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Le seul magazine au Québec dédié uniquement à la 1boxe Magazine La Zone de Boxe

5ième année – numéro 27

Janvier, 2010 Numéro 27

LES HAUTS ET LES BAS DE GYM ET IBOX EN 2009

AUSSI:

Entrevue avec Olivier Lontchi Portrait de Bernard Roos Les surprises de 2009


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Magazine La Zone de Boxe

5ième année – numéro 27

Magazine La Zone de Boxe 2755 Clermont Mascouche (Québec) J7K 1C1 info@lazonedeboxe.com Éditeur

François Picanza

Rédacteur en chef

Pascal Roussel

Collaborateurs

Jean-Luc Autret Pierre Bernier Samuel D. Drolet Pascal Lapointe Martin Laporte Vincent Morin

03 – L’Éditorial 04 – Le mot du médium format géant 07 – Vœux du nouvel an 10 – Les confessions d’un pessimiste 13 – La boxe et moi : Pierre Bernier

Correcteur/Réviseur

Pascal Lapointe Véronique Lacroix

Monteur

Martin Laporte

Photo page couverture

Stéphane Lalonde

15 – Revue 2009 : Interbox 18 – Revue 2009 : GYM 23 – Portrait de Bernard Roos

Le magazine la Zone de boxe fut fondé en 2004 à Mascouche par François Picanza. Ce magazine est maintenant offert gratuitement sur le web. La Zone de Boxe magazine

5e année, numéro 27 Janvier 2010

26 – Entrevue avec Olivier Lontchi 29 – Et maintenant 2010…


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L’Éditorial Au revoir 2009 Bien qu’elle nous ait donné plusieurs combats fantastiques, je suis content de dire adieu à 2009, année qui eu sa part de moments déchirants. Outre mon copain Hermann qui a subi dès janvier une fracture de la mâchoire qui l’a forcé à rester sur la touche pour le restant de l’année, deux boxeurs d’ici ont connu des fins tragiques. Le décès d’Arturo Gatti a été passablement couvert, alors je ne reviendrai pas sur cela de nouveau. Je préfère vous parler d’un boxeur qui évoluait généralement dans l’anonymat et qui nous a quittés en décembre dernier : Sébastien Hamel, champion en titre du Québec chez les mi-moyens et ancien champion du Québec des super-légers. À titre de président du Conseil québécois de boxe et d’intervieweur pour La Zone de Boxe, j’ai eu l’occasion de forger une certaine relation avec Sébastien qui venait de célébrer ses 30 ans le 8 novembre 2009, soit à peine plus d’un mois avant son décès survenu dans la nuit du 15 au 16 décembre. Il était très facile de s’attacher à Sébastien car il dégageait une belle chaleur humaine. Non affilié à un promoteur, il a été l’un des boxeurs québécois de l’ère moderne à avoir combattu sur la route le plus fréquemment. En fait, 18 de ses 32 combats ont eu lieu hors Québec. N’étant pas représenté par un agent, Hamel a souvent été appelé à jouer le rôle de faire-valoir dans des combats où il était le négligé. J’ai assisté aux funérailles de notre champion le mois dernier et j’ai été touché par le discours tenu par son père et par les applaudissements des gens réunis qui ont offert au champion une dernière ovation. Sébastien n’était pas très connu du grand public mais il restera gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont côtoyé. Puisque je dis au revoir à 2009, je désire en profiter pour apporter un petit bémol sur un des articles parus dans notre dernier numéro. Dans le numéro 26 de La Zone de Boxe, notre confrère Vincent Morin a composé un article intéressant qui explique la transition entre la boxe olympique et la boxe professionnelle. J’aimerais revenir sur la dernière ligne de cet article car elle pourrait induire en erreur. La voici : « Contrairement à Dave Hilton père, Anber prend un soin jaloux de son boxeur afin de ne pas le lancer dans la gueule du loup. » Anber prend effectivement un soin jaloux de son boxeur, David Lemieux. Il l’a admis lui-même à plusieurs reprises en expliquant comment il voyait le déroulement de l’apprentissage du jeune cogneur. Par contre, la partie disant que cela est contraire à Dave Hilton père est erronée. Dave Hilton père était, au contraire, beaucoup plus protecteur de Dave Hilton fils que Russ Anber ne peut l’être de David Lemieux. (Suite à la page 32…)


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Le mot du médium format géant Contenu de ce numéro : Janvier, mois des rétrospectives Notre magazine n’est pas différent des autres médias sur ce point, nous profitons de notre numéro de janvier pour faire une rétrospective de l’année 2009 en boxe au Québec. Donc, l’idée de départ n’a rien d’original, mais nous essayons comme à l’habitude d’être original au niveau de la forme et du contenu. Nous aurons donc 4 textes qui traitent directement ou indirectement de cette année 2009 : nos vœux du nouvel an, les hauts et les bas de nos deux promoteurs Interbox et GYM, et une analyse des événements inattendus qui ont modifié le portrait de notre boxe québécoise au cours des douze derniers mois. Pourquoi ne pas aussi projeter sur l’année 2010 ? Dans notre billet d’opinion « Si j’étais », écrit cette fois-ci par Martin Laporte, ce dernier nous révèle ce qu’il ferait en 2010 s’il était dans les chaussures de différents boxeurs. Portrait et entrevues Bernard Roos, vous connaissez? En tout cas, le marché de la boxe en Europe ne peut pas prétendre ne pas le connaître. Et vous allez apprendre aujourd’hui que ses liens avec le Québec et le promoteur GYM sont assez bien tissés. Lisez cette entrevue qu’il a donnée à Vincent Morin lors de son passage à Montréal le 5 décembre. Vous voulez en savoir plus sur Olivier Lontchi? Vous êtes au bon endroit. Jean-Luc Autret, qui en est à sa première collaboration au magazine, a rencontré pour nous ce boxeur montréalais d’origine camerounaise. Vous en saurez plus sur les conditions dans lesquelles il a livré son combat de championnat du monde contre le redoutable Juan Manuel Lopez à Atlantic City en juin dernier et sur ses plans à court terme. Que serait un bon combat de boxe sans quelqu’un en tuxedo pour nous le présenter? Au Québec, nous avons notre propre version de Michael Buffer! L’annonceur de ring Pierre Bernier nous offre pour ce numéro du magazine notre chronique habituelle La boxe et moi. Allez lire ses anecdotes et ses ambitions. Pas besoin d’attendre le son de la cloche, vous pourrez lire quand vous serez prêts. Et sans danger de recevoir de coups.

Les commentaires du médium Le Bute Spécial Lors du combat Bute-Andrade II, le meilleur coup du combat ne fut pas celui que vous pensez. Le meilleur coup du combat s’est en fait donné dans la chambre des boxeurs, et il fut donné par Stéphan Larouche. Ce coup de maître, Larouche le donna quand il convainquit l’arbitre Esteves de faire baisser la ceinture de protection d’Andrade. L’arbitre devait s’assurer que le protecteur sous la culotte d’Andrade ne dépassait pas la ligne du nombril comme cela avait été le cas lors du premier combat. C’est ensuite grâce à cela si Lucian fut capable de passer son uppercut qui est maintenant devenu sa marque de commerce : le Bute Spécial! Ce coup n’aurait pas causé autant de dommage si Andrade avait encore porté ses culottes sous les aisselles comme lors du premier combat. Le terme Bute Spécial existe déjà dans le vocabulaire du clan Interbox. Ce n’est pas moi qui l’invente. J’ai déjà entendu Larouche le demander à Molitor dans un combat. La liste des victimes du Bute Spécial s’allonge. De mémoire, j’y inscris Donnell Wiggins (aux dernières nouvelles, il grimaçait encore de douleur), Donnie MacCrary, Carl Handy, Fulgencio Zuniga, et tôt en début de carrière les Américains Rico Cason et Zane Marks. Le magazine a décidé de faire une soumission pour le dictionnaire Multi. La voici. Bute Spécial : n. m. Coup d'une très grande puissance porté au foie avec la main gauche permettant de mettre tout adversaire au tapis pour le compte de 100. Ex. Recevoir un Bute Spécial : Au quatrième round, Librado Andrade a reçu un Bute Spécial et ne s'en est jamais remis. Citation : Envoie-lui un Bute Spécial! – Stephan Larouche


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La tempête Roussel-Guzman-Funeka (version procureur)

(Écrit le 23 décembre)

Je ne crois pas que le juge Benoit Roussel croyait créer une telle commotion lors du combat Guzman-Funeka à Québec le 28 novembre. Sa carte de pointage (et celle du juge torontois Allan Davis) ne ressemblait en rien à celle de 99 % des juges d’un jour qui ont vu le même combat. Le promoteur de Funeka, Gary Shaw, a même utilisé le terme « corruption » pour expliquer le résultat des juges. Le réputé chroniqueur américain Dan Rafael de ESPN a fait de Roussel et Davis ses têtes de turcs pendants quelques chroniques. Voici un extrait : « I have decided to get disgraced judges Alan Davis and

Benoit Roussel eyeglasses as gifts for this holiday season. On second thought, what they really deserve for their horrific scorecards in recent fights is a giant lump of coal. If you're a prizefighter and you find out one of these guys has been assigned to your fight, run. » J’ai interviewé Benoit Roussel plus tôt cette année pour le magazine. Sympathique monsieur. J’ai tout de même de la difficulté à prendre sa défense dans ce cas-ci, car je suis comme tout le monde abasourdi qu’un juge de boxe puisse être arrivé à un combat nul lors du duel Funeka-Guzman. Voici un extrait de l’entrevue que j’avais faite avec lui le 30 janvier 2009 :

ZDB : Comment te sens-tu quand ta carte est complètement à l’opposé de celle des deux autres juges? Remets-tu ton jugement en doute? BR : Pas du tout. Dans ce temps-là, c’est les deux autres qui sont dans l’erreur. (rires) Dans ce cas-ci, on ne parle pas juste de deux autres juges qui ont une carte opposée à la sienne, mais de millions de gens! J’imagine que sa réponse à une autre de mes questions est encore plus appropriée. Je lui avais demandé si parfois il regrettait des décisions. Il a répondu ceci : « Pas vraiment. Peut-être des rounds parfois. Mais dans le feu de l’action, avec toutes ces distractions, ce n’est pas toujours évident. Nous sommes des humains après tout. » Donnons lui le droit à l’erreur. Mais qu’il ne recommence plus parce que là on va pogner les nerfs!!!

