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Que sommes-nous devenus ?

saison 2013-14

espace libre


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Mot du directeur artistique


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Mot du directeur artistique

Que sommes-nous devenus ? L’impact d’une modernité envahissante et aliénante sur notre identité territoriale. La terre tourne de plus en plus vite… Il ne nous aura fallu que 12 ans pour que la population mondiale passe de 6 à 7 milliards… Les villes sont devenues labyrinthes, la nature s’éloigne, par son absence, la vie devient trop souvent abstraite, harnachée à la productivité, fragmentée à l’individu, à l’heure vendue. Au cœur de la multitude, mille et une questions surgissent en nous, elles nous picorent, nous submergent, nous jettent sens dessus dessous… Que sommes-nous devenus ? La saison 2011-12 en était une de la Résistance : comment préserver notre humanité face à la pression d’un monde qui s’impose et qui implose ? Ce fut la saison du dit Printemps érable… L’année 2012-13, elle, se demandait : Que suis-je devenu ? Quelles sont les conséquences, sur notre identité intime, de ce bombardement quotidien, de ce climat de lutte interne, de résistance ? En 2013-14, les œuvres de notre saison suscitent chacune à leur façon cette réflexion identitaire, en la poussant au groupe, à notre sens de la communauté : Que sommes-nous devenus ? En quoi cette modernité envahissante change-t-elle notre conception du territoire, des frontières, du bien commun, du pays ? Pour y arriver, nous vous proposons cette année un voyage de nos racines jusqu’à ce présent 2.0, ce présent sans cesse refaçonné. D’où venons-nous ? Où se limite le politique ? Notre histoire est-elle terminée ? La démocratie est-elle marchandée, fragmentée, individualisée ? Comment exister dans la foule ? Arrivons-nous à être heureux en Occident ? Pourquoi cette Amérique est-elle le rêve autant que le cauchemar du reste du monde ? Et qu’en est-il de notre projet de pays ? Tant de questions abordées, tant de réflexions sur la horde humaine au cœur des projets de cette prochaine saison, projets qui se stimuleront, qui se confronteront et se compléteront entre eux. À les suivre, spectacle après spectacle, à les écouter résonner, se répondre, c’est tout un paysage du Vivre ensemble qui se dévoilera au long de l’année.


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Mot du directeur artistique

Comme vous le verrez, nous avons changé l’axe de notre brochure de saison, ciblant les démarches et les intentions plutôt que le résultat, la route plutôt que la destination… Notre théâtre est un lieu de création, et nous avons ainsi donné la place d’honneur à l’étincelle qui enflamme les artistes en séjour chez nous. Ils nous racontent leurs lubies, leurs phantasmes, leurs peurs, leurs rêves… Par leur questionnement sur le territoire, la mémoire, la colonisation passée et présente, l’hypersurveillance, la surstimulation, l’instabilité mentale à l’échelle de la nation, la xénophobie, le legs de la nature, ces artistes tentent avec leurs mots, leurs passions, de redonner un sens au désir de vivre les uns avec les autres, au désir de justice pour tous, de dignité, de solidarité. Et au bout du compte, qui sait ? Peut-être que certaines pistes d’introspection à notre projet commun pourront s’en dégager ? À travers l’art et ses poètes, ses gens de théâtre, pourrions-nous réinventer le vocabulaire des questions nationales, de ses accommodements et de ses défis ? Pourrions-nous redéfinir l’imaginaire de notre coin de monde, nous l’approprier, cet imaginaire, et lui donner un nouveau visage, un visage d’aujourd’hui ? La terre tourne de plus en plus vite… Sa vitesse voudrait nous souffler les uns loin des autres, les uns contre les autres… Il ne reste qu’aujourd’hui pour rêver demain. Il n’est pas trop tard pour reformuler le futur, pour nourrir les liens de la solidarité, pour exister dans la multitude sans perdre son identité. Les spectacles de la saison, par leurs interrogations et leur désir de réfléchir aux liens qui nous unissent, aux défis qui nous attendent, sont des bouffées d’air pour ne pas se noyer dans les bains de foule. Cet air, nous le partageons, qu’on le veuille ou non. Il n’est pas trop tard pour sortir la tête de l’eau et respirer ensemble.

— Philippe Ducros, directeur artistique Espace Libre


Table des matiè _6_ Table des matières premières

Ce que nous sommes, ce que nous rêvons, ce que nous portons, nos souvenirs, nos espoirs, nos amours, mais aussi nos peurs, nos paradoxes et nos contradictions… Voilà les matières premières de nos œuvres, voilà le paysage intérieur en NOUS. p.10 Dominion La saison commence par Dominion, du Théâtre de la Pacotille, une fable épique et sanglante campée à la naissance de la Confédération… Le chemin de fer, outil de colonisation, creuse une plaie entre la nature et l’urbanité, entre Français et Anglais… D’où part notre mémoire ? Comment panser les cicatrices du passé ?

P.14 Ce corps qui parle Quand l’homo erectus s’est levé, son cerveau a grossi, assurant sa suprématie… Notre corps raconte l’histoire de ses protestations. Comment le traitons-nous ? Que nous dit-il de notre époque, de nos désirs, de nos pulsions, de nos somatisations ? Ce corps qui parle, d’Omnibus le corps du théâtre et du Théâtre du mouvement est un programme double autour du corps, au-delà des murs de sa prison.

P.18 Andreï ou le frère des Trois sœurs Andreï ou le frère des Trois sœurs, tragicomédie sur la masculinité et ses dualités, du Collectif Bobik, est une adaptation moderne du chef-d’œuvre de Tchekhov. Cette fois-ci, la pièce est racontée du point de vue d’Andreï, l’homme de la famille isolé dans sa chambre, le frère sur qui tous les espoirs reposent. Qu’attend-on de l’homme aujourd’hui ? Et comment en parler quand il y a encore tant à dire sur la femme ?

P.22 Viande à chien Claude-Henri Grignon, père de Séraphin Poudrier, se questionnait déjà en 1933… Y a-t-il une vie après le capitalisme ? Comment y survivre ? Est-ce un système acquis ou inné ? L’homme vient-il avec son péché ? Viande à chien, du Nouveau Théâtre Expérimental et du Théâtre des Fonds de Tiroirs, réactualise le mythe de l’avare aux prises avec cette « maudite soif de l’or » !

P.26 Les oiseaux mécaniques Le Bureau de l’APA est de retour chez nous avec Les oiseaux mécaniques, une symphonie indisciplinée, ouverte, multidisciplinaire sur l’envoûtement et le pouvoir… Est-ce qu’écouter, c’est obéir ? Qu’est-ce qui nous met en marche ? On peut se bander les yeux, mais comment fermer nos oreilles ? Les musiques risquent-elles de nous assourdir ? Et pourquoi y a-t-il tant de bruit ?

P.30 Le souffleur de verre Une communauté cadenassée sur elle-même, immobile, engluée dans les réflexes conditionnés de la survie, ressasse en chœur des bribes de vécu et de solides mensonges. Peut-on se renfermer sur nous-mêmes et nier le reste du monde ? La route du Nord, celle des valeurs de l’Occident, peut-elle mener quelque part ? Le souffleur de verre, du Théâtre complice.


ères premières _7_ Table des matières premières

P.36 Amours fatales Prendre trois pièces de Racine, les distiller, n’en garder que l’alexandrin, que les passions animales… Voilà Amours fatales, d’Omnibus le corps du théâtre. L’amour gouverne-t-il encore le monde ? Son territoire est-il inévitablement celui de la violence, de la possession, de la passion aveugle, de la horde ? Nos ébats peuvent‑ils ne pas être fatals ? Comment aimer sans dévisager ?

P.40 Ignorance Les hommes préhistoriques hurlaient de joie sur les carcasses des mastodontes… Nous, nous tweetons en 140 caractères les minis éclats de joies qu’il nous reste. Succès de la saison dernière, le documentaire sur l’évolution du bonheur Ignorance, du Old Trout Puppet Workshop, est de retour ! Leurs marionnettes pour grands adultes se questionnent toujours… Où avons-nous perdu le chemin du bonheur ?

P.44 Globale Surveillance Liberté ou sécurité ? Les caméras nous espionnent, les satellites nous retracent, nos habitudes de consommation nous déterminent… Nous sommes-nous encerclés nous‑mêmes ? L’œuvre multimédiatique, Globale Surveillance, de Prototype Théâtre et Centre dramatique national de Caen, débarque de France pour nous plonger dans l’invisible réseau qui quadrille notre décor, nos gestes et nos pensées… Reste-t-il de l’intimité ?

P.48 Eden Motel Un homme échoué dans un motel d’autoroute rencontre d’autres naufragés du rêve américain en plein petroleum tremens… Nous avons le meilleur niveau de vie, mais un taux de suicide parmi les plus élevés… Pourquoi ? Notre mode de vie nous tue, et pourtant d’autres sont prêts à mourir pour avoir une chance à notre téléréalité, une chambre en notre paradis de motel… Pourquoi ? Eden Motel, d’Hôtel-Motel.

P.52 T’en souviens-tu, Pauline ? Théâtre, musique, vidéo… La vie de Pauline Julien comme métaphore de notre époque, de notre désir de pays, de changements… Que reste-t-il des lendemains chantants ? La question de nation n’est-elle qu’une chanson à répondre par un oui ou un non ? Et je m’appelle comment, déjà ? T’en souviens-tu, Pauline ?, du Théâtre AcharnéE en coproduction avec Rouge-Gorge.

