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S I X M I L L E S E N M E R , Q UAT R E PA S À T E R R E

e r g è N p a C u De Giens a GIENS • HYÈRES • PORQUEROLLES • PORT-CROS • LE LEVANT LA-LONDE-LES-MAURES • BORMES • LE LAVANDOU gratuit


Quatre ans c’est court ! Seulement trois numéros avant que ce petit dernier soit déposé dans les capitaineries, les offices de tourisme et chez les shipchandlers partenaires. Quel média peut se vanter de s’être installé dans le paysage en trois parutions ? Et pourtant, cette quatrième “saison” était attendue de pied ferme par ceux qui nous diffusent et ceux qui nous lisent. Quel plus beau compliment que d’entendre « alors, il sort quand, Cabotages ? » Cet objet bizarre, mi-guide-mi-mag’, entre le Bloc Marine, le Michelin et la presse nautique a simplement comblé la brèche qui existait entre ceux qui ne voyaient dans les plaisanciers que des fanatiques du saute-vagues à voile ou à moteur et les autres qui les prenaient pour des touristes ordinaires. Le “nautourisme” est une réalité depuis que l’on navigue pour son plaisir, c’est maintenant un concept éditorial.

Quatre ans, c’est long ! Déjà quatre numéros. Quelle évolution d’une saison à l’autre ! Plus de ports, plus de pages, plus de contenus. Ceux qui nous suivent depuis nos débuts le savent, ceux qui nous prennent en route le voient : « pour un gratuit, ils se fichent pas de nous ! », second compliment qui nous va droit au cœur. Gratuit ? Financé par la publicité n’est pas tout à fait le mot exact. Il y a, certes, des entreprises du nautisme de plus en plus nombreuses qui comprennent que nous touchons le cœur de cible de ceux qui naviguent mais il y a aussi nos sponsors que sont les collectivités locales partenaires, les villes portuaires qui partagent avec nous le souci de faire sortir plus souvent les bateaux, d’aller voir dans le port d’à côté, de venir chez elles. Et nos lecteurs qui ne nous achètent pas mais nous cherchent et nous lisent d’escale en escale. Bientôt sur web-mobile ! L’été en bateau est un moment privilégié pour la lecture. Nous resterons toujours un média “papier” qu’on emporte dans son

Baie d’Aigues-Mortes

De Saint-Loup à Saint-Clair

Adminsitration, service commercial : direction@cabotages.fr Alain Pasquet, directeur de publication, directeur commercial Julia Chaine, secrétariat commercial et web : contact@cabotages.fr Thierry Dutto, partenariat publicité Méditerranée : thierrydutto@cabotages.fr Patrick Faure, partenariat publicité Provence Côte d’Azur : contact@cabotages.fr

Alain Pasquet

Julia Chaine

Thierry Dutto

Patrick Faure

www.cabotages.fr - Cabotages Méditerranée - 3

Alain Pasquet, Christophe Naigeon

80 PORTS, 10 BASSINS DE NAVIGATION

Delta du Rhône De Couronne à Croisette De Croisette à Sicié

Entre mer et étangs

Pyrénées-sur-Mer

sac marin, qu’on lit dans le soleil du cockpit. Depuis un an, nos articles pouvaient se retrouver sur www.cabotages.fr. Mais désormais l’Internet “classique” est un outil spécifique de préparation des croisières côtières : on y trouve non seulement un accès facile à toutes les escales mais, grâce à une application cartographique et météorologique, chacun pourra trouver les moments les plus opportuns et les escales les plus faciles en fonction de la force du vent, de l’état de la mer et du bateau qu’on a. Et, dernière nouveauté pour votre mobilité en avant-première mondiale, une application pour LES TÉLÉPHONES PORTABLES avec accès au web. Partout où votre téléphone “passe”, vous pourrez bientôt faire votre programme de navigation en temps réel et avoir un point de vue unique sur la Méditerranée. Bonne saison de navigation et rendez-vous en décembre au salon Nautic de Paris pour un grand événement signé Cabotages.

Toulon grande rade

La côte des Maures De Giens au Cap Nègre

Tout au long de votre navigation estivale, demandez nos 10 éditions gratuites dans les capitaineries, les offices de tourisme et chez les shipchandlers partenaires, à chacune de vos escales. Préparez aussi des croisières plus lointaines dans nos rubriques “destinations”, en Corse, aux Baléares, à Malte ou, plus simplement sur les canaux du Sud de la France. Si votre route ne vous mène pas des Pyrénées à l’Estérel, commandez l’intégrale des éditions de 2010 sur www.laboutiquedecabotages.fr (conditionnement et transport : 19, 35 €). Cabotages est édité par Bastaque Éditions 16 rue Garenne, 34200 Sète Tél : 04 67 17 14 30 Fax : 04 67 17 14 32

e b

Rédaction : redaction@cabotages.fr Christophe Naigeon, directeur de la rédaction, rédacteur en chef Emma Chazelles, rédactrice navigatrice Guy Brevet, rédacteur navigateur Claude Roger, rédacteur navigateur Ont collaboré à ce numéro : Sandrine Mazziotta, Marilyn Beaufour, Hélène Petit, Jeanne Chemin

bastaque editions

Christophe Naigeon

Emma Chazelles

Claude Roger

Guy Brevet

Fabrication, iconographie Emmanuelle Grimaud, maquette, infographie : studio@cabotages.fr Michel Léo Ménella, illustrateur Site web www.cabotages.fr Claude Depretz, webmaster www.cabotages.fr : claude@cabotages.fr Imprimerie : Tugrupografico - Espagne Encre : SunChemical Certified ISSN : en cours - Dépôt légal Juin 2010

Emmanuelle Grimaud

Michel Léo Ménella

Claude Despretz


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Le Lavandou

La Londe-les-Maures

Le Tombolo de Giens

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Bormes-les-Mimosas

Hyères-les-Palmiers

La-Londe-les-Maures

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Porquerolles

Port-Cros

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Hyères

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n passant la pointe d’Escampobariou dont le nom à lui seul est un roman comme Paramaribo ou Tombouctou, rappelez-vous d’acheter à la première escale le texte de Joseph Conrad, Frère de la Côte, qui raconte une belle histoire de marins, d’hommes et de femmes passionnés qui vivaient dans ces criques du temps du blocus des Anglais. Une fois passée l’île du Grand Ribaud, c’est un nouveau monde qui s’ouvre. Un bassin de navigation où le capitaine ne va pas seulement de cap en calanque mais traverse pour aller,

12 TOMBOLO DE GIENS

POINTE ESCAMPOBARIOU Porquerolles Le Levant

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4 - Cabotages Méditerranée - www.cabotages.fr


De Giens au Cap Nègre

CAP NÈGRE Destinations Malte

Le Lavandou Bormes-les-Mimosas

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Brégançon

à quelques dizaines de milles, vers un archipel, une autre côte, où le bateau passe d’un plateau continental autrefois à sec et couvert de posidonies à des abîmes mystérieux. De la presqu’île de Giens au cap Bénat se jouent mille régates aux parcours triangulaires, mille promenades du dimanche où l’on va en «aux îles» en famille. Les premiers week-ends des beaux jours, comme les papillons dans les prés, sortent sur cette petite mer mille voiles et mille coques blanches, de toutes tailles et de toutes formes, dont la route est coupée

CAP BENAT par les sillages autoritaires des navettes, hautains des yachts à moteur qui, beaux comme des fers à vapeur, froissent les eaux en fonçant vers de la Riviera. Les ports s’agitent, les mouillages se remplissent, les kites, les surfs, les boards de tout poil attendent impatiemment le moment où les autres vont devoir renter ou prendre des ris pour sauter de vague en vague, et les jets-skis et autres scooters de mer, pressés et bruyants comme des livreurs de pizza en mobylette qui donnent envie de d’inventer la paint-torpille pour jouer

un peu à notre tour et réparer l’outrage fait à la mer. Et, si on pousse jusqu’au Levant, réserve des militaires et des nudistes – à chacun son uniforme – , si on double le fort de Brégançon qui fut un comptoir grec avant d’être un donjon républicain, on peut aussi se risquer au-delà du cap Bénat vers un autre bassin où les noms sonnent comme des promesses de rêve : Bormes-les-Mimosas, le Lavandou, la Fossette, Aiguebelle… et, pour nous faire comprendre qu’on approche du massif des Maures, le cap Nègre qui clôt la balade.

Le Levant Port-Cros PARC NATIONAL DE PORT-CROS

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Corse

28 Baléares

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Sommaire

Naviguer en Méditerranée Les ports : nouveaux rôles ? La sécurité selon d’Aboville Météo : qu’est-ce qui est utile ? Transportables, la solution ? Les sémaphores veillent Tortues de Méditerranée Rando palmée : conseils d’un pro Redoutables oiseaux pêcheurs Peintres officiels de la marine Bateaux et navigation des Romains Bibliothèque de bord

p.36 p.38 p.40 p.42 p.44 p.46 p.48 p.50 p.52 p.54 p.56 p.58


Presqu’île de Giens

Comment fabriquer un double tombolo ?

Escales

Giens est reliée au continent par le fameux double tombolo qui porte son nom et dont les professeurs de géographie nous ont rebattu les oreilles à l’école. Mais on peut en être fiers : c’est l’un des cinq doubles tombolos du monde. Comment ça marche, un tombolo ?

S

Presqu’île de Giens

ur les cinq doubles tombolos du monde, trois se trouvent en Méditerranée occidentale et deux et demi en territoire français. Pour la Méditerranée, en plus de Giens, il y a Orbetello en Italie et Ifach-Calpe en Espagne. Pour la France, l’un est en Atlantique Nord (le seul de la toute la zone). Il réunit à Saint Pierre et Miquelon, l’île de Grande Miquelon à la Petite (Langlade) sur 12 km. L’autre se trouve aux Caraïbes, dans l’île de Saint Martin. L’un de ses tombolos en France, l’autre en territoire Hollandais… Les Bretons en revendiquent deux (minuscules) dans les zones très ensablées du côté de Brest, mais ceux-ci ne sont pas homologués au niveau international… Qu’est-ce qu’un tombolo ? C’est une forme d’isthme. Un isthme ? Une étroite bande de terre, entre deux étendues d’eau, qui connecte deux grandes étendues de terre. Le plus célèbre relie l’Afrique à l’Asie, c’est celui de Suez, qui n’en est plus un depuis le creusement du canal. Un autre est le Panama, auquel le même sort a été réservé. La définition courante indique que « un tombolo est un cordon de sédiments reliant deux étendues terrestres. Le plus souvent, il s’agit d’un cordon littoral entre une île ou un îlot et la côte d’un continent ou d’une autre île. Le dépôt sédimentaire (généralement sableux) est le plus souvent

© OT

causé par la réfraction du train de vagues due à l’île ». DANS LA MER DU VENT

La réfraction du train de vagues  ? C’est le changement de direction imposé à la houle par un obstacle. Exemple : un vent d’ouest et une houle “dans la mer du vent” vous poussent de Toulon vers Porquerolles. Arrivé à la Petite Passe, vous quittez votre cap au 90 pour arrondir au 55. Regardez, vous avez toujours la vague perpendiculaire à votre bateau alors que vous passez de vent arrière à grand largue. Le train de vagues, ralenti sur sa gauche par la presqu’île de Giens, s’incurve en éventail comme des rangs de manifestants tournant à un carrefour. Et là, l’élan est cassé, le vent ne pousse plus dans le même sens, l’énergie de la houle se perd dans le mouvement tournant, la mer lâche prise et tout ce qu’elle transporte tombe au fond. De coup Un ex-voto de l’église d’Hyères représentant le tombolo de vent en coup de vent,

les sédiments s’accumulent, forment un talus qui ralentit de plus en plus le flux… et finit par créer un rivage. Forts de cette observation, les ingénieurs ont inventé les enrochements parallèles à la côte pour créer ces tourbillons, retenir le sable qui passe, augmenter la longueur des plages et la charge de touristes acceptable (voir la photo de Frontignan). Revenons à Giens et son double tombolo. Les sédiments ont été déposés par des vagues obliques engendrant des courants latéraux liés au Mistral, au Ponant ou à la Traversière du côté ouest et à la Lombarde, au Grec ou au Marin côté est. DEUX GOLFES CLAIRS En fait, la presqu’île de Giens se trouve à la limite de deux domaines aux régimes hydrauliques distincts : le Golfe de Lion à l’ouest et le Golfe de Gênes à l’est. Mais les influences ne sont pas égales. Résultat, côté est, la bande de sable est large de 400 m. C’est là que passe la route et qu’il y a des maisons, des campings, un hippodrome, un bois de pins, etc. Côté ouest, elle n’est

que de 25 à 50 m, il n’y a pas de végétation solide, beaucoup de touristes, des automobiles… et des brèches qui se forment régulièrement. Si les engins de terrassement ne les rebouchaient pas régulièrement il n’y aurait aujourd’hui plus qu’un seul tombolo, plus de marais salants au milieu de la presqu’île. Pourquoi ? Manque de protection  : les vagues ne sont plus ralenties par les herbiers de posidonies et se fracassent en pleine force sur la plage côté golfe de Giens. Manque de matériaux  : trop de goudron et de béton, trop peu d’alluvions se déversent dans la mer. Le Gapeau, qui autrefois se déversait à l’ouest, a maintenant son embouchure à l’est… Inégalité météo : le vent d’est apporte la pluie, grossit les rivières qui apportent encore des sédiments. Le vent d’ouest est sec. Trop de fréquentation : malgré les efforts du Conservatoire du Littoral, il est délicat d’interdire l’accès au site. Il faut faire vite. Ou bien laisser faire la nature. Le niveau de la mer va monter, on n’y pourra rien. Christophe Naigeon

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La baie d’Hyères © D. Hameau

Posidonies, beaux dessous bleus L

es séparations laissent de grands fossés. Entre moins trente et moins quarante millions d’années la Corse, la Sardaigne et les îles d’Hyères se sont détachées du continent, creusant un irréparable abîme entre le talus corso-sarde et le talus provençal. Depuis, le paysage côtier et sous-marin a changé bien des fois. Refroidissement, réchauffement, refroidissement climatiques… la mer n’a cessé de monter et de descendre. Par trois fois, la glaciation a retenu les eaux douces sur les calottes polaires et les immensités des continents gelés sur des épaisseurs phénoménales. Par trois fois, les frimas ont contracté l’eau de mer en la refroidissant (1  km d’épaisseur d’eau de mer dont la température moyenne baisse de 1°C perd environ 25 cm de hauteur). La conjonction de ces deux phénomènes a fait baisser le niveau de la mer sur toute la planète. À Hyères, elle s’est retirée de plus de cent mètres, au point de permettre de passer à pied sec des îles d’Or au continent. Les plissements sud-nord de l’écorce terrestre sont venus ajouter leur patte au modelage de la côte et des fonds de la baie d’Hyères. De - 300 à - 6 millions d’années, des Pyrénées au massif des Maures, les poussées d’origine alpine ou ibérique n’ont pas cessé, provoquant

jaillissements et effondrements dont la résultante est un relief plissé de failles orientés Est-Ouest. Les îles d’Or constituent le pli le plus méridional dont seuls les sommets sont visibles aujourd’hui. Au-delà vers le sud commence la plaine abyssale. Ces canyons ont des parois abruptes et certains à-pics et peuvent dépasser 800 m. Les fonds (talwegs) de ces canyons sont à des profondeurs allant de 2.200 à 2.400 m. Voici pourquoi quitter Porquerolles pour la Corse c’est se lancer dans le survol de pics et de gouffres vertigineux. En revanche, les fonds de la rade d’Hyères sont un vaste plateau deltaïque, au relief monotone, dont la profondeur n’excède guère 50 m. À une certaine distance du rivage, l’érosion a tracé des couloirs longitudinaux parallèles au littoral. En rade de Hyères, se poursuivent les cours fossiles enfouis du Gapeau et du Pansard avec leurs méandres. Ces lits dessinent un “delta” sous-marin avançant au nord-nordouest de l’écueil des Mèdes. Aujourd’hui, la rade de Giens et la baie de Hyères ainsi que les abords des îles d’Or sont formées de fonds sableux assez grossiers fixés par des mattes de Posidonies. C’est le plus grand herbier de la côte méditerranéenne française.

www.cabotages.fr - Cabotages Méditerranée - 7


Hyères-les-Palmiers

De toutes les couleurs, de toutes les folies

Escales

Bien sur Hyères a été un site préhistorique, un village antique, une place forte massaliote, un port romain, un bourg du moyen-âge… Mais Hyères est surtout une ville du XIXe siècle.

Hyères-les-Palmiers

C

e qui frappe dès que l’autocar du port passe la gare et le rond-point de la via Olbia, c’est cet air d’opérette d’Offenbach. Balayés les quelques vingt-cinq siècles de civilisations qui se sont succédées sur la presqu’île, il ne reste que l’omniprésence désuète du second Empire, de la IIIe République, d’une fin de XIXe siècle très chic. Remontez l’avenue Gambetta. Si les palmiers vous ont caché les immeubles bourgeois, vous ne pourrez pas éviter, en haut, le monument à la gloire du commerce, les Dames de France, réplique locale des Galeries Lafayette. Zappez les enseignes du Mac Do pour détailler cette grande meringue vitrée construite en 1884 par Pierre Chapoulard. Signe de la prospérité cosmopolite de l’époque, un rayon de ce grand magasin proposait « des installations complètes de villas » et « des interprètes dans toutes les langues ». Ces réclames en disent plus long que tous les discours d’historiens : sous Napoléon III, Hyères construisait à tour de bras des villas somptueuses et les people du monde entier y accouraient. L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE Mais qu’est-ce qui a bien pu faire la fortune de cette bourgade qui stagnait avec ses 6.500 habitants, sans port de commerce, sans industrie, sans chantiers navals, sans arsenal, sans rien de

ce qui remplissait les caisses de communes plus grosses comme Toulon ou Marseille, plus petites comme La Seyne ? C’est justement qu’il n’y avait là rien d’industriel et que les industrieux qui faisaient fortune ailleurs aimaient à disposer de lieux tranquilles, beaux et au climat aimable où ils pouvaient se retrouver entre eux, dépenser sans compter, se faire du bien. L’impératrice Eugénie avait lancé la vogue des bains de mer, le thermalisme devenait, avec les casinos, une activité sociale. Hyères fut donc une ville climatique desservie par la gare du PLM, reliée au centre-ville par des artères droites bordées de palmiers, préférés aux platanes provençaux qui abritent les boulistes. Ici, on ne joue pas à la pétanque comme à La Ciotat, mais au golf, comme en Angleterre, on se montre sur les larges trottoirs, on se salue sur les esplanades. Les Anglais, parlons-en. Après avoir vainement tenté à au moins trois reprises d’investir Toulon en établissant des bases navales dans la baie d’Hyères, ils sont revenus en masse : en 1860, ils représentent 25% de la population. En 1877 arrive le capitaine Corbett, héros de la marine anglaise contre Napoléon 1er, qui draine avec lui la bonne société britannique et même la reine Victoria, crée trois grands hôtels : Ermitage, Albion et Costebelle. Une église anglicane de style néogothique revu par Walt Disney est

consacrée en 1884 par l’évêque de Gibraltar. Fleurissent les architectures les plus folles. Pierre Chapoulard, l’auteur des Dames de France, se fait construire une villa patchwork de tous les styles, indescriptible, dont les morceaux auraient autant leur place à Strasbourg qu’à Vienne, à Nice où à Montparnasse… FOLLES ARCHITECTURES Alexis Godillot, le baron Haussmann local, trace des rues, construit des édifices publics, crée de nouveaux quartiers. Les riches, selon leur plaisir et leurs fantasmes, se font bâtir des villas mauresques, grecques, romaines, andalouses... De véritables châteaux aussi, comme San Salvadour, incroyable chef d’œuvre de l’art pompier. L’école des Beaux-Arts de Paris lance des concours pour concevoir des palaces de cent chambres avec des salles à manger de plus de deux cents couverts, des salons en enfilade, un jardin d’hiver… La saison bat son plein d’octobre à mai. Ensuite, il fait trop chaud. On ne s’empile pas encore sur les plages, on ne cherche pas à avoir la peau comme un cigare de Cuba, on cherche à passer un hiver tempéré en bonne compagnie. Et puis, un jour, le vent tourne. Les Anglais s’en vont pour Cannes ou Nice, où il y a moins de mistral, peut-être, et où il y a

© G. Machefer Grimaud

la mer, un port pour les yachts. Hyères perd de sa superbe mais garde ses maisons folles, ses palmiers, ses orangers, ses couleurs. Arrivés au port, sautez dans le bus pour une journée dans cette ville de charme. Christophe Naigeon

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4

pas à terre n’avaient pas la qualité de ceux qu’on accordait aux chef-d’œuvres. C’est surtout au XIXe siècle, alors que la religion revenait en force, que la pratique a repris. Le pic s’est trouvé entre 1830 et 1875. C’est une passionnante chronique de “l’accidentologie” du passé. Noyades, chutes, accidents de charrettes, de voiture ou de chasse semblent avoir été de véritables fléaux. Et les naufrages ! Même si les ex-votos représentant des accidents maritimes sont relativement peu nombreux (6%) ceux-ci valent qu’on s’y arrête. Les peintures marines y sont les plus belles. Ce qui explique en partie leur petit nombre car les voleurs savent depuis longtemps que ceux-ci ont une haute valeur marchande. Leur nombre augmentant à partir de 1825, on peut mesurer le développement considérable des échanges maritimes au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Avant, la société était essentiellement rurale et la navigation a été longtemps freinée par les différents blocus imposés par la flotte anglaise.

Ex-votos

C

’est un magnifique livre d’images que la collégiale Saint Paul de Hyères. Quatre cent trente deux tableaux tapissent ses murs et racontent la vie quotidienne des Hyérois, du XVIe siècle à nos jours. Ce sont les “Ex-voto suscepto” (selon le vœu formulé), autrement dit les ex-votos que les pieuses personnes ont offertes à la vierge Marie ou aux saints pour les remercier de les avoir sauvés ou d’avoir épargné un membre de leur famille ou un de leurs proches de la maladie, d’un accident, d’une guerre, d’un naufrage… La collection de Saint Paul de Hyères est l’une des plus importantes qui existent en Provence. Beaucoup sont des images très naïves, certains sont de vrais tableaux d’artistes, tous sont touchants et, surtout, ils constituent une extraordinaire bande dessinée sur la vie quotidienne au cours des quatre siècles passés. Peu remontent à l’Ancien régime. La révolution est passée par là, mais, surtout, le temps a fait son œuvre, détruisant ces objets populaires dont les supports 6˚ 09,25'E

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Les Services Maritimes Douane 04 94 57 60 32 5,7 Météo France 2,5 2,4 Tél. 3250 Centre technique et commercial Météo Consult du Nautisme 6 Bassin N˚ 3 (annexe) Accueil Tél. 3201 2 3 5,4 Météo Zone du Large Fl.R.4s2m5M ZONE 2 08 36 68 087,308 2,5 3 Môle Capitainerie Iso.G.4s8m10M centr al 1 RÉGLEMENTÉE du Port d’Hyère Bassin (dériveurs) 4 des dériveurs Y.C.H. Gare5,6Maritime, av du 2,5 Doct Robin 1 Q(6)+LFl.15s8m9M 04 94 12 54 40 Bassin N˚ 1 50T Capitainerie de la Capte 3,6 Rue 5,4 Port la Capte 5 04 94 58 027,1 30 4,4 1,5 2 Capitaine de l’Ayguade RADE 3 04 94 66 33 98 5,8 Capitainerie 7,7 Accueil de Porquerolles Vedet D'HYÈRES te des île s Av Sirènes 04 94 58 30 72 s 6,1 Acc ueil Port du Niel 5,7 1 Bassin N˚ 2 04 94 58 21 49 Port de la CCI 7,3 - Giens Port de Giens 6,9 Oc.R.4s9m7M d 3 1 r Ferme 04 94 58 94 18 Digue Su 5,5 6,4 Port Auguier 3 Fl.G.4s9m10M 5,7 Chemin plage – Giens 04 94 58 21 53 5,5 4,2 Port 6,6 de Port-Cros 1,1 Parc National de Port 3,8 Cros – 83400 Ile de Port Cros 04 94 01 40 70 3,3 5,4 Port de la Madrague 4,8 1,9 3,3 04 98 04 54 98 200 m

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Services Touristiques Mairie Avenue Joseph Clotis 04 94 00 78 78 43˚05'N Maison du Tourisme de la Provence d’Azur Forum du Casino 3, av Ambroise Thomas 04 94 01 84 40 Office de Tourisme de Porquerolles 04 94 58 33 76 Urgences Cross Med 04 94 61 71 10 S. N. S. M Centre Cial Nautisme 14 av Doct Robin 04 94 38 95 84 43˚04,75'N 04 94 65 2167 Gendarmerie nationale 04 94 12 15 70 La liste des médecins, dentistes et pharmaciens de garde est disponible au commissariat de police. Toutes les adresses de ravitaillement, shopping, services, etc. sont disponibles sur www.Cabotages.fr

8,7 7,3

3,3 www.cabotages.fr - Cabotages Méditerranée 6˚-09,75'E 9 6˚ 09,25'E 6˚ 09,50'E

bloc marine 2009 ©


Porquerolles

Escales

Une pépite parmi les îles d’or

Les îles d’Or sont trois filles légendaires de l’Olympe : les Stoechades. Porquerolles, Protée, est la première. Pour les plaisanciers et les touristes qui viennent par la navette, c’est, malgré la foule de l’été, un enchantement pour l’œil et un haut lieu d’intérêt pour l’amateur d’histoire, de botanique et… d’œnologie.

P

Porquerolles

orquerolles est l’aînée des Stoechades. Les Grecs l’ont appelée Protée, la Première. À trois milles de la presqu’île de Giens, elle se déploie comme une chauve souris qui aurait 3 km de long pour une envergure de 7 km. A 15 milles de Toulon, venant par la Petite Passe, doublés dans un bel éblouissement le Petit et le Grand Ribaud puis le Petit Langoustier, le port de 600 places accueille les plaisanciers sous la double vigilance du puissant Fort Sainte Agathe et de sa jolie capitainerie de bois. Avant d’entrer dans le port, un dernier coup d’œil loin sur bâbord vers le cap des Mèdes, dentelle de cailloux en équilibre. Au-delà s’ouvre la Grande Passe vers Bagaud, Port Cros et le Levant qui boucle l’archipel : Insulae Areaum, les Îles d’Hyères. LES CARAÏBES

Située pile sur le 43e parallèle –à hauteur de la pointe du cap Corse – Porquerolles est l’escale la plus méridionale de la côte provençale. Elle concentre les navigateurs qui ne viennent que pour elle et les ingrats qui ne font que passer, sur la route d’une autre île de beauté… Protégée des vents les plus violents, les plages et les criques de sa face nord offrent au navigateur d’incomparables mouillages forains. Mais, attention, ces “eaux caraïbes”, bercent une côte escarpée, pas toujours accore, quasiment inabordable sur sa face sud. Si, côté sud, on arrive très vite sur des fosses marines, côté baie

d’Hyères on reste sur le plateau continental avec des fonds d’une cinquantaine de mètres. Les bâtiments qui ont sauté sur des mines lors de la seconde guerre mondiale y sont autant de sites de plongée. Les autres navires naufragés, en bois, garderont leur mystère. Ils ont débarqué jadis leurs lots de moines, de Sarrasins ou de pirates, car chacun en son temps a abordé ici pour construire, prier ou piller, quelquefois pour y déposer… un trésor. Comme les Grecs y ont laissé le plus beau, le plus riche et le plus durable en plantant la vigne sur cette terre convoitée. Mais, avant de vous précipiter vers les caveaux des domaines de l’Île, de La Courtade ou de Perzinsky, apprenez encore qu’une reine, Marie de Médicis, s’est arrêtée à Porquerolles que les An-

glais ont occupée malgré ses forts “à la Vauban” (mais pas de lui). À partir de 1912, François-Joseph Fournier, l’Homme de Porquerolles, et le travail d’anciens soldats de Napoléon III, de veuves de guerre, de descendants de Lorrains, de pêcheurs Italiens et autres enfants de la maison de correction ont dessiné le village et les paysages agricoles qu’on peut désormais sillonner, à pied ou à bicyclette. VISITEZ L’HISTOIRE Une fois le bateau amarré, pour se baigner ailleurs que dans le port ou fuir la foule du village, il faut prendre son sac, de bonne chaussures ou un vélo. Un conseil, partez vers huit ou neuf heures du matin, à la fraîche, et surtout avant que le gros des

10.000 visiteurs quotidiens n’ait débarqué de la navette… Porquerolles offre une arborescence de chemins qui permettent de découvrir les sentiers escarpés et les paysages tourmentés de la face sud, mais également les quatre plaines et les nombreux forts. Le plaisancier, tour à tour caboteur, cycliste ou randonneur a ainsi le privilège de saisir les reflets de cette perle du patrimoine naturel. L’île a été acquise pour sa plus grande partie par l’État en 1971 et placée sous la protection du Parc National de Port-Cros et du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles. Ce dernier propose de mai à octobre la visite guidée des jardins et vergers de collection. Cette exposition permanente de plein air permet d’admirer des spécimens de palmiers du monde entier. Vignes, figuiers ou eucalyptus apportent la fraîcheur de leurs ombrages aux ascensions vers les forts. Ces ouvrages militaires, bâtis au XVIe et XVIIe siècle, offrent au regard la rade d’Hyères, toujours d’une beauté saisissante, le matin dans la lumière ou dans le contre-jour du soir. Ils invitent aussi à en visiter l’histoire. En découvrant ces merveilles on se prend à regretter l’époque où il était possible d’acheter un tel bijou pour un million et cent francs, comme François Joseph Fournier, après enchère à la bougie… Emma Chazelles

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Georges Simenon

Le commissaire Maigret à Porquerolles «La mer était d’un bleu incroyable, comme on en voit sur les cartes postales, et làbas à l’horizon, une île s’étalait paresseusement au milieu de la surface irisée, avec des collines très vertes, des rochers rouges et jaunes. Au bout de la jetée en planches, une barque de pêche attendait, peinte en vert pâle, avec un liston blanc.» Mon Ami Maigret, 1949

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ersonnage né sous la plume de l’écrivain belge Georges Simenon, le commissaire divisionnaire de la police judiciaire française est un fumeur de pipe, peu bavard, un peu lent, et grand amateur de la Blanquette de veau que lui cuisine Madame Maigret. Il mène ses enquêtes à Paris et en Province, à travers une centaine de romans, instantanés inestimables de la France des années trente à soixante. Maigret écoute et essaie de se mettre à la place des gens plutôt que d’accumuler des preuves pour résoudre les énigmes. Georges Simenon, destiné par sa famille à la prêtrise, se découvre vers l’âge de douze ans une vocation pour l’écriture de roman et une passion pour le sexe opposé. LA RUBRIQUE DES FAITS DIVERS En 1919, à seize ans, il doit abandonner ses études et entre comme reporter à La Gazette de Liège où on lui confie…la rubrique des ‘‘faits divers’’. Il fait l’expérience de l’écriture réactive et sensationnelle et publie sous différents pseudos plus de 150 articles traitant des affaires criminelles et du ‘‘Milieu’’. Plus tard, à Paris, toujours aussi prolifique, il livre ses billets aux hebdomadaires satiriques comme l’Humour, Le Merle Blanc, Frou-Frou… et, en une matinée à la table d’un café, Le Roman d’un Dactylo écrit le premier d’une série de mille romans et contes populaires édités le journal Le Matin. Il fréquente Colette et le Tout-Paris des années folles, épouse Tigy et devient l’amant de Joséphine Baker qui a vingt ans et danse pour la Revue Nègre. C’est en 1924 qu’il découvre Porquerolles où il loue une villa en 1926. Tigy y meurt en 1985. Simenon nourrit une passion pour l’eau, les canaux et la mer. Il entreprend des croisières, souvent longues, sur les canaux français, en Méditerranée puis autour du monde. Autant

d’occasions de reportages que de lieux d’inspirations. Mais il aime surtout observe r la vie des marins et tenir des carnets de bord. Le romancier-vapeur, surnom que lui vaut de pouvoir boucler l’écriture d’un roman en une semaine, se fait construire un cotre de dix mètres baptisé Ostrogoth et passe son brevet de Capitaine au long cours, alors que Tigy s’initie à la mécanique en prévision de futures expéditions. C’est à bord de ce bateau, amarré sur les bords de Seine et où il vit durant plus de deux ans qu’il écrit, à la demande de Joseph Kessel, pour la revue Détectives, une série de nouvelles où apparaîtra pour la première fois, en 1930, l’inspecteur Maigret. Il situera à la Rochelle, qu’il affectionne, au moins quarante titres mais c’est à Lausanne que Simenon meurt à 86 ans, comme il l’a toujours souhaité : ‘‘vieux et enfin apaisé. Innocent comme un enfant de chœur’’ En 1952, de retour des Etats unis où il s’est exilé cinq années, Simenon reçoit officiellement à Paris, au siège de la Police Judiciaire, du 36 Quai des Orfèvres une plaque de Commissaire n° 0000 au nom de Maigret.

