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suel « En sentinelle, le piéton Suel sillonne impasses, rues et ruelles. Brique à brique, il esquisse l’ architecture à la fois réelle, passée, mentale et rêvée d’un quartier qui essaie de garder ses particularités au sein d’une métropole qui ne cesse de s’ étendre. Son besoin d’ aller vers les autres est naturel. Il écoute. Sait d’ emblée que ceux qui vivent ici ont plus à dire qu’ à entendre.  » Jacques Josse Remue.net


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D’azur et d’acier de Lucien Suel et Du bulgom et des hommes de Amandine Dhée parution septembre 2010

16 février 20 Minutes

Conférence

Des écrivains nordistes au Furet Les écrivains nordistes Lucien Suel et Amandine Dhée sont cet après-midi à 17h, au Furet, place du Général-de-Gaulle, à Lille, pour présenter leur ouvrage respectif, D’azur et d’acier et Du bulgom et des hommes.

20 février Nord Eclair - Lucie Tanneau

Lille / Littérature

Deux auteurs et deux livres : leur expérience à Fives Lucien Suel et Amandine Dhée étaient les invités d’Agnès Delbarre au Furet du Nord mercredi. Ils ont raconté leur résidence à Fives, l’histoire du quartier et plus largement une histoire de mémoire. « Je sors. Je vais à pied vers la gare de Lille Flandres. Le seul piéton à quitter Lille ainsi (...) étrange parcours, on quitte les maisons de briques de Fives pour se retrouver dans un no man’s land de ponts »*. Lucien Suel est déjà connu à Lille. Son dernier livre, D’azur et d’acier, il l’a écrit en partie à Fives, suite à une résidence qu’il a faite pour les éditions de la Contre allée. De vivre trois mois dans le quartier périphérique de Lille, il garde en mémoire les habitants du quartier. Et les commerçants, dont il parle beaucoup. Il était avec Laure Chailloux, la musicienne. Souvenirs du quartier Désormais, c’est Amandine Dhée et Carole Fives qui écrivent un livre suite à une même résidence. Pétillante, elle raconte plutôt des anecdotes. « Un comique qui permet de dédramatiser », selon ses mots. Ils racontent tous les deux avoir vécu la vie des

habitants pendants quelque temps. On a l’impression que c’est eux-mêmes qui se souviennent de Fives avant. Ils racontent la désindustrialisation du quartier, l’installation de la statue « avec sa locomotive dans la poche ». Ils écrivent pour être lus et aiment lire leurs textes à haute voix. Elle, est presque comédienne. Drôle. « La plupart du temps je suis une demoiselle et je sais que je passerai au rayon des p’tite dames un jour prochain. Je suis sereine »*. Par la réaction d’un sexagénaire dans le public, le discours dévie sur les souvenirs d’habitants de quartier de la grande époque industrielle - désormais souvent en friche, qui peuvent être de n’importe où. C’est souvent le but des Éditions de la Contre allée et de ces « résidences en aparté ». Raconter des histoires de mémoire universelle. * Citations des livres Lucien Suel D’azur et d’acier / Amandine Dhée Du bulgom et des hommes.


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Parutions

Eulalie - Christophe Duriez D’Azur et d’acier est l’aboutissement d’une résidence d’écriture de Lucien Suel. Pour dire le quartier de Fives où il a vécu trois mois, l’écrivain a contraint la prose dans des paragraphes compacts, égaux, de sept lignes impeccablement justifiées. Dans ces briques de mots, qui rappellent le matériau de base des maisons et usines anciennes, se concentre l’histoire et le devenir d’un quartier populaire de Lille. Mais pas de façon romanesque, ni à la manière savante d’un historien ou d’un sociologue. Cette chronique par touches est écrite par un « poète ordinaire », au rythme de la marche qui permet de porter un regard à la fois précis et ample sur la ville. D’Azur et d’acier est donc un texte composite issu de déambulations dans le temps et l ’espace et donne

Chronique

à lire pêle-mêle éclats de paroles d’habitants, bouts de biographies de figures locales (Madeleine Caulier, Pierre Degeyter, ouvrier et compositeur de l’Internationale), tranches de vie quotidienne, morceaux de l’histoire industrielle et ouvrière, énumérations d’enseignes commerciales contemporaines. De l’ensemble disparate t ransperce un sentiment mélancolique, celui d’un monde où les liens anciens ont été évincés par un individualisme typographiquement symbolisé dans les paragraphes-briques isolés. Mais le livre, en tant que somme de fragments épars et hétérogènes, incarne aussi la possibilité de faire mur collectif et histoire commune.

