Issuu on Google+

Été 2008, vol. 4 no 2

ENTREVUE avec

Robert

Lapalme Convention de la poste-publications no 41122591

Le Don Quichotte des algues bleu-vert

Agitation législative autour du statut de l’eau au Québec Le casse-tête d’une crue des eaux exceptionnelle De « peureux mais en santé » à « avertis et en santé »

www.maya.cc


Fini la peur bleue des algues bleu-vert !

Des technologies variées répondant aux différents défis des cyanobactéries Prévention 

Enlèvement du phosphore  Densadeg®  AquaDAF®

Traitement 

Flottation des cyanobactéries  AquaDAF®



Élimination des cyanotoxines  Ozone  Pulsazur®

HEADWORKS BIOLOGY SEPARATION MEMBRANE DISINFECTION BIOSOLIDS SYSTEMS

Degrémont limitée, 1375 Transcanadienne # 400, Dorval (Québec) H9P 2W8 - 514 683 1200

www.degremont.ca


Été 2008, vol. 4 no 2

tête-à-tête

sommaire

12

CHRONIQUE

MICHEL BEAUDRY

UNE ÎLE SANS EAU

8

En lien avec la ministre PROTÉGER NOS PLANS D’EAU

« Nous sommes sur la bonne voie, mais nous ne réagissons pas encore assez vite. Nos lacs se détériorent plus rapidement que nous agissons. Le climat change aussi trop vite par rapport à notre capacité de réaction. Nous n’arrivons pas à remettre le balancier du bon côté. En fait, il y a des gens qui sont sensibilisés et qui sont proactifs, alors que d’autres sont totalement désintéressés et bien peu enclins à prendre quelque mesure que ce soit. » -Robert Lapalme LE JURIDIQUE

L’ invité

10

27

O P I N I O N S ET C O M M E NTA I R E S

28

LE S B O N S C O NTA CTS

29

L’ E N V E R S D U D É C O R

30

17

INFRASTRUCTURE URBAINE

18

SANTÉ PUBLIQUE

20

INSTRUMENTATION

22 24 25

LA VALEUR DES INFRASTRUCTURES DE « PEUREUX MAIS EN SANTÉ » À « AVERTIS ET EN SANTÉ » LE PHÉNOMÈNE DE LA MESURE DU PH LE MUNICIPAL

LE CASSE-TÊTE D’UNE CRUE DES EAUX EXCEPTIONNELLE SUR LE RADAR

LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS EAU, TOUR DU MONDE

RETOUR SUR LE SALON ENVIRONNEMENTAL IFAT, LE PLUS IMPORTANT DU GENRE

Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.

4

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

1 RE PARTIE

Chroniqueurs : Line Beauchamp François Bédard France Gauvreau John Cigana Hervé Pageot Pierre Payment Christian Sauvageau Gilles Vaillancourt

Direction artistique : MAYA communication et marketing Designer graphique : S’AMI graphie (Syma) Photos de la page couverture et de l’entrevue : Studio Point DeVue Révision linguistique : Annie Talbot Impression : K2 impressions

Coordination des ventes : André Dumouchel Tél. : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Qc) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 Télécopieur : 450 508-1514 info@maya.cc www.maya.cc

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine SOURCE recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1e trimestre 2005. ISSN 1712-9125. Le magazine SOURCE est publié 3 fois l’an.


« Votre argent et la sécurité de votre réseau de distribution d'eau potable s'écoulent par les fuites de celui-ci ! C'est pourquoi il vous faut des conduites 100% étanches en PEHD. » TUYAUX ET RACCORDS EN POLYÉTHYLÈNE HAUTE DENSITÉ SERVICE DE FUSION AU CHANTIER LOCATION D’ÉQUIPEMENTS DE FUSION

7333, Place Des Roseraies, bureau 101 Montréal (Québec) H1M 2X6 dcrevier@kwhpipe.ca

Tél.: 1 800 393-7473 Fax: 514 352-3290 www.kwhpipe.ca

Distribué par :

www.hdpe.ca

2855, rue Étienne-Lenoir, Laval (Québec) H7R 6J4 Tél: 450 963-3010 Fax: 450 963-6811 guylaine.lefebvre@wolseleyin.ca


É D I TO R I A L

Là où ça fait mal ! L’été est enfin arrivé, diront certains. J’en suis. Avec ses rayons de soleil, sa chaleur, ses fleurs, sa verdure et ses terrasses, l’été représente de loin ma saison préférée. Il en va de même pour beaucoup d’entre vous, j’en suis convaincu.

point sans lever le drapeau s’ils avaient eu accès à l’eau. C’est exactement le contraire qui s’est passé dans les Laurentides, là où presque tous les lacs sont ceinturés de chalets, souvent plus luxueux les uns que les autres.

Toutefois, la nature n’apporte pas que des éléments positifs au moment de la saison estivale. Vous me voyez venir avec mes gros sabots : je veux évidemment vous parler des cyanobactéries, plus communément appelées algues bleu-vert. Ces dernières représentent une véritable plaie, à n’en pas douter, autant au point de vue de la santé publique et de l’écologie que de l’économie. Au cours des dernières années, les médias ont sonné l’alarme quant à leur présence dans nos cours d’eau. En l’espace de quelques semaines, monsieur et madame Tout-le-monde, qui ne connaissaient probablement pas l’existence des fleurs d’eau, ne pouvaient désormais lire leur quotidien sans tomber sur des articles leur étant consacrés. Ce sujet était et demeure d’actualité.

En apprenant que leurs lacs en étaient infestés et surtout que les cyanobactéries représentaient un danger potentiel pour la santé, les riverains ont vite compris que leurs propriétés perdraient beaucoup de valeur s’ils ne faisaient rien. Pour plusieurs, la résidence secondaire constituant un investissement important, les cyanobactéries représentaient ni plus ni moins qu’un Norbourg aquatique ! Quand ton chalet est situé à Tchernobyl, il est assez difficile à vendre ou à louer… Les cyanobactéries viennent donc d’atteindre leurs portefeuilles.

André Dumouchel

6

adumouchel@maya.cc

S’il est admis que les cyanobactéries existent depuis que le monde est monde et que la prolifération problématique de ces dernières date de beaucoup plus que trois ans, comment se fait-il que seuls les initiés en aient eu connaissance avant cela ? Alors que je discutais à bâtons rompus avec notre expert interviewé, il me disait que, selon lui, le sujet a attiré l’attention des médias au moment où la concentration de cyanobactéries a explosé dans les Laurentides. J'ai alors réalisé qu’il a fallu que les gens se baignent dans les cyanobactéries pour qu’ils réagissent. Comme disait Deschamps, « on veut pas l’sawoir, on veut le woir ». Eh bien, ils l’ont vu ! Notre invité, Michel Beaudry, avance que les gens n’auraient pas laissé se dégrader l’eau du Saint-Laurent à c e

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

C’est bien beau de connaître l’existence du problème, de connaître le danger qu’il représente et même de savoir que le phosphore en est la cause, mais le véritable défi repose sur les actions à prendre. À cet effet, le MDDEP a mis sur pied une campagne de sensibilisation qui fait la promotion de quatre mesures : • utiliser des savons et détersifs sans phosphate; • conserver ou restaurer la végétation et le caractère naturel des rives des lacs; • éviter d’utiliser des fertilisants ou des engrais chimiques; • voir au bon fonctionnement et à l’entretien des fosses septiques. À mon sens, le premier point ne représente pas un problème puisque fabricants de détersifs ont eux-mêmes décidé de changer leur recette. Le troisième point n’est pas davantage un défi en raison du retrait progressif de ces produits par les grandes chaînes de rénovation et centres de jardinage. De plus, certaines municipalités font également un effort de sensibilisation auprès de leurs citoyens tandis que d’autres ont tout simplement interdit l’usage de produits horticoles chimiques. Là où ça se complique, c’est en ce qui concerne les deux autres mesures. Regardons tout d’abord le deuxième point. Ce que l’on demande à un propriétaire de chalet riverain, c’est en quelque sorte d’obstruer la vue ou l’accès à l’eau par des arbres et des arbustes. Avoir une belle pelouse fournie et verdoyante jusqu’au bord de l’eau donnant accès à un quai, c’est ce dont il a toujours rêvé et c’est ce qu’il s’est procuré à gros prix. Maintenant,

on lui demande de laisser pousser la mauvaise herbe et de planter des arbres, ce qui l’empêchera inévitablement d’admirer le lac quand il sirotera son café sur son balcon de bois traité. Hum, pas sûr que ça va être facile à faire avaler. Derrière cette belle phrase poétique se cachent des actions à entreprendre qui heurteront les valeurs et les critères de beauté qu’entretiennent les résidents depuis des générations. Il s’agit de faire changer les mentalités et les mœurs, et ça, c’est une lourde tâche. Avec le dernier point, on vient piger directement dans les poches des gens. Bon nombre des fosses septiques sont désuètes, non conformes ou ne fonctionnent pas bien. Bien qu’essentiel, il s’agit d’un équipement coûteux, qui n’apporte aucun plaisir et surtout qui est bien caché. C’est donc facile de dépenser les dollars ailleurs lorsqu’on a plusieurs réparations ou projets à faire au chalet. Je ne dis pas que l’application de ces mesures est impossible; je crois simplement que la tâche s’annonce ardue et que tous devront mettre la main à la pâte, du gouvernement au citoyen, en passant par les municipalités. Malheureusement, autant les ressources humaines que financières sont limitées. C’est pourquoi j’aime bien l’approche de notre interviewé lorsqu’il s’agit de rendre les gens responsables. Monsieur Lapalme travaille avec les associations de résidents des lacs. Il les encourage à procéder eux-mêmes à l’échantillonnage de leur eau en différents endroits stratégiques, ce qui leur permet d’en déterminer la qualité, en plus de détecter les sources de polluants. Par la suite, une fois les échantillons analysés, ils peuvent cibler, avec l’aide de M. Lapalme, des actions à entreprendre. Bien sûr, certains scientifiques regardent cette approche de haut, mais il faut avouer qu’elle a le mérite d’être peu coûteuse, donc de démocratiser les solutions pour les gens directement concernés. Ces associations ont bien souvent des moyens de crève-lafaim et, sans ces solutions abordables, rien ne serait fait. Il ne faut cependant pas voir cette méthode comme une solution unique. Le MDDEP et les municipalités ont encore beaucoup de travail à faire et doivent demeurer aux aguets. Toutefois, réussir à faire bouger les gens au profit de l’environnement sans qu’il y ait mort d’enfant ou catastrophe naturelle, moi je trouve ça rafraîchissant. Et ça tombe bien, c’est l’été ! ■


En lien avec la ministre

Mme Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs

PROTÉGER NOS PLANS D’EAU

L’eau est une richesse inestimable avec laquelle nous entretenons un rapport privilégié. En effet, chaque jour, nous sommes en contact avec cette ressource naturelle : nous en avons besoin pour vivre, pour pratiquer nos activités récréatives et pour répondre à nos besoins économiques. Il importe d’en prendre soin et c’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement. Je désire citer en exemple la problématique des algues bleuvert. La prolifération de ces microorganismes dans les plans d’eau est un phénomène mondial auquel le Québec n’échappe pas. Face à cette situation, le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour diminuer cette prolifération et assurer la qualité des plans d’eau. Nous avons, en effet, adopté un Plan d’intervention sur 10 ans, comportant 35 mesures et des investissements de près de 200 millions de dollars. À ce jour, 100 % de ces mesures sont soit complétées, soit en cours de réalisation. Ainsi, pour la saison 2008, outre la réalisation des mesures inscrites à ce plan, nous avons aussi adopté une nouvelle procédure.

