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Le rêve n’est étudié ici qu’au titre de véhicule et de créateur de symboles. Il manifeste aussi la nature complexe, représentative, émotive, vectorielle du symbole, ainsi que les difficultés d’une juste interprétation. La plupart des éléments de cette notice sont applicables à l’ensemble des symboles, et à chacun en particulier, tout symbole tenant du rêve et réciproquement.

Le rêve est l’un des meilleurs agents de renseignements sur l’état psychique du rêveur. Il lui fournit un symbole vivant un tableau de sa situation existentielle présente : il est pour le rêveur une image souvent insoupçonnée de lui-même ; il est un révélateur du moi et du soi. Mais il les voile en même temps, exactement comme un symbole, sous les images d’êtres distincts du sujet.

Le rêve, Frédéric Gaussen l’a très bien dit: symbole de l’aventure individuelle, si profondément logé dans l’intimité de la conscience qu’il échappe à son propre créateur, le rêve nous apparaît comme l’expression la plus secrète et la plus impudique de nous-mêmes.

Les processus d’identification opèrent sans contrôle le rêve. Le sujet se projette dans l’image d’un autre être : il s’aliène en s’identifiant à l’autre. Il peut être figuré sous des traits qui n’ont apparemment rien de commun avec lui, homme ou femme, animal ou plante, véhicule ou planète, etc. L’un des rôles de l’analyse onirique ou symbolique est à la fois de débrider ces identifications et d’en discerner les causes et les fins ; elle se doit de restituer la personne à son identité propre, en découvrant le sens de ses aliénations.

Au moins deux heures par nuit, nous vivons dans ce monde onirique des symboles. Quelle source de connaissances sur nous-mêmes et sur l’humanité, si nous pouvions toujours nous en souvenir et les interpréter ! L’Egypte ancienne prêtait aux rêves une valeur surtout prémonitoire : Le dieu a créé les rêves pour indiquer la route aux hommes quand ils ne peuvent voir l’avenir, dit un livre de sagesse. Les exemples de rêves sont innombrables ; on a tenté maintes fois de les classer. Les recherches analytiques, ethnologiques et parapsychologiques ont divisé les rêves nocturnes, pour les commodités de l’étude, en un certain nombre de catégories.

Le rôle du rêve, peut-être le plus fondamental, est d’établir, dans le psychisme d’une personne, une sorte d’équilibre compensateur. Il assure une autorégulation psycho-biologique. D’une carence de rêves résultent des déséquilibres mentaux, comme une carence de protéines animales provoque des troubles physiologiques. Le rêve enfin accélère les processus d’individuation, qui commandent l’évolution ascensionnelle et intégrante de l’homme. A son niveau, il a déjà une fonction totalisante...

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Les humains sont intrigués par leurs rêves et tentent d’expliquer leur existence. Comme ils remarquent que tous les rêves ne se ressemblent pas, ses explications vont de “sans importance, il ne s’agit que d’une réminiscence du jour précédent» à “un message divin” en passant par la perception des images des rêves comme symboles qui prédiraient l’avenir si on savait les interpréter. La partie historique de l’article montre que toutes ces approches se retrouvent régulièrement au cours de l’histoire de l’humanité.

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Dès l’aube de l’humanité, les dormeurs se sont étonnés du contenu de leurs rêves: comment un homme pouvait-il s’expliquer qu’il était en train de courir ou de voler au cours d’un rêve alors que tous les témoins lui assuraient que son corps endormi reposait immobile ? Jusqu’au XVllle siècle, on admit que le corps matériel subissait la «mort périodique « du sommeil, tandis que l’âme immatérielle lui échappait. Son état d’éveil et d’activité permanente se manifestait alors au cours du rêve, qui devait être un phénomène continu.


Vilain petit lapin qui voulait faire le malin. Il faut penser à l’extrême importance du bestiaire lunaire dans cette tapisserie sous-jacente de la rêverie profonde, où se sont inscrits les archétypes du monde symbolique, pour comprendre la signification des innombrables lièvres et lapins, mystérieux, familiers et souvent inconvenants compagnons des clairs de lune de l’imaginaire. Ils hantent toutes nos mythologies, nos croyances, nos folklores. Jusque dans leurs contradictions tous se elle, lièvres et lapins sont liés à la vieille divinité Terre-Mère, Gaïa, au symbolisme des eaux fécondantes et régénératrices, de la végétation, du renouvellement perpétuel de la vie sous toutes ses formes. Ce monde est celui du grand mystère où la vie se refait à travers la mort. L’esprit, qui n’est que diurne, s’y heurte, saisi à la fois d’envie et de crainte devant des créatures, qui prennent nécessairement pour lui des significations ambigües.

calendrier Aztèques sont gouvernées par Vénus, frère ainé du Soleil, qui commet l’adultère avec avec sa belle-sœur Lune (déesse THOH). Pour les Maya-Quiché, ainsi qu’en témoigne le Popol-Vuh (sorte de bible des Mayas, véridique ! aucun rapport avec Lorie), la déesse Lune se trouvant en danger fut secourue et sauvée par un héros lapin ; le Codex Borgia (calendrier/cosmogonie Aztèque) illustre cette croyance en rapprochant dans un même hiéroglyphe l’effigie d’un lapin de celle d’une jarre d’eau, qui représente l’astre proprement dit. En sauvant la lune, le lapin sauve le principe du renouvellement cyclique de la vie, qui gouverne également sur terre la continuité des espèces végétales, animales et humaines.

