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LA ZONE DE BOXE

Magazine La Zone de Boxe 2755 Clermont Mascouche (Québec) J7K 1C1 info@lazonedeboxe.com Éditeur

François Picanza

Rédacteur en chef

Pascal Roussel

Collaborateurs

Samuel D-Drolet Alexandre Pelletier Pascal Berenguer Karim Renno Olivier Bégin Walid Smichet Renan St-Juste

Correcteur/Réviseur

Pascal Lapointe Véronique Lacroix

2e Année, Numéro 17

Sommaire 3 – Le mot du médium format géant 4 – Ti-Joa: de Ouellet à champion du monde! 5 – Dans l’alphabet pervers de la boxe, une étoile se distingue 9 – Dans la peau du gérant Renan St-Juste

Mise en pages / Infographie Luc Lévesque Photographe

Gino Messier et et autres sources. Promotions GABY 819-737-8119

Impression

Le magazine la Zone de boxe est publié six fois par an, fondé en 2004 à Mascouche par François Picanza. Ce magazine n’est disponible que par abonnement, au coût de 31,20 $ annuellement, ou gratuitement pour les membres du Conseil Québécois de Boxe. Dépôt légal 3e trimestre 2006 Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1712-1744 La Zone de Boxe magazine

2e année, numéro 17 Printemps 2007 Photo :

12 – Profil de division : l’histoire des milourds 16 – La boxe et moi 18 – La page du boxeur 19 – La page du boxeur 21 - Les 10 meilleurs boxeurs québécois 26 – Classements Québécois 27 – Classements internationaux la Zone de Boxe

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2e Année, Numéro 17

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Le mot du médium format géant Voici la 17e édition de votre magazine préféré. Quel beau rapport qualité/prix! Pour notre édition automnale, voici le menu que nous vous avons concocté. Nous débutons une nouvelle chronique intitulée la boxe et moi, où quelqu’un pourra déclarer à tous comment sa relation amoureuse avec la boxe a commencé. Notre collaborateur Pascal Berenguer est le premier à s’adonner à l’exercice. Une autre chronique que j’aime tant revient en double pour ce numéro : la page du boxeur. Renan St-Juste et Walid Smichet ont troqué leurs gants pour un clavier d’ordinateur et vous en dévoilent un peu plus sur eux. Alexandre Pelletier nous revient avec ses profils historiques de division pour vous parler des mi-lourds. Pour les amateurs de boxe internationale, vous en saurez plus sur la ceinture européenne. Notre habituelle chronique dans la peau du gérant et une description partielle de la carrière de Joachim Alcine font aussi partie de notre numéro. Et pour compléter le tout, le magazine revient avec son classement livre pour livre des boxeurs québécois, exercice que nous voulons dorénavant annuel. Avec la qualité de nos boxeurs évoluant sur la scène québécoise, quel beau casse-tête que ce classement! Bergeron/Valuev : content ou déçu? Le 29 septembre fut une soirée de « mixed emotions ». Comment dire ceci en français? Une soirée d’émotions mélangées? Content que notre petit géant de St-Jérôme ait bien paru contre le gros géant de Russie, mais déçu de la qualité du combat, du résultat et de savoir que Bergeron aurait pu faire mieux. Car comme d’autres l’ont dit avant moi, on avait l’impression que Bergeron avait une stratégie de survie plutôt que d’avoir une stratégie de victoire. (Je me rappelle qu’on avait fait le même reproche à Patrice L’Heureux lors de sa revanche contre Cadieux). Ceci n’est que mon opinion et Pierre Bouchard ne la partage pas. « Certains croient que Jean-François aurait dû mettre un peu plus de pression, mais ç'aurait été courir à sa perte », déclara Bouchard à la Presse après le combat. Commentaires de Pierre Bouchard dans le coin Les micros dans le coin des boxeurs, c’est bien le fun, ça nous donne un peu idée des stratégies et ça nous permet de voir si l’entraîneur sait s’adapter au déroulement d’un combat (pas besoin de ça dans le coin de David Cadieux et Steve Diamond…). À TVA samedi, ce fut un peu plate d’entendre ces mots de Pierre Bouchard à Bergeron : « Place deux à trois bonnes gauches dans le round et déplace toi ». Euh, j’ai une question... Étiez-vous là pour gagner ou bien paraître? Je sais que juste de bien paraître était suffisant pour la suite de la carrière de Bergeron, mais imaginez une victoire! Au douzième round : « Encore trois minutes mon Jeff pis le monde qui te respectait pas vont te respecter ». Euh, j’ai deux autres questions… Pensaient-ils être en avance sur les cartes? Ou était-ce encore juste une question de bien paraître? Nul n’est prophète en son pays Quelques petites choses m’ont surpris le lendemain du combat. D’abord, ce fut de voir que la presse allemande voyait supposément Bergeron gagnant, mais que les gens d’ici ne criaient pas au scandale de le voir perdant (j’avais moimême Bergeron perdant par peu). En fait, mis à part Bergeron et son groupe qui déclarait aux médias s’être fait voler comme Lucas en 2003 face à Beyer, personne ne semblait s’offusquer du résultat. Les forums de boxe internationaux ont semblé en avoir rien à foutre. Sur les sites Internet de boxe majeurs (Boxrec, Eastsideboxing, Fightnews, Boxingtalk) le résultat de ce combat n’a enflammé personne et on ne parle nulle part de controverse. Tout est bien qui finit bien Anyway, je suis finalement plus content que déçu. Je suis content de voir que la mission « acquérir du respect » a porté fruit. On a pu voir le vent d’opinions négatives sur Bergeron changer un peu de direction. Les Bergeron-haters qui le voyaient sur le cul tôt dans le combat ont été beaucoup plus discrets après le combat, certains même allant jusqu’à lancer des félicitations (en lettre minuscule tout de même). Stephan Larouche croit d'ailleurs que la performance de Bergeron lui apportera des offres très lucratives. C’est ce que nous lui souhaitons tous!

Pascal Roussel Rédacteur en chef format géant


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Ti-Joa: de Ouellet à champion du monde! Par Olivier Bégin

La soirée du 7 juillet dernier en a été une bien spéciale pour nous, amateurs de boxe québécois, puisqu’elle a couronné notre premier champion du monde depuis Éric Lucas en la personne de Joachim Alcine. Voici un rappel d’une portion du chemin parcouru par le québécois d’origine haïtienne pour en arriver à cette consécration. Joachim Alcine – Stéphane Ouellet Centre Bell, Montréal (Québec), 17 décembre 2004 Alors qu’il est relativement inconnu à l’extérieur des sphères de la boxe québécoise, Alcine est choisi par Régis Lévesque pour être l’adversaire qui allait, selon ses dires, permettre à Ouellet de relancer sa carrière. Aux yeux de Lévesque, l’attrait principal d’Alcine est qu’il soit un boxeur invaincu et surévalué. De plus, la force de frappe moyenne d’Alcine fait de ce dernier le vis-à-vis idéal pour un retour après trois ans et demi d’absence, surtout que le dernier combat du poète avait été la douloureuse défaite par KO face à Omar Sheika. Dans le clan d’Alcine, connaissant bien le mode de vie du boxeur de Jonquière, le résultat ne fait aucun doute. Il s’agit donc pour lui d’une excellente occasion de faire sa meilleure bourse en carrière et peut-être, advenant une victoire, aller chercher le support des fans québécois, jusque-là réservé presque exclusivement au tandem Lucas/Ouellet. Régis Lévesque réussit un travail de promotion comme lui seul sait le faire, si bien qu’à l’aube du combat, toutes les tribunes sportives discutent de l’affrontement. Les prédictions sont partagées et de nombreux spectateurs se présentent au Centre Bell, principalement pour encourager Ouellet. Malheureusement pour eux, Alcine s’assure de gâcher les retrouvailles en réexpédiant à la retraite Stéphane Ouellet d’une lourde droite. Alcine devient désormais, et ce en à peine 69 secondes, l’un des boxeurs les plus populaires du Québec. Joachim Alcine – Carlos Bojorquez Casino de Montréal, Montréal (Québec), 12 février 2005

Joachim Alcine, champion WBA affrontera Alfonso Mosquera le 7 décembre au Centre Bell pour sa première défense de titre. (photo GYM)

Le Groupe Yvon Michel profite ensuite de la nouvelle popularité de Ti-Joa pour en faire la tête d’affiche de son gala au Casino de Montréal, moins de deux mois après la victoire éclair de ce dernier sur Ouellet. Ceux qui connaissaient peu Alcine sont maintenant impatients de le revoir en action. Le combat est diffusé sur TVA et pour l’occasion, on donne à Alcine le mandat d’affronter Carlos Bojorquez. Le mexicain compte notamment une victoire sur Grady Brewer, grand gagnant de la deuxième saison de The Contender. On dit qu’Alcine doit surtout se méfier de la force de frappe de Bojorquez, mais il ne semble aucunement complexé en début de combat. Manifestement plus rapide et plus précis, Alcine accumule les rounds avec de plus en plus de facilité. Seule la résistance hors du commun de Bojorquez fait qu’il est encore debout à la fin du septième round, mais son clan décide que le supplice a assez duré.


