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LA FORCE DE LA TSÉDAKA

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Chers lecteurs,

TABLE DES MATIERES J’ai fait un don et je n’ai pas vu la yéchoua

p. 3

Pour entendre les détails de l’histoire : Tel........................................... +972-50-4188826

Plus que tous les médicaments Encore un objet perdu

p. 8

p. 10

Pour entendre les détails de l’histoire : Tel............................................. +972-52-7670734

Un éclairage céleste

p. 13

Que faire pour progresser ?

p. 16

Pour entendre les détails de l’histoire : Tel.............................................+972-50-4111458

Tout s’est arrangé parce p. 20 que je n’ai pas fait de don Pour entendre les détails de l’histoire : Tel................................................+972-3-5792890

Un cadeau pour Pessah

p. 22

Pour entendre les détails de l’histoire : Tel.................................................+972-3-5786568

Koupat Ha’ir La principale Caisse de Tsédaka d’Israël

0800-525-523 page 2 La force de la tsédaka 5770

Comme toujours, la lecture du magazine de Koupat Ha'ir s’accompagne d'une certaine émotion. Peut-être est-elle due à la singularité des histoires racontées ou à leur variété alors que nous pensions que tout a déjà été dit. Peut-être que, plus que tout, nous touche le fait que ce ne sont pas des événements qui sont arrivés une seule fois à une seule personne. Ce ne sont pas des miracles qui, même statistiquement, peuvent arriver une fois tous les soixante ans. Le lien direct entre le don à Koupat Ha'ir et la yéchoua – la façon miraculeuse dont le problème est réglé – est si évident, si fort, que l’admiration et l’émotion naissent spontanément. Parmi toutes les générations, c'est justement nous qui avons mérité cette « Koupat Ha’ir » qui, outre l’aide qu'elle prodigue aux nécessiteux, aide aussi tous les autres à traverser facilement des moments de la vie pénibles ou complexes, grâce à un lien direct avec le Tout-Puissant, en se reposant sur Sa bonté et Son amour qui aplanissent toutes les difficultés. C'est à cause de cela, justement à cause de cela, que les titres donnés à certaines histoires de ce bulletin sont surprenants : « J'ai fait un don et je n'ai pas vu la yéchoua» et « Tout s'est arrangé parce que je n'ai pas fait de don ». Est-il possible qu'on fasse un don et que rien n'arrive? Est-il possible que quelqu'un voie ses problèmes se régler parce qu'il n'a pas fait de don? Et quelle place y a-t-il dans ce magazine pour les histoire du type : « Je n'ai pas fait de don et j’ai vu la yéchoua » ? Voici les réponses à ces questions : « J’ai fait un don et je n’ai pas vu mes problèmes se résoudre » – il est tout à fait possible qu’après notre don, le problème que nous voulions voir réglé ne l’a pas été. C’est arrivé, cela arrive et cela arrivera souvent. Pourquoi? demandez-vous. Connaissons-nous les décisions du Ciel ? Un don à Koupat Ha’ir n’est pas un tour de magie ; il ne constitue pas un chemin pour contourner les décisions divines. Nous faisons un don à la charité car c’est le meilleur effort que nous puissions faire. Dès lors, le résultat n’est pas dans nos mains. La délivrance que nous désirions n’est peut-être pas bonne pour nous. Nous n’en sommes peut-être pas dignes, malgré notre don. Il existe peut-être d’autres facteurs. Nous avons fait notre part, et D. fait la sienne. Il est certain, et personne ne le conteste, que notre situation après avoir fait un don est infiniment meilleure qu’auparavant. Et malgré cette réponse logique que nous venons de donner, une histoire étonnante vous attend dans ce bulletin. Lisez et vous verrez…

Joyeux Hanoucca Koupat Ha’ir


J’ai fait un don et je n’ai pas vu la yéchoua

Pour entendre l’histoire racontée par le protagoniste +972-50-4188826 C. est directeur d’un héder privé (école de garçons) dans une ville d’Israël. En tant que responsable d’une institution, il lui incombe de partir souvent à l’étranger pour recueillir des fonds. Peu de gens se rendent compte des efforts immenses qu’il investit dans sa fonction. Peu de gens connaissent ses hésitations, ses difficultés, l’énorme responsabilité qui repose sur ses épaules et – bien sûr – la lourde charge de distribuer chaque mois des dizaines de salaires. Sait-on combien de jours il passe dans l’avion, combien de semaines il passe à étranger pour revenir ensuite avec moins, toujours moins, que ce qu’il espérait ? C. ne s’autorise jamais à acheter un billet en Classe Affaires. Le prix du voyage est prélevé des dons qu’il reçoit. Comment pourrait-il faire une telle dépense ? Son épouse n’est pas contente : « Si tu faisais un voyage un peu plus confortable et que ces heures d’avion t’étaient un peu plus agréables, serait-ce si grave? Ce ne serait qu’un bonus pour toi et pour le héder !» Mais il ne peut s’y résoudre: la différence de prix est trop importante. Parfois, lorsqu’il fait l’aller-retour dans la même semaine et qu’il lui faut donc acheter un billet régulier, il lui est donné d’ajouter une somme modique pour voyager en Classe Affaires.

Mais cela non plus, il ne le fait pas ; ce peu-là est encore trop important pour lui. Cependant, une fois qu’il a acheté ce billet cher, il demande à la compagnie de lui accorder gratuitement une place en Classe Affaires. Parfois, la compagnie accepte de rendre ce service à un bon client comme lui. La différence de prix est si petite que la compagnie aérienne est quelquefois intéressée de faire de la place dans la Classe Touristes en faisant passer certains voyageurs dans l’autre partie de l’avion, généralement à moitié vide. Un jour, après un long voyage fatiguant en Classe Touristes, C. se sent à bout de forces. Il n’a plus vingt ans, il est surmené. Lorsqu’il arrive à l’étranger, il essaie d’utiliser chaque minute de son temps et, lorsqu’il atterrit en Israël, il retourne sans tarder à ses responsabilités illimitées de directeur. Il mène une vie turbulente qui ne lui laisse pas un instant pour souffler. Il faut absolument qu’il s’allège la tâche. Les sages propos de sa femme lui reviennent


en mémoire, ainsi que toutes ses sombres prédictions s’il continuait à vivre de cette façon. Il se rend bien compte que sa santé n’est plus ce qu’elle était : son dos, ses épaules, sa tête, rien ne fonctionne comme avant. Les voyages en avion ont, sans aucun doute, un effet nuisible sur sa santé. Il se résigne donc à être raisonnable et, la prochaine fois, à voyager en Classe Affaires. Avant le voyage suivant, C. se trouve une nouvelle fois devant le conflit habituel. Pourtant, cette fois-ci, les deux côtés du dilemme sont plus forts. Doit-il céder à la décision qu’il avait prise la dernière fois et payer pour un confort supplémentaire alors qu’il manque tant d’argent? Non, c’est vraiment trop difficile pour lui. Voyager en Classe Touristes comme d’habitude et perdre son temps précieux en regrets ? Il ne vaut mieux pas. Renoncer à ce voyage, un point c’est tout ? Impossible ! Que faire ? C. sent que cette lutte intérieure l’épuise, lui qui est déjà bien fatigué. Que faire ? En fin de compte, C. fait un don de 180 chékels à Koupat Ha’ir et prie D. de l’aider à voyager en Classe Affaires sans payer de supplément. Ce serait sans aucun doute la meilleure solution. Mais comme cette solution est quasi-miraculeuse, car un billet charter ne donne pas droit à la Classe Affaires, un don à Koupat Ha’ir est une excellente façon de l’obtenir. Arrivé devant l’employée au comptoir de l’aéroport, C. demande à être autorisé à voyer en Classe Affaires. « Mais Monsieur, c’est un billet charter… Ces billets-là, on ne les change pas » lui répond-elle, comme il s’y attendait. Cette fois-là, il avait acheté ce billet avantageux car il devait rentrer en Israël après Chabbat. C. le savait et il avait fait son don en toute connaissance de cause, sachant que le Créateur pouvait l’aider de n’importe quelle façon, même s’il achetait un billet charter. « Veuillez présenter ma demande malgré tout» dit-il, sûr de lui. L’employée hausse les épaules et tape le numéro de code de sa demande. Parfois,