Une nouvelle procédure À la lumière des connaissances acquises, de l’analyse des résultats obtenus au cours de la saison 2007 et des avis des experts recueillis lors du Symposium sur les algues bleu-vert le 11 mars dernier, une nouvelle procédure d’information et de protection de la santé publique a été adoptée pour la saison 2008. Ainsi, seuls les plans d’eau présentant un risque réel pour la santé publique et faisant l’objet d’une restriction d’usage (eau potable, activités aquatiques, plages) seront identifiés sur le Portail gouvernemental et ils le seront uniquement pendant la période où il y a effectivement un risque. De ce fait, la santé publique sera bien protégée, et nous éviterons toute confusion dans les messages à la population. La population sera toutefois sensibilisée sur les recommandations générales à suivre tout au cours de la saison, et ce, pour l’ensemble des cours d’eau où il y a présence d’une fleur d’eau à proximité. Ces recommandations ont été formulées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et peuvent être consultées sur le site Internet du MSSS.

8

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Une campagne de sensibilisation pour la protection des plans d’eau J’ai lancé, en mai dernier, une vaste campagne publicitaire sur le thème « La protection de nos plans d’eau, c’est notre affaire et ce n’est pas compliqué » afin d’informer, de sensibiliser et de mobiliser la population. Ainsi, les messages diffusés permettent de parler avec clarté des algues bleu-vert sans pour autant banaliser le phénomène. Ils conscientisent également la population à l’importance de protéger nos plans d’eau, en plus d’amener le plus grand nombre possible de gens à agir face à cette problématique. À ce sujet, la population est invitée à : - Utiliser des savons et détersifs sans phosphates; - Conserver ou restaurer la végétation et le caractère naturel des rives des lacs; - Éviter d’utiliser des fertilisants et des engrais chimiques; - Voir au bon fonctionnement et à l’entretien des fosses septiques. Ce sont des gestes simples que chacun peut poser et qui auront de grandes répercussions sur la qualité de l’eau.

Une priorité La campagne de sensibilisation, combinée aux actions déjà déployées, est une démonstration convaincante que la protection des lacs et des cours d’eau est une priorité pour le gouvernement. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement a dernièrement déposé un projet de loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection. Nous posons ainsi les bases d’une action nécessaire à la pérennité de la ressource et à la protection de la ressource elle-même et des écosystèmes aquatiques. En tant que professionnels de l’industrie de l’eau, je vous encourage à poursuivre vos efforts pour protéger nos plans d’eau et à continuer à sensibiliser la population. Je tiens à vous assurer que le gouvernement poursuivra ses actions dans ce sens.


La série 30 de Fontaine Une NOUVELLE référence en matière de vannes murales ...

Fiabilité • Résistance inégalée grâce à sa forme incurvée innovante. • Fabriquée de matériaux éprouvés.

Flexibilité • Multiples possibilités de montage. • Offerte dans les dimensions courantes de 300 x 300 à 1200 x 1200.

Efficacité • Étanchéité remarquable. • Livraison rapide.

info@hfontaine.com

1295, rue Sherbrooke, Magog (Québec) Canada J1X 2T2 • Tél. : (819) 843-3068 • Téléc. : (819) 843-1006


L’invité Michel Beaudry

sa a commencé hel Beaudry uvelles à Télé 7 ic M e qu e, no , à Sherbrook lecteur des C’est en 1979 . Il a tout d’abord été la comédie. de et ey ue ck ho tiq tis du ar x re eu iè ili carr n sens de les m arquer par so nombreuses glisser dans m se re it de fa t t an es av à de , il s’ ête sa voix ute-en-train ents Véritable bo talents d’imitateur. Il pr ieurs événem us pl à er s ip se ic ns rt et da pa r r ou eu de l’hum t d’hum En plus ans un bille dio ou télé. uf ra ne s t ité tô ic en bl pu puis bi , il signe de d’entreprise . l éa tr Mon le Journal de

UNE ÎLE

SANS EAU Imaginez un seul instant que vous marchez tranquillement sur le bord du fleuve StLaurent en humant l’air du (presque) large. Que, dans votre court itinéraire, vous passez devant des cafés, des bars, des bistros et des restaurants dont les façades donnent directement et sans obstruction sur le beau grand fleuve paisible. Vous poursuivez votre chemin et vous arrivez chez le Pourvoyeur de Montréal qui propose aux résidents et aux touristes un après-midi de pêche à bord d’une belle embarcation sécuritaire sur un des plans d’eau parmi les plus poissonneux en Amérique du Nord, et ce, à moins de deux kilomètres de la place Ville-Marie. Un peu plus loin s’étend une aire de baignade avec de magnifiques glissades d’eau. Finalement, tout au bout, vous apercevez la marina, conçue à l’européenne, qui accueille voiliers et plaisanciers.

Irréel ? Pas pantoute. Tout ça aurait été possible si, dans le développement de Montréal, on s’était gardé un seul tout petit kilomètre en pensant beauté, plaisir de vivre et sauvegarde de l’environnement. Or, tout a été consacré au développement industriel et à des activités portuaires strictement commerciales. Soyons francs : on n’a eu aucun égard pour les humains qui habitent, je vous le rappelle, une île. Une île, habituellement, c’est entouré d’eau. D’ailleurs, natif du petit village de SteÉmélie-de-l’Énergie où coule la sinueuse rivière Noire, j’ai été fort triste, du haut de mes 10 ans, lorsque nous avons dû déménager à Montréal. Je demeurais dans l’Est, près de la rue Notre-Dame, à quelques centaines de mètres du fleuve. Mais il était impossible pour nous de le voir. Il y avait des hangars, des montagnes de différents produits, de gros réservoirs de pétrole 10

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

ainsi que des empilements de conteneurs rouillés. D’une laideur effroyable comparativement au coup d’œil si apaisant qu’aurait pu nous offrir le beau fleuve. Et quand on roulait vers le centre-ville, toujours sur Notre-Dame, ça ne s’améliorait pas. La Canadian Vickers, la Sifto, la Molson et les autres s’étaient emparées du rivage comme des ogres et n’avaient rien laissé à la population. Quelle tristesse. J e v o u s f a i s u n e c o n fi d e n c e . L a Méditerranée, à Nice et à Cannes, c’est très ordinaire. L’eau n’est pas si chaude que ça et le fond des plages est souvent rocailleux, pas agréable. Mais l’environnement a tellement été rehaussé par la qualité et l’intention des commerces que, au fil du temps, c’est devenu le paradis des seins nus. Avouez que c’est un pensez-y-bien ! Le centre-ville de Montréal aura donc passé à côté de quelques-uns des meilleurs attraits qu’aurait pu lui conférer sa situation géographique plus qu’en-

On garde même, depuis plusieurs années, une image négative de ce plan d’eau qui est pourtant splendide et propice aux plus belles folies aquatiques. Course de voiliers, plongée sous-marine, pêche, souper sur bateau-restaurant, compétition de nageurs, descente de rapides. Et, une activité des plus relaxantes pour l’humain : la simple contemplation de l’eau qui coule tout doucement, tout en pensant à ses vieux péchés et ceux qu’on pourrait encore faire.

Est-il trop tard ? Je vous pose la question. Des urbanistes, architectes, ingénieurs et surtout visionnaires pourraient-ils présenter un plan de développement, ne serait-ce que sur un kilomètre de rivage à la hauteur du centre-ville de Montréal, pour que cette ville adopte une vocation nouvelle qui lui irait naturellement si bien ? Imaginez Montréal avec des pêcheurs sur les quais… Ne serait-ce pas tout à fait normal ? C’est une île ! Il m’apparaît ridicule que là où les eaux sont les plus belles,

Imaginez Montréal avec des pêcheurs sur les quais… Ne serait-ce pas tout à fait normal ? C’est une île ! viable. On ne peut que constater qu’il est bien loin de revêtir les allures d’un site de pêcheurs. Aujourd’hui, c’est à peine s’ils ont une place pour glisser une chaloupe sur l’eau. Et contrairement à certains p a r a dis européens, si une fille s’y découvre les seins, on l’arrête. Soyez certains que si Montréal avait offert à ses citoyens l’espace et le loisir de s’approcher de leur eau, de leur fleuve, ils auraient été beaucoup plus prompts à dénoncer la pollution des industries criminelles. On aurait réalisé plus vite qu’on commençait à avoir des poissons à deux têtes. On a mis beaucoup de temps à comprendre que la qualité de l’eau du fleuve s’amenuisait. Le nombre de personnes y ayant accès était très limité et, surtout, peu écouté.

tranquilles et accessibles, on ne voit que d’huileux et rouilleux navires étrangers chargés de conteneurs. Le Vieux-Port de Montréal est un des rares dans le monde où on ne voit pas l’eau. Et, si on réussit à s’en approcher, on est sur un quai industriel duquel il est même impossible de se mouiller le bout des doigts. Pour aimer, protéger et profiter de ce beau fleuve, il faut avoir la possibilité de le voir de près, d’y toucher. Y a pas juste l’argent dans la vie. Y a l’eau aussi. ■


tête-à-tête

Robert

Lapalme Le Don Quichotte des algues bleu-vert

Entrevue réalisée par André Dumouchel

LES CYANOBACTÉRIES FONT LES MANCHETTES DEPUIS LES TROIS DERNIÈRES ANNÉES. E LLES METTENT EN PÉRIL LA SANTÉ PUBLIQUE, LA BIODIVERSITÉ ET L’ÉCONOMIE. CERTAINES RÉGIONS DU QUÉBEC DÉPENDENT EN GRANDE PARTIE DES ACTIVITÉS RÉCRÉOTOURISTIQUES ET SE VOIENT DUREMENT TOUCHÉES PAR CE FLÉAU. PEU CONNUES IL Y A QUELQUES ANNÉES, LES ALGUES BLEU-VERT REPRÉSENTENT DÉSORMAIS UN CASSE-TÊTE AUQUEL ON DOIT S’ATTAQUER SANS PLUS TARDER. NOTRE INVITÉ, ROBERT LAPALME, SPÉCIALISTE EN ÉCOLOGIE AQUATIQUE, EST À LA TÊTE D’UN COLLECTIF D’EXPERTS QUI A PUBLIÉ RÉCEMMENT UN OUVRAGE VULGARISÉ SUR LE SUJET. L E LIVRE A LGUES BLEUES , DES SOLUTIONS PRATIQUES PROPOSE DES MOYENS POUR CONTRER LE PROBLÈME ET MÉRITE DE DEVENIR LE LIVRE DE CHEVET DE QUICONQUE S’INTÉRESSE À LA QUESTION.

QUEL EST L’ÉTAT DE LA SITUATION ? QUELLES SOLUTIONS DOIT-ON METTRE DE L’AVANT ? LE MAGAZINE SOURCE A RENCONTRÉ L’AUTEUR POUR VOUS.