Revue InterCDI quartier de fives | lille | histoire sociale | usines | ouvriers Ce livre naît d’une résidence d’auteur de trois mois à Fives, rattaché à Lille. Tous travaillaient à Fives-Cail, l’usine de locomotives, de ponts (pont Alexandre III), de gare (Orsay), ou chez Peugeot. Révolution industrielle, puis fermeture d’usines. Usines abandonnées : l’auteur, tel un médecin légiste, fait une description anatomique (p.58) de l’usine en déliquescence : lèpre métallique galopante, cicatrices, balafres, pourquoi garder un truc comme ça ? L. Suel met ses pas dans ceux des ouvriers qui coulaient l’acier, étaient assourdis par le tintamarre des tôles… Roger Salengro est né à Fives en 1890,

Pierre Degeyter, compositeur de l’Internationale, y a travaillé. En 1967, inauguration de l’autoroute Lille-Paris, en 1983, le métro sans conducteur, en 1993, le TGV Nord… L. Suel compose des poèmes en prose en forme de brique (8cm x 3cm) : un travail de maçon. Mémoire de la région, valeur et culture ouvrière, conscience sociale, force des images, la vie d’avant : « sur les cuisinières à charbon, l’eau bout pour le café, pour la lessive, pour le bain des enfants ». L. Suel saisit l’atmosphère de Fives, son passé qui refuse de trépasser. Vous pouvez télécharger l’adaptation audio sur www.lacontreallee.com, une création de Lucien Suel et Laure Chailloux, accordéoniste. O.B.

PORTRAITS D’ÉCRIVAINS Michel Quint, Amandine Dhée, Pierre Delye PARUTIONS RENCONTRES Midi-Poésie au Palais des Beaux-Arts UNIVERSITÉ Le Centre Robinson explore la littérature jeunesse ÉDITION Coup de flash sur Light Motiv NUMÉRIQUE Entretien avec Marie-Odile Paris et Philippe Gauchet IMAGE(S) Le bestiaire de Knapfla

n°6 – janvier 2011


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Décembre Lille Métropole Info

Carnet

c France Bleu 05 décembre / Emission « Rencontres en Nord » tenue par Julien Wzorek Tous les jours de la semaine, Julien Wzorek interroge pendant quelques minutes une personne de la région, connue ou pas, et vous raconte sa vie exceptionnelle, incroyable, parfois étrange... Des instants de pure humanité. Cette semaine : Lucien Suel, écrivain et poète de notre région, auteur de : “Mort d’un jardinier”, “La Patience de Mauricette” ou encore son dernier livre “D’azur et d’acier”...

Octobre / Décembre WEO 21 octobre / Emission « Grand’Place  » rubrique livre tenue par Pierre-Jérôme Montenot

Autour de Laurent Dereux, maître de cérémonie, six chroniqueurs composent la bande. Ils posent leurs regards décalés et amusés sur l’actualité régionale au sens large du terme. Dans ce talk-show riche en images et en humour, les tendances ont tout leur place!


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11 Novembre Voix du Nord Bruay La Buissière

Clins d’œil Première pierre Hier, Alain Wacheux a inauguré les nouveaux logements de la rue de Cuba (lire p.22). Dans le cadre de cette opération, un parc urbain est en cours de réalisation dans le quartier du Nouveau Monde. Mais ni Alain Wacheux, maire, ni Albert Bonnaire, adjoint à l’urbanisme, n’était en mesure de dire quand ces travaux se termineront. Pour la pose officielle de la première pierre du parc urbain, il leur faudra réviser. D’après ce qu’on a finalement pu apprendre, le parc pourrait être terminé en février. À l’instar des riverains, Maryse Tartar (notre photo) est impatiente de s’y balader avec ses petits-enfants. Simon Colliez sort un coffret collector Le chanteur cauchois Simon Colliez profite de la fin d’année pour sortir son nouveau coffret collector. Les trois CD contenus dans ce coffret regrou-

pent 54 chansons. Le premier CD est dédié aux prénoms, le deuxième au Nord - Pas-de-Calais, et le troisième aux chansons d’amour. Voilà une idée de cadeau de Noël. D’Azur et d’acier Autre idée de cadeau, le dernier ouvrage de l’écrivain Lucien Suel, domicilié à Lignylez-Aire. Ce roman s’intitule D’Azur et d’acier, publié aux éditions La Contre Allée, collection La Sentinelle. Après Mort d’un jardinier et La Patience de Mauricette, Lucien Suel nous embarque cette fois dans son périple qui le conduit à Fives, entre les filatures de cotons aujourd’hui disparues et l’usine Parent-Schaken (FCB), où ont été fabriquées des milliers de locomotives. L’ouvrage est en vente au prix de 16 E dans toutes les bonnes librairies.