La tempête Roussel-Guzman-Funeka (version avocat de la défense)

(écrit le 5 janvier, après réflexion)

J’ai interviewé Benoit Roussel plus tôt cette année pour le magazine. Sympathique monsieur. Je ne voulais pas vraiment être un autre qui lui lance la pierre. Il en a assez reçu. Et j’ai pu retrouver en cherchant plus à fond sur le Web des textes (comme celui de Graham Houston) qui défendent le score de Benoit. Je constate donc que comme dans plusieurs situations semblables de la vie, c’est souvent ceux qui sont contre qui jappent le plus fort. Ceux qui appuient ou qui défendent une cause sont toujours moins extravagants. De plus, j’ai eu une petite discussion avec Benoit dans les derniers jours. Bonne année et ces trucs-là. Et je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander comment il avait survécu à tous ces commentaires. Il m’a surtout apporté une nouvelle façon de réfléchir au résultat. Pas convaincu à 100 % que cela changerait mon résultat du combat, mais cela mérite réflexion. 1) Guzman gagnait les rounds de façon serrée. 2) Funeka gagnait les rounds de façon claire. 3) Le sang au visage des boxeurs ne doit pas influencer le jugement (rappelons-nous le combat Balbi-Dorin I au Texas en 2002 où Dorin avait gagné avec cinq coupures majeures et le visage complètement ensanglanté). Est-ce assez pour déclarer ce combat nul? Je ne sais pas. Mais ces points sont assez pertinents pour me permettre de lui donner le bénéfice du doute. Par contre, cela me permet de soulever un autre point. Un round gagné facilement devrait-il avoir la même valeur qu’un round gagné de façon serrée? On donne vraiment 10-9 dans les deux cas? Ridicule, non? Cette aberrance amène des situations comme le résultat de Guzman-Funeka. Et pour ce qui est des propos de Gary Shaw, cela reste d’un ridicule extrême, à l’image du personnage. Et les propos sont mêmes diffamatoires. Ils mériteraient des sanctions. Si Chris Arreola a reçu une amende pours avoir dit quelques jurons à la télé après une défaite, Shaw mérite surement quelque chose…


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Maintenant que Diaconu a passé deux fois… Jean Pascal sera toujours controversé. Même s’il essaie fort, il n’arrêtera jamais d’avoir cette attitude que lui appelle de la confiance en soi, mais que d’autres appellent de l’arrogance. Il aura toujours de la difficulté à avoir l’appui total du public québécois qui préfère l’humilité d’un Lucas ou d’un Bute. Mais à un moment donné, va falloir que les gens lâchent le morceau. Après deux performances éblouissantes contre le requin Diaconu, dont la dernière avec une épaule qui ne souhaitait que quitter le ring, jamais je ne croirai que les gens ne se rangeront pas encore derrière Pascal… C’est bizarre, au dernier combat, on avait l’impression que Diaconu n’avait plus autant de supporteurs qu’au premier combat. Que les gens derrière le roumain avait diminué leur appui envers lui, mais que ces amateurs de boxe n’avaient pas pour autant transféré leur appui au clan Pascal. Qu’ils ne pouvaient pas prendre pour Pascal. Ça me rappelle le départ des Nordiques au hockey. Plusieurs comme moi avaient préféré cesser de suivre le hockey plutôt que de transférer leur appui aux Canadiens! Ça m’a pris, et je n’exagère pas, une dizaine d’années avant d’applaudir un bon coup des détestables Canadiens! J’espère seulement que les fans de boxe qui n’aimaient pas Jean Pascal ne prendront pas autant de temps pour l’appuyer et qu’ils vont se réveiller plus vite que moi. Le 7e round À Noël, puisque j’ai été sage toute l’année, j’ai reçu le coffret DVD de la série Le 7e round. Comme j’avais aimé cette série! Mais autant j’avais aimé cette série, autant j’ai été déçu de l’accueil qu’elle a reçue du public. Injustement selon moi, elle n’a pas obtenu la faveur qu’elle méritait. Mauvaises cotes d’écoutes. Le fait de la placer dans la grille-horaire contre Occupation Double n’était pas pour l’aider non plus. Ce qui me frustre doublement, c’est que la deuxième saison était écrite et qu’elle n’aura finalement jamais la chance de voir le jour. D’accord, ce n’était pas la série du siècle, mais c’était quand même meilleur que d’autres séries qui elles ont connu du succès. Maintenant que la boxe est au sommet au Québec avec nos deux champions mondiaux, je crois qu’il est temps que la première série ressuscite, qu’on lui redonne une deuxième chance. Placez-la tard en fin de soirée après une émission de sports, je m’en fous! Mais peut-être qu’en la ressuscitant, les gens vont la découvrir et qu’un jour, la deuxième saison viendra! On a le droit de rêver. Pascal Roussel Rédacteur en chef format géant


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Vœux du nouvel an 2010 Nous l’avions fait en janvier dernier, et je crois que ça deviendra une tradition pour notre premier numéro de chaque année. Alors voici, sans ordre précis, nos vœux du nouvel an aux gens du milieu de la boxe, de la part de l’équipe du magazine virtuel La Zone de Boxe! Lucian Bute : Que ses bourses dépassent largement la barrière des « super six » chiffres. Jean Pascal : Des épaules qui suivent afin qu’il atteigne son plein potentiel athlétique et monétaire! Joachim Alcine : Que la magie Buddy McGirt opère pour nous convaincre, nous les gens pas encore totalement convaincus de son retour. Adrian Diaconu : Qu’il rebondisse. Perdre contre Jean Pascal n’est pas honteux! Adonis Stevenson : Qu'il ne disparaisse plus du radar après chaque combat. Le temps d'attente entre ses combats est toujours trop long. Arturo Gatti : Qu’il repose en paix malgré tous les rebondissements et les chicanes familiales depuis sa mort. Et qu'on ait une pensée pour lui chaque fois qu'il tonne. Herman Ngoudjo : Que l'effet Ramsay le ramène au sommet afin qu'il y reste. Librado Andrade : Un passeport canadien, puisqu'on l'a adopté. Oscar Rivas et Eleider Alvarez : Que l'hiver ne soit pas trop frette! Renan St-Juste : Que les embûches s'écartent de son chemin afin de lui permettre de parcourir la prochaine ligne droite en sprint.

Joachim Alcine : Que la magie Buddy McGirt opère. (photo Vincent Ethier)

Walid Smichet : D’autres chances à l’international et que son nouvel entraîneur réussisse à lui inculquer un peu de notions en défensive! Russ Anber : Qu'il continue de polir son joyau sans trop chercher à le protéger. Et qu’il n’aille pas besoin de « recapsuler » des épaules cette année. Stéphan Larouche : Que les journalistes cessent de mal écrire son prénom. Howard Grant : Qu’il ne remette plus son chandail des Nordiques. Ce ne Smichet au plancher contre Peter Manfredo Jr. (photo Vincent Ethier)

fut pas très heureux. Marc Ramsay : Malgré sa lourde tâche de travail, qu’il ait le temps d'aller à la pêche au moins une fois cette année.

Pierre Bouchard : Qu’il se rappelle que son mentor, Stéphan Larouche, a aussi connu des déceptions. Et qu’il reparte vers les sommets. Stéphane « Brutus » Tessier : Même chose que l’an passé : une victoire. Benoît Gaudet : Que ses entraîneurs retrouvent un peu de temps pour lui.


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Éric Lucas : D'aller au bout de ses rêves, quels qu’ils soient. Ariane Fortin : De compléter avec brio sa transition dans la catégorie de poids supérieure. David Lemieux : 25 en 25, tout en continuant d’épater la galerie. Paul Clavette : De causer d'autres surprises comme il l'a fait avec Lupo. Mais avant tout, de revenir tout simplement! Sébastien Gauthier et Jean-François Bergeron : Qu’ils n’aient pas besoin d'organiser un gala eux-mêmes à St-Jérôme pour finalement avoir un autre combat.

Même souhait que l’an dernier pour Brutus. Une victoire! (photo François Couture)

Patrice L’Heureux : Un combat avec Bergeron ou Cadieux. Mais qu’on arrête d’en parler et que ça se fasse bon Dieu! JoJo Dan : Qu’Interbox le prenne officiellement sous son aile comme Diaconu. Parce que de ne faire que deux combats dans une année qui devait être importante pour lui, ce n’est pas jojo. Bernard Barré : Un partenaire de télévision stable. Yvon Michel : Que la récession finisse. Jean Bédard : Que son expérience de restaurateur lui serve afin de bien "cuisiner" les dirigeants de HBO lors de la négociation des prochains combats de Lucian Bute sur le grand réseau! Sébastien Demers : Une autre chance pour un titre. Jo Jo Dan : Qu’Interbox le prenne officiellement sous son aile! (photo Stéphane Lalonde)

Dierry Jean : Que les blessures l’oublient pour un bout afin que sa carrière passe enfin au prochain niveau.

Tony Luis : Que le public québécois commence à le connaître mieux pour qu’il puisse passer un jour à l’étape d’une demi-finale au casino. Kevin Bizier : Que son dernier combat à Québec contre Cape soit le début d’une lancée intéressante. Pier-Olivier Coté : Qu’Interbox s'en occupe comme leur futur joyau local. Eric Martel-Bahoéli : Des combats plus fréquents, tout simplement. Francois Duguay : De dénicher d’autres prospects de la qualité de Pier-Olivier Coté et Éric Martel-Bahoéli. Antonin Décarie : Que les juges de son combat en France contre M’Baye soient justes. Mikael Zewski: Que son début de carrière aux États-Unis soit couvert par les médias d'ici. Et que dans son parcours des combats aient lieu au Québec.

Antonin Décarie : Que les juges de son combat en France contre M’Baye soient justes. (photo Vincent Ethier)


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Benoit Roussel : Que le temps nous fasse oublier la controverse Funeka-Guzman. Marlon Wright : D'autres combats de championnat du monde de haut niveau sans que les gens lui ramènent le spectre du premier chapitre de Bute-Andrade, surtout lorsqu'on sait qu'il n'a pas vraiment fait d'erreur. Alain Villeneuve : Des combats importants afin que sa carrière d'arbitre passe au prochain niveau. Troy Ross : Un combat de championnat avec moins de Daniel Bispo en chemin. Nicholson Poulard : D’autres chances de combats comme celui avec Sébastien Demers. Olivier Lontchi : Qu’il retrouve une chance de prouver sa vraie valeur. Interbox : De travailler davantage au renouvellement de l'écurie pour éviter que l'organisation ne devienne l'ADQ de la boxe. GYM : Un deuxième champion. Pour la ville de Québec : Que la foule soit au rendez-vous encore une fois au prochain gala, même si Bute n'est pas de la carte.

Comme dirait Stéphane Ouellet, et voilà! Bonne année 2010 maintenant.

L’équipe de rédaction du magazine

Nicholson Poulard : D’autres chances de combats comme celui avec Sébastien Demers. (photo Jean-Sébastien Delisle)


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Confessions d’un pessimiste repenti (ou les bonnes surprises que nous réservait 2009) Par Pascal Lapointe plapointe@lazonedeboxe.com En décembre 2008, j’ai créé un sujet1 dans la section « Discussions sur la boxe professionnelle » du forum de La Zone de Boxe afin de prendre acte de l’état de la boxe québécoise. Je me demandais si la florissante période que connaissait la boxe québécoise depuis l’arrivée sur la scène, en 2004, du Groupe Yvon Michel (GYM) et d’Interbox deuxième mouture avait atteint son pic. Autrement dit, je me posais la question suivante : est-il possible que les deux promoteurs aient plus de réalisations derrière eux que devant? Mais attendez. Avant de rire ou de me taxer d’alarmisme, laissez-moi vous rappeler à quoi ressemblait le paysage pugilistique fin 2008 : 1. Interbox comptait deux titulaires mondiaux dans son réseau. Mais l’un d’eux, Adrian Diaconu, semblait n’avoir aucun débouché lucratif malgré son sceptre, que ce soit en Europe ou de ce côté-ci de l’Atlantique. Et l’autre, Lucian Bute, venait de passer à 30 secondes près de perdre son titre par mise hors de combat. 2. La situation paraissait encore plus précaire chez GYM, vu les récentes défaites de ses poulains dans des combats importants et l’absence de tête d’affiche incontestée au sein de l’écurie. • •

Son premier champion du monde, Joachim Alcine, s’était fait arracher sa couronne mondiale par K.-O. pendant l’été et tenait un discours qui laissait planer des doutes sur sa capacité, voire sa volonté, de revenir au sommet. Jean Pascal s’était battu bravement en championnat du monde WBC, si bien que sa réputation n’avait pas souffert du résultat, mais la facilité avec laquelle Carl Froch l’avait dominé en seconde moitié de combat suscitait des inquiétudes et on n’entrevoyait pas pour lui un chemin facile vers un autre combat pour l’un des quatre principaux titres. Herman Ngoudjo s’apprêtait à obtenir une deuxième chance mondiale, mais, même en cas de victoire, « La Panthère » n’avait probablement pas la renommée nécessaire pour être la figure de proue de GYM.