Quel a été votre parcours professionnel ? J’en suis actuellement à ma troisième carrière. J’ai tout d’abord travaillé en intervention auprès des jeunes à titre de psycho-éducateur. Par la suite, après avoir fait une maîtrise en administration publique, j’ai surtout fait de la gestion. Finalement, j’ai bifurqué vers l’environnement. Depuis combien de temps travaillez-vous dans le domaine des plantes aquatiques ? Dans les années 1980, ma conjointe a ouvert une entreprise de production de plantes aquatiques. J’ai alors pris une année sabbatique pour lui prêter mainforte et je suis finalement tombé sous le charme de ce milieu. Nous étions la première entreprise de ce genre au 12

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Québec. Nous fournissions des plantes pour la fabrication de jardins d’eau. De plus, comme nous avions obtenu lors du démarrage de l'entreprise une subvention pour faire de la recherche et du développement sur l’effet des plantes aquatiques à différentes profondeurs, nous sommes devenus des spécialistes dans le domaine. Nous étions très sollicités pour présenter les plantes aquatiques à travers le Québec. Nous avons même collaboré au projet de la plage de l’île Notre-Dame. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux algues bleu-vert ? Nous nous sommes rapidement rendu compte qu’il y avait plus de demandes pour travailler avec les plantes aquatiques pour les habitats fauniques, les marais filtrants, les marais naturels et les

lacs que pour l’horticulture ornementale. C’est à ce moment que j’ai décidé de faire des études en gestion de l’environnement et de me spécialiser en écologie aquatique. Nous voulions faire du jardinage écologique et nous avons développé des méthodes d’épuration pour bassin à l’aide de marais filtrants, inspirées par notre expérience à la plage de l’île Notre-Dame. Après avoir réglé les problèmes des gens pour leurs bassins, la demande s’est fait sentir pour les lacs. Je suis alors devenu consultant pour le traitement des lacs. Il faut dire qu’en 1990, peu de personnes étaient spécialisées dans ce domaine, car les municipalités avaient peu de budget à consacrer à l’environnement. Pour venir en aide aux gens, j’ai donc écrit le livre Protéger et restaurer les lacs, publié aux Éditions Dumont. Le principe était d’expliquer aux gens comment fonctionne un lac en vulgarisant l’aspect scientifique. L’année dernière, on a décidé d’écrire un deuxième livre en raison de la très forte demande. Cette fois-ci, le livre est axé sur les solutions concernant les algues bleues. À qui s’adresse votre livre ? Mon livre s’adresse aux gens qui vivent près d’un lac et plus particulièrement aux associations de riverains, car ces gens veulent protéger leur lac. Ils peuvent facilement utiliser les outils nécessaires afin de mesurer le taux d’algues bleu-vert présent et se référer par la suite aux solutions présentées dans le livre. Au besoin, je fais des consultations pour aider les gens dans leur démarche.


tête-à-tête La démarche peut-elle être qualifiée de scientifique ? C’est une démarche qui permet de démocratiser la science. Tout le monde peut s’approprier ces connaissances, il faut seulement les communiquer plus simplement. Les scientifiques ne doivent pas se partager les connaissances entre eux, mais plutôt les vulgariser afin que chacun puisse apprendre. Avec ce livre, les gens peuvent agir. Est-ce coûteux ? Une analyse du taux de phosphore à trois décimales coûte 75 $ dans un laboratoire accrédité par le ministère ou à l’université. En contrepartie, une analyse du taux à deux décimales coûte 15 $ dans un laboratoire non accrédité. Bien sûr, un scientifique n’accepterait pas la deuxième option, mais entre vous et moi, c’est amplement suffisant pour détecter qui est le pollueur. Et surtout, c’est possible d’être fait par tout le monde et à des coûts raisonnables. Par la suite, rien n’empêche d’effectuer une analyse du taux de phosphore à trois décimales de façon périodique ou lorsqu’on a un doute sur la concentration des algues bleu-vert. Justement, que sont les algues bleu-vert ? Les algues bleu-vert, aussi appelées cya-

nobactéries, existent depuis des millions d’années et sont présentes, de façon naturelle, dans tous les cours d’eau. Il y a problématique à partir du moment où il y a une forte augmentation des ces algues. Quelles sont les principales causes de prolifération des algues bleu-vert ? Le phosphore en est la principale cause. Un plan d’eau qui n’est pas contaminé par le phosphore ne développera jamais d’algues. Si nous contrôlons la quantité de phosphore dans un lac, il renouvellera son eau facilement. La chaleur et l’azote sont également des causent de prolifération, mais uniquement en présence de phosphore. D’où provient le phosphore des cours d’eau ? Plus ou moins 10 % du phosphore que l’on retrouve dans les cours d’eau provient des produits du savon de la lessive. Le reste provient presque exclusivement des excréments. Les plus nocifs proviennent du monde agricole. En second lieu, ils proviennent des systèmes d’épuration municipaux ou individuels qui polluent énormément. Les médias parlent beaucoup du phénomène depuis deux ans, mais à partir de quel moment les algues

bleu-vert sont-elles devenues problématiques ? Au début, le phénomène était concentré dans certains endroits, notamment dans le lac Champlain et dans la région de la baie Missisquoi. La prolifération était surtout due à l’agriculture. Cependant, en seulement trois ans, la problématique s’est généralisée au Québec. Une multitude de lacs de la région des Laurentides ont été atteints à leur tour, ce qui a eu pour effet d’attirer l’attention des médias qui ont ensuite sonné l’alarme. Nous savons que les algues bleu-vert sont un danger pour l’écosystème, mais qu’en est-il pour l’humain ? Tout dépend du type de cyanobactérie et surtout de sa concentration dans le lac. Certains types de cyanobactéries sont uniquement irritantes pour la peau alors que d’autres, lorsqu’elles sont ingérées, peuvent occasionner des maux de ventre, une gastro-entérite et même attaquer les organes vitaux comme le foie. Heureusement, lorsque le taux de cyanobactéries est très élevé dans un lac, l’eau a généralement un aspect tellement douteux que les gens renoncent à s’y baigner. Par contre, en raison de leur insouciance, les enfants peuvent être vulnérables s’ils jouent près d’une rive contaminée.

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

13


tête-à-tête

Existe-t-il un consensus sur les causes de prolifération des cyanobactéries ? Oui, nous savons comment elles prolifèrent. Tous croient que le phosphore en est la grande cause. Ce que nous ne connaissons pas exactement, c’est l’identité des responsables dans les différentes régions. Par exemple, est-ce que tel terrain de golf est plus polluant que le voisin ? Est-ce que telle propriété éprouve un problème avec sa fosse septique ? Je ne crois pas que tous les clubs de golfs et que toutes les fosses septiques soient responsables de tous les maux. Cependant, nous savons que ce sont souvent des sources de contaminants. Les lacs sont-ils les seules étendues d’eau atteintes ? Non, car les lacs de tête se déversent dans les cours d’eau tels que les rivières et les ruisseaux pour se retrouver par la suite dans le fleuve Saint-Laurent. Donc, toutes les étendues d’eau peuvent être atteintes. Cependant, elles n’ont pas toutes la même vulnérabilité. La profondeur, le débit d’eau et l’environnement immédiat du cours d’eau (présence de maisons ou d’autres lacs communicants) peuvent jouer un grand rôle de ce côté. Combien y a-t-il de lacs au Québec ? Il y a environ 450 000 lacs au Québec. De ce nombre, combien sont présentement infectés ? Selon le ministère, 200 cours d’eau sont infectés au Québec. Ils sont majoritairement situés dans le sud de la province, entourés d’habitations et d’activités agricoles. Dans quelle région retrouve-t-on les cours d’eau les plus mal en point ? Les plus mal en point sont surtout situés dans la région de l’Estrie et de la Montérégie. En combien de temps un lac peut-il diminuer sa concentration de cyanobactéries ? Quatre ou cinq ans suffisent à l’amélioration de la qualité de l’eau d’un lac si nous diminuons considérablement la contamination au phosphore. Comme vous le constatez, c’est relativement court 14

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

comme délai. Par contre, ce qui est beaucoup plus long à rétablir, c’est sa biodiversité. Par exemple, si un type de poisson a disparu d’un lac, s’il y a trop de sédiments au fond ou un grand manque d’oxygène, plusieurs décennies peuvent être nécessaires avant que tout redevienne comme avant. Comment un lac, situé loin de l’activité humaine, peut-il développer des algues bleu-vert ? Comme vous le savez, la cyanobactérie est une algue présente dans tous les lacs de façon naturelle. C’est la quantité de cette dernière qui va nous dire s’il y a contamination ou non. Dans le cas d’un lac sauvage, une cause de contamination pourrait être la présence d’une grande quantité de sédiments de feuilles d’arbres qui contiennent beaucoup de phosphore et qui restent sous l’eau de nombreuses années. Lorsqu’un animal, par exemple un orignal, vient brasser ces sédiments, le phosphore est dégagé et des algues bleu-vert peuvent alors se former. Qui est le grand responsable de la situation actuelle de nos lacs et rivières ? C’est nous, collectivement, en raison de notre mauvaise gestion et de notre manque d’éducation en matière d’environnement. Nous avons fauté dans la façon de prendre possession des lacs et de leurs rives en déboisant de manière si sauvage en plus d’y acheminer directement nos eaux usées. Nous n’avons guère été mieux dans le design de nos usines d’épuration. Cependant, vers la fin des années 1970, on s’est aperçu de la détérioration de la qualité de l’eau. Le gouvernement du Québec a sensibilisé les municipalités en plus de légiférer afin de réglementer la construction près des cours d’eau. Est né le Q2-R8. Des associations de riverains se sont également formées pour reboiser les rives et construire des fosses septiques réglementaires afin de protéger les lacs. Par la suite, durant les années 1980, la situation des lacs s’étant beaucoup améliorée, les associations de riverains ont pour la plupart cessé d’exister ou sont devenues de simples clubs sociaux. Les lacs se sont de nouveau détériorés à cause des grands développements urbains. C’est à

ce moment que les cyanobactéries ont commencé leur prolifération. Quelles sont les solutions pour réduire la présence des cyanobactéries ? Nous devons faire prendre conscience aux citoyens et aux petits commerces que chaque personne a sa part de responsabilité. Chacun doit modifier ses comportements afin de gérer ses eaux de façon écologique, comme on le fait avec son bac vert pour ses matières résiduelles. Voici quelques exemples : réduire l’utilisation de produits à base de phosphore et d’azote, reboiser les terrains résidentiels et municipaux, installer des marais filtrants, contrôler les systèmes septiques, réduire l’utilisation de l’eau courante et jardiner plus écologiquement. La très grande majorité de ces mesures sont peu coûteuses. Quelles solutions préconisez-vous pour les municipalités ? Les municipalités doivent réviser leur réglementation et surtout la faire respecter. Ils doivent mettre en place une meilleure pratique de gestion des eaux et promouvoir les tendances vertes. Par exemple, ils doivent favoriser la réduction du rejet des eaux usées, favoriser la gestion adéquate des fossés, retenir et épurer l’eau à la surface des aires de stationnement. Et pour les fermes ? Quoique mieux surveillées, les grosses fermes polluent encore beaucoup. Leurs propriétaires doivent réduire au minimum le ruissellement de l’eau vers les cours d’eau. Pour ce faire, ils doivent contrôler les fuites en s’assurant de l’étanchéité des équipements et doivent capter et épurer leurs eaux usées. Ils doivent également diminuer l’utilisation d’engrais et respecter la capacité de culture des sols. Bien sûr, il est difficile de les convaincre d’adopter certaines mesures comme d’augmenter leurs bandes riveraines en raison du caractère précieux que l’espace représente pour leur productivité. Toutefois, lorsqu’on leur propose des solutions novatrices comme de semer du panic érigé dans cette bande, plante qui peut être récoltée facilement et vendue, les propriétaires deviennent plus ouverts.


tête-à-tête Les fermettes touristiques ou équestres sont toutefois très dommageables, car elles ne sont que rarement suivies adéquatement. L’UPA collabore-t-elle sur le plan agricole ? Je pense que l’UPA fait semblant de collaborer pour ne pas se mettre quiconque à dos. Elle doit travailler avec des agriculteurs endettés qui ont peu d’argent et qui font une agriculture néfaste depuis plusieurs décennies. Ils sont pris dans un cercle vicieux. Comme on dit, les agriculteurs ont beaucoup de foin, mais peu d’argent…

octroie un pouvoir d’injonction à chaque citoyen afin d’empêcher que quelqu’un porte atteinte à son droit à la qualité de l’environnement. Un citoyen peut donc en forcer un autre à se conformer. L’environnement est-il devenu un enjeu politique ? Oui, tout à fait. Actuellement, vouloir améliorer l’environnement est devenu positif à tous les niveaux politiques. Les quelques municipalités qui ont bougé les premières quant à l’application des règlements sont devenues célèbres et ont été applaudies par les citoyens.

