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CULTURE NEUERSCHEINUNG NOUVELLE PARUTION

mercredi 14 octobre 2009

Les six expositions de l'automne au MUDAM

Des découvertes avant tout Le MUDAM a fait sa rentrée avec six nouvelles expositions. Peintures, sculptures, installations, photographies, la dernière programmation de Marie-Claude Beaud s'est voulue éclectique et certains artistes n'ont pas hésité à s'inspirer du lieu et de son atmosphère solennelle.

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« À L'AIDE – les communions!!! »

■ La visite s'ouvre sur le très attendu deuxième volet du projet Go East. Les huit artistes exposés n'ont en commun que cet événement qui a changé la face de l'Europe de l'Est: la chute de l'URSS et l'ouverture culturelle – entre autres – qui s'en suivit. Issus de pays et de générations différentes, les artistes empruntent chacun leur chemin. Eric Boulatov, doyen de l'exposition (il est né en Ukraine en 1933 et travaille à Paris), n'est connu que tardivement au moment de la perestroïka. Il met son approche classique et traditionnelle de l'art pictural en relation avec son intérêt pour l'aspect typographique. Souvent, un seul vers parcourt ses paysages, comme une percussion avec l'aspect illusionniste de l'espace. Marina Abramovic est la seule femme de Go East II. Originaire de Belgrade, elle y vit et travaille. Depuis 1975, ses vidéos témoignent des expériences physiques et psychiques et contraignantes qu'elle s'impose, s'interrogeant

Pour Tomàs Saraceno, le toit du monde est une cour de jeu (Photo: M. Wilwert) sur la vie, la mort et la souffrance. Les six autres jeunes hommes, tous nés dans les années 1960 et 1970, explorent, avec des sensibilités différentes, les limites imposées par les sciences, la nature, la politique. Ils jouent et déplacent les frontières au gré de leur imagination et des moyens mis en œuvre, parfois volontairement réduits au minimum. Le Français Didier Marcel, quant à lui, ne lésine pas sur les moyens pour représenter, paradoxalement, des motifs prosaïques: des arbres en flocage, des labours, ou encore un citron (!). Il n'hésite pas à puiser son inspira-

Des compositeurs et leurs œuvres

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19,90 € Le Luxembourg Sinfonietta sous la direction de Marcel Wengler

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tion chez les grands artistes qui l'ont précédé: Giacometti, Marcel Duchamp et Vincent Van Gogh à qui il a consacré une installation, mise en scène d'un de ses derniers tableaux, Champ de blé aux corbeaux. La visite se poursuit avec l'installation en bois et en métal de l'Ecossaise Claire Barclay. Pale Heights a été spécialement conçu pour le MUDAM et «son atmosphère un peu cathédrale», selon les mots de l'artiste. Olivier Foulon a abandonné le temps d'une exposition au MUDAM ses installations et références à l'histoire de l'art. Pourtant, Prisma Pavillon ne montre pas le

meilleur de l'artiste belge. Ici, il s'est plus attaché au jeu avec l'espace et le lieu qu'à l'exécution de la toile elle-même. L'Argentin Tomàs Saraceno joue, quant à lui, avec de plus grands espaces, un espace infini puisqu'il s'agit du ciel. Le toit du monde est une immense cour de jeu, à la dimension de son imagination. Ses recherches et expériences un peu folles rappellent les travaux de Léonard de Vinci avec ses machines volantes et autres engins qui n'ont cessé d'inspirer les chercheurs de tous les domaines depuis des siècles. Dans le cadre du cycle Habiter, Tomàs, architecture de formation, présente un projet expérimental sur la possibilité d'habitat volant, à travers trois structures gonflables arrimées au sol par de solides cordages. Et notre De Vinci argentin fait partie de la galerie de portraits du photographe allemand Wolfgang Träger, présentée au MUDAM et articulée autour de deux séries distinctes: la première se concentre sur les artistes saisis par le photographe et exposés au MUDAM et la série des artistes Fluxus, mouvement artistique qui, dès les années 1960, rejette systématiquement les institutions et la notion d'œuvre d'art. Le MUDAM en propose pour tous les goûts. On aimera beaucoup certains artistes, d'autres peut-être moins. On ne peut pas plaire à tout le monde... Il s'agit avant tout de découvertes. ■ Laetitia Collin

Luxembourg Sinfonietta célèbre ses dix ans

Boîte à idées proposant huit thèmes pour préparer la première communion au sein de la famille et avec elle.

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Pour clôturer son huitième concours international de composition, la Lëtzebuerger Gesellschaft fir Nei Musek – LGNM (Société luxembourgeoise de musique contemporaine) propose un concert de clôture donné par le Luxembourg Sinfonietta au Centre des arts pluriels d'Ettelbruck. Sous la direction de Marcel Wengler, le Luxembourg Sinfonietta interprétera en création mondiale des œuvres de Puishan Cheung (Hong Kong), Miguel Farias Vásquez (Chili), Takahiro Sakuma (Japon) et Zhenzhen Zhang (Chine). La soliste

(Source: LGNM)

Kae Shiraki interprétera la Rhapsody in Blue de George Gershwin. Le Luxembourg Sinfonietta, qui fêtera dimanche son dixième anniversaire, a connu son premier grand succès international en 1999, à l'Exposition universelle de Hanovre. Outre ses nombreux concerts au Luxembourg, l'orchestre s'est produit en Allemagne, en France, en Suisse, en Roumanie ainsi qu'en Chine. Le concert-anniversaire aura lieu le dimanche 18 octobre à 17 heures au CAPE. Billets au 26 81 21 304. Infos supplémentaires au 22 58 21 ou par e-mail: info@mic.lu.

Soit dit en passant

Silence! «Merci de garder le silence pour ne pas gêner la concentration des artistes»! Si cette annonce, différente de la sempiternelle et inutile prière d'éteindre les gsm, nous a surpris, c'est qu'elle a été faite dans un lieu inattendu: au théâtre de La Monnaie à Bruxelles. Inattendu, hélas non! Et devant l'ampleur de la pandémie, il nous faut faire part de notre colère. De plus en plus, et cela se vérifie chez nous, pas mal de spectateurs confondent l'ouverture d'un opéra avec le générique d'un film de pur divertissement, et en profitent pour continuer une conversation on ne peut plus cruciale. Certains aussi ne peuvent s'empêcher de livrer à leur partenaire leurs commentaires à chaud, comme s'ils étaient chez eux, face à l'écran de leur télévision. Cela va du chuintement auriculaire à l'affirmation tranquille et sonore. D'autres encore, inquiets de la catastrophe qui ne manquera pas de ravager leur domicile et d'anéantir leur chère progéniture laissée aux mains d'une baby-sitter en qui on n'est pas sûr de pouvoir faire confiance, laissent leur gsm «en veille rapprochée», petite lumière clignotante, ou plongent régulièrement dans leur sac afin de véri-

fier la virginité de l'écran d'annonce. Sans oublier ceux qui reçoivent en «vibrations» ou en flashes lumineux l'avis de réception de messages, auxquels d'ailleurs ils ne tarderont pas à répondre. Ajoutons-y les déshydratés qui, sans doute atteints de la pépie ne peuvent laisser passer un délai de deux heures maximum avant de plonger eux aussi dans leur sac, d'en sortir une bouteille et de glouglouter à l'aise. Ils oublient que le concert, le théâtre ou l'opéra sont des lieux d'intense concentration, d'une rencontre exigeante avec un créateur et ses interprètes, et que l'extrême acuité de l'œil et de l'oreille rend sensible au moindre mouvement, au moindre son. A la fin de la représentation, et seulement alors, sonnera l'heure des commentaires, des débats, des enthousiasmes ou des agacements, des nourritures terrestres. Ce n'est que dans le silence profond du corps, dans cette proximité sans distraction avec l'œuvre représentée, dans l'oubli du monde extérieur que pourra naître ce qui constitue l'idéal d'une représentation de spectacle vivant, la communion d'un public vibrant à l'unisson! ■ Stéphane Gilbart


CULTURE Il nous a quittés

Décès du philosophe Francis Jeanson Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des «porteurs de valise»), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux. Francis Jeanson se voulait le défenseur des causes justes: il s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France. Chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Châlon-sur-Saône de 1967 à 1971, Jeanson participe ensuite à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital. Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste «L'Europe commence à Sarajevo» du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994. Francis Jeanson est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment Sartre par lui même (1955) et Le problème moral et la pensée de Sartre (1965)... mais aussi à des philosophes comme Montaigne. On lui doit également La Foi d'un incroyant (1976), Eloge de la psychiatrie (1979), Algéries (1991), Conversations privées 19741999 (2000). (AFP)

mercredi 5 août 2009

Charles Pollock et Ronan Barrot chez Fernet-Branca à Saint-Louis – à voir jusqu'au 16 août

Distillerie d'art contemporain La Suisse se veut ambassadrice de la peinture française et européenne. Des centres artistiques renommés comme la fondation Gianadda à Martigny, la fondation Beyeler et le Kunstmuseum à Bâle se surpassent cet été en exposant des œuvres majeures des plus grands maîtres (lire La Voix du 18 juillet). ■ De l'autre côté de la frontière, à proximité de Bâle, la ville française de Saint-Louis a décidé de se mettre au diapason. Ancienne distillerie, Fernet-Branca a rouvert ses portes en 2004 en tant qu'espace d'art contemporain et a déjà accueilli des artistes comme Antoine Clavé, Lee Ufan ou Paul Rebeyrolle qui a inspiré, pour une large part, Ronan Barrot, jeune artiste souvent comparé à Cézanne et que l'on retrouve cet été au nouveau centre de Saint-Louis. «Il peint saignant, donne dans l'atroce, démolit sauvagement tout ce qu'on aime...», a écrit un grand spécialiste de Cézanne. Et, les toiles de Barrot, «ce grand et jeune d'aujourd'hui», sont pleines d'une atrocité poétique, d'une violence qui rappelle nos instincts primitifs et originels enfouis sous le vernis de la civilisation. Une soixantaine de tableaux figurent dans les salles d'exposition et offrent une idée assez complète de l'esthétique d'un peintre jeune mais à la personnalité ô

Nos instincts primitifs se laisseront-ils dompter par le progrès et l'évolution? Le titre de cette toile de Ronan Barrot, Nous viendrons vous chercher, sonne comme un avertissement (Photo: Laetitia Collin) combien complexe. Dans les salles voisines, Charles Pollock. «L'autre Pollock» comme certains l'appellent. Moins connu que son frère Jackson, il n'en est pas moins le premier de la fratrie (il est l'aîné de cinq enfants) à entamer une carrière artistique. Plus de vingt ans après la mort du peintre américain, cette exposition fait figure

La bibliothèq bibli èque des enfants en Humour en poche! Une sélection proposée par Marie Lempicki ■ La vie d'un papa est racontée par son petit garçon tout admiratif… avec ses mots tendres et pleins d'humour. On voyage dans le quotidien d'un papa sous l'œil attendri de son fils à différents moments de la journée ou différentes situations: Papa en cuisine qui rate les œufs au plat ou met de la farine partout quand il fait du pain, sa spécialité. Il y a aussi la musique de papa qu'il fait le dimanche sur sa guitare, son maillot de champion ou sa maladie du cinéma… il y a surtout ses conseils quand le soir il dit «faut que tu dormes, entièrement», et sa poésie quand il sait «m'inventer des tigres qui attaquent les éléphants du maharadjah», ses réponses «quand j'ai mes points d'interrogations»… Bref, des mots d'enfant qui nous font rire et nous éclairent très justement. Drôlement illustrés par Elodie Durand. C'est délicieux! Thomas Scotto, La vie de papa, mode d'emploi, Acte sud junior, coll. Benjamin, 6 ans, 47 pages, 7,50 euros.

• Nous voici plongés dans l'univers des contes; cinq courts récits dont le début est identique: une femme Gerda avait deux filles, Celia et Camila qui

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trouver aujourd'hui dit à la fin de son ouvrage: «Comme la lecture n'est qu'un intermède, une halte et qu'ensuite il faut reprendre son voyage, et bien, bonne continuation»! Kochka, Les contes de la petite chèvre-fille, Nathan poche, coll. contes, 8 ans, 76 pages, 4,50 euros

lui ressemblaient beaucoup… Enceinte à nouveau, elle espérait avoir un fils; hélas le bébé fut une fille qu'elle nomma Fuenta; elle était bien décidée à lui faire payer… Ces cinq contes mettent en scène les mêmes personnages, la pauvre fille, la méchante mère, les deux sœurs préférées, un gentil sauveur Diego et une chèvre… et ça marche! Le conte est là avec sa dose de poésie, d'émotions, une morale digne des contes traditionnels, un peu de suspens. L'écriture est fluide et le style alerte pour les jeunes lecteurs qui apprécieront sans doute cette répétition originale de départ. Kochka que l'on a plaisir à re-

• Avec C'est fou!, on montre aux enfants que ce qu'on voit n'est pas forcément la réalité (illusions d'optique), qu'un dessin peut en cacher un autre. On peut aussi jouer aux devinettes, aux charades, s'évertuer à résoudre un casse-tête et des suites logiques, on peut aussi rigoler avec les jeux de langage… des défis variés qui occuperont une famille entière sur la route des vacances. L'ensemble est très interactif, soumis à des discussions, cogitations et répétitions familiales. De plus, le livre est un univers à lui tout seul: les illustrations complètent avec humour les divers jeux et incitent tout à fait aux voyages. Une fois le livre ouvert, on ne le lâche plus! C'est drôle et très malin, à découvrir! Annabelle Mège, C'est fou!, Casterman, dès 8 ans, 48 pages, 12,50 euros.

d'événement international d'envergure puisqu'elle est la première exposition d'une telle importance qui lui est consacrée. Quelque 120 œuvres retracent son parcours artistique, du social realism d'avant-guerre aux séries Black and Gray et Black and Colors qu'il a réalisées après la mort de son frère Jackson en 1956 et de sa mère en 1958. Ces deux exposi-

tions sont une entrée en matière artistique passionnante avant de s'attaquer aux grands chefsd'œuvre des XIXe et XXe siècles français et européens que l'on peut voir cet été en Suisse. ■ L.C. Jusqu'au 16 août Musée Fernet-Branca, rue du Ballon, Saint Louis

Le monde de la BD D'agréables récits complets Dans American Trip, le voyage en Amérique de trois Français tourne au cauchemar suite à la rencontre d'une jeune fille aux pouvoirs étranges. Merwan nous emmène à la découverte du Pankat, un art martial violent, véritable philosophie de vie pour ceux qui le pratiquent. • Fausse garde. Le jeune Mané se rend dans la ville d'Irap pour apprendre l'art martial du pankat. Il y rencontre le champion Eïam et rejoint son école dans laquelle il apprend que le respect des règles permet le dépassement du combattant. Mais Fessat, voleur et ancien condisciple d'Eïam, entraîne Mané à participer à un coup d'Etat contre la société en place et les notables prétentieux qui ont perverti la ville et l'art noble du combat. Cette quête initiatique dynamique prend place dans un univers fantastique cohérent. Véritable acteur du livre, la ville d'Irap, énorme termitière divisée en castes, bénéficie d'une structure sociale et politique aboutie dont les implications échappent au jeune héros. Tiraillé entre les deux modes de vie de ses mentors Eïam et Fessat, il va devoir poser des choix et mûrir. Si le premier chapitre jouit d'un graphisme détaillé, le trait s'affine et se fait moins précis au fil des pages. Les cadrages osés, la mise en œuvre dynamique très

réussie des combats et les escapades dans les décors gigantesques de la cité complètent ce scénario agréable. • American Trip. Cobaye d'une expérience qui permettrait à nos cellules de se régénérer, Hanne découvre qu'elle peut traverser le verre et s'échappe du laboratoire où elle était enfermée. Alors que les scientifiques se lancent à sa poursuite, Hanne trouve refuge dans le campingcar de trois Français en vacances aux USA. Une véritable chasse à l'homme s'engage alors. Récit complet de 96 pages, American Trip est un thriller scientifique réussi. Pernoud y aborde les dérives d'une science sans éthique ayant pour seul but le profit. Ses personnages sont intéressants et leur background est développé dans plusieurs flashback qui permettent de cerner le récit. Cette longue coursepoursuite est mise en images par Eillam qui signe ici sa première BD. Son trait réaliste anime des planches au découpage cinématographique. On regrettera cependant une certaine froideur des couleurs au détriment de l'ambiance. ■ Jean-Luc Delorme – Fausse garde, par Merwan aux éditions Vents d'Ouest. – American trip, par Eillam et Pernoud aux éditions Bamboo.


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Mécènes de l'art français Qui a dit que seule la France pouvait et devait défendre les grands noms de la peinture française? Les Suisses ne s'en sont pas privés. En faisant un tour de Suisse façon histoire de l'art, on en apprend autant sur les peintres impressionnistes qu'en visitant le musée du Louvres ou le musée d'Orsay à Paris. Et pour cause, entre grands musées, on se prête ses trésors. C'est ainsi que la fondation Gianadda à Martigny, dans le Valais, a monté sa sublime exposition De Courbet à Picasso, empruntant, entre autres, les chefs-d'œuvre de Corot, Courbet, Monet, Gauguin, Degas, Matisse et Picasso au prestigieux musée des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou avec lequel la fondation est liée depuis des années. La fondation Gianadda, c'est d'abord Léonard et Pierre Gianadda. Le premier a été tour à tour ingénieur, journaliste, et entrepreneur. C'est à la mort du second, son frère cadet, qu'il a décidé de créer cette fondation destinée à promouvoir les plus grands artistes mais aussi de plus modestes et dédiée au souvenir de son frère. A Bâle, le Kunstmuseum et la Fondation Beyeler se disputent les faveurs de Van Gogh et Giacometti au cours de leurs expositions qui ressuscitent les deux génies. Riehen Bâle

Lausanne

Genève

CULTURE

samedi 18 juillet 2009

Martigny

Une nouvelle exposition d'envergure à la fondation Gianadda à Martigny dans le Valais

Discussions de maîtres De Courbet à Picasso est un parcours symbolique de l'art qui voyage, se transmet et se partage. Des tableaux tardifs de Corot au cubisme de Braque et de Picasso, c'est un demi-siècle d'histoire de l'art qui défile sous nos yeux. Cinquante années intenses durant lesquelles la peinture n'a cessé de se réinventer. ■ Bien avant de passer par la fondation Gianadda et le musée Pouchkine, les tableaux de l'exposition De Courbet à Picasso appartenaient, pour la plupart, à deux collectionneurs, Ivan Morozov et Serguei Chtchoukine. Alors que le premier se laisse séduire par Cézanne, Renoir, Pissarro, le second s'entiche de Monet, Gauguin, Matisse et Picasso. A elles deux, leurs collections retracent ainsi tout un pan de l'histoire de l'art en France et en Europe. La Russie impériale appréciait depuis longtemps la littérature et l'art français. Au XVIIIe siècle, Catherine II de Russie entretenait une correspondance avec Voltaire et recevait Diderot à sa Cour. Cette amitié perdure à travers la spectaculaire collection de tableaux de maître du musée Pouchkine à Moscou. Pourtant, il n'a pu les exposer que récemment. Alors que la Révolution de 1917 avait privé Morozov et Chtchoukine de leurs collections devenues propriétés de l'Etat, Staline ne verra pas d'un bon œil cet art jugé malsain et corrompu et refusera de les exposer. Depuis sa condamnation en 1948 par le chef de l'Union soviétique, le musée ne montrait plus ses tableaux des XIXe et XXe siècles. Il faut attendre la réouverture en 2006 de la galerie d'art moderne

La plaine au pied de la montagne Sainte-Victoire, source d'inspiration cubiste pour les voir à nouveau. «Les tableaux n'ont été ni choisis ni disposés au hasard», nous explique Marta Degiacomi, historienne d'art et conseillère artistique à la fondation Gianadda. L'exposition s'ouvre sur des œuvres tardives de Camille Corot parmi lesquelles Le bain de Diane datant de 1873-74, inspiré de la célèbre Source d'Ingres, figure de proue du néoclassicisme français. Aux côtés de Corot, Courbet, ses moulins flamands et son Chalet dans la montagne, peint pendant son exil en Suisse, suite à la Commune de Paris et l'incident de la colonne Ven-

dôme qui causa sa ruine. Le suivent la série des tableaux impressionnistes et d'Edouard Manet qui leur ouvre la voie après le scandale du Déjeuner sur l'herbe et d'Olympia. Sujets de la vie quotidienne, peints sur le vif, les tableaux sont longtemps rejetés par l'Académie des Beaux-Arts. La série impressionniste s'achève sur Paul Cézanne et ses paysages aux formes géométriques, placés en face des tableaux cubistes de Braque et de Picasso qu'il a largement inspirés. Après les impressionnistes, Vincent Van Gogh et Paul Gauguin tentent de régler leur différend. La

