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Christophe Baticle, sociologue

Lors d’un colloque consacré à l’identité, tenu à Amiens les 15 et 16 octobre 2008, transparaissaient les enjeux insoupçonnés du terme « autochtonie ». On sait que pour les peuples qui se présentent comme tels, l’étiquetage n’a rien d’anodin, ni d’indolore d’ailleurs. Subsiste en effet toujours le soupçon de « sauvagité » derrière le qualificatif indigène, mais le jeu peut en valoir la chandelle lorsqu’à ces groupes présumés « premiers » sont dévolus des articles avantageux dans les conventions internationales. Se pose alors la question de la circonscription des ayants droit dans cette lutte pour la légitimité à déroger au droit général au nom d’un mode de vie spécifique, d’une identité qui justifierait qu’on accorde des exemptions. Mais remarquera-t-on avec pertinence, les habitants riverains du fleuve Somme, dans la France du XXIe siècle naissant ( donc nous autres, blancs occidentaux contemporains ) ne peuvent être assimilés aux peuples qui sont définis comme autochtones. Certes, si ce n’est que les travaux des anthropologues ont montré dès la seconde moitié du siècle précédent la difficulté à définir des peuples tout court en dehors d’un recours à l’interprétation constructiviste. Autrement dit, est peuple le groupe qui est produit/se produit en tant que tel dans un processus de reconnaissance. En d’autres termes, loin de nier l’existence de populations effectivement liées à un territoire, dont le mode de vie et la culture les singularisent, force est de constater qu’il n’existe aucune base solide à une posture essentialiste, soit une attitude qui viserait à trouver dans chaque regroupement vaguement homogène en valeurs, normes et organisation une essence originelle, un principe explicatif qui serait comme la clef d’interprétation des comportements, des opinions ou des logiques d’action.

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De mai à juillet 2010, à cinq reprises, dans chacune des communes, les habitants se sont réunis. À partir d’images du passé, ils ont parlé de leur vie aujourd’hui, de leur région, de sa singularité géographique, de son histoire, des problèmes qu’elle rencontre aujourd’hui.

La Somme est un rectangle traversé par la Somme. D’un point de vue juridique, la Somme est un fleuve tout à fait anormal en France : il est en propriété privée. La berge, l’eau, tout est de droit privé. Sur tous les autres fleuves français, vous pouvez vous promener le long de la berge. On ne peut rien vous dire. Ici, non. Majoritairement, ces propriétés privées appartiennent à des communes. En certains endroits comme l’Éclusier-Vaux, c’est privé départemental. À Curlu, c’est privé privé. Tous les gens qui habitent au bord de l’étang, s’ils veulent pêcher, ils sont obligés de payer le propriétaire de l‘étang. Ils peuvent prendre un seau d’eau pour arroser leur jardin, mais pas pêcher. Les étangs, ça commence à Béthencourt, ça se termine à Bray. Ils couvrent 1600 hectares sur quarante kilomètres à vol d’oiseau, soixante si on suit la berge. Il y a dix-huit biefs, quatorze anguillières.

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Les étangs sont une création totalement artificielle. Au départ, il y avait deux routes construites par les romains. Et le cours de la Somme historique. Au XVIIIe siècle, on extrait le « bousin » pour se chauffer. Il y a toujours eu un canal latéral pour permettre aux bateaux de circuler. Avant il n’y avait que des roseaux sur les étangs. En 1950, ils étaient encore exploités. Je m’en souviens. Et puis c’est passé. C’est passé de mode peut être. Quand on reste trois ou quatre ans sans couper les roseaux, les arbres poussent. La population n’a pris en compte que très récemment la valeur des paysages. Elle n’avait pas conscience de la richesse de l’endroit. Pour les Français, la guerre de 14 c’est les taxis de la Marne, Verdun, le Chemin des Dames, « Ils ne passeront pas ». Pour les Anglais,

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Texte issu de l’écoute de Catherine, Céline, Jean Philippe, Michel, Philippe, Trine, de l’Amoureux de Célin e, d’un garde - pêche et de deux maires, de pa rticipants à un café et à la promenade des habitants, de joueurs de pétanques, d’un ancie n d’Éclusier, d’un habitant d’Arras... Un long parcours entre Frise, Suzanne, Ca ppy, Bray-sur-Somme, Curlu, Cerisy, Gailly, Sa illy-Laurette, Éclusier-Vaux.