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Service direct La Tour Fondue - Porquerolles — Horaires 2010 — Du 31 mai au 4 juillet Départ Tour Fondue

7h30(1) - 9h00 - 9h30 - 10h00 - 10h30 - 11h00 - 11h30 - 12h00 12h30 - 13h30 - 14h30 - 15h30 - 16h30 - 17h30 - 18h30 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h30 - 9h30 - 10h30 - 11h30 - 14h00 - 15h00 - 16h00 17h00 - 18h00 - 19h00

Du 5 juillet au 29 août Départ Tour Fondue 7h30(1) - 8h30 - 9h00 - 9h30 - 10h00 - 10h30 - 11h00 - 11h30 12h00 - 12h30 - 13h30 - 14h30 - 15h30 - 16h30 - 17h00 17h30 - 18h00 - 18h30 - 19h00 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h00 - 9h00 - 9h30 - 10h00 - 10h30 - 11h00 - 11h30 14h00 - 15h00 - 16h00 - 16h30 - 17h00 - 17h30 - 18h00 18h30 - 19h00 - 19h30 Du 30 août au 19 septembre Départ Tour Fondue 7h30(1) - 9h00 - 9h30 - 10h00 - 10h30 - 11h00 - 11h30 - 12h00 12h30 - 13h30 - 14h30 - 15h30 - 16h30 - 17h30 - 18h30 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h30 - 9h30 - 10h30 - 11h30 - 14h00 - 15h00 - 16h00 17h00 - 18h00 - 19h00 Du 20 septembre au 3 octobre Départ Tour Fondue 7h30(1) - 9h00 - 9h30 - 10h00 - 10h30 - 11h00 - 11h30 - 12h00 12h30 - 13h30 - 14h30 - 15h30 - 17h00 - 18h00 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h30 - 9h30 - 10h30 - 11h30 - 14h00 - 15h00 - 16h30 17h30 - 18h30 Du 4 octobre au 7 novembre Départ Tour Fondue 7h30(1) - 9h00 - 10h00 - 11h00 - 12h00(2) - 13h30 - 14h30 15h30-17h00 - 18h00 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h30 - 9h30 - 11h30 - 14h00 - 15 h00 - 16h30 - 17h30 Du 8 novembre 2010 au 18 février 2011 Départ Tour Fondue 7h30(1) - 9h00 -10h30 - 12h00(2) -14h30 - 17h 45 Retour de Porquerolles 7h00(1) - 8h30 - 10h00 - 11h30 - 14h00 - 17h15 (1) Cet horaire n’a pas lieu les dimanches et jours fériés. (2) Mercredis et samedis, départ reporté à 12h30 sauf pendant les vacances scolaires de la zone B. Attention : La Direction se réserve le droit de modifier ou d’annuler tout ou partie de ces horaires sans préavis en cas de mauvaises conditions Tarifs individuels Aller-Retour météorologiques ou pour des raisons techniques. Adultes 17,00 € Chèques, chèques vacances 15,00 € Enfants (de 4 à 10 ans) et cartes bancaires acceptés en dessous de 4 ans Gratuit


Port Cros

Un jardin secret posé sur la mer

Escales

Port Cros “la Secrète” est la plus petite des trois Stoechades. À 8 milles de la côte, c’est un archipel dans l’archipel avec Bagaud, le Rascas et la Gabinière. Cette terre ceinte d’une bande marine accessible aux seuls bateaux propres est le premier parc insulaire et marin de la Méditerranée.

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Port Cros

ans la Grande Passe, l’îlot de Bagaud, royaume des rats noirs, est, avec les rochers de Rascas et de La Gabinière, l’une des trois Réserves Intégrales de Port-Cros. Passez au large, elle gardera son mystère boisé de 60 ha. En doublant sa pointe sud pour rejoindre la baie de Port Cros, la passe du sud-ouest conduit à l’anse de la Fausse Monnaie dont le nom éveille l’imaginaire. Puis on arrive au petit port (75 places à quai, 42 bouées). Pas de problème de tirant d’eau, le nom de Port Cros a sa profondeur pour origine (“port creux”). L’accostage autrefois périlleux par mer forte est désormais facilité par un rehaussement du quai. En bordure du port, les maisons aux couleurs pastel rose et jaune et les palmiers adoucissent la masse sombre de la forêt qui couvre 500 des 650 ha de l’île. Y compris des agents du Parc, Port Cros compte une petite cinquantaine d’habitants permanents dont l’activité est en partie liée au tourisme : un hôtel, cinq

restaurants, une boutique de souvenirs, le club de plongée. On y découvre aussi une église et l’école qui accueille moins de dix élèves en classe unique. Et, si le village bénéficie de l’eau courante depuis les années soixante, il n’y a pas d’éclairage public. Alors restons là une vraie nuit quand les visiteurs – jusqu’à 3.000 par jour – ont rembarqué. Le mouillage est en grande partie interdit sur les 1.200 ha marins du site mais idéalement autorisé dans la Baie de Port Man. Pour la baignade, pas de bicyclettes pour se rendre aux trois petites plages très fréquentées à une demi-heure du village : au nord La Palud, au sud-ouest la plage du Sud, à l’est, Port Man. L’environnement exceptionnel et les sentiers d’interprétation aménagés par le Touring Club, proposent cependant à d’autres plaisirs au randonneur émérite comme au simple curieux. Une balade de trois heures nous invite ainsi sur le sentier des crêtes. Les moins en jambes ou les plus rêveurs pourront choisir

un circuit d’une heure vers le vallon de la Solitude ou un parcours de trois quarts d’heure consacré à la flore et la forêt. Car Port Cros n’est pas un caillou. Sur les roches métamorphiques anciennes de gneiss et micaschistes qui sont le socle de l’archipel, la végétation est très dense, sans doute grâce aux sources. Maquis, pins d’Alep, chênes verts, oliviers sauvages, arbousiers, griffes de sorcières et autre stoechas (herbe à chat) offrent leurs fragrances mêlées aux nombreuses espèces d’oiseaux protégés comme le rarissime puffin, oiseau nicheur qui en fait son domaine unique. Côté mer, Port Cros est classé Top 40 des plus beaux sites de plongée du monde. Plus modestement, munissez-vous d’un masque et d’un tuba pour suivre un sentier sous-marin de 30 à 40  mn de randonnée palmée  : mérous, barracudas, girelles et bancs de saupes broutant l’herbier de posidonie qui peut s’étendre jusqu’à 40  m de profondeur.

La Maison du Parc qui tient lieu de Capitainerie renseigne sur ces visites et propose la visite d’une exposition passionnante au Fort de l’Estissac sur les milieux marin et sous-marin que viendra compléter l’Aquascope. La mission de conservation s’étend également au patrimoine militaire. Le Parc propose un circuit des forts : le Moulin, l’Estissac, l’Éminence, Port-Man, la Vigie, plus ou moins restaurés. Une manière d’entrer dans l’histoire de l’île, mille fois conquise et austèrement protégée.

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L’île du Levant

Un paréo et une lampe de poche… Séparée de Port-Cros par la Passe des Grottes, Titan est la plus orientale et la plus sauvage des Stoechades. Quatre-vingt-dix pour cent du territoire de cette arrête rocheuse longue de huit kilomètres - aussi grande que Porquerolles son aînée - est propriété de l’armée. Seuls les quelque cent hectares comprenant le Domaine Naturiste d’Héliopolis et la Réserve Naturelle Volontaire des Arbousiers sont accessibles au public.

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n cargo échoué constitue le petit port de l’Avis réservé aux embarcations militaires, et le port de l’Ayguade est avant tout un débarcadère pour les navettes. Il convient donc de contacter la capitainerie pour savoir si une place est disponible. L’accès au village, installé sur une butte et dominé par le Fort de l’Arbousier, s’effectue par un long escalier et une marche assez sportive d’environ vingt minutes. Les terrasses de café ombragées par des arbousiers parmi les plus beaux d’Europe récompensent cet effort à ne pas sous-estimer. Une centaine d’habitants permanents constituent la communauté du village qui possède encore une église, des hôtels, des restaurants, une boulangerie et une poste qui fait également office d’établissement bancaire. Le domaine d’Héliopolis, très fréquenté, est connu mondialement. Il a été créé en 1931 par Gaston et Hervé Durville, fils d’un hygiéniste convaincu que seul le retour à la nature préserverait l’homme de la dégénérescence. La règle veut cependant qu’à l’intérieur du village la nudité soit exclue. Jetez donc dans votre sac, comme il se doit, un indispensable carré de tissu, paréo pour le jour et pour la nuit ajoutez une lampe de poche puisque ce petit paradis ne possède pas d’éclairage public.

L’île est un jardin d’Eden dont la flore extrêmement originale est constituée de variétés singulières. En voici un petit catalogue curieux : “herbe aux femmes battues”, salsepareille, “herbe à la pomme”, “herbe aux trois épines”, “nombril de Vénus”. Suivez le “sentier nature”, au nord du village pour la seule incursion autorisée au sein de cette Réserve Naturelle Volontaire, connue également comme un paradis pour les oiseaux. La clémence du climat en fait un lieu privilégié pour les sédentaires (merles, faucons, crécelles, hibou petit duc), comme pour les oiseaux hivernants ou passagers (huppes, guêpiers, fous de bassan, hirondelles de cheminée) ou les oiseaux de mer (goélands argentés et puffins cendrés). Beaucoup en veulent aux militaires de leur fermer l’essentiel de l’île. Qu’ils sachent que ce sanctuaire fait au moins une heureuse : la “tortue d’Hermann”, espèce en voie de disparition, totalement protégée. Depuis 1990, on essaie d’y créer une population-ressource par l’implantation de plusieurs centaines de spécimens. Vous pourrez peut-être admirer certains d’entre eux au détours de vos promenades. Le phare du Titan situé à l’est de l’île ne se visite pas. Emma Chazelles

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04 94 38 30 58

Le Port d'Hyères vers Port-Cros et Le Levant - Horaires 2010 Du 29 mars au 11 juin – Tous les jours - * A lieu à partir du 1er mai. Départ Port d'Hyères 9h30 10 h30* Départ Ile du Levant Arrivée Port-Cros 10h30 11h30* Départ Port-Cros Arrivée Ile du Levant 11h00 12h00* Arrivée Port d'Hyères

16h30 17h00 18h00

Du 12 juin au 4 juillet – Tous les jours Départ Port d'Hyères 8h00 9h30 11h00 Arrivée Port-Cros 9h00 10h10 11h40 Arrivée Ile du Levant 9h55 11h00 12h10

16h30 17h00 18h00

Départ Ile du Levant Départ Port-Cros Arrivée Port d'Hyères

Du 5 juillet au 29 août – Port d'Hyères - Port-Cros – Tous les jours Départ Port d'Hyères 8h00 9h30 11h00 14h30 Arrivée Port-Cros 9h00 10h10 11h40 15h10 Départ Port-Cros 10h20 11h50 17h30 Arrivée Port d'Hyères 11h00 12h30 18h30 Du 5 juillet au 29 août – Port d'Hyères - Le Levant – Tous les jours Départ Port d'Hyères 8h00 11h00 14h30 Arrivée Ile du Levant 10h05 12h20 15h30 Départ Ile du Levant 11h15 17h00 Arrivée Port d'Hyères 12h30 18h30 Du 5 juillet au 29 août – Service Inter-îles Port-Cros et Le Levant – Tous les jours Départ Ile du Levant 11h15 17h00 Arrivée Port-Cros 11h45 17h15 Départ Port-Cros 9h45 12h00 15h15 Arrivée Ile du Levant 10h05 12h20 15h30 Du 30 août au 26 septembre – Tous les jours - * Fonctionnent jusqu'au 12 septembre. Départ Port d'Hyères 8h00* 9h30 11h00* Départ Ile du Levant 16h30 Arrivée Port-Cros 9h00* 10h10 11h40* Départ Port-Cros 17h00 Arrivée Ile du Levant 9h55* 11h00 12h10* Arrivée Port d'Hyères 18h00 Du 27 septembre au 7 novembre - Lundi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche Départ Port d'Hyères 9h30 Départ Ile du Levant 16h00 Arrivée Port-Cros 10h30 Départ Port-Cros 16h30 Arrivée Ile du Levant 11h00 Arrivée Port d'Hyères 17h30 Du 8 novembre 2010 au 18 février 2011 - Lundi, mercredi, vendredi, samedi Départ Port d'Hyères 9h15 Départ Ile du Levant Arrivée Port-Cros 10h15 Départ Port-Cros Arrivée Ile du Levant 10h45 Arrivée Port d'Hyères

15h45 16h15 17h15

Attention : La Direction se réserve le droit de modifier ou d’annuler tout ou partie de ces horaires sans préavis en cas de mauvaises conditions météorologiques ou pour des raisons techniques. Adultes Enfants (de 4 à 10 ans) Le premier départ est un ba- Tarifs Aller-Retour Port-Cros 25,00 € 22,00 € teau mixte passagers et marLe Levant 25,00 € 22,00 € chandises. 24,90 € 2 îles (Port-Cros/Le Levant) 27,90 € Chèques, chèques vacances et cartes bancaires acceptés.

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Communiqué Initiative Régionale

Les Casques Verts

Un Homme, une équipe Patrice FALLOT Président-Fondateur des Casques Verts 2, rue Crivelli - 83400 Hyères Tél. 04 94 01 31 40 - Fax 04 94 65 62 28

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Les îles de Port-Cros et Porquerolles représentent un outil pédagogique unique

De prestigieuses sociétés citoyennes (Rhône Poulenc, ELF Aquitaine, QUICK, Thomson, UAP, TDF, EDF, Renault RVI) seront convaincues par la générosité et la passion de Patrice Fallot et lui permettront de mettre en œuvre une vaste opération de surveillance des massifs forestiers varois, ainsi qu’en haute Corse. Des moyens terrestres, maritimes et aériens seront mis en œuvre. Au regard des résultats obtenus, l’État, les collectivités locales et régionales prendront petit-à-petit le relais des entreprises privées.

L’association Casques Verts est devenue un tremplin vers l’emploi. Les jeunes ayant obtenu leurs diplômes ont tous entamé une carrière professionnelle assurant ainsi leur avenir.

Les Casques Verts

es Casques Verts, c’est d’abord un homme : Patrice Fallot, 58 ans. Il découvre la tragédie annuelle des feux de forêt dans le Sud-Est de la France. Dirigeant une vaste opération d’entretien des massifs forestiers au Tanneron (VAR), il est encerclé l’été 1986, par un violent feu de forêt resté dans toutes les mémoires. Son tempérament le fera agir : dès 1987, il occupe le terrain avec ses Casques Verts. Il ne quittera plus jamais la forêt varoise.

L’association Casques Verts, en partenariat avec le Parc National de Port-Cros et le Conseil Général, accueille des jeunes étudiants en apprentissage se destinant au métier de la gestion de l’environnement et de la sylviculture. Ces différentes chantiers, dont les actions sont très diversifiées, permettent d’effectuer l’instruction pratique sur le terrain et s’approchent le plus possible du génie écologique.

L’Association Casques Verts, est en partenariat depuis vingt-deux ans avec le Parc National de PortCros. Elle entretient les pistes et les massifs forestiers, elle est insérée dans le dispositif de lutte et de prévention des feux de forêt. Outre l’entretien des pistes et leurs mises aux normes de sécurité, ces interventions incluent

la maintenance des bulles de cicatrisation. En effet, il y a plus de dix ans maintenant, que des milliers de piquets en châtaignier ont été plantés et reliés entre eux par des fils de fers galvanisés. Quelque peu inesthétique au départ mais combien efficace, ils empêchent ainsi le piétonnement de la jeune végétation naturelle. Aujourd’hui, plusieurs dizaines d’hectares ont retrouvé vie et permettent la stabilisation des sols et la lutte contre l’érosion. De nombreuses plantations sont venues peupler ces sites, cicatrisant ainsi l’ensemble de ces surfaces vouées à un aspect désertique et menaçant la stabilité du littoral insulaire. ACCUEIL En partenariat avec le Conseil Général du Var, l’Association Casques Verts accueille des adolescents venant de différentes communes, souvent très éloignées du littoral. Ce sont cent trente-huit jeunes Varois par an qui découvrent un site privilégié, faisant l’objet de soins spécifiques liés au caractère insulaire.

• La sensibilisation aux risques liés aux feux de forêt, • La visite du jardin botanique du Parc National, • Sensibilisation aux problèmes liés à l’érosion, • La visite au centre de secours des pompiers, • Les résultats liés aux bulles de cicatrisation, • La découverte de la végétation insulaire, • Le débroussaillage sélectif et son utilité, • L’éradication des végétaux indésirables. Ces sorties permettent de démontrer l’intérêt d’un site naturel classé "Parc National" et de découvrir les raisons d’une réglementation stricte en vigueur sur les îles de Port-Cros et Porquerolles. Pour compléter ces informations, le Parc National met à disposition de l’Association Casques Verts, l’ensemble de ses outils pédagogiques. Ils comprennent les résultats et recherches réalisés par le laboratoire botanique de l’île.

Vingt-trois séjours extra scolaire se déroulent sur deux journées et ont pour but : • L’observation des travaux forestiers en général et les aménagements réalisés par l’Association Casques Verts, • La sensibilisation de la protection de l’environnement sur l’Ile de Porquerolles,

La nature reprend ses droits

Quelques règles élémentaires • Ne pas pénétrer dans les massifs lors des plans ALARME (alerte liée aux risques météorologiques exceptionnels.) • Interdiction formelle de camper et de fumer. • Le traitement des détritus sur l’île est coûteux, en conséquence, il est conseillé de ramener les restes de son pique nique et emballages divers sur le continent. Résultat lié aux bulles de cicatrisations

• Respecter les bulles de cicatrisation.


bienvenue aux ports

d'Hyères-les-Palmiers Le Port d'Hyères (saint-Pierre) n Capitainerie - Tél : 04 94 12 54 40 - Fax : 04 94 12 54 50 Canal VHF : 9 - email : port.hyeres@wanadoo.fr Horaires d’ouverture : Basse saison - Octobre à mai : 8h -12h et 14h - 17h30. Moyenne saison - Juin, septembre : 8h - 12h et 14h - 19h - 7j/7j. Haute saison - Juillet et août : 7h - 21h - 7j/7j. equipements et Services portuaires : 1432 places à quai dont 120 postes passagers. Tous les postes sont équipés de bornes de distribution d’eau et d’électricité accessibles par cartes magnétiques ainsi que du système Wi.Fi. Les deux capitaineries sont équipées de sanitaires et douches réservés aux plaisanciers avec accès par cartes magnétiques. Ces cartes sont à retirer en capitaineries du 1er ou du 3e bassin. Container tri sélectif sur parking capitainerie 1er, 3e bassin et môle central. Longueur maxi des bateaux : 36,99m. Largeur maxi des bateaux : 7,90m. Zone d’activités (manutentions - port à sec) Tél : 04 94 08 53 28 - Fax : 04 94 01 28 98 Élévateur 50 tonnes - Grue 35 tonnes - Potence 8 tonnes. Récupération d'huiles usagées, batteries, fusées, containers, peintures. Cale de mise à l’eau : Longueur maximum des bateaux : 6,99m. Les voiliers doivent être démâtés. Le convoi véhicule tracteur et la remorque avec bateau ne doit pas excéder un encombrement hors tout de 13 m. L’accès à la cale de mise à l’eau est payant et automatisé, les cartes magnétiques d’accès sont à retirer en capitainerie du 3e bassin. Renseignements : 04 94 12 54 52. La cale de mise à l’eau est interdite aux véhicules nautiques motorisés en haute saison. Station carburant - Distribution tous carburants 24h/24h par CB - Tél : 04 94 38 42 84. Horaires d’ouverture : Octobre à mai : 8h30 - 12h / 14h - 17h30 du lundi au vendredi. Samedi : 8h30 - 12h. Juin à septembre : 8h - 12h / 14h - 19h - 7/7. Récupération d'huiles usagées - Récupérateur d'eaux noires et eaux grises gratuit.

Port

de

La CaPte n Capitainerie - Tél/Fax : 04 94 58 02 30 Horaire d’ouverture 7j/7 : Hors saison : 8h-12h et 14h-17h. Saison : juillet et août : 8h-12h et 14h-18h. Équipements et Services portuaires : Port de 190 places à quai dont 90 pour les bateaux de passage. Longueur maxi des bateaux : 11,49 m. Largeur : 3,85 m. La cale de mise à l’eau est payante. Longueur maxi : 6m (mêmes horaires que la Capitainerie). Eau, électricité. WC. Bac récupérateur d'huiles usées et bidon. Totem : bouée, cordage, extincteur.

Port

n Capitainerie - Tél/Fax : 04 94 66 33 98 Horaire d’ouverture : Hors saison : 8h - 12h / 14h - 17h du lundi au samedi - Dimanche : 8h à 12h. Saison : juillet août : 8h - 12h / 14h - 19h - 7j/7j.

Port Auguier

equipements et Services portuaires Port de 411 places à quai dont 118 pour les bateaux de passage. Longueur maxi des bateaux : 8m. Largeur : 3,85m. Eau, électricité. 2 WC. Totem : bouée, cordage, extincteur. Téléphone public. n Capitainerie - Tél/Fax : 04 94 58 21 53 Horaire d’ouverture Hors saison : 8h - 12h et 14h - 17h du lundi au vendredi. Saison : juillet et août : 8h - 12h et 14h - 18h - 7j/7j. equipements et Services portuaires Port de 83 places à quai dont 6 pour les bateaux de passage. Longueur maxi des bateaux : 10,99m. Largeur 3,50m. Tirant d’eau : 1,50m. Cale de mise à l’eau réservée en cas de danger. Eau, électricité. WC Chimique en saison. Container d'huiles usées et bidon. Totem : bouée, cordage, extincteur, échelle. En saison, l’accès automobile est réservé aux riverains.

de l'AyguAde


La-Londe-Les-Maures

Escales

Mines, torpilles et espionnage…

La Londe est une escale bien tranquille dans la baie d’Hyères. Si vous vous arrêtez dans le port tout moderne de Miramar, pensez que derrière ce décor de vacances il y a de bien surprenantes histoires…

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La-Londe-Les-Maures

uand on approche du port de La Londe on ne peut pas ne pas voir deux point sur la côte immédiate. À bâbord, un bunker sous les pins rappelle que ces plages furent l’objet de durs combats lors du débarquement en Provence, en août 1944. À tribord, derrière une haute grille surmontée de barbelés, des bâtiments industriels. Le plus porche de la plage, une bâtisse de plainpied avec cinq grandes portesfenêtres à imposte laissent à penser qu’on s’y installerait volontiers un petit cottage face à la mer… C’est une petite partie de l’ancienne usine Schneider qui fabriquait des torpilles et les essayait là, à partir d’un ponton. Voici l’histoire : LES MINES DE FER Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais devient propriétaire du Domaine des Bormettes dont il redécouvre et développe le filon de plomb argentifère qui s’y trouve. En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et l’exploitation des mines de l’Argentière riches en zinc et surtout démarre dès 1885, créant de nombreux emplois. Ainsi, après avoir été

L’entrée de la mine

un territoire essentiellement forestier et agro-pastoral, La Londe entre à la fin du XIXe siècle dans une ère minière. À partir de 1890, d’autres filons sont découverts et exploités, les plus importants à La Rieille et au Verger (nord de la commune). L’exploitation s’étend alors sur une superficie qui couvrait la quasi-totalité du territoire de La Londe et même une partie des communes de Collobrières et Bormes. Ces mines sont tellement prospères que leur rentabilité nécessite la création d’un chemin de fer en 1899, permettant le transport des ouvriers entre les différents lieux d’extraction et l’acheminement du minerai jusqu’à l’Argentière où s’effectuaient son

traitement et son expédition par voie maritime. Signe de prospérité aussi, une fonderie, dont on voit encore l’imposante cheminée-tunnel, est construite à titre expérimental en 1897 pour traiter le minerai sur place. La prospérité de la mine contribue directement à la formation du village (construction de corons, création d’un bureau de poste et télégraphe, d’une gendarmerie...) et à la création de la commune. À partir de 1890, le village s’ouvre aussi vers l’extérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël. Gagnant peu à peu son autonomie, La Londe les Maures, le second toponyme, provenant du latin “mauros” qui signifie “brun foncé“, évoquant la couleur du massif. Alors que le village croît, l’exploitation des mines des Bormettes connaît une baisse croissante de sa productivité dès 1904 et cesse toute activité en 1929. L’USINE DE TORPILLES A l’époque où l’activité minière décline, une autre activité industrielle va prendre le relais.

La société Schneider implante aux Bormettes une usine d’armement, filiale des usines du Creusot, dans ce site stratégique en rade d’Hyères où il profite en plus de la main d’œuvre disponible et des structures de la mine déclinante. Dans un premier temps, son activité sera limitée aux essais de lancement en mer de torpilles fabriquées dans les usines d’Harfleur et du Creusot. A cette fin, un îlot de lancement artificiel en béton armé, construit sur les principes de l’ingénieur Hennebique, fut implanté en 1908, au large de la pointe de Léoube (Bormes). C’est là que les premières torpilles automobiles fabriquées en France ont été testées. Puis en 1912, suite à une commande importante de torpilles pour La France et l’Italie, le bureau d’étude du Havre s’installe ici. Une véritable usine d’armement va voir le jour : en 1913, est construit l’atelier avec la toiture à sheds pour fabriquer les torpilles sur place et une fonderie est aménagée. A la veille de la 1ère Guerre Mondiale, 234 torpilles y seront exécutées. Pendant la guerre, l’usine fabrique essentiellement des pièces pour l’armée (obus, pièces d’avion...).

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Après la guerre et jusqu’en 1921, Toulon devenant le sanctuaire de la torpille en France, l’usine s’est reconvertie dans la fabrication de moteurs électriques. De nombreuses femmes étaient alors employées pour le bobinage qui requerrait des mains minutieuses. A partir de 1920, la société Schneider entreprend la construction d’une ligne de chemin de fer. Elle était reliée au chemin de fer du littoral qui passait au village pour le transport des ouvriers mais aussi de l’outillage, du combustible et des produits métallurgiques nécessaires à la fabrication. En 1921, l’usine retrouve sa vocation d’origine. En 1937, la société Schneider est expropriée et l’usine nationalisée et associée à celle de St Tropez pour devenir la DCN. Ces deux usines, avec celle de Toulon, travaillent alors en étroite collaboration : réalisation des plans et des prototypes à St Tropez, fonte des torpilles à Toulon, assemblage et finitions à La Londe.

expropriée. Cependant, suite à la concurrence internationale en matière d’armement et à la réduction du budget de la Défense, l’établissement des Bormettes a du fermer en 1993. Cette activité industrielle avait fait naître une cité construite entre 1913 et 1920 de 103 maisonnettes d’ouvriers et 11 villas réservées aux cadres. Ces maisonnettes, construites en alignement et prolongées par un jardin potager et une cour, donnent à l’ensemble l’allure d’un coron. Cette cité vivait en totale autonomie par rapport au village, comportant toutes les structures nécessaires aux besoins de la vie quotidienne et aux loisirs : coopérative alimentaire, fournie par les produits de deux fermes appartenant à Schneider et où on trouvait de tout à des prix défiants toute concurrence, école, garderie, bureau de poste, boulangerie, bar, salle des fêtes, kiosque à musique, et plus tard, coiffeur, douches publiques, salles de sports. Aujourd’hui encore habité par près de 80 familles, c’est un des rares exemples de cité coron en Méditerranée. Encore dynamique de part le fort tissu associatif sportif et culturel qui émane du monde ouvrier, cette cité vit chaque année à la Pentecôte à l’heure d’une fête traditionnelle, inventée par les ouvriers il y a plus de 80 ans. C.N.

UN NID D’ESPIONS… En 1929, la société civile vend le château à une étrange société alsacienne soi-disant holding d’entreprises de cinéma, l’Astrolabe Omnium de l’Est. Dans les années 1930, sous couvert de productions cinématographiques, cette société fait construire l’astrolabe, bâtiment aux allures militaires de même style que le château situé en hauteur, et s’en sert de base d’espionnage des activités de l’usine de torpilles Schneider, située en bord de mer. En 1936, sur intervention des services de sécurité, les activités sont interrompues et la société

Adresses

6˚ 14,8'E 1,2

SAISON 2010 - Mars à Octobre

Porquerolles durée de la traversée 30 minutes

du 29 mars au 30 mai

du 31 mai au 11 juillet

du 12 juillet au 5 sept.

du 6 sept. au 19 sept.

du 20 sept. au 3 oct.

