée par le Conseil constitutionnel le 25 janvier, après sa victoire lors d’une triangulaire en juin 2012, Jean-François Mancel (UMP), ancien secrétaire général du RPR, devra une nouvelle fois affronter son adversaire socialiste, Sylvie Houssin. La cause de cette invalidation ? Un tract, pourtant distribué 48 heures avant le second tour des élections législatives sur le plateau Saint-Jean, mais auquel la candidate du PS n’aurait pas pu répondre, ce qui aurait altéré la sincérité du scrutin. Il faut dire que le député UMP a été élu avec seulement 63 voix d’avance sur sa rivale. Cette année la législative partielle est composée de Jean-François Mancel (UMP), Sylvie Houssin (PS), Flore Italiani (FN), et Pierre Ripart (PCF). Au second tour des législatives en juin dernier, les trois premiers avaient respectivement obtenu 38,97 %, 38,85 %, et 22,18 % des voix. Lors d’un meeting de soutien au candidat UMP le 7 mars dernier, l’ancien Premier ministre François Fillon a affirmé que “cette élection peut avoir valeur de message au niveau national”, accusant le président d’avoir “trompé les Français sur la dureté de la crise”. Jean-François Copé tiendra un meeting de soutien mardi 12 mars à Noailles. Les autres candidats ont eux aussi l’appui des hauts dirigeants de leur parti ; Harlem Désir, secrétaire général du Parti socialiste était présent dans la circonscription le 10 mars pour soutenir la candidature de Houssin, tandis que Marine Le Pen était de passage sur Beauvais le 26 février, pour apporter son soutien à la candidate Flore Italiani. Les premier et deuxième tours de cette élection auront lieu les 17 et 24 mars prochains.

• Le 10 octobre 2003 : Ouverture de l’OuvreBoîte, le nouveau café musique de Beauvais. Création également du Labo à l’ASCA, en plein cœur du quartier Argentine, qui devient un équipement majeur pour la culture en Picardie, regroupant les musiques actuelles, le multimédia, et le cinéma d’Art et d’essai. • Depuis 2005 : Restauration de la maladrerie Saint Lazare, qui devient un lieu de culture avec une programmation de concerts, expositions, ateliers. La maladrerie sera d’ailleurs dès cette année le lieu phare du festival du Blues autour du Zinc (▶ page 11) • Le 2 septembre 2006 : Inauguration du Blog46, un espace pour les 16-25 ans qui permet d’accéder à des conférences et des journées d’information. Il propose notamment une aide à la réalisation de CV ou de lettres de motivation par exemple. L’inauguration est suivie durant le deuxième mandat de l’ouverture d’annexes dans les quartiers Saint-Jean, NDT, et Saint-Lucien.

Deuxième mandat (2008-2014) • En septembre 2008 : Inauguration de l’Aquaspace, un complexe aquatique d’envergure qui a attiré plus d’un million de visiteurs. • En janvier 2012 : Ouverture du Speed Park, qui offre bowling, karting, laserquest, billard, et jeux vidéo. • En septembre 2012 : Création de 132 nouveaux logements étudiants en centre-ville avec la résidence Jean-Baptiste de La Salle. Fin de la requalification du boulevard de l’Assaut et de la place des Marréchaux devant le lycée Félix Faure, réduisant à deux voies l’ancienne partie de la RN1 pour donner plus de places aux piétons et cyclistes. • En janvier 2013 : Réouverture de la médiathèque centrale, après une opération de lifting qui aura duré six mois, pour un coût de plus de 750 000 €, dont 400 000 financés par la ville. • En avril 2013 : Début prévu de la construction du pôle commercial de 76 boutiques et restaurants “Le Jeu de Paume” accompagnée de la création de 600 emplois directs et 500 indirects.

