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Novembre 2012 / Numéro 37

Qui est DENIS

GRACHEV?

AUSSI : Le sport-étude et la boxe La page du boxeur par Ali Nestor Charles Bilan des Jeux olympiques à Londres Qui entraîne qui ?

*Une nouvelle chronique : La Zone sur la route

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SOMMAIRE NOVEMBRE 2012, NUMÉRO 37

Sommaire

Magazine La Zone de Boxe 2755 Clermont Mascouche (Québec) J7K 1C1 info@lazonedeboxe.com ÉDITEUR

François Picanza

RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Luc Autret

COLLABORATEURS

Russ Anber

Bernard Barré

Douggy Berneche Benoit Dussault

Jean Douville

Vincent Éthier

Martin Fournier

Stéphane Lalonde Pascal Lapointe

Robert Lévesque

Mot du rédacteur en chef Le sport-étude et la boxe

INFOGRAPHIE

PHOTOGRAPHES

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Chronique : La boxe vue de l’intérieur

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Qui est Denis Grachev ? La Zone sur la route

La boxe et moi par Jean Douville

Bilan des Jeux olympiques de Londres La galerie des photographes Qui entraîne qui ?

Benoît Dussault

Raynald Bernier

Marie-Claude Gratton Vincent Éthier

Stéphane Lalonde Robert Lévesque

Le magazine la Zone de boxe fut fondée en 2004 à Mascouche par François Picanza. Ce magazine est maintenant offert gratuitement sur le web.

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La page du boxeur par Ali Nestor Charles

Ali Nestor Charles

CORRECTEUR/RÉVISEUR

PAGES

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

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Mot du rédacteur en chef Les dernières semaines ont été fort occupées pour l’équipe du magazine de la Zone de Boxe. Ce numéro présente une réelle transition vers le futur pour nous. Tout d’abord, comme vous le constaterez dans les prochaines pages, nous avons revu de fond en comble la facture visuelle du magazine. Nous levons notre chapeau à Marie-Claude Gratton qui a relevé ce dé�i et qui s’y est consacrée avec beaucoup de passion.

américain Showtime a présenté le un peu partout au Québec. De son côté, Ali Nestor Charles signe la 20 octobre. chronique de La page du boxeur. Un visiteur à découvrir Il nous parle des jeunes qui passent par chez-lui et comment Comme tout amateur de boxe le il fait pour les aider à grandir au sait bien, samedi soir au Centre maximum. En�in, Bernard Barré Bell, nous assisterons au combat et Russ Anber ont accepté de faire Bien des projets sur la table à de retour de Lucian Bute après un bilan des jeux Olympique de sa douloureuse défaite en Angledessin Londres. Ils dressent un portrait terre. Considérant que Denis Nous travaillons présentement Grachev est très peu connu, nous complet du tournoi de boxe qui sur plusieurs projets qui de- avons dressé un portrait de cet s’y est déroulé en août dernier. vraient progressivement aboutir homme très peu loquace. Et ce n’est pas tout dans le but de rendre votre magazine de boxe préféré encore plus Autant l’homme, l’athlète que La populaire section La boxe et intéressant. L’année 2013 devrait le boxeur gagnent à être connu. moi, dédiée à une personnalité être très captivante pour nous. C’est le genre d’athlète qui mérite du monde la boxe, est cette foisD’ici là, nous sommes vraiment qu’on s’intéresse à lui au-delà de ci, réservée au québécois qui content de vous offrir une nou- l’analyse de sa �iche de boxeur a fort probablement assisté au velle chronique intitulé La zone professionnel. plus grand nombre de combats sur la route. Comme son nom de boxe professionnel dans la l’indique bien, à travers différents Les jeunes et la boxe province dans les trois dernières clichés, nous souhaitons partager C’est bien connu, le noble art décennies. Mais qui est-ce ? Deux avec vous nos escapades de boxe. intéresse les jeunes de partout indices pour vous aider, cette personne travaille à la Régie des Ce premier photoreportage d’une dans le monde. Dans ce numérosports de combats depuis le prinlongue suite est dédié au gala de ci, vous retrouverez trois articles temps 80 et n’a manqué qu’un boxe inaugurant le Barclays Cen- qui se rapportent, à différents niseul gala en 32 ans !!! ter à Brooklyn, New York. Benoît veaux, à la relève de la boxe. Tout Dussault et moi-même avons eu d’abord, Éric Roy a approfondi De plus, Douggy Berneche signe le privilège d’assister à une soirée le programme de sport-étude une seconde chronique qui nous haute en couleur que le réseau concentration boxe populaire aide à comprendre le quotidien

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de ceux qui vivent de la boxe. Il nous explique cette fois le rôle et les responsabilités du gérant et du matchmaker. Des acteurs importants qui œuvrent souvent à l’ombre des projecteurs.

LE SPORT-ÉTUDE ET LA BOXE

En�in, nous avons pensé qu’une mise-à-jour du tableau de Qui entraîne qui ? serait un outil très utile aux amateurs. L’arrivée de plusieurs nouveaux boxeurs fait que les amateurs ont parfois de la dif�iculté à s’y retrouver. Bien sûr, on remercie, de nouveau, nos généreux photographes en leur offrant une vitrine à travers la galerie des photographes. En terminant, je me dois de souligner le récent décès d’Emmanuel Steward, qui nous a quitté le 25 octobre dernier. Membre du temple de la renommée de la boxe depuis 1996, le propriétaire du Kronk Gym de Detroit dont la réputation internationale était établie depuis de nombreuses d’années aurait mérité un hommage bien plus complet que ces quelques lignes. Les amateurs de boxe d’ici ont eu la chance de le voir œuvrer dans le coin d’Adonis Stevenson dans la dernière année. Repose en paix Champion.

Regard sur le programme sport-étude concentration boxe Par Erick Roy

Bonne l ect ure ! Jean-Luc Autret

Rédacteur en chef

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Kevin Lavallée écoute les conseils de Russ Anber depuis son secondaire 2 , Crédit Robert Lévesque

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

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a boxe a connu un grand essor au Québec depuis le début des années 2000. Le sérieux démontré par les promoteurs Groupe Yvon Michel et Interbox ont permis de développer de nombreux champions du monde (Léonard Dorin, Éric Lucas, Joachim Alcine, Otis Grant, Lucian Bute et Jean Pascal) qui se sont battus régulièrement ici. L’engouement du public pour le noble art a amené une prolifération de clubs de boxe olympique un peu partout dans la belle province. Pour un petit nombre d’étudiants du secondaire, la boxe représente bien plus qu’un loisir, ils ont le privilège de s’entraîner quotidiennement tout en allant à l’école en pro�itant du programme sport-

étude concentration boxe. Nous vous dressons ici un portrait de ce programme unique au Québec, de quelques jeunes qui le vivent présentement et d’un boxeur professionnel qui en a béné�icié.

La boxe gagne en popularité année après année. Il y a de plus en plus d’adeptes de boxe récréative dans les clubs, les combats opposants des professionnels attirent des milliers de spectateurs et les femmes ont fait leur entrée en boxe olympique lors des jeux de

Londres. On sent aussi un engouement de la part des jeunes envers la boxe et le programme sportétude s’avère de plus en plus un choix ré�léchi et désiré plutôt qu’un plan B. En 2011-2012, « Sur les 4800 élèves-athlètes inscrits à un des 35 programmes sport-étude du MELS, 28 ont choisi la concentration boxe », selon Michel Garneau du Ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports (MELS). Cela peut paraître in�ime,

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mais il ne faut pas oublier que les sports d’équipes tel que le hockey, le baseball et le football sont toujours très populaires et que les disciplines dites « olympiques » ou « sport amateur » sont nombreuses. Si le MELS offre un nombre grandissant de

« ...le programme sport-étude est bâti de manière à ce que l’élève-athlète reçoive 75% du temps d’enseignement prescrit par le MELS. »

place pour les élèves-athlètes en concentration boxe c’est parce que de plus en plus d’écoles en font la demande.

L’attribution des places en programmes sport-étude est établie en fonction d’une entente tripartite entre les commissions scolaires, les écoles et les fédérations sportives. Les écoles intéressées à un programme sport-étude en font la demande à la Commission scolaire qui les chapeaute, et celle-ci en collaboration avec l’école, approuve, s’il y a lieu, le mandataire sportif identi�ié par la fédération sportive concernée. Le mandataire(le club de boxe et l’entraîneur) est responsable d’offrir l’encadrement sportif approprié et reconnu selon le « protocole d’entente du programme sport-étude au secondaire » du MELS1. 1

Protocole d’entente du programme sport-études au secondaire du MELS. http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/index.asp?page=fiche&id=1052

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Le volet académique L’école secondaire ÉdouardMontpetit de la CSDM accueille des élèves en concentration boxe dans son programme de sport-étude depuis trois ans. Le directeur du programme, Martin Sévigny, espère que le volet de boxe développera des athlètes reconnus au même titre que le programme de baseball a développé et formé des joueurs comme Éric Gagné. Pour ce faire, les élèvesathlètes sont solidement encadrés, mais ils doivent aussi répondre à plusieurs critères d’admission; n’entre pas qui veut au programme sportétudes! Les élèves doivent conserver une moyenne générale de 75 % et de 65 % en français et en mathématiques.