Les lapins sont lunaires, parce qu’ils dorment le jour et gambadent la nuit, parce qu’ils savent, à l’instar de la Lune, apparaître et disparaître avec le silence et l’efficacité des ombres, enfin parce qu’ils sont à tel point prolifiques que c’est leur nom que M. Larousse a choisi pour illustrer le sens de ce mot. La lune tend à devenir parfois elle-même un lapin. Ou du moins le lièvres est-il souvent considéré comme une cratophanie de la Lune. Pour les Aztèques, les taches de l’astre provenaient d’un lapin qu’un dieu avait jeté à sa face, image dont la signification sexuelle est aisément perceptible. En Europe, en Asie, en Afrique, ces taches sont des lapins, ou bien un Grand Lapin, ainsi qu’il appert encore aujourd’hui dans la comptine : Quand il n’est pas la lune elle-même, le lapin est son complice ou son proche parent. Il ne peut être son époux, car il faudrait pour cela qu’ils possèdent une nature contraire ; mais il est son frère ou son amant, cas dans lequel leurs rapports ont quelque chose d’incestueux, c’est à dire de sacré gauche. Les années lapins du

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«L’eau s’écoulait d’un récipient de verre dont la surface avait été divisée verticalement en mois, et horizontalement en heures (…) Les sonneries commandées par les flotteurs avaient beau faire tinter les carillons de clochettes argentines ou siffler des automates emplumés, l’heure romaine demeurait des plus approximatives. Le dicton n’avait pas tort : «il est plus facile d’accorder entre eux les philosophes que les horloges».»

Hubert Monteilhet - NEROPOLIS

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Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Les objets du temps, horloge, montre, réveil, ont été d’emblée très chargés de symbolisme, car les hommes ont projeté sur l’horloge tous leurs questionnements par rapport au temps, celui qui lui est imparti, de l’époque à l’heure, l’immédiat, le début ou la fin, l’avant-l’après, l’éternité, et par extrapolation philosophique, l’anonymat ou la postérité. Le temps dans tous ses états, quantitatif et qualitatif, le temps qui passe, le temps sacré, le temps hors du temps, le temps perdu, le temps loupé (un peu différent du «temps perdu»), le temps gagné, sont des notions très occidentales qui définissent tout un mode de pensées.

tivité stérile. Entendre le son du tic-tac en rêve peut signifier que l’heure est sinon grave au moins très importante. Il s’agit d’une période de prise de décisions, de choix. Fini les tergiversations, il faut agir et décider vite. État d’urgence annoncé ! Le Tic-Tac demande de se mettre à l’ouvrage. C’est un avertissement sur sa tendance à refuser l’action, à se renfermer sur soi en attendant que les choses se fassent d’elles-mêmes. Possibilité de se tromper dans les choix, dans les décisions. Le tic-tac est une mise en garde sur d’éventuelles erreurs de jugement.

L’horloge et ses clônes scandent chaque étape de vie, du début à la fin, par ses coups horaires, et son tic-tac encourage à l’activité, l’action créatrice sans jamais rien remettre au lendemain, mais, dans les cas pathologiques, le tic-tac créé la frénésie, l’hyperac-

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Le bleu est la plus profonde des couleurs : le regard s’y enfonce sans rencontrer d’obstacle et s’y perd à l’infini, comme devant une perpétuelle dérobade de la couleur. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c’est-à-dire de vide accumulé, vide de l’air, vide de l’eau, vide du cristal ou du diamant. Le vide est exact, pur et froid. Le bleu est la plus froide des couleurs, et dans sa valeur absolue la plus pure, hros le vide total du blanc neutre. De ces qualités fondamentales dépend l’ensemble de ses applications symboliques. Appliqué à un objet, la couleur bleue allège les formes, les ouvre, les défait. Une surface passée au bleu n’est plus une surface, un mur bleu cesse d’être un mur. Les mouvements et les sons, comme les formes, disparaissent dans le bleu, s’y noient, s’y évanouissent comme un oiseau dans le ciel. Immatériel en lui-même, le bleu dématérialise tout ce qui se prend en lui. Il est chemin de l’infini, où le réel se transforme en imaginaire. N’est-il pas la couleur de l’oiseau du bonheur, l’oiseau bleu, inaccessible et pourtant si proche ? Entrer dans le bleu c’est un peu comme Alice au pays des merveilles, passer de l’autre côté du miroir. Clair, le bleu est le chemin de la rêverie, et quand il s’assombrit, ce qui est conforme à sa tendance naturelle, il devient celui du rêve. La pensée consciente y laisse peu à peu la place à l’inconsciente, de même que la lumière du jour y devient insensiblement lumière de nuit, bleu de nuit. Domaine, ou plutôt climat de l’irréalité - ou de la surréalité - immobile, le bleu résout en lui-même les contradictions, les alternances - telle celle du jour et de la nuit - qui rythment la vie humaine. Impavide, indifférent, nulle part alleurs qu’en lui-même, le bleu n’est pas de ce monde ; il suggère une idée d’éternité tranquille et hautaine, qui est surhumaine - ou inhumaine. Son mouvement, pour un peintre comme Kandinsky, est à la fois un mouvement d’éloignement de l’homme et un mouvement dirigé uniquement

vers son propre centre qui, cependant, attire l’homme vers l’infini et réveille en lui le désir de pureté et une soif de surnaturel. On comprend dès lors et son importante signification métaphysique, et les limites de son emploi clinique. Un environnement bleu calme et apaise, mais à la différence du vert, il ne tonifie pas, car il ne fournit qu’une fuite à la longue déprimante. La profondeur du vert selon Kandinsky, donne une impression de repos terrestre et de contentement de soi, tandis que la profondeur du bleu a une gravité, solennelle, supra-terrestre. Cette gravité appelle li’dée de la mort : les murs des nécropoles égyptiennes, sur lesquels se détachaient en ocre rouge les scènes du jugement des âmes, étaient généralement recouverts d’un enduit bleu clair. On a dit aussi des Égyptiens qu’ils considéraient le bleu comme la couleur de la vérité. La Vérité, la Mort et les Dieux vont ensemble, et c’est pourquoi le bleu céleste est aussi le seuil qui sépare l’homme de ceux qui gouvernent, de l’au-delà, son destin. Ce bleu sacralisé l’azue- est le champ élyséen, la matrice à travers laquelle perce la lumière d’or qui exprime leur volonté : Azur et Or, valeurs femme et mâle, sont à l’ouranien ce que sont Sinople et Gueules au chthonien. Zeus et Yahvé trônent les pieds posés sur l’azur, c’està-dire sur l’autre côté de cette voûte céleste que l’on disait en Mésopotamie faite de lapis-lazuli et dont la symbolique chrétienne a fait le manteau qui couvre et voile la divinité. D’azur aux trois fleurs de lys d’or, le blason de la maison de France proclamait ainsi l’origine théologale, supra-terrestre, des Rois très Chrétiens. L’expression sang bleu est ainsi expliquée par un lecteur : Au Moyen Age, jurer était un péché mortel, les mannants ne s’y risquaient guère mais les seigneurs ne se privaient pas, jusqu’au jour où un jésuite, en faveur auprès du roi, leur interdits d’employer le nom de Dieu dans leurs jurons favoris. Ils tournèrent la difficulté en remplaçant Dieu par Bleu. C’est ainsi que «par la mort de Dieu» devint «sacrebleu». «Par Dieu» devient «parbleu». «Par le sang de Dieu» devient «palsembleu» etc... La domesticité, qui entendait fréquemment ce juron, n’en retenait que «sang bleu». Comme l’emploi de ces jurons était un privilège de la noblesse, les valets disaient pour distinguer un noble d’un roturier : «C’est un sang bleu !» (P.G Villeneuve Saint-Georges)