“Au-delà des apparences” Le Conseil consultatif de la jeunesse vient de sortir un premier clip vidéo consacré à la lutte contre les discriminations. Intitulé Au-delà des apparences, ce spot d’une durée de 2 minutes 20 a été conçu et réalisé par les jeunes du CCJ, avec la collaboration de l’association Brokanterz. Il est d’ores et déjà visible sur les réseaux sociaux et sera diffusé le plus largement possible. La prévention des addictions sera le thème des prochains clips que réalisera le CCJ ; les jeunes s’intéresseront notamment aux dérives de Facebook et aux risques d’isolement liés aux pratiques abusives des jeux vidéo. L’Alternative s’entretiendra avec les représentants du CCJ pour un article dans notre prochaine édition. @CCJBeauvais

Les Galeries Lafayette donnent 40 cartons de vêtements à des associations Samedi 9 mars, Yves Terranova, directeur des Galeries Lafayettes de Beauvais, en partenariat avec le Lions Club Beauvais Jeanne Hachette, a remis quarante cartons de vêtements au président du Secours Populaire de Beauvais, ainsi qu’au responsable des Restos du Cœur. “Les clients ont apporté les vêtements et nous les redonnons à ces deux associations qui oeuvrent pour les plus démunis” explique Yves Terranova. “L’initaitiave est partie de mes collaborateurs et sera conduite l’année prochaine.” Les vêtements, quasiment neufs, sont distribués à partir du mardi 12 dans les locaux du Secours Populaire et des Resto du Coeur, rue de la Préfecture à Beauvais.


avec Concevoir un journal Rejoignez-nous vendredi 22 pour découvrir les principes de base qui se cachent derrière la mise en page de L’Alternative. Nous vous expliquerons également les secrets de InDesign. Téléchargez la version d’évaluation de 30 jours du logiciel à adobe.com/go/tryindesign et emportez votre ordinateur portable avec vous pour discuter mise en page autour d’un verre !

Vendredi 22 mars 17h45 À Dagniaux Rue du 27 juin (Consommation offerte)

L’Alternative est toujours à la recherche de collaborateurs. Pour participer, envoyez-nous un courriel à rec@lalter.fr

Participez comme bon vous semble

Collaborez soirées de production

La fréquence de vos participations à L’Alternative est à votre guise. Nous savons que les lycéens sont souvent très occupés par leurs cours et d’autres activités. Certains ne voudront participer que sporadiquement au journal. D’autres voudront s’impliquer davantage pour intégrer le comité éditorial l’année suivante. Pour ces derniers, nous vous recommandons de participer à nos quelques soirées de production histoire de vous habituer au rythme de travail et au logiciel de mise en page (Adobe InDesign CS6). Pour savoir comment collaborer à L’Alternative, contactez le chef de la section qui vous intéresse et un membre de la rédaction vous contactera dans les plus brefs délais ; ou passez directement nous voir les mercredis soirs à Dagniaux.

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tous les mercredis 17h45

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à DAGNIAUX (rue du 27 juin)

Opinions

Correction

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11 le Blues autour du zinc du 12 au 17 mars 2013

Notre guide pour la 18ème édition du

Blues autour du zinc

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our sa dix-huitième édition, le festival beauvaisien du Blues autour du Zinc revient avec une nouvelle fournée d’artistes, de la soul au blues, en passant par le rock et même l’électro. Loin de se cantonner à un seul domaine, le festival a notamment pour objectif de démocratiser l’accès aux concerts et de sensibiliser le public jeune à la musique. Il est devenu aujourd’hui un évènement incontournable dans la région, et une opportunité de partage entre les artistes et le public. Pourtant, le festival a frôlé la fin. Suite à la décision du Conseil général de l’Oise de couper ses subventions à hauteur de plus de 80 000 € pour la 17ème édition, les organisateurs ont bien failli lâcher l’éponge, faute de moyens.

dès le lancement et toute la semaine du 12 au 17 mars

Mais l’affaire n’a pas coulé et tient bon grâce à l’appui des bénévoles, bien qu’il faille se serrer la ceinture. Comme tous les ans, le festival se tiendra sur cinq jours du 12 au 17 mars. La Maladrerie Saint Lazare (203 rue de Paris) a été choisie comme lieu d’ouverture mais aussi de clôture. Autrement, les concerts se dérouleront dans les bars du centre-ville à entrée libre. Une initiative honorable, qui devrait générer un peu de trafic au sein du centre-ville. Ainsi, le vendredi 15 sera la soirée pour sortir. Le  Wallabies  (14  rue  de  Buzanval) accueillera Tuesday Club et The Vegabonds — deux groupes de rock —, tandis que l’After  Hours (24 rue Pierre Jacoby) recevra Nublues, qui puise dans son rap une influence blues prononcée.

