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AVERTISSEMENT Certaines images du dossier d’exploration (Corps combattants) peuvent heurter les plus jeunes et les personnes sensibles. Aussi la lecture de ce dossier est réservée à un public majeur et averti. A l’attention des mineurs et des personnes sensibles, vous êtes invités à lire la revue depuis le site yumpu. En effet, en cliquant sur le numéro de page de la section désirée vous pouvez passer directement à la section suivante (cette fonctionnalité est malheureusement désactivée par les autres sites).

couverture © kael t block - Ezra, Seattle, USA - 2005 2 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014


Sommaire

L.ART (Loire Atlantique Art Recherches Travaux)

04 06 10

DYPTIQUE : L’ART DU SON Haroon Mirza, le sculpteur de son une interview de Sophie Legrandjacques, directrice du Grand Café et commissaire de l’exposition Dans les méandres du bruit : déambulations à l’exposition Nuit au LIFE

Poesia 12 Sonia Copeland Bloom 16 Juliette Mouquet 20 Robert Nottemboom

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Dossier d'exploration : Corps Combattants

24 30 34 42 44 46

Les corps intimes (Anouk Deville) Le sida et le nuancier de couleurs (Didier Lestrade) XX Boys (Kael T Block) La photo (Teklal Neguib) Nu devant le miroir (Khalid El Morabheti) Waiting for the moment (Frédéric Javelaud)

D'arbres et de pierres

54 Cris urbains (Peggy Faye) 62 La danse de salon (Frédéric Lucas) 64 Downtown (Frédéric Javelaud)

Francophonia 72 Cicero Melo 76 Arnaud Delcorte

Découverte 80 L’artiste et son modèle 82

Les contributeurs

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Appel à textes : Chaleur // Call for works: Heat

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DYPTIQUE : L’ART DU SON 4 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - L.ART


Exposition Haroon Mirza : The calling (détail) Photographie © Teklal Neguib

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Haroon Mirza, le sculpteur de son Interview de Sophie Legrandjacques Directrice du Grand Café et commissaire de l’exposition

INTERVIEW RÉALISÉE PAR

TEKLAL NÉGUIB 6 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - L.ART


Qu’est-ce qui vous a intéressé dans la démarche d’Haroon Mirza ? Connaissait-il déjà Saint Nazaire ? Haroon Mirza ne connaissait pas SaintNazaire. Bien que le Grand Café ait déjà montré une de ses installations l’an passé dans une exposition collective, il a découvert la ville lors de repérage en vue de son exposition personnelle au Grand café, la première en France. Je dois dire que je trouve son univers extrêmement personnel et singulier. Dans ses installations, on peut tout reconnaitre, rien ne semble inconnu et pourtant tout nous échappe... On est souvent au bord du chaos, tout semble se dérègler et puis on s’aperçoit que ce chaos recèle une cohérence, parfois même une harmonie. C’est à la fois immédiat et complètement analytique. C’est tour à tour léger et profond, familier et étrange, poétique et politique, drôle et sombre... Cela ne ressemble à rien de ce que je peux connaitre. Pour moi c’est un artiste qui renouvelle les formes, bouscule les frontières entre les langages.

Comment construit-il ses sculptures sonores ? Quels matériaux utilise-t-il ?

Dans la salle de bal Photographie © Teklal Neguib

Il travaille à partir d’un assemblage hétéroclite d’objets vintage ou plus contemporains. Ces objets diffusent du son et de la lumière : dans son univers on retrouve souvent des lampes rétro, des radios années 50, des platines pour vinyles, mais aussi des boomers, des guirlandes de LED, des écrans d’ordinateur, de vidéos glanées sur Youtube... on est vraiment entre la brocante du coin et le laboratoire d’acousticien. Les objets du quotidien sont présents : téléphone, pommeau de douche, commode... Et les murs sont parfois tapissés de triangles de mousse qui absorbent le son.

qu’un outil, un canal de transmission d’énergie électrique pour créer des images et des sons. Dans le travail d’Haroon Mirza, rien de la technique n’est caché, les sources sont laissées apparentes, les liens et circulations entre les objets aussi. La technologie joue un rôle purement fonctionnel, jamais à des fins fictionnelles. La lumière crée du son, celui de l’énergie électrique qui circule dans les LED par exemple. Or l’électricité se trouve également dans la nature. On l’oublie souvent ! C’est une énergie qui se trouve à l’état naturel. En captant cette énergie, les hommes ont pu développer des technologies, des médias, des appareils de transmission... Haroon Mirza cherche à redonner une dimension primitive à ces appareils et à brouiller les frontières entre ce qui serait naturel et ce qui serait culturel. De même, l’eau est un motif récurrent dans son travail. Il est fasciné par le son de l’eau, de l’océan en particulier qu’il décrit comme un ” white noise “, un bruit blanc semblable à celui de la neige sur un écran TV, même s’il confesse que ce son est impossible à traduire. De façon générale, pour lui, la nature offre des modèles de circulation et d’optimisation de l’énergie qui l’intéresse énormément.

Pour l’œuvre dans la « grande salle » il a fait appel à Okkyung Lee. Qui est-elle et pourquoi cette collaboration ?

Il mélange différentes sources sonores : un morceau de Pop music, des grésillements, des interférences, l’entrechoquement d’objets qui vibrent... Tous ces différents éléments visuels et sonores sont reliés entre eux : l’impulsion électronique crée de l’électricité, qui crée de la lumière, qui créée du son...

Okkyung Lee est une musicienne, violoncelliste coréenne et une figure énigmatique de la scène down-town newyorkaise. Elle est une interprète connue dans le monde des musiques improvisées et elle se prête volontiers à des expérimentations avec d’autres artistes comme Christian Marclay, Thurston Moore... Haroon Mirza aime inviter d’autres artistes à collaborer à son travail et ensemble, ils ont réalisé deux performances. Okkyung Lee est venue le soir du vernissage pour jouer en live dans l’installation The Calling. Je crois que pour Haroon Mirza, cette pratique de l’hospitalité est importante, les œuvres restent ainsi des espaces d’expérimentation, des formes ouvertes et disponibles à ceux qui veulent s’en emparer.

Si les œuvres paraissent très techniques voire technologiques, quel rapport Haroon Mirza entretient-il avec la nature ?

L’œuvre de la “Petite salle” est une œuvre fort étrange, et qui réserve quelques surprises. Que pouvez-vous nous en dire ?

Je commencerais par décrire son rapport à la technologie, en disant que celle-ci ne constitue jamais une fin en soi, que ce n’est

Pavillion for Optimisation (Pavillion pour l’optimisation) est une œuvre qui s’expérimente seul. On rentre dans une salle

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Les conférences du Grand Café Le Grand Café a proposé une conférence le 18 février autour du son, en partenariat avec la revue Volume. Pouvez-vous nous présenter cette revue, et quel est son objet ? VOLUME est la seule revue d’art contemporain qui parle du son. C’est une revue qui a été créée il y a quelques années et qui en l’espace de sept numéros a contribué à faire apparaitre à quel point le son est une donnée présente dans la création des plasticiens d’aujourd’hui mais aussi de quelques pairs du xxe siècle. VOLUME n’est ni une revue musicale ni une revue d’art sonore mais aborde le son au sens large (bruit, voix, musique, mais aussi références à son imagerie, à sa culture) et l’envisage comme un prisme fructueux pour observer et décrypter la création contemporaine. Les auteurs qui contribuent à cette revue thématique ne sont pas forcément des spécialistes du son et cela donne des approches et des analyses renouvelées. Quelle est la place du son dans l’art contemporain ? Cette place est de plus en plus importante. Les jeunes générations d’artistes sont souvent musiciennes ou Dj à un moment ou un autre de leur parcours... les références musicales sont nombreuses. C’est un background culturel qui est souvent revendiqué et qui nourrit les formes et les pratiques actuelles des plasticiens. Comme le dit très justement Eva Prouteau lors des conférences sur l’histoire de l’art qu’elle donne au Grand Café, on voit bien qu’aujourd’hui,  ” les artistes s’approprient l’héritage des Avantgarde, déconstruisent la matière sonore, l’imbriquent avec d’autres éléments, pour mieux recomposer une œuvre fondamentalement hybride, qui parle aussi de notre époque, celle du son dématérialisé et des supports d’écoute ultra-mobiles. Le son est désormais utilisé dans toutes ses dimensions – plastiques, auditives, sociopolitiqueset combiné en toute fluidité avec les matériaux de la sculpture et de l’architecture “. 8 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - L.ART

Pavilion for Optimisation 2013, installation, courtesy Lisson Gallery, Londres Photographie © marc Domage


noire qui s’éclaire au son d’une forme sonore qui ressemble à une vague qui déferle ou à des galets qui roulent, tombent. La salle devient très blanche, éblouissante et on n’identifie pas le son entendu. C’est une expérience brève, mais intense, très physique qui provoque un mouvement du corps qui reproduit le mouvement du son. Puis dans un deuxième temps qui peut être le premier pour le visiteur qui passe dans la rue, on voit à travers la baie vitrée de la salle et depuis la rue donc, un pommeau de douche dont s’écoule de l’eau dans une poubelle en plastique. Un micro sur le bord de la poubelle nous indique que c’est bien le son de l’eau que nous entendions dans la salle blanche. Mais l’image ne colle pas avec le son ! Car dans cette salle blanche, on a entendu la réverbération du son enregistré et le décalage de perception d’un même phénomène physique (l’eau qui coule) est impressionnant.

