Création d'un monde éthéré, Esther Calixte-Bea

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Création d’un monde éthéré Creation of an Ethereal World

Esther Calixte-Bea Commissaire / Curator :

Cécilia Bracmort



Création d’un monde éthéré, une exposition d’Esther Calixte-Béa, commissariée par Cécilia Bracmort

Du 23 septembre au 28 octobre 2021 Vernissage le 23 septembre à 17h30 Présentation d’artistes le 24 septembre à 18h

Creation of an Ethereal World, an exhibition by Esther Calixte-Bea, curated by Cécilia Bracmort

From September 23 to October 28, 2021 Opening on September 23rd at 5:30 Artist talk on September 24th at 6:00

La Centrale galerie Powerhouse



À propos de l’exposition Création d’un monde éthéré est une exposition solo présentant le travail de l’artiste émergente Esther CalixteBéa et commissariée par Cécilia Bracmort. Réalisée sous un angle mi-mythologique et mi-autobiographique, l’exposition Création d’un monde éthéré présente l’univers fantastique de l’artiste, rempli de couleurs vibrantes, de paysages magiques, habité par de merveilleux personnages féminins noirs. La notion de représentation est le point central du travail de Calixte-Béa, car elle remet en question les normes de beauté occidentale et la violence héritée de siècles de colonialisme et de patriarcat. Dans sa pratique qui intègre aussi bien la pratique ancestrale de la peinture que celle des égoportraits dans les médias sociaux, Calixte-Béa réalise des œuvres qui parlent de ses expériences personnelles, de sa quête identitaire et de l’acceptation de soi. Pour cette première exposition solo, la commissaire Cécilia Bracmort a voulu que le lieu d’exposition soit le parfait écrin pour les œuvres de l’artiste réalisées entre 2019 et 2021. Ainsi, l’espace de La Centrale se transformera en un jardin, où les personnages, les réflexions personnelles et les mythologies de Calixte-Béa pourront s’exprimer pleinement. L’exposition Création d’un monde éthéré présente le cheminement intérieur d’une jeune femme de son époque vers l’acceptation de son corps; libérée du sentiment de honte et des messages subliminaux imposés par la société de l’image et de la consommation.


About the exhibition Creation of an Ethereal World is a solo exhibition featuring the work of emerging artist Esther Calixte-Bea, curated by Cécilia Bracmort. Conceived from a semi-mythological and semi-autobiographical perspective, Creation of an Ethereal World presents the artist’s fantastical universe, filled with bright colours, magical landscapes, and inhabited by marvellous black female characters. Representation is a central notion to Calixte-Bea’s work, as she challenges Western beauty standards and the violence inherited from centuries of colonialism and patriarchy. In her practice, which incorporates both the ancestral practice of painting and that of selfies in social media, Calixte-Bea creates works that speak to her personal experiences, her quest for identity, and self-acceptance. For Calixte-Bea’s first solo-exhibition, the curator Cécilia Bracmort wanted the exhibition space to become the perfect setting for the artist’s works produced between 2019 and 2021. Thus, La Centrale transforms into a garden, where the characters, personal reflections, and mythologies of Calixte-Bea can fully express themselves. Creation of an Ethereal World presents the inner journey of a young woman of her time towards the acceptance of her body; freed from the feeling of shame and the subliminal messages imposed by a culture of images and consumption.


Biographies Esther Calixte-Bea Esther Calixte-Béa est une artiste multidisciplinaire, née à Longueuil, d’origine haïtienne et ivoirienne. Aussi connue sous le nom ‘Queen Esie’. Son travail aborde des sujets tels que l’identité, l’individualité et la vulnérabilité sous diverses formes et souvent inspirés par sa vie personnelle et sa culture. Par son travail, elle confronte les normes de beauté eurocentriques en abordant le tabou de la pilosité corporelle féminine et la glorifie sur les corps de ses personnages féminins noirs imaginaires. Ses œuvres présentent un univers plein de couleurs vibrantes, un espace sécuritaire (safe space) où chacun peut être lui-même sans aucune gêne. Pour en savoir plus : www.divinepiphany.com/esther-calixte-bea