Heureusement, lorsque le taux de cyanobactéries est très élevé dans un lac, l’eau a généralement un aspect tellement douteux que les gens renoncent à s’y baigner. Est-ce utopique de demander aux citoyens de restaurer et de reboiser les bandes riveraines ? Non, car il y a une réglementation dans ce sens. Les gens n’ont maintenant plus le choix, car les municipalités veulent faire respecter la réglementation. De plus, il y a même l’article 19.2 de la Loi sur la qualité de l’environnement qui

Quel est le rôle du MDDEP ? Le ministère de l’Environnement doit œuvrer aux problèmes relatifs à l’environnement, aux pratiques actuelles et surveiller ce qui se fait à travers la province. Il doit également proposer des moyens et des solutions concrètes aux problèmes. Malheureusement, il commence tout juste à le faire.

Les actions du MDDEP sont-elles adéquates ? La majorité des intervenants du milieu sont insatisfaits du travail du ministère. Les gens qui travaillent au ministère donnent l’impression de ne pas être bien branchés sur la réalité en plus d’être quelque peu hautains. Il faut dire que le nombre de fonctionnaires y travaillant est insuffisant pour les besoins. Le système est bureaucratique, lent et peu productif. Les investissements à faire pour le renouvellement des infrastructures risquent-ils de faire passer au second plan les mesures à prendre pour enrayer les cyanobactéries ? Oui, et le problème est que toutes les infrastructures doivent être rénovées. On fait en ce moment un effort colossal en ce qui concerne la réfection des ponts partout en province. On a créé d’innombrables infrastructures à une certaine époque sans toutefois les entretenir adéquatement au fil des décennies. Nous en payons maintenant le prix. Nous sommes coincés, économiquement parlant. En outre, les problèmes environnementaux représentent une nouvelle dépense que nous n’avions pas prévue et dont les coûts sont également très élevés. Sommes-nous sur la bonne voie dans le dossier des cyanobactéries ? Oui, nous sommes sur la bonne voie,

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

15


tête-à-tête mais nous ne réagissons pas encore assez vite. Nos lacs se détériorent plus rapidement que nous agissons. Le climat change aussi trop vite par rapport à notre capacité de réaction. Nous n’arrivons pas à remettre le balancier du bon côté. En fait, il y a des gens qui sont sensibilisés et proactifs, alors que d’autres sont totalement désintéressés et bien peu enclins à prendre quelque mesure que ce soit. Ces gens sont souvent ceux qui ne se baignent pas ou ne pratiquent aucun sport nautique; tant qu’ils peuvent voir le lac de la fenêtre de leur maison, ils sont heureux. Malheureusement, il faut souvent que les gens se sentent concernés avant de passer à l’action. Quelle solution devrions-nous prioriser ? Nous devrions prioriser les actions concernant l’eau de ruissellement. Ces actions ne sont pas très difficiles à mettre en application et tout le monde peut le faire, du citoyen aux entreprises en passant par les municipalités. Monsieur Lapalme, merci.

16

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Solutions pour les municipalités (extraits du livre Algues bleues, des solutions pratiques) • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Faire procéder à la caractérisation du territoire Identifier et préserver les milieux naturels sensibles du bassin-versant Repenser l’aménagement du territoire en vue de réduire les rejets d’eaux usées Adopter une stratégie de développement durable Redéfinir les droits acquis en matière d’environnement Réviser les règlements d’urbanisme existants Mettre en place la réglementation municipale adéquate Faire respecter les règlements municipaux Protéger les bandes riveraines existantes Obliger la restauration des bandes riveraines S’assurer du bon fonctionnement des systèmes de traitement des eaux usées Améliorer le rendement des réseaux d’égouts pluviaux existants Contrôler les causes des débordements des réseaux unitaires Gérer le phosphore des rejets des eaux sanitaires Contrôler les installations septiques Mettre en place la conception basée sur les conditions de prédéveloppement Promouvoir les tendances vertes Réglementer l’utilisation des barrières à sédiments Réglementer les drains à débit contrôlé Retenir et épurer l’eau à la surface des stationnements Privilégier les techniques qui favorisent la recharge de la nappe phréatique Mettre en place les meilleures pratiques de gestion des eaux Épurer les rejets liquides provenant des sites d’enfouissement Gérer adéquatement les fossés Réduire à l’essentiel le déglaçage des routes et filtrer les rejets Améliorer leurs règlements sur les coupes forestières dans le bassin-versant


INFRASTRUCTURE URBAINE

Gilles Vaillancourt maire de Ville de Laval et président du CERIU

LA VALEUR DES INFRASTRUCTURES Le temps joue également sur d’autres paramètres : réaliser des travaux l’hiver ou au moment où plusieurs travaux similaires sont en chantier comporte généralement plus d’inconvénients et d’imprévus.

LE RISQUE

LES BESOINS ET LES CLIENTS-UTILISATEURS Qu’elles servent à traiter ou à distribuer l’eau potable, à capter ou à traiter les eaux usées, à faciliter le déplacement des personnes et des marchandises ou qu’elles permettent le traitement et la communication des informations, toutes les infrastructures visent à satisfaire un besoin chez un usager. Autant lors de la construction initiale d’une infrastructure que lors de sa réfection, il est primordial de définir précisément les besoins réels et de bien connaître les divers clients-utilisateurs. Une analyse trop sommaire des besoins et des clientèles à satisfaire peut mener à la réalisation d’un projet mal adapté, ne répondant que partiellement aux besoins ou ne répondant qu’à une partie des usagers. Cette analyse n’est pas facile, car elle doit notamment tenir compte d’intérêts parfois divergents. Les besoins des automobilistes, des services d’urgence, des piétons et des cyclistes, par exemple, ne sont pas faciles à concilier quand il s’agit d’aménager des voies de circulation. Les pompiers n’attendent pas la même performance d’un réseau de distribution d’eau potable que la population en général ou les industries alimentaires et pharmaceutiques. Il existe une part de subjectivité dans la perception de l’importance de chaque caractéristique du service rendu par une infrastructure.

Plusieurs infrastructures nous donnent accès aujourd’hui à ce que nous appelons des services essentiels. L’approvisionnement en eau potable, le captage, l’évacuation et le traitement des eaux usées, les routes et la téléphonie, services auxquels nous avons accès, la plupart du temps sans interruption, contribuent d’une façon déterminante à notre qualité de vie et à notre sécurité. Même si ces services sont pris pour acquis, leur importance nous est parfois rappelée d’une façon dramatique : une structure qui s’affaisse, une conduite qui se brise et dont l’eau inonde tout un quartier. Le risque associé à la perte même partielle d’une infrastructure stratégique doit être réduit au maximum. Comme les travaux de réfection d’une infrastructure majeure peuvent prendre plusieurs années, nous devons les planifier à long terme. De plus, pour éviter les bris mettant en péril la santé et la sécurité publiques, nous devons non seulement entretenir nos infrastructures d’une façon rigoureuse, mais nous devons aussi faire régulièrement des diagnostics de leur état et de leur fiabilité.

LE COÛT La valeur d’un projet peut s’exprimer par le degré de satisfaction des clients, divisé par le coût du projet. Trop souvent, seuls les coûts liés directement à la construction ou à la réfection d’une infrastructure sont pris en compte pour évaluer la valeur de l’investissement. Pourtant, durant la durée de vie de l’infrastructure, les frais d’exploitation et d’entretien sont parfois plus élevés que les coûts initiaux de construction.

L’ANALYSE DES DIFFÉRENTES SOLUTIONS Une analyse sérieuse des besoins réels des divers usagers peut aussi nous amener à proposer de meilleurs choix. Des interventions permettant, par exemple, de diminuer la demande en eau ou de réduire les infiltrations d’eau aux réseaux d’égout sont généralement plus efficaces que des interventions visant à augmenter la capacité des équipements.

LE TEMPS Un bon projet est également un projet réalisé à temps, c’est-à-dire que le service qu’il doit rendre est disponible au moment où les usagers en ont besoin. Dans le cas des travaux de réfection, un bon projet est réalisé avant que la qualité des services qu’il rend ne commence à se détériorer.

environnemental. À ce sujet, l’annonce le 30 mai dernier de la création d’une bourse du carbone à Montréal est susceptible de donner une plus grande valeur aux projets d’économie d’énergie en associant une valeur monétaire aux quantités de CO2 évitées.

LES BONNES OCCASIONS Des évènements apportent parfois des occasions qu’il faut savoir saisir. En plus des programmes de subventions des gouvernements ou des organismes paragouvernementaux comme Hydro-Québec, des donations privées de la part de citoyens, d’entreprises ou d’organismes sans but lucratif peuvent permettre de mettre en place ou de développer à meilleur coût des infrastructures au service de la collectivité.

LE CHOIX DES PRIORITÉS ENTRE DIVERS PROJETS Nous l’avons souvent mentionné, les besoins en réfection d’infrastructures sont immenses. Nous n’avons pas les moyens de toutes les rénover à court terme, nous devons établir des priorités. Pour cela, nous devons réaliser en premier les projets qui ont, comparés aux autres projets, le meilleur rapport coûts-bénéfices.

LA PLANIFICATION Compte tenu des enjeux que j’ai énumérés dans cet article et des attentes des citoyens, nous avons la responsabilité de développer des outils permettant d’optimiser la valeur de nos infrastructures. Pour ce faire, nous devons identifier les divers usagers et leurs besoins, puis chercher à les concilier autant que possible. Nous devons préparer un plan d’investissement à long terme ainsi qu’un plan d’intervention comportant notamment des diagnostics et des paramètres pour nous aider à établir les interventions prioritaires.

