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« En faire trop va à l’encontre du but du théâtre, qui depuis le début et toujours, fut, est encore, et sera d’être comme un miroir, un espèce de miroir devant lequel les gens se perçoivent tels qu’ils sont, et où ils voient tout ce qui les travaille, les taraude, les obsède… » Hamlet, William Shakespeare (traduit par Jean Marc Dalpé)

En couverture : Andrée Rainville et Nicolas Desfossés dans Cinéma de Mishka Lavigne / Photo : Sylvain Sabatié


SOMMAIRE Crédits........................................................................................................p. 4 Éditorial.....................................................................................................p. 5 À la une : Cinéma.....................................................................................p. 6 L’importance de la rencontre : retour sur la collecte de fond....................p. 12 Le Long de la Principale : ne plus avoir peur du deuil...........................p. 14 L’intense émotion d’Et au pire, on se mariera......................................p. 18 Danse de garçons : laisser place à la vulnérabilité..................................p. 20 Vivre Ik Onkar à distance........................................................................p. 22 Artistes de la saison 2014-2015..................................................................p. 26 Réécrire ses souvenirs : reprise de La Fille d’argile.................................p. 28 #ReconstructionLNS.................................................................................p. 32 2H14 : quand la réalité percute la fiction..................................................p. 36 Le Journal d’Anne Frank vivant !...........................................................p. 38 Hors Zone..................................................................................................p. 40 Artiste de saison : Guillermo Trejo............................................................p. 42 Brèves.........................................................................................................p. 46 Calendrier 2015-2016................................................................................p. 50

« leCatalyseur... du Théâtre la Catapulte, automne 2015.

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Crédits CATALYSEUR

Direction : Sylvain Sabatié Rédaction : Joël Beddows, Martin Cadieux, Jacynthe Dupont, Fanny Gilbert-Collet, Karine Ledoyen, Emmanuelle Le Coq, Marie-Pierre Proulx, Jean Stéphane Roy, Sylvain Sabatié et les Créations Ad Vitam (Martine Pype-Rondeau et Mara Joly) Correction : Mishka Lavigne Graphisme : Vacarm Remerciements : Nicolas Desfossés, Jacynthe Dupont, Emmanuelle Le Coq, Dominic Manca, Nina Okens, Andrée Rainville, Guillermo Trejo

Nos partenaires PARTENAIRES DU SECTEUR PUBLIC an Ontario government agency un organisme du gouvernement de l’Ontario

PARTENAIRES DU SECTEUR PRIVÉ

THÉÂTRES, DIFFUSEURS ET ORGANISMES CULTURELS

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« leCatalyseur... du Théâtre la Catapulte, automne 2015.


Éditorial Au moment d’écrire ces lignes, nous en sommes à notre 3e saison d’itinérance due à la reconstruction de notre « lieu-mère » de diffusion : La Nouvelle Scène. Après de multiples problèmes rencontrés (quels chantiers d’envergure ne rencontrent pas son lot de surprises ?!), on peut dire maintenant que la construction de notre berceau de création a enfin trouvé son rythme de croisière. La Nouvelle Scène est plus qu’un théâtre : c’est le symbole vivant de l’effervescence de la francophonie à Ottawa et en Ontario. C’est une rampe de lancement privilégiée qui sert de haut-parleur à la culture francophone et qui fait voyager notre langue à travers le pays. C’est un lieu culte qui permet aux créateurs francophones de la capitale de bénéficier des outils de pointes pour créer en toute liberté. Cette itinérance que nous vivons nous a permis de créer des opportunités nouvelles de diffusions tout en nous concentrant davantage sur nos tournées. Une des belles occasions fut notre partenariat avec le MIFO, à Orléans, avec lequel nous avons pu jouir d’une plus grande salle pour faire venir le magnifique LEO en 2013-2014, mis en scène brillamment par Daniel Brière, et cette année le mythique Journal d’Anne Frank, qui fut un pur délice pour notre public adolescent (et ses enseignants !). Ce fut aussi l’occasion de créer un théâtre de toutes pièces à partir d’un entrepôt commercial pour la création de Cinéma. Des heures de durs labeurs qui nous ont permis d’ouvrir nos horizons sur la façon de présenter du théâtre. Heureusement, le public, malgré les différents lieux de diffusion, a continué à nous encourager et à suivre notre programmation : c’est dans des moments comme ceux-là qu’on s’aperçoit de tout le positif des efforts de développement de public que l’on fait avec patience depuis des années. Parmi les autres moments qui ont marqué notre dernière saison, je retiens la finalité de notre « projet sur 5 ans » de développement de public en partenariat avec le Théâtre français de Toronto : nous avons fait l’ultime reprise de Zone de Marcel Dubé à Ottawa et Toronto. En tout : 173 représentations à travers le pays en trois ans ; la production a touché près de 50 000 spectateurs – un record pour une production adulte franco-ontarienne. Il y a eu aussi la tuerie du Parlement qui a coïncidé avec la première de 2H14 de David Paquet (spectacle qui relate une tuerie dans une école secondaire). Et il y a bien sûr Ik Onkar, qui a connu une large diffusion chez les diffuseurs spécialisés du Québec et qui a joui d’une présentation intégrale lors de la dernière Bourse Rideau – une autre première pour une compagnie franco-ontarienne. Cette intégrale nous a permis de créer de nouveaux contacts et d’organiser une tournée québécoise pour la saison prochaine. Bref, une autre grande saison pour la Catapulte ! Nous faisons partie d’une grande communauté et notre devoir est de nous ouvrir constamment tout en restant pertinents face à ce que nous créons et présentons, et c’est pourquoi nous apprécions vraiment vos questions, vos commentaires ou critiques constructives sur notre programmation et nos activités. Je vous encourage donc fortement à participer à notre épanouissement – et par ricochet, le vôtre – en entrant en contact avec nous de la manière dont vous le souhaitez, puisque ce ne sont pas les outils de communications qui manquent ! Merci de nous être fidèles !

Jean Stéphane Roy, directeur artistique du Théâtre la Catapulte

Photo : Sylvain Sabatié


Cinéma :

entrer dans la conscience

des personnages Cinéma est la dernière création en date du Théâtre la Catapulte. Le texte de Mishka Lavigne est dense, complexe. Les niveaux d’interprétation sont nombreux. Cerner les personnages, sur lesquels repose la pièce, fut un travail de longue haleine. Un tour de force pour une première œuvre à laquelle se sont frottés les comédiens Nicolas Desfossés et Andrée Rainville. Rencontre.

Photos de production : Sylvain Sabatié

Andrée Rainville et Nicolas Desfossés dans la scène des voisins.


Cinéma est un texte dense. Deux personnages extrêmement complexes, Lara et Xavier, se donnent la réplique dans un spectacle qui repose sur le jeu des comédiens, en l’occurrence, Andrée Rainville et Nicolas Desfossés, et ce malgré l’omniprésence de la vidéo. Conscients qu’ils avaient là deux rôles forts, ils n’ont pas hésité au moment d’accepter de leur donner vie. Andrée a eu le coup de foudre : « Je suis vraiment tombé en amour avec le texte tout de suite. Je l’ai lu une fois, je l’ai pas compris, mais je me suis dit ‘je sais pas pourquoi, mais je t’aime !’ » Après une première lecture aux Feuilles vives (l’événement de mises en lecture de Théâtre Action) en septembre 2012, Jean Stéphane Roy confie le projet à la metteure en scène Caroline Yergeau. Impliqués dans la réécriture du texte en mai 2013, les comédiens travaillent déjà énormément l’aspect psychologique de leur personnage. Ce qui ne ce fut pas sans difficulté… « On a eu beaucoup de maux de tête ! » avoue Andrée.

Lara À la question « Est-ce que tu peux nous parler de Lara ? », Andrée répond d’abord par un petit rire sardonique, témoin de la complexité de ce personnage fascinant, et d’une certaine façon, injouable. « Oui, mais en même temps, il fallait le jouer, alors je me suis trouvé une façon de le faire ! »

Andrée Rainville durant l’une des « morts » de Lara.

Dans Cinéma, Lara fait affaire avec une agence qui loue des acteurs. Elle s’en sert pour vivre des scènes banales du quotidien : rencontre avec son voisin, visite d’une galerie d’art, séance de massothérapie, etc. Malgré ce que les apparences pourraient laisser croire, pour Andrée, « Lara n’est pas folle. Elle est juste seule. Elle est perdue dans une bulle et on sait pas où est-ce qu’elle s’en va. Elle arrive pas à faire le pont entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle voit, et c’est ça qui la perturbe beaucoup. En fait, elle a tellement l’impression de rien sentir, qu’elle fait tout pour être capable de changer ça. Donc elle se met à essayer des choses… » Essayer des choses ? Mais jusqu’où peut-elle aller ? « Elle s’imagine sa mort. Elle veut tellement exister qu’elle croit que c’est en mourant qu’elle va arriver à se sentir vivante. Ce qui est complètement paradoxal ! » Au fil du processus, Andrée fini par développer une certaine empathie pour son personnage, et ce n’est pas sans une certaine affection dans la voix qu’elle finit par dire à propos de Lara : « c’est quelqu’un de vraiment mélangé. Elle essaie juste de se comprendre elle-même… » Comment jouer un tel personnage ? « Il fallait choisir les moments. Les morts qu’elle s’imagine sont des moments flottants, heureux. Parce qu’elle est bien là-dedans. Elle y trouve son réconfort. » Les autres scènes sont plus nuancées : « C’est Lara qui joue un personnage, et comme elle consomme beaucoup de fictions, il a fallu aller chercher ses références à elle et trouver le bon dosage dans le jeu. Surjouer un peu, mais pas trop… Ça, ça a été un gros défi ! Et il fallait aussi que les moments de décrochage soient clairs au niveau du jeu. » « leCatalyseur... du Théâtre la Catapulte, automne 2015.

