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* La poudreuse en argot du snowboarder

L’HIVER, LE FROID, LA NEIGE, LES VACANCES, LA MONTAGNE, LE REVIVAL DES ANNÉES 80 ET LA PASSION… BIEN PLUS QU’UN SIMPLE MAGAZINE SUR LES SPORTS DE GLISSE, LA PEUFFE* EST LE FRUIT DE RÉFLEXIONS, DE RECHERCHES ET DE SOUVENIRS QUAND AUX SPORTS DE GLISSE! ORGANISÉ EN TROIS CHAPITRES, LA PEUFFE VOUS DONNERA D’ABORD À RÊVER ET À PROGRESSER AVEC LA PARTIE «SENSATION NEIGEUSE» : DES ACTUS, DES INFOS, DES TIPS TECHNIQUE, DES DÉCOUVERTES DE SPOTS, DE PHOTOGRAPHES, DES DISCUSSIONS AVEC DES PROS… POUR RASSASIER LES CURIEUX

ÉDITO :


ET LES PASSIONNÉS, LES ACCROS AUX DÉCOUVERTES ET LES CHAMPIONS EN HERBE. UNE PARTIE IMAGES EN COULEUR VOUS FERA RAJEUNIR DE QUELQUES ANNÉES PUISQUE CE MOIS CI NOUS Y RETROUVERONT UN FLASH-BACK DANS LES 80’S, PARCE QUE BIEN PLUS QU’UN ÉPOQUE ET QU’UNE MODE, LES ANNÉES 80, C’EST TOUT UN CONCEPT. ET PARCE QUE LES SPORTS D’HIVER NE S’ARRÊTENT PAS À LA FERMETURE DES PISTES À 17H, MAIS QUE C’EST AUSSI TOUT UN MONDE ET UNE AMBIANCE, UN PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ, DE MODE, UNE CULTURE, ET DU PLAISIR, CE MAGAZINE VOUS PROPOSERA EN DERNIÈRE PARTIE UN APRÈS-SKI POUR ENCORE PLUS DE FUN!

POUR RASSASIER LES CURIEUX


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EDITO

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NEWS

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SENSATIONS NEIGNEUSES

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EVENT JO D’HIVER DE STOCHI

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PORTFOLIO JEREMY BERNARD

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ALTERNATIVE LE BOBSLEIGH

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TIPS LES BASES DU SKIEUR

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EXPÉRIENCE FROM SARAJEVO WITH LOVE

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INTERVIEW SOLVEIG ROSTAD

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MATOS 2014, SPÉCIAL SNOWBORDEUSE

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IMAGE

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APRÈS-SKI

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BONS BAISERS… DES PYRÉNÉES

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TENDANCES LES 8 TENDANCES 2014

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LA DRAGOSKI

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CULTURE SNOW ITW JULIEN MOUNIER

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STATION CHAPELCO/LA PLAGNE

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SOMMAIRE


6 NEWS

SNOW - LE NOUVEAU JEU VIDÉO

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Chaque année, les fans de freeski attendent LE jeu vidéo qui pourrait les faire patienter d’une saison à une autre, et, chaque année, une petite boite de production tente sa chance avec plus ou moins de succès. Je ne parle pas bien sur de la série SSX, complètement orientée arcade/grand n’importe quoi, qui n’intéresse pas vraiment les spécialistes du freestyle car bien trop irréaliste pour se rapprocher des tricks actuels. Apres Freakout, Jibbin/ Jibberish, Shred Sauce et autre Youriding Freeski 2, un nouvel éditeur suédois, Poppermost Productions, fait son arrivée dans le grand cirque hivernal avec Snow. Malgré un moteur graphique quelque peu en retard par rapport aux grosses productions actuelles, la dose de fun semble être au rendez-vous pour ce jeu qui devrait être gratuit sur le web. Points positifs : Poppermost s’est associé avec les grosses marques du milieu et quelques gros noms (Tanner Hall, Tom Wallisch et Russ Henshaw) pour faire de Snow un jeu de ski réaliste où vous pourrez balancer vos tricks dans un univers totalement ouvert, en backcourntry ou en snowpark. Pour ne rien vous cacher il devrait même y avoir du snowboard…

© Poppermost

S W E N © Toshiba

CAMÉRAS EMBARQUÉES - LES NOUVEAUTÉS TOSHIBA CAMILEO X-SPORTS Le japonais s’incruste dans le milieu de la caméra embarquée avec sa Camiléo X-Sports et reprend à quelques détails près toutes les caractéristiques des concurrents : la forme de la GoPro avec son caisson, une télécommande lumineuse comme la Drift et les possibilités vidéo que l’on connait maintenant bien, un écran LCD, une étanchéité à 60 mètres, du full HD à 60 images/s, de la photo en rafales ou en timelapse et le WiFi histoire de contrôler la caméra à distance, et de flinguer la batterie en un rien de temps… En revanche on peut saluer l’effort de Toshiba sur le prix de vente à 249 euros avec accessoires ! Résolution Full HD jusqu’à 1920x1080p (60 ips), 720p (120 ips).


NEWS 7

© Snowworld

© Desmarest

BIENTÔT DU SKI À PARIS !

Cet été du côté de la Nouvelle Zélande, et plus précisément dans la station de Cardrona, se déroulaient deux événements majeurs du freestyle mondial avec dans un premier temps la coupe du monde FIS de slopestyle, suivie de près par le désormais classique The North Face Freeski Open NZ qui comprenait des épreuves de slopestyle, halfpipe et big mountain. En slopestyle, sur les deux evennements, les athlètes internationaux du team Völkl ont clairement tout cassé, ne laissant aucune chance à leurs concurrents. Chez les hommes comme chez les femmes, l’Américain Nick Goepper et la norvégienne Tiril Sjastad Christiansen raflent les deux épreuves en slopestyle, tandis que le jeune Lyman Currier et la française Anais Caradeux s’imposent sur l’épreuve de half pipe du TNF Freeski Open NZ. A noter qu’en big mountain, le Suisse Greg Tuscher, freestyler bien connu des paris helvétiques, l’emporte devant Sam Smoothy et Sam Lee. RLa Suedoise Lotter Rapp s’impose chez les dames.

SKI FREERIDE - 20 PHOTOS D’ŒUVRES D’ART RÉALISÉES DIRECTEMENT SUR LA NEIGE PAR SIMON BECK

Simon Beck est un artiste originaire du sud de l’Angleterre. Sa passion : créer des fresques géantes directement sur la neige à l’aide de ses raquettes. La plupart de son temps, il le passe aux Arcs, dans les Alpes françaises, où Simon Beck a un chalet et © Simon Beck passe la majorité de ses hivers. Après avoir planifié la conception sur papier à l’aide d’un rapporteur et d’une règle, chaque pièce prend environ 10 heures à Simon pour réaliser son oeuvre sur la neige. Voici une sélection de 20 photos de ses différentes réalisations.Cela fait maintenant huit hivers que Simon Beck offre aux skieurs et snowboardeurs des Arcs ces fresques géantes réalisées avec ses pieds. Cet Anglais de 54 ans, diplômé d’Oxford en ingénierie scientifique et cartographe confirmé dans son pays, trouve son inspiration des landscapes vus en Angletterre. Il 2004, il décide de se lancer sur la neige des Arcs, après avoir acheter son studio près de la station.
« Je fais cela par plaisir. C’est un défouloir physique que je prolonge parfois jusque dans la nuit, grâce à une lampe frontale ».
Une activité non sans risque puisque l’artiste s’aventure sur des lacs gelés, où toutes les précautions sont bonnes à prendre.




Pour le moment, une démarche collaborative est en cours avec les collectivités de l’agglomération de Saint Quentin en Yvelines, afin de préparer les étapes administratives nécessaires à la venue de Snowworld. Un hôtel et des restaurants devraient venir se greffer aux pistes intérieurs, de quoi accueillir de nombreux touristes et skieurs à la recherche d’un nouvelle expérience pour leurs vacances ski. Notons que l’enseigne de vente de matériel de ski Skiset est associé à ce projet et apposera son nom à la location de matériel de ski. A l’instar des deux complexes présents au PaysBas, le complexe SnowWorld Ile de France pourrait également accueillir certains évènements de glisse, comme ceux organisés par exemple par Red Bull.

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S W

NICK GOEPPER ET TIRIL SJASTAD CHRISTIANSEN CASSENT TOUT CHEZ LES KIWIS

SnowWorld, présent déjà aux Pays-Bas via 2 complexes de ski indoor dont un à Zoetermeer qui regroupe 14 400m2 de pistes skiables, a annoncé le projet de construction d’un complexe de ski indoor (piste de ski d’intérieur) en Ile de France, en partenariat avec Skiset. L’investissement prévu est de plus de 50 millions d’euros et devrait générer la création de 200 emplois. Côté ski, le projet prévoit la construction de plusieurs pistes dont une de 300 mètres. Loin de proposer le paysage carte postale et l’air pur des stations de ski des Alpes ou des Pyrénées, le concept devrait permettre à certains de prévoir un week-end ski dernière minute de proximité. De quoi ravir les inconditionnels pendant toute l’année, été comme hiver puisque le complexe sera ouvert 365 jours par an. L’ouverture est programmée à partir de septembre 2016.


