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kaddour

riad « livré à moi même dans ce tourbillon révolutionnaire, j’anticipais, en une foulée euphorique, sur cet événement extravagant, qui, je croyais, allait me propulser manu militari dans les bras d’un printemps définitivement symphonique »


Revue de presse 2012

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ÉDITIONS

Collection - La Sentinelle

Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

Claudia Meyer Créatrice d’émotions chez Alstom. Un tandem qui roule. p. 16

N° 362 du jeudi 5 au mercredi 18 juillet 2012

w w w .v i l l e - l a - c o u r n e u v e . f r

ViVifiant dimanche

du 5 au 18 Juillet Regards - Dorothée Thienot

À Trilbardou, les vaillants participants avaient le soleil à l’intérieur. Souvenirs en images, style Chantons sous la pluie. p. 8/9

La Courneuve a tranché

Eau, fibres optiques… La Ville a creusé la question : elle rénove ses réseaux et en crée de nouveaux.

p. 5 ISSN 0769-4482 / prix : 0,61e

REGARDS 362.indd 1

L’actUaLitÉ travaux du ReR B : coup d’accélérateur. p. 5 ÉchOS citOYenS indépendance algérienne : africa 93 a provoqué un débat passionné. p. 7

Algérie Putain d’indépendance !

cULtURe cinéma en plein air : suivez Le frelon vert, le 6 juillet, sous les étoiles. p. 13

04/07/12 15:03

Le 22 juin, l’association Africa 93 avait convié l’écrivain Kaddour Riad à une rencontre autour de son roman. Ce n’était ni la première, ni la dernière initiative d’Africa 93 organisée autour du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. « On n’a pas besoin de repentance ni de pardon, mais de la reconnaissance politique de ce qu’a été le colonialisme, explique Mimouna Hadjam, porte-parole de l’association. Il faut que cette histoire sombre soit enseignée aux enfants, et que Français et Algériens l’écrivent ensemble. » C’est dans cet esprit que l’écrivain Kaddour Riad est venu présenter, le vendredi 22 juin, son roman au titre provocateur, Putain d’indépendance ! paru aux éditions La Contre-Allée. Un public plutôt féminin, mais aussi des hommes de différents âges, des enfants, Gilles Poux, ainsi que la députée Marie-George Buffet étaient au rendez-vous. Le dialogue s’est instauré Putain d’indépendance ! est un roman autobiographique qui livre une vision intime des années qui ont suivi le départ des colons

français… « Un cri d’amour et de colère » pour l’Algérie, selon le timide auteur, qui était interrogé par la journaliste Nadia Agsous. Il décrit les privations de liberté, le manque de sécurité et de culture, et finalement la blessure de l’exil… « Depuis l’indépendance, on a été traqués, brimés. Il faut désacraliser cette indépendance. Donc, j’ai mis les pieds dans le plat », a expliqué l’auteur au sujet du choix de son titre. « Cette Algérie que vous décrivez, ce n’est pas du tout celle que je connais », intervient une femme en pleine lecture d’un extrait du livre. Rapidement, on abandonne les extraits pour une discussion passionnée sur ce qu’est l’Algérie de chacun. « Arrêtez de dire que l’Algérie marche en arrière », proteste une autre femme. L’écrivain est visiblement troublé, mais le dialogue s’instaure. « Je croyais qu’on allait construire un beau pays, s’excuse Kaddour Riad. Ce livre, c’était une manière de me libérer. » Des spectatrices disent qu’elles aussi auraient leur histoire à écrire sur la guerre d’indépendance. De ce point de vue, la rencontre a été une réussite : chacun s’est accordé sur la nécessité d’effectuer un travail de mémoire. Pour l’avenir, en France comme en Algérie.


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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

