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étant porté sur l’Esprit, alors que dans 1 Corinthiens 14 l’accent est placé sur notre participation à sa prière en nous35. Le parler en langues, prière de l’Esprit en nous, est alors une forme de prière importante par laquelle nous sommes soutenus dans notre faiblesse. Sans l’expliquer dans les détails, Paul nous assure que si nous ne comprenons pas le sens de ce que l’Esprit dit à Dieu au travers de nos bouches, Dieu « qui sonde les cœurs connaît quelle est l’intention de l’Esprit, » qui intercède en harmonie avec Dieu 36. Cette prière n’est pas biaisée par nos motivations personnelles, mais correspond à la volonté et à l’intention de Dieu pour nous. Cette prière nous dépasse, certes, puisque nous ne la comprenons pas avec l’intellect, mais c’est un encouragement pour nous de savoir qu’elle est efficace. Si ce passage se réfère effectivement au parler en langues, cette pratique est alors destinée à tous les chrétiens puisque Paul parle d’une expérience générale des croyants par le Saint-Esprit. Certes, d’autres interprétations sont possibles, ce qui doit nous rendre prudents dans la pratique. Notre siècle a connu des débats parfois violents et regrettables à ce sujet : d’une part, une redécouverte en principe heureuse de certains charismes 35

Voir FEE, op. cit., p. 582, qui signale que Paul utilise une même souplesse en ce qui concerne le cri « Abba ! Père !.» Dans Galates 4 : 6, c’est l’Esprit qui crie « Abba ! Père ! », alors que dans Romains 8 : 15 c’est nous qui crions « Abba ! Père ! » par l’Esprit d’adoption. 36 Toujours FEE, op.cit, p. 585-6, signale que ce que Paul dit ici est la contrepartie précise de ce que l’apôtre a affirmé dans 1 Corinthiens 2 : 10-12 au sujet de l’Esprit et de Dieu. Là, la question était, « comment pouvons-nous savoir que la croix est la sagesse de Dieu pour nous ? » Réponse : par l’Esprit, qui sonde (grec ­LYH\UH®) même les profondeurs de Dieu. Ici, la question est, « comment pouvons-nous être sûrs que Dieu comprend les soupirs de l’Esprit que nous ne comprenons pas ? » Réponse : parce que Dieu qui sonde (grec ­LYH\UH®) nos cœurs connaît l’intention de l’Esprit. 145

Dossier Vivre 14 - La dynamique de Dieu  

La joie de la communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit