Histoires d'ici et de là-bas

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HISTOIRES D’ICI ET DE LÀ-BAS…

Recueil collectif d’expressions et d’écritures contées réalisé au C.P.H. France Terre d’Asile de Rouen avec l’autrice Marceline Putnaï


Labo des histoires Normandie Bibliothèque Armand Salacrou 17 rue Jules Lecesne - 76600 Le Havre Directrice d’antenne : Sandrine Deshayes Tél : 02 32 85 66 29 / sandrine@labodeshistoires.com


Avec le soutien de la DRAC Normandie, de France Terre d’Asile et de la Mission Locale de l’agglomération de Rouen, le Labo des histoires Normandie a développé le projet d’écriture Histoires d’ici et de là-bas au C.P.H. France Terre d’Asile de Rouen, dans le cadre de l’appel à projets Action culturelle et langue française. Beaucoup d’étrangers se heurtent à des obstacles communs dont l’apprentissage du français. Parmi l’ensemble des jeunes suivis dans le dispositif Garantie jeunes, les réfugiés accompagnés par les missions locales sont les plus longs à sortir de la précarité au regard notamment de leur méconnaissance de la langue française. Les personnes vivant des situations d’illettrisme sont désignées souvent par des manques et des difficultés. La non-maîtrise de l’écrit est vécue comme anormale. Les personnes ont souvent intériorisé un sentiment de honte et de déqualification, ce qui n’est pas sans conséquence sur la confiance en soi. Pour autant, ces perceptions occultent une autre réalité, celle des compétences pratiques et symboliques de ces personnes qui démontrent la présence d’une culture, de centres d’intérêt, de compétences techniques, professionnelles… C’est pourquoi, il est essentiel de sortir des schémas classiques de l’apprentissage pour proposer des approches diverses et variées permettant à l’apprenant de trouver du sens et de prendre confiance en soi, condition essentielle pour lutter contre l’illettrisme. Les ateliers d’expression et d’écriture contés proposés ont permis à l’intervenante d’inscrire les apprentissages dans un projet et aux apprenants de se trouver dans des situations de valorisation et de reconnaissance. Les participants se sont autorisés à prendre une place dans cet espace de liberté, d’échanges, de plaisir, de créativité qu’offre le conte. Marceline Putnaï s’est appuyée sur le récit oral comme outil de transmission et de partage de la culture et de la langue en accompagnant l’écriture collective d’une histoire à partir du collectage des récits des participants. L’écriture a été médiatrice et a mis en lumière leur savoir-faire, leurs centres d’intérêt, leurs ressources propres et a favorisé la prise de confiance en leurs capacités. Les productions des participants vous sont présentées ici, dans ce recueil. Nous vous en souhaitons une bonne lecture !


© DR

Marceline Putnaï


Née à Rouen en 1969, après des études tous azimuts en France et en Allemagne, elle travaille comme graphiste, puis en tant que rédactrice externe pour diverses publications. Elle devient autrice pour un éditeur allemand en 2002. Elle travaille à la conception et à l'écriture de différents supports pour l'apprentissage du français : manuel, nouvelles, scénarii. En parallèle, elle s'initie à la littérature orale. Elle intervient à ce titre dès lors auprès de différentes structures : écoles, collèges, lycées, médiathèques, maisons de retraite, musées, salles de spectacle, chemins en tous genres... Les interventions revêtent différentes formes : du conte à la lecture, en passant par les petites formes théâtrales... Elle se forme auprès de divers conteurs, comédiens, lecteurs d'ici ou d'ailleurs. Elle écrit et crée également deux spectacles pour le Musée des beaux-Arts de Rouen et le festival Normandie Impressionniste. Elle mène des ateliers d’écriture auprès de publics très divers, en collaboration avec des partenaires associatifs, tel que le Labo des Histoires ou des structures privées ou publiques. Elle intervient ainsi, par exemple, dans des médiathèques, des lycées, des centres pénitentiaires et auprès de structures d’accueil de migrants.