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la direction approuve la demande immédiatement, parfois il faut attendre un peu. C. attend patiemment, autant que l’heure du décollage le permet. Les minutes passent, il lui reste peu de temps. Il est déçu. Il avait trop mis d’espoirs en cette solution… Dommage. De temps en temps, il interroge l’employée d’un signe de tête, et elle lui fait signe que non, en ajoutant un mouvement voulant dire : « Je vous l’avais bien dit ». Sa demande n’a pas été accordée. C. s’approche de la porte d’embarquement. Il essaie de faire passer son billet dans la fente de la machine mais celle-ci le refuse. Il retourne donc vers l’employée pour lui demander la raison de ce problème. Elle jette un coup d’œil à l’ordinateur et s’exclame : « Votre demande vient d’être acceptée ! Vous pouvez entrer en Classe Affaires ! » C. se retient de montrer publiquement son soulagement. Sa demande irrationnelle a été acceptée: il voyage en Classe Affaires ! Grâce à D. ! Cette fois, son voyage est beaucoup plus facile que d’habitude. C. parvient à travailler ainsi qu’à somnoler. Il descend de l’avion en meilleure forme, sans douleurs au dos ni à la tête. Avant son voyage suivant, lorsque son combat intérieur est sur le point de recommencer, C. sait comment faire. Il fait un don à Koupat Ha’ir et ajoute une prière. Il ne veut pas payer avec de l’argent de tsédaka un voyage de luxe mais souffrir pendant le voyage n’est pas facile non plus. En fait, que demande-t-il ? Un peu d’aide divine, pas davantage… L’employée ne donne pas à sa demande (sur un billet charter) le moindre pourcentage de réussite mais elle la tape à l’ordinateur comme il l’en a priée. Pas de réponse. Lorsque l’heure du départ approche, il glisse son billet dans la fente et s’apprête déjà à reprendre le billet rejeté par la machine. Mais non. Le billet est accepté sans difficulté. Cette fois, cela n’a pas marché. Au fond de lui, il savait que cette possibilité existait, bien sûr, mais il préférait sentir qu’il allait bénéficier d’un miracle… Il se mord les lèvres et s’avance dans l’avion vers la place portant le numéro inscrit sur son billet. Il se trouve immobilisé sur le siège intermédiaire, à la place la moins confortable.


Les hommes qui l’entourent de chaque côté, vulgaires et au langage grossier, avalent goulument des sandwiches au thon. C. sent son estomac se retourner. Ne suffit-il pas d’un vol inconfortable en Classe Touristes, qu’il faille aussi que sa place se trouve justement entre ces deux individus? Il se lève et va vers la cuisine de l’avion pour se détendre et aussi pour échapper à l’odeur du thon. Lorsqu’il retourne à sa place, quelques minutes avant le décollage, il trouve une personne assise sur son siège. « Excusez-moi, cette place est la mienne. – Pas du tout, cette place est à moi. » Sans se démonter, C. sort son billet et montre, noir sur blanc, que le bon numéro figure sur son billet. A sa surprise, l’autre passager sort aussi son billet et le présente, avec non moins d’assurance, pour montrer que son billet porte le même numéro ! Tous deux s’empressent d’appeler une hôtesse car le décollage doit avoir lieu dans quelques minutes et l’avion est plein à craquer. Que va-til se passer ? Les hôtesses transmettent le problème à leur supérieur, qui lui-même le soumet à son supérieur et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une réponse inattendue – et tant attendue : le billet de C. est changé en billet de Classe Affaires ! Alors que l’avion se trouvait déjà sur la piste de décollage, il lui faut retourner en arrière. L’avion est à nouveau connecté à la galerie d’embarquement. Accompagné des regards

étonnés de tous les passagers, C. sort de l’avion afin de rejoindre par l’extérieur la Classe Affaires. « Tu manques de confiance en D. ! se reprochet-il alors qu’il s’enfonce dans son fauteuil capitonné. Pour le Maître du monde, il n’est pas difficile de retenir l’avion, de le ramener à l’aéroport et de mettre en place toute une procédure pour te faire passer en Classe Affaires. C’est juste que tu n’as pas de patience… Est-ce là ta foi en D. ? » Il accepte son reproche intérieur la tête basse, en prenant de bonnes résolutions pour l’avenir. « On fait un don à Koupat Ha’ir, et on voit les résultats ! » raconte-t-il plus tard à tous ceux qui veulent bien l’entendre. Cela avait été l’une de ses décisions : raconter à d’autres l’histoire extraordinaire qu’il venait de vivre. Il raconte, raconte, raconte, sans savoir ce qui l’attend bientôt… Lors de son troisième voyage, avant de se mettre en route pour l’aéroport, C. fait sans hésiter un don à Koupat Ha’ir. Il éprouve une confiance en D. absolue après ses dernières expériences. Cette fois aussi, d’une façon ou d’une autre, il est certain qu’il sera admis en Classe Affaires. Il est tout à fait détendu, comme s’il avait le billet nécessaire dans sa poche. Il n’oublie pas de prier, de « s’excuser » pour la dernière fois où sa confiance en Lui s’était évaporée si vite, et de se souvenir de toutes ses bonnes résolutions. Mais cette fois-ci, comme pour mettre sa foi à l’épreuve, rien ne se passe. L’employée a certes tapé sa demande à l’ordinateur mais la machine postée à la porte

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d’embarquement avale son billet. Sa demande n’a pas été acceptée. Il se retrouve en Classe Touristes, serré, mal à l’aise, mais certain que dans quelques instants, quelqu’un viendra lui réclamer sa place… Peut-être l’appellera-t-on au hautparleur, peut-être le pilote lui-même viendra l’accompagner à la Classe Affaires. Il faut qu’il se passe quelque chose. Car il a fait un don à Koupat Ha’ir et a ajouté une prière au Maître du monde et… Alors, il faut absolument que son billet soit changé. Cette fois-ci, il ne se découragera pas avant que l’avion ait décollé car il a vu que tout peut arriver, même au dernier moment. Et voici que l’avion décolle, indifférent à ses espoirs déçus. C. se trouve saisi par toutes sortes de sentiments. Tout d’abord, il ressent de la colère monter en lui. De la colère contre qui ? Au début, il ne reconnaît même pas la nature de son sentiment. De la colère contre la compagnie aérienne ? Ils ne lui doivent rien… Il a acheté un billet charter, qu’il n’est habituellement même pas possible de changer gratuitement en Classe Affaires. Contre Koupat Ha’ir ? Koupat Ha’ir n’a jamais promis de yéchoua à ses donateurs. C’est D. qui accorde les délivrances, pas elle. Personne ne peut promettre quoi que ce soit en Son nom. C. n’est pas stupide et sait bien qu’une prière n’est pas toujours acceptée. Parfois, elle n’est pas acceptée du tout, par exemple si la personne qui prie porte un vêtement shaatnez ; parfois elle est acceptée mais, pour le bien de la personne, elle n’est pas réalisée ou est réalisée d’une façon cachée. Le Tout-Puissant règne sur Son monde, sur chaque détail, et mène les choses selon Sa sagesse insondable. Contre qui se met-il donc en colère? C. se rend compte qu’il est en

colère contre lui-même. Pourquoi a-t-il cru à ses rêves ? Pourquoi a-t-il pensé, avec une telle superficialité, que si son procédé avait marché une fois ou deux, il fonctionnerait aussi la troisième ? Il n’a pas de réponse à cette question. Il se moque de lui-même, de son enfantillage. « Tu as donc pensé, comme un enfant, qu’un don marche tout seul ? Que D. en préserve ! Les dons n’ont pas une force suprême. Ils rapprochent les Juifs de leur Père céleste et les fait aimer de Lui. Mais pourquoi t’es-tu senti si sûr de toi ? Où sont tes valeurs, tes principes ? Où est ton bon sens ? Tu préférais diriger ta confiance en D. d’après les résultats que tu désirais, et tu as été jusqu’à penser que tu y croyais vraiment ! Si tu crois vraiment en D., laisse-Le diriger Son monde selon Sa volonté ! Qu’Il accepte ta requête ou qu’Il ne l’accepte pas… Qui es-tu pour comprendre Ses décisions ? » Du mépris, C. passe à un sentiment de frustration. « Si tu pensais vraiment que tu devais voyager en Classe Affaires pour garder tes forces, pourquoi as-tu acheté un billet charter ? Pourquoi as-tu été si avare ? Pourquoi ne pouvais-tu pas examiner la situation dans son ensemble? Tu n’es plus un enfant. Tu diriges un héder et tu portes une lourde responsabilité… » Après la frustration, une fatigue intérieure et physique s’abat sur lui, accompagnée de regret. Il aurait dû être plus intelligent... Ensuite, il s’apitoie sur lui-même. Douze heures de vol devant lui ! Pendant douze heures, de très nombreuses pensées ont le temps de le visiter. Il n’espère qu’une chose : que son trajet se termine vite. Après l’atterrissage, lorsqu’il se lève et se dirige vers la sortie, il se trouve auprès d’un homme respectable