« Le fleuve... c’est un bien grand mot. Quand j’étais à l’école, il y en avait quatre en France. Maintenant, vous en trouvez partout des fleuves. » Ils se suivent, s’enlacent, se séparent et se retrouvent pour finir tous deux dans l’estuaire de la Somme, à Saint Valéry. Fleuve et canal. Canal et fleuve. Vieille Somme et fausse Somme. Le canal débute sa course à Saint Simon, côtoyant le canal de Saint Quentin, il parcourt 26

156 km. Ce « paysage construit » a récupéré son dernier tronçon en 1843, après 73 ans de travaux. La Somme prend sa source à Fonsommes, à une dizaine de kilomètres de Saint Quentin, et mesure 245 KM. Les Romains la nommaient Samara. Route de l’étain à l’Antiquité, voie de communication indispensable au Moyen-Âge entre Paris, les îles Britanniques et les Flandres. Elle permettait d’exporter et d’importer. Longtemps, la Somme a servi la navigation, le commerce et l’industrie et a prêté sa force motrice pour les moulins. Mais elle aime les méandres, elle joue, se cache dans une vallée étroite et encaissée, et oblige à la route. Elle est difficile à la navigation. Le canal est arrivé, magnifiquement pensé. Une oeuvre dans un paysage. Il a dû faire en fonction de la géographie, de la topographie, de la structure des sols, des hommes, de sa fonction. Mais il s’est imposé, est devenu


paysage et en facilite même sa lecture. Il a été réfléchi, du grand territoire pour la connexion de voies navigables, jusqu’au choix des essences d’arbres qui l’accompagneraient, en passant par les structures et ouvrages qui le bordent ou l’enjambent. Et pourtant sa création a entraîné sa perte. En obligeant la Somme à suivre son tracé par endroit et en l’empêchant de virevolter, il a contribué à l’accélération du processus naturel d’ensablement, d’envasement de l’estuaire. Des interventions malheureuses comme la création de digues qui ont empêché le balayage des sédiments par divagation, celle du chemin de fer qui a délimité l’entrée de la mer vers l’intérieur des terres, et la propagation des terres agricoles par les renclôtures, ont fini par entraîner la mort économique du canal. Le canal est discret, même quand il passe dans les villages. Il ne le fait qu’à leurs limites ou dans leur dos. Le silence et ce qu’il contient est omniprésent le long du canal. Tantôt goudronné, tondu, en fouillis, le chemin du halage permet de l’accompagner. Pas un bateau, pour déranger qui que ce soit. Ou si rarement, et bien localisé les mois d’été. Même les pêcheurs ne sont pas si nombreux. Ce que l’on rencontre le plus, le long du canal, ce sont les peupliers. À la création du canal, des essences variées d’arbres avait été plantées tous les dix mètres. Ils permettaient de délimiter les domaines publics, leur ombre limitait l’évaporation, ils remplaçaient les phares par leur alignement en cas de brume, servaient de matière première, de combustible. Les peupliers les ont remplacés pour les industries de papier, d’allumettes après la deuxième guerre. Puis ils ont été abandonnés, la monoculture ayant facilité la propagation des parasites, la plupart d’entre eux étant malades. Ils commencent à être remplacés, doucement. Ici, les promenades sont rectilignes, comme les peupliers. Impossible de sortir du chemin

du halage et de rentrer dans les marais. Il faut une barque, une machette, ou ne pas respecter la propriété privée. ent uve totalem e fl n u t s e e st « La Somm rce que c’e France, pa n (...) e e l é a v ri rm p o an priété ro p t s e i u iennent un fleuve q rge appart e b la , d n L’eau, le fo st de droit ire... Tout e ta é us ri p ro p au que, sur to i veut dire u q e C s . u é o v v pri nçais, fleuves fra les autres le long du n e prom er s u o v z e v u po s riverains ropriétaire p s le , . Dans e v u fle e vous dire d it ro d le , vous n’ont rien ves français u e fl s e tr u cendre. tous les a er à le des s u m a s u o pouvez, v Ici, non ».