(Source: Fondation Gianadda)

ronde des prisonniers, œuvre la plus célèbre du peintre néerlandais, dialogue avec les paysages tahitiens de Gauguin. Enfin, l'exposition se clôt sur des artistes européens modernes, Fernand Léger, Amédée Ozenfant ou André Lhote sans oublier Henri Rousseau et son étrange portrait d'Apollinaire et Marie Laurencin. ■ Laetitia Collin Eposition jusqu'au 22 novembre à la Fondation Pierre Gianadda, CH-1920 Martigny (Suisse), téléphone 00 41 27 72 23 978.

www.gianadda.ch

Rétrospective Giacometti à la fondation Beyeler à Riehen

Redécouvrir Van Gogh

Un artiste aux mille facettes

Du génie à la folie, l'œuvre derrière le mythe

La Fondation Beyeler consacre son exposition d'été à Alberto Giacometti, peintre, sculpteur et dessinateur suisse dont le rayonnement a largement dépassé les frontières de son pays. 150 œuvres majeures retracent ses différentes périodes marquées par son intérêt au mouvement des corps, à l'espace-temps et aux membres de sa famille, ses modèles de prédilection. ■ Premier rejeton d'une famille d'artistes, Alberto Giacometti (1901-1966) part étudier à l'Académie de la Grande-Chaumière à Paris. Son génie s'impose rapidement dans la capitale, il sera même admis, pendant un temps, dans le cercle des Surréalistes. Son frère Diego le suit à Paris en 1925 puis, sa sœur Ottilia en 1929. Son cadet fera l'objet de multiples portraits peints et sculptés, tout comme sa mère Annetta, sa sœur, son père, mais à moindre mesure. On retrouve ici le célébrissime Homme qui

femme parfaite. Quelques œuvres d'autres membres de la famille Giacometti sont intégrées à l'exposition, notamment des autoportraits de son père Giovanni et des paysages de son oncle Augusto. L'exposition rassemble un grand nombre d'œuvres prêtées par des musées européens et américains et par des collectionneurs privés et des pièces d'Ernst Beyeler luimême, qui s'est longtemps investi pour Giacometti. C'est en effet grâce à lui que la Suisse a pu conserver la quasi-intégralité de l'importante collection de l'industriel Ernst Beyeler derrière «L'homme qui marche» Thompson, fondemarche et les Femmes de Venise, ment de la Giacometti Stiftung neuf sculptures rarement présen- de Zurich. A voir jusqu'au 11 tées ensemble qu'Alberto a réali- octobre. ■ L.C. sées pour la biennale de Venise www.beyeler.com de 1956, espérant réaliser la

Le Kunstmuseum de Bâle présente une exposition d'ensemble des tableaux de paysages de Van Gogh. Tout le monde connaît l'être tourmenté, isolé qu'il était mais certains aspects de son travail nous sont moins familiers. Sa période de travail fut très brève et ses tableaux les plus connus ont été réalisés dans les dernières années de sa courte vie. Il se destinait tout d'abord à l'Eglise et à la prédication mais ses opinions anticonformistes l'éloignent de sa première vocation. Ce n'est qu'à 27 ans qu'il décide de devenir peintre, se forgeant l'essentiel de son éducation artistique en autodidacte. De santé fragile et dans une situation financière précaire, son frère Théo sera son seul soutien aussi bien moral que financier et il mourra presque dans l'anonymat. Est-ce son génie ou sa folie? De sombre fou et artiste inconnu, il est devenu, au fil des décennies, l'un des plus grands noms de la peinture européenne. Les tableaux sont devenus chefsd'œuvre, l'homme, un mythe. On ne cesse de le découvrir, l'analyser, l'inventer au besoin.

Les impressionnistes qu'il a rencontrés à Paris lui donnent une première impulsion, pourtant, ses paysages, thèmes de prédilection du mouvement, sont différents. Pour Van Gogh, la nature est un miroir de l'âme et des émotions. La Hollande, Paris, Arles, tous les endroits où il a vécu ont fait l'objet d'une série de toiles qui témoignent autant de ses progrès et découvertes techniques que de ses émotions à fleur de peau et de sa santé mentale vacillante. Le Kunstmuseum a voulu donner un éclairage d'ensemble en proposant des chefs-d'œuvre comme Les cyprès, prêté par le Metropolitan Museum of Art de New York, et des toiles moins connues mais étonnantes comme Abricotiers à Arles ou Les Champs de blé. L'occasion pour les néophytes et les amateurs confirmés de découvrir de nouvelles œuvres de Van Gogh. ■ L.C. Jusqu'au 27 septembre.

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CULTURE

samedi 11 juillet 2009

Les couples luxembourgeois vont aussi profiter des conseils de Paul Dewandre

Madame, Monsieur, prenez note! Miroir médiatique, dis-moi qui est le plus fort?

Au mois d'octobre, ce sera la rentrée scolaire… pour les couples. Les 7 et 8 octobre au Conservatoire municipal à Luxembourg, le 9 octobre au Casino 2000 à Mondorf-lesBains, le «professeur» Paul Dewandre entrera en scène pour nous expliquer comment vivre dans son couple en harmonie. Un spectacle qui combine humour et pédagogie, où chacun se reconnaît dans l'une ou l'autre situation. Paul Dewandre ou comment désamorcer les conflits… ■ Que l'homme qui accepte de demander son chemin lorsqu'il se perd sur la route des vacances ou la femme qui ne s'est jamais exclamé, devant sa garde-robe pleine à craquer de vêtements: «Ohlàlà, je n'ai rien à me mettre», arrête ici sa lecture et tourne la page. Mais vous serez bien peu, je le crois… Oui, le spectacle est tiré d'une énième étude sur les différences entre hommes et femmes remplies de clichés d'une autre époque et joué, de surcroît, par un illustre inconnu mais il est pourtant si drôle, si juste et contemporain! Ce n'est pas un hasard si le livre de John Gray, Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, paru en 1994 aux Etats-Unis, a fait le tour du monde et que le spectacle a déjà accueilli 300.000 spectateurs pour 400 représentations. Ici, tout le monde en prend pour son grade mais avec dérision, légèreté et sans aucun parti pris. Et oui, nous avons encore beaucoup à apprendre l'un de l'autre et l'époque que l'on vit ne simplifie pas les cho-

La guerre des étoiles a commencé! La bataille par communiqués de presse interposés entre Caramba et Utopia visant à illustrer qui en met davantage plein la vue est burlesque. Mais qui du CinéBelval avec sa version «exclusive» Ice Age 3 en 3 D ou d'Utopia, pionnier dans la présentation de films en 3 D, est le plus fort? La vitesse à laquelle la riposte a fusé – envoi d'un message aux médias par Caramba le 7 juillet à 14 h 57 et envoi d'une riposte électronique sur le champ signée Utopia à 17 h 12 – est édifiante. Après un premier message glorieux de Caramba, dans lequel CinéBelval se targue d'être «le premier cinéma multiplex au Grand-Duché de Luxembourg avec 2 salles spécialement conçues pour la diffusion de films en 3D», proposant à ses spectateurs des lunettes nouvelle génération leur permettant de «vivre des images d'une luminosité exceptionnelle et d'une richesse en couleurs inégalée dans la Grande Région», Utopia n'a pas tardé à aiguiser ses flèches, pour renchérir de la sorte: «[...] plus de 9.500 spectateurs sont venus voir Ice Age 3 dans une des salles exploitées ou programmées par le groupe Utopia. Ce résultat phénoménal a été réalisé exclusivement par des projections du film en version 2D! Utopia a en effet adopté une stratégie sur le long terme et n'a pas voulu céder aux exigences du distributeur pour la version 3D, exigences que nous avons jugées disproportionnées par rapport à la valeur ajoutée du relief pour ce film. Si le groupe Utopia ne présente donc pas le film Ice Age 3 en 3D, il tient toutefois à rappeler qu'il était le premier, il y a plus de deux ans à présenter un film en 3D au Benelux et en Grande Région.» L'univers du marketing est décidément (im)pitoyable. Hommes, femmes: mode d'emploi ses quand les femmes jouent à Wonderwoman en menant de front vie privée et vie professionnelle et que les hommes vont chez l'esthéticienne et prennent soin de leur apparence. Mais, même si certains repères changent, notre nature reste fondamentalement la même. Eclats de rire, coups de coude et coups d'œil complices durant le spectacle, le prouvent, on se retrouve dans les situations décrites par le «professeur» Paul Dewandre. Son titre, il se l'octroie uniquement sur scène lorsqu'il arrive avec blouse blanche et bâton à la main. Avec des études de commerce en Belgique, rien ne le prédestinait à la scène. Mais cette conférence à Hawaï de John Gray sur les relations hommes-femmes, il y a près de 15 ans, a été une révélation. Avec l'aval de l'écri-

(Photo: LC)

vain, il diffuse ses idées par le biais d'ateliers de communication et de séminaires dans le monde francophone en Suisse, Belgique, France et au Luxembourg. Et enfin, il monte ce spectacle qui démarre en Belgique avec 200 personnes en 2006 et fait salle comble à chaque représentation en 2009, formidablement soutenu par le bouche à oreille. Paul Dewandre va donc passer tout l'été au Casino de Paris et trois dates sont déjà prévues au Grand-Duché: les 7 et 8 octobre au Conservatoire municipal à Luxembourg et le 9 octobre au Casino 2000 à Mondorf. ■ Laetitia Collin Réservation des billets sur www.luxembourgticket.lu (pour les 7 et 8 octobre) et sur www.galamarsvenus.lu (pour dîner de gala et spectacle le 9 octobre).

Lightshow et gros son à la Rockhal jeudi soir

NIN: mordant, mais dans les clous

CinéBelval invite le public à chausser les lunettes de l'irréel!

(Photo: Claude Piscitelli)

Un festival sans casting Serait-ce la crise qui fait dire aux organisateurs du DirActors que le public de demain procède des scolaires d'aujourd'hui? Ou la difficulté à appâter des vedettes internationales au Grand-Duché? Pour l'heure, seul le nom de John Malkovitch a été prudemment évoqué. «Prudence est mère de sûreté», semblait dire mardi dernier à la presse Suzel Pietri, déléguée générale du festival, qui depuis l'annonce prématurée de la venue au Grand-Duché d'Antonio Banderas, ferait des cauchemars. Une troisième édition quoi qu'il en soit aura bel et bien lieu, avec ou sans Malkovitch. Et en ces temps de morosité économique, la nouvelle en soi vaut son pesant d'or tant ce rendez-vous cinématographique avec le grand public saupoudre de paillettes son quotidien et lui fait vivre de belles et riches heures de cinéma, par-delà l'apparition furtive d'étoiles filantes.

Le monde du spectacle «bradé» C'est avec une perversité non dissimulée que la Fédération des théâtres professionnels lance, en pleine période de soldes (!), un appel à création de minispectacles impliquant un... caddie. Objet: animer une semaine de «promotion» des arts du spectacle dans les allées du centre commercial La Belle Etoile et briser la «Hemmungsschwelle» d'un public réticent à franchir le palier d'une maison culturelle. C'est donc à prix cassés que les acteurs des arts vivants vont se donner en spectacle pour accroître la consommation de ce qui aux yeux d'Ainhoa Achutegui, directrice artistique du CAPe, agit comme une «thérapie collective». «Le bonheur est contagieux! Le bien-être doit être partagé! Ce sont les résultats d'une étude finalisée récemment aux États-Unis et qui a analysé ce que les évènements vécus en commun suscitent chez les êtres humains. Il en ressort que la communauté n'est pas seulement nécessaire pour garantir l'équilibre mental mais également indispensable à la santé physique» (dans la préface à la brochure du CAPe saison 2009 / 2010). Alors, plutôt que de visionner sur petit écran, des heures durant, les obsèques du King of Pop, vivez plutôt la culture!

Mieux vaut prévenir que gémir

Froid comme le métal avec lequel on fait les clous, mais pas rouillé Nine Inch Nails (NIN) a bousculé la Rockhal jeudi soir. Pour ce qui pourrait bien être sa dernière tournée, le groupe de Trent Reznor a mis les grands moyens. A commencer par une batterie de lumières aveuglantes. Cauchemar des épileptiques, donnant l'impression d'être un lapin qui aurait oublié ses lunettes de soleil, pris dans les phares d'un camion. Un répertoire rock indé et électro efficace et une puissance tout en retenue ensuite. Une onde de choc calibrée pour secouer un public conquis dès les premières (dé)mesures. (Photo: Claude Piscitelli)

Les admirateurs de Diana Krall se seraient-ils réveillés aux aurores pour se bousculer aux portes de la Philharmonie dès 6 heures du matin et ainsi s'assurer un billet d'entrée pour le concert du 28 septembre? C'eût été cocasse! Le scénario concocté par l'Atelier à l'occasion de la prévente des billets pour le concert de Rammstein ne se répéta pas sur le plateau du Kirchberg. Reste que l'engouement pour le concert de la belle Canadienne – dont la tournée pour son quatorzième album Quiet Nights fait étape à la Phil' – n'en fut pas moindre: lundi, en début de journée, les fervents amateurs de jazz ont placidement fait la file pour être sûrs de décrocher, entre autres, ce précieux sésame de la rentrée musicale. ■ Sonia da Silva


CULTURE raître Vient de pa

vendredi 2 octobre 2009

Le Festival du film francophone de Namur débute aujourd'hui

Qui remportera le Bayard d'or? vée aux premières œuvres comptant vingt longs métrages dont un à surveiller tout particulièrement. Il s'agit de Le dernier pour la route de Philippe Godeau avec toujours François Cluzet en tête d'affiche et toujours dans une histoire vraie. Au niveau des invités, Olivier Gourmet, le président d'honneur, accueillera Alain Rocca, le président du jury longs métrages et Emilie Dequenne la présidente du jury courts métrages. Avec un peu de chance, vous pourrez croiser dans les rues de Namur l'acteur Edouard Baer, qui est un habitué, mais aussi Natacha Régnier, Sergi Lopez, Emmanuelle Devos, Julie Gayet, Xavier Giannoli et Christophe Honoré pour ne citer qu'eux. Le coup de cœur 2009 sera adressé cette année à l'actrice française Elsa Zylberstein. Une occasion de voir ou de revoir des incontournables comme Van Gogh, de Pialat, Il y a longtemps que je t'aime, de Philippe Claudel, et même Modigliani, de Mick Davis, où elle partageait l'affiche avec Andy Garcia. Quant à la leçon de cinéma, elle sera assurée par le réalisateur Claude Miller et son fils Nathan. ■ Thibaut Demeyer

Les Barons, de Nabil Ben Yadir, a été choisi comme film d'ouverture du 24e Festival du film francophone de Namur (FIFF) qui ouvrira ses portes dès ce soir. Non ma fille, tu n'iras pas danser, de Christophe Honoré, sera le film de clôture. Entre les deux, quatorze films seront en lice pour le Bayard d'or du meilleur film.

Dany Prum Ce prestigieux livre grand format regroupe sur 160 pages les œuvres de 1986 à 2009. Après le vif succès des monographies précédentes, voici le 8e volume de la série art saint-paul. Préface: Introduction: Biographie: Photos:

Bernard Ceysson Marie-Anne Lorgé Lambert Herr René Meyer

Le livre est accompagné d'un DVD.

Il est proposé en 2 versions différentes • Edition courante: pleine toile, sous jaquette

Prix: 76 € • Edition

de tête,

avec une ou deux sérigraphies Sérigraphie A: Lucie (+ livre)

198 €

Sérigraphie B: Frutzi (+ livre)

198 € 298 €

Sérigraphie A + B: (+ livre) cette série est limitée à 45 exemplaires

A: Lucie

i

B: Frutz

En librairie. Livraison gratuite à domicile contre virement au compte de saint-paul luxembourg auprès de la BCEE LU61 0019 1300 6666 4000, avec la mention du titre. Les personnes qui désirent recevoir un livre et une ou deux sérigraphies sont priées d'indiquer A, B ou A + B.

Également disponible sur www.editions.lu

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■ A l'instar des films retenus pour la compétition, la catégorie «Regards du présent» retiendra l'attention car il s'agit d'avantpremières dont le nouveau film de Xavier Giannoli A l'origine avec dans le rôle de l'arnaqueur François Cluzet. Ce film, présenté lors du dernier festival de Cannes, est tiré d'une histoire vraie, celle de Philippe Miller, escroc de profession. Un jour, il découvre un chantier d'autoroute abandonné. Il décide, avec pour but premier de sauver toute une région d'une catastrophe économique, de relancer ce chantier sans aucune autorisation. Mais l'histoire ne se passera pas comme il l'avait espéré. Le vilain, cinquième long métrage d'Albert Dupontel, fait aussi partie des curiosités des avant-premières d'autant plus que Bouli Lanners se trouve au générique. L'acteur défendra éga-

Elsa Zylberstein, le coup de cœur de cette édition 2009 lement la comédie française Rien de personnel qui se trouve dans la

(Photo: Reuters)

catégorie compétition Emile Cantillon. Une catégorie réser-

Le festival est ouvert au public, le prix du «fiffpass» hebdomadaire est de 25 euros alors que le pass quotidien est à 8 euros. Infos sur www.fiff.be.

«Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus», de Paul Dewandre

«Amour, partage et liberté» Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus: 400 représentations, 300.000 spectateurs. Pourtant, Paul Dewandre explique avec le même enthousiasme depuis la première en 2006 qu'il ne détient pas la vérité mais qu'il espère aider un peu les gens en leur apprenant à comprendre et accepter leurs différences. Un spectacle à voir la semaine prochaine à Luxembourg. ■ Comment Mars et Vénus sont-ils venus jusqu'à vous? J'ai assisté à une conférence à Hawaï de John Gray (auteur des Hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, ndlr) et ça a été une révélation. Vous savez, je suis un mec lambda. Avant tout ça, je ne comprenais pas pourquoi mon épouse Corinne appelait sa mère pendant des heures pour lui expliquer que ce qu'on avait mangé à midi était un peu froid et ça m'irritait. Après explications, je me suis dit «Mais, oui, bien sûr, c'est ça!» Et surtout, j'ai compris que toutes les femmes le faisaient. J'ai eu ensuite envie de diffuser les idées de John Gray sur un ton humoristique. Ce thème m'a beaucoup touché, car mes parents se sont séparés à ma naissance mais je ne l'ai su que lorsque j'ai eu treize ans. Ils ont joué la comé-

«On a enfin admis l'idée qu'hommes et femmes sont égaux» die pendant toutes ces années. Avec mon spectacle, je veux aider les gens à être plus vrais dans leur relation pour que les enfants soient à leur tour plus vrais dans leurs futures relations. J'ai beaucoup de témoignages de personnes qui désamorcent les conflits grâce au spectacle, j'en suis vraiment heureux. Cela touche parfois à des détails mais une dispute évitée, ça peut vous changer un après-midi. Vous étiez inconnu, le sujet est plutôt difficile à traiter sans tomber dans la thérapie ou les clichés basiques. Quelles difficultés avez-vous rencon-

(Photo: Laetitia Collin)

trées pour monter ce spectacle? Il y a un décalage évident entre la notoriété du spectacle et la mienne, et c'est tant mieux, j'espère ainsi que d'autres voudront reprendre ma place. Le livre est une bonne base mais j'ai quand même mis dix ans à écrire le spectacle. C'était un peu difficile de savoir par quel bout le prendre. Avant, j'ai animé beaucoup de conférences et séminaires (dont une au centre de préparation au mariage à Luxembourg) et j'ai eu envie de changer de mode de communication. Je n'ai pas vraiment voulu écrire un spectacle sur les différences entre hommes et

femmes mais plutôt sur comment vivre ensemble. Quand j'en ai parlé à John Gray, il paraissait sceptique et récemment, il m'a accordé les droits mondiaux pour monter le spectacle en plusieurs langues. Ceci ne va pas changer le monde mais si ça peut aider quelques personnes... Vous-même, comment percevez-vous les relations hommes-femmes et comment peut-on les améliorer? Je suis marié, j'ai quatre enfants, je suis heureux. Mais je comprends que certaines personnes soient amenées à se séparer. Je partage mes convictions avec humilité, sans juger. J'essaie de remplacer les mots négatifs liés au couple par les notions d'amour, de partage et de liberté. On a enfin admis l'idée qu'hommes et femmes sont égaux maintenant. Mais il faut reconnaître qu'égal ne veut pas dire semblable et comprendre ses différences permet de mieux s'accepter, de gérer et de désamorcer les conflits. ■ Propos recueillis par Laetitia Collin Les 7 et 8 octobre au Conservatoire de Luxembourg, le 9 octobre au Casino 2000 à Mondorf. Réservation sur www.luxembourgticket.lu (pour les 7 et 8 octobre) et sur Internet: www.galamarsvenus.lu (pour le dîner de gala et spectacle le 9 octobre).