3. De plus, GYM avait perdu son principal allié dans le monde de la télévision, Mario Clément ayant quitté son poste de directeur de la Télévision des services français de Radio-Canada. Les appuis du promoteur chez les décideurs de la société d’État étaient donc fragilisés. 4. Ni l’un ni l’autre des promoteurs n’avait réussi à convaincre des boxeurs étrangers de faire carrière au Québec, même si la contribution d’athlètes de l’extérieur est nécessaire, en conjonction avec l’apport de talent local, pour que la boxe québécoise garde sa vigueur sur la durée. Bref, je suis (presque) certain que je n’avais pas la berlue. Il reste que l’exceptionnelle année que la boxe québécoise a connue en 2009 nous a prouvé que le pessimisme que j’affichais en décembre 2008 était nettement excessif. Alors, pourquoi n’ai-je pas vu venir le faste des 12 derniers mois? La réponse est simple : plusieurs des événements qui se sont révélés particulièrement bénéfiques pour les promoteurs et les pugilistes d’ici étaient pratiquement impossibles à prévoir. a) La collaboration Interbox-GYM. C’est la surprise de toutes les surprises. Don Majeski, négociateur à l’échelle internationale pour les deux écuries, a présidé à un rapprochement qui a mené à l’organisation, en copromotion, d’un duel pour le titre des mi-lourds du WBC entre Adrian Diaconu et Jean Pascal. En raison de la victoire de ce dernier, les deux sociétés ont ensuite uni leurs forces pour présenter deux autres événements mettant en vedette le nouveau titulaire mondial, y compris un combat revanche contre Diaconu, qui a ainsi connu de loin l’année la plus lucrative de sa carrière.

1

http://www.lazonedeboxe.com/Mbbs2/forums/thread-view.asp?tid=17276 (accessible aux membres seulement [inscription nécessaire] – malgré un message de départ laconique et quelques petits dérapages, la discussion revêt un certain intérêt)


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La grande surprise de 2009 : l'alliance entre Interbox (Jean Bédard, à gauche) et GYM (Yvon Michel, à droite). (photo Vincent Ethier) b) Trois victoires en combats de championnat pour Jean Pascal. Dans le contexte décrit au paragraphe précédent, le Lavallois a profité d’un raccourci inattendu pour retourner en championnat WBC au bout de six petits mois après sa première défaite. Une fois couronné, il n’a pas perdu de temps et a accumulé deux défenses réussies en six mois, s’imposant par le fait même comme la tête d’affiche qui manquait à GYM. c) HBO au Québec pour Lucian Bute. Bien entendu, Golden Boy Promotions, promoteur de Librado Andrade, a joué un rôle déterminant dans l’affaire. Mais quelles qu’aient été les réelles motivations qui ont poussé les dirigeants de HBO à approuver la diffusion de Bute-Andrade II, il n’en demeure pas moins que le « Tombeur » leur a laissé une impression des plus favorables. Non seulement s’est-il ainsi rapproché de bourses auxquelles 99 % des boxeurs ne peuvent que rêver, mais il ne suffit que d’un brin d’optimiste pour avancer qu’il a aussi ouvert le chemin et qu’il sera dorénavant plus facile pour les boxeurs professionnels québécois d’aujourd’hui et de demain d’attirer l’attention du puissant – et parfois prodigue – réseau américain.

Jean Pascal champion du monde à son deuxième essai. (photo Stéphane Lalonde) 2 3

d) La percée tant attendue à Québec. Certains s’étonneront peutêtre que cela ait pris autant de temps, mais il faut souligner que de plus modestes tentatives, en 20042 et en 20053, ne s’étaient pas exactement soldées par des succès retentissants. Cette fois, la promesse d’un événement majeur et le concours d’un maire entreprenant ont permis de mobiliser la collectivité et d’écouler quelque 16 000 billets en deux temps, trois mouvements. Du coup, la Vieille capitale est devenue un marché viable pour la boxe québécoise (ou à tout le moins pour Interbox).

Otis Grant contre Prince Badi Ajamu au Colisée de Québec le 24 avril 2004 Lucian Bute-Carl Handy au pavillon de la jeunesse de Québec le 19 février 2005


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e) La série GYM-Budweiser à V. Effectivement, le départ de Mario Clément a laissé GYM sans réel champion à Radio-Canada et aurait donc pu, à moyen terme, priver Yvon Michel et son équipe de leur principale tribune télévisuelle. Mais TQS a changé la donne. Le réseau de télévision, qui s’est réincarné sous le nom « V » le 31 août dernier, a acquis à l’été les droits de diffusion des combats présentés par GYM au casino de Montréal. L’entente, jure Michel, est la plus bénéfique que son entreprise n’ait jamais signé avec un réseau de télévision. Une bonne chose, puisqu’il faut avouer que V n’offre pas, en fait de visibilité et de stabilité financière, les mêmes avantages que Radio-Canada. Il reste que, pour 2009, je retiens que GYM s’est trouvé un nouveau partenaire télé. f)

Eleider Alvarez et Oscar Rivas à Montréal. Ce n’est pas que les deux Colombiens, même s’ils sont très talentueux, soient des merveilles pour qui le succès aux plus hauts échelons du sport est assuré. C’est plutôt que leur installation au Québec témoigne, chez les dirigeants de GYM, d’objectifs à long terme et d’une volonté de recruter des espoirs étrangers. Ces deux caractéristiques sont porteuses d’espoir pour ceux qui aimeraient que la boxe au Québec soit aussi vivante en en 2014, ou en 2019, qu’elle l’a été en 2009.

L’heure est donc à l’optimisme. La seule façon de voir l’avenir autrement qu’en rose est de se demander si le fameux pic n’a pas finalement plutôt été atteint en 2009 : Lucian Bute qui devient, pour utiliser l’expression chère à Yvon Michel, un « champion de prestige »; Jean Pascal qui remporte trois combats de championnat du monde version alpha; Adrian Diaconu qui passe toute l’année dans la liste des 10 meilleurs boxeurs de sa catégorie selon The Ring; Joachim Alcine qui y revient. N’importe quel pessimiste serait tenté de dire que de tels succès ne peuvent être répétés. Mais pas moi. J’ai déjà eu ma leçon.


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La boxe et moi est une chronique où nous demandons à une personnalité du milieu de nous expliquer comment est née son histoire d’amour avec la boxe. Pour ce numéro-ci, nous avons l’histoire de Pierre Bernier, annonceur de ring.

La boxe et moi Par Pierre Bernier La boxe pour moi est une affaire de famille. Croyez-le ou non, ma mère a été la première à m'amener voir un gala de boxe au Centre Paul-Sauvé. Dès lors, je me suis dit qu’un jour j'étais pour y participer, mais je n'ai jamais pensé que je serais impliqué dans plusieurs combats de championnat du monde!

Comme annonceur, Pierre vise les plus hauts sommets. (Photo Stéphane Lalonde)

Anecdotes et remerciements Je suis devenu annonceur de ring après avoir persuadé Alexandre Choko de me donner une chance. Mon premier gala fut un gala Starbox au Club Soda. Je me souviens encore du combat de démonstration de ce soir-là. Dû au désistement de l'adversaire de Jorge Banos, Sébastien Gauthier devenait son adversaire pour la soirée. Tout d'un coup, un des plus beaux crochets de gauche de Sébastien envoya Banos au tapis! Pauvre Sébastien, il l'a presque aidé à se relever… un gentleman. Une personne que je ne dois pas oublier est Stéphane Larouche qui m'a donné ma chance dans les grandes ligues. Grâce à lui, j’ai eu plusieurs contrats : Showtime, ESPN2, Vidéotron, TVA. Je dois également mentionner que David Messier d'Interbox y est aussi pour beaucoup dans mon succès. Je reçois aussi les bons mots d'encouragement de Jacques Thériault et de Rodger Brûlotte parmi tant d'autres. L’été dernier, l’équipe de production de l'émission « Les grandes entrevues Juste pour rire » m'a contacté pour m'informer qu'ils avaient besoin d'un annonceur de boxe pour l'émission avec Patrick Huard et que tout de suite, c'est à moi qu'ils ont pensé. C'est un peu ça mon but : je veux que les gens m'identifient à la prestance et à la voix.


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Je fais parfois des pubs pour la télé et des petits rôles à la télé et au cinéma. Dans les pubs que j'ai faites, les plus connues sont celles de Molson et de Speedy Muffler. Pour les rôles, j’ai récemment joué dans le film Burning Mussolini et la téléserie Les hauts et les bas de Sophie Paquin. J’ai aussi fait des apparitions dans le spectacle de Patrick Huard et dans la télésérie le 7e round. Souvenirs de jeunesse Un de mes bons souvenirs est le combat de Sugar Ray Leonard contre Roberto Duran au stade Olympique en 1980. Mes parents m'ont offert un billet à cent dollars pour mon anniversaire et mon père m’a dit que vu le prix des billets et qu’on n’était pas riche, il allait m'attendre en dehors du stade et l'écouter à la radio. Pour que j'aie une meilleure place, il s'est en sorte sacrifié pour moi. Le combat de mon idole Muhammad Ali contre Larry Holmes aussi en 1980 m'a donné les larmes aux yeux. Je l’ai écouté au forum sur écran géant. Ce soir-là, mon idole a perdu. Je crois que la boxe est le sport qui s’apparente le plus à la vraie vie. Des fois, c’est plein d'extase et d'autres fois, on vit de majeures déceptions. Dans cette ligne de pensée, voici une anecdote que mon boulot d’annonceur m’a permis de vivre. Lors du combat Bute-Joppy, l'entraîneur de Joppy s'est présenté dans le coin de Joppy vers la fin les larmes aux yeux et j'ai cru lire sur ses lèvres « It's done son, it's done. » Ai-je des regrets? Oui. J’ai fréquenté le gymnase Olympic Boxing Club qui est maintenant devenu le théâtre Rialto sur la rue du Parc; lors de la fermeture, si j'avais pris les affiches sur les murs, je serais riche aujourd’hui!

Ambitions

« And they’re gonna get… toe to toe » (Photo Stéphane Lalonde)

Comme annonceur, je vise les plus hauts sommets. Sans me prendre pour un autre, je veux devenir l'annonceur maison numéro un du Québec. Je crois que mon plus grand moment jusqu’à présent comme annonceur a été lorsque j’ai présenté Lucian Bute comme nouveau champion du monde. Un autre grand moment s’est déroulé à Québec le 28 novembre dernier lorsque j’ai rencontré Michael Buffer et Lennox Lewis. Plus jeune, avec mes amis, je leur disais toujours que je serai impliqué dans des combats de championnat du monde. Et bien mon rêve s'est réalisé et c'est loin d'être terminé! Je m'efforce de toujours donner mon maximum. Et comme je dis toujours aux différents boxeurs que j'ai le plaisir de présenter, jusqu'au moment où la cloche sonne, je te ferai sentir comme un champion. Mais après la cloche, « You're on

your own. »

On doit toujours foncer, persévérer, pousser. Que ce soit des galas au Centre Bell ou dans des petits gymnases de boxe amateur, je mets toujours le même effort. J'adore ce que je fais et ce que je déplore est qu'on ne m'approche plus pour les petits galas. On m'a déjà dit que l’on voulait m'engager mais qu’ils croyaient que je coûtais probablement trop cher. Vous connaissez sûrement la phrase célèbre « Let’s get ready to rumble! » de Michael Buffer. J’ai aussi ma phrase brevetée que j’utilise et vous l’avez sûrement déjà entendue. C’est « And they’re gonna get… toe to toe ». N'oubliez pas que je suis toujours et avant tout un fan et que je suis disponible pour parler de boxe avec des fans comme moi. Allez visiter mon site Web, ça me fera plaisir (http://www.pierrebernier.net/). Je suis aussi disponible pour des engagements de toutes sortes; vous pouvez me contacter au pierre_bernier@live.com.