Esther Calixte-Bea is a multidisciplinary artist, born in Longueuil, of Haitian and Ivorian descent. She is also known as “Queen Esie”. Her work is inspired by her personal life and culture and addresses topics such as identity, individuality, and vulnerability in various forms. Through her work, she confronts Eurocentric beauty standards by addressing the taboo of female body hair by glorifying it on the bodies of her imaginary black female characters. Her work presents a universe full of vibrant colours, a safe space where everyone can be themselves free of embarrassment. For more information: www.divinepiphany.com/esther-calixte-bea


Cécilia Bracmort Cécilia Bracmort est une artiste et commissaire franco-canadienne vivant à Montréal. Son héritage caribéen (de la Martinique et de la Guadeloupe) influence ses pratiques artistiques et curatoriales, qui sont axées sur les notions d’identité individuelle ou collective, de mémoire et d’histoire. Curieuse et pleine d’idées, ses projets sont faits pour connecter des mondes, des milieux et des concepts qui ne se mélangent pas habituellement. Grâce à sa vision multifocale liée à ses différentes «couches identitaires», Cécilia Bracmort veut créer des ponts entre des thèmes auxquels elle se sent connectée, tels que le sport, l’écologie, les traumatismes et la mythologie. Par son travail, elle veut encourager les gens à sortir des sentiers battus et les inviter à voir le monde sous des jours nouveaux. Pour en savoir plus : www.ceciliabracmort.com

Cécilia Bracmort is a French born, Montreal-based curator and artist. Her Caribbean heritage (from Martinique and Guadeloupe) influences her artistic and curatorial practices which are focused on the notions of identity – individual or collective, memory and history. Curious and full of ideas, her projects are made to connect worlds, social environments, and concepts that do not usually mix. Cécilia Bracmort’s projects seek to form bridges between far-reaching themes she connects with such as sport, ecology, trauma, and mythology. Through her work, she aims to open doors to make visible new ideas and identities, and to encourage people to think outside the ‘white’ box and to invite them to see the world anew under a different lens. For more information: www.ceciliabracmort.com



Plan de l’exposition et liste des œuvres d’Esther Calixte-Béa Plan of the exhibition and list of artworks by Esther Calixte-Bea 1. Birth of a Tribe, 2021 Acrylique sur bois | Acrylic on wood, 48” 2. The Art of Interpretation, 2020 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 35 x 40”

11. Ideal Reflection, 2020 (série Ideal Paradise) Mannequin 12. Ideal Body, 2020 (série Ideal Paradise) Mannequin

3. Hair Rite, 2020 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 34 x 40”

13. Chaos in Perfection, 2020 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 48 x 36”

4. Three Worlds, 2021 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 36 x 40”

14. Identity, 2019 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 40 x 40”

5. Breastfeeding, 2021 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 17 x 14”

15. Hadassah, 2019 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 60 x 40”

6. The Anointed Fyète, 2021 Acrylique sur tissu | Acrylic on fabric, 57 x 43”

16. The Fyète Souhou-teî (chief), 2020 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 14 x 10”

7. Ideal Self, 2020 (série Ideal Paradise) Photo modifiée avec de la peinture acrylique Photo altered with acrylic paint, 30 x 45” 8. Ideal Reflection, 2020 (série Ideal Paradise) Photo modifiée avec de la peinture acrylique Photo altered with acrylic paint, 30 x 45” 9. Ideal Body, 2020 (série Ideal Paradise) Photo modifiée avec de la peinture acrylique Photo altered with acrylic paint, 30 x 45” 10. Ideal Self, 2020 (série Ideal Paradise) Mannequin

17. The Chief’s Hands, 2021 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 10 x 14” 18. Secrets, 2019 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 28 x 22” 19. My White Barbie, 2020 Acrylique sur toile | Acrylic on canvas, 9 x 7” 20. Self-Isolation, 2020 Acrylic on canvas, 40 x 22” 21. Young Kéa-nin Measuring her Sacred Braid, 2021 Acrylic on canvas, 60 x 22”


