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L’écho de l’étroit chemin dimanche d’été – l’entrée des visiteurs derrière la vitre Delola part pour sa visite mensuelle avec sa dulcinée. Il en a de la chance ! Espérons qu’il pourra écrire quand même plus tard ! Éléphant a commencé sans tarder. Il me dit qu’il est philatéliste, ce qui devient rapidement son nouveau surnom au sein du groupe. Le sujet des timbres lui inspire sa première composition. Vieil esprit a quant à lui bien compris l’histoire du contraste et laisse la surprise pour la fin. Beaucoup procèdent à deux, une façon pour les moins à l’aise de ne pas tenir directement la plume tout de suite. Anna participe activement à cette étape et nous ne sommes pas trop de deux pour accompagner chacun dans l’écriture. Elle note entre autres les idées de Gÿpsÿ, dont nous essaierons plus tard de lui proposer des versions un peu mises en forme. Mais le temps file et il m’en reste juste assez pour leur montrer quelques haïgas comme base pour découvrir quelques façons de mélanger mots et formes. Anna me dit ensuite que cela risque de les induire en erreur sur la nature du travail de l’argile : j’ai hâte d’en savoir plus en découvrant cette pratique dans les jours qui suivent. Les réactions sont partagées face à ces haïgas : So. note le nom roumain de Ion Codrescu et m’aide à les accrocher au tableau. Pour Gÿpsÿ au contraire, il s’agit d’un travail bâclé, trois traits et puis voilà : il préfère les créations plus figuratives avec beaucoup de détails. Avant la fin de cette séance, Cham tient à effacer le tableau, cela lui rappelle l’école : c’est une fois qu’on a perdu les choses qu’on les regrette, dit-il... Suite de l’atelier, animée par Anna Les jours suivants, je suis présente en spectatrice, une participante comme les autres... sur le papier, car le groupe me connaît déjà dans un autre rôle et certains viennent me trouver pour peaufiner leurs haïkus, m’en apporter de nouveaux, ou me parler de ce qui leur tient à cœur, ce qui ne facilite pas la tâche d’Anna pour leur faire trouver la concentration nécessaire au travail délicat de l’argile. Nous lions les deux parties de l’atelier par une lecture aux participants de leurs haïkus, revus la veille avec Anna. Nous les laissons ensuite de côté pour le moment, ils pourront nous servir d’inspiration plus tard. La complicité s’est installée. Gÿpsÿ m’offre des dessins réalisés sur les feuilles emportées la veille. Il me dicte une composition sur le thème de la Cène, sur laquelle nous réfléchissons

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L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
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