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Les hauts et les bas d’Interbox en 2009 Par Pascal Roussel Puisque nous commençons une nouvelle année, ceci implique nécessairement qu’on en clôt une autre. Je vous propose donc une revue de l’année, afin de souligner les hauts et les bas de la dernière année du groupe Interbox. Si 2008 s’était avéré une année positive pour Interbox, 2009 ne fut pas une année aussi heureuse pour eux, malgré l’éclat du gala à Québec le 28 novembre. Mais avant d’entrer dans les détails des hauts et des bas du promoteur en 2009, il faut clarifier la situation par rapport aux boxeurs rattachés à cette écurie. Cinq boxeurs sont présentement sous contrat officiellement. Lucian Bute, Adrian Diaconu, Benoit Gaudet, Renan StJuste et Pier-Olivier Coté. Sébastien Gauthier appartient toujours à InterBox même si son contrat est venu à échéance durant la dernière année. Jean-François Bergeron, JoJo Dan, Éric Martel-Bahoéli sont des amis de la famille élargie d’Interbox, sans toutefois avoir de contrat officiel. Et Éric Lucas, le boxeur, jouit bien sûr d’une situation particulière à titre de président de la compagnie. Pour simplifier la rédaction de ce texte, nous allons considérer les membres de la famille élargie mentionnés plus haut comme des membres officiels d’Interbox, puisque qu’ils livrent la quasi-totalité de leurs combats sur des cartes de ce promoteur.

Les hauts :

Lucas lors de son retour le 11 décembre. (photo Stéphane Lalonde)

Le retour de Lucas : Le retour réussi de Lucas peut être considéré comme un bon moment de l’année pour IBOX, étant donné les faibles attentes que le public avait sur ce retour. Le combat de vérification nécessaire contre Moyano étant passé avec succès, Lucas pourra faire à court terme des combats locaux intéressants. De sérieuses rumeurs parlent d’un combat contre Sébastien Demers plus tard à l’été. Le sauvetage du gala Choko : D’une certaine façon, le sauvetage du gala Choko (Holt-Bradley, le 4 avril au Centre Bell) aura été une bonne chose pour Interbox. Ce gala aura permis à 3 boxeurs du groupe d’avoir un combat de sous-carte, chose à ne pas négliger en cette année où les galas d’Interbox furent plutôt rares. Ce gala aura aussi permis la tenue du combat Tsypko-Andrade. Le sauvetage de ce combat en particulier a rendu service au groupe de promotion de Tsypko (Sauerland Events) et aura du même coup permis à Interbox de se débarrasser de l’embarrassante clause qui tenait encore depuis la victoire de Bute contre Berrio. Cette clause assurait à un boxeur du groupe Sauerland d’avoir un combat optionnel contre Bute. Ce sauvetage fut fait en collaboration avec le groupe Gillette.

Pier-Olivier Côté (à droite) lors de sa victoire sur Jason Hayward le 28 novembre à Québec pour le titre canadien. (photo Stéphane Lalonde)

Tout simplement Pier-Olivier Côté : L’’année fut très occupée pour Pier-Olivier Côté. Il a finalement signé un contrat en bonne et due forme avec son promoteur Interbox. Il a livré 5 combats et a fait écarquiller les yeux à tous les amateurs. Après seulement 9 combats, il est champion canadien. La bonne nouvelle pour lui, c’est qu’Interbox semble avoir décidé d’en faire son étoile montante. L’année 2010 sera pour Côté une autre année de préparation avec des adversaires bien choisis pour le faire avancer. Il devrait être de presque, sinon tous les galas d’Interbox.


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Le gala à Québec et HBO : La ville de Québec peut remercier le Canadien, le Centre Bell n’étant pas disponible le 28 novembre dernier. Cela a permis au groupe Interbox de faire sa première carte de grande importance dans la ville du maire Labeaume. Malgré qu’ils avaient perdu l’appel d’offre pour la tenue de ce combat aux mains de Golden Boy Promotions, le promoteur américain a quand même décidé de collaborer avec Interbox et de tenir le combat à Québec. Le tout s’est déroulé comme dans un rêve. Victoire fulgurante de Bute devant un Colisée rempli à craquer et sur HBO qui est tombé en amour avec le Québec, disant ouvertement vouloir y revenir. Cette nouvelle relation avec HBO est assurément un méga-plus pour Interbox et surtout pour Bute. Et finalement, sans vouloir être mesquin avec la ville de Québec, l’organisation du gala à Québec doit comprendre qu’elle sera maintenant un excellent plan B, le Centre Bell restant invariablement toujours le plan A. L’association occasionnelle avec GYM : L’enterrement de la hache de guerre entre les deux promoteurs québécois s’avère finalement une bonne chose pour les deux promoteurs. À première vue, l’avantage pour Interbox est que cela permettra à ses boxeurs de pouvoir voir de l’action plus souvent. Les combats de Bute ne peuvent plus être aussi fréquents et les possibilités qu’il doive boxer à l’extérieur du Québec augmentent (comme par exemple les États-Unis et la Roumanie). Interbox n’ayant pas, au cours des dernières années, réussi à faire des galas sans la présence de Bute, quelque chose d’assurément rentable, cette association avec GYM règlera d’une certaine façon ce problème. Par contre, cette association est partie d’un horrible gambling de la part d’Interbox… (Voir dans la section Les bas). Gaudet en championnat du monde : Le 2 mai dernier, Benoit Gaudet s’est rendu à Las Vegas pour livrer un combat de championnat du monde, rien de moins. Ce combat représentait la demi-finale lors du duel entre Manny Pacquaio et Ricky Hatton. Une occasion que personne ne peut laisser passer! Il boxait en demi-finale sur une carte présentée sur HBO en PPV, contre le champion mexicain Humberto Soto. Évidemment, Gaudet avait été choisi comme adversaire du champion pour une défense optionnelle, ce qui signifie que le clan Soto avait choisi un adversaire qui selon eux ne causerait pas de trouble au champion. Le Drummondvillois s’inclina par TKO au neuvième round, non sans avoir livré une performance inspirée qui en surprit plusieurs. Un juge le plaçait même en avance au moment de l’arrêt.

Les bas : La filière St-Jérôme au ralenti : Deux boxeurs originaires de St-Jérôme sont associés au groupe Interbox. Pour JeanFrançois Bergeron et Sébastien Gauthier, 2009 fût une année à oublier. Pour Bergeron, bien que son promoteur ait tenté de lui trouver un adversaire pour le gala du 11 décembre, il n’a finalement livré aucun combat en 2009, malgré qu’il a annoncé qu’il n’accrochait pas les gants à la suite de sa défaite contre Dominick Guinn le 24 octobre 2008. Et du côté de Sébastien Gauthier, sa sévère défaite par KO contre Mario Macias le 19 juin pour le titre NABF a mis un frein à sa remontée dans les classements. Depuis cette défaite, Gauthier n’a pas réussi à retrouver une place sur les souscartes de son promoteur. L’inactivité de St-Juste : Difficile de cerner exactement pourquoi St-Juste a été si inactif au cours de la dernière Année difficile pour Sébastien Gauthier. année. Il a livré un seul combat en 2009, le 13 mars contre Sébastien Gauthier. (photo Stéphane Lalonde) Roberto Hernan Reuque pour deux titres nord-américains différents. Victoire par un retentissant KO. Depuis, quelques occasions semblent avoir tombé à l’eau. Malchance? Manque de disponibilité de St-Juste qui gère un gymnase? Même son combat qui devait être une chose réglée contre Demers est tombé à l’eau à la suite du difficile combat de Demers contre Poulard, et maintenant Demers regarde plutôt du coté de Lucas. Il est sûrement difficile de trouver des adversaires pour St-Juste. Quand on parle d’affronter un dangereux cogneur gaucher pratiquement encore inconnu de 37 ans, mais qui peut vous achever d’un seul coup, la liste de candidats intéressés ne doit pas être trop longue. L’histoire semble se répéter d’année en année dans son cas, mais 2010 devra être plus active pour lui car on a l’impression qu’il tourne en rond. Et même s’il n’aime pas qu’on le mentionne, la carrière de St-Juste ne sera pas éternelle…


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année – numéro 27 Bute n’est pas dans le tournoi du Super Six : Difficile de savoir si Bute était vraiment envisagé par les organisateurs du tournoi du Super Six. La réponse à cette question peut varier dépendamment à qui elle est posée! Mais n’empêche que la présence de Bute dans ce tournoi aurait sûrement été un plus pour ce qui est de sa reconnaissance au niveau international. D’un autre côté, l’impact de son absence du tournoi sur la cote de Bute a été grandement minimisé par sa prestation sur HBO lorsqu’il a pulvérisé Librado Andrade. Ainsi, Bute pourra prendre toute la place chez les 168 livres du côté de HBO, diffuseur rival de Showtime, qui propose le tournoi du Super Six. Les difficultés du promoteur-ami Gankor : Si le partenariat avec le promoteur roumain Gankor avait été considéré comme un bon moment de l’année 2008, car il tenait occupé certains boxeurs rattachés à Interbox, les difficultés éprouvées par le promoteur roumain en 2009 ont d’une certaine façon causé des

maux de tête au groupe de promotion montréalais. À deux reprises, le promoteur roumain a vu des combats importants qu’il devait organiser tomber à l’eau. JoJo Dan devait affronter Ajose Olusegun le 9 octobre en Roumanie et le gagnant devait devenir l'aspirant officiel du WBC. Le promoteur roumain fut pour une raison indéterminée incapable d’organiser ce combat malgré qu’il avait remporté l’appel d’offres. À la fin de 2008, exactement la même situation s’était produite pour le combat qui devait se tenir en Roumanie entre Diaconu et Silvio Branco. Ces annulations ont causé une inactivité prolongée chez les deux boxeurs. Renan St-Juste (à gauche) a livré un seul combat en 2009. (photo Stéphane Lalonde)

L’année de misère d’Adrian Diaconu : Pour le Requin, l’année 2009 a bien mal commencé. Le champion roumain a vu son combat prévu avec Silvio Branco annulé à deux reprises (une fois en Roumanie sous Gankor promotions et ensuite en Italie sous le promoteur de Branco). Afin de le garder actif, Interbox lui a trouvé un combat de dernière minute contre David Whittom, combat où Diaconu a plutôt mal paru. Par la suite, le clan Interbox a reçu de la part de Don Majeski une proposition risquée : offrir un combat de championnat à Jean Pascal comme une défense optionnelle. Curieusement, même s’il était déjà champion du monde, Diaconu n’était pas encore un produit vendeur. L’idée d’affronter Pascal était intéressante et provoqua un rapprochement entre les deux groupes de promotion, mais cela s’avérait aussi tout un gambling de la part d’Interbox. Le clan de Diaconu, pour accepter cette idée, devait fermement croire aux chances de Diaconu de l’emporter. Diaconu, en l’emportant, se serait probablement mérité un statut de vedette instantanée au Québec en étant celui qui aurait fermé le clapet à Jean Pascal, et Interbox aurait ainsi pu avoir une deuxième tête d’affiche majeure pour organiser des galas… sans la présence de Bute! C’est le pari risqué qu’a fait le clan de Diaconu, avec le résultat qu’on connait maintenant. Le gambling d'affronter Pascal dans le cadre d’une défense optionnelle pour se faire un nom auprès du public aura donc finalement été un échec coûteux. Lors du combat revanche, le clan Diaconu n’a pas réussi à modifier la stratégie, ni même à tirer avantage de l’horrible blessure de Pascal durant le combat. Une année 2009 à oublier complètement pour le Requin.

2009, l’année qu’Adrian Diaconu voudra oublier. (photo Stéphane Lalonde)


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Les hauts et les bas de GYM en 2009 Par Samuel D.Drolet Comme le veut la coutume, à la fin de chaque année nous faisons un retour sur les hauts et les bas de chacune des deux grandes écuries québécoises. Voici la revue de l’année 2009 de GYM, faite à notre façon! Une année forte en émotions pour l’écurie d’Yvon Michel. Si de grandes victoires et de grandes défaites ont marqué la dernière année, nous avons décidé de cibler certains évènements dignes de mention.

