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ou moins quarante ans, on a redécouvert l’accordéon diatonique en France. Entretemps, on y a ajouté une rangée avec les chromatismes. Ce qui fait que les accordéons diatoniques sont devenus chromatiques, mais ils sont restés bisonores. Moi, je joue de l’accordéon diatonique. Pourquoi avoir choisi cet instrument ? Laloy : Je viens d’une famille aisée, bourgeoise, où il était de bon ton que chacun maîtrise un instrument. À 8 ans, j’ai donc commencé le piano. Mais j’étais vraiment nul en solfège, à tel point que mon professeur disait que je ferais mieux de me mettre au tennis de table ou au foot. Jusqu’à ce que quelqu’un dise à mes parents que pour jouer de l’accordéon diatonique, il ne fallait pas connaître le solfège. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas lire les notes. Je fais tout de mémoire. Je ne suis donc peut-être pas très intelligent, mais j’ai vraiment une bonne mémoire (rires). Et c’est bien nécessaire car je joue avec beaucoup de groupes différents et je dois chaque fois connaître les répertoires par cœur. Même si ça fait trois ans que je n’ai pas joué avec un groupe, je peux tout de suite retrouver le fil. Au Marni Jazz Festival, vous présentez votre nouvel album Noir’s. D’où vient ce titre ? Laloy : J’écoute très peu de musique parce que je me produis sur scène de 200 à 250 fois par an. Quand je prends la peine de le faire, je m’installe dans un fauteuil et j’éteins toutes les lumières pour pouvoir me concentrer et en profiter davantage. C’est cet effet que je veux créer auprès du public pendant nos concerts. Surtout parce que cette musique exige une certaine attention. Nous sommes très attentifs aux détails comme le souffle de l’accordéon et les craquements des instruments. On joue vraiment sur l’essence des choses. En plus, tous les sons présents font partie d’un tout car nous jouons en acoustique. Les quatre musiciens sont installés en carré. Le public est assis ou couché entre nous sur des divans, des coussins et des tapis, complètement dans l’obscurité. D’où ce titre. Le s à la fin est un petit clin d’œil parce qu’il y avait un s dans le titre de chacun de mes albums. On peut imaginer qu’un concert dans l’obscurité ne va pas de soi pour tout le monde... Laloy : Le public est prévenu avant. Lorsque nous avons commencé ces concerts, le noir était total pendant 75 minutes. On trouvait finalement que c’était un peu trop long, ce qui fait que maintenant, après un

Déclinaisons autour de l’accordéon FR Le Théâtre Marni ouvre traditionnellement sa nouvelle saison par un festival de jazz. Cette année, le fil rouge est l’accordéon. Ce qui signifie qu’on ne se limitera pas aux frontières d’un style. S’il y a bien un musicien qui colle parfaitement à ce concept, c’est évidemment Tuur Florizoone, qui traverse sans complexe tous les genres musicaux. Il sera présent au Marni avec le trio Tricyle pour présenter Queskia, leur album sorti tout récemment. Anne Niepold (photo), qui a remporté en 2008 le Toots Thielemans Jazz Award, est elle aussi une artiste qu’il est impossible d’enfermer dans une case. Depuis des années, elle flirte sans rougir avec différents styles en prenant part à des groupes comme Olla Vogala, Deux Accords Diront et Knopf, dont le nouvel album Quartet, magnifique, vient de sortir. Pour le festival, elle va relever le défi de jouer en solo. Soirée étonnante en perspective puisque aussi bien Bach que Nirvana figurent au programme. Mogno prend en charge un volet particulier du festival. Lors de deux soirées, ce label bruxellois indépendant présente six concerts avec pas moins de quatre présentations d’albums en avant-première. Plusieurs de ces artistes sont sans doute peu connus mais méritent certainement qu’on s’y intéresse davantage. Comme par exemple le duo formé par l’altiste Christian Prayez et le pianiste Benoit Caudron. On connaît ce dernier via l’audacieux groupe de jazz Darwin Case, tandis que Prayez est un musicien très demandé dans le monde des orchestres classiques. Ce sont d’abord et avant tout deux globe-

trotteurs de la musique, amateurs d’aventures et d’expérimentations. Sur leur tout nouvel album Binôme, ils se révèlent de vrais poètes qui créent un univers particulièrement inventif au fil de dix petits récits musicaux. Le trio Tangram, composé de la chanteuse et pianiste Marie-Sophie Talbot (Urban Trad), du saxophoniste et flûtiste Philippe Laloy (Tricycle) et du percussionniste Fred Malempré (Didier Laloy), est un autre groupe moins connu, particulièrement doué pour construire un monde réalistico-magique. Avec leur premier opus, Ring Ouest, ils étaient parvenus à convaincre aussi bien les fans de jazz que les amateurs de musique contemporaine. Quatorze ans plus tard, sur leur dernier album Souffles, ils semblent toujours aussi curieux et refusent de rester enfermés dans un cadre. Le fait que ces trois-là soient actifs dans le monde du théâtre, de la danse, de la pop et de la musique classique peut évidemment expliquer cette attitude. Tout cela promet un festival très particulier, riche en croisements divers. Les aficionados du jazz, les folkeurs et les amoureux de l’avantgarde et de l’imp rov i sation pure ont tout intérêt à être de la partie. Anne Niepold © Julien Pohl

petit temps, il y a un éclairage limité au strict minimum, sous forme d’une petite ampoule pendue au plafond ou de minces rayons lumineux sur le sol. Cela n’a posé problème qu’une fois, quand il y avait

dans le public deux personnes qui souffraient de claustrophobie et qui utilisaient leur GSM comme source de lumière. Didier Laloy • 10/9, 20.00

M arni J azz F estival 6 > 16/9 • €10/15 (Pass 3 nights: €25/35) Théâtre Marni rue de Vergniesstraat 25, Elsene/Ixelles, 02-639.09.82, info@theatremarni.com, www.theatremarni.com

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Agenda - editie 1293  

Agenda van 1 december tot 7 december 2010

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