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La partie sombre peut être assimilée à l’inconscient personnel et collectif. Il s’agit d’un concept flou et assez large. “Travailler avec la partie sombre, c’est se relier au passé et à l’avenir, c’est interroger l’univers et notre âme, c’est, comme dit C. Pinkola Estes: “ramasser des os”. (1) Il s’agit de revenir à la base, au squelette, aux os de la terre, à ce qui nous fait avancer ; de titiller le cerveau reptilien et ses instincts et pulsions de survie. C’est une partie de nous mêmes mouvante, souvent insaisissable. Aller à sa rencontre nous connecte à des vieux dragons et démons de l’humanité et de notre propre histoire, c’est un dialogue avec l’abysse. Il va donc de soi qu’il faut être extrêmement prudent. On peut devenir faible et voir ses pires côtés ressortir, voir la dépression et peut être même la folie de très près. Mon

point de vue est que cette démarche est nécessaire. Car si on n’affronte pas l’Obscurité volontairement, elle nous visitera tôt ou tard, mais peut être dans des moments qui ne nous sont pas du tout favorables. C’est un grand thème qui peut aussi s’apparenter de loin au démembrement chamanique (2) : on se laisse ‘avaler par le monstre’ qui met notre psyché en pièces détachées, pour que tout soit enfin clair, et à partir de là, on peut reconstruire. On descend, dans la boue fertile, le chaudron de l’obscurité primordiale, le siège des transformations, la forêt sauvage et primale. Ou encore à la récapitulation chamanique (3) où on se remémore tous les passages de notre vie dans leur intégralité.


dans un désert de fables... Les rêves semblent, d’une certaine façon, avoir accès à de l’information allant au-delà des sens physiques, tant en termes géographiques que temporels. La façon dont cela est possible constitue une question extrêmement intéressante tant pour l’individu ayant de telles expériences que pour la communauté scientifique en général, au sein de laquelle, très souvent, une approche investigatrice purement objective fait rater des indices de grande valeur concernant la nature de la réalité étudiée, particulièrement lorsqu’il s’agit du domaine des expériences subjectives comme les rêves. Ma perspective est que l’état de conscience d’où provient l’expérience onirique n’est pas le même que l’état physique éveillé « normal » (lequel varie énormément d’ailleurs).

Ainsi, les perceptions nous parvenant d’un tel état proviennent d’un cadre dépassant notre cadre physique (il est en de même pour la méditation et, même, les rêveries et les états profonds de créativité). Par conséquent, leur provenance dépasse notre cadre normal d’espace et de temps. Il n’est donc pas surprenant, voire assez ordinaire (particulièrement avec les rêves), de pouvoir avoir accès, par le biais d’une faculté autre que celle de nos cinq sens physiques, à de l’information qui, dans le monde physique, est future ou qui date de longtemps, de telles informations nous étant inaccessibles en termes de distance physique, ou parce qu’elles sont connues seulement par d’autres personnes.

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The red lady... Avez-vous déjà entendu parler de la dame rouge ? Au MoyenÂge, vivaient en Angleterre un couple fortuné qui avaient une fille, Mary, âgée de seize ans. Mary souffrait d’insuffisance cardiaque, et la vie semblait petit à petit s’échapper de son corps. Ses parents décidèrent donc, sur les conseils du médecin, de l’enterrer vivante, en attachant un fil à son poignet, ce fil étant lui-même relié à une corde, de façon à ce que si, miraculeusement, elle se réveillait, la cloche tinterait et ses parents viendraient la déterrer. En larmes, les parents de Mary essayèrent de ne pas s’endormir, pour, si la cloche sonnait, aller déterrer leur fille. Mais malgré tout, ils s’endormirent. Quelques heures plus tard, la mère de Mary se réveilla en sursaut : Elle avait entendu un bruit de cloche... Elle se leva et courut au jardin, elle fit du mieux qu’elle pouvait pour déterrer sa fille mais n’y arriva pas, c’était trop tard, Mary était morte. L’on raconte que cette jeune femme revient hanter les mortels... elle tente désespéremment de séduire les hommes dans le seul but de voler leur coeur.Cet organe si merveilleux est le centre d’un individu. C’est l’endroit le plus authentique et le plus profond de nous mêmes. Ravagée par la haine d’avoir été arrachée à la vie par le manque de ce précieux organe, Mary arrache le coeur de quiquonque lui refuse le sien.

Incroyablement capricieuse et froide, si vous la croisez, fuyez... Dame violente à l’aspect macabre, elle parcoure les allées sombres emplies de brouillard. La nuit, elle guette tel le félin les moindres faits et gestes de sa proie. Rien ne sert de courir lorsqu’on peut jouer un peu. Si vous sentez une caresse glaciale sur votre joue au moment de sombrer dans un profond sommeil, c’est qu’il est trop tard. Petit à petit vous sentirez l’air se raréfier, vous serez absorbé par une puissante envie de sombrer mais la douleur vous tiendra éveillé. C’est normal.. Femme à l’appétit déccuplé par les siècles, si vous avez l’impression de ne plus sentir votre coeur battre, c’est juste qu’il palpite encore entre ses mains. Elle vous regardera vous abandonner aux tentacules de la mort et vous embrassera avec douceur. La dame rouge ne se nourri pas de ses trophées ; elle les préserve, les soigne, les aime. Insatiable, elle en veut toujours plus.