A l’étage du centre d’art qui était auparavant une salle de bal, l’artiste a imaginé une installation qui donne envie de danser (Access Boot). Comment la culture DJ de l’artiste a-t-elle influencé son travail ? Quelles sont ses autres influences ? Je crois que la pratique de Dj permet au fond à tout à chacun d’élaborer sa propre forme d’écriture musicale et de la partager avec les autres dans l’idée d’une célébration joyeuse. Il s’agit de faire bouger les corps, de danser, d’éprouver l’euphorie collective et le plaisir que procure la musique. C’est une forme d’expression populaire et de plaisir immédiat de la musique qu’Haroon Mirza inclut volontiers dans son travail aux côtés d’autres formes plus érudites, celles du Ready made par exemple, de la musique concrète, de la scénographie... qui mobilisent chez le visiteur d’autres sens, d’autres formes d’intelligibilité, construisent d’autres systèmes d’information. Au fond, Haroon mixe différents langages (visuel, sonore, spatial), c’est une attitude réellement contemporaine.

C’est aussi quelqu’un qui a reçu une importante formation en design. Il en a gardé une vision de l’objet-prototype, un intérêt revendiqué pour la fonctionnalité des œuvres d’art et une conscience aigüe de la dimension culturelle des objets, de leur usage et de leur interprétation.

Pense-t-il enregistrer son travail ? Quel est son rapport au son enregistré versus son en live ? Non, Haroon Mirza ne conçoit que des œuvres ” live “, tout ce que vous entendez dans les salles est produit en direct. C’est une donnée importante de son travail, c’est ce qui rend l’expérience du visiteur si physique. On n’est pas dans un espace sonore qui serait un prélèvement du réel, simplement déplacé et diffusé dans la salle d’exposition, ce qui en ferait une trace, un ” document sonore “, lequel porterait une forme de vérité sur le monde (c’est le principe de la capture sonore). Tout le travail d’Haroon Mirza consiste justement à brouiller ce qui semble être une information fiable pour nous faire prendre conscience que ces certitudes sont culturelles. C’est aussi pour lui une façon de jeter un trouble sur la possible vie de tous ces objets ou éléments immatériels comme la lumière et le son qui se manifestent, semblent prendre vie sous nos yeux et nos oreilles... de jouer avec notre entendement, ce qui est logique, plausible ou absurde. Son travail est lié aux mécanismes de l’information. Les sons enregistrés font partie des textures sonores qui composent notre environnement, et c’est pourquoi il peut les inclure parfois dans ses compositions ” live “. Mais lorsque l’artiste inclut une vidéo glanée sur You tube par exemple, il s’agit bien de son enregistré, mais ce son est traité par lui comme une source ou une matière sonore déjà médiatisée qu’il travaille de façon à en extraire plus que ce que le document ne livre.

Dans la salle de bal Photographie © Teklal Neguib

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Parc naturel régional de Brière Photographie © Eric Sneed

Dans les méandres du bruit Déambulations à l’exposition Nuit du LIFE

ARTICLE DE

TEKLAL NÉGUIB

Bassin de Saint-Nazaire Photographie © Jan Oliver Kunz, LIN Agency

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Saint-Nazaire, Base des sous-marins - Radôme Photographie © Jan Oliver Kunz, LIN Agency


CRÉÉE

par la compagnie Ouïe/Dire en partenariat avec le Life, et le théâtre Athénor, l’installation a pour thème la nuit et ses bruits, en la ville de Saint Nazaire. Elle propose ainsi une expérimentation très complémentaire à l’œuvre d’Haroon Mirza sur le son, ellemême exposée au Grand Café. La captation des bruits, la nuit venue, a eu lieu pendant une semaine à l’été 2013. Véritable phonographie, ces images sonores racontent une ville, sa vie, ses silences, son port, ses trains, sa nature, dans sa musicalité naturelle. Il n’y a pas d’image, seulement le bruit le plus pur.

L’écoute de ces sons est en elle-même une véritable expérience physique, émotionnelle. En effet, afin d’induire une écoute totale, un abandon de soi dans les sons de Saint Nazaire, les artistes proposent une salle en aveugle (noir complet), où le spectateur s’allonge ou peut s’asseoir à sa guise sur des banquettes-lits créés spécialement. Les sens sont alors tout en alerte, en disponibilité. D’expérience, les meilleures sensations sont, cependant, obtenues en étant allongé, car par l’étrangeté du bruit, le corps lui-même finit par ” entendre “ le son. En effet, ressentant les vibrations, qui le pénètrent, il devient alors ouïe. Ce n’est d’ailleurs pas seulement sur l’étude et l’analyse du son, que Nuit, au Life et Random Access Recall, au Grand

Café, sont complémentaires, c’est aussi dans le jeu sur la corporalité du son : comment le corps perçoit le son, et le vit ; comment le son s’intègre et s’assimile en lui. L’exposition est en outre un voyage dans l’environnement d’une ville portuaire et de sa découverte : une déambulation immobile par le son. Nuit propose ainsi de se rendre compte que même le silence est bruyant.

Il est à noter que cette installation sonore a été spécifiquement créée pour le LIFE, dans une perspective artistique, et non documentaire. Centre d’exposition, le Life est alors devenu une caisse de résonnance des captations, un acteur en soi de cette écoute et expérience. Car il est tout à la fois un lieu clos, et une salle de concert, situé dans la base sous-marine, construite sur une architecture de type bunker, par les allemands, durant la Seconde Guerre mondiale.

L’exposition qui fait appel à l’imaginaire du spectateur, est une proposition poétique d’une très grande valeur, très intéressante aussi pour les plus jeunes. Visitée par les enfants de la ville, qui l’ont particulièrement adorée, ces derniers ont en outre poursuivi cette expérience par la création de haïkus (notamment les maternelles), pour le théâtre Athénor.

Pour information L’installation sonore Nuit était présentée au LiFE du samedi 8 février au dimanche 16 mars 2014. Compagnie Ouïe/Dire Jean-Léon Pallandre - composition phonographique Marc Pichelin - composition phonographique Laurent Sassi - ingénieur du son, mixeur Scénographie Philippe Comte, Agence Guliver Coproduction Athénor et le LiFE - Ville de Saint-Nazaire

Saint-Nazaire, front de mer Photographie © Dominique Macel, Ville de Saint-Nazaire

Pour se tenir informé des expositions au LIFE LIFE Base des sous-marins, Alvéole 14 Boulevard de la Légion d’Honneur 44600 Saint-Nazaire - France Tél. : +33 (0)2 40 00 41 68 • life@mairie-saintnazaire.fr www.mairie-saintnazaire.fr lelifesaintnazaire.wordpress.com Entrée libre et gratuite L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - L.ART 11


SONIA COPELAND BLOOM

12 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA


Air is Key A Song It was a breath of air delivered me from womb to world, Set my heart a-beating and filled my lungs so I could yell And find a voice to cry myself to life as I uncurled My limbs: a tiny nose breathed up the vital gift of smell Opening my lips so I could seek for nourishment and care. The key to life’s long journey, come what may, is precious air. That breath of air we need to laugh, or rage, or make us cry. Air elicits music, stirs passions, provokes that lonely sigh. An omnipresent girdle, air is soft, unseen, yet fierce and strong. What’er we do, where’er we go, air will forever come along. And when life’s journey ends, and there’s no need for sustenance and care, This gaseous God will say farewell and leave. The key to life and death is air.

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Only a Dream Why does it feel, when we are together That this is a love that will go on forever? Why don’t I wait, just wait for tomorrow? When the phone doesn’t ring, I’ll be filled with such sorrow. What makes you hug me and hold me so tight Then nonchalantly wave as you vanish from sight ? Why can’t I hide that I feel such a lot ? Why can’t I pretend that I don’t mind a jot ? Next time, I promise, I’ll make out I don’t care I’ll say no to your kisses and laugh if I dare, Wave goodbye with a smile when you go: it’ll seem To me and my heart – you were only a dream.