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CULTURE

samedi 26 septembre 2009

«sk-interfaces» emmène le Luxembourg aux frontières de l'art et de la science

Le XXIe siècle en trompe-l'œil Notre rapport au monde naturel évolue parallèlement aux avancées scientifiques. D'une part, le progrès nous apporte une richesse, d'autre part, il nous appauvrit. Les vingt artistes internationaux réunis pour sk-interfaces au Casino-Luxembourg nous montrent le prix à payer pour le «confort» technologique. ■ Commissaire de l'exposition skinterfaces, Jens Hauser l'annonce d'emblée: «sk-interfaces est un titre en trompe-l'œil. L'exposition ne porte ni sur la peau à proprement parler ni sur les différentes interfaces qui existent. C'est sur l'entredeux. C'est un questionnement sur le changement du rapport de l'être humain avec le monde naturel. Les extensions technologiques, de plus en plus nombreuses, changent ce rapport et supplantent le monde naturel.» Jens Hauser est également spécialiste du Bio-art mis en scène par les artistes de sk-interfaces, exposition montrée à Liverpool et réinventée pour le Casino-Luxembourg. Evolution récente de l'art contemporain, il pousse les technosciences dans leurs derniers retranchements. Prises à contrepied, les avancées technologiques sont à la fois porteuses de connaissances, de progrès et de confort et responsables des maux de la Terre, notamment de la «crise écologique» actuelle. Les bio-artistes utilisent les ressources de la biotechnologie, cellules de tissus vivants, modifications génétiques et morphologiques, pour montrer les limites et les

conséquences de son utilisation successive. Et de reprendre la théorie de Marshall McLuhan: «La technologie est le prolongement du système nerveux humain, la télévision prolonge la vue, la radio l'ouïe, la roue la jambe et ainsi de suite mais ce que l'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre.» L'exemple d'Eduardo Kac illustre parfaitement la théorie. Le Telepresence Garment est un vêtement très lourd à l'intérieur duquel tous les sens sont annulés. On ne peut que respirer par une petite ouverture sous le nez. L'utilisateur est guidé par une tierce personne qui reçoit les informations par une Webcam et un microphone intégrés dans le Telepresence Garment. Maurice Benayoun, lui, explore plutôt les effets de la théorie de McLuhan dans le domaine médiatique.

La guerre vue autrement Work Skin est un safari photo virtuel pour les touristes du Pays de la Guerre. Semblable aux jeux vidéo actuels, il est élaboré à partir d'images réelles de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Bosnie. Ce que les joueurs prennent en photo prend une couleur rouge sang avant de disparaître de l'écran. C'est un véritable shooting dans lequel le bruit de l'appareil photo se substitue à celui de l'arme à feu. L'effacement de la scène est la métaphore de l'effacement de la mémoire, appuyé par l'écran qui réduit les trois dimensions des scènes réelles à deux dimensions. «D'une manière générale, les médias aplatissent la matérialité des choses du monde», poursuit l'artiste. Les armes sont vraiment dans la

ligne de mire de sk-interfaces: aux côtés de Maurice Benayoun, le critical art ensemble présente Immolation qui montre les effets des armes incendiaires illégales mais utilisées par les grandes puissances. Deux écrans: sur le premier, une imagerie microscopique de cellules de peau humaine brûlée et maltraitée, sur l'autre, les images médiatiques de bombardements dans divers conflits mondiaux. Les clichés des victimes ont volontairement été occultés pour provoquer une prise de conscience non pas par l'empathie ou l'identification mais en déshumanisant la guerre. D'autres artistes ont accompli des expériences folles, certaines difficilement soutenables pour les âmes sensibles, mais ô combien significatives des dérives scientifiques, comme Stelarc et son oreille greffée dans le bras ou des vêtements fabriqués à partir de l'hybridation de cellules humaines et animales, confections «semivivantes» destinées à une mort rapide puisque d'une part les cellules ne sont pas immunisées et d'autre part, à cause du phénomène de rejet de cellules différentes. L'hybridation est l'histoire de la vie artistique d'Orlan. Son manteau d'Arlequin est le résultat de cocultures de cellules vivantes de plusieurs espèces dont des humains de différentes ethnies. «J'ai toujours voulu casser les barrières entre couleurs, générations, sexes et techniques artistiques.», explique-t-elle, insistant également sur la fragilité, souvent oubliée, de l'être vivant. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 10 janvier 2010.

La saison 2009-2010 du théâtre des Casemates

A l'heure de la «révolution» Dernier théâtre de la place à présenter sa saison 20092010, les Casemates, promet une programmation délibérément «révolutionnaire». ■ Une révolution qui se penchera sur les profonds bouleversements de notre société. Tant personnels que d'ordre privé. L'homme moderne, pris dans le tourbillon d'une société vivant à toute allure, sera au centre des débats de cette saison aux Casemates. Le temps des certitudes semble résolument dépassé. En plus du théâtre proprement dit, la maison dirigée par Germain Wagner restera fidèle à son deuxième domaine de prédilection: les séances de lecture. Au programme de la saison 2009-2010 figureront les spectacles suivants: • Dantons Tod, de Georg Büchner, dans une mise en scène de Dominique Schnizer, avec Eugènie Anselin, Marc Limpach, Mario Mentrup, Florian Panzner et Jules Werner: le 30 septembre, les 3, 7, 9, 10, 11, 14, 17 octobre; • Daumenkino, de et avev Volker Gerling: les 25 et 26 novembre;

Le directeur artistique des Casemates, Germain Wagner. (Photo: Armand Gillen) • Tucho und K, lettres de Franz Kafka et Kurt Tucholsky, lues par Marc Limpach et Germain Wagner, le 3 décembre; • Die Legende vom heiligen Trinker, de Joseph Roth, séance de lecture avec André Jung: les 6 et 7 janvier,

• Ein Stück Wahrheit: lecture avec Fabienne Elaine Hollwege et Gemain Wagner, les 28 et 30 janvier, 3, 4, 5, 10, 11, 12, 23, 24, 25, 26, février; • Kult., de Falk Richter, mise en scène Anne Simon, avec Nickel Bösenberg, Nira Koenig et Tammy Reichling: les 17, 19, 20, 24, 25, 26 mars, les 14, 15, 16, 21, 22, 23 avril; • Ja! Kämpf!, lecture avec Luc Spada, Carmen Wegge et DJ Rayl Da P-Jay: les 29 et 30 avril; • Ein anarchistischer Bankier, de Fernad Pessoa, lecture scènique avec Germain Wagner: les 14, 15 et 20 mai; • Vom grossen Fressen, lecture avec Colette Kieffer, Marc Limpach, Josiane Peiffer et Geramin Wagner: le 20 juin. Toujours de vigueur le pass des Casemates: pour 120 euros (étudiants: 50 euros), vous pourrez assister à quatre productions et à cinq séances de lecture aux dates de votre choix. Attention: le nombre de pass est limité à 80 exemplaires. Informations et réservations des places au téléphone 291 281, e-mail: info@kasemattentheater.lu et sur Internet:

www.kasemattentheater.lu

Un manteau d'Arlequin fait de cellules vivantes

(Photo: Anouk Antony)

Solistes Européens, Luxembourg

Un nouveau site Internet Lundi, les Solistes Européens, Luxembourg mettront en ligne leur tout nouveau site Internet. Plus riche en images et en musique, le site est aussi plus complet puisqu'il présente séparément

les Rencontres Musicales Luxembourg, le cycle Camerata, l'EMA Schengen et SEL Classics.La grande nouveauté est la possibilité d'acheter de la musique en ligne. www.sel.lu

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CULTURE

samedi 7 novembre 2009

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Le Frac nous emmène à la rencontre des pôles à mi-chemin entre imaginaire et réalité L'invité du dimanche: Roger Leiner

Prisonniers des glaces A travers l'exposition «Esthétique des pôles - Testament des glaces», exposition multimédia, le Frac veut nous faire vivre les pôles d'une manière intense et sensorielle provoquant l'envie de liberté mais aussi les angoisses partagées par tous les explorateurs.

(Photo: Marc Wilwert)

Pour son émission culturelle Passez-donc nous voir, Jean Matos accueillera demain le dessinateur Roger Leiner. Demain dimanche sur Radio Latina de 14 à 15 heures. Fréquences: 101.2 et 103.1, www.radiolatina.lu

En bref

Musique italienne contemporaine L'ensemble Lucilin donnera ce dimanche 8 novembre à 17 heures son premier concert au centre opderschmelz. Le programme est composé d'œuvres issues du répertoire italien des XXe et XXIe siècles: Luciano Berio, Mario Lanza, Franco Donatoni, Bruno Maderna ou Fausto Romitelli, mais aussi des références aux films italiens avec des pièces de Nino Rota et Ennio Morricone. Les billets sont en prévente à 10 euros et à 15 euros du soir. Réservation par téléphone au 51 61 21-290.

■ Que reste-t-il de l'homme blanc, de sa grande civilisation, de sa superbe dans l'immensité des grandes étendues de glace des pôles? Comment peut-il savoir d'où il vient et où il va là où l'on ne trouve âme qui vive à des kilomètres à la ronde? Les pôles, immenses espaces sans limites où l'on se sent pourtant enfermé, des extrêmes aux confins desquels on rejette nos peurs, nos angoisses et nos fantasmes. Combien de mythes, légendes et récits de voyage ont enflammé notre imaginaire? Les explorateurs, bercés par cette littérature ou simplement épris de liberté et de découvertes, ont foulé ces terres arides et cruelles. Un voyage initiatique au cours duquel ils endurent souffrance physiques et morales dans le but ultime de se dépasser, de se libérer du carcan de la civilisation pour retourner vers l'élan primitif, le seul qui puisse les maintenir en vie dans ces conditions extrêmes. Mais combien d'expéditions ont mal tourné! L'homme blanc, convaincu de sa supériorité, n'était pas préparé à affronter les éléments, bien plus forts que lui. Dans le cadre de l'Année polaire internationale de 2007 (et qui s'est finalement étendue jusqu'en 2009), plusieurs artistes sont partis

Dove Allouche et Evariste Richter ont reconstruit la Terrella, une machine à fabriquer les aurores polaires (Source: Frac Lorraine) en exploration dans ces régions en danger. Le Frac Lorraine présente dans son exposition «Esthétique des pôles - Testament des glaces» les travaux de certains d'entre eux. Le but ultime de l'Année internationale est d'engendrer une prise de conscience collective: on subit, à l'autre bout du monde, les consé-

Rétrospective de l'abstraction géométrique à Differdange

Hommage aux pionniers L'Espace H2O de Differdange présente sa 2e exposition. «Abstraction géométrique - regards sur la Grande Région» rassemble les pionniers du mouvement ainsi que la nouvelle génération d'artistes de la Grande Région. Onze artistes luxembourgeois, allemands, belges et français exposent dans l'ancien château d'eau. ■ L'abstraction a été la grande révolution artistique du XXe siècle. Après des siècles de représentation et d'imitation illusoire de la réalité, l'heure était à la perception, aux émotions et au ressenti. Très vite, l'abstrait prend une orientation géométrique avec une volonté de la part des artistes de pureté et de simplification dans les formes et les couleurs. Le Luxembourg et la Grande Région comptent une poignée de pionniers à qui l'espace H2O rend hommage. La sculptrice belge Nic Joosen, décédée il y a deux ans, a exposé ses formes géométriques en acier aux quatre coins de la Grande Région. Le peintre allemand Boris Kleint a eu un parcours artistique prolifique ponctué de voyages en France, en Italie,

Les formes en acier de Nic Joosen à Londres, aux Etats-Unis et de rencontres enrichissantes avec Kandinsky et Picasso. Peintre et sculpteur luxembourgeois, François Gillen a réalisé de nombreuses mosaïques et vitraux qui lui ont valu un premier prix au concours de vitraux pour la basilique d'Echternach et l'église de LuxembourgBelair et une médaille d'or pour le vitrail «Glorification» à l'exposition universelle de Bruxelles en 1958. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le peintre luxembourgeois Michel Stoffel travaillait dans les assurances. Il est même allé jusqu'à fonder sa propre compagnie d'assurances qu'il a abandonnée en 1940 à l'arrivée des

(Source: Ville de Differdange)

nazis. Il s'est réfugié en France pendant six mois. De retour au Luxembourg, il se consacre entièrement à son activité artistique. Tourné un premier temps vers l'expressionnisme, il peint ses premières toiles abstraites en 1949. En 1950, il passe à l'abstraction géométrique qu'il n'abandonnera plus. L'exposition présente également la jeune génération d'artistes qui ont repris le flambeau de l'abstraction. Parmi eux, Rainer Tappeser, Werner Bauer, Paul Schneider, Jo Enzweiler, Jean Leyder, Nico Thurm et Patrick Ripp. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 29 novembre

quences de la pollution que l'on occasionne dans nos latitudes. La sculpture de glace imaginée par Marijke Van Warmerdam et réalisée par le pâtissier messin Lemoy fond sous les spectateurs impuissants. L'artiste néerlandaise résume ainsi le sort des grands glaciers qui disparaissent à cause de

notre mode de vie surindustrialisée. Le Français Bertrand Lozay s'est filmé marchant sans but sur la glace fine avec un dispositif réduit au maximum. Pourquoi risquer sa vie de façon absurde sans aucune raison? La liberté? Et le bonheur infini d'admirer des merveilles condamnées à disparaître. A travers sa vidéo Artic Pull, Darren Almond confronte le spectateur avec l'hostilité de la nuit polaire qui, faut-il le rappeler, dure trois mois par an. Il fait nuit, les vents soufflent violemment. Le spectateur est plongé dans une salle noire. Comme s'il faisait partie de la vidéo, il tente de se repérer dans le noir. Tous les repères disparaissent, la tête tourne, on perd le sens de l'orientation, on se sent comme enfermé. Les pôles font aussi rêver les scientifiques qui espèrent toucher du bout du doigt les mystères de la nature. Les artistes Dove Allouche et Evariste Richer ont ainsi reconstruit la Terrella, une machine à «fabriquer» les aurores polaires. En 1908, le physicien norvégien Olaf Bernhard Birkeland provoquait une aurore polaire dans une chambre à vide munie d'un électro-aimant permettant de reproduire le phénomène à échelle réduite. La machine d'Allouche et Richer fonctionne avec le même succès. Un calendrier d'aurores polaires est affiché au Frac et les premières aurores ont bien eu lieu aux dates prévues. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 7 février 2010 Frac Lorraine 1, rue des Trinitaires, Metz www.fraclorraine.org

Pêcheurs de perles

Emphase, jargon et charabia (128) Voici d'abord le commentaire à «écrivain iranienne», perle de bel orient trouvée dans Le canard enchaîné du 8 juillet: – comme dans l'exemple tiré du Monde des livres et cité aussi samedi dernier, un adjectif féminin qualifie un substantif en principe masculin, mais auquel il confère de ce fait le genre féminin sans qu'on ait besoin d'écrire «écrivaine». La confusion décrite dans notre dernière chronique est bien entendu propice à une sorte de sourde revanche à l'occasion de laquelle les hommes mettent au masculin ce qui devrait être au féminin: – Voilà bien lontemps qu'on entend dire ou lit «un HLM», alors qu'il s'agit de l'abréviation d'«habitation à loyer modéré», donc d'«une HLM», terme correct qu'on entend ou lit à peine une fois sur dix; – Le canard enchaîné du 14 octobre, p. 1: «l'éventualité qu'il puisse être nommé à ce poste à l'instigation de son père serait déjà scandaleux en soi»; – Laurent Fabius, ancien Premier ministre, le 20 octobre sur France 2: «nous demandons que la réforme territoriale soit soumis à référendum». Cette querelle de la féminisation est essentiellement francophone: les Français adorent les

sujets d'affrontement (à la fin du XVIIIe siècle, déjà, il se disait que «la France compte vingt-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement»). Cependant, ce n'est pas un moyen de l'apaiser que, d'un côté, refuser toute féminisation, comme le faisait Maurice Druon quant il était secrétaire perpétuel de l'Académie française – poste où Madame Hélène Carrère d'Encausse a pris une position beaucoup plus rationnelle, sans toutefois accepter toutes les couleuvres que les idéologues féministes voudraient qu'elle avalât –, ni, de l'autre côté, entendre que la langue se plie à toute exigence de leur part. Comme dans toute affaire de ce genre, il existe un juste milieu, consistant à ce que les uns acceptent qu'on féminise tout ce qui peut l'être sans attenter au français, et que les autres acceptent qu'il reste un certain nombre de mots irréductibles à la féminité ou à la masculinité, donc communs aux hommes et aux femmes. Curieusement, c'est finalement ce que préconisait Mme Rey-Debove elle-même: nous allons voir ce qu'elle disait le mois d'avant celui où elle s'exprima dans l'Humanité hebdo. (à suivre) ■ Jean Baert


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CULTURE

vendredi 6 novembre 2009

Vingt et un artistes turcs exposés pour la première fois à Luxembourg, à l'Espace Royal Monterey

Sous les yeux de l'Occident La Banque Centrale de la République de Turquie dévoile ses trésors. Pour la première fois au Luxembourg, l'institution présente une partie de sa collection artistique débutée en 1937. L'exposition se concentre sur la période contemporaine, de l'art abstrait des années 1950 à nos jours. ■ La proclamation de la République turque en 1923 marque un tournant dans l'histoire du pays. Le changement économique et social entraîne un renouvellement artistique. En 1937, la Banque Centrale de la République de Turquie achète les premières œuvres qui vont constituer le fonds de sa grande collection d'art, réalisée selon les souhaits du premier président turc, Mustafa Kemal Atatürk, mécène des peintres et sculpteurs de son pays. La collection compte aujourd'hui 800 œuvres. Le commissaire de l'exposition intitulée «tendances abstraites dans la peinture turque», le professeur et critique d'art Mümtaz Saglam, s'est concentré sur l'abstraction postSeconde Guerre mondiale. Le mouvement abstrait de la Turquie se raconte à travers 24 œuvres (Chartres de Nejad Melih Devrim (1949) est la plus ancienne et Abstraction de Devrim Erbil (2008) est

«L'arbre généalogique» d'Özdemir Altan: «Un rien peut créer un monde plein d'émotion» la plus récente) de 21 artistes reconnus sur la scène artistique internationale. Mais plus qu'un cours d'histoire de l'art, Mümtaz Saglam s'interroge sur la perception en Turquie, pays multiculturel et en pleine mutation politique, économique, sociale dans les années 1920, d'un mouvement artistique né en Occident au début du XXe siècle. Initiées timidement pendant les dernières années de l'empire ottoman, la modernisation et l'ouverture sur l'Occident s'intensifient sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk qui encourageait les artistes à aller voir ce qui se passait

de l'autre côté de la mer Noire. Dès les années 1910, les artistes turcs s'intéressent aux nouvelles techniques artistiques et à la modernité mais la Seconde Guerre mondiale a entraîné une remise en question quant au modèle à suivre. La modernité doit être repensée. Les artistes se sont alors engagés vers des tendances plus individualistes et ont construit leur propre image de l'art contemporain. Certains se sont complètement libérés de la contrainte des formes, d'autres laissent encore deviner des silhouettes comme La figure assise et La main d'Ergin Inan. Mais partout on retrouve les ex-

plosions de couleurs vives, une réalité et des émotions qui nous sautent au visage, à l'exception de Selma Gürbuz dont Le rêve des anges s'articule autour du contraste noir et blanc. Carrefour géographique et culturel, la Turquie ne nie pas l'influence occidentale mais elle n'oublie pas non plus l'héritage culturel du puissant empire ottoman qui a duré plus de 600 ans et celui de l'empire byzantin avant lui. En Occident, l'art abstrait marquait une rupture avec des siècles de figuration et de mimesis, cette illusion de réalité. L'abstraction nous emmène désormais sur les chemins de la perception et non plus de la représentation. Mümtaz Saglam distingue tout de même deux idées: «La notion d'abstrait résulte de l'effort de percevoir et de ressentir la vie et de l'exprimer spirituellement. (...) L'abstraction, qui est plutôt le produit d'une approche envers le monde extérieur, peut être considérée comme une réduction systématique (essentielle) adoptée dans la voie de la signification de la vie et de l'art.» En s'inspirant d'un modèle occidental, les artistes turcs ont trouvé une nouvelle forme de langage qui ne trahit pas leur identité. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 30 novembre A l'Espace Royal Monterey

«Four Play» par la compagnie Gauthier Dance au Grand Théâtre

Une approche sans détour Eric Gauthier reprend la scène après ses deux dernières œuvres emblématiques pour y présenter cinq chorégraphies aux diverses tonalités, interprétées par sa compagnie. Tout un programme avec notamment Forsythe, Kylian et bien sûr Gauthier! ■ Il avait réussi à surprendre le public et la critique avec deux premières pièces décapantes et intrigantes, Six Pack et High Five en 2007. Depuis, le jeune chorégraphe né à Montréal, passé par les Grands Ballets Canadiens et le Stuttgarter Ballet, a construit le berceau d'une compagnie et travaillé sur le répertoire contemporain. Et non des moindres, puisqu'il propose aujourd'hui à ses danseurs d'interpréter quelques morceaux de bravoure d'autres très célèbres chorégraphes de renommée internationale: c'est ainsi que l'on pourra découvrir Duo signé William Forsythe sur une musique de son fidèle compositeur Tom Willems. Un couple de danseurs y exécute avec une précision extrême, les pas et trouvailles incroyables de la danse tricotée de Forsythe. Le vocabulaire classique y est trituré, déconstruit pour une syntaxe surprenante, survoltée de difficultés rythmiques incontourna-