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Universellement considéré comme le symbole fondamental du principe de vie, avec sa force, sa puissance et son éclat, le rouge, couleur de feu et de sang, possède toutefois la même ambivalence symbolique que ces derniers, sans doute, visuellement parlant, selon qu’il est clair ou foncé. Le rouge clair, éclatant, centrifuge, est diurne, mâle, tonique, incitant à l’action, jetant comme un soleil son éclat sur toute chose avec une immense et irréductible puissance. Le rouge sombre, tout au contraire, est nocturne, femelle, secret et, à la limite, centripète ; il représente non l’expression, mais le mystère de la vie. L’un entraîne, encourage, provoque, c’est le rouge des drapeaux, des enseignes, des affiches et des emballages publicitaires ; l’autre alerte, retient, inquiète : c’est le rouge des feux de circulation routière, la lampe rouge interdisant l’entrée d’un studio de cinéma ou de radio, d’un bloc opératoire, etc. C’est aussi l’ancienne lampe rouge des maisons closes, ce qui pourrait paraître contradictoire, puisqu’au lieu d’interdire, elles invitent, mais ne l’est pas, lorsqu’on considère que cette invite concerne la transgression du plus profond interdit de l’époque concernée, l’interdit jeté sur les pulsions sexuelles, la libido, les instincts passionnels.

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Sous-jacent à la verdeur de la terre, à la noirceur du Vase, ce rouge éminemment sacré et secret est le mystère vital caché au fond des ténèbres et des océans primordiaux. C’est la couleur de l’âme, celle de la libido, celle du coeur. C’est la couleur de la Science, de la Connaissance ésotérique, interdite aux non-initiés, et que les Sages dissimulent sous leur manteau; dans les lames de Tarots, l’Hermite, la Papesse, l’Impératrice portent une robe rouge, sous une cape ou un manteau bleu : tous trois, à des degrés divers, représentent la science secrète. Ce rouge, on le voit, est matriciel. Il n’est licitement visible qu’au cours de la mort initiatique où il prend une valeur sacramentelle : les initiées aux mystères de Cybèle étaient descendus dans une fosse, où ils recevaient sur leur corps le sang d’un taureau ou d’un bélier, placé sur une grille au-dessus de la fosse et rituellement sacrifié au-dessus d’eux, tandis qu’un serpent allait boire à même la plaie de la victime. Initiatique, ce rouge sombre et centripète revêt aussi une signification funéraire : La couleur pourpre, selon Artémidore, a rapport avec la mort (Ste-Croix ; Mystères du Paganisme, in PORS, 136-137) Car telle est en effet l’ambivalence de ce rouge profond : caché, il est la condition de la vie. Répandu, il signifie la mort.

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Le visage est un dévoilement, incomplet et passager, de la personne, comme le dévoilement des Mystica dans les peintures de Pompéi. Jamais personne n’a vu directement son propre visage : on ne peut le connaître qu’à l’aide d’un miroir ou par mirage. Le visage n’est donc pas pour soi, il est pour l’autre, il est pour Dieu ; il est le silencieux langage. C’est la partie la plus vivante, la plus sensible (siège des organes, des sens) que, bon gré mal gré, on présente à autrui : c’est le moi intime partiellement dénudé, infiniment plus révélateur que tout le reste du corps. Aussi, dit Max Picard, ce n’est pas sans tremblement que l’homme ose regarder un visage, car celui-ci est là avant tout pour être regardé par Dieu. Regarder un visage humain, c’est comme vouloir contrôler

Dieu... C’est seulement dans l’atmosphère de l’amour qu’un visage humain peut se conserver tel que Dieu le créa, comme son image. S’il n’est pas entouré par l’amour, le visage humain se fige et l’homme qui l’observe a alors devant soi, au lieu du véritable visage, sa matière seulement, ce qui est sans vie, et tout ce qu’il énonce à propos de ce visage est faux. Pour comprendre un visage, il faut de la lenteur, de la patience, du respect, avec de l’amour. C’est avilir un visage que de l’analyser sans l’aimer : c’est le détruire, l’assassiner ; c’est de la vivisection. le visage est le symbole de ce qu’il y a de divin en l’homme, un divin effacé ou manifesté, perdu ou retrouvé.


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Le symbolisme du masque, en Orient, varie selon ses usages. Ses types principaux sont le masque de théâtre, le masque carnavalesque, le masque funéraire, utilisé notamment chez les Egyptiens. Le masque de théâtre - qui est celui aussi des danses sacrées - est une modalité de la manifestation du Soi universel. La personnalité du porteur n’en est généralement pas modifiée ; ce qui signifie que le Soi est immuable, qu’il n’est pas affecté par ses manifestations contingentes. Sous un autre aspect pourtant, une modification par l’adaptation de l’acteur au rôle, par son identification à la manifestation divine qu’il figure, est le but même de la représentation. Car, le masque, notamment sous ses aspects irréels et animaux, est la Face divine et plus spécialement la face du soleil, que traverse le rayonnement de la lumière spirituelle. Le masque extériorise parfois aussi des tendances démoniaques, comme c’est le cas dans le théâtre balinais où les deux aspects s’affrontent Mais c’est plus encore le cas dans les masques carnavalesques, où l’aspect inférieur, satanique, est exclusivement manifesté, en vue de son expulsion; il est libérateur; il l’était aussi lors des fêtes antiques chinoises du No, correspondant au renouvellement de l’année. Il opère comme une catharsis.