14 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA


Fire Fire is heaven and fire is hell, Fire is a flaming ball, a burning carousel. Fire is the force, a golden sun, kindling the miracle of life. Yet fire can devastate, annihilate, bring pain and endless strife. Fire is warmth and fire is joy Fire devours, its greedy flames destroy Fire gives the world its energy: lights up its darkened earth. Its scorching finds the dying; its crimson rays new birth. Fire is love and fire is hate Fire is an ardent heart, a warmth that will radiate Fire burns in those inspired, puts genius within their grasp. Or ignites Man’s hatred and incites his wars. Man’s life-long work must be twin-tasked To fan the flames of love and stamp out the fires of hell.

Note of Sonia Copeland Bloom Air is Key won a distinction at the Thanet Drama Festival. Fire was written for the Thanet Festival. Note de Sonia Copeland Bloom Air is Key a reçu une distinction au Thanet Drama Festival. Fire a été écrit pour le Thanet Festival. L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA 15


JULIETTE MOUQUET

16 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA


Dans mes chaussettes J’habite ici Sans avoir, sans être J’habite ici Dans mes chaussettes Je n’ai pas vu arrivé la déchéance Ni les coups de pieds dans ma panse Sous le pâle d’un réverbère Je divague, je bois la mer Au goulot sali, le sang de l’hiver Je n’ai pas vu arrivé la solitude Ni les barrières de la méfiance Face à une humanité trop rude Qui prône l’excellence J’ai perdu le fil et la cadence De jours chômés en cafés de l’absence Je ne suis plus en concurrence J’habite ici Sans étreintes, sans fête J’habite ici Dans mes chaussettes

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA 17


La déception Je te rejoins, petite sœur, ma vaste déception N’aies pas peur, je te connais si bien Tes yeux écarquillés où la lueur s’étiole Ta bouche absurde qui dégringole Ton visage vidé par l’outrage et l’heure indifférente J’aimerais que tu ne sois pas née Ne pas te ressembler Et rester fille unique de la joie Un cri terrible entre dans la chambre Je m’en vais border ta cadette La rancune !

18 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA


Trompe l’œil Ce soir en ce lointain murmure En ton mystérieux silence Dans la fête tant attendue De nos retrouvailles Vas-tu salir le diadème blanc Me baises-tu l’absence ? Me dévisages-tu avec une autre ? Quand seul le désir des formes Perce ta cornée

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ROBERT NOTTEMBOOM

20 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - POESIA


La poésie m'aura aidé à vivre; m'aidera-t-elle à mourir ? En attendant, je ferme les yeux pour ne pas voir que je ne vois plus qu'à peine... Mille étoiles s'éveillent à l'aube de la nuit.

Nous fûmes oiseaux dans les forêts luxuriantes nous perdîmes nos ailes

Tu n'es pas revenue des lieux de l'horreur tu es restée en moi

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22 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


DOSSIER D'EXPLORATION

CORPS COMBATTANTS

kael t block - Gabriel, Male / Female / Fuck You, Seattle - 2006 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 23


ANOUK DEVILLE

24 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


LES COR PS INTIMES

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 25


26 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 27


28 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 29


DIDIER LESTRADE

Le sida et le nuancier de couleurs

30 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


JE PENSE

que tout à été déjà dit sur l’influence du VIH sur le corps humain, chez l’homme ou chez la femme. Finalement, si on relativise, c’est ce qui arrive à toutes les personnes qui tombent malades, qui ont un accident, qui deviennent handicapées, qui perdent leurs cheveux, vous connaissez la liste. Ça concerne des centaines de milliers de personnes chaque année et si on réfléchit bien, il devrait y avoir des médias essentiellement consacrés à ça car il s’agit d’un public captif qui se tait, en général, qui se trouve en marge d’une société où il faut être George Clooney pour vendre du café. Mais ce n’est pas suffisant de se battre contre une maladie, prendre des traitements forever, faire des calculs impossibles sur les chances de survie, s’imaginer encore plus laid et plus amoindri, il faut en plus le vivre dans le silence. Normalement, à notre époque, il aurait dû y avoir une convergence de toutes ces maladies qui, souvent, affectent l’image des malades de la même manière. Il devrait y avoir de témoignages qui rapprochent ces affections, qui établissent que les malades des pays riches ont quelque chose qui leur rappelle les malades des pays pauvres. Il devrait y avoir une fusion de tous ces messages, afin que les gens se sentent un peu moins seuls, qu’ils échangent des conseils pratiques ou des solutions domestiques, il devrait y avoir une réappropriation du corps mais ce n’est pas le cas (une app vite!). Les malades tiennent souvent à la spécificité de leur maladie, ils s’y accrochent même pour ne pas se perdre complètement dans l’inquiétude et le désespoir. On a même vu, â travers le sida, à quel point les maladies s’affrontent dans une compétition féroce pour obtenir des recherches plus rapides, une meilleure reconnaissance des Etats et des sociétés. Souvent, ce que l’on consacre au sida, on ne le dépense pas pour les autres maladies. Chaque maladie développe ainsi une culture pour assurer à la société qu’elle est particulière, unique. Mais c’est souvent parce que certaines maladies sont plus effrayantes que d’autres ou que le monde de la culture s’en empare plus facilement. Parler de la sclérose en plaque d’une manière romantique est assez difficile. Le faire pour le sida, pour le cancer, c’est assez courant.

Pourtant. Pendant toutes ces années, il a été difficile de s’exprimer sur nos visages et notre apparence car les médias s’étaient emparés du sujet d’une manière qui, comme toujours, nous échappait. Il y a eu la terreur du Kaposi et même s’il fallait bien communiquer sur ces taches violettes qui défiguraient les malades, il y avait un côté freak show qui ressemblait trop à une fixation extérieure, presque voyeuriste. Ensuite,

il y a eu l’ego. Certaines célébrités comme Guibert ont utilisé leur image comme un atout promotionnel et ce qui a été considéré comme un processus artistique, une pédagogie de la maladie, n’a finalement qu’un geste égoïste, très autocentré, et surtout commercialement prodigieux. Certains se retrouvaient dans Guibert, d’autres avaient l’impression qu’on leur volait leur image. Le succès de Guibert est devenu une machine de vol médiatique, une surexposition, un détournement. Le look Guibert est devenu une obligation intellectuelle et chaque livre qui se vendait, chaque photo de son corps, chaque article larmoyant était une négation des autres, les prolétaires de la maladie, les militants aussi. Le sida est devenu un sujet de salon sur fond de musique classique, une version Bayreuth de la fièvre, de la diarrhée, de l’incontinence. Pendant longtemps, nous avons du nous taire sur ce qui apparaissait sur nos corps et ce qui disparaissait surtout, cette jeunesse, le peu de graisse qui nous restait. L’analogie avec les camps de concentration était établie par les livres de Susan Sontag et Larry Kramer et l’argument de l’holocauste se renforçait chaque jour. Les gays étaient le dernier fourgon vers Dachau, celui dont on ne parlait pas et pourtant leur sort ressemblait beaucoup à celui des emprisonnés qui disparaissaient quand le monde entier préférait ne pas regarder. Où étaient-ils ? Avaient-ils disparu des villes dans lesquelles ils habitaient ? Qu’étaient-ils devenus ? Personne ne le savait car les gouvernements ne s’intéressaient pas à eux, parce que la science était dégoûtée de ce que nous étions, parce que leurs vies ne méritaient pas d’être sauvées. Et c’est là où le lien politique s’est construit entre l’indifférence envers les gays et l’indifférence, beaucoup plus grave encore, envers les Haïtiens, les toxicomanes, les Africains. Ils avaient souvent les mêmes maladies, ils décédaient de la même manière, leurs cadavres se ressemblaient et les croque-morts ne voulaient pas les toucher. Leur image était si épouvantable, elle sentait si mauvais, elle était le signe que le sida paraissait meurtrier, au-delà de la mort. C’est donc cette catastrophe globale qui nous a retenus dans la complainte de notre corps et de nos visages. Le drame était si grand, si international, que nous ne pouvions pas parler de nous, en tant qu’individus, comme le faisaient les Guibert des prix littéraires. Il y avait forcément des malades qui souffraient davantage, qui avaient encore moins de soins et de traitements, c’était impossible de parler de nos corps d’une manière égoïste. La grande douleur du sida, nous l’avons évacuée en dynamisant le mouvement associatif, en discutant avec nos amis, en respectant les morts. En tant que survivants, notre complexe était déjà connu. Comment se plaindre d’une image corporelle quant tant de personnes n’avaient même pas de couverture sociale, comme nous? Au