Des interventions permettant, par exemple, de diminuer la demande en eau ou de réduire les infiltrations d’eau aux réseaux d’égout sont généralement plus efficaces que des interventions visant à augmenter la capacité des équipements. Pour chaque système ou équipement, l’optimisation du rapport de sa durée de vie sur son coût d’achat et d’installation est également un facteur essentiel à intégrer au calcul du coût total du projet. Parmi les frais d’exploitation, les montants consacrés à l’énergie (l’électricité, le gaz ou le mazout) devraient faire l’objet d’une analyse détaillée. Les bénéfices à recueillir d’une telle analyse sont non seulement d’ordre monétaire, mais aussi d’ordre

Pour nous appuyer dans ces démarches, j’ai réclamé à plusieurs reprises des gouvernements provincial et fédéral la mise sur pied de programmes récurrents de subventions pour aider les municipalités à maintenir leurs infrastructures en bon état. Même si des pas importants ont été faits en ce sens, il reste encore beaucoup à faire pour assurer le financement stable recherché. ■

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

17


SANTÉ PUBLIQUE

DE « PEUREUX MAIS EN SANTÉ »

à « avertis et en santé » Pierre Payment Ph.D., professeur INRS-Institut Armand-Frappier pierre.payment@ inrs-iaf.uquebec.ca

Je reviens dans cet article sur le sujet des risques associés à l’eau, et en particulier sur notre perception des risques. Je lisais récemment un article très intéressant sur la perception que nous avons de notre monde à l’heure actuelle (BBC Focus Magazine, décembre 2007, p. 27-32). Le titre est évocateur : Forget climate changes, bird flu & terrorism. The truth is: We’ve never had it so good [Oubliez les changements climatiques, la grippe aviaire et le terrorisme. La vérité, c’est que nous n’avons jamais été aussi bien]. Notre espérance de vie dépasse les 80 ans, les grandes guerres sont déjà loin, les pires maladies sont éradiquées. Pourtant, combien de fois déjà ai-je entendu dire que nous vivons une période difficile, pleine de dangers ? Nous sommes simplement devenus une population « peureuse, mais en santé ». Les médias ne nous relaient que les événements graves qu’ils nous répètent des dizaines et centaines de fois. Nous ne recevons que très rarement des messages positifs rapportés avec la même ardeur. Un autre éditorial dans la même revue (BBC Focus, janvier 2008, p. 104) nous rappelle que de nombreuses convictions qui nous sont transmises ont souvent des bases peu solides. Il s’agit d’un élément que j’ai déjà touché dans cette chronique. On y donne l’exemple des risques associés à la consommation de sel dans notre alimentation dans les cas d’hypertension artérielle. La réduction de la quantité de sel consommée permettrait de réduire le besoin de recourir à des médicaments dans 30 % des cas d’hypertension. L’inverse n’est cependant pas entièrement vrai : ce n’est pas une réduction de la consommation de sel qui va prévenir l’hypertension. La réalité, c’est que moins de 3 % des gens pourraient bénéficier d’une certaine protection contre les risques cardiovasculaires. De nombreux autres facteurs sont en jeu. Autre exemple. Certains d’entre vous connaissent peut-être la théorie hygiéniste qui émet entre autres l’hypothèse que l’on observe beaucoup plus de cas d’asthme parce que nous sommes moins exposés aux maladies que l’étaient nos parents et que nous vivons dans un milieu ultrapropre. Ce manque de stimulation de notre système immunitaire le rendrait plus vulnérable aux allergènes communs comme la pous18

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

sière et les acariens. Mes études en microbiologie et immunologie me laissaient perplexe devant cette théorie ! Des études récentes viennent de suggérer une autre hypothèse, beaucoup plus plausible : ce sont les nettoyants que nous utilisons pour assurer une propreté extrême qui seraient la cause de cas d’asthme chez les adultes. À force de vaporiser tous ces produits dans nos maisons ultrahermétiques, nous respirons des produits chimiques qui, eux, affaiblissent notre système immunitaire. Et dire que nos mères connaissaient la recette : elles lavaient avec eau et savon et ouvraient les fenêtres pour bien aérer la maison. Replaçons cette discussion dans le contexte de l’eau. Je vous ai fait part à quelques reprises de mes doutes sur la valeur de certaines des normes qui sont édictées par nos gouvernements. Elles sont certainement élaborées de bonne foi sur la base des informations obtenues de la litté-

avait décrit la présence de trous sur une route. Les journaux avaient titré : « Un chercheur a trouvé d’énormes trous dans les routes. » La réalité était que ce chercheur avait observé des trous de 1 mm avec sa loupe. Il a été tué par un camion qu’il n’avait pas venu venir. Le taux de maladies transmises par l’eau est à peine mesurable. Le nombre d’accidents (c’est-à-dire d’épidémies associées à l’eau) est lui aussi très faible. La proportion des cancers qui pourrait être attribuable à l’eau est difficile à mettre en évidence, et ce, même avec les meilleures méthodes épidémiologiques. Par ailleurs, leurs conclusions prêtent facilement le flanc à la critique. Les grandes causes de mortalité (souvenonsnous que l’espérance de vie est de plus de 80 ans) sont surtout les cancers, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et les accidents. Excluons les causes autres que les cancers : l’eau n’est

Il est clair qu’il est plus facile de convaincre ses pairs de financer de futurs travaux si on arrive à amplifier le problème potentiel sans attaquer le véritable enjeu. rature scientifique. Nous sommes rendus à un point où nous devons défier les normes dont les bases ne sont malheureusement pas étayées par des données solides. Si nous avions à revoir aujourd’hui celles-ci, en relisant correctement les études qui sont censées les supporter, nous découvririons peut-être de nombreuses études épidémiologiques dont les conclusions sont loin d’être précises et possiblement erronées. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on vienne nous annoncer qu’une nouvelle substance dans l’eau du robinet ou en bouteille est cancérigène. Les vraies questions que l’on doit se poser sont de savoir si le risque de cette présence est réel et significatif. Comme communicateurs, plusieurs scientifiques font piètre figure. Ils communiquent leurs propres incertitudes et inquiétudes sans vraiment avoir pris le temps de remettre en contexte leurs données et leurs conclusions. Il est clair qu’il est plus facile de convaincre ses pairs de financer de futurs travaux si on arrive à amplifier le problème potentiel sans attaquer le véritable enjeu. Pendant que nous nous attaquons à faire de minuscules améliorations pour corriger des risques apparemment énormes, nous sommes aveugles aux grands risques. De plus, nous laissons aux journalistes le soin de traduire nos conclusions pour les transmettre à la population en espérant que ce travail sera fait adéquatement. Peu connaissent l’histoire malheureuse du chercheur qui

pas un élément significatif ni probable (sauf pour les noyades...). Les principales causes des cancers n’ont que peu de liens avec l’eau : le vieillissement, le tabagisme, le soleil, l’alcool, des facteurs héréditaires, un surplus pondéral, etc.

Alors, quels sont nos défis réels en eau ? Le premier, à mon avis, est d’assurer la compétence des personnes responsables des stations de production d’eau potable et de traitement des eaux usées. Sans cet élément essentiel, les barrières physiques mises en place ne pourront rester efficaces. Le deuxième défi est de mettre à jour et de pérenniser nos infrastructures de traitement et de distribution. Sans elles, le risque deviendra réel. Cet effort sera plus difficile que jamais pour toutes ces populations qui sont loin des grands centres et pour lesquelles les coûts sont disproportionnés ou tout simplement prohibitifs. Le troisième défi sera de faire face aux changements climatiques, surtout dans la gestion des volumes d’eau qui seront disponibles pour assurer eau potable et hygiène des populations. En conclusion, les risques à la santé dus à l’eau sont maîtrisés, mais il nous faut rester alertes et avertis. Pourronsnous bientôt nous enorgueillir d’être « avertis et en santé » plutôt que « peureux et en santé » ? ■


Spécialisé dans le traitement des eaux et reconnu pour la qualité de ses équipements, CHEMACTION est fier de vous annoncer son association exclusive avec le leader mondial de générateurs d’OZONE MITSUBISHI.

w w w. c h e m a c t i o n . c o m

Prenez note de notre nouvelle adresse : 4559, boul. Métropolitain Est, St-Léonard (Québec) H1R 1Z4. Tél. : 514-593-1515 téléc. : 514-593-1313 administration@chemaction.com


I N STR U M E NTATI O N

France Gauvreau B.Sc., directrice nationale Ventes et marketing Hanna Instruments Canada inc. franceg@hannacan.com

LE PHÉNOMÈNE DE LA MESURE DU PH ne, le pH dépend de l’origine de ces eaux et de la nature géologique du milieu. Les eaux d’effluents industriels peuvent abaisser le pH de façon importante, ce qui accentue la corrosion de la canalisation des réseaux d’égout et d’aqueduc.

Qui n’a jamais entendu parler du pH ? Il suffit de taper « pH » dans un moteur de recherche Internet pour se rendre compte que plus de 250 millions de sites en parlent ! Il serait donc impensable d’écrire des chroniques d’instrumentation sans en faire mention tout au moins une fois. Le défi consiste à résumer l’information essentielle à ce sujet en un seul article !

Définitions et considérations Le pH représente la concentration d’ions d’hydrogène dans une solution. Cette mesure est essentielle, car le pH régit un grand nombre d’équilibres physicochimiques. Le pH des eaux naturelles varie normalement en fonction du système bicarbonates-carbonates. Dans les eaux naturelles, peu soumises à l’activité humai-

20

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

ou plus alcalins que l’échelle théorique du pH alors existante. Le milieu de l’échelle, 7, correspond au point neutre. L’échelle de pH est logarithmique, ce qui fait qu’une différence d’une unité de pH correspond à un changement dix fois plus grand. Par exemple, l’acidité d’un échantillon de pH 5 est dix fois plus grande que celle d’un échantillon de pH 6. Une différence de deux unités, soit de 6 à 4, signifie que l’acidité est 100 fois plus élevée. Fait intéressant : à pH 3,6, l’eau est 100 fois plus acide que l’eau de pluie normale, dont le pH est de 5,6.

pH et traitement d’eau

Les valeurs de pH se retrouvent dans une échelle indiquant l’acidité ou l’alcalinité d’un échantillon liquide. Cette échelle est typiquement divisée en unités allant de 0 (acidité maximum) à 14 (alcalinité maximum). En fait, depuis quelques années, cette échelle s’est étendue de -2,00 à 19,99 à la suite de la découverte de produits chimiques s’étant avérés plus acides

Lors du processus de traitement d’eau, la concentration d’ions d’hydrogène peut être modifiée sensiblement. La chloration tend à abaisser le pH tandis que l’adoucissement de l’eau à l’aide du procédé chaux/soude l’élève. L’efficacité des procédés de coagulation et de floculation dépend en grande partie du pH, et il est d’usage courant, dans le traitement de l’eau, d’ajuster le pH. L’efficacité de la filtration est, dans certains cas, également fonction du pH.


LE P HÉNOMÈN E DE LA M ESU RE DU P H

Mesure du pH Plusieurs méthodes de mesure de pH ont été popularisées au fil du temps, incluant la mesure à partir de papier tournesol (« litmus »), la mesure colorimétrique nécessitant l’ajout d’un réactif dans un échantillon, et la mesure électrochimique, également appelée potentiométrique, qui s’avère la plus communément utilisée en raison de sa simplicité et des valeurs numériques qu’elle procure.

l’instrument à intervalles réguliers avec son électrode en utilisant des tampons frais adéquats, maintenir le bulbe hydraté (dans la solution d’entreposage) afin de favoriser l’échange ionique (rapidité de réponse et pente optimales), nettoyer et rincer l’électrode après utilisation à l’aide des solutions appropriées afin d’éviter tout problème de contamination.

Innovations

le marché des pH-mètres plus sophistiqués à microprocesseur analysant le courant en mV généré par les mesures du zéro et de la pente, fournissant entre autres à l’utilisateur des informations fort utiles sur la condition de l’électrode, le temps de réponse qu’elle procure, l’état de contamination des tampons, etc. Ce phénomène de la mesure du pH demeure donc en constante évolution ! Qui sait ce que l’avenir lui réserve ? ■

Il y a quelques années, sont apparus sur

Cette mesure est exécutée à l’aide d’une électrode pourvue d’un bulbe de verre muni d’une jonction de contact, dont le potentiel varie en fonction de la concentration des ions d’hydrogène suivant l’équation de Nernst (relation mathématique entre l’activité de l’ion à mesurer dans la solution et le potentiel mesuré entre l’électrode de mesure et l’électrode de référence). Ce potentiel est mesuré à l’aide d’un potentiomètre à haute impédance, communément appelé pH-mètre.

Influence de la température La température produit des effets importants sur la mesure du pH. La différence de potentiel par unité de pH varie de 59,16 mV/unité de pH à 25 °C (55 mV/unité à 5 °C et 66 mV/unité à 60°C). Les changements de température modifient également l’équilibre ionique de tous les acides et bases présents dans un échantillon d’eau. Lors de la mesure de pH, une correction peut être effectuée grâce au dispositif de compensation de température dont sont pourvus la plupart des instruments de mesure de pH électroniques fournis sur le marché. Cette compensation peut être manuelle (la température de l’échantillon doit être entrée manuellement) ou automatique (l’instrument compense automatiquement en ramenant la mesure de pH obtenue à une température donnée, soit 20 °C).