à la barbe grisonnante. De cet homme bien mis émane une grande assurance, comme de tous les hommes riches auxquels il s’adresse lors de ses séjours à l’étranger. « Vous êtes C., n’est-ce pas ? » lui demande-t-il avec un accent américain. – Oui, c’est bien moi, répond-il, étonné. Il est certain qu’il ne connaît pas son compagnon de voyage. – Mon petit-fils étudie dans votre héder, poursuit l’étranger alors qu’ils attendent l’ouverture de la porte. Cela fait six ans qu’il étudie dans votre établissement. Vous m’avez souvent envoyé des lettres pour me demander un don pour votre héder et je n’y ai jamais répondu. Savez-vous pourquoi ? Non, C. ne le sait pas. Lorsque l’étranger a mentionné le nom de son petit-fils, il a su tout de suite de qui il s’agissait. Son grand-père, qui se trouvait devant lui, est un homme très riche. C. a chaque fois été déçu de ne pas avoir reçu de réponse aux lettres qu’il lui a envoyées. Si les riches grandspères refusent d’aider les héders de leurs petitsenfants, qui le fera ? Ensuite, il s’est habitué à ne pas mettre sa confiance en les hommes. La personne qui en a le mérite donne. Et ce n’est pas tout le monde qui a ce mérite. « Je vais vous dire pourquoi, poursuit l’Américain. Je ne fais pas de don à l’aveuglette. Je travaille dur pour gagner mon argent et, D. merci, je gagne bien. Mais le donner à des gens qui le gaspillent pour se faciliter la vie, je ne suis pas d’accord. On peut disputer ce point de vue, je le sais, mais c’est ainsi que je pense », s’empresse-t-il d’ajouter en voyant l’expression contrariée sur le visage de C. « Lorsque vous vous êtes adressé à moi la première fois, je voulais vous faire un don. Après tout, mon petit-fils étudie chez vous. J’ai moi aussi une dette de reconnaissance envers votre établissement. Je me suis un peu renseigné et on m’a dit que vous faisiez souvent des voyages à l’étranger, et en Classe Affaires. Cela ne m’a pas plu. Vous comprenez ? Je peux me permettre de voyager en Classe Affaires mais je ne le fais pas parce que je trouve que c’est du gâchis d’argent. Qu’un

directeur de héder prenne mon don pour le gaspiller en achetant un billet d’avion si cher ? Non, je ne suis pas d’accord avec cela. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais fait de don et n’ai même pas répondu à vos lettres. Mais à présent, j’ai vu qu’on m’avait mal renseigné. J’ai constaté que vous voyagez en Classe Touristes, comme moi. Cela fait six ans que mon petit-fils étudie dans votre héder. Voici un don pour ces six années-là. » Il sort un carnet de chèques de son attaché-case et griffonne quelques mots. Il détache soigneusement le chèque et le pose dans les mains de C., qui n’en revient pas. « Notre petit-fils est très content chez vous. Merci beaucoup, et je vous souhaite beaucoup de réussite ! » Le grand-père disparaît sans attendre de remerciements. C. reste avec le chèque en main sans oser l’ouvrir. Quel chiffre y figure ? 180 dollars, comme il convient à un riche homme d’affaires avare qui ne se permet pas un billet en Classe Affaires ? 1,800$, car après tout, il s’agit d’un don pour six ans ? 18,000 $, car c’est ce que C. espère qu’il y sera écrit ? Lorsque le chèque est plié dans sa main, les espoirs peuvent s’élever sans limite. Dans un instant, il va l’ouvrir, et la bulle de savon va éclater. C. se sent incapable de supporter la déception. Il sait qu’il fait des rêves mais il lui est difficile de s’en déconnecter. Soudain, il reprend ses esprits, se gronde intérieurement et ouvre le papier replié. 60,000 dollars. Soixante mille dollars, pour six ans. 60,000 $. Il faut une minute pour que son esprit enregistre le message. Soixante mille dollars !!! Et tout cela, il l’aurait perdu si son don à Koupat Ha’ir avait été « accepté » et s’il avait reçu un billet en Classe Affaires ! « J’ai fait un don et je n’ai pas vu la yéchoua… » Qu’en dites-vous ? page 7 La force de la tsédaka 5770


I

Plus que tous les médicaments

aë l sr

Le nom est gardé secret pour des raisons évidentes

Ecrire cette histoire a été difficile, plus que toutes les autres. Une écriture élégante dans une lettre sincère qui touche au plus profond du cœur ; une conversation téléphonique qui laisse réfléchir. Il existe des gens grands qui sont prêts à révéler des périodes difficiles et douloureuses de leur vie dans le seul but d’encourager les autres à donner la charité. Qu’ils en soient ici remerciés ! Il lui est difficile de parler de cette époque, celle où son épilepsie s’est déclarée. L’affolement, l’impuissance, les terribles crises, l’horrible sensation qui les suivait. Une jeune femme de trente-cinq ans, mère de famille nombreuse… Les médecins n’étaient pas optimistes. Ils ont essayé des médicaments forts qui lui ont pris le peu de forces qui lui restaient. Malgré les pénibles effets secondaires des comprimés, les crises n’ont diminué ni en fréquence ni en intensité. « C’est un drame, dirent les quelques personnes au courant. Une véritable tragédie qui arrive brusquement à cette famille. Une jeune femme en parfaite santé qui élève de nombreux enfants et tout d’un coup – elle devient épileptique ! » « Il existe des maladies auxquelles, en plus de page 8 La force de la tsédaka 5770

tout, s’ajoute la honte » pense la malade. Elle ne sort plus de chez elle de peur d’avoir une crise dans la rue. Et même dans sa maison, les jours passent entre le temps qu’il faut pour se remettre d’une crise et la crainte effroyable de la prochaine. Chaque crise risque de se terminer en un désastre. La chute est brutale et risque d’arriver n’importe où ; elle peut causer de graves dégâts, une fracture du crâne. Y aura-t-il quelqu’un pour apporter les premiers secours ? Impossible de le savoir. On ne peut pas non plus enchaîner le père de famille à la maison. La plus grande crainte, c’est que la crise ait lieu en présence des enfants… Il leur suffit d’assister à une seule crise d’épilepsie pour imprimer dans leur tendre esprit un traumatisme à vie. Cette maladie, qui n’est certes pas dangereuse, est effrayante et cause une grande souffrance. « On éprouve une peur terrible, comme si l’âme se détachait du corps. Ce n’est pas la crainte de la douleur, c’est quelque chose d’autre, d’incontrôlable, dont il est impossible de se protéger. Les mots ne peuvent le décrire.» Elle ressent des hallucinations effrayantes, un sentiment général de crainte cauchemardesque ; elle appréhende d’aller dormir la nuit. Son mari s’absente souvent


de ses occupations, il est en retard à la synagogue. La maladie a arrêté le cours de leur vie familiale. Et on n’y a pas encore trouvé de médicament adapté. A cette période, les crises se produisaient à intervalles réguliers. Un sentiment intérieur inexplicable, qui allait en se renforçant, annonçait ce qui allait se produire. Les médecins ne savaient expliquer la raison de ce pressentiment – mais la malade le ressentait bien et ses prémonitions s’avéraient justifiées. Lorsque ce sentiment s’intensifiait, son effroi grandissait de façon incontrôlable. Est-ce que la crise allait se produire aujourd’hui ? Demain? Après-demain ? Il lui était impossible de penser à quoi que ce soit d’autre, impossible de faire quoi que ce soit. L’effroi la paralysait. Un soir, lorsque ce sentiment lui fit comprendre qu’une crise était proche et que les dates – l’intervalle entre une crise et l’autre – correspondaient, Mme L. eut peur d’aller dormir. « Je n’ose pas aller m’allonger, dit-elle en pleurant. Je sais que la crise va arriver, j’en suis sûre. Je ne peux pas traverser ce cauchemar une fois de plus. » Aucun médicament n’est efficace, rien ne peut empêcher le mal. La crainte est paralysante. Soudain, comme par une suggestion céleste, elle prend une décision et son mari l’approuve. « Si jusqu’à Roch Hodech Iyar (un mois entier), je n’ai aucune crise, nous donnerons à Koupat Ha’ir telle somme ». Pour eux, il s’agissait d’une somme très importante qui dépassait leurs moyens. Bien que pour une famille moyenne, cette somme n’est pas considérée comme très élevée, pour eux, elle représentait un gros effort. Cette décision l’a rassurée. Elle est allée dormir et s’est réveillée le lendemain souriante et soulagée. Un profond sentiment de reconnaissance envers D. l’a enveloppée. L’appréhension qu’elle éprouvait la veille a dis-