P.56 Comme des sauvages Pour clore cette saison du Vivre ensemble, le théâtre sort dans la rue. Comme des sauvages, une performance documentaire du collectif Esperamos, un voyage initiatique au cœur du monde autochtone, de la parole sauvage. Arpents de neige cadastrés, claims et forêts boréales vendus à la criée, que reste-t-il de l’âme de ce territoire, de ceux qui le portaient ? Peut-on encore entendre l’esprit des Premières Nations ?

Cette saison dresse un panorama de notre course… La suivre, c’est parcourir notre héritage et notre futur, c’est se permettre de regarder le miroir éclaté de l’avancée de nos sociétés à une vitesse exponentielle.


_9_ Activités parallèles

Les activités parallèles...

ou les cerises sur le sundae Les jeudis-discussion

Visite guidée de l’artiste Un moment d’échanges, de confidences avec les artistes et les artisans après l'une des représentations du jeudi. Un accès privilégié dans les laboratoires de leurs œuvres, derrière le décor de leurs inspirations, dans les coulisses de leur art. Comment et pourquoi créer ? Conviviales et inspirantes, ces rencontres placent la démarche et la prise de parole de l’artiste au cœur du spectacle. Les vendredis-entretien

Voir le calendrier des cerises sur le sundae (page 66-67) consultez le site www.espacelibre.qc.ca en cas d’annulation ou d’ajout d’activité.

Un antidote à l’anorexie de la pensée...

Anthropologie de l’œuvre Le terme « anthropologie » vient de deux mots grecs, anthrôpos, qui signifie homme (au sens générique), et logos, qui signifie « parole », « discours ». Le théâtre participe à la définition du monde et de ses enjeux. Il est en soi une cité, un miroir de l’humanité, une place publique. Pour pousser les réflexions, pour rebondir, sonder l'être humain, creuser notre chemin, notre histoire, nous vous proposons des rencontres avec des spécialistes invités. Ces entretiens ont pour but de réfléchir ensemble aux thématiques qui traversent chaque œuvre. Des intervenants de divers milieux mettront en contexte les réalités et problématiques portées par chacun des univers respectifs. Ces rencontres anthropologiques qui suivent l'une des représentations du vendredi, sont animées par Paul Lefebvre.

Paul Lefebvre G.O. Paul Lefebvre travaille depuis janvier 2010 à titre de conseiller dramaturgique au Centre des auteurs dramatiques. Il est aussi traducteur, metteur en scène et professeur de théâtre. Entremetteur de connaissances et de talents, Paul sait faire le lien entre l’homme et le monde, entre l’anecdotique et le sublime, entre le futile et l’éternel.


_10_ Théâtre de la pacotille

1849

1791

Acte constitutionnel. Création du Bas-Canada et du Haut-Canada.

1763

1848

Incendie du Parlement de Montréal. Émeute à Montréal, Louis-Hippolyte Lafontaine échappe au lynchage.

Introduction du gouvernement responsable à l’Assemblée nationale.

1867

1872

1869

Mise en marché du Colt pacificateur.

1870

Scandale du Pacifique. Macdonald et Cartier (5) reçoivent de l'argent en échange de leur service.

domi

Proclamation royale. Création de la Province of Quebec.

Loi sur les Indiens.

Rébellion de la colonie de la rivière Rouge. Macdonald (4) envoie l'armée écraser le soulèvement.


1896

Arrivée au pouvoir de Laurier (3), premier francophone à devenir premier ministre.

_11_ Théâtre de la pacotille

1912

Règlement 17 de l’Ontario limitant l'usage du français.

1920 à 1936

Système corrompu du Parti libéral sous Louis-Alexandre Taschereau.

inion Production Théâtre de la Pacotille_ Texte et mise en scène Sébastien Dodge_ Distribution Félix Beaulieu‑Duchesneau, Patrice Dubois, Myriam Fournier, Mathieu Gosselin, Miro Lacasse_ Concepteurs Olivier Proulx, Anne‑Marie Rodrigue‑Lecours, Pierre‑Marc Beaudoin, Anne-Marie Levasseur, Julie-Ange Breton, Julie Breton_

Du 10 au 28 septembre 2013 vendredi-Entretien + jeudi-Discussion + Carte Prem1ères


_12_ Théâtre de la pacotille

dominion

Question

de Laïma Abouraja Gérald d’Espace Libre

Sébastien Dodge, on dit souvent de toi que tu es le Quentin Tarantino de la mise en scène. Après Suprême Deluxe, La genèse de la rage et La guerre, trois pièces que je qualifierais de théâtre de genre, le Théâtre de la Pacotille, que tu diriges avec Gaétan Paré, revient avec Dominion (1). Quelles sont tes principales intentions et à quoi peut-on s’attendre ?

(1)

Choisir « Canada » comme nom du nouveau pays se révèle une tâche relativement facile, comme l'a été le choix d’« Ontario » et de « Québec » pour les deux moitiés de la Province du Canada. Cependant, des difficultés surviennent lorsqu'il faut choisir une désignation. Les délégués souhaitent que ce soit un royaume, mais les Britanniques ne veulent pas risquer de choquer les Américains et rejettent la suggestion. Samuel Leonard Tilley propose, comme solution de rechange, que ce soit un dominion, en se référant à une ligne du psaume 72 de la Bible : « Il y aura aussi un dominion qui ira de la mer à la mer et de la rivière aux extrémités de la terre. » — Bibliothèque et Archives Canada (Source : collectionscanada.gc.ca/ confederation).

(2)

La Confédération canadienne désigne le processus, culminant le er 1  juillet 1867, par lequel une union fut formée entre la Province du Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse afin de constituer un nouvel État : le Dominion du Canada. Ce nouveau dominion est une fédération soumise à la Couronne britannique. Par la suite, d'autres territoires ont intégré la Confédération et d'autres provinces ont été créées.

1936-44 et 1944-1959

Système corrompu du parti Union nationale sous Maurice Duplessis.

1980

Preuve numéro un de notre aplaventrisme.

1995

Preuve numéro deux de notre aplaventrisme.

2006

2014

Mort du Parti québécois.

Retour du Parti conservateur du Canada.

2015

Retour du Parti libéral du Québec.


_13_ Théâtre de la pacotille

dominion

Réponse de Sébastien Dodge du Théâtre de la Pacotille

(3)

Sir Wilfrid Laurier (1841-1919) est le septième premier ministre du Canada, un poste qu'il occupe de 1896 à 1911. Il est le premier Canadien-français à accéder à ce poste.

(4)

Sir John Alexander Macdonald (1815-1891) est la première personne à occuper

Avec Dominion, je veux créer un pastiche le poste de premier ministre du Canada. Figure dominante de la Confédération canadienne, historique virulent campé dans un musée sa carrière politique s'étend sur près d'un demi-siècle. Macdonald reste premier d’histoire naturelle… Je mets en scène, à travers ministre durant 19 ans. mon tordeur de réalité, la conquête canadienne (5) Sir George-Étienne Cartier (1814-1873) de l'Ouest, ou la fondation de la Confédération est un homme d'état canadien-français, un réformateur de l'éducation et un père canadienne (2), des années 1860 jusqu’à de la Confédération. Il est possible de visiter l'avènement au pouvoir de Si Wilfrid Laurier (3), la maison qu’il a habitée, située au 458, rue Notre‑Dame Est, à Montréal. en 1896. L'action débute en 1866. Un colon et sa Lorsqu'il annonce la nouvelle de la mort de George-Étienne Cartier à la Chambre femme tentent tant bien que mal de survivre des communes, John A. Macdonald, son allié mais, à force de querelles et d’incompréhensions, politique depuis près de 20 ans, ne peut s'empêcher de fondre en larmes. l’homme, obsédé par ses démons intérieurs, fuit Les funérailles de Cartier attirent à Montréal dans la forêt. La femme, amère, se retrouve seule une foule comme la ville n'en avait jamais connu auparavant. et obligée de subvenir elle-même à ses besoins. Faisant le constat de la grande histoire de son pays, elle sombre dans une furieuse révolte qu'elle nous crachera au visage. J’ai imaginé que, pendant ce temps, John A. Macdonald (4) et George-Étienne Cartier (5) se lancent à la conquête de l'Ouest, qu'ils veulent sanglante, à bord du train du Canadian Pacific, massacrant tout ce qui se trouve sur leur chemin. Le jeune Wilfrid Laurier grandit dans l'ombre, dans un obscur village folklorique, assoiffé de pouvoir, et il voudra bientôt s'imposer. Le tout culminera en une finale explosive et un ultime poème sur une fleur poussant sur une terre brûlée. En somme, avec Dominion, je cherche à illustrer les séquelles des rivalités entre anglophones et francophones, entre la nature et la ville, entre les philosophies autochtones et la colonisation protestante. Je veux souligner la collusion dans laquelle baignait la naissance du pays et que, comme partout ailleurs, le développement industriel s'est fait au détriment des peuples et de la nature, au profit d'une clique d'initiés. Les effets pervers de ces confrontations sont encore omniprésents dans nos rapports intercommunautaires.

2024

2022

Montréal devient une ville anglophone.

Clonage de Philippe Couillard.

2078

Disparition du fait français d'Amérique.

2027

Réélection du Parti libéral du Québec.

2019

Réélection du Parti libéral du Québec.

2023

Réélection du Parti libéral du Québec.

2031

Le Parti libéral du Québec devient parti unique et ce, pour toujours.