6 Mai Remue.net

Du printemps dans l’air

Sur Remue.net comme ailleurs, avril aura passé à se demander si... ou si pas.... encore que... à moins que..., bref à guetter un printemps qui se laissait désirer et dont on pourrait se demander si ce ne serait pas à nous de l’inventer. Pour l’heure voici donc quelques joies et découvertes qui auront marqué ce mois pour les lecteurs-cueilleurs de remue.net. En avril, on aura vu éclore la première livraison de la nouvelle chronique de Yun Sun Limet In situ. Un événement personnel s’éclaire d’un autre, politique, et l’on ne sait lequel donne sa force à l’autre. Non, pas un «  journal  ». Pas cela, de centième «  témoignage  » de cette chose devenue tellement banale. Il faut fédérer la colère à l’autre. En avril, grâce au mélodiste Jacques Josse - dont vient de paraître Terminus Rennes (lu ici par Laurent Grisel) - nous avons aimé Putain d’indépendance   ! de Kaddour Riad. L’histoire et la vie s’entremêlent aussi dans ce premier roman qui raconte ce qui s’est passé avant, pendant et surtout après les moments de liesse populaire qui ont entouré la proclamation de l’indépendance algérienne. D’un court chapitre à l’autre on suit la vie d’une famille pendant que l’auteur tente de comprendre pourquoi certains ont renoncé à leurs aspirations pour se soumettre aux lois dictées par un pouvoir répressif. À notre humanité de Marie Cosnay semble répondre à Kaddour Riad par un roman dont le cœur bat au rythme de la semaine sanglante qui marqua la chute de la Commune, en mai 1871, décimant en grande partie la classe ouvrière de l’époque. À ces voix et à ces images du passé, Marie Cosnay mêle celles d’une femme, rescapée des tueries. Au temps présent de l’écriture, elle se demande : On voudrait savoir, assis à côté du poêle et non sur l’herbe au bord du fleuve «s’il est bienséant ou malséant d’écrire, dans quelles conditions il est bon que cela se fasse et dans lesquelles cela messiérait». En avril, curieux de tout et de tous, Jacques Josse nous aura aussi invités à découvrir des poèmes de Pascal Commère : Tashuur. Un anneau de poussière, ainsi que l’hommage rendu par Lucien Suel dans Petite Ourse de la Pauvreté à six personnages plus un, le poète et éditeur picard Ivar ch’Vavar. De ce dernier on avait eu des nouvelles en février dernier par Dominique Dussidour qui présentait son tout récent Titre. En avril on aura aussi aimé la façon dont la plus récente chronique de Pascal Gibourg nous aura fait entrer dans Winterreise d’Elfriede Jelinek sans en évincer la difficulté. Ses livres, écrit-il, «offrent une résistance certaine» en raison de leur style même. Et ce qui fait leur singularité fait aussi leur fragilité :

en art - la chose a beau être connue, elle n’en reste pas moins déroutante  -, c’est l’usage de la liberté, recherchée, désirée, qui fait courir à l’œuvre le plus grand risque : celui de devenir inintelligible, incompréhensible, illisible. Pascal Gibourg propose quelques clés pour entrer dans un texte qui porte en sous-titre «pièce de théâtre» et aurait de quoi déconcerter quiconque penserait savoir quelque chose sur le théâtre. L’art de Jelinek, soutient-il, serait un peu à la façon de celui de Bacon, un art de la «défiguration» et une «émancipation du temps par rapport au mouvement, (...) une laïcisation». En avril toujours, on se sera arrêté avec Bruno Fern sur une lecture de et leçons et coutures de Jean-Pascal Dubost dont il écrit ceci : Ce qui donne au bout du compte un « livre de dettes », autrement dit de « plagiats avoués », d’hommages plus ou moins facétieux, dont 98 sont rendus à des écrivains et 1 au « cycle du LancelotGraal », l’ensemble étant traduit dans la « langue Dubost » issue de la rumeur de ces voix multiples, « langue tout à la fois populaire, vulgaire, verte, littéraire et documentée » – et créant au final un alliage tonique et singulier. Avril aura permis de suivre l’aventure d’écriture de Fabienne Swiatly confrontée au délicat travail de donner la parole à Annette, cette jeune femme pour qui les mots sont comme de la vase, Redonne-moi une histoire s’il te plait. La terre est entrée dans ma bouche. Je m’envase dans le vestiaire à phrases et il y a n’y a plus de coïncidences à la porte. Vous comprenez ? d’entendre Pedro Kadivar converser avec Eugène Green pour cette troisième rencontre du cycle «Terres d’exil. Territoires d’écriture.» qui annonce une quatrième et formidable rencontreperformance dont on vous reparlera bientôt, et de suivre Hélène Gaudy qui était l’invitée de remue.net au Centre Cerise dans ses Dépaysements / la ville, la classe, l’écriture Essayer au moins de transmettre ça, l’attention aux détails, le plaisir qu’il y a à s’approprier les choses. Ne pas subir son environnement, ne plus en être exclu puisqu’on peut le décrire avec ses mots et d’un coup s’y faire une place, dans la ville comme dans la classe, au sein du groupe, face aux autres, voilà ce que m’apprend l’écriture, ce que je voudrais leur apprendre. Se mettre dans la classe, c’est revenir à une partie du monde à laquelle on n’avait plus accès pour tenter de leur donner envie d’y mettre leurs mots, d’en faire leurs images, pour que la classe comme le dehors devienne notre territoire commun et qu’ils y soient, finalement, aussi dépaysés que moi. Sur ce, révérences et salutations. Soyez remuants, la vie n’en sera que meilleure.