paru sans laisser de traces. Les jours passent. Les dates annoncent une nouvelle crise qui doit se produire. Elle s’examine et ne sent rien. Le mois n’est pas encore terminé. « Notre promesse est efficace, murmure-t-elle, craignant de compromettre le miracle. Elle est efficace. Les crises ne viennent pas ! Jamais autant de temps n’a passé sans crise. A présent, il n’y a rien ! » Le mois de Iyar entier est passé. Au début du mois suivant, Sivane, elle était en proie à une grande émotion, et aussi à une certaine appréhension. Un mois extraordinaire est passé, la situation va-t-elle revenir comme avant ? « S’il n’y a pas de crise non plus en Sivane, nous ferons un don supplémentaire » dit-elle. Son mari est d’accord. Il vaut mieux courir chercher des emprunts que de connaître cet avantgoût de la mort. Les jours passent tranquillement, sans crise. Les médecins ne comprennent pas, ne peuvent pas le croire. Alors que leurs médicaments ne servent à rien, un don à Koupat Ha’ir est efficace ? « Il n’est pas nécessaire d’offrir de grosses sommes ; il faut qu’elles soient substantielles pour vous, explique-t-elle, émue. Chacun selon ses moyens. Le plus important, c’est le cœur, la prière, la foi en D. » Elle n’a pas eu de crise en Sivane non plus. Des mois sereins, sans crainte, sans le cauchemar habituel, sans pleurs nocturnes et sans frayeur. Deux dons à Koupat Ha’ir et puisse D. continuer à les aider... « Seul quelqu’un qui a connu cela peut comprendre la yéchoua que j’ai vécue, écrit-elle. Et je souhaite que personne ne le connaisse. » page 9 La force de la tsédaka 5770


Encore un objet perdu

Pour entendre l’histoire en détail: +972-52-7670734

« Papa, tu as pris les billets, n’est-ce pas ? » Avraham ne tient plus en place. Cela fait six mois qu’ils attendent ce grand jour… Combien de rêves n’a-t-il pas fait ? Combien d’espoirs n’a-t-il pas placés en cette excursion ? Le grand jour est arrivé, celui où papa va emmener ses fils en promenade. Personne ne lui reproche de poser la même question cinquante fois car ils aurait tous voulu faire la même chose. Des adolescents impatients et heureux… Le père regarde Avraham, son plus jeune fils âgé de neuf ans, en souriant. « Ne t’inquiète pas, Avraham. Est-ce que tu veux garder les tickets pour être plus tranquille ? – Ah non ! J’ai peur ! Et si je les perds ? – D’accord. Apporte-moi ma veste, je vais te les montrer. Le père est calme. Pour ses enfants, c’est un grand jour qu’ils attendent depuis très longtemps. Ils ont bien le droit d’être émus. La route est longue jusqu’à leur destination : deux bus à prendre, bien trop pour des enfants impatients. « Où est ta veste ? » Avraham retourne pour la deuxième fois la pile de vestes posée sur un siège du bus. Il connaît bien celle de son père mais il ne la trouve pas. Avraham commence à être nerveux. « Va l’aider, Moché » demande le père, qui sait qu’il ne suffit pas d’emmener un enfant en promenade mais qu’il faut être attentif à son page 10 La force de la tsédaka 5770

anxiété, ses hésitations, ses craintes et tout ce qu’il ressent en route. « Papa ! Ta veste n’est pas là, tu sais ? s’écrie Moché. Est-ce qu’elle est à côté de toi ? Tu l’as peutêtre mise sur tes genoux et elle est tombée par terre ? » Les quelques passagers se retournent, le chauffeur jette un coup d’œil dans son rétroviseur. Pourquoi cette agitation ? Tous les frères se précipitent sur le siège où sont empilées les vestes. « Que chacun reprenne la sienne, pour commencer. » Cinq paires de mains s’avancent et le siège se vide en un instant. Le père reste en bras de chemise. Sept têtes se penchent vers le plancher du bus. Sept têtes déçues se relèvent presque en même temps. « Peut-être dans la soute à bagages ? » Personne n’a ouvert la soute mais, pour être sûr, l’un d’eux descend à la station suivante pour vérifier. Il revient les mains vides, comme ils s’y attendaient. « Combien a coûté chaque ticket, Papa ? » C’est une fois de plus Avraham qui pose la question et ses frères le remercient intérieurement. Ils connaissent la réponse et savent qu’il n’est pas possible d’acheter de nouveaux tickets. Toutes les places sont prises pour cette date-là. « On ne peut pas acheter de nouveaux tickets, Avraham ». Le père est contrarié et préfère que les faits soient clairs à l’avance. « Dans ma veste se trouvaient aussi mon portefeuille, ma carte


bancaire, les clés de la maison, et d’autres papiers importants. Cela m’ennuie beaucoup de l’avoir perdu, sans parler de la veste. Venez, il faut voir ce qu’on peut faire pour les retrouver.» Le père sort son portable de sa poche. Heureusement que cet objet utile est encore sur lui et n’est pas resté dans sa veste… Ils sont tous sûrs que leur père a quitté la maison vêtu de sa veste. Elle a probablement été oubliée au cours du changement de bus. Il téléphone aux Objets Perdus de la compagnie et on lui répond que personne ne leur a apporté de veste aujourd’hui. Le véhicule n’a peut-être pas encore terminé son trajet et n’est pas arrivé au terminus. Moché va demander conseil au chauffeur. « Il dit qu’il vaut mieux continuer le trajet avec lui jusqu’à son terminus, explique-t-il ensuite à son père. Là-bas, nous pourrons peut-être trouver le premier bus que nous avons pris, s’il a terminé son service pour la journée. Les chances sont minces, mais c’est mieux que rien. » C’est effectivement mieux que rien. Le paysage qui défile devant leurs yeux perd d’un coup son intérêt. Les tickets ont disparu ; les chances de les retrouver sont réduites ; on ne peut pas en acheter d’autres. Avraham est au bord des larmes et ses frères sentent qu’ils auraient bien voulu faire de même. A leur âge, on ne pleurniche pas à cause d’une sortie avortée, mais la déception est amère. Les bavardages ont pratiquement cessé. Chacun reste immobile sur son siège et attend la fin du trajet. « On devrait peut-être faire un don à Koupat Ha’ir ? » pro-

pose l’un des garçons. Soudain, tous s’éveillent. En un instant, ils reprennent espoir. Est-ce qu’on va retrouver les tickets ? Oui ? Non ? En tout cas, il se passe quelque chose. S’ils les retrouvent, parfait : ils gagneront leur sortie tant attendue et auront même de quoi raconter autour d’eux. Et s’ils ne les retrouvent pas, tant pis, mais ils auront au moins la preuve que ce n’est pas toute personne qui fait un don qui trouve l’objet qu’elle a perdu. Cette fois, ils auront des preuves à apporter sur ce sujet fort discuté. Leur père voit leurs yeux s’animer d’un éclat malicieux. Il réfléchit un instant, et accepte. « C’est sûr maintenant qu’on va retrouver le bus et que les tickets y seront encore ? » demande Avraham. « Nous ne donnons pas de conseils au Créateur, ni d’idées comment nous venir en aide, explique son père. Nous faisons un don à la charité et cela nous donne plus de mérites au Ciel. Si D. le veut, Il nous enverra les tickets ou nous permettra de les retrouver. S’il ne le veut pas, eh bien non. Un don n’est pas un tour de magie. Il fait seulement que D. nous aime davantage, et que nous méritions davantage Sa bonté.