«Double You» de Jiri Kylian bles pour les interprètes virtuoses. What it is signé Philip Taylor est un contrepoint très british sur une partition d'Amy Winehouse, spécialement créé pour cette soirée patchwork. Double You lui succède, signé Jiri Kylian, tombé amoureux de la partita n°4 en ré mineur de Bach. La danse semble dictée par les structures rythmiques sévères de la musique. C'est ensuite à Eric

(Source: Grand Théâtre)

Gauthier de conclure le bal avec Björk Duets, une création inspirée du répertoire de la chanteuse islandaise Björk dont il raffole. Une écriture vive, ciselée, où se déploie le sarcasme et un humour dévastateur. Un univers bigarré, joyeux et fantasque où sa musique, sa voix se fondent aux corps galvanisés des danseurs, proches de cette évocation très en phase avec les atmosphères mu-

sicales de l'artiste lyrique qu'est Björk. Cet hommage en demi-teinte rayonne de générosité et transporte dans un contexte sensible d'amour et de respect. Seasons nous réserve la surprise de la soirée: une création d'Eric Gauthier pour sa compagnie de sept danseurs à l'écoute des saisons, de leurs sensations inscrites dans les corps et les mémoires. Cette thématique lui inspire humour, détachement, charme et tendresse. Le naturel y est de mise, sans décorum ni falbalas, simple, épuré, dépouillé. Son langage chorégraphique y gagne en fait en sobriété, en franchise et sans détour, il y dévoile une bonhomie sans masque, impliquée dans la seule lecture de la musique, sorte d'inventaire accumulé de morceaux choisis de Vivaldi, Brahms, Yo-Yo Ma, Lupo, Brel. Autant d'airs, de mélodies, de compositions savantes ou populaires pour dresser un autel ravissant des relations tissées entre musique et danses. Eric Gauthier tisse ainsi son chemin par des contrées de traverses où il ose confronter son écriture à celle de grosses pointures de la danse. ■ Geneviève Charras

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Ce livre, écrit dans un style clair et compréhensible, nous présente 50 entreprises qui, de l’artisanat modeste au géant mondial de l’acier, contribuent toutes à façonner le visage économique du Grand-Duché. Des « survey pages » regroupent d’autres firmes en fonction du secteur économique respectif auquel celles-ci appartiennent. C’est donc une véritable vitrine de l’économie luxembourgeoise qui se présente au lecteur. Relié, 240 pages 23,5 × 32,8 cm Prix:

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«Four Play» au Grand Théâtre de Luxembourg le 6 novembre à 20 heures. Billets au 47 08 95 1.

in

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CULTURE

vendredi 9 octobre 2009

«Destins», exposition Bob Verschueren à la galerie Schweitzer

Rue bric-à-brac

Soirée blues au Sang a Klang

Sculpteur de l'éphémère Des effluves de forêt émanent de la galerie Lucien Schweitzer à Luxembourg : l'artiste belge Bob Verschueren a investi les lieux avec quelques installations végétales pour le moins surprenantes. ■ Passionné par la nature et l'inépuisable diversité de ses formes, Bob Verschueren, plasticien autodidacte originaire d'Etterbeek, s'est orienté vers les tendances du land art avant de développer une démarche artistique toute particulière. Si l'éloge de la beauté éphémère transparaît constamment à travers ses sculptures végétales, l'artiste introduit ces dernières dans des lieux et bâtiments où la végétation apparaît à priori comme insolite, voire totalement exclue. Par exemple, on a pu voir un jour marchant sur un tapis d'argile, une armée de branches de frêne coiffés par des pots en terre cuite envahir l'une des boules de l'Atomium à Bruxelles. Certains endroits de culte ou certains espaces abandonnés se sont découverts une nouvelle renaissance grâce aux formes végétales qui les ont parcourus et soulignés avec adresse. Les galeries ou musées qui accueillent l'artiste sont assiégés par des créations originales réalisées avec des feuilles, tiges ou branchages d'un arbre

Un dialogue entre nature et culture particulier, et parfois avec ces drôles de tubercules que sont les pommes de terre... «Quand je prépare une installation, je me promène dans le supermarché de la nature. Je ramasse ce qui est disponible. C'est une question d'éthique. Je travaille presque toujours avec les déchets que j'ai ramassés à proximité du lieu d'exposition» confiait en 2008 l'artiste dans au magazine. Les installations in situ dans la galerie Lucien Schweitzer

(Photo: Serge Waldbillig)

tendent à souligner le dialogue entre nature et culture. On peut y admirer par deux fois un ensemble composé d'une table et de deux chaises dont les pieds sont des branches de chêne ou de hêtre. Dans la devanture de la galerie se trouve un cadre vidé et partiellement encastré dans un tronc d'épicéa. Un carré de verdure est posé à son pied et soulève la question du «destin» de l'œuvre végétale. Son sort suivra-t-il celui

de la peinture? L'installation végétale possède une particularité qui lui est propre: contrairement à une œuvre d'art classique, elle est éphémère, mortelle. Seules les photographies qu'en fait l'artiste figent ces installations dans le temps et nous permettent de les admirer longtemps après que le cycle naturel les ait fait disparaître. La présente exposition propose de découvrir un grand nombre de ces photographies où l'artiste met en valeur le végétal dans des lieux qu'il a investis. Une large série de miniatures végétales montre des feuilles qui se plient à diverses acrobaties. Celle qui présente les bananes sous toutes leurs formes renvoie à des figures anthropomorphiques. A l'image de l'être humain, le végétal se plie au cycle de la vie et de la mort. L'artiste dira: «Le végétal, c'est du vivant et c'est le miroir de nous-mêmes, les plantes sont comme nous, elles sont aussi éphémères». Bob Verschueren se présente à nous comme le plasticien qui met en scène la destinée éphémère du vivant. Une destinée d'autant plus belle et précieuse qu'elle est de courte durée. Un conseil: courez admirer les installations végétales de cet artiste avant qu'elles ne disparaissent. ■ Nathalie Cailteux

Sharrie Williams et son groupe The Wise Guys seront sur la scène du Sang a Klang. En avant-programme, le MG Blues Band. Le vendredi 16 octobre à 20 h 30 au Sang a Klang, Luxembourg-Paffendall. Caisse du soir.

Chant grégorien: concerts et stages Dans le cadre des Journées du chant grégorien, l'ensemble Schola Gregoriana Pragensis donnera un concert en l'Abbaye le dimanche 11 octobre à 15 heures. Un stage de formation au chant grégorien aura lieu du vendredi 23 au dimanche 25 octobre. Renseignements au 92 10 15 et au 92 99 34.

Les Amis du chant en concert L'ensemble vocal Les Amis du chant donnera un concert spirituel le samedi 17 octobre à 19 h 45 en l'église du Saint Esprit à Cents. L'ensemble interprétera sous la direction de François Theis des pages de Joseph Haydn, Felix Mendelssohn Bartholdy et Javier Busto. Les parties solistes sont assurées par des choristes de l'ensemble. A l'orgue Laurent Felten. Entrée libre.

Jusqu'au 7 novembre.

Pat Andrea expose son Vésuve à la galerie Bernard Ceysson

Prince en concert dimanche au Grand Palais

Saisir l'instant T

Des billets dès aujourd'hui

«Ce qui m'intéresse, c'est le moment où la catastrophe se déclenche, quand les choses basculent. J'essaie de saisir les réactions des personnages à cet instant précis du changement.» Voilà comment, en quelques mots, Pat Andrea légitime la raison d'être de la récente série de toiles, Pompéi, consacrée à la ville romaine et présentée à la galerie Bernard Ceysson. ■ La découverte du site de Pompéei au XVIIIe siècle a mis au jour une tragédie qui a excité l'imagination de nombre d'historiens et surtout d'artistes qui y ont vu une parfaite illustration du Sublime, tel que l'a décrit Edmund Burke, en 1757, indépendant de tout jugement esthétique et moral et surtout aux antipodes de l'harmonie. Violent, démesuré et envoûtant caractérisent à la fois le Sublime et les tableaux de Pat Andrea qui a toujours pleinement assumé dans ses œuvres l'héritage des peintres du passé. Balthus, Bacon, les artistes de la Renaissance italienne et de l'expressionnisme font partie du bagage intellectuel de Pat Andrea. De Balthus, il garde la structure des tableaux en huis clos et des personnages d'une taille démesurée par rapport aux paysages et qui ne communiquent pas entre eux. Un morceau de la Montagne de Balthus est directement incorporé dans Pompéi III, une référence directe en hommage au

La star américaine Prince donnera deux concerts baptisés All day, all night ce dimanche à 17 et à 22 heures au Grand Palais de Paris. Le chanteur s'est décidé mercredi après avoir assisté la veille au défilé Chanel au Grand Palais. Les billets sont proposés

La jeune femme de Pompéi IV est plus terrifiée par Pat Andrea que par l'éruption du Vésuve (Photo: L.C.) peintre français d'origine polonaise. L'expressionnisme allemand du début du XXe siècle lui a inspiré la représentation d'une réalité stylisée et angoissante. Les personnages sont en arrêt sur image, une fumée compacte (aux formes suggestives) jaillit du volcan, l'éruption et la catastrophe sont imminentes. Les personnages s'en rendentils seulement compte? L'angoisse qui se lit sur leur visage semble l'indiquer mais leur immobilité montre qu'ils n'ont pas encore compris quelle catastrophe allait fondre sur eux. Pat Andrea a laissé son pinceau déformant et angoissé envahir l'univers de Lewis Carroll. Il a, en effet, illustré les éditions de Diane

ven 16 oct KÖLNER SAXOPHON MAFIA 20.00 h CLUB ven 16 oct RUDRESH MAHANTHAPPA - CODEBOOK

de Selliers des deux contes, Alice aux pays des merveilles et De l'autre côté du miroir. Les 48 dessins ont fait l'objet d'une exposition nationale au château de Chenonceaux en France et le peintre en expose quelques-uns à la galerie Bernard Ceysson. Chez Andrea, la naïve Alice de Carroll prend une dimension sexuelle et les gentilles créatures du roman deviennent cruelles et effrayantes. Les puristes digéreront mal cette violente transgression mais les psychanalistes ne laisseront pas de gloser sur cette version trash d'Alice, exclusivement réservée à un public adulte et averti. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 25 octobre.

au prix de 99 euros pour une place debout et 149 euros pour une place assise. La billetterie sera ouverte ce vendredi à partir de 10 heures dans différents supermarchés, dans le magasins Fnac et sur www.fnac.com

21.30 h Salle Krieps

ven 16 oct MIKKEL PLOUG GROUP feat. MARK TURNER 23.00 h CLUB sam 17 oct TRIO JURKOVIC-UHLIR-HELESIC 20.00 h CLUB

sam 17 oct VIJAY IYER TRIO 21.30 h Salle Robert Krieps sam 17 oct DONNY MC CASLIN TRIO 23.00 h CLUB dim 18 oct HEY, ASS DAT DJÄSS? JAZZ FOR KIDS 11.00 h Salle Robert Krieps - free entrance

dim 18 oct PHILIP CATHERINE TRIO 11.30 h CLUB dim 18 oct MAXIME BENDER ORCHESTRA feat. RICK MARGITZA 14.00 h Salle Robert Krieps dim 18 oct KLARE - SIEGEL - CAMATTA 15.30 h CLUB

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CULTURE

mardi 15 septembre 2009

Le studio Trois C-L présente son programme de la rentrée

Trois C-L

Une diffusion internationale Le Trois C-L commence ce mois-ci sa nouvelle saison avec de nombreux projets de collaborations internationales mais aussi des œuvres chorégraphiques Made in Luxembourg. Le centre chorégraphique poursuit également son programme de formation continue et propose différents stages aux professionnels et aux amateurs qui ont envie de découvrir les bases de la danse contemporaine. ■ L'équipe du Trois C-L l'a annoncé: cette nouvelle saison sera placée sous le signe de la mobilité des artistes et, désormais, avec l'arrivée d'un nouveau partenaire régulier, la Ville de Luxembourg qui a prévu une allocation d'aide aux théâtres privés du territoire de 31.000 euros. «Nous collaborerons avec d'autres institutions culturelles luxembourgeoises parmi lesquelles le théâtre d'Esch, le CAPe, le TNL, le CarréRotondes mais aussi avec des ambassades. Surtout, on poursuit le programme d'échanges d'artistes en résidence initié en 2007 avec la Roumanie. On accueille des artistes de Porto, Nancy, Berlin, Paris et Bacau. Et on y envoie nos artistes pour qu'ils découvrent des univers et des méthodes de travail différents», explique le directeur artistique, Bernard Baumgarten. Mais qui dit volonté de diffusion internationale dit site Internet lisible et organisé. La directrice administrative, Séverine Zimmer, a recréé un nouveau site «dans un esprit de professionalisation des artistes et de la structure», avec une nouvelle organi-

• Luma Luma and the sound laboratory: 20, 21 novembre, studio Trois C-L; • Bewegungsstudie zu hier und da: 20, 21 novembre, studio Trois C-L; • Travel process II variations sur Darwin voyageur: 26, 27 novembre, CAPe Ettelbruck; • Mais qui est Casse-Noisette?: 16, 17, 18, 19, 20 décembre, studio Trois C-L • Paroles en l'air: 29, 30 janvier, 4 et 5 février, théâtre d'Esch; • Drums and dance: 18, 19, 20 mars, théâtre d'Esch; • Festival Transculuturelles gays et lesbiennes: 2010: The rite of spring + Apparences: 12 et 13 mars, studio Trois C-L; Video Danse, 14 mars, CarréRotondes;

Les stages amateurs

Avec «Drums and dance», Jean-Guillaume Weis retrace l'histoire du langage des corps sation et des volets spécifiques pour chaque public, artistes, professionnels, presse et elle annonce une version anglophone d'ici Noël. La saison commence avec la participation d'Anne-Mareike Hess au Käddi Theater jusqu'au 19 septembre. Casse-Noisette revient à nouveau pour Noël avec six chorégraphes qui présenteront des spectacles de douze minutes où chacun donnera sa version de l'identité du personnage mythique. Le semestre s'achèvera sur le festival Transculturelles gay et lesbiennes. Parallèle-

ment aux créations présentées au Luxembourg ces six mois à venir (lire ci-contre), le Trois C-L resserre ses relations avec la Grande Région, notamment avec le Palais de Lorraine et Charleroi/ Danses. Et, Bernard Baumgarten annonce à demi-mots la participation à l'exposition universelle de Shangaï en 2010 : «On présentera des projets de créations luxembourgeoises mais je ne peux en dire plus». Enfin, le centre de danse contemporaine poursuit sa mission de formation continue avec de nombreux stages destinés aux

(Photo: Steve Eatswood)

professionnels et d'autres pour les amateurs qui ont toujours eu envie de danser mais n'ont jamais osé se lancer dans des cours de danses. Le studio propose des ateliers sur le mouvement, les rythmes, les improvisations chorégraphiques, le jazz contemporain et les approches techniques et chorégraphiques de la danse contemporaine. ■ Laetitia Collin Réservations au Trois C-L, par téléphone au 40 45 69 ou par e-mail: danse@danse.lu.

Le prix des lecteurs de Lorraine succède au prix des lecteurs Grande Région

Hors des sentiers battus Plumes de vies d'Isabelle Guigou a remporté ce week-end le prix des lecteurs de Lorraine. Pour la première édition du concours, le jury a choisi de récompenser un texte décalé, loin des habituels candidats à la course aux prix littéraires, devenue le sport national des écrivains français. ■ Le prix des lecteurs de Lorraine succède au prix des lecteurs de la Grande Région qui avait récompensé l'écrivain français Steve Rosa en 2007 et le romancier luxembourgeois Pierre Decock en 2008. La première édition lorraine était bien partie pour perpétuer la tradition en récompensant un polar. Jean-Pierre Gehin était le dernier concurrent d'Isabelle Guigou. Après 20 ans de bons et loyaux services dans le secteur du tourisme et du sport, il décide de reprendre des étu-

Les spectacles

Plumes de vies remporte le prix des lecteurs de Lorraine 2009 des littéraires pour devenir professeur de lettres et vivre sa passion pour la littérature. La SaintJean aux orties est son troisième roman et les deux premiers, L'ours de Moyenmont et Fulgor ont déjà été récompensés par des prix.

(Photo: Laetitia Collin)

Mais, justement, André-Pierre Syren, directeur des médiathèques de Metz et président du jury du prix des lecteurs de Lorraine affirme ne pas vouloir se placer dans la perspective d'un prix littéraire. Le prix des lecteurs de Lorraine veut valoriser les publica-

tions de la région et, comme son prédécesseur, les textes qui s'adressent à un public de voyageurs, particulièrement, les frontaliers qui passent des heures dans le train. Plumes de vies d'Isabelle Guigou est un texte déroutant, raconté par plusieurs voix, l'histoire d'une adolescente Clarisse, séparée de son père qui se drogue et placée dans une famille d'accueil. Les différents personnages prennent tour à tour la parole - ou plutôt la plume - et livrent leur point de vue et leurs émotions. «Ce texte s'adresse à un public d'adolescents mais il est lisible par les adultes. Certains le trouveront peut-être un peu léger mais il méritait d'être mis en avant», justifie le président du jury. Un thème assez simple, en effet mais une structure complexe qui donne toute son épaisseur à l'histoire et surtout, un chapelet d'émotions livrées avec la naïveté et la sincérité enfantines qui ont caractérisé nos jeunes années. ■ Laetitia Collin

• Quelques petites bulles...: 26, 27 septembre, 3, 4, 10, 11 octobre, studio Trois C-L; • Jazz contemporain: cours les 5, 12, 19 et 26 octobre et stage les 30 et 31 janvier, studio Trois C-L; • Approche technique et chorégraphique: 14, 16, 21, 23, 28 octobre et 11, 13, 18, 23, 25, 27 novembre, studio Trois C-L; • Stage famille: 14 novembre et 27 février, studio Trois C-L; • Les bases de la danse contemporaine: Les lundis du 18 janvier au 1er mars, studio Trois C-L; • Stage d'improvisation chorégraphique: 7 février, studio Trois C-L; • Histoires de rythmes, du 15 au 19 février, studio Trois C-L. www.danse.lu

Il nous a quittés Jim Carroll, poète, écrivain et musicien Le poète, écrivain et musicien américain Jim Carroll, est décédé à l'âge de 60 ans. Son livre autobiographique The Basketball Diaries, écrit en 1978 et objet d'un film avec Leonardo DiCaprio, retrace sa jeunesse débridée, entre matches de basketball et consommation de drogues. Connu pour sa poésie crue et enflammée, Jim Carroll avait rapidement été considéré comme le successeur de Bob Dylan. Dans le domaine musical, Jim Carroll a eu une grande influence sur la musique underground et punk et son album Catholic Boy (1980) est considéré comme un classique de la musique punk. La chanson People Who Died, extraite de cet album et qui évoque notamment la mort par overdose de nombreux amis de Jim Carroll, a été en partie reprise dans la bande son de la superproduction E.T. du réalisateur Steven Spielberg.