Quant à la médiathèque centrale (Centre culturel François Mitterand, 3 Cour des Lettres) fraîchement rénovée, elle accueillera également concerts et conférences, au même titre que l’Ouvre‑Boîte (8 avenue de Bourgogne), qui organise une soirée rock le mercredi 13 dès 20 heures. L’évènement espère attirer plus de 10 000 festivaliers, comme lors de l’édition de l’année 2010. En effet, les organisateurs comptent sur les nombreuses têtes d’affiches, toutes issues de l’univers blues mais aux horizons différents. Leurs noms ne vous évoqueront peut-être pas grandchose, pourtant leur talent est reconnu au-delà de la sphère fermée du blues, milieu dont les organisateurs veulent faire sortir ces artistes de l’anonymat. Beth Art, Nostalgia 77, Graine Duffy ou

The Delta Saints devraient ainsi être le fer de lance d’une programmation déjà bien chargée. Pour votre plaisir, L’Alternative a compilé l’essentiel des concerts qui pourront vous donner envie, mais nous vous encourageons à aller sur place et voir le maximum de concerts que vous pouvez. À l’heure où vous lirez ces lignes, le festival aura sans doute commencé, alors amateurs de voix rauques, de guitares affutées, et d’ambiances enfumées — et les autres aussi évidemment — profitez du fait que les concerts soient pour la plupart gratuits (la gratuité est une chose rare de nos jours). — Roméo Van Mastrigt Rédacteur Arts

vivez l’expérience du blues en ligne avec l’Alternat ive,

sur lalter.fr live reports ◆ PHOTOS ◆ Playlists

lalterJournal


12 le Blues autour du zinc du 12 au 17 mars 2013

Blues au féminin

Hannah Williams & The Tastemakers et​ Nostalgia 77, deux groupes aux tonalités rétro. Par Margaux Hallé

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our la première soirée du festival, deux groupes anglais seront à l’honneur, Hannah Williams & The Tastemakers, et Nostalgia 77. La voix rocailleuse de Hannah Williams retentira dans la salle, tout comme les guitares et le saxophone, tout droit sortis d’un grenier. Avec leur style blues jazzy des années 60 qui marque des titres comme I’m a Good Woman ou encore Work It Out, les Anglais ensorcèleront la Maladrerie de leur énergie. Cet excellent groupe qui fait de plus en plus de bruit dans le monde musical viendra pour la toute première fois en France. En espérant que le public beauvaisien l’appréciera autant que la critique, qui à été très positive à leur égard. Pour la deuxième partie de soirée

ce sera au tour du groupe Nostalgie 77 de monter sur scène, un groupe qui mèle blues, electro et jazz. Tout comme leurs collègues de la première partie, ils donnent l’impression de sortir tout droit d’une autre époque. La voix sensuelle, presque planante de la chanteuse d’origine allemande Josa Peilt se marie extrêmement bien avec les violons et le saxophone, pratiquement toujours présent dans leurs chansons. Ils joueront leur quatrième album The Sleepwalking Society qui constitue l’un des projets du DJ, arrangeur et musicien, Benedic Lamdin. Cet album aux multiples influences comme la funk des années 70 ou le jazz des années 60,possède une dimension étrange, mais qui séduira fortement les amoureux de vieux rythmes jazzy. Blues au féminin avec Hannah Williams & The Tastemakers et Nostalgia 77. À la Maladrerie Saint Lazare (voir 10 sur la carte p. 14) mardi 12 dès 20h30.

la disparition des juke joints

,

Le Blues autour du Zinc, ce n’est pas seulement des concerts... Par Margaux Hallé

C

est en effet également des expositions, des actions pédagogiques, et aussi des films-conférences organisés comme ce sera le cas le mercredi 13 à la Médiathèque centrale. La conférence débutera par la projection du reportage cinématographique et musical We Juke up in Here! réalisé en 2012 par Roger Stolle, Jeff Honkel et Damien Blaylock. Il s’inscrit dans la lignée de ces autres films produits par Hollywood consacrés à la culture noire, et plus particulièrement de ces juke joints, des clubs informels qui ont

longtemps été les principaux lieux de concerts du vieux Sud des États-Unis. Ces bars à Blues, authentiques, dont les scènes sont simplement composées d’un tabouret et d’un micro, sont de plus en plus rares. Au siècle dernier les salles donnaient la possibilité aux artistes de blues de faire leurs preuves. Les pionniers comme Charley Patton ou encore Son House ont fondé leur réputation grâce aux jukes. Des décennies plus tard, des artistes comme R.L. Burnside, Junior Kimbrough et The Jelly Roll Kings se sont donné comme mission de sauvegarder ces endroits mythiques à travers des performances légendaires dans tout le delta, alors que les bluesmen sont remplacés par les DJs, artistes de rock ou de hip-hop.