LIEUX Le conteur prend la parole à partir de l’endroit où il se trouve. Le conteur, pour être de partout, doit être né quelque part. Nous partons alors à la rencontre de toutes ces terres de paroles fertiles, si différentes et si semblables. Inspiré par les images ou par sa mémoire, chacun présente un lieu, réel ou imaginaire, rêvé ou lointain… Ainsi nous traversons les montagnes, nous enjambons les rivières, nous sentons le souffle du vent chaud de la savane, nous nous perdons dans la touffeur d’une forêt, nous plongeons dans les eaux d’un lac, nous couvrons nos pieds de la terre rouge d’Afrique…



Il y a une rivière dans mon village au Burkina Fasso. De l’eau coule de la montagne, les gens viennent se baigner et sauter dans l’eau pour se rafraîchir et s’amuser. Adigou Akimou



Il était une fois dans l’empire d’Oyo un roi qui s’appelle Alafin Ajaka, ce roi il était très puissant. Un jour une de ses femmes est allée lui demander : « Pourquoi les hommes ont peur de toi ? ». Le roi répond « Attends demain. Tu vas voir pourquoi les hommes ont peur de moi ». Le lendemain il a envoyé des serviteurs couper la tête du père de cette femme. Il leur a dit de mettre la tête dans une calebasse. Ensuite, le roi a réuni tout le monde dans la Cour de son palais. Il est assis sur son trône avec sa femme. Il a demandé à sa femme d’aller ouvrir la calebasse. Quand la femme a ouvert la calebasse, elle a vu la tête de son père le roi a dit à sa femme « Maintenant tu sais pourquoi les hommes ont peur de moi ». Adigou Akimou

* Le Royaume d'Oyo est un ancien État africain, fondé au XVe siècle par les Yorubas, dans l'actuel Nigeria. Ce royaume était limité à l'ouest par le Royaume de Dahomey, au nord par le Noupé et à l'est par le fleuve Niger. Le royaume a été créé par Shango, le premier roi d'Oyo. L'État d'Oyo fut la plus puissante des cités-États yorubas. À Oyo la divinité Ogu était vénérée. Le roi portait le titre de Yalafin.



C’est un village de Pakistan le Pakistan c’est un pays très très chaud les gens de cette village sons travaille dans les chans il y’a un monsieur que travaille avec ces enfants dans les chans des fraises le monsieur il à planté des fraises il ramassé des fraises il a regarde des fraises les fraises sons très bon et le monsieur il est très contant voilà Rahman



L’Afghanistan est un pays avec des montagnes. Il y a une montagne qui s’appelle Shir Darwaza (‫)شيردروازه‬. De l’autre côté de la rivière et de la vallée il y a une autre montagne elle s’appelle Asmaye. Un jour un roi a construit un mur le long de la montagne. le mur était pour se protége. beaucoup d’hommes ont travaillé pour construire le mur. Le roi a puni les qui ne travaillent pas. Les travailleurs auraient ensuite emmuré leur souverain. Seiar

* Le Grand mur de Kaboul se trouve au sommet des monts Sher Darwaza (La Porte du lion) et domine la ville. D’après la légende, ce mur était un projet du roi Zamburak Shah datant du XVIe siècle et destiné à protéger la ville de l’envahisseur musulman. Le mur a joué le même rôle durant les invasions britanniques mais aussi pendant la guerre civile du milieu des années 1990. L’histoire de la construction de ce mur est tragique. On dit que Zamburak était un monarque brutal, qui força tous ses sujets mâles à travailler à l’édification du mur. Ceux qui refusaient ou qui étaient trop faibles pour poursuivre les travaux étaient tués sur place et leurs os étaient incrustés dans le mur, qui fait, par endroits, plus de trois mètres d’épaisseur. La légende raconte également que le roi Zamburak était venu voir l’avancement de la construction et qu’il fut tué par ses sujets. Les travailleurs auraient ensuite enterré ses os avec les a utres, dans le mur.



HÉROS Qui sont les vrais héros ? Ceux des histoires ? Ceux de l’histoire ? Les amazones du Dahomey, Rosa Parks, Gandhi ou Robin des Bois, Aladin, le petit chaperon rouge ? Des guerriers invincibles, des enfants malicieux, des souverains intraitables, des sages malicieux ? À chacun sa réponse.



Kaniba Kaniba est une femme qui a une taille moyenne, teint noir, des cheveux longues, la bouche fine, des dents blanches avec des grains de beauté sur son visage. C’est est une femme belle, intelligente, courageuse sérieuse, elle aime aller aider son père au champs. C’est une femme qui est vraiment généreuse. Facinet Camara



Il était une fois dans le peuple Yoruba un homme qui s’appelait Ogun, il était forgeron et il était très fort, les gens l’adorent comme un Dieu les gens font des sacrifices pour Ogun, le jus de palme, les chiens et le font Obi Adigou Akimou