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moins, nous étions toujours vivants et chaque jour, devant la glace de la salle de bains, nous avons appris à refouler cette terreur de ne plus se reconnaître, devant ces jambes et ces bras qui perdaient leur graisse, cette peau qui devenait terne malgré notre jeunesse ou rougeâtre à cause des effets secondaires de l’Epivir. Il a fallu traverser l’incertitude des années 90 en tentant le coup, en espérant que des traitements plus efficaces arriveraient, en poussant la recherche à développer des techniques de comblement des lipoatrophies. Et pendant ces longues années, nous avons appris à moins nous aimer physiquement, ce qui a souvent été le prolongement de complexes identitaires de minorités souffrant déjà de lacunes en termes d’amour propre. Quand on avait du sexe, c’était forcément dans l’environnement clinique de notre identité séropositive. Comme les tuberculeux baisaient entre eux dans les centres de cure ou les fous dans les asiles. Quand on était amoureux, on avait toujours cette idée que l’autre cesserait de nous aimer parce que votre corps n’était plus celui de la première rencontre. Il y avait une immense entraide entre gays et les séronégatifs faisaient l’effort d’aimer les séropositifs malgré leurs stigmates. Nous leur étions énormément reconnaissants. Mais il y avait toujours cette peur, surtout quand elle concernait tous les fluides corporels. On a du mal à se rappeler aujourd’hui. Même la salive faisait peur. Dans les associations, à l’hôpital, dans les manifs, dans la rue de tous les jours, nous nous reconnaissions en un coup d’œil. Le VIH est devenu un nouveau Gaydar. En regardant quelqu’un, on pouvait être quasiment sûr s’il portait le virus. Pour ceux qui avaient eu la chance de naitre jolis, c’était catastrophique. Pour ceux qui s’étaient entrainés, par le sport et l’effort, c’était la perte de contrôle. Pour ceux qui n’étaient pas jolis, c’était l’aggravation d’une injustice naturelle. L’estime de soi dégringolait de tous les côtés dans une société où la beauté a toujours été le parangon de la réussite. Même pour les militants exemplaires, l’image était celle de freaks, ce qui a été accentué et autoproclamé par le look actupien et queer. Notre image était la preuve de notre exclusion et en même temps, elle était le signe de l’appartenance à un renouveau politique. Etre amaigri, c’était forcément appartenir à un mouvement de lutte qui était alors prestigieux.

À la première personne Quand on fait le rappel de ces clichés sociétaux, il reste vraiment à parler du corps humain, et pas dans un champ philosophique. Pour moi, la réalisation de ma déchéance ne s’est pas faite devant le miroir de la salle de bains. Cela faisait des années que je m’étais habitué à me regarder en une

fraction de seconde, comme quand on vérifie s’il reste du dentifrice après s’être brossé les dents. Ca s’est passé dans la rue, au hasard, un jour où mon reflet m’a renvoyé l’image de quelqu’un qui n’était plus du tout moi. Je suis séropositif depuis 26 ans ou 27, je ne compte plus vraiment les années et je peux témoigner que je n’ai jamais eu d’histoire d’amour sans que ce statut sérologique ne soit une limite à mes sentiments amoureux. Je veux dire par là que l’amour qui m’a été offert l’a été en dépit de cette apparence, ce qui peut être vu d’une manière formidablement positive bien sûr. Ces hommes ont dépassé une crainte naturelle en se rapprochant de moi. Mais le moi physique qu’ils affrontaient quand ils faisaient l’amour n’était plus ma vraie personne, il est mort depuis longtemps. Avec les années, mon physique devenait un double de moi. Malgré l’amour que je recevais et que je donnais, cette peur m’a empêché d’apprécier le soleil, le sexe et toutes les bonnes choses de la vie. Mon apparence était le résultat d’une longue suite d’interdits comme le fait de manger ceci ou cela parce que c’était dangereux pour le système immunitaire. Le sperme était un NO-GO mortel, les muqueuses étaient des zones délicates avec lesquelles il ne fallait pas rigoler, chaque orifice était une porte d’entrée potentielle pour des agents pathogènes spécifiques. Mon corps était un panneau signalétique en direction de tous les microbes de la planète, une invitation alléchante : ‘‘ Venez par là ! Satisfaction garantie ! ’’ Car chaque partie de votre corps réagit à sa manière à la présence du virus. Une candidose sur les ongles des pieds qui reste à vie, c’est un complexe qui fait que vous n’avez pas envie que votre mec vous caresse de ce côté. Et pourtant, vous en rêvez. Vos jambes amaigries qui souffrent de crampes, c’est la hantise de réveiller votre amoureux par des cris de douleur au milieu de la nuit. Votre cul, qui avait toujours été un sujet de compliment lors de votre jeunesse, au stade où ça vous énervait d’entendre des mots gentils plus ou moins intéressés, ces fesses sont parties voir ailleurs. Perdues pour toujours! Mon sexe? Oh il vieillit lui aussi et puis il est tellement sensible aux effets secondaires des médicaments qu’il devient à lui seul un thermomètre de toxicologie. Avant il était si facile à satisfaire. A 40 ans, il a commencé à avoir une mémoire sélective et puis il a toujours débandé dès qu’un risque épidémiologique survenait, il est ma conscience faite chair. Pendant un quart de siècle, il s’est habitué à tellement d’interdits qu’il est devenu moins joli, moins fier, moins masculin quoi. Mon ventre, c’est juste une caisse de résonnance de toutes les merdes chimiques avalées tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours (enfin ça va, je suis observant à 90%, je ne suis pas une machine non plus). C’est le processeur nucléaire de l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui ça va vraiment mieux mais il a été marqué, dans sa mémoire cellulaire et musculaire. Pendant les pires années, celles du début des antiprotéases,

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c’était impossible de se mettre sur le ventre pour dormir et le cerveau s’habitue à ce sommeil de cadavre, bien droit, sur le dos. Il était si sensible qu’il ne supportait plus la moindre caresse, c’est à ce stade de tristesse. Alors, avoir la tête d’un amant sur le ventre, oubliez. C’est l’endroit du bouglibougla des pilules qui libèrent leurs principes actifs, le début de la flatulence, et puis ce ventre grossit, c’est d’ailleurs la seule partie du corps qui prend du volume, super. Vous êtes vieux avant d’être vieux. You smell. Votre transpiration, si douce, naturellement parfumée, développe un arrière goût chimique. Heureusement, j’adore les parfums. C’est donc l’ensemble de votre charpente qui porte un poids trop lourd, celui de votre métamorphose. Vos épaules sont si fines qu’elles changent votre stature et votre maintien, vous êtes plus courbé. Vos os deviennent fragiles, c’est connu dans le VIH. Et ce visage, c’est un chapitre à lui seul, la partie la plus visible de votre être, celle qui parle en public et qui effraie quand les mots sortent de votre bouche. Vous voyez dans le regard des gens qu’ils n’écoutent pas toujours ce que vous dites, ils sont d’abord en train de se poser la question : ‘‘ Je ferais quoi si j’avais un visage comme lui ? ’’ Un jour, un jeune a eu la franchise désarmante de vous dire qu’il préfèrerait se suicider. Votre communication est altérée par votre image et si vous réfléchissez bien, tous les hommes séronégatifs qui vous ont aimé finissent par enchaîner votre relation avec cette fois un séronégatif. Ils ont donné, vous les avez peut-être épuisé avec votre VIH, ils méritent un break. Je vous entends dire que ce constat concerne surtout les années 90. Même pas. Ces drames de l’image corporelle, c’était surtout pendant la première moitié des années 2000. Mais la seconde moitié des années 2000 a apporté de nouveaux séropositifs moins marqués, plus jeunes, plus musclés, moins amochés par les vieux traitements. La peur de l’image s’est diluée dans une nouvelle normalité asymptomatique et indétectable. Ces nouveaux arrivants suivent des multithérapies qui affectent moins leur métabolisme, ils gardent leur graisse sur le visage, ils n’ont pas à vivre ce que nous avons vécu et franchement, dans tous les cas, on est contents pour eux. Il n’y a pas de jalousie, c’est la vie, notre maigreur est la passerelle sur laquelle ils ont marché pour atteindre l’autre rive de la séropositivité chronique. A part les cauchemars de l'emtricitabine/tenofovir disoproxil, ça va mieux (lien). Le Gaydar de la maigreur fonctionne moins, il est plus difficile de reconnaître un séropositif dans la rue et c’est une victoire que nous avons obtenue, nous les fantômes. Nous serons toujours là pour leur rappeler ce qui s’est passé avant leur contamination mais tout nous indique qu’ils n’ont pas envie de savoir. Survivants, nous sommes des monuments aux morts qui bougent et comme tous les monuments aux morts, les gens passent devant sans les regarder, sans lire la liste des personnes disparues dans le village. Les mauvais

souvenirs de cette épidémie ne se cachent pas seulement dans nos souvenirs, ils sont visibles sur nos visages, dans la mémoire intracellulaire de notre organisme, jusqu’au plus profond des os et de la moelle épinière. Le corps se rappelle de tout.