_14_ Omnibus le corps du théâtre / Le théâtre du mouvement

Ce corps qui parle


_15_ Omnibus le corps du théâtre / Le théâtre du mouvement

Ce corps qui parle


_16_ Omnibus le corps du théâtre / Le théâtre du mouvement

Ce corps qui parle

Ce corps qui parle [Cérémonie double]

Production Omnibus le corps du théâtre et Le Théâtre du Mouvement [france]_ Texte et mise en scène Yves Marc, Jean Asselin_ Distribution Yves Marc, Sylvie Chartrand_

Du 8 au 26 octobre 2013 Jeudi-Discussion


_17_ Omnibus le corps du théâtre / Le théâtre du mouvement

Ce corps qui parle

One-man-show scientifique… L’artiste virtuose observe les postures, gestes, mouvements et regards des spectateurs ; il les souligne, les commente et les interprète avec sensibilité. Il raconte des histoires de cerveau et de neurones, ou tout simplement des histoires de femmes et d’hommes.

Laïma Abouraja Gérald s'entretient avec Jean Asselin.

Q :

Ce spectacle obtient un grand succès en France auprès du milieu scolaire et hospitalier. Qu’est-ce que cette œuvre peut nous apprendre sur nos corps, sur nous-mêmes et sur ce que nous sommes devenus ?

R :

Précédé de

Splendeur et misère d’une courtisane

Dans l’intimité de son silence, une femme officie dans la cérémonie du corps… Durant 20 minutes, le corps féminin est sculpté de l’intérieur. Le morceau d’anthologie est inspiré d’une composition musicale basée sur le témoignage authentique d’une courtisane.

Q :

Le titre du spectacle fait référence au roman Splendeur et misère des courtisanes, d’Honoré de Balzac. Dans les deux œuvres, on aborde le sujet de la prostitution. Comment la courte forme présentée par Omnibus en parle-t-elle ?

R :

http://bit.ly/12596Kz http://bit.ly/18nmiiQ


ANDREÏ ou le frère des Trois sœurs _18_ Collectif Bobik

Production Collectif Bobik_ Conception, texte et adaptation libre des Trois sœurs d’Anton Tchekhov Justin Laramée, Olivier Aubin_ Mise en scène Justin Laramée_ Distribution Olivier Aubin, Émilie Gilbert_ Conseillers à la conception Benoît Côté, Geneviève Lizotte, Alexandre Pilon‑Guay_ Du 30 octobre au 9 novembre 2013

Courte intervention écrite de Philippe Ducros

Jeudi-Discussion + Vendredi-Entretien

« Tchekhov, c’est l’auteur du changement d’époque, de l’aube des renouveaux… Sa pièce, Les trois sœurs, écrite en 1900, à la charnière du siècle des charniers, annonce les bouleversements des temps à venir, de la révolution latente, le calme de l’attente avant la tempête. On y voit une bourgeoisie et son mal de vivre, la puissance et l’importance du travail, l’incapacité d’être… Ça nous ressemble un peu trop… Faudrait faire attention ! »


_19_ Collectif Bobik

ANDREÏ ou le frère des Trois sœurs

les trois soeurs de tchekhov La pièce originale se déroule dans la campagne profonde de Russie. Trois sœurs, confinées dans une ville isolée, s’ennuient en rêvant d’une vie bourgeoise à Moscou. Un régiment de passage vient les tirer de leur torpeur. Tout change pour les trois jeunes femmes, mais pas pour leur frère Andreï. Dépeint comme un mari trompé et un homme lâche, jamais la lumière n’est faite sur lui. Pour les sœurs, la résurrection sera de courte durée, car le régiment est bientôt contraint de quitter la ville, les rendant à leur solitude… Le collectif Bobik appose ici une loupe sur cet homme laissé pour compte.


_20_ Collectif Bobik

ANDREÏ ou le frère des Trois sœurs

féminisme relecture tchekhov douance isolement C’est la fête d’Irina. Pourtant, Andreï, son frère, est là, seul dans sa chambre, chapeau de fête vissé sur la tête, les yeux rivés dans les pages d’une revue épaisse. On entend le tumulte derrière lui, le cliquetis des assiettes, des verres ; les éclats altérés des voix ouvertes, des blagues qui font mouche, du plaisir qui libère. Il s’est apporté une assiette bien garnie du buffet d’anniversaire. Il se dit qu’il ne mangera sûrement pas tout, ou qu’il en aura au moins pour plus tard. Il semble bien. Il sait toutefois que, bientôt, ses sœurs viendront le chercher. Elles lui demanderont de jouer au savant devant les invités, des militaires si imposants et masculins. Il jouera, encore. Mais il est si fatigué. Le jeune homme intelligent, il n’y a pas si longtemps, est devenu l’homme hésitant. Ses rêves semblent s’étioler. Des grandes aspirations investies en lui ne restent que quelques opportunités, floues et lointaines. Ses trois sœurs voyaient en lui le Sauveur, celui qui sortirait les siens de cette foutue campagne… Peu importe le niveau social, l’insatisfaction et l’envie sont des cancers à contenir. Que veut Andreï, au fond ? La pression et la gloire ou la stabilité ? Et dans ce poids qu’il prend jour après jour, quelle fuite y’a-t-il ? Le bonheur est-il la même chose que le plaisir ? Comment différencier la sagesse de la paresse ? Andreï est déjà condamné par Tchekhov lui-même au cycle de fuite et de violence typique des préjugés sur la masculinité. Andreï est un échec aux yeux de tous…


_21_ Collectif Bobik

ANDREÏ ou le frère des Trois sœurs

Miroir de l’homme d’aujourd’hui

Force est d’admettre que l’homme évolue grandement (surtout chez nous, il est important de le souligner) sur les questions de la responsabilité et de l’engagement. En prenant cet homme très imparfait et en racontant son histoire d’homme dominé, en voyant « son côté de l’histoire », on ne peut plus le percevoir uniquement comme un lâche. Il devient soudainement plus complexe, plus humain… Éprouver de l’empathie pour un homme dominé, et non de la pitié ou du dégoût…

lui

« Lorsqu’on n’a pas de vie véritable, on la remplace par des mirages. » — Extrait de La mouette , Anton Tchekhov


viande à chien Une œuvre théâtrale très librement inspirée du roman de Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché. Rédigé en 1933, ce récit fut qualifié de « pamphlet anticapitaliste », par son auteur.

Production Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) et Théâtre des Fonds de Tiroirs (TFT)_ Texte Frédéric Dubois, Jonathan Gagnon, Alexis Martin_ Mise en scène Frédéric Dubois_ Idée originale Daniel Brière, Frédéric Dubois, Alexis Martin, Pascal Robitaille_ Distribution Guillaume Baillargeon, Louise Cardinal, Sébastien Dodge, Jonathan Gagnon, Noémie O’Farrell_ Concepteurs Romain Fabre, Renaud Pettigrew, Pascal Robitaille_ Du 19 novembre au 7 décembre 2013 Vendredi-Entretien + Jeudi-Discussion


_23_ nte + tft

viande Ă  chien


_24_ nte + tft

viande Ă  chien


_25_ nte + tft

viande Ă  chien


_27_ Le bureau de l’APA

Les oiseaux mécaniques

Les oiseaux mécaniques

Les oiseaux mécaniques empile performances, tableaux vivants, textes et chansons dans une œuvre qui pose la question des pouvoirs et de l’aliénation. Nous sommes noyés, submergés, étouffés, moulés par les images, la musique, l’information et le bruit. Les cases sont toutes noircies. Les interstices sont de plus en plus rares. Le monde est bouché. Production Le bureau de l’APA [Laurence Brunelle‑Côté, Simon Drouin]_ Distribution Gabrielle Bouthiller, Laurence BrunelleCôté, Jasmin Cloutier, Julie Delorme, Simon Drouin, Robert Faguy, Benoît Fortier, Bernard Langevin, Danya Ortmann, Alain‑Martin Richard_ Concepteurs Frédéric Auger, Stéphanie Béliveau, Gabrielle Bouthiller, Jasmin Cloutier, julie delorme, Alexandre Fatta, Philippe Lessard‑Drolet, Maxime Rioux, Pascal Robitaille_ Du 11 au 21 décembre 2013 Vendredi-Entretien + Jeudi-Discussion + Carte Prem1ères


_28_ Le bureau de l’APA

Les oiseaux mécaniques

La grève générale ne peut plus rien. Ce qu’il faut opposer à l’Empire, c’est la grève humaine. [...] La grève humaine, aujourd’hui, c’est refuser de jouer le rôle de la victime. S’attaquer à lui. Se réapproprier la violence. S’arroger l’impunité. Faire comprendre aux citoyens médusés Que s’ils n’entrent pas en guerre ils y sont quand même. Que là où l’ ON nous dit que c’est ça ou mourir, c’est toujours En réalité Ça et mourir. —  Comment faire ? , Tiqqun, Organe de liaison au sein du parti imaginaire  – Zone d’Opacité Offensive, Les Belles-Lettres, 2001 (Téléchargement gratuit à infokiosques.net)


_29_ Le bureau de l’APA

Les oiseaux mécaniques

« Être en retard sur son temps, quand ce temps est lui-même rétrograde, c’est une preuve de progrès.  » — Schopenhauer

À visionner : - Le documentaire Le sport et les hommes, réalisé par Hubert Aquin (ONF, 1959, 58 minutes) disponible sur le site de l’ONF - Que du Blanc sur vimeo À écouter : La neuvième symphonie de Beethoven. À la fin du disque, enlevez l'arrêt automatique et écoutez le silence se répéter. si vous partez, laisser l'appareil en marche 24 heures au minimum.