– Les organisations de tsédaka semblent pourtant dire que c’est un tour de magie, remarque l’un des frères. ‘J’ai fait un don et j’ai vu la délivrance’, ou quelque chose comme ça. Comme un distributeur de boissons : on met un don et il sort une délivrance. – Ce qu’on dit et la réalité sont deux choses différentes, explique à nouveau le père. Ce n’est pas un distributeur automatique. Il existe un D. au Ciel et aussi un mérite particulier de donner la charité. Celui qui fait un don et croit à son acte de charité au lieu de croire en le Créateur fait de son don un objet idolâtre. Nous faisons un don et nous croyons en D., et en Lui seul, de toutes les façons qu’Il choisira de nous répondre : que nous voyons la délivrance ou non. – Mais on espère quand même que D. nous rendra les tickets ! » Ils sourient : s’ils pouvaient eux-mêmes, comme cet enfant de neuf ans, dire exactement ce qu’ils pensent. Le bus s’arrête à un carrefour. Sur la voie parallèle, face à eux, s’arrête un autre bus. Ils ne remarquent même pas à quel point il leur est familier. Soudain, le chauffeur du bus d’en face sort la tête par la fenêtre et crie à son collègue, leur chauffeur « à eux » : « Dis-moi, cette famille religieuse qui est dans ton bus, elle n’était pas dans le mien tout à l’heure ? J’ai l’impression qu’ils ont oublié quelque chose dans mon véhicule. » Ils comprennent soudain et courent à l’avant du bus. Oui, cela ne fait aucun doute ! Ce chauffeur est bien celui qui les a pris plus tôt ! « Nous avons oublié dans votre bus la veste de notre père. Arrêtez-vous us ss’ilil vous plait sur le côté ! » s’écrie Moché, la tête hors de la fenêtre. Les deux véhicules s’arrêtentt et Moché bondit à l’extérieur. Il traverse le carrefour sans

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attendre et galope vers le deuxième bus. « Je vous ai remarqué tout d’un coup, lui explique le chauffeur. Je ne sais pas moi-même comment mais il m’a semblé que c’était vous. Généralement, je trouve que tous les religieux se ressemblent et je n’arrive pas à les différencier. – Merci beaucoup, Monsieur ! » Moché est prêt à l’embrasser. La veste de son père est sur son bras ; dans la poche, il a eu le temps de trouver son portefeuille avec les tickets à l’intérieur. « Que D. vous donne le mérite de faire beaucoup de mitsvot ! Vous nous avez rendu un très grand service. Nous sommes très contents ! Que D. vous rende très content vous aussi ! » Il saute sur le trottoir et court à travers le carrefour en agitant les bras. Ses frères le regardent attentivement par la fenêtre. L’autobus l’attend, avec sa famille et les autres passagers qui ont assisté à la scène. Il monte en courant, le visage rayonnant. « Le portefeuille, les tickets, l’argent – tout y est ! parvient-il à dire, à bout de souffle. C’est incroyable ! Le chauffeur a dit que pour lui, tous les religieux se ressemblent. Il ne sait pas comment il nous a reconnus. – Nous, nous le savons, intervient Avraham. Nous ne donnons pas d’idées à D. Il a des idées bien meilleures que les nôtres ! Auriez-vous pensé à une idée pareille ? Nous faisons un don à Koupat Hai’r, c’est tout ! »


Po

Un éclairage céleste

g lo

ne

Le nom et le numéro de téléphone du donateur sont gardés confidentiels à la demande du propriétaire de la salle

« Enfin, mon frère se marie ! soupire Sarah, l’aînée de la famille. Je ne sais pas comment mes parents arrivent à traverser cette période de stress pour chacun de leurs enfants ! » Elle s’effondre sur la première chaise qu’elle trouve et tente de détendre ses muscles qui lui font mal. Un instant plus tard, elle se lève déjà d’un bond pour accueillir les invitées qui entrent dans la salle, les accompagner à une table et s’assurer qu’elles sont à l’aise. La cérémonie vient de se terminer. Sa mère est restée près de la houpa avec quelques invitées qui s’apprêtent à partir. Sarah est la sœur aînée d’une famille nombreuse. Voici que Yossi se marie déjà. Qui l’aurait cru ? Pour elle, il est encore l’enfant turbulent qui se dispute avec tout le monde. Certes, les années ont passé et Yossi est devenu un garçon sérieux au cœur d’or… Les pensées défilent dans son esprit mais voilà que de nouvelles invitées arrivent : exclamations, embrassades, cadeaux déposés dans ses mains. « Où est ta maman ? » « Elle arrive tout de suite, voilà la table des amies de la famille, vous pourrez y trouver Mme… »

silence annonce que l’orchestre a perdu la possibilité de se faire entendre. L’absence de flashes fait comprendre à tous que le photographe est, lui aussi, dans l’incapacité de travailler. Du côté des hommes, quelqu’un commence à fredonner un chant dans l’obscurité. Personne ne le suit. Ce genre de mélodies correspond davantage aux heures de minuit qu’au moment où on doit commencer le repas. Sarah sort en courant vers les bureaux de la salle de mariage. Elle y trouve un responsable debout près de la boite d’électricité ouverte, perplexe.

L’éclairage s’est éteint.

« Je ne comprends pas où est le problème. Je ne comprends pas, dit-il, découragé. Mes trois salles sont plongées dans l’obscurité. Cela ne m’est jamais arrivé.

Que se passe-t-il ? Sarah lève les yeux au plafond comme si la réponse à cette énigme s’y trouvait. Tous les néons sont éteints. Un brusque

– Vous vous occupez de régler le problème, n’est-ce pas ? demande Sarah.

Boum !

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– Bien sûr! Je n’ai pas le choix! Si un soir de mariages se passe dans l’obscurité, je fais faillite ! » Sarah s’empresse de quitter les lieux, laissant le propriétaire nerveux toucher un bouton après l’autre. Elle retourne à la salle et voit que sa jeune sœur a rallumé les bougies ayant été utilisées à la houpa. Sarah passe de table en table pour s’assurer que toutes les invitées se sentent aussi à l’aise que possible. Au début, les gens attendent patiemment, puis quand les minutes passent sans que l’électricité ne revienne, les questions commencent à se faire entendre :

« Vous avez essayé de téléphoner aux propriétaires de la salle? » «Est-ce qu’on a fait venir un électricien? » « Je connais un excellent électricien. Je vous conseille de l’appeler! Dites-lui que vous êtes en plein mariage et il arrivera en quelques minutes. Je suis sûre qu’en dix minutes, on aura oublié le problème. » « Ah ! Les gens aujourd’hui ! Les directeurs ont loué leur salle et une fois qu’ils ont reçu l’argent, on ne peut plus compter sur eux. » Sarah n’a pas le temps d’apprécier le cocktail de réactions des invités. Elle est soulagée que sa mère soit encore dehors et n’ait pas à affronter l’obscurité en présence des invitées. Le temps passe. Quelle situation désagréable ! Il n’y a ni orchestre ni photographe, ni lumière dans les toilettes ni climatiseur. L’air devient de plus en plus étouffant. « Pourquoi ne penses-tu qu’à toi-même ? Pense plutôt aux mariés… » la gronde sa sœur qui passe près d’elle. En réalité, elle ne pensait pas à elle-même à ce moment-là mais plutôt aux invités. Pourtant, il est vrai qu’elle avait oublié les mariés. Les pauvres ! Ils se trouvent tous deux dans la chambre du yihoud plongée dans le noir. Peut-être ont-ils allumé des bougies... Elle espère qu’ils en avaient. Sarah sort une nouvelle fois. La tension qui monte ne la laisse pas rester sur place. Le responsable est toujours debout devant la même boite électrique, un portable collé à l’oreille. Il descend un bouton après l’autre et les remonte ensuite, juste pour voir que rien n’a changé. D’autres personnes énervées se trouvent à côté de lui – ce sont les personnes qui ont loué les autres salles de mariage. « Il n’a pas même d’éclairage de secours. C’est inadmissible ! » s’écrie l’un d’eux. Le responsable rougit comme une tomate. « Il n’a pas de technicien qu’il peut appeler


d’urgence, pas d’instructions dans un cas pareil. Rien ! Nous avons payé cher des salles de luxe et nous recevons un service déplorable. » Sarah revient dans la salle à petits pas. Elle n’a rien à annoncer aux invités et ne sait que leur dire. Sa mère entrée avant elle tente d’affronter la situation désagréable de son mieux. Toutes les blagues ont été dites. Les bougies sont terminées. Quel mariage va avoir Yossi ? Dans vingt ans, il en rira, mais ce n’est pas cela qui la rassure pour l’instant. Déborah, une bonne amie, voit son visage défait. « Vous devriez peut-être essayer de faire un don à Koupat Ha’ir. – Koupat Ha’ir est une excellente solution pour ceux qu’elle aide, répond Sarah en haussant les épaules. Je ne sais que te dire. J’ai essayé plusieurs fois. J’ai toujours promis : ‘Si mon problème est résolu, je donnerai tant’ et quand il ne l’a pas été, j’ai donné malgré tout. Je suis différente, probablement. Pour moi, cela ne marche pas. – Pourquoi ne pas essayer quand même ? Ne fais pas de don si cela ne marche pas mais au moins mets les chances de votre côté. Tu ne peux pas arranger le circuit électrique, n’est-ce pas ? Cette panne dure depuis plus d’une demiheure et on dirait que personne ne sait ce qui va se passer. Essaie au moins la seule chose que tu as la possibilité de faire.