Cacher son corps J’ai fini pas admettre que si je me suis récemment tourné, à nouveau, vers le tatouage, c’est en grande parie dans l’envie de maquiller de ce corps pour lui donner une nouvelle identité. Quand je présente un dessin à un tatoueur, si je veux vraiment lui expliquer, je finis par lui dire que je suis en train d’habiller ma séropositivité, comme d’autres ont recouvert leurs corps de dessins tribaux dans les années 90. Mais moi, je choisis des motifs positifs pour montrer que l’on est passé à autre chose. Pas question de coller sur mon corps un signe macabre comme une tête de mort ou un symbole sombre. Le dessin, le message, la typographie, c’est mon dernier effort pour pousser ma séropositivité vers de nouvelles couleurs. Je suis un homme sandwich du tatouage, mes motifs s’apparentent à mes articles, une méthode Coué de l’effort. Je ne peux plus changer mes os, mes muscles, ma vieillesse, je peux seulement essayer de les mettre en valeur. C’est pour moi que je le fais, c’est l’aboutissement d’années d’impuissance face à mon image. Car c’est finalement la mort qui me motive encore et encore, pour tenter de la contredire. Quand je parle de cet extreme make-over à travers ces tatouages, je sors toujours le même trait d’humour : ‘‘ Je travaille sur mon cadavre ’’. Je veux être prêt à partir avec un look que j’aurai choisi. Je veux changer mon corps jusque dans la crémation. Que ces dessins se consument avec moi, que l’esprit de leur message se dissipe dans la fumée. Je me suis préparé à partir, dans ma tête et maintenant dans ma peau. J’ai fait un effort. J’invente un concept de vie avec la VIH et je l’offre au feu. Ce n’est pas de l’art, c’est un fétiche abstrait portebonheur qui me décrit tel que je suis vraiment. La personne qui a été transformée par la maladie, celle qui a survécu et qui s’abandonne volontairement au mystère de l’au-delà. Je n’ai pas peur de ce néant, je lui apporte des offrandes, mon corps affaibli mais décoré de couleurs et de messages. Le VIH vaincu par le Pantone. Personne n’a vu le sida sous cet angle, il me semble.

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Virgo, Paris, France - 2010

KAEL T BLOCK

X X Boys 34 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


Mathieu, Lille, France - 2013 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 35


36 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


Josh, Paris, France - 2012

James, pregnant, Vancouver, Canada - 2005 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS 37


Daniel, Brooklin, USA - 2005

Kay, pre op, Berlin, Allemagne - 2008 38 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


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À ma mère, autoportrait - 2011

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À mon père, autoportrait - 2011

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TEKLAL NEGUIB

La photo

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Le regard de l’homme, qui regardait l’homme, le regardant, se déposait intrigué sur celui-ci. Il se sentait épié, analysé, examiné sous toutes les coutures, dans son âme, ses envies, et ses secrets. Il n’avait plus d’intimité, le brave homme peint, exposé là au regard du premier venu, dans sa fragilité d’œuvre que l’on place, déplace, replace, si fragile, sur sa toile. Il voulait prendre vie, crier, hurler au monde son existence, lui prisonnier des pinceaux. Et le photographe lui volait à nouveau son âme, en l’enfermant dans une toute petite photographie. Quoiqu’il fasse, il n’était qu’image, et ne pouvait exister que dans le silence du regard !

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KHALID EL MORABETHI

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Nu, devant le miroir Nu, devant le miroir, Un corps, un visage, un regard. Le silence et le battement du cœur, veulent dire quelque chose, Mais une pensée incomprise follement crie, je ne sais la cause. De l’autre coté du miroir, Il contemple mon visage ignorant, Il voudrait sortir me parler, me faire savoir, Me faire croire. “ Sortir, sortir ”, Criait-il. Nu, Je cherche l’homme au costume noir, sans figure, Je voudrais lui parler de cette blancheur, Cette feuille vide, ce stylo sans encre et ce vieil auteur obscur. Il pleut ! disait-il avec un soupir, Il contemple mes pensées, il aime me lire, Il aime regarder à travers moi, ce que je ne vois pas, Ce que je ne comprends pas. “ Sortir, sortir ”, criait-il, Nu, Devant le sourire venin de la fameuse vérité, Devant sa force, son grand couteau dans ma gorge est toujours planté, Devant mes mensonges dits avec une grande certitude, quel menteur, je suis ! Devant mes mains sales et cette partie de moi si pourrie, Quel monstre tu es ! Laisse-moi sortir, il crie. Laisse sortir la grande partie, qui à tout moment est prête à exploser. Laisse sortir la colère, L’enfant qui brûlait les têtes de ses poupées jusqu›à ce qu’elles fondent. Laisse sortir ce que tu ne peux supporter et le côté sombre qui te hante. Nu, j’entends une prière d’un monstre, Il souhaite qu’on se voie, qu’on se rencontre.

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FRÉDÉRIC JAVELAUD

46 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


WA I T I N G F O R T H E M O M E N T

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48 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DOSSIER D'EXPLORATION : CORPS COMBATTANTS


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Montréal, 10 avril 2011

PEGGY FAYE

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Sydney, 10 mai 2013

CR IS UR BAINS

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Montréal, 10 avril 2011

56 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


Montréal, 30 janvier 2012

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Montréal, 15 avril 2011

58 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


Montpellier, 18 novembre 2012

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Montr茅al, 30 ao没t 2011

60 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


Montréal, 10 octobre 2011

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FRÉDÉRIC LUCAS

La danse de salon

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SALON

en transe, pleine de nuances. Les hommes, les femmes dansent. Une pirouette par ci, une pirouette par là et tout finit. Et ça recommence en concomitance, par fraction, par épisode, par passion, en méthode. Et moi, dans le monde, à me morfondre en complaisance, ne sachant danser, ni pleurer. J’attends simplement la fin. Et ça recommence... Et j’aperçois, et j’apprécie son regard, sa grâce, comme à chaque fois, une nouvelle, une unique vénus. De si longs cheveux laissant une trace jusqu’à envelopper mon désir de la tenir, de lui parler, de nous ensevelir en pétales rouges de notre bonheur. Plus loin, là-bas, un gros homme, aux gestes brusques, tel un hussard. Bouffi d’orgueil, de défenses malsaines, créature chétive et confite, il bouscule dans des déhanchements contrôlés les couples de condition inférieure en bringuebalant sa partenaire de bas en haut. “ Et je cumule ci et je cumule ça... ”, semblent dire ses traits pesés. En second, sa pas-copine-du-tout, riposte à la hargne, “ Et je suis ci et je suis ça... ”, tirent les yeux bleus au blanc glacial “ Homme de Neandertal ”, s’oubliant elle-même. Mais ça reste... et ça reste convivial. Le premier crie à l’imposture, à la falsification de documents officiels, et oppose un démenti. Il éternue alors d’un flagrant barrissement laissant bouche-bée ses congénères en la salle, meurtrissant les oreilles des autres, dans un souci d’hygiène corporel, alertant tonitruant les cerveaux supérieurs de l’infamie. Il retourne à sa table suivant à petits pas sa partenaire lorgnant de ci, de là, les jeunes filles comme flairant une bonne nouvelle piste.

Quand vient la fin ? Une nouvelle chanson, l’orchestre s’emballe, les yeux bleus s’empalent, s’indignent intérieurement, faisant bonne figure face à cette approche à la hussarde. Elle écrase de ses petits pieds les gros orteils de son homme l’intimant de tourner à droite, de tourner à gauche. Maugrée-t-il... elle insiste. Jetant en avant son buste énorme, cédant devant ses arguments, il obtempère finalement. Et là s’engage un concours de bonnes manières, de bons sentiments, de clins d’œil, se frôlant intimement de l’esprit, se séduisant mutuellement, le hussard, la femme, les yeux bleus. Et ça roucoule, et ça roucoule... “ Et vous êtes ci, et vous êtes ça ”, des valets jouant la Cour. “ Vous nous feriez bien l’honneur d’un menuet ? ”, glisse-t-elle de sa poitrine découverte. Derrière se gausse une jeune maman, presque mariée, presque célibataire. Désirant, désirée, vivante enfin. À travers elle, une tonne de mensonges, une tonne d’amour s’accomplissent et paralysent l’instant présent. Rien autour n’existe plus, se suffisant dans l’absolu à elle-même, à ses filles, à son mari et ses amants. “ Ne peut-on aimer plusieurs fois  ? En même temps  ? ”. Elle danse de salon en salon, la valse, le tango et la polka. J’aimerais vivre avec elle, belle en son âme mais, le mariage, bien qu’alliage, n’en demeure pas moins à son goût précieux. J’arrange ma cravate, me dirige vers le buffet et m’offre une coupe de pétillant. Je songe à tout, à rien  ; je songe voilà tout. “ Il n’est pas besoin de penser tout le temps. Vivons heureux. ”.