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Joachim Alcine – Carl Daniels Casino de Montréal, Montréal (Québec), 9 avril 2005 Après deux victoires éclatantes consécutives, le public réclame de meilleurs adversaires pour Joachim. GYM arrête donc son choix sur Carl « The Squirrel » Daniels, ce dernier ayant toutes les chances de bien faire paraître Alcine, en plus d’avoir été champion du monde WBA en 1995. Le seul problème est que Daniels n’a vraiment plus rien d’un champion du monde. Il est d’une passivité tout au long du combat et se contente de se sauve ou, lorsqu’il échoue, d’encaisser les coups d’Alcine. Voyant qu’il n’est clairement pas dans le coup, il abandonne à la fin du sixième round. Alcine ajoute ainsi à sa fiche une seizième victoire par KO, mais ne va guère chercher plus d’expérience que ce qu’il en aurait retiré d’une banale session d’entraînement. Joachim Alcine – Elio Ortiz Casino du Lac Leamy, Hull (Québec), 28 mai 2005 Alcine grimpe lentement mais sûrement dans les classements mondiaux et reste actif en attendant d’avoir sa chance dans un combat significatif. Il affronte cette fois-ci un boxeur crédible en Ortiz, mais qui a surtout l’habitude de combattre chez les super mi-moyens. Alcine a la pression inhabituelle d’avoir à gagner le combat en huit rounds ou moins pour pouvoir faire partie du Gala des Champions qui a lieu au Centre Bell moins de trois semaines plus tard. Il commence d’ailleurs bien le combat en expédiant son adversaire au tapis d’un coup au corps en milieu de premier round, mais Ortiz se relève et termine l’engagement. Ses derniers adversaires n’ayant pas été trop menaçants, Alcine est coupable d’imprudence en toute fin de quatrième engagement et se retrouve au tapis à la suite d’un crochet de gauche de Ortiz. Il se relève et prend conscience du danger qui le guette s’il tente d’en finir trop rapidement. Petit à petit, il reprend son rythme et accumule les rounds, mais n’arrive pas à se défaire de son vis-à-vis dans les délais fixés. C’est plutôt au dixième engagement que Ti-Joa mettra fin au combat d’une combinaison de coups au corps et à la tête dont Ortiz n’arrivera pas à se relever. Joachim Alcine – Marco Antonio Avendano Casino de Montréal, Montréal (Québec), 10 septembre 2005 Alcine affronte ensuite un boxeur qui a déjà perdu une décision en douze rounds contre Elio Ortiz. Il a toutefois battu Fitz Vanderpool en un seul round lors de son dernier combat pour ce que ça vaut. Aucune surprise lors du combat : Alcine l’emporte par arrêt de l’arbitre qui s’interpose après qu’Avendano se soit fait ébranler dans les câbles au huitième engagement. Joachim Alcine – Anderson Clayton Casino de Montréal, Montréal (Québec), 11 février 2006 Joachim Alcine fait ensuite une finale d’un gala de la Série de boxe Budweiser pour un cinquième combat compétitif. Il affronte un petit boxeur avec une fiche respectable et dont la grande majorité des victoires ont été acquises par KO : Anderson Clayton. Malgré qu’il ne s’agisse en soi que d’un combat en attente d’un défi plus important, le champion du Brésil donne passablement de fil à retordre à Alcine. Son style difficile à résoudre auquel s’ajoute une blessure à la main droite d’Alcine fait en sorte que la série de KO consécutifs de ce dernier s’arrête à sept. Les pointages sont sans équivoque, mais représentent mal les difficultés auxquelles le futur champion a dû faire face. Joachim Alcine – Javier Alberto Mamani Stade Uniprix, Montréal (Québec), 23 juin 2006 Alcine s’approche de plus en plus de son but de devenir champion du monde. Son prochain obstacle est l’Argentin Javier Alberto Mamani et le gagnant deviendra aspirant obligatoire au titre WBA des poids mimoyens alors détenu par Jose Antonio Rivera. Le combat fait office de finale lors du Gala du Grand Prix1 présenté au Stade Uniprix.


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La foule est survoltée à l’amorce du combat et comme s’il était inspiré par l’atmosphère particulière de cette soirée, Mamani se rue immédiatement sur Alcine. Il lance une pétarade de coups qui ne manquent pas d’ébranler le local au passage. La foule, inquiète mais toujours survoltée, continue ses cris d’encouragement envers Alcine qui se ressaisit et limite les dégâts à un 10-9 unanime au premier round en faveur de son adversaire. Joachim ne sera par ailleurs plus jamais inquiété. Il prend à partir du deuxième round le plein contrôle du combat qu’il domine à l’aide de sa vitesse et de l’efficacité de son jab. Les trois juges remettent des cartes de 119-109. Joachim Alcine – Jose Joaquin Rosa Gomez Casino du Lac Leamy, Hull (Québec), 28 octobre 2006 Malheureusement pour Alcine, être aspirant obligatoire en boxe ne signifie pas toujours que l’on se battra pour le titre dans des délais raisonnables. Travis Simms se voit offrir un combat de championnat avant Alcine après avoir remporté une bataille juridique l’opposant à la WBA. Le clan Alcine doit donc prendre son mal en patience et question de rester actif, on oppose Joachim à Jose Joaquin Rosa Gomez. Quiconque se retrouverait dans les souliers d’Alcine éprouverait probablement une certaine difficulté à être motivé d’affronter un gars avec dix-neuf défaites à sa fiche. Cela jumelé à un style relativement difficile à résoudre chez l’adversaire et tout est en place pour une performance décevante de la part d’un boxeur qui cogne à la porte d’un championnat du monde. Il remporte néanmoins le combat par disqualification lors du dernier round à la suite d’un accrochage exagéré de la part de Gomez. Joachim Alcine – Travis Simms Harbour Yard Arena, Bridgeport, CT, 7 juillet 2007 Enfin, le moment tant attendu est arrivé. Alcine se bat en combat de championnat contre Travis Simms qui vient de reprendre son titre après une éclatante victoire sur Rivera. Toutefois, le combat a lieu au domicile de son adversaire invaincu et Alcine est négligé à quatre contre un face au protégé de Don King. Comme si ce n’était pas assez, un semblant de scandale éclate le matin même du combat alors qu’une journaliste affirme avoir été informée d’une source sûre qu’Alcine se serait fait mettre KO à l’entraînement deux semaines avant le jour J, ce qui pourrait s’avérer dangereux advenant qu’il subisse une commotion cérébrale durant le combat. Le clan Alcine dément la nouvelle en affirmant qu’il ne s’agissait que d’un « flash », mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit là d’une distraction dont l’aspirant aurait pu se passer. Quoiqu’il en soit, Alcine et son clan attendent ce moment depuis si longtemps qu’ils sont décidés à ne pas décevoir. Le combat débute lentement alors que les deux boxeurs sont prudents et s’étudient. Malgré le peu d’action, Simms semble en faire tout juste assez pour aller chercher la plupart des cinq premiers rounds. Alcine se voit ensuite enlever un point sur un jugement discutable pour avoir frappé après le bris. Cette décision semble réveiller Alcine qui réalise qu’on ne lui servira pas le combat sur un plateau d’argent. Il fait du septième round un de ses meilleurs rounds en martelant Simms dans les câbles. Puis, il enchaîne deux rounds de 10-8 consécutifs qui lui permettent de prendre les devants dans le combat grâce à un point enlevé à Simms pour accrochage dans un premier temps et à une chute de Simms vraisemblablement causée par une glissade dans un deuxième temps. Les deux rounds suivants sont serrés si bien que Simms sent l’urgence au dernier round et presse l’action davantage. Alcine, craignant peut-être une décision locale, refuse de céder l’engagement et livre une belle bataille. On doit s’en remettre aux cartes des juges qui accordent une victoire sans équivoque à Alcine par des pointages de 114-111, 115-110 et 116-109. Au nom de La Zone de Boxe et de tous les amateurs du noble art du Québec, félicitations Ti-Joa!


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DANS L’ALPHABET PERVERS DE LA BOXE, UNE ÉTOILE SE DISTINGUE par Karim Renno

Le monde de la boxe a toujours connu sa part de difficultés et de controverses. Nostalgie et souvenirs romantiques mis à part, force est d’admettre qu’un certain degré de corruption et de collusion a toujours hanté notre sport favori. À ce chapitre, l’époque présente ne se distingue guère de ses prédécesseurs. Par ailleurs, un fléau somme toute assez récent afflige actuellement le monde de la boxe : la prolifération des organismes de sanction. Leur nombre est à ce jour tellement grand que même les amateurs de boxe les plus chevronnés ne les connaissent pas tous. La grande majorité d’entre vous connaissent les quatre organismes majeurs que sont la WBA, la WBC, la WBO et l’IBF. Mais combien peuvent prétendre aussi connaître l’IBO, l’IBA, l’IBB, l’IBC, l’IBL, l’IBU, la GBA, la GBC, la GBF, la GBO, la NBA, l’UBA, l’UBC, l’UBF, la WAA, la WBB, la WBB (II), la WBE, la WBF, la WBF (II), la WBI, la WBL, la WBN et la WBU? Ajoutons à cela que la plupart de ces organismes remettent plusieurs titres par division de poids et vous comprendrez rapidement pourquoi il y a plusieurs centaines de « champions » dans la boxe professionnelle. Lorsque Roy Jones Jr. a affronté Glen Kelly en février 2002, il y avait pas moins de sept ceintures de champion du monde en jeu… Le problème n’a certes pas la même ampleur partout dans le monde. En effet, plus de dix ceintures nord-américaines s’offrent aux pugilistes locaux. Mais dans cet alphabet pervers de la boxe, une étoile se distingue : un organisme contribue sincèrement à la réalisation de combats de grande qualité en évitant en majeure partie les jeux de coulisses. Ceux qui désirent pouvoir clamer être champion d’Europe n’ont qu’une seule véritable option : le titre EBU.

Vladimir Virchis (23-1, 19ko) a vaincu Paolo Vidoz le 19 mai dernier à Hambourg pour devenir champion EBU des poids lourds.

(photo: Boxing.de)

Des débuts laborieux C’est à tort que plusieurs sources reconnaissent la National Boxing Association (NBA)1 comme le premier organisme de sanction mondial de l’histoire de la boxe. Huit ans avant sa création en 1921, l’International Boxing Union (IBU)2 avait été créée à Gand en Belgique. Il s’agissait de la première vraie tentative visant la création d’un organisme de sanction mondial. Loin d’être simplement une idée lancée en l’air, cette première initiative était sérieuse, regroupant des représentants des fédérations française et belge, ainsi que de la New York State Athletic Commission.3 Peu de temps plus tard, la Suisse et l’Angleterre ont grossi les rangs de l’IBU. L’objectif était évidemment de permettre le couronnement d’un seul et unique 1

A ne pas confondre avec la National Boxing Association qui existe de nos jours. Cette dernière a été fondée en mai 1984 à New York. 2 Encore une fois, à ne pas confondre avec la International Boxing Union qui est actuellement en exercice et a été fondée en 1996. 3 Qui était à cette époque la fédération américaine la plus importante, ayant même mandat de lier certaines autres fédérations américaines.