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21 Avril El Watan

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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

Kaddour Riad. Ecrivain : le titre de mon livre, en Algérie, posait problème…

Il parle vite, s’emporte facilement, mais cette colère est à l’image de son caractère : indéfectible ! Putain d’indépendance*, son premier roman, sonne comme une claque, et jette en pleine face des maux algériens. Kaddour Riad, un homme de parole ! -Putain d’indépendance sera publié en Algérie ? Non. J’en avais parlé avec mon éditeur, et déjà le titre posait problème… Même s’il faut comprendre le terme «putain» comme quelque chose qui n’est pas une fatalité. On peut dire d’un beau paysage : «Putain, quel soleil !» J’aurais souhaité que ce livre soit édité en Algérie, mais cela ne s’est pas fait. J’avais essayé, par le biais d’un ami, de contacter des personnes, mais rien ne s’est produit. Tant pis ! -Depuis combien de temps accompagnez-vous ce projet ? Dix ans ! J’ai beaucoup retravaillé le texte et puis un jour, j’en ai eu assez et je me suis lancé. Beaucoup d’éditeurs français refusèrent le manuscrit, mais je sentais déjà, dans leurs réponses, que ce livre prédisposait à quelque chose d’indéfinissable. Puis par hasard, le livre est tombé chez une petite société d’édition à Lille, et la suite vous la connaissez. -Comment peut-on accoucher de Putain d’indépendance ? C’est un cri de colère. J’en ai marre de voir ce pays sombrer dans ce marasme. Je voulais parler aussi de mes parents, de mon père, surtout, qui avait souffert de n’avoir pu poursuivre ses études. Le fait qu’il avait été brimé par cette colonisation, que nous en avions aussi souffert. Dans ce bouquin, pratiquement tout est vrai. J’ai enjolivé certains aspects, mais le récit est réel. Une phrase extraite de Putain d’indépendance donne, selon moi, le ton du livre : «Si la colonisation revenait, je lui dirais ce que m’a fait l’indépendance !»Il ne faut surtout pas se voiler la face, mais beaucoup d’Algériens le pensent. En fait, c’est un célèbre chanteur de chaâbi qui avait dit cela. Personnellement, ça m’avait choqué, surtout que l’artiste en question militait pour le FLN, avait fait de la prison, s’était fait torturer. C’est pour dire que l’Algérie d’aujourd’hui l’avait bousillé ! Personnellement, ça me fait mal au cœur chaque fois que je remets les pieds dans ce pays. Tout est corruptible, les rues sont sales, je suis écœuré ! Alger était une belle ville et c’est devenu un village de misère.

-L’écriture de ce projet fut douloureuse ? Oh que oui, même aventureuse ! Au début, je suis allé dans tous les sens, j’ai beaucoup retravaillé, j’écrivais un discours politique, et puis un jour je l’ai mis de côté. Je suis revenu timidement en y insérant plus d’humour et ça a donné ce que vous avez lu. Les retours, pour l’instant, sont bons. Quand j’écrivais, je pensais fortement à ma ville natale, Cherchell. Je ne comprenais pas pour quelles raisons, après l’indépendance, il y avait des endroits où j’avais l’habitude de me balader durant la colonisation, qui furent réquisitionnés par l’Etat. Le port, par exemple, est devenu un espace militarisé. Ils ont installé un barrage, des sentinelles… Tout cela m’a choqué ! Il y a même des lieux où l’on ne peut plus marcher sur les trottoirs, tout est inexistant. Pourquoi s’installer sur un port de pêche  ? Voilà le genre d’image qui m’habitait… Avec Putain d’indépendance, je voulais un style qui soit à la portée de tous. Je voulais aussi que mon écriture soit ancrée dans une oralité conséquente. J’ai travaillé à la radio et pour moi, il était inconcevable de ne pas convoquer ce procédé. C’est une écriture radio, en somme ! -Est-ce que l’indépendance a été confisquée ? Pire que ça, il n’y en a pas eu. Regardez la définition du terme et vous verrez qu’il y a un souci. Nous avons un passeport, une carte d’identité et nous sommes aux Nations unies… et alors ? Le peuple ne s’est pas sacrifié uniquement pour ça. Nous avons souffert quotidiennement, les gens ont tendance à l’oublier. Parfois, on subissait le FLN et les représailles du FLN. Sans le peuple, il n’y avait rien et il n’y aura jamais rien. Jusqu’à présent, nous n’avons pas de radio ni de télés privées. On est passés du colonialisme à la dictature. Trouvez-vous ça normal que je découvre des choses sur mon pays en étant en France  ? Je lisais énormément et j’ai appris des aspects de l’histoire de mon pays en terre étrangère. Aujourd’hui, les Algériens n’ont qu’une seule chose : la mosquée ! Où sont les productions littéraires, cinématographiques, artistiques… Où  ? Un livre comme Le Journal de Mouloud Feraoun devrait être connu par tous les Algériens  ! On y apprend ce que fut la guerre au quotidien et que le FLN n’était pas un parti sain ! Si par exemple, un Algérien souhaite se convertir au judaïsme, qu’il le fasse, s’il veut devenir chrétien, qu’il le fasse, nous sommes une république démocratique ! L’identité en Algérie n’est pas complexe, il faut juste donner aux Algériens le moyen de se réapproprier leur histoire.