_30_ Théâtre complice

le souffleur de verre Chemin de création

La prémisse de l’écriture du Souffleur de verre est très ancienne et très enfouie.

« Ils montaient vers le nord dans le noir de la nuit, et si l’on peut encore donner un sens au mot prière, je suis certain qu’au volant de sa vieille Dodge, Parker priait. » — Trevor Ferguson, Train d’enfer Une phrase, une seule petite phrase lancée comme un appel de détresse au milieu d’un roman, semée dans mon esprit et dans mon cœur, et qui déclenche un torrent de répliques non distribuées sans que je sache vraiment de quoi je parle et veux parler, c’est comme ça que cela commence. Le temps passe, saison après saison, le torrent grossit, l’actualité apporte sans cesse de l’eau à la rivière.


_31_ Théâtre complice

le souffleur de verre

JEANNE — Avez-vous des nouvelles ? L’ÉTRANGER — Pardon ? JEANNE — Des nouvelles. L’ÉTRANGER — Quoi ? De quoi ? Que voulez-vous entendre ? JEANNE — Une bonne nouvelle, une seule, une bonne nouvelle du monde. L’ÉTRANGER — Non. JEANNE — Une seule. L’ÉTRANGER — Non. JEANNE — Une. L’ÉTRANGER — Non. Temps JEANNE — Rien ne change. L’ÉTRANGER — Tout a changé, basculé. Temps JEANNE — Dommage. L’ÉTRANGER — Oui, dommage. (Après un long temps) Tout n'est peut-être pas perdu. JEANNE — Vous croyez ? L'ÉTRANGER — Je ne sais pas. LE PATRON, bas au Chauffeur — Qu’il foute le camp. Passage à l’an 2000. Élucubrations des millénaristes de tout acabit. J’écris toujours, me pose cette question : c’est quoi pour moi la fin du monde ? 2007-2008. Début d’une énième crise économique d’un système moribond impossible à euthanasier… Mais les gens dans tout ça ? Production Théâtre complice_ Texte et mise en scène Denis Lavalou_ Distribution Jean‑François Blanchard, Olivier Courtois, Jasmine Dubé, Henri Chassé, Marie‑Josée Gauthier, Denis Gravereaux, Nicole‑Sylvie Lagarde, Claude Lemieux, Vincent Magnat, Monique Mercure, Ginette Morin, Janie Pelletier, Marcel Pomerlo_ Concepteurs Angelo Barsetti, Éric Forget, Nicole‑Sylvie‑Lagarde, Francis Laporte, Denis Lavalou, Stéphane Ménigot_ Du 14 janvier au 1 er février 2014 Vendredi-Entretien + Jeudi-Discussion


_32_ Théâtre complice

le souffleur de verre

Je commence à savoir pourquoi et sur quoi j’écris. Le vrai texte émerge. Face à ce degré d’abjection et d’inconscience qui semble tout dominer, la fin du monde, c’est l’indifférence, c’est le trop-plein qui fait péter les plombs, c’est la tête et le cœur qui disjonctent et se foutent désormais de tout. C’est les douze villageois du Souffleur de verre. Plus de morale, plus de conscience, plus de sentiments. Le cercle vicieux des mots inutiles, ressassés jusqu’à la corde, précieux pourtant, car il s’agit de ne pas mourir, et d’éviter de s’abîmer dans un silence insupportable. Le dehors est une menace horrible, on ne sait plus faire d’enfants, on élimine les survenants, on cache des histoires atroces, on crève d’avoir oublié comment penser. Voilà, c’est fait, c’est écrit, Le souffleur de verre est né. C’est l’histoire de Parker et de sa langue bulle. Douze plus un choristes. C’est drôle et c’est tragique, ce qui revient au même.

[…]

LA VOISINE, l' interrompant — Mais la langue, la langue de verre, la langue bulle ? La langue de Parker. Les bulles, vous vous rappelez ? On l’a appelé comme ça parce qu’il faisait des bulles, comment l’a-t-il apprise la langue de Parker ? L'HOMME COLÈRE — Jamais il ne nous parle, nous parle, avec nos mots. Il ne veut pas se faire comprendre, depuis des siècles, des années. Il dit avec des simagrées, des signes, et même les signes, c’est de l’Ailleurs qu’on connaît pas et qui nous nargue. On n'est pas des chiens (les chiens, on les abat). On ne répond pas. Des signes, qu’est-ce que vous voulez répondre à des signes, et pourquoi pas des coups de sifflet ? Ce n’est pas concevable, ça, vous comprenez ? LA SAVANTE — Essayez de vous mettre à notre place. LA COMMÈRE — Cette façon de nous nier, quand même, vous comprenez ? LE CHAUFFEUR — Mais ça n'est pas possible.

2013. Cinq ans après le premier choc, les banquiers renfloués par les États centraux continuent de toucher des salaires mirifiques, le chômage et la pauvreté, maladies endémiques, atteignent des sommets un peu partout en Occident, mais il est toujours impossible de réformer le SYSTÈME. Dans quel état sommes-nous ? Dans quel état nous apprêtons-nous à léguer la planète aux enfants qu’on nous encourage encore à faire pour nourrir l’hydre de la consommation ?


_33_ Théâtre complice

le souffleur de verre

Requiem pour une humanité épuisée Dans Le souffleur de verre, nous sommes un peu plus loin sur la route du Nord dont tout le monde sait qu’elle ne mène à rien.

[…]

L’ÉTRANGER — Pourquoi construire une route que personne ne fréquente ? LA FILLE, heureuse de l’ évidence — AH. LE VOISIN — Parce qu’elle ne va nulle part. L’ÉTRANGER — Pourquoi l’avoir construite alors ? LE VOISIN — On a commencé à la construire et puis on s’est aperçu que personne ne la prenait justement parce qu’elle ne menait nulle part — je le sais j’y habite — alors on a abandonné la construction et de ce fait elle va jusqu’à où elle est construite et après, nulle part. LA SAVANTE — Le Nord, voilà. LA VOISINE — Un cul-de-sac.

L’écriture achevée, je comprends que c’est de ma peur que je veux parler. La plus grande. La plus dévastatrice. Par-delà l’état de la planète, la faillite de la démocratie et la soumission des politiciens, il y a l’état des cœurs humains. Et si des siècles de désinformation par indigestion d’informations, des siècles de lavage de cerveaux via la société de consommation, des siècles de catastrophes climatiques, nucléaires, alimentaires annoncées et arrivées nous avaient définitivement rendus idiots, indifférents, insensibles ?...

— Denis Lavalou, auteur et metteur en scène


_36_ Omnibus le corps du théâtre

AMOURS FATALES Production Omnibus le corps du théâtre_ Texte Jean Racine_ Mise en scène Trois metteurs en scène_ Distribution Cinq interprètes_ Du 11 février au 8 mars 2014 Jeudi-Discussion + Vendredi-Entretien


_37_ Omnibus le corps du théâtre

AMOURS FATALES


_38_

Omnibus le corps du théâtre AMOURS FATALES

jean = Andromaque + Bérénice + Bajazet jean x (J) = Amours Fatales => Amours Fatales = ?


_39_

Omnibus le corps du théâtre AMOURS FATALES

Après s’être attelé à adapter Shakespeare en 2013 avec Fatal, Jean Asselin (J) s’empare cette fois des classiques Andromaque, Bérénice et Bajazet, de Jean Racine ( jean ), les réduisant à une demi-heure chacun pour nous proposer Amours fatales. Là où Shakespeare dépeint l’homme déterminé par Dieu, Racine en sonde l’âme en déréliction, une société dotée d'un libre arbitre réduite à la horde humaine. Une pièce qui s’attache à respecter l’algorithme racinien. Toujours, l’homme 1(H) aime la femme 1(F) qui aime H2 , lequel aime F2 qui aime H1 . Le cinquième interprète, forcément une femme qui force la confidence et dont le nom commence par Z , assure les liens dramatiques entre les passages élidés. L’issue dramatique des trois courtes pièces est forcément fatale.

À visionner : Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman sur youtube.com

(h1 + f1 + h2 + f2 + h1)z = amours fatales Racine commande le décorum. Sur le plan littéraire, son alexandrin ne peut être altéré. L’adaptation prendra donc la forme d’un collage de scènes ou de fragments de discours amoureux entrecoupés d’une parole prosaïque. Le classicisme de Racine, le territoire psychique très cru qu’il investigue, ne supportent pas un jeu quotidien ; cette écriture commande un style transposé, audacieux et radical, ainsi que des corps fictifs à l’avenant.

réponse : (j) x (andromaque + bérénice + bajazet) i.e. Andromaque, Bérénice et Bajazet revus et adaptés par Jean Asselin.


