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PREMIER PRIX ADULTE : M. Jean-Jacques CIAVAGLINI (13100 LE THOLONET) GALAXIES Nuit d’ébène, compacte, oppressante, un brin menaçante. J’écoute, fenêtres béantes, les crissements fugitifs qui lézardent les ténèbres. Girouette affolée au PC du trafic intense de mon esprit en alerte rouge, je cherche désespérément une échappatoire aux vents tourbillonnants de l’insomnie. À tout hasard, je réactive le sésame incantatoire du comptage frénétique des moutons-étoiles. Bingo ! Vénus, amie compatissante, bergère perpétuelle de la voûte céleste, clignote ostensiblement, me balisant les sentiers lumineux du Cosmos. Soudain en apesanteur, je décolle. Tel un météore furtif je fonce dans le troupeau stellaire qui s’ouvre, m’absorbe et m’emporte virevoltant dans une sarabande effrénée, avant de se diluer dans l’espace. J’accélère, vole à tombeau ouvert, croise des étoiles filantes plein phares et zigzague entre les warnings éblouissants des comètes imprudentes ou désinvoltes en stationnement sauvage sur les bascôtés de la Voie lactée. Curieusement, tout s’anime sur ma trajectoire. La banquise du firmament se craquelle. L’Étoile polaire, malgré la garde rapprochée de la Grande et Petite Ourse, trépigne d’impatience de se faire la belle pour des cieux plus cléments. La constellation du Centaure cabre avantageusement. La Croix du Sud, ludique et radieuse, toupille dans son hémisphère… Plus loin, aux confins des mondes, Bérénice, scintillante, somptueuse, mais fatale, me noie voluptueusement dans les grandes laminaires de sa chevelure de feu. Envahi d’une torpeur exquise, prodrome de l’ivresse euphorique des profondeurs, je m’abîme sans effroi dans l’inimaginable inconnu. Déjà, le bal vertigineux des planètes satellisées du système solaire s’estompe et prend ses distances en années lumières. Des feux d’artifice d’étoiles-fleurs, irisées, fusent puis éclatent en bouquets d’arabesques dans un assourdissant silence sidéral. D’infinis paysages me happent, me racolent, m’agrippent, m’emmitouflent, m’entraînant fasciné, voire envoûté, dans le jardin des Hespérides du sommeil paradoxal qui façonne et jouit de mes rêves les plus étranges. Brusquement, des pépites de soleil se fixent sur mes paupières. Une à une, les galaxies s’éteignent et s’évaporent. Mon inconscient aveuglé rentre dans sa tanière. Le jour est là.


DEUXIEME PRIX ADULTE : Mme Barbara CASENAVE (84400 APT) RÊVER, C’EST PARTIR UN PEU… Je m’étais étendu contre un chêne insoumis Dont les branches tendues murmuraient sans répit Une grave prière ou un antique chant Dans ma barque de rêves, je glissais doucement Ma couche était de mousse, vibrante broderie En la forêt complice de cette griserie Je flottais alangui, vers cette île de sommeil Dos rond, les yeux mi-clos et tous sens en éveil Des vagues de pensées, dans un jaillissement En ce port inconnu, paradis chatoyant M’emportèrent alors, au gré de leur envie Tout nimbé de couleurs, de tiédeur et de vie J’étais mille fois coupable de cette supercherie Tant mon navire cédait à la mutinerie Abordant sans pudeur des rives inconnues Où m’attendaient en fleur de belles ingénues Mais déjà la fraîcheur me tirait de mon rêve L’ombre du soir chassant les tout derniers rayons Heureux et engourdi, froissé comme un bourgeon Je priais que jamais mon voyage ne s’achève


TROISIEME PRIX ADULTE : Mme Valérie THYRION (13004 MARSEILLE) RÊVE, RIS, Jolie fille, jolie bille, Tourne et vire Tes rires ensevelis. De ses élans, allant Tu l’entends, l’attends Pourtant… Tu frissonnes, tu tressailles, La mélodie t’envahit, T’assourdit. Un peu là et pas là, On danse autour de toi Tous ces bruits, Cet encens fort, Eblouie, La nuit. Une vieille page jaunie, Click here c’est oui. Opère la Magie… Impasse des beaux yeux, Tu passes, Dévalons le Vallon, Sans aval en amont. L’air s’engouffre à la Chaumière, Lumière, C’est veille. Les joyeux chats sur le toit, Comptent tes pas, En haut de l’escalier c’est quoi ? Rêve, ris chère brindille La vie est ainsi.