Les hauts Une année en or pour Jean Pascal : Au terme de l’année 2008, à la suite de sa défaite crève-cœur face à Carl Froch, 2009 s’annonçait comme une année pleine de promesses et de défis pour Jean Pascal. Pour que cette année soit à la hauteur des espérances, Pascal devait retrouver le chemin de la victoire le plus rapidement possible. Une victoire sans équivoque lors de son retour lui permettrait de se refaire une santé mentale, chose qu’il n’a pas tardé à faire en battant Pablo Daniel Nievas. Il a infligé à l’Argentin une sévère mise hors de combat à l’aide d’une contre-attaque de la gauche. Un K.-O. des plus spectaculaires qui a permis au pugiliste de Laval de retrouver sa confiance d’antan. Quelques jours avant le combat contre Nievas, certains médias, dont lazonedeboxe.com, affirmaient qu’un affrontement entre Pascal et Diaconu pourrait avoir lieu dans le cas où les deux pugilistes remporteraient leur combat du 4 avril. C’est effectivement la proposition qu’avait faite Don Majeski aux deux groupes de promotion montréalais. Cette proposition était des plus intéressantes, car elle permettrait un événement en copromotion avec GYM et IBOX, une première depuis la création de ces deux groupes, tout en garantissant que le titre demeure au Québec.

En 2009, Pascal a vaincu deux fois le « Shark », Adrian Diaconu. (photo Vincent Ethier) ) Le premier combat de championnat du monde disputé entre deux Montréalais a donc vu le jour (ou plutôt le soir) le 19 juin 2009. Pascal peut compter sur une des meilleures équipes du monde de la boxe professionnelle et il se fiera aux dires de Pedro Diaz, de Marc Ramsay et du psychologue sportif Rob Shinke pour concocter un plan de match bien adapté à son style de boxe et qui s’avèrera des plus efficaces en conférence de presse, lors de la pesée et, bien entendu, lors du combat tant attendu. Pascal est volubile lors de la conférence de presse, allant même jusqu’à offrir une dent de requin à Diaconu tout en lui promettant de lui arracher toutes les autres le soir du combat. Pascal ne semble laisser personne indifférent! Le combat fut de toute beauté! Les deux pugilistes ont offert aux spectateurs une prestation à en couper le souffle. Un nouveau champion naissait en cette soirée des plus magiques. À la suite de cette victoire, le nouveau monarque des mi-lourds du WBC a réussi ce que peu de Canadiens étaient parvenus à réaliser jusqu’à ce jour, soit remporter un combat de championnat du monde face à l’aspirant obligatoire. Comme promis, Jean Pascal a donné aux spectateurs une victoire à la « sauce ensanglantée » en défaisant l’Italien Sylvio Branco par arrêt de l’arbitre au 10e round.


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Tel que convenu lors du premier affrontement, Pascal a accordé un combat revanche à Diaconu. Si le premier combat fut historique (deux Canadiens s’affrontant pour un titre mondial), le second fut mémorable. Combat spectaculaire où les Québécois ont découvert en Jean Pascal un boxeur courageux et déterminé. Malgré une sévère blessure à l’épaule survenue dès le troisième round (et qui est réapparue à plusieurs reprises lors du combat), Pascal est non seulement parvenu à remporter le combat, mais a offert aux amateurs un combat aux allures dramatiques qui restera gravé dans la mémoire de tous. La marche vers le sommet pour Décarie : L’année 2009 aura été une année de continuité dans la progression de Décarie. Lors de la dernière année, Décarie a repris où il avait laissé en 2008, défendant son titre de champion de la NABO avec succès à deux reprises. Lors de son premier affrontement en 2009, Décarie a vaincu l’expérimenté Dorin Spivey aux points, combat télédiffusé sur les ondes du réseau américain ESPN. Par la suite, le pugiliste qui est sous la férule de Marc Ramsay a affronté un Argentin du nom de Victor Hugo Castro. En remportant ce combat, Décarie est devenu le premier 147 lb à défendre le titre NABO à trois reprises. Pour son dernier combat de l’année, Décarie a affronté Terrance Cauthen. Le seul hic était que Cauthen, remplaçant de dernière minute, ne pouvait se soumettre au poids de 147 livres qu’exigeait le clan Décarie. Après une rencontre au sommet, le boxeur et son équipe ont finalement pris la décision de faire le combat même s’il devait avoir lieu chez les super-mi-moyens. Décarie a livré une solide performance pour rester invaincu. Pour démarrer l’année 2010 en lion, Décarie affrontera le Français Souleymane M’Baye pour le titre intérimaire de la WBA en France, au mois de mars ou avril. Une année de garanties et d’associations! : En 2009, GYM a cru bon d’assurer ses arrières en se donnant certaines garanties. Ces garanties semblaient consister à acquérir 50 % des droits du boxeur adverse (pour 3 combats) advenant une victoire de sa part ou de céder 50 % des droits de ses boxeurs advenant une victoire de leur part. La première fois que nous avons vu ça fut lors du combat Ngoudjo-Urango. Ainsi, GYM est devenu propriétaire d’Urango en copromotion avec Warriors, pour ses trois combats suivants. Une autre belle année pour Antonin Décarie. (photo Alain Décarie)

Quand Don Majeski a proposé à GYM et à IBOX le combat Diaconu-Pascal, les deux clans ont jugé bon de faire prévaloir la fameuse garantie de la copropriété pour trois combats. Cette clause apportait aussi un autre côté à la médaille. Grâce à cette clause, GYM et IBOX se liaient pour quelques combats, ce qui ne pouvait que réjouir l’amateur de boxe québécois! Cette alliance allait déboucher sur l’affrontement Pascal-Diaconu I et II et permettre à Kevin Bizier de boxer sur une carte d’Interbox. Ce n’est que le début, mais reste que ça promet et que ça nous permet de rêver à des combats Dan-Ngoudjo, Martel-Rivas, Gauthier-Lontchi, etc. Les nouvelles étoiles de la télé : Cette année, l’Ontarien Troy Ross, dont la carrière stagnait depuis quelque temps, a reçu une invitation qu’il ne pouvait pas vraiment refuser. Cette invitation consistait à prendre part à la télésérie américaine « the Contender ». Ross y a fait très bonne figure en défaisant trois boxeurs avant de l’emporter en finale face à Ehinomen Ehikhamenor. Cette télésérie a permis à Ross non seulement de rester actif, mais aussi de se faire connaître aux quatre coins du monde. Grâce à ses performances, Ross aura fort probablement l’occasion de combattre en championnat du monde lors de la prochaine année. Il y a un autre pugiliste qui a fait écarquiller les yeux de plusieurs cette année : David Lemieux. La jeune sensation de 21 ans en a mis plein la vue aux spectateurs lors de la dernière année, remportant tous ses combats par arrêt de l’arbitre. Lemieux présente désormais un dossier de 20 victoires, toutes par mise hors de combat. Sa dernière victoire de l’année contre l’Américain Delray Raines lui a permis de mettre la main sur le titre intercontinental de la WBC consacré aux moins


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David Lemieux, nouvelle vedette de la télé, lors de son combat contre Patrick Tessier. (photo Vincent Ethier) de 24 ans, qui était jusque-là vacant. À chaque combat, les amateurs étaient à même de voir des améliorations notables chez la jeune sensation de GYM. C’est que depuis 2008, Lemieux travaille à la fois avec Russ Anber et Pedro Diaz lors de camps d’entraînement se déroulant à l’extérieur du pays. En 2009, Lemieux a pris part à plusieurs camps d’entraînement (Colombie, Miami, Altona et République dominicaine) croisant les gants avec une multitude de partenaires expérimentés. Bien qu’il lui reste plusieurs aspects de sa boxe à peaufiner, Lemieux est devenu en 2009 un des chouchous de la scène pugilistique québécoise. Du renfort en provenance de la Colombie : En mai dernier, mon collègue Pascal Lapointe écrivait le texte Exclusif! GYM enrôle deux espoirs colombiens. Eleider Alvarez et Oscar Rivas ont depuis fait leurs débuts professionnels et ont tous deux remporté leurs trois premiers affrontements. Ces deux pugilistes n’en sont qu’à leurs premiers faits d’armes, mais déjà ils font parler d’eux. Bien que les deux semblent très talentueux, il y a fort à parier qu’Alvarez sera celui qui gravira les échelons le plus rapidement. Nous pouvons faire cette déduction en raison de son âge (il célèbrera son 26e anniversaire en avril) et de la qualité de ses trois premiers adversaires. En 2009, Alvarez a épaté en se débarrassant rapidement de Jesse Sanders et de Willard Lewis, et en livrant une solide bataille à Alvaro Enrique.

L’entraîneur Ramsay avec ses deux perles colombiennes, Alvarez et Rivas. (photo Tonik Groupimage)

En ce qui concerne Rivas, il a démontré des belles qualités pugilistiques, et ce, même s’il n’a enregistré qu’un seul K.-O. en trois rencontres. Ce boxeur robuste sait s’ajuster et boxer en finesse si son premier objectif, la destruction massive, ne peut être atteint. Rivas est encore jeune et si sa progression est quelque peu plus lente que celle d’Alvarez, cela permettra aux amateurs d’apprécier d’abord l’un puis l’autre! Ces deux ajouts à l’alignement de GYM représentent assurément une plus-value pour l’entreprise.


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Les combats locaux : Depuis quelques années, le Groupe Yvon Michel nous a habitués à des combats à saveur locale de haute intensité. L’année 2009 s’est inscrite dans cette tendance. Bien que le premier combat local de l’année 2009 entre Sébastien Demers et Martin Berthiaume ait ressemblé étrangement à un combat simulé (sparring), le combat suivant impliquant Ahmad Cheikho et Tebor Brosch a été explosif! Brosch en a surpris plus d’un en passant le K.-O. à Cheikho dès le round initial. Ce même Brosch a par la suite passé le K.-O. à Benyamine Besmi avant de soutirer un verdict nul à Manolis Plaitis. La carte du 6 juin fut intéressante sur la scène locale, car elle nous a offert deux combats de qualité. Le premier fut haut en couleurs et rempli d’action Demers contre Poulard, le combat local de l’année 2009. avec une prestation impressionnante (photo Jonathan Abenhaim) de la part de Tony Luis. Jorge Banos et Luis se sont livré une lutte endiablée, échangeant souvent coup pour coup avant que Luis réussisse sa première mise hors de combat en carrière au quatrième round. À la fin de 2009, nous avons cependant eu droit au combat local de l’année alors que Sébastien Demers a affronté Nicholson Poulard. Ayant visité le plancher chacun leur tour, les deux boxeurs ont dû puiser au fond de leurs réserves pour se rendre au bout de cet affrontement. Un combat où les coups pleuvaient de toutes parts et où le suspense a duré jusqu’à la toute fin.