Importance de l’électrode L’électrode de pH constitue sans aucun doute l’élément clé d’une mesure de pH adéquate. Il n’est donc pas surprenant que la plupart des fabricants qui offrent une quinzaine de modèles de pH-mètres offrent également plus d’une centaine de modèles d’électrodes. Les caractéristiques du verre, le matériau du corps de l’électrode, le type, le nombre et la configuration de jonctions ainsi que le type d’électrolyte doivent être soigneusement sélectionnés afin d’assurer la compatibilité optimale de l’électrode avec l’application et ainsi éliminer la prise de mesures erronées. Une fois la sélection de l’électrode effectuée adéquatement, il est essentiel de suivre quelques précautions d’usage afin d’obtenir le plein rendement de l’ensemble pH-mètre/électrode : étalonner Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

21


LE MUNICIPAL

LE CASSE-TÊTE D’UNE CRUE DES EAUX

exceptionnelle 1 partie re

Christian Sauvageau directeur, Service de l’hygiène du milieu Ville de L’Assomption u s i n e f i l t ra t i o n @ v i l l e . lassomption.qc.ca

La ville de L’Assomption a récemment fait face à une situation hors de l’ordinaire qui aurait pu résulter en l’absence de distribution d’eau potable. En effet, en raison de la crue des eaux, la conduite d’approvisionnement en eau brute a été complètement bloquée, nécessitant ainsi des manœuvres d’urgence pour rétablir la situation. Ces opérations vous sont expliquées dans le présent article.

Mise en situation La rivière L’Assomption prend sa source dans le parc du mont-Tremblant dans le lac du même nom. Naturellement, elle draine un bassin versant de plusieurs kilomètres jusqu’à son embouchure qui s’ouvre sur le fleuve St-Laurent, à la hauteur de la ville de Repentigny. En raison de l’importante quantité de neige tombée l’hiver dernier, le débit de la rivière L’Assomption a dépassé le seuil maximum des 30 dernières années avec une pointe de débit à 350 m3/s. L’ancien record date d’il y a près de 20 ans. Ce débit important a apporté ainsi son lot de débris, entre autres du bois, du sable, du gravier, etc., qui a complètement obstrué la conduite d’approvisionnement en eau brute du Centre de traitement d’eau Jean-Perreault de la ville de L’Assomption.

Événements du 22 avril 2008 Vers 5 h 30, le matin du 22 avril 2008, le personnel affecté à l’opération du centre de traitement d’eau constate que le niveau du bassin d’arrivée d’eau brute 22

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

diminue rapidement. Ce bassin est un réservoir tampon où est pompée l’eau, venant par gravité de la conduite d’approvisionnement en eau brute vers la filière du centre de traitement d’eau potable. La raison de cette diminution de niveau : l’obstruction de la conduite, ce qui empêchait le bassin de pompage de maintenir son niveau stable.

Cette dernière est finalement arrivée vers 16 h et a été installée directement dans la rivière avec l’aide d’une grue (voir photo #2). En fixant le boyau de cette pompe directement dans le bassin d’eau brute, le centre de traitement d’eau a pu redémarrer sa production vers 17 h; le niveau dans les réserves d’eau potable a ainsi augmenté et la pression a été graduellement rétablie au cours de la soirée.

Dès ce moment, des manœuvres ont été effectuées rapidement pour débloquer cette conduite, mais sans succès. Devant ce fait, le plan B a été mis en œuvre, car il devenait impossible d’approvisionner en eau brute la filière du Centre de traitement d’eau Jean-Perreault. Le plan B se décline comme suit : • diminution graduelle de la pression d’eau dans le réseau, soit de 80 à 40 psi, afin d’empêcher le niveau des réserves d’eau potable de diminuer rapidement; • location d’une grue; • location d’une pompe submersible installée directement dans la rivière pour ainsi remplir le bassin d’eau brute; • formation du comité de mesures d’urgence; • préparation de points de distribution d’eau embouteillée, soit trois endroits localisés dans la ville au cas où il y aurait pénurie d’eau potable; • communiqué et conférence de presse sur l’état de la situation. Le délai pour la livraison des équipements ci-dessus mentionnés étant d’au moins trois heures, il fallait également trouver une source d’alimentation temporaire pour remplir le bassin d’eau brute, sans quoi il devenait pratiquement certain que les réserves d’eau potable seraient complètement à sec dans un délai de quatre heures. Dès lors, le soutien du Service de sécurité incendie a été nécessaire pour effectuer le remplissage du bassin d’eau brute à l’aide de leurs camions autopompes. Cette situation a prévalu jusqu’à l’arrivée de la pompe submersible de location.

Des manœuvres afin de débloquer la conduite d’approvisionnement en eau brute ont été planifiées pour le lendemain, soit le 23 avril 2008. Les actions d’une compagnie spécialisée de lavage à haute pression ont permis de débloquer cette conduite tard dans la nuit du 23 au 24 avril 2008. Dès ce moment, le centre de traitement d’eau a pu être alimenté normalement et la pompe installée dans la rivière arrêtée, mais tout de même laissée en place le temps que la crue printanière soit terminée. Cependant, en débloquant la conduite d’approvisionnement en eau brute, les débris de sable, de bois et de gravier se sont relogés dans le bassin de pompage, nécessitant également un nettoyage à être planifié assez rapidement. Malgré ces événements, en aucun moment il n’y a eu absence de distribution d’eau potable ou d’émission d’avis d’ébullition. L’eau potable a toujours respecté les normes en vigueur et le bureau régional du MDDEP a été tenu au fait des démarches pour résoudre cette problématique. Nous verrons, dans le cadre d’un second article, l’autre problématique survenue le 25 avril 2008 et aussi ce que la ville de L’Assomption prévoit faire pour minimiser les impacts s’il y a récidive dans les années à venir. ■


SUR LE RADAR

LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS

John Cigana ing., Msc.A. vice-président, Développement des affaires et marketing John Meunier inc. jcigana@johnmeunier.com

La pluie. Rien de plus banal que la pluie. Non ? Les eaux pluviales ont généralement été considérées comme inoffensives, aussi bien par le grand public que par les autorités scientifiques. La pluie tombe du ciel et semble sans conséquence sur l’environnement. Certes, elle cause, lors d’événements exceptionnellement violents, des inondations ou des érosions importantes. Sinon, pour la plupart des citoyens, l’eau de pluie est considérée comme « non polluée » et « innocente ». La réalité de l’eau de pluie est tout autre. L’eau de pluie se charge, au contact de l’atmosphère et des surfaces imperméables (sol, asphalte, etc.), d’une foule de polluants : matières en suspension (M ES), matières organiques

dent à disparaître au profit de surfaces entièrement imperméables. Une pluie qui, auparavant, pouvait s’infiltrer et percoler dans le sol est maintenant une pluie ruisselant sur une surface imperméable. Le ruissellement des eaux pluviales croît avec le degré d’urbanisation d’une agglomération urbaine. Ces eaux de ruissellement sont alors canalisées vers des réseaux de collecte afin d’en assurer l’évacuation.

Réseaux de collecte combinés et séparatifs Il existe deux types de réseaux de collecte : les réseaux de collecte combinés (ou unitaires) et les réseaux de collecte sanitaires et pluviaux (ou séparatifs). Dans les deux cas, l’objectif est de diriger les eaux usées sanitaires vers une station de traitement afin d’en assurer l’épuration. La seule différence : les réseaux combinés sont conçus pour admettre à la fois le débit sanitaire et une fraction du débit pluvial tandis que le réseau séparatif rejette le débit pluvial sans traitement vers le milieu récepteur. Les réseaux combinés ont atteint leur apogée au Québec dans les années 1960.

[…] quelques débordements d’égouts unitaires par année peuvent annuler les bienfaits d’une année complète et rigoureuse d’une usine de traitement des eaux usées. (mesurées en DBO ou DCO), hydrocarbures, métaux lourds (Pb, Cd, Zn, etc.), minéraux (N, P) et autres. Les résultats des recherches des dernières 10 à 15 années reflètent tous la même tendance : les eaux pluviales sont loin de l’eau « pure » tombant du ciel. Pire, elle ne serait jamais soupçonnée d’être à l’origine de dommages environnementaux importants et de la dégradation de plusieurs fleuves, lacs et rivières.

Collecte et gestion des eaux pluviales urbaines Le rôle des eaux pluviales dans le cycle de l’eau urbain commence par le ruissellement des eaux de pluie. Cette situation devient d’autant plus complexe en zone urbaine et périurbaine. Les méthodes naturelles (pelouse, bosquet, végétation, etc.) bloquant et ralentissant le ruissellement des eaux pluviales ten24

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Depuis, on leur préfère les réseaux séparatifs. En ce qui concerne la conception des réseaux combinés, un compromis acceptable doit être atteint entre l’efficacité et le coût. La pratique moderne dicte les règles et paramètres retenus afin de concevoir un système combiné économique et capable de recevoir le maximum des débits sanitaires et pluviaux. C’est à ce moment que les choses se corsent et que l’eau pluviale perd son innocence. Le volume d’eau pluviale rejoignant le réseau de collecte est souvent très important, dû à un fort coefficient de ruissellement des surfaces urbaines imperméables. Lors de ces événements pluviaux, les capacités hydrauliques des conduites du réseau combiné sont atteintes et, parfois, dépassées. Dans ce cas, l’excédent de la capacité des conduites (incluant le débit sanitaire brut) est déversé sans

aucun traitement dans le milieu récepteur (fleuve, rivière, ruisseau). Une étude de la Water Pollution Control Federation, l’ancêtre de l’actuelle Water Environment Federation, estimait que 95 % du débit sanitaire pouvait être déversé dans le milieu récepteur lors d’événements d’importance (WPCF, 1989). Ces déversements d’effluents sanitaires bruts souillent évidemment tout l’écosystème du cours d’eau en question. Ces déversements dans le milieu récepteur sont connus sous le nom de débordements d’égouts unitaires, mais sont plus souvent désignés sous leur vocable anglais, les CSO, pour Combined Sewer Overflow (et SSO pour Sanitary Sewer Overflow). Et nous voilà passés de l’innocence à la culpabilité : c’est bien la présence excessive de l’eau de pluie dans les réseaux de collecte qui en cause le débordement et la dégradation du milieu récepteur. Le passage des réseaux unitaires aux réseaux séparatifs est-il une solution ? Certes, dans un égout séparatif, les eaux usées rejoignent entièrement la station d’épuration pour être traitées… Mais qu’en est-il des eaux pluviales ? Ne sont-elles pas toujours rejetées dans le milieu récepteur sans traitement aucun ?

CCME : Conseil canadien des ministres de l’Environnement Il est intéressant de mentionner que le CCME, dans sa Stratégie pancanadienne sur la gestion des effluents d’eaux usées municipales, désigne clairement les débordements d’égouts unitaires comme une cause importante de la dégradation du milieu récepteur. La gestion des débordements d’égouts ne fera qu’augmenter en importance au Québec et au Canada dans les prochaines années. Souvent négligé, le traitement des débordements d’égouts unitaires représente pourtant une des premières actions à entreprendre afin d’assurer la qualité et la pérennité des fleuves, lacs et rivières. En effet, quelques débordements d’égouts unitaires par année peuvent annuler les bienfaits d’une année complète et rigoureuse d’une usine de traitement des eaux usées. Alors, toujours prêt à clamer l’innocence et la pureté des eaux de pluie ? ■


EAU, TOUR DU MONDE

RETOUR SUR LE SALON ENVIRONNEMENTAL IFAT,

le plus important du genre Federation) attirent, bon an mal an, 13 000 et 20 000 visiteurs respectivement.