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FRÉDÉRIC JAVELAUD

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D OW N TOW N

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66 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


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68 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


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70 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - D'ARBRES ET DE PIERRES


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CICERO MELO

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Le lecteur d'os Personne ne lit la Poésie, aujourd’hui. Toutefois, un milliard d'années depuis, Un lecteur d’os Decouvrirait que c'était la langue des dieux.

O leitor de ossos Ninguém mais lê Poesia, Contudo, um bilhão de anos além, Um leitor de ossos Achará que era a linguagem dos deuses.

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA 73


La nuit transposée L’obscurité secrète la texture d’une limace. S’agrège à la face comme une pute intestine. Et pénètre dans mes rêves.

A noite transposta A escuridão secreta a textura de uma lesma. Agrega-se ao rosto como uma puta intestina. E penetra nos meus sonhos.

74 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA


Tabatha

POUR TADJ MOOTE

Le regard déborde dans le paysage Cette fête des arbres. Les eaux silencieux crient :   - Une femme est morte par manque d'amour !   Son corps n'a pas été retrouvé.   Les pompiers cherchent à l'intérieur de moi Il y a plus de 10 000 ans.

Tabatha

PARA TADJ MOOTE

O olhar transborda na paisagem Deste festim de árvores. As águas do silêncio gritam : - Uma mulher morreu por falta de amor !   Seu corpo ainda não foi encontrado.   Bombeiros a procuram dentro de mim Há mais de 10 000 anos.

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA 75


ARNAUD DELCORTE

76 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA


Évolution avancer envers et contre tout oui pour satisfaire la nature le maître-plan de la création la suprématie de l'espèce qui se dévore elle-même blind design pour éloigner le passé pour noircir des pages de cendre ashes to ashes avancer dans l'arbitraire espace dans le non-lieu avancer car c'est ce que nous dictent nos gènes hommes gonades spermatozoïdes œufs fœtus hommes avancer dévorer procréer “ croissez et multipliez-vous ” courir dans la toundra remplir le vide et puis comme les lemmings se jeter dans l'arbitraire espace du courant dans l'arbitraire espace du courant

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA 77


Le drame conventionnel “ comment faire éclater le drame conventionnel ? ” * une petite fureur bleue qui décarcasse les grenouilles d’hospices un pied nu dans la fourmilière je lave le regard des jeunes filles à bulles de champagne lorsque je me couche en travers de leurs ventres légèrement bombés le strass internet et les visions noires paradisiaques je chante des alléluias silencieux en convoitant l’entrejambe des héros trois soleils levés pour la victoire tired of lovin’ nobody l’aigreur à l’estomac je me couche devant les écrans d’ignorance crasse comme s’ils étaient des paysages d’aquarelle autotune dans l’oreille je dérive i’m an angel i’m a god pour trois soleils t’as plus rien une petite misère jetée dans une sébile Redbull au mouroir de la gare et le rythme change les cris s’intensifient le sang frappe au corps et aux cuisses aliéné de miroirs je me couche incapable de juguler la peine abyssale un type en T-shirt Che Guevara pourquoi pas Goebbels ou Staline éradiquer les propagandes mieux choisir ses idoles grandir les ramifications de la douleur grimpent le long de ma jambe les insectes irisés me grignotent me sortent de partout c’est l’évolution “ comment faire éclater le drame conventionnel ? ” vieillir devenir Dieu je me couche pour de bon

*Frankétienne, in : D’une bouche ovale, Vents d’ailleurs.

78 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA


Sagesse ? le détachement malgré l’incoercibilité apparente du désir monnaie donnée = allègement du karma monnaie rendue et la gravité s’accroit gérer les échanges au niveau le plus terrestre mes deux pieds dans le sable pour la futilité sable puis nuée puis voile puis brise puis le vide intérieur vide de toi et moi une mouette spirale dans l’œil blanc du soleil détachée et vivante à la merci des courants modèle architectoniquement parfait / mandala juché au sommet des vents le regard vers le bas moins par humilité que par instinct survivre à ce manque / à ce goût de toi qui a imprégné tout en moi peau gorge sexe œil lèvres poumons imprégnés jusqu’aux os à cette volupté et à cette souffrance choisir le chemin équidistant entre attachement et détachement la voie médiane embrasser et cultiver cet état de latence une certaine indigence de l’esprit et en faire peut-être une vie pas seulement un lieu innommé et fixe entre toi et moi pas une station de croix plutôt un espace poreux comme une atmosphère à la fois en contact et en retrait permanent de la multitude des vivants être à l’intersection de tous et à l’union d’aucun voilà comment nous devrions être à nous voilà comment je serai lorsque je serai sage

L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - FRANCOPHONIA 79


L'ARTISTE ET SON MODÈLE par TEKLAL NÉGUIB

80 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014 - DÉVOUVERTE


L'artiste et son modèle : film de Fernando Trueba Magnifique film intime, tourné en noir et blanc (dans la filiation artistique des films de Renoir), « l’artiste et son modèle » a été réalisé par Fernando Trueba en hommage à son frère sculpteur Maximo Trueba, décédé.

PORTÉ

par les figures tutélaires de Pablo Picasso et du sculpteur Maillol, il met en scène Marc Cros, vieil artiste travaillant la matière, en mal d’inspiration, et de vie. Par les hasards de la guerre (la Seconde Guerre Mondiale), son épouse et ancienne égérie va rencontrer une jeune réfugiée de la guerre d’Espagne, échappée d’un camp. L’ancien modèle présentant cette dernière à son époux, car reconnaissant en elle, la muse qu’elle fut, une relation empreinte de respect, tendresse, mais parfois aussi quelque peu chaotique, va se nouer entre ces individus, au premier abord fort différents. Ces deux êtres à la personnalité bien affirmée, sont profondément des êtres libres, chacun enfermé dans sa propre prison, la guerre pour l’une (elle doit se cacher), la vieillesse et sa décrépitude (pour l’autre). Ce film est d’ailleurs axé sur les contrastes, soulignés fort justement par le choix du noir et blanc. Contraste entre la mort (la guerre, le vieux sculpteur qui attend sa fin), et la vie (la jeune fille, l’amour entre la jeune fille et son amant, l’inspiration créatrice). Contraste entre les bruits d’une guerre assourdissante, et le silence de la nature, son caractère apaisant et doux, le sentiment de plénitude qu’elle dégage. Le film a d’ailleurs été tourné dans les Pyrénées Orientales (France) et au Parc naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa (Espagne). Il est question aussi de transmission dans ce film, entre les

deux héros, d’un vieil homme envers la jeune femme, d’un artiste envers son jeune auditoire (le modèle, le nazi passionné d’art). Transmission de la quête du beau, de la sensualité du travail de la matière, de son caractère charnel, sur la création, mais aussi sur la vie. La recherche de l’œuvre ultime, absolue est ce à quoi donnera naissance cette rencontre entre Marc Cros et Mercé. Redonnant une motivation à un artiste vivant jusque-là dans une tour d’ivoire qui se fêle sous la vie qui l’entoure désormais et s’immisce, elle le fera partir vers ce dernier voyage artistique, vers ce dernier travail, tout tendu vers sa réalisation, l’œuvre qui restera, au-delà de sa vie et de sa mort. L’œuvre absolue est l’étincelle qui jaillit des silences bruyants et créatifs, de cet être intérieur, avant son ultime disparition. Les sculptures du film sont elles-mêmes magnifiques et ce rapport didactique aux œuvres donne l’impression de regarder un documentaire, qui aurait été filmé à l’époque (les photos tirées du film sont elles-mêmes splendides, fruit du travail de Vanessa Pavie-Crottier,). Lorsque je regardais le film, elles me faisaient penser aux œuvres du Musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan (landes, France). Ce musée présente une très importante collection de sculptures figuratives, de 1880 à 2000, avec une spécialisation sur l’époque 1918-1940, qui fut très riche d’un point de vue artistique. Il est le troisième musée d’Aquitaine, et est labellisé ” Musée de France “. Sa collection est à découvrir avec délectation.