Les bas Combats crève-cœur : Lors de la dernière année, s’il y a eu beaucoup de bons coups pour l’écurie dirigée par Yvon Michel et sa bande, certains coups ont moins bien réussi. C’est notamment le cas de Hermann Ngoudjo qui n’aura disputé qu’un seul combat en 2009. Lors de son combat du 30 janvier 2009 l’opposant au Colombien Juan Urango, Ngoudjo a subi une fracture à la mâchoire au troisième assaut. Non seulement a-t-il perdu ce combat (de façon courageuse, terminant le combat en dépit de cette douloureuse blessure), mais il a également été contraint à une année d’inactivité afin de s’assurer que sa mâchoire était bien guérie. Notons aussi que Hermann a fait ce combat sans son entraîneur dans son coin, puisque Howard Grant avait été suspendu par la Régie des alcools, des courses et des jeux pour avoir bousculé l’arbitre Marlon B. Wright à la fin du premier duel entre Lucian Bute et Librado Andrade. À la suite de ce combat, Hermann eut une remise en question. Après réflexion, il a cru bon de changer d’entraîneur en passant de Howard Grant à Marc Ramsay. Hermann aura un combat de remise en forme en février avant de se frotter à nouveau à la crème de la division. Un autre boxeur a connu une fin d’année quelque peu amère et il s’agit du compatriote de Hermann Ngoudjo, le Camerounais Olivier Lontchi. Lontchi avait pourtant bien commencé l’année 2009 en défaisant le valeureux Cecilio Santos par arrêt de l’arbitre à l’aide d’un puissant uppercut au corps au début du 7e round. Lontchi a reçu, quelque temps après sa victoire sur Santos, un coup de fil pour un affrontement contre le redoutable Juan Manuel Lopez. Comme c’est le rêve de tout boxeur de combattre en championnat du monde, Lontchi a accepté immédiatement. Le hic est qu’Olivier s’est blessé aux côtes à l’entraînement, blessure qui ne va pas sans rappeler celle d’Éric Lucas lors de son combat contre Danny Green. Lontchi n’a été en mesure de disputer aucun round de combat simulé avant de monter dans l’arène face à Juan Manuel Lopez. Il a donc subi sa première défaite chez les professionnels, ayant tout de même livré une solide prestation.


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Le retour de Joachim : Lorsqu’il avait perdu son titre aux mains de Daniel Santos, Alcine avait promis aux fans un retour au sommet lors d’une conférence de presse. Il disait avoir appris de cette cuisante défaite et qu’il était désormais un homme meilleur. Eh bien, Joachim a tenu parole, effectuant un retour entre les câbles plus d’un an après son affrontement avec Santos. Plusieurs ont douté à savoir s’il allait effectuer un retour ou non, craignant qu’il ne laisse la boxe pour des raisons religieuses. Après avoir pris du temps pour réfléchir à son avenir, pour changer d’entraîneur et pour se remettre en forme, Alcine a affronté le vieux routier Eric Mitchell, et ce, sous les ordres de Buddy McGirt, ex-entraîneur d’Arturo Gatti. Le retour de Ti-Joa fut plutôt fade dans son ensemble. Rouillé, peu efficace et il avait devant lui une pieuvre qui tentait d’accrocher dès qu’il en avait l’occasion. Résultat : victoire peu convaincante. Toujours est-il que si la première victoire d’Alcine face à un adversaire de second plan n’a pas été convaincante, à son combat suivant Ti-Joa a remporté un duel chaudement disputé contre le Français Christophe Canclaux. Cette victoire a permis aux amateurs de voir que le retour de Joachim était véridique et qu’il a la ferme intention de reconquérir un titre mondial. La deuxième partie du retour d’Alcine, contre Christophe Canclaux. (Photo Vincent Éthier)

Un entraîneur qui a perdu des plumes : Lors des dernières années, Howard Grant était l’entraîneur le plus occupé de la scène pugilistique canadienne. Il a notamment entraîné Alcine, Ngoudjo, Lontchi, Walid Smichet, Stevenson, Andrade, Cheikho, son frère Otis Grant, Stéphane Desormiers et Adam Green, en plus de boxeurs amateurs. Semble-t-il que cette surcharge l’aurait rattrapé et qu’il n’aurait dû cibler que quelques combattants afin de leur offrir un encadrement plus personnalisé. C’est du moins ce que Walid Smichet a mentionné à la suite de son revers par K.-O. aux mains de Peter Manfredo Jr. Lors d’une entrevue d’après-combat, Smichet a lancé un cri du cœur en affirmant que son entraîneur ne pouvait s’occuper de tant de boxeurs en même temps et que trop souvent il devait s’entraîner seul, car Grant semblait trop occupé. Depuis quelques mois, c’est l’hécatombe… Plusieurs boxeurs ont laissé Grant pour aller voir ailleurs. Bien que les boxeurs de Grant aient affronté des adversaires de fort calibre, ils ont presque tous connu la défaite au cours de la dernière année. N’ayant pas eu l’encadrement souhaité ou des plans de match adéquats, plusieurs boxeurs ont décidé de quitter Grant (les 4 plus importants étant Ngoudjo, Lontchi, Stevenson et Alcine). En bout de ligne, GYM en a aussi souffert, voyant ses boxeurs sous contrat ne pas connaître une année satisfaisante. Souhaitons que Grant parvienne à mieux se consacrer aux boxeurs qu'il lui reste et que ceux qui l’ont quitté trouvent chaussure à leurs pieds. Des blessures qui font mal : L’année 2009 aura été coûteuse en termes de blessures pour les pugilistes de GYM. Certains boxeurs auraient pu avoir une année des plus fructueuses s’ils avaient pu éviter les blessures, notamment Dierry Jean et Adonis Stevenson, pour qui tous les espoirs étaient permis en 2009. Voici une liste de boxeurs qui ont vu leur carrière stagner ou évoluer au ralenti en raison de problèmes de santé : -Kevin Bizier (coude) -Benyamine Besmi (accident de la route) -Manolis Plaitis (main) -Troy Ross (côtes) -Hermann Ngoudjo (mâchoire) -Olivier Lontchi (côtes) -Adonis Stevenson (accident de la route) -Dierry Jean (coude) De plus, lors du dernier gala de l’année, le Groupe Yvon Michel a subi une très grande perte avec la blessure à l’épaule de Jean Pascal. Espérons que 2010 sera plus clémente.

Dierry Jean, une année gâchée par les blessures. (photo Vincent Ethier)


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Des projets et visions pour Bernard Roos Par Vincent Morin

Bernard Roos lors de son passage à Montréal le 5 décembre au Casino de Montréal. (photo Vincent Éthier) Le promoteur Bernard Roos a plusieurs projets avec les pugilistes québécois. De passage à Montréal pour l’affrontement entre son poulain Christophe « Rocky » Canclaux et le Lavallois Joachim Alcine le 5 décembre au Casino, l’homme d’affaires suisse a discuté avec La Zone de Boxe de ses ambitions. Vêtu d’un chapeau de cowboy, celui qui est également banquier privé à Genève aime le Québec, qu’il dit mériter le titre de « Belle Province ». C’est l’une des raisons qui l’ont amené ici avec Ali Chebah, Souleymane M’baye, Julien Marie-Sainte et Christophe Canclaux… et qui le poussent à avoir l’œil sur les pugilistes fleurdelisés. Les Québécois dans tout ça?

Décarie c. M’baye

Une simple rumeur avant les fêtes, le combat entre le Lavallois Antonin Décarie (23-0, 7 K.-O.) et Souleymane M’baye (38-3-1, 21 K.-O.) est devenu une réalité en 2010. Le duel, qui serait déjà signé, aura lieu à Levallois en France d’ici avril. Roos en avait d’ailleurs fait part lors de sa présence à Montréal. « C’est une opportunité à la WBA (chez les 147 livres plutôt que 140) et mon poulain compte battre Décarie, mais ça se fera en Europe, avait-il déclaré. Il n’était pas question de revenir à Montréal pour mon boxeur, qui a été victime d’un


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pointage injuste lors de son combat au Stade Uniprix face à Hermann Ngoudjo, malgré tout le respect que je voue à ce dernier. » « Souleymane avait fermé l’œil à Hermann…remarquez qu’il aurait dû finir le combat au 7e ou au 8e round, a-t-il ajouté au sujet de la performance de son poulain. Il n’a pas mis assez de pression et il a été trop gentil. On a engagé un préparateur mental et il a gagné son dernier combat… et si mon boxeur l’emporte sur Décarie, on demandera une revanche avec Ngoudjo. » Pourquoi le combat sera-t-il disputé à Levallois? Il semblerait que les contacts du sympathique homme d’affaires à l’allure western ont pesé dans la balance. « Nous avons un partenariat avec la ville de Levallois, dont le maire est un ami personnel du président français Nicolas Sarkozy », a-t-il avoué.

David Lemieux

Bernard Roos ne s’en cache pas, il aimerait bien amener David Lemieux (20-0, 20 K.-O.) en France, où il croit pouvoir en faire une véritable star. « Nous avons de l’intérêt pour David Lemieux et nous voulons lui faire faire un grand début en France, a-t-il annoncé. En fait, nous voulons faire de lui le Garou de la boxe en France, Nous avons également beaucoup de respect pour Russ Anber, le gérant de Lemieux. » La porte est donc ouverte pour le jeune cogneur montréalais et il aurait même un partenaire d’entraînement. « Julien Marie-Sainte avait croisé les gants avec lui lors de son passage à Montréal, alors ce sera le retour du balancier lorsqu’il viendra en France, a indiqué le promoteur. Pas question, toutefois, de mettre Julien contre David dans un vrai combat. »

Pascal-Chanet?

Également présent lors du combat revanche entre Jean Pascal (25-1, 16 K.-O.) et Adrian Diaconu (26-2, 16 K.-O.) au Centre Bell, Roos a mentionné aimer le style du monarque du WBC chez les mi-lourds. Il a même proposé un adversaire pour le champion lavallois. « Jackson Chanet a fait un combat de rentrée à 175 livres, lui qui combattait à 168 livres, ce qui était une erreur dans son cas, a-t-il avancé. On aimerait beaucoup voir Chanet contre Pascal, qui serait un combat excitant. Nous aurions le soutien de la télé et des médias en plus. »

Olivier Lontchi

Bernard Roos a glissé quelques bons mots au sujet du poids super-coq (122 livres) montréalais d’origine camerounaise, Olivier Lontchi (18-1-2, 8 K.-O.), qu’il aimerait amener éventuellement en France. « Olivier Lontchi est clairement de calibre mondial fort : il a affronté celui qui est le meilleur super-coq au monde actuellement en Juan Manuel Lopez et il a bien fait, a dit Roos. S’il avait affronté Bernard Dunne (ex-champion du monde WBA), avec qui il a croisé les gants en Irlande, il l’aurait battu et serait champion du monde. » « Nous allons lui faire faire du sparring en France et lui faire visiter l’endroit, a-t-il continué. Il a un beau potentiel. »

Ali Chebah aussi!

