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L’écho de l’étroit chemin Le haïbun : conseil d’écriture Éviter de tout dire Est-ce la peur du vide ? Il n’est pas rare que les auteur.es de haïbun, croyant bien faire, donnent trop de détails, parfois dans leur introduction, d’autres fois dans leur conclusion. Dans mon article, Haïbun et tanka-prose : quelques considérations, paru dans L’écho de l’étroit chemin n° 10, j’ai rappelé combien la prose gagnait à se faire suggestive, s’accordant en cela au haïku, qui ne dit pas tout. En étudiant par exemple le haïbun de Monique Mérabet, La petite fille au bord de l’eau, j’ai noté que l’auteure procédait par touches, semant des indices tels que les daturas, susceptibles d’ouvrir le champ de l’imaginaire des lecteurs et lectrices. Ce désir de vouloir tout dire peut aussi se retrouver dans les haïkus qui émaillent la composition. Et pourtant, que celui-ci soit intégré à un haïbun ou qu’il soit isolé, son impact sera considérablement renforcé s’il respecte pareillement l’art du non-dit. Puisse le texte qui suit, Le haïku : infini hors champ, de Meriem Fresson, convaincre chacun.e des vertus du silence des mots effacés.

Danièle Duteil

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L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
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