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Et quand on demande à Andrée si elle considère qu’elle a fait le tour de Lara, la réponse ne se fait pas attendre : « Encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de travail à faire avec ce personnage ! Et c’est ça qui est merveilleux ! »

Xavier Acteur démoralisé, Xavier tente un dernier pari : il signe un contrat avec une agence de location d’acteur, qui en échange, lui promet la gloire… C’est comme ça qu’il rencontre Lara, qui lui fait jouer différents personnages, des archétypes auprès desquels elle veut se confronter, se tester. Au fil de la pièce, Xavier – et donc Nicolas – se glisse tour à tour dans la peau du voisin, de l’ami gay, du massothérapeute, de l’ex-quine-parvient-pas-à-tourner-la-page, de l’artiste prétentieux, de la « blind-date » devenue « one-night-stand » et enfin, du psychanalyste. Comment, en temps qu’acteur, jouer un personnage qui joue et qui est très rarement lui-même ? « C’est un grand défi. » Caroline Yergeau, la metteure en scène, et Nicolas sont parvenus à le relever en faisant des choix : « on a décidé que les personnages que joue Xavier seraient vraiment gros, avec un timbre de voix particulier et une posture à part, tandis que Xavier est plus proche de Nicolas en fait. » La théâtralité a poussé le jeu à être plus gros que « si on l’avait fait dans la vie » selon Nicolas. L’absence de réalisme de ces scènes est d’ailleurs subtilement soulignée par les projections vidéos : celles-ci deviennent plus synthétiques, surfaites, bien moins organiques et poétiques que les scènes où Lara s’imagine sa mort par exemple. Pourtant, il a quand même fallu trouver la justesse de ces caricatures. Et comme pour Andrée, « ça a été le gros défi » de Nicolas.

La relation entre Xavier et Lara Petit à petit, le personnage de Xavier devient de plus en plus obsédé par Lara et ses scénarios si banals qu’ils en deviennent kafkaïens : « au début, il est juste intrigué par les situations loufoques que Lara lui demande de jouer. Puis il finit par tomber en amour avec cette femme-là. » Cet amour naissant perturbe le jeu imaginé par Lara : « Xavier finit par sortir de ses personnages pour être lui-même. » L’un des nœuds du spectacle est ainsi la relation entre ces deux personnages. L’amour de Xavier pour Lara deviendrait-il réciproque ? Andrée : « Lara ressent un certain

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réconfort du fait que Xavier revient. Elle sent qu’il commence à la comprendre un peu – ou du moins, qu’il essaye. » Et qu’y a-t-il à comprendre ? Que Lara veut mourir, mais pas se suicider. Elle a donc besoin de Xavier : « pour sentir qu’elle existe, il faut qu’il y ait un témoin. Comme ça, elle pourra exister pour quelqu’un. » Selon Andrée, elle se sert de lui « pour se convaincre que c’est correct ce qu’elle s’en va faire. » Lara finira même par l’appeler en plein milieu de la nuit lors d’un moment de détresse. Mais là encore, les sentiments de Lara restent flous… « Elle veut pas tomber en amour avec lui, parce que sinon, ça contrecarre ses plans ! » Entêtée la Lara… Finalement, ces deux personnages, aussi contraires soient-ils (« Xavier veut être vu, alors que Lara veut s’effacer » nous dit Nicolas), se rejoignent dans la solitude. Deux personnages seuls, jusqu’au bout : Cinéma est une pièce qui joue avec les temporalités et avec les lieux (et non-lieux), réels ou non : espace mental des personnages, lieu physique de leurs rencontres, imaginaire fantasmé, etc. Le seul moment présent dans le spectacle, « c’est l’épilogue. » Un épilogue où Xavier est seul, puisque, selon Andrée, « Lara est comme une sorte de conscience, qui vient faire revivre à Xavier leurs rencontres, pour le convaincre que c’est correct ce qu’il a fait à la fin ». Fin que l’on ne peut dévoiler, pour le lecteur n’ayant pas vu le spectacle. Avec la tournée qui s’en vient, voilà qui promet de bien belles réflexions, autant pour les acteurs que pour les spectateurs…

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Sylvain Sabatié, juin 2015


Cinéma :

le « petit miracle »

de la tournée en région éloignée Au printemps 2016, Cinéma partira en tournée en Ontario, se rendant notamment jusqu’à Hearst, ville du Nord de l’Ontario située à 950 km et 12 heures de route d’Ottawa. Marie-Pierre Proulx, qui a travaillé sur la scénographie et la vidéo du spectacle et est originaire de la « H-Town », nous raconte ce que la tournée représente pour elle.


Un ado et ses jeux vidéos… Des parents inadaptés et absents… Une jungle virtuelle comme échappatoire… Une amazone qui surprend de son cri strident… Le gymnase de mon école secondaire complètement transformé le temps d’un spectacle. Un nouveau monde qui s’offre à moi. C’est à peu près ce dont je me souviens de l’une des premières pièces de théâtre professionnelles que j’ai vues. C’était Safari de banlieue. Je crois que nous étions en 2001 ou 2002 à l’École secondaire de Hearst. J’avais 13 ou 14 ans. Je ne savais pas encore ce qu’était le Théâtre la Catapulte. J’étais loin de me douter que je participerais éventuellement à la création de spectacles produits par cette compagnie, après avoir complété six ans d’études théâtrales. Aujourd’hui, je suis toujours habitée d’un sentiment de fierté lorsque j’apprends qu’un spectacle de théâtre est accueilli et présenté à Hearst, que je sois impliquée ou non dans le projet : fière que mes collègues artistes puissent découvrir ma ville, mon petit coin de pays, les gens accueillants de ma communauté.

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Fière aussi que ma communauté puisse être en contact avec des artistes et des projets théâtraux aussi fous, audacieux et fabuleux. Fière qu’ils puissent être transportés le temps d’un spectacle, comme je l’ai moi-même été ce jour où Safari de banlieue nous a été présenté. J’avoue qu’à chaque fois, j’aimerais être un petit oiseau et me rendre sur place pour être témoin de cette rencontre, de ce moment magique, de ce « petit miracle », comme le dit mon copain. Car oui, chaque spectacle présenté en tournée en région est un petit miracle. Un petit miracle qui ne pourrait être rendu possible sans le travail acharné de diffuseurs généreux et engagés, d’artistes et de techniciens passionnés, de compagnies de théâtre qui croient avec ferveur en l’importance de faire voyager le théâtre en région. Au printemps prochain, Cinéma, un spectacle produit par le Théâtre la Catapulte en partenariat avec le Théâtre Belvédère, va partir en tournée et passer par Hearst. Ayant travaillé à la scénographie de ce spectacle (en collaboration avec Benoît Brunet-Poirier), j’étais extrêmement excitée lorsque j’ai appris la nouvelle. Quel sentiment gratifiant de savoir qu’un « petit bout de moi » pourra être présenté devant des gens que j’estime et qui ont contribué à faire de moi la personne que je suis ! Cette fois-ci, petit oiseau ou pas, je ferai tout en mon possible pour être sur place le jour où Hearst découvrira le spectacle. Cinéma fut une occasion d’apprentissage incroyable pour l’apprentie scénographe que je suis, mais également une occasion de remise en question et de doutes constants. Mais les doutes et les remises en questions ne sont-ils pas nécessaires pour continuer de grandir ? Pour aller plus loin ? Cinéma, ce fut également la poursuite d’un travail avec une complice qui croit en moi depuis le tout début et aux côtés de laquelle je ne cesse d’apprendre, projet après projet : Caroline Yergeau, metteure en scène du spectacle et directrice artistique du Théâtre Belvédère.

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Cinéma, ce fut finalement la rencontre d’une équipe de création en or. Si l’ensemble de celle-ci ne prend pas la route avec le spectacle, ce dernier est tout de même composé de « petits bouts » de chacun des créateurs. J’espère de tout cœur que les spectateurs de Hearst, ainsi que ceux de toutes les autres communautés qui accueilleront Cinéma cette année, pourront se laisser transporter par : •

la plume fine et intelligente de Mishka Lavigne,

la mise en scène sensible de Caroline Yergeau,

le jeu à la fois drôle et touchant d’Andrée Rainville et de Nicolas Desfossés,

la présence discrète de Benoît Brunet-Poirier et de sa caméra,

la minutie et la générosité sans borne de la régisseuse Lindsay Tremblay,

les éclairages francs de Paul Auclair,

la musique enveloppante de Fred Levac,

les costumes soignés d’Angela Haché,

l’univers visuel vacillant entre réel et virtuel que Benoît et moi avons humblement tenté de créer.

Andrée Rainville durant l’une des « morts » de Lara.

Nicolas Desfossés et Andrée Rainville dans la scène de la séance de massothérapie.