BOULEVARD Boulevard Saint-Laurent SAINT-LAURENT

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Les Fyète Souhou-te: Fier d’être choisi par Dieu, Les gens de la tribu, Les Divins, les Femmes et les Hommes Texte d’Esther Calixte-Béa Fyète : fierté en créole, femmes, fière Souhou : divin en guéré Te : affaire en guéré Fyète Souhou-teî : chef, mère Kéa-nin : pieux en guéré, ou guerrière dans la traduction personnelle de Calixte-Bea La création de la tribu : mythe et réalité Calixte-Béa a créé une tribu inspirée de sa vie personnelle et de la tribu Wè dont elle fait partie. Les Fyète Souhou-te vivent sur une petite île en dessous de la Côte d’Ivoire. Il est dit que Dieu a séparé l’île du pays lui-même. Il y a des arbres et des paysages qui ressemblent à ceux que l’on trouve au Canada. L’île est surnommée ‘Té’ qui signifie terre ou mon affaire, par la tribu. Le nom de la tribu, tout comme le nom de famille Calixte-Béa, se compose d’un mot haïtien (créole) et ivoirien (guéré). La tribu Fyète Souhou-te honore la pilosité féminine et la célèbre à travers ses différentes pratiques artistiques et ses rituels. Les poils du corps sont un symbole de maturité et de fertilité. Ils sont considérés comme sacrés et essentiels à l’identité féminine. Les rituels incluent le tressage des poils pubiens, qui met en valeur le style, la personnalité et la créativité de chacun. Coiffer les cheveux sur la tête et même les poils du visage est également important dans les rituels et la vie quotidienne. Leurs coiffures, vêtements et couleurs racontent une histoire et sont un moyen d’exprimer leur individualité parmi les membres de la tribu. Certains portent plutôt les couleurs choisies par leur famille, tandis que d’autres qui choisissent de se démarquer créent leurs propres designs. Les Fyète Souhou-te apprennent dès leur plus jeune âge à confectionner des vêtements et à se coiffer grâce à diverses techniques de tressage.


La tribu s’appelait à l’origine Tcheybê-Zouhou et a ensuite été changée en Fyète Souhou-te au fil du temps à mesure que la tribu grandissait. Selon le mythe, le changement de nom était la cause de la naissance d’un bébé poilu. On dit qu’une femme venant des Caraïbes a accidentellement trouvé l’île et la tribu lors d’un voyage. Elle était enceinte et a donné naissance à un garçon. Elle est décédée après avoir accouché, ce qui a amené la tribu à élever l’enfant. Il a grandi et a épousé une Kéa-nin donnant naissance à une fille poilue. Les Kéanin (pieuse) étaient des femmes chargées de garder et d’enseigner le savoir de la tribu. Ils ont également conservé les connaissances et les informations (y compris les langues) partagées par les voyageurs. Certaines Kéa-nin étaient aussi des guerrières. Les femmes de la tribu étaient connues pour être très poilues à travers le pays, néanmoins elles étaient choquées par la pilosité de l’enfant car c’était le premier bébé né poilu de la tribu. Ces poils trouvés sur les bébés à la naissance sont connus aujourd’hui sous le nom de « Lanugo ». La deuxième histoire d’origine également racontée par la tribu est qu’un bébé poilu est apparu et a été adopté par une Kéa-nin. Les membres de la tribu essayaient désespérément de tuer ce bébé parce que certains pensaient qu’il n’était pas naturel d’être aussi poilu à la naissance et d’autres avaient simplement peur que cet enfant inconnu devienne chef car il était interdit à un étranger de devenir chef de la tribu. Les Aînés savaient que la pilosité du bébé en avait impressionné beaucoup et que certains voudraient oindre l’enfant. Le bébé a ensuite été accepté par la tribu car la Kéa-nin les a convaincus que l’enfant lui avait été donné par Dieu car elle était infertile. Elle croyait que c’était un signe qu’il était temps de changer les choses. Cette enfant est devenue la toute première femme chef. Le nom de la tribu a été changé de tcheybê à fyète qui signifiait à l’origine la peur ; Craindre le divin ou la peur divine. Qui plus tard a été traduit du mot créole haïtien «Fierté». Comment devenir chef La chef connue sous le nom de Fyète Souhou-teî est la femme la plus poilue de la tribu. Une chef peut également être choisi dans un concours basé sur la créativité des participantes. Dans ce concours, chaque membre doit créer le design le plus artistique avec ses poils pubiens, impressionner les membres de la tribu, être choisi par vote puis être oint à travers un rituel effectué près d’une rivière ou