D. fait est pour le bien. Mais s’Il veut que notre prière soit accompagnée d’un don à la charité, voilà, j’ai promis un don. » Elle termine et pousse un profond soupir. Avec sa délicatesse habituelle, Déborah l’avait laissée seule. A présent, une attente inexplicable monte en Sarah. Elle ne donne pas de chances à ce don, cela n’a jamais marché pour elle, elle n’a donné que parce que c’était la seule chose qu’elle pouvait faire pour ce mariage – qu’attendait-elle ? Elle attendait que la lumière revienne. Malgré ce qu’elle avait dit quelques minutes plus tôt seulement, au plus profond de son cœur, elle savait que la lumière allait revenir à présent. Et elle est revenue. Cela lui a semblé arriver après une seconde. Après coup, en récapitulant, elle comprit qu’environ deux minutes avaient passé. La lumière revint d’un coup et éclaira le visage troublé des mères des mariés, des tantes, des amies… En un instant, les moments de tension et de gêne furent oubliés et une joie spontanée éclata. Les musiciens reprirent leurs instruments avec enthousiasme, le photographe se mit à émettre des flashes dans toutes les directions. On aurait dit que tout le monde voulait compenser les familles des mariés pour les difficiles moments qu’elles venaient de passer…

– D’accord, je vais essayer. »

« Cela valait la peine ! » dirent les yeux brillants de Déborah à ceux de Sarah.

La voix de Sarah révèle le peu de chances qu’elle donne à cette possibilité. Elle s’écarte un moment et se met dans un coin. Soudain, une prière l’envahit, profonde, authentique, tout droit de son cœur vers le Ciel. En un instant, un pont direct est formé et elle éprouve un sentiment de proximité qu’on ne perçoit que rarement dans sa vie.

« Cela valait la peine, sourit Sarah. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point. A part le mariage qui a repris tournure, j’ai gagné un moment très précieux de prière authentique, du plus profond du cœur. J’ai senti que ma prière montait et j’ai su qu’elle était acceptée. J’ai senti la main de D. m’envelopper. Qui n’a jamais senti cela ne pourra jamais le comprendre. »

« Si l’électricité revient, je donnerai 18 chékels à Koupat Ha’ir » dit-elle à mi-voix. « Tout ce que

Comme Sarah était contente de faire partie de ceux qui ont pu goûter ce précieux sentiment ! page 15 La force de la tsédaka 5770


Que faire pour progresser ?

Pour plus de détails, téléphoner après 20 heures au +972-50-4111458 -4111458

C’était un bon garçon, très bon même. Après deux ans de yéchiva kétana dans une étude sérieuse et approfondie, sa troisième année a commencé sur une base solide. C’était un enfant sans problèmes qui donnait beaucoup de joie à ses parents. Ils l’accueillaient avec admiration chaque fois qu’il revenait chez lui pour le chabbat libre, fiers de leur fils érudit et prometteur. C’est alors qu’il a commencé à connaître le pays, la petite terre d’Israël sillonnée par des dizaines de sentiers de randonnées du nord au sud. Des randonnées attirantes, envoûtantes. A la yéchiva, on surveille moins les garçons du troisième chiour (troisième année). Ils peuvent sortir un peu ça et là, et même prendre l’air et faire du tourisme sans se faire remarquer. Il avait des amis, notre Yaacov, qui n’ont pas manqué de le lui murmurer à l’oreille. « Viens avec nous un jour, profite du bon air… De toute façon, nous allons visiter les lieux saints, tu sais » ajoutèrentils pour apaiser sa conscience. Prière, élévation spirituelle… tout un programme… Yaacov a écouté leur conseil, le conseil du mauvais penchant. Il a fermé sa Guémara et les a suivis un jour en promenade. Deux semaines plus tard, il les a accompagnés à nouveau, s’est baigné dans la rivière du Banias, a escaladé des falaises… Plus les chemins du pays lui devenaient familiers, plus ses connaissances des sentiers de la Guémara s’affaiblissaient, car le cœur n’a pas de place pour les promenades et l’étude en même temps. Ses nouveaux amis lui ont tourné la tête, lui faisant miroiter les magnifiques excursions prévues pour les vacances de Pessah. Lorsque page 16 La force de la tsédaka 5770

l’esprit est occupé par les préparations de randonnées, l’étude de la Torah ne peut plus y pénétrer. Yaacov n’étudiait plus que pour s’acquitter de son obligation minimale, pour avoir de quoi dire à son père le chabbat, pour réussir à passer la prochaine interrogation. Au début du troisième trimestre, on l’a appelé de toutes parts. « Yaacov, reprends-toi » lui a demandé son Rav. « Tu faisais partie des meilleurs élèves ! Retourne au premier rang comme avant, lui a dit le machguia’h. Recommence à étudier sérieusement. Tu sais et tu aimes étudier ! » Mais Yaacov ne s’est pas pris en main, il n’est pas retourné au premier rang. Il le voulait beaucoup, il est vrai, mais il lui était difficile de se détacher de ses nouveaux amis et des idées qu’ils lui avaient mises dans la tête. Lorsque le moment de l’inscription dans les yéchivot est arrivé, Yaacov voulait s’inscrire dans une excellente yéchiva où il pourrait progresser et oublier la période médiocre qu’il venait de passer. Son âme voulait qu’il retourne vers le groupe des étudiants assidus ; lui aussi le voulait, mais cela lui était difficile. Alors, peut-être que s’il entrait dans une très bonne yéchiva, il réussirait… « La yéchiva Darkei Torah ? » Le Rav ne voulait pas vexer Yaacov mais il a essayé avec tact de le faire changer de direction. « Dans ta situation, avec tes résultats de cette année, heu… Nous ne savons pas si cela marchera… A Darkei Torah, ils sont très difficiles. » Les jours ont passé et Yaacov ne savait que faire.


Il voulait beaucoup entrer à Darkei Torah. Il était un bon garçon qui correspondait au niveau spirituel et académique de cette excellente yéchiva. En fait, il y avait correspondu… Si les examens d’entrée avaient eu lieu à la fin de sa deuxième année de yéchiva kétana, il y aurait été accepté facilement. Le Rav lui avait dit la même chose. Mais cette dernière année, cette troisième année, avait tout gâché. Aucune yéchiva ne l’avait invité à un examen d’entrée. On avait entendu dire qu’il s’agissait d’un garçon qui n’étudiait pas sérieusement, qui faisait du tourisme, qui n’était pas présent régulièrement à la yéchiva. Demain, les examens auraient lieu. Mais les amis de Yaacov… Les amis de Yaacov allaient faire une randonnée dans le nord du pays. « Tu ne dois pas la rater » l’ont-ils prévenu. Il n’avait pas l’intention de la rater. Et les examens de demain? Ils ne le concernaient pas. De toute façon, aucune yéchiva ne l’avait invité à passer d’examen, et certainement pas Darkei Torah. Yaacov est parti avec eux, non sans un pincement au cœur. Il voulait tant entrer à Darkei Torah ! C’était la yéchiva qui correspondait à ce qu’il voulait devenir, celle qui répondait aux rêves de sa mère et aux prières de son père. Mais cette yéchiva ne l’avait pas convoqué à un examen d’entrée. Il n’y avait aucune chance qu’on l’y accepte, pas plus que dans une autre bonne yéchiva. Personne ne l’avait convoqué, personne ne voulait l’accepter. Le soir, après une journée de randonnée, les garçons sont arrivés dans la ville de Tibériade. En passant devant la synagogue « Or Torah », ils ont décidé d’y entrer. La synagogue était déserte. Des livres, des bancs, des bulletins posés en désordre sur les tables.