François Bédard ing., M.B.A. président, Fontaine International francois.bedard@ hfont aine.com

La 15e édition du salon international de l’Eau, des Eaux usées, des Matières résiduelles et du Recyclage s’est déroulée à Munich, en Allemagne, du 5 au 9 mai dernier. Pendant l’événement, plus de 120 000 visiteurs de 163 pays ont passé les tourniquets du mégacentre des congrès de Munich pour participer au plus grand salon international des technologies de l’environnement. De ces nombreux visiteurs, plus de 40 000 provenaient de l’extérieur de l’Allemagne, une augmentation de plus de 18 % par rapport à l’édition précédente tenue en 2005. Il n’y a plus aucun doute, IFAT représente la plus grande foire environnementale au monde. À titre comparatif, chez nos voisins du Sud, les salons ACE de l’AWWA (American Water Works Association) et WEFTEC de la WEF (Water Environment

Cette année, à IFAT, plus de 2 560 exposants ont affiché tout leur potentiel dans les 4 secteurs environnementaux marquant l’événement. Le Québec et le Canada étaient bien représentés par une délégation organisée par Export Environnement. La mission a été rendue possible en partie grâce à la participation du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) du Québec et du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) du Canada. Le pavillon du Québec-Canada a encore une fois cette année été un lieu stratégique d’échanges et de discussions pour les participants. Les objectifs de participation à un tel salon varient. Certaines personnes se font un devoir de participer à cet événement de façon à évaluer les technologies émergentes et pour dénicher les perles rares qui ont un potentiel commercial au Québec. La visite de fournisseurs, la création d’alliances scientifiques ou commerciales, l’évaluation de nouveaux marchés, le soutien des agents locaux ne constituent qu’un aperçu des raisons pertinentes à une participation à ce salon. Personnellement, à titre de représentant de Fontaine, ma présence à ce salon me per-

Nous connaissons les eaux du Québec Depuis plus de 30 ans, Parkson fournit aux municipalités québécoises des technologies supérieures et économiques pour le traitement des eaux potables et des eaux usées.

une division de FILTRUM inc.

Réacteur biologique à culture fixée et média fluidisé Geo-Reactor®

ENTREPRENEUR EN MÉCANIQUE MUNICIPALE ET INDUSTRIELLE Mécanique de procédé Instrumentation et contrôle Entrepreneur général Tuyauterie industrielle

Atelier d’usinage Plomberie Électricité Soutien à la formation

Système de traitement des eaux usées Biolac®

Nos dégrilleurs autonettoyants Aqua Guard®, notre système d'aération à fines bulles Biolac®, notre filtre à sable DynaSand® et notre décanteur à plaques inclinées Lamella® sont parmi nos marques de commerce les plus connues. Mais nous offrons beaucoup plus. Que ce soit pour la nitrification, l'enlèvement de Phosphore, la déshydratation, l'écumage, l'épaississement des boues, le tamisage ou le traitement des solides ou du sable, nous avons ce qu'il faut.

www.filtrum.qc.ca 430, rue des Entrepreneurs, Québec (QC) G1M 1B3 Tél. : 418 687-0628 • Téléc. : 418 687-3687 3500, 1re Rue, St-Hubert (Qc) J3Y 8Y5 Tél. : 450 676-8558 • Téléc. : 450 676-1399

ISO 9001 (2000)

Filtres à lavage continu DynaSand®

205-1000 boul. St-Jean Pointe-Claire (QC) H9R 5P1 Tél. 514 636.8712 Fax. 514 636.9718 www.parkson.com

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

25


R E T O U R S U R L E S A L O N E N V I R O N N E M E N TA L I F AT, L E P L U S I M P O R TA N T D U G E N R E

met, en plus de rencontrer une multitude de clients potentiels que l’on ne pourrait

jamais rencontrer autrement, d’évaluer les concurrents, leur approche commerciale et leur technologie.

Le fait que le salon ne se tienne qu’une fois tous les trois ans, […] permet aux participants de mieux se préparer et de faire de leur visite un événement marquant.

Mesuree dee débit en n eaux x usées

IFAT a su encore une fois confirmer qu’il était l’événement de prédilection des découvertes des nouvelles technologies environnementales. Le fait que le salon ne se tienne qu’une fois tous les trois ans, et ce, contrairement à la grande majorité des autres foires du genre, permet aux participants de mieux se préparer et de faire de leur visite un événement marquant. Les exposants du secteur de l’eau, particulièrement, n’ont pas lésiné sur les moyens pour exposer les équipements qu’ils fabriquent. Fabricants de pompes, robinets, dégrilleurs, presses, vannes, équipements de contrôle, moteurs, produits chimiques et biologiques, tuyaux, métaux, processus de traitements, etc., tous sont présents et en grand nombre. Les professionnels de l’eau, les ingénieurs et les techniciens en ont donc profité pour découvrir les nouveautés et se mettre au parfum des tendances des marchés, souvent autres que le leur. Plusieurs firmes et manufacturiers œuvrant au Québec y étaient présents. Des firmes du secteur de l’eau comme Dagua, Sonitech, Veolia, Fontaine et Degrémont participaient cette année au salon.

Débitmètre e Stingray • Mesure e de e niveau/vitesse/température • Étude e de e débitss d’infiltration n surr le e réseau

Débitmètre e Dopplerr DFM M 5.0 • Eau u chargée e en n MES S ou u aérée e en n conduite e fermée • Traitementt digitall du u signall de e mesure

John Meunier, votre spécialiste en traitement de l’eau! John n Meunierr Inc. instrumentation@johnmeunier.com www.johnmeunier.com Tel:: 514-334-7230

26

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Certains délégués québécois ont pour leur part joint le programme de jumelage organisé par le salon. Selon M. Sylvain StCyr d’Export Environnement, les personnes ayant participé à ce programme ont signifié un haut taux de satisfaction. Les exposants, quant à eux, ont affirmé tout au long de l’événement que les contacts étaient prometteurs. M. St-Cyr qualifie la participation québécoise de grand succès et confirme un retour lors de l’édition d’IFAT 2011.

Une idée verte de génie… Fait intéressant à transposer lors de grands événements au Québec : les visiteurs du salon ont pu utiliser leur billet d’admission comme titre dans les transports en commun de la ville lors de la journée de leur visite. Les exposants, quant à eux, ont reçu une carte de transport valide pour la durée du salon. Voilà un geste d’une grande sagesse étant donné la nature environnementale de l’événement. ■


AGITATION LÉGISLATIVE AUTOUR DU STATUT DE L’EAU AU QUÉBEC

LE JURIDIQUE

Me Hervé Pageot Avocat en droit de l’environnement Daigneault, Cabinet d’avocats herve.pageot@rdaigneault.com

La question du statut juridique de l’eau a refait surface à l’Assemblée nationale ce printemps. Le 5 juin 2008, la ministre Beauchamp a présenté un projet de loi (PL92) affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection. Ce projet de loi vise la poursuite de la mise en œuvre de la Politique nationale de l’eaui. Selon l’article 1 du PL92, « l’eau de surface et l’eau souterraine, dans leur état naturel, sont des ressources qui font partie du patrimoine commun de la nation québécoise et qui ne peuvent être appropriées, sauf dans les conditions définies par la loi, dont le Code civil ». Généralement utilisée en droit international, cette notion de « patrimoine commun » renvoie aux principes de nonappropriation et de responsabilisation commune. La notion de patrimoine commun s’oppose ainsi à celle de marchandise. Dans un contexte où certaines régions des États-Unis sont déjà confrontées à des stress hydriques, cette question est loin d’être théorique. On comprend en outre que l’énoncé de l’article 1 tente de mettre fin à l’incertitude entourant l’interprétation des dispositions du Code civil du Québec quant à l’attribution du statut de « bien commun » aux eaux souterraines. Corollaire de ce principe, chaque personne physique a, dans le cadre de la loi, le droit d’accéder à l’eau potable pour son alimentation et son hygiène (article 2, PL92). Ce libellé est révélateur de l’approche contemporaine qui considère l’accès à l’eau potable comme un droit humain, donc inhérent à la personne humaine et ainsi inaliénable. L’emploi de termes aussi larges n’est cependant pas sans soulever des questions d’application. Néanmoins, cette approche fait écho aux débats récents quant à une éventuelle reconnaissance officielle en droit international de l’accès à l’eau potable comme un droit de l’homme. Par ailleurs, la protection, la restauration, la mise en valeur et la gestion des ressources en eau sont déclarées d’intérêt général et concourent à l’objectif de développement durable (article 3, PL92). Il faut souligner que le PL92 confère au procureur général le pouvoir d’intenter contre l’auteur des dommages à la ressource en eau (notamment l’altération de ses propriétés physiques, chimiques ou biologiques, de son potentiel écologique ou de son état quantitatif) une action en réparation ayant pour fins la remise en l’état, des mesures compensatoires et le versement d’une indemnité au Fonds vert. Au titre de la gouvernance de l’eau, le PL92 officialiserait la gestion par bassin-versant des ressources en eau. Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, responsable de l’application de cette loi, pourrait pourvoir à la désignation ou à la constitution d’un organisme ayant pour mission de réaliser et de mettre en œuvre un plan directeur de l’eau. Il aurait également le pouvoir de préciser le contenu type de ce plan et d’en déterminer les conditions de réalisation et de mise en œuvre. Le PL92 viendrait également modifier le régime existant d’autorisation de prélèvement d’eau en refondant la section V du chapitre 1 de la Loi sur la qualité de l’environnementii (LQE). Les prises d’eau d’alimentation ne seront plus visées par l’article 32, mais plutôt par une sous-section constituée de nouveaux articles, soit de 31.74 à 31.107. Ainsi, sauf exception, tout prélèvement d’eau de surface ou d’eau souterraine serait subordonné à un nouveau régime d’autorisation du ministre. Si ce pouvoir est exercé de manière à assurer la protection des ressources en eau, toute décision du ministre devrait viser à « satisfaire en priorité les

besoins de la population en matière de santé, de salubrité, de sécurité civile et d’alimentation en eau potable ». La validité d’une autorisation ministérielle de prélèvement d’eau serait désormais de 10 ans. Le ministre pourrait également restreindre ou faire cesser un prélèvement autorisé s’il est d’avis qu’il présente un risque sérieux pour la santé publique ou pour les écosystèmes aquatiques. Une telle ordonnance ne donnerait lieu à aucune indemnité de la part de l’État et prévaudrait sur toute disposition inconciliable d’une loi, d’un règlement ou d’un décret ! Les prélèvements d’eau dans le bassin du fleuve Saint-Laurent (Bassin) à des fins de transfert hors de celui-ci feraient cependant l’objet de dispositions particulières (futurs articles 31.88 à 31.104, LQE) qui permettraient la mise en œuvre au Québec de l’Entente sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent (Entente) du 13 décembre 2005, signée par le Québec, l’Ontario et les États américains limitrophes. En vertu du futur article 31.90, il serait désormais interdit de transférer hors du Bassin de l’eau qui y est prélevée. Les prélèvements existants ne seraient cependant pas visés pour autant que la quantité d’eau ainsi transférée n’excède par la quantité autorisée, de même que l’eau prélevée pour être commercialisée à des fins de consommation si elle est emballée dans le Bassin et dans un contenant de 20 litres ou moins. Néanmoins, de nouveaux transferts ou prélèvements pourront être autorisés à certaines conditions par le ministre en vertu d’une procédure impliquant dans certains cas le Conseil régional des ressources en eaux des Grands Lacs et du fleuve SaintLaurent ainsi que les parties à l’Entente. Tel serait notamment le cas pour l’approvisionnement d’un système d’aqueduc desservant la population d’une municipalité dont le territoire est situé en partie dans le Bassin et celle située à l’extérieur du Bassin, mais faisant partie d’une MRC se trouvant en partie à l’intérieur du Bassin. Enfin, le PL92 intègre dans la LQE les dispositions de la Loi visant la préservation des ressources en eauiii qui par la même occasion est abrogée. Les nouveaux articles 31.105 à 31.107 réaffirmeraient ainsi dans des termes identiques l’interdiction des transferts d’eau hors Québec, sous réserve cependant des transferts autorisés en vertu des dispositions précédentes. Les débats entourant l’adoption de ce projet de loi s’annoncent des plus intéressants et seront à n’en point douter d’une importance première pour le futur statut juridique de l’eau au Québec. ■

Gouvernement du Québec, L’eau, la vie, l’avenir, Politique nationale de l’eau, Québec, 2002. ii. LRQ, c. Q-2. iii. LRQ, c. P-18.1 i.