10h00 tous les jours

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9h00 10h15 11h30 13h30 tous les jours

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DéPart

10h00 tous les mardis mer. et ven.

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9h00 tous les jours sauf le samedi

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DéPart La Londe

10h00 tous les mardis mer. et ven.

11h00 tous les mardis mer., ven. et dim.

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11h00 tous les mardis mer. et ven.

10h00 tous les mardis mer. et ven.

DéPart Porquerolles

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DéPart Port-Cros

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Port-Cros

durée de la traversée variable selon les saisons-45 minutes résErvatIOn ObLIgatOIrE

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Les Services Maritimes Capitainerie Port Miramar 04 94 01 53 45 Gendarmerie maritime 04 94 02 81 00 Services Touristiques Office du tourisme Avenue Albert Roux 04 94 01 53 10 Mairie 04 94 01 55 00 Place du 11 Novembre La Poste 04 94 15 39 20 Av Albert Roux Urgences Gendarmerie nationale 04 94 66 80 13 Police municipale 04 94 01 55 35 Police nationale à Hyères 04 94 12 16 60 La liste des médecins, dentistes et pharmaciens de garde est disponible au commissariat de police. Toutes les adresses de ravitaillement, shopping, services, etc. sont disponibles sur www.Cabotages.fr

www.cabotages.fr - Cabotages Méditerranée - 17 bloc marine 2009 ©

Promenade "La Côtière" L'après-midi

résErvatIOn ObLIgatOIrE

La Croisière des 2 îles La journée

résErvatIOn ObLIgatOIrE

Tarifs saison 2010 adultes 22,50 € Porquerolles enfants 15,50 € aller-retour de 4 à 10 ans

Port-Cros adultes 25,00 € aller-retour enfants 17,00 € la Croisière des 2 îles adultes 31,00 € enfants 16,50 €

aller Porquerolles-aller Port-Cros-retour

Une traversée ludique - Chaque traversée est spécialement commentée pour vous permettre de mieux comprendre notre région et ainsi découvrir cet extraordinaire patrimoine écologique que sont les Iles d'Or.

Promenade "la Cotière" adultes 21,50 € enfants 15,50 €

découverte de Porquerolles et Port-Cros

Transport vélo par vélo 10,00 € Tarifs groupes nous consulter

www.bateliersdelacotedazur.com


Bormes-les-Mimosas

Le fort des présidents, la cité des fleurs

Escales

Un fort très bien défendu, un port très confortable, un village très touristique mais on comprend pourquoi… Une escale où quatre pas à terre sont des pas de géant. capitaine d’artillerie chargé de réarmer les côtes pour protéger Toulon et Hyères, restaura les défenses d’une première forteresse qui y avait été bâtie au XIe siècle. Après la Grande Guerre, le fort fut démilitarisé en 1919 puis classé en 1924 comme site… pittoresque. L’État en est propriétaire depuis 1963. POUR UNE NUIT, POUR TOUJOURS…

Bormes-les-Mimosas

S

’il n’appartient pas à la rade, le Fort de Brégançon est indissociablement lié à l’histoire de Bormes les Mimosas auquel il est rattaché administrativement. Le piton rocheux adossé à la colline que vous apercevez à l’Ouest du cap Bénat est le site d’un antique comptoir grec, fondé vers -400 av. J.-C. par les Phocéens de Marseille, Pergantion. C’est là qu’a été construit le fort de Brégançon, villégiature estivale des présidents de la France depuis 1968. Une révolution locale ! Mais revenons à nos moutons que le vent d’Est les lève sur la mer et faisons route vers ce rocher que les marins phocéens connaissaient bien. Ils s’y mettaient à l’abri quand la houle du large était telle qu’ils ne la souhaitaient même pas à la pire des galères ennemies. De surcroît, ce

promontoire qui offre une vue imprenable sur l’archipel des îles d’Or a toujours été un guet. LA VIE INTENSE DE BRÉGANÇON Ainsi, dans la suite du comptoir d’Hyères (Olbia, l’heureuse), les marins grecs de Massalia décidèrent que cet accueillant creux à l’ouest de la presqu’île de Brégançon deviendrait un port d’escale pour l’exportation du plomb argentifère des Maures et du grenat des mines de la Verne et de Collobrières. Mais avant eux, il y avait eu les hommes du néolithique, et beaucoup d’autres. Il y eut aussi le peuple Salyen, des terriens issu du métissage des Celtes et des Ligures dont les tribus investirent la côte et l’arrière-pays. Le marin grec Prôtis, fondateur de Marseille, rencontra les Ségobriges sur le massif de Marseilleveyre (la “vue sur Marseille”). À Brégançon (du celte briga = élevé) vivaient les Bormani. Les Romains s’installèrent à “Pergantium” deux siècles avant notre ère. Lorsque leur empire sombra et que la Pax Romana fut rompue, le lieu fut investi par des pirates, des Sarrasins (vers 730), des Corsaires (en 1393), des Maures, des Génois… La peste en 1482, les guerres de religion au XVIe siècle, les convoitises anglaises, espagnoles… écrivirent l’histoire de ce lieu. En 1793, Napoléon Bonaparte,

Un jour d’août 1964, le Général de Gaulle qui venait sur les lieux du débarquement des forces alliées en Provence pour en commémorer le vingtième anniversaire, décida d’y passer la nuit. On aménagea Brégançon dans l’urgence. René Georges Laurin, député du Var et commissairepriseur de profession, s’employa à améliorer et faire classer l’austère construction en “résidence officielle d’été du Président de la République”, avec Pierre-Jean Guth, architecte de la Marine nationale et Grand prix de Rome. De gaulle n’y aura passé que cette seule nuit. Les Pompidou y apporteront leur passion pour l’art contemporain, les Giscard d’Estaing y viendront pour des séjours rituels. Mitterrand préférera toujours sa maison des Landes mais Chirac y viendra assez régulièrement, sans pourtant aimer cet endroit. L’actuel président lui préfère la résidence de sa belle-famille au cap Nègre. Au milieu de chênes verts, le fort

garde son aspect d’origine du XVIIe siècle : un donjon et la tour Ouest, un corps de bâtiment avec un belvédère qui domine la falaise côté continent, en surplomb d’une très belle plage baignée d’une eau paradisiaque. La sécurité est assurée par au moins un patrouilleur de la Marine nationale qui ne doit pas vous inquiéter outre mesure si vous ne portez pas de cagoules en plein été en approche sur votre bateau et que vous n’entrez pas dans la zone rapprochée, interdite. Par vents de Nord à Ouest, en revanche, faites le tour du cap Bénat et allez vous abriter dans le nouveau port de Bormes (chez les Bormani), construit en 1969 dans le quartier qu’on appelle la Favière, certainement en raison des fèves cultivées ici autrefois. Le plan d’eau de 7 ha dispose de 2.300 m de quais et d’environ 1.000 anneaux dont 100 pour le passage. Géré par le Yacht Club International, Station bleue “écolabellisé” le port de Bormes offre, en plus des facilités pour le pompage des eaux grises et noires, des chariots à roulettes pour le transport des choses lourdes et propose des vélos. Et Bormes qui fait bien les choses propose aussi sur les plages de la Favière et de Cabassson, des fauteuils roulants amphibies, ces “tiralo” si magiques pour les personnes à mobilité réduite. Cela mérite d’être dit. Emma Chazelles

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4

pas à terre

© Fotolia

Le pouvoir des fleurs Quatre pas de géants car le village est à 4 km. Là aussi 1968 fut la révolution  ! Un Flower Power médiéval : 700 espèces florales, dont 90 variétés de mimosas parmi les 1.200 répertoriées dans le monde ! Ce petit arbre – une légumineuse – a été planté, après 1860, par des Anglais fortunés qui occupaient de charmantes demeures avec de splendides jardins. Au XIXe siècle on ne venait pas dans le Midi pour y mourir de chaleur. On s’y rendait l’hiver quand Albion devenait trop triste. Merveille, le mimosa fleurit de décembre à mars avec un pic somptueux et odorant en janvier et février… Mais c’est Joséphine de Beauharnais qui introduisit le mimosa en France. Elle envoya dans différents jardins botaniques – dont celui de Toulon – des boutures que le capitaine Cook avait rapportées d’Australie en 1770. Il faudra attendre la naissance de la “Côte d’Azur” pour acclimater cet acacia. L’une de ses espèces rustiques, l’Acacia Déalba, fut employée dès cette époque par les parfumeries de Grasse et les savonneries locales. Le mimosa se plaît sur ce sol. Il s’est mis à pousser hors des jardins. On le retrouve l’état sauvage, érigé, buissonnant, pleureur. Le Tanneron, à la frontière du Var et des Alpes maritimes, en est la plus grande forêt d’Europe. En bas du village, Gérard Cavatore propose160 variétés agréées par le Conservatoire français des collections végétales. Alors promenez-vous dans les ruelles fleuries, en savourant leurs noms et visitez le musée d’Art et d’Histoire et l’église Saint Trophime (XVIIIe, inspiration romane). Attendez la fraîcheur pour vous aventurer, vers la chapelle romane Notre Dame

de Constance dont les vitraux relatent la vie du Christ. Le sentier qui mène au sommet du culmen de 324 m (40mn à partir du château des Seigneurs de Fos, appelé aussi Le Couvent) est ponctué d’une dizaine d’oratoires. Six d’entre eux forment un chemin de croix jusqu’à la chapelle du XIIIe siècle. Puis vous découvrirez, à partir du plateau qui marque le septentrion exact, et par temps clair, le massif de Marseilleveyre et rarement, posé sur la beauté toujours saisissante de la mer, une image en peu rêvée de la Corse. Une situation exceptionnelle qui a contribué au succès télévisuel de Maurin des Maures, d’après le roman du poète varois Jean Aicard. Avant de quitter le village allez saluer Saint François de Paule, thaumaturge calabrais du XVe siècle qui accomplit un bien curieux voyage à la demande de Louis XI et écarta le fléau de la peste en débarquant au cap Gouron… et laissez vous conter cette histoire en lisant l’article consacré au Lavandou. D’ailleurs, Borma, Bormani,…Bormes tirerait son nom de “sources jaillissantes”… devenues les fontaines du Lavandou, quartier de la commune qui demanda son autonomie en1909…

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ACCÈS

Dir. Collobrières

• Sortie rond-point de la Pascalinette

• Prendre direction Collobrières

Suivre fléchage "Moulin du Haut Jasson"

Les Valentines Domaine de Jasson

Sur la RD 88, 2e Moulin sur la droite.

D88

Coordonnées GPS

N98

Dir. Hyères

D559 LA LONDE

43° 09'35. 08" N 6° 13'38. 06" E


Le Lavandou marque sa différence !

Communiqué

Le Lavandou, des fleurs… et des dauphins !

Des animations et événements tout au long de l'année

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remarquable succession de douze magnifiques plages, de criques sauvages au pied du massif des Maures, Le Lavandou – cité des dauphins – marque sa différence entre terre et mer, entre fleurs et traditions, salué par une belle ronde de ces mammifères marins inscrits sur les armes de la ville. Ses douze kilomètres de littoral, aux douze sables tous différents ne pouvant que passionner les arénophiles (ndlr collectionneurs de sables), d’un quartier de pêcheurs devenu une commune à part entière depuis sa séparation avec Bormes en 1913. De "premier port de pêche du Var" en 1901 avec ses nombreux "pescadous", Le Lavandou est devenu, au fil des années, une station balnéaire prisée, dynamique, sportive, culturelle, de renommée nationale et internationale. Son embellissement, ses aménagements, son environnement protégé ont apporté le "plus" à une indiscutable qualité de vie. Sa végétation méditerranéenne luxuriante et son fleurissement tout en biodiversité, distingué par le label national "3 fleurs", sert d’écrin, chaque année, à l’une de ses fêtes majeures qu’est le Corso fleuri, placé au sommet des grands événements festifs de la Côte d’Azur. Son port aux 1 100 emplacements en 3 bassins et plan d’eau de 7 ha, s’est vu accorder, au fil de l’eau et de l’ensemble de son littoral le 1er Prix Régional de la mer pour ses aménagements. "Le Pavillon Bleu d’Europe" confirme également la reconnaissance de critères rigoureux que sont la gestion de l'eau et les actions d'éducation et de sensibilisation au grand défi environnemental avec "Le Pavillon Etoiles de Mer" pour la qualité de ses eaux de baignade. La Municipalité invite ses petits conci-

Le Lavandou

une

toyens Lavandourains à la découverte de leur environnement marin lors de sorties au large les emmenant à la rencontre de baleines. Ne dit-on pas que « Découvrir, c’est aimer et aimer c’est protéger ? ». À quelques encablures du littoral Lavandourain, grands dauphins, globicéphales et baleineaux, semblent sourire aux enfants, d’une qualité de vie intacte. Son attachement aux traditions, comme la Saint-Pierre et l’hommage rendu à ses pêcheurs ou le Romérage ; la mise en valeur de ses fontaines, sa palette de loisirs et festivités, ses promenades de découvertes et culturelles, ses hébergements de qualité font toute la différence dans l’authenticité et la douceur de vivre ! « Que chacun en soit persuadé : la passion pour ce Lavandou que nous aimons, nous ont fait rentrer depuis déjà plusieurs années dans l’ère du développement durable, la protection de son environnement au nom de la recherche de tout un art de vivre, y compris dans la recherche constante et optimale de produits issus de la culture raisonnée pour sa restauration scolaire et son portage à domicile destiné à nos aînés. Ainsi, nous sommes "ville pilote" depuis 8 ans pour le "bio" dans nos menus. Par nos soins et nos méthodes, nous devons avoir l’exigence nécessaire au maintien de la beauté naturelle du Lavandou et au bien-être de ceux qui ont choisi d’y vivre ainsi que pour nos visiteurs », souligne son maire, Gil Bernardi.

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la cité des dauphins, au fil des mois et des saisons, le programme des festivités s’adapte tout autant aux traditions qu’aux grands rendez-vous événementiels et culturels. Conférences, spectacles, veillées provençales animent la période hivernale. Et, dès l’annonce du printemps, c’est le corso fleuri qui offre le plus majestueux des bouquets de fleurs de la Côte d’Azur. Salon du bateau et régates affirment, d’année en année, la vocation nautique de la station. Quant à son sentier du littoral, ses balcons de Cavalière, ils mettent le pied du promeneur dans des balades de pleine nature et des circuits culturels rappelant combien d’artistes peintres et de grands auteurs ont choisi Le Lavandou pour leur inspiration. ans

Mais aussi, de nombreuses soirées estivales et automnales qui afficheront, dans un éclectisme total, des rendez-vous musicaux de variétés, des soirées d’opéra et lyriques, des animations de quartiers, un grand concert sur la plage, des rencontres sportives, le choc des gladiateurs, la procession du Romérage et un 3e salon des énergies renouvelables.

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Prochains rendez-vous : • Les 5 et 6 juin Rendez-vous aux jardins : Exposition d’outils anciens de jardinage et circuits commentés des espaces verts de la commune. • Du 15 au 29 juin Espace culturel : Exposition de l’Atelier des Arts Plastiques. • 21 juin : Fête de la musique dans les quartiers. • 24 juin Feux de la Saint-Jean sur la plage du centre-ville. • Les 26 et 27 juin 1ère Foire aux vins et produits régionaux. • Dimanche 27 juin Fête de la Saint-Pierre. • 14 juillet : Fête nationale avec feu d’artifice. • Du 2 juillet au 15 septembre Espace culturel : Exposition de l’artiste peintre Chinoise, Lalan, et du sculpteur-musicien, Marcel Van Thienen. • Les 5 et 6 juillet Départ d’un rallye croisière pour la route de Malte. • Du 10 juillet au 29 août Salle d’honneur de la mairie : "Prix de la sculpture" en alternance avec la peinture et la photographie une année sur trois. • 24 et 25 juillet Fête de la Saint-Clair avec feu d’artifice. • 1er août : Fête de Cavalière avec feu d’artifice. • Du 11 au 15 août Festival des Caraïbes. • 15 août : Fête du Débarquement avec feu d’artifice.


Le Lavandou

Communiqué

Un port en conformité avec le développement durable

Le Lavandou

Le

Port du Lavandou s’est engagé à respecter les principes des deux labels Pavillon Bleu et Port Propre obtenus et reconduits depuis plusieurs années dans un engagement politique de développement durable et de respect de l’environnement. Cet engagement répond aux critères d’appréciation répartis en quatre axes : - Gestion des déchets, - Gestion du site, - Gestion du milieu, - Stratégie éco-responsable engagée. Les réhabilitations, requalifications et aménagements effectués sur la zone portuaire veillent au maintien de l’effort d’intégration du port dans la ville traduit par la continuité des zones piétonnes, la création d’espaces détente et l’harmonisation architecturale des opérations réalisées. Ces investissements visent à estomper la frontière physique entre le port et la ville. De surcroît, les critères de sélection des achats de matériaux, de produits ou de végétaux intègrent les exigences environnementales indispensables pour garder le cap. Ainsi, la gestion du milieu et du site est axée sur la réduction des

impacts sur l’environnement. La mise en place de collecteurs de déchets comme l’éco conteneur flottant, de points propres, de dispositifs préventifs anti pollution sont autant d’outils qui concourent à la réussite de la démarche. La requalification de zones contribue également à l’atteinte de cet objectif en offrant des espaces aérés, éclairés et accueillants. Ils invitent davantage les usagers à modifier leur comportement et adhérer au civisme écologique. Enfin, la politique sécuritaire est renforcée par la mise en place d’un dispositif de vidéosurveillance performant et optimisé qui a su faire ses preuves par diverses interpellations en marge de la politique impulsée par la commune. La garantie du maintien de l’ordre s’appuie également sur la présence de force de police et de surveillants de nuit sur le port. Que ce soit côté terre ou côté mer, c’est par des mesures souples, adaptées et médianes, que Le Lavandou innove dans une réhabilitation et un embellissement au quotidien voulant répondre à un réel plaisir de vivre où se profile une sérénité d’ avenir.


Le Lavandou

La ville aux douze sables

Escales

Entre cap Nègre et le port de Bormes les Mimosas, le Lavandou est une remarquable succession de plages et de pointes rocheuses, évanescence au bain du massif des Maures.

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Le Lavandou

ouze kilomètres de littoral, douze plages, douze sables. De quoi rendre fou les “arénophiles” autrement dit les collectionneurs de sables qui, pour le seul Lavandou, en trouveront douze différents  : silice, gypse, quartz, bauxite, mica, blanc, noir, doré, rouge, avec ou sans paillettes… de quoi occuper ceux qui mettent les plages du monde entier dans des bocaux (www.arenophile.f) comme les amateurs de fantaisies géologiques. Quant à la faune “psammophile” – se dit des êtres qui vivent dans le sable – de votre bord, elle pourra assortir ses draps de plage aux douze couleurs différentes des sables du Lavandou. Et vous, pauvre capitaine maniaque comme nous le sommes tous, vous aurez à en balayer dans les fonds de vos navires les douze granulométries. Si vous faites partie des Experts, à vous de trouver sur quelle de plage vos équipier(e) s ont pris des coups de soleil… en compagnie des 125.000 autres estivants qui s’agglomèrent l’été aux 5.800 habitants permanents de la station ! UN PETIT VOYAGE À ROME Le port est au pied du mont Saint Clair. Le hameau du même nom se devine dans la pinède. La chapelle éponyme doit sa célébrité à son roumérage, procession annuelle dédiée à Saint Clair, patron des couturières qui guérissait de la cécité. Lou Roumérage qui signifie “voyage à Rome” en Provençal s’est étendu à tout pèlerinage, y compris d’un bout du village à l’autre.

Jusqu’en 1909, le Lavandou, a dépendu de Bormes dont il était simplement le quartier des pêcheurs. Trois interprétations à ce nom. La lavande, évidente mais peu probable  : Lavanda Stoeochas de son nom latin, se dit ici queirélé. La moins discutée  est la thèse de Frédéric Mistral, dans Trésor du Félibrige qui défend une origine liée au lavoir, le lavador où les Lavandouraines, femmes de pêcheurs lavent et battent leur linge sur de larges pierres plates dans ce bassin public. Une troisième hypothèse plus maritime évoque la situation du quartier par rapport à la mer et au vent d’Est, lévent dur. À vous de choisir. En 1882 est enregistrée une première demande de “distraction de la section du Lavandou” d’avec Bormes. La séparation est officialisée par le président Raymond Poincaré en 1913 et le Lavandou devient une commune dont le territoire de 3.000 ha est compris entre la Pointe de Gouron à l’Ouest, la ravine de Fontalde à Pramousquier pour l’Est, et la rivière de la Môle au Nord. En 1736 vivaient là une dizaine de familles, pêcheurs descendant de Génois et de Catalans. En 1855, on comptait une trentaine de bateaux, cent cinquante en 1906. BEAUDOUIN, ROI DES POINTUS ! Vous entrez dans le nouveau port et passez devant les vedettes des îles puis le vieux port construit en 1880 où barbotent encore quelques pointus, émouvants et pimpants bateaux des pêcheurs

à l’ancienne. Ils ont navigué à la voile jusqu’à la Grande Guerre. Puis ce fut la révolution mécanique  ! Certains reçurent des moteurs de voitures, les Citroën B 12 puis B14. Mais en 1921 fut lancé un vrai moteur marin, le fameux monocylindre Baudouin Y 1 de 5  cv à 1000  t/mn. Au Lavandou, il équipa en premier deux pointus chanceux aux noms hautement historiques, le Poilu et le Jean Jaurès. Le Lavandou a occupé la place de premier port de pêche du Var : en 1901, ses Pescadous ou pèd d’escaus (littéralement va nupieds), y ont fait peser 134.845 kg de poissons. Les Borméens (habitants du village “du haut”) se moquaient volontiers des Bachichins (ceux du hameau du bas) qui travaillaient durement, partaient souvent pêcher vers les îles où ils dormaient dans les cabanons de Port Cros. Bien avant les estivants des congés payés qui firent ultérieurement la fortune du Lavandou, le Levant attirait les touristes de toute l’Europe qui fréquentaient la Côte d’Azur  : c’était déjà une zone naturiste. La guerre de 14-18 à peine terminée, des navettes assuraient les traversées à la voile. Bastin Pins, pêcheur et marin, ancien garde côte à Terre Neuve avant de devenir directeur de la  Compagnie des Îles d’Or, proposa dès 1930 la location pour dans promenades en mer, de petites barques à fond plat les bettes. RÉSURRECTION DU BARBECUE Pour les pêcheurs, le repos c’était à la Saint Pierre. Trois jours sans sortir en mer, où ils jouaient aux

boules, devenue en 1907 le jeu à pétanque, à pieds tanqués, fixes. À ce propos, là où on peut voir à l’ombre des palmiers les boulistes concentrés sur le tiréplacé, a disparu à l’occasion de la construction du quai la trace d’un pied légendaire. Celui de Francesco Martotillo, moine calabrais aux dons de guérisseur, mandé en 1481 par Louis XI, malade. En ces temps la Provence toute entière l’était  de la peste  ! Marseille et Toulon refusèrent d’accueillir l’équipage du moine qui dût faire halte au Cap Gouron, à Bormes. Le moine descendît alors de son embarcation – laissant son empreinte sur le sol – et s’approcha d’un groupe de pêcheurs qu’il bénit. Puis il prît un poisson qui cuisait sur la braise et le posa sur une vague. Le poisson se mit alors à frétiller puis à nager vers le large. On ne sait si les pêcheurs apprécièrent de voir leur dîner retourner à la mer, mais les talents de thaumaturge du moine étaient évidents ! Le prince Pierre de Grasse fit rouvrir les portes du village et demanda à ce curieux visiteur «  d’arrêter le bras courroucé du Tout Puissant  » auquel on attribuait le fléau. La pesta s’éloigna et le Moine devînt le patron des Borméens sous le nom de Saint François de Paule. Voilà pour la légende. Pour l’Histoire, il ne parvînt pas à sauver Louis XI, mort à 60 ans en 1483. Au village de Bormes, une chapelle romane construite en 1560 lui est dédiée. Une sculpture, représentant le saint homme fut érigée en 1791. Allez la voir à Bormes. Entre mille autres choses. Emma Chazelles

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pas à terre

Des boules sur l’esplanade

aladez-vous dans les ruelles du Lavandou, ou, simplement, faites une partie de boules sur l’esplanade devant l’Office de tourisme qui est un site touristique en lui-même. Le “Château” ancienne maison du Sieur Honnoraty, apothicaire toulonnais qui embarquait du Lavandou pour herboriser à Port Cros est une réalisation architecturale surprenante dont les travaux de construction, terminés en 1881, ont duré quarante ans ! Il faut dire que certains murs de la bâtisse, connue aussi comme la Villa Louise, atteignent huit mètres d’épaisseur ! (Post scriptum  : si Cabotages devait décerner le prix au meilleur accueil d’un office de tourisme, celui du Lavandou serait en haut du podium, par la gentillesse de son personnel et celle de ses directeurs successifs, qui entre autres conseils, histoires et documents nous ont recommandé l’Histoire du Lavandou à Travers la Carte Postale. Lisez-le)

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Destination Malte

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Après le cap San Dimitri, nous longeons une côte accore par 60 m de fond, seulement rendue délicate par les bouées des pêcheurs.

Par endroits, la roche a été tellement usée qu’à travers les trous de la falaise, on voit le jour et on devine d’étranges paysages.

© Mario Galea -viewingmalta.com

Nous passons ainsi devant la fente étroite qui alimente Inland Sea, la mer intérieure puis nous doublons la Fenêtre d’Azur.

Derrière Fungus Rock, le magnifique mouillage de Dwejra Bay qui peut devenir un piège par fort vent d’Ouest .

© Mario Galea -viewingmalta.com

resque 300 milles parcourus cap au 135 depuis que nous avons quitté la Sardaigne il y a deux jours à l’aube, poussés sous spi par un joli Nord-Ouest régulier. Terre, terre ! Si on peut appeler ainsi une telle falaise. Le cap San Dimitri (36°4’26.46“N14°11’5.91“E) se dresse comme une étrave de cent mètres, jaune de soleil à l’Est, gris à l’Ouest. Et la mer déjà violette comme le disait Homère 850 ans avant notre ère. Pourquoi ? Mystère. Les fonds ont remonté. Coup d’œil à la carte. Les grandes fosses méditerranéennes sont loin. Malte fut en un temps glacial où la mer était plus basse un pont entre l’Afrique et l’Italie. Des éléphants s’y sont fait piéger à marée montante. Par manque de ressources, ils ont rapetissé pour survivre et les fossiles ne montrent que des pachydermes nains. Mais ces blocs de calcaire de plus de 20 millions d’années sont sans danger par beau temps. Premier jour – Matin GOZO, ÎLE DE JOIE L’île s’appelle Gozo. Ce qui veut dire La Joie dans cette langue apportée par les phéniciens, métissée d’arabe et d’italien, truffée de mots anglais plus une pincée de français en souvenir… Nous passons du côté sombre de La Joie que nous contournons par l’Ouest où les mille-feuilles s’élèvent encore. À 36°3’17.92“N14°11’26.21“E, on voit, au pied de la falaise un trou de lumière par où la mer communique avec l’Inland Sea, un lac intérieur. Plus loin, un autre trou, la Fenêtre d’Azur – Zerka et son Crocodile Rock, au ras de l’eau – porte les traces de l’époque des torrentielles pluies acides qui alimentaient il y a un million d’années d’énormes torrents creusant dans le calcaire du monde entier des trous, des failles, des sillons, les fjords, les abers, les calanques, des marmites de sorcières. Ici cela donne le Blue Hole, baignoire de 26 m, paradis des plongeurs, ou des baies, comme la Dwejra Bay, trois quarts de cercle presque fermés par un caillou, le Fungus Rock (36°2’48.08“N-14°11’18.55“E). Ce nom vient du champignon qui y poussait, le Fungus coccineus melitensis, anti diarrhéique, anti hémorragique et aphrodisiaque réservé aux rois et aux chevaliers de Malte. Quiconque y abordait était immédiatement occis. Stop, stop, on se baigne là ! Après 50 h enfermés, on cède d’autant plus facilement qu’on avait prévu ici le premier mouillage maltais.

Carnets de la

Une semaine de cabotage autour de Gozo, Commino e

Premier jour – Après-midi ESCALE À MGARR Après bain et déjeuner, nous longeons à nouveau les falaises cap au sud. Wardidja Point (36°2’11.90“N-14°11’10.79“E) est un point culminant à 165 m, presque dix fois notre mât ! On incurve cap au 100 vers le premier mouillage habité, Xlendi Bay (36°1’44.96“N-14°12’52.78“E), avec quelques immeubles modernes et un village de pêcheurs célèbre pour ses dentellières et ses fileuses.

À l’entrée, sur bâbord, un couloir creusé dans la roche permettait aux bonnes sœurs de se baigner hors de la vue du profane. À tribord, Ras-il Bajjade, une dalle en pente douce qu’il faut arrondir large, porte l’une des vingt-huit tours de guet de l’île, chacune en vue de l’autre. Les falaises s’abaissent légèrement et quelques mouillages couleur caraïbe s’offrent parfois. Mais on lève la tête vers ces murs d’autant plus impressionnants qu’on voit ici et là à la couleur fraîche de la roche que des blocs entiers s’en sont détachés il n’y a pas si longtemps… Et soudain, ce qu’on ressentait sans le formuler saute aux yeux : pas d’oiseaux de mer ! Pas un goéland, pas une sterne. Juste le bruissement des pinsons qui nichent en nombre dans les touffes accrochées à la paroi. Second mystère. Que le lobby des 20.000 chasseurs maltais ait obtenu de Bruxelles une dérogation pour tirer sur les migrateurs n’est pas une explication à l’absence quasi totale d’oiseaux blancs.