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I DE STOCH JO D’HIVER T N E V E ARD 10 EMY BERN FOLIO JER T R O P BSLEIGH 2 1 IRE DU BO O T IS H E IV RNAT 22 ALTE DU SKIEUR ES BASES L S IP ITH LOVE T 24 ARAJEVO W S M O FR E RIENC D 26 EXPÉ EIG ROSTA VIEW SOLV R E EUSE T IN 32 NOWBORD SPÉCIAL S , 4 1 0 2 S O 34 MAT

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S N O I T A S N SE S E S U E G I NE


10 ÉVENNEMENT

SOTCHI LA PEUFFE#0 JANVIER2014

À 100 jours de la cérémonie d’ouverture, la station balnéaire russe en termine avec ses derniers chantiers. Visite de ce site artificiel créé pour 36 milliards d’euros, soit les JO les plus chers de l’histoire. Près du village olympique d’Adler et du Radisson Blue, le palace qui accueillera les dirigeants du Comité international olympique (CIO), l’heure est aux finitions. Des ouvriers découpent et placent des carrés de pelouse, plantent des arbustes. L’important est de dissimuler aux yeux des prestigieux invités les stigmates d’un chantier hors normes: celui qui fera de Sotchi, station balnéaire prisée des curistes, le rendez-vous mondial de l’élite sportive d’hiver. À 100 jours du début des Olympiades russes, Thomas Bach est déjà sous le charme: « Nous sommes certains que les Jeux seront magnifiques », a déclaré le président du CIO devant Vladimir Poutine, remerciant son hôte pour son « extraordinaire coopération ». Pour l’instant, tel au début des travaux en 2010, la région vit dans la poussière et le bruit, au rythme des embouteillages. L’organisation d’un tel événement, dans un pays dépourvu de toute culture touristique alpine, et vierge d’installations ad hoc, a un prix. Sotchi 2014 devrait s’imposer comme les JO d’hiver de la démesure, comme si la Russie jouait son prestige dans cette compétition. Comme souvent dans ce pays, il s’agit d’un prestige de façade. « Tout sera prêt pour l’événement », se réjouissent Vladimir et Nina, deux retraités qui piquent-niquent sur un banc de Rosa Khoutor. Bien qu’elle accueille des touristes depuis 2003, cette petite station perchée à 600 mètres d’altitude prend des allures de village Potemkine. L’an prochain, elle sera accessible en 35 minutes par train, directement au départ du nouvel aéroport d’Adler. Massés le long de la place centrale, les hôtels de standing semblent encore déserts tandis que le McDonald’s n’a pas ouvert ses portes. Les écologistes locaux ulcérés À un jet de télécabine, 600 mètres plus haut, le site de Laura se prépare aux épreuves de ski nordique. Pour l’instant, le complexe de biathlon, entièrement bétonné, ressemble à une piste de karting qui attendrait la neige. Les spectateurs ne profiteront

pas de la splendide vue sur les montagnes du Caucase. Non seulement ils leur tourneront le dos, mais c’est de nuit, à la lumière de lampadaires ultrapuissants, qu’ils assisteront aux épreuves: une première dans l’histoire des Jeux d’hiver qui s’explique par le souhait des organisateurs de privilégier les retransmissions télévisées. Très « exigeant » physiquement, le tracé n’obéit pas aux caprices de la nature, mais à ceux de ses concepteurs. « Nous ne sommes pas en Norvège où tout est plat, et il y a peu de bosses ou d’obstacles naturels. C’est ce qui donne au stade son caractère artificiel et moderne », défend le chef du complexe, Andreï Markov. Sur l’autre versant sud-ouest de la montagne, où se déroulera le ski alpin, ce sont les humeurs de la météo que les organisateurs prétendent domestiquer. Sous ces latitudes humides et subtropicales, ces derniers craignent tout autant de brutales chutes de neige - un mètre d’épaisseur en une nuit n’est pas rare - que l’absence toute nette de flocons. Ils entendent parer à la première éventualité grâce à un parc de 43 dameuses, que même La Plagne, plus grande station française, est loin de posséder. Pour prévenir la seconde, près de 500.000 mètres carrés de bâches isothermiques ont été étalés l’hiver dernier. Cette protection artificielle a permis de limiter la fonte à 40 %, à la suite de quoi le manteau neigeux restant sera dispersé, courant février, sur les différents tracés. Un demi-million de mètres cubes de neige est également stocké. Un incroyable dispositif, complété par un arsenal de canons à neige d’une puissance trois fois supérieure à ceux des parcs alpins, alimentés par deux lacs artificiels d’une capacité de 130 000 mètres cubes. « En termes de volumes, tout ce qui est réalisé ici est inédit. On fait en cinq ans ce qu’on a mis cinquante ans à faire en France », s’enthousiasme un technicien occidental. Une débauche de moyens qui ulcère les écologistes locaux. « Ce n’est pas bien de bâtir de telles infrastructures dans un délai si court. La qualité sera forcément mauvaise et on en paiera les conséquences », s’alarme l’un des activistes, Vladimir Kimaev. Un exemple ? La stabilité du tremplin de saut à ski est sous menace permanente d’un glissement de terrain…


© Hortense Bédouelle

© Léa Camilleri

« ON FAIT EN CINQ ANS CE QU’ON A MIS CINQUANTE ANS À FAIRE EN FRANCE »

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ÉVENNEMENT 11


Martin Dupont, Les Deux Alpes

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JEREMY BERNARD


PORTFOLIO 13

Jérémy Bernard s’est véritablement fait connaître du grand public en 2011 lorsqu’il gagna l’award du meilleur photographe européen lors du premier photo contest de l’IF3 Europe. Photographe polyvalent, vous avez peut-être croisé sa moustache aussi bien sur le Freeride World Tour que sur le Nine Knights ou le Critérium de la Première Neige. Amateur de gros vélo, il officie également l’été pour changer de l’or blanc qu’il traque toute l’année. En effet, ce que Jérémy aime particulièrement dans la photo de ski, c’est pouvoir shooter des faces de big mountain et des champs de poudreuse tout autour du globe. Nous lui laissons la parole pour nous faire un bilan de son année riche de voyages et de projets hauts en Couleurs.

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Louis Faure, Val d'Isère


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Martin Dupont, Les Deux Alpes

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À gauche et à droite : Théo Marie, La Plagne 1800


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Timy Théau, Val Thorens Page de droite : Théo Marie, La Plagne 1800


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En savoir plus sur « Couleurs » : Série photographique composée de 13 photos Série limitée à 20 exemplaires par photo Imprimées sur papier Hahnemuhle Fine Art, Rag Bright White 310g/m2 Signées et numérotées à la main Encadrées sur mesure par l’Atelier à Annecy Taille avec cadre : 120×80 (950€) Taille sans cadre : 100×67 (750 euros)

Expositions : Espace Courrier, Annecy du 24 septembre au 6 octobre 2013 Bar à Vin « La nef des Fous », Annecy-Le vieux du 8 octobre au 8 novembre 2013 avec un vernissage le 11 octobre (toute l’équipe sera là pour vous offrir un verre). Adresse : 11 rue centrale, 74940 Annecy-le-Vieux Musée olymique de Lausanne (dates à définir)

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SALUT JÉRÉMY, PARLE-NOUS UN PEU DE CETTE EXPOSITION « COULEURS » QUI SE TIENT EN CE MOMENT AU CENTRE COMMERCIAL COURRIER À ANNECY. « Couleurs » est une série photographique composée de 13 photos. Elle est le résultat de 15 journées de shooting sur une période de 2 mois durant l’hiver 2013 avec l’aide de Jérémie Heitz et des deux frangins Falquet, Loris et Nicolas. Certainement le projet le plus dur auquel j’ai participé, mais de loin le plus excitant et créatif ! D’après une idée de Nicolas Falquet, nous avons peint la neige à l’aide d’un atomiseur et de pigments naturels. Une fois les pigments déposés sur la neige, les skieurs skiaient à travers, créant une gerbe de poudreuse colorée. L’idée était de donner un aspect différent à cette neige naturellement si blanche, créer des contrastes, des formes et des volumes diverses dans les gerbes de neige fraîche créées par le skieur. Nous sommes tous très fiers du résultats, la vidéo a générée beaucoup de vues l’hiver dernier et aujourd’hui c’est au tour des photos d’être présentées au public. J’ai créé une exposition autour de mes 13 photos, j’ai ajouté quelques portraits réalisés lors de ces shootings mais également des visuels parlant du making of, du pourquoi et du comment de la série « Couleurs » mais aussi du projet de Nicolas et Loris Falquet et Jérémie Heitz « Tri(p)—Color ». Les vidéos liées au projet sont également projetées sur grand écran. TU A L’AIR DE SHOOTER SOUVENT AVEC LES FRÈRES FALQUET ET JÉRÉMIE HEITZ, POURQUOI CE CHOIX ? En effet, je travaille souvent avec les 3 lascars. Jérémie m’a contacté pour un voyage en Amérique du Sud il y a maintenant 3 ans où nous sommes partis pendant 1 mois. L’hiver qui a suivi il m’a présenté à Nico et Loris puis nous avons commencé à travailler ensemble. J’aime beaucoup travailler avec eux, les 3 sont vraiment des mecs au top, d’excellents riders et ils ont de la suite dans les


PORTFOLIO 21

« JE ME RENDS COMPTE ÉGALEMENT QUE MA PHOTO PRÉFÉRÉE N’EST PAS FORCÉMENT LA PLUS BELLE »

AS-TU UNE ANECDOTE À NOUS RACONTER SUR LE TRIP QUE TU AS FAIS AVEC EUX EN PATAGONIE CETTE ANNÉE ? Mon dieu, il y en à trop pour n’en citer qu’une. Ce voyage au cœur de la Patagonie Chilienne était le plus dur de ma petite carrière. Le trip a été organisé par Fito et Chico (2 chiliens) en colaboration avec Timy Théaux de Val Thorens. C’est lui qui m’a mis sur le coup, j’ai donc ensuite invité Nico et Loris pour renforcer l’équipe. Il a plu jusqu’à 2000m pendant 8 jours de suite quand nous sommes arrivés sur place. La neige était très difficile à trouver et il nous était impossible d’y accéder en voiture. Nous devions marcher pendant des heures dans la forêt pour ensuite chausser les skis et les peaux de phoque pour se rendre au sommet. Beaucoup d’effort pour peu de ski mais au final un très beau voyage et une belle expérience humaine… QUELS SONT LES AUTRES RIDERS QUE TU AIMES PHOTOGRAPHIER ? Je travaille également avec d’autres riders Suisses comme Sam Anthamatten, Richard Amacker ou Nicolas Vuignier. La nouvelle génération quoi ! Mais aussi des français, comme Sam Favret, Cédric Pugin et Arnaud Rougier pour ne citer qu’eux. J’aime aussi beaucoup Oakley White-Allen, personnage charismatique et atypique du milieu. AS-TU UNE PHOTO PRÉFÉRÉE DE L’HIVER DERNIER ? Je n’ai pas de photo préférée. Cette année, tout tournait autour de « Couleurs » et nous y avons tous mis beaucoup d’énergie. Ce n’est pas à propos d’une photo, mais plutôt d’une série, d’un travail acharné et de bons moments passés avec toute l’équipe pour un résultat dont, comme je le disais plus haut, nous sommes tous très fiers. Encore merci Nico, Loris, Jérémie et tous ceux qui ont donné la main sur le projet. Ensuite, je me rends compte également que ma photo préférée n’est pas forcément la plus belle. Je participe de plus en plus à de beaux voyages, qui sont avant tout une belle aventure et de belles expériences de vie. Je crois que c’est ça qui rend une photo « ma photo préférée ». Elle doit raconter quelque chose, une histoire, un moment donné, des souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais. TOI QUI FAIS AUSSI DES PHOTOS DE VÉLO, QU’EST-CE QUI CHANGE AVEC LA PHOTO DE SKI ? J’adore la photo de vélo. A l’époque, quand j’ai appris la photographie je vivais à Whistler (j’y ai passé un an). Une fois la neige fondue, tout le monde a sorti son vélo. Je n’avais jamais fait du DH mais très vite des copains m’ont traîné sur les pistes