Le masque ne cache pas, mais révèle au contraire des tendances inférieures, qu’il s’agit de mettre en fuite. Le masque ne s’utilise, ni ne se manipule jamais impunément : il est l’objet de cérémonies rituelles, non seulement chez les peuples africains, mais aussi au Cambodge, où les masques de la danse du trot font l’objet d’attentions spéciales: ils seraient, dans le cas contraire, dangereux pour les porteurs. Les traditions grecques, ainsi que les civilisations minoënne et mycénienne, ont connu les masques rituels des cérémonies et des danses sacrées, les masques funéraires, les masques votifs, les masques de déguisement, les masques de théâtre. C’est même ce dernier type de masque, figurant un personnage, qui a donné son nom à la personne. Ces masque de théâtre, généralement stéréotypés (comme dans le théâtre japonais), soulignent les traits caractéristiques d’un personnage: roi, vieillard, femme, serviteur, etc. Il existe un répertoire de masques, comme de pièces de théâtre et de type humains. L’acteur qui se couvre d’un masque s’identifie, en apparence ou par une appropriation magique, au personnage représenté. C’est un symbole d’identification.

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Le poisson est bien entendu le symbole de l’eau. Eau dans lequel il vit. On le sculptait à la base des monuments khmers pour indiquer qu’ils plongeaient dans les eaux inférieures, dans le monde souterrain. Symbole des eaux, monture de Varuna (l’un des dieux les plus importants du panthéon du védisme et de l’hindouisme), le poisson est associé à la naissance ou à la restauration cyclique. La manifestation se produit à la surface des eaux. Il est à la fois sauveur et instrument de la Révélation. Par ailleurs le poisson est encore symbole de vie et de fécondité, en raison de sa prodigieuse faculté de reproduction et du nombre infini de ses oeufs. Symbole qui peut, bien entendu, se transférer au plan spirituel. Dans l’imagerie extrême orientale, les poissons vont par couples, et sont en conséquence symboles d’union. L’Islam associe également le poisson à une idée de fertilité. Il existe des charmes pour faire pleuvoir, sous forme de poisson ; il est lié aussi à la prospérité ; rêver qu’on mange du poisson est d’heureux augure. Enfin, comme le poisson vit dans l’eau, on poursuivra parfois le symbolisme, en y voyant une allusion au baptême: né de l’eau du baptême, le chrétien est comparable à un petit poisson, à l’image du Christ lui même (Tertulien Traité du Baptême, I) Le poisson a inspiré une riche iconographie chez les artistes chrétiens: s’il porte un vaisseau sur le dos, il symbolise le Christ

et son Église ; s’il porte une corbeille de pain, ou s’il est luimême sur un plat, il représente l’Eucharistie ; aux Catacombes, il est l’image du Christ. L’admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d’une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et des gestes peuvent certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Thaoïstes, est l’offrande de la coupe par Yin-hi à Lao-tseu, qui allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu’il avait coupées et jetées au loin pour s’interdire la somnolence pendant la méditation. C’est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés. Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d’un rite communiel, qu’elle a probablement été - en vue, prétend-on,, d’atténuer la rudesse des moeurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d’établir la paix sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l’acte, qui vise au dépouillement de l’individualité. Comme dans tous les arts du Zen, le but à atteindre est que l’acte ne soit pas accompli par l’ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l’Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n’est pas vacuité dans le sommeil ; elle est vieille intense et active dans le silence contemplatif.

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n o i t a t e r p r e Int

Les rêves de bâteaux peuvent avoir une très grande importance lorsqu’il s’agit d’une longue traversée. Il faut considérer que ce véhicule fermé traverser la mer de l’inconscient, peut acoster un rivage nouveau. Il est souvent «bon de traverser les grandes eaux», selon une expression du livre chinois I Ging. Le navire représente très souvent notre propre personnalité avec ses pièces, ses espaces clairs et obscurs. C’est pourquoi on a depuis longtemps parlé de la «barque de la vie». On connaît les événements heureux mais aussi malheureux qui peuvent lui arriver en cours de route. Le rêveur les vit dans ses rêves, et leur signification lui est alors aussitôt claire. Nous avons déjà parlé du capitaine ; mais nous n’avons pas encore mentionné le cas du voilier, exprimant probablement l’action du vent, c’est-à-dire l’influence du spirituel

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sur la marche des événements. Le bâteau représente toutes les forces, les talents, les dons, les connaissances et la sagesse dont vous aurez besoin pour réaliser une œuvre dans sa totalité. Il est en quelque sorte le potentiel que vous pouvez exploiter dans ce projet. Ce qui se passe sur le bateau est le reflet de vos émotions, de vos sensations et de vos pensées, qui vont évoluer tout au long de l’événement. Rêve positif : indique que ce projet réussira facilement et qu’il vous apportera beaucoup de bonheur. Rêve négatif : vous aurez de grands obstacles à surmonter et la réus­ site est incertaine. Malgré les difficultés à venir, ces événements vous donneront l’expérience dont vous avez besoin pour votre évo­lution personnelle.


L’oeil est l’organe de la lumière, de la conscience. D’après la mythologie égyptienne, il donne naissance au monde ; celui-ci nous devient perceptible par son truchement, le monde devient réalité. Les rêves où il est question d’yeux se rapportent à cet acte de compréhension existencielle. Certains ont besoin d’un instrument supplémentaire. Ils portent par conséquent des lunettes. Il peut alors se faire qu’elles ne soient pas bien ajustées. L’image obtenue est déformée ; elles sont trop foncées et le monde aperçu est également trop sombre. On met les lunettes d’une autre alors qu’on devrait utiliser ses propres lunettes. Tout ceci peut nous être représenté en rêve. Celui qui souffre ainsi des yeux comprendra au réveil ce qui ne va pas. - Mentionnons en passant que l’oeil peut aussi être interprété comme l’organe génital de la femme. - Le cas a déjà été cité de ces yeux à l’expression sévère, ces milliers d’yeux qui regardent gravement le grand malade. L’auteur ne connaît pour ainsi dire pas de rêves d’oreilles et les rêves de nez sont extrêmements rares. Il en est de même de la bouche en tant qu’élément isolé, que l’on mentionne tout au plus au cours de la description du visage. Elle peut pourtant posséder une signification érotique, ou remplir cette fonction. Les rêves de dents ont une signification presque uniquement sexuelle. Lorsqu’il s’agit de dents fortes et saines, il faut y voir un rapport avec la faculté naturelle de saisir et d’écraser les aliments ; l’animal saisit la proie vivante avec les dents. Les envies de mordre dans le comportement érotique sont significatives à ce sujet. On voudrait «manger» l’autre par amour. Revenons à l’oeil.. Les affections occulaires sont fréquentes en rêve. Elles désignent naturellement un psychisme que les complexes limitent dans sa faculté de perception, c’est-à-dire l’impossibilité de voir correctement ce qui se passe Il a déjà été dit que l’oeil, de même que la bouche, pouvaient représenter l’organe sexuel féminin. Les rêves qui concernent les maladies et les soins dentaires ont aussi un sens sexuel. L’œil gauche est symbolique de la lune, tandis que l’œil droit symbolise le soleil. Il peut aussi être un jeu de mots sur «je» ou le soi. Si vous rêvez que vos yeux se sont tournés à l’intérieur