On cherche aussi le faucon pèlerin, le célèbre faucon maltais que Charles Quint se fit offrir chaque année en échange du don de Malte aux Chevaliers. Moins de 4 milles plus loin, une autre tour et une autre calanque, très étroite et profonde, abritée de tout sauf du Sud : Mgarr-IxXini (36°1’0.67“N-14°16’24.13“E). On y reviendra s’il n’y a pas de place à Mgarr (36°1’30.46“N14°18’7.85“E), le seul vrai port de Gozo, à moins de trois milles de là où nous arrivons en même temps qu’un ferry (un chaque heure) en provenance de l’île de Malte. Sur la hauteur, Fort Chambray (un amiral français qui livra sa première bataille navale à 13 ans et captura son premier navire turc à 17) qui surveille le chenal entre les îles. Le seul fort de Gozo. Ce port public plein de Luzzi, ces barques de pêche si bien peintes que nos pointus de Provence paraissent ternes, a actuellement 186 places (maxi 14 m et 4 m de TE) et ne coûte que 20 Euros la nuit. Un projet de privatisation va changer les choses, dit-on… Les amarres passées, avant d’aller visiter les deux églises et le fort, nous nous précipitons sur le premier café sympa du port, le Gleneagles Bar, à la fois musée de la marine et d’histoire du port, avec une superbe terrasse qui surplombe le bassin et un patron à connaître absolument. On y reste là jusqu’au soir à regarder la vie en technicolor. Restons avec ces gens adorables et heureux de rencontrer des étrangers que sont les Maltais, les Gozitains en particulier. Les églises, on verra demain.

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Destination

Gozo première étape

et Malte, par Emma Chazelles et Christophe Naigeon Second jour SAFARI CHEZ CALYPSO

Le soir nous rentrons brisés à Mgarr. La mer nous manquait déjà. Dernier spectacle : à l’entrée du port, un hydravion se pose comme un canard sauvage et s’amarre à un ponton. C’est la ligne Sea Plane qui vous mène à La Valette en 10 mn pour 70 Euros. Troisième jour MOUILLAGE À MARSALFORN

Nous embarquons sur l’une des mini-jeeps qui conduisent les touristes à l’intérieur des terres et qu’on trouve au débarcadère. Victoria, la capitale, est à l’intérieur à cause des pirates. En 1551, le corsaire ottoman Dragut alias Torgud emporta en esclavage la totalité des sept mille Gozitains dont certains ne retrouvèrent la mère-patrie qu’un siècle plus tard ! Vue imprenable sur Gozo et ses jardins qui font sa réputation de grenier et potager de Malte. Notre Suzuki tape-cul, telle une machine à remonter le temps, nous conduit ensuite en 3.600 avant J.-C. au temple de Ggantija à la périphérie du bourg de Xaghra. Les bâtisseurs ont élevé ici les plus anciennes constructions mégalithiques du monde, lieux de culte, sans doute dédiés à leur déesse de la fertilité. On en trouve dix-sept sites dont un spectaculaire à Hagar Qim. Le temple Ggantija, ou Tours des géants, le mieux conservé et le plus grand – plus que Stonehenge – est inscrit au patrimoine mondial. Puis retour vers l’Antiquité grecque : la grotte de Calypso où Ulysse fut retenu sept ans. Beau site où pousse l’Oreille de la Mer, plante endémique qui fut avant l’Euro représenté sur les 25 cents maltais. Mais la grotte est si petite qu’on doit penser que Calypso était une sacrée ensorceleuse pour que le valeureux marin y reste tant d’années sans jamais y tenir debout ! Retour à Mgarr via l’église de Ta’Pinu où de surprenants ex-votos (prothèses, layette, casques de moto…) justifient le détour.

En sortant de Mgarr, nous prenons vers l’Est dans le North Comino Channel. On s’arrête pour un bain paradisiaque au Blue Lagoon (1,5 m de fond) entre les îlots de Comino et Cominotto (Kemmuna et Kemmunett) mouillage de rêve avant que la foule n’arrive… À l’extrémité, une grotte marine de 40m, la Blue Grotto. Comino, c’est l’île du Cumin, l’épice qui pousse là. Autrefois deux cents insulaires y cultivaient coton et cumin, les chevaliers y chassaient lièvres et sangliers. Gérard Depardieu y a tourné Le Comte de Monte Christo, la tour Sainte-Marie dans le rôle du Château d’If. Quand la foule arrive, nous appareillons et doublons Quala Point (36°1’56.53“N-14°20’12.83“E) pour piquer Nord-Ouest en longeant une côte plus douce, aux calcaires plus tendres, ceux dont toutes les maisons d’ici sont faites. Encore des criques pour des mouillages sauvages en cas de Nord-Ouest : Dahlet Qorrot (36°3’1.48“N-14°18’55.55“E), San Blas Bay (36°3’29.51“N14°18’4.18“E), puis Ramla Bay (36°3’44.19“N-14°16’58.46“E), la plage de Calypso où nous ne nous arrêtons pas même sept secondes, préférant Marsalforn (36°4’18.25“N-14°15’35.60“E).

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Malte

Quatrième jour PLONGÉE PRÈS DES SALINES Une matinée sous la mer ! Notre guide de plongée du Calypso Diving Centre, Pixie, alias Martine qui parle avec l’accent suisse quand elle n’a pas un détendeur dans le bec, nous fait découvrir les lieux. Dans la petite baie des salines de Ghajn Barrani fermée par un monticule familièrement connu ici comme la “pièce montée“, Il Qolla I Bajda. L’absence de pollution laisse rencontrer des espèces rares disparues du reste de la Méditerranée : mérous, brochetons, rougets grondins “bogues“, pieuvres, Saint-Pierre, murènes, poissons libellule, calamars... La visibilité est bonne jusqu’à 30m. Il y a toutes sortes de sites de plongée partout où l’on peut accéder dans l’île. Sans parler des très nombreuses épaves, spécialité locale ! Mais avec masque, palmes et tuba, on se régale aussi.

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WWW. SDYACHTS.COM À la sortie, déjeuner sur le port au bord du quai chez Pierre’s (son lapin !) et partons marcher le long de la côte au Nord où les Gozitains ont aménagé des salines dans la roche où la mer avait déjà creusé des cuvettes. Ils les alimentent en puisant dans la mer, quelques mètres plus bas. Le calcaire tendre a permis de sculpter la roche de canaux , d’y faire aussi des cabanes troglodytes. Quand l’eau s’est évaporée, on passe le balai, c’est tout. En fin de journée, avant de regagner le bord, arrêt à l’épicerie pour acheter cet excellent vin blanc de Gozo. (Suite en pages suivantes...)

Les salines - presque - naturelles de Marsalforn Le Blue Lagoon, paradisiaque avant qu’arrive la foule !

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mer violette

Bien encastrée entre les collines de Xaghra et Zebbug, Marsalforn (marsa le port ou la baie) est une petite station balnéaire, résidence d’été des maltais et dont la baie charmante cache les barques colorées derrière la jetée où nous ne pouvons accéder qu’avec notre annexe. Attention, les vents du Nord et d’Est y lèvent de la houle. Cafés, tavernes et restaurants bordent la plage. Avant d’y aller, visite au centre de plongée pour réserver la journée de demain.


Destination Malte

La Valette seconde étape

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Carnets de la mer violette (suite)

Popeye Village, construit en 1990 pour le film de Robert Altman, est un parc d’attraction. Son port est accessible mais minuscule. L’apôtre Paul, chrétien ottoman prisonnier des Romains, était en route vers Rome pour être jugé lorsqu’une tempête jeta le bateau sur les récifs de Malte. Enfermé dans l’île, il guérit le père de Publius, procurateur de l’île, qui, converti, devînt évêque de Naples. La statue de Saint Paul, naufragé sur cette plage

La côte Est de l’île n’est pas la plus belle. Basse, elle est bordée de roches coupantes, peu propices à l’abordage et la baignade. 4 milles après Saint-Paul, l’agglomération maltaise commence par deux mouillages urbains bordés d’’immeubles, de restos et de boutiques : Saint-Georges et Saint-Julian. Pas romantique, mais pratique, sûr et gratuit.

La baie Saint-Georges, ses hôtels et son casino...

Malte est fortement urbanisée. Les immeubles y poussent le long de la côte comme dans une ville du Moyen-Orient. La densité de population est l’une des plus fortes du monde avec près de 1.200 habitants au kilomètre carré !

Le fort Saint-Ange

Cinquième jour - Matin POPEYE, SAINT PAUL & Cie

Cinquième jour – Après-midi ARRIVÉE CHEZ LES CHEVALIERS

C’est l’aube. Le flux d’Ouest nous favorise. Les voiles sont du bon côté pour voir la côte qui s’éclaire et restera toute la journée sur tribord. Après avoir franchi le chenal du Nord, et contourné Commino par la face Nord-Est, nous traversons le chenal Sud vers l’île de Malte. À trois heures et 2 milles, Marfa Point, le port maltais des ferries, à neuf heures et 50 milles, la pointe Sud de la Sicile, à midi tout près, Ahrax Point - la Dragunara  (35°59’53.32“N-14°22’1.44“E), premier contact avec l’île-capitale. Très vite derrière ce cap s’ouvre une large et profonde baie, Mellieha Bay, un site dont les aménageurs de ports de plaisance rêveraient chez nous : 2.000 anneaux au moins ! Pour l’instant, un mouillage dans une zone basse avec une grande plage, à la fois station balnéaire, zone agricole et réserve naturelle. L’intérêt est ailleurs, surtout pour les enfants du bord. S’ils acceptent de marcher un kilomètre pour traverser cette partie resserrée de l’île, ils arriveront à Anchor Bay, autrement dit Popeye’s Village côte Ouest, à 35°57’37.76“N14°20’29.63“E. Nous poursuivons vers La Valette. À 35°57’59.30“N - 14°24’11.86“E droit devant, l’île Saint-Paul, lieu fondamental dans l’histoire religieuse de Malte. La baie, juste derrière, est un autre bon abri, surmonté de tours de guet et de fortifications. C’est aussi un haut lieu de l’aquaculture marine dont on voit les “fish farms“ flottantes. Attention aux quilles et hélices !!!

Forte émotion que cette arrivée  ! De la mer, ce n’est qu’une suite indistincte de murailles, citadelles et forts bâtis de cette pierre jaune, confondus avec les maisons des cités anciennes. Seules les églises surpassent de leurs clochers en dômes, en tours ou en pointes, la masse horizontale de pierres. Effet voulu des bâtisseurs qui voulaient troubler la perception des envahisseurs en masquant par une sorte d’effet d’optique l’entrée de cette rade exceptionnelle. Une rade ! Neuf, devrait-on dire. Réparties en deux groupes, cinq au Sud, quatre au Nord, de part et d’autre d’un cap qui occupe dans cette géographie la place de la double barre dans le “€“ de l’Euro et porte la citadelle de La Valette. Venant du large, face au fort Saint-Elme bâti au bout de cette presqu’île, nous avons le choix  : à gauche, Grand Harbour, à droite Marsamxett Harbour.

Marsamxett est un long couloir ouvert sur quatre “creeks“ comme on dit ici. Trois sont des ports de plaisance totalisant un millier de places. On est dans la ville moderne, près de la ville ancienne. Transports, boutiques, restaurants, bus, taxis terrestres et coches d’eau, tout y est. Sauf l’atmosphère maltaise. Nous avons la chance de naviguer en mai. La Grand Harbour Marina demandée par la VHF 13 nous trouve une place dans la Dockyard Creek, face à la citadelle, au coeur des “Trois cités“, l’âme de Malte populaire, devant le musée de la marine dans le port historique de voiliers. Exceptionnel. Entrer dans la grande baie avec les cargos remorqués, les navires de croisière de trois mille places, passer à portée de canon des forts Saint-Elme et Ricasoli, contourner le fort Saint-Ange (H.M.S. Sant’ Angelo comme l’appelaient les Anglais tant il ressemble à un cuirassé) et entrer en passant devant les grands yachts dans ce couloir de docks du XVIe siècle pour s’amarrer là où la flotte des Chevaliers appontait... Rien à dire de plus. Le reste se trouve dans tous les guides touristiques pour piétons, ce que nous sommes devenus à partir de cet instant. Septième jour ESCALE À MARSAXLOKK Épuisés de forteresses, de palais, et d’églises, pleins d’Histoire et de prospectus, nous avons besoin de la mer. Pour notre dernier jour, nous voguons vers la pointe Sud de l’île, découpée en une suite de baies tranquilles. Nous jetons l’ancre à Marsaxlokk, le grand port de pêche (35°49’2.25“N14°33’40.19»E. Un festival de Luzzi amarrés à leurs bouées, des quais animés avec un marché, des filets, des caisses de poisson... et des guinguettes où nous fêtons la fin de cette croisière maltaise.

Fort Ricasoli Projet de marina privée

Fort Saint-Elme

GRAND HARBOUR Fort Saint-Ange Dockyard Creek Palais des Grands Maîtres

co-cathédrale Saint-Jean Gare des bus

MARSAMXETT HARBOUR Ports de plaisance Sliema Lazaretto Msida

LA VALETTE © Mario Galea -viewingmalta.com

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Préparez votre prochaine croisière avec le site de l’Office de tourisme de Malte www.visitemalte.com Le Grand Harbour de La Valette est un bassin remarquablement stratégique , à mi-chemin entre Gibraltar et l’entrée du canal de Suez.

En regardant le port depuis les remparts, on comprend pourquoi il est si difficile de prendre militairement cette place forte.

Le port de Dockyard Creek n’a que 214 places mais une marina privée de 400 places est prévue de l’autre côté de Saint-Ange

Les Maltais adorent leurs bateaux, les Luzzi, “pointus“ comme chez nous mais au nez plus relevé et décorés des deux yeux d’Osiris.

Les autres couleurs de Malte sont données par les “galeries“, demi-fermés, utiles quant il fait chaud et pour regarder dans la rue...

LE L AVANDOU organise du 5 juillet au 6 août 2010

La Valette Les Chevaliers de Malte n’ont jamais investi l’ancienne capitale, Mdina, à l’intérieur des terres. Ce qui les intéressait ici, c’était le port dont ils avaient compris les possibilités qu’il offrait et la position stratégique de l’île en Méditerranée. C’est autour de ces bassins qu’ils commencèrent à construire quais, docks et remparts. Et La Valette ? C’est sur le mont Sciberras, plus central et plus élevé que Borgo, l’ancienne citadelle, que le Grand Maître français Jean Parisot de la Valette, décida la construction d’une nouvelle ville fortifiée. Il voulait mieux défendre Malte après le siège - victorieux mais terrible - de 1560, mais lui offrir un rayonnement économique et culturel universel. Francesco Laparelli, architecte de Pie VI, employa 8.000 esclaves et ouvriers à construire entre 1566 et 1570 la ceinture de la ville, des bastions, des fossés profonds et une cale sèche pour les navires. Le plan de la cité est un quadrillage simple sur le modèle antique et pour permettre une ventilation naturelle durant les grandes chaleurs. Pas de jardins extérieurs ni espace entre les maisons qui devaient être décorées de statues, équipées de puits et reliées au système de drainage public qu’il fît creuser en sous-sol, dans la pierre des fossés et des canaux. Un concept unique en Europe. Durant la seconde moitié du XVIe siècle Girolamo Cassar, assistant de Laparelli, fit bâtir le Palais des Grands Maîtres, l’Hôpital, les Auberges : huit dédiées à chaque langue de l’Ordre (il en reste cinq dont l’auberge de Castille et Léon, siège du premier Ministre). Dans un pays qui se veut être le bastion avancé de la chrétienté en monde musulman, il fait construire quantité d’édifices religieux dont la co-cathédrale Saint Jean, église conventuelle des chevaliers avec pour saint-patron Jean Baptiste. Ordre hospitalier, c’est aussi un ordre militaire et religieux. Ses membres doivent être nobles et faire voeu de chasteté et de pauvreté...

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Sur la Route de Malte voile - tour isme - convivialité

La durée des parcours a été calculée sur une vitesse moyenne de 5,5 noeuds. Le trajet proposé peut être modifié en fonction des conditions météorologiques.

« Dépaysement total, très bonne ambiance, paysages grandioses etc. Sans oublier les montées d’adrénaline dues aux coups de tabac prévus mais voyage en confiance et en sécurité tant en mer que sur terre du fait du groupe »

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ar la mer, en toute convivialité et en sécurité grâce à la navigation en escadre, (re)découvrez un patrimoine méditerranéen exceptionnel en 16 escales inoubliables. INFORMATION - RÉSERVATION Sportbeach, 27 rue du Four à Chaux 13007 Marseille / 04.94.00.41.71 www.ot-lelavandou.fr surlaroutedemalte@wanadoo.fr


Macinaggio, moulins, tours et marins du cap

Destination Corse

Un jour, une nuit de traversée. Le jour se lève. Dans le levant, la Corse émerge. Le vent aussi. Mistral ou Libeccio, ce qui souffle d’ouest ou du nord rend inconfortable la baie de Saint Florent et le versant oriental du Cap Corse. Le contourner est prudent. C’est aussi l’occasion d’une belle découverte.

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Destination Corse

as de langoustes ce soir à Centuri. Le Libeccio forcit et lève un méchant courant côtier. Une invitation à se mettre à l’abri du vent d’ouest. Il en va ainsi avec la météo. Privés d’une halte gourmande et du charme du petit port ouvert à tout vent, décidons, prudents, de gagner ­Macinaggio, la marine de Rogliano. Cap à l‘est l’étrave ouvre alors la route littorale des tours, balisée de ces amers de pierre, symboles de l’île que les Grecs appe-

laient Kallistè, la Plus Belle, et les ­Génois la Superbe. Plus prosaïques, les Phéniciens la nommaient Kyrnos. Kyr désignant un cap ou un promontoire, on l’associe librement au Promontoire Sacré, nom que les Romains lui attribuèrent et à notre choix d’une première navigation vers sa presqu’île. Le somptueux caillou, fiché dans ce coin de Méditerranée a de tous temps séduit le voyageur. Bien avant de se laisser voir, la Corse

Le port de Macinaggio, de jour comme de nuit

charme le navigateur. Tels les sirènes d’Ulysse, les vents ivres de ces parfums capiteux qu’ils respirent sur Kyrnos soufflent ses fragrances vers le large. Véritable taillemer de quarante kilomètres sur quinze le Cap Corse, isula inde – île dans l’île – s’étire dans un crawl magistral plein nord vers le golfe de Gênes nous rappelant que l’insularité actuelle de ce petit paradis arraché au massif continental de l’Estérel n’a que cinq millions d’années. Longeant les étonnantes géométries ondulatoires des affleurements côtiers de cet Élysée de la géologie comme un spécialiste l’avait qualifié en 1820, le bateau approche le bout de ce doigt pétrifié de la Corse, distant seulement de quelques milles des îles italiennes de Capraia et ­d’Elbe. Ce cap, c’est un môle pour s’amarrer, mais aussi un plongeoir qui a propulsé sur toutes les mers du globe ces grands navigateurs que sont les Capcorsins, transporteurs et commerçants infatigables, chercheurs d’aventures ou poursuivant un rêve d’Amérique. DE LIGURE À TYRRHÉNIENNE On a laissé derrière Capo Grosso, coiffé de son sémaphore, puis la marine de Tollare avec sa tour ronde en surplomb, blanche au milieu d’un petit groupe de maisons basses. Ce charmant mais minisccule abri n’est pas assez sûr par ce temps. La mer Ligure devient Tyrrhénienne, transition secrète et houleuse que ponctue à bâbord et à un mille des roches l’île de la Giraglia, extrême Nord des terres à 43°01,67’ N, 9°24,39’ E.

Ce rocher de serpentine verte doit en partie son léger manteau végétal à la terre du cap, jadis apportée à force d’homme pour y établir 45 journées de vigne, 450 ares de terre arable. Peine perdue. Le fruit de Dionysos ne s’y cueille plus et personne ne vient gravir les 104 marches qui donnent accès au joli phare à soubassement blanc, le plus puissant de Corse avec une portée de 29 milles. Construit en 1839 et allumé en 1848, il est dé-

sormais automatisé et jouxte une tour génoise pièce essentielle et stratégique de l’échiquier de surveillance qui en comptait quatrevingt dix, établi dès le début du XVIe siècle sur tout le littoral corse. Pisanes, rondes génoises, carrées, il est difficile de déterminer l’origine de ces tours que l’on dit indistinctement “génoises“. Il y avait celles des hameaux, nombreuses, construites sur le même modèle, avec leur couronne de mâchicoulis et leurs archères pour seules ouvertures. La population, soumise aux raids turcs et barbaresques, y trouvait refuge.

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Sur le Port d'Hyères VIEILLES MÉDISANCES... Pour plaisanter ou pour médire, on ne fait pas toujours une bonne réputation aux Corses. Déjà, Sénèque, condamné à l’exil à Bastia de 41 à 48, cherchait à se faire plaindre de sa chère maman en noircissant sa situation. Entre autres gérémiades, il disait notamment : « quoi de plus horrible que l’aspect de ce pays ?». Et à propos des indigènes, il déclarait : « Se venger est la première loi des Corses, la seconde vivre de rapines, la troisième mentir, la quatrième nier les Dieux». Quant au géographe grec Strabon, il écrivait : « Les montagnards qui y demeurent et vivent de brigandages sont plus sauvages que les bêtes mêmes. Toutes les fois qu’un général romain (...) en ramène une certaine quantité d’esclaves, c’est un spectacle singulier que de voir leur férocité et leur stupidité». En revanche, Diodore de Sicile, en 44 av. J.-C. déclarait : « Ils observent entre eux les règles de la justice et de l’humanité avec plus d’exactitude que les autres barbares. (...) Le même esprit d’équité paraît les conduire dans toutes les rencontres de la vie ».

Quant aux tours de guet établies à partir de 1531, on en comptait une trentaine pour le seul cap. L’entretien d’une flotte militaire par les Corses étant au-dessus de leurs moyens et Gênes n’engageant ici que deux galères, on construisit des tours en augmentant la taglia - la taille - payée par les insulaires. Elles sont, d’après la description qu’en fit en 1852 le journaliste Victor Arduin-Dumazet «  rondes mais pas toujours, légèrement coniques, hautes de douze à dixsept mètres, larges de dix à la base et de sept au sommet, avec un premier étage voûté qui abrite un logement confortable et un deuxième qui supporte une plateforme garnie d’artillerie, elles n’ont qu’une entrée étroite, seulement desservie par une échelle mobile.

Les tours ont un objectif essentiel : signaler le soir, après l’Ave maria, la présence (ou l’absence) de navires sur la mer. Chaque soir les gardiens des tours jouaient sur le nombre de feux pour alerter (ou rassurer) les populations, un feu signifiant la mer est libre, deux signalant deux navires à l’horizon et allumaient un feu en plus pour chaque voile aperçue ». Chaque tour de guet devait être visible de la suivante de sorte qu’en une heure toute l’île était informée d’un danger. L’obligation était de monter avant le lever du jour sur la plateforme pour observer la mer et de répondre aux signaux des navigateurs.

On imagine, à l’instar de nos gardiens sémaphoriques, la garnison de la Giraglia livrée à la mer et aux vents ici particulièrement vifs, contenue là, des mois durant avec pour autorisation de sortie, règlement oblige, le seul ravitaillement et aller chercher la solde… à un mille du petit port de Barcaggio qui lui fait face, au bout de cette plaine basse et plate, de cette plage aux dunes de sable fin.

Maison

Meire

Glacier

à l'angle de l'avenue de La Gavine et du quai du Dr. Robin

Glaces, Gaufres et Crêpes artisanales Fabrication sur place

LA VIE DANS LES TOURS Garde-manger et prison, chaque tour était le bureau des Douanes et des Affaires maritimes, la Perception, un lieu où se traitaient questions et trafics divers. Les douaniers avaient aussi leurs chemins. Les amoureux des balades littorales, amenés par les bateaux de promenade, peuvent y choisir de crapahuter vers Macinaggio à l’est ou bien vers l’ouest pour gagner Centuri… sur un chemin de terre pour lequel de bonnes chaussures, des mollets couverts (épines !), chapeau et réserve d’eau sont requis. Passée la Giraglia entre île et continent (courants !), doublons la pointe d’Agnello, pointe nord du cap Corse, et incurvons progressivement notre route vers le sud-est. Sur un piton rocheux se dresse la tour d’Agnello, dite aussi “Tour aux Effraies“ où nichent les oiseaux de nuit. C’est la porte d’entrée vers le Canal Corse, la Turrenikon Pélagos (Mer des Étrusques) des Grecs, baptisée plus tard la Tyrrhenum Mare par les Romains, couloir maritime stratégique très fréquenté et aux profondeurs abyssales. Juste derrière, la baie d’Agnello offre par beau temps un joli mouillage, autrefois concédé par l’Évêque de Milo aux corsaires turcs et barbaresques « qui pouvaient faire aiguade et y relâcher à condition de n’avoir aucun commerce avec les populations voisines…  ». Ce privilège s’est éteint avec la construction de la tour.

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Pour cette saison 2010, La Maison Meire a mis à profit les mois de fermeture hivernale et son expérience 2009 pour optimiser et se réorganiser pour accueillir nos clients. En 2010, nous serons en phase avec notre concept : Nos crèmes glacées, nos sorbets, nos cornets gaufrés, nos gaufres et crêpes, nos granités sont élaborés sur nos recettes par nos soins devant vous. Vous trouverez 45 à 50 parfums au choix exposés dans nos vitrines, à consommer en cornet en pot en coupes composées, en litre et demi litres. Deux gammes de glaces bien distinctes : les crèmes glacées et les glaces aux fruits. • Nos crèmes glacées sont élaborées sur nos bases crèmes (crème, lait, sucres, stabilisateur autorisé) • Nos glaces aux fruits sont élaborées sur nos bases sorbets (eau, sucres, glucoses, stabilisateurs autorisés) entre30 et 55 % de fruits selon les recettes, ni colorant ni renforçateur de goûts, un slogan simple

« Le goût et la couleur, c'est le fruit ! »

• Nos granités sont également conçus sur les mêmes critères naturels. • Nos cornets sont fabriqués à partir de la recette de "La gaufre étoile" marque déposée. Avec les ingénieurs italiens, nous avons conçu une machine spécialement destinée à la fabrication de nos cornets, elle sera en service cette saison et viendra en remplacement du four à gaufre de François Meire, mon arrière grand-père. Ce four que beaucoup d'entre vous ont pu admirer en 2009, pour son originalité et son esthétisme, a été fabriqué à un seul exemplaire. Il est essentiellement destiné à produire nos "gaufres étoile" en Lorraine dans la région de Nancy. Ce sont mes filles Alexandra et Cécile Meire, cinquième génération issue de François Meire, qui ont en main la destinée de cette belle enseigne. Quant à moi, étant à l'âge de la retraite, j'ai décidé d'occuper celle-ci à développer un nouveau concept en "glacerie". Nous ne pouvions mieux rêver que cet emplacement qui nous a été cédé à l'angle de l'avenue de La Gavine et du Dr Robin sur le Port d'Hyères. Nous serons honorés de votre fidélité et répondrons avec plaisir à vos attentes, vos suggestions, vos questions. Nous vous souhaitons à toutes et à tous un excellent séjour 2010 dasn notre région. Claude Meire

6, avenue de la Gavine - 83400 Port d'Hyères - 04 94 28 30 93


Destination Corse Tour de la Finocchiarola Baie de Tamarone

Mac inag gio , le

port dans sa

Antenne et moulin de Coscia

prem ière vers ion

Pointe de Coscia Départ du chemin des douaniers

Destination Corse

Déjà un peu abritée du vent d’ouest, la côte est un nouvel enchantement d’anses et de baies, de sables blonds ou noirs, de petites criques de sable blanc. La Cala Francese puis la Cala Genovese  baignées de transparences vertes et bleues, terres saupoudrées des cocons roux de la posidonie que la mer et le vent roulent et tissent inlassablement. On découvre maintenant la rade de Santa Maria della Capella où Pascal Paoli renonça à construire le port de la Corse indépendante car la rade foraine est barrée par un haut fonds. C’est un beau mouillage si on prend garde aux roches affleurantes. Là, une tour singulière. La Tour fendue, la seule parmi toutes à avoir été construite les pieds dans

Mouillage de Macinaggio

l’eau vient contredire l’idée des architectes militaires qui voudrait que la rotondité offre moins de prise aux boulets de canon. Ceux de l’amiral anglais Nelson ont fait mouche et la tour fendue par la précision de ses tirs dévoile ses éléments de constructions que surmontent encore une Gardiola. À terre, sous un carré de vigne oublié on devine la petite chapelle romane Santa Maria bâtie au XIe siècle. Elle est vide, mais il faudra revenir à pied pour apprécier sa double abside et le cirque éblouissant à la végétation luxuriante où elle se cache. Senteurs du maquis, odeurs de mer, parfums de campagne... sur la plage on trouve aussi les bouses des vaches qui paissent librement au-

La tour d’Agnello et, au fond, la Giraglia

La tour et l’île de la Finocchiarola

Port de Macinaggio

dessus de l’étroit cordon littoral et viennent de temps à autre rêver face à la mer. Poursuivons les tours et détours des tours. Après la Giraglia et l’Agnello, laissons-nous pousser vers la troisième du groupe dit “des trois Tours” qui, comme les mousquetaires, étaient quatre, avec celle de Santa Maria. LA TOUR DU FENOUIL Quelques siècles plus tôt, avant même que nous arrivions à notre destination de Massinaggio, Bastia aurait déjà été avertie qu’une voile suspecte faisait route. Cette “génoise” se trouve sur un petit archipel constitué de trois îlots. Comme leurs appellations l’indiquent, Mezzana est au milieu des trois, A Terra se trouve à seulement 200 m du rivage, et le plus grand et le plus éloigné doit son nom de Finocchiarola, autrement dit “fenouil” aux parfums qu’il exhale. C’est lui qui porte les ruines de l’ancienne tour. La Finocchiarola est désormais une réserve naturelle où le goéland d’Audouin, si rare en Méditerranée, vient se reproduire. Afin d’étendre son territoire à d’autres zones, on cherche à le séduire par des leurres en plâtre, visibles de la mer pour peu qu’on s’approche un peu (cailloux !). L’oiseau rare y côtoie cormorans huppés, puffins et hérons cendrés, faucons pèlerins et crécelles mais aussi les petits ducs du maquis, amateurs de rongeurs. Du beau monde. Ces trois jardins, à proximité des-

quels on a retrouvé nombre d’amphores de l’époque où l’île était province romaine, sont aussi l’escale de nombreux migrateurs qui posent leurs pattes ici sur la plus petite marguerite d’Europe (attention, ne pas effeuiller !), une endémique qui se plaît au milieu du fenouil et du poireau sauvage et dans ce maquis où dominent le Genévrier de Phénicie, la Bruyère multiflore et arborescente, lentisque, myrte et romarin, ciste de Montpellier et colectomie. La route s’incurve vers le sud (ne tentez pas de passer entre les îles et la côte, sauf bateau à fond plat !). Une plage, un promontoire, une plage, encore. Sur la hauteur, des promeneurs. Jouir de ces petits paradis peu fréquentés, parmi lesquels on dénombre de petits marais, véritables pouponnières grouillantes d’un monde aquatique inénarrable, suppose une bonne marche par le sentier douanier et les plages du village. Sur ces dernières, la posidonie détachée de sa prairie sous-marine vient s’entasser en un tapis gris, si épais et si doux à l’œil comme aux pieds qu’on dirait d’énormes peluches oubliées là par quelque géant. Autrefois, les moines du couvent de Saint François venaient la récolter pour bourrer leurs paillasses. Les ballots étaient charriés vers les hauteurs, là où l’on aperçoit maintenant les nouveaux moulins à vent, ces éoliennes blanches qui coiffent la crête à 300 m d’altitude et poursuivent la tradition : le nom de Macinaggio a la même racine que macinato qui signifie moulu en Italien, et que moulin. LE NAUFRAGE DE L’AMOUR Le couvent Saint François a été le refuge de l’Impératrice Eugénie de retour d’Egypte sur l’Aigle, le yacht impérial pris dans une tempête. Elle témoigne dans ses écrits de l’accueil charmant de Madame Lucchetti, qui élevait des vers à soie dans les anciennes cellules des religieux. Mais la rumeur de l’histoire dit aussi qu’en fait de fortune de mer, l’impératrice avait un amant. Qui a dit que l’amour finissait toujours par un naufrage ? Dernier coup d’oeil avant de vous consacrer à la manoeuvre d’atterrissage : au-dessus du couvent, trois pics, trois villages en hémi-