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champion mondial dans chaque catégorie. Malheureusement, le climat politique n’est pas particulièrement propice à la coopération internationale et l’IBU doit suspendre ses activités lors du déclenchement de la deuxième guerre mondiale. Même si elle a repris ses opérations quelques années plus tard, le mal était fait et l’IBU n’est jamais devenu l’organisme mondial envisagé. C’est cependant un bien pour un mal puisque après quelques réincarnations désastreuses, dont quelques-unes sous contrôle nazi, certains anciens membres de l’IBU créeront l’European Boxing Union (EBU) en 1946. Raisons qui sous-tendent le succès de l’EBU Plusieurs raisons expliquent la popularité de l’EBU. D’abord et avant tout, son titre est officiellement reconnu par la WBC et la WBA, de telle sorte que son champion est automatiquement classé parmi les aspirants admissibles au titre de ces deux organismes de sanction majeurs. Qui plus est, la WBO reconnaît également officieusement le titre EBU. Ainsi, la conquête du titre européen place immédiatement un boxeur dans une position très avantageuse pour obtenir un combat de championnat du monde à court terme. Plus important encore, comme nous le mentionnions en introduction, le titre EBU est universellement reconnu comme le seul titre européen légitime. Son champion peut donc véritablement s’annoncer comme le champion d’Europe. La réputation de l’EBU a été bâtie sur ses classements habituellement sans reproches et son respect scrupuleux de ses propres règles. Le champion de chaque catégorie doit défendre son titre contre son aspirant obligatoire tous les six (6) mois sans exception ou renoncer à sa couronne. Bien qu’il soit permis pour un champion d’effectuer des défenses optionnelles, celles-ci ne doivent pas interférer avec ses défenses obligatoires. Ainsi, les boxeurs de talent qui le désirent pourront presque toujours avoir la chance de se battre pour un titre EBU. On ne peut certainement pas en dire autant des titres nord-américains. De plus, les titres vacants sont automatiquement comblés par un combat entre les deux aspirants disponibles les mieux classés, assurant la légitimité du titre (traduction, pas de Bergeron-DaSilva pour un titre vacant). À défaut de pouvoir se débarrasser des trop nombreux organismes de sanction, la boxe professionnelle gagnerait beaucoup à voir ceux-ci se comporter comme l’EBU. Certes, cette dernière n’est pas parfaite, mais comparativement aux autres, c’est une véritable étoile.


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Dans la peau du gérant

Renan St-Juste Par Samuel D.-Drolet

Comme la plupart des amateurs de boxe, j'adore jouer les gérants d'estrade, m’amuser à «critiquer» les boxeurs, les gérants et les matchmakers en imaginant mes propres scénarios. Scénarios souvent irréalistes, vu la complexité de ce qui se passe dans les coulisses du monde de la boxe. Je vais donc tenter de devenir, l'espace d'un moment, le gérant de Renan St-Juste en restant le plus terre à terre possible. Je vais essayer de dénicher des adversaires de qualité pour faire grimper mon poulain dans les classements tout en améliorant ses aptitudes de boxeur. Cet exercice vise à divertir les lecteurs du magazine et non à critiquer l'équipe du pugiliste. Les adversaires retenus sont le produit de mon imagination de gérant d’estrade. N’y voyez aucun scoop! L'outil de recherche principal utilisé pour cette chronique est le site boxrec.com. Bref portrait de Renan St-Juste Nom : Renan St-Juste Nationalité : Canadienne Catégorie : 160 livres (73 kg), poids moyen Grandeur 5 pi 9 po (1 m 75) Âge : 35 ans Style : Gaucher, boxe en puissance avec des

coups isolés ou de courtes combinaisons se terminant souvent par une gauche dévastatrice. Début professionnel : 13 février 2003, combat nul face à David Goulet Dernier opposant (au moment d'écrire ces lignes) : Chris Archer (9-1-0, 5 K.-O.) Fiche : 15-1-1, 10 K.-O. Promoteur : GYM (Groupe Yvon Michel) Entraîneur : Mike Moffa

Renan St-Juste, plus de temps à perdre!

(photo Hebdo Rive-Nord)

Objectifs du gérant du jour : Étant donné l’âge avancé de Renan, il n’y a pas de temps à perdre. Il s’agit d’un boxeur spectaculaire capable d’éteindre les lumières de plusieurs adversaires de premier plan d’un seul coup de poing, St-Juste est certainement un des plus durs cogneurs au pays. Il devra exploiter cette force dans les combats à venir en y combinant tactique et intelligence. Il n’y a pas de place à l’erreur. Si le combat ne se déroule pas comme prévu, il devra se fier à ses hommes de coin et les écouter religieusement pour parvenir à ses fins. Le degré de difficulté augmentera à chaque combat non seulement pour le hisser dans les classements, mais aussi pour améliorer et peaufiner sa technique. S’il arrive à vaincre les adversaires choisis, il pourrait obtenir une chance pour un titre mondial, un peu comme l’a fait Sébastien Demers. L’enjeu sera donc de sans cesse monter dans les classements. S’il fait un faux pas, nous devrons tout reconstruire ou conclure que c'était « quitte ou double ».


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Premier adversaire : Mohammad Saïd (21-6-0, 14 K.-O.) Boxeur brésilien d’origine syrienne, Saïd est un bon vétéran. Il jouit d'ailleurs d’une excellente réputation sur la scène internationale, ayant affronté des boxeurs de calibre tels que Raul Frank, Jerson Ravelo, Danilo Haussler, Antwun Echols, Anthony Thompson, James Kirkland et le Canadien Ian Gardner. Saïd est un boxeur solide offrant généralement de bons combats. Il a quelque peu ralenti ces dernières années, mais est encore en mesure de livrer de bons combats. S’il y avait une ceinture libre pour un titre intercontinental chez les 160 livres, je tenterais d’obtenir les sanctions nécessaires pour la mettre en jeu lors de ce combat. Deuxième adversaire: José Luis Zertuche (19-4-2, 14 K.-O.) Zertuche est tout un guerrier! Il a su démontrer ses habiletés lors de ses affrontements contre Fernando Zuniga, Carlos Bojorquez, Jesus Gonzales, Danny Perez, et Kelly Pavlik, nouveau monarque des poids moyens. Zertuche cogne avec autorité et sait se faire respecter dans l’arène. Il sert souvent de portier pour la cour des grands. Renan devra nous démontrer l’étendue de son talent pour vaincre un tel boxeur. Comme Zertuche a la réputation de vaincre les faux aspirants et de perdre contre l’élite, ce serait le premier vrai test pour St-Juste. Troisième adversaire : Sébastien «Double Trouble» Demers! (21-1-0, 9 K.-O.) Un combat que tout le monde attend avec impatience. Demers a fait ses Jose Luis Zertuche

preuves en affrontant des adversaires de taille depuis ses débuts en boxe professionnelle. Double Trouble a souvent gravi les marches deux à deux pour accélérer sa progression au sein des classements mondiaux. La plupart du temps, il réussit à impressionner tant les amateurs que les connaisseurs, ce qui lui a valu une chance pour un titre mondial. Demers a su démontrer de belles habiletés lors de ses récents défis, mais il a aussi laissé paraître quelques-unes de ses faiblesses. Renan étant tout un cogneur, personne ne saurait prédire le résultat d’un tel affrontement. Ce combat serait tout un attrait local et pourrait mettre en jeu la ceinture canadienne et la ceinture internationale de l’IBF. (fightwriter.com)

Quatrième adversaire : Raul Marquez (40-3-0, 29 K.-O.) Ancien champion IBF des 154 livres, Marquez a fait ses preuves depuis des lunes. L’Américain d’origine mexicaine n’a subi que 3 défaites en 44 affrontements, et ce contre les boxeurs d’élite tels Yory Boy Campas, Fernando Vargas et Jermain Taylor. Il occupe toujours une place de choix dans les classements mondiaux et est bien connu du public. Ayant fait face à moult situations, le vétéran sait se comporter dans l’arène. Il serait donc en mesure de donner du fil à retordre à Renan. Même si Marquez est un excellent boxeur, Raul Marquez l’âge et les guerres qu’il a livrées ont fini par le rattraper et il (kocorner.com) semble sur la pente descendante. Une victoire contre Marquez permettrait à St-Juste de se faire connaître aux États-Unis et de grimper sérieusement dans les classements internationaux.


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Cinquième adversaire : John Duddy (21-0-0, 16 K.-O.) Boxeur spectaculaire, Duddy est un attrait chez nos voisins du Sud. Il sait se servir de ses mains à bon escient tout en étant mobile dans l’arène. «Ireland’s John» est le champion actuel de la IBA et détient la ceinture continentale des Amériques de la WBC. Il n’a pas atteint de tels sommets pour rien. Si St-Juste veut sa chance pour un titre, il devra l’affronter avec tout son cœur et tout son courage. Aussi impressionnant soit-il, Duddy me semble un peu surestimé. Il suffirait que Renan le sorte de sa zone de confort pour que tout lui soit possible. Après avoir livré ces combats, Renan St-Juste devrait, non seulement faire partie du top 15 mondial, mais y être bien ancré. Il pourra ensuite aspirer au titre de champion du monde pour une défense optionnelle. Les adversaires retenus sont coriaces, intelligents et souvent durables. Pour les vaincre et concrétiser ses ambitions, Renan devra John Duddy prouver qu’il maîtrise la science de la boxe. Sa force de frappe est son gros (fightwriter.com) avantage, mais il aura à travailler son adaptation. Il doit être en mesure de s’ajuster rapidement et de réagir si sa stratégie ne donne pas les résultats escomptés. Ce boxeur spectaculaire saura nous surprendre. Et nous gagnerons à le voir à l’œuvre.