De plus, ils doivent être recommandés par leur association sportive et, surtout, faire preuve d’un comportement irréprochable tant à l’école qu’à l’extérieur.2 « Les exigences académiques sont les mêmes pour les élèves-athlètes que pour les élèves réguliers. Les examens sont les mêmes pour tous et le programme pédagogique du MELS doit être respecté à la lettre », af�irme M. Sévigny. « Bien sûr, il arrive quelques fois que l’on perde un athlète, mais ce n’est pas par faute d’encadrement. Les élèves qui entre dans le programme sport-étude sont déjà des élèves performants au point de vue académique, mais c’est avant tout leur comportement qui dictera la

2 Conditions d’admission au programme sport-études de l’école Édouard-Montpetit http://edouard-montpetit.csdm.ca/ programmes/programme-sportetudes/ NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

durée de leur séjour dans le programme », ajoute Martin Sévigny.

En effet, les élèves-athlètes sont soumis à une approbation comportementale. S’il y a quelques lacunes ou points à améliorer, les enseignants, les entraîneurs et la direction corrigent le tir avec eux. Si les problèmes persistent, les élèves sont soumis à une période de probation durant laquelle ils doivent montrer patte blanche.

malgré nos efforts. Je suis satisfait du résultat des trois premières années du programme ».

En général, le programme sportétude est bâti de manière à ce que l’élève-athlète reçoive 75% du temps d’enseignement prescrit par le MELS. Le temps libéré quotidiennement permet aux jeunes de se consacrer à leur sport. Il est de la responsabilité du jeune de pallier au 25% du temps man-

matinée et l’après-midi est dédiée au sport. Cette partie est aussi intense et exigeante que la partie académique; les élèves doivent atteindre des objectifs et obtenir des résultats. Le volet sportif

Le Club de boxe de l’Est, dirigé par Douggy Bernèche, est le mandataire sportif de l’école ÉdouardMontpetit pour le volet boxe. L’entraînement des élèves-athlètes est divisé en deux parties; deux jours semaine sont consacrés au conditionnement physique et les trois autres jours sont consacrés à la pratique de la boxe. Les entraîneurs Sylvain Gagnon et Patrick Denis gèrent l’entraînement et encadrent les élèves-athlètes dans l’atteinte de leurs objectifs, leur développement physique et technique, le comportement, la ponctualité et l’assiduité. Le développement des jeunes boxeurs s’effectue en trois étapes : l’entraînement à la technique et conditionnement physique, les sessions de « sparring » (partenaire d’entraînement de boxeurs) et les premiers combats. Les entraîneurs doivent aussi développer les aspects mentaux de la boxe : la stratégie, la concentration et la Les trois élèves de sport-études en 2010-2011, Philippe, Ali et Martin, les deux derdétermination, l’attitude face à la niers sont toujours inscrit cette année. victoire et à la défaite. crédit Douggy Bernèche Les habiletés des boxeurs se quant par du temps d’étude perÉvidemment, à la �in de la période développent lentement. La fédésonnel. Si le besoin se fait sentir, il de probation le comportement ration québécoise de boxe olympeut toujours pro�iter de périodes doit toujours être exemplaire. pique (FQBO) estime à dix ans le de récupération avant et après les Martin Sévigny ajoute : « Il faut nombre d’années nécessaire au heures de cours. Ainsi, à l’école déboulonner le vieux mythe voudéveloppement optimal du posecondaire Édouard-Montpetit, lant que la boxe ne serve que de tentiel des boxeurs. La boxe est les élèves-athlètes suivent seuledéfouloir aux jeunes à problèmes. un sport à spécialisation tardive. ment trois périodes d’une heure Nos élèves-athlètes sont sérieux, Dans son document « Modèle de et quinze minutes d’enseigneperformants et exemplaires. On développement de l’athlète, plan ment par jour au lieu de quatre. les encadre, mais quelques fois pluriannuel3», la FQBO précise L’enseignement est concentré en certains décrochent ou s’excluent 3 Modèle de développement

toutes les étapes du processus de développement du boxeur, et ce processus en est un de longue haleine. En plus d’être extrêmement chargé et précis, le développement doit respecter la physionomie, l’âge et la croissance des athlètes. C’est dans cette optique que les directions d’écoles où se donne un programme de boxe sport-étude ne sélectionneront que les élèvesathlètes qui ont un talent reconnu par la fédération québécoise de boxe olympique (FQBO). Ceux-ci doivent impérativement démontrer des aptitudes élevées envers la boxe, maîtriser les techniques et prouver par leur détermination tant académique que psychologique qu’ils sont les meilleurs candidats, qu’ils sont la relève. Il ne suf�it d’être un bon athlète, il faut aussi être un bon élève.

Tous n’atteindront pas les hauts niveaux et tous ne deviendront pas des athlètes de niveau olympique. Par contre, la poursuite du programme sport-étude permettra à plusieurs élèves-athlètes de développer une discipline et une hygiène de vie exemplaire. Selon Martin Sévigny, là où il y a atteinte des objectifs sportifs, il y a des résultats académiques conséquents. « Les élèves-athlètes sont déterminés. Le programme sport-étude est difficile, mais les performances sportives vont de pairs avec les performances académiques. Le programme n’est pas conçu pour les élèves en dif�iculté, mais, quelques fois, certains réussissent à se reprendre et à performer sur le plan scolaire. À partir de ce moment, ils peuvent être de l’athlète, plan pluriannuel de la FQBO. « Genèse d’un champion » http://www.fqbo.qc.ca/developpement.html

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admis au programme sport-études concentration boxe ».

Des élèves doués, des athlètes nés Les élèves-athlètes sont souvent des sportifs depuis leur tout jeune âge. La plupart ont participé à des activités sportives parascolaires ou joué dans des ligues organisées. Le temps consacré à ces ligues organisées empiète souvent sur le temps d’étude et demande un grand engagement de la part des athlètes. Il devient alors dif�icile de combiner la pratique sportive et la réussite scolaire.

« C’est un programme qui sert à développer l’élite sportive à travers le cheminement scolaire, mais les participants sont déjà conscients de l’importance de la réussite académique. »

lètes olympiques ou professionnels. Ces élèves-athlètes disent ouvertement être plus motivés grâce au programme sport-étude. L’entraînement leur apprend la concentration nécessaire à la réussite scolaire. Pour eux, c’est facile d’étudier et de s’entraîner. Les bienfaits du sport sont res- Mais l’aspect le plus important sentis dans plusieurs aspects est qu’ils désirent tous poursuivre de la vie des élève-athlètes. Ils leurs études au-delà des succès prennent de la masse musculaire sportifs. et perdent du poids; ils ressentent C’est peut-être là où le proplus d’énergie et en pro�itent gramme sport-étude devient repour se débarrasser de leur trop doutablement ef�icace; c’est un plein; ils se défoulent de manière programme qui sert à développer saine et se disciplinent; et en�in, le l’élite sportive à travers le chesport les motive, les encourage et minement scolaire, mais les parles valorise. ticipants sont déjà conscients de Nous avons rencontrés quelquesuns de ces élèves-athlètes. Simon, Eliyakim, Martin, Loïc, Charles-Éric et Philippe-Olivier s’entraînent au Club de boxe de l’Est, ils veulent tous persévérer dans la boxe et devenir des ath-

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l’importance de la réussite académique. « Il n’y a pas que le sport dans la vie » af�irment-ils unanimement. Pour Loïc Jarry, la boxe lui procure une meilleure forme physique et améliore ses capacités pugilistiques. En�in, le plus âgé du groupe et étudiant de cinquième secondaire, Martin Brisson se concentre sur l’entraînement en prévision de son entrée au collège militaire. Martin a débuté dans le programme sport-étude concentration natation pendant deux

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

ans. Puis il a découvert la boxe. Il voulait d’abord devenir professionnel et a maintenant quatre combats à sa �iche, mais des blessures à l’entraînement l’ont forcé à réorienter son plan de carrière. Maintenant, il désire entreprendre des études supérieures, en droit de préférence. Martin Brisson af�irme: « S’il y avait plus de sport à l’école, sûrement que plus de jeunes s’accrocheraient au programme scolaire. Le sport est important, mais selon moi, il faudrait encadrer le sport récréatif parce que c’est trop prenant. Le temps passé en activités sportives organisées empêche les élèves de performer à l’école (…) Il nous faut toujours un plan B. Sans l’éducation on ne va pas loin ». On ne peut qu’être d’accord avec Martin. Le sport favorise le développement des habiletés, augmente la concentration et fait émerger la persévérance, mais l’éducation demeure l’aspect le plus important à exploiter. Alors, si le programme sport-étude facilite l’apprentissage des élèvesathlètes, peut-être que davantage de sport dans les écoles secondaires en général aiderait un plus

grand nombre d’élèves.