PREMIER PRIX FRANCOPHONE : Mme Carine-Laure DESGUIN (Belgique) CERTAINS SOIRS D’ÉTÉ… Certains soirs d’été dans les villes aux trottoirs fatigués S’agitent des ombres sur les terrasses des cafés Un rayon de soleil s’échappe de son lit Frôle Dame Lune pas encore endormie Et ondule long serpent de kermesse Du clocher des églises jusqu’aux espoirs célestes Ce rayon de soleil missionnaire des étoiles Descend chaque nuit depuis la nuit des temps Sur les villes les villages et les champs Des grottes de Slovénie aux sommets du Népal Et puis d’un seul sourire et même d’un seul geste Anime d’une lumière tous ces espoirs célestes Des faisceaux de lumières aux couleurs Bleues jaunes rouges argentées Se glissent tout partout dans les bois dans les prés Les pavés s’allument et les cailloux aux humeurs De désespoir et de miroir aux alouettes Troquent le gris troquent le noir Contre des strass des graffiti Des sucettes à l’anis Des lingots des pépites Et bien d’autres paillettes Certains soirs d’été Dans les villes endormies Un parfum de rêverie Aux terrasses des cafés S’invite…


PREMIER PRIX ENFANT (7-9 ANS) : Mlle Adèle CHERRAK (74500 PUBLIER) QUAND LE SOLEIL SE COUCHERA… Quand le soleil se couchera Et que la lune apparaîtra, Je marcherai sur les nuages, Je m’envolerai… Avec les licornes de la nuit. Et je demanderai à un papillon géant De m’emmener sur la lune, Toute brillante et scintillante. De là j’observerai les étoiles, Je danserai avec elles, Avec l’étoile du Berger, La constellation du Lion, Celle du Dauphin, Puis la constellation de la Colombe. Enfin, Je m’accrocherai à une étoile filante Pour retourner sur la terre ferme. Quand la lune se couchera Et que le soleil apparaîtra, Je me réveillerai doucement En pensant Au joli rêve que j’ai fait…


DEUXIEME PRIX ENFANT (7-9 ANS) : Mlle Victoria MENDES (83310 GRIMAUD) LA NUIT RÊVEUSE Partir pour un voyage pendant la nuit En passant Rendre visite au nuage du paradis des rêves Emettre un doux sentiment Un chagrin pluvieux ou une joie ensoleillée Je plonge… Dans une mer de roses rouges Je vole à travers les étoiles Je vous invite à laisser s’évader vos idées noires Ici dans le pays des rêves, La vie est en rose Pendant le voyage de la nuit, rêver du futur Un jour l’impossible et l’agressivité s’effaceront Et la plume écrira joyeusement La douceur, Le bonheur Et le nuage de la rêverie.


PREMIER PRIX ENFANT (10-11 ANS) : Mlle Eléna LE GRAC (83120 SAINTE MAXIME) SUR LE PORT DE LA RÊVERIE Un enfant rêve : Il marche sur le port avec son père, Se baladant inquiet, sur la grève, Lanterne à la main, tout à coup se perd, Il aperçoit une chaloupe revenant de sa journée Pleine de tristesse. Le pêcheur bredouille, regarde les flots, Puis une larme tombe, il rejoint l’eau…


DEUXIEME PRIX ENFANT (10-11 ANS) : Mlle Dounia MOUATS (83120 SAINTE MAXIME) UN JOUR ÉTRANGE DE JUILLET Il le lance de toutes ses forces, Mais le troisième caillou repart en bondissant Dans la mer, le ciel et la terre En harmonie et en douceur Pour qu’il sommeille Ce faiseur de merveilles. Une évasion totale Des larmes de cristal, Que la lune traverse Avec ses yeux de soie. Dans ces petites perles insolentes Je croise des visions Où mon passé, mon présent et mon futur Se mélangent comme un arbre qui fleurit. En plein après-midi Je me baigne dans Cette nouvelle rêverie.


PREMIER PRIX ENFANT (12-14 ANS) : M. Augustin HENNEBERT (83990 SAINT TROPEZ) RÊVERIE Il paraît au moment où le soleil calme ses ardeurs, Il voulait voir le rayon vert, instant enchanteur. Il courait vers la plage retrouver ses rêves d’évasion, Et le bruit des vagues sur le sable blond. Les cris des oiseaux migrateurs Le rendaient ivre de bonheur. Les mains dans les poches, le vent dans les cheveux Sur la plage, il marchait heureux. Il rêvait qu’un jour, il partirait sous d’autres cieux Là où les enfants parlent aux oiseaux Et où les vaguent caressent les roseaux. Au loin un pêcheur arrivait sur la grève. Dans le ciel, les nuages emportaient ses beaux rêves. Alors il courait très vite vers sa maison Il reviendrait demain assoiffé d’évasion. Il verrait une voile blanche à l’horizon Et les grands cormorans le salueront. Plus que jamais il se sentait une âme de voyageur. Eh ! Garçon ! Ne serais-tu pas un doux rêveur ?