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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

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Revue de presse 2012 18 Avril Cause Littéraire Nadia Agsous 1/2

Putain d’indépendance. Entretien avec Khaddour Riad

« Ô bateau, emmène-moi loin de l’Afrique. Dans mon pays je suis opprimé. Ô bateau, emmène-moi au pays des lumières, Plutôt Rome que vous autres ».   C’est par cet hymne scandé par les foules dans les stades d’Alger que Khaddour Riad, l’auteur de Putain d’Indépendance, nous propose de nous immerger dans son livre récemment publié aux Editions La Contre Allée. Ecrit sous forme d’un récit autobiographique, cet ouvrage met en scène, sur un ton humoristique, des parcelles de vie de l’auteur en lien avec l’histoire coloniale et post-indépendance de l’Algérie. Si l’indépendance a permis une promotion sociale pour les Algérien-ne-s qui, sous domination coloniale, ont fait l’objet d’injustices et ont vécu dans des conditions précaires et misérables, l’auteur s’évertue à souligner l’échec des tenants successifs du pouvoir algérien à tenir les promesses de l’indépendance. Dans ce témoignage poignant, réaliste et sombre raconté d’un point vue intérieur, l’Algérie apparaît comme une terre qui ne retient pas ses enfants, un peu à l’image d’une mère qui rejette sa progéniture et l’incite à l’exil, vers des terres plus clémentes, à la recherche d’une vie meilleure. A travers l’entretien qui suit, l’auteur répond à une série de questions qui nous éclairent sur ses motivations, ses coups de colères, ses déceptions et le sens que le terme « indépendance » a pris (et continue à prendre) pour des milliers d’Algérien-ne-s, à quelques mois de la célébration du cinquantenaire de la libération de leur pays.   Nadia Agsous : Putain d’Indépendance se présente sous forme de récit de nature autobiographique. Qu’est-ce qui a motivé le recours à ce genre littéraire pour livrer un témoignage sur ton vécu ?   Kaddour Riad : Cette forme d’écriture s’est imposée au fur et à mesure que j’avançais dans le récit. Je n’ai pas choisi quelque genre que ce soit. J’avais juste une envie de raconter mes désillusions et dire ma colère sans ennuyer le lecteur, d’où l’humour, la fantaisie et un peu de poésie pour faire passer cette pilule frelatée qu’est l’indépendance de mon pays.   Le titre a choqué plus d’un. Certain-e-s pour des raisons de nationalisme. D’autres pour des considérations liées à la pudeur. Quel sens attribuez-vous au mot « putain » dans le contexte de votre livre ? Quelles sont les raisons qui ont présidé au choix de ce titre ?   L’expression «  putain d’indépendance  » est d’abord un cri de colère. Ce n’est pas une insulte ou un quelconque dénigrement. J’ai entendu pire dans la bouche des algériens concernant cette indépendance qui n’arrête pas de nous malmener et nous mener par le bout du nez vers je ne sais quel funeste destin. À défaut de reprendre le maquis contre un ordre qui me brime, je lance ce

cri dérisoire  : «  Putain d’indépendance  ». Et-ce pour me soulager, par désespoir et peut-être pour couper le cordon ombilical avec ce pays qui non seulement ne veut pas grandir mais se renie et régresse en permanence. Attendre un train indéfiniment, c’est prendre le risque idiot de s’ennuyer à mourir sur le quai. Cette expression est le moteur du livre, le leitmotiv. Il est peut-être choquant mais ça ne tue personne. L’indépendance malmène, viole, tue, torture et noie des algériens. Et tant pis pour les faux culs, les faux moudjahidines et tous ces rentiers voraces de cette indépendance qui n’ont pas fini de mettre le pays à genoux.   Votre récit pose un constat amer et sombre de cet événement qui suscitait de l’espoir et la croyance en des lendemains prometteurs. Comment expliquez-vous ce regard au goût âpre qui exprime une profonde désillusion ?   L’indépendance a été un miracle pour les algériens mais qui malheureusement s’est vite transformé peu à peu en mirage. Quand la parole du peuple est confisquée, il ne reste plus qu’à aller chanter sous d’autres cieux plus cléments. Il ne s’agit pas d’une désillusion, c’est une véritable calamité qui s’est abattue sur notre pays. Hériter d’une dictature inculte au lieu de l’indépendance, ce n’est pas de la désillusion, nous sommes dans le malheur. Tant de corruption et d’incurie me rendent hors de moi, putain d’indépendance un million et demi de fois et encore j’oublie les victimes de l’après-indépendance !   Peut-on interpréter Putain d’Indépendance comme une tentative de désacralisation de l’indépendance de l’Algérie qui a généralement tendance à être glorifiée à outrance ?   Désacralisation ? Ce n’était pas le but mais oui en effet, la mystification a trop duré ! Ceux qui sacralisent à tout va sont les premiers à violer les valeurs de courage, de tolérance et d’hospitalité du peuple algérien. Ceux qui sacralisent sont ceux qui profitent du système, violentent et terrorisent. Ceux qui sacralisent maquillent l’histoire millénaire de ce pays. Ceux qui sacralisent rejettent la composante multiculturelle de la société algérienne. Ceux qui sacralisent habitent des tours d’ivoire à mille lieux des soucis quotidiens de la population. Qu’on tourne la page et que les algériens prennent le pouvoir. Tous les algériens. Tous les pouvoirs.   « Les joies de l’indépendance se transformèrent vite en inquiétude nationale » (p.137) écrivez-vous. Quelle était la situation et l’ambiance générale sur le plan politique, social et économique ?   Depuis cette indépendance, la société algérienne est hors jeu. Le pays ne sait plus à quel saint se vouer. Beaucoup d’Algériens se jettent à la mer pour fuir le pays ou pire encore dans les bras de l’intégrisme. Il y a une expression très à la mode actuellement en