Le vécu d’un boxeur pro L’époque des voyous qui attiraient une dizaine de milliers de spectateurs est révolue depuis de nombreuses années. Tel que mentionné plus haut, le parcours d’un boxeur est un long chemin rempli d’embûches. L’un de nos boxeurs québécois qui persévère chez les pros a pu béné�icier de l’encadrement du programme sport-étude.

« Je recommande le programme sport-étude à tous les jeunes athlètes, ça m’a beaucoup aidé dans mon cheminement. » - Kevin Lavallée

sé en trois parties : la formation académique en avant-midi, l’étude et leurs travaux en aprèsmidi et l’entraînement en soirée. L’ancien résident de Sainte-Adèle, Aujourd’hui, Kevin évalue que Kevin Lavallée (11-0-1,9 K.O.) les béné�ices de ce choix acadéa choisi de consacrer la majeure mique se sont faits sentir sur le partie de son temps à la boxe à long terme par rapport à ses appartir de sa deuxième année au prentissages pugilistique. À court secondaire. Pour ce faire, il a dû terme, sa participation à ce proquitter sa famille et ses amis pour gramme a eu un grand effet sur sa aller s’établir à Pointe-Claire. En motivation académique. habitant à Pointe-Claire chez Neil « À la fin de mon secondaire Thompson, l’adjoint-entraîneur un, j’avais une moyenne de au Ring 83, il a pu participer au légèrement au-dessus de 60 %, en programme sport-étude de l’école embarquant dans le programme secondaire anglophone John-Ren- sport-étude, je devais absolument nie de la Commission scolaire augmenter mes notes. Le fait de Lester B. Pearson. Il a vécu cette m’entraîner quotidiennement et aventure en compagnie des deux d’avoir une période d’étude en �ils de Neil Thompson, Jessy et après-midi, m’a beaucoup motivé. Jimmy, qui ont respectivement C’est ainsi que j’ai terminé mon fait cinq et deux ans dans ce pro- secondaire avec une moyenne gramme. global de 74% » explique-t-il �ièL’horaire type d’une journée pour ces trois adolescents était divi-

rement, le sourire aux lèvres.

« J’ai plusieurs amis à Ste-Adèle qui avaient des notes semblables aux miennes en secondaire 1 et ils ont lâchés l’école avant de �inir leur secondaire. Je pense que si ce n’avait pas été de la boxe j’aurais probablement pris le même chemin. Ce programme m’a apporté de la motivation, mais surtout

j’avais des objectifs à atteindre pour continuer à faire ce que j’aimais faire » ajoute le protégé de Russ Anber.

Boxeur professionnel depuis juin 2010, Kevin a poursuivi ses études après le secondaire. Au printemps dernier, il a complété une technique en gestion de commerce au cégep Montmorency. Aujourd’hui, il fréquente l’université et il se garde le maximum de portes ouvertes pour son propre avenir. « Je recommande le programme sport-étude à tous les jeunes athlètes, ça m’a beaucoup aidé dans mon cheminement. Ça donne une base solide pour se développer en tant qu’athlète et aussi comme individu » conclu Kevin.

« Ils ont lâchés l’école avant de �inir leur secondaire...»

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Ali Nestor et ses jeunes après un combat crédit Robert Lévesque

Bonjour amateurs de boxe, avant de vous parler de mon cheminement, je tiens à remercier l’équipe du magazine de La Zone de boxe qui m’offre cette tribune. Je pro�ite de cette visibilité pour vous faire un survol de ma carrière, mais surtout, pour vous parler de ce qui me rend le plus �ier.

LA PAGE DU BOXEUR ALI NESTOR CHARLES 10

Par Ali Nestor Charles NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Passionné des arts martiaux depuis toujours. Mes plus lointains souvenirs me rappellent que j’ai toujours été attiré par les arts martiaux. Dès l’âge de 4-5 ans, j’étais déjà passionné par les �ilms de Bruce Lee, Jackie Chan, Chuck Norris… À 12 ans, mes parents acceptent que je suive des cours de lutte olympique. Avec beaucoup d’enthousiasme, je me rends au Centre René-Goupil qui était situé à deux pas de chez moi. Par la suite, j’ai pratiqué plusieurs styles d’arts martiaux et, bien sûr, la boxe.

pour 12 mois. J’ai 17 ans lorsque je décide de réellement changer mon mode de vie. Ma prise de conscience la plus importante fut provoquée par les graves problèmes de santé de ma mère. Elle était si préoccupée par moi qu’elle ne s’occupait plus d’ellemême. D’autres événements ont aussi été déterminants dans ma prise de conscience et mon changement de comportement dont le pénible séjour de mon frère aîné en prison et le fait que des amis proches ne soient plus de ce monde aujourd’hui.

Nous sommes alors en 1992, je décide alors de me concentrer pour �inir mon secondaire 5 et je passe la majeure partie de mes temps libres à m’entraîner aux arts martiaux. Pendant les deux ans qui suivront, je dois me faire discret dans le quartier. Autant lorsque je croise des anciens amis de gang que des clans rivaux, je passe au cash, si vous comprenez Plusieurs mois plus tard, je suis ce que je veux dire. arrêté de nouveau et je retourne dans un autre centre d’accueil Mes nombreuses heures au gymLe début du secondaire m’a attiré sur la voie des gangs de rue. La délinquance fait en sorte que je me retrouve à 14-15 ans au Mont St-Antoine, un centre d’accueil. J’ai alors l’occasion de participer à un cours de karaté. Ce séjour dure huit mois. À ma sortie du centre, je suis déchiré entre ma gang et le karaté.

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nase me permettent de m’illustrer sur les scènes régionales, nationales puis internationales. À une compétition à Baltimore, je décroche le titre de champion

tiaux. À moyen et à long terme, cela me permet de développer une programmation adaptée aux jeunes en dif�iculté.

« L’objectif de l’UGC est de permettre aux jeunes de bâtir leur carrière sans avoir la nécessité d’être attachés à un promoteur. Je souhaitais permettre à tout athlète d’avoir sa chance. »

international de boxe chinoise à quatre reprises (1997, 1998, 1999 et 2001). Dans la même période, je suis couronné champion panaméricain en Californie à deux reprises (1999 et 2001). À cette même époque, je participe de plus en plus à des combats professionnels de MMA.

UGC, place à la relève

En 2001, je fonde ma propre organisation de MMA et de boxe, l’Ultime Génération Combat (UGC). L’objectif de l’UGC est de permettre aux jeunes de bâtir leur carrière sans avoir la nécessité d’être attachés à un promoteur. Je souhaitais permettre à tout athlète d’avoir sa chance. Depuis L’Académie Ness notre premier gala, des Martial boxeurs comme Lucian Bute, Dierry Jean, Arash En 1997, je décide Usmanee, Yves Jablouin d’ouvrir ma propre ont combattus sur un école d’arts marou plusieurs de nos gatiaux. Au départ, je loue simplement une Les récipidendaires de prix lors du souper-béné�ice las UGC (UFC) et bien d’autres ont pro�ité de salle dans un gymd’avril 2012, crédit Ali Nestor Charles notre plate-forme pour nase, un an plus tard, grimper les échelons jusqu’aux j’ai mon propre local à Montréalclassements mondiaux. Preuve de Nord. Les premières années ne la grande persévérance de notre sont pas faciles, je travaille le jour organisation, notre prochain évéen ébénisterie et j’enseigne le soir nement, le 8 décembre, sera le 31e les arts martiaux. En 2000, l’école déménage à nouveau, mais cette gala. fois à Saint-Léonard. Personnellement, ces galas La même année, je suis activement m’ont permis de participer à de impliqué dans le tournage du donombreux combats de boxe. Aucumentaire Le ring intérieur réajourd’hui, je détiens une �iche de lisé par Dan Bigras. Ce �ilm offre 13 victoires, dont 5 par K.O., 5 déune vision du monde des athlètes faites et 2 nulles. En plus d’avoir de combats ultimes, cela aura des participé à 12 combats de MMA. conséquences à bien des niveaux Après avoir mis la main sur des pour mon futur. À court terme, un titres québécois, canadiens et incertain nombre de parents de mes ternationaux, j’ai récemment eu le élèves prennent conscience de privilège de participer à un chammon passé et préfèrent que leur pionnat du monde entouré de jeune change d’école d’art marmes partisans. En fait, depuis le 7 12 NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

avril dernier, je suis le champion super mi-moyen (154 livres) de l’Universal Boxing Organisation. Être un modèle pour les jeunes

Dès le lancement du �ilm de Dan Bigras, je reçois de plus en plus de demandes pour faire des rencontres autant dans des maisons de jeunes que dans des centres jeunesse. À chaque fois, j’accepte avec enthousiasme de partager mon parcours de vie.

modèle !!! Ce que je souhaitais, c’était enseigner mon art. Être un modèle, un exemple, ça m’a fait peur. Je n’étais pas préparé à ça. C’était beaucoup de pression sur mes épaules et je ne la voulais pas cette pression-là. Ça m’a pris plusieurs années pour l’accepter. Ali et les princes de la rue

Progressivement, j’ai appris à vivre avec l’idée que j’étais devenu un modèle pour bien des

Dan Bigras et Ali Nestor crédit ONF jeunes. En évitant de me mettre moi-même de la pression les choses se sont placées. En 2004, j’ai mis of�iciellement sur pied un organisme à but non lucratif (OSBL) nommé Ali et les princes Un jour, après la diffusion du dode la rue. La mission de cet OSBL cumentaire, un intervenant me est de venir en aide aux jeunes en demande comment je vis le fait dif�iculté en les aidants à déved’être un modèle pour les jeunes lopper la maîtrise et l’estime de ? Je dois vous avouer que sa quessoi à travers l’enseignement des tion m’a pris de court, je ne savais arts martiaux pour ainsi contrer même pas qu’est-ce qu’il voulait la violence chez les jeunes. Ali et dire en af�irmant que j’étais un Mon seul objectif alors est de leur faire prendre conscience de mes propres erreurs pour qu’ils évitent les mêmes pièges.