de Whistler. Au début, je ne faisais que shooter du vélo, je ne ridais pas. Aujourd’hui je crois que je préfère faire du vélo pour le plaisir que de shooter. Autrement, la photo de vélo m’a beaucoup appris. Il y a tellement de possibilités et d’angles de vues différents sur un seul et même chemin. Le terrain est beaucoup plus varié et permet plus de choses qu’un simple décor fait de blanc. Je pars d’ailleurs shooter pour Julbo au Guatemala fin novembre avec Fabien Barrel, j’ai hâte ! A PROPOS, POURRAIS-TU TE METTRE UN JOUR À LA PHOTO DE SNOWBOARD ? J’ai toujours voulu être créatif et proposer de nouvelles choses dans mes prises de vues. Certains snowboarders et photographes du milieu sont très créatifs, je regarde donc beaucoup leur travail. Malheureusement je n’ai pas d’amis snowboarders avec qui shooter, ni les contacts dans le milieu, mais oui j’aimerais beaucoup. RACONTE-NOUS CE TRIP « CHAMONIX-ZERMATT » AVEC POOR BOYZ PRODUCTION. « Chamonix-Zermatt » est une route célèbre des Alpes. Comme je disais, j’adore de plus en plus participer à de vraies aventures surtout lorsque les riders ne sont autres que des légendes du freeski : JP Auclair, Julien Regnier, Seth Morrison et même Glen Plake. C’était un super trip, nous avons trouvé de belles choses à faire sur la route. Parfois, il ne faut pas partir très loin de la maison pour vivre quelque chose d’extraordinaire… Sur la deuxième partie du voyage, nous n’avons pas été très chanceux avec la neige, le vent ayant tout plaqué et rendu beaucoup de faces non skiable. C’est la règle, tout ne peut être parfait et il faut savoir s’adapter. AS-TU DES CONSEILS À DONNER À CELUI QUI VOUDRAIT DEVENIR PHOTOGRAPHE PROFESSIONNEL ? Shooter, persévérer, shooter, rencontrer les gens, investir de l’argent dans du bon matériel et cela, même si tu es fauché. J’ai acheté mon premier boîtier avec l’argent que mon assurance m’a versé après avoir crasher ma 206 à l’époque. J’ai investi 2/3 dans du matos photo et 1/3 dans une autre bagnole (bien pourrie d’ailleurs) !

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idées. Tout ce qu’ils entreprennent est parfaitement réglé et la qualité de travail est optimale. Lorsqu’ils font quelque chose, ils le font à fond et vont au bout des choses. Tout cet univers m’apporte un confort de travail hallucinant, nous ne privilégions pas la quantité mais la qualité. Cela me convient parfaitement.


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HISTOIRE DU BOBSLEIGH

Il y a des moments dans la vie où l’on préférerait être ailleurs, mais qu’avec un peu de recul, on dégage tout de même du positif de ces moments. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui dans le cadre d’un de mes cours universitaires. Au lieu de perdre mon temps, j’en ai profité pour avancer notre travail de session sur le sport qu’est le bobsleigh du côté canadien.


ALTERNATIVE 23

En 1897, le premier club de bobsleigh au monde a été établi à St. Moritz, Suisse. En 1914, plus de 100 parcours de glace naturelle, de différents niveaux de sophistication, existaient dans les stations de villégiature d’hiver à travers l’Europe. Même si le bobsleigh a figuré comme l’un des sports originaux aux premiers Jeux olympiques d’hiver en 1924, ce n’était que vers la fin des années 1950 que les bobeurs canadiens ont commencé à concourir internationalement. Aux Jeux d’hiver 1964 à Innsbruck, Autriche, une équipe canadienne menée par Vic Emery a remporté la médaille d’or à l’épreuve de bob à quatre dans ce qu’un entraîneur canadien de cette ère a caractérisé comme « la plus grande victoire-surprise dans l’histoire du bobsleigh olympique. » Des années soixante-dix jusqu’au début des années quatre-vingts, le sport a lutté pour survivre au Canada, mais un petit groupe, la plupart d’entre eux étant anciens athlètes, a trouvé les moyens pour maintenir une présence internationale pour le Canada en dépit d’un budget minuscule. Le tournant pour le sport au Canada s’est produit quand la Ville de Calgary a réussi sa demande de présenter les Jeux olympiques d’hiver 1988. Des subventions importantes et un nouveau parcours de bobsleigh de 11 millions de dollars ont donné un énorme coup de main à l’équipe canadienne en difficulté. Avec leur propre piste pour l’entraînement et pour la compétition, les bobeurs canadiens ont commencé à grimper aux rangs internationaux. Aux Jeux olympiques de Calgary, les équipages canadiens sont arrivés entre 10e et 15e place aux épreuves de bob à deux et de bob à quatre. Une année plus tard, après avoir recruté comme entraîneur l’ancien Champion du Monde, le Suisse Hans Hiltebrand, Chris Lori a mené son équipage de quatre au premier titre de classement général de Coupe du Monde pour le Canada; un autre Canadien, Greg Haydenluck, a fini en deuxième place au classement général de bob à deux. ­Les succès en Coupe du Monde s’entassaient, et l’équipe canadienne a commencé à rivaliser avec les puissances internationales en bobsleigh, dont la Suisse et l’Allemagne. Aux Jeux

olympiques d’hiver 1992 à Albertville, Lori a manqué le podium d’une fraction de seconde à l’épreuve de bob à quatre, mais a tout de même réalisé le meilleur résultat jamais pour l’équipe (4e) aux Jeux depuis la victoire d’Emery plus de 28 ans auparavant. L’année suivante, le nouveau pilote canadien Pierre Lueders a fait une grande percée, remportant la médaille d’or en bob à deux à la première épreuve de Coupe du Monde de la saison 1992-93. Après avoir gagné son premier titre de Champion au classement général de Coupe du Monde en bob à deux en 1993-94, Lueders a mené le programme canadien encore plus loin : il est devenu le premier pilote dans l’histoire de Coupe du Monde à prendre tous les trois titres au classement général : bob à deux, bob à quatre et combiné — dans une seule

« UNE PRÉSENCE INTERNATIONALE EN DÉPIT D’UN BUDGET MINUSCULE » saison. Lueders a couronné cette saison de rêve par une médaille d’argent en bob à deux au Championnat du Monde 1995. En 1995-96, l’équipe canadienne a vu son meilleur résultat jamais au classement général de Coupe du Monde. Lueders et Lori sont arrivés deuxième et troisième respectivement au classement général et l’équipe a fini en deuxième place au classement général de Coupe des Nations. Au Championnat du Monde 1996, Lueders a fait équipage avec Dave MacEachern pour remporter sa deuxième médaille d’argent en bob à deux. Le puissant équipage Lueders a continué à faire impression, récoltant la médaille d’or en bob à deux aux Jeux olympiques d’hiver 1998 à Nagano, Japon. Lueders est reconnu comme le bobeur le plus réussi dans l’histoire du sport. Il compte plus de 90 médailles de Coupe du Monde et beaucoup de médailles de Championnat du Monde. Il a aussi deux médailles olympiques : l’or en 1998 et l’argent avec Lascelles Brown en bob à deux aux Jeux olympiques de 2006. Pierre continue à s’entraîner vers son rêve de gagner deux médailles olympiques en 2010. Lueders se voit entouré d’une nouvelle vague de pilotes de Coupe du Monde de bobsleigh : Lyndon Rush, Serge Despres and Trevor Irwin. Canada compte voir plus d’un membre de son équipe féminine de bobsleigh sur le podium en 2010.

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Alors que les Montréalais glissaient sur le célèbre toboggan Tuque Bleue aux années1870, c’était les Suisses qui ont fixé un mécanisme de pilotage sur l’engin pour lancer le sport du bobsleigh comme on le connaît aujourd’hui.


24 TIPS

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R E I SK X U E MI Les bronzés font du ski

À tous ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur le ski, pour frimer et eviter de passer pour un blaireau au final qui ne sait pas glisser, on vous propose un ensemble de rêgles de base pour la jouer tout schuss !


TIPS 25

PASSER CORRECTEMENT LES BOSSES COMMENT ABORDER UN TROU Les trous sont des obstacles fréquents dans une descente. Et ici, je parle des trous moyens, d’une profondeur encore modeste par rapport à la taille du skieur mais suffisants pour envoyer l’imprudent goûter les flocons de près Pour passer plus harmonieusement, il faut fléchir sérieusement les jambes avant d’aborder le trou. De la sorte, on peut instantanément détendre les jambes en arrivant dans le trou ce qui permet d’abord de bien garder le contact avec la neige et donc de mieux contrôler la position avant-arrière dans le trou d’éviter de chuter au fond du trou ou sur le bord opposé. Au sortir du trou, on fléchit à nouveau les jambes pour éviter de se faire projeter en l’air si le bord du trou est raide.

MAÎTRISER LE VIRAGE EN NEIGE PROFONDE

VIRAGE EN PENTE RAIDE

Imaginons que le virage dans une pente moyennement raide est de 20-30° en neige fraîche. Le virage en neige profonde demande un déclenchement important pour forcer les skis à changer d’orientation malgré la neige qui contrecarre le mouvement. Pour tourner, on doit accentuer le mouvement de flexion-extension par rapport à la piste. Car si l’on se contente de déclencher le mouvement de rotation en même temps que l’extension, la fin est beaucoup plus difficile à contrôler.