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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

Algérie : « rana habssine » qui signifie « nous sommes arrêtés ». Ce n’est pas un hasard. Le pays est bloqué. L’échec du pouvoir est total. Il est responsable de la déconfiture de l’Algérie, premier pays producteur de pots de vin et de charlatans politiques. Ce pouvoir totalitaire et corrompu a fait de cette terre si riche culturellement, historiquement et économiquement, un pays de malheur, un territoire fermé et sclérosé où grondent au quotidien les chars de la dictature et la colère populaire.   Extraits choisis : « Abandonnant sur-le-champ toute activité, des paysans, ouvriers, fonctionnaires, étudiants, écoliers venaient de partout à dos d’âne, à pied, dans des camions réquisitionnés, des autobus nationalisés, des trains gratuits pleins à craquer, manifester leur soutien inaliénable et indéfectible à la lutte sans merci que menaient les dirigeants et les cadres de la nation contre les vautours de l’impérialisme, du néocolonialisme et leurs alliés de l’intérieur, les réactionnaires, les corrompus, les suspects, les groupuscules et les éléments incontrôlés » (p.97).

Radio Canada 20 avril : Emission « Pomme et mandarine » Chaque semaine Pomme et mandarine crée un lieu de rencontre entre le Canada et le Maghreb. Entretien avec Kaddour Riad au micro de Maryse Jobin. (14’) Radio PFM Débat avec Kaddour Riad et Abdelhai Sadiq au Salon du Livre d’Arras

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Revue de presse 2012 18 Avril Cause Littéraire

Nadia Agsous 2/2

« Dans notre pays, il n’y a plus de Français, de Juifs, de Berbères, de Gitans, de mélangés, de ramassés, de croisés… tout le peuple est devenu arabo-musulman, par le peuple et pour le peuple ! » (p.97). « C’était le seul bordel de tout le département et les gens affluaient de partout, parfois de très loin, de Cherchell même, à plus de cent kilomètres où le bordel là-bas avait été fermé je ne sais pour quelle raison en dépit de la présence impressionnante de militaires  » (p.144).

Radio Campus 27 avril : Emission « Paludes » Placée sous les auspices de cette oeuvre d’André Gide, Paludes vous propose, chaque vendredi matin, des lectures et un Arrache-Coeur, chroniques consacrées à des écrits plus ou moins récents, au gré de nos humeurs et de nos passions. Loin de tout cirque médiatique et de toute clique éditoriale, Paludes se propose de porter jusqu’au bout les idées qu’il soulève, tout en respectant l’idiosyncrasie de l’auditeur... Ici, vous n’entendrez certainement pas parler des outres gonflées de vide: les média les plus connus leur servent déjà de caisse de résonance sans que nous y ajoutions nos voix. Aussi fines et pointues que des aiguilles, celles-ci risqueraient d’en révéler tragiquement la vacuité. Mais nous nous intéressons à ceux qui nous semblent avoir fait le pari de la littérature, du risque radical de se perdre dans les méandres du langage.