Ou alors, se promener dans les larris avec les chèvres. Mais les petits chemins mènent vite devant un champ, et c’est demi tour forcé. Et puis, les petits chalets, au bord du canal, à la sortie des villages. Village dans le village. Chaque petit bourg longeant l’eau a ou avait le sien. Jardin, clôture, matériaux divers, aménagements différents au premier regard, puis finalement très semblables les uns aux autres. La plupart des plaques d’immatriculation indiquent 59, le Nord ou 62, le Pas de Calais. Peu de gens dehors, voire pas du tout hormis les mois d’été. Beaucoup de volets fermés. C’est la pêche qui a attiré ces nordiques, il y a 50 ans de cela. Les mineurs du Pas de Calais venaient profiter de l’environnement pour se reposer en famille. Camper dans les pâtures. Les gens du Nord, plus aisés, issus pour la plupart du milieu de l’industrie et du commerce venaient faire la fête dans 27


les auberges, après le concours de pêche. « À cette époque là, les habitants de Suzanne ne se mélangeaient pas, ni au concours, ni au repas. Ils n’étaient même pas invités. C’est aussi la raison pour laquelle il y avait un peu de jalousie avec les gens de Suzanne et les gens qui arrivaient, qui dépensaient plein de sous, qui avaient des belles voitures généralement, qui buvaient plus, qui étaient plus gais. Ils venaient pour faire la fête. Et un peu la pêche. Ils pêchaient dans les deux sens. » u ent loués très pe « Les étangs étai , er ch pê nt pour chers. Ils venaie avoir une vie ur po ils venaient ures les grandes filat secrète. Après, -là ns ge s ce bées et du Nord sont tom s.» ne sont plus venu

Les personnes qui venaient pour le calme, l’oubli des villes grises industrialisées ont continué à venir d’années en années. Des fois même par cars entiers, et cela même si l’accueil des autochtones n’était pas toujours là. Ils les appelaient les doryphores. Comme les allemands en 39-45. Comme des envahisseurs. Rien n’était fait pour créer des liens et tout était fait pour qu’ils ne se sédentarisent pas. Seul, l’intérêt financier comptait. D’autres sont arrivés. La tente a été remplacée par la caravane ou le mobile home. Et puis : « C’est à dire que les types demandaient s’ils pouvaient installer leur mobile home, au départ pour deux mois. Première année : - Est ce que je pourrai revenir l’année prochaine ? - pas de problème. Le type repartait avec sa caravane. La deuxième année, il arrivait et demandait s’il ne pouvait pas laisser son mobile home. La troisième année, le type avait enlevé les roues. La quatrième année, le type faisait à côté du mobile home une pièce pour faire une toilette, une petite cuisine. Il faisait une fondation, si bien que la caravane, on ne pouvait plus la bouger puisqu’elle était coincée des deux côtés. Une fois que le type avait coincé son bazar : 28

- Je ne peux pas faire un petit muret devant, et un derrière, avec une fenêtre ? Le type construisait sa maison comme ça, avec sa caravane à l’intérieur, et il avait sa résidence. » À l’époque, les loyers étaient calculés en fonction de la fluctuation du prix du blé. Puis de 1000 francs, ils sont passés progressivement à 500 euros à l’année aujourd’hui. La commune reste propriétaire du terrain. EDF est venu installer poteaux et câbles. Certains ont foré des puits. Pour d’autres, se ne sont qu’allers retours à l’unique robinet. Certains ont des fosses sceptiques, d’autres... Les habitats sauvages, Habitats Légers de Loisirs, ne sont plus des lieux de vacances ou de week-end, mais sont devenus des résidences principales pour certains. Retraités pour les uns, couples dont les parents et arrières parents venaient, homme seul, personnes en difficultés financières, amoureux de la nature, ceux qui ont envie de se croire en vacances toute l’année. Le chalet se transmet comme patrimoine familial. Se revend. S’achète. Les gens se sentent bien, regrettent tout de même le temps passé. L’ambiance conviviale, familiale, les fêtes, les guinguettes. La pêche qui n’est plus ce qu’elle était, pour cause de privatisation des parcelles et de la pollution par les PCB. Beaucoup de choses se sont perdues. Regrets des moments passés sur le coin d’herbe aménagé en plage au bord de l’étang, où tout le monde venait avec serviettes et transats. Et où la femme du maire de l’époque, coiffée de son petit bonnet de bain faisait ses longueurs et s’occupait des enfants. L’eau est devenue sale, polluée par le chimique des industries et sert de déchetterie. Quand la discussion s’engage, une certaine gêne existe, le sujet de ces petits chalets est sensible. Ces habitants ne devraient pas être là à l’année, les communes n’auraient pas dû les laisser s’installer.


