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L’écho de l’étroit chemin Dans le cadre du projet Parol! Au-delà des frontières, au-delà des murs (lire page précédente), un atelier haïku et céramique raku a été proposé à la prison belge de Tilburg, PaysBas, du 8 au 25 août 2013. Belge ? La place manquant dans les prisons de Belgique, le pays loue cette prison frontalière pour ses détenus. Les participants, au nombre de onze, étaient volontaires. L’atelier en deux parties s’est tenu dans les deux salles de créativité de la prison : l’initiation au haïku, sur deux jours, a été animée en français par Meriem Fresson (AFAH), qui a ensuite assisté a une partie de l’intervention d’Anna Maria Verrastro (Cascina Macondo, Turin, Italie) dédiée au raku. Voici le récit de ce séjour, du 7 au 14 août.

Quand écriture et argile se mèlent

Le raku est une technique japonaise de cuisson de l’argile comptant de multiples étapes. Un grès spécifique est utilisé, soumise à de très forts écarts de température. Les couleurs se transforment à la cuisson pour donner des teintes parfois diamétralement opposées à la couleur initialement appliquée et de précieuses craquelures apparaissent bien souvent. Le résultat après cuisson est toujours une surprise, car il est très dépendant de la composition de l’argile utilisée et du temps qu’il fait lors de la cuisson. Comme dans le haïku, la nature participe de la création. Les pièces ainsi produites, uniques, sont accueillies dans leur beauté imprévisible. Les ruptures des pièces à la cuisson, fréquentes, ne sont pas masquées, mais au contraire sont parfois mises en valeur par le coulage d’or dans la fracture : le vécu de la pièce est alors d’autant plus apprécié. Comme pour toute céramique, on peut travailler, à la manière du haïku, en ôtant de la matière pour faire apparaître les formes et les lignes essentielles. Écoutez Anna Maria Verrastro parler du lien entre raku et haïku dans cette vidéo : http://vimeo.com/82177827

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L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
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