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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad

Revue de presse 2012 12 Avril Le Quotidien d’Oran Akram Belkaïd

parution mars 2012

La chronique du blédard : Putain d’indépendance, un roman rock’n’roll de Kaddour Riad

Il est des romans que l’on se prend à lire comme on écoute un disque. Certains sont une petite musique douce, d’autres une composition harmonique savamment concoctée. Et puis, il y a les romans rock’n’roll. Ceux dont les chapitres s’apparentent à une suite de riffs rageurs tout autant destiné à cogner qu’à faire exploser tympans et poitrines.  Putain d’indépendance, est l’un d’eux (*). Quoi de plus normal ? Son auteur, Kaddour Riad, a été coproducteur de l’émission de radio culte Sans Pitié (Chaîne III). A le lire, on l’imagine écrire au rythme d’un Deep Purple, d’un Led Zeppelin voire d’un AC/DC des débuts ou, pourquoi pas, d’un T34, l’un des rares groupes algériens de heavy metal. Il est vrai que parler de l’indépendance – et surtout de ce qui a suivi - oblige souvent à crier, à marteler ses mots comme on cogne un mur, de rage ou de désarroi. Qui peut parler de l’Algérie sans avoir envie de hurler et de se lamenter ? 1962, l’Algérie, l’indépendance… A l’époque, l’auteur a dix ans et vit à Cherchell, à l’ouest d’Alger. Dès les premières pages, il se souvient de «  ces temps impitoyables furieusement transfigurés par le miracle de l’indépendance déferlante  ». Et d’évoquer «  cette apocalypse de chants patriotiques, de youyous épiques, d’actes héroïques, d’agissements diaboliques, de déguisements fanatiques et de préparatifs burlesques  ». L’indépendance… Le temps de toutes les espérances, surtout si l’on est un enfant de dix ans, conscient de sa piètre condition d’indigène, habitant «  une vielle maison au bord de la ruine, murs lézardés et toit incertain ». Enfant pauvre, fils de pauvre, errant sans but précis dans les rues de la ville antique, travaillé, peut-être de manière inconsciente, par le désir de revanche à l’encontre du colon, de celui qui fixe les règles injustes d’un jeu où l’Arabe, le Kabyle, le non-Français, est toujours condamné à perdre.  Alors, se souvient Kaddour Riad, quand se rapproche l’indépendance, c’est l’écoulement du sablier qui s’interrompt, c’est le moment de tous les possibles. Ecoutons-le. Long solo. Allegro. « L’indépendance ! Incroyable rêve de liberté. Fierté. Audace. Jamais au grand jamais nous n’avions exhibé autant de joie, courage, tolérance, solidarité et ferveur en toutes circonstances. Etre digne de nos moudjahidine, ces êtres extraordinaires, droits, imperméables, inoxydables, invincibles, inhumains, plus forts et plus généreux que tous les pères Noël de la Terre. Moudjahidine qui allaient bientôt nous délivrer et nous ramener une belle maison avec un jardin, des balançoires, des cheminées, des robinets, des fauteuils et des armoires pleines de bonbons géants, de sucettes glacées pistache et vanille, de ballons, de bicyclettes, de trottinettes, de tout plein de chocolat et de cadeaux incroyables! Les moudjahidine

étaient mes Indiens, mes champions, mes cow-boy, mes Tarzan, mes John Wayne… » Oui, mais voilà. 1962, c’est peut-être l’indépendance, la folie et l’euphorie. Mais, c’est déjà la déception et, très vite, le temps de la reprise en main, de la confiscation du rêve, des combines et de l’unanimisme. «  Voici les ruines romaines ruinées ! Voici les ruines françaises pillées ! Voici les nouvelles ruines algériennes ! ». On peut n’avoir que dix ans et vite comprendre ce qui se prépare. « Le gouvernement algérien, qui était provisoire, est devenu définitif, après quelques vérifications, liquidations, intimidations, tortures, emprisonnements, séquestrations et autres jugements sommaires ». C’est l’heure des mobilisations « contre les complots ourdis des milieux connus pour leur hostilité à l’égard de l’Algérie ». Le temps du désenchantement. Celui des privilèges pour ces anciens moudjahidine « qui se font de plus en plus jeunes et en bonne santé chaque jour que Dieu fait ! » Kaddour Riad évoque la confiscation de la révolution algérienne. Dans son récit, il n’épargne personne. Ni les Algériens, ni son frère, ni ses pairs, ni même sa mère. Quant à son père, homme lettré mais peu apte à la débrouille, il est le portrait de cette Algérie empêchée qui aurait pu tant donner. Qui aurait pu bien mieux faire… En quelques pages ravageuses, l’auteur restitue aussi la lente régression de son pays et sa plongée aux enfers, comme point culminant dans l’horreur et la bêtise, les années 1990 avec leurs tueries, leurs massacres. Extrait. Lamento. Vocero algerino : «Marasme. Groupuscule. Menaces. Faux barrages. Fin d’un monde (…) On se suspecta : celui-là n’est pas conforme. Tel autre a des origines juives. Celui-ci ne vient pas à la mosquée. Il parle français (…) On se donna en spectacle. On défraya les chroniques. On fit la une de tous les quotidiens du monde. On se regarda de travers à travers toutes les télés de la planète (…) On se diasporisa. On s’afghanisa. On hurla des versets de Coran et psalmodia des injures de salon (…) On se hissa à la première place des nations infâmes qui détiennent les records du nombre de disparus.» Dans cette tragédie nationale, certains, comme Kaddour Riad, ont pu s’engager sur le chemin réparateur de l’exil. Réparateur ? Oui, car comme l’indique l’auteur, il permet tôt ou tard de se «débarbariser au plus vite», de «se réparer spirituellement» et de «recoller tous les morceaux des différents peuples qui» ont taillé l’Algérien «dans la souffrance, la misère, la trahison, la guerre et le sang». Vient alors le temps du citoyen du monde. Peut-être l’occasion d’un autre récit littéraire. Qui, à coup sûr, sera moins coléreux et martelant.