Et un magazine de Koupat Ha’ir… Yaacov en a feuilleté les pages : « J’étais un bon garçon, racontait Chouki, mais je n’avais aucun rapport avec l’étude ». Yaacov a sursauté. Un bon garçon qui n’étudie pas bien et n’est pas accepté à la yéchiva à laquelle il veut entrer pour opérer un nouveau début... Cette histoire a touché Yaacov ; cette histoire, c’était la sienne. Le père de Chouki a fait un don de 1800 chékels à Koupat Ha’ir, bien qu’il n’eut pas beaucoup de moyens. Il s’est rendu avec son fils sur la tombe du Rav de Tchébin dans la yéchiva duquel Chouki voulait se faire accepter. Alors qu’ils priaient sur la tombe du Rav, ils ont rencontré un homme venant visiblement de l’étranger, un homme riche. Cet homme leur a demandé pourquoi ils étaient là et ils lui ont raconté que Chouki voulait être accepté à Tchébin. Convaincu de ses bonnes intentions et de ses nouvelles résolutions, il a dit à Chouki: « Téléphone à nouveau à la yéchiva de Tchébin et demande un examen de rattrapage. Etudie à fond le sujet, et que D. t’aide ! » Chouki a étudié sérieusement, D. l’a aidé, et il a réussi l’examen. Il est entré à la yéchiva de Tchébin. « J’ai bien étudié, D. merci, révélait Chouki dans le bulletin de Koupat Ha’ir. Peu à peu, je me suis investi dans l’étude et j’y ai trouvé le goût que j’avais manqué pendant toutes les années précédentes. L’étude m’a conquis. Mon père me regardait quand je rentrais à la maison le chabbat libre, et ses yeux s’emplissaient de larmes.

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rentrais à la maison le chabbat libre, et ses yeux s’emplissaient de larmes. J’étais le plus heureux des hommes… » Par une intervention divine extraordinaire, Chouki a appris plus tard que cet homme au bon cœur qu’il avait rencontré sur la tombe du Rav, le riche Rav Ben Tsion Dunner de Londres, avait demandé à un célèbre Rabbi hassidique d’intervenir en sa faveur auprès de la direction de la yéchiva. Ce ne fut que quelques années plus tard, à la mort de Rabbi Dunner, quand ses photos ont apparu dans les journaux, que Chouki a compris qui était l’homme qui lui était venu en aide. Yaacov a lu le bulletin avec un intérêt grandissant. Comme il aurait voulu que lui arrive un miracle semblable ! Lui aussi voudrait être accepté de façon miraculeuse à la yéchiva, retourner à l’étude intensive, retrouver le doux goût de l’étude. Il aurait bien voulu rencontrer un « Rav Ben Tsion Dunner » qui l’aurait recommandé auprès de la yéchiva Darkei Torah… Mille huit cents chékels, c’était bien plus que Yaacov pouvait donner, mais il a promis de donner trois cents chékels à Koupat Ha’ir s’il page 18 La force de la tsédaka 5770

était accepté à Darkei Torah. Et ensuite ? Dans le bulletin, il était raconté qu’après avoir fait un don, Chouki était allé prier sur la tombe du Rav de Tchébin. Où devait-il aller lui, Yaacov ? Darkei Torah était une yéchiva relativement jeune dont aucun des fondateurs n’était mort, D. merci… Il n’y avait pas de tombe ou prier, pas de cimetière où verser ses larmes. Yaacov a décidé que son effort porterait sur l’étude. A ce moment même, dans la synagogue Or Torah de Tibériade. Il a sorti une Guémara de la bibliothèque, s’est assis dans un coin, et s’est mis à étudier, étudier, étudier. Il y a même trouvé un livre du Rachba – il n’en avait jamais vu un exemplaire aussi vieux et usé. Ses amis étaient repartis depuis longtemps. Ils avaient quitté les lieux alors que lui continuait à étudier. Minuit et demi. Un homme âgé et honorable assis à la synagogue lui a adressé la parole. Ils ont un peu discuté de Torah puis l’homme s’est intéressé à la raison pour laquelle Yaacov se trouvait si tard dans une synagogue vide de Tibériade. Yaacov s’est confié à cet homme et lui a tout


raconté. C’était peut-être sa situation singulière dans une synagogue peu éclairée, tard le soir, seul au nord du pays, qui l’a encouragé à se livrer à lui. Il a raconté qu’il était un garçon qui réussissait bien dans l’étude pendant deux ans et qui, cette année, avait un peu glissé… Il voulait tant être accepté à la yéchiva Darkei Torah et faire un nouveau début. Il en était capable et promettait de profiter de l’occasion, si seulement on la lui donnait. Le lendemain matin, Yaacov a reçu un coup de téléphone. La yéchiva Darkei Torah le convoquait à un examen ! Il y est allé le cœur tremblant, a passé l’examen et a été accepté pour une période d’essai. Le Roch Yéchiva le connaissait bien : ils venaient d’étudier ensemble, la veille, dans une vieille synagogue de Tibériade…

avec joie et la brit-mila a été fixée à une heure matinale. Le Roch Yéchiva a décidé d’arriver dans la région la veille au soir et de dormir à Tibériade. Il était entré à la synagogue Or Torah pour étudier un peu… et y avait rencontré Yaacov. Un bulletin de Koupat Ha’ir tombé par terre, 300 chékels donnés à la Koupa. Une foi parfaite en le Créateur. Un bébé né juste huit jours plus tôt. Le Roch Yéchiva invité à être sandak qui étudie tard la nuit dans une vieille synagogue de Tibériade… Et un jeune homme qui étudie à Darkei Torah, comme il le désirait tant, malgré ses faibles chances d’y être accepté. Il a retrouvé son assiduité dans l’étude et progresse sans faillir. La Torah l’éclaire et il est heureux !

••• Pourquoi le Roch Yéchiva se trouvait-il dans cette synagogue à minuit ? De tous les endroits du monde, justement là, justement cette nuitlà? Il avait un élève, un ancien de la yéchiva Darkei Torah, qui s’était marié et habitait dans un village du nord du pays. Il venait d’avoir un premier fils et désirait que son Roch Yéchiva soit sandak à la brit-mila. Le Roch Yéchiva lui a expliqué qu’il déclinait généralement ces invitations car elles interféraient avec ses heures d’étude. De plus, le jour de la brit-mila coïncidait avec celui des examens d’entrée à la yéchiva et le Roch Yéchiva ne pouvait s’absenter. Mais son élève a tant insisté que le Roch Yéchiva a fini par accepter, à une condition : que la brit-mila ait lieu juste après la prière au lever du soleil (vatikine). De cette façon, il pourrait retourner dans sa ville tôt le matin sans perdre de temps. Le père du bébé a accepté page 19 La force de la tsédaka 5770


Tout s’est arrangé parce que je n’ai pas fait de don Pour entendre les détails de l’histoire : +972-3-5792890 Ce titre est certes quelque peu provocateur, je le sais. Ce n’est pas tout à fait juste, mais ce n’est pas très loin de la vérité. Ecoutez mon histoire, et décidez vousmêmes : Voici quelque temps que j’ai pris une bonne habitude : avant de monter dans l’autobus et après en être descendu, je m’approche de la boite de tsédaka de Koupat Ha’ir suspendue à la station de bus et j’y mets quelques pièces. Combien? Chaque fois une autre somme, selon l’inspiration du moment. Je ne suis pas riche, comme la

plupart des gens qui étudient la Torah à plein temps. Mais un accident de la route ou un attentat peuvent faire dépenser à la victime dix mille fois plus que tous les dons que je pourrais faire pendant des années pour être sauvé de ces drames, sans parler du danger de mort, des souffrances, du traumatisme, etc. Bref, j’ai décidé que même d’un point de vue économique, il valait la peine de faire un don avant chaque trajet pour demander au Tout-Puissant de me protéger, et après chaque voyage pour Le remercier que tout se soit bien passé. Quiconque s’est trouvé dans un bus qui a échappé de justesse à un attentat ou quiconque a par miracle évité d’y monter me comprendra certainement. Voici peu de temps, j’ai voyagé dans un bus interurbain. Avant mon départ, j’ai déposé mon don dans la boite comme d’habitude,


sans oublier de réciter quelques versets et de prier (c’est indispensable pour que mon geste ne devienne pas machinal). Le voyage s’est passé sans problème et nous sommes arrivés à destination.

courir et frappe de mes poings à la porte déjà fermée. Le chauffeur m’ouvre et je lui explique en quelques mots que je cherche un objet que j’ai perdu. Je me précipite à la place où j’étais assis. Mon portefeuille m’y attend patiemment!