Mais il reste encore quelques poignées de juke joints, qui perdurent la tradition ; et quelques irréductibles comme le patron du Red’s Lounge de Claksdale essaient tant bien que mal, depuis plus de trente ans, de faire revivre ces lieux en essayant de proposer des concerts de qualité le plus souvent possible. Pour eux, pas question de proposer du R’n’B, du rock ou du hip-hop. Ils ne veulent que du Blues. Leur détermination à rester après tant d’années en est d’ailleurs impressionnante. Alors que le Blues est de moins en moins présent, ils restent là, à accueillir la scène musicale locale. Les réalisateurs nous font découvrir à travers le regard des musiciens et du public nostalgique de ces lieux le Red’s Lounge, considéré comme l’un

des derniers véritables juke joints du Delta, ayant fait venir un nombre impressionnant d’artistes tels que Big Jack Johnson, Sam Carr, Wesley “Junebug” Jefferson, Robert “Bilbo” Walker et tant d’autres. Sous fond de blues, et de paysages désolés du delta, We Juke up in Here! est un film qui mérite d’être vu, pour connaître ces endroits trop longtemps ignorés du grand public — notamment européen. Le film propose également au public une réflexion à propos du lien créé entre les lieux symboliques des grands courants musicaux et leur public. We Juke up in Here! Documentaire de Roger Stolle, Jeff Konkel et Damien Blaylock. À la Médiathèque centrale (voir 5 sur la carte p. 14) mercredi 12 à 18h.


13 le Blues autour du zinc du 12 au 17 mars 2013

Concerts

gratuits dans les

bars

Une occasion à ne pas manquer. Par Roméo Van Mastrigt @romeo_vm

B

eauvais devrait accueillir dans ses bars plus d’une cinquantaine de concerts gratuits tout au long de la semaine. Focus sur les artistes et les bars de la ville : Le vendredi soir à l’After Hours, en plus de Nunblues (▶ voir l’article cidessous), ce sera l’occasion de découvrir The Krissy Mathews Band. Déjà venu sur Beauvais durant sa jeunesse, l’enfant prodigue anglo-norvégien sera

là pour vous faire goûter à son blues délicieusement détendu et sensuel, accompagné de guitares lancinantes. Depuis sa première venue, Krissy Matthews a gagné en maturité et accumulé les concerts dans les pays scandinaves, en Angleterre, et dans toute l’Europe, ou presque. Au Wallabies, Neil Young rencontrera les Doors. La comparaison est flatteuse, exagérée, mais l’essence de leur musique sera là : un folk mâtiné de blues aux orgues tonitruants. Le groupe est jeune pourtant. Rencontrés en 2009 dans l’État de l’Alabama aux

États-Unis, les membres de la formation creusent leur sillon rock pour y faire pousser de nouvelles graines. Leur deuxième album sorti récemment a confirmé leur nouveau statut d’étalon du blues. Le samedi, lui aussi, sera riche en concerts. They Call Me Rico sera convié à la Part des Anges pour un concert qui s’avère endiablé. L’artiste interprète tout en énergie des compositions personnelles pour un show qui ne laisse guère le temps de souffler. Guitares nerveuses, batterie entraînante et une voix puissante seront ses composants.

Bonnie and Clyde des Yvelines, Kink Clock brouille les pistes avec jubilation depuis 2009. De passage au Touco le samedi soir, le duo nous présente un univers Rock où s’entrecroisent Tim Burton et Alice Cooper, à base de guitares défouraillées et d’une batterie plutôt énervée. Énergique et survitaminé, le duo a laissé son folk d’origine pour des sets hauts en couleurs. Le concert terminé, ils repartiront épuisés, mais heureux. Les Zinc dans les bars du centre-ville (voir principaux sur la carte p. 14). Liste complète : zincblues.com/lagenda

Arpès le blues... L’After Une programmation de nuit sous le signe du mélange des genres.