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cycle et le magnifique couvent qui épaule une église conventuelle hélas ruinée. «  Des patrons des barques m’ont assuré être venus de Livourne à vue sur le portail de l’église qui est fort élevé » écrivit Miss Thomasina Campbell dans ses Notes sur l’Île de Corse à la fin du XIXe siècle. Doux abri que Macinaggio, marine de Rogliano, qui fût au XVIIIe siècle le port principal du cap Corse, d’où partait le courrier pour la France (Pascal Paoli écrivit plus de quinze mille lettres !), d’où Damiano Lucchetti a sauvé du naufrage les précieuses collections de tableaux du cardinal Fesch et où ont débarqué Pascal Paoli en 1790 et, trois ans plus tard, Napoléon Bonaparte. Derrière la pointe de la Coscia qui ferme la rade, un bon mouillage par ce temps, Tamarone, la plage de Macinaggio. MARINS DU CAP CORSE Le petit port moderne a été aménagé en 1971 sur le site où quatre siècles plus tôt en 1571, les felouques chrétiennes se sont illustrées durant la guerre contre les Turcs. En 1620 les Génois ont construit le premier port. En 1750 est installée une digue en partie transportée depuis Toulon par… l’occupant français aux ordres du Marquis de Cursay et détruit plus tard par les Anglais. À 40 milles de l’île d’Elbe, très apprécié par les plaisanciers italiens, le port de plaisance le plus proche du continent où l’accueil est plus qu’aimable, offre 600 anneaux et une zone technique. Macinaggio cache bien son passé exceptionnel que l’historien Philippe Lucchetti, réveille

Maisons et caveaux d’Américains

en contant le destin singulier de la marine à voile : «  Les bateaux, les pinques, naviguent à l’année, même durant les équinoxes et seul l‘équipage, le plus souvent familial, change. On y trouve père, grand père, novice. Le Pinque, le pinco génois, est une barque non pontée, proche de la Tartane, un gros bateau de charge de 200 à 300 tonneaux, gréé en chébec aux voiles latines ou équipé d’antennes et de vergues portant des voiles auriques. L’arrière est équipé d’un tape-cul. Peu naufragent. Les marins du cap Corse sont de magnifiques professionnels et de grands commerçants. Pas seulement pour échanger de l’argent contre des marchandises, mais pour naviguer. Ce sont des transporteurs avant tout  ». Alors que l’on dit les Corses ont une aversion pour la mer par où arrivaient leurs ennuis - invasions et maladies - les Capcorsins sont des coureurs de mer. Si certains ont fait fortune à l’étranger, beaucoup ont été ruinés par la la marine à vapeur dont les navires, trop gros, se sont déroutés vers Bastia. Aujourd’hui, le port est surchargé en période estivale. On le comprend. Chanceux, vous serez amarré au coeur du charmant petit village, si accueillant avec ses restaurants, boutiques en front de mer dont une bonne librairie pour ceux qui sont curieux de connaître mieux nos hôtes. Alors, n’attendez pas la fin du jour pour vous présenter à Macinaggio : «À chi primu’junghje, primu macina  !» dit le proverbe corse. Le premier arrivé au moulin est le premier à moudre... Emma Chazelles

Depuis le XVIIe siècle, les Capcorsins ont navigué aux Caraïbes. Beaucoup se sont expatriés à Porto Rico, clandestins faute d’autorisation de commerce avec la colonie espagnole. Contrebandiers, ils y ont cependant été vus comme des héros pour avoir permis en 1640 à la Citadelle de survivre. Grâce à leurs goélettes plus agiles que les hauts bords hollandais ennemis, ils livrèrent à la population assiégée provisions et armes. Alors, quand la vapeur vînt à ruiner la marine à voile de Macinaggio, c’est ici qu’ils reprirent leurs activités de transporteurs en chargeant des bateaux de canne ou de mélasse vers les raffineries d’où ils repartaient avec le sucre fini. La fortune, avant d’être ruinés par… le chemin de fer. Maudite vapeur ! Beaucoup sont restés, s’installant planteurs de café et de canne alors que d’autres rentraient au pays. Mais tous ont fait construire sur le cap d’immenses demeures “les maisons des Américains“ et d’extravagants caveaux d’architecture antique. Dans ce maquis, ces édifices baroques créent un contraste troublant, le plus souvent émouvant.

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Destination Baléares

Palma de Majorque n’est pas celle que vous croyez

Destination Baléares

Les Illes Balears catalanes ou Islas Baleares castillanes avec les cent et une terres émergées qui forment l’archipel nous offrent de nombreux visages, du simple gros caillou aux réserves naturelles de Cabrera et de Sa Dragonera, cette petite île du Dragon, base du célèbre pirate turc Barberousse où vit désormais un lézard endémique qui se fait rare. Le dragon ? Mais le plus inattendu c’est bien Palma de Majorque, capitale de la Grande Baléare. Sa réputation d’île bétonnée offerte au tourisme de masse – le “17e Land allemand” - et peu culturelle – sex on the beach- est contrebalancée par la découverte de deux doux amers, gardiens du port et témoins de la grande histoire : le château Bellver qui émerge de son bouquet de pins sur la hauteur et la Cathédrale de la Seu, en bord de mer au cœur de ville. Mais n’anticipons pas… Arrivons d’abord en vue des côtes de La Majeure. au maniement de la fronde a été redécouverte dans les années quatre-vingt et élevée au rang de sport national. Alors, c’est sans crainte que nous naviguons vers Majorque dont l’économie florissante est depuis les années cinquante liée au tourisme à plus de 85%. Avec chaque année plusieurs millions de visiteurs le visage de la Palma moderne s’est paré de cette gigantesque barrière d’immeubles blancs, les pieds dans les palmiers et les palmiers dans l’eau. PERPIGNAN POUR CAPITALE

L

Baléares

e plateau aux abruptes falaises calcaires de Cap Blanco qu’on aperçoit au Sud-Est et le Cap de Figuera avec sa basse dentelle rocheuse que nous longeons ferment la gigantesque Bahia de Palma. L’arrivée s’effectue dans un complet ravissement et sans dommage mais ce n’était pas autrefois le cas des envahisseurs venus de la mer. Pourtant, de ces escarpements les célèbres Frondeurs baléares repoussaient à coups de lance-pierre les navigateurs de l’Antiquité qui nous ont précédés avec des intentions souvent moins pacifiques. Ce sont les Phéniciens, premiers grands marins de l’histoire de la Méditerranée qui virent ici couler leurs vaisseaux, qui leur ont

donné le nom de bá lé Yaroh, littéralement “maitres du lancement”. Dans le grand répertoire phonétique des langues, ce sobriquet deviendra Baleares et, par extension le nom de l’Archipel qu’ils habitaient. On raconte que les mères plaçaient les repas de leurs enfants dans les arbres et que ceux-ci ne pouvaient manger qu’en “dégommant” la cible avec une pierre… Les Grecs, puis les Romains subiront cette redoutable canonnade : des pierres d’un demi kilo, puis des billes de métal gravées de prières ou d’injures lancées à la ligne de flottaison. Fracassant. Les marins de Rome, après des mois d’un siège indescriptible, ne parviendront à approcher et

On longe la digue Ouest, un long bras coudé à l’extrémité marquée par un feu à colonne rouge. La ville est protégée par de basses collines et des arrière-plans montagneux. De la verdure émerge l’élégant château Bellver, construit à la naissance du XIVe siècle de e é id une peu à l, comme résidence o ix un . Port ville lage ie de e mouil rt de la d’été de Jaume II, a b La ud l’éca de o premier véritable bala roi du royaume indépendant de Majorque. Ce royaume de à débarMajorque, forquer qu’en mé par ailleurs ayant redu Roussillon, de couvert de la Cerdagne et de la Seicuir la coque gneurie de Montpellier, avait Perde leurs gapignan pour capitale. lères, inventant ainsi Construit à partir d’un plan circules premiers cuirassés de laire de Pere Salvà, architecte du l’histoire. palais de l’Almundaina bâti en Bientôt connus dans toute la ville, le château Bellver, de style Méditerranée, les Frondeurs bagothique méditerranéen, est l’un léares seront enrôlés comme des plus beaux édifices de ce artilleurs mercenaires. On les regenre en Europe. Le site, fortifié trouvera aux cotés des Carthagiet protégé par des douves, outre nois lors des Guerres puniques, d’offrir une vue extraordinaire sur d’Hannibal dans la traversée des la baie et de voir venir les danAlpes avec ses éléphants et avec gers, présentait pour l’époque Jules César dans la Guerre des l’avantage d’un climat salubre Gaules. jugé bénéfique pour ce roi tuberConservée au cours des siècles culeux qui n’en jouira guère… par les bergers, cette habileté

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Places disponibles ! de la capitale, les riches heures de sa période romaine et de la Medina Mayurka. À ne pas manquer. Derrière la digue qui ferme avec le môle de Poniente, la première darse du Port Pi qui accueille les ferries nombreux appelant à une réelle vigilance de notre part, on repère la zone militaire à l’ancien sémaphore, une tour carrée de facture délicate parée de ses quatre bras, surmontée depuis d’un signal optique. DES PONTONS EN VILLE

Lorsqu’il ne fut plus résidence royale, on y frappa la monnaie. Mais, avant cela et pendant six siècles, ce sera une prison. Du passage d’officiers français capturés, il garde gravé dans la pierre un “vive Napoléon !”. Ses trois tours cylindriques sont intégrées au corps principal alors que la Torre de Homenaje, donjon isolé, est délicatement relié à l’ensemble par une arche. La cour ronde intérieure, le Patio de Armas, ceinte de deux étages d’arcades finement déliées est étourdissante de beauté. On ne se lasse pas de faire la toupie au centre de ce puits de soleil qui en enferme un autre, une citerne souterraine qui recueille les eaux de pluie du toit plat. De là-haut, on peut déambuler, découvrir le port, la baie, la ville. Quand vous vous résignerez à redescendre, arrêtez-vous au rez-de-chaussée : le musée y retrace l’histoire de Palma, la préhistoire de Majorque, l’architecture moderniste

À l’extérieur du môle, le bâtiment du Club de Mar Mallorca et les premiers pontons d’une série invraisemblable, à la verticale des quais installés tout au long de l’Avenue promenade Gabriel Roca qui ceinture le port. Nous approchons à tribord la digue opposée del Levante, un vaste terre-plein, mi-zone commerciale occupée par un nombre incalculable de remorques colorées, masquant pratiquement la double base circulaire du Phare aux volets verts, et mi-zone de chantiers de constructions navales, abritant de gigantesques larves fantomatiques aux formes naviculaires. Nous prenons le chenal dans la ligne de mire du portail latéral, dit du Mirador, de la cathédrale de la Seu qui domine le très chic Real Club Nautico. À bâbord, des moulins rappellent la grande prospérité agricole des périodes romaine et arabes, quand l’île a été plantée successivement de vigne et d’oliviers, de blé, de figuiers, d’amandiers et d’orangers… Au fond du port, les bateaux de pêcheurs, dans un beau désordre de filets offrent un charmant ensemble pour les clients installés à la terrasse d’un bar restaurant. Presque deux mille places soit environ les deux tiers, sont réservées aux plaisanciers… Nous pouvons enrouler aux taquets et partir explorer la ville. Emma Chazelles Chateau de Bellver

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Destination Baléares

Port Soller, dans les olives et les agrumes

Destination Baléares

Seul abri de la côte Nord-Ouest, à 20 milles de la petite île de Sa Dragonera, Porto Sóller est dominé par la chaîne de la Sierra de Tramuntana où culmine à 1.445 m le puissant Puig Major. Peu de places à quai mais un mouillage charmant au bout d’une vallée qui regorge d’orangers.

N

Baléares

ous longeons les hautes falaises qui tombent à pic dans la mer et que surveille le Puffin des Baléares, espèce native de l’archipel à la technique de chasse imparable. Les fonds rocheux recèlent quantité d’arénicoles, étoiles de mer, hippocampes, mais aussi seiches, mérous, cigales de mer et murènes (non venimeuses mais attention aux morsures !). Le long de cette muraille imprenable de 90 km (47 milles jusqu’à Formentor) sur 15 km de large où peuvent souffler des vents violents et froids, on se prend à rêver de son versant Est abrité où les Jardins d’Alfabia, sont plantés d’oliviers vieux de plus de cinq cents ans. George Sand, dans “Un Hiver à Majorque” – récit de son séjour sur l’île avec Frédéric Chopin en 1938 – abandonnera l’inhospitalité de Palma pour Valdemossa, considéré comme un des plus beaux villages de l’île. Elle y décrit les oliviers aux troncs fantastiques et tourmentés, si nombreux qu’on les utilisait pour la construction des bateaux et prodigues en “mauvaise huile”. Un des nombreux commentaires peu amènes qui truffent son roman, en vente cependant partout dans l’île, mais en anglais ! LE TRAIN DES ORANGERS Il n’y a pas seulement des oliviers. Toute la vallée de Sóller regorge d’agrumes. On peut en traverser les grands vergers avec “l’Éclair rouge”, un merveilleux petit train au wagon de bois qui parcourt en une heure les 27 km qui séparent la Capitale de Port Sóller. Inauguré en 1912, il signe la fin du grand isolement des Sollerics qui ne sont pas des ­usagers

de la mer. À cette époque, il sert principalement au transport des agrumes dont le convoyage nécessitait jusqu’alors une journée d’un voyage pénible sur des routes mal carrossées et difficiles. Mais, si ses habitants ne sont guère marins, c’est bien la mer la première respiration de Sóller. D’abord vers Marseille et Barcelone, où étaient débarqués les fruits magnifiques produits ici en quantité. À ce commerce juteux d’oranges sucrées tempéré par celui des citrons s’ajoute un autre nectar fort prisé, le vin. On dit que la richesse des vignerons du XIXe siècle se lit sur les pierres tombales particulièrement opulentes du petit cimetière de Sóller. Nous passons la pointe de Sa Fordada et de Deya en direction de Cap Gros, un mont qui fait penser à un hérisson, museau dans l’eau, qui porterait sur son dos un phare, planté à 118m, visible à 18 milles (39°48’03‘’N -02°40’86’’E). Il ferme avec la Punta Pages plus au Nord et la pointe de Sa Creu, l’anse de Sóller. En arrière plan un sommet s’orne de deux radômes faciles à repérer du large. Le coquet phare de Sa Creu aux rayures blanc et noir qu’on laisse à bâbord est ombragé par un rang de pins. Accroché au rocher rayé de rouge et de gris, il surplombe l’ancien phare au soubassement circulaire et jouxte un petit bâtiment blanc qui marque l’entrée du port construit à flanc de montagne. Le môle Muelle de la Armada délimite avec la digue

Est la zone interdite d’une base de la marine nationale. L’extrémité de la digue forme avec la Pointe Pared à tribord un dernier étranglement derrière lequel se déploie enfin la baie. LE TRAMWAY DES ANGLAIS Le port de pêcheurs est blotti dans une des rades d’un grand bassin tracé à l’équerre sous un escarpement rocheux qui porte une ancienne tour de guet, la Piccada, construite au XVIe siècle pour prévenir des raids des Sarrasins. Le port est séparé de la plage plantée de palmiers par un épi doublé d’un terre-plein central. Partout domine la pureté de ligne des sommets lointains. Les massifs proches à la végétation dense enserrent les pentes douces de la vallée qui descend en promenade vers la mer. Un joli berceau pour notre mouillage prévu face à la plage, derrière les bouées rouges (non éclairées la nuit). Seule une vingtaine de places à quai sont destinées à l’accueil passager. Les quais ouvrent sur les terrasses des cafés et des restaurants que la route, doublée de la voie de tramway, sépare des commerces et des habitations aux volets peints de ce vert embléma-

tique des maisons de pécheurs de l’île. Aux amarres, une multitude de jolies barques traditionnelles ont baissé leur mât et se serrent de chaque côté des pontons. Côté plage se développe la station balnéaire et ses immeubles blancs qui finissent par se perdent à mi pente dans les contreforts arborescents. On peine à imaginer le trafic commercial d’autrefois et la grande activité du chantier de construction navale dont il ne reste aucune trace sauf sur quelque mer du globe ce paille-bot de 32 m, Le Concepcio réalisé ici en 1852 et qui navigue encore aujourd’hui sous le nom d’Isla Mauritia. On voit passer le très rutilant et charmant tramway construit par les britanniques en 1913. Il assure le trajet jusqu’à la ville distante de quelques kilomètres et sa gare centenaire. La fréquentation de ce petit paradis, jadis au bout du monde, s’est encore accrue encore depuis la création d’un tunnel routier en 1997. Car La Vallée des Oranges est aussi devenue un circuit très apprécié des randonneurs. Une belle idée pour vous dégourdir les jambes quand vous aurez abordé la plage avec votre annexe.

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Bienvenue au Port de Bandol Welcome - Benvenuti

Abri naturel connu depuis l’antiquité, le port de Bandol, avec ses 1600 places, est aujourd’hui le 9ème port de France de par sa capacité. Cent soixante places de passage sont mises à la disposition des bateaux en escale, et ce pour des unités jusqu’à 40 mètres de long. Fortement fréquenté en période estivale, il reste très actif toute l’année avec une station carburant ouverte 24h/24H et 7j/7, une zone de carénage pouvant accueillir des bateaux jusqu’à 30 tonnes. Tous les corps de métiers sont représentés sur ce site qui tourne été comme hiver.

Lauréat du Pavillon Bleu depuis 1998, le port dispose des équipements requis pour vidanger les eaux noires, grises et les huiles moteur. Entièrement rénové cet hiver, le Quai d’Honneur dispose à présent de nouvelles installations électriques avec des bornes délivrant 125 ampères par prise, plus en adéquation avec l’accueil régulier de grosses unités. Les 17 hectares du port sont désormais couverts par le WIFI et une vingtaine de caméras assurent une vidéo surveillance 24H/24.

Capitainerie du Port - 83150 Bandol -

tél. +33 494294264

+33 4 94299320 port-bandol@wanadoo.fr www.bandol.fr

fax e-mail :

Le port accueille depuis 15 ans le « Salon du Nautisme de Bandol » qui reste, après ceux de Marseille et de Cannes, la plus importante exposition, à terre et à flot, de bateaux de la région. Port situé en bordure de la ville il offre plus de 200 commerces ouverts toute l’année, dimanche inclus, ainsi qu’un Grand Casino …


Méditerranée :

La trop bonne réputation Dans cette édition 2010 de cabotages, il est beaucoup question de sécurité et de responsabilité. Les bateaux, les équipements, la science de la météo… Pour ouvrir ce chapitre qui ne se referme jamais, nous avons demandé à deux grands marins, un amiral de la Royale et un champion de voile, de nous dire ce qu’est pour eux l’esprit «marin» de la Méditerranée. Nous retranscrivons ici la substance de leurs propos. Mais commençons par une voix du passé récent, Jean-François Deniau, ancien ministre et académicien :

Jean François Deniau, fondateur des Écrivains de marine, “voileux” de toujours :

De vrais pêcheurs et de grands marins

Bien que n’en étant pas originaire, j’ai lutté contre les appréciations peu flatteuses concernant son caractère maritime du style : « ce n’est pas une vraie mer  », définition du pêcheur marseillais  : « c’est le mari de la femme qui va chercher le poisson à la gare  », « Sainte Vierge, protégez les marins qui sont au port, les autres qu’ils se démerdent  » dit avec l’“assent” bien sûr.

Parce qu’il y a du soleil, on croit qu’il fait toujours beau. Mer à part, certes, mais mer capricieuse et d’une grande violence exigeant parfois plus de qualités maritimes que l’océan. Elle ne prévient pas. L’empereur Charles Quint a fait, à propos de ses dangers, l’une des plus belles remarques maritimes que je connaisse : « il n’y a que deux bons ports en Méditerranée, Car-

thagène et le mois de juin». J’ai navigué à la voile (Ndlr : en Méditerranée) sur mon petit yawl Laërtes pendant plus de dix ans (…). J’ai rencontré de vrais pêcheurs et de grands marins. » Extrait “Méditerranée” du Dictionnaire Amoureux de la Mer et de l’Aventure, Plon, 2002.

Laërtes, le “petit yawl” de Jean-François Deniau

Vice-amiral d’escadre Yann Tainguy, préfet maritime de la Méditerranée :

La carte postale est trompeuse

La Méditerranée a l’image d’une carte postale : des calanques à l’eau transparente, des plages, une mer bleue et calme… Vous ne

verrez jamais ni Mistral ni coup d’Est. Curieusement, l’Atlantique des cartes postales a des vagues, du vent, des phares dans la tempête. L’image de la Méditerranée auprès de ceux qui viennent y naviguer pendant l’été – et ils sont plus nombreux qu’ailleurs – est la cause de bien des imprudences. C’est très préoccupant. De mars 2009 quand j’ai pris mes fonctions, à mars 2010, nous avons fait 2.600 interventions de sauvetage impliquant 5.800 personnes parmi lesquelles il y a eu 27 morts et 6 disparus. Un mort tous les dix jours pour la côte méditerra-

néenne française et la Corse. Les causes sont de trois ordres qui se ramènent – presque – toutes à la question du temps du vacancier, essentiellement citadin, en tout cas pas marin. Il veut profiter tout de suite : pas de préparation matérielle ou physique. C’est surtout vrai pour la plongée qui connaît de plus en plus d’accidents, non pas à cause des clubs, très professionnels, mais des pratiquants. Il veut profiter le plus longtemps : la météo devrait imposer sa loi au calendrier des vacances, or c’est le contraire qui se produit. Les

plaisanciers commettent des imprudences pour “être à l’heure”. Il veut aller vite : la vitesse, avec les grands yachts comme avec les jetskis, les gens vont trop vite. Lors d’une opération «coup de poing» que nous avions menée dans la baie de Saint-Tropez, il y avait tellement d’infractions que nous n’avions pas assez de personnel pour verbaliser tout le monde ! Un gros travail de prévention à mener et ce travail – notamment grâce aux médias – doit être mené en amont, pour corriger l’idée que les gens se font de la Méditerranée.

Bruno Jeanjean, capitaine du port de Palavas, détenteur du Trophée Jules Verne :

Il faut de grandes courses à la voile Ici, c’est une mer casse-bateaux. La houle est courte, le vent violent et imprévisible en force et en direction. Il ne faut pas la prendre à la légère, c’est un fait que ceux qui naviguent régulièrement en Méditerranée ont compris. Le plaisancier a des abris à peu près partout pour se mettre en sécurité. Mais la côte peut être un danger et il faut savoir s’en méfier, ce que les gens de la course au large savent paradoxalement très bien !

Quant à dire qu’il y a moins d’esprit “marin” en Méditerranée… je dirais que la voile est devenue un sport majeur pour les Bretons. Même en hiver, sur l’Atlantique comme sur la Manche, vous verrez tous les week-ends des bateaux sortir. Ici, regardez, un jour comme aujourd’hui (ndlr : début du printemps, soleil, force 4 de Nord-Ouest), on voit deux voiles dans toute la baie d’AiguesMortes. Si on retire les écoles de voile qui font sortir leurs élèves…

Pour arriver à donner une image et à créer un esprit marin, il faudrait qu’on puisse organiser en Méditerranée de grandes courses à la voile où de grands marins s’engageraient sur de beaux projets. Mais, pour l’instant, nous n’avons pas de course référente et que des petites organisations. Regardez l’image maritime que les villes atlantiques qui sont devenues les points de départ des grandes courses ont acquise !

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Deux mille bateaux mouillent une journée d’été sur la côte méditerranéenne continentale et en Corse, tel est l’un des résultats d’une étude menée en 2009 par la Préfecture maritime de Méditerranée rendue publique en mai dernier. Comme on pouvait s’y attendre, l’immense majorité des mouillages concerne la région PACA 1.391), puis la Corse (453) et enfin le LangudocRoussillon (91). La zone entre Giens et Nice est la plus fréquentée, avec un record diurne de 263 bateaux entre Lardier et la pointe Saint-Tropez ! Sinon, en moyenne, la rade d’Hyères vient en tête, Porquerolles y étant pour l’essentiel : 200 mouillages de jour pour 140 de nuit. Le détail : De jour ou de nuit ? Certains sites sont plutôt “nuit“, d’autres “jour“. Si Pampelone voit les yachts entre l’heure de l’apéro de midi et le moment où il faut aller se faire voir chez Sénéquier, certains sites sont fréquentés par des plaisanciers de croisière : Toulon, Ajaccio, Calvi, l’Île Rousse. Pour Toulon, c’est la preuve qu’il s’agit d’un bassin à réputation plus nautique que touristique. Quant à la Corse, pas étonnant, on n’y va pas avec un pêche-promenade. Voile ou moteur ? Le moteur l’emporte de la Côte Vermeille jusqu’à la Côte Bleue. De Marseille à la Rade d’Hyères, la voile l’emporte très largement. Puis c’est l’effondrement  : de Cavalaire à Cannes, le moteur prend le dessus. Nice et Monaco sauvent l’honneur de la voile. La taille des bateaux ? L’étude ne présente, hélas, que trois classes  : les moins de 6m, les plus de 30m et les autres. Mettre dans la même baignoire les bateaux de 6,50 qui rentrent dans des recoins de calanques et des yachts de près de cent pieds capables de boucher la plage d’Argent n’est pas très opérationnel… Organiser les mouillages ? C’est dans l’air. Les Zones de Mouillages Organisés (ZMO) ne sont pour l’instant que sept en Languedoc-Roussillon, huit en PACA et onze en Corse. La Corse du Sud est championne avec près de deux mille postes,

Mouillages: la fin des forains ? Bouches du Rhône et Var, loin derrière. En revanche, le Var est recordman absolu (cinq fois plus que la totalité des autres) des amarrages en Autorisation d’Occupation Temporaire (des corpsmorts “sauvages“ peu à peu légalisés). L’ancre sera de plus en plus bannie, ça, c’est sûr Elle n’a rien pour elle : elle abîme les fonds, elle implique de grands espaces d’évitement, elle crée des conflits entre plaisanciers, elle est parfois peu sûre. Un corps mort ou un ancrage écologique règlent ces problèmes. Bien que les contextes soient bien différents sur la côte rectiligne et les lagunes du Languedoc-Roussillon, les services de l’État sont bien décidés à ce que le développement de la plaisance ne se fasse pas au détriment de l’environnement, des paysages côtiers, des autres usagers du littoral. Selon les cas, les mouillages seront purement et simplement interdits, contrôlés ou organisés. Et, sans que cela soit dit explicitement, payants “en échange d’un service“. Un anneau solide en est un… On aura compris quand on lit que l’étude insiste sur le fait que “le mouillage n’a pas vocation à répondre à l’insuffisance structurelle de places dans les ports mais devrait s’intégrer dans une politique portuaire globale“. Notre nombre et l’irrespect de certains pour la mer auront raison de la joyeuse anarchie du mouillage forain.


Les ports :

Tapis rouge vers la ville, tapis bleu vers la mer

De nombreuses réflexions sont menées pour renouveler la vocation des ports de plaisance et faire évoluer les capitaineries vers des fonctions plus diversifiées. Lesquelles ? Pour l’instant, il est surtout question d’inciter le plaisancier à contribuer davantage à l’économie des villes portuaires et de l’arrière-pays. Et la mer, dans tout ça ? À ce déséquilibre, Cabotages répond par la notion de nautourisme® où l’eau, le ciel et la terre sont le monde où nous naviguons.

I

l est dans l’air du temps que les ports ne soient pas que des parkings à bateaux à l’année ou à la journée. En échange du loyer  : une place, parfois une aide à l’amarrage, un bulletin météo, de l’eau, de l’électricité, des toilettes propres et une douche chaude. Métier ingrat que celui de maître, capitaine ou directeur de port ! En saison, il distribue les clés des “chambres”, veille à la paix et la sécurité des pontons, fait face avec le sourire aux demandes multilingues des passagers chez qui la moyenne mondiale de casse-pieds est respectée. Les neuf autres mois, il administre, gère les listes d’attente, répare pontons, bornes et sanitaires, cherche des anneaux supplémentaires dans tous les recoins, veille sur les bateaux abandonnés pour l’hivernage, se paye les tempêtes quand les propriétaires sont au chaud à l’autre bout de la France, fait face aux usagers permanents chez qui la moyenne nationale des mauvais coucheurs… Les choses changent. Sans l’avoir demandé, le port se voit doté d’une ambition nouvelle  :

porte d’entrée de la ville, antichambre de l’arrière-pays, ambassadeur du terroir. TU VIENS, BEAU MARIN ? Des marchés paysans le matin ou des concerts sur les pontons à l’heure de l’apéro, pourquoi pas ? Mais il ne s’agit pas d’offrir un service au plaisancier ou de rendre son escale plus douce. Il faut faire entrer dans l’économie locale ce nomade considéré par les économistes comme des “CSP++”, catégorie socioprofessionnelle haut de gamme. Tout ce qui compte de fournisseurs de biens et services à terre s’intéresse à celuilà qui débarque de la solitude et du silence, forcément frustré de ne pas avoir pu consommer dans le grand désert bleu, avide, glouton, impatient d’acheter, de se jeter dans la foule qu’ils a cherché à grand prix à fuir ? «Tu viens, beau marin !», on entend ça dans tous les ports du monde depuis que le premier navire s’y est amarré... Au plaisancier, la terre fait de l’œil. Mais qu’est-ce qu’un plaisancier à terre ?