Ignor http://www.theoldtrouts.org/ ignorance/the-latest-versionof-the-script/ Neandertaler on March 4, 2012 at 11:55 pm said: > I just came back from watching it. What a great show ! Loved the set, the puppets, the amazing acting work and the way the story came together. I’ve always had a thing for puppets, but I didn’t think I could get a lump in my throat watching a prehistoric one – whose language I couldn’t even understand – breathe his last… Congratulations to you all. You’ve outdone yourselves, once again !


rance


_42_ The Old Trout Puppet Workshop

ignorance

Un spectacle de marionnettes créé en direct sur le web Ignorance, c’est un documentaire de marionnettes sur nos origines préhistoriques pleines d’allégresse, afin de voir comment nos cerveaux ont évolué pour devenir ces hideuses sangsues de bonheur qu’ils sont aujourd’hui. Oui : on se demande pourquoi on n’est pas heureux ! Et comment on pourrait résoudre ce problème-là sans plonger dans l’alcoolisme, les tranquillisants, les lobotomies frontales ou toutes autres formes d’ignorance auto-induites. Mais Ignorance, ce n’est pas seulement ça ! C’est aussi une toute nouvelle manière d’écrire du théâtre, pour autant qu’on le sache, en tout cas… Voici ce qu’on a fait. Au fur et à mesure de notre réflexion, on a tout mis sur notre site Internet : les textes, les dessins, les photos, des petits bouts de vidéos, des répétitions, toute la patente. Tous ceux qui veulent y jeter un coup d’œil peuvent encore voir la progression des idées.

http://www.theoldtrouts. org/ignorance/the-latestversion-of-the-script/ peglegscrown on November 18, 2011 at 6:14 pm said: > Simple question. Who is the narrator ? What is the narrator’s relationship with the audience ? With the story and the characters ? If you know this clearly, the speeches will write themselves.


http://www.theoldtrouts. org/ignorance/the-latestversion-of-the-script/ Judd Trout on November 19, 2011 at 8:40 am said: > Damn it ! You’re right. Let me ponder that and post properly in a bit.

Voici quelles étaient les consignes, pour prendre part à la création : « Peut-être que vous trouvez une scène stupide, alors écrivez votre propre version. Peut-être que vous trouvez qu’on n’a pas compris quelque chose de fondamental dans les habitudes de chasse des hommes de Cro‑Magnon, alors dites-nous ce que vous savez… dans un poème, ou encore, envoyez-nous une vidéo de votre interprétation de la danse du « mastodonte au clair de lune », ou fulminez sans queue ni tête, qui sait, vous allez peut-être tomber sur un filon d’or au royaume de la marionnette. Et si vous êtes critique et que vous pensez que tout ça va être mauvais, eh bien, vous avez enfin l’occasion de nous le dire à l’avance. » Mais, au bout du compte, on va avoir créé ensemble un spectacle de marionnettes. Tout le monde, ensemble, ou du moins, tous ceux qui en avaient envie. Et ça, c’est quelque chose que nous, on trouve beau…

Production The Old Trout Puppet Workshop [alberta]_ Texte et mise en scène The Old Trout Puppet Workshop_ Distribution Viktor Lukawski, Nicolas Di Gaetano, Trevor Leigh_ Concepteurs Peter Balkwill, Erin Baskerville, Beyond Foam Insulation, Paul Bezaire, Sitji Chou, Jonathan Davis, Juanita Dawn, Nicolas Di Gaetano, Paul Dutton, Jen Gareau, Pityu Kenderes, Trevor Leigh, Tyler Lemermeyer, Donna Mark, Deneen McArthur, Cimmeron Meyer, Jamie Nesbitt, Judd Palmer, Laurana Rayne, Kyla Read, Shawna Reiter, Jessi Schroeyers‑Frederick, Techart Custom Creations_ Du 11 au 15 mars 2014 Jeudi-Discussion + Carte Prem1ères


_44_ Prototype Théâtre et Centre Dramatique National de Caen

globale surveillance Production Prototype Théâtre [FRance] et Centre Dramatique National de Caen_ Texte et mise en scène Eric Sadin_ Distribution Laure Wolf, Gurshad Shaheman_ Concepteurs Fabric|ch, Abigail Fowler, No Hista_ Du 18 au 22 mars 2014 Jeudi-Discussion + Vendredi-Entretien + Carte Prem1ères

Nous vivons dans un monde sous surveillance, plus personne n’oserait en douter. Mais quelle forme prennent ces nouveaux dispositifs de contrôle et en quoi sont‑ils différents des pratiques du siècle dernier ? Comment modifient‑ils notre rapport au monde et aux autres ? Vont-ils jusqu'à menacer le droit à la vie privée ? Globale Surveillance dresse une zone spatiale hyper surveillée, à l'intérieur de laquelle acteurs et spectateurs sont soumis à quantité de procédures de traçabilité rendues visibles, a contrario de nombreux mécanismes quotidiennement à l'œuvre et marqués par le phénomène angoissant de l'invisibilité.


_45_ Prototype Théâtre et Centre Dramatique National de Caen

globale surveillance

Le nouveau paradigme de la surveillance Multitudes n°. 40 (printemps 2010)/Entretien mené par Ariel Kyrou et Dominique Quessada avec Éric Sadin. A.K. / D.Q.  : Pourriez-vous nous résumer en quelques mots ce qu'on entend aujourd'hui par «  surveillance  » et ce sur quoi elle repose  ? E.S. : D’emblée, il convient de poser la nature du nouveau paradigme à l’œuvre dans les procédés de surveillance contemporaine  : une collecte ininterrompue d’informations en vue de définir des profils les plus individualisés, précis et « collés » à la multiplicité de nos actions quotidiennes (achats, déplacements, actes médicaux, communications, etc.). Ces « portraits hautement détaillés » déterminent des usages divers selon des objectifs d’ordre prioritairement sécuritaire ou marketing. L’enjeu ne consiste plus à circonscrire les individus distribués sur un territoire, à fixer les limites de leurs actions et à en vérifier le respect (charge revenant historiquement aux préfets disposant des forces de police), mais à se tenir à distance des personnes en vue de recueillir des données à flux tendues, destinées à être analysées et traitées de façon à pénétrer les pratiques et à dessiner les cartographies relationnelles. Constats qui pourront être utilisés en vue d’estimer le degré de « dangerosité » des personnes, ou dans le champ commercial, les pratiques de consommation dans l’objectif d’offrir en retour les offres les plus adaptées à la singularité de chaque consommateur.

A.K. / D.Q. : Le titre de votre livre rajoute le mot « globale » à cette surveillance. Cette surveillance ne se joue plus à l'échelle des États mais à celle de la planète, et elle concerne non seulement les États mais les entreprises ? E.S. : Les modalités de la surveillance contemporaine sont multiples et, en aucune manière, unifiées en des procédés et des objectifs communs. Elles continuent de s’opérer à hauteur nationale en vue de garantir la sécurité intérieure (collecte d’informations de tous ordres à l’égard des citoyens), mais ce niveau-ci est devenu indissociable d’une coopération internationale (emblématique dans la lutte contre le terrorisme ou l’identification de réseaux mafieux de trafic de stupéfiants, de prostitution, de blanchiment d’argent, etc.). Il s’opère selon les pays, des accords relativement aux échanges d’informations à l’égard d’individus ou de groupements. Mais ces dimensions restent finalement minoritaires relativement aux données commerciales recueillies auprès des individus, qui ne cessent de disséminer des traces portant sur les pratiques de consommation. La notion de surveillance peut être déplacée au profit de celle de « suivi » ou de tracking, à savoir le pistage continu des informations émises par chacun. La science marketing constitue la plus grande puissance contemporaine de « pénétration » des personnes, car elles sont informées en temps réel et presque « sans rupture » à l’égard des comportements q u o t i d i e n s .

La science marketing constitue la plus grande puissance


la plus grande puissance contemporaine de « pénétration » des personnes, car informée en temps réel et presque « sans rupture » à l’égard des comportements quotidiens. _46_ Prototype Théâtre et Centre Dramatique National de Caen

Ces données sont, aux États-Unis par exemple, vendues aux organes sécuritaires globale surveillance étatiques qui vont leur permettre de mieux identifier chaque citoyen, principalement à l’aide de ces traces. Il est interdit à ces agences gouvernementales de collecter des données commerciales, mais non de les acquérir auprès de compagnies privées spécialisées dans le tracking commercial. Nous voyons ici à quel point domaines sécuritaire et marketing, qui étaient il y a à peine une vingtaine d’années très distincts et qui s’ignoraient presque, sont aujourd’hui de plus en plus entrelacés au point qu’une même donnée de consommation peut revêtir simultanément un usage à la fois marketing et sécuritaire. Cette dimension nous avertit au passage de l’impératif de mettre en place des précautions légales et de développer une conscience lucide individuelle et collective relativement aux usages réalisés par des tiers des données que nous disséminons en continu. Une société démocratique doit pouvoir fixer des limites, à l’égard de la protection de l’intimité des citoyens. Ces mêmes citoyens doivent être conscients et vigilants à l’égard d’une forme de « mise à nu » ininterrompue et plus ou moins consentie qu’ils produisent désormais par leurs gestes et qui induit une connaissance toujours plus approfondie de chacun.

A.K. / D.Q. : Vous écrivez que nous sorte de « bouillon de culture », d'un continuum ininterrompu de De l'interconnexion généralisée à biométrie aux nouvelles formes nous tracer les grandes lignes

vivons aujourd'hui dans une favorable à la formation dispositifs de surveillance. la vidéosurveillance, de la de marketing, pouvez-vous de ce nouveau continuum ?