20 - 26 Octobre Sortir - Françoise Objois | Lucien suel à Fives | L’auteur y a hiverné pendant trois mois. Quand d’autres vont au bout du monde chercher l’inspiration, Lucien Suel a répondu à l’appel des éditions de la Contre Allée pour mener à bien un projet de croisement littéraire et musical avec l’accordéon diatonique de Laure Chailloux, une fivoise. Comme dans ses romans précédents, Mort d’un jardinier et La patience de Mauricette, Lucien Suel aime

jouer avec les mots, les assembler de manière incongrue, les faire sonner, résonner, et claquer à la manière d’un slam. Quand la poésie rencontre l’histoire sur les trottoirs de Fives, elle s’habille de briques, la rouge, celle qui a construit les rues du quartier, de la sueur des ouvriers et du bruit des ateliers quand ceux de Fives-Cail-Babcok tournaient à plein régime, du vide aussi laissé par leurs fermetures et de bribes de l’Internationale créée à Fives par Pierre Degeyter. Une belle réussite littéraire au service de la mémoire collective sociale et culturelle d’un quartier.

Octobre L’Echo du 62 - Jean-Yves Vincent

Ecoute-voir Un écrivain quitte son village, son bureau ; il prend le TER à Isbergues (l’ex-cité métallurgique) et pose ses valises à Fives (l’ex-cité des locomotives). Il va y passer un hiver à la recherche d’une histoire. À saute décennies dans les bottes du géant Degeyter (auteur de la musique de l’Internationale), les pas mis dans « les pas des fantômes des ouvriers ». « Tu marches au milieu des années passées, tu traverses les souvenirs »… Et voilà que la cité, heureuse qu’on l’écoutât, se laisse

entendre : le ronron bruyant de la vieille usine, les cadences des machines, le potin des locomotives qui traversaient la mer pour rejoindre le Far West ou l’Argentine. La fabrique de locomotives recouvrait plus de dix hectares de terre… aujourd’hui il reste des briques et tous ces arbres semés du ciel par les oiseaux !


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D’azur et d’acier de Lucien Suel

lucien suel d’azur et d’acier

parution septembre 2010

lucien suel

d'azur et d'acier

| lucien suel en résidence à Lille fives | Le 12 octobre 2009, Lucien Suel quitte son village pour prendre le T.E.R. à la gare d’Isbergues de façon à rallier Fives, l’ancien quartier industriel de Lille, l’ex-cité des filatures et de la métallurgie, connue un peu partout dans le monde grâce à Fives-Cail-Babcock, l’usine qui employa jadis plus de 8000 ouvriers et qui devint célèbre pour ses locomotives, ses ponts routiers et ferroviaires, ses constructions de gares (dont celle d’Orsay) et ses ascenseurs (notamment ceux de la Tour Eiffel). L’usine aura vécu un siècle et demi. Avant de s’arrêter en 1990. « Elle occupe le coeur de Fives, un cœur qui ne bat plus, un cœur en capilotade et un cerveau dispersé avec tous ceux qui ont travaillé ici, dont le vaste savoir-faire n’a été enseigné ou transmis à quiconque. Marteau-pilon silencieux de l’oubli. » C’est là que Lucien Suel pose ses valises. Et son regard, ses pas. Pour fixer ce qui ne se voit pas au premier coup d’œil. Pour arpenter un territoire chargé d’histoire. Pour collecter des bribes de mémoire. Pour les réactiver en les intégrant au présent. Il est là pour trois mois. En sentinelle. En résidence. En train d’esquisser, brique à brique – c’est ainsi, en quelques centaines de blocs de prose, que son texte va se construire – l’architecture à la fois réelle, passée, mentale et rêvée d’un quartier qui essaie de garder ses particularités au sein d’une métropole qui ne cesse de s’étendre. « L’isolement de Fives oblige à passer au-dessus des voies rapides ou ferrées. On peut imaginer que les immenses immeubles de verre et d’acier qui s’annoncent, qui avancent, recouvriront la tranchée des voies rapides, des voies ferrées, se transformant en énormes sas climatisés dans lesquels marcheront les Fivois et les Lillois. » Son besoin d’aller vers les autres est naturel. Il écoute. Sait d’emblée que ceux qui vivent ici ont plus à dire qu’à entendre. Ce qu’il saisit, et transmet en notes brèves, c’est une précarité latente,