de votre tête et vous pouvez maintenant voir l’intérieur de votre tête, puis il représente la perspicacité et quelque chose que vous devez être au courant. Ce rêve peut être littéralement vous disant que vous devez regarder en vous-même. Faites confiance à votre intuition et l’instinct Rêver que vous avez quelque chose dans l’œil symbolise les obstacles sur votre chemin. Alternativement, il peut symboliser votre point de vue critique et comment vous avez tendance à voir les défauts chez les autres Rêver que vous avez un œil indique que votre refus d’accepter un autre point de vue. Il signifie que vous êtes un seul côté dans votre façon de penser Rêver que vous avez un troisième œil représente la vision intérieure, l’intuition, instinct ou une certaine capacité psychique que vous avez encore inexploité. Vous êtes capable de voir ce que les autres ne peuvent pas. Ou vous avez besoin pour commencer à regarder en vous-même et la confiance à votre instinct. Si vous rêvez que quelqu’un a trois yeux, il indique alors que vous cherchez à leurs conseils. Portez attention au message que cette personne est de convoyage. Rêver que vos yeux sont blessés ou fermée signifie votre refus de voir la vérité sur quelque chose ou l’évitement de l’intimité. Vous pouvez être l’expression des sentiments de douleur, de douleur ou de sympathie. Rêver que vous avez traversé les yeux indique que vous ne voyez pas directement à l’égard de certaines situations. Vous pouvez être l’obtention de votre faits mélangés. Rêver que vous roulez vos yeux à quelqu’un indique que vous êtes désintéressé de cette personne et ce qu’ils ont à dire. Vous disposez d’un «ne se soucient pas» attitude sur les choses. Rêver que vos yeux sont saignements représente les sacrifices de votre ont accomplis et les difficultés que vous avez enduré.

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g n i p Shop 1. Décuplez votre capacité à écouter des choses que vous n’auriez pas entendu en tant normal grâce à ces boucles d’oreilles de rêve.

3. Il vous suffit d’une gorgée pour être plongé dans le monde merveilleux d’Alice... Allez-vous oser ?

2. Votre vie vous semble morne et ennuyeuse ? Posez ce masque sur votre visage et voyez le monde différemment...

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8. Cette théière est nécessaire si vous voulez boire le thé avec le lapin. Il s’agit de la meilleure façon de l’amadouer !

9. Ne partez pas sans votre tasse de thé ! Le lapin blanc n’acceptera jamais de rester un instant si il n’y a aucun endroit ou verser son sucre...

7. Cette robe vous est nécessaire pour plonger dans le terrier du lapin blanc !

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10. Jambes légères et rapidité ? Plus aucunes contraintes physiques ne vous encombrent avec ces petits souliers oniriques.

11. Rien de tel que la couleur bleu, symbole de rêveries pour faire de votre nuit l’une des plus belles jamais vécues.

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Que les plaines semblent mornes sans ce doux visage blanc. Sous le masque de la pureté malsaine, se cachent bien des histoires, bien des malaises. Quel est ce guide lunaire qui nous attire vers le côté obscur onirique. Les oreilles pointant vers les astres, tu es la profilération des idées lubriques qui traverse nos pauvres esprits de dormeurs. Petits rêveurs que nous sommes, liés à ces rêves plus incompréhensibles que les autres. Guettés par l’horloge au tic-tac incessant qui nous questionne constemment

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sans vouloir de réponse. Maîtresse du temps, tu me pousses vers une fuite irréversible et me plonge dans un profond sentiment d’angoisse. Quand décideras-tu d’arrêter ces grandes épines dorées qui me tirent du lit chaque matin.


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Le coeur, organe central de l’individu, correspond de façon très générale à la notion de centre. Si l’Occident en fait le siège des sentiments, toutes les civilisations traditionnelles y localisent au contraire l’intelligence et l’intuition : c’est peut-être que le centre de la personnalité s’est déplacé, de l’intellectualité à l’effectivité. Mais Pascal ne dit-il pas que les grandes pensées viennent du coeur ? On peut dire aussi que, dans les cultures traditionnelles, la connaissance s’entend en un sens très large, qui n’exclut pas les valeurs affectives. Le coeur est effectivement le centre vital de l’être humain, en tant qu’il assure la circulation du sang. C’est pourquoi il est pris comme symbole - et non bien sûr comme siège effectif - des fonctions intellectuelles. On trouve cette localisation en Grèce. Elle est importante en Inde où le coeur est considéré comme Brahmapura, la demeure de Brahma. Le coeur du croyant, dit-on en Islam, est le Trône de Dieu. Si, dans le vocabulaire chrétien également, le coeur dit contenir le Royaume de Dieu, c’est que ce centre de l’individualité, vers lequel la personne fait retour dans la démarche spirituelle, figure l’état primordial, et partant le lieu de l’activité divine. Parce qu’il est au centre, les chinois font correspondre au coeur l’élément terre et le nombre cinq. mais en raison de sa nature car il est le soleil - ils lui attribuent aussi l’élément feu. Il s’élève jusqu’au principe de la lumière, commente le Sou-wen. La lumière

