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L’écho de l’étroit chemin Coup de cœur La petite fille au bord de l’eau, de Monique Mérabet Je lis et relis ce haïbun, me demandant d’où provient l’émotion diffuse que je ressens. Un portrait d’enfant se dessine, en creux, ressurgissant par bribes du passé dont les stigmates s’inscrivent, floutés, sur une diapositive jaunie. La mémoire reconstitue un décor d’eau, une mare, un lieu de jeux, monde flottant que hantent les réminiscences de jadis, plus de trente ans auparavant. Le temps s’est écoulé mais le cadre est resté intact, renaissant même :

Mare à poule d’eau que je retrouve si verte aujourd’hui. C’est à peine si les acteurs ont changé, si semblables à ceux d’autrefois :

Les pêcheurs sont toujours là […]. Une fraction de seconde, le regard se fixe sur une étrange image :

Accroché par la queue comme il est long à mourir le tilapia Le tilapia est un poisson qui incube ses petits dans sa bouche. C’est pourquoi les premiers chrétiens l’ont considéré comme un animal favorable, un symbole de résurrection. Dès lors, le récit se teinte imperceptiblement d’étrangeté et de merveilleux, glissant dans un

écrin de cascades où les tavelures aux troncs des vieux filaos […] n’en finissent pas de nous raconter ce qui s’est passé, où l’eau murmure près du maloya qui laisse s’échapper un son si doux. Comment ne pas se laisser ensorceler par tant de charmes ?

Le temps d’une balade l’orange plus doux des daturas

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L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
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