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les Princes de la Rue donne aux jeunes un refuge qui leur permet d’exprimer leur colère, leurs frustrations et la violence qui les habitent de façon positive.

sport-étude qui permet à des jeunes de consacrer beaucoup de temps au sport tout en ayant un bon encadrement pour leurs études. Contrairement aux programmes classiques du même Au départ, comme les jeunes pas- genre, nous ne sélectionnons pas saient beaucoup de temps au dojo, les jeunes sur la base de leurs nous leur avons proposé de l’aide résultats académique et de leur aux devoirs avant de les entraîne- comportement. Au contraire, ments. Les parents ont apprécié nous sélectionnons des élèves qui grandement ce service. En se ba- ont des problèmes de comportesant sur mes expériences de jeu- ments ou des dif�icultés d’apprennesse, nous avons, au �il du temps, tissage. Après bien des représencrée et adapté de nouveaux services pour éloigner les jeunes de la rue et de la délinquance.

en étant dans un cadre qui leur convient mieux, la réussite scolaire devient possible. Trois de nos élèves ont obtenu leur diplôme secondaire et l’an prochain l’un de nos protégés fera le saut à l’université.

Conscients des problèmes qui suivent la suspension scolaire d’un élève, nous avons développé ce qu’on appelle les ressources alternatives à la suspension. Au lieu de trainer dans la rue ou chez lui pendant la durée de sa suspension, nous assumons la supervision des études en collaboration avec l’école et le jeune à l’occasion de s’entraîner tout en ré�léchissant à ses actes.

J’ai aujourd’hui 38 ans et, sans aucune hésitation, je peux af�irmer qu’aucun combat de championnat du monde, peu importe la discipline, ne m’apporte la �ierté de voir des jeunes qui se reprennent en main. Un championnat c’est éphémère, un jeune qui réussit c’est un triomphe pour la vie.

Collaboration avec le milieu scolaire

Le dernier-né de nos programmes est une expérience de boxe sans frontière. Après une importante collecte de fonds, nous vivons une immersion à Cuba pour découvrir comment des jeunes d’ailleurs vivent et s’entraînent avec l’objectif de devenir boxeurs olympiques.

DENIS GRACHEV? QUI EST

Ma plus grande �ierté : la réussite de chaque jeune

Aujourd’hui dans notre organisation, il y a un intervenant qui est passé par nos services en tant que Notre programme de stage en jeune décrocheur. Tous les jours, employabilité est un autre succès sa présence et son implication qui s’est développé avec le temps. Af�iche du �ilm Le ring intérieur démontrent que tout est possible. En collaboration avec Services En terminant, je tiens à remercier crédit ONF Canada, nous offrons un stage rénos partenaires qui nous aident, munéré de cinq mois qui permet le grand travail de nos interveà un jeune sans emploi de décou- tations, la Commission scolaire nants et de nos bénévoles, ainsi vrir l’infographie, l’informatique, de Montréal (CSDM) a accepté de que les parents qui font con�iance la communication, la rénovation, nous allouer un professeur qui en- a l’équipe des Princes de la Rue. une initiation au préposé aux bé- seigne l’avant-midi et l’après-midi né�iciaires, de l’aide à la recherche est consacré à l’entraînement. d’emploi et bien sûr deux heures d’entraînements quotidienne- Depuis le début de ce programme, de nombreux jeunes ont repris ment. con�iance en eux. Nos élèves proviennent autant du présecondaire Un programme scolaire bien que du secondaire. Actuellement, particulier plus d’une trentaine de décroDepuis trois ans, nous avons mis cheurs étudient à leur rythme et, sur pied un programme de type 14 NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

En octobre 2010, Le Russe a remporté une déciion pour devenir champion du monde de Muai thai crédit Scott Hirano Écrit par Pascal Lapointe, Martin Fournier et Jean-Luc Autret

C

onsidérant que le rival choisi pour Lucian Bute était un parfait inconnu avant son triomphe surprise face à Ismayl Sillakh, nous avons ont pris le temps de faire des recherches sur lui et de regarder plusieurs de ses combats précédents. En toute modestie, nous vous présentons l’homme, l’athlète et le boxeur qu’est Denis Grachev.

Le 26 mai dernier, les amateurs de boxe ont vu Lucian Bute subir une raclée comme ça arrive rarement à un champion qui défend sa ceinture à une dixième reprise. Depuis ce massacre, Interbox et Lucian sont retombés sur leurs pieds, ils se sont redressés et nous présenterons un gala intéressant le 3 novembre.

L’homme

L’athlète

Trentenaire depuis le début du mois d’août, Denis Grachev est né à Tchaïkovski, une ville russe de 85 000 citoyens qui porte le nom du célèbre compositeur russe né dans la ville voisine. Installé à San Diego en Californie depuis 2007, il a obtenu un baccalauréat en éducation physique deux ans plus tôt. Père d’une �ille nommé Matilda, il est entraîneur de boxe, de kickboxing et de Thaï boxe dans un gymnase nommé City boxing.

Bien avant de devenir un boxeur professionnel, Grachev a fait ses classes en kickboxing. Quatre fois champion de Russie,

« il a remporté le World Kickboxing Championship à deux reprises »

soit en 2000 et en 2005. Il s’agit d’un tournoi amateur semblable

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Augustama, Vladine Biosse et évi- direct qui a ébranlé l’Ukrainien avant de subir une avalanche de demment Ismayl Syllakh. coups. Par contre, la rapidité de Denis Grachev lance des combi- ses mains est loin d’être terrorinaisons de base, il n’est pas rare sante et ses coups sont souvent de le voir lancer simplement sa télégraphiés. main arrière. Face à Syllakh, il a eu Bien trop souvent en déséqui« Grachev est porté à libre, Grachev est porté à laisdescendre sa main droite laisser descendre sa ser lorsqu’il envoie sa gauche. De main droite lorsqu’il plus, le Russe a régulièrement la tête penchée vers l’avant. Ces envoie sa gauche. » deux faiblesses nous portent à beaucoup de dif�iculté à juger la croire que Lucian Bute va être en distance, dû en partie à son désa- mesure de lui passer le coup fatal vantage de taille, par contre ce ne soit avec un crochet de gauche à fut pas le cas dans les deux autres la mâchoire soit avec un uppercut au menton. combats.

aux championnats mondiaux de boxe amateurs qui ont lieu aux deux ans.

Du côté des professionnels, en 2007, il a mis la main sur le titre de champion du monde au sein de l’International Kickboxing Federation. De plus, Grachev a remporté le Championnat du monde de Muay Thaï en octobre 2010.

Sa �iche professionnelle en Muay Thai est de 17-2-0, 7 K.O. Il a aussi participé à cinq combats de MMA principalement en 20072008, à ce niveau, il détient une �iche de 4-1-0, 1 K.O. et 2 soumissions. Le boxeur

Entrainé par Baruch Ferreira, un entraîneur réputé pour avoir été dans le coin d’Anderson Silva en UFC, Denis Grachev a débuté sa carrière de boxeur en juin 2007. En décembre 2009, à son neuvième combat, il affronte Ernesto Castaneda (11-8-1, 4 K.O.). Au terme des six rounds, deux juges remettent des cartes de 57-57 alors que le troisième considère que le Russe a eu légèrement le dessus 58-57. Ce combat, qui se termine par une nulle majoritaire, est son unique bémol en boxe professionnelle.

Après 13 mois sans boxer, celui qui est surnommé « le pirate » se frotte à un boxeur invaincu, Azea Augustama (9-0-0, 6 K.O.), qui a représenté Haïti lors des Jeux olympiques de 2008. Grachev l’emporte dif�icilement par décision majoritaire au terme de huit rounds. En mai 2011, le Russe brise aussi la �iche vierge du gaucher Vladine Biosse (110-0, 6 K.O.), l’arrêt de l’arbitre au quatrième round engraisse sa �iche de K.O.. Ces deux gains rap-

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En 2007, Denis Grachev a remporté le titre IKF en Kickboxing crédit IKF

prochés amènent Grachev à participer à un combat impliquant deux titres mineurs de la WBC. Son gain, par arrêt de l’arbitre au troisième, face à Eddie Carminero (7-4-0, 7 K.O.) le fait apparaître au 22e rang des mi-lourds de cette association.

En avril dernier, lors sa première apparition à la télé américaine, en �inal d’un Friday Night Fight à ESPN, il affronte la vedette montante Ismayl Syllakh (17-0-0, 14 K.O.). L’Ukrainien a plus de 300 victoires chez les amateurs et il a vaincu Yordanis Despaigne un an plus tôt. Le négligé en provenance de la Russie affronte donc l’aspirant no 2 à la WBC, 6e IBF et 10e WBA. Plusieurs se rappellent surement qu’au début de l’année 2012 la WBC a laissé courir la rumeur que Jean Pascal et Ismail Syllakh pourraient s’affronter

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

pour la position d’aspirant obligatoire.

Chaque round de ce combat est dominé par Syllakh qui utilise fréquemment son jab et qui est avantagé grâce à sa mobilité. Grachev, qui visite le plancher au troisième, est persévérant. Au huitième, il place une droite en plein centre de la cible. Le coup ébranle l’Ukrainien et Grachev le frappe dans le coin jusqu’à l’interruption de l’arbitre. La victoire du résident de San Diego par T.K.O. au huitième round est une grosse surprise qui le propulse aujourd’hui dans les classements mondiaux (4e WBC, 11e IBF).

Il est peu mobile sur un ring, mais si son adversaire n’est pas actif, il va constamment avancer vers lui. « Slow starter », il prend le temps d’étudier son adversaire. Étant capable d’encaisser les coups de ses opposants, on le voit rarement se protéger hermétiquement avec ses gants.

Vues d’ici

Selon Russ Amber, expert et entraîneur de boxe renommé, il considère Denis Grachev comme un boxeur courageux et « tough ». Cependant, son manque de rapidité pourrait être problématique face à Lucian Bute qui est trop vite. Du côté de Il a une droite qui est à respecter, l’entraîneur de Lucian Bute, Stédans le cas de Syllakh, c’est son phan Larouche, il décrit Grachev

en ces termes : « c’est un boxeur avec une grande con�iance, des mains pesantes, une défensive assez moyenne avec une vitesse de moyenne à lente ». De plus, il ajoute : « en rapport avec le dernier combat de Lucian et de la dernière victoire de Grachev par TKO contre Sillackh, il représente un danger ».

En terminant, le choix de Grachev comme adversaire de Bute s’inscrit bien dans un combat de retour suite à sa défaite contre Carl Froch en mai dernier. Comme l’Anglais, Grachev possède une très bonne main droite et en ce sens, ce choix vise à mesurer comment Lucian Bute va réagir face à ce type d’adversaire en préparation de son prochain duel contre Froch qui pourrait avoir lieu en mars 2013 au Centre Bell. Notez que le poids maximum pour ce combat est de 170 livres et que le titre de la NABF des mi-lourds détenu par Denis Grachev sera remis au gagnant.

Son style

Voyons maintenant quel genre de boxeur est Denis Grachev. Pour bien le connaître nous avons pu visionner ses duels contre Azea

Denis Grachev est devenu champion NABF en avril dernier, crédit ESPN

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cès à mon oreille attentive. Harvey a eu une carrière de niveau amateur moins prestigieuse que celle d’Arash; les conditions ne sont donc pas les mêmes, mais les règles le sont. Mon message est clair et net; c’est my way or no way. L’Irlandais et l’Afghan répondent bien. Quand je leur demande de tourner, ils me demandent « de quel côté ? »

LA BOXE VU DE L’INTÉRIEUR

L’importance de l’esprit d’équipe

Bonjour à tous, Lors de ma première chronique parue dans le 36e numéro, je vous ai parlé du haut de la pyramide en vous expliquant le travail des promoteurs. Cette fois-ci, j’aborde les distinctions entre le rôle de gérant de boxeur et celui de matchmaker. Bien que de nombreuses personnes portent les deux chapeaux, il n’en reste pas moins que les responsabilité.s sont différentes à bien des points de vue. Le gérant Le gérant d’athlète devient généralement un genre de père pour ses boxeurs. Évidemment, en premier lieu, le gérant doit se dénicher des boxeurs. Certains seront des prospects à long terme en prévision d’un titre mondial, et d’autres, sans obtenir de titres, deviendront des partenaires de plusieurs années de travail. Moi, par exemple, j’ai décidé de prendre Arash Usmanee sous mon aile en estimant qu’il avait des chances au titre mondial grâce au type d’encadrement que je suis en mesure de lui offrir.

Douggy Bernèche crédit Robert Lévesque

Par Douggy Bernèche

mère, son grand frère et surtout, dans ce cas précis, le gars qui le brasse et le pousse fréquemment a�in de m’assurer qu’il demeure

« Le gérant d’athlète devient généralement un genre de père pour ses boxeurs. »

famille, entraînement, amour, nommez-les. Je lui donne mon opinion et lui procure mon expérience à propos de tout ce qu’il vit et ce, depuis plus de deux ans. Sévère et contrôlant, me direz-vous? Peut-être, mais avouez qu’en deux ans, 15 combats et un top 5 mondial, c’est quand même pas mal et ce, sans l’appui d’un promoteur.

En ce qui a trait à Steven Harvey, c’est un parcours différent. Il est né avec nous et il a toujours tradans la même voie que moi. Je suis vaillé et vécu à Montréal. Je suis devenu le pont entre lui et toutes donc impliqué plus au niveau de ses décisions de vie : argent, loge- la boxe avec lui, mais il n’en reste Je suis donc devenu son père, sa ment, auto, nourriture, vacances, pas moins qu’il a toujours eu ac18 NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

« Quand je leur demande de tourner, ils me demandent «de quel côté? »

de trouver le meilleur équilibre emploi/carrière et de bien choiUn bon gérant, bien entendu, doit sir les adversaires qui aideront au être en mesure d›amener ses athdéveloppement de son poulain. lètes au plus haut niveau, mais il Certains gérants, comme moi, doit aussi bien les entourer a�in aime bien s’impliquer dans cette qu’ils développent le maximum dernière facette du métier alors de leurs capacités. Pour y arriver, que d’autres laissent le soin au il doit réunir la meilleure équipe matchmaker de leurs soumettre d’entraineurs pour ses athlètes. À des noms. ce stade, l’élément le plus important est la compatibilité. L’équipe Le matchmaker doit s’unir et travailler au diapason en poussant dans la même direction. Le gérant s’assure aussi Un bon matchmaker est responsable de trouver des adversaires de qualité sur une base régulière. Il est facile de trouver de bons adversaires durant 2 ou 3 galas, mais en trouver pour une série de 10 ou 12 galas par année, c’est une toute autre paire de manches. Il doit donc établir des contacts �iables, les entretenir et les garder. Il ne faut pas oublier que les matchmakers travaillent pour le promoteur et que c’est ce dernier qui dicte les conditions de travail : le budget accordé, le niveau d’adversité, le nombre de rounds et plusieurs autres clauses.

Parce qu’ils sont en contact constant avec des promoteurs ou d’autres matchmakers, certains boxeurs sans gérant réussissent à monter régulièrement sur le ring. Ces boxeurs désirent se battre et les matchmakers leur trouvent des combats. La grosse différence entre les métiers de gérant et de matchmaker est le fait que le premier investit de l’argent dans la progression de ses poulains. Le second empoche son chèque de paye sans avoir de lien à long terme avec eux-mêmes.

J’espère vous avoir éclairé sur les différences en ce qui concerne ces deux fonctions. Dans le prochain numéro, je vous parlerai des responsabilités de l’entraineur-chef.

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LA ZONE SUR LA ROUTE

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Par Jean-Luc Autret et Benoît Dussault

es représentants de la Zone de Boxe ont parfois l’occasion de sortir de la belle province pour assister à des soirées de leur sport préféré. Pour inaugurer cette nouvelle chronique qui vous permettra un peu de vivre l’aventure avec nous, voici quelques clichés du premier gala au Barclays Center à Brooklyn, New York, organisé par Golden Boy Promotion.

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Voici le chroniqueur de la Zone, Benoit Dussault, devant l’entrée principale du Barclays Center. Situé en plein cœur de Brooklyn, l’édi�ice qui a coûté la coquette somme d’un milliard de dollars est le nouveau domicile des Nets dans la NBA. Desservi par onze lignes de métro différentes, l’amphithéâtre peut accueillir jusqu’à 19 000 spectateurs. Remarquez la couleur de la structure décorative, il s’agit de plaques de métal déjà rouillées. On se demande bien qu’est ce que ça aura de l’air dans une dizaine d’années.

crédit de Showtime Avant de se rendre au Barclays Center, nous avons pu pro�iter d’une magni�ique après-midi pour prendre une marche à Time Square. Nous avons pu constater que Georges St-Pierre et la UFC y sont bien en vue. Impossible aussi d’oublier que nous étions à deux semaines de l’élection présidentielle américaine, ce pays est pour le moins déchiré entre ses deux choix, le USA Today l’illustre bien.

crédit de Benoît Dussault

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Événement très courue, voici une partie des représentants des médias lors de la pesée des boxeurs. Fait à noter le Mexicain Pablo Cesar Cano a dépassé la limite de son poids par trois quarts de livre et s’est lui-même disquali�ié de la possibilité de mettre la main sur le titre IBF détenu par Paulie Maligaggi.

crédit de Benoît Dussault

Une partie de la foule à la pesée, crédit de Showtime

crédit de Showtime

Dans l’ordre habituel de gauche à droite : Devon Alexander, Danny Jacobs, Peter Quillin, Paulie Malignaggi, Danny Garcia, Éric Morales, Pablo Cesar Cano, Eddie Gomez, Dimitry Salida et Jason Thompson.

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LA ZONE SUR LA ROUTE (SUITE) La soirée a été présentée par la chaîne de télé Showtime. Comme vous pouvez le constater, la retransmission de la soirée a débuté par la performance du résident de Brooklyn, Danny Jacobs.

crédit de Showtime

Le grand gagnant de la soirée fut certainement le boxeur de Philadelphie Danny Garcia. Déjà champion uni�ié des super légers (140 livres) depuis juillet dernier, il s’est débarrassé d’Érick Morales comme personne ne l’avait fait auparavant. L’avenir est très prometteur pour ce jeune de 24 ans.

crédit de Benoît Dussault

crédit de Benoît Dussault Après sa défaite, nous avons eu une longue discussion avec le Français d’origine Camerounaise Hassam N’Dam N’Jikam. Il était alors très con�iant d’avoir un combat revanche, malheureusement on a dû lui expliquer que ce ne serait probablement pas si simple que ça. Quelques minutes plus tard, le Président de Golden boy promotions con�irmait que la WBO ne reconnaissait la clause de combat revanche.

UN K.O. IMPRÉVU

Le New Yorkais Paulie Malignaggi a peiné pour vaincre le Mexicain Pablo Cesar Cano. Pendant le combat et à l’annonce du verdict la foule ne s’est pas gêné pour huer fortement le vainqueur. Après s’être reposé un peu, celui qui a volé Herman Ngoudgo en janvier 2008, en avait long à dire en conférence de presse.

crédit de Showtime 22

Un gala de Golden Boy promotions n’en serait pas vraiment un sans la présence de son charismatique fondateur Oscar De la Hoya. On le retrouve ici avec son ami et associé Bernard Hopkins qui s’est battu à deux reprises avec Jean Pascal.

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

crédit de Benoît Dussault

Tout au long de l’aller comme du retour, nous avons dû voir au moins une bonne dizaine de chevreuils sur le bord des différentes routes que nous avons traversé. Le chemin du retour nous a réservé toute une surprise. À la pénombre alors que nous travaillions sur ce texte-ci, le pare-choc avant droit de la Sentra de Benoît a été sans pitié pour un jeune chevreuil. Le K.O. a été fatal pour la bête alors que nous et le véhicule nous nous en sommes sortis indemnes.

crédit de Benoît Dussault

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monte sur la balance, je prends le temps de lire avec lui son contrat. De cette façon, je m’assure d’éviter qu’il y ait des malentendus. Le contrat est alors signé par les combattant et contresigné par moi-même. La journée de gala est très occupée pour moi. Je dois m’assurer que tout fonctionne bien. Je suis le répondant pour l’ensemble des inspecteurs de la régie, une équipe qui peut compter jusqu’à une trentaine de personnes.

Bien des altercations ont eu lieu à travers les années Crédit Robert Lévesque

LA BOXE ET MOI

B

ien des amateurs de boxe me reconnaitront sans connaître ni mon nom ni mes fonctions. À chaque pesée, je suis posté à la gauche du boxeur lorsqu’il monte sur la balance et c’est moi qui annonce son poids. Impliqué dans le monde de la boxe et des sports de combats depuis mars 1980, il me fait plaisir de vous expliquer mes responsabilités à la régie et de vous raconter quelques faits saillants de mon parcours. par Jean Douville

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Des débuts marquants Au printemps 1980, mon ami Jean-Guy Prescott, alors responsable de la commission athlétique de Montréal, me demande de lui donner un coup de main pour la supervision d’un gala de boxe. Je ne me doutais pas que 32 ans plus tard, je serais toujours impliqué dans le milieu des sports de combat.

Mon second gala en tant qu’inspecteur est très particulier, il s’agissait de la célèbre soirée du 20 juin au Stade olympique. Au moment de la �inale Duran-Leonard, j’étais affecté à la surveillance du coin du vainqueur, Roberto « Manos de Piedra » Duran. Ce fut une soirée inoubliable !!!

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Des responsabilités importantes Les années ont passé et mon implication à la régie s’est poursuivie au point où je n’ai manqué qu’un seul gala en 32 ans. J’ai été présent à des centaines de soirées de boxe, de MMA et de kickbixing. Après tant d’années, vous comprendrez que j’ai arrêté de compter, mais j’évalue que j’ai été impliqué dans tout près de 3 000 combats professionnels. Depuis six ans, j’occupe le poste de responsable de la manifestation sportive au sein de la régie des sports de combat. La veille d’un combat, je supervise la pesée des athlètes. Avant que chaque boxeur

J’arrive sur les lieux de l’évènement vers le milieu d’après-midi pour surveiller l’installation du ring et des alentours, je visite aussi les vestiaires pour m’assurer que les lieux sont sécuritaires et conformes. La demande que l’on fait le plus souvent aux organisateurs est en lien avec l’accès au ring. Nous améliorons la sécurité des boxeurs en déplaçant ou en augmentant le nombre d’escaliers.

Je rencontre les responsables de la télévision, peu importe le diffuseur. Aujourd’hui, nous sommes habitués à travailler autant avec Showtime et HBO, ça va très bien avec eux, même s’ils prennent plus de place que les équipes de télévisions québécoises. Je suis aussi responsable que les juges aient l’espace nécessaire pour faire leur travail. Après chaque combat, je rencontre les athlètes pour leur remettre en main propre leur bourse.

« La première visite du UFC au Centre Bell en 2008 a été très particulière, travailler avec une organisation de cette ampleur c’était du jamais vu pour la régie. » - Jean Douville

ment le combat Duran-Léonard en 1980. J’ai aussi un attachement spécial à la carrière du retraité Éric Lucas, un homme pour qui j’ai un grand respect. De plus, j’ai été témoin de l’ensemble du parcours pugilistique de la famille Hilton.

En�in, la première visite du UFC au Centre Bell en 2008 a été très particulière, travailler avec une organisation de cette ampleur c’était du jamais vu pour la régie. La soirée s’est très bien passée et, dans quelques semaines, nous en serons déjà à leur quatrième passage à Montréal.

Gerry Bolen et Jean Douville sont des vétérans à la Régie Crédit Robert Lévesque

Des souvenirs impérissables

Chaque soirée de boxe est spéciale, mais certains soirs sont particuliers et nous marquent très longtemps. Parmi les moments les plus marquants, il y a évidem-

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Dans les souvenirs moins agréables, il y a un gala de MMA qui s’est très mal terminé. C’était au MEL’S le 6 février 2009, avec en finale Steve Bossé et James Thompson. La foule n’était pas satisfaite de la qualité du combat et un certain nombre de spectateurs se sont mis à lancer des cannettes de bière pleines. J’ai immédiatement fait signe à l’arbitre Yves Lavigne d’arrêter pour la sécurité de tous bien évidemment. Le combat s’est donc terminé par un no-contest.

La priorité absolue : la sécurité des boxeurs

Par Jean-Luc Autret, en collaboration avec Bernard Barré et Russ Anber

«Il y a une préoccupation qui a toujours fait partie de mon travail c’est certainement la sécurité des boxeurs.»

Lorsque je les rencontre dans le vestiaire pour leur remettre leur bourse, souvent le perdant me dit que l’arbitre à arrêter le combat trop rapidement. Je lui explique alors que dans la situation qu’il était le prochain coup de poing aurait pu l’envoyer à l’hôpital, la conversation est rarement bien longue.