CULTURE

samedi 4 avril 2009

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Rencontre avec Jean-Marie Bigard et Doudi Strajmayster pour une avant-première du Missionnaire

Une histoire toute simple Avant la sortie du Missionnaire le 29 avril, réalisé par Roger Delattre, inconnu jusqu'ici, Jean-Marie Bigard et Doudi Strajmayster (la fameuse Samantha oups!) font une tournée dans les salles françaises pour présenter leur film en avant-première. Ils étaient avant-hier au Kinépolis de Metz. ■ Quand on demande à JeanMarie Bigard de parler du film, il en parle, à sa manière, avec une simplicité enjouée et presque pédagogique: «C'est une histoire toute simple. Mario sort de prison au bout de sept ans et doit régler des comptes avec le milieu. Il est contraint de se cacher et demande à son frère, curé (Doudi Strajmayster), de l'aider. Mario va donc devoir endosser le rôle d'un curé pour se cacher alors que son frère va devoir prendre sa place dans le milieu.» Après l'échec de son premier film en tant que réalisateur, L'âme sœur, Bigard reprend la plume pour s'écrire un rôle taillé sur mesure, celui de Mario. La crainte d'un nouvel échec? «Même si je n'ai plus rien à prouver dans mes one man shows, en tant qu'acteur et réalisateur, je ne suis pas encore bankable mais ça n'a été que du bonheur de recommencer. Ce n'est peut-être pas un hasard si mon personnage sort du placard...» Même son de cloche chez Doudi, considéré par Bigard comme «l'homme de la situation» et qui vient de jouer son premier rôle au cinéma: «J'ai pu montrer d'autres facettes de mon jeu. Grâce à Samantha, qui est un

Doudi Strajmayster et Jean-Marie Bigard en tournée de promotion personnage extraverti, j'ai pu partir dans ce genre de délire. Et puis quand c'est Europacorps (société de production créée par Luc Besson, ndlr), on dit oui! Mais j'avais des appréhensions pour

certaines scènes, comme celle de la négociation des bijoux, une scène-clé, je savais que je ne devais pas la rater.» La carrière de gangster fait de Mario un prêtre peu ordinaire,

La voix de Daniel Auteuil

■ Pourquoi avez-vous accepté le rôle de Pierre dans l'adaptation de Je l'aimais, le best-seller d'Anna Gavalda? J'ai souvent été l'interprète d'adaptations cinématographiques de romans. Avant même de parcourir le scénario, j'ai lu le livre et, d'emblée, il m'a beaucoup plu. J'ai immédiatement su de quelle façon je pourrais m'approprier le personnage. Lorsqu'un ouvrage convient pour une adaptation, le héros y est bien intégré mais comporte assez d'ouvertures pour laisser de larges perspectives aux acteurs et au cinéaste. Quels sont les critères du personnage qui vous ont particulièrement interpellé? Pierre est un bosseur mais à force de s'accrocher à son travail, il a l'impression de s'être trompé de vie. Cet homme réalise qu'il ne s'est jamais fait confiance pour

Daniel Auteuil distingué à Monaco aller au bout de ses rêves, notamment en amour. Cette fragilité-là m'a touché. Puis une femme vient réintroduire l'inattendu dans son existence prévisible. Grâce à elle, le désir renaît. Ce qui était inespéré. Ce genre de protagoniste n'aurait-il pas un air de déjà-vu? La trame véhicule en effet des préoccupations universelles. Cependant, Pierre se singularise dans son renoncement. Nous por-

c'est le moins que l'on puisse dire! «C'est un voyou à l'ancienne qui a du cœur et des règles, à la croisée de Lino Ventura, Robert de Niro ou Clint Eastwood. Leurs personnages ne

Le pêcheur de perles

«S'en remettre à son instinct» Au 8e Forum de cinéma et littérature de Monaco, Daniel Auteuil a été élu meilleur acteur d'une œuvre adaptée pour son rôle dans Je l'aimais, film réussi qui sortira en mai. Rencontre.

(Photo: Laetitia Collin)

font jamais de choses qu'eux-mêmes n'auraient jamais osé faire. C'est un personnage difficile mais efficace, assez proche de moi.» Pour Doudi, «c'était marrant de se mettre dans la peau d'un curé qui va dériver dans les drogues qui nous entourent. C'était intéressant de passer d'un aspect à l'autre même si c'était plus drôle de jouer le rôle du dévergondé.» En effet, on ne plaisante pas avec la religion, même quand on s'appelle Bigard? «J'ai la foi, enfin, je crois. Comme on dit, on ne peut pas croire sans douter ni douter sans croire. Mais, je n'ai jamais eu de cours de catéchisme, seulement quelques bases comme les Commandements, le respect de son prochain. Nous ne faisons qu'un avec Dieu, les religions ne sont que des enseignes et l'on choisit celle qui nous va le mieux. Dans le film, je fais un truc improbable, je tente de réconcilier deux religions, et ce qui est beau dans le film, c'est que ça marche!» Question religion, Doudi a reçu la même éducation que son acolyte, à ceci près que, né en Israël, il est de confession juive. «Mon père me laissait libre tout en m'apprenant le respect. Moi, je crois au destin, mais est-ce Dieu le destin? Quand je regarde en arrière, les rencontres hasardeuses que j'ai faites, qui m'ont amené ici aujourd'hui, je pense que toutes ces coïncidences ont un sens.» Projets cinématographiques ou à la télévision: «Peu importe l'endroit, du moment que je continue à faire des projets qui me plaisent et que je me marre!» ■ Laetitia Collin

tons tous des limites en nous mais les siennes lui confèrent une fragilité particulière. Il n'aime pas assez la vie pour prendre le risque de la vivre. . L'histoire se déroule sur une vingtaine d'années. Difficile de jouer sur un si large laps de temps? C'était un défi. Mais également un moteur pour mon ego d'acteur. Quand une interprétation est compliquée, elle pousse le comédien à s'en remettre essentiellement à son instinct. Et j'aime ça! Pensez-vous aussi aux lecteurs quand vous campez un héros littéraire? Oui, toujours. Il faut certes ne pas se laisser impressionner par la notoriété d'un auteur et la ferveur de ses fans. Mais je ne veux pas décevoir les gens. Si je suis là depuis 40 ans, c'est peut-être parce que je réfléchis de cette manière! Si vous deviez adapter un livre, quel auteur choisiriezvous? Marcel Pagnol. C'est l'écrivain qui pourrait bien me donner envie de passer à la mise en scène! ■ Propos recueillis par Felicity Porter

Emphase, jargon et charabia (105) Ainsi que nous l'annoncions il y a trois semaines, le rapport qu'établit un mot composé germanique entre ses éléments déterminant et déterminé n'est pas toujours celui qu'établit d'ordinaire la préposition française «de» entre un substantif déterminé et son complément déterminatif. L'anglais horseshoe se traduit certes parfois par «fer de cheval» (notamment dans les doublages de western, lorsqu'on trouve un tel fer perdu dans la nature, et qu'il est donc clair que c'est un blanc qui est passé par là, puisque les Indiens ne ferraient pas leur cheval) mais le plus souvent par «fer à cheval» ou «fer pour cheval»; quant à l'allemand Pferdewagen, il se traduit par «voiture à cheval» ou «voiture à chevaux». De même, si l'allemand Magen entre en composition comme déterminant, on traduit différemment selon qu'il s'agit de Magenbeschwerden («maux d'estomac») ou de Magengeschwür («ulcère à l'estomac»). Au demeurant, l'allemand a un système permettant le distinguo: ein Weinglas signifie «verre à vin» et ein Glas Wein «un verre de vin». Le meilleur exemple de ce qu'un mot

composé allemand ne correspond pas nécessairement à l'ensemble français «déterminé + »de« + complément déterminatif» nous fut donné à l'automne 2000, lors du changement de souverain au grand-duché de Luxembourg. On vit alors foisonner, dans la presse luxembourgeoise germanophone, le mot composé Thronwechsel, expression que les rédacteurs d'article en français traduisirent le plus souvent de manière littérale: «changement de trône», ce qui était un faux sens grossier. Il est évident que ce n'est pas le trône qui changeait mais son occupant, et que le correspondant français dudit mot composé allemand était «changement sur le trône» – d'où l'utilisation beaucoup plus correcte, dans certains articles en français, de l'expression «accession au trône» ou du mot «avènement». Comme quoi il peut être utile de bien comprendre une langue étrangère pour bien écrire la sienne.

Mise au point Les grands écrivains, avons-nous dit, ne sont pas exempts d'erreur: cela mérite commentaire. (à suivre) ■ Jean Baert


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CULTURE

lundi 30 mars 2009

«Great Expectations» à voir au Casino - Forum d'art contemporain dans le cadre du «Mois européen de la photographie»

Zooms amers sur l'actualité L'exposition Great Expectations qui se déroule actuellement au Casino Luxembourg remet au goût du jour l'événement artistique The Bitter Years organisé en 1962 par Edward Steichen. ■ L'illustre photographe originaire de Luxembourg Edward Steichen avait mis sur pied en 1962 au musée d'Art moderne de New York une exposition rassemblant une série de photographies réalisées dans les années trente par la mission documentaire du FSA (Farm Security Administration) et qui dépeignaient les conditions de vie de l'agriculture américaine pendant la grande dépression. Les photographies contemporaines réunies pour l'exposition Great Expectations s'inspirent librement de ce sujet pour analyser la situation actuelle qui s'inscrit dans une mondialisation de plus en plus inhumaine et qui, par une pure coïncidence, se retrouve également confrontée à une crise comparable à celle de 1929. Outre cette malheureuse redondance historique, le point commun entre les photographies choisies pour The Bitter Years et les œuvres réunies pour Great Expectations se résume en deux mots: leur «approche humaniste». Les 22 artistes issus des quatre coins du monde et participant à cet événement projettent des visions et impressions personnelles, captées par leur objectif dans des endroits où règnent la pauvreté, la guerre, la terreur. On remarque de prime abord que ces images vont au-delà du simple

Suzanne Opton souligne la vulnérabilité des soldats américains avec des visages à l'horizontale sur une table (Photo: Marc Wilwert) statut documentaire. Elles adoptent le point de vue et le talent personnels du photographe-artiste qui les a réalisées tout en témoignant d'une situation sociale, humaine et écologique intolérable. La grande œuvre présentée dès l'entrée est une composition à la fois photographique, esthétique et architecturale de Dionisio González qui met en exergue la réalité des favelas de Rio au Brésil. La misère urbaine et l'échec du système capitaliste constituent un thème récurrent que l'on retrouve notamment dans les œuvres de Frédéric Delangle,

Mélanie Smith, Ari Saarto, Guy Tillim ou encore dans celles du photographe luxembourgeois Patrick Galbats. Les bâtiments et projets abandonnés suite à des spéculations chaotiques ou à des catastrophes naturelles sont révélés par les prises de vue de Joachim Koester et Vahram Aghasyan. Témoignages des ravages que provoquent les conflits et les guerres, les photos de Kai Wiedenhöfer démontrent l'absurdité d'un «mur de la honte» maintenant transposé en Israël. La violence est dénoncée également par les œuvres de Stanley Greene

en Tchétchénie, par la vidéo d'Iván Edeza dans la forêt amazonienne, par les sombres images de Laurence Leblanc au Sierra Leone et par l'installation de Lukas Einsele dans la grande salle du casino qui souligne les méfaits des mines antipersonnel sur les populations civiles.

Soldats à la renverse Suzanne Opton qui avait choqué l'opinion politique aux USA a pris l'initiative de mettre en évidence la vulnérabilité des soldats américains avec des photographies montrant leur visage posé à l'horizontale sur une table.

Jules Spinatsch et Bruno Serralongue documentent chacun de leur façon le clivage croissant entre les populations et les représentants du pouvoir protégés par des forces de l'ordre de plus en plus répressives. Le thème de la pauvreté n'est pas en reste: Sada Tangara montre des enfants africains dormant dans la rue, Zwelethu Mthethwa met en évidence les conditions difficiles, mais surtout la dignité des travailleurs dans les champs de canne à sucre en Afrique du Sud. Adi Nes réalise des portraits touchants de personnes vivant dans la misère. Martin Eder présente de grands clichés de femmes reléguées au rang de simples valeurs marchandes. Peter Granser quant à lui dépeint le côté artificiel d'une vie de ghetto pour seniors en Arizona. A noter les flamants roses de ce paradis artificiel qui sont en plastique… Sur le palier du premier étage du Casino, Eric Baudelaire invite à une réflexion sur l'impact de la photographie et du photojournalisme face à l'actualité. Le grand tableau qu'il présente au public est une mise en scène hollywoodienne d'un événement tragique en Irak tel que se le représente l'imaginaire collectif. Un tour d'horizon peu glorieux sur le monde d'aujourd'hui qui vaut certainement le déplacement et qui plus est, soulève aussi de nombreuses questions sur la quintessence de la photographie à notre époque… ■ Nathalie Cailteux Exposition «Great Expectations» au Casino Luxembourg jusqu'au 14 juin.

La 9e édition d’Art.Metz prend fin aujourd'hui

Un artiste, un univers Un univers radicalement différent où règnent les contrastes de matières et de couleurs. Parti de l'expressionnisme, il s'aventure maintenant vers une peinture sensuelle où la lecture de la toile fait appel aux cinq sens. «Longtemps j'ai cru que je n'avais pas d'imagination», explique l'artiste parisien, «jusqu'à ce que je lise les mots de Baudelaire sur l'imagination qui la définit par deux images incongrues qui, une fois assemblées, font sens.» Loin de rechercher l'harmonie, la beauté ou les belles couleurs dans ses toiles, Jean-François Berjoan donne de moins en moins de place à ses personnages pour laisser plus de place au travail de l'espace.

La fine fleur de l'art contemporain s'était donné rendezvous à Metz ce week-end, dans les locaux de Metz Expo Evénement, à l'occasion de la 9e édition d'Art.Metz. Les visiteurs ont pu approcher les quelque 160 exposants, peintres, plasticiens, sculpteurs venus des quatre coins du monde et galeries d'art, pour découvrir les œuvres et discuter avec des artistes enthousiastes et ravis d'être présents. ■ Cette année, les nouveaux espaces de Metz Expo Evénement ont eu un effet surprise et la 9e édition d'Art.Metz a accueilli pour la première fois trois galeries d'art formant le projet pilote destiné à s'installer et à évoluer les années suivantes. La Shuim gallery de Séoul a exposé ses artistes coréens. Sook Shin en faisait partie. Les légendes des montagnes coréennes de son enfance, ses études de la peinture orientale et les Beaux-Arts à Paris ont forgé sa vision des rapports

Thomas Jacquet utilise ses références culturelles pour recréer une réalité décalée (Photo: Laetitia Collin)

entre l'Homme et la nature. «L'Homme n'est pas plus important que la nature; y croire mène à sa destruction. Il est important de vivre en harmonie avec elle.» Sa démarche artistique est miméti-

que de sa conception et ses photos prises à partir d'une macrocaméra mêlent corps humain, eau et végétation. A quelques mètres de là, le stand de Jean-François Berjoan.

«Aujourd'hui, le monde tourne autour de l'Homme» Une question du rapport de l'homme au monde que l'on retrouve sous une autre forme dans les travaux de Sylvie Colin. Ses paysages urbains tout en cacophonie et en mouvement, sont l'image du bouleversement des rapports: «Aujourd'hui, le monde

tourne autour de l'Homme», pense-t-elle. A l'autre bout de l'espace d'exposition, Thomas Jacquet fait revivre son enfance qui est aussi un peu la nôtre. Il utilise les références culturelles de sa jeunesse et recrée une réalité décalée par des associations déconcertantes: Marilyn, Picasso, Frida Kahlo, les premiers mangas peuplent l'imaginaire de Thomas Jacquet dont les peintures s'inscrivent dans la lignée des artistes Pop surréalistes comme Marc Ryden. Des personnages au regard pénétrant: «Beaucoup de choses passent par le regard», précise-t-il, des enfants qui fument et portent des costumes à une époque où «l'habit faisait encore le moine». «Maintenant, heureusement, on peut s'habiller de telle façon et être quelqu'un un jour et être une autre personne le lendemain.» Peut-on enfin croire, en un XXIe siècle, considéré postmoderne et en ce nouveau millénaire, à une véritable libération du carcan des conventions sociales? O tempora! O mores! ■ Laetitia Collin


CULTURE

samedi 11 juillet 2009

Exposition itinérante «Koltès, étranger dans le monde», à Metz

Rue bric-à-brac

Escapade nocturne Pendant que les artistes rêvent d'exposer leurs œuvres dans les centres culturels les plus renommés, la plasticienne Ariane Michel, elle, préfère présenter ses installations en pleine forêt et, de surcroît, à la tombée de la nuit, pour être au plus près du cœur de son travail: l'animal et le paysage. Elle n'a de cesse d'inventer de nouvelles formes de passage entre notre monde et celui de la nature qui s'éloignent toujours un peu plus l'un de l'autre. Le FRAC de Lorraine organise le 17 juillet cette expérience originale. Après un arrêt pour déguster des spécialités culinaires, le FRAC vous emmènera à la découverte du monde animal vu par Ariane Michel. Cinq euros (sur réservation). Départ en bus à 19 h 30 du FRAC, 1 bis, rue des Trinitaires à Metz. Retour prévu vers 1 heure.

Mémoires ouvrières La compagnie Assolatelier, en résidence au Parc du Haut-Fourneau U4, présente un spectacle itinérant au cœur du Parc du HautFourneau U4. Les mémoires ouvrières rend hommage aux femmes, en mettant leur regard en valeur dans cette vallée industrielle. Une occasion d'explorer ce continent féminin via une évocation «vidéopoétique» de leurs joies, leurs peines mais aussi leurs colères. Tout public. Durée: 50'. Tarifs: 10 / 5 euros. Réservations par tél.: 00 33 3 82 86 6530, info@valdefensch-tourisme.com.

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«Ma petite maman chérie» L'année Koltès se poursuit à Metz: l'Hôtel de Région accueille cet été l'exposition Koltès, étranger dans le monde. ■ Vitrines, diaporamas, exemplaires de ses œuvres, retracent la vie de Bernard-Marie Koltès, devenu figure de proue de la ville de Metz où il est né mais qu'il n'aimait guère et abordent les thèmes qui ont marqué sa vie et son œuvre, toutes deux aussi sulfureuses, de la guerre d'Algérie à la religion catholique en passant par les Noirs à qui il portait une affection particulière. Homme très secret, Koltès n'a laissé aucune autobiographie. Il se livre néanmoins dans ses œuvres, parfois dans ses interviews et aussi dans les lettres qu'il écrivait à sa mère et qui commençaient invariablement par «Ma petite maman chérie». Elle est, en effet, le dernier lien qui le rattache à la ville où il est né. Plus que Metz, c'est l'esprit provincial qu'il abhorre plus que tout. Il rêve de grands espaces, de rencontres et de cultures différentes. Il avoue ne jamais mieux écrire que lorsqu'il est à l'étranger. Même s'il nous a laissé peu d'informations sur sa vie, tout le monde connaît Bernard-Marie Koltès, sa vie et son œuvre sulfureuses, sa fin tragique et prématurée. Pourtant, 20 ans après sa mort, on relit et on redécouvre sans cesse son œuvre et l'auteur.

Une quarantaine de panneaux biographiques et thématiques retracent la vie de Bernard-Marie Koltès Deux romans, une dizaine de pièces de théâtre et quelques récits, il oscillait toujours entre écriture romanesque et théâtrale. Surtout, son œuvre est nourrie de son vécu: la guerre d'Algérie et les violences qui s'en sont suivi à Metz où vivait une grande communauté maghrébine, son éducation marquée par la religion (ses textes sont truffés de références bibliques) et son

affection inconditionnelle pour les Noirs, toujours présents dans ses livres. Une quarantaine de panneaux dans le cloître de l'Hôtel de Région présentent de nombreux extraits d'interviews qui reconstituent le puzzle de sa vie auquel il manquera cependant toujours des pièces. Par ailleurs, des bornes sont installées à l'accueil pour permettre aux spectateurs

(Photo: Laetitia Collin)

de revoir les pièces qui ont été enregistrées, notamment La nuit juste avant les forêts. Enfin, le Conseil régional du livre a installé un mobilier improvisé en carton et des livres de Koltès sont à disposition des lecteurs avertis et des néophytes. ■ L.C. Jusqu'au 30 août à l'Hôtel de Région, Place Hocquard, à Metz.

La manifestation quitte la cité des Ducs

Près de 70 événements culturels nocturnes le 2 octobre à Metz

Le festival Passages «délocalisée» à Metz

Premiers effluves de Nuit Blanche

Le festival Passages qui réunissait à chaque printemps des troupes de théâtre d'Europe de l'Est à Nancy «déménagera» à Metz dès l'an prochain. Que s'est-il passé pour que Charles Tordjmann, directeur (sur le départ) de la Manufacture à Nancy, décide de se tourner vers Metz pour accueillir son festival Passages? Cet événement culturel dédié aux théâtres de l'Europe de l'Est attirait bon an mal an 25.000 spectateurs dans la cité des Ducs de Lorraine. Et tout le monde louait l'originalité d'une manifestation jamais avare en (bonnes) surprises. Depuis treize ans, le festival Passages, c'était des troupes tchèques, russes, lituaniennes, afghanes ou iraniennes qui posaient leurs valises à Nancy durant 10 jours en mai. Mais l'aventure dans le sud de la région est terminée. Charles Tordjmann s'était d'ailleurs montré pour le moins énigmatique ces derniers temps quant à la pérennité du festival à Nancy. Sa tentative avortée d'associer Metz à l'événement semble l'avoir convaincu de mettre le cap au nord lui qui se plaignait des «freins» et des «raisons mystérieuses» qui avaient empêché la capitale lorraine d'entrer dans la danse. On n'en saura pas plus… Toujours est-il que la chose a été officialisée cette semaine: Passages sera désormais pilotée

La deuxième édition de la Nuit Blanche messine aura lieu le 2 octobre. Entre 60 et 70 événements seront proposés à travers la ville.

Charles Tordjmann: «Le festival devient régional» (Photo: Eric Didym) depuis Metz. Et ce dès l'an prochain. L'Arsenal, l'Opéra-Théâtre, les Trinitaires et le Centre Pompidou-Metz pourraient prêter leur écrin au festival.

