Page 16

L’écho de l’étroit chemin Déc. 2013 - http://letroitchemin.wifeo.com

Sé lec tio n

is o f haïb ) re(s un : P è i n r e remière(s)/D

Mais la nuit est indécise, légèrement brumeuse ; la lune nous joue un tour à sa façon : l’astre s’efface prématurément derrière un paravent de nuages. Qu’importe ! Les mélodies fusent, tantôt bourdonnantes comme des insectes, tantôt claires, tantôt voilées, douces, caressantes, enveloppantes, tantôt puissantes. Puis l’aube se dévoile, d’abord à peine, comme sur une toile de Félix Ziem où le paysage se laisse tout juste deviner. Enfin, c’est la jubilation de l’aurore : l’air semble lavé de frais, bleu comme les canaux ; la ville apporte un contrepoint multicolore aux voiliers en partance. Nous oublions les cheminées d’usines environnantes, les bandes fuligineuses qui entourent la cité ; les clochers des églises accrochent le ciel aussi pur qu’une peinture neuve. Cri des mouettes, senteurs marines, odeur des croissants réchauffés par les braises. Au firmament, point de feu mais du rose, du violet, de l’or à profusion, une incandescence indigo, une belle explosion de teintes qui réveillent les sens engourdis, en un jour qui n’atteint pas encore sa sixième heure. Nous descendons de la colline. Nuages fugaces sur la mer un sillon d’or… traîne de bateau. Embués de rosée, les filets forment des masses nuageuses sur les pavés des quais. Nous nous éclipsons à regret.

Marie-Noëlle Hôpital, France

16 no 10

115

17

L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
L'Echo de l'étroit chemin n° 10  
Advertisement