Un piéton qui a du mal à marcher droit. À part ça, il se fond dans la masse des touristes, dans le nombre des consommateurs. Il va au restaurant, fait ses courses, un peu de shopping… Mais sa belle CSP qui le rend si sexy aux yeux des cités portuaires est en priorité employée à entretenir sa danseuse. Son bateau. Que lui reste-t-il à terre ? Les dépenses d’un plaisancier n’y sont pas différentes de ceux d’un estivant motorisé. Numériquement, les touristes venus par la mer sont population négligeable : les voyageurs d’un seul TGV représentent un plus gros potentiel de dépense qu’un mois entier de passage dans un port moyen de Méditerranée.

nombre qu’ils sont dans une cité balnéaire où des dizaines de milliers de personnes s’amusent et consomment.

PAS UN CROISIÉRISTE Sans doute la plaisance contribue-t-elle à faire vivre les producteurs de fromages du Larzac, de charcuterie de Corse ou de vin de Cassis, mais pas plus que le même nombre de camping-caristes, plagistes et autres fantassins du tourisme. Les plaisanciers ne représenteront jamais plus que le très petit

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Autre illusion : la découverte de l’arrière-pays. On-t-ils déjà navigué ceux-là qui affirment qu’à peine arrivés à Port Camargue le plaisancier va partir visiter le Pont du Gard, à Sète, Carcassonne, à Bandol, les gorges du Verdon ? Qu’il va tourner la clé de la première voiture de location et se jeter dans les embouteillages de l’été à la découverte des églises romanes et des éleveurs de brebis ? C’est oublier que passer ses vacances en bateau est un choix radical : l’itinérance nautique qui pousse les marins à partir et arriver avec le même bonheur, à vivre la mer avec passion et la terre avec plaisir. Pour les vacances au moins, ces terriens changent d’apparence, de langage, de véhicule, d’identité. Marcher, pédaler, pourquoi pas. Une voiture, un bus, un train, finie l’aventure. Deux stations de métro à Marseille quand on est amarré au Vieux Port, c’est comme une apnée souterraine dans cet autre monde qu’on croyait avoir quitté. La plaisance n’est pas La Croisière s’amuse où trois mille passagers sont pris en main par les tour-operators. LE PORT OUVERT SUR LA MER Et pourtant, il est vrai que le plaisancier n’est pas seulement un obsédé de vent, de vagues et de soleil. Le navigateur est à sa manière un touriste, curieux des trois mondes qu’il côtoie : le ciel, le vent et les oiseaux ; la mer, les fonds et les poissons ; la côte, les

ports, les villes d’escale. C’est le mélange subtilement équilibré de ces trois univers qui fait le charme du cabotage. Pourquoi les capitaineries ne seraient pas davantage des portes se sortie sur la mer, les antichambres du grand large, les ambassadrices de la vie marine et sous-marine ? On pourrait se prendre à rêver que les ports soient davantage impliqués dans la sensibilisation à la sécurité, à l’environnement, à l’esprit marin, qu’on les aide à faire de la pédagogie, à être les lieux d’échange d’expérience, des centres de ressources équipés de moyens pour préparer les escales futures, croisières lointaines ou sorties d’un jour. LE NAUTOURISME ? Cabotages a inventé le terme de Nautourisme® pour désigner ce tourisme complet, fait de curiosité pour les autres marins et les autres bateaux, la nature et la culture, de respect pour la vie marine et les autres usagers, du monde aquatique et littoral. S’il est demandé aux capitaineries de dérouler sur les pontons un tapis rouge vers la ville, nous adorerions qu’on les aide à déployer aussi un tapis bleu vers le large : à inciter les plaisanciers à sortir les bateaux plus souvent, à les faire partir à la découverte des autres ports, à élargir le rayon des ronds dans l’eau du dimanche. Offices du Nautourisme ? Christophe Naigeon

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Sécurité

Gérard d’Aboville

“La réglementation déresponsabilise” (Gérard d’Aboville) Avec le Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques, celui qui a été le premier à traverser l’Atlantique à la rame lutte pour simplifier la réglementation nautique et remettre au goût du jour solidarité et bon sens marin.

L

’histoire commence en 1967 alors que la plaisance décolle. Dans les solitudes du grand large, Éric Tabarly remporte six régates internationales avec Pen Duik III. Dans les foules parisiennes, le Salon Nautique de Paris explose dans les 25 hectares du bâtiment pourtant révolutionnaire du CNIT à la Défense. Depuis vingt ans, la fameuse école fondée en 1947, le Centre Nautique des Glénans, était devenue l’ENA des apprentis navigateurs, le Label Rouge des marins élevés au grain breton, et faisait des petits sur toutes les côtes. La voile légère avait pris son envol populaire avec les Caravelle, Vaurien, 420… et la croisière côtière marchait dans son sillage avec le Corsaire (1953, Herbulot) puis le Muscadet (1963, Harlé) et l’Arpège (1967, Dufour) en tête de ligne. LES “PETITS BAIGNEURS”

équipement, douanes, affaires maritimes… Chaque ministère, chaque administration, chaque député fait son règlement, ses normes, son décret, sa loi. L’AFFAIRE “PAVILLON BELGE” Il faut coordonner : en 1967 un décret du troisième gouvernement Pompidou instaure le Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques qui, statutairement, a «une vocation de conception, de coordination, de concertation et d’impulsion» et «émet (…) des propositions et recommandations transmises aux ministres concernés». En d’autres termes, un organe consultatif, le genre d’institution qui justifierait l’adage «la démocratie, c’est cause toujours». Sauf que… lorsque l’outil, aussi peu affûté soit-il, est mené par un homme déterminé, du travail est abattu. « Nous sommes en partie un organisme de lobbying » résume

Gérard d’Aboville, son actuel président. Depuis quinze ans, celui qui fut le premier à traverser l’Atlantique puis le Pacifique à la rame n’est pas de ceux qui renoncent. Comme «l’Affaire du Pavillon Belge», dossier emblématique. « La première année, ils étaient 50, ils étaient 500 la seconde et 5.000 la troisième, il fallait faire quelque chose » se souvient-il. Il y avait les six catégories de navigation, chacune avec ses équipements obligatoires. «  On ne pensait plus à la sécurité mais à l’inventaire à présenter aux contrôles. Le plaisancier se disait « j’ai tout, il ne peut rien m’arriver». Il y a un moment où la réglementation déresponsabilise ». Ainsi, après des années de palabres, le CSNPSN a pu obtenir une législation plus proche de celle de nos voisins européens et, surtout de l’esprit de la marine : prévoyance et responsabilité. Un radeau pour deux personnes est désormais suffisant s’il n’y a que deux embarqués dans un

bateau de six places, mais en cas de méchant vent, il sera toujours plus dangereux de risquer une entrée à la volée dans un port étroit et mal protégé que de se mettre à la cape ou en fuite, loin de la côte, hors de la zone autorisée. Victoire du bon sens marin. LA RADIO POUR TOUS Autres dossier en cours : la généralisation de la VHF. « Le certificat actuel obligatoire pour utiliser la radio du bord est obsolète. Il faut quelque chose de plus pratique qui incite les gens à en avoir une à bord ». Gérard d’Aboville argumente : « c’est pétole. Un voilier encalminé veut rentrer au moteur. Ça ne démarre pas. Il n’a pas d’autre moyen de communication que la fusée rouge. Les sauveteurs vont prévoir le pire et dépêcher un navire de la SNSM, un hélico. C’est disproportionné. Si le capitaine avait pu expliquer à la radio de quoi il retournait, un autre plaisancier ou un pêcheur

Bref, la navigation de plaisance devient une activité économique porteuse, un loisir accessible pour les uns, une machine à rêver pour les autres. La régate est lancée entre les architectes pour tirer le meilleur parti possible du polyester. En 1967 se tourne à Chichoulet, secret port “sauvage” de l’embouchure de l’Aude un film culte, Le Petit Baigneur, où Louis de Funès incarne avec tumulte l’un de ces patrons de l’industrie naissante du moule-à-gaufres qui, grâce à cette matière très plastique, va permettre la production nautique de masse. Cela ne va pas sans poser des tas de problèmes : sécurité, infrastructures portuaires, équipements des navires, coexistence avec la pêche et le commerce… bientôt la pollution, la surpopulation portuaire. La navigation de plaisance est une longue traversée horizontale de l’administration française : sports, transports, industrie, environnement, pêche,

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aurait pu lui porter un jerrycan, le remorquer. La VHF, c’est donner la possibilité d’être entendu de tous, d’expliquer ce qui se passe et d’obtenir la réponse appropriée. C’est diminuer les alertes “de confort” et ramener la solidarité entre marins ». Enrichir l’État et les marchands de radios marines ? La dépense serait compensée par l’exonération de la redevance et la suppression des fusées-parachute – les plus chères – des équipements obligatoires. « Notre travail étant d’apporter les arguments et de faire pression pour changer la loi, de dos-

sier VHF est de ceux dont nous nous chargeons avec la SNSM et tous les services chargés de la sécurité ». Parmi les arguments en faveur de la radio : une expérimentation de bulletins météo en boucle sur le canal 16. Une idée à soumettre au CSNPSN  ? Passez par l’un de ceux qui y sont représentés. Christophe Naigeon Fusée ou matériel électronique, des solutions pour lesquelles la VHF est une alternative ou un complément en cas de problème.

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Comment saisir le CSNPSN ? Le Conseil est constitué de reremonter par l’une des fédéraprésentants de neuf ministères ! tions sportives agréées (voile, Mais aussi d’administrations motonautisme, sports sous-macomme les Voies Navigables de rins, ski nautique, canoë-Kayak, France, le Conservatoire du Litaviron, pêche en mer) ou les astoral ou le comité Olympique… sociations concernées par le suainsi que de la Fédération des jet représentés au CSNPSN (Les Industries Nautiques et la FéGlénans, la SNSM, le Yacht-Club dération Française des ports de de France, la Fédération des Plaisance. Si vous êtes porteur Pêcheurs Plaisanciers, l’Union Nationale pour la Course au d’une idée susceptible d’avoir des répercussions réglemenLarge…). Pour en savoir plus, rendez-vous sur la toile : taires ou législatives, faites-la www.csnpsn.developpement-durable.gouv.fr

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Quels instruments sont vraiment utiles ? La mer n’est jamais mauvaise. Le méchant, c’est le vent. Celui qui déchaine les vagues, qui pousse à la côte, qui amène le grain violent, qui déchire les voiles. Celui de Méditerranée est redouté de tous les marins sérieux. Ceux qui n’en ont pas peur sont des inconscients. Un seul remède, la météo. Voici quelques conseils pour avoir ce qu’il faut, mais pas plus, qui est trop.

S

oyons bien d’accord : les prévisions ne se réalisent pas toujours. La fiabilité du bulletin est de 70% « la dépression pouvant être plus creuse »… Un vent de Nord force 5 fraichissant est annoncé, et c’est finalement du Sud, force 2. Cependant, tout caboteur un tant soit peu conscient du risque d’un changement brutal de temps ne peut tourner le dos aux diverses aides à la navigation avant de quitter le port et que Radio-Ponton ne saurait en aucun cas remplacer. L’outil le moins onéreux est le bulletin météo affiché à la capitainerie. Si vous avez une VHF complétez avec les bulletins réguliers. Mais la consultation indispensable et régulière de ces aides ne suffit pas : il vous faut un carnet et un crayon pour noter ce qu’il en était hier et la tendance prévue pour demain et après-demain. La mémoire est souvent défaillante. L’EXPÉRIENCE ET LE “PIF” Autre instrument indispensable et obligatoire et tout aussi gratuit  : votre “nez”, votre expérience pour sentir l’évolution de la météo. Et sans vous laisser influencer par les on-part-on-partpas de votre équipage, les décisions du voisin, l’avis du vieux pêcheur indigène. Car c’est à vous, capitaine, de tenir compte de la tendance passée et à venir, du comportement antérieur de votre équipage dans le vent qui monte avant de décider de rester au port ou d’aller voir ailleurs quel temps il fera demain ! Mieux vaut une journée

de navigation perdue qu’une menace de divorce et/ou de vente forcée du bateau… Pour aller plus loin, essayons de distinguer les instruments incontournables et/ou obligatoires des utiles ou même des futiles… INSTRUMENTS DE FRIME Éliminons d’entrée tous ceux qui, certes performants, sont superflus pour une navigation côtière  : tous les instruments d’acquisition de documents au large, cartes avancées de pression, de vents, d’isobares en surface et en altitude par télécopie, Navifax ou Seafax et autres fac-similés. De même pour les systèms satellitaires de communication type Immarsat et autre Iridium ou Thurya : utiles pour la navigation hauturière et/ou en solitaire mais pas vraiment nécessaires pour le cabotage, d’autant que chaque équipement coute entre 2.000 et 3.000  € et impose de grosses antennes difficilement logeables sur nos généralement petites unités. LES INCONTOURNABLES Obligatoires ou non, sont incontournables le baromètre à aiguille ou enregistreur ou même électronique (on peut aller jusqu’à la petite station météo du commerce terrestre) : de 30 à 100  e. Ce sont ses variations qu’il faut surveiller : chute brutale, attention les dégâts ; chute lente, on va incessamment devoir revoir le programme des jours suivants…

La VHF : plus qu’indispensable puisqu’elle assure également la sécurité via la surveillance du canal 16 par les CROSS et tous les sémaphores, et qu’elle assure des liaisons de quelques milles à quelques dizaines de milles. Maintenant couplée à un GPS, elle donne la position par appel automatique de détresse d’un numéro international du Système Mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM). La veille est la meilleure garantie contre les surprises d’un changement de temps entre les trois bulletins quotidiens. Le long de la Côte d’Azur, les bulletins des Cross sont répétés en boucle sur le canal 63 en dehors d’heures de rendez-vous et il serait souhaitable que cette expérience se généralise. Comptez entre 100 et 200  € pour une VHF fixe, idem pour une portable, bien utile lors des arrivées de port, en annexe ou même dans le cockpit.

Le GSM, notre téléphone portable quotidien. Météo France a un système par département et nos bateaux sont très souvent à portée de réseau. Avant de partir ou en cours de route faites le numéro 0892 6808 suivi des deux numéros du département. C’est payant mais ce n’est pas volé. Et cela présente l’avantage d’avoir la météo du point d’arrivée alors que la capitainerie que vous quittez ne donne que le bulletin de zone de départ. Un conseil, si vous partez de Marseille vers les Saintes-Maries, écoutez aussi la météo de Guissan. Ce qui se passe là-bas pourrait bien être une précieuse indication sur ce que vous pourrez trouver demain ou après-demain. À force de naviguer, on se fait ainsi sa propre interprétation, fruit de l’expérience. Le récepteur radio grand public  : en navigation côtière, de très nombreuses stations émet-

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tent des bulletins sur GO, PO et FM. Un autoradio à bord fait d’autant l’affaire qu’il est fixe et a un lecteur pour vos CD audio préféré. Plus chic et entre nécessaire et utile : le récepteur BLU (Bande Latérale Unique - oui, la voie de Donald le canard), obligatoire en hauturier pour recevoir la météo du et au large. S’il vous vient l’idée de naviguer plus ou moins loin de votre bassin habituel, emportez-le : il vous permettra d’avoir des nouvelles de votre port d’attache car multi-bandes, il permet de capter sur grandes ondes de nombreux émetteurs français ainsi que Radio France Internationale partout dans le monde ! (entre 100 et 300 €). Prévoir alors une bonne antenne… LES SIMPLEMENT UTILES L’anémomètre. Si vous n’avez pas d’anémomètre en tête de mat, pourquoi pas un à main  ? Utile pour départager entre les avis («  ça monte, ça monte pas  »)  ! Et malgré le côté rigolo à manipuler, en impose un peu aux novices… De 50 à 150 €, selon qu’ils sont autonomes (mécaniques) ou à piles (électroniques et affichages de diverses informations). Très courant sur nos bateaux : le Navtex pour recevoir sous forme de petits messages les avis urgents aux navigateurs, des bulletins météo, des avis de coups de vent via des satellites, près et loin de la côte. Comptez 500 €. Tout aussi courant maintenant, l’ordinateur et la liaison Internet : pas un réel besoin pour nos navigations le plus souvent estivales et proches des côtes. Mais il existe

une foultitude de sites météorologiques selon les activités pratiquées et votre degré d’addiction… Pour des traversée plus lointaines (Corse, Tunisie, Baléares), Météo France par exemple propose un abonnement au logiciel Navimail pour récupérer les données météo marines valables pour votre position et les mailles géographiques voisines. Durée et coût variables à consulter sur le site de Météo France. Mais tout cela risque d’être vite périmé avec l’arrivée de l’Ipad …et ses promesses. LES ACCESSOIRES Si vous naviguez dans une zone dont vous ne maitrisez pas bien la langue : le glossaire ! En météo, les mots ont leur importance et une traduction approximative peut modifier le sens d’une prévision. Sans oublier l’indispensable Guide marine de Météo France disponible en capitainerie et téléchargeable : mis à jour chaque année, vous y trouverez entre autres renseignements utiles, lexique, glossaire, cartes des zones météo nationales et internationales, listes des émetteurs VHF et BLU et horaires d’émission. L’ENNEMI : LE CALENDRIER ! L’ennemi du marin, c’est le calendrier. Se croire obligé d’arriver à tel endroit tel jour est le meilleur moyen de perdre tout discernement, toute prudence. Demandez à la SNSM. Il y a un pic de sauvetages les jours de mauvais temps en fin de semaine, aux dates où il faut rendre les bateaux loués, où il faut prendre un train pour retourner au boulot… En mer, le temps (chrono) se plie au temps (météo). Claude Roger

Face à un ciel que l’on a du mal à interpréter, rien ne vaut le croisement des informations que peuvent donner les différents outils météo de bord, sans oublier le bulletin affiché à la capitainerie.

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Le transportable :

solution pour les nomades ? Avoir son bateau à l’anneau et à l’année est un rêve de plus en plus inaccessible. Prendre l’avion ou le train et louer un bateau n’importe où dans le monde est une pratique de plus en plus répandue pour la croisière à voile. Nomadiser en remorquant son esquif comme d’autres leur caravane est, pour une navigation strictement côtière et le plus souvent à la journée, une idée tentante.

E

ntre deux et douze ans, voire plus, pour obtenir une place à flot dans un port de Méditerranée… Les ports à sec, tout le monde n’aime pas et, pour beaucoup, cela revient cher. Alors, une solution est d’avoir soi-même son port à domicile, pourvu que l’on dispose d’un hangar, d’un garage ou simplement d’un abri bâché au fond de son jardin. Sans oublier une remorque et une voiture capable de tirer le tout. Et, enfin – c’est évident – d’un endroit adapté pour mettre le bateau à l’eau, garer la voiture et la remorque en lieu sûr pendant qu’on est sur la mer jolie. Lorsque toutes ces conditions sont réunies, avoir son port d’attache à la maison est une option que 95% des propriétaires de semi-rigides choisissent. Mais pas forcément si simple ou si économique que cela. TRÈS SOPHISTIQUÉS Si hisser son Laser sur deux poutres installées en mezzanine dans son garage au-dessus de la voiture familiale ne pose guère de problème de place ou de manutention, ranger un semi-rigide de six mètres cinquante est une autre affaire. Certains, comme Jean-Louis Attard, responsable des relations

extérieures du site www.pneuboat.com, en arrivent même à découper le mur et la porte d’entrée de leur garage pour faire passer leur dernière acquisition, forcément plus grande. Car, pour un “pneuboater” comme pour un marin “rigide”, le proverbe selon lequel il manque toujours un mètre à son bateau, reste vrai. D’autant plus que la différence entre les deux commence à s’estomper. Les “gonflables” d’aujourd’hui ne se dégonflent plus d’un été à l’autre. Cela évite d’infliger des faux plis aux boudins. Leurs postes de pilotage, leurs fonds, leurs sièges moelleux, leurs arceaux, leurs coques profilées, leurs bastingages et leurs moteurs puissants sont de plus en plus luxueux, à mille mille des saucisses-mobylettes qui ont permis autrefois à tant de gens de jouir de la mer comme des milliardaires et qui ne sont plus maintenant que des annexes. Entre 25.000 € (rarement moins) et 50.000 € (parfois bien plus) l’engin, l’option semi-rigide transportable n’est plus une option d’économie à l’achat. Et à l’usage ? Si l’on est un expert-comptable, on doit compter l’amortissement du garage, calculer le préjudice subi par la voiture qui couche dehors… Si l’on ne calcule que les coûts directs, pour une trentaine de

sorties annuelles et une centaine d’heures de navigation, il faut compter entre 500 et 1.200 litres d’essence (650 à 1 .600 € selon la puissance, plus 200 à 300  €pour l’hivernage et l’entretien courant et ajouter en moyenne 10 € par mise à l’eau. MISES À L’EAU TRÈS CHÈRES Car mettre son bateau à l’eau a maintenant un prix. Extrêmement variable : de 5 à 8 €

à Frontignan, jusqu’à 278 € à Porto Ottioli en Sardaigne ! « Il est compréhensible qu’on fasse payer de 5 à 10 € car créer des rampes de mise à l’eau et des parkings a un coût » admet Jean-Louis Attard, qui poursuit « mais nous participons largement à l’économie du tourisme local et du nautisme qui étouffe faute de places à l’eau, alors, il faut que les prix restent raisonnables. Pour les milliers de personnes qui ont des petits bateaux de 3 ou 4 m, payer plus de 10 € à chaque fois est très cher ». Cher et rare. De plus en plus rare, même, car contrairement à ce que l’on pourrait penser, les communes hésitent de plus en plus à créer des cales de mise à l’eau. Une raison est qu’elle transforment les zones portuaires – hautement touristiques et où chaque usage est calculé – en disgracieux parkings que les attelages squattent à la journée – voire plus – en consommant deux places. Une autre raison est l’embouteillage que chaque fin de journée provoque sur le quai à l’heure où les vacanciers se promènent avant l’apéro. Pas bon pour l’image balnéaire. LE JET-SKI, UNE NUISANCE ? Mais la troisième raison est la plus forte : jet-skis et autres scooters des mers, de plus en plus nombreux, sont resentis comme de vraies nuisances, pas seulement sur l’eau mais dans les ports : vrooom-vrooom des moteurs pour frimer ou rincer les turbines, circulation anarchique dans les ports… Cette plaisance-là est de plus en plus vécue comme une déplaisance

CHER NOMADISME NAUTIQUE ! Le nomadisme nautique peut coûter cher. Pour aller en Corse, paradis des pneumarins et de tout ceux qui ont leur bateaux en remorque, il faudra débourser jusqu’à 1.000 € rien que pour traverser en ferry : 4 personnes, une voiture, une remorque en période haute.

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et les communes commencent à en mesurer l’impact négatif. À cause du comportement de certains, dans toute l’Europe, les ports luttent contre ce motonautisme en fermant les cales de mise à l’eau. L’Allemagne et l’Angleterre ont fermé plus d’une centaine de rampes… Du coup, les usagers plus raisonnables que sont les pneumarins organisés en font les frais. L’Association des usagers des cales de mise à l’eau de Méditerranée (AUCMED) qui a établi une charte de comportement (voir l’encadré), regrette cette limitation de l’accès à la mer : « au-delà du mécontentement grandissant des plaisanciers, le tourisme et l’activité des industries du nautisme se trouvent largement affectés : 70% des immatriculations de la plaisance concernent des embarcations de moins de six

mètres (…) cette “plaisance sur remorque” n’est pas représentée dans toutes les instances concernées (…) ce qui entraine des décisions qui ignorent ou vont à l’encontre de l’usage de ces cales ». Ces mots, extraits d’un rapport remis en 2009 au Conseil supérieur de la navigation de plaisance et des sports nautiques (CSNPSN), montrent tout de même que la question est à l’ordre du jour à “l’interministérielle” pour chercher des solutions. Tâche difficile car, comme disent certaines mauvaises langues « pour construire une cale de mise à l’eau, il faut consulter 7 ministères ». Et pourtant, depuis un édit de François 1er, les communes littorales doivent accès à la mer libre et gratuit. Une loi à rafraîchir… Christophe Naigeon

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LA CHARTE DE L’AUCMED Tout usager de cales de mise à l’eau se doit de : - Respecter la signalétique mise en place par les mairies ou les gestionnaires de ports - Ne pas gêner et donner la priorité aux professionnels de la mer - Préparer son embarcation en dehors de la cale, aussi bien pour mettre à l’eau qu’en sortir - Restreindre l’utilisation de la cale à la seule mise à l’eau et sortie - Ne jamais stationner sur la cale ou l’encombrer - Stationner véhicule et remorque sur les aires et parking prévus à cet effet - Ne pas utiliser les équipements portuaires destinés aux usagers résidents du port (point d’eau, borne électrique aire de carénage) sauf si compris dans les prestations de la capitainerie pour les usagers sur remorques - Veiller à la sécurité de tous les usagers en ayant une conduite adaptée et en effectuant des manœuvres avec douceur et maîtrise, sur la cale et dans le port.

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Les sémaphores veillent à nouveau sur nous La Marine nationale s’est décidée à réhabiliter les sémaphores. Sur le point d’être abandonnés, ils sont maintenant rénovés, équipés, gardés 24 heures sur 24. Descendants lointains des tours de guet romaines, génoises ou sarrasines, et plus proches des ancêtres équipés du télégraphe de Chappe (un mât, quatre bras et 301 positions possibles), les sémaphores centralisent aujourd’hui toutes les missions de surveillance (voir en page de droite) en liaison avec tous les services concernés par la circulation maritime, le sauvetage, la pollution, les pêches, le trafic de drogue et de clandestins… Selon l’endroit où il se trouve, chacun a un rôle particulier, mais aussi une architecture, une histoire, une position géographique… et des guetteurs sémaphoriques, marins bien particuliers. Un exemple parmi les 19 de Méditerranée française, Capo Grosso, en Corse.

Cap Corse : “au-delà du bout du monde”

buissons qui veulent bien pousser dans la pente ! ». Le Libeccio monte encore. Il faut rentrer dans la salle abritée. Le veilleur de quart est en train d’appeler un cargo, à peine visible sur la ligne d’horizon embrumée. Identité, longueur, jauge, cargaison, destination… Puis un grand yacht. Puis un autre cargo. La minutieuse routine. UN INTENSE TRAFIC

Le sémaphore du Capo Grosso, à l’extrême pointe de la pointe du cap Corse gère un intense trafic commercial et fait face à des conditions météorologiques dantesques… dans une situation de solitude et d’isolement uniques. Un endroit où il faut s’accrocher.

T

empête. Gris comme le ciel et blanc comme la mer ce jourlà. Tempête, c’est la mascotte du sémaphore du cap Corse, un chat venu un jour y élire domicile. Le Libeccio monte, monte. Il ne reste plus qu’un voilier en vue, grand largue, en fuite vers la partie abritée du cap, côté Mer Tyrrhénienne, où le coup de vent annoncé ne lève pas de houle, où l’on peut mouiller face à la côte en sécurité. Devant la porte du sémaphore, Tempête, entre les pieds du maître Stéphane Duprez miaule comme le vent dans les antennes. Dedans, le premier maître gille Azara prépare le café sans chichis. « Faites vos prises de vues extérieures maintenant, ditil, on va devoir bientôt amener les couleurs à cause du vent ». Photos, donc du sémaphore planté sur le Capo Grosso, tour

de contrôle sur un mamelon dénudé, sous un plafond de nuages gris et ondulants, réplique mouvante de la falaise de schiste qui tombe à pic dans une mer qui moutonne déjà serré. En plein mois d’août. « Si vous voulez monter sur le chemin de ronde, c’est le moment. À partir de force 7, ce sera interdit ». Photos, donc sur l’étroit balcon qui domine une houle maintenant profonde. « Les nouveaux qui arrivent ici sous-estiment la hauteur des vagues. À 110 mètres, il faut regarder les bateaux passer dans la vague pour apprécier le vrai état de la mer » commente encore Gilles Azara. Et ici, ça monte vite. Encore plus vite et encore plus fort que partout ailleurs en Méditerranée. Plus qu’au cap Béar, disent-ils. Un effet venturi exceptionnel sur ces falaises du cap Corse. « Quand la météo annonce force 8, on a 9 ou 10 ». Le record de vent a été établi à 214 km/h, dernier chiffre donné par l’anémomètre avant qu’il ne soit emporté… Ceux qui ont installé les éoliennes sur les

sommets juste derrière ont mesuré jusqu’à 240 km/h. Et 300 jours de vent pas an. « À Bonifacio, ils en ont 365, plaisante Stéphane Duprez, mais les records de puissance sont pour nous ! » Au point que les équipes peuvent rester enfermées sans autorisation de mettre le nez dehors, mêmes sur les marches du perron, pendant trois jours de suite. Seule exception pour la relève. « Sinon on devient fous ! » DES POSIDONIES À 110 M ! Sur la passerelle de veille, tout bouge, les vitres plient sous la force du vent. Lors des grosses tempêtes, les posidonies et le sel viennent se coller dessus et bouchent la vue. Un comble ! À la moindre accalmie, l’équipe de veille sort gratter ce qu’elle peut. Mais ça recommence aussitôt. « Vous voyez, le parking en bas, on a mis un muret côté au vent et une glissière sous le vent. Trois voitures avaient été emportées dans la mer, dont celle de la femme du chef de l’époque, retenue par miracle par les quelques

Sur l’écran de l’ordinateur, la carte de ce coin de Méditerranée au trafic commercial intense : golfe de Gènes, Provence et Côte d’Azur, jusqu’à la Toscane. L’homme de quart met des noms sur les points signalés par le radar. Vers le sud et sur le versant occidental du cap Corse, les signalements sont peu nombreux. Essentiellement des yachts. Au nord et côté oriental, les points sont les uns sur les autres. « C’est le Canal de Corse, entre la Corse et les îles italiennes, Capraia et Elbe. Qu’ils viennent du nord ou du sud, de Marseille, de Gènes, de Livourne, de Naples, de Malte, tous passent par là. Il y en a plus de 80 par jour » explique le premier maître. Gérer ce trafic est la mission principale du sémaphore du Cap Corse, en relation avec celui de Sagro, un peu plus au sud, vers Bastia. Ce n’est pas le rail d’Ouessant mais peu s’en faut. D’ailleurs, devrait être bientôt signée une convention tripartite France-Italie OMI (Organisation Maritime Internationale) qui instaurera une “recommandation de route” aux navires de commerce. Ces recommandations ne seront obligation que pour les navires des deux pays signataires mais elles permettront d’engager la responsabilité des bâtiments des autres nationalités qui n’en tiendraient pas compte et entreraient en ­collision.

