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L’écho de l’étroit chemin Si en chemin le poète retrouve, après vingt ans, un vieil ami …

D’être en vie tous deux la joie avec nous partage le cerisier (au passage, on relèvera l’inspiration animiste du tercet) le chemin parcouru se charge de lui enseigner encore et toujours que l’être ne fait que passer,

… l’abbé Daïten de l’Engaku-ji, au début de la première lune da la présente année, s’en est allé en un monde meilleur. et qu’il est destiné à mourir. La pleine conscience de cette finalité doit donner un sens aux actes accomplis la vie durant. « Dussent blanchir mes os… » offre un récit de voyage qui fait alterner de brefs paragraphes de prose, parfois quelques mots seulement, et de nombreux hokku. Mais le carnet ne porte-til pas en sous titre la mention « Notes de voyages » qui rappelle les circonstances de cette composition ? Quoi qu’il en soit, toutes les exigences de l’esthétique poétique de Bashô sont ici posées. Notes 1. Voir note 2. 2. René Sieffert (1923-2004) : japonologue français, professeur à l’Institut national des langues et des civilisations orientales (INALCO), qui créa la maison d’édition universitaire Publications orientalistes de France (POF). 3. Concept poétique mêlant sentiment mélancolique de solitude et conscience de l’impermanence des êtres et des choses lesquelles, altérées par le passage du temps, prennent un charme particulier.

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L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
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