* Dans la mythologie Yoruba, Ogun est le dieu des forgerons et de tous ceux qui utilisent le fer : guerriers, chasseurs, cultivateurs, bouchers, pêcheurs, barbiers… Ogun est apparu en tant que chasseur sous le nom de Tobe Ode. Il fut le premier Orisha (divinité) à descendre dans le royau me de l'Ile Aiye, « Terre », afin de trouver une place convenable pour le développement de la vie humaine. En tant que guerrier il commanda les armées. Il était l'époux de Oya. Ogun a sept noms car le chiffre 7 lui est associé ; on le dit complet en sept parties. Il est représenté par des instruments de fer forgé au nombre de sept, quatorze ou vingt et un enfilés sur une tige de fer. Des louanges lui sont exprimées et des offrandes lui sont faites, car, sans couteau forgé grâce à lui, les sacrifices ne seraient pas possibles. On lui fait des offrandes de chien, de vin de palme et de plats préparés avec des haricots.



mula nasrudin : mula nasrudin c’est une personne très connue dans les paye Afghanistan, Iran, turki, Pakistan, India, Grice et Bulghari, quelle qu’un connai pas que il est la vrity ou c’est une histoire et des gans adit que il habite époque du Timor shech. C’est un homme vieux il pourt un turban il une barbe long Seiar

* Nasreddine Hodja est un personnage très connu dans tout le monde oriental. On l'appelle Nasreddine ou Mullah Nasruddine, Nasr Eddin, Nasrudin en Turquie, Jeha, Joha, au Maghreb, Goha en Égypte, Cha en Chine, Appendi ou Effendi en Asie centrale, ... Il est également très proche du Hershele Ostropoller juif. Dans tous les cas, il s'agit à peu près du même personnage auquel on prête les mêmes aventures. Nasreddine est un personnage probablement fictif qui aurait vécu en Perse entre le VIIIème et le XVème siècle. On le surnomme le «fou sage» car les histoires où il apparaît montrent un personnage oscillant entre la bêtise et la sagesse, n'hésitant pas à jouer avec les limites de la logique. Nasreddine est un faux-naïf qui prodigue des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux mais toujours drôles. Si Nasreddine aime rire des puissants, il aime aussi tourner en dérision les petits et les grands travers de ses contemporains sans oublier de se ridiculiser lui-même au passage quand cela s’avère nécessaire ! Il est parfois présenté comme un paysan pauvre, parfois comme un religieux, parfois comme un conseiller du tyran Timour Lang.



PREMIÈRE HISTOIRE À partir de trois cartes tirées au hasard dans trois paquets différents (un objet, un lieu, un personnage), les participants proposent une histoire. L’imagination s’emballe, personne ne restera sans mots ici, on s’envole aux quatre coins du monde.



Il était une fois un village en Afrique à côté duquel se trouvait un grand champ rempli de fleurs et de roses. Dans ce pays vivait un monstre ; il habitait dans le champ de fleurs, ce qui empêchait les gens de rentrer dans le champ pour cueillir les fleurs car ils avaient tous peur de cet endroit. Adigou Akimou



Il était une fois une grande forêt. C’était la forêt de Diallo. Il habitait là dans son village. Mais dans cette forêt vivait aussi une femme sorcière. Cette femme sorcière était très méchante. M. Diallo a une épée magique et un bouclier magique. C’est lui qui défend la forêt. La femme voulait tout voler dans le village et manger les habitants du village. Une nuit, la femme sorcière est venue pour attraper les habitants mais M. Diallo était prêt. Il est sorti avec son épée magique et il a attaqué la sorcière. La sorcière a jeté sur les habitants du village. Plus personne ne pouvait bouger. Il n’y avait plus que M. Diallo et la sorcière quand M. Diallo a tapé la sorcière, elle est tombée. Quand elle est morte, son esprit mauvais s’est envolé dans l’air. Les villageois ont été libérés du mauvais sort. M. Diallo est devenu le roi du village. Cherif Diallo



il était une fois un homme que rencontrer un cheval sauvage que tellement beau il est commencer de attraper et le cheval cour au bour de la mer Le monsieur tous les jour il arive pour attraper le cheval un jour un vieau monsieur que dit à petit garçon que je te fais un cadeux après il donne des bottes le petit garçon il prend des bottes et atraper le cheval il mont de sou il rentre au village les gens de village ils dissent bravo Rahman



C’était un village où vivait un lion très férosse qui tuait les gens. Ce lion vivait sur la colline. Un jour le roi rassembla tous le village pour les informer de ne pas aller sur la colline. Mais dans ce village vivait un bucheron qui allait couper des bois pour les vendre. Un jour, le bucheron trouva une épée enfoncée sur la terre, il prénna l’épée, la régarda et continua son chemin. Un matin, le bucheron comme d’habitude alla sur la colline pour couper des bois, il trouva le lion, il affronta le lion et le tue et coupe la tête du lion pour ramener au village. Au village, le roi rassemble les villageois et recompensa le bucheron. Facinet Camara



ACROSTICHES Que disent les lettres qui forment le nom du héros, que racontent-elles de sa force, de ses doutes et de ses victoires ? Forts d’une liste d’adjectifs et des mots précieusement rassemblés, les participants déclinent l’identité des femmes et des hommes qu’ils auront choisis parmi les pages d’un livre d’images ou venus de leur propre passé. Car ils sont là, les souvenirs, à fleur de parole, souvent un peu en retrait mais vivaces. On ressent tout à la fois la nostalgie de l’évocation et l’envie de partager.



Sankara s-portif a-gréable n-oble k-épi a-imable r-ebelle a-L’écoute Adigou Akimou

* Thomas Sankara est un homme d'État anti-impérialiste, révolutionnaire, panafricaniste et tiers-mondiste, voltaïque, puis burkinabè, chef de l’État de la République de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, de 1983 à 1987. Il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, qu'il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène une politique d'émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie Pays des hommes intègres). Il s’engage pour le développement du pays, la lutte contre la corruption ou encore la libération des femmes. Il est abattu lors d'un coup d'État qui amène au pouvoir son ancien compagnon de lutte, Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabè mais aussi plus généralement en Afriqu e, qui en a fait une icône, un « Che Guevara africain », reconnaissable à ses attributs qu’il ne q uitte jamais, képi rouge et treillis militaire.



Thomas Sankara was one time president of Burkina Faso, he was intelligent, agrĂŠable, noble, aimable, Rebelle, alays listend to people, He used to move all around city every night and ask people how was governement done and how they looked the governement done. One day we are sited one placed around avenue Yennega near airport and he came to ours and asked ours a lot of question and about how is ruled us. But wa are not recognise him until second day he went on TV and said he went around the town to hear what people said about him Thomas Sankara was one of president in Upper Volta, he was the one changed the name of Upper Volta to Burkina Faso. He was intelligent, courage and confident that want to save Burkina Faso from France because of that he was rebellion contral France so he say ÂŤ la partie ou la mort nous vaincrons Âť and was killed by his friend Blaise Campaore and he become president of Burkina Faso after him. Adigou Akimou



Astou

a-fericaine s-ympathique t-imide o-bserve le futur u-ne petite fille unique ChĂŠrif Diallo


Acrostiche sur le mot "désert" en langue farsi : ‫بیابان‬


Tigre Tous les jours il marche dans la forêt Il attrape des animaux sauvages Grand tigre Regarde très loin Essayer de courir pour attraper des animaux à manger. Rahman



ACROSTICHES PRÉNOMS Mais qui sommes-nous au milieu de toutes ces histoires ? Des porte-paroles, des hérauts, des griots ? Ne sommes-nous pas surtout les héros de notre propre vie ? Les lettres de nos prénoms méritent aussi une histoire. A comme Africain, F comme fantastique, R comme… République Française !



r-épublique Française a-udacieux h-eureux m-orale a-dmirable n-aturel

Rahman



a-ctif d-irect i-nfatigable g-énéreux o-uvert u-n homme d’Afrique Adigou Akimou



c-haritable h-umble e-conome r-affinĂŠ i-ntrĂŠpide f-antastique

Cherif Diallo


Remerciements À tous ceux qui ont accompagné le projet : DRAC Normandie - France Terre d’Asile - Mission Locale de l’agglomération de Rouen À l’intervenante artistique : Marceline Putnaï, pour ses conseils, son écoute et sa bienveillance ; qu’elle en soit chaleureusement remerciée. Nous tenons tout particulièrement à féliciter les participants inspirés par le projet Histoires d’ici et de làbas et pour ce qu’ils nous ont, eux aussi, appris.




À propos Le Labo des histoires est une association à but non lucratif fondée en 2011, dédiée à l’écriture. Quotidiennement, il propose une grande variété d’ateliers d’écriture gratuits destinés à la jeunesse dans plusieurs territoires en France métropolitaine comme en Outre-mer. Dans ces ateliers encadrés par des professionnels confirmés, tous les domaines artistiques où l’écriture tient une place majeure sont représentés : de la fiction au témoignage, mais également des paroles de chansons, des textes et dialogues pour la bande dessinée, des scénarios de films. En 2019, l’association a proposé des activités à plus de 40.000 jeunes. www.labodeshistoires.com