Retour au Luxembourg «Le festival devient régional», assure Charles Tordjmann qui n'a pas renoncé à ses rêves de développement. Thionville, Nancy, Lunéville devraient accueillir des spectacles. De même que Luxembourg, comme cela avait été le cas en 2007. Pour l'heure, rien d'officiel mais une chose est sûre: en optant pour Metz, Passages et son directeur voulaient un nouveau tremplin. ■ JT / JB Presse

■ Qu'est ce qui va changer pour la deuxième Nuit Blanche à Metz programmée le 2 octobre? Le concept en lui-même a été affiné à la faveur des retours du public. Si la date retenue – le premier vendredi d'octobre – reste la même, l'événement librement adapté de la célèbre Nuit Blanche de Paris va évoluer par ailleurs. Principale nouveauté: la mutation de la manifestation en une véritable promenade artistique à travers la ville. «L'an passé, c'était un peu à la guise du public qui pouvait aller d'un point à un autre. Désormais, il s'agira d'un parcours de 2 km 200 – d'où le nom de l'opération 2K2 – sur un axe piétonnisé», explique William Schuman, conseiller municipal de Metz. Le projet «ambitieux et étrange» partira ainsi de la place Jeanne d'Arc (quartier SainteCroix) et se terminera au lycée Louis-Vincent (près de l'actuel Hôpital Bonsecours). Entre 60 et 70 événements (installations plastiques, chorégraphiques, visuelles, musicales) jalonneront ce parcours qui aura la particularité de se dérouler pour une grosse partie en plein air.

Cette année, le parcours sera plus linéaire et ne passera pas à proximité du centre d'art contemporain (Photo: JB Presse) Sur la question de la programmation à proprement parler? «La sélection des artistes est actuellement en cours, nous avons reçu près de 80 propositions de projets de France et de l'étranger et effectuons par ailleurs un gros travail avec les associations culturelles messines. Le réseau tissé avec Paris, Amiens et Bruxelles est également intéressant puisqu'il va fa-

voriser la venue d'artistes de ces villes à Metz et réciproquement». On n'en saura pas plus pour l'instant mais la municipalité promet une nuit «festive, ludique et magique en relation avec l'ouverture du Centre Pompidou-Metz et l'ambition de faire de Metz la référence en matière d'art contemporain dans le quart nord-est de la France». ■ Joseph Tripodi / JB Presse


CULTURE

samedi 19 septembre 2009

Les libraires luxembourgeois font le point sur les livres de

Littérature

Epluchures et fleur

A l'heure de la rentrée Lit-on les mêmes choses en été que le reste de l'année? Rien n'est moins sûr. Pendant des mois, les titres s'accumulent mais les journées ne comptent que 24 heures quelle que soit la saison. Mais en été, le bureau est loin, les enfants pataugent dans la piscine et on a enfin un moment à soi pour rattraper tout ce temps (et cette littérature) perdu avant que la rentrée littéraire arrive et que l'on soit à nouveau noyé sous les publications. L'insouciance des journées ensoleillées nous invite à lire des textes légers, des romans d'amour et des histoires pleines d'humour. Aussi, les incontournables Marc Levy et Stieg Larsson ont voyagé dans les bagages de nombreux vacanciers. Certains sont sortis des sentiers battus et ont découvert leurs petites perles de cet été. Les libraires luxembourgeois et français font le point sur votre été et les chefs-d'œuvre que vous prépare cette rentrée littéraire 2009, faite elle aussi d'incontournables mais aussi d'excellentes surprises.

Prix littéraires

Coup d'envoi de la saison 2009 Pas de polémique, pas de favori... Une quinzaine d'auteurs confirmés dominent cette année les premières sélections des grands prix littéraires de l'automne, en attendant la consécration du grand public. Les goûts des lecteurs et des jurés sont rarement les mêmes. En tête des ventes depuis trois semaines, Un roman français de Frédéric Beigbeder n'est retenu que pour le Renaudot et Le voyage d'hiver d'Amélie Nothomb est écarté d'entrée de toutes les listes. Mauvignier, NDiaye, Foenkinos, de Vigan, Lévy, Haenel, Holder ou Milovanoff sont en revanche les plus en vue de ces premières listes à l'image de la rentrée 2009. Absentes du palmarès des grands prix d'automne depuis deux ans, les femmes sont d'ailleurs en nombre dans ces premières sélections, avec Les heures souterraines de Delphine de Vigan (sur la liste du Goncourt),Mon enfant de Berlin d'Anne Wiazemski (Renaudot) ou Une année étrangère de Brigitte Giraud (Femina). Parmi les habitués de la rentrée, David Foenkinos (La délicatesse), Sorj Chalandon (La légende de nos pères), Eric Fottorino (L'homme qui m'aimait tout bas), Jean-Pierre Milovanoff (L'amour est un fleuve de Sibérie), Jean-Philippe Toussaint (La vérité sur Marie) ou Eric Holder (Bella ciao) pointent également dans les premières sélections. La surprise est venue des Goncourt, qui ont retenu Alias Caracalla, les mémoires de l'ancien résistant Daniel Cordier dans leur sélection habituellement réservée au roman. Les Goncourt et Renaudot seront par ailleurs attribués le 2 novembre. Pour les prix Femina il faudra attendre le 9 novembre.

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Cette semaine, écoliers et travailleurs font leur rentrée, ragaillardis par une cure estivale de soleil, de détente et, pour certains, de lecture. L'été, c'est le moment tant attendu de reprendre la pile de bouquins qu'on a laissée de côté, pendant toute l'année, pris par le temps, le travail, la famille. Les librairies luxembourgeoises nous révèlent ce que vous avez lu, cet été, sous le soleil. ■ Le très pragmatique directeur de la Librairie française, Yves Gourdin, annonce la couleur: «Les vacances scolaires marquent un départ massif des Luxembourgeois. Nous avons alors un public différent, des touristes, des gens de passage, on vend donc des choses différentes du reste de l'année, plutôt des livres d'art, de décoration ou de cuisine. Pendant les vacances, on baisse les prix dans le secteur livres/albums, parfois c'est divisé par quatre. Les gens entrent dans la boutique sans une idée d'achat précise mais, s'ils voient un titre qui les intéressent à un prix avantageux, ils profitent de l'occasion. Ils font «une bonne affaire». Dans ces moments-là, on vend plus un objet qu'un livre.» Mais avant l'arrivée des touristes, la clientèle dite habituelle fait ses provisions avant l'heure du départ. «Il y a eu bien sûr les incontournables: Le premier jour de Marc Levy, calibré pour les vacances, et la trilogie Millénium de Stieg Larsson qui date pourtant de 2006. Les gens ne suivent pas les histoires en plusieurs volumes, mais là, fait rarissime, le troisième tome est celui qui se vend le mieux pour l'instant.»

Cet été était l'occasion de lire les livres qui nous ont fait rêver pendant l'année Le premier jour de Marc Levy et la trilogie de Millénium rencontrent le même succès prévisible, par ailleurs, dans les librairies Ernster et libo qui ont également vendu beaucoup d'éditions de poche pendant la période estivale: Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites de Marc Levy, La valse lente des tortues de Katherine Pancol, L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, Je reviens te chercher de Guillaume Musso. Cet été, libo a

eu un coup de cœur pour Les cerfs-volants de Kaboul, premier roman de Khaled Hosseini récompensé en 2006 par le prix littéraire RFI, le grand prix des lectrices de Elle et le prix des libraires du Québec. A côté des «indispensables de l'été», certains titres nous ont réservé quelques surprises. Pour Yves Gourdin, «Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates marche bien sur le long terme.

C'est un livre écrit à quatre mains (Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, ndlr) assez réussi et intéressant du point de vue de l'histoire contemporaine. Les auteures ont trouvé la bonne recette, un titre désopilant et une belle couverture. C'est capital pour vendre un livre. Et puis, il est plein d'humour et joliment fait. D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère est aussi un succès surprenant. Habituellement, ce qui est

Une rentrée littéraire de qualité à Metz

Un livre pour tous Depuis plusieurs années, la rentrée littéraire se caractérise par un raz-de-marée de publications. Même le lecteur averti peut se perdre dans le labyrinthe des 659 nouveaux titres de l'automne. A la librairie Géronimo, à Metz, Jacques Fourès et Béatrice Tamaroff ont commencé leurs préparatifs dès le mois de juin. ■ Comment préparez-vous la rentrée littéraire? Jacques Fourès: «Il y a 36.000 manières de préparer une rentrée littéraire. On a plus qu'un œil làdessus. On est ouvert depuis 33 ans, on sait où aller... On a bien sûr des affinités avec certaines maisons d'édition, Gallimard, Grasset, les éditions de Minuit. Avant la mijuin, nous avions déjà lu 30 livres proposés sur les listes d'éditeurs. On a peu de chances de passer à côté.» Béatrice Tamaroff: « Et puis, c'est une rentrée formidable et très intéressante. Il y en a pour tous les goûts, ce n'est pas

Béatrice Tamaroff a préparé la rentrée littéraire avec Jacques Fourès dès le mois de juin (Photo: Laetitia Collin) possible de ne pas trouver son livre.» Comment baliser le chemin des lecteurs à travers les 659 titres du cru 2009? Jacques Fourès: «L'important, c'est de garder pertinence et force critique. Ca peut donner lieu à de

longues discussions et parfois, ce sont des explosions violentes. En tout cas, on est tous d'accord sur Des hommes de Laurent Mauvignier (éditions de Minuit) qui est, pour nous, le meilleur roman de la rentrée. On s'offre aussi le luxe d'un coup de folie, notamment, avec

Autoportrait en bleu de Noémie Lefebvre.» La rentrée littéraire est-elle un phénomène favorable ou non à la littérature? Béatrice Tamaroff: «Le libraire a une position avantageuse, il se fait force de proposition. La rentrée est une période d'émulation, on veut faire partager nos découvertes avec les gens et chercher le livre qui va leur convenir. Les choix sont plus difficiles parmi les auteurs de premiers romans, il y en a toujours un qui éclipse les autres mais c'est l'arbre qui masque la forêt. D'autres méritent aussi qu'on s'y intéresse mais ils sont noyés dans la masse. 2009 est marquée par des grands thèmes, particulièrement la guerre, moins les combats que la vie quotidienne de la population durant cette période et l'organisation de la Résistance. Et surtout, c'est la bienheureuse mort de l'autofiction. Le procédé commençait vraiment à s'épuiser. On assiste au retour des romans plus classiques. Les gens veulent qu'on leur raconte des histoires, pas des vies qui pourraient être la leur ou celle de leurs voisins mais des vraies histoires!»


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CULTURE

samedi 19 septembre 2009

cet été

Ils Ils ontont lu lu

bleue

(Photo: Laetitia Collin)

pesant ne se vend pas facilement au Luxembourg, mais le boucheà-oreille a fonctionné. Le narrateur raconte des drames terribles vécus par d'autres que lui. Ce roman est bouleversant, on n'en sort pas indemne.» Chez Ernster, on remarque une plus grande demande de guides touristiques, de lectures pour les vacances, tous âges confondues. Malgré une pléthore de titres, Yves Gourdin, installé place d'Ar-

Monique Kieffer, directrice de la BNL

mes en plein centre de Luxembourg-ville depuis 1976, perçoit des changements de comportement des lecteurs luxembourgeois: «Les livres se démodent de plus en plus vite. Ils se réservent certains titres pour l'été et attendent la dernière seconde pour acheter leurs livres de vacances, certains déjà parus en mars. De manière générale, les ventes sont plus éparpillées. D'une part, le Luxembourg est moins francophone qu'avant et, d'autre part, les gens lisent de moins en moins, surtout les jeunes. La clientèle est généralement âgée de 35 ans et plus et il s'agit souvent de frontaliers belges et français.» Yves Gourdin resitue le contexte, élément déterminant des ventes. «Je vends autant de documentaire que de romanesque. Les gens s'intéressent au secteur financier, aux affaires et à la religion. Et puis, les Luxembourgeois sont fous de cyclisme. C'est pour ça que Nous étions jeunes et insouciants de Laurent Fignon (légende du cyclisme français des années 1980 et 1990, ndlr) a très bien marché.» Mais les nouveautés françaises de la rentrée littéraire dépassent les frontières et se retrouvent dans les rayons des librairies luxembourgeoises. Ernster et libo accueillent à bras ouverts les Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder, Marie NDiaye que l'on retrouve dans toutes les librairies de France. Heureusement, des histoires originales et rafraîchissantes bousculent cette rentrée cousue de fil blanc, notamment chez libo qui présente son coup de cœur de la rentrée: La délicatesse de David Foenkinos, une jolie histoire d'amour et d'humour qui porte bien son titre. ■ Laetitia Collin

Le roman d'Eric-Emmanuel Schmitt, Oscar et la Dame rose. Oscar est un enfant de dix ans atteint de leucémie. A l'hôpital, il fait la connaissance de Mamie-Rose, une dame en «blouse rose» qui travaille à l'hôpital pour réconforter les enfants malades et qui encourage le petit garçon à écrire des lettres à Dieu pour qu'il se sente moins seul. Quand Oscar apprend qu'il va mourir, Mamie-Rose invente un jeu pour qu'il puisse vivre toutes les étapes de la vie: un jour est égal à dix ans. Pendant les douze derniers jours de l'année, il écrit une lettre à Dieu et vieillit de dix ans chaque jour. Dans sa troisième lettre, il rencontre Peggy Blue et l'épouse dans sa quatrième. Il a alors 30 ans. Dans ses onze lettres, Oscar parle de sa vision de la vie, de la maladie, de la mort. La vie qu'il s'imagine et celle de l'hôpital se mêlent pour raconter ce conte philosophique tragique et émouvant. Eric-Emmanuel Schmitt adapte son roman pour le cinéma. La sortie est prévue pour décembre 2009. Outre ce roman, Monique Kieffer a consacré ses vacances à ce qu'elle appelle «la littérature professionnelle» pour la bibliothèque.

Germaine Goetzinger, directrice du CNL

(Photo: Anouk Antony)

Origines d'Amin Maalouf. L'auteur raconte l'histoire de sa famille. Le décès de son père trente ans plus tôt l'amène à entamer des recherches généalogiques sur sa famille. Il s'interroge également sur les raisons qui ont poussé son grand-père à partir pour Cuba. Si Amin Maalouf a souvent évoqué, par épisodes, l'histoire de sa famille, c'est la première fois qu'il y consacre une œuvre entière. Egalement écrivain à ses heures, Serge Basso est un boulimique de littérature. Quand on lui demande ce qu'il a lu cet été, il réfléchit et on s'attend à un ou deux textes qui vont ressurgir de sa mémoire. Au lieu de ça, il nous envoie une rafale de titres. Pendant l'été, il a trouvé le temps de lire deux recueils de poésie de Jacques Isoard, un autre de Verner Lambercy, le dernier roman d'Alexandra Fixemer, Nid-depoule, le Docteur Jivago de Boris Pasternak («Et oui, je ne l'avais encore jamais lu», s'amuse-t-il), des romans d'un jeune auteur belge, Antoine Wauters. Il a également commencé le Coran et a relu les Essais de Montaigne «pour la énième fois».

(Photo: Teddy Jaans)

Frank Hoffmann, directeur du TNL

Les choix de l'intuition conserver leur dignité. Norah, la quarantaine est avocate. Son père lui demande de revenir au Sénégal où elle découvrira son égoïsme et sa fausseté poussés à l'extrême. Fanta, enseignait le français au Sénégal et doit tout quitter pour suivre son compagnon en France qui va lui faire mener une vie désastreuse. Enfin, Khady tente de venir en France et subira toutes les souffrances endurées par les sans-papiers. Toute leur puissance réside dans cette volonté irascible de garder la tête haute face aux pires humiliations. • Un roman français de Frédéric Beigbeder. C'est le roman du «Je». Paradoxalement, ce personnage même qui nous agace, sorte de bobo parisien cocaïnomane, captive notre intérêt avec l'histoire de sa vie. Gamin d'une famille bourgeoise de Neuilly, une mère qui traduit Barbara Cartland et un père absent qu'il a cru longtemps responsable du divorce de ses parents. • Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guénassia. Dans le Paris des années 1960, en pleine guerre d'Algérie, Michel, un jeune adolescent fan de rock, de livres et de babyfoot, fait la connaissance d'un groupe de joueurs d'échecs venus de l'autre côté du Rideau de fer.

Le violoncelliste de Sarajevo de Steve Galloway. L'auteur part d'un acte de résistance véridique. En 1992, à Sarajevo, une bombe tue 22 personnes devant une boulangerie. Musicien violoncelliste, Vedran Smailovic joue, pendant 22 jours à 16 heures précises à l'endroit où l'obus est tombé, en hommage aux victimes, l'Adagio Albinoni. A partir de cette rébellion artistique et symbolique, Steve Galloway raconte l'histoire de trois personnages dont la guerre a bouleversé les destins et la vision de la vie. Flèche est une jeune femme qui a complètement oublié la valeur de la vie et est devenue sniper. Kenan doit traverser la ville tous les quatre jours pour chercher de l'eau potable pour sa famille. Dragan aussi doit traverser un Sarajevo dévasté pour se rendre sur son lieu de travail pendant que sa femme et son fils ont réussi à passer en Italie pour se mettre en sécurité. La directrice du Centre national de littérature a profité des vacances pour lire également Mémoire d'Inge Jens et Die Heiligen von Deshnok, les chroniques du voyage en Inde de Georges Hausemer.

Serge Basso, directeur de la Kulturfabrik

Les coups de cœur du libraire La librairie messine Géronimo a dû faire un tri drastique parmi les 659 publications de la rentrée. • Des Hommes de Laurent Mauvignier. Incontestablement le meilleur roman de la rentrée pour Jacques Fourès et Béatrice Tamaroff. Bernard, Rabut et Février ont été appelés en Algérie en 1960. Rentrés en France deux ans plus tard, ils reprennent le cours de leurs vies et enfouient au plus profond d'euxmêmes les horreurs d'une guerre à laquelle ils ont participée malgré eux. Mais, il suffit de presque rien pour faire ressurgir le passé, même celui qu'on s'est efforcé d'oublier pendant toutes ces années... surtout celui-là. Quarante ans plus tard, l'anniversaire de Solange, la sœur de Bernard, réveille les souvenirs. • Le tombeau de Tommy d'Alain Blottière. Le roman raconte le tournage d'un film inspiré du destin tragique de Thomas Elek, jeune Juif Hongrois qui s'est engagé à 15 ans dans le groupe de la MOI ( Main d'œuvre immigrée) formé par Manouchian, et fusillé à 17 ans. L'auteur fait des allers-retours de la vie du jeune homme au tournage du film et à l'acteur qui l'incarne d'une façon troublante. • Trois femmes puissantes de Marie N'Diaye. Trois récits, trois femmes qui se battent pour survivre et pour

(Photo: Guy Jallay)

(Photo: Anouk Antony)

Cet été, Frank Hoffmann s'est surtout attelé aux textes qui seront mis en scène à la rentrée au Théâtre national de Luxembourg: Ich soll den eingebildet Kranken spielen de Tankred Dorst, A long walk not yet ended d'Anne Simon, Hansel et Gretel de Jacqueline Posing, etc. Sa nouvelle fonction de professeur de théâtre à l'université du Luxembourg l'a amené à lire de nombreux ouvrages sur l'histoire du théâtre luxembourgeois, notamment celui de Joseph Hurt. Mais surtout, Frank Hoffmann lit des textes en rapport avec ce qu'il vit, ce qu'il fait et son métier, il se sent avant tout dans la création. Il a quand même trouvé le temps de lire, uniquement pour son plaisir, le Patrimoine de Philippe Roth qui parle de sa relation avec son père Herman, qui découvre, à 86 ans, qu'il a une tumeur au cerveau. C'est le moment où les termes des rapports parents/enfants s'inversent, c'est le fils qui prend soin du père et prend les décisions importantes. C'est aussi un roman sur les souvenirs, la maladie, la vieillesse et la mort inéluctable.

Véronique Fauconnet, directrice du TOL Le jasmin ou la lune de Thierry Falise. «Je l'ai trouvé très chouette. C'est la biographie d'Aug San Suu Kyi, une personnalité vraiment impressionnante. Opposante à la dictature birmane, elle a accepté de mettre sa vie de côté pour son pays. Elle a été emprisonnée puis libérée mais elle ne voit plus ses enfants car ils n'ont plus de visa pour entrer en Birmanie et elle sait que si elle sort du pays, elle ne pourra plus jamais y entrer. Pour cette même raison, elle n'a pas pu assister à l'enterrement de son mari. J'apprécie les personnages politiques qui luttent sans violence. Une fois qu'on a commencé le livre, on ne le lâche plus jusqu'à la fin. Cette femme est vraiment belle à tous les niveaux. J'ai lu aussi des pièces d'Hanokh Levin. J'adore son écriture et son humour juif. Il est très critique. J'ai lu également des textes de la rentrée littéraire, Trois femmes puissantes de Marie N'Diaye et Mauvaise fille de Justine Lévy, pas du tout politiquement correct. Elle est très «dans la chair». Elle n'a honte de rien et a un regard très dur sur elle-même. De manière générale, j'aime les textes sincères dans la mesure où ils peuvent vraiment l'être. J'aime avoir l'impression que l'auteur ne triche pas, de lire quelque chose de brut.»