de l’esprit, celle de l’intuition intellectuelle, de la révélation, brille dans la caverne du coeur. l’organe d’une telle perception est, selon le Soufisme, l’Oeil du coeur, expression qu’on retrouve dans nombre de textes chrétiens, et notamment chez saint Augustin. L’écriture hiéroglyphique égyptienne, représente le coeur par un vase. or le coeur est aussi mis en relation avec le saint Graal, coupe qui recueillit le sang du Christ. Il est d’ailleurs remarquable que le triangle renversé, qui est une figuration de la coupe, soit aussi le symbole du coeur, outre que la coupe contenant le breuvage d’immortalité s’atteint nécessairement au coeur du monde. Dans la religion égyptienne, le coeur joue un rôle fondamental : selon la cosmogonie memphite, le dieu Ptah a pensé l’univers avec son coeur avant de le matérialiser par la force du verbe créateur. Mais surtout, il est en chaque homme le centre de la vie, de la volonté, de l’intelligence. Le coeur d’un homme est son propre dieu et mon coeur était satisfait de mes actes, est-il inscrit dans la biographie d’un disciple des sages. De même, sur une stèle du Louvre, le coeur est assimilé à la conscience : quant à mon coeur il m’a fait accomplir ces actions, tandis qu’il guidait mes affaires. Il fut pour moi un témoin excellent... J’excellais, parce qu’il faisait que j’agisse... C’est un jugement du dieu qui est en tout corps.

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La pomme... La pomme est symboliquement utilisée en plusieurs sens apparemment distincts, mais qui, plus ou moins, se rejoignent : ce sont la pomme de Discorde attribuée par Pâris ; les pommes d’or du Jardin des Hespérides, qui sont des fruits d’immortalité ; la pomme consommée par Adam et Eve ; la pomme du Cantique des Cantiques qui figure, enseigne Origène, la fécondité du Verbe divin, sa saveur et son odeur. Il s’agit donc, en toutes circonstances, d’un moyen de connaissance, mais qui est tantôt celui de l’arbre de la Science du bien et du mal : connaissance unitive conférant l’immortalité, ou connaissance distinctive provoquant la chute. Alchimiquement, la pomme d’or est un symbole du soufre.

Dans les traditions celtiques, la pomme est un fruit de science, de magie et de révélation. Elle sert aussi de nourriture merveilleuse. La femme de l’Autre Monde qui vient chercher Condle, le fils du roi Conn aux cents batailles, lui remet une pomme qui suffit à sa nourriture pendant un mois et ne diminue jamais. Parmi les objets merveilleux, dont la quête est imposée par le dieu Lug aux trois fils de son père Cian, figurent les trois pommes du jardin des Hespérides: quiconque en consomme n’a plus ni faim ni soif, ni douleur, ni maladie et elles ne diminuent jamais. Dans quelques contes bretons, la consommation d’une pomme sert de prologue à une prophétie.

Le symbolisme de la pomme lui vient, affirme l’abbé E.Bertrand (cité dans BOUM, 235), de ce qu’elle contient en son milieu, formée par les alvéoles qui renferment les pépins, une étoile à cinq branches... C’est pour cela que les initiés en ont fait le fruit de la connaissance et de la liberté. Et donc manger la pomme cela signifiait pour eux abuser de son intelligence pour connaître le mal, de sa sensibilité pour le désirer, de sa liberté pour le faire. Mais comme il est toujours arrivé, la foule du vulgaire a pris le symbole pour la réalité. L’enclosement du pentagramme, symbole de l’homme-esprit à l’intérieur de la chair de la pomme symbolise, en outre, l’involution de l’esprit dans la matière charnelle.

Suivant l’analyse de Paul Diel, la pomme, par sa forme sphérique, signifierait globalement les désirs terrestres ou la complaisance en ces désirs. L’interdit prononcé par Yahvé mettrait l’homme en garde contre la prédominance de ces désirs, qui l’entraînent vers une vie matérialiste par une sorte de régression, à l’opposé de la vie spiritualisée, qui est le sens de l’évolution progressive. Cet avertissement divin donne à connaître à l’homme ces deux directions et à choisir entre la voie des désirs terrestres et celle de la spiritualité. la pomme serait le symbole de cette connaissance et de la mise en présence d’une nécessité, celle de choisir.

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Les marionnettes.. Petites figures de personnages, en bois peint, en tissu, en ivoire, qu’un artiste invisible fait se mouvoir par un jeu de ficelle ou avec ses doigts. Symbole de ces être sans consistance propre qui cèdent à toutes les impulsions extérieurs : personne légère, frivole, sans caractère et sans principes. Mais leur symbolisme va plus profond. Dans l’allégorie de la caverne, déjà, Platon compare cette existence à un théâtre d’ombres, les êtres d’ici-bas n’étant que des marionnettes, comparées aux idées pures et immuables du monde d’en haut, dont ils ne sont que de tièdes images. Les Anciens, Égyptiens, Grecs et Chinois, connaissaient ces poupées articulées, qu’ils exhibaient lors des processions sacrées. Analogues à des statuettes et à des figurines, elles revêtaient une valeur sacrée, en rapport avec le dieu ou le grand personnage, qu’elles représentaient, ridiculisaient ou travestissaient, jouant en quelque sorte un rôle de bouffon. Sur la scène, elles mettaient en relief la sottise des gens et les théâtres ambulants de marionnettes fleurirent dans tout le monde hellénisé. L’Elgise médiévale en interdit l’usage dans les représentations des mystères. En Europe et en Asie, au Japon notamment, des personnages types ont été créés, qui sont comme des archétypes des passions humaines et des comportements. A Kyoto, on peut voir des marionnettes qui arrivent à exprimer les plus subtiles et les plus violentes émotions. Ce théâtre tradition-

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nel, et quasi stéréotypé, produit un effet de catharsis sur les spectateurs, qui y assistent pendant des heures. Ce sont de véritables drames cosmiques, nationaux, individuels, qui se déroulent sous leurs yeux et dans lesquels ils projettent toutes les forces de leur inconscient. La marionnette, à la fois, défoule et unit le peuple, canalisant pour ainsi dire la puissance de ses passions dans le lit des traditions et légendes communes. La marionnette se charge elle-même de toutes ces puissances et finit par détenir un immense pouvoir magique. Frippée, vieillie, passant du théâtre chez l’antiquiare, elle est censée garder sa vertu secrète et les poètes l’entourent d’égards comme un merveilleux symbole d’humanité. La marionnette a su exprimer ce que nul n’aurait osé dire sans masque: elle est l’héroïne des désirs secrets et des pensées cachées, elle est l’aveu discret fait de soimême au autres et de soi à soi-même. La marionnete revêt aussi un sens mystique. Les gestes de l’homme sont dirigés par un autre, comme ceux d’une poupée de bois suspendue à un fil, dit le Mahâbharata. Et les Upanishads: Connais-tu ce fil par lequel ce monde et l’autre, et tous les êtres sont rattachés, et ce Maître caché qui les contrôle de l’intérieur ? Lorsque l’Unique Désir se réalise, la volonté humaine se confond avec celle du fil d’or platonicien guidant les marionettes que nous sommes.