d’un ruisseau. Le fait de verser de l’eau sur la chef et son bâton est un signe de purification et d’unité avec la Terre. Une chef doit être prête à diriger et à mourir pour le peuple. Cette unité avec la Terre se manifeste également à travers le manque de chaussures que portent les Fyète Souhou-te. Les pieds touchant et marchant directement sur la surface de la Terre montrent un signe d’humilité et de respect pour la nature. Il est dit dans la tribu que plus une femme est poilue, plus elle est bénie par Dieu ou divine. Les femmes barbues avaient plus de chances d’être choisies par la tribu pour devenir la prochaine chef sans avoir à participer à la compétition. Les Fyète sont également considérées comme sacrées et la tribu croit également que les femmes sont le portail entre le Ciel et la Terre, et aident à maintenir la paix. Paradis Idéal Paradis Idéal est à la fois un projet de peinture et de design qui se compose de trois tenues représentant trois étapes qui reflètent une personne ; Réflexion Idéale, Moi Idéal et Corps Idéal. Le tissu a été peint à l’acrylique et présente des femmes nues poilues en fragments. Les poils du corps sont également peints méticuleusement sur les mannequins noires portant les tenues. Le projet s’interroge sur l’origine de nos idéaux, aborde des sujets tels que la croissance, l’identité, l’influence sociale et célèbre le tabou de la pilosité féminine. Le Paradis Idéal remet en question la base de nos idéaux ; idéal de soi, poids, corps, apparence… Le mot « idéal » est défini comme « satisfaire sa conception de ce qui est parfait, mais peu susceptible de devenir une réalité, désirable ou le plus approprié. N’existant que dans l’imaginaire. Un standard de perfection. » Le projet traite des différentes étapes de la croissance, de l’identité et de l’influence sociale. La première œuvre, Réflexion Idéale (mauve), se concentre sur la façon dont vous vous voyez, découvrez qui vous êtes et réfléchit sur la façon dont vous vous percevez lorsque vous êtes en présence d’autres personnes. La deuxième œuvre, Moi Idéal (bleu), se concentre sur qui vous êtes dans votre tête et qui vous voulez être dans un contexte social. Il analyse à quel point vous vous changez ou « voulez » vous changer pour vous sentir à l’aise dans de nouveaux environnements. Que ce soit le besoin de se démarquer ou de s’intégrer. Souvent, les amis et les inconnus


influencent l’identité en cours de construction, qui devient cruciale tout au long de notre période ou de notre processus de croissance. La troisième œuvre d’art, Corps Idéal (rose), est simplement le «temple», le «vaisseau» ou le corps dans lequel vous vivez ou voulez vivre. Le corps idéal est celui que vous pensez être présentable au monde. Influencé par les normes et les tabous de la société, il peut être mis mal à l’aise, détruit, reconstruit pour s’adapter à une norme étroite et validé. Elle est aussi à son stade de vulnérabilité et de prise de décision ou le résultat de nombreux choix. « Vous choisissez de devenir la réflexion du monde dans lequel vous voulez vivre. Le paradis idéal. »


The Fyète Souhou-te: Proud to be chosen by God, The people of the tribe, The Divine, Women and Men Text by Esther Calixte-Bea Fyète: pride in creole, women, proud Souhou: divine in guéré Te: affaire in guéré Fyète Souhou-teî: chief, leader, mother Kéa-nin: godly in guéré, or warrior in Calixte-Bea’s personal translation The Tribe’s Creation: Myth & Fact Calixte-Bea created a tribe inspired by her personal life and the Wè Tribe which she belongs to. The Fyète Souhou-te live on a small island under Côte d’Ivoire. It is believed that God broke off the island from the country Himself. It has pine trees and landscapes that resemble ones found in Canada and is referred to, by the tribe, as ‘Té’ which means earth or my affaire (thing). The tribe’s name much like Calixte-Bea’s last name consists of a Haitian (creole) and Ivorian (guéré) word. The Fyète Souhou-te tribe embraces female body hair and celebrates it through their different artistic and ritualistic practices. Body hair is a symbol of maturity and fertility. It is seen as sacred and essential to the women’s identity. Fyète rituals include the braiding of pubic hair, which showcases each individual’s particular style, personality and creativity. Styling the hair on their head and even facial hair is also important in rituals and daily life. Their hairstyles, clothing and colours tell a story and is a way to express their individuality among the tribe members. Some rather wear the colours chosen by their families, while others that choose to stand out create their own designs. Fyète Souhou-te are taught at a young age how to make garments, style their hair and body hair through various braiding techniques.


The tribe was originally called Tcheybê-Zouhou and was later changed to Fyète Souhou-te over time as the tribe grew. According to the myth, the name change was the cause of a baby being born hairy. It is said that a woman from the Caribbean accidently found the island and the tribe while traveling. She was pregnant and gave birth to a boy. She passed away after giving birth, which resulted in the tribe raising the child. He grew up to marry a Kéa-nin and she gave birth to a hairy girl. Kéa-nin (goldy) were women in charge of keeping and teaching the knowledge of the tribe. They also kept knowledge and information (including languages) shared by travelers. Some Kéa-nin were also warriors. The women of the tribe were known to be very hairy across the land, nonetheless they were still shocked by the child’s hairiness as it was the first baby born hairy in the tribe. This hair found on babies at birth is known today as ‘Lanugo’. The second origin story also told by the tribe is that a hairy baby appeared and was adopted by a Kéa-nin. The members of the tribe were desperately trying to kill this baby because some believed it was unnatural to be this hairy at birth and others simply were afraid that this unknown child would become chief as it was forbidden for a stranger to become the leader of the tribe. The Elders knew the baby’s hairiness had impressed many and would result in some wanting to anoint the child. The baby was later accepted by the tribe as the Kéa-nin convinced them that the baby was given to her by God as she was infertile. She believed that it was a sign that it was time for a change. That child became the very first female chief. The tribe’s name was changed from tcheybê to fyète which originally meant fear; Fear the Divine or Divine Fear. Which later was translated from the Haitian creole word ”Pride”. How to become Chief The chief known as the Fyète Souhou-teî is the hairiest woman in the tribe. A chief can also be chosen in a competition based on the participants creativity. In this competition, each member must create the most artistic design with their pubic hair, impress the tribe members, be chosen by vote and then be anointed through a ritual done near a river or stream. The pouring of water on the chief and the staff is a sign of cleansing and oneness with the Earth. A chief must be ready to lead and die for the people. This oneness with the Earth is also shown through the lack of shoes the Fyète Souhou-te wear. The feet touching and walking directly on the Earth’s surface shows a sign of humility and respect