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Jean Douville est concentré sur son travaille lors de la pesée, Crédit Robert Lévesque

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

- Jean Douville

E

n août dernier de nombreux amateurs ont suivis les différentes compétitions qui se sont déroulés pendant les trentième Olympiade de l’ère moderne à Londres. Parmi les 10 564 athlètes présents à ces Jeux olympiques, 250 boxeurs amateurs et, pour la première fois de l’histoire, 36 boxeuses se sont affrontés dans 272 combats. Pour vous offrir un retour de qualité à ce tournoi, nous avons rencontrés deux hommes qui ont attentiveminines, a été très déçu par la fament suivi chacun des combats. cilité que des décisions illégitimes Bernard Barré et Russ Anber ont été appliquées. n’ont pas besoin de présentation. Fait à noter, la méthode pour juger Avec beaucoup de passion, ils ont les boxeurs à évoluer depuis les consacrés deux semaines de leur Jeux de Pékin. Auparavant, pour temps à analyser le tournoi olymaccorder un point à un boxeur pique, l’un pour le consortium trois des cinq juges devaient apfrancophone (V, RDS et RDS 2), puyer sur un bouton à l’intérieur l’autre pour le consortium anglode la même seconde. Maintenant, phone (CTV, TSN, Sportsnet). Dans chaque juge évalue le round, au le passé, Bernard Barré a analysé terme de l’échange, les cartes des la compétition boxe des quatre cinq juges sont réunies, on garde jeux olympiques précédents pour les trois cartes qui se ressemblent la télé francophone. De son côté, le plus, puis on détermine une Russ Anber a amené quatre de ses seule note liée au nombre de protégés aux Jeux olympique, les coups qui ont marqués des points. Jeux de Londres sont ses sixièmes en tant qu’analyste ou entraîneur. Le parcours de nos trois représentants Bilan générale Avant d’aborder les performances Les deux analystes ont eu des perde nos trois canadiens, rappelonsceptions divergentes au terme de nous qu’au terme des championces jeux. Bernard, qui a couvert nats du monde, en octobre 2011, autant le tournoi masculin que féaucun canadien n’était quali�ié minin, a eu un coup de cœur avec pour la compétition olympique. la compétition féminine. Pour En fait, on mettait plus d’espoir Russ, qui n’a pas eu pour mandat du côté féminin que masculin. d’analyser les confrontations fé-

v

En conclusion, s’il y a une préoccupation qui a toujours fait partie de mon travail c’est certainement la sécurité des boxeurs. À travers les années, j’en ai vu dans toutes les conditions possibles après un combat.

Bilan des Jeux olympiques de Londres

Logo des jeux olympiques de Londres

Lors des quali�ications olympiques à Rio de Janeiro au début de mai, le Tri�luvien Simon Kean et le résident de Nouvelle-Écosse Custio Clayton ont obtenu leur laissez-passer en s’inclinant face au gagnant de leur catégorie. C’est le résultat d’un mélange entre la chance d’avoir affronté le bon gars et le mérite de s’être rendu aussi loin dans la compétition. De son côté, Mary Spencer, championne du monde en 2005, 2008 et 2010, a eu besoin de sa réputation pour obtenir son billet d’avion puisqu’elle a été éliminé dès son premier combat lors des quali�ications olympiques. Custio Clayton

Évoluant chez les 69 kilos, Custio Clayton est arrivé à Londres avec six titres de champion canadien derrière la cravate. À son premier combat, il affronte le Mexicain Oscar Molina et il l’emporte par une décision de 12-8. Rendu en huitième de �inale, Clayton a défait

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a été invitée à se rendre à Londres malgré sa non-quali�ication. Puis, elle a obtenu une passe pour éviter les huitièmes de �inale. En bref, elle avait besoin d’une seule victoire pour s’assurer l’obtention d’une médaille olympique. La résidente de Windsor en Ontario s’est incliné 17-14 face à la Chinoise Li Jinzi. Les meilleurs

Russ Anber et Bernard Barré nous présentent qui a été les meilleurs boxeurs du tournoi. Pour Russ, trois boxeurs se sont distingués alors que Bernard en a sélectionné trois chez les hommes et deux femmes. Voici deux tableaux qui présentent leur choix :

Le meilleur boxeur du tournoi Serik Sapiyev reçoit le trophée Val Barker crédit AIBA

Les meilleurs boxeurs du Tournoi selon Russ Anber Simon Kean en Compagnie de Lennox Lewis, deux olympiens canadiens credit Simon Kean

l’Australien Cameron Hammond par un verdict de 14-11. En quart de �inale, donc à une victoire de mettre la main sur une médaille, le boxeur de Darmouth se frotte au Britannique Fred Evans. Au terme des trois rounds, les juges considèrent que c’est égal 14-14, après avoir départagé les coups, le favori local a levé les bras en l’air et le Canadien a déposé un protêt qui a été rejeté par l’AIBA.

combat, Simon Kean est confronté au Français Tony Yoka. Après les trois rounds, les juges considèrent le combat nul 16-16, l’évaluation du nombre de coups de poings portés permet au Canadien de poursuivre le tournoi. En quart de �inale, Kean se frotte au Kazakh Ivan Dychko, le résultat initial est le même qu’au premier round, soit une nulle. Par contre, cette fois-ci la révision des coups est au désavantage de Simon qui voit Simon Kean son tournoi se termine. Nos deux analystes ont été emballés par ses Le grand gaillard de Trois-Rideux performances. vières a affronté bien des embuches avant de se rendre à Présentement, Simon est au reLondres (voir le magazine no pos. Comme le plan de match le 36 pour un survol complet de sa prévoyait, sa blessure à l’épaule carrière). Lors de son premier a besoin de temps pour guérir 28 NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

et lui permettre d’être à 100% à son retour. Jimmy Boisvert, son entraîneur, con�irme qu’il sera en pleine forme pour les championnats mondiaux en septembre 2013 puis, le mois suivant, lors des championnats canadiens. Fait à noter, son classement dans le top huit olympien lui permet de conserver son titre national et son allocation pour une période de deux ans. Mary Spencer

La triple championne du monde n’a pas offert de performance de grande qualité depuis environ un et demi. Pour ces jeux-ci, sa situation a été très avantageuse, comme mentionné plus haut elle

Nom

Catégori e  

Pays

Classement

Autres gains  et  commentaires  

Serik Sapiyev  

Mi-­‐ moyens,   69  kg  

Kazakhsta n

Or  

Vasyl Lomachenk o  

Légers, 60    kg  

Ukraine

Or

Or aux   championnats   mondiaux   de  2007,  Argent  à  ceux  de  2009   et   de   2011,   Trophée   Val   Barker   2012  

Félix Verdejo   Sanchez  

Légers, 60    kg  

Porto-­‐Rico

Défait en   quart   Argent   aux   panaméricains   de   de   finale     par   2011,   boxeur   préféré   du   tournoi   Lomachenko   pour  Russ  

2e médaille  d’or  consécutive,  Or   aux  championnats  mondiaux  de   2009  et  2011  ainsi  que  trophée   Val  Barker  en  2008  

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Les meilleurs boxeurs du tournoi selon Bernard Barré Nom

Catégorie  

Pays

Classeme nt

Autres gains  et  commentaires  

Serik Sapiyev  

Mi-­‐moyens,   69  kg  

Kazakhsta n

Or  

Vasyl Lomachenk o  

Légers,             60    kg  

Ukraine

Or

Or aux   championnats   mondiaux   de  2007,  Argent  à  ceux  de  2009  et   de   2011,   Trophée   Val   Barker   2012  

Ivan Dychko   Super   lourds,  +91   kg  

Kazakhsta n

Bronze

Claressa Shields  

USA

Or

Irlande

Or

Moyens,         75  kg  

Katie Taylor   Légers,  60   kg    

Les victimes Tout sport qui est jugé par des notes octroyées par des juges à inévitablement un certain nombre de scandales qui lui collent à la peau. En ce sens, la compétition olympique d’août dernier n’est pas différente des tournois précédents. Bernard Barré a dénombré quatre combats où il y a eu vol alors que Russ Anber en a compilé dix. Plusieurs combats impliquant des Britanniques ont pu pro�ités de jolis cadeaux alors que l’équipe masculine américaine a curieusement connu une séquence de dix défaites et aucune des décisions serrées n’a été en leur faveur.

Les boxeurs qui ont été victimes de vols selon Russ Anber Nom

Oscar Valdez   Evaldas   Petrauskas  

Alexis Valstine  

Bronze aux  championnats   mondiaux  2011,  a  perdu  13-­‐11  en   demi-­‐finale  contre  Anthony   Joshua   Seulement  17  ans,  unique   médaille  dans  le  tournoi  pour  les   États-­‐Unis   Championne  d’Europe  et   mondiale  à  quatre  reprises    

Fait à noter, deux protêts ont permis au perdant de poursuivre le tournoi. À chaque fois, la décision a été basée sur des mauvaises décisions de la part de l’arbitre. Les nouveaux professionnels

Après chaque tournoi olympique, un certains nombre d’Olympiens pro�itent de leur notoriété pour négocier des conditions avantageuses pour le début de leur carrière professionnelle. Tout d’abord, on doit mentionner qu’il y a un nouveau joueur qui fait compétition aux promoteurs que

Pour Bernard, à chaque fois qu’une décision serré, le clan perdant af�irme s’être fait vol et il considère qu’il y a eu probablement 50 combats serrés. Il a donc une forte réserve par rapport aux 30 NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Pays

Yosvany Veitia   Mi-­‐mouche,   Cuba   Soto   -­‐49  kg  

2e médaille  d’or  consécutive,  Or   aux  championnats  mondiaux  de   2009,  2011    et  trophée  Val  Barker   en  2008  

déclarations trop rapide de vols. Selon le Vice-président de GYM, les quatre décisions qui étaient inadmissibles sont principalement les combats impliquant le Britannique Anthony Josuah qui remporté aucun combat avec un écart supérieur de deux points.