Par Roméo Van Mastrigt @romeo_vm

P

our entamer le week-end sur une bonne note, le festival organise un "after". Dès vendredi minuit, la Maladrerie accueillera en son sein plus de six artistes pour 3 euros tout rond. Plusieurs têtes d’affiches seront présentes, incluant

Scarecrow . Le duo toulousain propose un blues satiné de scratchs électro et de beats hip-hop, soit l’exercice périlleux de mélanger deux cultures et deux époques — le blues des années 20 et le hip-hop old school des 90’s. On retrouvera également sur scène Graine Duffy. L’une des piliers de la programmation sera présente ce vendredi, directement venue de sa terre natale irlandaise. Après s’être

rapidement intéressée à Aretha Franklin, The Pretenders ou encore The Rolling Stones, la jeune femme s’est attelée à la composition et s’est tournée vers le blues pour puiser son inspiration. Elle vient ainsi nous proposer son deuxième album Test of Time. L’amour, thême récurrent de ses chansons, accompagnera ses ballades sucrées et ses rythmes soul. Plus discret, Babajack, composé de percussions, d’harmonicas et d’une contrebasse, fait chanter le blues à travers la voix de Becky Tate, puissante et harmonieuse. De jolies retrouvailles entre l’Afrique et l’Amérique. Dans un tout autre style, Jake Calypso & His Red Hot déterrent le rockabilly et la gomina des années 50. Jake Calypso réveille les fantômes d’une époque oubliée, et fait danser les guitares sur des riffs rock’n’roll façon Elvis. Plus reconnus dans le domaine, The Delta Saints viennent nous faire entendre un rock roots qui a de la gueule, tacheté de blues et de riffs racés. En plus d’une basse groovy parfaite, la voix est typée et s’accorde parfaitement dans le paysage du

festival. Liar, parfaite illustration des Delta Saints, devrait attirer les amateurs du genre. Enfin, Thorbjorn RIsager s’est imposé dans toute l’Europe comme un artiste primordial pour le rythm and blues. Avec six disques et plus d’une centaine de concerts à son actif, le jeune Danois fête ses 10 ans de carrière cette année. Professeur dans sa vie antérieure, le jeune homme s’est tourné vers la musique pour partir sur les routes. Blues, funk, rock, jazz — les influences du musicien sont nombreuses ; tandis que sur scène, il fait retentir les cuivres et des rythmiques carrées, faites de claviers en tout genre. Les After Blues à la Maladrerie Saint Lazare. Vendredi 15 et samedi 16 dès 24h et jusque 3h. Clôture dimanche 17 dès 18h et jusque 23h30. Pour information, la Ville met à disposition des navettes gratuites toutes les demi-heures de 23h30 à 3h15 les vendredi 15 et samedi 16 ; et de 17h30 à 23h45, au départ et à l’arrivée de la Mairie et de la Maladrerie (voir carte p. 14). Horaires complets à zincblues.com/navettes


14 le Blues autour du zinc du 12 au 17 mars 2013

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LE CHAUDRON BAVEUR

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LA PART DES ANGES

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LA TERRASSA médiathèque centrale

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LE WALLALBIES

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LE TOUCO

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LE ZINC BLEU

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LA CRYPTE

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la carte du festival

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illustration Pierre A. Lepetit

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navette gratuite ven. 15, sam. 16 toutes les 30 mins de 23h30 à 3h15, dim. 17 de 17h30 à 23h45 Au départ de la mairie et de la maldrerie.

Centre-ville sud 11

CAFÉ DE LA PAIX

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LES VENTS D’ANGES

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LE BRAZZA

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THÉâTRE du Beauvaisis

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Opinions

le droit de mourir dignement Alors que d’autres pays comme la Belgique ont outrepassé le tabou, les Français n’ont toujours pas le droit de mourrir dignement. Témoignage d’un lycéen.

L

Par Paoline Maillard a France se remet doucement de ces semaines de combats dans les rues et dans les discours au sujet du mariage homosexuel — le moment ne semble donc pas propice au lancement d’un nouveau débat national. Et pourtant, si aujourd’hui, deux êtres du même sexe peuvent désormais se marier, on ne peut toujours pas décider de notre propre mort. Dès notre naissance, nous sommes tous "libres et égaux en droits". Mais à notre mort, nous n’avons plus cette liberté. Sujet sensible et dérangeant, le cas de l’euthanasie pour abréger les souffrances d’un patient reste néanmoins dans l’esprit de tous, car parfois, nous sommes le témoin d’un acharnement médical sur un proche en fin de vie. Le débat en France est vieux de 35 ans. En 1978, Henri Callaivet, sénateur français s’étant déjà illustré dans l’élaboration de lois sur l’IVG, le divorce par consentement mutuel, et la greffe d’organe, propose un projet de loi sur l’euthanasie et contre l’acharnement thérapeutique. Refusé deux ans après, le débat reste tout de moins lancé dans l’opinion publique et dans la classe politique. Souvent relatées avec intérêts par les médias, des personnes en situation de fin de vie due à une maladie incurable demandent publiquement le droit de mourir dignement, troublant l’opinion publique. Le cas de Vincent Humbert, pompier de 20 ans qui après un accident de la route devient tétraplégique, muet et aveugle relance le débat en 2000. Ne supportant plus son état de dépendance vis à vis de ses proches et sachant qu’aucune guérison est possible, il écrit sa requête de “droit de mourir” au président de la République. Une “mission d’évaluation sur l’accompagnement de la fin de vie” est alors créée au sein de l’Assemblée nationale. En 2005, la loi Léonetti — du nom du président chargé de la

mission — est promulguée. N’autorisant toujours pas le suicide médicalement aidé ou encore l’euthanasie, cette loi condamne néanmoins l’acharnement thérapeutique au profit des soins palliatifs. Il est nécessaire de rappeler que toute intervention sur un malade se fait avec son accord ou celui d’un de ses proches s’il n’est pas capable de le donner.

Attendre la mort d’un proche

“Ma grand-mère a passé plusieurs mois sur un lit d’hôpital pour une tumeur qui lui puisait toutes ses forces, confie un lycéen de Beauvais à L’Alternative. Tout le monde savait qu’elle ne quitterait jamais son lit d’hôpital. Elle même le savait. De voir

n’est malheureusement pas le seul, et des centaines de personnes racontent leur histoire douloureuse dans l’espoir d’empêcher d’autres de la vivre. Avec 9 Français sur 10 favorables à l’euthanasie dite active dans le cas d’un patient atteint d’une maladie incurable et qui, en tout état de conscience, exprime le droit de mourir dignement, pourquoi la France ne l’autoriserait pas ? Aujourd’hui dans le monde, une majeure partie des pays la condamne, mais il reste néanmoins quelques exceptions : en Suisse, le suicide assisté est autorisé. En Belgique, aux Pays-Bas, et au Luxembourg, l’euthanasie sous conditions est permise. Ces conditions, bien évidement, doivent être respectées à la lettre pour prévenir de tout abus possible. Ainsi,

son entourage ; en attendant la mort.

Une Belgique qui avance, un Hollande qui recule

“L’euthanasie, je n’y suis pas favorable” déclarait François Hollande le 17 février 2012 lors d’une interview pour Marianne. Aujourd’hui, alors que la Belgique lance le débat pour étendre le suicide assisté aux mineurs capables de discernement, la France, elle recule, sous les mots du nouveau président de la République qui refuse l’euthanasie, souhaitant plutôt doubler le nombre de lits pour les soins palliatifs. Sa proposition 21, elle, ne séduit pas puisque les associations pour l’euthanasie remettent en cause les mots du président, n’étant pas explicites sur

“Attendre patiemment que quelqu’un que l’on a aimé avec force meurt tout en la regardant souffrir pendant des mois, ça vous empêche de dormir. C’est insupportable de regarder quelqu’un dans les yeux, quelqu’un qu’on a aimé, et de ne pas pouvoir recourir à sa requête de mourir dignement, sans souffrance. ” — Un lycéen de Beauvais ma grand-mère passer de ‘Mamie forte’ à ‘Mamie fantôme’ qui ne se souvenait même plus de comment on jouait au Scrabble était quelque chose d’atroce. Attendre patiemment que quelqu’un que l’on a aimé avec force meurt tout en la regardant souffrir pendant des mois, ça vous empêche de dormir. C’est insupportable de regarder quelqu’un dans les yeux, quelqu’un qu’on a aimé, et de ne pas pouvoir recourir à sa requête de mourir dignement, sans souffrance. On a essayé de la mettre en soins palliatifs, mais les places sont rares et chères. Quand elle est morte, j’ai ressenti plus de soulagement que de peine. Le truc à dire, c’est que c’est infiniment plus horrible de voir ceux que l’on aime souffrir que de souffrir soi-même. Aussi poignant qu’il soit, ce témoignage