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Profil de division : l’histoire des mi-lourds Par Alexandre Pelletier

Archie Moore

Champion du monde 1952-62 Cogneur exceptionnel, recordman de tous les temps avec 131 victoires par K.-O., celui qu’on surnommait The Old Mongoose a dû attendre la quarantaine avant de finalement obtenir un combat de championnat du monde et a conservé son titre pendant dix ans, défiant durant cette période Rocky Marciano et Floyd Patterson pour le titre des poids lourds. Il a défendu son titre face à Carl Olsen, Harold Johnson et Yvon Durelle, en plus de faire match nul avec son successeur Willie Pastrano à l’âge vénérable de 49 ans. Bernard Hopkins peut aller se rhabiller. Ezzard Charles Même s’il a connu son heure de gloire chez les lourds et n’a jamais pu se battre pour le titre des 175 livres, Charles était une véritable terreur à ce poids, comme en font foi ses trois victoires en autant de sorties aux dépens d’Archie Moore. Charles était un excellent technicien dans l’arène doté d’une grande agilité et d’excellents réflexes, qui lui ont permis de battre certains des meilleurs mi-lourds de son époque comme Charley Burley, Jimmy BIvins et Joey Maxim, en plus de vaincre nul autre que Joe Louis pour le titre des lourds en 1949. Gene Tunney Un contre-attaquant doté d’une intelligence exceptionnelle autant dans l’arène qu’à l’extérieur, Tunney, tout comme Ezzard Charles, ne s’est jamais battu pour le titre des mi-lourds et est principalement connu pour avoir ravi le championnat des poids lourds à Jack Dempsey en 1926. Cependant, il a lui aussi établi un dossier exemplaire à 175 livres, en défaisant Tommy Loughran et Georges Carpentier, deux anciens champions de la catégorie, en plus de battre l’illustre Harry Greb à deux reprises. Roy Jones Jr

Champion du monde 1999-2004 Choix populaire des amateurs à titre de meilleur boxeur livre pour livre des années 90, Jones a longtemps passé pour un boxeur invincible. Ses réflexes exceptionnels et son excellente force de frappe lui ont permis d’amasser des titres dans quatre catégories de poids, mais il aura passé ses meilleures années chez les 175 livres, et il a empilé les défenses de titre face à des adversaires comme Mike McCallum, Virgil Hill, Julio Cesar Gonzalez, Glen Kelly et Clinton Woods, en plus de venger en deux minutes et demie la seule défaite de ses quinze premières années de carrière en écrasant Montell Griffin.

Roy Jones

(Crédit : HBO)


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Bob Foster

Champion du monde 1968-74

À six pieds, trois pouces, Bob Foster était beaucoup plus grand que la plupart des mi-lourds de son époque, mais c’est son arsenal de coups, particulièrement un crochet de gauche fumant, qui l’a mené à quatorze défenses de titre, un record de la division, en huit ans de règne. Après avoir remporté le titre grâce à un K.-O. d’anthologie aux dépens de Dick Tiger, Foster a terrassé dix de ses onze premiers aspirants avant la limite. Il a aussi tenté sa chance à deux reprises pour le titre des lourds, mais il a eu la malchance d’avoir Joe Frazier et Muhammad Ali pour contemporains. Bob Foster

Tommy Loughran

(Crédit : newmexicoboxing.com)

Champion du monde 1927-29 Surnommé le Fantôme de Philadelphie, Loughran était un boxeur pur, extrêmement difficile à atteindre

grâce à une superbe technique et une grande rapidité d’exécution. Il a affronté la plupart des meilleurs boxeurs des années 20 : Harry Greb, Mike McTigue, Georges Carpentier, etc. Il défendit contre d’excellents adversaires, tels que Pete Latzo, Mickey Walker et Jim Braddock, avant de quitter la division pour faire campagne chez les poids lourds, où il fit belle figure mais s’inclina dans son seul combat de championnat, concédant 86 livres à l’immense Primo Carnera. Billy Conn

Champion du monde 1939-41

Un boxeur habile, rapide et impétueux, ce jeune Irlandais de Pittsburgh avait certainement confiance en ses moyens. Après seulement trois défenses du titre mondial qu’il avait acquis chez les mi-lourds, Conn se crut suffisamment habile pour se mesurer au champion poids lourds Joe Louis, et passa à un doigt de réaliser l’impensable. Malgré son bref séjour au sommet des 175 livres, il a vite prouvé sa valeur en battant à deux reprises Melio Bettina et le futur champion Gus Lesnevich.

Billy Conn (à gauche) remporte le titre aux dépens de Melio Bettina (Crédit : billyconn.net)

John Henry Lewis

Champion du monde 1935-39

Un champion méconnu, Lewis a été éclipsé par deux autres champions noirs de la même époque, Joe Louis et Henry Armstrong. Cependant, ce boxeur-cogneur précoce a compilé une splendide fiche de 103-8-6 (60) face à des adversaires souvent beaucoup plus gros que lui. Champion du monde à 21 ans, des problèmes de vision ont écourté sa carrière, et il a été forcé à se retirer à l’âge de 24 ans, sans avoir perdu son titre dans l’arène. Harold Johnson

Champion du monde 1962-63

John Henry Lewis

(Crédit : Cyber Boxing Zone)

Johnson a eu l’infortune de connaître les meilleures années de sa carrière alors qu’Archie Moore battait des records de longévité. Il fit face à Ancient Archie à cinq reprises en carrière, subissant quatre revers. Cependant, il était un boxeur technique très doué qui battait la plupart de ses autres adversaires, notamment Ezzard Charles et Jimmy Bivins. Il a fini par gagner le titre mondial abandonné par Moore en 1962, alors que Johnson lui-même était sur la pente descendante.


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Young Stribling S’il n’a jamais pu gagner de titre mondial, Stribling a néanmoins été l’un des boxeurs les plus populaires des années 20. Entraîné par sa mère et géré par son père, il a enregistré 221 victoires en 285 combats, dont 125 K.-O., ce qui le place deuxième de tous les temps derrière Archie Moore. Il obtint sa seule chance pour le titre des mi-lourds en 1926, mais subit la défaite face à Paul Berlenbach. Il n’a pas eu beaucoup plus de chance pour le championnat des lourds, perdant par K.-O. en 15 rounds face à Max Schmeling. Il était au sommet de son art lorsqu’il perdit la vie dans un accident de moto en 1933, à l’âge de 28 ans. Les grands combats Battling Siki K.-O. 6 Georges Carpentier (1922) Dans une arène parisienne, Carpentier, héros national et champion mondial des mi-lourds, défendit son titre face à un boxeur issu des colonies, le Sénégalais Louis Phal, mieux connu sous le surnom de Battling Siki, dans un match de contrastes, à commencer par la couleur de leur peau. Siki, malgré sa technique rudimentaire, réussit au sixième round à atteindre Carpentier avec un puissant uppercut qui l’envoya au tapis et au pays des rêves. Cependant, l’arbitre du combat annonça que Siki a été disqualifié pour coup illégal, jusqu’à ce que le public en furie provoque un revirement de la décision, faisant du même coup de Siki le premier champion du monde originaire d’Afrique. Joey Maxim K.-O.T. 14 Sugar Ray Robinson (1952) Un an après avoir arraché le titre des moyens face à Jake LaMotta, Robinson, ancien champion des mi-moyens, tenta sa chance pour un troisième titre mondial face à Joey Maxim, solide boxeur néanmoins infiniment moins talentueux que Sugar Ray. Sous une chaleur étouffante un soir de juin au Yankee Stadium de New York, Robinson se bâtit une avance insurmontable face au champion à court de moyens. Cependant, la chaleur accablante (environ 50 degrés) fit tomber l’arbitre Ruby Goldstein, qui fut remplacé après 10 rounds, puis Sugar Ray, qui s’écroula au tapis à la fin du treizième round, totalement épuisé. Il fut forcé d’abandonner le combat avant le début du quatorzième round, subissant ainsi sa seule défaite avant la limite en 202 combats. Archie Moore K.-O. 11 Yvon Durelle (1958) Ce combat, sans aucun doute le meilleur de l’histoire du Forum de Montréal, mettait aux prises le vénérable Archie Moore, 45 ans, et l’Acadien Yvon Durelle, seize ans plus jeune, pour le titre mondial des mi-lourds, que Moore défendait pour la septième fois. Le champion en titre connut un premier round désastreux, visitant le plancher à trois reprises sous les coups du boxeur de Baie-Ste-Anne. Durelle maintint la cadence en début de combat, renvoyant Moore au tapis au cinquième round. Mais le vieux champion sortit un lapin de son chapeau en envoyant Durelle au plancher au septième round, prenant ainsi le contrôle du combat pour achever Durelle au onzième assaut d’un combat furieux. Matthew Saad Muhammad K.-O.T. 14 Yaqui Lopez (1980) Saad Muhammad, champion WBC depuis 1979, avait acquis une grande popularité grâce à son style extrêmement offensif et son habileté à s’extirper de situations désespérées. Lopez l’avait déjà affronté, en 1978, mais avait subi un K.-O. au onzième round. Cette revanche s’annonçait relevée, et les sept premiers rounds ont offert des échanges féroces entre les deux boxeurs, sans qu’il y ait véritablement de maître. Puis, au huitième assaut, Lopez fut sonné par un crochet en début de round, avant de terrasser Saad Muhammad à son tour, puis de le matraquer de très longues combinaisons, qui n’ont toutefois pas pu envoyer le champion au tapis. Cette attaque épuisa Lopez plus que Saad Muhammad, qui prit le contrôle jusqu’à envoyer le challenger au tapis quatre fois au quatorzième round, mettant fin au combat. Antonio Tarver K.-O.T 2 Roy Jones Jr (2004) Après un premier combat qui s’était terminé sur le rasoir, on pouvait s’attendre à des étincelles lors du combat revanche entre Jones, le champion en titre, et Tarver, qui était passé si près de vaincre celui qui était alors considéré le meilleur boxeur livre pour livre de la planète. En tout cas, personne n’a vu venir la main arrière de Tarver qui a terrassé Jones au milieu de la seconde reprise, et tous ont été éberlués de voir Jones s’affaisser au tapis, incapable de regagner son équilibre, et subissant du même coup sa première défaite sans équivoque en carrière, et amorçant sa descente aux enfers.