(Photo: Anouk Antony)


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CULTURE

jeudi 20 août 2009

Les 4, 5 et 6 septembre à Esch-sur-Alzette

Une rentrée festive Un signe qui ne trompe pas: début septembre, lorsque la Métropole du Fer célèbre son Escher Kulturfestival, la rentrée s'annonce à grands pas. ■ Alors tant qu'à faire, puisqu'il fait oublier les vacances, pourquoi ne pas faire la fête une dernière fois? En 2001, la Ville d'Esch proposait pour la première fois un festival de rock, le Terres-Rouges. Entre-temps, l'idée a suivi sa route, malgré quelques péripéties et après avoir quitté les friches de Belval, a su trouver ses marques sur les hauteurs de la patinoire du Gaalgebierg d'Esch-sur-Alzette.

Place au rock donc le dimanche 6 septembre avec l'édition 2009 du festival Terres-Rouges. Concocté par Rom Bernard de l'agence Cynart, le line-up donnera de la voix non seulement à des formations locales, mais aussi à quelques étrangers. Une affiche aussi mainstream qu'insolite, mais très germanophile... Le bon choix? Réponse le 6 septembre au soir. En attendant, les organisateurs restent confiants puisque sur les quelque 6.500 tickets disponible, plus de 4.000 auraient déjà été écoulés. Une affiche qui invite deux «revenants», qui ont déjà mis le feu aux foudres en terres eschoises. Tout d'abord, Reamonn, déjà à l'affiche en 2001. Le groupe,

... et Reamonn, fortement applaudi en 2001

(Photos: Serge Waldbillig)

Deux «vieilles connaissances» refouleront les terres eschoises: Silbermond, déjà à l'affiche en 2005... qui fête actuellement son dixième anniversaire, en est déjà à son cinquième album. Autre «vieille connaissance» du public eschois mais aussi de celui du festival de Wiltz: Silbermond, un groupe allemand qui ne cesse de monter... Alors que le jeune trentenaire fait depuis quelque temps un vrai tabac chez lui aux Pays-Bas, VanVelzen et son Baby get higher arriveront-ils à faire trembler la patinoire eschoise? Autre artiste à fouler le sol du Gaalgebierg (site fermé à la circulation): Axel Bosse qui viendra présenter son nouvel opus: Taxi. Ils viendront en voisins, les Sarrois de The Vanilla Bourbon Band et leur rock aussi sucré qu'endiablé. Elle avait le

soul dans la peau avant de savoir parler: pour Jenniffer Kae, née dans une famille de musiciens, sa voie était toute tracée. Festival luxembourgeois, le Terres-Rouges se devait d'inviter des locaux. Pour 2009, ce sera au tour de Metro de répondre à l'appel. L'ouverture des portes est fixée à 14 heures, le dernier concert se terminant peu avant minuit. Ne se contentant pas d'une seule journée de «rentrée festive», l'association Escher Kulturfestival proposera une fois encore, les vendredi 4 et samedi 5 septembre, son Street Festival: deux journées de spectacles dans les rues et places du centreville présentées par des saltim-

Suivez la Voix!

www.festival-terresrouges.lu

Des élèves musiciens en concert à Vianden

(Photo: Martin Linster)

bataille permanente. Au-delà d'une terre et d'une végétation brûlées par la sécheresse, des enfants vêtus de haillons, Martin Linster a capté leurs regards: joie, détresse, résignation. A force de les contempler, on peut suivre le cours de leurs pensées et inventer leur vie et leur histoire. Le contexte. Martin Linster est né en 1956 au Congo. Il y passe son enfance et vient s'ins-

Informations sur les trois jours de festival, horaires des concerts, horaires des bus et trains spéciaux au tél. 900 75 100 et sur:

Rue bric-à-brac

De l'échantillon à la totalité, de l'objet au concept: tout au long de ce mois d'août, nous vous proposons un «zoom» sur une œuvre exposée dans un musée ou une galerie du Grand-Duché, œuvre conçue comme incitation à visiter l'exposition accueillant cet échantillon. Aujourd'hui, zoom sur une photographie de Martin Linster de l'exposition «Regards sur le Malawi» à l'abbaye de Neumünster. ■ L'objet. L'Afrique dans l'imaginaire européen? C'est à la fois la famine, la misère, la maladie, la chaleur écrasante mais aussi les contes, les animaux sauvages, les couleurs vives et la joie de vivre des gens qui sourient et nous apprennent ce que signifie «vivre» au sens fort du terme. Tout cela, on le retrouve dans les photos de Martin Linster. Ce cliché a été pris lors de son séjour au Malawi en juillet 2008. Une mère, six enfants entourés de bambous. Comme la majorité de la population, ils vivent avec moins d'un dollar US par jour. La survie est une

banques, artistes, jongleurs, danseurs, acrobates, chanteurs de tout poil. «Un programme fou, décalé, surprenant et souvent insolite», prévient Alain Schmitz, chef d'orchestre du Street Festival, mais aussi directeur artistique du festival de Chassepierre. Les artistes de rue et le public pourront, le samedi, croiser les coureurs de l'Escher Kulturlaf: différents parcours seront proposés aux participants... ■ thi

taller au Luxembourg. Là, il se passionne pour la photographie et le reportage photo et travaille pour le d'Lëtzbuerger Land depuis 1998. L'ONG Eng oppen Hand fir Malawi s'est adressée à lui pour réaliser un reportage photo sur le Malawi dans le cadre des 50 ans de dévouement des sœurs carmélites tertiaires arrivées en 1959 dans la brousse de Namitete, à 60 kilomètres de la capitale Lilongwe.

Ce recueil photographique est un hommage au «pays du feu» (signification du nom Malawi), un des pays les plus pauvres du monde et pourtant berceau de l'humanité (un scientifique allemand a découvert, en 1991, une mandibule qui aurait appartenu à un hominidé qui aurait vécu il y a plus de deux millions d'années). Le Malawi, ce sont 128.484 km2, 13 millions d'habitants et 30 à 55 % de la population touchée par le SIDA. Les porteurs d'eau, le vélo, moyen de transport le plus utilisé, l'hôpital Saint-Gabriel sont autant d'aspects de la vie quotidienne des Malawites révélés par ces clichés. En 1959, cinq sœurs Zitha arrivent au Malawi, reprennent la petite infirmerie de la brousse de Namitete qui est devenue l'hôpital Saint-Gabriel, seul centre médical pour les 250.000 habitants des alentours. «Pourquoi pas le Malawi?», demandait sœur Gabrielle Wintersdorf, il y a 50 ans. La réponse ne se trouve-t-elle pas, pour une part, dans le dévouement de celles qui lui ont succédé et l'hommage de Martin Linster à la beauté du pays et à la fierté de ses habitants? ■ Laetitia Collin

Le festival de Vianden propose ce soir un concert donné par plusieurs de ses stagiaires. Le rendezvous est fixé à 20 heures au château de Vianden. Billets au 94 95 11 et sur Internet: www.festivalvianden.lu

Harry Potter en plein air Ce soir à 20 heures aura lieu dans le cadre du Sura Open Air Kino la présentation du film Harry Potter und der Halbblutprinz en version allemande. Les tickets pourront être achetés à la caisse ou bien sur www.mocom.lu. Plus d'informations au 72 88 72 et sur Internet: www.cinesura.lu.

Trop cool, le cinéma en Alsace-Lorraine Les salles de cinéma d'Alsace et de Lorraine participeront du 23 au 30 août à l'opération CinéCool. Toutes les séances seront à 4 euros: l'occasion de découvrir des longs métrages en avantpremière. Informations supplémentaires sur Internet: www-cine-cool.com.


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CULTURE

vendredi 21 août 2009

Il nous a quittés

La voix de Laurent Ruquier

«La scène, c'est fabuleux» Il y avait une contrainte: Aznavour ne voulait pas que je raconte sa vie. Heureusement, chacune de ses chansons est un petit film en soi et cela m'a permis de trouver la solution: faire une mise en abîme en relatant les tribulations d'une jeune troupe d'artistes désireux de lui rendre hommage sur les planches. Avez-vous eu carte blanche pour choisir les morceaux de l'immense répertoire aznavourien? J'ai dû en sélectionner quarante. Quel boulot! Il fallait des classiques – Emmenez-moi, La bohème – que toutes les générations connaissent, puis des plus rares appréciés par les fans – La marche des anges – et enfin, des hits incontournables écrits par Aznavour pour d'autres chanteurs: Retiens la nuit, de Johnny Hallyday, Un mexicain basané, de Marcel Amont, ou encore La plus belle pour aller danser, de Sylvie Vartan. Le grand Charles a-t-il approuvé votre travail et celui de sa fille? Je pense que le résultat l'a satisfait, même s'il ne l'a pas exprimé en mots. Charles n'est pas un expansif. Mais il doit être content, sinon il aurait dit à Katia: «Arrête ça tout de suite!». ■ Propos recueillis par Felicity Porter

Animateur radio (Europe 1) et télé (France 2), Laurent Ruquier est aussi un créatif au flair certain, passionné par la scène. Il a écrit le livret d'un spectacle-hommage à Charles Aznavour, J'me voyais déjà, bientôt en tournée. Rencontre. ■ Vous participez de plus en plus à des créations scéniques. Sont-ce les prémisses d'une reconversion? Non, mais s'il fallait opérer des choix parmi mes activités, la radio et le spectacle auraient la primeur. Participer à une aventure scénique est fabuleux. Et n'oublions pas que j'ai débuté à Paris dans les cafés-théâtres. Je ne suis pas un animateur qui va vers le spectacle mais qui en vient! J'ai fait des one man shows, signé des pièces de théâtre comme Toute la presse en parle et adapté en français des comédies musicales étrangères, telle Chicago. Qui vous a commandé le spectacle dédié à Aznavour? Sa fille, Katia, m'a contacté. Elle voulait créer une comédie musicale avec les tubes de son père mais désirait aussi un fil conducteur plein d'humour, car en Europe, la plupart des shows chantants ont un défaut: on n'y rit pas autant que dans les productions londoniennes ou newyorkaises. Katia a donc songé à moi pour écrire un scénario enlevé. L'accouchement de ce récit a-t-il été difficile?

Laurent Ruquier: «Aznavour ne voulait pas que je raconte sa vie»

J'me voyais déjà, les 17 et 18 décembre au Cirque Royal de Bruxelles (tél. 0032 2 21 82 0 15), les 19 et 20 décembre au Forum de Liège (tél. 0032 42 23 18 18).

Suivez la Voix!

Le Roi Soleil, de Jean Fetz Ici, il a le regard vague et attend, l'air hagard, un hypothétique invité qui boira le verre de vin qui lui est destiné. Sous le pinceau de Jean Fetz, le Roi Soleil a perdu de sa superbe, le pouvoir a l'air de peser lourd sur ses frêles épaules. Comme à son habitude, le peintre crée une atmosphère à la fois grotesque et inquiétante. Le Roi Soleil est entouré de mobilier moderne (et, qui plus est, modeste pour un roi) et d'une bien

Né le 7 mai 1947 à Prague, Milan Slavicky était le descendant d'une famille de musiciens, qui furent élèves de Joseph Suk, Antonin Dvorak ou Leos Janacek. Musicologue, professeur, directeur musical aux éditions phonographiques Supraphon, professeur, éditeur et metteur en scène musical, Milan Slavicky était également connu pour son travail de compositeur. Surtout dans les domaines de la musique symphonique, de chambre, vocale ou électro-acoustique. Un travail de composition qui lui a permis à deux reprises de collaborer avec les Solistes européens, Luxembourg qui ont créé deux de ses œuvres. En 2002, Ich dien, une méditation pour orchestre pour le gala organisé pour le 75e anniversaire du grand-duc Jean. Le 29 mai 2008, JackMartin Haendler et les SEL interprètent en première mondiale la suite symphonique The Family of Man, une commande de la Banque centrale du Luxembourg pour son dixième anniversaire.

Rue bric-à-brac

De l'échantillon à la totalité, de l'objet au concept: tout au long de ce mois d'août, nous vous proposons un «zoom» sur une œuvre exposée dans un musée du Grand-Duché, œuvre conçue comme incitation à visiter l'ensemble de l'exposition accueillant cet échantillon. Aujourd'hui, zoom sur Le Roi Soleil de Jean Fetz à la galerie Miltgen. ■ L'objet. Jean Fetz aime la France, la Provence, Matisse, Picasso, Chagall. Tous l'ont inspiré mais n'ont jamais effacé la personnalité du peintre. Ses éclats de couleurs, ses personnages absurdes et la sincérité qui se dégage de ses toiles n'appartiennent qu'à lui. Son affection pour le pays des cigales n'entache pourtant pas son esprit critique ni sa vision sans complaisance de la société. Ce n'est pas un hasard si son Roi Soleil nous fait plutôt penser à l'Ubu Roi de Jarry qu'à Louis XIV, symbole de la monarchie absolue de droit divin et sous le règne duquel la France a connu un rayonnement culturel sans précédent.

Milan Slavicky, compositeur tchèque

(Photo: Laetitia Collin)

étrange cour: une créature aux allures démoniaques qui tient dans sa bouche (?) le portrait d'une femme et un drôle d'animal coiffé d'un feutre. Jean Fetz nous rappelle l'absurdité du faste, de la richesse et du pouvoir absolu et nous montre les excès vers lesquels ils nous mènent. Le contexte. La galerie Miltgen est une jeune galerie d'art contemporain. Antiquaire depuis plusieurs années, Michel

Miltgen a changé de cap il y a quatre mois et expose des artistes contemporains. Une première exposition avec Jean Fetz relève de la prouesse car jusque-là, le peintre luxembourgeois n'exposait que dans les centres culturels publics. Il est venu à la galerie Miltgen par amitié pour le galeriste et puis tous deux ont la même vision de l'art: expression des sentiments et sincérité avant tout. L'un comme l'autre ne s'intéressent pas aux modes mais avancent par coup de cœur. «Ayons garde des étiquettes et des tiroirs», nous avertit Ady Richard, dans un extrait du livre de Jean Fetz, Peindre pour chasser le diable. De fait, on retrouve la palette chromatique de Matisse, des traits expressionnistes et un fond abstrait. Pourtant, on ne peut qualifier Jean Fetz ni de surréaliste, ni d'expressionniste et encore moins de peintre de l'abstrait. Pour apprendre à connaître le peintre Jean Fetz, on ne peut que contempler ses toiles et s'imprégner de ce qui s'en dégage. ■ Laetitia Collin Jusqu'au 28 août. Galerie Miltgen, 32 rue Beaumont, L-1219 Luxembourg, tél.: 26 26 20 20. La galerie restera fermée du 29 août au 8 septembre.

Casino: atelier et visite guidée Ce samedi, le Casino Luxembourg propose dans le cadre de ses expositions temporaires un atelier, en langue française, pour enfants de 6 à 12 ans intitulé Bulle et bulle et bulle et... D'une durée de deux heures, cet atelier débutera à 15 heures. Les parents pourront pendant ce temps profiter d'une visite guidée des expositions d'une durée d'une heure. Réservations nécessaires pour l'atelier pour enfants au 22 50 45 ou par e-mail: anne.reding@casino-luxembourg.lu. Pour la visite guidée, un billet d'entrée au musée suffit.

Yannick Haenel, prix du roman FNAC Le prix du roman FNAC 2009 a été attribué à Yannick Haenel pour son livre Jan Karski (Gallimard), a annoncé hier le jury composé de libraires et de lecteurs. Dans son cinquième roman, l'auteur raconte de façon romancée l'histoire d'un témoin du ghetto de Varsovie chargé en 1942 d'informer le monde de l'extermination des juifs d'Europe. Yannick Haenel a obtenu le prix Décembre en 2008 pour Cercle.


CULTURE Thierry van Werveke

jeudi 15 octobre 2009

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Les nouveaux films à l'affiche

De Funès et 007 au placard? Une polémique haute en couleur, une comédie romantique à l'allemande, des espions hors norme qui en remontrent à l'agent 007, tous épisodes confondus et quelques bons verres de vin luxembourgeois pour arroser le tout.

Une soirée-hommage Demain soir à la Kulturfabrik aura lieu une soiréehommage à l'acteur musicien Thierry van Werveke. Tribute to Thierry verra la montée sur scène de plusieurs groupes de rock, Nazz Nazz, Inborn, Metro, Quentin Lagonza. La soirée sera aussi l'occasion de la présentation de l'album Dat Bescht an de Rescht: une double compilation de titres enregistrés par Thierry van Werveke. A découvrir quelques morceaux inédits. Demain soir à la Kulturfabrik, le public pourra également découvrir la sortie en DVD d'inthierryview, un documentaire réalisé par l'ami de toujours Andy Bausch. Billets pour la soirée Tribute to Thierry au tél. 55 44 93 1, ou sur www.kulturfabrik.lu. Le DVD inthierryview peut être commandé auprès de Paul Thiltges Distribution sur www.ptd.lu.

■ • Rose & Noir, réalisé par Gérard Jugnot, a déclenché la polémique cinématographique de la semaine. En 1577, un Grand d'Espagne donne sa fille en mariage au neveu du roi de France, Henri III, pour consolider les relations entre les deux pays. Le grand couturier français Pic Saint Loup (Gérard Jugnot) se voit confier la mission de confectionner la robe de mariée. Il part donc pour une Espagne catholique et dominée par l'Inquisition, avec son secrétaire protestant (Bernard Lecoq) qui veut à tout prix cacher une bombe dans la robe de la mariée pour se venger du massacre de la Saint-Barthélémy, avec son collaborateur arabe qui doit se teindre en blond et passer pour un Normand, son parfumeur juif et son coiffeur homosexuel. A eux cinq, ils représentent la synthèse de tout ce que le tribunal de l'Inquisition pourchasse. Ce petit monde débarque, à Cordoba, chez le Grand d'Espagne qui n'est autre que le responsable du tribunal de l'Inquisition. Tolérance religieuse, ouverture d'esprit, humour, Gérard Jugnot a usé de tous les ingrédients de la recette d'un bon film. Pourtant, si une partie du public l'encense, la critique l'assassine. Se serait-il

trompé dans les doses? Eh oui, n'est pas Louis de Funès ou Yves Montand qui veut. Malgré d'évidentes références à l'immortelle Folie des grandeurs, Rose & Noir ne laisse pas le même souvenir impérissable. • Männerherzen, réalisé par Simon Verhœven. Avec Florian David Fitz, Wotan Wilke Möhring, Til Schweiger. Le doute envahit Niklas à quelques jours de son mariage, Philip fuit les responsabilités, Jérôme est un producteur de musique qui court derrière l'argent et collectionne les aventures sans lendemain, Günther n'a pas de vie sociale en dehors de son emploi de fonctionnaire, tout comme Roland, conducteur de métro qui semble

avoir renoncé à vivre pleinement. Leur seul lien: un fitness de Berlin où ils se retrouvent pour partager leurs craintes et leurs doutes. • G Force, film d'animation en 3D, réalisé par Hoyt Yeatman. Un nouveau Walt Disney complètement déjanté. Avec les voix de Nicolas Cage, Sam Rockwell, Penélope Cruz, Tracy Morgan. Le charme carnassier de Sean Connery et le brushing impeccable de Roger Moore sont définitivement passés de mode. Les nouveaux agents secrets sont des fines mouches, des taupes et des cochons d'Inde, spécialement entraînés par le gouvernement américain pour des missions d'espionnage. Daniel Craig a du souci à se faire... Alors qu'ils sont sur le

point de déjouer un complot international, leurs supérieurs, doutant de leurs compétences, les remplacent par d'autres agents. Décidés à sauver la planète, ils poursuivront leur mission envers et contre tout. • Lingo Vino, réalisé par Daniel Texter. En avant-première à Cinémaacher. Projection en allemand sous-titrée en anglais. Leo et Jacob sont deux vignerons luxembourgeois. Voisins depuis quarante ans, ils ont passé toutes ces années à se quereller sur la qualité de leur vin. Une lettre en provenance des Etats-Unis va chambouler leurs rituels quotidiens et changer la donne. ■ Laetitia Collin

Festival international de cinéma de Rome

Critique de DVD

Le pire évité La cité de l'ombre, de Gil Kenan Pour éviter le pire, prédit par d'imminents scientifiques, une cité souterraine a été construite. Deux cents ans plus tard, le générateur qui procure l'électricité et l'éclairage de cette ville présente des défaillances. Crédule, le peuple s'accroche aux cérémonies du maire qui prône le culte pour le livre sacré. Mais deux adolescents ne voient pas les choses de la même manière et décident de tenter l'aventure: retourner sur la terre et retrouver l'air libre. Le DVD présente quelques suppléments qui semblent très intéressants. Hélas! Ceux-ci, à cause de leur durée n'excédant pas les quatre minutes, se révèlent être rapidement incomplets. Déception donc alors que des reportages sur le décor, les effets spéciaux, auraient pu nous apporter bien des informations passionnantes. Quant au chapitre réservé à la réalisation d'une scène, celui-ci atteignant dix minutes, péche par excès promotionnel devenant par conséquent peu attractif tout comme Doon, Lina et Poppy, un chapitre qui permet aux jeunes acteurs de s'exprimer sur leur bonheur de faire partie du casting aux côtés de Bill Muray et Tim Robbins.