le patient, majeur, doit avoir formulé une demande explicite, de manière volontaire, réfléchie, et répétée, sans être le résultat d’une demande extérieure. Il doit être confronté à une situation médicale sans issue qui lui afflige des souffrances psychiques ou psychologiques ne pouvant être apaisées ; et le médecin en charge de l’euthanasie doit avoir tenu un discours sur son patient des conséquences de son acte, de la possibilité d’avoir recours aux soins palliatifs, et doit avoir demandé l’avis d’un deuxième médecin indépendant. Si toutes ces conditions sont remplies, il semble contre toute logique résultant de sentiments humains de laisser une personne souffrir pendant des mois, affligeant une soffrance également à

les réelles avancées qui pourraient être réalisées, ni sur ces conditions, lorsqu’il déclarait : “Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.” Fatigués par des semaines et des semaines de débats qui n’en finissaient plus, les Français ne doivent néanmoins pas être fatigués quand il s’agit de défendre leurs convictions. Et si une telle majorité est favorable à l’euthanasie, il faut qu’elle se fasse entendre, afin que le combat ne soit pas oublié.


l’alternative mars 2013 lalter.fr/opinions

Opinions

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D.R.

La perte d’un indigné Stéphane Hessel, l’auteur de l’essai Indignez-vous ! laisse derrière lui un​ héritage que l’on se​doit d’entretenir. En s’indignant. Par Gauthier Deloziere @Deloziere_G

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n guide. Voilà ce que représentait Stéphane Hessel pour les jeunes générations. Conciliant l’indignation d’un éternel jeune homme et l’expérience d’un sage ayant vécu un siècle empreint de violences, d’extrémismes, de bouleversements économiques et sociétaux, Stéphane Hessel était devenu le symbole de l’insoumission. Né à Berlin en 1917, le fils de l’essayiste Franz Hessel déménage vers Paris avec sa mère à l’âge de 8 ans. Élève brillant, il entre à l’École normale supérieure en 1939 après avoir obtenu une licence en Philosophie. Après la défaite française de 1940 face à l’Allemagne nazie, ce jeune idéaliste décide de rejoindre la France de la Résistance, dont le programme restera un des ses textes de référence, de de Gaulle à Londres. Envoyé en mission en France en mars 1944, il est arrêté puis torturé par la Gestapo avant d’être déporté dans les camps de

Buchenwald, Dora, puis Bergen-Belsen. À l’occasion d’un déplacement en train, il parvient à s’échapper en retirant des lattes du plancher et rejoint les lignes américaines. Il rentre à Paris le 8 mai 1945. Après la guerre, Stéphane Hessel entame une carrière de diplomate, participe notamment à la rédaction de la Charte universelle des Droits de l’Homme ; et assiste émerveillé à la création de la Cour pénale internationale. Sur la fin de sa vie, Hessel devient un homme de plume. Auteur de plusieurs biographies, il rédige par ailleurs le célèbre Indignezvous !, essai écoulé à plus de 4 millions d’exemplaires dans lequel il invite les jeunes générations à s’indigner car, selon lui, “le motif de la résistance, c’est l’indignation”. Il devient ainsi, le porte-étendard d’un mouvement mondial de manifestations, en Europe mais aussi en Amérique, avec le mouvement Occupy Wall Street, dont il est l’inspirateur. Empli d’idéaux, Stéphane Hessel a milité tout au long de sa vie en faveur des droits de l’Homme, de la décolonisation, ainsi que de la non-

violence. Juif, il dénonce ouvertement la position israélienne dans le conflit qui l’oppose à l’État palestinien. Dans Indignez-vous !, l’homme de lettres fait le récit d’un voyage dans la bande de Gaza, au cours duquel il prend conscience des conditions de vie inhumaines des Palestiniens. À l’annonce de son décès dans la nuit du 26 au 27 février, bon nombre d’intellectuels et d’hommes politiques ont tenu à rendre hommage à l’éternel indigné qu’était Stéphane Hessel ; François Hollande le définissant comme “un grand Français, un juste, un homme libre”. Alors que la crise économique qui frappe de plein fouet le monde remet en cause des droits fondamentaux, et alors que la jeunesse cherche sa voie, l’appel de Stéphane Hessel à l’indignation souffle comme un vent d’espoir. Non, la lutte n’est pas finie.