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La généalogie des champions du monde unifiés des mi-lourds 1903 1903 1903-05 1905-12 1914-16 1916-20 1920-22 1922-23 1923-25 1925-26 1926-27 1927-30 1930-34 1934-35 1935-39 1939-41 1941-48 1948-50 1950-52 1952-62 1962-63 1963-65 1965-66 1966-68 1968-74 1983-85 1999-2004 2004 2004-05 2005-06 2006-

Jack Root George Gardner Bob Fitzsimmons Philadelphia Jack O’Brien * Jack Dillon Battling Levinsky Georges Carpentier Battling Siki Mike McTigue Paul Berlenbach Jack Delaney * Tommy Loughran * Maxie Rosenbloom Bob Olin John Henry Lewis * Billy Conn * Gus Lesnevich Freddie Mills Joey Maxim Archie Moore * Harold Johnson Willie Pastrano Jose Torres Dick Tiger Bob Foster * Michael Spinks * Roy Jones Jr Antonio Tarver Glen Johnson Antonio Tarver Bernard Hopkins

Les boxeurs indiqués par une astérisque (*) n’ont pas perdu leur titre dans l’arène. Les boxeurs en caractères gras sont membres du Temple de la Renommée de la Boxe internationale.


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La boxe et moi Collaboration, Pascal Berenguer

Mon rédacteur en chef, dans sa sagesse infinie, m’a demandé d’inaugurer cette nouvelle section intitulée «La boxe et moi». Si vous me connaissez un peu, vous savez que faire les choses comme les autres ne me passionne guère, je ne commencerai donc pas à écouter platement les consignes suggérées par mon rédacteur ne serait-ce qu’une fois. Donc, je vais plutôt en premier lieu expliquer les raisons qui n’ont rien à voir avec ma passion pour ce sport. Ainsi, si vous comprenez ce qui ne m’intéresse pas, vous serez davantage en mesure d’assimiler ce qui me touche véritablement dans l’univers de ce sport. Ali, Lucas, Hagler, Bute, Michel, Larouche et Cie n’ont rien à voir avec mon intérêt. Bien franchement, s’ils n’avaient pas existé, je demeurerais un fervent amateur de ce sport. Remarquez bien, je ne veux pas banaliser leur apport au sport. Ils ont, chacun à leur façon, contribué à la popularité de la boxe d’ici où d’ailleurs. Mais en ce qui me concerne, désolé, le culte de la personnalité très peu pour moi, les intérêts collectifs du sport priment. L’origine des boxeurs, je n’en ai rien à foutre non plus. Que nos boxeurs locaux atteignent les plus hauts sommets n’est pour moi qu’anecdotique. Tant qu’à moi, les meilleurs boxeurs pourraient en majorité provenir de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et ça ne me ferait pas un pli. Cela ne signifie pas que je ne me m’intéresse pas au développement de la boxe à travers le monde, au contraire c’est un enjeu capital. Je ne suis pas non plus contre nos boxeurs locaux, je suis tout de même conscient que si la scène québécoise n’était pas si vigoureuse je n’aurais pas cette tribune pour m’exprimer. N’en demeure pas moins que ce qui m’intéresse dans «boxeur québécois», c’est le terme «boxeur». Trop souvent le sport, et la boxe n’y fait pas exception, laisse place à des sentiments xénophobes et une conception d’un nationalisme honteux qui me rend fort mal à l’aise. Si vous vous imaginez que la fierté nationale de votre peuple, nation, entité démographique, whatever dépend d’un combat de boxe, il est peut-être temps que vous changiez d’air et, comme disent les Chinois, get a life. C’est fort correct d’encourager les siens, mais lorsque c’est seulement à ce moment-là que vous démontrez un intérêt pour ce domaine, vous pouvez difficilement vous qualifier d’amateur de boxe. Un peu comme il y a des gens qui ne regardent que le Canadien, est-ce qu’on peut vraiment les qualifier d’amateurs d’ hockey? Revenons donc au sujet original, quels sont donc les éléments qui font de moi un amateur de ce sport pour lequel je me passionne depuis nombre d’années? Eh bien, j’aime l’idée de la boxe en tant que sport, c'est-à-dire assister au spectacle d’un individu démontrant ses habiletés athlétiques dans le contexte où une loi régit ce qui est permis de faire ou non. Du reste, j’aime la culture sportive dans son apanage le plus simple : délivrés de ses aspects commerciaux et financiers, beaucoup de sports seraient plus agréables à observer que dans leur état actuel. Voir un coureur améliorer sa marque personnelle au 200 mètres est un magnifique spectacle,


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le voir faire des contorsions afin d’exhiber son commanditaire pour les caméras de la télé, pas mal moins. En ce qui concerne la boxe je suis subjugué visuellement par ce ballet qu’offrent deux pugilistes qui se mesurent, qui se jaugent, par l’interaction du moment du contact entre les protagonistes, que ce soit par une feinte, un jab ou un coup d’assommoir, ainsi que par toutes les possibilités qui s’enchaînent à la suite de cette première rencontre. J’aime plus que tout lorsqu’un duel entre deux compétiteurs me permet d’apprendre quelque chose sur les protagonistes. Car la boxe possède la qualité intrinsèque de pouvoir raconter des histoires, que ce soit dans le déroulement d’un combat ou bien dans le perpétuel changement de la hiérarchie des différents classements. Cela peut être deux jeunes boxeurs sur la pente montante qui s’affrontent, deux vétérans à la croisée des chemins qui reçoivent une chance ultime de se faire valoir, le duel de deux boxeurs élites au sommet de leur métier, le jeune boxeur qui veut monter les échelons, le pugiliste établi passant à une catégorie de poids supérieure qui doit refaire ses classes. J’aime me poser ces questions. Est-ce que le jeune boxeur inexpérimenté fera la mesure face au vétéran? Est-ce que le boxeur droitier s’adaptera au gaucher? Est-ce que le cogneur pourra ébranler celui qui n’a jamais tombé? Est-ce que celui qui a été mis K.-O. à son dernier combat conservera son assurance lors de son prochain affrontement? Le jeune aspirant parviendra-t-il à pénétrer la garde de son adversaire qui le dépasse de dix centimètres? Dans le fond, la boxe est comme la littérature, ça peut être un thriller haletant dont on ne peut s’empêcher de tourner les pages afin de savoir la suite, un roman d’un auteur dont la maîtrise des mots et du vocabulaire nous émerveille, une biographie dont le travail de recherche est ambitieux nonobstant l’intérêt du sujet qui peut à priori nous rebuter… Et un peu comme le domaine littéraire, il y a trop de types sans scrupules qui gaspillent du papier à publier des trucs inutiles et sans intérêt afin d’en tirer un profit rapide. Mais ce sujet serait davantage approprié dans une série intitulée «Quand la boxe nous fait suer». Voila pourquoi j’aime la boxe.


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Le magazine revient à la charge en double ce numéro-ci avec deux pages du boxeur. La page du boxeur est une tribune libre où un boxeur peut nous parler de ce qui lui plaît. Renan St-Juste et Walid Smichet profitent de cette tribune libre.

La page du boxeur Par Renan St-Juste

C’est avec plaisir que je collabore à cette tribune afin que les gens puissent me connaître sous un autre angle. Je viens d’une famille de 4 enfants, tous des garçons. Mes parents viennent de célébrer leur 43e anniversaire de mariage. J’ai toujours été le plus casse-cou de la famille. Vers l’âge de 15 ans, je me suis intéressé aux arts martiaux en lisant les livres de Bruce Lee et en imitant ses mouvements. Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans, avec l’accord de mes parents, que je me suis inscrit à des cours de boxe chinoise avec le très réputé maître Fernand Morneau. Dans un ring, je devenais une autre personne, car je ne me suis jamais battu durant ma jeunesse. Jusqu'à l’âge de 25 ans, les succès se sont accumulés très rapidement : je remportais des tournois de boxe chinoise, kick-boxing, muy-thai, etc. Ma plus grande réalisation en arts martiaux a été de remporter le UNITED STATES INTERNATIONAL KUOSHU TOURNAMENT au Maryland, en 1988 et 1999. Ce tournoi est un peu l’ancêtre des combats ultimes, avec plus de 20 pays représentés. Par la suite, les combats de boxe chinoise se faisant de plus en plus rare, j’ai alors accepté de participer à un combat de boxe amateure. Apr��s le gala, Paul Evans, anciennement du club champion, m’invita à perfectionner mon style. Ce fut la fin de ma carrière en boxe chinoise, au grand désarroi de maître Fernand Morneau. Sous la férule de Paul Evans, j’ai fait environ 10 combats, dont une défaite en finale des gants d’argent contre Kenny Ngoto. Ensuite, Mike Moffa me prit sous son aile au club Legends. Avec Mike, j’ai fait environ 15 combats, dont une défaite très controversée contre Jacque-Élie Bien-Aimé en finale des gants d’or. Le système de pointage en boxe amateure n’allant pas du tout avec mon style, j’ai donc pensé faire un seul combat de boxe professionnelle, par simple curiosité. Ce combat s’est malheureusement soldé par un verdict nul contre David Goulet. Après 17 combats, j’ai maintenant des objectifs qui étaient jadis impensables pour moi. Au mois de novembre 2007, je dois combattre pour le titre WBC latino intercontinental qui devrait me permettre de me classer parmi les 15 meilleurs poids moyens au monde et, qui sait, peut-être avoir une chance de participer à un combat de championnat du monde. Avec mes entraîneurs Mike Moffa et Pietro Napolitano, ainsi que les gens de Repentigny, les membres de l’église P.Q.L, ma famille et surtout ma femme Kama et mon fils Kristopher, j’ai tous les encouragements et l’appui qu’il me faut pour atteindre les plus hauts sommets.