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Les objets du temps, horloge, montre, réveil, ont été d’emblée très chargés de symbolisme, car les hommes ont projeté sur l’horloge tous leurs questionnements par rapport au temps, celui qui lui est imparti, de l’époque à l’heure, l’immédiat, le début ou la fin, l’avant-l’après, l’éternité, et par extrapolation philosophique, l’anonymat ou la postérité. Le temps dans tous ses états, quantitatif et qualitatif, le temps qui passe, le temps sacré, le temps hors du temps, le temps perdu, le temps loupé (un peu différent du «temps perdu»), le temps gagné, sont des notions très occidentales qui définissent tout un mode de pensées. L’horloge et ses clônes scandent chaque étape de vie, du début à la fin, par ses coups horaires, et son tic-tac encourage à l’activité, l’action créatrice sans jamais rien remettre au lendemain, mais, dans les cas pathologiques, le tic-tac créé la frénésie, l’hyperactivité stérile. Entendre le son du tic-tac en rêve peut signifier que l’heure est sinon grave au moins très importante. Il s’agit d’une période de prise de décisions, de choix. Fini les tergiversations, il faut agir et décider vite. État d’urgence annoncé ! Le Tic-Tac demande de se mettre à l’ouvrage. C’est un avertissement sur sa tendance à refuser l’action, à se renfermer sur soi en attendant que les choses se fassent d’elles-mêmes. Possibilité de se tromper dans les choix, dans les décisions. Le tic-tac est une mise en garde sur d’éventuelles erreurs de jugement. L’horloge et ses clônes scandent chaque étape de vie, du début à la fin, par ses coups horaires, et son tic-tac encourage à l’activité,

l’action créatrice sans jamais rien remettre au lendemain, mais, dans les cas pathologiques, le tic-tac créé la frénésie, l’hyperactivité stérile. Entendre le son du tic-tac en rêve peut signifier que l’heure est sinon grave au moins très importante. Il s’agit d’une période de prise de décisions, de choix. Fini les tergiversations, il faut agir et décider vite. État d’urgence annoncé ! Le Tic-Tac demande de se mettre à l’ouvrage. C’est un avertissement sur sa tendance à refuser l’action, à se renfermer sur soi en attendant que les choses se fassent d’elles-mêmes. Possibilité de se tromper dans les choix, dans les décisions. Le tic-tac est une mise en garde sur d’éventuelles erreurs de jugement. L’horloge et ses clônes scandent chaque étape de vie, du début à la fin, par ses coups horaires, et son tic-tac encourage à l’activité, l’action créatrice sans jamais rien remettre au lendemain, mais, dans les cas pathologiques, le tic-tac créé la frénésie, l’hyperactivité stérile. Entendre le son du tic-tac en rêve peut signifier que l’heure est sinon grave au moins très importante. Il s’agit d’une période de prise de décisions, de choix. Fini les tergiversations, il faut agir et décider vite. État d’urgence annoncé ! Le Tic-Tac demande de se mettre à l’ouvrage. C’est un avertissement sur sa tendance à refuser l’action, à se renfermer sur soi en attendant que les choses se fassent d’elles-mêmes. Possibilité de se tromper dans les choix, dans les décisions. Le tic-tac est une mise en garde sur d’éventuelles erreurs de jugement.

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2. Voulez-vous jouer le vilain petit lapin ? Le porter change votre vision. Cependant vous pouvez prendre le risque de tomber dans le mauvais terrier...

4. Cette théière est fait pour les couples de rêveurs. Rien de tel dans ce cas que de partir entre chat et lapin pour plus d’aventures.

1. Embarquez le rêveur de votre choix avec un baiser...

3. Petit joueur sadique, le masque de chat va vous procurer la vision nocturne une agilité fantastique.

5. Tout comme pour «L’Alice style’s», cette fiole vous fait rentrer dans le monde du rêve... Ou du cauchemars. La fiole idéale pour les rêveurs aventureux !

6. La théière n’allant jamais sans ses tasses, surtout pour cette série de «couples», il est fortement conseillé de les prendre pour éviter toutes discordes dans le monde des rêves... - 1. Rouge à lèvres «Sensuality» 15€ - 2. «Bad rabbit» 50€ - 3. «Bad Kitty» 50€ - 4. Théière pour couple 30€ - 5. «Goutte-moi si tu oses.» 30€ - 6. Tasses pour couple 20€

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8. Si vous vous sentez un peu trop seul, cette théière vous permettra de prendre le thé avec le personnage de votre choix.

7. Comment jouer le méchant petit lapin sans cette robe sensuelle ? Il est enfin possible de passer d’agréables cauchemars grâce à celle-ci.

10. Cette robe ne va pas sans ses merveilleuses bottes. Vous pourrez ici séduire les monstres cauchemardesques les plus tenaces.

9. Le rouge est la couleur de la sensualité, petit lapin... Ce vernis décuple ce pouvoir. Profitez-en !

11. Cette montre agit comme une amulette, en cas de problème, elle vous ramène tout de suite à la réalité !

- 7. «Bad Rabbit» 70€ - 8. «Tea for two» 30€ - 9. Vernis «Sensuality» 15€ - 10. «Bad Rabbit style’s» bottes 40€ - 11. «WAKE UP DREAMER !» 30€

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Magazine réalisé dans le cadre de mon sujet de fin d'année.

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