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M’imageU (working title) - collaboration entre Karolina Rychlik & Alma Sua Lindenhovius Origines : Notre recherche et la collaboration ont commencé par des questions concernant nos intérêts, les phénomènes qui nous attirent, les points d’interrogation qui apparaissent dans notre quotidien et le travail créatif. Nous avons parlé de gendre : masculinité, féminité, gendre neutre/unisex. Nous avons réfléchi sur le stéréotype, l’adaptation et la distorsion et comment ils fonctionnent dans de différentes cultures et langues. Toutes ces réflexions touchaient la question de l’image et du regard. Dans la première phase de la recherche on a donc retenu le regard comme le point d’intérêt principal. La réflexion nous a emmené à plusieurs points de recherche, en la divisant en deux champs principaux : -

le regard sur soi-même le regard sur l’autre

De là sont nés des approches différentes : -

physique • en relation avec la proprioception • la mémoire corporelle et « cérébrale » / logique • les habitudes • le détail, son rôle dans la définition du mouvement ou du style particulier de chacun • les traces qu’on laisse et qu’on peut suivre dans l’espace

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conceptuelle • sur l’objectivité/subjectivité du regard – son exactitude (?) • « multipersonnalité » - la multitude/pluralité des images qu’on produit, donne, se croit avoir • la relation du danseur et du public - leur coopération ; l’échange de rôles dans le spectacle/événement - qui observe qui ; comment étendre l’expérience d’un spectateur – le fait qu’il observe l’autre (performeur dans ce cas-là), au regard vers lui-même (proprioception, mémoire etc.) • la connexion et « déconnexion » du système sensoriel et des processus logiques – neurologie

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Recherche : Un des sujets principaux, dans notre recherche physique, est devenu donc la proprioception « contre » l’image externe. La proprioception est la perception totale de notre corps. Elle nous permet de savoir où sont nos membres sans se référer à la vue, et percevoir la force qu’on utilise et qui est nécessaire pour arriver au but d’une action. Elle nous permet de nous retrouver dans l’espace et d’éviter les obstacles. Très souvent, pourtant, l’image qu’on a de notre corps dans l’espace est différente de ce qu’elle est réellement. Aussi, cette même image est censée de varier légèrement selon l’observateur. Jusqu’à quel point l’image interne peut donc coïncider avec l’image externe ? Comment être « exact » en reproduisant une image, une idée, une forme ? Jusqu’à quel point la mémoire corporelle, même du corps de danseur, est juste ? Et quel sont les « impulses » ou les facteurs qui la renforcent ou l’affaiblissent ? Quel mécanisme trouver pour pouvoir « se trouver sur la place de l’autre » ? Et comment trouver l’équilibre et les subtilités entre l’impression extérieure, la vue et la sensation intérieure ? En travaillant sur un duo ces questions se posent avec une force importante, parce que deux corps sur la scène peuvent facilement produire une sensation d’un miroir, de la répétition dans l’espace, d’un double. Ce qui, en même temps est en relation directe avec l’idée du regard et de l’échange des places. Pour avoir les deux approches : le regard sur soi-même et regard de l’autre on a besoin juste et au moins de deux personnes. La recherche physique a commencé par les exercices de l’observation et écoute du propre corps, basée sur le mouvement dans l’espace, incluant plusieurs pauses et travaillant la possibilité de retrouver la même pose au bout d’un moment. L’exercice qui permet voir l’exactitude de la perception et de la proprioception, qui vérifie et met en question la mémoire. L’exercice qui permet trouver les mécanismes de mémoriser le plus efficaces pour chacune de danseuses et aussi, curieusement, une certaine logique d’un processus personnel. Quelques mécanismes de mémorisation qu’on a exploré : - travail avec les yeux fermés - travail avec les yeux ouverts - traces/dessin du mouvement dans l’espace ou par terre - association des images du mouvement abstraites à des « icônes », images connus de la télé, des films, des peintures - description verbale La phase suivante nous a emmené à l’exercice de l’échange constant des places: une danseuse et une observatrice, et puis le changement. On a commencé à chercher comment « occuper » la même espace, de comprendre et prendre la même forme… de transporter donc l’image mentale vers le corps avec le maximum d’exactitude, de « devenir » l’autre. Finalement, de fusionner l’acte de bouger/danser avec l’acte d’écouter et observer et être capable d’échanger les places et la situation dans n’importe quel moment et plan (vertical/horizontal). L’essaie de « devenir l’autre » nous a amené au travail sur l’unisson, sur le mouvement et l’énergie partagés. On a passé du mimétisme, à la simultanéité pour arriver à l’idée de la copie ou une devient l’autre, ou une prend le maximum de ce qu’elle puisse des mouvements/style/habitudes de l’autre. On travail encore sur ce processus. Dans des nombreux exercices de l’écoute et de l’échange constant du « meneur » (celui qui propose et qui initie) et du « suiveur » nous avons commencé à voir