Participez à notre toute nouvelle section Courrier des lecteurs en nous faisant parvenir vos com-

mentaires, réactions ou opinions relativement aux textes et entrevues publiés dans nos pages. Les textes doivent être envoyés par courriel à l’adresse suivante et contenir un maximum de 150 mots* : info@maya.cc * La rédaction se réserve le droit d’éditer les textes afin de respecter les formats. Toute personne nous faisant parvenir un texte consent à sa publication à la discrétion de la rédaction.

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

27


opinions et commentaires de nos lecteurs Je viens de lire avec intérêt l’éditorial « Histoire d’un verre d’eau » publié dans l’édition du printemps 2006 du magazine. J’ai trouvé l’introduction bien choisie et le point de vue intéressant. Il est vrai que la confiance du consommateur d’eau s’est dissipée et les raisons évoquées pour l’expliquer sont valables. J’aimerais vous donner une raison personnelle de mon manque de confiance, car elle n’a pas été nommée. Le mot « potable » est dans le milieu municipal mesuré selon quelques indices ou paramètres microbiologiques, organiques et inorganiques. Est-elle potable pour autant même si elle respecte les normes ? Selon ces critères, l’eau de la région de Shannon était potable, mais elle était dans les faits contaminée par les TCE. L’eau du fleuve récolte les effluents provenant d’exploitations agricoles, de papetières, d'industries lourdes et de centres urbains situés en amont. Les scientifiques savent que ces effluents nuisent aux populations de benthos et de poissons. Ils avouent qu’il est difficile de repérer les produits chimiques du mélange qui posent problème à la faune aquatique. On a même remarqué que certains poissons d’eau douce ont des problèmes de reproduction causés par des pesticides, des produits de dégradation industrielle, des œstrogènes naturels et de synthèse. Je demeure à Cap-Rouge dans la région de Québec. L’eau de mon robinet provient de l’usine de filtration de la ville de Sainte-Foy, qui elle s’alimente de l’eau du fleuve Saint-Laurent. Si je ne fais pas confiance à l’eau du robinet produite par ma municipalité, c’est pour la simple raison qu’elle ne contrôle pas la qualité de l’intrant. Dans ce cas-ci, les concentrations de contaminants et de produits chimiques contenus dans l’eau n’ont rien à voir avec les compétences de l’opérateur d’usine, de son travail indispensable, du maintien, de l’amélioration, du renouvellement des infrastructures et des sommes qui seront investies. Il y a longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un descendre au fleuve en face de Québec et prendre une tasse d’eau pour se désaltérer. Pourtant, c’est ce qu’on nous sert tous les jours. Jean-Guy Paquet Cap-Rouge Agence du revenu du Canada

Après avoir lu l’article de votre invité, M. Thomas Mulcair, dans l’édition d’hiver 2008, je tiens à corriger une perception de recul que M. Mulcair laisse sous-entendre dans l’application d’une tarification à l’usage de l’eau potable à St-Laurent. Étant moi-même résident de St-Laurent, je tiens à vous assurer que l’arrondissement utilise encore les compteurs d’eau pour calculer la taxe annuelle sur l’eau. Je suis certain que M. De Souza s’est empressé de vous dire la même chose. Guy R. Martin, ing. Directeur - Environnement / Développement durable Domtar inc.

Pour soumettre votre opinion ou vos commentaires sur l’un de nos textes ou sur tout autre sujet environnemental, veuillez vous rendre au www.maya.cc et cliquer sur l'onglet SOURCE.

28

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

Félicitations pour l’entrevue avec la famille Fontaine de Magog. Vous avez su nous faire découvrir une belle histoire de réussite. Il est bon de voir que nos entreprises québécoises peuvent rivaliser dans un contexte de mondialisation et tirer leur épingle du jeu. Maude Jolicoeur Écoconseillère, Laval

Je lis avec passion chaque édition du magazine SOURCE. Après avoir lu l’édition de l’automne 2007, j’ai décidé de vous faire part de mon opinion sur le dossier de la main-d’œuvre. Je suis diplômé du Cégep de Rivière-du-Loup depuis maintenant trois ans et j’occupe mon poste à l’usine de filtration et d’épuration depuis ce temps. À notre usine de filtration, nous procédons à une ozonation à l’eau brute, suivie d’une filtration lente et d’une désinfection à la monochloramine. Je crois sincèrement que nous faisons partie des services essentiels tout comme le sont les services hospitaliers, de pompiers ou policiers. Sans technicien-opérateur, il n’y a pas d’eau, et sans eau, comment un hôpital peut-il être fonctionnel ? Mais alors pourquoi les salaires sont-ils si mauvais ? Il nous faudrait un ordre professionnel comme celui des infirmières et infirmiers ou des policiers afin d’être reconnus par la population à notre juste valeur. Un article affirmait qu’il y avait une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Je peux affirmer que les salaires de 15 $ de l’heure et moins que nous recevons en région, comparés à ceux reçus dans les grands centres comme Montréal, Québec et Rimouski, ne participent en rien à réduire la pénurie. Certains collègues et consœurs ont, tout comme moi, déjà sérieusement songé à quitter le domaine pour se réorienter dans un milieu plus reconnu. Je trouve anormal que mon beau-frère soit soudeurmonteur et qu’il gagne 19 $ de l’heure à souder des lits d’hôpitaux ou des classeurs alors que de mon côté j’effectue un travail comportant beaucoup plus de responsabilités à un salaire inférieur. Je crois que nous réglerons la pénurie de main-d’œuvre lorsque les firmes privées d’exploitation et les municipalités se rendront compte que les gens compétents et aptes à analyser les problèmes doivent recevoir un salaire en fonction de leur tâche et de leurs responsabilités. Quant à la formation P-5... Je ne m’imagine pas voir le gars qui conduit la souffleuse en hiver s’occuper de suivre les dosages ou de faire des tests de laboratoire. Et je dis cela sans méchanceté. Ne croyez pas que je sois qu’un frustré. Je voulais simplement vous faire part de la réalité des gens qui travaillent dans le domaine de l’eau en région, puisque j’en suis. Ne lâchez pas votre bon travail, le magazine SOURCE est apprécié et lu par plusieurs dans notre belle région du Bas-St-Laurent ! Stéphane Dumais Technicien-opérateur, St-Jean-Port-Joli


LE S B O N S C O NTA CTS

Spécialiste du traitement des eaux municipales et industrielles Services offerts : gestion, exploitation et optimisation. Distributeur des compteurs d'eau Neptune. 20 275, Clark Graham, bureau 200 Baie d'Urfé, Québec, H9X 3T5 Télé. : 514-457-9991 • Téléc. : 514-457-9922 • Courriel : info@tekno.ca

communicationmarketing

organisation d’évènement identité d'entreprise publicité dépliant affiche stratégie développement site Web

info@maya.cc Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008

29


L’ E N V E R S D U D É C O R

Sources : Reuters, Umour.com et l’équipe de Source.

es, ouvell ets n s e j d des su avez Vous ecdotes ou aire part ? des anêt à nous f tout à d’intér parvenir le Faites aya.cc m @ o f in

NOUVEAU DÉFI !

Ancienne collaboratrice de votre magazine SOURCE, Me Hélène Lauzon faisait partie du cabinet d’avocats Lavery de Billy jusqu’à tout récemment. Reconnue pour son grand professionnalisme, Hélène a accepté de relever un nouveau défi en devenant présidente du Conseil patronal de l’environnement du Québec. Toute l’équipe de SOURCE lui souhaite beaucoup de succès dans ses nouvelles fonctions.

Une somme colossale ! Le jeudi 12 juin dernier, la fondation Garnier kids tenait la quatrième édition de sa soirée-bénéfice. Sous le thème « On écoute avec son cœur – rythme et passion », la soirée a permis d’amasser l’importante somme de 820 000 $. Par le passé, la fondation a appuyé financièrement plusieurs organismes pour des projets spécifiques, notamment ceux de l’Hôpital de Montréal pour enfants, de l’école pour enfants autistes Les pas géants, de l’école Oracle de Montréal pour les malentendants ainsi que ceux de l’Hôpital Sainte-Justine. Félicitations à toute l’équipe pour cette belle réussite !

Allons à Lyon !

Cette année, le salon Pollutec se tiendra du 2 au 5 décembre 2008 à Lyon. L’événement attend plus de 70 000 visiteurs. Vous pouvez toujours participer à la délégation québécoise en y réservant votre espace d’exposition. Pour ce faire, contactez Sylvain St-Cyr d’Export environnement au 450 552-3222 ou en écrivant à sylvain.stcyr@export-environnement.com. Profitez de l’occasion pour démontrer au monde entier votre savoir-faire !

Une machine à laver vraiment écolo ! Une machine à laver utilisant l’équivalent d’un seul verre d’eau par cycle de nettoyage pourrait être mise en vente en Grande-Bretagne l’an prochain afin de répondre aux préoccupations environnementales grandissantes. Selon l’entreprise Xeros qui commercialisera cette technologie, les nouvelles machines devraient utiliser moins de 2 % de l’eau et de l’énergie que requièrent les machines à laver traditionnelles, en plus de ne pas coûter plus cher à l’achat. De plus, son procédé laissera les vêtements secs, ce qui évitera de les sécher et de consommer de l’électricité. Ça, c’est du développement durable !

Et le gagnant ou la gagnante est…

Un peu d’humour…

Lors du dernier numéro, nous vous avions soumis un sondage afin de connaître votre opinion à l’égard de notre magazine. Les répondants de ce sondage avaient jusqu’au vendredi 4 avril pour nous retourner leurs formulaires et courir la chance de gagner une paire de billets pour un match du Canadien de Montréal. Vous avez été très nombreux à répondre et nous tenons à vous en remercier. Et la gagnante est…Madame Danielle D. Villemure, directrice générale de la municipalité de Charette.

30

Le magazine de l’eau au Québec SOURCE VOL. 4 NO 2 ÉTÉ 2008


Mauvaise nouvelle pour les micro-organismes! La ville de Montréal a choisi 28 réacteurs à rayons ultra-violets Sentinel MD pour la désinfection de l’eau potable des usines : Atwater Charles J. des Baillets

Débits de conception 1,500,000 m³/d 1,278,500 m³/d

Pierrefonds

176,200 m³/d

Caractéristiques des réacteurs UV: Diamètre: 1200 mm (48’’) Capacité: 130,000 m³/d chacun De plus en plus de municipalités du Québec sélectionnent des réacteurs à rayons ultra-violets CALGON pour satisfaire aux exigences de désinfection des eaux potables et usées.

Traitement des eaux et des boues Water and Sludge Treatment Tratamiento de aguas y lodos

2021, rue Halpern St-Laurent (Québec) H4S 1S3 Canada Tél. (514) 334-6721 ● Fax : (514) 332-1775 E-mail : mabarex@mabarex.com Web : www.mabarex.com


SOURCE_Printemps_2008