E.S. : Par une sorte de hasard historique, trois dimensions hétérogènes s’entrelacent, se «  potentialisent  » entre elles. La première regarde la sophistication technologique actuelle, qui expose une architecture

extrêmement efficace et dont les trames principales sont déjà en place et le seront pour longtemps. Quelles sont-elles ? Interconnexion généralisée – géolocalisation – vidéosurveillance (de plus en plus automatisée et reliée à des logiciels de reconnaissance ou de détection de mouvements « menaçants ») – bases de données (qui constituent le cœur de la surveillance contemporaine, par la faculté de traitement automatisé des masses informationnelles) – biométrie (réduction de certaines parties du corps à des codes chiffrés, qui permettent une authentification ou une identification) – puces RFID (qui insufflent une sorte de rythme vital aux objets et qui témoigneront à terme de la nature de nos usages à l’égard des choses) – avenir nanotechnologique (qui confirmera l’invisibilité croissante des dispositifs de suivi, ainsi que l’investissement du corps par des « nanopuces » capables de témoigner de notre intimité physiologique autant que de nos relations avec des corps situés à proximité également « implantés ». Enfin, un autre faisceau comprend ce que je nomme « surveillance horizontale », c’est-à-dire l’ensemble des effets d’exhibition et de voyeurisme notamment entretenus par l’usage des webcams, les blogues, l’expansion des « réseaux sociaux ». La deuxième strate de ce bouillon de culture consiste en l’incertitude géopolitique manifestement à l’œuvre depuis la chute du bloc communiste à la fin des années 1980, qui a découvert des conflits « asymétriques », des « menaces diffuses », des « nébuleuses terroristes », lesquels instaurent la « récolte de données » comme le socle stratégique essentiel de défense (qui concourt à recueillir d’une façon indifférenciée le plus grand volume de données à l’égard du plus grand nombre d’individus ; pratiques qui ont jusque-là rencontré plus ou moins de succès et qui ont été emblématiques de la « logique préventive » qui avait cours aux États-Unis durant la première décennie du XXIe siècle). Enfin, la troisième strate concerne « l’agressivité marketing », qui, dans une économie mondialisée fondée sur une extrême concurrence, un privilège de la marque et la disparition tendancielle des


que les technologies numériques autorisent, souvent avec le concours plus ou moins approuvé de _47_ chaque « cible » ou « terminal humain ». Prototype et Centre Dramatique Nationalhistorique de Caen Ces trois couches concourent à ceThéâtre que nous vivons une période inédite, marquée par l’enveloppement ininterrompu de nos gestes par des protocoles de suivi et de récoltes d’informations à l’égard d’un nombre globale de plus surveillance en plus élargi d’actions quotidiennes.

A.K. / D.Q. : Les pouvoirs politiques ne sont pas en reste. Mais, sur ce registre, la clef serait selon vous la menace terroriste. L'enjeu, à l'instar du rôle de la précognition dans le film Minority Report , n'est plus de punir a posteriori mais de prévenir a priori tout acte terroriste ou tout simplement illégal. La police mondiale ne cherche plus les coupables, mais les coupables en puissance, par leur look, leur attitude, leur déviance par rapport à des comportements ordinaires analysée statistiquement en temps réel... Pouvez-vous nous l’expliquer et nous en dire un peu plus ? E.S. : Philip K. Dick avait éprouvé la formidable intuition de l’avènement d’une société qui s’efforcerait de découvrir les intentions avant la réalisation des actes. Dimension à l’œuvre dans le livre à partir duquel Spielberg a réalisé Minority Report, qui expose un environnement sécuritaire et commercial fondé sur la « précognition » des actes, c’est-à-dire la prescience des intentions les plus enfouies, captées à distance et qui induisent des alertes en vue de faire intervenir les forces de sécurité avant l’exécution des délits, ou de proposer des offres commerciales pertinentes en fonction des profils singularisés. On peut affirmer qu’il se déploie depuis les années 2000 un environnement anthropologique, technologique, politico-juridique, marqué

À LIRE :

tendanciellement par cette propension à intervenir avant la réalisation d’un crime ou à offrir en amont

LA TRILOGIE D’ÉRIC SADIN.

des offres commerciales plus ou moins consciemment désirées au moment de leur suggestion. Il s’est produit un saut dans le mécanisme temporel de la surveillance, non plus appelée à vérifier la conformité aux lois et à enregistrer les délits constatés, mais à créer des algorithmes chargés d’alerter. Ces dimensions sont à l’œuvre dans le dogme géopolitique américain de la première décennie du siècle, lequel est explicite dans le principe de « logique préventive » ou, selon d’autres visées, dans le registre commercial, par cette volonté de pénétrer le

L’HUMANITÉ AUGMENTÉE. L’ADMINISTRATION NUMÉRIQUE DU MONDE (ÉDITIONS L’ÉCHAPPÉE, COLLECTION POUR EN FINIR AVEC, MAI 2013).

psychisme [

singulier

des

individus,

sous …

le

vocable

de

neuromarketing. ]

LA SOCIÉTÉ DE L’ANTICIPATION (ÉDITIONS INCULTE, 2011). SURVEILLANCE GLOBALE (ÉDITIONS FLAMMARION, COLLECTION CLIMATS, 2009).

A.K. / D.Q. : Google prétend pouvoir déterminer à l’aide de ses robots intelligents ( crawlers ) qu’un À VISIONNER : individu va se mettre à chercher un nouvel emploi LA BANDE-ANNONCE DE LA PIÈCE GLOBALE deux à trois mois avant que ce désir n'apparaisse SURVEILLANCE SUR VIMEO.COM

comme tel dans la conscience de cette personne… À INVENTORIER : [

]

LE NOMBRE DE CARTES À PUCES DÉTENUES PAR CHACUN D’ENTRE NOUS.

E.S. : Ma position consiste à penser qu’un individu : (dans sa psychologie, sa variabilité, son incertitude), ÀLA REMARQUER RELATIONS ENTRE LE CONTENU DE COURRIELS ET LES SUGGESTIONS ne constituera jamais l’équation parfaite de la NOS QUI NOUS SONT FAITES PAR GOOGLE, ET somme de ses données disséminées et qu’il demeure LES PROPOSITIONS PUBLICITAIRES DANS FACEBOOK. des zones d'ambiguïté non réductibles à l’analyse computationnelle et comportementale. Cette part « cachée », irréductible, est souvent occultée ou ignorée, conduisant à la mise en place de stratégies à l’ambition parfois démesurée et finalement vaines, qui méconnaissent l’absolue complexité de l’esprit humain, virtuellement toujours capable de déjouer toutes les puissances de calcul du monde.


M n o

tel

 E d e

_49_ hôtel-motel

première partie

Adaptation théâtrale de la première moitié du roman de Philippe Ducros sur le bonheur déchu, marchandé et médicamenté en Amérique. Production Hôtel-Motel_ Texte et mise en scène Philippe Ducros_ Distribution FrançoisBernier, Ludovic Bonnier, Larissa Corriveau, Guillaume Cyr, Sébastien Dodge, Michel Mongeau, Marie‑Laurence Moreau, Dominique Quesnel, Sébastien René, Sasha Samar_ Concepteurs Ludovic  Bonnier, Marie‑Hélène Dufort, Romain Fabre, Max‑Otto Fauteux, Thomas Godefroid, Charlotte Ménard, Thomas Payette, Caroline Turcot_ Du 1 er au 19 avril 2014 Jeudi-Discussion + Vendredi-Entretien + Carte Prem1ères


_50_ hôtel-motel

Eden Motel

La province du Québec est au troisième rang mondial quant au taux de suicide… Cinq suicidés par jour ! C’est la première cause de mortalité chez les hommes de 20 à 40 ans… Et vous… Êtes-vous heureux ?

MOI  —  Parce que ça peut pas être juste ça… Être enfermé dans sa piscine hors terre comme dans une soupe Campbell ; regarder les nouvelles se réchauffer dans le micro-ondes, en prison dans sa pelouse, bâillonné par les paiements ; entendre le tic-tac monotone de la bombe des jours plates, des jours répétés, calqués, en n’espérant pas exploser à grands coups de 12 dans un supermarché bondé… Attendre. Avoir une télé dans le coude pis un téléroman dans le nez. Commander l’amour en appuyant sur une touche pour continuer, commander la mort en appuyant sur la gâchette pour arrêter. Attendre. Choisir la femme de sa vie dans un magazine porno, la commander en latex parce qu’on peut pas tout avoir dans la vie. Et attendre. La vie peut pas être juste une mise en attente. Parce que le paradis doit pas être un fonds de retraite ; parce que la liberté peut pas arriver au même moment que le cancer ; parce que l’espoir doit pas être juste un numéro chanceux nul si découvert ; parce l’amour devrait pas être un virus iloveyou.com multi résistant qu’on attrape en solitaire ; parce que la tendresse devrait pas être un centerfold en papier glacé ; parce que les contacts humains devraient pas attendre pour garder leur priorité d’appel.


_51_ hôtel-motel

Eden Motel

Parce que ma prescription peut pas être plus puissante et que les pilules réussissent plus à me sortir du lit ; parce que Dieu n’est pas responsable des balles perdues ; parce que l’envie de me lancer en bas d’un pont pour vivre quelque chose une fois pour toutes dans les quelques secondes avant l’impact négocie trop dur avec mes raisons de faire semblant.

Parce que tout ça, je suis parti.