Même si le poids super-léger (140 livres) Ali Chebah (32-1, 25 K.-O.) n’est pas Québécois, il a tout de même disputé quatre combats chez nous. Roos a d’ailleurs un agenda bien chargé pour le rapide combattant français. « À la mi-janvier, il a un rendez-vous à Alger pour se préparer [NDLR : une victoire par K.-O. technique sur Javier Prieto le 12 janvier], après il défendra son titre WBC jeunesse le 24 février, a-t-il expliqué. Par la suite, on aimerait l’inclure dans un mini-tournoi pour déterminer le challenger officiel WBC avec le Montréalais Jo Jo Dan (no 2), le Nigérian Ajose Olusegun (no 3) et le Sud-Coréen Jung Bum Kim (no 6). »


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L’état de la boxe en France Roos croit que la boxe entre dans une nouvelle ère en France et que, contrairement aux croyances, l’état de la boxe anglaise au pays de Nicolas Sarkozy n’est pas si mauvais. C’est que le temps où les frères Acariès régnaient en rois et maîtres sur la boxe en France est terminé, eux qui étaient au cœur d’un triangle qui comprenait également la WBA comme organisme de sanction et Canal Plus comme diffuseur. « L’état de la boxe en France n’est pas si mauvais, parce que l’hégémonie des frères Acariès tire à sa fin, a-t-il spécifié. Les acteurs vont changer et les boxeurs vont être plus respectés. » « C’est une nouvelle ère et 450 boxeurs professionnels qui tentent de vivre de leur sport auront la chance de percer sans l’exclusivité d’un seul promoteur-diffuseur, et ce, dans leur intérêt et celui du sport, a-t-il poursuivi. Cette exclusivité n’était clairement pas saine. » Présentement, le médaillé d’or des Jeux de Sydney et ex-champion du monde WBA mi-mouche Brahim Asloum est en procès contre Canal Plus, à qui il demande 15 millions d’euros pour bris de contrat. Des contacts intéressants Du côté de Roos, il semble que son propre réseau de contacts, surtout du côté diffusion, soit plutôt bien étoffé. « On a une bonne relation avec le réseau M6 et W9, l’équivalent de Musique Plus ici, a-t-il avoué. Ces derniers ont financé le combat de retour de Mayar Monshipour »

Roos avec Canclaux

son

boxeur Christophe (photo Vincent Éthier)

« J’ai aussi de bons liens avec les boxeurs, les quatre organisations majeures et quatre autres réseaux de télé majeurs, a renchéri Roos. Il s’agit de Canal Plus Premium (pour championnats du monde), Canal Plus Sport (pour championnats de France), Orange Sport (l’équivalent ici de Vidéotron) qui possèdent la télé et l’internet, de même que direct 8 (l’équivalent de V au Québec). » Le promoteur suisse compte d’ailleurs offrir davantage aux pugilistes français afin d’améliorer leur sort. Il compte pourtant déjà une écurie bien étoffée. « Nous avons l’équipe pour offrir l’alternative aux boxeurs, a-t-il fièrement lancé. Nous en avons 15 sous contrat dont Christophe Canclaux, Ali Chebah, Souleymane M’baye, Anthony Mezaache, les cinq frères Thomas-Frenois (Cyril et Jérôme Thomas, de même que Julien, Philippe et Guillaume Frenois). » Le Liban, nouveau pont d’or? Apparemment, un autre projet du promoteur helvétique pourrait voir le jour. Oubliez la France et le Québec, le Liban serait le nouveau territoire convoité. « C’est un pays de contrastes, francophone et nous avons des contacts là-bas », a-t-il mentionné. Un projet pour le Liban est effectivement discuté et c’est le poids lourd Ali Mansour qui en serait la tête d’affiche. Roos a aussi mentionné qu’il aurait un allié de taille s’il entreprenait l’aventure. « Don Jose Sulaiman est d’origine libanaise, son père est né là-bas, a-t-il expliqué. Il m’a même donné son appui pour un combat de championnat du monde éventuel au Liban. » Pour cette initiative, l’homme d’affaires se donne trois ans afin de planifier et d’exécuter son plan dans ce pays où 17 confessions religieuses cohabitent.


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Olivier Lontchi : accepter de reculer pour mieux avancer Par Jean-Luc Autret En tout début d’année, j’ai pu rencontrer le sympathique et généreux boxeur originaire du Cameroun, Olivier Lontchi, tout juste après une séance d’entraînement au gymnase Tristar. Il a eu la chance de participer à un combat de championnat du monde à Atlantic City en juin dernier, mais a été particulièrement discret depuis. J’ai pu faire avec lui un retour sur ce combat important et connaître ses plans pour l’avenir. La Zone de Boxe : Bonjour Olivier. Olivier Lontchi : Bonjour. ZDB : En juin dernier, tu as participé à un combat de championnat du monde. Comment as-tu vécu cette expérience? OL : C’était merveilleux. Ce n’est vraiment rien de comparable à ce que j’ai vécu ici. L’événement était gros, c’était la première fois que je participais à un main event à la télé payante. J’ai aimé l’expérience même si le combat ne s’est pas déroulé comme je l’espérais.

Lontchi a appris sa leçon : il ne boxera plus blessé. (photo Jonathan Abenhaim) ZDB : On m’a dit que tu t’es blessé avant le combat, est-ce vrai? OL : Oui, je me suis blessé cinq semaines avant le combat. J’aurais pu l’annuler, mais j’attendais ce moment-là depuis le début de ma carrière professionnelle. On a beau faire de l’argent, ce qui me motive, moi, c’est la ceinture mondiale. Je me suis dit : « OK, j’ai la chance d’aller en championnat du monde. Le gars (Juan Manuel Lopez), il n’est pas obligé de m’affronter, je suis classé 3e. » Si j’avais dit non, il aurait pris quelqu’un d’autre.


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ZDB : Quelle était la nature de ta blessure? OL : Je me suis blessé à l’entraînement, un cartilage déchiré dans les côtes. C’est arrivé probablement parce que j’étais fatigué. En travaillant la musculation de mes obliques, j’ai forcé pour finir une série et en poussant j’ai entendu « Clac ». Ça m’a jeté par terre, j’ai perdu le souffle immédiatement. ZDB : Comment as-tu réagi? OL : J’étais au centre Claude-Robillard quand c’est arrivé et il y avait en même temps la coupe du monde d’escrime. J’ai pu voir la physiothérapeute qui m’a suggéré d’aller à l’hôpital. Selon elle, c’était la côte ou le cartilage. Je suis rentré chez moi et ça ne me tentait pas d’aller à l’hôpital, je parvenais à bien respirer, mais c’était difficile dès le moindre effort. Le lendemain, j’ai appelé mon entraîneur, André Kulesza, qui m’a dit d’aller à l’hôpital. ZDB : Comment as-tu adapté ton entraînement par la suite? OL : Au départ, je ne voulais pas le dire à Howard, je lui ai caché ça pendant deux semaines. Il n’a pas pu s’en rendre compte puisque je ne faisais pas de sparring. Lorsque je travaillais au sac ou avec les mitaines, je faisais attention pour qu’il ne me touche pas. Puis je me suis dit : « Je vais boxer contre un gars qui est l’un des meilleurs de mon poids, je dois faire un peu de sparring. » Je prenais des anti-inflammatoires, donc je n’avais pas vraiment de douleur. Lorsque j’ai demandé à Otis de m’aider en mettant les gants, c’est revenu immédiatement. Il m’a donné un coup sur le bras et ça a frappé par ricochet sur mes côtes. À ma grande surprise, j’ai eu le souffle coupé pendant cinq minutes. Otis a eu peur de m’avoir blessé et Howard m’a proposé d’annuler le combat, mais j’ai refusé.

ZDB : Comment ça s’est passé pendant le combat? OL : Pendant le premier round, je ne voulais pas qu’il me touche alors je devais me déplacer et travailler à distance. Les membres du clan adverse avaient bien regardé mes cassettes et savaient que je bougeais bien, alors ils ont fait installer un ring avec un tapis très mou. Après le premier round, je me suis assis et je ne sentais plus mes pieds. Howard m’a demandé comment je me sentais. Je lui ai répondu que ça allait bien, mais en dedans de moi je me suis dit : « Mais dans quelle merde je suis! » Par la suite, j’ai simplement voulu prouver au monde que j’étais du même calibre. Les gens, là-bas, me donnaient au maximum trois rounds. Lopez m’a battu, ça, c’est sûr, mais j’aurais aimé qu’il me batte dans d’autres conditions. Je n’ai pas voulu parler de ma blessure après le combat parce que je ne voulais pas donner d’excuses. Pendant cinq semaines, je n’ai pas fait de poids, je n’ai pas fait de sparring, j’ai presque perdu toute ma force physique. Tout ce que je faisais, c’était de contrôler mon poids. Je pouvais faire un peu de shadow en douceur, je pratiquais uniquement mon direct et mes esquives. ZDB : Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience en championnat du monde?

Oliver est de retour à l’entraînement à 100 % depuis décembre seulement. (photo Jonathan Abenhaim)

OL : Premièrement, c’est que je ne me battrai plus jamais avec une blessure, peu importe mon adversaire. Je ne ferai plus jamais ça. La deuxième chose, c’est la visibilité que j’ai obtenue aux États-Unis.


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ZDB : Cela a pris combien de temps à ton cartilage pour se rétablir? OL : Ça été très long. Je suis revenu à 100 % uniquement depuis le début décembre. Je peux maintenant tout faire. ZDB : Entre-temps, qu’est-ce que tu as fait? OL : En septembre, je suis allé en Irlande afin de servir de sparring partner à Bernard Dunne pour son combat de championnat du monde contre un Thaïlandais [Poonsawat Kratingdaenggym]. Durant le camp d’entraînement, je me suis rendu compte que je n’étais pas rétabli. Le soir et le matin, je sentais une petite douleur. ZDB : Depuis quand as-tu quitté Howard Grant? OL : C’est à mon retour d’Irlande que j’ai pris la décision. Ce n’est pas à cause de ma blessure, même s’il m’en veut probablement et c’est normal. Moi je ne lui en veux pas et j’ai même essayé de renouer le contact dans le temps de fêtes. On a fait cinq ans ensemble. J’avais besoin de changement. Ce qui m’a forcé à quitter Howard, c’est l’aventure, le désir d’apprendre de nouvelles choses. Pour l’instant, je suis en réflexion, je n’ai pas encore d’entraîneur définitif bien que j’aie repris l’entraînement depuis un petit bout de temps. ZDB : Comment est ta relation avec ton compatriote Herman Ngoudjo ? OL : Nous avons une très bonne relation, on se connaît depuis une quinzaine d’années. Il est pour moi mon meilleur partenaire d’entraînement. Il est très fort physiquement, il est très intelligent dans le ring, son aide m’est très précieuse. Je ne peux pas m’en passer. ZDB : À quand ton retour sur le ring? OL : J’espère le plus tôt possible parce que je déteste rester trop longtemps inactif. Plus c’est long entre chaque combat, plus c’est difficile. Heureusement pour moi, je n’ai pas de difficulté avec mon poids, présentement je pèse 124 livres. ZDB : Quels sont tes plans pour 2010? OL : Mon premier objectif est d’être en santé pour pouvoir m’entraîner comme il faut et, par la suite, pouvoir faire des combats importants. Tout le reste va suivre. ZDB : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et bonne chance pour ton prochain combat. OL : Merci à toi.


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Et maintenant 2010 ! Par Martin Laporte Après avoir connu la meilleure année de l’histoire de la boxe québécoise en 2009, comment pourrait se dérouler l’année 2010 afin d’être tout aussi attrayante? Afin de s’amuser un peu, on répondra à cette question en se basant principalement sur ce que pourrait être le futur des quatre principaux acteurs de l’année 2009 (Jean Pascal, Adrian Diaconu, Lucian Bute et Librado Andrade).

1- Jean Pascal (4(2)-0-0) Fiche du boxeur en 2009 On peut affirmer une chose à propos de Jean Pascal, c’est qu’il se donne toujours corps et âme. Je n’ai jamais vu autant de détermination chez un athlète sportif. On parlera de son dernier combat dans 20 ans comme un des plus grands classiques de la boxe québécoise. Rappelons qu’il a dominé un dangereux cogneur, ex-champion du monde, avec un seul bras pendant près de 9 rounds. Sur la scène internationale, il est aussi l’un des boxeurs s’étant le plus amélioré en 2009. Plusieurs analystes croient maintenant que sa seule défaite était la cause d’un manque d’expérience et de maturité. Comment donc Jean Pascal pourrait-il offrir une aussi belle année en 2010 ?