Renan St-juste


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La page du boxeur Par Walid Smichet

Lorsqu'on m’a demandé d'écrire un texte pour la page du boxeur, je ne savais pas par où commencer. J'ai alors décidé de suivre mon humeur du moment alors que je faisais le point sur l'énergie et le temps que j'avais mis dans ma carrière de boxeur professionnel ainsi que sur mon parcours que je décrirais comme étant assez difficile. À tous ceux qui aspirent à devenir boxeur professionnel, un des sports les plus complet et difficile au monde, que puis-je leur dire? Discipline, esprit sportif, volonté, détermination, attitude, patience et objectifs sont quelques-uns des outils nécessaires pour arriver à gagner sa vie modestement dans une carrière où les mots et les émotions (morale, souffrance, attentes, déception, victoire, défaite et espoir) s'entremêlent au quotidien. Par ailleurs, il faut s'entourer des bonnes personnes et non pas de celles qui ont seulement leurs propres intérêts à leur agenda. Il s'agit d'avoir les bons entraîneurs qui sont prêts à te donner du temps et un gérant qui veille à tes intérêts et qui doit apprendre à composer avec les avantages et les inconvénients du milieu de la boxe. Tu finis aussi par comprendre que la boxe n'est pas seulement une affaire de sport mais aussi « une business ». Enfin, le plus important est d'avoir un promoteur qui est capable de répondre à tes objectifs et qui ne nuira pas à ton cheminement professionnel et cela, même si tu ne fais pas entièrement partie de ses priorités. Dans la boxe professionnelle, tu dois prendre de l'expérience, corriger tes faiblesses et être très patient, sans oublier les blessures et les coups que tu prends à l'entraînement et sur le ring. Ah! les amateurs ... un peu de compassion enfin pour les boxeurs que vous jugez souvent trop sévèrement et qui font de grands sacrifices pour gagner leur vie à tous les jours et pour vous donner un bon spectacle. Il ne faut pas se créer de fausses illusions. Ce n'est pas si simple que cela le parcours du boxeur, surtout si on aspire au titre de CHAMPION. Le champion : est-ce vraiment le meilleur d'entre tous les boxeurs?


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Dans la boxe, j'ai compris qu'il y avait plusieurs sortes de champions. Des boxeurs talentueux qui doivent patienter, persévérer, travailler dur au gym et en baver pour arriver à avoir leur chance à un titre. Il a aussi de ces champions fabriqués qui sont des boxeurs moyens, bons, très bons, mais qui sont plus vendeurs que d'autres et pour qui les portes s’ouvrent facilement (titre vacants et dans les priorités du promoteur qui voit fructifier ses investissements). Il y a aussi des champions sans titre qui sont de bons boxeurs mais qui, malheureusement, ne sont pas priorisés pour toutes sortes de raisons et n'auront jamais l'opportunité d'atteindre leur rêve de devenir un champion. L'important dans tout cela, quand on est confronté à cette dure réalité, c'est de revenir à soi-même et de croire en soi, d'être satisfait de soi tout en continuant à améliorer ses faiblesses et à utiliser ses forces pour revenir encore plus fort et déterminé. Il ne faut pas oublier que l'on peut être victorieux dans la défaite (c'est pareil dans la vie de tous les jours). Il faut savoir garder la tête haute, regarder vers l'avant, se fixer de nouveaux buts et se donner les moyens pour les atteindre. Il y a des fois où on a envie d'abandonner, surtout lorsque nos efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Encore une fois, il s'agira de se fixer de nouveaux objectifs et de ne jamais regretter de ne pas être allé au bout de ses ambitions. Mon but est de continuer à améliorer mes capacités afin d'être encore meilleur pour atteindre mon objectif qui est de redevenir un champion. À cet effet, à la suite de mon dernier combat, j’ai reçu un appel du vice-président de la WBC et du président de la ABU (African Boxing Union), M. Houcine Houichi. Ce dernier m’a fait part de mes classements pour la ceinture d'Afrique et la ceinture WBC méditerranéenne qui sont d'ailleurs vacantes, deux ceintures qui me donneraient un bon coup de pouce pour monter dans les classements internationaux. Ceci est un bon exemple de la victoire après une défaite et de l'importance de ne pas abandonner après une défaite, même si ce n'est toujours pas suffisant : dans ce domaine, il faut des gens qui croient en toi, qui te supportent et désirent te voir évoluer. Je crois sincèrement que mes meilleures années en boxe sont devant moi et je crois avoir démontré à mon public que j'étais en mesure d'offrir de bonnes performances à la suite de mon dernier combat. Je crois bien qu'avec de la détermination, de la volonté et les efforts nécessaires, je peux encore devenir CHAMPION, si on m'en donne l'opportunité.

Walid Smichet, alias la tempête de sable


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Les 10 meilleurs boxeurs québécois Par l’équipe du magazine La Zone de Boxe Résultats compilés par Karim Renno

Il fait bon être amateur de boxe au Québec en 2007. Déjà un champion du monde, trois boxeurs à qui un combat de championnat est promis et une multitude d’autres parmi les 50 meilleurs de leur catégorie. Jamais notre sport favori n’a-t-il été aussi en santé dans la belle province. Contexte parfait pour que l’équipe du magazine La Zone de Boxe prépare la troisième édition de son Top 10 livre pour livre québécois. Celui-ci a été produit en comptabilisant les points obtenus par chaque boxeur en fonction du barème que vous trouverez à la fin de cet article. Encore une fois, notre rédacteur en chef a obtenu la participation de collaborateurs spéciaux de grand renom. Ainsi, les choix de Philippe St-Martin (éditeur canadien du site boxrec.com) et de Richard Cloutier (éditeur et chef de rubrique – Canada de netboxe.com) s’ajoutent à ceux des chroniqueurs du magazine dans l’élaboration de notre classement.

Nos dix meilleurs 1.

Lucian Bute (82 pt) Le prodige d’origine roumaine conserve le premier rang de notre classement. Bien qu’il ne fasse plus l’unanimité, il est tributaire de son grand talent que les collaborateurs du magazine le classent devant un champion du monde (Alcine). Ses victoires sur Tatevosyan et Bika, combinées à la gestion habile de sa carrière par son promoteur, lui ont valu l’opportunité d’affronter le plus vulnérable des champions du monde en la personne d’Alejandro Berrio, à Montréal en plus, le 19 octobre prochain.

Son combat contre Bika en aura rassuré plusieurs quant à la solidité de sa mâchoire et sa capacité d’ajuster son plan de match en cours de combat. Bien qu’il soit favori pour détrôner Berrio, ce dernier est un cogneur redoutable qui testera la discipline, la mâchoire et la défensive du Tombeur. Espérons que lors de la prochaine parution du magazine, le Québec sera le domicile de deux champions du monde.

2.

Joachim Alcine (72 pt)

Ceux qui auraient prédit en 1999 que Ti-Joa, alors à ses débuts professionnels, deviendrait un jour champion du monde sont clairvoyants. Faisant fi de l’opinion des experts, Alcine, au compte de son travail acharné et sa détermination, a réussi à gravir tous les échelons pour atteindre les sommets de sa division. Après avoir été forcé d’attendre le combat de championnat qui lui a été promis pendant plus d’un an à cause des frustrants jeux de coulisse de la WBA, Alcine a saisi sa chance et détrôné Travis Simms en juillet dernier au Connecticut. Le style négatif de Simms lors de ce combat a certes nui au spectacle, mais il n’en reste pas moins qu’Alcine a prouvé hors de tout doute qu’il méritait sa place au sein de l’élite de sa division avec une victoire nette aux points. La première défense de son titre contre Alfonso Mosquera s’annonce comme une formalité, après quoi des combats très lucratifs pourraient s’offrir au premier champion du monde d’origine haïtienne. En effet, l’on parle déjà d’un combat d’unification avec Vernon Forrest ou d’une défense obligatoire contre le dangereux Daniel Santos. Quoi qu’il en soit, l’exploit extraordinaire d’Alcine lui vaut une solide deuxième place dans notre classement et même un vote de première place de la part de Richard Cloutier. Si la tendance se maintient, la première place de notre classement pourrait bien faire l’objet d’une très chaude lutte lors de la prochaine édition.


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Herman Ngoudjo (50 pt)

La Panthère noire a connu une année 2007 drôlement mouvementée. D’abord une performance extraordinaire dans la défaite contre Jose Luis Castillo (dans un combat où certains le voyaient gagnant) et ensuite une performance un peu décevante dans la victoire contre Randall Bailey. Une constante demeure : le calibre des adversaires de Ngoudjo est toujours aussi élevé. Nul doute maintenant qu’il fait partie des dix meilleurs boxeurs de sa catégorie. Qui plus est, sa victoire contre Bailey lui vaut le rang d’aspirant obligatoire à la couronne IBF de Paul Malignaggi. Bien que plusieurs soient d’avis que le style de ce dernier donnera beaucoup de difficultés à Ngoudjo, difficile de parier contre celui qui est passé si près de causer une énorme surprise contre Castillo. Les performances de Ngoudjo et sa volonté d’accepter tous les défis continuent d’impressionner les collaborateurs du magazine qui le classent toujours 3e.

4.

Adrian Diaconu (44 pt)

Premier changement dans notre classement, alors que le Shark devance Jean Pascal au 4e rang. Les supporteurs de Diaconu se sont réjouis de voir le cogneur d’origine roumaine utiliser son grand talent pour confirmer sa place parmi l’élite mondiale à 175 livres avec une victoire expéditive et dominante face à Rico Hoye. Deux primes significatives : cette performance magistrale a été diffusée sur les ondes de ESPN aux États-Unis et la victoire lui a valu le rang d’aspirant obligatoire au titre WBC de Chad Dawson. Malheureusement pour Diaconu, une blessure inopportune a forcé la remise de son combat avec Dawson, initialement prévu pour le 29 septembre. Par ailleurs, le style très spectaculaire de Diaconu lui vaudra certainement la chance de disputer bientôt un combat d’envergure, que ce soit le duel promis face à Dawson ou un autre défi. Pendant ce temps, Diaconu obtient trois votes de troisième place pour se classer au 4e rang du classement.