DEUXIEME PRIX ENFANT (12-14 ANS) : Mlle Sarah ZEHRINGER (83310 GRIMAUD) MA BOÎTE À RÊVES Ma boîte à rêve est personnelle J’y cache des choses précieuses, Des choses tristes, des choses belles, Des pensées fantastiques et merveilleuses. J’y crée des milliers d’objets Dans des cases de souvenirs J’y place des parchemins usés Et des plumes pour écrire. Des billes de songes dans des cases bleues, Des feuilles de papier dans des tiroirs, Qui illuminent mon cœur heureux, De rêver et d’espérer un jour tout savoir. Ma boîte à rêve est mon secret J’y puise l’inspiration quand je perds espoir, Pour toujours je la garderai Près de moi comme une petite boîte à mouchoirs.


PREMIER PRIX COLLECTIF ELEMENTAIRE : Classe CM1/CM2 Mme Séverine MORESCHI, Ecole élémentaire LA CROIX VALMER (83420) MES RÊVES RIENT J’ai rêvé d’un jardin Un jardin de gourmandise Où les rivières seraient en chocolat Les cailloux en nougat Et les buissons en barbe à papa. Mais d’un seul coup j’ai bien vu se promener … Un scarabée qui fait de la corde à sauter Un ver de terre qui saute en l’air Une tortue qui porte un tutu Un lézard qui joue de la guitare Et une limace qui fait des grimaces. J’ai remarqué, bien caché, Un potager drôlement bien aménagé : Une tomate pirate, Une courgette fluette Un champignon grognon. J’ai rêvé d’un jardin Un jardin plein de pissenlits Qui dansent la nuit Un jardin plein d’étoiles Où mes rêves se dévoilent.


PREMIER PRIX ADOLESCENTS : Mlle Anaïs RAMON (83990 SAINT TROPEZ) UN NOUVEAU MONDE ? CE RÊVE NOUVEAU Entrez chers amis, N’ayez plus peur de la tristesse Et de la pluie, Venez dans ce seul endroit sur terre Où tout un peuple sourit. Plus la peine de faire la guerre, Ici, Je change le monde avec mes vers, Ici, L’amour existe encore Et n’est pas éphémère. Plus besoin de faire la différence Entre richesse et misère. Je décide de prendre mon stylo, Pour écrire un monde nouveau. Chaque lettre tracée est une faiblesse oubliée, Chaque vers aligné m’aide à avancer. Regardez-moi, Observez toute cette joie, Je vis dans un monde Où tout le monde est roi, Je vis dans mon monde Et je ne le regrette pas. Je ne fais que rêver, Je ne sais qu’inventer, Et si le monde ne changera pas en une année, Je vous invite tous à croire en la nouveauté. Car le plus beau des changements, Commence tout simplement en rêvant.


DEUXIEME PRIX ADOLESCENTS : M. Anthelme MONTILLET-KOWALSKI (83420 LA CROIX VALMER) AU-DELÀ Ne l’as-tu jamais vu, ce voyageur astral ? Moi oui, il semblait comme tombé des étoiles, Il paraissait fait d’or et de lumière, Et m’était apparu, non loin du bord de mer. Nous nous sommes assis, sur le sable humide et frais Puis il m’a dit qui il était, d’où il venait Et, sous le murmure incessant des vagues je l’ai écouté, Me décrire ces nombreux paysages aux nuances inconnues. Il m’a parlé de ces pierres, traversant les millénaires, De ces villages austères, ravagés par les guerres, De ces mondes façonnés par ces utopiques grèves, Qui se révèlent à nous, ombre de la nuit, le temps d’un rêve. Puis il m’a emmené, à ce qui semblait être, L’aube de l’humanité, terres de feu désolées, Et l’horizon paraissait plus meurtrier que jamais, Surmontant ces paysages, vides et inhabités. Puis nous avons voyagé, à travers les mondes, De l’est à l’ouest, dans des terres toujours plus profondes, Où l’imaginaire lui-même n’oserait s’aventurer Submergé par ces innombrables diversités. Et soudain, le temps s’est arrêté. Je vis la mer, figée dans son éternité, La noirceur du ciel, percé par l’éclat lunaire, Pas un bruit, ni même le moindre souffle d’air Mais cette impression, d’avoir traversé l’éther. Et alors que ce périple venait de commencer, Déjà il s’arrêtait. Rêvez. Rêvez encore. Jusqu’à ne plus distinguer le rêve de la réalité.


Cavalaire - Poèmes primés Encre Bleue 2012