Je descends de l’autobus et je cherche la boite métallique suspendue à la station pour y mettre une pièce, comme je le fais toujours à la fin du voyage. Je mets la main dans la poche droite de mon pantalon où mon portefeuille est toujours posé, et je ne le trouve pas ! Ma poche est vide... Je plonge la main dans la poche gauche : vide elle aussi. Je palpe rapidement les poches de ma veste : rien ! Mon portefeuille a disparu !

Je descends du bus tout content et m’approche de la boite de Koupat Ha’ir pour y glisser mon don, comme j’avais décidé de le faire. Alors que j’introduis les pièces dans la fente, je me rends soudain compte :

Je comprends en un éclair qu’il est probablement tombé dans le bus. Comment retrouver ce bus à présent ? Il retournera sûrement dans ma ville lorsqu’il aura terminé de déposer tous les passagers ici. Que vais-je faire ? J’ai un jour entier de tâches à accomplir, et mon portefeuille contenait une grosse somme d’argent, ma carte bancaire, des chèques, mes clés, bref, tout ce qu’il faut pour vivre. Et voilà qu’il est resté dans le bus ! Je me retourne immédiatement dans l’espoir de voir l’autobus s’éloigner et de connaîtree au ion. moins sa direction. urA ma grande surst prise, le bus est aencore à la station ! Quelqu’un sort à grand pe-ine un bagagee de la soute, cee qui retarde le dé-marrage. Danss une seconde, lee chauffeur fer-mera les portes et démarrera. Je me mets à

Si je ne m’étais pas approché de la boite la première fois pour faire un don, je n’aurais pas remarqué que mon portefeuille avait disparu. Le bus aurait continué son trajet et j’aurais passé une journée entière à rechercher mon portefeuille perdu. Et qui sait si je l’aurais retrouvé en fin de compte… C’est justement parce que je n’ai pas réussi à faire mon don en descendant du bus que je me suis rendu compte de ma perte à temps (à temps ? et peut-être que l’autobus est resté à la station rien que pour moi ? je ne sais pas comment le Ciel a intervenu) et que j’ai retrouvé mon portefeuille. Alors, « tout s’est arrangé parce que je n’ai pas u faux ? fait de don ».. Vrai o ou

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I

Un cadeau pour Pessah

aë l sr

Pour entendre l’histoire racontée par les protagonistes, téléphoner auu : +972-3-5786568 +972 3 5786568 Dans chaque foyer, il existe certains jours avant Pessah où il semble que le désordre ne disparaîtra jamais. Où qu’on regarde, on ne voit que chiffons, détergents, objets divers qu’on ne sait où poser. Il n’y a aucune chaise libre, aucune place vide sur la table.

réparation ? L’argent file déjà entre les doigts à cause de toutes les dépenses pour la fête… C’est pourquoi M. et Mme D. décident, comme ils en ont l’habitude, de promettre 50 chékels à Koupat Ha’ir s’ils n’ont pas besoin de payer un technicien.

Dans le tohu-bohu qui précède Pessah, Mme D. vide son réfrigérateur de tous les aliments et les pose sur la table et sur son plan de travail. Elle dégage les pièces du réfrigérateur, fait coulisser les tiroirs, dévisse les barres transversales puis verse du détergent et astique l’intérieur de l’appareil. Après plusieurs heures de travail, alors que la viande commence à dégeler, Mme D. est satisfaite du résultat de ses efforts. A présent, elle veut rapidement remettre au réfrigérateur tous les aliments qu’elle en a tirés. Elle pose des feuilles de journal sur les tablettes propres, branche la prise et… un silence bizarre répond à son geste. Elle détache la prise puis la remet en place – le réfrigérateur pousse un léger soupir, et se tait. Une demi-heure plus tard, Mme D. recommence l’expérience et malheureusement, elle se rend compte que son nettoyage intensif a causé l’expiration du thermostat, du moteur ou de je-ne-sais-quoi. Elle téléphone sans tarder à un technicien qui lui répond qu’il est débordé, qu’il a une liste d’attente et qu’il ne pourra pas venir avant le lendemain. En tous cas, la réparation ne coûtera pas moins que 250 chékels (50 euros environ). Ah la la ! Qui veut dépenser, quelques jours avant Pessah, 250 chékels en

La viande est déjà complètement décongelée et les produits laitiers sont envoyés rapidement chez les voisins pour être gardés au froid. Une confusion totale règne dans la cuisine. Et le réfrigérateur poursuit sa grève. Il n’y a pas le choix : il faut appeler un réparateur de suite. Les D. se rendent rapidement compte que ce ne sont pas seulement eux qui ne veulent pas d’un technicien : les techniciens aussi ne veulent pas d’eux… Ils sont tous débordés, pas un n’est disponible. En fin de compte, tard le soir, ils trouvent un réparateur inconnu qui accepte de venir examiner leur appareil. Il dévisse les parois du réfrigérateur, jette un coup d’œil à l’intérieur et à chaque instant, annonce à la famille un autre problème qu’il faut réparer. Le coût de la réparation monte rapidement et les 250 chékels du début deviennent 400.

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Mme D. se fait des reproches d’avoir inondé son frigidaire au cours du nettoyage et son mari se demande où il pourra trouver ces 400 chékels. Il pense au don qu’il a promis : « Si nous n’avons pas besoin de payer un technicien, nous donnerons 50 chékels à Koupat Ha’ir ». Comme c’était aléatoire, illogique. La Koupa va perdre, cette fois-ci…


Le réparateur démonte le thermostat et apporte des pièces de rechange de sa voiture. Il soude un nouveau fil près du moteur. Par hasard, il a aussi dans sa voiture une étagère adaptée au réfrigérateur pour remplacer celle qui était fendue. Pendant qu’il travaille, il bavarde avec M. D. « Combien avez-vous d’enfants ? demande-t-il.

distribuer à ceux qui en ont besoin. Vous avez des petits enfants. Voici de quoi leur acheter quelque chose pour la fête. » Il sort de sa poche 250 chékels, la somme précise que la famille D. pensait devoir payer à un technicien. Il met les billets dans la main de M., soulève sa boite à outils et disparaît.

–Sept. »

Le silence règne dans la cuisine en désordre. Seul le bruit du frigidaire raconte le miracle qui vient de Cet homme qui n’était pas religieux regarde aut- se produire. Le couple contemple les billets qu’ils our de lui et s’étonne du silence. recevo oir de celui qui leur a réparé le viennent de recevoir g promesse à Koupat p Ha’ir réfrigérateur. Seule la promesse « Sept ? Vous vous moquez de moi ! plication : « Si plane dans la pièce et offre l’’exxplication –Venez voir, si vous le voulez. » nous n’avons pas besoin de payer un un nous t e c hni i c i e n, technicien, nous donnerons 50 mbrees d’enfant. Le M. D. le conduit vers les chambres chékells à Kou upat Ha’ir… Koupat rde les l lits où dor- chékels technicien s’approche et regarde l ment les sept petits enfants de la nee aau u famille D. Stupéfait, il retourne réfrigérateur. Il referme la pièce en plastiquee quii are : « couvre le thermostat et déclare erezz Si c’est comme ça, vous ne paierez pas la réparation. » M. et Mme D. lee regardent, interloqués. xpli-« La réparation est gratuite » explique-t-il. M. D. essaie de le remercier, trèss étonné par ce qui vient de se pass-ui see er dans sa cuisine. Le froid qui répand dans le réfrigérateur et lee ue lee bruit du moteur prouvent que n réparateur connaissait bien son métier. à. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’étranger ramasse ses outils ett less me laa remet dans leur boite puis met ess amis am mis main dans sa poche. « J’ai des M. et et riches à Yaffo, raconte-t-il à M. gent à ge Mme D. Ils me donnent de l’arrgent

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