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Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

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rtbf.be -

29 Mars rtbf.be

29 Mars Paul Hermant

Les accords déviants de Kaddour Riad Nous avons parfois des remords de chroniques : celles que les événements ont chassées malgré elles,celles repoussées par un présent toujours plus actuel, celles qui ne trouvent pas la grâce du moment,celle à qui Kairos, le dieu grec de l’instant opportun, n’a accordé qu’un regard distrait. Tenez, celle-ci, je voulais vous la faire tandis que l’on commémorait les 50 ans des Accords d’Evian qui ont mis fin à ce que, depuis 1999, la France n’appelle plus « les événements d’Algérie «, mais plus justement et plus simplement une guerre et qui ont ouvert grand les portes de l’indépendance… C’était le 18 mars dernier et je voulais m’emparer pour cela d’un livre paru quelques jours plus tôt,dans une petite maison d’éditions du Nord de la France, la Contre-Allée. Il porte le joli titre de « Putain d’Indépendance « et je connais bien son auteur, Kaddour Riad, un imparable poète du 19ème siècle maquillé en intellectuel précaire du 21ème : c’est le sort commun désormais que l’on réserve aux gens de plume qui savent écrire. C’est un confrère de radio aussi, qui mettait le feu sur la chaîne Alger 3 à la fin des années 80 lorsque l’Algérie pouvait se penser démocratique, juste avant que les barbes ne commencent à pousser. Du genre de ceux qu’après l’on guettait, le soir à l’arrêt du bus, pour interrompre leur parcours de deux balles et qui pour cette raison et d’autres s’exila en France en 1991, effectuant ainsi une demi boucle sur lui-même, trouvant refuge chez les chassés pour éviter les chasseurs.

Récit

Son « Putain d’Indépendance « est un livre d’une terrible générosité où il fait rendre gorge à son enfance passée à Cherchell — c’est sur la côte, la Césarée romaine, c’est chez les Numides — et rien que le nom actuel, Cherchell, suppose que l’on ait quelque chose à y fouiller et trouver et, pour Kaddour Riad, c’est cette nostalgie sans pardon pour ce qu’il nomme une « société anonyme de malfaçons « et cet humour dont il sait parfaitement qu’il s’agit d’un couteau sans lame auquel il manque le manche mais, qu’on ne sait comment, il a appris à manier tout de même. Après tout, comme il dit : l’humour, «C’est tout ce qui nous reste Monsieur… Nous sommes ruinés». Bref, sans doute la plus belle plongée dans l’Indépendance algérienne par une sorte d’enfant des terrasses qui a tout vu et n’a rien oublié. C’est bien dommage que je n’ai pu vous en parler avant, mais un type même pas barbu s’était occupé d’abattre personnellement d’au moins deux balles sa propre putain d’indépendance. Et cet imbécile avait sali nos journées et empêché la beauté. Mais ce qui me console, c’est que vous aurez quinze jours pour lire Kaddour Riad, puisque nous allons chacun faire une pause. On se retrouvera après. Et peut-être qu’à ce moment là, dans quinze jours, je vous donnerai des nouvelles du 93ème jour de grève de la faim des clandestins de la VUB. Allez belles semaines et puis aussi bonne chance.