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Cabotages Méditerranée

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ECRANS PLATS, JEUX VIDÉO Encore quelques marches et on arrive à la partie consacrée à la vie des équipages, aux allures de pavillon de banlieue : cuisine nickel, coin salon avec canapés simili, TV et console vidéo. « Aux guetteurs sémaphoriques de ma génération, la Marine nationale envoyait des livres. Maintenant, c’est des écrans plats et des jeux vidéo… ».

Document non contractuel - Réalisation : www.emmanuellegrimaud.com

L a collaboration entre les deux rives de la Mer Tyrrhénienne est indispensable et ancienne. Elle s’en trouvera renforcée. D’ailleurs, un cours de langue de Dante est donné aux nouveaux arrivants pour favoriser les échanges avec les nombreux navires italiens qui naviguent sur cet autoroute maritime. Les autres missions, à part la surveillance du respect des eaux territoriales par les pêcheurs, sont les mêmes que pour les autres sémaphores : sauvetage, lutte contre les pollutions, le pillage des sites archéologiques marins, signalement de navires suspects de contrebande, trafic de clandestins, terrorisme… la routine, quoi. En bas, le café attend. Plusieurs étages à redescendre. D’abord l’escalier métallique en hélice peint en bleu “cabine de plage à Deauville” par les équipes qui en sont fières, puis dans la avec salon partie ancienne du bâtiment dont le toit en ogive a été conservé un élégant escalier de tomettes rouges, presque bourgeois, qui contraste avec la batterie d’ordinateurs façon Star Trek ancienne version. Au plafond, on devine encore l’ancienne ouverture par laquelle on passait la “marionnette” articulée du télégraphe Chappe d’antan.

Avec en permanence deux équipes de trois de service pour trois jours et qui se relaient par quarts de quatre heures, il faut rompre la monotonie de la vie dans ce sémaphore «au-delà du bout du monde» comme l’appelle le premier maître Azara. Ici, à 10 km du premier hameau, à 30 km de Macinaggio, ville bien calme en dehors de la saison touristique, à une heure de Bastia, il n’y a RIEN. Juste un bout de lande maigre et la mer. Et le vent. Autrefois, le chef et son adjoint vivaient ici avec leurs familles. Sans école, sans loisirs, sans vie sociale. Trop dur. Tous vivent maintenant à Bastia. Même si, comme pour le maître Duprez, le compagne travaille aussi dans le sémaphore.

L’équipe de Capo Grosso et le chat Tempête

Alors que les phares se vident de leurs gardiens, les sémaphores « qui ont leurs lumières à l’intérieur » comme le dit Gilles Azara, ont besoin d’hommes et de femmes efficaces, motivés et heureux de faire ce travail, même dans des coins aussi reculés, ventés, superbement solitaires que le Capo Grosso. Le Libeccio est monté d’un cran de plus. Le drapeau a été amené. Le chat Tempête est bien au chaud, au sec et au calme. Sur la route de retour quelques marcheurs inquiets du sentier des Douaniers se hâtent vers le petit port de Centuri. C. Naigeon

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Tortue verte © Mila Zinkova

Tortues de Méditerranée, les dinosaures de la mer A

vec la poule, c’est une descendante des dinosaures. Comme la poule, elle avait des dents et les a perdues au profit d’un bec. Comme la poule et les dinos, elle pond des œufs. La comparaison s’arrête là. Bien que rare, c’est la tortue que vous aurez le plus de chances de rencontrer en mer. Dans ce cas, voici ce que vous pouvez savoir à propos des Chélonidae :

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LA TORTUE CAOUANNE : DES AMOURS EN CROISIÈRE

LA TORTUE VERTE : LE LIÈVRE DES TORTUES

en Méditerranée : la Tortue Caouanne et la Tortue Verte. D’autres nous rendent visite en passant par Gibraltar, comme l’énorme Tortue Luth.

Celle que vous avez le plus de chances de rencontrer est la Tortue Caouanne ou Caretta-Caretta qui peut dépasser 1  m de long et 150 kg. Sa tête, très large, est pourvue de deux écailles préfrontales et d’un bec orné. Sa carapace en forme de cœur arbore une dossière brun-rouge et un plastron jaune pâle tâché d’orange. Ses pattes à deux griffes font office de nageoires à l’avant et de gouvernails à l’arrière. Carnivore, elle ne néglige ni les éponges ni les algues en complément des mollusques, crabes et poissons. Elle atteint sa maturité vers l’âge de dix ans et, toutes les deux ou trois saisons entre avril et septembre, pond jusqu’à quatre à sept fois de 60 à 200 œufs. Au lieu de s’accoupler comme les autres sur les lieux de ponte (Turquie, Chypre, Libye, Sicile, plus rarement en Corse), c’est au cours de ses croisières qu’elle se fait féconder... Entre 60 et 75 jours plus tard, les petites tortues nées dans le sable iront rejoindre la mer en se repérant au bruit des vagues, de nuit de préférence. Mais il arrive que les lumières artificielles du rivage les attirent. On raconte qu’en Calabre, quelques soixante-dix jeunes éblouies se retrouvèrent… sous les tables d’un restaurant de plage. La côte, l’été, est bien un lieu de perdition !

La Tortue Verte, omnivore quand elle est petite, devient herbivore à l’âge adulte. Les herbiers qu’elle ingurgite lui donnent sa couleur (serait-elle rose comme les flamants si elle mangeait des crevettes ?). Très légèrement plus petite que la Caouanne, c’est la plus rapide de toutes, capable d’atteindre 35 km/h grâce au profil aplati de sa carapace. Elle ne possède qu’une seule griffe sur chaque nageoire. La zone d’alimentation étant le plus souvent éloignée du site de ponte, les tortues de mer parcourent jusqu’à 2.000 km. Comme les oiseaux migrateurs, elles naviguent grâce à leur perception du champ magnétique terrestre. Des scientifiques de Montpellier se sont livrés à un deux expériences. Des capteurs satellite ont été placés sur le dos de tortues vertes capturées dans l’Océan indien puis relâchées loin de leur destination. Avec leur compas intégré, elles ont retrouvé leur point de destination, mais en nageant bien plus que nécessaire. Leur instrumentation de bord n’indique que le cap, pas la position. Elles ne pouvaient pas évaluer la dérive due aux courants. On leur a aussi mis un aimant sur la tête pour leur faire perdre le Nord. Mais elles sont quand même arrivées à destination. Ont-elles un système de compensation dans leur compas ?

a tortue est le plus vieux reptile de la planète (200 millions d’années). Ces corps massifs, si harmonieux et rapides dans l’eau, peinent sur le sable car bien que pélagiques (pelagos, la haute mer) les femelles doivent aller sur les plages pour pondre. On en recense huit espèces qui ont en commun la détestation de l’eau froide. Il y en a donc dans toutes les mers du globe sauf dans les océans Arctique et Antarctique. Ceci expliquant peut-être cela, sachez que le genre mâle ou femelle de la tortue dépend de la température de l’eau lors d’une phase embryonnaire délicate au quarantième jour d’incubation des œufs : à entre 27° et 31° (l’idéal à 29°), l’équilibre des sexes est maintenu. Mais plus il fait chaud, plus il y a de filles, et inversement. Damned ! Le réchauffement climatique pourrait avoir raison des mâles. Deux espèces se reproduisent

LA TORTUE LUTH : LA DURE À CUIR Celle-là, si vous la voyez en Méditerranée au cours de vos navigations, c’est presque un miracle. On en observe pas plus d’une par an ! La Tortue Luth ou Tortue cuir, est la seule à ne pas posséder l’armure classique d’écailles mais de petits osselets imbriqués recouverts d’une épaisse couche de graisse et d’une peau de cuir. Elle pèse sa tonne pour deux mètres de long et se gave de méduses qu’elle peut aller chasser jusqu’à 900 m de fond. On se prend à souhaiter qu’elle prolifère pour nettoyer nos rivages lors des invasions de ces gelly-fish (poissons-gelée, comme disent les Anglais) mais, alors qu’elle pourrait être notre meilleure alliée, nous sommes son pire ennemi : elle confond les sacs en pastique que nous jetons avec les méduses et meurt d’occlusions intestinale. Bien que toutes les tortues marines soient protégées en France depuis 1991 et dans bien des pays au monde, l’Homme a bien d’autres manière de nuire aux tortues, Luth, Vertes, Caouanne et autres : filets de pêche, pollutions chimiques et par hydrocarbures, braconnage des œufs, perturbation de ses lieux de ponte par l’urbanisation, fabrication de soupe de tortue, de lunettes et de bijoux d’écaille, souvenirs touristiques… Guy Brevet avec Abigaël Silva (10 ans), conseillère technique

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TROIS RADES DIX-HUIT PORTS

CENT COULEURS DE PLAISANCE P DIX-HUIT PORTS, TROIS BAIES, our qui pense aux ports de Provence, l’image qui s’impose est colorée et sympathique : le bateau à deux pointes. Les Bouches-du-Rhône l’appellent Barquette, le Var Pointu, Toulon Raffiau. Inventé par les marins bretons s’étonnant de découvrir à Toulon ce bateau à deux étraves, le nom est devenu le terme commun – au grand dam des Marseillais ! – pour désigner ce bateau mythique qui fait l’âme de la Provence, l’identité du littoral varois, le charme de chacun de ses multiples ports. Et vous grimpez au Cap Sicié, au Mai, au Faron, vous verrez, du Bec de l’Aigle à Porquerolles, tous les autres bateaux qui font la vie maritime de cette côte riche de toutes les navigations.

D’abord les gris. Symboles de l’une des rades les plus sûres de la Méditerranée, les navires militaires de Toulon, s’ils sont loin de la plaisance, n’en sont pas moins porteurs de ‘‘l’esprit d’équipage’’ qui unit tous ceux qui ont la mer en partage. Sachez qu’ils sont ultra-prioritaires et qu’il vaut mieux ne pas s’aventurer dans certaines zones ultrasensibles… Ensuite les jaunes. Les bacs bouton d’or de Corsica Ferries qui ont fait de Toulon le premier port de départ vers l’île de beauté, rejoints depuis peu par les coques “Tex Avery“ de Moby Lines, que vous croiserez certainement sur votre route (ayez à bord les horaires de ces compagnies pour éviter les surprises !).

TROIS SAVEURS DE PLAISANCE

Et aussi les multicolores. Les coques noires, rouges, blanches, immatriculées à Nassau, Monrovia, Valletta, arborant des pavillons sans complaisance. Les derniers-nés : des rouliers anglais, flambant neufs, qui servent “l’autoroute de la mer“ entre la France et la Turquie. Eux aussi vous rappelleront de leur barrissement qu’il faut laisser la route libre à ces éléphants de mer. Et les blancs ! Ce sont les 6.000 bateaux de plaisance qui ont pu trouver un anneau à l’année dans les Ports de Toulon Provence. Les plus visibles sont les yachts de grande plaisance qui hivernent depuis peu en nombre dans l’abri en eau profonde de la Seyne-sur-Mer et au cœur de Toulon

avant d’aller creuser leurs sillages vers Saint-Tropez, Cannes ou Monaco. Et les plus récents, les paquebots géants américains de 330m de long pour 60m de haut signés Royal Carribbean, qui ont récemment opté pour la rade de Toulon. Ce sont aussi les milliers d’autres qui, le temps d’un beau week-end, sont débarqués des cales de mise à l’eau et vont explorer les recoins secrets de cette côte. C’est enfin la grande flotte les bateaux habitables qui trouvent à l’Est et à l’Ouest du cap Sicié comme de la presqu’île de Giens un terrain de jeu unique à la découverte duquel nous vous invitons à travers trois bassins : le Brusc, Toulon et Hyères.

TOULON HYÈRES LE BRUSC LA RADE DU BRUSC

Vous avez doublé le Bec de l’Aigle et faites route vers Sicié. Si le temps est trop mauvais, évitez cet accélérateur de vent et amplificateur de vagues qu’est le «cap Horn» de Provence. Abritez-vous avant. Si vous n’aimez pas les grandes villes touristiques, le meilleur conseil est le port du Brusc. Caché derrière l’île des Embiez au port souvent complet, le Brusc est une escale tout aussi bucolique et tout à fait tranquille, accessible aux bateaux de moins de 45 pieds et 2,5 m de TE. Vétuste, dîtes-vous ? Faites-y un tour cet été. Les travaux de réhabilitation ont commencé avec la jetée des pêcheurs et la station d’avitaillement. Bientôt 130 places nouvelles en plus des 680 existantes et le port sera doté d’une capitainerie modernisée. Avec un site Natura 2000, des spots de plongée, de surf et de kite (Brutal Beach) à proximité, point n’est besoin de mauvais temps pour faire escale dans cet endroit intime.

LA RADE DE TOULON

Cap Sicié passé, si le temps est beau, que le vent ne souffle que d’Ouest, goûtez un mouillage entre les Deux Frères et les Sablettes où il fait bon plonger à la recherche pacifique des mérous, aujourd’hui revenus. Puis contournez le cap Cépet vers la rade. Première surprise : le port de Saint-Mandrier a été totalement rénové. Déjà belle, l’escale maintenant très confortable offre toujours sa vue magnifique, le soir, sur Toulon et sa ceinture de montagnes. Mais la plus grande surprise est dans la baie du Lazaret. On y prévoit un vrai port aux normes, une grande cale de mise à l’eau, un parking à remorques, des restaurants de fruits de mer dans la cité lacustre : un projet patrimonial, gastronomique et touristique autour de la conchyliculture. Au fond, la Seyne-sur-Mer s’est refait une beauté – quai, pannes, bornes – et l’ancien pont-levant “Eiffel“ joue à la tour d’observation sur la rade.

www.cabotages.fr - Languedoc-Roussillon - Cabotages.Coastwise - 1

Le plus grand projet est celui, double, de la Darse-Vieille et de la Darse-Nord du Mourillon à Toulon, entre lesquelles le port des ferries pourrait devenir port de croisière avec un quai de 400 m protégeant les bateaux de plaisance de ces mastodontes. La darse Henri IV serait reconstruite à l’identique dans le cadre d’un aménagement portuaire et urbain recréant les remparts d’origine. Ainsi, le port de Toulon-centre, un peu vieillot, serait dans quelques années en harmonie avec la ville historique en rénovation. Petite variante : en sortant de la petite rade, mouiller entre la grande digue et le Mourillon. Bien abrités du vent d’Ouest, il y à là un accès facile – en petit train – vers la ville et vous serez à deux pas des petits restaurants du Mourillon. A la mi-août, tête en l’air, vous y verrez la Patrouille de France . Encore vers l’Est, la Grande Rade, alias “rade des Vignettes“, fourmille de beaux mouillages pour des plongées superbes dans ces eaux claires.

LA RADE D’HYÈRES

Tout commence à la Madrague de Giens, côté Ouest du fameux tombolo. Un petit port de carte postale où trônent de superbes BIP (bateaux d’intérêt patrimonial) rénovés. Enchaînez sur la Tour Fondue, départ des navettes pour les îles, où un mouillage organisé (agité !) est en projet, utile pour prendre quelqu’un à conduire dans les Îles d’Or. À Porquerolles, vous aurez aussi la surprise de découvrir que tout est flambant neuf, capitainerie, pannes, bornes, quai des pêcheurs… Vous êtes en face d’Olbia, l’antique comptoir grec, devant l’Almanarre cher à l’élite mondiale des surfers et sur le plan d’eau choisi par l’Hydroptère pour franchir cet hiver la barre des 100km/h sur l’eau. Magique !


Rando palmée, chasse sous-marine Conseils d’un pro du “snorkeling” Pas besoin de bouteille pour connaître l’ivresse des fonds marins ! De la plage, du rocher ou du bateau au mouillage, la tentation est toujours forte d’aller voir de plus près ce qui se passe à un, deux ou trois mètres de profondeur, là où il y a encore de la lumière et des couleurs, là où on peut faire “un canard” sans être un apnéiste entrainé. N’y résistons pas. Voici les conseils avisés de Julien Collet, rédacteur en chef de Tribu Snorkeling :

d’éponges encroûtantes, d’algues, d’anémones prendra du temps pour se reconstituer. En snorkeling vous avez la possibilité de visiter la plupart des réserves marines intégrales, interdites aux plongeurs en bouteille, aux pêcheurs et au mouillage. Privilège extraordinaire que l’on ne mesure qu’in situ. LA PECHE SOUS-MARINE Même si arbalètes et tridents parsèment les allées des hypermarchés dès le début mai, quelques règles doivent être rappelées : Il n’est plus nécessaire d’avoir une autorisation des Affaires maritimes ou une licence sportive pour pratiquer la pêche sous-marine, seule une attestation d’assurance, couvrant cette pratique, peut-être exigée. La pêche sous-marine est autorisée à partir de l’âge de 16 ans. Il est interdit d’utiliser une lampe et de pêcher entre le coucher et le lever du soleil. La bouée de signalisation est obligatoire. Il est interdit de maintenir une arbalète sous-marine armée hors de l’eau. Il est interdit de cueillir les oursins de mai à octobre à peu près partout. Enfin et surtout, chaque espèce de poisson bénéficie d’une taille minimale en dessous de laquelle il est interdit de la capturer (rouget 11 cm, sar 15 cm, loup 20 cm, etc.) Faites-vous un devoir de consommer ce que vous avez capturé. Julien Collet

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nfiler palmes, masque et tuba pour partir à la découverte du monde sous-marin, si proche sous la surface, est une habitude presque ancestrale pour beaucoup. La découverte des fonds sableux (plus vivants que l’on imagine), des herbiers de posidonie (poumons et nurseries de la Méditerranée) ou des innombrables formes de décor rocheux se prête à des randonnées plus ou moins longues, parfois à la cueillette, voire à la prédation d’une friture pour améliorer l’apéro. Tout cela semble si naturel que l’on en oublie parfois que certaines règles, de prudence comme légales, doivent être respectées. LA RANDO PALMEE Toute balade palmée doit se faire équipé d’une bouée de signalisation surmontée d’un drapeau “alpha” (10 € en grandes surfaces). Cette obligation est plus que salutaire, la multiplication des

engins motorisés et des comportements “débridés” impose cette mesure minimale. Toute embarcation devrait rester à une distance de 100 m de votre bouée de signalisation ; en pratique c’est souvent moins, il est donc prudent de limiter la corde qui permet de la tirer à 25 m au maximum. Cette bouée permet d’emmener avec soi toutes sortes de choses et, in fine, d’être utilisée comme base de repos ! Dans l’eau, la déperdition de chaleur est très rapide et la contemplation d’un groupe de rougets ou d’un ballet de castagnoles fait vite oublier toute notion de temps ! Une combinaison est particulièrement utile aux enfants, moins armés pour l’homéothermie et plus insouciants des dangers du soleil. Les écosystèmes marins méditerranéens sont fragiles et fragilisés. Il faut éviter de toucher, s’appuyer ou se mettre debout sur les fonds rocheux : la vie fixée constituée

BIEN CHOISIR SON MATERIEL

Le masque Lorsque vous essayez un masque, il doit se maintenir sur votre visage, sans la sangle, par une sorte de léger effet ventouse (en aspirant par le nez et en prenant soin que vos cheveux ne viennent se glisser sous les bords du masque). Aucune partie rigide ne doit vous gêner, notamment au bas du front et à la base du nez. La jupe (la partie souple du masque) peut-être en pvc, en caoutchouc ou en silicone, plus confortable et qui vieillit le mieux. Attention, les jupes translucides, plus seyantes, laissent entrer la lumière sur les côtés et provoquent des reflets. Evitez les verres en plastique et tous les modèles ne répondant pas aux normes françaises. Si vous vous aventurez sous l’eau, vous devrez pouvoir pincer aisément vos narines (compensez la pression de l’eau exercée sur vos tympans en pinçant votre narines et en soufflant par le nez bouche fermée). Le tuba Habituez-vous à utiliser un modèle simple, dépourvu de siphon ou de valves permettant l’évacuation “automatique” de l’eau. Les tubas sont souvent légèrement galbés pour mieux épouser la forme de la tête. L’embout sera plus souple et agréable en bouche s’il est en silicone. Les palmes Il n’existe pas de palmes idéales. Tout dépend de votre stature, de votre force, de votre condition physique et de l’usage que vous désirez en faire. L’ensemble de la palme doit être léger. La voilure, souple, présente un effet ressort perceptible lorsqu’on la plie. La partie chaussante est solidaire de la voilure, et l’ensemble suffisamment rigide. Le port de chaussons en néoprène protège votre pied des ampoules que pourrait provoquer une partie chaussante trop rigide. Le chausson ne doit pas serrer pour ne pas gêner la circulation sanguine. Selon l’épaisseur du chausson, choisissez une ou deux pointures au-dessus de la vôtre.

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Daniel Mercier, le fondateur des Guides de la Mer

d’eau, il y a des paysages magnifiques. Du coup, faire la découverte d’une bouteille en plastique dans un joli creux de rocher frappe plus que tout discours. Cela, nous pouvons le faire aussi grâce à l’image. Cela ne risque-t-il pas de faire venir trop de monde ? Il faut que cela s’accompagne d’éducation. Les coups de palme sur les rochers, s’accrocher au coraux… tout cela doit être connu comme des gestes à ne pas faire. Cette éducatin est possible. Moi qui suis aussi un montagnard, je peux vous dire que les huit millions de personnes qui pratiquent la montagne ne l’ont pas dégradée. Les milliers de personnes qui plongent peuvent aussi être tolérées si on parvient à construire une véritable organisation de professionnels.

Quand on naît en 1931 à Clamart, près de Paris, rien ne prédispose à devenir un gourou de la plongée. Et pourtant, tout de suite après la guerre, alors qu’il a 16 ans, Daniel Mercier fait sa première plongée à Antibes. À 30 ans, sa première descente en scaphandre. En 1966, il crée le Spondyle Club. En 1967, il est moniteur d’Etat et, en 1968, il crée l’Association Nationale des Moniteurs de Plongée. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la création des Guides de la mer en 1973 et le lancement du Festival Mondial de l’Image Sous-Marine un an après. Comme les lecteurs de Cabotages, les élèves de Daniel Mercier et des Guides de la mer sont des touristes, curieux et respectueux, qui considèrent la plongée comme une activité sportive mais aussi culturelle.

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SAINT-CYR-SUR-MER Balade aquatique de Port d’Alon (Coordonnées : voir précédent) SANARY-SUR-MER Sentier sous-marin de Portissol Office de Tourisme de Sanary-sur-Mer 04 94 74 01 04 infostourisme@sanarysurmer.com www.sanarysurmer.com TOULON Sentier de la Plage de la Garonne Association NATUROSCOPE Toulon/ Le Pradet 06 23 87 75 30 contact-var@naturoscope.fr www.naturoscope.fr PARC NATIONAL DE PORT CROS Sentier sous-marin de la Palud Parc National de Port Cros 04 94 12 82 30 port-cros@espaces-naturels.fr www.portcrosparcnational.fr LA LONDE-LES-MAURES Sentier “Le Jardin des Mattes” Office de Tourisme de La Londe 04 94 01 53 10 lalonde.tourisme@wanadoo.fr www.ot-lalondelesmaures.fr

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BANYULS-SUR-MER Sentier sous-marin de Peyrefite jeanfrancois.laffon@cg66.fr frédéric.cadene@cg66.fr - www.cg66.fr CAP D’AGDE Sentier sous-marin du Cap d’Agde Association ADENA - 04 67 01 60 23 adena.bagnas@free.fr www.adena-bagnas.com CARRY-LE-ROUET Sentier sous-marin Côte Bleue PARC MARIN DE LA CÔTE BLEUE Réservation : 06 83 09 38 42 syndicatmixte@parcmarincotebleue.fr www.parcmarincotebleue.fr ENSUES-LA-REDONNE Sentier sous-marin de La Redonne AIEJE - 04 42 40 02 39 / 06 27 14 78 33 aiejeplongee@orange.fr - www.aieje.fr MARSEILLE Sentier sous-marin de Corbières (Coordonnées : voir précédent) LA CIOTAT La calanque du Mugel Cpie côte provençale Atelier Bleu du Cap de l’Aigle 04 42 08 07 67 - cpie.cp@atelierbleu.fr www.atelierbleu.fr

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Propos recueillis par C.N.

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L’Atelier Bleu - CPIE Côte Provençale est un acteur reconnu de l’EEDD depuis 25 ans. Il est le principal intervenant d’une approche de l’environnement par la pratique des activités aquatiques et subaquatiques. Labellisé Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE), l’Atelier Bleu du Cap de l’Aigle à La Ciotat promeut des comportements éco-citoyens responsables, actifs et respectueux de l’environnement. Il participe également au développement durable notamment en informant et sensibilisant les acteurs et les usagers du bord de mer. Au fil des ans, l’association s’est développée autour de son cœur de métier “l’animation nature” sur le littoral en diversifiant ses approches et les publics accueillis. Plus de détails : www.atelierbleu.fr

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Cap d’Agde La Plagette

D’abord, il est utile de pouvoir aller décrocher une ancre, se défaire d’un filin pris dans l’hélice ou gratter des coquillages qui masquent le sondeur. Ensuite, découvrir les fonds autour de son bateau incitent au respect lors du mouillage. Dans un mètre

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L’ATELIER BLEU

Navigation et plongée sontelles compatibles ? Ce n’est pas facile. Entre plongeurs et plaisanciers, la cohabitation est parfois difficile. J’avais demandé que la navigation soit interdite à moins de cinq cents mètres des côtes, mais je ne l’ai pas obtenu. Alors, il faut se contenter de faire respecter la signalisation. En revanche, un plaisancier peut facilement et utilement devenir lui-même un plongeur, avec ou sans bouteilles.

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Comment est partie l’idée des Guides de la mer ? Dans les années soixante-dix, il y avait surtout la nage avec palmes et le tir au fusil sous-marin sur cible. Du sport qui n’intéressait guère le grand public. Or, j’étais persuadé que le lieu où ces sports se pratiquaient, la mer, les premiers mètres sous la surface et en dessous, la biologie, l’archéologie, la photographie sousmarines étaient capables de passionner les gens. En 1973, nous avons eu l’occasion de le prouver. Avec Guy Poulet (Ndlr : grand alpiniste doublé d’un pionnier de la plongée), nous avons eu l’idée d’installer des stands sur les aspects “culturels” de la plongée et l’image sous-marine. Très gros succès de ces premières Journées subaquatiques qui se sont ensuite déroulées tous les ans. Cela a donné naissance à deux choses : les Guides de la mer, moniteurs embarqués pour expliquer aux gens les poissons, les oursins, les anémones de mer… et, un événement d’imagerie subaquatique qui, au fil des années est devenu le Festival Mondial de l’Image Sous-Marine.

LE RAYOL CANADEL-SUR-MER Sentier marin du Domaine du Rayol, le Jardin des Méditerranées 04 98 04 44 00 info@domainedurayol.org www.domainedurayol.org LITTORAL DES MAURES Sentier “les Balades aquatiques” Observatoire marin du Sivom du littoral des Maures 04 94 00 46 25 contact@observatoire-marin.com www.observatoire-marin.com VILLEFRANCHE-SUR-MER Randonnée Palmée Centre de découverte du monde marin 04 93 55 33 33 centredecouverte-marin@wanadoo.fr www.decouvertemondemarin.org THEOULE-SUR-MER Sentier de la Pointe de l’Aiguille Centre de Découverte du Monde Marin (Coordonnées : voir précédent) CORSE Sentier de Lavezzi www.oec.fr Sentier de Lumio www.isbulecamare.org


Cormoran et Sterne : redoutables oiseaux-pecheurs Rien de commun entre ces deux oiseaux si ce n’est qu’ils sont des plongeurs experts ! Le cormoran est un grand oiseau noirâtre vu de loin mais avec des reflets bronzés magnifiques. La sterne est blanche, toute fine et vive en perpétuelle agitation. Mais tous les deux attirent immanquablement le regard. Et sont de redoutables chasseurs !

L

’un nage en semi immersion et fait des “canards” pour aller chercher ses proies, l’autre vole et plonge en piqué sur les poissons qu’elle a repérés du ciel. L’un est sombre, l’autre blanche et noire, l’un est pataud hors de l’eau, l’autre vole comme un petit avion de chasse, l’un fait de longues siestes immobiles, l’autre semble en perpétuelle agitation. Le cormoran est sédentaire, la sterne est migrante. On les aime tous les deux même s’ils sont de féroces concurrents pour la friture du soir.

CORMORAN : UNE TORPILLE Contrairement à de nombreux oiseaux, peu de doute sur l’identification du cormoran. Quand il nage, on ne voit pas son corps mais seulement son long gracieux cou qui dépasse… et disparaît soudain en plongée pour réapparaitre bien plus loin après une longue apnée. Il peut plonger jusqu’à quarante mètres et rester sous l’eau pendant une minute. Mais la littérature scientifique nous raconte qu’il se contente de dix mètres en une demi-minute.

Cormoran

Le cormoran, de la famille des Phalacrocoracidés (où les scientifiques vont-ils chercher des noms pareils ?) et donc cousin des pélicans, a trois occupations principales visibles de tout un chacun. Soit il nage comme un canard qui aurait l’air d’être trop lesté, le cou dressé en relevant sa tête et son bec fort et crochu, comme si il n’arrivait pas à respirer en flottant ; soit il vole au ras de l’eau à sa manière, à la force des ailes au ras de l’eau, le cou tenu un peu au dessous de l’horizontale (en groupe, ils se mettent en ”V” comme les oies) ; soit il fait du “bronzing”, les ailes écartées sur un rocher, un pieu, une branche, une bouée de corpsmort. Pourquoi a-t-il toujours l’air d’être accroché sur un fil comme du linge mouillé ? C’est que le cormoran, n’a pas le plumage imperméable et doit se sécher au soleil après une séance de plongée. Il y aurait aujourd’hui quelque cent mille individus en France, ce qui en fait la bête noire des pisciculteurs, aquaculteurs et… des chercheurs de l’Ifremer. Il trouve ses 500 à 800 g de poissons quotidiens par jour de ­poisson qu’ils trouvent en mer, en rivière, dans les étangs intérieurs et… dans les bassins d’élevage. Il y a 40 ans, il était en voie de disparition et a donc été classé espèce protégée. Bien protégée puisqu’il pullule aujourd’hui au point que des battues administratives avec quotas sont organisées pour limiter la population, comme pour les sangliers. Mais sa chair est beaucoup moins prisée et la motivation des chasseurs moindre… Du coup, la destruction des nids près des rivières où il aime se reproduire devient d’actualité.