(due aux fermetures, aux délocalisations) que ne peut cacher les nombreux pas de porte dédiés à la consommation rapide. Cela ravive parfois la nostalgie des temps durs. D’invisibles révoltes s’y greffent. Ancrées dans un terreau où les racines d’une vraie conscience de classe restent tenaces. Le piéton Suel sillonne impasses, rues et ruelles. Prend l’air du large place Pierre Degeyter en se souvenant que celui qui donne son nom à cette place fut câbleur ici même avant de devenir le compositeur de L’internationale. Un peu plus loin, c’est une autre figure, Madeleine Caulier, qui surgit. « Pendant le siège de 1708, elle était servante au Tournebride, à Avelin. C’est elle qui traversa les lignes ennemies et porta au Maréchal de Boufflers, assiégé dans la ville de Lille, les dépêches de l’armée française. À la suite de son action d’éclat, elle obtint de servir dans les Dragons. Elle fut tuée en 1712 sur le champ de bataille. » Lucien Suel mêle séquences passées et scènes très actuelles en y glissant des notes ayant trait à son quotidien, à ses interrogations ou à son envie, de temps à autre, de s’isoler pour se requinquer avant de repartir découvrir Fives à sa manière. « Tu t’approches du pont de Fives et jette un coup d’œil au no man’s land dessous le viaduc. Encerclé de tous côtés, un fouillis de roulottes déglinguées, cimetière de bateaux dans la Mer des Sargasses de l’automobile. Des gens du voyage ont échoué là. Leurs enfants se réchauffent dans la fumée d’un feu de déchets. ». — Tout lecteur du livre peut télécharger une adaptation audio (création de Lucien Suel et de Laure Chailloux) en se rendant sur le site de l’éditeur. Celui-ci, très actif, met en place des résidences de création durant lesquelles des artistes sont conviés à l’écriture et à la présentation d’œuvres originales inspirées de l’histoire du quartier de Lille Fives. — Lucien Suel : D’azur et d’acier, La Contre Allée.

29 Octobre Remue.net

Jacques Josse


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D’azur et d’acier de Lucien Suel parution septembre 2010

Revue de presse 2010 28 Octobre La Voix du Nord

Catherine Painset


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D’azur et d’acier de Lucien Suel

Revue de presse 2010 18 septembre Radio Campus - Emission « Paludes » Nikola Delescluse

parution septembre 2010

« Je vais maintenant parler d’un ouvrage de Lucien Suel intitulé D’azur et d’acier qui est disponible aux éditions La Contre Allée, un ouvrage qui vient de paraître et qui est consacré au quartier de Lille qui s’appelle Fives, alors c’est un texte poétique Lucien Suel est un poète de notre région, un poète contemporain qui très marqué par la beat génération et il s’agit ici d’une évocation à la fois poétique et aussi assez critique - dans le bon sens du terme - de ce quartier à travers son histoire, son évolution et ses perspectives d’avenir. Lucien Suel a choisi une forme particulière, comme il en a l’habitude dans ses autres textes ; ici il a décidé de construire cet ouvrage sous la forme de briques pour rappeler le caractère ouvrier, l’histoire de ce quartie. Il est également en présence, il est personnage de cette histoire, il nous annonce son arrivée dans le quartier de Fives, on a le départ de chez lui, le ter qui l’emmène jusqu’à la gare et puis son installation dans ce quartier où il va vivre trois mois, durant l’hiver 2009-2010. C’est un texte en forme de promenade à travers ce quartier, promenade à la fois contemplative - se laisser porter par les découvertes visuelles, sonores, olfactives - tout ce qui peut constituer la découverte d’une ville, que peut faire un homme qui débarque. C’est aussi une découverte comme une tentative d’épuisement d’un lieu, j’ai pensé un peu à Perec, notamment on a toute une évocation de la rue Pierre Legrand entre deux stations de métro où l’on découvre les différentes façades des boutiques aller et retour chaque trottoir étant explicitement développé, on a tout ce qui se trouve sur les façades des magasins, recensé dans ce récit. Construit sous forme de briques, c’est un texte assez fragmenté avec plusieurs chapitres, parfois très courts et constitués d’une seule brique, parfois plus longs qui reviennent sur l’onomastique c’est à dire la naissance de ce nom de Fives, le fait qu’il fut autrefois hors des fortifications de Lille donc que c’était un lieu extérieur qui était susceptible d’être envahit par l’ennemi. Il y a l’évocation de plusieurs moments où Fives a hébergé des canons ennemis qui ont pu tirer sur Lille ; lorsqu’ils ont été libérés de la présence ennemie les quartiers fivois ont parfois subit des dommages pour pouvoir les rendre plus résistants à la présence d’adversaires. On a aussi le fait que c’était un lieu de villégiature où l’on trouvait pas mal de guinguettes, on sortait prendre l’air hors de Lille en allant à Fives. C’est ensuite un quartier très ouvrier, très marqué par son histoire industrielle avec FCB. Le fait que de grandes usines s’y soient installées, usines prestigieuses qui ont construit énormément de matériel, vendu partout dans le monde ; qui ont propagé le nom de Fives notamment à travers les initiales FCB. Terrain qui a accueilli une population qui évidemment a tout un passé ouvrier en mémoire, c’est aussi là évidement qu’on a crée la chanson l’Internationale, dont la place Degeyter est l’évocation de cette figure. Tous ces éléments rappellent que Fives est un quartier qui grouille