5.

Jean Pascal (32 pt)

La chute de Pascal au 5e rang de notre classement n’est certes pas une indication d’une année 2007 difficile. Bien au contraire, le boxeur de Laval a connu une année particulièrement faste avec des victoires sur Lafarrell Buteng, Christian Cruz, Kingsey Ikeke et Esteban Camou. Pascal est maintenant détenteur des titres NABF, NABA et NABO, en plus de figurer dans le top 15 dans quatre grandes associations mondiales. Il semble ainsi que le plan de son promoteur de le positionner avantageusement pour un combat de championnat en 2008 ou 2009 fonctionne à merveille. Reste que les acteurs principaux de la division des 168 livres ne font certes pas la file pour affronter le talentueux québécois. On peut les comprendre, puisque l’arsenal offensif de Pascal est particulièrement impressionnant. L’objectif de Pascal de rejoindre Bute parmi l’élite de sa division semble très près de se concrétiser et les amateurs de boxe québécois rêvent déjà d’un duel entre ces deux prodiges. D’ici là, nos collaborateurs continuent de voir en Pascal un boxeur extraordinaire, comme en atteste sa position dans notre top 5.

6.

Jean-François Bergeron (18 pt)

Lors de la préparation de la dernière version du présent classement, le débat faisait rage à savoir si le géant de St-Jérôme était même le meilleur poids lourd au Québec. Il s’en trouvait donc très peu pour prétendre qu’il était un joueur sur la scène internationale dans sa catégorie. Depuis ce temps, les choses ont bien changé.


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Sa victoire convaincante sur Robert Hawkins (qui avait donné beaucoup de fil à retordre à David Tua) et sa performance solide face à Nikolay Valuev permettent maintenant d’affirmer que Bergeron fait sans aucun doute partie du top 50 mondial. Qui plus est, sa suprématie locale est maintenant difficilement contestable, particulièrement lorsque l’on prend en considération l’année 2007 désastreuse de David Cadieux. Reste que même dans sa belle performance contre Valuev, Bergeron a laissé les amateurs québécois un peu sur leur appétit. En effet, plusieurs (dont l’auteur de ces lignes) pensent que Bergeron aurait possiblement remporté ce combat s’il avait «ouvert la machine» et couru quelques risques supplémentaires pour se lancer en attaque. À 33 ans, Bergeron est toujours un jeune homme chez les poids lourds et son titre nord-américain lui offre de très belles opportunités pour 2007. À défaut du combat tant attendu par le public québécois entre Bergeron et l’ancien champion unifié canadien et québécois David Cadieux, espérons que Bergeron aura la chance d’affronter un adversaire de haut calibre. Peu importe, l’ascension de Bergeron dans notre classement se poursuit, lui qui reçoit 5 des 7 votes de 6e place.

É7.

Sébastien Demers (10,5 pt)

Supporteurs et détracteurs de Sébastien Demers s’entendront toujours sur une chose : le pugiliste de StHyacinthe n’a vraiment pas froid au yeux. Après avoir subi une cuisante défaite par mise hors de combat face à Arthur Abraham dans un combat de championnat IBF, il aurait été tout à fait acceptable pour Double Trouble de choisir un adversaire peu coriace pour un combat de remise en forme. Pas pour Demers, qui a accepté d’affronter Walid Smichet et qui a démontré beaucoup de détermination pour finalement l’emporter aux points. Par ailleurs, difficile d’entrevoir à court terme une accession à l’élite mondiale chez les poids moyens pour Demers après son combat contre Abraham. Sa force de frappe en dessous de la moyenne et sa mâchoire douteuse sont des obstacles de taille dans sa quête . Il n’en reste pas moins un acteur important sur la scène nord-américaine et nos collaborateurs reconnaissent le talent et les réalisations de Demers en lui attribuant le 7e rang de notre classement.

É7.

Jo Jo Dan (10,5 pt)

Sur les lèvres de tous nos collaborateurs, une grande question : à quand un combat significatif pour Jo Jo Dan? Le jeune Roumain a échappé un grand total de trois rounds en 18 combats professionnels, ce qui nous amène à conclure qu’il est certainement prêt pour des adversaires plus coriaces. Étant donné son classement intéressant auprès de la NABO (6e) et de la NABF (13e), le moment semble propice pour une poussée nord-américaine. En attendant ce combat, Dan a continué a accumulé les victoires convaincantes, disposant de Ricardo Cano, Christopher Henry et Walter Acosta depuis notre dernier classement. Ce faisant il a continué à impressionner nos collaborateurs, ce qui lui vaut une promotion d’un rang à la 7e place.

9.

Benoît Gaudet (9,5 pt)

Il semble que la carrière du pugiliste de Drummondville n’ait pas souffert outre mesure de sa défaite surprenante par mise hors de combat face à Henry Arjona en juin 2006. Depuis ce temps, il a vengé son échec contre Arjona et a disposé successivement de David Gomez, Edgar Riovalle, Juan Carlos Pastrana et Andreas Evensen. Ces quatre derniers possédaient une fiche combinée de 40-2-1 au moment de leur affrontement avec Gaudet.


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Si bien que Gaudet bénéficie maintenant de classements intéressants auprès de la WBC (20e), la NABO (13e) et la NABF (16e). Son promoteur annonce également qu’il obtiendra bientôt un combat de championnat nord-américain. Gaudet a donc le vent dans les voiles et nos collaborateurs en ont pris bonne note, ce qui lui permet de passer du 12e au 9e rang de notre classement avec 9.5 points.

10. Olivier Lontchi (7 pt) Progression fulgurante pour le champion canadien des poids plume qui n’avait reçu aucun vote lors des deux premières éditions de notre classement. Ses victoires convaincantes sur Roman Campos, Osvaldo Lara et Fermin de Los Santos lui avaient même valu un combat de championnat NABA contre Johnnie Edwards. Malheureusement, le combat a d’abord été remis à la demande d’Edwards et ensuite annulé à la suite d’une blessure subie par Lontchi. Reste que Lontchi, que personne n’attendait en début de carrière, semble bien positionné pour faire du bruit sur la scène nord-américaine en 2008. Un excellent technicien qui démontre parfois une force de frappe surprenante, il évolue dans une catégorie de poids où plusieurs possibilités intéressantes pourraient s’offrir à lui. Nos collaborateurs ont clairement été impressionnés, ce qui lui vaut la dernière place disponible dans notre classement.

Ceux qui frappent à la porte É11. Adonis Stevenson (5,5 pt) Le moins que l’on puisse dire c’est que Superman a connu un début de carrière foudroyant. Il aura l’occasion de se battre pour un titre canadien en décembre face à David Whittom, à peine 15 mois après avoir amorcé sa carrière. Déjà, trois de nos collaborateurs le classent parmi les dix meilleurs boxeurs québécois, ce qui n’est pas peut dire.

É11. Renan St-Juste (5,5 pt) Le combat de championnat nord-américain qui lui semblait promis ne s’est jamais concrétisé, mais l’année 2007 a comme même été faste pour le cogneur gaucher de Repentigny qui a compilé un dossier de trois victoires en autant de combats. Les amateurs de boxe rêvent maintenant d’une confrontation avec Sébastien Demers.

13. Sébastien Gauthier (5 pt) L’année qui c’était amorcée de façon spectaculaire avec de bonnes victoires par mise hors de combat contre Zacarias Chan et Alex Beccera a tourné au cauchemar lorsque Gauthier s’est blessé pendant son combat contre Eduardo Garcia avant de devoir baisser pavillon au terme du 4e round. Garcia, qui venait de disputer un combat de championnat mondial, s’est amené comme remplaçant de dernier instant et s’est avéré un adversaire probablement trop coriace et expérimenté pour Gauthier à ce stade de sa carrière. Mais, comme l’a démontré Benoît Gaudet, une défaite de ce genre n’est pas fatale.

14. Antonin Décarie (4 pt) Année parfaite pour Décarie, qui semble se diriger vers un combat de championnat nord-américain. Son excellente technique et sa mâchoire robuste en font un adversaire redoutable. Bien qu’il évolue dans une catégorie de poids particulièrement difficile, l’année 2008 donnera à Décarie la chance de prouver qu’il y est un joueur sérieux.


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Les choix de nos collaborateurs PT

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15.

Philippe St-Martin

12

Lucian Bute

10 8

Pascal Roussel

Alexandre Pelletier

Joachim Alcine

Lucian Bute

Lucian Bute

Joachim Alcine

Lucian Bute

Joachim Alcine

Joachim Alcine

Herman Ngoudjo

Adrian Diaconu

Herman Ngoudjo

Adrian Diaconu

6

Jean Pascal

Herman Ngoudjo

Adrian Diaconu

Herman Ngoudjo

4

Adrian Diaconu

Jean Pascal

Jean Pascal

Jean Pascal

3

Jean-François Bergeron

Jean-François Bergeron

Jean-François Bergeron

Sébastien Demers

2

Sébastien Demers

Olivier Lontchi

Sébastien Demers

Sébastien Gauthier

2

Jo Jo Dan

Jo Jo Dan

Renan St-Juste

Adonis Stevenson

1

Renan St-Juste

Renan St-Juste

Jo Jo Dan

J-F Bergeron

1

Benoît Gaudet

Adonis Stevenson

Benoît Gaudet

Benoît Gaudet

.5

Olivier Lontchi

Sébastien Gauthier

Olivier Lontchi

Olivier Lontchi

.5

Antonin Décarie

Benoît Gaudet

Antonin Décarie

Jo Jo Dan

.5

David Cadieux

Sébastien Demers

Sébastien Gauthier

Antonin Décarie

.5

Walid Smichet

Antonin Décarie

Phil Lo Greco

Victor Lupo

.5

Phil Lo Greco

Dierry Jean

Adonis Stevenson

Renan St-Juste

Olivier Bégin

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15.

