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révélées comme côtés complémentaires d’une seule personne, et produisent ensemble une seule action. Maxime évite de confondre les deux natures en parlant toujours de « perichorèse » l’une vers l’autre, et non « perichorèse » l’une dans l’autre. Ainsi, puisque le Christ est à la fois humain et divin, les deux natures sont impliquées dans les actions, et le côté humain révèle le côté divin. Pour Pseudo-Cyril (VIe siècle), la divinité du Christ imprègne entièrement son humanité dans un processus d’unification. Les deux natures sont unies l’une à l’autre sans confusion ou altération. Pseudo-Cyril pense à la coinhérence des deux natures. Chacune occupe l’entier de la personne (« hypostase ») du Christ, elles s’interpénètrent donc l’une l’autre. Pseudo-Cyril perçoit l’intérêt de l’application de la « perichorèse » aux personnes de la Trinité en ce que cela décrit admirablement l’union des trois personnes en Dieu. Cette formulation de la « perichorèse » des trois personnes (« hypostases ») dans une seule nature (« ousia ») exprime la co-inhérence : les trois personnes forment ensemble cette unité parce qu’elles demeurent les unes dans les autres sans mélange ni confusion. Dans l’adaptation du terme « perichorèse » de la christologie à la doctrine de la Trinité, un changement est intervenu : il ne s’agit plus de « perichorèse » l’un vers l’autre, mais bien de « perichorèse » les uns dans les autres. En christologie, il s’agit des deux natures différentes du Christ, la nature humaine et la nature divine. Dans la doctrine de la Trinité, il s’agit de trois Personnes différentes, mais de la même nature – le Père, le Fils et le Saint-Esprit, chacun vrai Dieu. Jean de Damas (ca. 670-760), considéré par l’Église orientale comme dernier des grands parmi les Pères de l’Église, contribuera à ce que ce terme devienne une ex80

Dossier Vivre 14 - La dynamique de Dieu  

La joie de la communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit

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