Car le travail de toutes ces personnes, en plus de celui de toute l’équipe du Théâtre la Catapulte et du Théâtre Belvédère, sera derrière chaque rencontre entre Cinéma et les spectateurs. Je nous imagine déjà au-dessus de la scène, parmi les lampes et les projecteurs, tels une nuée de « petitsoiseaux-créateurs », prêt à être témoin d’un autre « petit miracle »… Marie-Pierre Proulx, juin 2015

Cinéma, de Mishka Lavigne, une production du Théâtre la Catapulte en partenariat avec le Théâtre Belvédère mise en scène par Caroline Yergeau, a été créée à Ottawa fin avril. Le spectacle a été présenté dans un lieu non théâtral, un entrepôt industriel situé au 2241 croissant Gladwin à Ottawa, du 29 avril au 2 mai 2015 (matinées scolaires du 28 avril au 1er mai). Il partira en tournée en Ontario au printemps 2016.

Appréciation des spectateurs

43 %

31 %

18 %

8%


L’importance

de la rencontre :

retour sur la collecte de fond Martin Cadieux, notre agent de développement, revient sur notre campagne de collecte de fonds version 2015.

« Le théâtre permet d’abolir les frontières, permet de comprendre l’autre. C’est une grande force de partage et d’inclusion. » J’avais demandé à l’artiste et technicien de tournée Benoît Brunet-Poirier de prendre la parole lors de notre événement-bénéfice Projecteurs sur Cinéma (Cinéma étant le titre de notre dernière production). Il concluait ainsi une anecdote issue de la tournée de la production Ik Onkar en ColombieBritannique en 2014. Sur la route, l’équipe avait été accueillie chaleureusement par une petite communauté au nord de Comox, sur la côte est de l’Île de Vancouver. Le soir venu, pour expliquer à leurs hôtes unilingues anglophones le contenu de la pièce, ils en ont joué la première scène, sur la plage, sans décor, sans éclairages, sans costumes, et en français. Étonnamment, ces spectateurs improbables ont compris la plupart du contenu de la scène et de son message. Le théâtre opéra sa magie ! La tournée, c’est une série d’échanges significatifs entre des artistes d’ici et des publics d’ailleurs : des communautés francophones et francophiles de partout au Canada. L’événement-bénéfice Projecteurs sur Cinéma voulait mettre l’accent sur l’histoire des tournées de la compagnie qui, avec les années, devient de plus en plus imposante. Nous avons ainsi lancé un nouvel outil qui permet de visualiser en un clin d’œil les 150 communautés visitées depuis 1992 : une carte interactive en ligne. Grâce au travail d’Emmanuelle Le Coq, stagiaire à la Catapulte de septembre 2014 à mai 2015, on a pu retracer et compiler les quelques 220 lieux (salles de spectacles, écoles secondaires, centres communautaires…) où une production de la Catapulte a joué. Vous pouvez la consulter en visitant la page web : catapulte.ca/contribuez. Avec Projecteurs sur Cinéma, on a également lancé notre campagne de collecte de fonds. Objectif  : 10 000 $. Cet argent est nécessaire pour rendre possible les tournées de trois productions la saison prochaine en Ontario et au Québec. L’appel a été entendu : 67 donateurs et partenaires ont permis de récolter 10 600 $ au moment que j’écris ces lignes. Merci à toutes celles et tous ceux qui croient à l’importance des rencontres entre les artistes d’Ottawa et les publics du Canada ! Les arts de la scène contribuent véritablement à abolir les frontières ! Martin Cadieux, juin 2015

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Merci

à nos donateurs ! 3 000 km (Saskatchewan) Ghyslain Charron / Maurice Demers

1 000 km (Acadie) Marie-Élisabeth Brunet / Jean M. Fahmy / Ginette Gratton / Angela Haché / Alain Jean Thérèse Lebel-Brunet / Laurentin Lévesque / Johanne Melançon / Victoria Steele / Sylvain Schryburt

200 km (Montréal) Jean-Pierre Beauquier / Joël Beddows / Lucie Boily / Samuel Breau / Martin Cadieux / Brigitte Cérat Huguette Charette / Francine Charlebois / Gérard Dubé / Solange Fortin / Michelle Guay-Leblanc Lucie Hotte / Marc Julian / Jean-Claude Larocque / Sariana Monette-Saillant / Michel Séguin

100 km (Est-ontarien) Kyle Ahluwalia / Mathieu Bertrand / Marité Boily / Hélène Cadieux / Gilles Cadieux / Monique Cadieux Sasha Dominique / Louise Frappier / Jean Marc Larivière / Geneviève Latour / Mishka Lavigne Philippe LeVoguer / Sylvain Sabatié / Judith Séguin / Pierre Simpson

N.B. : les noms de l’endroit entre parenthèse dans le titre des catégories sont des exemples de la distance parcourue vers l’une de nos destinations régulières en tournée, et non la provenance des donateurs.

Merci à nos partenaires !

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Le Long de la

Principale :

ne plus avoir peur du deuil Au début du Long de la Principale, le père du personnage principal (« Lui ») meurt soudainement. Pourtant, il ne s’agit pas d’une pièce sur la mort (on ne sait à peu près rien sur le défunt) ; c’est un spectacle sur la façon dont ceux qui restent vivent la mort, ou, pour le dire autrement, sur le processus d’acceptation de celle-ci : le deuil. Sylvain Sabatié, agent de communications, a recueilli les propos de Jean Stéphane Roy, directeur artistique et metteur en scène de la pièce qui sera produite

Photos de répétitions : Sylvain Sabatié

en février.


De gauche à droite : Caroline Lefebvre, Jonathan Charlebois et Chançard Lemvo en répétition à l’École De La Salle en juin 2015.

Prise 1 Jean Stéphane a assuré la mise en scène du texte lors de sa création en 1999. Il s’agissait d’une commande du Théâtre Tandem, compagnie basée en Abitibi-Témiscamingue, pour un spectacle d’été : « on a joué à Lorrainville dans un vieil aréna de curling. » Le processus de création, qui se déroule à Montréal, est teinté d’une atmosphère particulière : « Steve Laplante, qui avait déjà presque fini le texte, l’a achevé en salle de répétition. Il venait de perdre son père et avait écrit la pièce d’un seul souffle. » Rapidement, une connexion se crée entre Steve et Jean Stéphane : ce dernier avait perdu sa mère un an plus tôt… « Perdre un parent, c’est intense. C’est l’orphelinat… C’est comme la perte d’un bras… Il faut apprendre à vivre avec cette absence. Pour moi qui ai été adopté, ça a été un peu comme apprivoiser une renaissance. » Malgré l’universalité du thème, la réception du spectacle fut mitigée. « Il y avait une sorte de chicane entre le théâtre et sa communauté à l’époque, et pas mal de gens ont boycotté la production. Mais les gens de Montréal qui sont venus la voir ont capoté. C’est allé les chercher ! » Déjà, Jean Stéphane trouve dommage que peu de gens découvrent ce texte et l’idée de lui donner une deuxième vie née en lui… Puis, « il y a environ deux ans et demi, j’ai commencé à entendre parler de pas mal de gens qui mouraient : des proches ou des parents d’amis à moi par exemple… Pas des gens que je connaissais nécessairement, mais suffisamment de monde pour que ça m’interpelle… L’idée de cette pièce m’est revenue. » Un mois plus tard, c’est au tour de son père de nous quitter. « Là, j’avais plus le choix. Il fallait que je la monte ! Je connais pas d’autres pièces qui parlent du deuil mieux que celle-ci ! »

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Redonner ses lettres de noblesse au deuil Le deuil est un sujet qui fascine Jean Stéphane, non seulement d’un point de vue personnel et intime (« il s’agit d’une souffrance égoïste et égocentrique »), mais également en tant que phénomène de société : « les gens ne comprennent plus bien la notion de deuil. Et le fait qu’on y accorde de moins en moins de place dans la société n’aide pas : lors d’un décès, notre emploi ne nous laisse bien souvent pas plus de 2-3 jours ‘off’ pour faire le deuil, maximum une semaine dans le cas d’un parent direct. C’est très peu ! » Dans certains cas extrêmes, on remarque même une certaine industrialisation du processus funéraire : « j’ai vu un reportage il y a quelques années sur les rituels du deuil aux Etats-Unis, et il y avait des drive-in pour voir le mort à travers une vitrine et signer le livre de condoléance ! » Avec les morts de célébrités qui font souvent la une des médias, on assiste même à une sorte de récupération marketing de la mort : le décès permet de stimuler les ventes… Pour Jean Stéphane, la société moderne a ainsi oublié la notion de « rite de passage » que devrait être le deuil. « Après un deuil, la vie prend une nouvelle tournure. On relativise bien des choses. On devient plus patient aussi. » Le deuil peut-il ainsi s’appréhender de façon plus positive, constructive ? « Il y a une lumière dans le deuil. Et Le Long de la Principale, c’est une pièce sur comment retrouver cette lumière-là. »

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Lissa Léger en répétition à l’École De La Salle en juin 2015.


De gauche à droite : Caroline Lefebvre, Jonathan Charlebois et Chançard Lemvo en répétition à l’École De La Salle en juin 2015.