Catégorie  

l’on connaît déjà. L’association international de boxe amateur (AIBA) a élargi son in�luence chez les pros depuis l’automne 2010 en mettant sur pied la World Serie. Il s’agit d’un tournoi entre douze équipes qui représentent des villes ou des pays.

L’AIBA a déjà annoncé que 50 des 250 olympiens feront partis de la 3e édition de son tournoi qui débutera les 16 et 17 novembre. Clairement en con�lit d’intérêt, l’association permet à ses boxeurs de devenir professionnels en joignant l’une des ses équipes tout en garder la possibilité de participer aux Jeux de Rio en 2016. Même que pour les jeux de Londres, cinq places était réservés aux vainqueurs de ses cinq catégories. Parmi les cinquante olympiens à avoir signé avec l’AIBA, notons

Autres gains   commentaires  

et

Défait en   8e   de   Argent  aux  panaméricains  de   finale,  11-­‐14   2011,   battu   par   le   futur   médaillé  d’or  

Coqs, 56  kg   Mexique   Défait   en   quart   Bronze   aux   championnats   de   finale,     13-­‐ mondiaux   de   2009,   seconde   19   olympiade   Léger,   kg  

60 Lituanie   Défait  en  demi-­‐ finale,  13-­‐18  

Mi-­‐moyen, 69  kg  

France

Custio Clayton    

Mi-­‐moyen, 69  kg  

Canada

Ievgen Khytrov  

Moyen,  

Ukraine

75 kg  

Esquiva Falcao   Moyen,     Florentino   75  kg  

Brésil

Siarhei Karneyeu  

Bélarus

Jose Larduet   Lourd,     Gomez   91  kg   Lourd,     91  kg  

Cuba

Erislandy Savón   Super   Cuba   lourd,   plus   de  91  kg    

Classement

Custio Clayton et Sylvain Gagnon en direction du ring Crédit AIBA

Argent aux   championnats   mondiaux  juniors  de  2010  

Défait en   quart   Champion   du   monde   en   de  finale,  18-­‐18   2008,  il  s’est  aussi  fait  volé  en   demi-­‐finale   lors   des   jeux   de   Pékin  

Défait en   quart   Le   Britannique   n’a   pas   été   de   finale,     14-­‐ pénalisé  bien  que  l’arbitre  l’a   14   averti   de   ne   pas   accrocher   à   trois  reprises  

Défait en   8e   de   Champion   du   monde   en   finale,  18-­‐18   2011,   il   est   vaincu   au   départage   des   coups   par   un   Britannique   Défait   en   finale,   Bronze   aux   mondiaux   de   13-­‐14   2011   et   aux   panaméricains   de  2008  et  de  2009  

Défait en   quart   Bronze   aux   championnats   du   de   finale,     10-­‐ monde   de   2009   et   champion   12   aux  Panaméricains  de  2009   Défait   en   quart   Bronze   aux   championnats   du   de   finale,     19-­‐ monde  de  2011   19  

Défait en   8e   de   Champion   du   monde   junior   finale,  16-­‐17   en   2008,   il   a   perdu   face   au   Britannique  Joshua    

qu’il y a le meilleur boxeur de la compétition l’Ukrainien Vasyl Lomachenko et quatre de ces compatriotes qui ont annoncé leur décision durant le tournoi olympique.

à la �irme Sauerland. Après avoir remporté une médaille d’argent aux championnats mondiaux junior de 2008, il a participé pendant deux ans à la World Serie de l’AIBA. Âgé de seulement 22 ans, il livrera son second combat Du côté des professionnels le 3 novembre. Autre acquisition comme on les connaît, il en a déjà de la part du groupe allemand, plusieurs qui ont entamé leur le Danois Dennis Clayton (1-0-0, carrière payante. Du côté euro- 1 K.O.) se battra à nouveau le 10 péen, le mi-lourd allemand Enrico novembre et le 8 décembre. Koelling s’est joint au mois d’août

Le double olympien mexicain, médaillé de bronze aux mondiaux de 2009 et d’argent aux Commonwealth de 2011, Oscar Valdez a signé avec Top Rank. Bob Arum et sa �irme veulent populariser rapidement leur nouveau protégé. Valdez débutera sa carrière professionnelle samedi prochain sur les ondes de Televisa. De plus, dans les dernières semaines, le boxeur préféré de Russ Anber dans le tournoi, le Portoricain Félix Verdejo Sanchez a aussi signé une entente avec Top Rank. Plus riche d’un boni de signature de 150 000$, il fera ses débuts pro à Vegas le 6 décembre. Il y en a surement plusieurs autres qui ont pris la même décision que ces quatre boxeurs, mais vous comprendrez que nous n’avons pas suivi à la trace le cheminement des 250 boxeurs qui se sont rendus à Londres.

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LA GALERIE DES Phot og ra phes

Le magazine La Zone de Boxe à la chance de compter sur trois fantastiques photographes pour garnir ses pages. Voici la galerie des photographes, une sorte de salle d’exposition oû ils nous soumettent leurs meilleurs clichés de boxe.

Pier-Olivier Côté survole le ring

Adonis Stevenson a été sans pitié face à Don George

David Lemieux est concentré pour la suite de sa carrière

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NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Montage de Frank Cotroni Jr

Renan St-Juste

Éric Lucas face à Librado Andrade

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LA GALERIE DES Phot og ra phes

QUI ENTRAINE QUI?

L

e dernier décompte de ce type fait par le magazine remonte à il y a presque deux ans. Depuis, plusieurs pugilistes ont tiré leur révérences alors que d’autres ne sont plus tellement actifs. Côté relève, le dynamisme de certains gérants (Camille Estephan, Douggy Berneche) et de clubs de boxe (Empire et Éric Huard) ont facilité l’éclosion de plusieurs jeunes boxeurs très intéressants. Mike Moffa

François Duguay

Jean Pascal

Dierry Jean

Pier-Olivier Côté

Ghislain Maduma

Antonin Décarie

Chris Plaitis

François Miville

Oscar Rivas

Mian Hussain

Éric Fields

Pierre Bouchard

Marc Seyer

Daniel Trépanier

Victor Vargotsky

Renan St-Juste

Michael Gadbois

Arash Usmanee

Nicholson Poulard

Jo Jo Dan

Alexandre Hamel

Steven Harvey

Bermane Stiverne

Sébastien Gauthier

Francis Hamel

Emmanuel Stewart *

Jean Zewski

Tony Wilson

Lucian Bute

Adonis Stevenson

Mikael Zewski

Joachim Alcine

Russ Anber

Howard Grant

Michel Desgagné

Jean-François Bergeron

Kevin Lavallée

Francis Lafrenière

Francy Ntetu

Schiller Hyppolite

Baha Laham

Andrew Gardiner

Tony Luis

Tyler Asseltine

Stéphane Larouche

Hercules Kyvelos

NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

Francesco Cotroni Jr

Manolis Plaitis

Didier Bence

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Éric Huard

Glissandy Mejia

Kevin Bizier

Adonis Stevenson atteint solidement Don George

Sébastien Bouchard

Marc Ramsay et Russ Anber dans le coin de Kevin Bizier, Crédit Robert Lévesque.

Éric Martel-Baholi

Eleider Alvarez

L’entrée sur scène d’Adonis Stevenson.

Dans ce classements-ci, nous avons élargi notre regard aux Ontariens qui fréquentent régulièrement nos rings et évidemment aux quelques Québécois qui suivent les conseillent d’entraîneurs étrangers.

Marc Ramsay

David Lemieux

Kevin Bizier sait où placer des coups pour faire mal

Il est à noter le grand nombre d’entraîneurs qui travaillent uniquement avec un seul boxeur.

Éric Bélanger

Jorge Luis

Chris Johnson

* L’entraîneur d’Adonis Stevenson, Feu Emmanuel Stewart est décédé le 25 octobre dernoer à l’âge de 68 ans. Adonis Stevenson continuera à être entraîné par les gens du Kronk Gym.

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NOVEMBRE 2012 - LA ZONE DE BOXE

La Zone de Boxe vol 37  

En vedette Denis Grachev, Ali Nestor Charles, Douggy Berneche, Jean Douville, le sport-étude concentration boxe et un bilan des JO de Londre...