for nature. Women are often believed that the hairier they are the more blessed they are by God or divine. Bearded women had greater chances and were often picked by the tribe to become the next chief without having to participate in the competition. Fyète (women) are also seen as sacred and it is also believed that women are the portal between the Heavens and Earth, and help keep the peace. Ideal Paradise Ideal Paradise is both a painting and design project that consists of three outfits representing three stages that reflect oneself; Ideal Reflection, Ideal Self & Ideal Body. The fabric was painted with acrylic and showcases nude hairy women in fragments. Body hair is also painted meticulously on the black female mannequins wearing the outfits. The project questions where our ideals stem from, discusses subjects such as growth, identity, social influence and celebrates the taboo of female body hair. Ideal Paradise questions the basis of our ideals; ideal self, weight, body, look… The word ‘ideal’ is defined as “satisfying one’s conception of what is perfect, but not likely to become a reality, desirable or most suitable. Existing only in the imagination. A standard of perfection.” The project discusses various stages of growth, identity and social influence. The first artwork, Ideal Reflection (purple), focuses on how you see yourself, discovering who you are and reflects on how you perceive yourself when you are in other people’s presence. The second artwork, Ideal Self (blue), focuses on who you are in your head and who you want to be in a social context. It analyses how much you change yourself or ‘want’ to change yourself to feel comfortable in new environments. Whether it’s the need to stand out or fit in. Often times, friends and strangers influence the identity being built, which becomes crucial throughout our growth period or process. The third artwork, Ideal Body (pink), is simply the ‘temple’, ‘vessel’ or body you live in or want to live in. The ideal body is the one that you feel is presentable to the world. Influenced by society’s norms and taboos, it can be made to feel uncomfortable, destroyed, rebuilt to fit a narrow standard and validated. It is also at its vulnerable state and decision-making stage or is the result of many choices. “You choose to become the reflection of the world you want to live in. The Ideal Paradise.”


TEXTE DE CÉCILIA BRACMORT, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION Dans un monde obnubilé par l’image et la standardisation des corps, il est difficile de s’accepter et de s’aimer tel que l’on est. Notre relation avec notre corps peut être conflictuelle, en particulier lorsqu’il ne correspond pas à la norme. Pourtant notre relation avec notre corps est la seule véritable connexion, voire mariage, que l’on entretient tout au long de notre existence. Il est notre vaisseau sur cette terre. Avec lui, c’est jusqu’à ce que la mort nous sépare ; force est de constater que parfois on peut être de bien mauvais partenaires. Dans son livre The Body Is Not an Apology, The Power of Radical SelfLove, l’autrice Sonya Renee Taylor parle notamment de la notion de « body terrorism » (terrorisme du corps), qui englobe un ensemble d’oppressions que la société inflige aux corps ; que ce soit dans les médias voire dans notre propre tête avec nos critiques perpétuelles. Ces messages toxiques empoisonnent notre relation avec les autres, avec notre corps et notre quête de soi. Sa réponse à ces nombreux maux passe par son concept de « radical self-love » (amour-propre radical) menant à une libération face à cet endoctrinement global. Les messages véhiculés dans les œuvres de l’artiste Esther Calixte-Béa se rapprochent des réflexions de Sonya Renee Taylor. Par sa recherche sur la quête de soi et la remise en cause des normes de beauté que notre société capitaliste et patriarcale a modelé, Calixte-Béa nous présente un univers où des femmes noires et poilues sont maîtresses de leurs destinées et biens dans leurs corps, faisant ainsi écho à son parcours personnel et à sa revendication d’être elle-même sans honte et sans peur du regard des autres. À travers ses créations, Calixte-Béa s’évade des limitations de notre société et prend de la hauteur dans l’Éther, l’atmosphère supérieure des dieux et crée une nouvelle mythologie libérée des représentations strictes de genre. Ainsi l’exposition Création d’un monde éthéré prend la forme d’un univers parallèle où trois différentes dimensions se répondent.


La première partie de l’exposition présente l’aspect mythologique avec la présentation des Fyète Souhou-te, tribu matriarcale dont la pilosité est un signe extérieur de beauté et de respect. Le second espace présente une série d’œuvres nommées Ideal Paradise où l’artiste semble présenter un aspect plus intérieur, où la tête dans les nuages, elle imagine et visualise d’autres façons d’être et d’exister. Enfin, la dernière partie évoque son cheminement personnel passant d’abord par son rapport conflictuel avec son corps et se termine par un sentiment d’acceptation de soi et de sérénité. Par ce parcours personnel de guérison et de réconciliation avec son corps, Calixte-Béa nous montre un exemple de « radical self-love » qui nous invite à interroger nos propres fêlures et limitations dans l’espoir de pouvoir, nous aussi, faire la paix avec nos corps quels qu’ils soient.


TEXT BY CÉCILIA BRACMORT, CURATOR OF THE EXHIBITION In a world focused on the omnipresence of the image and the standardization of bodies, it is difficult to accept and love ourselves as we are. Our relationship with our body can be conflictual, especially when it does not correspond to the norm. Yet our relationship with our body is the only true relationship or marriage we have throughout our existence. It is our vessel on this earth. With it, it is until death do us part; we have to admit that sometimes we can be very bad partners. In her book The Body Is Not an Apology, The Power of Radical SelfLove, author Sonya Renee Taylor talks about the notion of «body terrorism», which encompasses a whole range of oppression that society inflicts on the body, whether in the media or in our own heads with our constant criticism. These toxic messages poison our relationship with others, with our bodies and our quest for self. Taylor’s answer to these many ills is her concept of «radical self-love» leading to liberation from this global indoctrination. The messages conveyed in the works of artist Esther Calixte-Bea are similar to the reflections of Sonya Renee Taylor. Through her research on the quest for self and the questioning of the standards of beauty that our capitalist and patriarchal society have shaped, Calixte-Bea presents us with a universe where black and hairy women are masters of their destiny and feel good about their bodies, thus echoing her personal journey and her claim to be herself unapologetically. Through her creations, Calixte-Bea escapes from the limitations of our society and rises into the Ether, the higher atmosphere of the gods, and creates a new mythology free from strict gender representations. Thus the exhibition Creation of an Ethereal World takes the form of a parallel universe where three different dimensions respond to each other.


The first part of the exhibition presents the mythological aspect with the presentation of the Fyète Souhou-te, a matriarchal tribe whose body hair is an external sign of beauty and respect. The second space presents a series of works called Ideal Paradise where the artist seems to present a more interior aspect, where with her head in the clouds, she imagines and visualizes other ways of being herself. Finally, the last part evokes her personal journey through her conflicting relationship with her body and ends with a sense of self-acceptance and serenity. Through this personal journey of healing and reconciliation with her body, Calixte-Bea shows us an example of radical self-love that invites us to question our own cracks and limitations and hopefully give us the opportunity to make peace with our bodies, whatever their shapes and specificities.


L’artiste remercie | The artist thanks: Ma mère Betty et mon père Serge, ma tante Giana, ainsi que Cynthia Girard, ma professeur à l’Université Concordia. My mother Betty and my father Serge, my aunt Giana, and Cynthia Girard, my professor at Concordia University.

L’artiste et la commissaire remercient | The artist and the curator thank : Le conseil des arts du Canada, Stanley Février, Home Depot en particulier Jack Paul et son équipe, à Alain et Tan de SyntekGazon, Mik de Pictorem, les employés de la quincaillerie Azores, nos ami.e.s en particulier Tom Watson, Olivia McGilchrist, Michaël Emond, Jim Tran, Paul Litherland, nos familles et celleux qui nous soutiennent. Enfin un énorme merci à l’équipe de la Centrale My-Van, Julia et Mattia, aux bénévoles Diyar, Quyng, Kristen et Jo et à Samuel Garrigó Meza, le meilleur technicien au monde. The Canada Council for the Arts, Stanley Février, Home Depot in particular Jack Paul and his team, Alain and Tan from SyntekGazon, Mik from Pictorem, the employees of Azores hardware store, our friends in particular Tom Watson, Olivia McGilchrist, Michaël Emond, Jim Tran, Paul Litherland, our families and those who support us. Finally a huge thank you to the team of La Centrale My-Van, Julia and Mattia, to the volunteers Diyar, Quyng, Kristen and Jo and to Samuel Garrigó Meza, the best technician in the world.


La Centrale galerie Powerhouse

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