Prise 2 La pièce arbore un ton très naïf – « ce que l’on voit trop rarement de nos jours ». Trouver la bonne façon de rendre cette parole non réaliste fut l’objectif recherché lors des laboratoires : « il fallait trouver la bonne distanciation pour ne pas être trop lourd, mais en même temps ne pas perdre la profondeur du texte. » Au début, le travail tournait principalement autour des personnages, qui sont le moteur de la pièce. Après la première lecture, Jonathan Charlebois, qui interprète « Lui », n’avait qu’une idée en tête : comme son personnage, il devait parler à son père ! « Il est rentré chez lui, et la première chose qu’il a faite, c’est appeler son père : il fallait qu’il lui dise qu’il l’aimait ! » Heureusement, celui-ci est encore bien vivant et le faire fut plus facile pour Jonathan que pour « Lui », dont cette quête est le fil conducteur du spectacle. Finalement, ne serait-ce pas un impact similaire que Jean Stéphane aimerait avoir sur les spectateurs ? « Comme je n’ai pas d’enfant – et n’en aurai sans doute jamais – j’ai souvent une réflexion en moi sur la notion de legs. Une pièce comme Le Long de la Principale, c’est un peu quelque chose que je lègue aux spectateurs… » Sylvain Sabatié, juin 2015

Le Long de la Principale de Steve Laplante sera présenté du 25 février au 4 mars 2016 (matinées scolaires du 24 février au 4 mars). Depuis décembre 2013, plusieurs laboratoires ont eu lieu. Ceux de la saison 2014-2015 rassemblaient autour de Jean Stéphane Roy les comédiens Jonathan Charlebois, Caroline Lefebvre, Lissa Léger et Chançard Lemvo. Le Long de la Principale sera le premier spectacle du Théâtre la Catapulte à être présenté dans La « nouvelle » Nouvelle Scène. « leCatalyseur... du Théâtre la Catapulte, automne 2015.

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L’intense émotion

Et au pire,

d'

on se mariera Lorsqu’il découvre le spectacle Et au pire, on se mariera, le directeur artistique du Théâtre la Catapulte, Jean Stéphane Roy, a un choc inattendu. Dans sa tête, c’est clair : il doit faire venir le

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Photos de production : Joé Pelletier

spectacle à Ottawa.

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C’était une belle journée de début d’automne. Un 3 octobre. Avec mon assistante, Caroline Yergeau, nous allions dans les Cantons de l’Est voir un spectacle, possible accueil pour la saison 2015-2016. Les feuilles commençaient à montrer leurs couleurs et le temps ressemblait à la dernière belle journée chaude de l’année. Le spectacle était bon, mais sur la route du retour nous avions plusieurs doutes qui se pointaient face à sa pertinence. Avant de revenir à Ottawa, nous avons décidé d’aller voir une production intime au Théâtre Prospéro. Nous y allions par curiosité et non « par affaire ». Après un bon repas chez « Ma Grosse truie chérie » (hé oui, c’est bien le nom du resto – un très bon restaurant, en passant !), nous sommes allés, bien repus, finir notre journée au Prospéro. Je ne m’attendais pas à sortir de la salle avec cette émotion – une émotion que l’on vit rarement au théâtre. Une émotion qui serre la poitrine et qui reste imprégnée durant des jours. Une émotion que l’on vit quand on voit quelqu’un prendre un mauvais chemin dans la vie, cette émotion indescriptible qui mêle à la fois compassion, compréhension et pitié. Pour sa première production, la jeune compagnie ExLibris de Montréal a choisi de nous offrir une adaptation théâtrale du roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu. Celui-ci nous fait découvrir Aïcha, jeune adolescente écorchée qui décide de plonger dans une histoire d’amour « interdite » qui ne peut inéluctablement finir que de façon tragique. Le théâtre est fait pour mieux explorer et comprendre la réalité intérieure des êtres humains. Et au pire, on se mariera possède la qualité des œuvres de la Grèce antique en offrant une situation qui nous révèle les passions sombres de l’humanité et qui nous purge de l’envie d’imiter le même parcours que les protagonistes. En attendant la fin de la construction de notre Nouvelle Scène à tous, nous présenterons la production au (petit) Studio Léonard-Beaulne de l’Université d’Ottawa afin de préserver l’intimité dans laquelle le spectacle était présenté au Théâtre Prospéro. Je vous invite donc fortement à venir assister à ce huis clos intense, parsemé d’humour, qui nous offre un voyage au fin fond de la complexité humaine.

Jean Stéphane Roy, juin 2015

Et au pire, on se mariera est un roman de Sophie Bienvenu édité par La Mèche en 2011. Produit par ExLibris (Montréal), le texte a été adapté pour les planches et mis en scène par Nicolas Gendron. Le Théâtre la Catapulte présentera le spectacle au Studio Léonard-Beaulne de l’Université d’Ottawa du jeudi 1er au samedi 3 octobre 2015 à 19 h 30, et en matinées scolaires les 29 et 30 septembre. « leCatalyseur... du Théâtre la Catapulte, automne 2015.

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Danse

de garçons : laisser place à la vulnérabilité Danse de garçons est un spectacle atypique. Créé à Québec en 2013 par la compagnie Danse K par K, il met en scène une gang de comédiens (gars seulement) qui ne parlent pas, mais qui veulent urgemment exprimer leur masculinité, avec leur corps plutôt qu’avec des mots. La question en filigrane : qu’est-ce qu’être un homme au XXIe siècle ? Karine Ledoyen, chorégraphe du spectacle et directrice artistique

Photo de production : David Cannon

de Danse K par K, nous parle du processus de création.


La genèse de Danse de garçons est en soi la base du spectacle. Des comédiens m’ont approché parce qu’ils voulaient faire un spectacle de danse. Ils venaient de voir Uprising du chorégraphe Hofesh Shechter. Ça les avait galvanisés de voir les huit danseurs dans une énergie brute. La commande était claire : ils voulaient un spectacle de danse sans parole qui parle d’eux avec seulement des comédiens. J’ai bifurqué légèrement en intégrant un danseur qui allait devenir mon « traducteur de corps » pour les comédiens.

la partie, les équipes, le temps, le gagnant, le perdant… Peu à peu, ils osent se dévoiler, laisser place à la vulnérabilité et à la confidence. De l’autodérision à la pudeur des sentiments qui se dévoilent presque de manière accidentelle, c’est ce que j’ai pu percevoir de ce groupe en laboratoire et qui a inspiré le squelette du spectacle.

Ma première réflexion a été la suivante : « mais pourquoi des comédiens avec tant d’habileté pour les mots voulaient employer la danse pour parler d’eux en tant que garçons ? » J’y trouvais déjà un sujet fort intéressant avant même d’entrer en studio. Je pense que leur demande, très instinctive et impulsive, révélait un besoin de dépense physique, de bouger, de mettre leurs corps à l’avant-plan et surtout de ne pas parler, de ne pas s’expliquer, d’être dans le faire ! Dans les laboratoires, j’ai pu observer que se dépenser physiquement s’avérait pour eux très jouissif ; c’était une manière d’être entre eux, de se lancer des défis pour aller au bout de leur énergie, d’entrer en compétition, d’inventer des jeux pour se dépasser, d’affronter l’autre et de régler des conflits.

Je ne me sentais pas tant chorégraphe qu’observatrice ou organisatrice. J’ai fait des choix en ayant le souci constant de demeurer cohérente face aux interprètes devant moi. J’avais à cœur de protéger leur engagement, leur volonté, leur générosité. Ce qui m’a touchée le plus, c’est la confiance infinie qu’ils manifestaient envers les autres garçons et le projet. C’était, pour ces comédiens, un genre de rite de passage. Comme ces garçons qu’ils interprètent dans le spectacle, qui s’inventent des jeux afin de redéfinir leur rapport à l’autre, si différent et tellement pareil. Je me sens choyée d’avoir pu assister au développement de cet objet artistique. Cette expérience m’a aussi transformée comme femme.

J’ai également été étonnée que des hommes fassent appel à une femme pour mener un tel projet. Ils diront qu’ils voulaient travailler avec moi en particulier et non avec une femme en général. J’en suis très touchée et reconnaissante, mais je me permets de croire en parallèle qu’il y avait là, de façon absolument inconsciente, cette recherche de la mère qui allait les organiser. À cette époque, j’étais enceinte jusqu’aux oreilles, il n’y avait donc aucune séduction qui pouvait interférer dans mes rapports avec eux. C’est pourquoi je pense que j’ai été admise dans le groupe de gars et même oubliée dans le processus, pour mon plus grand bonheur.

Karine Ledoyen, juin 2015

La représentation est basée sur une série de jeux que les interprètes doivent accomplir avec des règles précises, mais à l’intérieur de chaque jeu, ils sont libres d’organiser Danse de garçons, de la compagnie québécoise Danse K par K, sera présentée à La Nouvelle Scène du jeudi 14 au samedi 16 avril 2016. Il y aura des matinées scolaires les 12 et 13 avril.

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Ik Onkar

à distance

Le tableau des peurs. De gauche à droite : André Robillard, Marie-Eve Fortier et Caroline Lefebvre.

Photos de production : Sylvain Sabatié

Vivre


Fanny Gilbert-Collet fait partie, avec Jean Stéphane Roy et Benoît Brunet-Poirier, du noyau dur de notre création pour adolescents Ik Onkar. Dès 2012, ils ont commencé à se rencontrer pour rêver à ce qui allait devenir Ik Onkar. Depuis, le spectacle a fait du chemin (notamment en 2014-2015, où la production s’est rendue chez la plupart des diffuseurs spécialisés dans le théâtre jeune public au Québec) – et Fanny aussi ! Installée à Dortmund, en Allemagne, où elle travaille comme assistante à la mise en scène à l’Opéra de Dortmund depuis l’été 2014, elle nous raconte son expérience « Ik Onkar à distance ».

Voir son œuvre évoluer, être présentée à plusieurs reprises, changer de comédien… et tout ça depuis l’autre côté de l’océan, c’est toute une expérience ! L’été dernier, j’ai eu la chance de diriger les deux semaines de répétitions avec les comédiennes d’Ik Onkar (Marie-Ève Fortier et Caroline Lefebvre) et le nouveau comédien qui se joignait au groupe pour les tournées 2014-2015. Après une longue session d’auditions, de rappels et de discussions, nous avons choisi André Robitaille comme troisième joueur pour notre opus inédit. André s’est glissé dans le processus et s’y est retrouvé comme un poisson dans l’eau. C’était un peu troublant de constater à quel point nous avions tous l’impression qu’il avait toujours travaillé avec nous. D’ailleurs, le spectacle a beaucoup changé lors de ce processus de répétitions. À l’été 2014, Ik Onkar avait tourné en Colombie-Britannique, avait joué à quelques reprises à Saskatoon, SK et en Ontario. L’arrivée d’un nouveau créateur au sein de notre œuvre nous a permis d’y jeter un regard différent, de remettre en question quelques éléments qui n’étaient pas nécessairement satisfaisants jusque-là. Nous avons pu raffiner quelques détails, peaufiner le jeu. Des scènes entières ont été réécrites, certaines se sont ajoutées, certaines ont même disparu. Par exemple, nous avons décidé de réexplorer la scène des peurs, qui nous avait toujours semblé manquer de cran. À l’aide d’improvisations écrites et jouées, les trois comédiens et moi avons trouvé le ton juste, l’expression sombre de l’univers des peurs mêlée à une certaine poésie inventée par les acteurs. En septembre, à l’arrivée du cometteur en scène, Jean Stéphane Roy, et à mon départ, nous étions fiers de présenter un Ik Onkar 2.0.

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Puis, il y eut le moment très difficile des « au revoir ». Ayant décidé de poursuivre ma carrière de metteure en scène d’opéra en Europe, je suis partie en août 2014 pour deux ans en Allemagne, là où je travaille comme assistante à la mise en scène. Lors des répétitions d’Ik Onkar avec Jean Stéphane qui eurent lieu en octobre dernier, Internet m’a permis de me connecter à l’autre bout de l’océan et de participer en même temps à un enchaînement avec toute l’équipe de la Catapulte. Ce moment fut à la fois captivant et bouleversant. C’était la première fois qu’il m’arrivait d’être aussi investie avec l’équipe, mais toujours à distance… d’écran. J’ai pu suivre le processus, regarder l’enchaînement et même donner quelques notes aux comédiens bien que ma présence physique manquait. En fait, ma participation virtuelle reste le parfait exemple de ma présence dans le processus. Totalement investie, tout en demeurant à distance. Ce n’est pas toujours facile d’être loin de ses amis, de sa famille, de ses collègues, de son œuvre. Toutefois, lorsque l’on sent son implication prise au sérieux, il y a une certaine assurance. Un échange créatif peut très bien s’opérer à travers la connexion virtuelle. La prochaine étape serait, bien sûr, qu’Ik Onkar vienne à moi. Ce sera peut-être bientôt une expérience transatlantique… qui sait ? Fanny Gilbert-Collet, juin 2015

En 2014-2015, Ik Onkar a fait une belle tournée québécoise. La production s’est rendue au Théâtre Hector-Charland de L’Assomption (le 28 octobre), à la Maison Théâtre à Montréal (du 11 au 19 mars) à L’Arrière Scène à Belœil (les 23 et 24 mars), au Théâtre Jeunesse Les Gros Becs à Québec (les 26 et 27 mars) et à la Rencontre Théâtre Ados à Laval (le 16 avril) pour un total de 17 représentations et plus de 4 800 spectateurs rejoints. Le 19 février, Ik Onkar a aussi eu la chance de présenter une intégrale à la Bourse Rideau, « le plus important marché francophone des arts de la scène en Amérique ». Parmi les retombées de cette belle vitrine, une tournée dans les régions québécoises aura lieu en 2015-2016.

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De gauche à droite : Marie-Eve Fortier, André Robillard et Caroline Lefebvre.

L’équipe d’Ik Onkar en répétition en octobre 2014. De gauche à droite : Benoît Brunet-Poirier (décor, éclairage et vidéo), Jean Stéphane Roy (metteur en scène), Marie-Eve Fortier (comédienne), Fanny Gibert-Collet en direct de Dortmund grâce à Skype (metteure en scène), Caroline Lefebvre et André Robillard (comédiens).


Artistes de la saison 2014/2015 Cusson, Miriam

Desfossés, Nicolas

Doucet, John

Ducharme, Sophie

Fortier, Marie-Eve

Jenniss, Dave

Landry, Philippe

Lauzon, Alain

Lavigne, Mishka

Lavoie, Maxime

MacLaren, Gabrielle

Manca, Dominic

Morin, Marie-Thé

Okens, Nina

Orr, Dillon

Robillard, André

Robillard, Louis-Philippe

Rousseau, Catherine

Roy, Jean-Stéphane

Thériault, Luc

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Auclair, Paul

Boucher, Marc

Brunet-Poirier, Benoît

Charlebois, Jonathan

Côté Legault, Antoine

Gilbert-Collet, Fanny

Guertin, Stéphane

Haché, Angela

Houët, Guillaume

Jean, Alain

Lefebvre, Caroline

Léger, Lissa

Léger, Richard J.

Lemvo, Chançard

Levac, Frédéric

Ouimet, François

Ouimet, Jean-Michel

Proulx, Marie-Pierre

Rainville, Andrée

Richer, Anie

Thérien, Frédérique

Traversy, Jean-Simon

Tremblay, Chloé

Tremblay, Lindsay

Yergeau, Caroline

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Réécrire ses souvenirs :

reprise de

La Fille d’argile En février 2014, La Catapulte créait La Fille d’argile, le premier texte de Michel Ouellette pour un public adolescent à être monté par une compagnie professionnelle. Au printemps 2016, le spectacle jouera à Toronto et à la Rencontre Théâtre Ados à Laval – un hiatus de plus de deux ans. Le metteur en scène de la pièce, Joël Beddows, nous livre les

Photos de production : Sylvain Sabatié

réflexions que lui procure cette reprise.


Richard J. Léger (Ken).

Simon Bradshaw (« l’homme effacé »).

Les reprises de productions théâtrales ont toujours été à la fois une source de plaisir et d’angoisse pour moi. Ce constat ne relève pas d’un doute quelconque quant à la pertinence de reprendre La Fille d’argile. Bien au contraire ! Le personnage de Lili, figure emblématique de la rage déraisonnable qui nous habite tous, continue à me fasciner… même, plus que jamais. Il y a aussi Ken qui s’assume mal et accepte trop tard sa fonction paternelle. Et enfin, cet « homme effacé », figure allégorique de l’écoute, comme une bouée de sauvetage pour les autres personnages qui ne cessent de répéter les mêmes mots, les mêmes idées, les mêmes leitmotivs. J’ai bien hâte de retrouver les complices qui les ont si bien portés et avec lesquels j’ai vécu cet espace-temps de la mise au monde de ce spectacle-cantate. Il y a aussi l’anticipation de la redécouverte d’un espace tangible, un décor aux permutations infinies, et le temps de l’exploration d’un lexique – le nôtre, car ça change radicalement d’un spectacle à l’autre avec moi – les clés en quelque sorte qui ont permis d’articuler des idées maîtresses. C’est ce même vocabulaire, qui nous permettra de bien vivre les débats et les remises en question des choix d’autrefois, sans oublier l’analyse des propositions à venir.

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Les angoisses semblent émerger d’elles-mêmes. Fortes d’une liste d’éléments à retravailler et d’idées à explorer, les reprises permettent à tous de découvrir à quel point non seulement nous avons tous changé – en tant que créateurs, cela va toujours de soi – mais surtout à quel point notre rapport au texte et au travail accompli a évolué. En ce sens, je me demande s’il existe réellement des reprises. Ne serait-il pas plus juste de croire qu’il existe des œuvres originales fortement inspirées du souvenir de ce qui a précédé ? Ce n’est pas une question banale pour une pièce où les personnages se battent sans cesse avec leur désir de réécrire leurs souvenirs, et ce, pour se donner le bon rôle, pour avoir raison à tout prix et au prix de la vie de l’autre. Ces créatures ouellettiennes sont avant tout des émotions figées dans le temps. Leur besoin de se mettre en valeur dans une version passée d’eux-mêmes serait ainsi l’équivalent d’une première mouture de la pièce ; un souvenir tellement fort qu’il peut stopper la possibilité même d’avancer. La nostalgie nous guette ; il faudra résister pour articuler un nouveau rapport au projet comme les personnages de La Fille d’argile doivent, pour survivre, relativiser et objectiver le passé pour pouvoir comprendre le présent. Il y a dans cette mise en parallèle, je crois, le début de notre processus de « re-création » et une façon de baliser les plaisirs et les angoisses à venir. Voilà où j’en suis en ce lundi 29 juin 2015.

Joël Beddows, metteur en scène toujours en apprentissage, juin 2015

En 2015-2016, La Fille d’argile sera présentée dans des écoles à Toronto et, le mardi 12 avril 2016, à la Rencontre Théâtre Ados à Laval (QC).

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Richard J. Léger (Ken) et Frédérique Thérien (Lili).

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#ReconstructionLNS Débuté lors de l’obtention d’un financement en août 2012, le projet de reconstruction de La Nouvelle Scène (théâtre que la Catapulte a contribué à fonder et dont elle est toujours résidente) suit son cours. Sylvain Sabatié, agent de communications de la compagnie et photographe, s’est rendu sur les lieux armé de son appareil et s’est laissé inspirer. Voici le résultat de son travail, entre noir et blanc artistique et couleur journalistique. Vous pouvez suivre le travail de photographe de Sylvain sur Facebook. Sa page : facebook.com/sylvain.sabatie.photographie


2H14 : quand la réalité percute la fiction

Le matin du 22 octobre 2014 à Ottawa, une fusillade éclate au Monument commémoratif de guerre pour se terminer au Parlement du Canada. Elle fait deux morts : le caporal Nathan Cirillo, qui montait la garde devant le cénotaphe, et le tireur, identifié sous le nom de Michael Zehaf-Bibeau, abattu à l’intérieur du Parlement par le sergent d’arme Kevin Vickers. Coïncidence, au même moment se tenait aussi la première représentation de la pièce 2H14 de David Paquet à l’École De La Salle. L’équipe des Créations Ad Vitam, compagnie productrice du spectacle, revient sur cette journée, d’autant plus

Photo de production : Michel Donais

particulière quand on regarde le thème du spectacle…


Il est de ces spectacles où la réalité percute la fiction et où la vie déjoue ceux qui la portent à la scène. En quatre années de représentations du spectacle 2H14, il nous est arrivé de questionner la pertinence de présenter cette histoire à nouveau. Tragiquement, l’actualité venait, année après année, nous frapper de plein fouet. Que ce soit lors des 20 ans des évènements de la Polytechnique ou lors de la fusillade dans la petite école de Newtown aux États-Unis. Dès que nous entrions en salle de répétition, l’actualité internationale démontrait notre devoir de continuer à porter le message. Le 22 octobre 2014, c’est à Ottawa que la réalité nous a rattrapées… En pleine représentation. Traiter des fusillades en milieu scolaire dans un spectacle pour adolescents est très sensible. Et David Paquet a su, par son écriture, aller chercher une humanité, certes blessée, mais profondément lumineuse, dans chacun des personnages. Les jeunes s’attachent, se reconnaissent, s’écoutent vivre, se questionnent sur eux-mêmes et sur leur impact dans la vie des autres. Quand, dans le spectacle, la fusillade survient, les questionnements prennent le pas sur le reste et les réponses émergent de leurs propres réflexions. Normalement pour eux, comme pour l’équipe, cela reste de la fiction, une représentation du réel, qui a pour but de nous aider à mieux vivre ensemble. Nous avons toujours trouvé très important de rencontrer les jeunes après les représentations afin de nous assurer qu’ils avaient reçu, non pas la mort de ces individus, mais bien leur fougue de vivre et de se surpasser. En ce mercredi d’octobre, la réalité a rencontré la fiction. Non seulement la Catapulte était en itinérance dans une école secondaire, lieu de la fusillade dans la pièce, ce qui était déjà particulier pour l’équipe… Mais nous n’oublierons jamais le silence glacial dans l’auditorium après l’annonce par le directeur de l’école, lors de la discussion après spectacle, des évènements qui venaient de se produire à quelques minutes d’où nous étions, au moment même où nos personnages rencontraient leur fatalité sur la scène. Comment oublier ces jeunes qui tentaient de rejoindre sur leur cellulaire parents et familles employés du Parlement ? Il y avait les professeurs sous le choc, qui nous demandaient de ne pas aborder le thème de la pièce ou l’actualité qui venait de nous faucher. Il y avait ce désir de fuir une situation douloureuse. Mais nous ne pouvions pas déconstruire des années de sensibilisation… Nous devions en parler. Et nous en avons parlé ensemble, dans cette école en « lock down » où nous sommes restés enfermés pendant quatre heures1 … et nous avons tous, d’une certaine façon, contribué à changer le monde. Nous artisans et eux spectateurs étions maintenant liés dans le temps à tout jamais. Toute l’équipe est restée marquée par ce moment. Il est de ces publics que l’on n’oublie pas. De ces instants où spectateurs et comédiens deviennent, au même moment, de simples êtres, témoins de leur fragilité et de leur pouvoir tout à la fois. Merci infiniment à la Catapulte d’être restée ce qu’elle est, même au plus fort de la tempête : sensible, délicate, engagée, convaincue, fidèle et audacieuse. L’équipe des Créations Ad Vitam, juin 2015

2H14 de David Paquet est une production des Créations Ad Vitam, une jeune compagnie montréalaise dirigée par les comédiennes Mara Joly et Martine Pype-Rondeau. Le Théâtre la Catapulte a présenté le spectacle du 22 au 24 octobre en matinées scolaires, puis le 25 octobre pour une représentation grand public, à l’École De La Salle. Pour en savoir plus sur le processus de création atypique du spectacle, voir l’article paru dans le Catalyseur de 2014, « 2H14 : l’urgence de se dire », p. 10 et 11.

Appréciation des spectateurs

73 %

20 %

4%

3%

__________________ 1 Le Théâtre la Catapulte souhaite remercier sincèrement l’équipe de De La Salle pour sa fantastique gestion de cette situation exceptionnelle.


Le Journal

d'Anne Frank En avril 2015, le Théâtre la Catapulte présentait Le Journal d’Anne Frank à son public adolescent : il était important que les jeunes d’Ottawa-Gatineau aient la chance de découvrir cette tranche d’Histoire rejouée sur les planches. Comment cette expérience a-t-elle été vécue ? Jacynthe Dupont, animatrice culturelle au Collège catholique Franco-Ouest, témoigne.

Le 16 avril dernier, une centaine d’élèves du Collège catholique Franco-Ouest d’Ottawa se rendait au Centre des Arts Shenkman pour voir la pièce de théâtre Le Journal d’Anne Frank. Sans le savoir, ils s’apprêtaient à vivre une aventure qui les ferait remonter dans le temps, à une époque qu’ils ne connaissent habituellement que par ce qu’ils peuvent en lire dans les manuels scolaires.

« Je vis encore et c’est le principal » Nous avons lu Le Journal d’Anne Frank en salle de classe. L’histoire était belle, mais, jusqu’à ce que nous voyions la pièce, ce n’était pour nous, qu’une histoire. Avec le spectacle, nous nous apprêtions à vivre un choc des plus émouvants. Bien que nous ayons déjà appris le sort d’Anne en classe, le voir a ajouté à la réalité de la chose. Le rythme lent de la pièce nous donnait l’impression d’être pris dans l’Annexe avec Anne. Comme cela a dû être long pour une jeune fille ! Certains élèves ont tenté de relever le défi de passer un dîner sans faire de bruit. On doit avouer qu’ils auraient été plus facilement découverts que la famille Frank…

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vivant !


S’ajoute à cela la puissance de l’effet « trois dimensions » et des images qui ont réussi à nous faire comprendre l’ampleur de cette époque. Ce n’était pas seulement une guerre qu’on doit lire à la page 122 de notre manuel d’histoire. Il y avait des jeunes comme nous dans ce temps-là. De simples gens, contre une armée d’idéologies dangereuses. Si on connaissait déjà le sort d’Anne et de sa famille, la pièce nous força à en être témoins. On espérait même que la fin soit différente ! Nous avons réellement eu la chance de comprendre à quel point il est important de se souvenir de cette triste époque de l’histoire de l’humanité.

« Moi, je veux continuer à vivre, même après ma mort » Les élèves ainsi que les membres du personnel qui ont eu la chance de voir Le Journal d’Anne Frank étaient unanimes : nous avons vécu ensemble un moment authentique nous permettant de développer davantage notre intelligence émotive ! Anne Frank vivra encore longtemps.

Jacynthe Dupont, juin 2015

Témoignage de Catherine Desp atie, élève de 10e année

Mon expérience a été très touchante, mais d’une façon co J’étais excitée de vo mplètement différe ir la pièce puisque nte que je l’avais im je connaissais l’histo aginé. de visiter sa maiso ire d’Anne Frank et n à Amsterdam ave que j’avais eu la ch c ma famille. Grâc ance une vedette, qu’elle e au spectacle, j’ai n’était pas particuliè compris qu’Anne n’é rement spéciale pa tai t pas était « normale », r rapport aux autre elle vivait des chose s filles de son âge. s que toutes les fill Ell journal intime, des e es viv en t à cet âge-là : elle idoles et des rêves. avait un copain, un Cette pièce m’a off lors de la guerre, po ert la ch an ce de mettre en pe ur les jeunes en pa rspective la vie rticulier. Ce n’est pa peur, d’injustice et s une histoire de for de courage face à ce, mais une histoi l’im puissance. Anne éta re de potentiel de deven it une fille juste co ir extraordinaire. La mme moi, et elle ava mise en scène de la l’histoire : simple, it le piè ce reflétait tellement mais puissant. J’ai bien le message de particulièrement été membre de l’Annex tou ch ée pa r une scène vers la e enlève son étoile fin où chaque de David et disparai cette simple image, t sous la scène. Je co le symbolisme pro mprenais, même ave fon d des gestes des ac suffisant. Grâce au c teurs. Lire ce bout spectacle, j’ai pu viv d’histoire n’était pa re des émotions : le s théâtre peut nous dé ses poir, la peur, la colèr permettre de voya e et l’espoir. Seul le ger dans le temps de cette façon.

Le Journal d’Anne Frank, d’Éric-Emmanuel Schmitt, mis en scène par Lorraine Pintal, est une production Spectra Musique en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde et Didier Morissonneau. Nous avons accueilli le spectacle au Centre des Arts Shenkman en collaboration avec le MIFO. La matinée scolaire, dont nous nous occupions, s’est tenue le jeudi 16 avril 2015.

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Hors

Zone

Zone fut l’un des grands plus succès du Théâtre la Catapulte et du Théâtre français de Toronto des dernières années. Alors que la dernière représentation a eu lieu en février, les concepteurs Dominic Manca (décor), vivant désormais à Calgary, et Nina Okens (costumes), basée à Toronto, nous parlent de leur expérience et de comment un tel succès est vécu depuis l’arrière-scène.

Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a motivé à accepter ce projet ? Pourquoi être embarqués malgré le fait que le texte ait, au premier abord, accumulé pas mal de poussière ? Dominic : Nous travaillons souvent des textes beaucoup plus vieux, sans y penser. Ce qui nous attire ce n’est pas la date : c’est l’histoire, les personnages, les thèmes. S’il y a un ou plusieurs de ces éléments qui nous touchent, ça suffit. Nina : Ayant déjà travaillé avec Jean Stéphane, je savais qu’il saurait rajeunir le texte et faire ressortir les thèmes universels et sans âge qu’il contient. On a souvent l’impression que le travail d’un concepteur prend fin à la première. Est-ce bien le cas quand un spectacle vit aussi longtemps ? Dominic : Normalement, une fois que nous sommes rendus à la première, il y a très peu à faire pour le scénographe. Le décor appartient à l’équipe, aux acteurs. Par contre, j’ai suivi la tournée sur les réseaux sociaux et j’ai souvent communiqué avec l’équipe pour savoir comment ça se passait et s’il y avait des problèmes avec le décor. Ce que je retiens, c’est que le décor a très bien voyagé pour 173 représentations ! Nina : Étonnement, j’ai presque rien eu à refaire ! Grâce à des comédiens respectueux de leurs costumes et à un régisseur habile, presque toutes les réparations ont été faites sur la route. J’ai été franchement surprise que le manteau de fourrure de Passe-Partout dure jusqu’à la fin : j’étais convaincue que nous aurions à le remplacer au moins une fois ! Mais à vrai dire, je n’avais aucune idée que la pièce jouerait autant. Je me demande ce que j’aurais fait différemment si je l’avais su ?

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Une des choses incroyables pour un spectacle ayant autant joué, c’est que la distribution est restée la même ! Alain Lauzon, le régisseur, et Sophie Ducharme, la technicienne, ont eux aussi fait presque tous les shows. Du coup, une « gang » a fini par se créer et a vécu de belles aventures ensemble. Comment vit-on cela en tant que concepteur ? Dominic : En fait, je me sens un peu comme un parent. Nous faisons partie de la création, nous étions là à la naissance, à la formation. Mais dès la première, l’enfant quitte la maison et ne t’appartient plus. Il continue de grandir. Et quand les parents ont des nouvelles de l’enfant sur la route, ils sont contents. Nina : Grâce aux réseaux sociaux, nous avons pu ressentir un peu cette ambiance de famille et bien que nous n’étions pas souvent avec eux, tout le monde était super chaleureux quand on se retrouvait. C’est peut-être pas tout à fait pareil, mais que veux-tu ? Pouvez-vous nous conter une anecdote ? Dominic : La première que fois que j’ai rendu visite à notre constructeur Paul Auclair dans son atelier. Je lui avais lancé un gros défi en choisissant des matériaux avec lesquels on n’avait jamais travaillé. Comme nous ne savions pas comment ils réagiraient, il y avait beaucoup d’inquiétudes… En entrant dans son atelier, c’était comme le matin Noël : beaucoup d’excitations ! Voir quelque chose que j’avais imaginé si bien réalisé par les mains de quelqu’un d’autre a été un grand cadeau. Nina : Je me souviens d’un voyage Toronto-Ottawa avec Dominic dans une tempête de neige épouvantable. Nous avions le décor et les costumes avec nous et j’étais tellement heureuse de ne pas avoir à conduire ! Le trajet, qui aurait dû prendre à peu près quatre heures, nous en a pris le double… Enfin, si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de ce projet, laquelle ce serait ? Dominic : C’est cliché, mais de prendre des risques, de laisser l’imagination partir un peu avant de décider si c’est réalisable ou pas ! Nina : Ce que je retiendrais de Zone, c’est qu’une idée simple est souvent plus efficace et est comprise par plus de personnes qu’une idée complexe. Il y avait seulement six costumes et demi dans le spectacle et, bien qu’ils devaient évoquer l’époque d’origine du texte, ils étaient aussi et de toute évidence des costumes contemporains. Et ironiquement, l’apparence de la simplicité n’a pas été simple à réaliser ! Propos recueillis par Sylvain Sabatié, juin 2015.

Zone a été créée en février 2012 dans le cadre du « projet sur 5 ans » du Théâtre la Catapulte et du Théâtre français de Toronto. Le spectacle a été joué 173 fois dans cinq provinces différentes (Ontario, Saskatchewan, Québec, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard), dont cinq semaines au Théâtre Denise-Pelletier à Montréal, rejoignant 48 354 spectateurs. Le spectacle et ses artistes se sont mérités de nombreux prix : les Prix Rideau 2012 de la « production de l’année », de la « mise en scène de l’année » (à Jean Stéphane Roy) et de la « conception de l’année » (à Dominic Manca pour son décor) ; Nicolas Desfossés (qui interprète Tarzan) a remporté le Prix d’excellence artistique Avant-scène de Théâtre Action et Dave Jenniss (qui interprète Moineau), le Prix du meilleur acteur de soutien masculin du Théâtre Denise-Pelletier, saison 2013-2014.

Appréciation des spectateurs (représentation grand public du 29 novembre 2014) :

84 %

16 %

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Artiste de saison :

Guillermo Trejo Comme l’an passé, le Théâtre la Catapulte a décidé de faire appel à l’artiste mexicano-canadien, Guillermo Trejo, pour illustrer ses spectacles à Ottawa. Après l’article biographique paru dans le Catalyseur de 2014, nous avons décidé de laisser la place à son œuvre, que ce soit les illustrations de notre saison ou son travail plus personnel.

The Revolution Is Called Atlantis Installation avec sculpture et structure en bois, 2012


The Revolution Is Called Atlantis Installation avec sculpture et structure en bois, 2012

Pirámide Affiches montées sur panneau de bois, peinture noire, 2010

Muera la revolución Affiches sur structure en bois, 2012


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Illustrations réalisées pour la saison 2015-2016 du Théâtre la Catapulte


BRÈVES Lettre d’amour à mes amis catapultiens Par Emmanuelle Le Coq, stagiaire en communication de septembre 2014 à mai 2015 Après huit mois passés à la Catapulte, je repars les yeux pleins d’étoiles mais le cœur lourd. Coucher sur papier cette expérience incroyable en 300 mots, ce n’est pas si facile que ça !

Photo : Sylvain Sabatié

Lorsque je suis arrivée chez vous, en septembre, vous m’avez ouvert grand les bras, moi la Française fraîchement débarquée au Canada qui a envahi votre coin repas et qui ne comprenait pas tout à vos expressions. Vous m’avez fait comprendre l’importance de faire vivre le français dans les régions éloignées. Vous m’avez aussi expliqué que ce n’était pas si facile et qu’il fallait se battre, surtout en ces temps difficiles. Voir votre détermination m’a épatée, motivée et convaincue. Victor Hugo disait : « Le théâtre est une tribune. Le théâtre est une chaire. Le théâtre parle fort et parle haut ». Et il doit continuer. Mais au delà de cela, vous m’avez fait grandir. Vous m’avez fait confiance et intégrée à différents projets, tous autant passionnants les uns que les autres. Mon stage à la Catapulte fut une aventure inoubliable qui s’est finie en apothéose avec Cinéma. Si avant, je pouvais dire, comme Lara : « je ne vis pas, je regarde », maintenant, grâce à vous, j’ai envie de crier à ceux qui me connaissent depuis longtemps : « Regardez-moi, je revis ! » Je suis tombée en amour avec la Catapulte et surtout avec sa magnifique équipe. Vous quitter me fut le plus difficile. Merci pour tout ce que vous m’avez apporté. À tous les artistes et fous de théâtre que j’ai pu côtoyer pendant ces huit mois, merci de m’avoir fait partager votre passion, continuez vos beaux projets, ne laissez personne vous barrer le chemin ! Obstinez-vous, ça vaut le coup. Avec vous, la Catapulte peut aller loin, très loin. Affectueusement,

Emmanuelle

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Bienvenue à Sariana ! En janvier 2015, nous avons accueilli Sariana MonetteSaillant au poste de directrice artistique par intérim, Sibylle Berger étant en congé maternité. Sariana détient un baccalauréat en théâtre avec plusieurs cours en administration des arts et une maîtrise pratique en mise en scène. Elle a déjà travaillé en tant que régisseuse avec la Catapulte pour le Projet Rideau, Afghanistan et Ik Onkar. Elle fut aussi régisseuse ou directrice de production pour les compagnies Evolution Theatre, Tara Luz Danse ou encore le Théâtre de l’Île. En 2015, elle a assuré la régie de la nouvelle production du Théâtre de la Vieille 17, Petites bûches. Au cours de ses études, Sariana a fondé, avec Éric Perron, le Théâtre de Dehors dont elle est encore la codirectrice artistique et administrative et avec qui elle a signé plusieurs mises en scène. Photo : Sylvain Sabatié

Les balbutiements d’une nouvelle création pour ados… Inspiré par le processus d’Ik Onkar, Jean Stéphane Roy a décidé de renouveller la formule : s’entourer de deux jeunes artistes pour la création d’un nouveau spectacle pour ados, soit Dillon Orr et Marie-Pierre Proulx. Thème de départ : la compassion. Quelques rencontres d’inspirations ont eu lieu en 2014-2015 et des laboratoires se tiendront en 2015-2016. À suivre…

Théâtre Tremplin : Le Rêve totalitaire de dieu l’amibe Du 30 avril au 9 mai 2015, le Théâtre Tremplin, notre compagnie « petite sœur » présentait, avec notre appui (nous nous chargions notamment des communications), sa production annuelle : Le Rêve totalitaire de dieu l’amibe, de Louis Patrick Leroux. Ce texte avant-gardiste, créé par la Catapulte il y a 20 ans, était mis en scène par Chloé Tremblay, comédienne et récipiendaire de notre Bourse Patrick-Leroux en 2012.

Photo : Marie-Pier Chayer Dermers

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Bourse Patrick-Leroux La Bourse Patrick-Leroux 2014 a été remise à Corinne Sauvé. En plus des 700 $ de la bourse, elle a également fait un stage d’observation, assistant aux répétitions d’Ik Onkar et au laboratoire du Long de la Principale.

Les Feuilles Vives, paysage de la dramaturgie franco- ontarienne L’évènement de mise en lecture de Théâtre Action se tenait du 19 au 21 septembre 2014. Nous y présentations deux mises en lecture. Tout d’abord, la reprise d’Évolution 3D, création collective de la troupe ESPrit d’Show de l’École secondaire catholique de Plantagenet. Récipiendaire du Prix Étincelle HG/JL 2013, la mise en lecture était coproduite avec le Théâtre français de Toronto et le Théâtre du Nouvel-Ontario. Dirigé par Alain Jean, on pouvait y voir les comédiens Miriam Cusson, Nicolas Desfossés, John Doucet, Stéphane Guertin, Marie-Pierre Proulx et Catherine Rousseau. Mishka Lavigne. / Photo : Sylvain Sabatié

Mishka Lavigne, auteure en résidence pour la saison 2015-2016

Notre autre lecture était une coproduction avec le Théâtre Belvédère. Caroline Yergeau mettait en lecture le texte Les Vertiges assassins de l’auteur amateur Marc Boucher. Elle s’entoura des comédiens Marie-Eve Fortier, Philippe Landry, Marie-Thé Morin et Anie Richer.

Grâce à la « Subventions aux artistes du théâtre : résidence d’écriture » du Conseil des Arts du Canada, Mishka Lavigne sera notre auteure en résidence pour la saison 2015-2016 ! Alors que sa pièce Cinéma sera en tournée en Ontario, Mishka travaillera sur un nouveau texte, Havre. Mishka a déjà bénéficié de trois semaines de résidence au Banff Centre pour développer son texte, et ce grâce à l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) et au Centre des auteurs dramatiques (CEAD).

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Mise en lecture d’Andrée et Prix Première Ligne Le 10 avril 2015 se tenait à Sudbury, dans le cadre du Festival Théâtre Action en Milieu Scolaire (FTAMS), la mise en lecture du texte Andrée de Gabrielle MacLaren, une coproduction du Théâtre la Catapulte, du Théâtre français de Toronto (TfT) et du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO). Dirigée par Dillon Orr, la lecture mettait en vedette Antoine Côté Legault, Marie-Eve Fortier, Marie-Pierre Proulx, Luc Thériault et Chloé Tremblay. Cette mise en lecture était la dernière dans le cadre du Prix Étincelle HG/JL, notre concours d’écriture ados, en partenariat avec le TfT, le TNO et Théâtre Action (TA). En effet, celui-ci cède sa place au Prix Première Ligne. Récompensant le meilleur texte de création présenté au FTAMS, celui-ci offre à la troupe scolaire un rabais de 1 000 $ pour son inscription au FTAMS suivant (en plus d’un lot de livres et d’une statuette). En plus de TA, il rassemble les principales compagnies professionnelles franco-ontariennes : Créations In Vivo, le Théâtre la Catapulte, le Théâtre français de Toronto, le Théâtre du Nouvel-Ontario, le Théâtre La Tangente, le Théâtre du Trillium, le Théâtre de la Vieille 17 et Vox Théâtre. Pour ce premier Prix Première Ligne, le jury a choisi de récompenser un texte qui s’est démarqué par sa forme, son rythme et son intrigue : Coulrophobie de la Troupe Les Draveurs de l’École secondaire MacDonald-Cartier (Sudbury). Les auteurs (Sylvia Beaupré, Alexandra Cachon, Stéphanie Charbonneau, Holly Arthur, Michelle Fiacconi, David Gagnon, Nicolas Meilleur, Gabrielle Raymond, Isaac Robitaille et Jacob Savard), supervisés par Natalie Trudeau et Anique Larose, ont bénéficié, grâce à TA, de l’appui dramaturgique d’Élise Gauthier. Une mention honorable a également été offerte à la troupe de théâtre OUMF de l’École secondaire catholique L’Escale (Rockland) pour la création collective Un Jour, une nuit, une existence. Félicitations !

Une nouvelle théâtrographie Pour tout savoir sur les spectacles que la Catapulte a créés et accueillis depuis sa création, rendez-vous sur la nouvelle section « Théâtrographie » de notre site Internet, sous la rubrique « La Catapulte ».

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Calendrier Dans le cadre de la saison de La Nouvelle Scène ET AU PIRE, ON SE MARIERA de Sophie Bienvenu Au Studio Léonard-Beaulne de l’Université d’Ottawa : • Du jeudi 1er au samedi 3 octobre 2015 à 19 h 30 • Matinées scolaires les 29 et 30 septembre 2015 IK ONKAR À Ottawa (lieu à dévoiler) • Le samedi 5 décembre 2015 à 19 h 30 • Matinées scolaires du 1er au 4 décembre 2015 LE LONG DE LA PRINCIPALE de Steve Laplante À La Nouvelle Scène d’Ottawa • Du jeudi 25 au samedi 27 février 2015, puis le jeudi 3 et le vendredi 4 mars 2016 à 19 h 30 • Matinées scolaires du 24 février au 4 mars 2016 DANSE DE GARÇONS À La Nouvelle Scène d’Ottawa • Du jeudi 14 au samedi 16 avril 2016 à 19 h 30 • Matinées scolaires les 12 et 13 avril 2016

15-16 En tournée IK ONKAR • En tournée au Québec en novembre et décembre 2015, puis en février 2016 LA FILLE D’ARGILE de Michel Ouellette • À la Rencontre Théâtre Ados, Laval, QC, le mardi 12 avril 2016 • En tournée dans le sud de l’Ontario en avril 2016 CINÉMA de Mishka Lavigne • Tournée ontarienne au printemps 2016

AvecleThéâtreTremplin MISE EN LECTURE : Un nouveau texte de Josianne Lavoie À l’École De La Salle • Samedi 12 décembre 2015 PRODUCTION : À PARTIR DE LÀ (titre provisoire) du collectif d’auteurs Les Poids Plumes À La Nouvelle Scène d’Ottawa • Du 27 avril au 7 mai 2016

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Théâtre

la Catapulte Jean Stéphane Roy Directeur artistique

Sibylle Berger

Directrice administrative (en congé de maternité)

Sariana Monette-Saillant Directrice administrative par intérim

Kyle Ahluwalia

Agent de production et de tournée

Martin Cadieux

Agent de vente et de développement

Sylvain Sabatié

Agent de médiation culturelle et de communications

Samuel Breau, Président

Conseil d’administration

Michelle Guay-Leblanc, Trésorière Jacynthe Dupont, Directrice Jean M. Fahmy, Directeur Angela Haché, Directrice Judith Séguin, Directrice

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333, avenue King-Edward, Ottawa, Ontario K1N 7M5 Téléphone : 613 562-0851 / Télécopieur : 613 562-0631

www.catapulte.ca Adresse postale durant la reconstruction de La Nouvelle Scène : 124, avenue King-Edward, app. 4, Ottawa ON K1N 7L1

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