Je me suis acheté une auto. Une grosse auto… J’ai pris l’autoroute. Avec rien d’autre qu’une valise de pilules pleine à en déborder, le Pet of the Year Play-Off et une tonne d’autres stupéfiants non catalogués. J’ai essayé de quitter ça, l’Amérique… Mais l’Amérique est partout. Je me suis échoué dans un motel d’autoroute… Quelque part proche de la frontière Canada-Mexique. Sur le bord de la plage. Je regarde le soleil se coucher au large, entre les cargos, et j’avale des pilules avec du rhum… Somnifères, antidépresseurs, amphétamines, XTC, MDMA, Somnonal, Prozac, Zoloft, Paxil, même des vitamines Flintstones. Mes valises pleines de médicaments se vident de médicaments. Alors, je les remplis de coquillages. C’est beau les coquillages… Je fais aussi des châteaux… Il y a d’autres naufragés ici au Eden Motel… On est tous pareils, à manger nos autos, à changer d’identité avec les marées, à se shooter du Viagra par soluté, à vouloir appuyer sur la gâchette pour éteindre la téléréalité… Comment retrouver mon chemin quand tout me pousse à la performance, à la croissance et au succès, comment accepter la réalité, ses bourrelets et toute sa banalité ? Comment aimer quand l’amour est en pleine crise d’anorexie, siliconée ? Le sexe est partout, performatif, aérodynamique, pourquoi aimer quand il y a la pornographie ? Et est-ce que je dois moi aussi baiser comme un marathonien contorsionniste et boulimique, au même titre que je me dois d'être heureux, sinon je ne suis qu’un looser ? Qu’est-ce qui se passe avec notre mode de vie qui fait qu’on est plus capable de vivre ? Il a l’air sexy, pourtant, notre mode de vie… Au large, le reste du monde, la majorité muette, surpeuplée, surpolluée, prête à tuer pour venir en terre d’abondance, pour s’acheter un coin du rêve américain, pour pousser son carrosse dans nos supermarchés… Pourquoi, au risque de leur vie, est-ce qu’ils veulent venir ici, si les hommes se suicident, si les femmes se gavent de pilules pour se lever le matin, si les adolescents ouvrent le feu dans les écoles et si les enfants explosent d’obésité morbide ?

Répondez-moi ! On est échoués sur une île déserte

qui s’appelle l’Amérique… Je lance cette bouteille à la mer… J’espère que quelqu’un va la trouver… Venez nous chercher ! Laissez-nous pas tout seuls !


_52_ Théâtre AcharnéE

« C he z nous , on s e d éfen d, o u o n pa r le d e r i en  ; de la mété o, de s a ffa i r es q u i to u r n en t au v i d e, de s af fai r es qui m' en d o r men t. O n d o rt d eb o u t, mai s p lus s ouven t, a ssi s da n s le so fa .

My name is : j’men sacre... » — Audrée Southière

Production Théâtre AcharnéE en coproduction avec Rouge‑Gorge_ Texte et collages Audrée Southière_ Mise en scène Mathilde Addy‑Laird_ Distribution Audrée Southière_ Concepteurs Valérie Bourque, Karine Galarneau, Gabriel Poirier‑Galarneau, Virginie Reid, Michel Smith_

T’en souviens-tu, Pauline ? Du 10 au 19 avril 2014 [Studio Espace Libre] Carte Prem1ères


_53_ Théâtre AcharnéE

T’EN SOUVIENS-TU, PAULINE ?


_54_ Théâtre AcharnéE

T’EN SOUVIENS-TU, PAULINE ?

À travers les évènements marquants de la vie de Pauline Julien, en puisant dans la richesse des textes de son répertoire, des liens se forgent, amenant une jeune femme à se questionner sur le sens de sa propre singularité. Confrontée à une perte de repères, elle sombre alors dans un cauchemar à ciel ouvert où s'entremêlent fiction et réalité. Face à elle-même, elle doute... Elle ne veut pas disparaître. L'imaginaire collectif tente de faire se rencontrer les évènements d'octobre 1970 et les mouvements politiques et sociaux actuels. Parler de Pauline Julien pour parler de nous.


_55_ Théâtre AcharnéE

T’EN SOUVIENS-TU, PAULINE ?

« Il était une fois, aujourd'hui c'est de même, bruit de guerre bruits de morts des jeunes gens en colères qui meurent, tout recommence, l'oppression et la peur. On marche dans les décombres, on se couche dans la boue, on rêve d'une maison, au milieu de ma vie, peut-être à la veille de... »

— Chanson Au milieu de ma vie , paroles Pauline Julien

Pauline Julien ? Pauline Marois ? Pauline Julien À l'heure où les libertés individuelles sont devenues la préoccupation principale des modes de pensée et où le rêve souverainiste est à l'état de deuil… L'unité fracassante entre l'œuvre, la vie personnelle et les idées politiques de Pauline Julien devient ici prétexte à interroger la mémoire de notre héritage collectif québécois et ouvre la réflexion à la question nationale. Plus personnellement, la pièce aborde le thème de la quête identitaire.

1er octobre 1998 Son corps a été découvert hier matin chez elle au Plateau Mont-Royal. Il appert qu'elle a mis fin à ses jours avec des médicaments. Depuis des années, elle souffrait d'une aphasie dégénérative « qui lui rendait la vie extrêmement difficile », sa parole et sa motricité étant affectées.

— Pierre Roberge, Presse canadienne * Aphasie (nom féminin) : L'aphasie, parfois appelée le mutisme dans le langage populaire, est une pathologie du système nerveux central, causée par une lésion caractéristique d'une aire cérébrale. Le mot « aphasie » vient du grec « phasis » (parole) et signifie « sans parole ». (Source : wikipedia.org)


_56_ Esperamos

60°

COMME DES SAUVAGES 58°

56°

Je traduis du Naskapi : L’Homme de ciment,54° langue de serpent, est venu souvent jusqu’ici. Il a construit des routes jusqu’à nos filons. L’Homme-réchauffement, poseur de guet-apens, 52° a fait des trucks de promesses. Assez de promesses pour nous tenir 500 ans… dans le néant. Le Sultan nous a envoyé ses trucks. Des osties de trucks.50° Des trucks d’un mile de long, Production Esperamos [Hugo Latulippe, des trucks pas de fonds. Jean‑Philippe Massicotte]_ Faut que ça passe drette. Conception et mise en scène Rase-moi ça large ! Hugo Latulippe_ Le truck est l’avenir48°de l’homme. Recherche Guylaine Bombardier_ Le truck aux sévices de l’homme. 10 roues, 20 roues, mets-en. Du 12 au 23 juin 2014 Des trucks sans bon sens. Des trucks à cœur d’années, qui nous divisent le pays. Des trucks qui nous strient. 46° Des blessures, jamais guéries. Des trucks cent fois, qui nous sondent le territoire. Des trucks qui nous labourent, qui nous minent. Un après l’autre, comme en enfer. Des trucks qui nous mentent, qui nous digèrent. Des trucks44°funéraires, 76° 72° 70° 74° qui nous partent avec 78°l’âme.

51°08’ N, 72°16’ O

68°


_57_ Esperamos

COMME DES SAUVAGES

[…] 60° Y a des acheteurs, dans les capitales. On manque de toutte, tout le temps, apparemment. Un des leurs a dit : Icitte, chez les barbares, chez les petits, rien n’a de valeur, a priori, mais tout a un prix (la grosse misère, 58° je te dis, mais intérieure). Plus d’eau ? La nappe est vide ? Détourne les nuages. Nous materons la vie avec nos trucks de vices, nos 10 roues de l’Apocalypse. Nous casserons de la glace jusqu’en Arctique. 56° Nous refoulerons le déluge. Abénaquis Ailleurs. Encore ailleurs. Choisis. La cour à scrap doit être ailleurs. Algonquins Entre l’Afrique, Mingan et le Bengale. Les sanctuaires en centres d’achats. Attikameks Les lieux sacrés, douleurama. 54° Les vôtres se sont mis à tout compter, tout prévoir, tout enchâsser. Cris Notre monde écroué, inféodé (gelé dur sous votre pluie de promesses), a commencé de mourir dans vos grilles coûts-bénéfices. Tranquillement, le petit chemin des Naskapis a plié, Hurons-Wendats ployé, sous le poids des engins. 52° […] Innus (Asteur même les nôtres roulent en pick-up. Je le sais. Dis-moi-les plus. Je le sais. Regarde-toi. Inuits La plupart d’entre nous ont perdu le visou des archers.) […] Malécites 50° Dis-les comme tu veux, ventripotent, mais traduis-moi ça dans toutes les langues : Micmacs Les oiseaux ne volent plus comme avant. Le flow de caribous ne descend plus jusqu’à nous. Mohawks Même la chair des animaux ne goûte plus comme dans le temps. Les vents dominants charrient l’haleine de vos géants… Naskapis 48° L’agenouillement de vos présidents. Toundra. Taïga. Le lichen goûte Pittsburgh. Chicago, Detroit, Cleveland. Le lichen goûte Montréal. Et c’est pareil sur l’Ashouapimuschuan, chez les Innus, Nitassinan. Et c’est pareil d’un flanc à46°l’autre des pays cris, attikameks, inuits, algonquins, naskapis. Ce qu’on dit vous échappe depuis les quinze cents. Ce qu’on vous dit sans jamais attaquer l’os, avec nos mots taillés dans le bois, nos mots en forme d’animaux… 44° 66°

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Ce qu’on voit avec nos yeux de loups nos yeux les plus doux, nos yeux vieux de 3000 ans, nos yeux capables de tout, 56° de voir à travers vous… Ce qu’on dit avec nos voix pas finies, nos voix scrappées à hurler dans l’hiver infini, se perd probablement quelque part dans une traduction. L’essentiel du continent reste invisible pour les vôtres. 54° L’Amérique a peut-être capitulé, vassalisée, scalpée, plombée, écrouée. Mais le mystère demeure. Entier. […] Ils auront compris lorsqu’ils diront : Je reviens ici, sur le fleuve, 52° Comme on revient en soi. Dans le grand calme des certitudes. Dans le grand cirque des oies blanches, qui se jettent sur la Terre, en toute confiance. 50° Comme des anges. Ces oies entre toutes, qui éclairent l’air des côtes, depuis bien avant nous. Ces oies qui nous réconcilient le corps et l’âme. Ces oies qui nous tricotent des liens avec le temps. 48° Ces oies qui nous marient. Ces oies de toujours, lorsque leur géométrie sacrée se déploie. Ces oies qui portent un message au-delà de nous. Millénaire. 46° Interstellaire. […] Pendant que le lac se tire encore dans la rivière, il faut donner du temps de glace aux sages, aux prophètes, aux anciens. […] 44° 78°

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COMME DES SAUVAGES

Tu vas les reconnaître, ils n’auront pas d’études d’impact, ni de part de marché à invoquer. Ils ne diront rien de mesurable, de chiffrable. Ils n’auront pas commandé de sondage Cric-Crack-Crop, Ils n’auront pas vraiment de contacts fiables au Standard and Rich ou au London Comics… Tu vas les reconnaître, puisque tu es l’un des nôtres. Ils diront… Toute l’eau du monde a passé dix fois dans le Saint-Laurent. Toute l’eau du monde a passé dix fois dans le corps de la horde. Ils diront... Nous voulons vivre dans un pays qui reconnaît, avec humilité, ses erreurs passées. Nous voulons vivre dans un pays décolonisé. Plus de Bible, de Torah, de Coran. Plus de moteurs à essence. […] Plus de rapports annuels d’ExxonMobil, de BP ou de Shell. Plus de commanditaires de la fin du monde. La paix, enfin. […] Nous sommes les descendants de la horde. Ce pays n’est pas à nous. Ce pays est le lieu, le territoire, de ce que nous sommes.