En premier lieu, le virage doit être bref car sinon, on prend une vitesse excessive pendant le virage. Sinon le dérapage est long, le contrôle difficile et risque de chute. Parade : tourner le buste fortement vers l’aval avant le virage, faire pivoter les skis rapidement et garder le buste dans la même orientation en fin de virage pour préparer le suivant . En deuxième lieu, il faut éviter que le talon des skis se heurte à la pente côté amont pendant le début de la rotation, ce qui gênerait fortement le virage. Lors de l’extension, il faut donc tirer le talon des skis vers le haut de façon marquée, en faisant comme si l’on cherchait à toucher les fesses avec le talon des chaussures. En troisième lieu, une pente raide oblige à ne pas évoluer les jambes trop écartées car cela amènerait à tendre la jambe aval et fléchir excessivement la jambe amont. Pas l’idéal pour contrôler la situation…

Ici encore, On va s’inspirer des techniques des compétiteurs. Un slalomeur garde le buste avec la même orientation, tourné vers le bas de la pente, tandis que les jambes et les skis tournent en fonction des virages. En début de virage, il faut tourner le buste vers l’aval avant le mouvement d’extension, voire avant le mouvement de flexion. Comme le buste est déjà tourné dans la bonne direction au moment où l’on doit déclencher vraiment le virage, un effort de rotation moindre suffit pour faire tourner les skis. En fin de virage, maintenez le buste orienté vers le bas de la pente, ce qui est un mouvement quelque peu contre-intuitif car les skis doivent continuer à tourner. Il faut éviter que le bras situé à l’extérieur du virage tourne en même temps que les skis. Il doit rester bien en arrière. Certains bons skieurs ne jugent pas nécessaire de tourner le buste avant le virage et ne commencent à tourner qu’au moment de l’extension. Ils s’en sortent simplement en dosant leur rotation de façon adéquate. Par contre, un point sur lequel la plupart des bons skieurs semble d’accord est qu’en fin de virage, le buste ne doit pas accompagner le mouvement de rotation des skis et doit rester tourné vers l’aval .

« À CHAQUE PASSAGE SA JUSTE COMBINAISON DE VIRAGES, D’ÉQUILIBRE, DE SAUTS, D’AMORTIS… »

ENCHAÎNEMENT DE VIRAGES L’exercice qui demande le plus de persévérance de la part du skieur. La principale raison tient à la position qu’il faut avoir en fin de virage, à savoir bien équilibrée (droite-gauche et avant-arrière) et le buste bien tourné vers l’aval, afin de démarrer tout de suite le virage suivant. Il n’est pas naturel de forcer les épaules à rester obstinément tournées vers le bas de la pente en permanence, et c’est pourtant bien ce qu’il faut faire pour enchaîner efficacement. Quand on aura appris à enchaîner les virages rapidement sur piste (de l’ordre de 8 virages en 10 secondes sur une pente de 20-30°), c’est que l’on aura forcément appris à orienter son buste vers le bas de la pente. On pourra alors passer en neige profonde et se concentrer sur les problèmes d’équilibre. A ce stade il n’y pas de recette miracle, trouver son équilibre en godille est affaire de pratique et les meilleurs skieurs reconnaissent leur impuissance dans de mauvaises neiges croûtées. Pour enchaîner au-delà d’une quinzaine de virages, il est essentiel de penser à respirer profondément. Une fois que ces différentes difficultés auront été résolues, les enchaînements peuvent apporter des satisfactions mémorables. À chaque passage sa juste combinaison de virages, d’équilibre, de sauts, d’amortis…

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Combien de fois n’ai-je pas vu une série de petites bosses, pas bien méchantes, envoyer un pantin désarticulé au tapis alors que les autres skieurs passent bien à la même vitesse ? La parade consiste à utiliser les jambes comme un amortisseur qu’on replie sur les bosses et qu’on détend dans les creux, de façon à ce que le buste suive une trajectoire aussi rectiligne que possible. Si l’on perd le contact avec la neige il devient en effet difficile de corriger la position (avant/arrière ou gauche/ droite). Utiliser les jambes comme amortisseurs pour garder le contact. Si l’on a un creux prononcé à franchir, on fléchit les jambes avant d’arriver au bord du creux, pour pouvoir détendre les jambes dans le creux et garder le contact avec la neige. En sortant du creux, on fléchit les jambes à nouveau pour éviter d’être catapulté en l’air et de retomber comme une crêpe.


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Voilà des années que nous en parlons, un road trip vers l’Est. La destination importait peu, pourvu que nous partions tous ensembles vers une culture et des montagnes que nous ne connaissions pas. La Bosnie s’est imposée au hasard de quelques discussions passablement documentées au sujet de son enneigement exceptionnel - soit disant jusque dans les vues de Sarajevo. Un an plus tôt, les gars de Niepwitz étaient revenus de la capitale bosniaque avec un film montrant une abondance de neige et une promesse de spots à la pelle.


Le petit jeu de Flo : décapiter les lampadaires devant l’objectif de Yann

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FROM SARAJEVO WITH LOVE


Sarajevo la bucolique et Robin qui en profite pour polir les rails de la cité

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AU SEIN DE L’ÉQUIPE GPSY FEELIN, LE SUJET EST ENCORE AUX LIMITES DU TABOU AUJOURD’HUI. LA DÉCISION DE PARTIR POUR LA BOSNIE A ÉTÉ PRISE SUITE À UNE INFORMATION SELON LAQUELLE UN METRE DE NEIGE AURAIT RECOUVERT SARAJEVO QUELQUES SEMAINES AVANT NOTRE DÉPART. C’EST DONC LA TÊTE PLEINE D’ESPOIR ET D’OPTIMISTE QUE NOUS AVONS ENTAMÉ LA LONGUE ROUTE VERS LES BALKANS.

Quelques signes avant coureurs de ce qu’on appelle communément « la poisse » auraient pu nous mettre la puce à l’oreille. Comme par exemple ma voiture emboutissant celle de Flo, la laissant sur le parking d’un garage de Faverges avec le statut d’épave économique, les essuie glaces de Robin juste bons à étaler la boue poisseuse que les camions projetaient inlassablement sur notre pare-brise. Mais nous avons préféré ignorer ces signaux, roulant avec une confiance aveugle en direction de Sarajevo. Après une quinzaine d’heure à se partager les volants de la Skoda de Léo et du Scénic de Robin, nous sommes arrivés à bon port au petit matin, dans une brume lumineuse. Les rues étaient sèches et de minces traces de neige fondaient tranquillement sur les pelouses. Le mètre de neige promis ne nous avait pas attendu, si seulement il avait existé. Fatigués, usés par la route et accablés, il nous fallait d’urgence un café et une connexion à internet. A ce moment là, il devenait impossible de savoir de qui venait l’intox de l’enneigement de la capitale bosniaque. Mais nous étions tous responsables de ne pas avoir la présence d’esprit de vérifier ces infos avant notre départ. Nous avons couru après une chimère et nous constations les dégats. Ni la Bosnie, ni les pays voisins, n’offraient de conditions d’enneigement suffisantes pour y filmer la part street du film comme nous l’avions prévu. Il fallait trouver une alternative, et vite.

BJELASNICA Sans perdre de temps, nous avons repris la route pour la station de Bjelasnica, en espérant secrètement que la neige serait présente au delà de 1200 mètres d’altitude. La ville de Sarajevo est entourée de montagne dans lesquelles se trouvent ces deux stations de ski, anciens sites olympiques datant de 1984 : Bjelasnica et Jahorina, nous visiterions les deux. Nous nous sommes donc enfoncés dans les montagnes arrondies recouvertes de forets en direction du mont Igman. Nous apercevions ça et là des panneaux indiquant la présence de mines dans les sous-bois, petite piqure de rappel pour signi-


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Pendant une bonne semaine, nous avons passé nos journées à shaker, rider, shooter autour de l’hôtel Igman. La chance nous sourit enfin avec l’arrivée de la neige le deuxième jour. L’hôtel Igman était l’un des plus prestigieux durant les jeux de 84 mais avait été le théâtre de longs affrontements et de pillages qui l’avaient laissé en bien sale état. Les murs étaient marqués d’impacts de balles dont certaines étaient encore logées dans le béton. Au milieu de ce décor sinistre, apaisé par la présence de la neige, nous skiions encerclés par l’Histoire et les vestiges de la guerre. Wallride, gaps et autres spots farfelus sont passés sous les spatules de PA, Chedal, Flo Bastien, Leo Taillefer et Robin Romera pendant que Yann et moi remplissions nos cartes mémoires. L’enthousiasme de Dado et de sa famille pour nos cascades nous a ouvert de nombreuses portes pour le reste du voyage. Lejla, sa femme, travaillait pour la station de Bjelasnica. Elle avait l’air assez influente pour nous obtenir des forfaits et libérer des places dans la cafétéria bondée ou encore pour négocier une autorisation de rider un vieux tank dans un centre de détention. Après une semaine passée près du mont Igman, la neige était enfin annoncée à Sarajevo. Après quelques photos souvenirs et de franches accolades, nous avons quitté Dado et Lejla pour retourner vers la ville. Lejla nous y avait dégoté un hôtel pour les prochains jours.

L’isolation n’est plus au top dans les batiments des J.O. du mon Igman

SARAJEVO L’hotel Sarajevo Center avait été aménagé au deuxième étage d’un vieil immeuble du centre-ville. Derrière une porte blindée dans un couloir aux relents de pissotières, l’ancien appartement, refait à neuf dans un assortiment coloré était bien plus acceuillant que la façade ne le laissait présager. Coté météo, la chute de neige annoncée fut bien maigre comparée à ce que nous attendions. Nous avons du une fois de plus chercher à prendre un peu d’altitude pour trouver un spot à rider. La piste de bob de Trebenic était pleine de promesses. Nous avons été prévenus que les alentours de ce serpent de béton fourmillaient encore de mines antipersonnel, nous avons donc pris soin de ne pas trop nous éloigner des sentiers balisés pendant que nous cherchions d’éventuels spots. Encore une fois, tout le site avait été ravage par les combats. Des meurtrières avaient été taillées dans les virages de la piste, les rares bâtiments étaient criblés d’impacts et tombaient en ruines. Nous n’avons malgré tout rien trouvé d’intéressant à faire ce jour là. Notre passage à Trebevic aurait pu rester une visite anodine si la Skoda de Léo ne s’était pas fait fracturer entre temps. Sur le siège passager, à la place de la caméra de Yann, se trouvait un beau pavé soixante-huitard, cadeau laissé par un chien sans race qui trainait ce jour là dans les bois. Mais il fallait pourtant admettre que c’était un peu provoc'de laisser un 7D avec un objectif Zeiss et un micro sur le siège arrière de la voiture. Heureusement, aucune autre affaire de la voiture surchargée n’avait été braquée, une aubaine dans notre malheur, qui laissait Yann seul avec ses remords et les reproches du reste de l’équipe. Le temps de faire changer la vitre, nous avons pu faire les touristes dans les rues de la capitale. Ici aussi, les traces de la guerre continuaient de se lire sur les façades des bâtiments.