Pour aller plus loin : Musée Despiau-Wlérick 6 place Marguerite de Navarre 40000 Mont-de-Marsan Tél. : 05 58 75 00 45 Entrée gratuite

Aida y Jean posando Photographie © Vanessa Pavie Crottier

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Les contributeurs

SONIA COPELAND BLOOM English children’s writer and poet, living in Canterbury (UK), co-founder of Concorde International Language School; founder of the R & A Junior Open Championship. Author of the Tales & Truths about Garden Minibeasts series of children’s books, which reflect her passion for invertebrates; member of the Royal Entomologists’ Society and Amateur Entomologists’ Society.
Widow: South African writer Harry Bloom (d l981), children: Samantha Bloom (b.1975) and Orlando Bloom (b.1977). JULIETTE MOUQUET Née en 1977, Juliette Mouquet réalise des études supérieures en sciences de la vie et de l’environnement. En janvier 2006, son premier recueil de nouvelles et poésies Amour, lire attentivement la notice est édité chez Amalthée. Elle écrit pour des groupes pop rock dans lesquels elle interprète ses paroles métaphoriques (second prix du tremplin Rock en stock 2005 de Versailles avec le groupe Amaszone) et participe à différentes création dont le Complaint’s Choir du Belluard Festival à Fribourg en Juin 2008 dirigé par Eric Linder alias Polar. Actuellement, elle prépare activement son grand projet littéraire itinérant et humaniste qui démarrera en juin 2014 : La poésie vagabonde. ROBERT NOTTEMBOOM Après une longue maladie, Robert Notenboom, né dans l’entre deux-guerre, commence à publier des recueils : Du silence à l’éveil (2009), Il n’y a pas d’hiver, A l’embaumée des fleurs et Ultima Verba (2013). Il a passé vingt ans sur l’île de Groix, qu’il a dû quitter pour raisons de santé. Il est l’auteur de fables et d’essais ANOUK DEVILLE Née en 1988 à Marseille, Anouk Deville tombe amoureuse de la photographie à 15 ans. Cet amour n’a pas cessé depuis. Dix ans qu’elle explore son intimité et celle de son entourage, photos de famille, scènes de sexe, instants volés du quotidien, corps abîmés par les années ou par des mutilations volontaires... tout s’entremêle pour donner une œuvre empreinte d’une violente tendresse. Ses images nous confrontent à une proximité dérangeante et nous montrent que toute vraie splendeur provient de l’obscur. Son travail a été exposé à Paris, Marseille, Arles, Las Palmas, Los Angeles et Phnom Penh. DIDIER LESTRADE 55 ans. Séropositif depuis un quart de siècle. Journaliste, écrivain, militant, grand sentimental. didierlestrade.fr

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KAEL T BLOCK En 2005 Kael, qui naquit en 1979 en Colombie et vit à Paris, prend la route et part 3 mois aux USA pour rencontrer et photographier des transsexuels masculins. C’est ainsi que commence la série de photographies XX Boys, projet artistique et politique qui vise non seulement à documenter une jeune génération de FtM mais aussi à donner à sa communauté des images sexy et positives. Voyages en Europe et aux USA et exposition de XX Boys dans le monde dans le cadre d’expositions artistiques, de festivals politiques, de conférences universitaires. Son travail personnel met en scène des lieux transfigurés, prisons abandonnées, hôpital en friches, végétaux urbanivores et des personnalités marginales par leur sexualité, leur genre ou simplement leur style. TEKLAL NÉGUIB Ecrivaine métisse, Teklal Neguib est passionnée de mots et de sons. Venue très jeune à l’écriture, ses plaisirs la portent vers l’art et la littérature. Ses thématiques principales de recherches sont l’identité et la poétique des paysages. Ancienne rédac’chef d’une revue d’école professionnelle, elle contribue aux revues Minorités, Artefact et au site Poésie Webnet. En 2013, elle fonde L.ART en Loire, webrevue d’art et de littérature. lesoeuvresdeteklalneguib.yolasite.com/ KHALID EL MORABETHI Né le 10 juillet 1994 à Oujda au Maroc, il poursuit ses études à la Faculté de Lettres Mohamed1 de Oujda, en littérature française. Il aime écrire. Parfois il écrit les mêmes phrases, les mêmes mots mais surtout pas les mêmes sentiments. Il veut juste écrire un message mais il lui faut juste cette chose, ce stylo d’or, cette force, cette voix, cette muse du ciel. Il a pris plaisir à inventer des vies et à les raconter. Le 8 mars 2013, son poème Une mélodie silencieuse, mis en voix par Véronique Sauger, a été diffusé sur Radio France. Ce poème a remporté le Prix spécial Coup de cœur (concours d’écriture Grand prix Contes du Jour et de la Nuit 2013) PEGGY FAYE Artiste photographe émergente montréalaise. Depuis 2009, elle expose régulièrement, en individuel et en collectif, aussi bien à Toronto et Melbourne mais principalement à Montréal. En plus de sa pratique solo, l’artiste s’implique dans de nombreux projets collectifs, engagés et activistes et propose des installations extérieures de son travail. Son travail constitue un matériau servant les domaines de la photographie de rue, documentaire, sociale et artistique. Finalement, la démarche de Peggy Faye tend à (dé)montrer l’universalité de nos existences, ce qu’elle nomme la similitude des différences.


FRÉDÉRIC LUCAS Heureux de participer à L.ART en Loire, j'écris depuis un an, des poésies et depuis peu des textes poétiques. Mes sources d'inspiration sont nombreuses, quotidiennes, présentes et passées ; de ce fait, j'aime voir mon écriture suivre sa destinée. Si vous désirez suivre partie de mon activité, vous le pouvez sur twitter : @FrdricLUCAS.

directrice de publication/rédactrice en chef

FRÉDÉRIC JAVELAUD Photographe, graphiste, maquettiste... Diplômé des Beaux arts de Marseille Exposition en octobre 2012 de la série Duels photographiques à la médiathèque de Meudon-la-Forêt.

Pour nous contacter, nous transmettre une

Teklal Neguib graphiste/maquettiste Frédéric Javelaud gestionnaire site web Teklal Neguib

contribution, un communiqué de presse, nous tenir informés d’une sortie de livre, d’une exposition, nous faire part de vos critiques, vous pouvez nous écrire à lartenloire@gmail.com Tous les textes, toutes les œuvres publiés restent

CICERO MELO Cicero Melo est un poète brésilien (Recife). Il a publié sept livres de poésie. En France, il a participé des recueils Sous les candélabres (2012), Labyrinthes(s) (2012) et Les villes mutantes (2013) publiés par LATéditions.

la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs et sont protégés en vertu des lois en vigueur. La rédaction n’est pas responsable des textes et images publiés, qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. édition

ARNAUD DELCORTE Arnaud Delcorte est professeur de physique à l’université de Louvain et aux facultés universitaires St Louis à Bruxelles. Ses deux premiers recueils de poèmes, Le goût de l’azur cru et Toi nu(e) / Dans le linceul étoilé du monde ont été publiés par le Chasseur Abstrait Editeur en 2009 et 2010. En 2011-2013, il a publié Ecume noire, Ogo, Eden et a participé au collectif Poètes pour Haïti, tous à L’Harmattan.

Teklal Neguib, pour L.ART en Loire 44600 Saint Nazaire (France) site web de la revue lartenloire.weebly.com facebook facebook.com/L.ARTenLOIRE twitter twitter.com/LARTenLoire ISSN 2256-988X Dépôt légal 10/04/2014 date de parution 10/04/2014 (erratum dans L.ART en Loire n°4 de janvier 2014 : la date de parution qui y a été mentionnée est erronée, et est bien le 03/01/2014. Le dépôt légal a donc été effectué pour ce numero 4 de la revue à la même date, soit le 03/01/2014) Revue gratuite ne pouvant être vendue

