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24. Title: Le Monde Headline: Economic crisis puts brakes on CCS projects Headline: 08/10/2011 Enfouir le gaz carbonique pour réduire sa concentration dans l’atmosphère : c’est l’un des moyens envisagés pour atténuer le changement climatique. Sous le nom de captage et stockage du carbone (CSC), il est étudié attentivement à travers le monde, où plusieurs installations sont déjà en opération, comme à Sleipner, au large de la Norvège, ou à In Salah, en Algérie. Mais sa mise en oeuvre à grande échelle reste encore lointaine, comme l’ont reconnu les industriels et compagnies énergétiques réunis à Bruxelles, mardi 4 octobre, pour l’assemblée générale de leur association, la Zero Emissions Platform (ZEP), qui regroupe 300 membres de 19 pays européens. Certes, a affirmé le président de ZEP, Graeme Sweeney, « le CSC n’est pas la solution au changement climatique. Mais il n’y aura pas de solution au changement climatique sans CSC ». L’Agence internationale de l’énergie (AIE) évalue ainsi le potentiel du CSC à 19 % du total de la réduction nécessaire des émissions à l’horizon 2050. Mais, alors que le but des membres de ZEP est de présenter des dispositifs opérationnels à l’échelle industrielle en 2020, peu de projets de prototypes (ou « démonstrateurs ») sont actifs. L’une des raisons en est le manque de financement, alors que la récession économique assèche les budgets des entreprises et des Etats. De surcroît, en Europe, l’acceptation par le public paraît de plus en plus difficile. Une partie du mouvement écologiste est opposée à cette technique. Elle juge qu’elle n’est pas sûre, puisqu’on ne pourrait pas garantir l’étanchéité des réservoirs de CO2. En Allemagne, le Sénat (Bundesrat) a rejeté, le 23 septembre, la loi portant sur les démonstrations et l’utilisation du CSC. Aux Pays-Bas, le stockage souterrain du CO2 est interdit sur terre (mais pas sous les fonds marins), de même qu’en Autriche. « Je reste optimiste, a pourtant déclaré Johannes Lambertz, président du conseil d’administration de RWE, l’un des plus importantsproducteurs allemands d’électricité. D’ici deux à trois ans, les gens vont devenir réalistes. » Cependant, les gouvernements semblent aussi traîner les pieds : si l’Union européenne a adopté une directive en 2009 sur le CSC, seule l’Espagne l’a pour l’instant transposée. Or cette transposition est indispensable pour que le programme européen de financement, NER 300, puisse soutenir les projets. Treize démonstrateurs sont étudiés par ce programme, qui choisira les six qu’il

financera durant le second semestre 2012, a annoncé un représentant de la Commission européenne, Torsten Woellert. Un autre élément refroidit l’enthousiasme des opérateurs : la mise en place du CSC entraîne un surcoût important, si bien qu’il ne peut être rentable que pour un prix élevé de la tonne de gaz carbonique. Selon une étude présentée par Lars Stomberg, de la compagnie suédoise Vattenfall, le CSC appliqué aux centrales thermiques ne sera rentable que si le prix de la tonne de CO2 atteint 40 euros, si la centrale est au charbon, et 80 euros, si elle est au gaz. Or elle se négocie aujourd’hui sur le marché européen du Emissions Trading Scheme autour de 11 euros la tonne. « Le prix du carbone restera longtemps trop bas, dit M. Stomberg. Il faudra pendant un certain temps des politiques de soutien, même quand la technologie sera opérationnelle au niveau industriel. » Les membres de ZEP restent cependant persuadés de l’intérêt à long terme de la séquestration du carbone. C’est d’ailleurs en France qu’un des projets les plus ambitieux se prépare, dans un haut-fourneau d’Arcelor Mittal, à Florange (Moselle). Le dispositif, étudié depuis plusieurs années, moderniserait le haut-fourneau et permettrait de réduire de plus de 700 000 tonnes par jour ses émissions de CO2, mais aussi de réduire sa consommation d’énergie de plus de 25 %. Le haut-fourneau concerné vient cependant d’être arrêté, « temporairement », assure ArcelorMittal. Le financement partiel du dispositif de CSC par NER 300 ne sera connu que dans près d’un an. Par ailleurs, le groupe d’entreprises France Nord cherche un site de stockage de grande capacité dans le Bassin parisien. Rassemblant notamment Total, EDF, Air Liquide, GDF Suez et Lafarge, et soutenu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le consortium étudie les aquifères salins de plus de 1000 m de profondeur, assez vastes pour stocker durablement plus de 100 millions de tonnes de gaz carbonique. Il espère identifier un site à la mi-2012, puis entamer la concertation avec le public pour une mise en opération vers 2016. Enfin, Total mène une expérimentation depuis 2011 à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Mais des problèmes techniques ont perturbé son fonctionnement et 20 000 tonnes de CO2 seulement sont.

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Communications Report 2011