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fier que les traces de guerre n’étaient pas encore totalement effacées. Une couche de neige molle et printanière s’étalait sur le paysage, sans pouvoir recouvrir les sapins. Sur la route, nous avions repéré un vieil hôtel autour duquel les spots ne manquaient pas, mais la station en elle même n’avait pas l’air conçue pour y skier autre chose que ses pistes. Après avoir glané quelques informations pour trouver l’hôtel le moins cher, nous avons atterri dans une guesthouse à quelques kilomètres de là. Le bâtiment était vide à l’exception de son responsable, Dado, qui nous a accueillit chaleureusement. Nous nous sommes partagés deux chambres parmi la douzaine que comptait notre gite. La demi pension était assurée par un hôtel voisin dans lequel nous allions prendre nos petits déjeuners. Un beau bâtiment vide de touriste et tenu par un personnel taciturne qu’on imaginait volontiers avoir participé aux combats qui faisaient rage ici même une vingtaine d’années plus tôt. Ils ne cachaient en rien l’ennui que notre présence leur inspirait, ce qui se traduisait par un service déplorable et une mauvaise volonté notoire. Le soir, nous mangions au restaurant avant de rejoindre Dado, qui buvait bière sur bière en fumant clope sur clope. Il nous aimait bien et était au petit soin pour nous dès que nous passions la porte de la guesthouse.


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GOOD-BYE SARAJEVO

La jeune génération vivait au rythme de la mode, des sorties et de la modernité, contrastant avec les plus anciens qui semblaient encore vivre trente ans en arrière. Nous avons trouvé un enchainement rail to hall autour d’une école maternelle abandonnée. En raclant toute la neige sur une centaine de mètres à la ronde, le projet de rider ce spot était devenu réalité. Mais devant l’évident manque de neige, nous nous sommes rapidement décidés à nous diriger vers la seconde station de ski.

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JAHORINA A une bonne demi heure de route de Sarajevo, la station de Jahorina était un lieu de vacances prisé des gens aisés, majoritairement d’origine serbe. Nous y avons loué un petit chalet pour quelques jours. Pour rester dans l’ambiance « urbaine délabrée », nous nous sommes de suite dirigés vers l’hôtel Jahorina dont l’état de délabrement dépassait de loin l’hôtel Igman. Des pans entiers de l’hôtel étaient tombés, ravagés par les obus et les flammes. Ce ne fut pourtant pas long avant que nous trouvions un petit nid à spots. Une gare de télésiège à l’abandon, un vieil escalier de tôle adossé à un immense mur et un vieux lampadaire suffirent à exciter notre imagination et à nous occuper durant trois jours. Une bande de cascadeurs serbes nous a offert une démo mémorable, preuve que les Balkans produisent des gaillards bien résistants et durs au mal. Une nouvelle chute de neige nous poussa à aller explorer le domaine de Jahorina et à rider autre chose que du béton. Nous nous sommes retrouvés à faire nos traces dans les bois et au milieu de coulées de neige légère. Notre petit chalet était situé au milieu de la station. A une centaine de mètres de là, Cheuch et Flo sont tombés sur un chalet qui - recouvert d’une honorable couche de neige - formait un kicker dominant une terrasse. La fatigue commençait à se faire sentir et la motivation était en baisse, mais il en fallait plus pour nous forcer à nous arrêter. Une fois la mission accomplie et les images en boite, nous nous sommes payés le luxe d’un bon repas et d’une soirée arrosée à l’eau de vie locale, la Slivovitz. Artisanale, cela va de soi. Les vapeurs de la soirée estompées, nous avons refait le plein de Slivovitz et nous sommes repartis pour Sarajevo où nous espérions enfin trouver de la neige pour occuper nos derniers jours en Bosnie.

Les quartiers populaires de Sarajevo ressemblent à toutes les cités faites de tours, à ceci près que certains immeubles ont l’air de véritables gruyères. Il y règne un calme à la fois rassurant et dérangeant. Sous les regards - curieux ou mauvais, nous ne sommes pas allés vérifier - d’une bande de jeunes du quartier, Kikou et Flo ont puisés dans leurs dernières réserves pour rider deux rails. Un premier descente-plat-descente, cagneux et donnant sur un gap de marches et un second un peu plus banal mais qui faisait bien l’affaire pour un dernier spot avant le retour. Nous ne pouvions pas quitter le pays sans un dernier plat de Cevapi. Des bâtonnets de viande hachée fourrés dans un pain à kebab, accompagnés de crème fraiche et d’oignons frais. La gastronomie locale a une très forte tendance à la viande annoncée comme « repas » préféré de notre ami Dado. Le lendemain, après un bon petit déjeuner, l’envie nous prit avant le départ d’aller visiter un musée à la mémoire de Sebrenica. Ou plutôt en mémoire au massacre qui eut lieu dans ce village enclavé ou quelques huit mille personnes ont été abattues par les forces serbes. Le souvenir de la guerre était palpable tout au long de notre séjour en Bosnie, à travers les lieux que nous visitions, sur les visages des anciens que nous croisions et surtout dans les paroles des personnes que nous avons rencontrés. Mais les gens comme Dado et Lejla ont su égayer ce triste décor par leurs encouragements et leur amitié. Et malgré ce lourd passé, l’hospitalité des gens de l’Est n’a pas complètement disparu. Ce voyage ne fut pas simplement un ski trip comme les autres, mais une immersion dans une culture aux cicatrices guérissant trop lentement.


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Encore quelques essais et Léo aura fini de décoller le crépis de l'hôtel Jahorina

Les toits des chalets de Jahorina sont de parfaits kickers

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« LE SOUVENIR DE LA GUERRE ÉTAIT PALPABLE TOUT AU LONG DE NOTRE SÉJOUR EN BOSNIE »

Texte et photos de Fabrice Wittner


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LA DISCUT' SOLVEIG ROSTAD

La biathlète de Trondheim tente de concilier sport et études de médecine mais rien n’est facile en raison de ses nombreux voyages. Cela devrait mieux se passer l’an prochain car Solveig fait un break afin de tout miser sur les JO et le domaine sportif. Par Chantal Bellegosse


INTERVIEW 33

« IL NE FAUT PAS OUBLIER QUE L’ON FAIT UN SPORT À RISQUES ET L’ACCEPTER »

J’ai débuté le biathlon quand j’avais dix ans et depuis cela m’a toujours semblé naturel de continuer car ce sport est magnifique et excitant dans beaucoup de ses aspects. JE CROIS QUE TU ÉTUDIES AUSSI LA MÉDECINE, N’EST CE PAS TROP DIFFICILE DE CONCILIER SPORTS ET ÉTUDES ? En effet je suis étudiante en médecine et c’est vraiment compliqué avec le sport surtout depuis que je suis en coupe du monde car je voyage durant tout l’hiver. Mais cette année cela devrait aller mieux car je fais un break sur mes études afin de me concentrer uniquement sur les JO.  L’AN PASSÉ TU AS TERMINÉ 29È DE LA COUPE DU MONDE, ES TU HEUREUSE AVEC CE RÉSULTAT ? Non je ne suis pas satisfaites de cela, j’étais 14e en 2008 et mon objectif était de faire mieux. Certaines choses n’ont pas fonctionné comme prévues. EN DÉCEMBRE, LES RÉSULTATS ÉTAIENT POURTANT BONS AVEC DEUX PLACES DANS LE TOP10 MAIS APRÈS RIEN N’A VRAIMENT FONCTIONNÉ, POURQUOI ? Oui j’ai bien débuté la saison mais aux alentours de Noel j’ai été malade durant deux semaines . Après cela je n’ai retrouvé ma bonne forme et j’ai trainé ma déception tout le reste de l’hiver.  TU AS TOUT DE MÊME PRIS LA 11È PLACE À TRONDHEIM DEVANT TON PUBLIC ? C’était une superbe expérience et très spécial de courir chez moi à Trondheim devant tant de public norvégien et dans une ambiance incroyable. A KHANTY-MANSYISK1 TU AS ÉGALEMENT OBTENU DES BONS RÉSULTATS MAIS MALHEUREUSEMENT TU TERMINES L’HIVER SANS PODIUM, CE SERA DONC POUR 2010 ? La fin de saison s’est en effet mieux déroulé et j’ai maintenant beaucoup de plans pour l’hiver prochain. Je vais 1 ville de Russie et la capitale du district autonome des Khantys-Mansis

modifier quelques points dans mon entrainement et je vais augmenter les volumes cet été et cet automne, je pense que cela va être bon pour moi. TU DOIS PROGRESSER SUR QUELS POINTS DURANT CETTE PÉRIODE ? COMBIEN D’HEURES TU T’ENTRAINES PAR MOIS ? Durant l’été notre équipe participera à plusieurs stages avec différents tests, on participera également au Blink Festival en août, le premierweek-end. Je m’entraine au plus 25 heures par semaine physiquement sans compter le travail au tir. EN NORVÈGE L’ÉQUIPE MASCULINE EST TRÈS FORTE MAIS DEPUIS QUELQUES ANNÉES L’ÉQUIPE DAMES CONNAIT DES SOUCIS ET VOS RÉSULTATS SONT MOINS BONS, POURQUOI ? C’est difficile de répondre, mais je pense que l’équipe masculine sait parfaitement comment elle doit s’entrainer. Les méthodes sont bonnes et fonctionnent, chez les dames cela marchent moins bien. Nous avons tout de même obtenu de bons résultats il y a deux ans et l’an passé à Hochfilzen, alors on garde confiance, on sait que l’on peut le faire aussi. TU PENSES QU’UNE MÉDAILLE EN RELAIS AU JO EST POSSIBLE ? Oui c’est possible, c’est l’objectif de notre équipe. REVENONS AU VIOLON POUR L’ULTIME QUESTION, JE CROIS QUE TU TE DÉBROUILLES FORT BIEN DANS CETTE DISCIPLINE ÉGALEMENT ? EST-CE QUE CELA T’AIDE POUR TE CHANGER LES IDÉES APRÈS LE BIATHLON ? Je joue du violon depuis l’âge de huit ans. C’est un chemin merveilleux pour se couper du sport et penser à autre chose. Cela m’aide aussi à rester calme en compétitions car je suis habitué à jouer en

face du public, c’est également très bien pour ma concentration quand je suis en face des médias. LA CÉLÈBRE DESCENTE DE KITZBÜHEL N’EST PAS INSCRITE AU CALENDRIER FÉMININ. PENSEZ-VOUS QUE CERTAINES DIFFICULTÉS SOIENT INACCESIBLES AUX SKIEUSES ? Je pense en effet que certaines descentes garçons ne sont pas à notre portée. Cela dépend beaucoup de la qualité de la neige. Les pistes glacées de ces dernières années sont plus difficiles. Seules 4 ou 5 skieuses pourraient s’en sortir. VOUS ÊTES ÉGALEMENT SPÉCIALISTE DE LA DESCENTE, LA DISCIPLINE LA PLUS RAPIDE DU SKI ALPIN. AVEZVOUS CONSCIENCE DU DANGER ? Moi, je suis une fan de vitesse et des sauts. Lorsqu’on a une boule au ventre au départ. Il ne faut pas oublier que l’on fait un sport à risques et l’accepter. Mais la vitesse n’est pas l’unique critère pour juger la difficulté d’une piste. Plein de paramètres entrent en jeu. La variété des types de parcours me paraît appropriée. Un skieur doit être polyvalent et s’adapter à tous les tracés : parties techniques et rapides, les parties de plat qui favorisent la glisse, les tracés serrés ou plus larges, les neiges douces ou glacées…

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POURQUOI TU AS CHOISI LE BIATHLON ?