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Appel à travaux : L.ART en Loire # 6 (juillet 2014) Règlement de l’appel à travaux : Article 1 L.ART en LOIRE est une webrevue gratuite d’art et de littérature et faisant appel à des contributeurs bénévoles. Vous pouvez découvrir les anciens numéros ici : issuu.com/l.artenloire Article 2 Le fait même de proposer des textes, poèmes, articles, photos, etc... ou d’accepter d’en écrire/produire un vaut acceptation du présent règlement et autorisation de publication. Article 3 Pour être publié, vous devez écrire soit en français/anglais/espagnol ou être bilingue (français + autre langue). A noter que dans le cas, d’œuvres bilingues, seule la version française fera foi, vous resterez seul responsable du contenu de la version dans l’autre langue. La revue ne saurait être tenue responsable d’une langue qu’elle ne maîtrise pas ou ne connaît pas. La section Francophonia est uniquement pour les francophones (en monolingue ou en bilingue). La section L.ART est réservée aux artistes de Loire Atlantique ou de Bretagne, ou les expositions artistiques ayant eu lieu sur ces deux territoires. La section théâtre est seulement en français/anglais/espagnol (pas de traduction). Vous déclarez et garantissez disposer de tout droit et autorisation requis pour l’exploitation d’un quelconque contenu dans le cadre de chacune de vos contributions de façon à ne pas violer les droits des tiers (droit d’auteur, droit à l’image). Les textes/œuvres ne doivent pas être constitutifs de contenu : • à caractère raciste ; • à caractère diffamatoire, injurieux, calomnieux à l’égard de tiers, personnes physiques ou morales ; • constituant une contrefaçon d’un droit de propriété intellectuelle ; • contraire à la réglementation. Article 4 Vous devez être l’auteur de l’œuvre ou des œuvres que vous proposez à L.ART en Loire. Proposer un ou des travaux signifie que vous reconnaissez en être le créateur ou être le détenteur des droits relatifs à ce travail. Si votre création (poème/texte/autre) a déjà été précédemment publiée dans un livre, s’il vous plaît, spécifiez-le (titre, auteur, maison d’édition), et vérifiez que vous avez bien le droit de le republier dans un magazine. Même si votre travail est publié dans L.ART en Loire (magazine + site web + diffusion sur le web [tumblr, instagram, twitter...) avec votre nom...), vous restez le propriétaire de votre travail, et conserver tous les droits dessus. Si vous ne respectez pas les règles relatives à l’originalité de votre œuvre, le plagiat ou la contrefaçon pourraient vous être reprochés et vous en supporteriez alors seul toutes les conséquences. Article 5 Vous pouvez proposer plusieurs œuvres, mais soyez aimable de préciser simplement pour quelle section vous la/es soumettez. Article 6 Envoyez, je vous prie, vos œuvres par mails, en pièce jointe, sous format word ou format photo classique en haute définition, à lartenloire@gmail.com (attention nouvelle adresse mél  : L minuscule + artenloire...). La date limite pour transmettre vos œuvres est le 15 juin 2014, pour une publication le 10 juillet 2014. Dans la mesure du possible, transmettez vos œuvres dès finition. Si vous avez des difficultés à envoyer votre message, n’hésitez pas à contacter Teklal Neguib (rédactrice en chef) sur facebook facebook. com/teklalneguib ou sur twitter twitter.com/teklalneguib 84 L.ART en LOIRE - # 5 - avril 2014

Article 7 À votre contribution, dans le corps de votre mél, joignez une mini auto-biographie (5 lignes maximum, pour la page CONTRIBUTEURS). Les mini-bio doivent être jointe à chaque envoi, même si vous avez déjà participé à d’autres numéros. Article 8 Voici les différents appels à textes : Section L.ART • Une nouvelle de 10 pages maximum se déroulant soit en LoireAtlantique, soit en Bretagne. • Un article sur une manifestation culturelle ayant eu lieu en LoireAtlantique ou en Bretagne : 5 pages maximum Section poesia • Un ensemble de 3 poèmes, sujet libre. Section dossier d’exploration Thème Chaleur Chaleur de la passion, de la vie, de l’amour, du soleil, de l’été, du désir, de tout ce à quoi la chaleur vous fait penser... • Un à trois poèmes sur le thème du dossier spécial • Une nouvelle sur le thème choisi (5 pages maximum). • Article sur une exposition/un artiste en lien avec ce thème • Photos (6 à 10) et/ou peintures (6) sur ce thème Section Philosophia • Un article de réflexion sur un sujet philosophique (5 pages maximum). La revue n’étant pas une revue polémiste, il s’agit bien ici d’un texte à caractère philosophique et non politique. Section D’arbres et de pierres L’art concernant un endroit qui peut être la nature, la ville, ou une pièce. • Une nouvelle, 10 pages maximum sur thème libre ayant pour contexte un lieu urbain, rural, la nature ou prenant place dans une pièce bien définie. • Un à 3 poèmes avec cette même contrainte de lieu • Un portfolio de photos avec cette même contrainte de lieu (équivalent à 6 pages de la revue). • Une petite pièce de théâtre (10 pages maximum) Section Théâtre Publication d’une pièce de théâtre, sujet libre, qui peut avoir déjà été jouée/publiée. Vérifiez cependant que vous avez alors le droit de la publier dans la revue, et si oui, alors vous pouvez la proposer. La pièce de théâtre pourra être publiée sur plusieurs numéro de la revue (maximum 4 numéro, 20 pages maximum par numéro). Langues autorisées : français, anglais espagnol (en monolingue) Section Francophonie • Une nouvelle de 10 pages maximum sur un sujet libre • 1 à 3 poèmes sur sujet libre Section Découverte • Un article de découverte sur un livre/film/artiste non-francophone etc... que vous avez aimé. • 1 à 3 poèmes d’un poète non-francophone (langues anglaise/ espagnole)


Call for works: L.ART en Loire issue 6 (july 2014) Rules of the call for works: Rule 1 L.ART en Loire is a free webrevue of art and literature which calls on voluntary artists to contribute to it. You can discover the previous issues: issuu.com/l.artenloire Rule 2 The fact to offer texts/poems/articles/photos/etc... or to accept to write/produce it/them means acceptance of this present rules and permission to publish. Rule 3 To be published you need to be French/English/Spanish speaker or bilingual (French + another language). Noteworthy: in the case of a bilingual publication, only the french version will be valid. You will stay the only person responsible of the content of the version in the other language. The mag and its staff can’t be considered as the person responsible of the language they don’t master or know. Francophonia section is only for French speaker or bilingual. L.ART section is only for Brittany/Loire Atlantique artists or artists exhibiting in these areas. The other sections are opened to all. Théâtre section is only in French/English or Spanish (no translation) You declare and assure having all the rights and permissions required for the utilization of the work(s) you offer in order to not violate the rights of others (copyrights, right to the image...) The texts/works you offer must not have a content: • racist; • defamatory, insulting, slanderous against a third party (who could be a legal person or a natural person); • constituting a counterfeiting of a right of an intellectual property; • against the law. Rule 4 You need to be the creator of the work(s) you offer to L.ART en Loire. Submitting work(s) means you recognize to be the creator or the owner of the rights pertaining to this work(s). If your creation (poem/text/other) was first published in a book, PLEASE specify it (title, author, book house), and check you have the right to republish it in a magazine. Even if your work is published in L.ART en Loire (mag + website + distribution on the web [tumblr, twitter... with your name, etc), you stay the owner of your work, and keep the rights on it. If you don’t respect the rules relating to the originality of the work you offer it could reproach you for plagiarism or counterfeiting, and then, you would accept alone all the consequences. Rule 5 You can offer several works, but be kind to precise each section you want your work to be published in.

Rule 7 Please include a mini-autobiography in your Email, even if you have contributed before (for the CONTRIBUTORS page). Rule 8 The different calls of works: Section L.ART • Short text (maximum: 10 pages), or 1 to 3 poems from a writer living/born in Brittany/Loire Atlantique (land around Nantes and Saint Nazaire) • An article about cultural action/exhibit in Loire Atlantique or Brittany (5 pages maximum) Section Poesia • 3 poems, free subject Section : special file : Heat (“ Chaleur ”) Heat of the sun, of the summer, of passion, of desire, of friendship, of life, of all what heat makes you to think about. • 1 to 3 poems • A short text (5 pages maximum) • Article about an exhibit/artist who studies this topics • Photos (6 to 10) and /or paintings about this subject Section philosophia • Article of philosophy on a philosophical topic (5 pages maximum) Section D’arbres et de pierres (Trees and stones) Art about place which could be nature, urban, or room • A short text (10 pages maximum), free topic: an urban/rural/nature environment or taking place in a definite room being the only constraint. • 1 to 3 poems about an urban/rural/nature environment or taking place in a definite room • A portfolio (6 to 10) of photos an urban/rural/nature environment or taking place in a definite room • A little play (10 pages maximum) Section theater/theatre • Publication of a play already play/published or not. Could be published in 4 four parts (the current issue and the followings). Exclusively in French/English or Spanish (no translation) (20 pages maximum per issue) Section Francophonia (bilingual possible) • A short text (10 pages maximum), free subject • 1 to 3 poems, free topic Section Discovery (découverte) • An article to review/introduce a book/film/artist french or non French speaker you like

Rule 6 Please send your work(s) by Email (word format, .jpeg, or photos in High Definition format) attached to your Email and before june 15th 2014 (dead line), the issue 6 of L.ART en Loire will be published the july 10 th 2014. Send it to lartenloire@gmail.com (lowercase L + artenloire...: watch out, this is the new e-mail of the mag). if you have some difficulties to send the message don’t hesitate to join Teklal Neguib (CHIEF EDITOR) on facebook facebook.com/teklalneguib or on twitter twitter. com/teklalneguib

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parution le 10 juillet 2014

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L.ART en Loire est une webrevue d'art et de littérature. Dossier d'exploration : Corps Combattants (lire l'avertissement page 2) Avec Le Gra...