de vie et qui en même temps en a parfois aussi les aspects négatifs. C’est un quartier très sale comme le souligne Lucien Suel et ce sont tous ces aspects là qu’il a tenté de rassembler sans jamais chercher à fermer les yeux sur les aspects négatifs de Fives sans l’auréoler non plus d’une vision trop idéale, c’est une vision poétique, qui tente de saisir au plus près toutes ces caractéristiques, toute son histoire et de restituer sa richesse mais également sa pauvreté. Fives est un quartier qui a aussi été pendant un certain temps une sorte de forêt vierge dans laquelle des bidons villes se sont installés, hors des murailles de Lille, et d’où ont emmergé des populations extrêmement défavorisées. On a toute cette histoire qui nous est restituée dans une langue très riche, très dense de Lucien Suel, très pragmatique aussi, qui ne recule pas devant le prosaïsme, une langue qui retranscrit cette découverte d’un homme dont ce n’est pas la ville, donc avec ce regard un peu distancé, un peu extérieur… les bruits notamment, les problèmes avec les voisins, qui sont évoqués. C’est un parcours assez intéressant et c’est aussi la réflexion sur ce que va devenir cette ville qui n’en est pas une puisqu’elle est reliée à Lille maintenant depuis le milieu du XIXe siècle mais qui en même temps a son histoire, sa personnalité et qui cherche à se construire, à préserver cette identité là tout en sachant qu’elle est éloignée de Lille par les chemins de fer, par la voie rapide et donc qu’elle est à la fois hors de Lille et dans Lille, qu’elle en est coupée et en même temps qu’elle lui est rattachée toute cette position un peu ambiguité d’entre deux chaises qui lui donne sa caractéristique principale et qui fait qu’on ne sait pas trop ce que vont devenir notamment les grandes friches industrielles qui ont été abandonnées avec la disparition des usines. Que va devenir ce quartier ? Quelles sont les perspectives qui s’offrent à lui ?… et tout cela évidemment est environné de points d’interrogation, on ne sait pas et Lucien Suel retranscrit toute cette perspective, cette diversité, cette richesse de ce quartier. Mais c’est la construction évidemment qui fait du livre un véritable ouvrage littéraire et poétique, on n’est pas non plus dans le documentaire, il faut bien avoir cela à l’esprit, même si Lucien Suel s’est documenté et ça se sent ; il cite parfois ses sources, mentionne les interviews, les reportages, tout ce qu’il a pu saisir… lorsqu’il se penche sur Madeleine Caulier, par exemple - la place Madeleine Caulier - il parle de cette figure de femme qui s’est engagée pour préserver une certaine forme de liberté du pays, donc on est dans à la fois une documentation stricte pour construire l’histoire du quartier et en même temps dans une évocation qui est très sensuelle, très marquée par tout ce qui est bruit, odeurs toutes les richesses aussi des images, tout cela est retranscrit de manière assez saisissante dans ce bel ouvrage D’azur et d’acier. »

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Revue de presse : D'azur et d'acier de Lucien Suel

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