STERNE : UN MISSILE Aïe ! Là c’est plus coton de distinguer nos sternidés des laridés, ces derniers comprenant nos mouettes. Aïe encore ! Dans le langage courant, ces dernières mélangent allégrement le goéland, plus robuste, aux ailes larges, aux pattes souvent jaunes, plus longues et palmées qui lui permettent de marcher sur les pontons avec la mouette rieuse, à tête noire et bec rouge, plus vive, rarement au sol pour montrer ses trois doigts rouges. Eh oui, la mouette tridactyle de Gaston Lagaffe pour les BDéistes, n’est ni un goéland – bien que de la même famille – ni une sterne… La sterne est généralement un oiseau migrateur. La variété arctique vole huit mois par an pour passer de l’Arctique à l’Antarctique ! La Sterne pierregarin ou Sterna hirundo ou encore hirondelle de mer, hiverne dans le golfe du Mexique et au sud de la Floride, avant d’aller vers le Nord en été. C’est celle que nous trouvons généralement dans nos régions Quelques signes pour distinguer notre hirondelle des mers… D’abord, elle est le plus souvent en bande au dessus d’une “chasse”. Les pêcheurs savent bien qu’elles signalent une concentration de poissons chassés par des bars ou des thons et mettent plein gaz dans leur direction pour participer à la curée ! Ensuite, la bande est bruyante au plus fort de sa razzia au dessus du banc : encore pour les amateurs de BD, le fameux ­“Pirrlouittt” du compagnon de Johan  ! Enfin, c’est fin, c’est svelte, c’est vif, ça plonge en piqué avec des ailes étroites orientées vers l’arrière et la queue fourchue qui dessinent un W tendu : le vol est très gracieux, quasi sur place avec des battements secs avant le plongeon le plus souvent couronné de succès à en juger par le reflet argenté dans le bec englouti immédiatement au retour dans les airs.

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NOUVEAU SUCCÈS POUR LE SALON DU SEMI-RIGIDE DE PORT-BARCARÈS

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u 21 au 24 mai s’est tenu au port de plaisance de Barcarès le second RIBMED, salon du bateau semi-rigide, premier du genre en France.

Sterne © Pierre Garin

L’observation de plus près ajoute des détails pour confirmation : la tête ne porte pas une cagoule noire comme la mouette mais seulement une casquette noire, laissant le front plus blanc en hiver ! Le bec, souvent coloré de

rouge, est très mince et très pointu, plutôt orienté vers le bas. Les pattes courtes ne permettent pas la marche : ça vole ou ça flotte ! Plusieurs espèces visitent nos côtes l’été mais certaines hivernent ici. Citons pour le charme de son nom la guifette : moustache noire, bec rouge, petite taille, voltiges acrobatiques en prime ! Claude Roger

Les plus grandes marques étaient représentées, exposant une soixantaine de bateaux, aussi bien à terre qu’à flot, pour permettre aux visiteurs intéressés de faire des essais en mer ou sur l’étang, selon la météo. Bénéficier de ces deux plans d’eau est un atout majeur du site de Barcarès pour une telle manifestation qui fait suite au RIBEX de Cowes (Grande-Bretagne) et place Barcarès en seconde place européenne pour ce type de bateau.

Le but du salon est de présenter les nouveautés mondiales dans ce secteur en pleine évolution, de faciliter les essais et les ventes, mais aussi de faire se rencontrer les spécialistes, professionnels et organisations d’utilisateurs. Le premier salon, lancé à l’initiative de Joëlle Ferrand, Maire de Barcarès, avait mobilisé les équipes de la municipalité, de l’Office de tourisme, de la Capitainerie pour en faire un événement certes très “pro“ mais très convivial dès sa première édition.

LE GREBE : UN SCHNORKEL Voilà encore un oiseau plongeur familier de nos côtes dont l’observation sera l’occasion d’un jeu de bord pour nos jeunes (et les autres) ! Il ne marche pas, vole peu mais nage vite en tendant un long cou avec une tête terminée par un long bec rosé vers le ciel, comme le schnorkel d’un sous marin. Après de multiples tours sur l’eau sans apparentes raisons, Hop ! il plonge brutalement… un long moment. Pour réapparaitre où ? Entre quel bateau ? Près de quel ponton ? Suspens… souvent sans réponse car il est capable de rester sous l’eau de nombreuses minutes… Souvent en couple, c’est encore plus drôle : entre diverses figures compliquées et mouvements de cou spectaculaires, ils plongent chacun de leur côté pour ressurgir séparément avant de revenir flirter ensemble… Le grèbe huppé est exclusivement aquatique, plongeur et nageur expert, au bec pointu et sans queue visible. Ses pattes non palmées sortent très en arrière. Ses rares vols s’effectuent au ras de l’eau avec des ailes à battements rapides, une silhouette au cou long tendu, un corps allongé et les pattes trainant derrière. Vous le verrez facilement sur les plans d’eau intérieurs, les estuaires et les côtes abritées, les ports et les digues.

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Pour cette seconde année, le succès ne s’est pas démenti, montrant que le semi-rigide, par sa facilité de transport et de mise à l’eau, par ses qualités marines et son confort, est un bateau à part entière capable de satisfaire les plus exigeants sur toutes les eaux.

Rendez-vous en 2011 pour le week-end de Pentecôte !

LES EXPOSANTS ET LES MARQUES Bear Marine Plaisance (Port Vendres) : Zodiac, Lomac, Joker Boat, Sea Hank, Pacific Craft Barcarès Yachting (Barcarès) : Capelli Marine Center (Barcarès) : Sacs Clinique du Bateau : Bombard, Black Fin Zar France : Zar Yachting Spirit (Canet) : BWA CG Info Service : Aqua dream, Vaillant Remora : Semi-rigide électrique Rafales (La Haye-Fouassière) : Rafale Barcelone Marina Port-Vell / SNSM / Société Générale

Communiqué

actualité :


Peintres officiels de la marine “De l’eau de mer autour du cœur et sa couleur dans les yeux” D’escale en escale, vous trouverez cent galeries où s’exposent des “marines”. Art d’amateurs, art de vacances, art mineur ? Il est de grands peintres inspirés par la mer, les bateaux, les ports, les marins. Il en est même d’officiels qui portent le nom de POM.

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l y a quelque chose de désuet là-dedans : Peintre Officiel de la Marine. Peintre de marine, on connaît : des œuvres des barbouilleurs du dimanche au Radeau de la Méduse, la gamme est vaste de ceux que la mer inspire. Les POM, c’est autre chose. «La peinture maritime est souvent considérée comme ringarde. C’est un défi pour nous de prouver que c’est aussi un art contemporain», affirme Dirk ­Verdoorn dont les coques de fer et les ports de la Mer du Nord donnent lieu à des œuvres fortes,

bien loin des reflets des barques au coucher du soleil… Reportezvous au catalogue du dernier du Salon de la Marine au Palais de Chaillot l’hiver dernier (www. musee-marine.fr), vous n’y verrez rien de mièvre. PEINTRES POMPONS ? Pourquoi qualifier cette peinture de “marine” ? Dit-on que Van Gogh a fait de la peinture “de Provence” ou Monet “de campagne” ? Et pourtant, des peintres se revendiquent et se réunissent sous

l’appellation de Peintres Officiels de la Marine, les POM. Confrérie, club, lobby ? Une académie, comme dit encore Dirk Verdoorn (voir l’interview). Joseph Vernet fut honoré du titre de ”peintre de la marine du roi” mais le corps des Peintres Officiels de la Marine n’a été créé qu’en 1830. C’est tout de même le collectif d’artistes le plus ancien. Les POM ne sont pas que des gens de peinture. Il y a parmi eux des photographes (Philip Plisson, Jean Gaumy) et des sculpteurs (Richard Texier, Jean Lemonnier) ou des illustrateurs (Titouan Lamazou) qui, à leur manière, sont des témoins et des historiens de la mer, dans tous ses états : «  À l’étendue de la science, à l’acuité de la vision, à la liberté d’interprétation, l’observation du réel permet l’heureuse et juste représentation du sujet, maritime en l’occurrence  » écrit le site des POM. Il n’est pas nécessaire d’être un grand marin, mais, comme l’écrivit l’un d’entre eux il faut avoir «  l’eau de mer autour du cœur et sa couleur dans les yeux  ». Et souvent être né près des bateaux, comme Patrick Ca-

mus : «  je suis né à Brest, mon regard d’enfant s’est promené sur les navires de la marine marchande et de la Marine nationale ? Ce fut un point de départ, la mer et la peinture allaient se rejoindre ». Après avoir été nommé plus de quatre fois consécutives “peintre agréé” (nommé pour 3 ans avec le grade de lieutenant de vaisseau), on devient «titulaire» au grade de capitaine de corvette. Si le statut ne donne pas droit à traitement, il permet le port de l’uniforme et l’embarquement sur les vaisseaux de la Royale pour continuer à témoigner. Les œuvres d’un POM sont reconnaissables à une petite ancre marine à l’arrière de sa signature. De date plus récente, en 2003, a été créé le corps des Écrivains de Marine par Jean-François Deniau (lire absolument La Mer et Ronde). On y côtoire Didier Decoin, Patrick Poivre d’Arvor, Michel Déon, Bernard Giraudeau, Titouan Lamazou (également POM), Erik Orsenna, Yann Queffélec, Pierre Schoendoerffer… du beau monde. Christophe Naigeon et Claude Roger

Dirk Verdoorn : marinier, marin, POM de Hollande On a connu dans l’histoire d’autres peintres Hollandais qui ont élu domicile dans le Sud… Sans avoir du sacrifier une oreille, Dirk Verdoorn vit aujourd’hui en Italie. Après avoir été médaillé de bronze au Salon de Paris en 2001 puis d’or en 2003, il est POM agréé depuis 2005. C’est aussi un «voileux» pour qui les traversées méditerranéennes sont monnaire courante. Pourquoi veut-on devenir Peintre Officiel de la ­Marine ? J’ai toujours considéré cela comme un honneur. Être POM, c’était pour moi être reconnu par d’autres peintres pour lesquels j’avais toujours eu de l’estime et qui sont seuls habilités

à choisir les membres de cette sorte d’académie française. Car c’en est une : quand on y est, c’est comme sous la Coupole, on n’en ressort que les pieds devant ! Quels avantages y trouvezvous à cette officialisation ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire au premier abord, le fait qu’il n’y ait pas de salaire ni de commandes officielles est un grand avantage  : nous restons totalement indépendants, personne ne nous oblige à produire ceci ou cela. En revanche, c’est pour nous une ouverture exceptionnelle pour embarquer sur tous les bateaux et toutes les mers du monde, dans des conditions magnifiques pour travailler.

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JOSEPH VERNET

Le “POP”, peintre officiel des ports de louis xiv Il fallut dix ans à Vernet pour réaliser quinze chefs-d’œuvre, riches de détails anecdotiques et architecturaux, témoins d’une époque. Anecdote : il détestait Sète, ville qu’il décrivait comme peu accueillante, puante, laide… et il avait hâte de retourner à Bordeaux. C’est pourquoi sa toile sur Sète est la seule à être une vue de loin, à représenter une tempête, très peu le port. Chef d’œuvre quand même car Vernet est un grand peintre à qui on pardonne cette faute de goût touristique. Voici ce que dit sa biographie : « Peintre réaliste, il n’hésite pas un jour, au cours d’une tempête, à se faire attacher au mât d’un navire pour mieux contempler les éléments déchaînés  ». Si l’une des caractéristiques des POM actuels est d’être des “reporters” de la marine, Joseph Vernet en était bien un.

Pôle Nautique

Port de Plaisance

Canet-en-Roussillon

Plaisirs de la mer et pôle de compétences !

© Ville de Canet-en-Roussillon

POM bien avant l’heure, Joseph Vernet occupe une place particulière. Au Musée de la Marine à Paris, la salle qui lui est consacrée est immense car ses toiles le sont. Il ne s’agit pas simplement d’œuvres d’artiste : Louis XIV préoccupé du développement et de la défense des ports français, lui passa commande d’une vingtaine de tableaux destinés à représenter avec précision le bassin, les bâtiments, les fortifications, tout ce qui pouvait intéresser l’état-major, les finances, l’équipement et toutes les administrations concernées. Un itinéraire précis fut établi. Les ports les plus importants devaient comporter plusieurs tableaux et les premiers plans montrer dans le détail les activités propres à chaque région.

Canet-en-Roussillon,

au Coeur du Pays Catalan ! N’est-ce pas aussi une sorte de “label” ? Oui, c’est une sorte de label qui se retrouve dans la petite ancre que nous aposons à côté de notre signature.Il ne faut pas nier l’avantage de la notoriété et des conséquences commerciales qu’il y a à être POM. Par exemple, cela m’a permis d’être engagé par des armateurs grecs, italiens, français pour voyager sur leurs bateaux et les peindre. Comme ça, j’ai pu voyager au Japon, au Canada… complétant ainsi les grands voyages faits avec la avec la Marine nationale française. Autrefois, les artistes officiels du roi travaillaient pour la Cour, ils y gagnaient la sécurité de l’emploi, les voyages… ils ont réalisé des chefs-d’œuvre.

Comment êtes-vous venu à être peintre de mer ? Je suis fils de marinier. Mon père a navigué sur tous les canaux de France. J’en ai fait autant, puis je suis devenu marin sur des caboteurs du côté de la Mer du Nord, de la Baltique, autour de Hambourg. J’ai ensuite monté une affaire de navigation fluviale. Puis, en 1982, j’ai cessé de travailler sur l’eau. J’ai été décorateur de théâtre, animateur, professeur de dessin… En peinture, je suis autodidacte. Quand j’ai commencé à en vivre à partir de 1997, je suis allé naturellement vers les images de mon enfance. Une sorte de nostalgie. Et même aujourd’hui, quand je crois m’en éloigner en peignant l’Inde plus que les mers froides, il y a encore de l’eau, la mer. C.N.

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À quelques milles des criques, en bordure d’une plage de sable fin, le Port de Canet-en-Roussillon offre un véritable confort. Ce lieu de plaisance dédié aux amoureux de la mer est également une plate-forme de compétences grâce à la qualité et à la diversité des professionnels exerçant leurs activités sur l’espace technique et le pôle nautique en cours de réalisation. Pour une escale technique ou une escale « loisir », tous les équipements sont prévus pour accueillir des navires jusqu’à 35 mètres. N’hésitez pas à venir nous rendre visite !

France

Nice Cannes

Montpellier Sète

Toulouse

Marseille 170 milles

100 milles

Canet-en-Roussillon

Espagne

Empuriabrava

Roses

Bastia 240 milles

Corse

Girona 160 milles

Vers Barcelone

310 milles

Ajaccio

Vers Baléares Vers Sardaigne Renseignements : SCEREM (Société Canet-en-Roussillon Économie Mixte) Capitainerie • BP 210 • 66141 Canet-en-Roussillon Cedex • France ✆ +33 (0) 4 68 86 72 73 • Fax : +33 (0) 4 68 86 72 72 • contact@scerem.fr • www.scerem.fr


Les cargos romains, leurs cargaisons, leurs passagers Le trafic commercial est considérable lorsque Rome est à son apogée. Les progrès techniques de la navigation et de la construction navale permettent de transporter à peu près tout à peu près n’importe où. Les navires de guerre veillent sur les précieux convois marchands et la spéculation va bon train.

Oneraria © Navistory

M

are Nostrum est imprévisible et dangereuse. Comme les flottes de guerre, les navires marchands ne naviguaient que de mi-mars à miseptembre, sans instruments, en suivant les périples, instructions nautiques de l’époque qui se transmettent oralement, de capitaine en capitaine. Le calcul astronomique, la science des vents et des courants s’associaient au courage et à l’impérieuse nécessité d’approvisionner l’Empire et les colonies. Le transport de commerce qui s’effectuait depuis toujours le

long des côtes avec des caboteurs portés autant par les vents que le courant ligure, connait un essor remarquable avec les nouveaux itinéraires de navigation hauturière ouverts grâce à la découverte de l’étoile polaire par les Phéniciens. L’une des routes les plus connues, celle du Commerce du Levant, passait par la Sicile et les Baléares pour rejoindre l’Espagne et ses mines d’argent. Il y avait sur la mer autant de voiliers qu’à l’époque moderne de la navigation de plaisance. Les besoins étaient immenses.

Corbita © Navistory

BON PORT, BONNE CARÈNE Tant que les ports n’étaient pas nombreux, il fallait utiliser des navires échouables, à fond plat, qui tapaient et se brisaient souvent dans la tempête. Avec la multiplication des ports équipés de quais d’accostage, les bateaux purent avoir des quilles structurantes qui constituaient aussi d’utiles plans anti-dérive lorsque les bateaux marchaient près du vent de travers. Tous redoutaient les attaques des pirates et naviguaient en convoi. Mais, malgré ses aléas et ses dangers, la voie maritime restait incomparablement plus rapide que le routage terrestre, également peu sûr. Armer un navire pouvait faire gagner rapidement beaucoup d’argent. La spéculation allait bon train pour ces marchandises assurées par des banquiers. Ces bateaux aux ventres ronds souvent recouverts d’une feuille de plomb contre les attaques des vers, avaient deux ou trois mâts gréés en carré et disposaient de deux gouvernails pour les manœuvres, un sur chaque bord. Ils étaient chargés de dolia – citernes de terre cuite – et d’amphores pour le vin, pour l’huile, les fruits secs, les poissons séchés et le garum – sauce à base

de poisson, proche du Nùoc Mam vietnamien – de sacs de céréales mais aussi parfums et de produits manufacturés : vaisselle fine, tissus, objets et métaux précieux. ONENARIA, CORBITA, PONTO L’Onenaria fut longtemps le cargo standard dont s’inspira la Corbita, plus massive. Avec ses 55 m de long pour 14 m de large, elle portait 40.000 amphores et souvent jusqu’à 400 passagers pour un poids total de 2.000 t. Navigant souvent en escadre, elles bénéficiaient de la protection de la flotte militaire pour parer aux attaques des pirates. Autres temps, même mœurs… Le Ponto, massif navire de charge était, comme son nom l’indique, entièrement ponté. Deux gigantesques mâts aux voiles carrées de grande taille assuraient une puissante marche hauturière et le fond plat permettait la remontée des fleuves. Il était orné d’une figure de proue en col de cygne et possédait un rostre où pouvait figurer un taureau, un bouc ou un sanglier. Cet appendice, outre la protection de l’avant lors de l’échouage présentait l’avantage d’accroître la stabilité de route. Ces bateaux marchands transportaient vraiment de tout : il y

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OSTIA ANTICA ET SES NAVIRES Si vous accostez à Ostia (Ostie), juste à côté, visitez Ostia Antica, sur le Tibre, ancien port de Rome, ses entrepôts, ses magasins, ses bureaux et, au sol, les publicités en mosaïque des armateurs. Ostie connaissait un trafic fou. Rome avait presque un million d’habitats sous Auguste. Son ravitaillement en blé exigeait plus de cent navires marchands transportant chacun 100 à 150 t de céréales depuis l’Afrique. Au portant, ils filaient 4 nœuds, maximum 7. D’Ostie à Alexandrie il fallait une à deux semaines à l’aller deux ou trois mois au retour. Il n’y avait qu’une rotation par saison.

ponto © Navistory

avait d’impressionnants porteobélisques, comme celui de Caligula, livrant le marbre pour la construction d’Ostie, il y avait les Hippago, spécialement conçus pour transporter les chevaux, et bien d’autres curiosités. Rien ne semblait impossible aux na-

vigateurs antiques et, lorsqu’il s’agissait de remonter le Rhône, ils savaient en franchir les bancs de sable, en remonter le courant, transborder, gruter, gérer des cargaisons qui venaient de partout et allaient partout. Emma Chazelles

Mouillages grecs, ancres romaines Les Grecs savaient qu’un bon mouillage était un mouillage lourd. D’autant que les chaînes n’étaient pas utilisées. À une grosse pierre, ils ajoutaient des “crocs” en bois pour accrocher au fond (droite). Les Romains ont joué davantage sur l’effet “charrue” en inventant l’ancre à jas, véritable ancêtre de la nôtre. Le poids était un “T” de métal lourd à 90° par rapport au “V” d’ancrage en bout de hampe, permettant à l’ensembe d’être bien orienté et facilitant l’enfoncement dans le fond (ci-dessous).

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Les passagers avaient la vie dure Comme cela se fait aujourd’hui, les cargos romains pouvaient transporter des passagers. Dans des conditions de confort et de sécurité pour le moins précaires…

T

out est bon pour que les armateurs et les banquiers rentrent dans leurs frais. Les bateaux marchands transportent des hippopotames, des crocodiles, des autruches, et, pour plaire à la foule des théâtres, des lions et des léopards. Il n’y a guère que les éléphants… Il y a aussi des passagers. Magistrats et fonctionnaires en mission pour la cité, passagers contraints comme les esclaves, obligés comme les soldats ou indésirables comme Sénèque, exilé en Corse, voyageaient sur la mer violette1. Érudits et riches héritiers désœuvrés qui surmontent leurs peurs et satisfont à leur curiosité naviguent à la découverte du monde. On ne saurait oublier nos explorateurs, géographes et historiens préférés et célèbres tels que Pythéas, Strabon et Pline qui nous permettent d’en écrire quelque chose à notre tour. Pour douze oboles – trois jours du salaire d’un ouvrier – le passager est provisionné en eau potable. À part cela, aucun confort, aucun aménagement spécifique. Le passager qui ne connaît ni le moment de son embarquement – météo et armement du navire obligent – ni sa date d’arrivée à destination, doit emporter sa nourriture, son brasero, sa vaisselle et sa natte. Il dort sur le pont quand il y en a un et, pour les gens bien nés, la dunette du capitaine peut être partagée.

PAS D’EAUX NOIRES JETÉES ! Quand il faut trouver place dans la cale, au milieu des marchandises, il faut supporter la ­soutine : c’est là, en fond de cale, que croupissent les eaux noires car on répugne à souiller la mer, royaume de monstres invisibles et des dieux, en y rejetant ordures et excréments. Il est également interdit de se couper les ongles et les cheveux… et de faire l’amour, par respect pour Vénus. Par beau temps, loin des côtes et lassé de contempler l’horizon, on s’occupe à la pêche, en parties de cartes ou de dés. On chante en s’accompagnant d’instruments de musique. On s’ennuie dans le meilleur des cas car si le temps

Pour ne pas facher les dieux (ici Neptune), on ne rejetait aucun déchet à la mer

est mauvais le cauchemar commence. Il faut courir d’un bord à l’autre pour équilibrer le navire ou on se retrouve dans la cale puante à caler la cargaison. Quand on est enfin invité à la manœuvre, le pire est là. Elle consiste en effet à jeter par-dessus bord tout ce qui peut alléger l’embarcation : d’abord les objets personnels et, parfois, le passager lui même. Les esclaves sont les premiers à passer à l’eau. Les passagers ne doivent pas montrer qu’ils ont des biens. Hérodote raconte que le poète Arion, embarqué sur un navire corinthien, avait demandé à chanter un dernier poème avant de disparaître dans les flots avec ses objets précieux pour ne pas être détroussé par l’équipage. Il sera sauvé par un dauphin… C’est parfois le mal de mer qui invite à plonger pour rejoindre la côte, comme le fit Sénèque, en petite tenue, après avoir prié le pilote de s’en approcher au plus près. Quand l’eau vient à manquer on utilise la recette suivante, transmise par Pline l’Ancien : « On étend autour du navire des toisons qui s’humectent en absorbant les exhalaisons de la mer, et l’eau que l’on exprime est douce ou encore, on plonge dans la mer avec des filets des boules de cire creuses ou des récipients vides et bouchés : l’eau recueillie à l’intérieur est douce : le fait test que sur terre l’eau de mer filtrée par l’argile devient douce… ». On est loin de La Croisière s’amuse… Emma Chazelles 1 «Sur la Mer Violette. Naviguer dans l’Antiquité» de Claude Sintes, directeur musée de l’Arles Antique, Signets – Belles Lettres, 2009).


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Pour les capitaines… Un Air de Sète (Relié) de Jacques Rouré et Michel Descossy Editeur : Equinoxe (4 avril 2006) Collection : Impressions du Sud Prix : 28 € Un air de Sète propose un hommage à la ville de Sète à travers des créations littéraires : récit, roman, nouvelles, etc. de J. Rouré et des photographies. Il vous dévoile les coins et recoins de cet incontournable port méditerranéen. Les romans des îles : L’Ile mystérieuse ; Seconde Patrie ; L’Ecole des Robinsons ; L’Ile à hélice (Broché) De Jules Verne Editeur : Omnibus Prix : 26 € Les quatre romans d’aventures qui forment ce volume mettent en scène des îles tantôt inquiétantes, délirantes, initiatiques ou nourricières, sur lesquelles des hommes tentent de survivre contre vents et marées. Belem : Le Temps des Naufrageurs (Album) de Jean-Yves Delitte Editeur : Chasse-Marée Prix : 13 € Le récit du dernier voyage du célèbre voilier long-courrier français, qui appareille de Nantes le 31 juillet 1896. Il fait escale à Montevideo, puis à Belém et revient finalement à son port de départ le 26 janvier 1897 après 46 jours d’une traversée difficile. Un ouvrage qui se lit comme une aventure aux multiples rebondissements, avec pour toile de fond le quotidien rude des matelots de la voile. Albatros de Kiley/Holmes Editeur : Phébus (17 septembre 1998) Collection : Phébus Libretto Prix : 10 € Un yacht pris dans la tempête... cinq passagers promis à la mort qui vont

se déchirer, pour aboutir à la survivance de deux d’entre eux, après avoir dérivé sur l’Océan pendant des jours. Une histoire de violence et d’horreur en raison des difficultés rencontrées mais aussi des caractères des naufragés Seule la Mer s’en Souviendra de Isabelle Autissier Editeur : Grasset & Fasquelle (3 juin 2009) Prix : 18 € En 1969, Peter March, un marin anglais, inventeur de systèmes électroniques pour voiliers, décide de participer à la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Il entend ainsi prouver l’excellence de ses inventions. Peter est terrifié lorsqu’il découvre une grave avarie sur l’un des flotteurs du trimaran. Il décide alors de tricher, en faisant escale. Prix Amerigo Vespucci 2009. Ciel ! Mon Mari veut Naviguer... de Christine de Bonviller Editeur : Editions L’Ancre de Marine Prix : 20 € Lyonnaise d’ascendance ardéchoise, l’auteure se retrouve sur l’Echappée Belle avec son breton de mari et leurs enfants pour une croisière transatlantique. Son récit plein d’humour commence évidemment par la construction du voilier... La Petite Bibliothèque Maritime idéale de Stéphane Heuet Editeur : Arthaud; Collection : Beaux Livres Prix : 24 € Stéphane Heuel, né à Brest, a longtemps navigué avant de faire escale à terre pour se lancer dans l’adaptation en bande dessinée d’A la recherche du temps perdu de Proust (Delcourt). Les cinq premiers albums ont rencontré un franc succès. Tout en continuant à son pas cette oeuvre titanesque. Il écrit et dessine sa bibliothèque maritime idéale.

Amour de Plaisance de Jean Mauviel Editeur : Le Télégramme - Pêcheur d’images Collection : GUIDES Les différents sujets et thèmes préoccupant la vie du marin : faire son sac, les cartes et le GPS, le pavillon, la psychologie du bord, la nourriture, le mouillage, les soins à apporter au bateau, porter assistance, rester humble avec les éléments naturels, etc.

Léocadie, le Roman de la Grande Pêche de Serge Deschamps Editeur : Éditions des Falaises Prix : 18 € Léocadie est un trois-mâts goélette armé à Fécamp qui part en 1922 pour la brume des bancs de terre-Neuve. À l’issue d’une tempête d’anthologie, une partie des doris ne revient pas à bord. Leurs équipages vont aller au bout de leurs forces pour rallier la terre groenlandaise et pour y survivre. Pendant ce temps, le capitaine du Léocadie les cherche désespérément. Une magnifique histoire de voile, de corde et de mer glacée et, surtout, de solidarité marine.

…et les moussaillons La Princetta et le Capitaine D’Anne-Laure Bondoux Éditeur : Livre de Poche Jeunesse Prix : 6,50 € Pour échapper à un mariage arrangé avec le prince d’Andemark, Malva, 16 ans, héritière du trône de Galnicie, s’enfuit de nuit, avec la complicité de son précepteur l’Archonte. En s’embarquant sur les mers, elle finit par rencontrer le capitaine Orfeus McBott qui a fuit la Galnicie à la mort de son pirate de père. Un roman d’aventure passionnant qui ravira les passionnés d’aventure et de grand large. Un Chaton à la Mer ! de Ruth Brown Anne Krief (Traduction) Editeur : Gallimard-Jeunesse Prix : 12,50 € En 1838, bravant la tempête, Grace Darling, fille du gardien du phare de Longstone en Angleterre, sauva de la mort les passagers d’un navire en détresse. Parallèlement, Lizzie, une chatte, tente de sauver son chaton de la noyade. Une histoire de courage dans un phare au milieu de l’océan. Océans - Petites Histoires des Fonds Marins (livre et CD) de Stéphane Durand et Marc Boutavant Jacques Perrin (Narrateur) Editeur : Seuil Jeunesse (22 octobre 2009) Collection : Crea.Jeuness Prix : 18 € Minuscule et invisible comme une goutte d’eau dans l’océan, le jeune corail vagabondait par le vaste monde, émerveillé par mille splendeurs et risquant mille périls. Un jour, il eut envie de trouver un

endroit où se poser. Des contes pour plonger au cœur des océans à la rencontre de ses incroyables habitants, à lire ou à écouter ! Mon Encyclo de la Mer de Patrick Louisy Editeur : Milan Jeunesse Collection : Albumsnature Prix : 16 € Cette mini-encyclopédie présente plus de 150 photos d’animaux, d’activités et de paysages marins. Elle permet aux plus jeunes de découvrir la richesse des océans, à travers des textes simples et des photos spectaculaires, amusantes et étonnantes. Odyssée, Tome 1 : La Malédiction des Pierres Noires de Michel Honaker Editeur : Flammarion Prix : 5,70 € Il y a longtemps, bien trop longtemps maintenant, qu’Ulysse a quitté le rivage de son cher royaume d’Ithaque pour partir à la guerre. Pénélope et Télémaque espèrent chaque jour son retour. Mais le voyage n’est pas fini. Ainsi en ont décidé les Dieux... Depuis dix ans, la ville de Troie est assiégée par l’armée grecque. Elle compte parmi ses généraux le héros aux mille ruses, Ulysse. Le destin de tout un peuple repose entre ses mains. Mais pour l’accomplir ne devra-t-il pas renoncer à sa vie de simple mortel ?

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De Giens au Cap Nègre