Mai Eulalie


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Revue de presse 2012

www.lacontreallee.com

ÉDITIONS

Collection - La Sentinelle

Putain d’indépendance ! Kaddour Riad parution mars 2012

29 Mars Remue.net

Jacques Josse

Premier roman de Kaddour Riad Kaddour Riad a dix ans quand le FLN accède au pouvoir et proclame l’indépendance de l’Algérie. C’est ce qui se passe avant, pendant et surtout après ces moments de liesse populaire, où le vent de liberté qui se mettait à souffler semblait capable d’ouvrir en grand quelques fenêtres, qu’il raconte dans son premier roman. Il retrace à coups de courts chapitres, saisissant chaque épisode avec fougue, le fil d’une vie familiale qui se mêle étroitement à l’histoire récente du pays. Partant de son enfance à Cherchell, au bord de la Méditerranée, entre les vestiges romains et la présence de plus en plus imposante de l’armée française, il adopte une écriture incisive et percutante, des phrases au souffle soutenu dans lesquelles il manie l’humour ou la dérision pour expliquer sa difficulté à trouver sa place entre une mère analphabète (« nationaliste dans le sang ») qui hurle, vocifère et l’insulte et un père taciturne qui officie en tant qu’écrivain public dans un café où il a sa table de travail. «  Au clin d’œil il fallait que j’obéisse. Elle me frottait les yeux, la bouche et les fesses avec du piment fort pour en finir une fois pour toutes avec mes diableries.  “Tu veux que je te massacre  ? Ton sang, je le boirai, espèce de charogne, chien, fils de chien, Juif puant, sauvage, risée de tes camarades !” hurlait-elle en me battant sauvagement. » C’est cette éducation à la dure qui va lui permettre de se forger une vraie carapace et de rechercher dans le mot « indépendance » une signification qui n’a rien à voir avec le sens que ceux qui se sont battus pour la libération du pays vont lui donner. Il comprend vite que la liberté, l’intime conviction et le libre arbitre qu’il assimilait si facilement à ce mot vont rester lettre morte. Il le dit à sa manière, n’occultant rien, plongeant brièvement dans le passé millénaire de l’Algérie pour tenter de comprendre l’élan collectif qui pousse ses proches à mettre en veilleuse leurs propres aspirations pour se soumettre aux lois dictées par un pouvoir qui, perpétuellement « en alerte maximale », multiplie décrets et interdits. Kaddour Riad se montre tout à tour acerbe, critique, virulent, vigilant et moqueur. Ce dernier trait de caractère donne à son récit une grande liberté de ton. Rien ne lui échappe, et surtout pas ce genre de phrase sortie de la bouche « du chef suprême du tourisme et orateur redoutable » qui lors d’un discours enflammé déclare : « en 1962, nous étions au bord du précipice, aujourd’hui nous avons fait un grand pas en avant ! ». Il dessine, de même, le portrait de son père soudain transformé, travaillant dur, ne buvant plus, alignant en fin de journée les cinq prières qu’il n’a pas eu le

temps de faire aux heures convenues. Il portraiture avec une férocité amusée, ce voisin, « sergent de l’armée populaire, petit, nerveux, le visage barré d’une moustache réglementaire et sévère » qui se promenait «  en tenue de combat, au marché comme au cinéma, (…) toujours à deux doigts de dégainer et mettre en joue tout individu non conforme aux orientations de l’heure nouvelle ». Il fait défiler les présidents à bon rythme, assiste en 1965 à l’irruption de «  l’armée du colonel Boumediene, illustre inconnu jusqu’alors, qui passait par là dans le but de renverser Ben Bella, premier président de l’Algérie à peine indépendante ». L’un disparaît sans laisser de trace, l’autre meurt de mort plus ou moins naturelle, un autre est rappelé in-extremis d’un interminable exil avant d’être exécuté lors d’une réunion publique. C’est cette histoire, la sienne autant que celle de son pays, qu’il tisse page à page, la faisant se terminer, au plutôt la laissant se poursuivre sans lui, contraint de s’exiler en France, en 1991, à l’époque où « le dernier né des fronts, le Front Islamiste du Salut » montre sa force d’une manière plus radicale que les précédents. «  On assassina des étrangers sans défense, des chrétiens charitables et bien aimés de la population, des écrivains, des prostituées, des scientifiques, des journalistes, des artistes, des imams, des fonctionnaires, des paysans, des ouvriers, des supporters de football... » Kaddour Riad, qui coproduisait alors l’émission radiophonique Sans pitié, née après les émeutes du 5 octobre 1988, comprend vite que l’heure est venue de traverser la Méditerranée, seule façon de garder son indépendance et de faire en sorte que son roman ne se termine pas sans lui.Ecoutez sur Libfly l’excellente et très complète interview exclusive d’Anna Rizzello à propos de Cosa Nostra et du livre du juge Roberto Scarpinato Le Retour du Prince.  Le 19 juillet 1992, 57 jours après l’assassinat de Giovanni Falcone, le 23 mai 1992, le juge Paolo Borsellino et son escorte étaient assassinés. A Palerme, les 17, 18 et 19 juillet 2012, a lieu un large rassemblement pour le vingtième anniversaire de  ces assassinats. A Paris, une soirée de réflexion sur l’état de la criminalité organisée, avec la participation de Marcelle Padovani et de Thierry Colombié, auteur de La French Connection, les entreprises criminelles en France, a lieu le 5 juin à partir de 18 heures à l’espace Ethicando. Paolo Borsellino avait écrit: Forse saranno mafiosi quelli che materialmente mi uccideranno, ma quelli che avranno voluto la mia morte saranno altri. (Source: Paolo Borsellino e l’agenda rossa).


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