Richard Cloutier

12 10 8 6 4 3 2 2 1 1 .5 .5 .5 .5 .5

Lucian Bute

Samuel D.-Drolet

Karim Renno

Lucian Bute

Lucian Bute

Joachim Alcine

Joachim Alcine

Joachim Alcine

Adrian Diaconu

Herman Ngoudjo

Herman Ngoudjo

Herman Ngoudjo

Adrian Diaconu

Jean Pascal

Jean Pascal

Jean Pascal

Adrian Diaconu

Benoît Gaudet

Jean-François Bergeron

Jean-François Bergeron

J-F Bergeron

Jo Jo Dan

Benoît Gaudet

Jo Jo Dan

Sébastien Demers

Olivier Lontchi

Adonis Stevenson

Antonin Décarie

Sébastien Gauthier

Olivier Lontchi

Benoît Gaudet

Jo Jo Dan

Sébastien Demers

Olivier Lontchi

Sébastien Demers

Antonin Décarie

Sébastien Gauthier

Adonis Stevenson

Sébastien Gauthier

Renan St-Juste

Victor Lupo

Renan St-Juste

Adonis Stevenson

Antonin Décarie

Dierry Jean

Dierry Jean

Dierry Jean


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CLASSEMENTS QUÉBÉCOIS

Mise à jour : 1er septembre 2007

Catégorie des Lourds (200 lbs et plus)

Catégorie des Super mi-moyens (154 lbs)

Champion du Québec David Cadieux 17-2, Trois-Rivières

Champion du Québecl Vacant

1-J-F Bergeron (27-0-0) 2-Patrice L'Heureux (20-4-1) 3- Paul Mbongo (11-1-1) 4- Stéphane Tessier (3-12-0)

Catégorie des Lourds-légers (200 lbs) Champion du Québec: vacant * Jean-François Leduc (2-0-0) (non-classé) * Wayne John (1-0-0) (non-classé)

Catégorie des Mi-lourds (175 lbs) Champion du Québec David Whittom 8-4-1, Lac-Beauport 1- Carl Handy (21-7-2) 2- Mike Melligan (0-5-0)

Catégorie des Super moyens (168 lbs) Champion du Québec Nicholson Poulard 5-2 , Laval 1- Adonis Stevenson (9-0-0) 2- Martin Desjardins (6-12-3)

1- Ian Mackillop (25-8-3) 2- Stephane Desormier (17-2-1) 3- Adam Green (12-5-0) 4- David Lemieux (3-0-0) 5- Patrick Tessier (2-5-0) 6- Yan Lecavalier (2-8-1)

Catégorie des Mi-moyens (147 lbs) Champion du Québecl Victor Lupol 16-0-1, Torontol 1- Jojo Dan (18-0-0) 2- Phil Lo Greco (11-0-0) 3- Moncef Askri (9-0-0) 4-Stéphane Chartrand (1-7-1)

Catégorie des Super-légers (140 lbs) Champion du Québecl Sébastien Hamell 6-12-1, Longueuill 1- Dierry Jean (6-0-0) 1- Abou Sako (7-4-3) 2- Manolis Platis (8-0) 4- Ahmad Cheikho (2-1-2)

Catégorie des Légers (135 lbs) Champion du Québecl Benoît Gaudetl 13-1, Drummondvillel

Catégorie des Moyens (160 lbs)

1- Leonardo Rojas (7-5-3)

Champion du Québec : Paul Clavette 11-1-1 , Brossard 12345-

Renan St-Juste (14-1-1) Walid Smichet (17-2-3) Martin Berthiaume (14-1-2) Ali Nestor Charles (6-5-1) Jacques Lemaire (5-4-0)

Catégorie des Super plumes (Jusqu'à 130 lbs) Champion du Québec : Andrew

Singh Kooner (5-1-0)

1- Olivier Lontchi (13-0-1) 2- Sébastien Gauthier (11-1-0) 3- Baha Laham (5-0-0) 4- Jorge Banos (2-2-2) 5- Martin Huppé (1-6-0) 6- Mathias Tchikaya (0-4-2)


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CLASSEMENTS INTERNATIONAUX LA ZONE DE BOXE Mise à jour : 1er septembre 2007

LOURDS (+ 200 livres) 1. Wladimir Klitschko 2. Samuel Peter 3. Oleg Maskaev 4. Ruslan Chagaev 5. Hasim Rahman 6. Nicolay Valuev 7. Chris Byrd 8. Sergei Lyakhovich 9. Sultan Ibragimov 10. John Ruiz

LOURDS-LÉGERS (200 livres) 1. Jean-Marc Mormeck 2. O’Neil Bell 3. David Haye 4. Steve Cunningham 5. Marco Huck 6. Enzo Maccarinelli 7. Tomasz Adamek 8. Vadim Tokarev 9. Krzysztof Wlodarczyk 10. Matt Godfrey

MI-LOURDS (175 livres) 1. Bernard Hopkins 2. Zolt Erdei 3. Chad Dawson 4. Clinton Woods 5. Antonio Tarver 6. Glen Johnson 7. Paul Briggs 8. Roy Jones Jr. 9. Danny Green 10. Stipe Drews

SUPER-MOYENS (168 livres) 1. Mikkel Kessler 2. Joe Calzaghe 3. Anthony Mundine 4. Lucian Bute 5. Librado Andrade 6. Jeff Lacy 7. Denis Inkin 8. Markus Beyer 9. Alejandro Berrio 10. Carl Froch

MOYENS (160 livres) 1. Jermain Taylor 2. Ronald "Winky" Wright 3. Kelly Pavlik 4. Arthur Abraham 5. Felix Sturm 6. Edison Miranda 7. Sebastien Sylvester 8. Sam Soliman 9. Amin Asikainen 10. Mariano Natalio Carrera

SUPER MI-MOYENS (154 livres) 1. Oscar de la Hoya 2. Cory Spinks 3. Roman Karmazin 4. Joachim Alcine 5. Kassim Ouma 6. Vernon Forrest 7. Sergeii Dzindziruk 8. Travis Simms 9. Ike Quartey 10. Jose Antonio Rivera

MI-MOYENS (147 livres) 1. Floyd Mayweather Jr. 2. Miguel Angel Cotto 3. Shane Mosley 4. Paul Williams 5. Antonio Margarito 6. Zab Judah 7. Kermit Cintron 8. Luis Collazo 9. Joshua Clottey 10. Carlos Baldomir

SUPER-LÉGERS (140 livres) 1. Ricky Hatton 2. Junior Witter 3. Vivian Harris 4. Jose Luis Castillo 5. Paulie Malignaggi 6. Herman Ngoudjo 7. Kendall Holt 8. Juan Lazcano 9. Andreas Kotelnik 10. Gavin Rees

LÉGERS (135 livres) 1. Joel Casamayor 2. Juan Diaz 3. Acelino Freitas 4. Zahir Raheem 5. Julio Diaz 6. David Diaz 7. Nate Campbell 8. Jose Santa Cruz 9. Michael Katsidis 10. Almazbek Raymkulov

SUPER-PLUMES (130 livres) 1. Manny Pacquiao 2. Juan Manuel Marquez 3. Marco Antonio Barrera 4. Juan Guzman 5. Edwin Valero 6. Humberto Soto 7. Jorge Barrios 8. Alex Arthur 9. Yodsanan Nanthachai 10. Gary St-Clair

PLUMES (126 livres) 1. Chris John 2. Injin Chi 3. Hiroyuki Enoki 4. Rocky Juarez 5. Robert Guerrero 6. Thomas Mashaba 7. Jorge Solis 8. Steven Luevano 9. Jorge Linares 10. Eric Aiken

SUPER-COQS (122 livres) 1. Israel Vazquez 2. Rafael Marquez 3. Celestino Caballero 4. Steve Molitor 5. Daniel Ponce de Leon 6. Somsak Sithchatchawal 7. Wethya Sakmuangklang 8. Takalani Ndlovu 9. Ricardo Castillo 10. Poonsawat Kratingdaenggym

COQS (118 livres) 1. Hozumi Hosegawa 2. Veerapol Sahaprom 3. Silence Mabuza 4. Luis Perez 5. Gerry Penalosa 6. Wladimir Sidorenko 7. Johnny Gonzalez 8. Irene Pacheco 9. Ricardo Cordoba 10. Ratanachai Vorapin

SUPER-MOUCHES (115 livres) 1. Martin Castillo 2. Cristian Mijares 3. Alexander Munoz 4. Fernando Montiel 5. Nobuo Nashiro 6. Jorge Arce 7. Pramuansak Posuwan 8. Jose Navarro 9. Dimitri Kirilov 10. Z Gorres

MOUCHES (112 livres) 1. Takefumi Sakata 2. Nonito Donaire 3. Daisuke Naito 4. Pongsaklek Wonjonkam 5. Omar Narvaes 6. Vic Darchinyan 7. Roberto Vasquez 8. Koki Kameda 9. Lorenzo Parra 10. Hussein Hussein

MI-MOUCHES (108 livres) 1. Ivan Calderon 2. Hugo Cazares 3. Ulises Solis 4. Omar Nino Romero 5. Edgar Sosa 6. Giovanni Segura 7. Brian Viloria 8. Daniel Reyes 9. Muvhuso Nedzanani 10. Nelson Dieppa

POIDS MINIMUM (105 livres) 1. Eagle Kyowa 2. Yukata Niida 3. Katsunan Takayama 4. P. Kratingdaengymm 5. Florante Condes 6. Muhammad Rachman 7. Juan Palacios 8. Oleydong Sithsamerchai 9. Nikosinathi Joyi 10. Eriberto Gejon

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La Zone de Boxe vol 17