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SNOWBORDEUSES, LES NOUVEAUTÉS 2014 Le Snow Avant Première est le salon dédié aux professionnels du snowboard qui a lieu chaque année à la Clusaz. Tout le matériel 2014 était à la disposition des shops et de la presse pour des tests. Nous avons fait pour vous un petit tour d’horizon des nouveautés girls… Car bonne nouvelle, pour 2014, plusieurs marques ont mis l’accent sur les gammes girls, avec plein de nouveaux modèles et une offre plus complète.

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APO

Apo met un grand coup de neuf sur sa collection 2013-2014, avec l’arrivée d’une ligne outerwear (men only, pour le moment ) et une refonte importante de sa gamme de snowboards. Si quelques boards sont reconduites, le reste a été revu et corrigé, avec pas moins de 11 nouvelles planches ! Chez les filles, seule la Starlet reste, et la Podium, la Hype et la Gem font leur entrée. Ce coup de frais fait bien plaisir, et salue du même coup l’arrivée de Spencer O’Brien, la nouvelle girl du team. Spencer ride la Podium, une freestyle vive et ludique, idéale en slopestyle. Moins pêchue, plus tolérante et très joueuse, la Hype, au cambre rocker, ravira les demoiselles de tous les niveaux. Enfin, la Gem assure la partie all mountain de ce segment féminin, pour rider en backcountry/pow.

BURTON

La Day Trader, la Anti Social et la Sweet Tooth déboulent pour compléter la gamme girl ! Surprise, la Anti Social est une jolie splitboard développée pour les filles et bourrée de technologie Burton. La Day Trader est quant à elle une vraie freeride comme il en manquait chez Burton pour ces demoiselles, donc c’est une bonne nouvelle. La Lipstick bénéficie d’un petit changement de shape et la Sweet Tooth vient apporter une note de freestyle soft et ludique. Bref, que du bon (et de belles décos) pour 2014 !

BATALEON

La nouveauté girlie, c’est la Push Up, une board girl all mountain directionnelle, au flex moyen, qui devrait vous permettre d’assaisonner tous les terrains à la sauce freestyle !

CAPITA

A l’écoute du team, Capita sort plusieurs « signatures boards » l’année prochaine. Jess Kimura appose ainsi sa patte sur la Birds of a Feather, une board solide pour les filles, qu’on a adorée, et ce, dans tous les terrains. En pow (et y’en avait à la Clusaz ) ça marche à fond, même avec une petite taille, et même dans la trafolle. Ce n’est donc une board de street molle comme on aurait pu s’y attendre, mais une petite bombe performante.

FLOW

L’essentiel des nouveautés 2014 de Flow se situent sur ce qui a fait leur réputation : les fixations ! Le système NASTY (avec strap qui remonte tout seul, bien plus pratique, rapide et effi-


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cace, entrée arrière new génération!) se généralise sur d’autres modèles, dont la nouvelle fix girl ISIS-AT.

JONES

Jones continue sur sa lancée, avec toujours la Twin Sister, la Solution Women & la Mothership en normal et en split. Et la Hovercraft a aussi été développée pour les filles en 2014 !

NIKITA

4 boards chez Nikita cette année, l’Expression, une vraie all mountain bien polyvalente, la Sideway Sista, une freestyle, la Nikita Chickita, qui reste la référence park de la gamme et la Nikita Tulipop Chickita pour les plus jeunes (dès 139 cm).

NIDECKER

La gamme reste dans l’ensemble la même, mais l’AFM disparaît.

NITRO

Y’a du nouveau chez Nitro avec la Slash Women et la Victoria, une nouvelle board sans concession pour les girls ! La Victoria est une all mountain polyvalente, solide et haut de gamme, pour celles qui rident partout avec puissance. Et la Slash Women a été adaptée de la Slash homme, c’est une freeride easy et joueuse. Autre nouveautés, les fixs Nitro remplacent l’appellation « Raiden » mais gardent les mêmes modèles.

ROME

Les filles gagnent la Scandal, une board polyvalente par excellence, agréable à rider quelque soit le terrain. On a beaucoup aimé ! La très bonne gamme Roxy, 100% girls, est reconduite, avec aussi une jolie nouveauté, la T Bird, une nouvelle board développée par Torah Bright et qui est plus accessible et plus joueuse que la très technique Eminence, qu’elle ride en pipe et sur les gros kickers. La T Bird permet à toutes les filles de s’amuser en park, et nous on s’est éclatées ! Si vous n’aviez pas encore testé la Banana Smoothie (nouveauté 2012-13), testez là, c’est l’une des toutes meilleures boards all mountain de tous les temps pour les girls !

RIDE

La Hellcat est la nouvelle freestyle girl, vive, présente et joueuse à la fois avec le profil Lowrize, qui associe rocker sur le nose & tail et micro cambre sous le pieds. Super chouette.

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Au début des années 80, il existait deux éléments indispensables à tout skieur voulant affirmer son style et son élégance : la combinaison fluo (pour être vu de loin par les filles prenant le soleil). Et bien sûr les lunettes sunpocket glacier rondes avec protections en cuir percé sur les côtés (pour voir de loin les filles prenant le soleil).

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S È R AP SKI LA PEUFFE#0 JANVIER2014

RÉNÉES … DES PY S R E IS A B 2014 52 BONS NDANCES S LES 8 TE E C N A D N E 62 T GOSKI TÉ LA DRA IER 64 SOCIÉ IEN MOUN W ITW JUL O N S E R U GNE 66 CULT CO/ LA PLA N CHAPEL IO T TA S 70


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Gourette (Les Eaux-Bonnes), Grimaud

La Peuffe a pu recolter de vieilles cartes postales des Pyrénées, envoyées par des touristes étrangers au moment où l’URSS était encore présent et les frontières barrées d’un rideau de fer. Douceur du climat, éclats de lumière, pureté d’un ciel rarement troublé de nuages et couleurs des roches sont les attraits constants de cette region.

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S R E S I A B S N BO S E É N É R Y P S E D


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Le col d'Aubisque, par P. Allix


Les champs de neige de Sagette et le Pic du midi d'Ossau, par P. Grimmaud

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Font-Romeu, C. Fabre

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Bonjour, Je t’ecris de mes vacances de Noël dans les Pyrénées ! Tout est beau ici, les montagnes sont recouvertes de neige. Je passe mon temps à skier et à boire des boissons chocolatées. La météo est parfaite et la atmosphère est très reposante !! Joyeux Noël ! Bises ! Ksenia


Au col du Puy Morens, Photo Axeene

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Superbagnères, C. Allix


Chère Lu, Je t'écris des pyrénées, où je découvre les sports d'hiver et la raclette (un plat avec beauoup de fromage). Il fait froid et c'est très beau toutes ces montagnes eneigées. Tu me manques, je t'embrasse, Chenjing.

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Dans la forêt de Font-Romeu, C. Fabre


Cher Gwen Mon voyage dans les Pyrénées est incroyable il y a beaucoup de neige et je m'amuse sur ces grandes et belles montagnes. Les gens se plaignent mais moi j'aime le froid ! J'espère te voir à nouveau l'hiver prochain, afin que l'on forme une belle équipe de ski ! Ne m'oublie pas, avec beaucoup d'amour, Tanny.

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Au col d'Envalira (Andorre), V. Berthelot

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La Mongie (Bagnères de Bigorre), P. Allix

Bonjour Ilayda Comment vas tu tu ? Les vacances se passent bien pour toi ? je t'écris des pyrénées dans un chalet entre deux montagnes ! La flore est belle, il y a des sapins partout l'aire y est pur, la région est magnifique ! J'éspère avoir l'occasion d'y revenir avec toi. Je t’embrasse ! Eylül


Aux environs de Superbagnères, P. Allix

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BONS BAISERS 61


1/ RIDER UNE BOARD OLD SCHOOL

On est à la limite de l’an dernier là, mais vu qu’il y a toujours un décalage en France, on va dire que c’est quand même nouveau. Le vintage est à la mode et celui qui se pointera au prochain Rock On avec une Atlantis ou une Type A aux pieds sera élu roi du bal de promo ! Rider un park avec une board bien old school était le truc cool aux US l’an dernier et même les gars les plus pointus de Bear comme Bradshaw l’ont fait. On s’est fait voler la priorité sur notre propre territoire par des Italiens, mais on a hâte de voir qui seront les premiers Français à prendre ce virage old school !

E C N A D N E T 8 4 1 0 2 2013

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2/ CHERCHER LES VAGUES EN NEIGE

C’est le retour au plaisir de la glisse. Le shred et cette recherche de lignes en travers ne sont pas suffisants, il vous faudra désormais faire du hotdogging et exploiter tous les reliefs en glissant tel un vrai surfeur des neiges ! Car oui, c’est cool de se la jouer surfeur et de trouver un belle gauche ou une jolie droite qui creuse bien pour aller y placer un gros slash ! Et pas besoin forcément de pow, ça marche aussi sur neige dure et même dans un pipe Si vous arrivez à combiner ça avec un fish fait maison, vous aurez tout juste ! Dans le genre, les mecs de Warp Wave ne se débrouillent pas trop mal.

Vous pensez que pour être à la mode cette saison il faut porter du camouflage, filmer en VHS, faire du limbo et mettre du Dutronc en bande-son ? Désolé de vous décevoir, mais là vous êtes soooo 2013 ! La nouvelle saison a commencé et voici quelques points essentiels à assimiler pour être cool en 2014.

3/ PLAQUER CONTRE UN ARBRE

Les transferts en redirect contre un a drôle, créatif et en plus c’est écolo. C Justin Benee (cf photo au dessus), vo chercher des arbres sur le bord de pi inclinés devant et essayer de plaque votre board contre le bois.