Les espions de «G-Force» auront-ils assez de flair et d'instinct animal pour déjouer un complot international?

Vive les femmes Les femmes seront au coeur de la 4e édition du Festival international de cinéma de Rome (15-23 octobre), dont le tapis rouge verra entre autres défiler les acteurs américains Richard Gere, Meryl Streep, et George Clooney.

Le DVD côté technique L'image en format 16/9 nous surprend agréablement avec une image des plus lisses permettant de mettre en valeur la qualité des décors. Les contrastes sont irréprochables et les couleurs restent vraies en toute circonstance et même dans les situations les plus difficiles. Quant à la bande-son, en format DD5.1, elle est également de grande qualité offrant donc un beau et agréable spectacle tant du point de vue de l'histoire que de l'image et du son. ■ TD

■ «Le fil rouge de ce festival sera le rôle central des femmes dans le cinéma actuel», explique la directrice artistique du festival, Piera Detassis. Le festivalier sera ainsi invité à suivre le parcours de trois femmes libanaises qui vont rendre visite à leurs conjoints en prison (Chaque jour est une fête de Dima El-Horr) ou encore découvrir l'histoire étrange d'une abbesse qui a des apparitions (Vision de Margarethe Von Trotta). Au total, 137 longs métrages et documentaires seront projetés à Rome, dont 14 films en compétition qui se partagent entre nouveaux talents, grandes productions et films à petit budget. En course pour les prix MarcAurèle, une sélection très internationale: trois films italiens, un français, un chinois, mais aussi un chilien, un allemand et un espagnol. Le jury, dirigé par le réalisateur américain Milos Forman (Ama-

Meryl Streep

(Photo: Reuters)

deus), est composé de l'académicien français Jean-Loup Dabadie, l'architecte italienne Gae Aulenti, l'écrivaine algérienne Assia Djebar, l'actrice autrichienne Senta Berger, le réalisateur italien Gabriele Muccino et le cinéaste russe Pavel Lounguine. Il décernera le 23 octobre le Marc-Aurèle d'Or du meilleur film, les Marc-Aurèle d'Argent de meilleur acteur et de la meilleure actrice, ainsi que le Grand prix du jury.

Le festival s'ouvre aujourd'hui avec Triage de Danis Tanovic (Oscar du meilleur film étranger en 2001 avecNo man's land), sur les traumatismes d'un photographe de guerre au retour d'un reportage au Kurdistan. Le cinéma français sera représenté par Cédric Kahn avec Les Regrets (2009). The city of your final destination (2009, hors concours), film de James Ivory présenté en première mondiale. Lasse Hallström dévoilera Hatchi (2009), avec Richard Gere et Joan Allen. Côté comédie, l'on verra Up the air (2009) de Jason Reitman avec George Clooney, The last station (2009) de Michael Hoffman et A serious man (2009) des frères Cohen. Le festival sera inauguré par l'actrice italienne Margherita Buy et clôturée par l'Américaine Meryl Streep, qui recevra pendant le festival un Marc-Aurèle d'Or pour l'ensemble de sa carrière. Parmi les autres stars attendues: Colin Farrell, Helen Mirren, Richard Gere et George Clooney. Avec l'ambition de rivaliser avec les grands festivals internationaux, le festival de Rome donne un rôle actif au public, qui note chaque film en compétition à l'issue des projections et décerne un Marc-Aurèle d'or du public. (AFP)


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CULTURE

jeudi 5 novembre 2009

Les nouveaux films à l'affiche

La semaine de l'horreur La saison n'est plus aux comédies légères mais aux sursauts, écœurements et palpitations cardiaques. Les monstres d'Halloween ont décidé de prolonger leur séjour dans le monde terrestre. ■ • The Box, troisième long métrage de Richard Kelly. Norma Steward et son époux (Cameron Diaz et James Marsden) forment un couple banal et heureux malgré les problèmes d'argent. Un jour, Norma trouve une boîte devant sa porte. Le lendemain, Arlington Steward (Franck Langella) se présente au domicile des Steward et révèle à la jeune femme qu'en pressant le bouton rouge de la boîte, elle recevra un million de dollars mais, dans le même temps, un inconnu mourra. Les fans de Donnie Darko attendent Richard Kelly au tournant avec ce thriller dont l'idée de base a fait l'objet de nombreuses nouvelles et légendes. • L'assistant du vampire de Paul Weitz. Avec John C. Reilly, Salma Hayek, Chris Mussoglia. Darren est un adolescent de quatorze ans ordinaire. Le cirque du Freak et sa troupe de vampires, loups-garous et monstres en tout genre vont changer le cours de son existence. Darren est engagé comme assistant du vampire Larten Crepsley qui a transformé le jeune homme en créature assoiffée de sang. Alors qu'il apprend à maîtriser ses nouveaux pouvoirs, il se retrouve au centre des rivalités entre différentes bandes de vampires. Un film de monstres pour ado à voir au moins pour Salma Hayek en femme à barbe. • On reste toujours dans le film d'horreur avec Saw VI de Kévin Greutert. Avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell.

La mort d'un inconnu vaut-elle un million de dollars? L'agent spécial Strahm est mort et le détective Hoffman prend alors la relève. Il commence un nouveau «jeu» avec Jigsaw, espérant découvrir les vrais desseins du tueur. Une nouvelle boucherie s'annonce. Interdit au moins de 16 ans. • The informant! de Steven Soderbergh. Marc Withacre (Matt Damon) a une soudaine prise de conscience. Cadre supérieur du géant agroalimentaire

Archer Daniel Midlands, il décide de dénoncer les pratiques illicites de la société qui lui ont valu pourtant des profits non négligeables. L'agent du FBI Brian Shepard (Scott Bakula, l'irrésistible Sam de Code Quantum) ne sait plus sur quel pied danser avec les révélations parfois farfelues de Withacre sans parler du rôle ambigu qu'il a longtemps tenu dans la société. Un sujet dans l'ère du temps à une épo-

Critique de filme

N O U V E L L E PAR U T I O N

Une métaphore du monde actuel Titre: Das weisse Band, Le ruban blanc Réalisateur: Michael Haneke Interprètes: Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch Genre: drame Origine: France, Italie, Autriche, Allemagne Durée: 2 h 24 minutes ■ Au-delà de la polémique d'une Palme d'or remise par complaisance, Le ruban blanc de Michael Haneke appartient avant tout au cinéma, au vrai. Et si Palme d'or il fallait lui attribuer, Le ruban blanc est le meilleur des choix. Seul regret, les mains qui lui ont donné ce prix et qui seront à la base de toute cette polémique que nous espérons être sans fondement. On connaît le cinéma d'Haneke: violence des mots, des gestes, des personnages, fins ouvertes et histoires souvent alambiquées. C'est

que où une pomme subit une douzaine de traitements chimiques avant d'arriver dans les rayons du supermarché. • Le concert de Radu Mihaileanu. Dans la Russie de Brejnev, Andrei Filipov dirigeait le célèbre orchestre du Bolchoï jusqu'à ce qu'on lui demande de se séparer de ses musiciens juifs. Il refuse et se fait licencier. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais

comme homme de ménage. Un soir, Andreï tombe sur un fax adressé à la direction du Bolchoï. Il s'agit d'une invitation à jouer au théâtre du Châtelet. Une idée folle vient alors à l'esprit d'Andreï: faire renaître son orchestre en réunissant ses anciens amis et répondre à l'invitation en se faisant passer pour l'orchestre officiel. Un des premiers chefs-d'œuvre d'une longue série qui doit célébrer l'âme slave en France à l'occasion de l'Année de la Russie. • Les herbes folles d'Alain Resnais. Avec André Dussollier et Sabine Azéma. Inspiré du roman de Christian Gailly L'incident. Marguerite se fait voler son sac à main. Plusieurs heures plus tard, le voleur en abandonne le contenu sur un parking. Georges va tomber dessus par hasard. En jetant un œil sur les papiers d'identité, Georges, retraité marié et coulant jusqu'alors des jours plus que paisibles, sent une flamme se rallumer en lui et n'a de cesse de retrouver Marguerite. A 87 ans, le réalisateur a reçu le «Prix exceptionnel» au dernier festival de Cannes pour le film et pour l'ensemble de sa carrière. • Totally Spies, film d'animation de Pascal Jardin. Les aventures des agents secrets Sam, Clover, Alex et Britney se retrouvent projetées sur grand écran. • Lippels Traum de Lars Büchel. Avec Karl Alexander Seidel, Anke Engelke, Moritz Breibtrau. Pendant que son père est en voyage d'affaires au MoyenOrient, Lippel est confié à Madame Jakob, une nourrice revêche et sévère. Le petit garçon se réfugie dans son monde imaginaire, au décor de conte des mille et une nuits, où il retrouve ses deux camarades avec lesquels il va chasser Madame Jakob et retrouver son père. ■ L.C.

certain, son cinéma n'est pas toujours à mettre devant tous les yeux. Souvenez-vous de Funny Games ou La pianiste pour ne citer que ses deux extrêmes. Avec Le ruban blanc, Haneke semble nous bercer au rythme de la voix off du narrateur, par l'illusion d'une poésie, par la beauté de ses paysages enneigés ressemblant à des tableaux et filmés en noir et blanc. A la veille de la Première Guerre mondiale, dans un petit village protestant en Allemagne du Nord, il se passe de bien curieuses histoires. En effet, d'étranges accidents surviennent de plus en plus régulièrement et semblent prendre un caractère punitif. Le village s'interroge alors sur l'identité des personnes qui seraient à l'origine de ces troubles. Derrière cette histoire, qui au premier abord ressemble plus à une intrigue policière, Michael Haneke dépeint plutôt la racine du mal perpétré par l'être humain. Bien entendu, nous pensons tout de suite à la barbarie nazie avec des parents trop stricts,

trop sévères qui exigent de leurs enfants de leur demander pardon parce qu'en se faisant punir, ce sont eux qui souffrent le plus. On comprend dès lors que cette jeune génération, éduquée dans la douleur, la crainte et non l'amour, reproduise plus tard ce qu'elle a vécu. Mais s'arrêter là serait un peu trop réducteur. Il est en effet évident que Haneke nous a présenté une métaphore du monde actuel. Le verra celui qui veut. Quoi qu'il en soit et quel que soit le sens profond qu'il a voulu donner à son film, celui-ci nous donne froid dans le dos, nous glace le sang au même titre que l'ensemble des protagonistes, enfants compris, qui nous offrent une interprétation époustouflante qui a certainement dû peser dans la balance pour l'attribution de la Palme d'or. Notre appréciation: ***/ **** (Glacial, choquant, perturbant. On est bien dans un film d'Haneke mais celui-ci sort vraiment du lot) ■ Thibaut Demeyer

nos cahiers 3 / 2009

• Prix du numéro: 15 € • Abonnement 2009 : 38 € • Abonnement étudiant 2009 : 20 €

Monique Hermes : Avant-propos Raymond Schaack : Le Graal Joseph Kohnen : Vergessene Schriftstellergräber Henri Losch : Eng net alldeeglech Picknickskëscht Raymond Schaus : On n’échappe pas au progrès Marcel Gérard : Mode d’emploi Claudine Bohnenberger : Fandango Marielys Flammang : Ich bin der Fluss; Ein Computer für alle Fälle Frederick Reischl : Gedichte André Grosbusch : „Ich erwarte die gute Antwort und den heilsamen Widerspruch“ Anne-Marie Richard-Schulze : La nuageuse André Link : Revue des périodiques

En librairie. Livraison gratuite à domicile contre virement au compte auprès de la BCEE saint-paul luxembourg LU61 0019 1300 6666 4000, avec la mention du titre. Egalement disponible sur www.editions.lu


CULTURE

jeudi 8 octobre 2009

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La voix de Christian Carion

Jeu-concours

«Toujours une part de mystère» Exploration du monde: 20 places à gagner Le cinéma Ariston d'Eschsur-Alzette présente tout au long de l'année une série de documentaires sur différents pays ou régions de la planète. C'est l'invitation aux voyages proposée par le cycle Exploration du monde. La prochaine séance sera consacrée à un tour du monde grâce à la projection du documentaire Cinq continents d'Isabelle Wayrdin. Elle rêvait de partir découvrir le monde. A 22 ans, la réalisatrice s'est mise en route pour la Nouvelle-Calédonie, le Brésil, l'Ethiopie, le Moyen-Orient, la Turquie, l'Asie. A 32 ans, Isabelle Wayrdin revient en Europe, et nous fait partager ses cinq continents. La Voix du Luxembourg et Caramba vous invitent à la projection de Cinq continents, le mardi 13 octobre à 20 h 30 au ciné Ariston d'Esch-sur-Alzette. Pour gagner deux places, il suffit de nous envoyer un SMS au 6 44 47 avec le code: Voix (espace) Nom (espace) Prénom (espace) Exploration. Les gagnants pourront retirer leurs billets à la caisse de l'Ariston.

Pour son troisième long métrage, Christian Carion nous plonge dans le film d'espionnage avec L'affaire Farewell. Le résultat en est une œuvre aussi forte qu'intrigante avec en tête d'affiche Emir Kusturica et Guillaume Canet. Rencontre. ■ Qu'est-ce qui vous a donné envie de raconter cette histoire peu connue de «L'affaire Farewell»? Justement parce que cette affaire demeure peu connue. Mais aussi à cause de son impact historique énorme. Les spécialistes de la chute du Mur de Berlin conviennent à dire que cette affaire a pesé très lourd du fait de cet homme qui a révélé le mode d'emploi du KGB aux Occidentaux. Comment avez-vous été mis au courant de cette histoire? En lisant un livre de Jacques Attali, le bras droit de François Mitterand. Dans cet ouvrage, «L'affaire Farewell» revenait très souvent. Je me suis donc interrogé sur cette histoire d'espionnage, ensuite on m'a proposé un projet sur l'affaire. Et là, j'ai en quelque sorte relevé le défi en récupérant des témoignages sachant qu'il y aura toujours une part de mystère dans cette affaire qui n'est pas publique et qui ne repose que sur des témoignages. Justement, quelle est la part de réalité et de fiction?

Les nouveaux films à l'affiche

La chute d'un monstre et l'ascension d'une étoile • L'affaire Farewell ou la fin précipitée de la guerre froide. Le film de Christian Carion (qui a également réalisé Joyeux Noël, lire l'interview ci-dessus) se veut être un point de vue sur les événements d'«une des plus grandes affaires d'espionnage du XXe siècle», selon les mots de Reagan. A l'origine de l'épisode qui a accéléré la chute du bloc soviétique, un colonel du KGB, Sergueï Grigoriev (interprété par Emir Kusturica), désabusé et déçu par les abus du gouvernement de l'URSS. Il décide de s'attaquer au monstre communiste. • Desert Flower. Sherry Hormann retrace la destinée de Waris Dirie. Née dans le désert de Somalie, elle s'enfuit à l'âge de treize ans pour échapper à un mariage forcé avec un homme de 65 ans. Elle part vivre à Londres où elle se fait repérer par un photographe. Débute une carrière fulgurante sur les podiums. Le jeune mannequin révèle alors les pratiques barbares sur les femmes de son pays. • Fame, réalisé par Kévin Tancharoen. Avec Naturi Naughton, Kherington Payne, Walter Perez. Remake du film d'Alan Parker. De jeunes danseurs, chanteurs et comédiens se battent pour faire leurs preuves à la High School of performing arts de New York. Kévin Tancharoen s'est attaqué à un classique des années 1980. Il en a repris les éléments essentiels à

«Le cinéma a cette grande qualité d'être immortel» (Photo: Thibaut Demeyer) Schématiquement, on peut dire que toute la partie politique avec Reagan et Mitterand et l'impact de l'affaire est présentée de manière historique, presque documentaire. Ce qui est plus compliqué c'est autour du personnage de Farewell, il y a des choses qui restent floues comme la manière dont il sortait les

documents et sur sa disparition physique car il y a des gens qui pensent qu'il n'est pas mort. Pierre Froment (Guillaume Canet) est-il un espion malgré lui? Oui bien sûr. Dans «L'affaire Farewell», au début la DST s'est appuyée sur quelqu'un qui n'était pas du métier. Ensuite, ils

Critique de film

Une réflexion dans la légèreté Titre: Bride Flight (Bruidsvlucht) Réalisateur: Ben Sombogaart Pays: Pays-Bas, Luxembourg Genre: drame Année: 2008 Acteurs: Karina Smulders, Elisa Schaap, Anna Drijver, Waldemar Torenstra Durée: 130 minutes

«Mères et filles» l'exception de l'inoubliable Irène Cara dans le rôle de Coco Hernandez. • Mères et filles, par Julia Lopes-Curval. Avec Catherine Deneuve, Marina Hands, Marie-Josée Croze. Dans les années 1950, Louise a quitté son mari alors que ses enfants étaient encore jeunes et n'a plus jamais donné signe de vie. Sa fille, Martine, est restée dans la ville au bord de mer où elle est devenue médecin. La fille de Martine trouve, par hasard, le journal de sa grand-mère dans lequel elle espère trouver une explication à son départ précipité et définitif. • Le syndrome du Titanic documentaire avec Nicolas Hulot, infatigable globe-trotter et défenseur de la nature. ■ L.C.

ont changé, dans la vraie histoire, en envoyant un professionnel. Mais j'ai préféré rester au niveau du premier, car ce qui m'intéressait dans ce personnage c'est qu'il est comme vous et moi. Et puis tout d'un coup, un type monte dans sa voiture et lui dit: «Je veux changer le monde et je vais vous donner des documents qui vont le changer.» Comment avez-vous convaincu Emir Kusturica de jouer le rôle de Farewell? Il m'a expliqué que son père était yougoslave communiste et qu'il n'aurait jamais accepté que l'on traîne dans la boue l'idéal communiste. Dans le film, il y a des choses que dit Farewell qui vont dans ce sens et cela lui a fait plaisir de défendre un personnage qui a un certain idéal communiste et puis, le film est un anti-James Bond, cela lui plaisait aussi. Comment ont réagi les autorités Russes en apprenant votre projet? Ils ont refusé que je tourne en Russie, empêché Nikita Mikhalkov d'accepter le rôle de Farewell et quelque part c'est tant mieux car Emir était vraiment le personnage qu'il fallait. Il faut savoir également que le film ne sortira jamais en Russie. Les Russes ne connaîtront donc jamais l'affaire Farewell. Du moins pour l'instant... car le cinéma a cette grande qualité d'être immortel. ■ Propos recueillis par Thibaut Demeyer

■ En 1953, la célèbre course aérienne The Last Great Air Race change le destin de Marjorie, Ada et Esther. Le légendaire vol KLM, rebaptisé «Le vol des fiancées» décolle de Londres et emmène les trois émigrantes hollandaises loin des rudes conditions de vie de leur pays, à Christchurch en Nouvelle-Zélande où elles espèrent commencer une nouvelle existence. Mais aussi loin qu'elles aillent pour fuir leur passé, Ada, Marjorie et Esther sont rattrapées par la fatalité et leurs propres choix. Le réalisateur hollandais, Ben Sombogaart, connu notamment pour ses films et projets télévisuels destinés aux enfants et Twin Sisters, drame nominé aux Oscars en 2003, rassemble les pièces du puzzle de la vie humaine: l'Histoire, les rencontres et nos propres choix qui façon-

nent les destinées. Dans Bride Flight, l'Histoire, c'est celle des Pays-Bas surpeuplés d'aprèsguerre. Alors que les Etats-Unis limitent leur quota d'immigrés néerlandais, ces derniers se tournent vers le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Documenté également sur la course aérienne de 1953, Ben Sombogaart imagine légitimement ces trois femmes hollandaises prenant place à bord du «Vol des fiancées» où elles vont rencontrer Frank qui va changer leur vie. Il est aussi l'élément central autour duquel s'articulent le scénario et les mouve-

ments des personnages. L'histoire s'ouvre sur la mort de Frank à 70 ans. L'annonce des funérailles envoyée aux trois femmes est le point de départ des flash-back et les fréquents allers-retours entre le passé et le présent des personnages, sorte de pauses et de bilans à chaque étape essentielle de la vie de chacune d'entre elles. Derrière les destinées romantiques de ses personnages, Ben Sombogaart aborde la question de l'immigration et les problématiques qui lui sont liée: le déracinement et les relations entre immigrés et leur pays d'adoption, le degré possible d'adaptation des nouveaux arrivants. On se laisse volontiers emporter dans ce voyage temporel à l'autre bout de la planète, dépaysé par ces histoires d'amour qu'on ne voit qu'au cinéma et les paysages sauvages de la Nouvelle- Zélande des années 1950. Le réalisateur nous balade entre scènes légères et romantiques et son propre questionnement sur le sens de la vie, siège de l'interaction entre le hasard du destin et nos propres choix. ■ Laetitia Collin Notre appréciation: *** /**** (Bride Flight ne se contente pas d'une histoire à l'eau de rose. Une profonde réflexion se cache derrière le romantisme latent.)

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