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encore plus nos mécanismes de compréhension, d’adaptation, propre rythme, difficultés et facilités. Au niveau conceptuel on a commencé à examiner donc le problème de la objectivité/subjectivité/exactitude du regard. Premièrement entre nous deux. A en parler, à voir des photos, à comparer les histoires. Comment 5 dessinateurs différents dessinant mon portrait au même temps, avec la même lumière, même endroit, me représenteraient de manière tellement différente ? Comment 2 photographes, dans les mêmes conditions et la même espace arriveraient à refléter 2 filles différentes ? Et comment finalement, dépendant d’un jour, de ce qu’on porte, de quelle image on a de soi-même en ce moment précis, l’opinion des autres peut varier ? Pourquoi on donne tellement de l’importance à l’image si elle est tellement « instable » et « pas fiable » ? Après avoir fait une liste : « comment je me vois »… Et une autre : « comment me voient les autres »… On a décidé en demander les gens « comment ils nous voient ». On a choisi pour ça les media de communications « le plus populaires » dans ces temps-là : facebook, gmail, blog. On a demandé donc, à nos amis comme à nos connaissances, leur opinion/impression personnelle, ou anonyme sur nous. http://karocoreo.blogspot.nl/p/how-do-you-see-me.html Ca nous a donné un texte qu’on pense bien utiliser… peut-être en expliquant notre démarche au public, peut-être en le lisant pendant la performance, peut-être en l’imprimant dans le programme de la soirée ou utilisant les mots pour créer une image et un rythme. On considère aussi des vêtements en tant qu’objet, on jouent avec, autant nos vêtements préférés comme ceux qu’on aurait jamais porté, ceux qui nous plaisent mais ne font pas partie du notre quotidien et ceux qu’on nous a offerts… On les échange entre nous… C’est une partie de notre image, et c’est une partie très facile à manipuler, à échanger, à faire comme si on était… D’un autre côté on a fait un peu de recherche des réponses ou plutôt des questions dans les études neurologiques ou psychologiques sur le fait de la connexion de la logique et des sens. C’est, néanmoins, une partie du recherche qu’on veut explorer plus et de manière plus profonde dans la phase suivante de la création et du recherche. Certaines questions qu’on s’est posées déjà et qui nous incitent à la recherche « scientifique - neurologique » : Pourquoi les gens qui ont perdu un membre peuvent le sentir parfois ? Comment notre état d’esprit influence la vision de nous ou des autres ? Quel est notre limite et capacité d’élargir la perception ou la tolérance ? Quelle est la différence entre la manière de percevoir les couleurs ou les formes entre différentes personnes ? Comment ces différences influencent la relation du performer et du public ? Avec cette question on retourne vers la réflexion sur quelle est la différence entre le public et le performeur ? Comment on peut faire cette distinction moins rigide ? Comment approcher l’observateur et l’exécuteur utilisant les mêmes éléments qui font que l’expérience de deux est différente ? Comment « étendre » la communication et les sensations ?

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Pièce : La pièce est donc encore « en mouvement », mais elle commence à prendre sa forme. La première présentation de cette pièce qui, pourtant, continuera à évoluer encore se fera le 6 de Décembre à Amsterdam, galerie DokHuis.

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Karolina Rychlik tel. 0034 606 909 464 ou 0031 645 090 123 e-mail: karorychlik@gmail.com blog: www.karocoreo.blogspot.com bient么t: www.karolinarychlik.com

Alma Sua Lindenhovius tel. 0031 650 951 023 blog: www.almasua.wordpress.com

Photos: Nicolas Stamboulopoulos www.spiralmove.com

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M'imageU  

Dossier of the research and collab between Karolina Rychlik and Alma Sua Lindenhovius - french version.

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