Avoir son motif d’indignation

“Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux” disait Hessel. Et des motifs, il y en a. Comment tolérer qu’en 2013, et alors

que le gâchis alimentaire bat de tristes records, un humain sur huit souffre de sous-alimentation ? Comment tolérer que des dizaines de millions d’enfants soient privés d’éducation à cause des conflits armés ? Comment tolérer qu’au 21ème siècle, des hommes soient encore privés de la liberté d’expression ? Comment tolérer qu’alors que le nombre de milliardaires ne cesse de croître, des hommes soient forcés de vivre avec moins d’un dollar par jour ? Cette soif de justice, d’égalité qui devrait habiter chacun d’entre nous — tel est l’héritage que nous laisse Stéphane Hessel. La jeunesse a un rôle primordial à jouer dans la défense de ces valeurs humanistes. Et bien qu’il soit souvent difficile pour celle-ci de faire entendre sa voix, elle ne doit pas baisser les bras. Nous ne devons pas baisser les bras. Cette jeunesse militante et animée par des idéaux aura le pouvoir de changer les choses, de combattre ces injustices. Le groupe allemand Die Ärzte chantait très justement  : “Ce n’est pas de ta faute si le monde est comme il est, ce sera seulement de ta faute s’il reste ainsi.” Alors, indignons-nous.


Opinions

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l’alternative mars 2013 lalter.fr/opinions

l’Actu en vers Le bœuf et le cheval par Sébastien Cacan

Un Bœuf vivait en Roumanie, Dans un village, fort bien loti, Où il se produisait chaque lundi, Dans un spectacle de comédie. Pas un seul soir il ne joua, Sans que la salle toute entière ne l’écouta. Du fermier il faisait le bonheur, Lui qui était son producteur. Mais le succès est éphémère, Qui plus est, le Bœuf avait un gros salaire. Eh oui, la crise fait des ravages ! Elle n’épargna pas le petit village. Et pour cause de restriction budgétaire, On préféra au Bœuf un intérimaire. Un Cheval, au maigre salaire, Qui relancerait assurément les affaires.

On le fit passer pour son prédécesseur, Admirable travail des maquilleurs ! Car personne ne s’en apperçut, Pas même les experts les plus pointus. Ce n’est que quelques années plus tard, Qu’il fut trahi par son accent Picard. Cela sonna la Findus spectacle, Et le début de la débacle. Un scandale et une polémique, Qu’aurait put éviter un peu plus de logique. Était-ce si compliqué ? D’un Bœuf, un Cheval différencier. Les apparences sont parfois trompeuses, Et la réalité souvent vicieuse. Et si dans la boucherie vous entendez des hénissement, Aucun soucis, c’est du Bœuf, assurément. Illustration Marion Robbe

alter

native LE JOURNAL DES LYCÉENS DE BEAUVAIS

Appel à chroniqueurs Si vous êtes quelqu’un qui s’intéresse un peu à tout, qui a une excellente grammaire, et peut respecter des deadlines comme un chef, L’Alternative vous veut. Nous recherchons des chroniqueurs pour remplir les pages de notre rubrique Opinions avec une prose sophistiquée qui découle de sarcasme — ou de positivité, si vous y arrivez. Envoyez-nous un courriel à opinions@lalter.fr pour en

discuter.


CŒUR DE L’OISE, CŒUR DE VIE !


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beauvais Avec 76 nouvelles boutiques et restaurants, le Jeu de Paume sera un nouveau lieu de vie, de promenade et de commerces pour les beauvaisiens. Au cœur de la Ville, le Jeu de Paume contribuera à son dynamisme économique et social, grâce à la création de 600 emplois. Son architecture élégante rendra hommage au patrimoine historique tout en symbolisant par sa modernité le nouveau visage de Beauvais.

www.lejeudepaume.com

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VOL01NUM06  

Édition du 12 mars 2013

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