Photos de Julien Mounier

TENDANCES 63

NCES

ONTRE UN ARBRE

4/ FAIRE DES HANDPLANTS DANS TOUS LES SENS

Les handplants sont cool et ça depuis longtemps. Ils sont revenus sur le devant de la scène depuis quelques années, mais ont muté et une nouvelle génération de handplant a vu le jour. Un mix de old school et de new school qui se mange à toutes les sauces. Pipe, backcountry, bord de piste, jib, flat, tous les spots sont bons et les variations presque infinies. Pour les noms des tricks, il faut sortir son dico d’ancien skateur de vert et il y a de quoi faire pour avoir son répertoire à jour. Soyez créatif cet hiver et cherchez la moindre courbe susceptible de prendre son handplant

5/ AVOIR UN TRICK TORSE NU DANS SA PART

C’est la grande mode dans les parts cette année. Autrefois réservé aux touristes hollandais en vacances à Risoul, le topless revient en grâce. Du super pro à l’amateur, en park, street ou backcountry, il est de bon ton de tomber la chemise au moins pour un trick. On ne sait pas s’il faut y voir un hommage à JP Walker époque Forum ou à Zebda, mais le shot topless fera de vous un mec pointu ! Si vous voulez un peu plus d’engagement, il y a aussi l’option à poil !

6/ ERADIQUER LES CAMÉRAS EMBARQUÉES SUR LE CASQUE

On n’est pas vraiment fier de ce point là… C’est un peu comme tirer sur une ambulance. Mais cette saison 2013-2014 doit être celle où les riders arrêtent de se filmer en POV. Les Go Pro et autres caméras du genre sont pratiques et facile d’accès, mais profitez en pour filmer vos potes. Filmez même des inconnus dans un park, mais arrêtez de vous filmer vous mêmes. C’est moche, on ne comprend même pas quel trick vous faites et vous avez surtout l’air bête avec une caméra sur la tête !

7/ PLAQUER EN TRIPOD APRÈS UN KICK

Les tripods étaient déjà bien à la mode l’an passé et il était commun d’en faire après avoir sauté un petit dôme. Mais la nouvelle étape et de plaquer en tripod après un vrai kicker. Evitez quand même les tables trop grosses et soyez souples pour ne pas péter votre spatule ou vos bras !

n redirect contre un arbre ont le vent en poupe. C’est en plus c’est écolo. Comme tout le monde n’est pas photo au dessus), vous pouvez commencer par bres sur le bord de piste avec des sortes de plans et essayer de plaquer le plus possible la semelle de tre le bois.

8/ PORTER UNE ANORAK JACKET

Une veste avec ouverture ¾ qui vient des 90’s et rappelle des vieux souvenirs de marques d’outerwear comme Blond, Wave Rave, Twist ou Session… L’anorak jacket avait déjà commencé son come back l’an passé mais elle revient encore plus fort cette année. Beaucoup de marques l’ont compris et intégré à leur collection. Si vous cherchez un peu plus d’originalité, le must serait d’en dégoter une vraie vintage d’une équipe de sport US dans une friperie ou sur le net.


LA DRAGOSKI

Images du clip de Wham ! “Last Christmas”

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64 SOCIÉTÉ


SOCIÉTÉ 65

« VOUS AVEZ L’HABITUDE DE FAIRE LA FERMETURE DES BOÎTES ? FAITES LA FERMETURE DES PISTES ! » COMMENT DRAGUER AU SKI ? EN VOILÀ UNE QUESTION DE SAISON. HEUREUSEMENT SÉLIM, NÔTRE COACH EN SÉDUCTION POUR LE SITE ART DE SÉDUIRE, REVIENT SUR LA PEUFFE POUR NOUS GUIDER DANS CETTE TÂCHE PARFOIS PLUS COMPLEXE QU’IL N’Y PARAIT !

STRATÉGIE 1 : LE COUP DE FIL POUR L’ATTENDRE DANS LA FILE DU TÉLÉSIÈGE Vous êtes célibataire (ou pas) et n’avez donc peut-être pas eu besoin de mes 5 idées originales pour la Saint Valentin. Ce qui va suivre retiendra peut-être plus votre attention. Vous l’avez repérée, elle est derrière vous et vous aimeriez bien l’entraîner avec vous sur les pistes glissantes de l’amour. Conseil séduction efficace : sortez votre téléphone, feignez une quelconque conversation avec un ami, riez, souriez et raccrochez lorsqu’elle arrive à votre niveau. La phrase pour l’aborder : “Je suis incapable de déconnecter, c’est un vrai fléau ces téléphones, non ?”.1 Le tout avec le sourire, vous n’avez plus qu’à attendre sa réponse pour enchaîner subtilement…

STRATÉGIE 2 : LE LOOK QUI TUE La montagne n’est pas si différente de la ville : les filles ont envie d’être sexy, et vous aussi messieurs pouvez faire un effort sur votre look. L’essentiel pour bien séduire au ski, c’est de réussir à définir votre look : quel séducteur êtes-vous ? Plutôt exubérant, du genre à dévaler les pistes nu avec un collier à fleurs avec vos potes ? Plutôt sportif avec le dernier équipement à la mode ? Plutôt “Les Bronzés”? La phrase pour l’aborder : “Il y a vraiment peu de filles qui réussissent à rester classe en combi, félicitations ! Vous m’apprendrez ?. Elle devrait se sentir flattée. Facile la drague au ski !

STRATÉGIE 3 : MONSIEUR LE PROFESSEUR Nous autres hommes aimons bien nous rendre utile, nous adorons briller et partager notre savoir. Ouvrez l’œil ! Certaines filles feront exprès de tomber à proximité de vous pour bénéficier d’un cours particulier avec vous. Ne soyez pas timide, offrez-lui la leçon dont elle rêve sur les pistes si vous souhaitez la revoir après. La phrase pour l’aborder : “Bonjour, je ne veux pas paraître présomptueux mais vous avez VRAIMENT besoin d’un coup de main !” 1

Surtout restez crédible

STRATÉGIE 4 : LA DERNIÈRE DESCENTE En ville, vous avez l’habitude de faire la fermeture des boîtes avec vos potes ? Sur les pistes, vous pouvez appliquer ce conseil séduction : faites la fermeture des pistes ! Vous allez forcément faire la rencontre d’une fille passionnée comme vous, une fille qui veut profiter de chaque minute de la journée pour skier ! Rien de mieux que les points communs pour faire sa connaissance ! La phrase pour l’aborder : “Ah vous aussi vous n’arrivez pas à arrêter ? ». Si elle ne comprend pas, vous pouvez enchaîner par un « La glisse, c’est une drogue dure, jusqu’à la dernière minute !”

STRATÉGIE 5 : VISEZ LES SAISONNIÈRES… OU PAS ? Si vous avez déjà travaillé dans l’univers de la restauration, des bars ou des boîtes, vous comprenez déjà le dilemme. Faut-il draguer la serveuse du bar qui voit des boulets défiler à longueur de journée ou faut-il au contraire privilégier les vacancières qui habitent peut-être au même endroit que vous ? Tout dépend de ce que vous cherchez : histoire d’amour sérieuse ou aventure sans lendemain ? Au moins, avec la saisonnière, vous savez à quoi vous en tenir : Chamonix l’hiver, St Tropez l’été, vous consommerez votre histoire sur place. Magie de la drague au ski ! Si Cupidon venait s’en mêler, sachez que vous vous embarquez peut-être pour une belle histoire à distance, quelle que soit la fille qui remporte votre suffrage ! La phrase pour l’aborder : “Je ne sais pas si je dois être heureux de vous rencontrer ici, en vacances…”. C’est une très bonne technique pour susciter le mystère en elle ! PS : vous pouvez attendre un ou deux jours avant de commencer à draguer tout ce qui bouge, le temps que le soleil vous rende encore plus beau gosse !

LA PEUFFE#0 JANVIER2014

Les amis, ne rêvez pas : cet hiver sur les pistes tout le monde n’aura pas la chance d’avoir Clara Morgane qui fera un strip-tease comme dans Snowboarder. Cependant, entre cet eldorado et la vie tranquille amoureuse du commun des mortels, on peut quand même réussir à faire de belles rencontres amoureuses sur les tire-fesses. Délaissons le temps d’une saison les pistes de danse pour nous concentrer sur la séduction à la montagne. Voilà quelques conseils séduction pour réussir cet exercice qui nécessite équilibre et adresse !


66 CULTURE SNOW

Depuis quelques années, les sports de glisse ont au moins autant la côte que les ananas : on voit des planches de skate dans la plupart des shootings de mode à destination « des jeunes » et les pro-riders sont associés à à peu près n’importe quoi : télé réalité, trottinettes, parfum… Ça fait gueuler pas mal de monde, Marc Johnson en tête, mais pour d’autres, ce regain d’intérêt de la part de marques qui ont des budgets conséquents permet de mettre en avant les aspects de ces sports qui échappent habituellement au grand public. C’est le cas de Julien Mounier, fondateur du site BangingBees, qui produit du contenu pour la nouvelle plateforme de Nokia, Pureviews. Je lui ai posé quelques questions sur son nouveau projet et sur sa vision du snowboard.