— Hugo Latulippe, Le corps de la horde , février 2007 Territoire Cri, 51ª08’ N, 72ª16’ O 74°

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photographe invité

Guillaume Simoneau a collaboré à la réalisation de notre image de saison, en page couverture. Il a été notre complice dans cette folle aventure qui nous a menés au Centre Renaissance où notre collègue Laïma a valeureusement fait connaissance avec les poissons Garra Rufa du Dr Fish.

Guillaume Simoneau, photographe Plusieurs photographies tirées de son portfolio jalonnent cette publication. Son travail est inspiré par l’expression du changement et ses diverses manifestations : « C’est la présence simultanée de la puissance et de la vulnérabilité qui m’intéresse ; la coexistence unique et temporaire de forces et de faiblesses. » Résidant à Montréal, ses œuvres ont été amplement présentées et publiées au Québec, au Canada et aux États-Unis. Elles font partie, notamment, des collections permanentes du MoCP de Chicago, du MOMA de San Francisco, du MFAH de Houston et du SFMOMA de San Francisco, aux États‑Unis, ainsi que du Victoria and Albert Museum de Londres, en Angleterre. Deux de ses monographies ont été publiées en 2013 : son corpus intitulé Love and War, finaliste au European Publishers Award for Photography, chez l’éditeur anglais Dewi Lewis Publishing, et La Commande du Morse, aux Éditions du Renard, incluant un texte d’Alexis Desgagnés. simoneauguillaume.com


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Équipe et partenaires

Comité de rédaction. Laïma Abouraja Gérald, Marion Cassard, Philippe Ducros et Hélène Legault avec la participation des artistes de la saison et de l’Atelier lapin blanc_ Conception graphique Atelier lapin blanc_Correction et révision Andrée DeRome. Photographe invité. Guillaume Simoneau [page couverture et pages 2, 5, 8, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 60] Autres photographies. The Old Trout Puppet Workshop [pages 40, 41, 42, 43] Philippe Ducros [pages 48, 49, 50, 51] Kèro Beaudouin [page 53] Laïma Abouraja Gérald [page 54] Illustrations. Dr. Carl Heinrich Stratz, Die Körperpflege der Frau, 1907 [pages 15, 16] Edward et William S. Maxwell, Maison J.T. Davis, Montréal, 1909 ; Fonds d'architecture canadienne, Université McGill [pages 18, 19, 20] Atelier Lapin Blanc [page 21] Bruno Rouyère [pages 22, 23, 24, 25] Stéphanie Béliveau [pages 26, 27, 28, 29]

Équipe d’Espace Libre Directeur artistique Philippe Ducros_Directeur administratif Denys Caron_Directrice des communications Hélène Legault_Directrice technique Caroline Turcot_Agente de développement de publics Laïma Abouraja Gérald_Responsable du service à la clientèle et gérante de salle Marie Semel_Responsable de la billetterie Ounsi Laraki_Responsable à l’entretien et à la maintenance André Barrette_Préposée à la tenue des livres Jo‑Ann Grenier_

Conseil d’administration d’Espace Libre Présidente Marie-Josée Marsan, Vice-présidente Finances et Chef de la direction financière, Vidéotron_Vice-présidente Claude Normandin, Responsable Développement stratégique et commercialisation à Fondaction CSN_Trésorière Isabelle Cadrin, Directrice, arrondissement du PlateauMont-Royal, Ville de Montréal_Secrétaire Jean Asselin, Directeur artistique et général d’Omnibus le corps du théâtre_ Administrateurs Marthe Boulianne, Codirectrice du NTE_ Philippe Ducros, Directeur artistique d’Espace Libre et des Productions Hôtel-Motel_Johanne Gélinas, Associée, Développement durable et gestion des gaz à effet de serre, Raymond Chabot Grant Thornton_

Deux compagnies fondatrices d’Espace Libre sont résidentes en nos murs. Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) — www.nte.qc.ca Directeurs Marthe Boulianne, Daniel Brière et Alexis Martin Omnibus le corps du théâtre — www.mimeomnibus.qc.ca Directeur Jean Asselin

Espace Libre est membre du Conseil québécois du théâtre, de l’Association des diffuseurs spécialisés et de Voies culturelles des faubourgs

Avec la participation d’Emploi-Québec


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Billetterie

12 spectacles dans un espace libre À la fine pointe du théâtre de recherche et d'exploration ! Cette saison, on vous simplifie la vie. Espace Libre instaure un tarif unique peu importe votre mode d'achat : sur place, au téléphone ou par Internet.

Du théâtre à la carte

Les passeports

* Soyez les premiers ! Achetez vos billets avant le jour de la première et profitez du tarif PréVoir valable pour les premières représentations. Quantité limitée. Pour en connaître les dates, consultez le calendrier (page 66-67) ou notre site Internet.

Plusieurs de nos spectacles vous font envie ? Voici nos formules prépayées : Passeport 5 spectacles_110 $ [unité 22 $] Passeport 3 spectacles_ 75 $ [unité 25 $] Passeport 3 spectacles (30 ans et moins)_ 65 $ [unité 21,70 $]

Les avantages de nos Passeports sont multiples : __ Solution économique ; __ Choix parmi 12 spectacles diversifiés ; __ Possibilité de changer de date sans frais à 24 heures d'avis (selon la disponibilité des places) ; __ Invitation à découvrir en primeur notre programmation à venir ; __ Déductible d'impôt pour les travailleurs autonomes et les entreprises. Encore plus d'avantages avec notre Passeport 5 spectacles : Accès à des billets au même tarif unitaire pour tous les spectacles de la saison, pour le détenteur du Passeport et la personne qui l'accompagne.

Billet régulier Billet (30 ans et moins) Billet du Studio Espace Libre Forfait PréVoir *

32 $ 25 $ 24 $ 24 $

Du théâtre en cadeau

Offrez un Passeport Duo-cadeau à 64 $. La personne pourra choisir son spectacle et sa date, et même la changer si elle le souhaite. Le plaisir est assuré !

Du théâtre en groupe Communiquez avec votre conseillère : Laïma Abouraja Gérald, 514 521‑3288 # 2 ou acommunications@espacelibre.qc.ca.

Carte Prem1ères, un abonnement théâtral hors circuit Renseignements 514 328-7437 www.cartepremieres.com (achat en ligne). Également en vente à Espace Libre.

Renseignements et achats Billetterie 514 521-4191 - www.espacelibre.qc.ca Espace Libre, 1945, rue Fullum, Montréal (Station Frontenac)


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< Viande à chien

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< Andreï ou le frère des Trois sœurs

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PréVoir (Achat avant la première. Quantité limitée)

Du mardi au samedi à 20h (Sauf exceptions)

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< Amour fatales

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T’en souviens-tu, Pauline ? >

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< Le souffleur de verre

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Studio EL

Entretien thématique

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Dominion Théâtre de la Pacotille Du 10 au 28 septembre 2013 Ce corps qui parle Omnibus le corps du théâtre et Théâtre du mouvement [France] Du 8 au 26 octobre 2013 Andreï ou le frère des Trois sœurs Collectif Bobik Du 30 octobre au 9 novembre 2013 Viande à chien Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) et Théâtre des Fonds de Tiroirs (TFT) Du 19 novembre au 7 décembre 2013 Les Oiseaux mécaniques Le Bureau de l’APA Du 11 au 21 décembre 2013 Le souffleur de verre Théâtre complice Du 14 janvier au 1 er février 2014 Amours fatales Omnibus le corps du théâtre Du 11 février au 8 mars 2014 Ignorance The Old Trout Puppet Workshop [Alberta] Du 11 au 15 mars 2014 Globale Surveillance Prototype Théâtre [france] et Centre Dramatique National de Caen Du 18 au 22 mars 2014 Eden Motel Hôtel-motel Du 1 er au 19 avril 2014 T'en souviens-tu, Pauline ? Théâtre AcharnéE Du 10 au 19 avril 2014 Comme des sauvages Esperamos Du 12 au 23 juin 2014

1945, rue Fullum, Montréal (Québec) H2K 3N3

espace libre

Billetterie 514 521 4191 www.espacelibre.qc.ca

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Espace Libre - Saison 2013-14