Les locataires en parlent à demi mot, puis changent vite de sujet : ntable ici. « Tout doit être démo e c’est comme Ça c’est sûr parce qu ais, c’est sûr. ça. Ils ne le feront jam cher. » Ça leur coûterait trop « Alors, les habitations légères de loisirs, on en a réduit le nombre . Et le but avoué, ce serait de tou s les faire partir. Mais comment fair e ? C’est la volonté de tout le monde . De la préfecture, de la sous-préfe cture, du Syndicat de la Vallée des Anguillères. Il ne faut pas se voil er la face. Sur une centaine, nous en avons une vingtaine qui est dev enue résidence principale. On en a qui sont là depuis une trentaine d’année s et qui ont bien aménagé l’espace. Ils ne comprendraient pas aujo urd’hui qu’on les fasse partir. »

« La vallée de la Somme a été complètement envahie, d’une façon abusive et anarchique. Et maintenant, les générations qui ont succédé à cette politique là, ont le devoir d’essayer de rattraper les erreurs du passé. On s’aperçoit que cela devient très compliqué, parce qu’il y a des lois. Et que vis à vis de ces lois, on a du mal à dire aux gens qui se sont installés sans permis de construire, sans autorisation, et bien le terrain sur lequel vous êtes, en réalité, il n’était pas constructible, il ne l’est toujours pas, et on vous demande de partir. 2001 a été une opportunité pour certaines communes. Opportunité causée par les inondations. Le Conseil général en a profité pour dire effectivement, cette zone là, elle est inondable, donc pour sécuriser la zone, on exproprie les gens installés. Peu importe depuis quand ils étaient installés. Toujours est-il, que à partir du moment où il y va de la sécurité des gens, c’est beaucoup plus facile de dire

aux gens, là c’est pour votre bien. Qu’est ce que l’on peut opposer à cela ? Rien. » Ces Habitats Légers de Loisirs sont un héritage dont tout le monde se serait bien passé. Même s’ils viennent depuis des années, ou s’ils ont fini par résider à l’année, ces locataires de terrains restent finalement dans la catégorie touriste. Mais des touristes qui n’occupent pas officiellement un emplacement de vacanciers. Et qui rapportent peu financièrement aux communes. Emplacement qui pourrait être transformé en « vrai » lieu d’accueil touristique selon l’envie de certains ou retour à un certain environnement : étendues d’herbe entretenues et actions de pêche pour d’autres. La commune de Suzanne a eu la possibilité de passer de zone inondable à zone III. C’est à dire terrains constructibles, possibilité d’agrandir, possibilité d’améliorer l’habitat. Elle a investi dans l’amélioration des réseaux, la mise aux normes. Les loyers sont passés de 60 centimes à 1,70 euro du mètre carré, et les locataires ont maintenant la possibilité de devenir propriétaires, avec obligation dans les trois ans de mettre aux normes l’assainissement. Les autres communes sont en zone inondable, n’ont pas forcément les moyens financiers qu’il faudrait pour mettre en oeuvre amélioration de l’habitat et respect de l’environnement. Ne se posent pas les mêmes questions et n’ont pas non plus toutes les mêmes préoccupations humaines. Les postes tournent, les lois évoluent. Les communes auront peut-être un jour l’obligation, ou prendront la décision, de céder le terrain ou de tout raser.

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chaud es de Denis La xt te es d ec av ajouter ève ”, on peut cr ou e ch ar ! ” “ m je te pousse ? « À la formule : “ va comme e  m crève, io ax on , e tr be m cet au se, on to us po on , va , on recommence. » Et c’est bien ça marche et on combattre en 1914 à Frise. on , ve lè re on se encé à rars qui a comm , de Blaise Cend ux de mémoire La Main coupée ce couvrir s lie dé de ue ém s otographier. J’ai été rè ident de les ph év ru pa de bataille ap st et il m’e es : tous lieux ag ys pa ou émoriaux re histoire. Cimetières, m igmates de not st s le t n le vè qui ré

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Quelque chose ici est mort avec chaque homme qui est mort ici. 36


Derrière chez nous, devant chez nous, partout. 37


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rojet de ris un p omme p e tr n e c a graphe nce. Ici, e Le photo nées sur la Fra ons de l’homm n ti a la s v sa ie. plusieur ntéresse aux re otidien, u q n ’i o s s il s, ailleurs, ire, ses activité o it r r te à son

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Ce dernier « Café parlé » est l’occasion de rencontrer des anciens de l’Association « Les amis d’ÉclusierVaux » pour ce contrepoint nécessaire.

L’association « Les Amis d’Éclusier-Vaux » était composée de pêcheurs venus du nord. Elle a été dissoute en 2008 quand le Conseil général a décidé de ne pas renouveler le bail de location du terrain sur lequel les pêcheurs avaient installé leur baraque, leur mobile home, leur chalet.