Pascal contre Pablo Daniel Zamora Nievas, sa première victoire de l’année 2009. (photo Vincent Éthier)

Premièrement, un repos bien mérité. Jean Pascal est l’un des champions les plus actifs au monde. Il a tout donné pour obtenir la reconnaissance des Québécois et maintenant qu’il l’a, laissons-lui un peu de temps pour récupérer. Lorsque son épaule sera guérie, il sera fin prêt pour un autre grand affrontement. Personnellement, je préfèrerais le voir dans un combat d’unification contre Tavoris Cloud (champion de l’IBF). Ce combat serait sans aucun doute spectaculaire et Jean Pascal aurait de fortes chances de l’emporter avant la limite. Une telle victoire serait un gros point en sa faveur lors de la guerre psychologique d’un possible combat contre Chad Dawson (l’Américain est considéré comme le réel numéro 1 de la division même s’il ne possède aucun titre). Dawson a été déchu de ces titres WBC et IBF en refusant d’affronter Diaconu en 2007 et Cloud en 2009. Il avait préféré affronter Antonio Tarver, une légende vieillissante reconnue pour être le tombeur de Roy Jones et de Glen Johnson, une autre star vieillissante ayant aussi mis Roy Jones KO. Jean Pascal arriverait sur la table avec les 2 anciens titres de Dawson et pourrait affirmer avec un sourire narquois : « J’ai conquis les titres que tu as laissé tomber, j’ai battu les deux hommes que tu as refusé de combattre. J’en ai battu un avec un seul bras et l’autre par KO. C’est maintenant à ton tour. Tu ne peux plus m’esquiver. » Avouez que ça aurait de la gueule, non?

Cependant, derrière les coulisses, on négocie déjà un affrontement entre Jean Pascal et Chad Dawson dès juin au Centre Bell. Bien entendu, HBO serait intéressé par l’ampleur d’un tel évènement. Puisque Jean Pascal doit garder son épaule au repos, on suppose qu’il n’effectuera pas de combat d’ici là. Espérons qu’elle tiendra le coup dans le plus grand affrontement de sa carrière. Si ce combat se matérialise et que Pascal boxe à la hauteur de ses capacités, sa contribution à une belle année 2010 sera déjà énorme pour le monde de la boxe québécoise.


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2- Adrian Diaconu (1(0)-2(0)-0) Fiche du boxeur en 2009 Adrian Diaconu a effectué plus de combat en 2009 qu’au cours des années 2007 et 2008 réunies. Malheureusement, c’est cette année qu’il a subi ses deux premières défaites en carrière. L’année 2009 est malgré tout positive puisqu’il est dorénavant plus connu au Québec. Il serait très intéressant de voir Adrian Diaconu affronter un gars comme Danny Green (tombeur d’Éric Lucas et de Roy Jones) ou encore Jeff Lacy (un ex-champion sur le déclin qui préfère l’offensive à la défensive). Cependant, de tels combats ont très peu de chance de se matérialiser puisque les demandes financières de ces deux hommes risquent d’être trop élevées pour ce que ces affrontements peuvent générer. Mais peut-être qu’avec une ou deux victoires spectaculaires dans des galas d’envergure, Diaconu pourraient devenir vendeur. On doit donc mettre les prouesses offensives de Diaconu en premier plan. Par exemple, je verrais bien un combat contre Shaun George (un Américain de la division des mi-lourds (175 lb) qui a surpris tout le monde en 2008 en battant Chris Byrd, un ex-champion du monde des poids lourds (+200 lb)). Il représenterait un défi intéressant et Diaconu aurait une réelle chance d’étaler toute sa puissance au public québécois. Adrian pourrait aussi servir de défense optionnelle aux défenseurs des autres titres de la division. Les autres champions voudront sûrement se comparer à Jean Pascal en affrontant son principal scalp. Une chose est certaine, Adrian ne doit absolument pas prendre sa retraite en 2010. Il a encore beaucoup à donner au public québécois. Alors, donnonslui la chance de nous l’offrir.

3- Lucian Bute (2(2)-0-0)

Fiche du boxeur en 2009

Lucian Bute a tout simplement été phénoménal en 2009. Bien qu’on aimerait tous le voir boxer autant que Jean Pascal, on doit s’agenouiller devant les deux superbes KO au corps qu’il nous a offerts en 2009. Il a prouvé, hors de tout doute, que son dernier round de 2008 n’était qu’une erreur de parcours. Il a aussi créé un tournant majeur dans le monde de la boxe en mettant en doute la légitimité du tournoi des Super 6 sans sa présence. En 2010, il devra encore une fois prouver qu’il est le meilleur super-moyen au monde. Il doit absolument être vu dans un combat d’envergure Bute lors de son camp d’entraînement en Floride avec Glenn Johnson. sur HBO. Tout est (photo : Interbox.ca) pratiquement en place pour que ça se produise. Malheureusement, son ascension vers le sommet arrive à un bien mauvais moment. Huit des meilleurs super-moyens sont occupés avec le tournoi des Super 6. En effet, Sakio Bika (une victime de Bute) et Allen Green effectueront un combat éliminatoire afin de prendre la place de Jermain Taylor, récemment retiré du tournoi pour cause de santé. Le prochain adversaire de Bute risque d’être un boxeur classé dans le top 15 de l’IBF dans l’une des trois divisions suivantes : (les moyens (160 lb), les super-moyens (168 lb) et les lourds-légers (175 lb). Mais un nom circule de plus en plus souvent, celui d’Edison Miranda. Personnellement, je choisirais un autre type d’adversaire pour Bute. J’aimerais bien le voir contre un boxeur un peu plus athlétique et un peu moins bagarreur. Si on exclue William Joppy,


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Bute n’a jamais affronté un styliste qui pourrait le préparer à un éventuel affrontement contre un genre de Bernard Hopkins. Eduard Gutknecht pourrait être un bon choix, mais cet Allemand, bien que bon, est plutôt inconnu des téléspectateurs américains qui préféreront assurément Miranda. Ce que je souhaite à Lucian Bute, c’est un affrontement avec Bernard Hopkins. C’est exactement ce dont il a besoin pour éblouir l’année 2010. Si Hopkins bat Roy Jones en début d’année, il pourrait bien être disponible à la fin de l’année pour un méga évènement à New York, Las Vegas ou encore plus intéressant pour nous, Montréal.

4- Librado Andrade (1(0)-1(1)-0)

Fiche du boxeur en 2009

Librado Andrade est l’un des meilleurs boxeurs de la planète à n’avoir jamais possédé une ceinture de champion du monde. Aussi, parmi les boxeurs n’étant pas reliés à un promoteur local, il est le plus apprécié des Québécois. Depuis 2006, il a combattu 4 fois au Québec. Plus intéressant, ces trois derniers combats ont eu lieu à Montréal (2) et à Québec (1), et je souhaite ardemment qu’il augmente cette séquence cette année. Il donne toujours un excellent spectacle; il est un vrai guerrier qui peut démolir certains des meilleurs de la division. J’aimerais tant voir un combat revanche entre lui et Stieglitz (nouveau champion WBO de la division). Cependant, il est pratiquement impossible que le promoteur de l’Allemand désire prendre un tel risque. Andrade l’avait complètement démoli lors du premier combat. Librado sera donc dans l’obligation de « refaire ses preuves », même si sa fiche est l’une des meilleurs de Andrade saura-t-il se relever en 2010? Une rumeur court à la division. J’aimerais beaucoup le voir propos d’un duel entre lui et Adrian Diaconu à Québec en mai. contre Karoly Balzsay, un Hongrois qui (photo Stéphane Lalonde) semble avoir été abandonné par son promoteur après la perte de son titre en 2009. Andrade serait en mesure de le bousculer jusqu’au terrassement final. Il retrouverait ainsi sa confiance et serait fin prêt pour de nouveaux défis. J’aimerais bien le voir en fin d’année contre le perdant du combat entre Sakio Bika et Allen Green ou contre Fulgencio Zuniga ou encore contre Adonis Stevenson. Ces affrontements seraient tous très significatifs pour les classements des super-moyens (et le dernier serait particulièrement intéressant pour les amateurs de boxe au Québec). L’objectif d’Andrade sera de se positionner favorablement dans les classements en vue de 2011, puisque des ceintures pourraient se libérer à la fin du tournoi des Super 6. Une chose est cependant certaine, la seule présence de Librado Andrade au Québec contribuera à rendre l’année 2010 merveilleuse. Il ne faudrait pas passer sous silence une rumeur mentionnant les noms de Librado Andrade et d’Adrian Diaconu. Le bruit court qu’un combat entre ces deux forces de la nature pourrait avoir lieu. J’espère seulement que les deux boxeurs auront une chance d’effectuer un combat de mise au point avant leur affrontement. En retrouvant la confiance en leurs moyens, ces deux bagarreurs pourraient sans doute nous offrir le meilleur combat de boxe de l’année 2010. Ce combat serait par ailleurs très dramatique puisque le perdant chuterait dans les classements. Le seul point négatif d’un tel combat serait qu’un des principaux acteurs de l’épique année 2009 prenne sa retraite après l’annonce du verdict final.


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Et les autres… D’autres boxeurs apporteront aussi leur grain de sel afin de permettre à l’année 2010 d’être aussi incroyable que 2009. Antonin Décarie doit remporter le titre de championnat intérimaire WBA lors de son combat contre Souleymane M’Baye à Levallois. Joachim Alcine peut poursuivre son chemin de croix jusqu’à un nouveau combat de championnat du monde et Hermann Ngoudjo devrait être en mesure de revenir au top de sa division. Le retour d’Éric Lucas, le courage de Sébastien Demers, la patience de Renan St-Juste et la fougue de Walid Smichet permettront sûrement de produire des spectacles endiablés avec des combats locaux mémorables. Les adversaires de David Lemieux continueront d’être de plus en plus coriaces et il percera le top 15 de sa division. Tout le reste des boxeurs québécois ajouteront aussi beaucoup de profondeur aux galas afin d’offrir des spectacles relevés.

« Le retour d’Éric Lucas, le courage de Sébastien Demers, la patience de Renan St-Juste et la fougue de Walid Smichet permettront sûrement de produire des spectacles endiablés avec des combats locaux mémorables. »

Les promoteurs locaux devront continuer à travailler ensemble sur certains projets qui rendront les amateurs passionnés. GYM devrait aussi profiter de son association avec Bernard Roos (promoteur français) afin d’effectuer de mini tournois France-Québec. J’imagine très bien la diffusion en direct aux deux endroits (l’après-midi ici et en soirée là-bas). Ça permettrait de connaître les boxeurs Français et de créer des rivalités francophones (à la Canadiens-Nordiques). De son côté, j’aimerais qu’INTERBOX ajoute un bel espoir à son écurie. Lucian Bute risque d’être moins disponible pour l’organisation de galas au Québec et une nouvelle vedette sera éventuellement nécessaire pour le « remplacer ». Cette nouvelle vedette peut rapidement devenir populaire en effectuant des demi-finales aux combats de Lucas et de Diaconu. En terminant, je souhaite à tous les québécois une excellente année de boxe en 2010.

L’Éditorial (…Suite de la page 3) Une petite visite sur BoxRec démontre clairement que Lemieux a une opposition plus relevée que Dave Hilton fils. Il faut briser le mythe de Dave Hilton. Lors des premières années de la carrière de Dave Hilton, son père ne l’opposait à aucun boxeur offrant un danger quelconque. Il aura fallu 7 combats avant que David Lemieux affronte un boxeur avec une fiche positive (6-4-1). Pour ses 7e, 8e, 9e et 10e combats, Hilton lui affrontait des boxeurs avec des fiches respectives de 1-6-0, 1-6-1, 0-3-0 et 1-1-1. En 1985, à sa 4e année d’expérience en boxe professionnelle, Dave Hilton a affronté Dennis Fain qui avait une terrifiante fiche de 3-12-1. Depuis mars 2009, soit depuis le début de sa 3e année en boxe professionnelle, David Lemieux n’a affronté aucun boxeur avec une fiche négative. Lorsque l’on compare la façon dont Russ Anber veille à la progression de David Lemieux avec la méthode du père de Dave Hilton, c’est presque Anber qui a l’air de jeter son protégé dans la gueule du loup. On ne peut nier le talent que Dave Hilton possédait, mais il ne faut pas réinventer l’histoire non plus. Les personnes qui critiquent les débuts de Lemieux ne peuvent encenser ceux de Dave Hilton. Le public d’aujourd’hui est simplement plus connaisseur qu’à l’époque.



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