Julien Mounier photographié par Perly

LA PEUFFE#0 JANVIER2014

JULIEN MOUNIER; VEUT RÉVOLUTIONNER LE SNOWBOARD FRANÇAIS


Julien Mounier photographié par Perly

CULTURE SNOW 67

SALUT JULIEN. COMMENT TU DÉFINIRAIS BANGINGBEES ? C’est un webmagazine que j’ai créé avec Yann Dechatrette en 2012. L’idée, c’est de proposer une vision différente du snowboard. On ne crache pas sur l’évolution de la pratique : les Jeux Olympiques, les X Games, les triple corks… Mais ce n’est pas ce qu’on veut montrer. En ce moment, beaucoup de choses liées au snowboard sont faussement drôles, mais il existe encore une culture snowboard faite par des passionnés qui privilégient le côté ludique. Je pense que c’est ça qu’il faut montrer pour donner envie aux gens de rider. COMMENT VOUS AVEZ COMMENCÉ ? Ça faisait un moment qu’on se disait qu’il fallait sortir un média web français pointu. On a fait quelques essais discrètement, pour se faire la main, et on a commencé à communiquer en novembre 2012 en créant une page Facebook et tout ce qui va avec. On a démarré tranquillement, pour prendre un peu la température. Ça a pris assez vite, on a eu de bons retours de la part de l’industrie et des riders, donc en février dernier, j’ai quitté mon poste de rédacteur en chef de SnowSurf, où j’ai passé cinq années très intéressantes. JUSTEMENT, PAR RAPPORT À SNOWSURF, VOUS CRÉEZ BEAUCOUP MOINS DE CONTENU. BANGINGBEES RESSEMBLE PLUS À UN AGRÉGATEUR DE VIDÉOS COOL. Non, on produit notre propre contenu : interviews, dossiers, listes et vidéos. Et quand on poste des vidéos qu’on n’a pas produites, on rédige toujours un petit texte pour donner un contexte aux lecteurs. Et puis, il y a un travail dans la sélection de nos vidéos. Il y a tellement de vidéos qui sortent qu’il faut faire le tri. OUI, C’EST FOU LE NOMBRE DE VIDÉOS QUI SORTENT, MÊME EN ÉTÉ. COMMENT TU REPÈRES CELLES QUE TU VEUX MATER ? C’est un job à plein temps ! Il faut être organisé, aller voir les comptes Vimeo ou Youtube des productions ou réalisateurs intéressants et leur demander de te prévenir quand ils ont du nouveau contenu. J’ai toujours un peu l’impression d’être un explorateur qui vient de faire une découverte quand je tombe sur une vidéo cool qui n’a pas encore été postée. Mais il y a aussi beaucoup de vidéos très chiantes ! Et comme on produit du contenu à une fréquence régulière, ça demande beaucoup de travail. Le rythme est beaucoup plus intense que dans la presse écrite, mais c’est plus plaisant, parce que dès qu’on a une idée de sujet, on la fait alors que quand un article sort dans un magazine papier, il n’est déjà plus tout frais. D’ailleurs, on va aussi créer un magazine numérique avec du contenu enrichi. On devrait en sortir un cet hiver, histoire de faire un test. Julien Mounier filme Florent Marot en backside lipslide sur le park de Chamrousse. Photo de David Clément.


68 CULTURE SNOW

DONC L’OBJECTIF, C’EST DE CRÉER DE PLUS EN PLUS DE CONTENU ? Absolument. On veut se démarquer avec du contenu BangingBees de qualité. Dans la façon de parler du matériel, par exemple. On veut présenter des sélections pointues, intéressantes, et pas un catalogue qui montre tout et n’importe quoi. On va aussi mettre l’accent sur la création de notre propre contenu vidéo, avec, là aussi, beaucoup de variété. J’IMAGINE QUE ÇA VEUT DIRE QUE FLORENT MAROT VA CONTINUER À FAIRE DES VIDÉOS LA SAISON PROCHAINE ? Oui, bien sûr. Mais on va aussi bosser avec d’autres personnes avec qui on a déjà travaillé, comme Jon Vital, Rémy Barreyat, Lionel Simon ou Pédro Cettour.

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QU’EST-CE QUE C’EST L’OBJECTIF DE CES VIDÉOS ? C’est de pousser la scène française, et surtout les jeunes riders qui nous tiennent à cœur. C’était notamment le but de la vidéo qu’on a faite à Chamrousse avec Nokia. Mais on veut aussi mélanger les styles de riders : ça nous intéresse autant de suivre une légende comme Nicolas Droz qu’un un super pro du moment comme Arthur Longo ou des bons amateurs que personnes ne connaît. J’AI L’IMPRESSION QUE POUR LES FRANÇAIS, LE BUT D’UNE VIDÉO EST TOUJOURS DE MONTRER « UNE BONNE JOURNÉE ENTRE POTES ». POURTANT, DANS LES VIDÉOS QUE VOUS RELAYEZ SUR BANGINGBEES, IL NE S’AGIT PAS QUE DE ÇA : C’EST SOUVENT DES RIDER TRÈS CRÉATIFS, COMME LES GARS DE JUPITER PEOPLE, PAR EXEMPLE. TU NE TROUVES PAS QUE ÇA MANQUE EN FRANCE ? C’est vrai que c’est un peu cliché de dire ça, mais c’est pourtant tellement vrai. Une journée est vraiment différente quand tu te marres avec tes potes. Tu peux t’éclater même avec des conditions pourries et c’est ça qui donne envie aux gens de faire du snowboard. Avec un peu d’imagination, tu peux trouver quelque chose de drôle à faire dans n’importe quelles conditions. Et les vidéos peuvent t’inspirer. Quand tu vois les spots improbables des mecs de Think Thank ou les riders de Bear ou du Minnesota, qui arrivent toujours à trouver des lignes différentes dans un park en ridant les modules de travers, ça donne des idées. En plus, c’est accessible à beaucoup de riders. C’est bien de montrer des grosses tables ou des spots très engagés mais concrètement, ça touche peu de gens. Ça peut faire rêver et il faut garder les standards élevés chez les pros, mais c’est bien de montrer le même pro s’amuser et être créatif sur des petits modules. C’est vrai que ça manque en France, mais ça vient aussi du terrain de jeu qui s’y prête rarement. Beaucoup de stations n’ont pas compris que c’était mieux et moins compliqué de penser un

petit park créatif, avec des courbes et des modules qui se rident de différentes façons, plutôt que de concentrer ses efforts sur des grosses tables ou d’acheter des rails trop longs qui ne s’adressent à pas grand monde. Il y a une éducation à refaire en France et ça passe par les médias, les stations, l’industrie et les riders. À nous de faire bouger les choses pour que les gens trouvent le snowboard plus cool et plus drôle. MAIS VOTRE CIBLE EST HYPER RESTREINTE, NON ? C’EST RISQUÉ DE NE S’ADRESSER QU’À UNE MINCE PARTIE DES SNOWBOARDERS, ALORS QU’IL PARAÎT DÉJÀ QU’ON EST DE MOINS EN MOINS. Depuis que je bosse dans le snowboard, on me dit : « c’était mieux avant ». Ça me fait penser aux mecs qui écoutent du rap et qui pensent que tout s’est arrêté en 1995. Nous, on pense qu’il y a plein de choses à faire dans le snowboard et qu’il faut redynamiser la scène. Si la partie « core » du snowboard n’est pas mise en avant par les médias, les consommateurs se tourneront forcément vers ce qu’ils ont devant leurs yeux. On a une ligne éditoriale assez distincte, mais on ne veut pas être vus comme un site qui ne parle que de park ou de street. Notre projet le plus ambitieux c’est d’avoir un côté éducatif, fédérateur d’une certaine vision du snowboard, ludique et pointue, tout en gardant de l’autodérision, qui manque cruellement au milieu du snowboard aujourd’hui. Notre inspiration vient de médias sans compromis qui ont su faire passer leur message et créer un mouvement comme Freestyler, Blunt ou Big Brother… C’est ce genre de magazines qui nous ont donné envie de faire du journalisme.


CULTURE SNOW 69

Julien Mounier par Jeremy Bernard.

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« TU PEUX T’ÉCLATER MÊME AVEC DES CONDITIONS POURRIES ET C’EST ÇA QUI DONNE ENVIE AUX GENS DE FAIRE DU SNOWBOARD »


70 STATIONS

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O C L E P A H C

© Léa Camilleri

Chapelco, la station située sur la pré-cordillère des Andes, (dans le Sud de l’Argentine) entre 1250m et 1600m d’altitude est plus une station familiale. Il représente l’un des plus grands centres de ski du pays, et offre aux passionnés des sports d’hiver 420 ha de neige, 27 km. de pistes et 12 km. de ski hors-piste.. Cette station vous plongera dans un paysage onirique, avec ses Forêts de Lengas (hêtres blancs) et, en toile de fond, le Lac Lácar et le Volcan Lanín. Pour le plus grand bonheur des mordus de snowboard, la station offre un « snowboard parc », avec un certain niveau et une certaine qualité de neige garantis, apte pour la demi-lune, le slalom parallèle, le big air et le fun park. COUP DE COEUR DE LA RÉDAC' :  BELLE NEIGE, ON RENCONTRE PLEIN D'ÉTRANGERS, AMBIANCE JEUNE. POUR LES BONS SKIEURS : BEAUCOUP DE NOIRES ET DE ROUGES, TRÈS AXÉES POUR LE SKI DOMMAGE POUR CEUX QUI PRÉFÈRENT LE SNOW. PAS MAL DE BOITES EN PLEIN AIR POUR LES FÊTARDS !


STATIONS 71

© Lisa Del Galo

La Plagne c'est aussi et surtout un domaine skiable au coeur de Paradiski. Ce paradis du ski (domaine relié de 425 km de pistes) immense et étonnant par sa diversité, permet de découvrir une gamme étendue de villages et d'ambiances différentes, de passer du snowpark aux glaciers, de la forêt aux champs de poudreuse. Répartis sur l'ensemble du domaine, 3 boardercross et 2 boardergliss sont à votre disposition pour qu'entre deux descentes vous puissiez vous affronter, dans un espace équipé et dédié à la pratique du ski-cross. Et pour ceux qui ont besoin de pistes tranquilles et larges et qui appréhendent la cohabitation avec les skieurs rapides, ils pourront évoluer en toute décontraction sur les pistes Sérénité. L'AVIS DE LA RÉDAC' :  IMMENSE DOMAINE, SNOWPARK, BOARDERCROSS, POUR LES JEUNES QUI VEULENT S'ÉCLATER EN FREESTYLE, OU SEULEMENT PARTIR À L'AVENTURE DANS LES NOMBREUX HORS PISTES SYMPAS DE PARADISKI. GRANDE STATION AVEC BEAUCOUP D'ANIMATIONS EN APRÈS SKI. LE BÉMOL : BONDÉ PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES, ATTENDEZ VOUS À FAIRE LA QUEUE AUX TÉLÉSIÈGES!

LA PEUFFE#0 JANVIER2014

E N G A L P LA


DIRECTEUR DE PUBLICATION :  KENZA MEZOUAR, MARION RISBOURG RÉDACTEUR EN CHEF DU MAGAZINE : KENZA MEZOUAR, MARION RISBOURG RÉDACTEURS :  LISA DEL GALLO, LÉA CAMILLERI SECRÉTAIRE DE RÉDACTION :  MÉGANE VIERA PHOTOGRAPHES :  LÉA CAMILLERI, HORTENSE BÉDOUELLE

LA PEUFFE#0 JANVIER2013

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LA PEUFFE#0 JANVIER2013

EDITEUR :  MARTIN MARTIN ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO : FABRICE WETTNER

KENZA MEZOUAR MARION RISBOURG

DIRECTEURS ARTISTIQUES : 

LÉA CAMILLERI, HORTENSE BÉDOUELLE

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La peuffe Mag  

by Marion Risbourg and Kenza Mezouar

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