L’association est née en 1971 pour organiser la gestion du bail de location du terrain au Conseil général, ainsi que son fonctionnement. On était chargés des gros travaux, y compris dans les immeubles : la maison du garde et le hangar. Deux fois par an, on faisait des travaux d’intérêt général fixés par l’association. Les adhérents devaient participer au moins une fois sur deux, sinon ils payaient une amende. On avait la responsabilité des douze vannes. Tout cela nécessitait la présence d’un salarié permanent. On organisait des tours de garde parmi les adhérents. On avait aussi en charge l’exploitation de l’anguillère. La vente des anguilles couvrait largement le bail qui était, si on convertit, d’environ 49.000 euros par an. Et puis il y a eu l’interdiction du préfet de commercialiser les anguilles. Du point de vue légal, elle s’arrêtait à Frise, donc nous, on n’est pas concernés. Mais on a décidé de faire aussi analyser nos anguilles par un laboratoire et bien sûr, elles contenaient du PCB comme les autres. En août 2008, un courrier est arrivé, il signifiait que le bail ne serait pas renouvelé. On l’a appris comme ça. Par lettre. C’était juste après la Fête de l’Anguille. Nous, on était restés sur un courrier de 2004 exprimant le souhait de mettre en place une réflexion sur les problèmes d’environnement.

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On était d’accord pour participer à cette réunion, on était prêt à évoluer avec l’époque, à se pencher sur les problèmes environnementaux qu’on contribuait à poser. Il y a eu trois réunions, puis on n’a plus eu de nouvelles pendant un an et demi. Voyant le renouvellement approcher, on a couru après les officiels pendant la Fête de l’Anguille. « Ce n’est ni le lieu, ni le moment » nous a dit le Président du Conseil général, Monsieur Dubois. Et moins d’un mois plus tard, on a reçu ce courrier. Ça a été dur. Il a fallu dissoudre l’association. Le bruit courait qu’on était des gens pas très recommandables, pas très honnêtes, alors on a fait appel à un cabinet d’experts-comptables qui a mis à plat la compta et nous a tout balisé pour aller vers la dissolution. On a vendu tous les biens. Ça allait d’une échelle à un bateau focardeur. On a eu un excédent. Il a été viré à une association de soutien aux handicapés appelée l’Air de rien, et aussi en partie au Secours Populaire. Ça a été une période très difficile. On a subi des vols. On venait le week end et on découvrait que du matériel disparaissait. Moi j’étais secrétaire à la fin, puis liquidateur de l’association. Je n’avais que six ans d’ancienneté. Certains d’entre nous venaient depuis quarante ans. Le fait d’être considérés comme des envahisseurs, d’être appelés « les doriphores », ça ne fait pas plaisir, surtout quand on sait qu’avant nous, les doriphores c’était les boches. Tout le monde ne pense pas comme ça ici, quand même, à Frise je n’ai jamais entendu prononcer le mot doriphore. Aujourd’hui la moitié d’entre nous est dispersée dans la région, l’autre moitié a arrêté la pêche et ne vient plus. Moi je suis à Suzanne, j’ai acheté une petite maison qui est posée sur un terrain que je loue à la Mairie. J’ai un bail de douze ans. Il faut savoir si on s’occupe de composer une belle carte postale ou si on s’occupe des gens qui sont là. Aujourd’hui, la carte postale est belle, mais il n’y a plus de pêcheur sur le marais. Ici on préfère des gens qui viennent et repartent à ceux qui s’installent. Par exemple, les anglais qui viennent avec des tour-operators pour faire le tour du souvenir, on aimerait bien qu’ils pêchent un peu aussi. On ne s’est pas du tout appuyé sur ce qui existait déjà pour construire. Le bon sens, c’est de s’appuyer sur ce qui existe déjà pour construire. Le bon sens, oui. Mais dans la réalité, ce n’est pas toujours le bon sens qui prime. Il y avait un socle vivant. C’est dommage. Picards, Boyaux Rouges, Ch’tis, on est tous du même milieu. Être des étrangers à quatre-vingt kilomètres de chez soi, c’est malheureux. Moi je suis content qu’on se soit rencontrés, qu’on ait pu mettre sur le tapis ce qu’on avait sur l’estomac depuis plusieurs années. Il faudrait qu’on arrive à améliorer l’entente entre des habitants qui ont des intérêts différents.

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Nous Sommes Ici  

Editions Dumerchez

Nous Sommes Ici  

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